‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 152 sur 403 · AUX · texte numérisé non relu

AUX

AVA

AVA

ADVENT (O-van), s. m. |] 1° Petit toit en saillie pour garantir de la pluie. Pour éviter la pluie à l'abri de l'auvent, Régnier, Sat. x. || Plusieurs emploient à tort ce mot à la place d'abat-jour ou de pcrsienno. || 2° Terme de jardinage. Abri en paillasson ou en bois, dont on se sert pour garantir les arbres en espalier des gelées du printemps. || Terme de marine. Sorts de faux sabord volant dont on se sert pour empêcher la pluie d'entrer par un sabord, dans un bâtiment à l'ancre.

— HIST. xiii* s. Faiz sui ausint comme la nuitre [nyeticorax] en l'auvent de la meson, Psautier, f 4 20. Et quant serés pendus au vent Sans coverture et sans auvent, Sus vous plovra, biaus sires rois, la Rose, «548. Et fait sa voiz aler as vens Par fenestres et par auvens, ib. 944 0. || xiv* s. Pourront aussi donner congié de faire sailliées, fenestres saillans pour estaux et avant-venz sur les chemins, nu cange, antevanna. || xvi* s. Xl'entour de ladite place, je fis le plan de certains auvans, ou basses galleries , pour tenir l'artillerie à couvert , paussy, 4 48.

— ËTYM. Bas-lat. auvanna, auvannus, auventus, aventus, avenntis, avanna, antevanna. Il y a dans des textes du xv* et du xvi* siècle oste-xent et ostvent. Le roy fit mettre le seigneur de Contay dedans un grand et vieil ostevent qui estoit dedans sa chambre, comm. iv, 8. Puis après il mesura de huit coudées l'allée du portail et ses ost-vents de deux coudées, Eiéch'. 40, 9, Traduction genevoise de la Bible. On pourrait y voir l'étymologie du mot auvent; mais, d'une part, Yoste-vent de Commines est évidemment un paravent, et, d'autre part, dès le xiii' siècle on écrit auvent, ce qui exclut le verbe osier. Diez rapproche auvent du provençal anvan, ambans, qui signifie rempart, retranchement, et il y voit un composé de an pour ante, avant, et peutêtre vannus, un van. An est en effet pour ante, et dès lors deux étymologies sont ouvertes : vannus, van, si l'on suit l'orthographe du bas-latin ; et ventus, vent, si l'on suit l'orthographe du vieux français. De sorte que le mot signifiera, dans le premier cas, un avant-van, un van qui avance, d'après quelque similitude; dans le second cas, un avantvent, c'est-à-dire quelque chose qui protège contre le vent.

f AUVERGNE (6-vèr-gn'), s. f. Dissolution de tan dans laquelle on fait macérer les peaux de veau.

t AUVERGNER (6-vèr-gné), v. a. Faire tremper les peaux dans une dissolution de tan.

AUVERNAT (ô-vêr-na), s. m. Gros vin rouge d'Orléans. Un laquais effronté m'apporte un rougebord D'un auvernat fumeux, qui, mêlé de lignage [cru Orléanais] , Se vendait chez Crenet pour vin de l'Hermitage [cru du Rhône] , boil. Sat. m.

— ËTYM. Ce nom est donné à certains vins des environs d'Orléans, parce que le raisin dont on le /ait provient de plants apportés originairement d'Auvergne.

f AUVERT (6-vèr). Usité seulement dans Le diable auvert, locution fautive pour Le diable vauvert (voy. vauvert).

AUX (ô) , voy. au.

AUXILIAIRE (ô-ksi-li-ê-r'; les prononciations oksilière et ô-gziliêre sont vicieuses), adj. || 1* Qui donne du secours, en parlant d'une armée. Corps auxiliaire. Fournir des troupes auxiliaires. Cavaliers auxiliaires. Rassemblée àta voix, leur troupe auxiliaire Du Rhodopeàl'Hémus fermera la barrière, rotr. Bélis. Ht, I. Ceux qui ont trouvé le secret de ruiner la France en deux ans, dans une guerre auxiliaire [où elle n'est qu'auxiliaire], volt. LellreàMmeduDeffant, 25avril 1760. || 2° Qui aide, en parlant des choses. Causes auxiliaires. X nos vaisseaux conduits par tes mains tutélaires, Soumets les vents auxiliaires ; Descends, Dieu des Bourbons, et combats avec nous, gilb. Ode sur la guerre. || 3° S. m. Celui qui aide de ses armes. Les auxiliaires. Lever des auxiliaires. 11 avait avec lui des auxiliaires gaulois. Servir comme auxiliaire. Avec les Français pour auxiliaires. || En général, aide, appui. Tu trouverais en moi un puissant auxiliaire. Prendre pour auxiliaire. La calomnie, cet auxiliaire de la haine. Beaucoup de belles qualités qui sont les auxiliaires de cette vertu. L'hiver était l'auxiliaire des Russes dans la campagne de <8(2. || 4* Terme de grammaire. Verbe auxiliaire , verbe qui sert à former les temps composés des autres verbes. || S. m. Les deux auxiliaires être et avoir.

— ÉTYM. Auxiliaris, d'auxilium , secours, d'augeo, croître, augmenter (voy. augmenter). t AUXOMÈTUE (ô-kso-mè-tr'), s. in. Terme de

physique. Instrument pour mesurer de combien un appareil d'optique grossit les objets.

— étym. AiSo;, grossissement (comparez augmenter), et mètre.

AVACUI, JE (a va-chi, chie), part, passé. Des souliers avachis.

AVACHIR (S') (a-va-chir), v. reft. Se déformer par distension, par relâchement, en parlant des chaussures, des habits, etc. Un habit qui commence à s'avachir. || Populairement , se dit des personnes dont les formes grossissent et ne conservent point de fermeté. Cette femme s'est avachie.

