‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 150 sur 403 · SYN. AUTOCHTHONE, INDIGÈNE, ABORIGÈNE. AU · texte numérisé non relu

SYN. AUTOCHTHONE, INDIGÈNE, ABORIGÈNE. AU

tochthone, qui est de la terre même; indigène, qui est né dans le pays; aborigène, qui est dès l'origine dans un pays. Indigène indique seulement les gens nés dans un pays; idée à laquelle autochthone et aborigène ajoutent que le peuple dont il s'agit a été de tout temps dans le pays et n'y est pas venu par immigration. Les créoles sont indigènes des Antilles; mais ils ne sont ni autochthones ni aborigènes. Entre autochthone et aborigène il n'y a que cette différence-ci, et qui est purement étymologique : autochthone rappelle à l'esprit l'opinion antique que l'homme naquit de la terre, tandis que aborigène n'implique rien sur la question d'origine.

— ÊTYM. AÙToyJkov, de <xùto«, même, et deY 0<ov, terre : qui est de la terre même.

t AUTOCLAVE (ô-to-kla-v'), adj. Marmite autoclave, marmite où l'on fait cuire les aliments sans évaporation. || S. m. ou mieux ». f. Même sens.

— ÉTYM. Auto, et clams, clou : qui se cloue, qui se ferme de soi-même (voy. clou).

t AUTOCLINIQUE (ô-to-kli-ni-k'), s. f. Observation d'une maladie par celui-là même qui l'éprouve.

— ÊTYM. Auto, et clinique, s. f.

AUTOCRATE (ô-to-kra-f) , s. m. AUTOCRATRICE

(ô-io-kra-tris') , t. f. Souverain, souveraine dont la puissance n'est soumise à aucun contrôle légal. L'empereur de Russie est désigné sous le nom d'autocrate. Les Asiatiques qui viennent contempler l'admirable autocratrice, volt. Lett. à Cath. 140. On n'a exécuté aucun criminel sous l'empire de l'autocratrice Elisabeth, id. Comment, sur le livre des délits et des peines. Son conseil aura l'honneur d'envoyer à votre cour les dernières volontés de cette auguste autocratrice, id. Lettr. d'Argental, 10 nov.

— REM. Le féminin autocratrice, que l'usage du dernier siècle a établi, ne vient pas légitimement d'autocrate et semble avoir été produit par aù-roxpcenop, empereur.

— etym. AÙToxpànK, de aOTi;, même, et de xpâTo;, force: qui a la force par soi-même.

AUTOCRATIE (ô-to-kra-sie) , s. f. || 1° Gouvernement absolu d'un seul. || 2° Dans les systèmes médicaux, autocratie de la nature, empire qu'exerce la nature ou principe vital sur le cours et la durée des maladies.

— ETYM. Autocrate.

t AUTOCRATIQUE (ô-to-kra-ti-k'), adj. Oui appartient à un autocrate, à l'autocratie. Gouvernement autocratique.

— êtym. Autocrate.

AUTO DA-FÉ (ô-to-da-fé), s. m.\\ 1" Exécution, par le feu, d'un jugement rendu par l'Inquisition contre un hérétique. Une Juive de 18 ans, brûlée à Lisbonne au dernier auto-da-fé, donna occasion à ce petit ouvrage, montesq. Esp. xxv, 13. || 2° Fig. Faites un auto-da-fé de ces papiers compromettants. || Au plur. Des auto-da-fé.

— ÉTYM. Mot espagnol altéré, pour auto de fe ; auto, acte (voy. ce mot), de, de, et fe, foi (voy. foi).

t AUTODIDACTE (6-to-di-da-kf) , *. m. Celui qui apprend sans mattre.

— ÉTYM. AOtoSiSax-roi;, de auto;, soi-même, et SiSâaxsiv, enseigner.

t AUTODIDAXIE (ô-to-di-du-ksie), s. f. Action d'apprendre sans maître.

— ÉTYM. Voy. AUTODIDACTE.

AUT

t AUTODYNAMIQUE (ô-to-di-na-mi-k') , adj.

Terme didactique. Qui est mû par une force propre.

— ÊTYM. Auto et dynamique (voy. ces deux mots).

f AUTOGNOSE (ô-tog-nô-z'), s. f. Terme didactique. Connaissance acquise par l'étude de soimême.

— ÉTYM. A'Jtde, soi-même, et vvùai;, connaissance (voy. GNOSE).

AUTOGRAPHE (ô-to-gra-f). || 1» Adj. Qui est écrit delà main même de l'auteur. Une lettre autographe. Je trouvai un manuscrit autographe du savant Quaresrnius, chateaub. /fin. m, 37. || 2° S. m. Un autographe. Une collection d'autographes précieux.

— ÉTYM. AiiToypaifoç, de aù-tô;, même, et de YpàsM, écrire (voy. graphique).

t ÀUTOGRAPHIE (ô-to-gra-fie), *. f. || 1» Reproduction, trait pour trait, de l'écriture d'un auteur. || 2° Procédé pour obtenir rapidement plusieurs copies d'une même lettre.

— ÊTYM. Autographe.

t AUTOGRAPHIE, ÉE (ô-to-gra-fi-é, ée), part, passé.

t AUTOGRAPHIER (ô-to-gra-fi-é), v. a. Reproduire un manuscrit par le moyen de l'autographie.

— ÊTYM. Autographie.

t AUTOGRAPHIQUE ( ô-to-gra-fi-k',) , adj. Qui a rapport à l'autographie.

AUTOMATE (ô-to-ma-f), s. m. ||1° Machine et, en particulier, machine imitant les êtres animés, qui se meut par ressorts. Les automates de Vaucanson. || 2" Fig. Le sot est un automate, il est machine, la bruy. n. Impuissantes machines, Automates pensants mus par des mains divines, volt. Disc. 2. Il vous faut désormais, si vous avez un roi, Automates tremblants sous sa main protectrice, Respirer ou mourir au gré de son caprice, m. j. chén. Timoléon, u,6. \\3°Adj.Le Auteur automate de Vaucanson. || Fig. Quelquefois le tyran automate [un pacha] se traîne à la porte de sa tanière, chateaub. Itin. 258. Dans sa vie automate, l'habitude lui tient lieu de raison, j. j. rouss. Ém. ii.

