‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 153 sur 403 · AVALANCHE · texte numérisé non relu

AVALANCHE

t AVALANT, LANTE (a-va-lan, lan-f), adj. Terme de batelier. Qui descend, qui va en avalant. On ne mettra aucun empêchement au passage des bateaux montants ou avalants, Ord. de L.XIV, ch. 4. || Arche avalante, arche d'un pont où le courant de l'eau est très-rapide.

AVALASSE, ». f. Voy. avalaison.

AVALÉ, ÉE (a-va-lé, lée), part, passé. || 1* Descendu. Du vin avalé dans la cave. Vieux en ce sens. || 2° Pendant, en parlant des parties du corps. Joues avalées. Ce chien aies oreilles bien avalées. Le verrat doit avoir la tête grosse, le groin court et camus, le cou grand et épais, le ventre avalé.... buff. Cochon. || En parlant du cheval, croupe avalée, croupe qui va en s'abaissant de la partie antérieure à la partie postérieure : défaut commun dans certaines races. Ventre avalé, ventre volumineux et tendant à s'abaisser : conformation qui indique un cheval peu propre aux allures rapides. || 3° Autrefois on disait avalé, d'une façon générale, pour pendant, épars. Et ses cheveux mêlés Flottaient au gré du vent sur son dos avalés, Régnier, Épit. I. Courir à brides avalées, scarr. Virg. trav. i, 48. On dit aujourd'hui à bride abattue. || 4° Descendu par la gorge. Les morceaux hâtivement avalés. || Fig. Des affronts patiemment avalés.

t AVALÉE (a -va-lée), *. f. Quantité d'ouvrage faite par le tisserand sans dérouler les ensuples. || Quantité d'étoffe comprise entre la perche et le fauchet, dans l'opération du lainage.

— ÉTYM. Avaler, c'est-à-dire descendre.

fAVALEMENT (a-va-le-man), s. m. || 1* Action

de descendre, d'abaisser, et résultat de cette action. || 2° Action de faire descendre par le gosier. On dit, en langage technique, déglutition.

— étym. Avaler.

AVALER (a-va-lé), v. a. || 1* Abaisser, faire descendre, mettre en bas. Vieux dans ce sens. Avaler du vin dans la cave. Quand autour du roi quel qu'un avalait son chaperon, les plus près du roi iui faisaient place, c'était une marque qu'il voulait parler au roi, st-sim. 73, 4 98. || En termes de jardinage, avaler une branche , la couper près du tronc. || Terme de chapelier. Avaler la ficelle, la faire descendre du haut de la forme jusqu'en bas. || Terme de chasse. Avaler la botte au limier, la lui ôter pour le laisser chasser en liberté. || Terme de métallurgie. Dans l'affinage, exposer la masse devant la tuyère et achever d'en chasser les matières étrangères. || 2° Faire descendre par le gosier. Avaler un bouillon. || Ne faire que tordre et avaler, manger avidement, avaler sans mâcher. || Il avalerait la mer et les poissons, il a une grande soif. || Familièment. Avaler sa langue, s'ennuyer, bâiller outre mesure. || Familièrement. Avaler quelqu'un, le regarder avec des yeux furieux. || Familièrement. J'ai cru qu'il m'avalerait, il s'est livré à une violente explosion de colère contre moi. Mon neveu , vous êtes une huître. — Mon Dieu, ma tante, il ne faut pas m'avaler pour cela, coignard frères, Gusman ne connaît pas, à la fin. || Argot maritime. Avaler sa gaffe, mourir. || Avaler sa cuiller, décamper. || Fig. Avaler le calice , avaler le morceau, être contraint d'endurer quelque chose de fâcheux. || Fig. et familièrement. Avaler des couleuvres, subir de dures mortifications. || 3° Fig. Il avalait à longi traits le plaisir de la voir, hamilt. Gramm. 8. Ella avalait cela plus doux que les confitures, id. ib. 9. On juge au hasard, on n'examine rien, on avale U calomnie comme du vin de Champagne, volt. Lettr. Damilaville, 4 5oct. 4 762. || 4" Contempler avec avidité, et comme si on avalait. Ils l'avalent des yeux [l'huître], du doigt ils se la montrent; A l'égard de la dent il fallut contester, la font, l'abl. ix, 9. || 5" Endurer, accepter. Pour nous faire