— hist. xvi* s. Je ne cherche qu'à m'anonchalir et avachir, mont, iv, 76.

— ÉTYM. Wallon, s'avachl, s'awacht; de à, et du verbe anc. haut-allem. weichjan, énerver; allem. moderne, weich, mou. On serait sans doute tenté de le rattacher à vache : s'avachir, passer à l'état de vache. Mais ce qui s'y oppose, c'est le double w dans le wallon qui ne répond pas au v latin.

t AVAGE (a-va-j') , s. m. Droit que les exécuteurs de la haute justice levaient en argent ou en nature en quelques lieux, et certains jours de marché.

—ÉTYM. Ce mot, qui n'est pas dans Du Cange ,est obscur ; peut-être vient-il d'oiw.

AVAL (a-val), s. m. || 1° Le bas du courant d'une rivière, par opposition à l'amont. J'ai marché à l'aval de l'Anio jusqu'à un champ d'oliviers, chateaub. Italie, 22. || 2" Pays d'aval, pays où l'on arrive en suivant le courant. || Vent d'aval, se dit sur les côtes occidentales de la France, d'un vent qui vient du couchant. || 3" Adverbialement. Un des bateaux allait amont et l'autre aval. || 4" S. m. Terme de commerce. Souscription qu'on met sur un effet de commerce pour en garantir le payement. Bon pour aval. Mettre son aval. Cautionnement par aval. Donneur d'aval, celui qui prend cet engagement. || Dans la pratique de Paris, un aval, une lettre de change de l'étranger, à courts jours, trois ou cinq. La plupart de ces avals sont bons. Aval signifie en bas ; et c'est la place de la signature qui a déterminé cet emploi métaphorique du mot.

— HIST. xi* s. [Il] Regarde aval et si regarde amont, Ch. de Roi. clxiii. || xn* s. Aval est embranchiez, Ronc. p. «3. Et [il] vit aval maint Sarazin félon, ib. p. 47. Li brans coula aval sur l'haubert doplentin, ib. p. 4S4. Que l'erbe vers resplent aval la prée, Couci, xvu. Aval par devers Frise, Allemagne [ils] ont destruite et Cologne malmise, Sax. xxin. De Jesu Crist il seient, fait-il, trestuit maldit; Dune a geté à val, quant il out cel mot dit, Desuz le pavement la candeille en défit, Th. le mort. 4 32. || xiii* s. Aval, en Provence, se croisa Pierres de Bromont et autres gens assez, villeh. xxix. Un escoufles aleit volant, Vit la soriz si haut pipant, Ses eles clost, à vaul descent, Li e la raine ensanble prent, marie, Fab. 3. D'aler aval le bois

moût durement [elle] s'esploite, Berte, xxix Et

vos yex moilliés De chaudes lermes en la place, Qui vous coulent aval la face, la Rose, 7498. La dame delà haute garde, Qui de sa tour aval esgarde, ib. 2982. Li oncles est plus prochains que li niés, car il est un point plus aval, et li oncles demeure el point que li pères ou niés estoit, beaum. xiv, 27. || xv* s. La saison s'en alloit aval et l'hiver approchoit, froiss. n, II, 36. Il avoit toujours après lui, allant aval la ville de Gand, soixante ou quatre vingts varlets armés, m. i, i, 66. || xvi* s. Peuples sans nombre et d'aval et d'amont, J. marot, v, p. 92. Je marche plus seur et plus ferme à mont qu'à val, mont, i, 464. Ils ne laissoient point pour son hault crier de fouir tousjours aval de roupie, amyot, Tîom. 28. Ces jerbes furent emmenées à val par le fil de l'eau, id. Publ. 4 3.

— ÉTYM. Genev. d'avau, là-bas; wallon, dvd; provenç. aval etavall; de à et de toi, mot à mot, en suivant la pente de la vallée (voy. val).

t AVALAGE (a- va-la- j') , s. m. || 1* Descente d'une pièce de vin dans une cave. H 2° Action de faire descendre à un bateau le cours d'une rivière. || 3° Voy. AVALAISON.

— hist. xiv* s. Le barrage, la chaucie, Pavalage [prestation consistant en anguilles et poissons pris dans les nasses], du cange, avalagium.

— ËTYM. Avaler, c'est-à-dire descendre.

AVALAISON (a-va-lè-zon) ou AVALASSE (a-va-

la-s'), s f. || 1° Cours d'eau torrentiel, qui se forme soudainement à la suite de pluies ou de fontes de neiges. Les avalaisons causent beaucoup de dégâts dans les terrains en pente. || 2° Terme de marine. Vent d'aval qui dure depuis plusieurs jours. I! 3" Amas de pierres que les eaux ont roulées et déposées sur le rivage. || 4'

droit de mettre des nasses pour prendre le poisson qui descend.

— HIST. xiv* s. La pescherie, les herbages du vivier, et l'avalison [prestation de poissons pris dan» les nasses] d'icellui, du cange, avalagium.

— ÉTYM. Avaler, c'est-à-dire descendre.

AVALANCHE (a-va-lan-ch'), s. f. Masse de neige

et déglace, détachée d'une montagne, etqui se précipite danslcsvalléessous-jacentes. Soudain l'avalanche sauvage Roule et l'entraîne dans son sein, millev. La peur du souv. J'ai vu cent fois l'avalanche et l'orage, L'ours et les loups fondre sur mes brebis, bérang. Nostalgie.

— ÉTYM. Genev. evalanche; bas-lat. avalantia, descente; de avaler, descendre.

AVALANGE(a-va-lan-j'), s. f. C'est, dit l'Académie, ainsi que quelques-uns prononcent le mot

Page 1