— HIST. xvi" s. Hz bastissoient plusieurs petitz engins automates, c'est à dire soymouvans euix mesmes, bab. Carg. i, 24

— ÉTYM. AÙTonatoç, spontané, de aùxè;, même, et de (lâToç, effort, de niou-ai , chercher, s'efforcer : celui ou ce qui fait effort par soi-même.

t AUTOMATIE (ô-to-ma-sie) , s. f. Terme didactique. || 1° État d'un automate. || 2° Pouvoir de se mouvoir, d'agir spontanément.

— ÊTYM. Automate.

AUTOMATIQUE (ô-to-ma-ti-k'), adj. || 1" Terme de physiologie. Qui s'exécute sans la participation de la volonté. Le mouvement automatique du cœur. || 2" Terme de philosophie. Qui appartient à l'automatie ou spontanéité.

— ÊTYM. Automate.

t AUTOMATIQUEMENT (ô-to-ma-ti-ke-man) , adv. X ta manière d'un automate.

— ÉTYM. Automatique, et le suffixe ment.

f AUTOMATISER (ô-to-ma-ti-zé) , v. a. Rendre automate. Vos règles vous ont fait de bois [vous ont ôté tout mouvement] , et, à mesure qu'on les multiplie, on vous automatise, dider. Lettre à Urne de Hiccoboni.

— ÉTYM. Automate.

t AUTOMATISME (ô-to-ma-ti -sm'), s. m.

|| 1" Terme de physiologie. Ensemble des mouvements non voulus ou des impulsions non voulues. Une grande partie de l'automatisme est, chez les animaux, sous la dépendance de la moelle épinière. || 2° Terme de philosophie. Faculté de se déterminer par sci-même. || 3" Dans le langage général, disposition qui fait qu'un homme n'est qu'un automate.

— ÉTYM. Automatiser.

t AUTOMÉDON (ô-to-mé-don), s. m. || 1« Dans l'Iliade, le conducteur du char d'Achille. || 2° Fig. et par plaisanterie, celui qui conduit une voiture.

AUTOMNAL, ALE (ô-to-mnal, mna-'l'), adj. Qui appartient à l'automne. Fièvres automnales. Les vents automnaux. || Lapartieautomnaledubréviaire, celle qui contient l'office des trois mois d'automne.

— HIST. xvi* s. L'equinoxe automnal, rab. Pant. m, 48. Quand en un mesme jour il fait chaud et froid, il faut attendre avoir des maladies automnales, paré, Introd. 5.

— ÉTYM. Autumnalis, de autumnus (voy. automne).

t AUTOMNATION (ô-to-mna-sion), .ç. f. Terme d'agriculture. Influence de l'automne sur les plantes.

— êtym. Automne.

AUT

AUTOMNE (ô-to-n'), s. m. et f. || V Celle fles saisons de l'année qui est entre l'été et l'hiver. Un automne chaud et sec. Et toi, riant automne, accorde à nos désirs Ce qu'on attend de toi, des biens et des plaisirs, si-lkmu. Sais. Aut. Dirai-jeàquels désastres De l'automne orageux nous exposent les astres? delille, Céorg. i. Aussi voyez comment nébuleux, Tous les ans, pour gémir nous amène en ces lieux, id. Imaginai, cli. vu. Il est \rai, monsieur, que j'allai à Bruxelles l'automne dernière, fén. ii, 203. La terre, aussi riche que belle, Unissait, dans ces heureux temps, Les fruits d'une automne éternelle Aux fleurs d'un éternel printemps, gresset, le Siècle pastoral. Une santé, dès lors florissante, éternelle, Vous ferait recueillir d'une automne nouvelle Les nombreuses moissons, j. b. bouss. Odes, m, 5. Je me représente cette automnelà délicieuse, et puis j'en regarde la fin avec une horreur qui me fait suer les grosses gouttes, sêv. 23 août, 1671. De la dépouille de nos bois L'automne avait jonché la terre, millev. Chute des feuilles. Soleil si doux au déclin de l'automne.... vÉRAm. Adieuxàla campagne. || Astronomiquement, l'espace de temps du 20 septembre au 21 décembre. L'automne astronomique ne coïncide pas avec l'automne météorologique, qui est celui du langage vulgaire et qui s'étend de la fin d'août à la première quinzaine de novembre. || 2* Fig. Nous sommes dans l'automne du bon goût et au temps de la chute des feuilles, volt. Lett. vers, 42. || 3° L'âge qu; précède la vieillesse. Qu'il coule gaiement son automne, Que son hiver soit encor loin I bêrang. Doct. et mal. || 4° Dans l'alchimie, temps où l'opération de l'œuf philosophique est portée à la perfection.

— REM. Les grammairiens ont essayé d'établir des règles entre l'emploi du masculin et celui du féminin. Ils ont dit qu'automne est masculin quand l'adjectif précède : un bel automne; féminin, quand l'adjectif suit immédiatement : cette automne délicieuse; que cependant, s'il se trouve entre automne et l'adjectif soit un adverbe, soit un verbe, alors automne est du masculin : l'automne est beau. Mais ces distinctions sont des subtilités et des complications. D'autres ont voulu fixer définitivement le genre et font automne masculin. Mais il n'y a aucun mal à ce qu'un mot reste des deux genres, puisque, par le fait, il est ainsi ; et il y en aurait à condamner un usage qui se trouve dans nos écrivains du xvii' siècle, et qui dès lors nous apparaîtrait comme une faute.

— HIST. xV s. Lors croist aussi et s'enforce li hons; Autres seize ans l'a jeunesse en sa cure; Les biens requeult [recueille] autompne.... e. desch. Poésies mss. f" 29, rerso, col. 1. || xvt' s. L'automne est sec de sa nature, paré, Introd. 5. Quelques fois l'automneest fort tempérée, o. de serres,

— ÊTYM. Provenç. autant, autompne; e ; otono; portug. outono; ital. autumno ; de autumnus ou plutôt auctumnus; en effet ce mot vient d'augeo, augmenter, et il a par conséquent même racine que auctor, auteur (voy. ce mot) ; c'est une forme de participe moyen, tombée en désuétude dans le latin, mais dont on retrouve cependant d'autres exemples dans Yertumnus, Picumnus, noms de divinités, et dans Pilumnus; elle répond à la forme (ievoç en grec, et manas en sanscrit; auctumnus signifie donc la saison qui est augmentée, qui est enrichie.

AUTONOME (ô-to-no-m') , adj. ||1° Qui jouit de l'autonomie. || 2° Fig. Qui se fait sa règle à soi-même. Quelques penseurs autonomes, La Bruyère, Fénelon et d'autres, entraînés par la tendance que les Cartésiens avaient donnée à l'esprit de leurs contemporains, se frayèrent des routes nouvelles, villers, Kant, p. 140.

