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trement. Il écrit autrementqu'il no parle. Les choses allèrent autrement qu'on ne croyait. Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille ? Veut-on que j'aille droit quand on y va tortu? la font. Fab. XH, 40. Incapable de s'imaginer que les grands pensent autrement de sa personne qu'il fait lui-même, la bruy. i. Et qu'à nos yeux Camille agit bien autrement, corn. flor. I, 4. Je ne sais point répondre autrement pour un roi X qui dessus son trône on veut faire la loi, m. Nicom. n, 3. Je vous dirais, seigneur (car ce n'est plus à moi X nommer autrement et mon juge et mon roi), id. Rodog. v, 4. || Tout autrement, d'une façon toute différente. Il agit tout autrement que vous. || 2» Sinon, sans quoi. S'il en est ainsi, tout ira de soi-même; autrement, que d'embarras ! Proportionnez vos vœux à vos mérites, Autrement, au mépris et du trône et du jour, Dans votre infâme sang j'éteindrai votre amour, rotr. Vencesl. i, 4. Autrement vos États à ce prince livrés Ne seront en ses mains qu'autant que vous vivrez, corn. Nicom. iv, 3. || 3° Ne.... pas autrement; Sans.... autrement; peu, pas beaucoup. Je ne m'en inquiète pas autrement. Les oracles ne m'effrayent pas autrement. Notre fumeur ne fut pas autrement ému de cette apparition, lesage, Diable boit. ch. 7. J'exterminerais de tout mon pouvoir ce pouvoir prochain qui fait tant de bruit pour rien et sans savoir autrement ce qu'il demande, pasc. Rép. aux deux premières lelt. prov. Ce n'est pas que nous ayons autrement l'intention de nous en servir, mais c'est qu'en effet nous pensons qu'il sera utile que le monde en soit bien informé, id. Prov. 8. Sans se contraindre autrement dans leurs passions, pléch. i, 49. || Tout autrement, beaucoup plus. On ne peut nier que cette méthode de traiter la dévotion n'agrée tout autrement au monde que celle dont on se servait avant nous, pasc. Prov. 9.
— rem. Après autrement, on met le ne explétif: il agit autrement qu'il ne parle. Cependant quelques écrivains l'ont omis.
— hist. xi* s. Car .altrement ne m'amerat il mie, Ch.de Roi. xxxvi. || xirs. Oïl, par Dieu, ne puet estre autrement, Couci, xxn. [Je] Ne mevueil autrement de leur mez [repas] deviser, Sax. xm. ||xm* s. Cent fois le jour [je] vous regart [regarde] en pensant; Je n'aipouvoirqu'autrement [je] levous die, le roi jean de rrienne, Romancero, p. ( 42. Puisla ferma [fortifia] dus [le duc] Naymes autrement Qu'ele n'estoit, Berte, ix. Autrement ne voi pas que eschaper puissons, t'6. lxxvii. [Si je vous avais connu] Autrement honorés en ma maison fussiez, ib. cxx. || xv« s. Il me suffit, dit Ernauton, puisqu'il ne peut autrement estre, froiss. ii, m, 2a. Estre souloit tout autrement, Ou temps qu'ay congneu en ma vie, ch. d'orl. Bal. 52. Ha! vaillant chevalier, il va tout autrement, Bmtciq. iv, cb. (3. || xvi* s. Toutefois l'ame n'a jamais perdu sa vie, laquelle, estant recommandée au Père, ne pouvoit autrement qu'elle ne fust sauvée , calv. 5(. Dieu lui a fait merci, en adoucissant à humanité les cœurs des peuples autrement cruels, id. Instit. 228. Les cérémonies ne sont point autrement exercices de pieté, sinon qu'elles conduisent le peuple comme par la main à Jésus Christ, id. tb. 967. Il retenoit neantmoins tousjours le naturel de son regard et de son visage qui estoit plus effroyable et terrible qu'autrement [que toute autre chose] , amyot, llarius, 76.
— ÊTYM. Autre, etle suffixe ment; provenç. au- Irament; ital. altramente.
AUTRUCHE (ô-tru-ch'J, s. f. Le plus gros de tous les oiseaux connus, incapable de voler, parce qu'il n'a que des ailes rudimentaires. || Familièrement. Il a un estomac d'autruche, il digère tout.
— HIST. xn* s. Ge sui frères des dragons et compainsdes ostrusces, Job, 441. ||xv" s. Or as-tu bien teste d'autruce : Ce suis-je ou ce ne suis-je pas [est-ce moi ou n'est-ce pas moi]? Nat. de J. C.
— ÊTYM. Espagn. avestruz; portug. abeslrux , de avis-struthio, mot à mot oiseau-autruche. Le provençal estrut, l'italien struzso viennent simplement de struthio, <rrpou6iti>v, autruche, qui est undérivé de oxpoudo;, petit oiseau, et, en particulier, moineau. Palsgrave, p. 37, qui écrit ostruce et austruche, dit que l's se prononce.
AUTRUI (ô-trui),«. m. || l°Les autres, le prochain. Remarquant les défauts d'autrui. Exiger la probité chez autrui. La rigueur envers autrui. Souffrir des maux d'autrui. Il est beaucoup de geais à deux pieds comme lui, Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui, la font. Fab. iv, 9. De quel front donnerais-je un exemple aujourd'hui Que mes lois dès demain puniraient en autrui? corn. Perthar. n, 3. N'ayez aucune peur, je ne veux rien d'autrui , id.