— ÊTYM. AOtôvojjioî, de oOtoç, même, et de vô- |xo«, loi (voy. nome) : qui jouit de ses propres lois.

AUTONOMIE (ô-to-no-mie), s. f. || 1" Droit que les Romains avaient laissé à certaines villes grecques, de se gouverner par leurs propres lois. ||2° Par extension, indépendance. Descartes effaça le honteux jurer sur la parole au maître, qui ôtait toute autonomie à la raison, villers, Kant, p. 138.

— ÊTYM. AOtovo|m'oc (voy. AUTONOME).

+ AUTOPHAGIE (ô-to-fâ-jie), s.f. Terme de physiologie. Entretien de la vie aux dépens de la propre substance, chez un animal soumis à l'inanition.

— ÊTYM. AOtô;. soi-même, et ça-reîv, manger.

t AUTOPLASTIE (ô-to-pla-stie), s. f. Terme de chirurgie. Mode de prothèse chirurgicale qui consiste à remplacer une partie détruite, en prenant sur le malade lui-même les matériaux nécessaire» pour cette réparation.

\\YV

— ÉTYM. Aùtà;, soi-même, et nXiacrsiv, former (voy. plastique).

f AUTOPLASTIQUE (Ô-to-pla-sti-k'), adj. Terme de chirurgie. Qui se rapporte à l'autoplastie. Lam- \ beau autoplastique, celui qui sert à remplacer la partie détruite.

' — ÉTYM. Autoplastie.

AUTOPSIE (ô-to-psie), s. f.\\ 1" Inspection, examen attentif que l'on fait soi-même. || 2° Etat dans lequel les anciens païens croyaient qu'on avait un commerce intime avec les Dieux et une sorte de participation à leur toute-puissance. || 3° Terme do médecine. Autopsie cadavérique, examen de toutes les parties d'un cadavre, et, par extension, description de l'état de ces différentes parties. || Onditaussi, abusivement, autopsie au lieu de autopsie cadavérique ou de nécropsie.

— ÉTYM. AÙTCuJ/i», de ixùto;, même, et 6<J/i;, vue (voy. optique) : vue par soi-même.

f AUTOPTIQCE (ô-to-pti-k'), adj. Terme didactique. Qui est relatif à l'autopsie, c'est-à-dire à la simple inspection d'un objet.

— ÉTYM. Autopsie.

f AUTORISABLE (ô-to-ri-za-bl'), adj. Qui peut être autorisé.

— ÊTYM. Autoriser.

AUTORISATION (ô-to-ri-za-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. Action par laquelle on autorise. Avec l'autorisation de sa famille. Lo prince leur en donna l'autorisation. Vous demandez l'autorisation d'entrer en possession des biens.

— êtym. Autoriser.

AUTORISÉ, ÉE (ô-to-ri-zé, zée), part, passé. || 1° Qui a reçu autorité ou autorisation. Qu'on ne se croie pas autorisé à parler ainsi. Si j'y suis autorisé par vous. Sans y être autorisé par sou supérieur. Les chefs des janissaires Se crurent à sa

perte assez autorisés Par le fatal hymen que vous me proposez, rac. Baj.u, 4. || 2° Permis, en parlant d'une chose. Manufacture non autorisée. Action autorisée par la coutume. Les excès affreux autorisés par de grands exemples, mass. Conv. || 3° Qui a de i'autorité, en parlant des personnes et des choses. Maximes universellement approuvées et autorisées. Un écrivain autorisé. Et qui par ses larcins se rend autorisé, Régnier, Sat. il. Un chef autorisé d'une juste puissance Soumet tout d'un coupd'oeil, volt. Catil. l, 4. Un évêque de Rome était quelque chose de plus saint, de plus autorisé qu'un évêque d'Allemagne, id. Mœurs, 4 3. Si saint Augustin venait aujourd'hui, et qu'il fût aussi pou autorisé que ses défenseurs, il ne ferait rien, pasc. dans cousin.

AUTORISER (ô-to-ri-zé), v. a. || f Donner autorité. C'est le prince qui autorise les magistrats. Vous prétendez autoriser vos déportements par l'exemple. Autoriser sa paresse de celle des autres. Faudra-t-il donc toujours que Titus autorise Ce sénat de tyrans dont l'orgueil nous maîtrise? volt. Brutus, il, 1. L'une [la sagesse] les autorise devant les hommes, l'autre [la docilité] les humilie devant Dieu, fléch. i, p. 294. S'il se trouve à des noces [J. C], c'est pour manifester sa puissance et autoriser sa doctrine, mass. Conf. Cond. des clercs. || 2° Accorder à quelqu'un faculté, permission. Je vous autorise à parler en mon nom. On l'autorisait àmal faire. Si vous m'y autorisez.... X ne vous rien cacher, son amour m'autorise, corn. Héracl. n, 3. || 3" Rendre possible, applicable, justifiable. Qui a autorisé cela? La loi autorise ce refus. L'impunité autorise le crime. Elle l'aime, un empire autorise ses pleurs, rac. Baj. m, 3. Heureux qui, méprisant l'opinion commune Que notre vanité peut seule autoriser, Croit, comme moi, que c'est avoir fait sa fortune Que d'avoir, comme moi, bien su la mépriser, ciiaul. la Retraite. || 4° S'autoriser, ». réfl. Acquérir de l'autorité. Les coutumes s'autorisent par le temps. Ces magistrats, pour s'autoriser, nourrissaient la division, boss. Hist. m, 7. Octave s'est servi de vous fCicéron] pour s'autoriser; ensuite il vous a livré à Antoine, fénel. xix, 307. || 5" S'appuyer sur une autorité, sur un droit ou un prétexte pour.... Il s'autorisait de votre exemple pour parler ainsi. Il s'autorise du décret pour soutenir son mensonge. Je ne m'autorise du nom de pei sonne. Il en revient à s'autoriser du nom de saint François de Sales, boss. Rem. Quelque effort qu'on ait fait pour s'autoriser du saint évêque, id. Préf. Je me suis à ce choix moi-même autorisée, corn. Œdipe, a, t. I t d'oracles menteurs [il] s'appuie et s'autorise, rac. Athal. m, 3.

— HIST. xiv*s. C'est le chemin de povreté, Une dame qui n'est prisée En ce monde, n'auctorisée, bruyant dans J/e»iaa ter, t. il, p. tu. Si en seras plus avenant,

Plus honnourés et mieulx prisiés, Et entre gens auctorisiés,Ettenus poursagede tous,iD. ib. p. 26. Le gentil marescha].... De Bertrana moult dit, qui est là aprochié, Et par devers le roi l'a moult auctorisié, Guescl. (7624. Or cominenche matere c'on doit auctoriser, Baud. de Seb. vi, 4 . || xv1 s. Ainssi ce roy auctorisié par le monde, comme digne il en estoit bien, savait recepvoir grans, moyens et petis, christ, de pisan, Charles V, in, ch. 32. Bien auctorisé des gouverneurs et gens de la justice d'Arras, du cange, auclorabilis. Et avec ce, c'est chose convenable que en mémoire autentique soient mis les bons et leur nom authorisé, Bouciq. Prol. \\ xvi' s. Briefve et saincte exhortation, toute authorisée de propous extraicts de la sainte escripture, rab. Panl. iv, 4. Testamens ne sont vallables ne authorisez que par la mort du testateur, id. ib. iv, 21. Pour auctoriser la puissance de nostre volonté , mont, i, 08. Nostre créance a assez d'aultres fondements, sans l'auctoriser par les événements, id. i, 248. Lycurgus eut grand soing de bien establir et authoriser ce con-seil, amyot, Lyc. 9. Après avoir estably ses loix, il les autorisa toutes pour l'espace de cent ans, id. Solon, 62. Ils maintiennent n'appartenir qu'à eux d'authoriser les Escritures et les expliquer, d'aub. Hist. i, 64. La royne mère du roy connoissoit les Bourbons pour estre authorisez de leur naissance, curateurs naturels du jeune roy, id. t'6. i, «o. Il authorisa le prince d'Hespaigne son fils de la surintendance du conseil et maniement de toutes charges, carl. v, 22.

— ÉTYM. Provenç. authorisar; espagn. autoritar; ital. autorixzare; deauctor (voy. auteur).

AUTORITÉ (ô-to-ri-té), s.f. \\l° Pouvoir de se faire obéir. L'autorité paternelle. L'autorité des magistrats. Maintenir son autorité sur les siens. Usant de son autorité sur ses subordonnés. Faire acte d'autorité. Quelque chose de plus violent se remuait dans le fond des cœurs ; c'était un dégoût secret de tout ce quia de l'autorité, boss. Reine (TAngl. Elle savait persuader et convaincre aussi bien que commander, et faire valoir la raison non moins que l'autorité, id. t'6. Vous, fortunés du siècle, à qui la faveur, les richesses, le crédit et l'autorité fait trouver la vie si commode, lo. Panég. Ste Thérèse. S'il eût été contraint d'userdeson autorité, id. Lett.e. Avoirautorité sur les autres, id. Amb. 4. L'autorité qu'il avait au-dessusdes autres, n.Hist. H, 42. 11 tâchait de reprendre son ancienne autorité, fén. Tél. xin. Vous croyez qu'a Dusant démon autorité, Jeprétendsattenter àvotre liberté, rac. Milhr. i, 2. || Faire une chose de son autorité privée, la faire sans enavoir le droit. C'est à l'opinion publique à faire justice de ces petits tribunaux qui s'élèvent de leur propre autorité, bern. de st-pierre, Préamb. Ch. ind. Décider la question de son autorité, boss. Hist. i, 41. Il agit de son autorité, id. t'6. i, 44. || Coup d'autorité , acte décisif d'un pouvoir, coup que frappe un pouvoir. Quelques coups d'autorité que l'on ait faits de nos jours en France sur les monnaies , les Romains en firent plus, montesq. Esp. xxn, 4 t. Si par un coup d'autorité ils ne bannissent ce mot, pasc. Prov. 4. La Providence fait quelquefois des coups d'autoùté qui me plaisent assez , sêv. 72. j| Faire une chose de pleine autorité, la faire comme y étant pleinement autorisé. Il se fait ouvrir la porte avec autorité, fén. Tél. xi. || D'autorité, par un coup d'autorité, sans permettre de remontrance. On nous arrête d'autorité pour souper chez M. de Marsillac, séy. 4 74. || 2° Pouvoir public, gouvernement. Exercer l'autorité royale. L'autorité absolue, souveraine ou .suprême. La cité passa sous l'autorité d'une oligarchie. Dépouiller quelqu'un de son autorité. Tu verras ton père reprendre l'autorité dans Ithaque, fén. Tél. xix. Non, non, l'autorité ne veut pas de partage, volt. Alt. i, 4. Quand la suprême autorité Dans ses conseils a toujours auprès d'elle La justice et la vérité, rac. Esth. ni, 3. || 3" L'administration publique. Les agents, les actes de l'autorité. || S. f. plur. Les autorités civiles et militaires, les magistrats, les officiers investis du pouvoir. || Être en autorité, être revêtu d'un pouvoir. Des hommes injustes qui sont en autorité, fén. Tél. xxiv. Butis qui était en autorité sur les autres esclaves, m. Tél. n. D'un caractère impérieux qui ne serait pas plutôt en autorité qu'il bannirait les plaisirs de la cour, anquet. Ligue, i, p. 26. || Autorités constituées, les pouvoirs, les fonctionnaires établis par une constitution pour gouverner. Elles furent appelées constituées (en I789),par opposition à l'autorité constituante qui les établit. || 4" Crédit, considération, poids. Les hommes sages et d'une autorité aussi grande que la vôtre. Quelle autorité dans ses paroles! Avoir

de l'autorité auprès de quelqu'un. Nous uu devoni donner aucune autorité à des fables. L'autorité de l'expérience. Une parole grave et pleine d'autorité, fén. Tél. x. Ce particulier est M. le maréchal de Vauban, dont l'autorité aurait pu être opposée, s'il l'eût fallu, à celle de toute l'Europe, comme l'autorité de Caton à celle des Dieux, font. Marsiyli. Soit qu'ainsi cet hymen eût plus d'autorité, corn. Rod. i, 6. Quand on a compté sur un mariage de celte autorité, il ne se trouve plus de porte de derrière, st-sim. 3, 66. Elles ont ce caractère de vérité qui se fait voir avec autorité, séy. 46. Vous savez l'autorité que je donne à cette philosophie, id. 39. || S" Créance qu'inspire un homme, une chose. Un historien dont l'autorité est imposante. D'après l'autorité de Villehardouin. Des bruits sans autorité. Savant qui fait autorité. Une expression vicieuse ne peut pas faire autorité. Remarquons les autorités que Didon emploie dans ses prières, chatealb. Génie, n, m, 2. Nous consumons le peu de jours que nous avons à chercher des autorités à nos passions , mass. Immut. Aucune prophétie ne saurait faire autorité pour moi, j. J. rouss. Êm. iv. Il a droit d'exiger que son témoignage fasse autorité parmi tout un peuple, id. Èm. m. Les historiens ne sont pas d'une si grande autorité, boss. Hist.i, 8. Saint François, un évêque d'une si grande autorité, id. Or. 8. Ayant établi sa foi sur une autorité si ferme, id. Hist. u, 43. || Homme qui fait autorité. Une grande autorité. Une autorité grave, imposante. || 6° Autorisation. Sous votre autorité souffrez qu'on le publie, corn. Cid, tv, 6 j'osai l'employer sans votre autorité, id. t'6.