AUV
Pomp. ii, S. Dans lo bnnheur d'autrui je cherche mon bonheur, id. Cid, 1,6. Un nobie cojurnepeut soupçonner en autrui La bassesse et la malice Qui ne sont pointen lui, rac. Esth. m, 9. Monfils, ditil, si je fus votre appui Dans l'âge tendre où l'homme sans autrui Xse conduire est encore inhabile, mal?. Narcisse, ch. H. Heureux ou malheureux, l'homme a besoin d'autrui ; Il ne vit qu'à moitié s'il ne vit que pour lui, delille, VU. des champs, n. Pour consumer autrui, le monstre se consume, boil. Lutrin, v. || Prendre son cœur par autrui, se mettre à la place des autres. Locution qui vieillit. || 2° En termes d'ancienne chancellerie, l'autrui, le droit d'autrui, le bien d'autrui. Sauf en autres choses notre droit et l'autrui en toutes : locution qui était encore d'usage commun au commencement du xvii* siècle. Le monstre infime d'envie X qui rien de l'autruy ne plaist, malh. rv, 5. Qui sans prendre l'autrui, vivent en bons chrestiens, Régnier, Sat. xn. || Proverbes. Mal d'autrui n'est que songe, c'est-à-dire le mal des autres ne nous touche guère. |[Qui s'attend à l'écuelled'autrui a souvent mal dîné, c'est-à-dire il ne faut pas compter sur les autres.
— REM. 1. Le substantif autrui est toujours complément d'un verbe ou d'une préposition, et n'est jamais sujet d'une phrase. || 2. Autrui étant un substantif, on peut le suppléer, dans le second membre d'une phrase, par les adjectifs possessifs son, sa, ses, et dire par exemple : en épousant les intérêts d'autrui, nous ne devons pas épouser ses passions. En effet ce mot est dansla caiégorie du mot chacun : et l'on dit : chacun a ses défauts. Bossuet l'a construit avec le pronom il : Quand nous croyons facilement sur le rapport d'autrui, sanssonger qu'il peut nous tromper ou se tromper lui-même.... Connaiss.
— SYN. autrui, les autres. Quand on dit: exiger la probité chez autrui ou chez les autres, et s'en affranchir soi-même, l'emploi n'offre pas de nuance bien appréciable. Mais il n'en est plus de même quand on dit : ravir le bien d'autrui ; le bien des autres ne serait pas ici de bon usage. En effet les autres est plus général que autrui ; les autres, c'est tout le monde excepté nous; autrui, c'est spécialement cet autre-ci, comme le montre l'étymologie. Voilà pourquoi autrui s'oppose plus précisément à la personne qui parle ou dont on parle, que les autres.
— hist. xi* s. Si home fait plaie à altre e il doive otrei faire les amendes.... L. de Guill. 4 1. [Il] Ne fait damage ne de mei ne d'altrui , Ch. de Roi. cxliv. Qui traïst home, sei occit et altroi, t'b.ccxc. || xn* s. Jamais crerez [croirez] moi ne autrui, Ronc. p. 4 1. Se par autrui ne sui avant ocis, ib. p. 87. Que jà à moi [vous] ne faites beau semblant; Ains le faites autrui pour moi grever, Couci, x. Jà par autrui [je] n'i aurai délivrance, tb. xi. Autrui [vous] amastes , si [vous] oubliastes nous, Romancero, p. 60. || xm" s. N'encor n'avoit fet roi ne prince Meffais qui l'autrui toit et pince, la Rose, 8484. Il ne loist [n'est pas permis] pas a apeler por autrui que por soi, ou que por son lignage, ou por son seigneur lige, beaum. lxiii, 4. Car qui plus aime autruy de soi X la fontaine muert de soif, guinard, Les anciens statuts de de. l'Hôtel-Dieu à Troyes, p. 32. || xv" s. Lors le dit roy de France recevra le dit roy d'Angleterre au dit hommage, sauf son droit et l'autruy, froiss. i, i, 63. On fit un ban [de par Philippe d'Artevelle], que nul ne pillast ne efforçast maison, ne prensist rien de l'autrui s'il ne le payoit, id. ii, ii, (68. Retenir l'autruy ou luy oster le sien par toutes voyes qui nous sont possibles, comm. v, (8. Jà Dieu ne me lairra tant vivre, qu'autrui que vous ait part ne demie en ce qui est entièrement à vous, louis xi, Nouv. xxxm. || xvi" s. Convaincus par leur conscience retenir de l'aultruy, mont, i, 30. Aller sur les traces d'aultruy, id. i, 34. La violence et la convoitise d'usurper à force l'autruy estoient lors louées entre les barbares, amyot, Numa, 6. Numa osta aux siens l'envie de guerroyer, à fin qu'ilz ne feissent tort à autruy, id. Lyc. et Num. 3.
— ÊTYM. Provenç. altrui, autrui,- ital. altrui; de aher-huic, cet autre, à un cas régime: voilà pourquoi autrui est toujours au régime, et pourquoi autrui est moins général que les autres. Dans la locution de chancellerie l'autrui, il ne faut pas prendre le pour l'article d'autrui; il y a sous-entendu bien, droit; le bien, le droit autrui, ce qui, par la vertu du régime dans l'ancienne langue, équivaut à ce que nous dirions : le droit d'autrui.
t AUVEL (ô-vèl) , *. m. Terme de pêche. Sorte de claie en cannes avec laquelle on construit l'enceinte des hourdigues.