— SYN. autorité, pouvoir. Ces deux mots sont très- voisins l'un de l'autre dans une partie de leur emploi; et pouvoir monarchique, autorité monarchique disent quelque chose de très-analogue. Pourtant, comme autorité est ce qui autorise, et pouvoir ce qui peut, il y a toujours dans autorité une nuance d'influence morale qui n'est pas nécessairement impliquée dans pouvoir. La locution : de son autorité privée, le fait sentir; c'est un droit qu'on s'arroge : de son pouvoir privé n'irait pas aussi bien; car qu'importerait que le pouvoir fût privé, s'il était réel? Dans le langage politique, pouvoir a en certains cas une signification plus générale^; quand on dit : l'autorité a fait fermer cet établissement, cela s'entend de l'autorité générale et des autorités inférieures en ce sens qu'elles en font partie ; mais si l'on dit: le pouvoir a pris de l'ombrage de l'opinion exprimée dans ce livre, cela s'entend du gouvernement même, considéré dans son esprit et dans son système.

— HIST. xu" s. C'est Pamirals [l'émir] de graut auctorité, Ronc. p. 4 47. || xin* s. Je meïsmes d'autorité Vos don de chanter poesté, Ren. 3243. La renommée de cil saint home ala tant qu'ele vint à Papostole Innocent, et l'apostoles li manda qu'il sermonnast de la croix par s'auctorité, villeh. l. Car chose droituriere et juste, Selon l'autorité Saluste, Qui nous dit par sentence voire.... la Rose, 4D379. Loys roi dit que costume doit valoir loi ; quant aucune doutance est de la loi, ele doit avoir l'autorité des choses qui tozjors sunt jugies, Lt'rre de just. 7. Sans loier pot ele parler por li ou por ses enfans ou por aucun de son lignage, mais que ce soit de l'actorité de son baron, se ele a baron, beaum. y, 47. || xiv" s. Je ne me mervoille pas si vostre auctorité est vaine et po prisée, bercheure, f° 68, recto. || xv* s. En tout cas soit gardée auctorité ; Qui trop humble est, c'est default de science, e. desch. Comment les rois et les princes etc. Et ainsi puis qu'ils ne gaignoient rien, il falloit qu'ils pillassent et robbassent ; et aussi le faisoient-ils de leur auctorité pure privée, juvên. Ch. VI, 4443. Tanneguy du Chastel, qui depuis a esté gouverneur du Roussillon et a eu auctorité en ce royaulme, comm. i, 4. Il [Louis XI] congnoissoit toutes gens d'auctorité et de valleur qui estoient en Angleterre, en Espaigne, id. i, 40. Homme estimé en auctorité, m. n, 2. || xvi* s. Autant qu'il estoit en son auctorité [pouvoir], mont, i, 22. C'est à moi de leur donner quelque auctorité [poids], qui en donne si peu à nostre prudence, id.

i, 47 Lesquels tous assemblez commencèrent à

révoquer par edict public toutes les authoritez données au duc de Maiene, d'aub. Hist. m, 338.

— ÊTYM. Provenç. actorilat, auctoritat, autorilat; espagn. autoridad; ital. autorità; de auctoritatem, de auctor (voy. auteur). D'après Palsgrave, p. 57, on écrivait auctorité, et l'on prononçait outon'té.

f AUTOSITE (ô-to-si-f), adj. et s. m. Terme de

ALT

tératologie. Monstre simple, capable de vivre par le jeu de ses propres organes, c'est-à-dire de subsister plus ou moins longtemps hors du sein de la mère.

— ÊTYM. A0t6uitoç, qui se procure soi-même sa subsistance, de aOvè;, même, et oïto;, aliment.

t AUTOTELIB (ô-to-té-lie), s. f. Terme didactique. Qualité de l'être qui a sa fin en soi-même.

— ÊTYM. Auto, et zi'/,o:, fin.

t ACTOTHÉTIQUE (ô-to-té-ti-k') , adj. Terme de philosophie. Qui est posé par l'esprit même. Connaissances autothétiques, connaissances expérimentales, élaborées par l'esprit d'après ses conditions propres.

— ÊTYM. Auto, et «ctixôç, qui pose, de Tieri|ii (voy. thème).

t. AUTOUR (ô-tour), prép. qui se construit avec de. || 1° Exprime le tour de. Il y a de très-belles promenades autour de la ville. Tourner autour de la montagne. Ce qui était autour de cette petite table, bêv. 211. Ses gardes affligés Imitaient son silence autour de lui rangés, rac. Phèd. v, 6. || 2° Près de. 11 ne sait pas ce qui se passe autour de lui. Cet enfant est toujours autour de sa mère. Il n'a autour de lui que des gens de mauvaise réputation. || D'autour de. Chassons d'autour de lui l'éclat qui l'environne, rotr. Antig. v, 2. || Fig. J'ignorais ce qui se passait autour de moi. Vous tournez autour de la question , vous l'éludez. Il se répand autour des trônes certaines terreurs qui empêchent de parler aux rois avec liberté, fléch. Panég. de St Franc, de Paule. || 8* Environ. Le baron de Bresse avait du roi autour de 20 ooo livres de rente, et était lieutenantgénéral, st-simon, 129,(76. \\i'Adv. La campagne autour est couverte d'hommes, la bruy. 6. || Tout autour, loc. adv. De tous côtés. J'ai laissé tout autour une troupe éplorée, corn. Poly.m, 6. || Ici autour, dans le voisinage. Il demeure ici autour.

— REM. Il y aurait plus de clarté si l'on écrivait au-tour, avec un trait d'union; on comprendrait immédiatement l'emploi de ce mot construit soit avec de, soit absolument.

— HIST. xvi' s. Et le vuide tout autour [ du tableau], il le remplit de crotesques, mont, i, 205. Lucilius, personnage puissant et de grande auctorité autour de l'empereur, in. i, 251. Je veulx dire inon expérience autour de ce subject, m. i, 312. Train, crédit, tout cela est autour de luy, non en luy, m. i, 924. X force de crier autour de leurs aureilles et de les tempester, n>. n, 66. Ses compaignons s'assemblent en foule autour de luy, id. n, •195. Les stoïciens mettent l'ame autour et dedans le coeur, m. n, 290. Ses amis, estans au tour de son lict, se meirent à parler de sa vertu, amyot, Perte. 73. Il brusla avec les huis, portes et fenestres de tous les bourgs et villages de là autour qu'il feit arracher, m. Eumènes , 17. Et ayant autour de luy le philosophe Xenophon qu'il aimoit, id. Âgésil. 30. Ayant subjugué les Arabes habitans autour du mont d'Amanus, id. Pomp. 56.

— ÊTYM. Au et tour; bourguig. autor.

2. AUTOUR (ô-tour), ». m. Nom d'un genre d'oiseaux rapacjs diurnes voisins des milans, et, en particulier, oiseau de proie, du genre des oiseaux de poing. Mais la pauvrette avait compté Sans l'autour aux serres cruelles, la font. Fab. v, t7. || Terme de fauconnerie. Bel autour, celui qui est court et bien assis. Autour niais, celui qui est pris dans le nid. || Fig. [ La royauté 1 Soumettant l'aigle au cygne, et l'autour aux colombes, v. hugo, Odes, n, 7.

— hist. xi' s. Set cenz chameauz et mil hosturs muez, Ch. de Uni. m. || xir» s. Bien sout [il sut]esprevierduire eostour et falcon, flou, 3825. || xni" s. Et fist [Jupiter] tornoiement es nues D'ostoirs, de fauconset de grues, taRose, 20350. Si resevés, biau Genius, Comment le juisier [gesier]Ticius[deTitye) S'efforcent ostoir de mangier, id. 19607. Et voit venir o lui un escuier, Qui sur son point portoitostorgruier, [à grues], du cange , asturcus. Et ces ostoirs crier, et ces braques [chiens] glatir, Ch. d'Ant. v, 443. || xv* s. Le seigneur de Milan, lequel m'envoya ostours , froiss. m, iv, 60. Les plus beaux ostours et faucons que on pust voir, Bouciq. l, ch. 27.

— ÊTYM. Provenç. austor ; espagn. aior; portug. açor ; ital. astore; langued.osf ou; bas-lat. austorius, ostorius,austoziut, austolinus , asturgius , asturco , asturcus, austurgo; tout cela venant de astur, ainsi nommé de l'Asturie , province d'Espagne, qui avait aussi donné son nom à Vasturco, espèce de cheval. Diez le tira de acceptor, épervier, attendu que astur aurait donné non austour, mais astre; à quoi on répond que autour vient, non pas en effet de astur, mais de asturius, qui a dû exister comme

AUT

a existé rulturius, lequel, et non vultur. a donné vautour.

f s. AUTOUR (O-tour) (Ecorce d'), nom d'une écorce originaire de l'Inde, ressemblant à la cannelle, mais sans odeur ni saveur, et plus épaisse ; elle sert à la teinture en rouge. On ne sait quel arbre la fournit.

— ÊTYM. Origine inconnue.

AUTOURSERIE (ô-tour-se-rie), t. f. Terme de

fauconnerie. L'art d'élever et de dresser des autours.

— ÊTYM. Autour 2.

AUTOURSIER (ô-tour-sié), *. tri. Celui qui dresse des autours.

— HIST. xiv* s. Hennequin , queux de messire Pierre de Craon et Jehanin son autrucier, du cange, asturcus.

— ÊTYM. Autour 2.

AUTRE (ô-tr), adj. et pron. || 1" Adj. Qui n'est pas la même personne ou la même chose. D'autres causes. D'autre part. D'un autre côté. Il pense une chose, il en dit une autre. Parler d'autre chose. Se retirer dans quelque autre pays. On ne fit autre chose cette nuit-là que de veiller. 11 n'avait d'autre titre à régner que la force. Nul autre que vous ne m'a parlé de cette affaire. Sans autre rempart que d'un bois fragile, boss. Sertn. Quinq. 2. On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain, la font. Fab. i, 7. Tout étant réglé il n'en fut autre chose [on n'y changea rien], sév. 22. Autres sont les temps de Moïse, autres ceux de Josué , boss. Ilist. Il, 13. Autre chose d'agir avec un père, autre chose de répondre devant un juge, id. n, Pinit. \. Autre est de danser et de faire des festins ; autre de connaître la nature des choses, chateaub. Génie, u, v, 16. D'autres temps, d'autres soins, rac. Hithr. m. l. D'autres temps, d'autres mœurs, volt. Orph. v, 2. La justice, le glaive en main, Est un pouvoir autre qu'humain, malh. vi, (6. Je suis toujours le même et mon cœur n'est point autre, corn. Cinna, m, 4. Avec un autre sort il prit un cœur tout autre, id. Perthar. i, l. Poussé par un tout autre intérêt que celui de l'équité, la bruy. i. Qui n'a de remède Autre que d'obéir à la nécessité, malh. vi, 16. Ne trouve en Chapelain.... Autre défaut, sinon qu'on ne le saurait lire, boil. Sat. x. Des spéculations qui ne lui sont d'autre conséquence, sinon qu'il en tirera vanité , desc. Mélh. l . Sans faire passer ces choses pour autres qu'elles ne sont, voit. Leur. 82. || C'est tout un ou tout autre ; il n'y a pas de milieu. || Fig. et familièrement. C'est une autre paire de manches, c'est une affaire toute différente. ||2°Lesecond par une certaine similitude. Il le regarde comme un autre lui-même. Il fallut réveiller d'un profond sommeil cet autre Alexandre, Boss.Lout's de Bourbon. 11 parle comme un autre Elie Devant cette autre Jézabel, rac. Ath. il, 9. || 3° Différent, mais snpérieur d'une façon quelconque. C'est bien un autre homme. Ce vinci est bien un autre vin que celui d'hier. On lui offrait dix mille francs; mais aujourd'hui on lui fait de bien autres propositions. || 4° De temps à autre, par fois. || D'année à autre, d'année en année ; de jour à autre, de jour en jour. Il augmente d'année à autre sa réputation , la bruy. 10. || 5° Pron. indéfini. J'aime mieux que vous l'appreniez d'un autre que de moi. Je suis père, seigneur, etfaible comme un autre, rac Iph. 1,5. Une autre de César a surpris la tendresse, id. Brit. m, 4. Une autre cependant a fléchi son audace ; Devant ses yeux cruels une autre a trouvé grâce; id. Phèd. rv, 6. Qu'autres que vous soient désirées, Qu'autres que vous soient adorées, Cela se peut facilement, malh. v, 28. || Populairement. Ahlcetautrel Écoutez ce que vousditcet autre! Cette locution s'emploie pour faire entendre que l'on ne croit pas aux paroles de quelqu'un. || Autre part, ailleurs. C'est un livre que j'ai cherché partout, mais je ne l'ai pu trouver autre part que là. Vous ne le trouverez point autre part. || Prendre quelqu'un pour un autre, le juger autrement qu'il ne faut. Vous voulez me faire votre dupe : vous me prenez pour un autre. Vous avez montré à ceux qui vous renvoyaient à Dole qu'ils vous prenaient pour un autre, voit. Ijett. 83. || Fig. Jl n'en fait pas d'autres, c'est-à-dire il fait toujours les mêmes sottises. || En voici bien d'une autre, voici quelque chose de plus étonnant. Bon, dit Climène, en voici bien d'une autre ;Ma chère sœur, quelle idéeest la vôtre, volt. Filles de Minée. || 6* Autre forme un gallicisme, uni aux pronoms nous, vous. Nous autres bénissons notre heureuse aventure, corn. Poly. v, 6. Vous autres, suivez-moi, id. lléracl. iv, 6. Nous autres, réunis sous de meilleurs auspices.... id. Nicom. v, io. Vous autres, fortes têtes, Vous voilai vous prenez tous les gens pour des bêtes,

ATT

gresset, le Kéch. i, 4. || 7° Autre avec ne ou avec sans. Autre n'a mieux que toi soutenu cette guerre; Autre de plus de morts n'a couvert notre terrej corn. Ilor. il, 5. Sans qu'autres que les deux qui vous parlaient là-bas De tout ce qu'elle a fait sachent plus que Phocas, id. Héracl. n, 6. || Autre avec que et ne. Madame , autre que moi n'a droit de soupirer, corn. Cid. îv, 2. Comme autre qu'un Romain n'a pu l'assujettir, id. Pomp. iv, 4. || 8° L'autre, les autres, servant de complément à l'un, les uns. Ils s'aiment l'un l'autre. Ils se poursuivaient les uns les autres. Ces dames sont aimables les unes pour les autres. Les uns et les autres sont venus vous voir. || Qui voit l'un voit l'autre, il n'y a pas de différence entre eux. j| Il y en a d'uns et d'autres, c'est-à-dire il y en a de bons et de mauvais. || L'un vaut l'autre, c'est-à-dire l'un n'est pas meilleur que l'autre. || L'un portant l'autre, c'est-àdire en compensant l'un par l'autre. || L'autre jour, un jour indéterminé , mais peu éloigné. J'ai rencontré votre frère l'autre jour. J| Populairement, Comme dit l'autre, c'est-à-dire comme on dit. || 9'Auplur.masc. Les autres, autrui. Il se méfie toujours des autres. Je me suis fait une petite destinée à part , avec laquelle je ne puis regretter aucune des folies des autres, attendu que je suis trop occupé des miennes,voLT. Lelt. à UmeduDe/fant, ilsept. 1759. || D'autres, des personnes différentes de celle oudecellesdont il s'agit.D'autres vous diront. Ne parlez pas de cela à d'autres que vos amis. || 10° À d'autres I expression elliptique signifiant : contez cela à de plus crédules. Non ; à d'autres, dit-il; on connaît votre style, boil. Ép. vi. À d'autres, je vous prie, mol. Sganar. 6. X d'autre», je vous prie; c'est moi, vous dis-je, id. Festin, n, ;>. || Parler de choses et d'autres, parler de diverses choses. || 11 en sait bien d'autres, il a bien d'autres moyens d'agir, de faire. || J'eu ai vu bieu d'autres, j'ai vu des choses bien plus extraordinaires ou plus périlleuses. || Proverbe. Autres temps, autres mœurs, les mœurs changent avec le temps.

— REM. i. Après autre on met un ne explétif : U est autre qu'il ne paraît. Mais si la phrase est négative , on ne met pas ce ne: il n'est pas autre qu'il parait. || 2. Devant autre, tout s'accorde quand il signifie quelqu'un, quelconque : toute autre personne inele dirait que je ne le croirais pas. Il reste invariable quand il signifie tout à fait : depuis qu'elle est mariée, c'est une tout autre personne. || 3. Faut-il dire: en voici bien d'un autre ou en voici bien d'une autre? La seconde expression est préférable, parce que, dans ces sortes de phrases elliptiques, c'est le mot chose, aventure, qui est sous-entendu. || 4. Lorsque J'un est précédé d'une préposition, la même préposition doit être répétée devant l'autre : je leur ai donné dix francs à l'un et à l'autre; je suis content de l'un et de l'autre. || 5. L'adjectif outre, employé avec un nom de nombre, doit toujours être placé après ce nom de nombre, 'contrairement à l'usage des méridionaux, qui disent les autres six, les autres vingt, au lieu de les six autres, les vingt autres. || 6. Au lieu de que, on peut parfois mettre sinon après autre. Il n'a pas d'autre ressource, sinon une petite place. || 7. Après à autre suivi d'uu que, ne répétez pas la préposition à.Ne dites pas : on a offert cette place à un autre qu'à lui ; mais dites: à un autre que lui. Incorrection qui se trouve dans ce vers de mol. Sgan. la : Et je le donneraisà bien d'autresqu'àmoi; et dans cette phrase de volt. Leur, «me duDcffant, lâjanv. 1760 : Ceux qui voudront de ces vieillards-là peuvent s'adresser àdau.très qu'à moi. || 8. Pour l'accord du verbe avec J'un et l'autre, ni l'un ni l'autre, voy. un.

— HIST. xi" s. Forfait [condamné] fust il u [au] duble de ce que altre fust forfait, L. de Guill. 2. Là où cist furent, des autres i ot bien. L'uns fut Basan et li altres Basile, 67». de Roi. xiv. || xu* s. Et tant des autres que nus nel puet esmer, Ronc. p. 32. Sur toutes autres cremue [crainte] et redoutée, ib. p. 48. D'un chief en autre [de bout en bout] [il] lui a fraite [la targe] et croissie, 16. p. 68. La teste [il] i pert, n'i laissa autre gage, ib. p. «4. S'autre le dist, mensonge fust prouvée, ib. p. «4. D'heures en autres [iljva sa coupe Lcoulpe] battant, ib. p. 92. Et tuit li autre sont remès en estant, ib. p. 119. Et j'ai plus haute pensée Que tuit li autre ameor [amant], Coud, i. Toute beautez qui sur autre resplent Est mise en lui [elle], qu'il n'i a que mesprendre, ib. v. Quant l'uns à l'autre atalente, Pour quoy nous as despartis? Dame de Faiel dans Couci. On ne connoit boin service, Tant qu'on ait autre esprouvé, alboins de sezanne, Romancero. p. 127. Bien i parut, l'autre jour, à Compiegut. Quand li baron ne purent droit avoir, hues de la

FFiiTft, ih. p. 484. Or à mari antre que tous [je] n'aurai, ib. p. 70. Je m'occirai, s'autres que Garin m'.iit [m'a pour femme]; Ou je ferai quanque amours m'aprendrait [apprendra]; Se [je] n'ai Garin, l'uns ou l'autre aviendrait [aviendra], ib. p. 72. Et la guerre dura tante mainte saison ; Li uns rois après l'autre lareprist en son nom, Sax. ni. || xm* s. Fu premiers li marchis de Montferrat, li quens Baudoins de Flandres fu li autres, li quens Loys de Blois fu li tiers, villeii. lui. D'autre part sist Pépins o la chevalerie, Berte, n. S'aidoient li uns l'autre contre les Arabis, ib. v. Etdist li unsl'autre, ib. ix. [Elle fait] Les uns après les autres bêlement départir, t'6. xm. Fut Naymes chevaliers et maint autreaveclui,tb.cvm.... Le cerf tant [il] parsuiviQue trestoutes ses gens un et autre il perdi , ib. cxxn. Dame, fis-ge, ne puet autre estre, la Rose, 6933. || xiv* s. Et nous disons que ami est aussi comme autre soy meisme, ouf.sme, Eth. 282. || xv« s. Et tant firent aucuns povres compagnons qui estoient plus subtils et aventureux les uns que les autres, fhoiss. n, m, 35. L'amiral de la mer et ses gens trouvèrent [en Ecosse] autre pays et autres gens que ils ne cuidoient, id. h, ii, 235. Les autres neuf [les neuf autres], comm. iv, (0. Je seroye assez de l'oppinion de quelque autre que j'ay vu, m. v, 9. Un jour entre les autres, voyant que.... louis xi, A'ouv. i.xx.xiv. || xvi" s. Entre autres, yen avoitune, qui.... et comme un malheureux souvent cherche l'autre, vint abordercette pauvre damoiselle , marg. Nouv. xxi. Il ne requérait aultre grâce que de.... mont, i, 4. Il m'adveint l'aultre jour de.. ..m. i, (56. Aultre chose est un dogme sérieusement digéré ; aultre chose ces impressions.... id. h, (47. Ses trenchées croissoient d'heure à aultre, id. iv, 321. Batailles tant renommées qui ont esté données deux mille ans a, et vivent encores aujourd'hui aussi fraiches en la mémoire des livres et des hommes comme si c'eust esté l'autre hier qu'elles furent données en Grèce, la boétie, Servit, vol. Je t'assure que c'est Mercure sans aultre [et non un autre] , desper.. Cymbal. 78. C'est ce livre-làsans aultre, ib. p. 434 . Un jour entre les autres, ayant observé que.... amyot, Fab. 20. Il en publia, un jour après, autres deux cents et vingt [220 autres] , id. Sylla, 65. Il résolut d'essayer tous moyens de parvenir à ce qu'autre ne l'eust que Iuy [cette commission], id. Lucul. (2.11 y veit une infinité de viandes, et entre autres huict sangliers, ID. Anton. 33. Numa dit qu'il en falloit faire fondre et forger autres unze, qui fussent de façon et de grandeur tous semblables à celuy là, id. Numa, 23. Des autres quatre, nul n'est decedé de sa mort naturelle, id. ib. 37. Les lois et coustumes des hommes sont différentes, et estiment les uns une chose honneste et les autres une autre, n>. Thém. 49. Quant à vous autres Grecs, on dit que vous estimez la liberté et l'égalité sur toutes autres choses, id. tb. 4. Ceste bataille fut si asprement combatue de part et d'autre, id. Fab. 6. Non qu'il [Luther] estime que Rome soit autre que incurable, sleidan, f" (9. Si tu es de Dieu, parler si tu es de l'autre [du diable], va t'en , d'aub. Fœn. m , 24. Il fut porté par terre , et autres sept ou huict avecques luy, M. du bell.(56.

— ÊTYM. Picard et bourguig. aute; provenç. altre et a«(re;espagn. otro; portug. ou(ro;ital. altro; de aller. Aller a le même radical que le sanscrit anyas, autre, quia donné alius, et qui, prenant un suffixe comparatif, est devenu aller en latin et ander en allemand. D'après Palsgrave, p. 62, aultre se prononçait outre.

AUTREFOIS (Ô-tre-fol), adv. Au temps passé. Si de te retenir autrefois j'eus l'envie, malh. i, 4. Le cœur d'une grande reine, autrefois élevée par une si longue suite de prospérités, et puis plongée tout à coup dans un abîme d'amertumes, boss. Heine (TAnglet. Sion, jusques au ciel élevée autrefois, Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, bac. Esth.

— HIST. xm* s. Seigneur, je sai plus de covine de cest païsque vous ne savés, quar j'i ai esté autre fuis, villeh. lxii. Dame, autrefois, fait-ele, m'avez vous dit ainsi [vous m'avez dit ainsi], Berte, cxvm. || xv* s. Seigneurs, mon neveu, sur la fiance de vous et de votre confort, a fait sa chevauchée; si vous tournera à grand blasme s'il est perdu ; et autre fois [une autre fois] ceux de notre costé ne s'aventureront pas si volontiers, froiss. n, n, 45.

— ÊTYM. Autre et fois, proprement, une autre fois; c'est pour cela que, dans l'ancienne langue, autrefois s'appliquait aussi bien à l'avenir qu'au passé.

I AUTREMENT (fl-tre-man), adv. || 1» D'une autre façon. Je pense autrement. Il en est bien au-

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