AVA

avaler nos tristes destinées, sév. 415. Pour lui faire avaler le soufflet, id. 70. M. le prince fut forcé aussi d'avaler des louanges, id. 4(9. Pour voir comme on pourra lui faire avaler cette affliction, id. 305. Avalant les jours gras comme une médecine, id. 402. En habile déclaruatmir il me faisait avaler à longs traits toute l'amertume de cette réflexion, dider. Pens. phil. 20. Il n'y a que le premier obstacle qui coûte; on avale, après, la honte, Boss. Pensées, 9. Les Mailly trouvèrent cette place avec raison bien mauvaise, mais il la fallut avaler, ST-siMON, 3, 55. Ils ne connaissent pas les horreurs que vous avalez comme l'eau, mass. Ferv. Pour nous faire, sans rire, avaler ce morceau, Régnier, Snt. x. De ces femmes aux beaux et louables talents Qui savent accabler leurs maris de tendresses, Pour leur faire avaler l'usage des galants, mol. Amph. I, 4. C'est à vous de l'y résoudre, et de lui faire avaler la chose du mieux que vous pourrez, id. le Uni. m. lui, m, 6. Mme de Coulanges ne pouvait avaler mes excuses, sév. 48t. || Familièrement. Faire avaler, faire croire. || 6° V. n. Descendre le courant. Vieux en ce sens. Ce bateau avale. Il 7° Terme de marine. Faire avaler ou boire la toile, ménager quelques plis en cousant une voile. H 8° Terme de banque. Donner la garantie dite aval (voy. aval). H 9° S'avaler, v. réjl. Pendre, descendre trop bas. Le ventre de cette jument s'avale. || 10" Être avalé, au propre et au figuré. Ces pilules s'avalent sans peine. C'est un affrontqui s'avalera difficilement. — HIST. xi* s. Si comme il put, du pin [il] est avalet, Ch. de Roi. lxxix. || xn* s. Entre col etl'escu a ses brans avalé, Ronc. p. -195. Et cil s'en tournent, avalent les degrez, t'6. p. 203. Uns escuiers as degrés de la sale Est descendus, si destrousse sa maie; BeleDoette les degrés en avale, Romancero, p. 46. y xm* s. Ensi li dus avala le letrin et s'ala agenoiller devant l'autel Saint-Marc, moult plorant, villeh. xl. Une rivière [elle] treuve qui d'un pendant avale, Berte, xxvu. Nés un tout seul morcel n'en a elle avalé, t'6. xlv. Vers Paris [elle] s'en avale l'amirable cité, 16. Lxxxi.Et s'avisa qu'elle ferait avaler une corde et le meteroit outre les creniaus, jus [en bas] del mur, Ch. de Rains, 32. Car dant Costant venoit après Sorun cheval àgranteslès, Oui moults'escrie à l'avaler, Ren. 42)9. 0[avec] haute voix, 0 longe aleine De bien chanter chascun so peine; L'uns à l'autre son chant avale, t'6. 13557. Cum l'iaue qui s'avale toute, N'il n'en retorne arrière goûte, la Rose, 375. Ou il entrast par les fenestres, Qu'il set bien de l'ostel les estres, Par une corde s'avalast, t'6. 4272). Et li fix du fil au fil mon fil [le fils du fils du fils de mon fils] m'est el quart degré en avalant, beaum. xiv, 4. Pourceque il peus- ' sent la viande mascher et avaler aval, joinv. 237. Sitost comme je fu avalé là où le trésor estoit, id. 260. Il xiv s. Mais ne voldrai de pain ne de vin avaler, Si vous voldrai trestous à un arbre encroer, Guesel. 20390. Le cerf doit avoir le ventre bien avalé, Ifodus,f°xiv, recto. || xv*s. Environ deux cents lances s'avalèrent devers Maing , froiss. i , 1 , 4 4 1 . Le varlet prit la lettre que les chevaliers lui baillèrent, puis le firent avaler es degrés, id. 1, 1, 228. Puis fit ouvrir la porte du chastel, et avaler le pont, et issir ses gens, id. h, m, 8. C'est dur morcel à avaller, al. chart. Le livre des quatre dames. 0 bon vin, liqueur souveraine , Entre chez moi.... Qui me veoira tout avaler, Ne s'en estonne, basselin, xliii. Il le me convient avaler Sans mascher.... Patel. 1319. 11 eut de l'estrain [paille] largement, qu'il avala [jeta] dedans la fosse et y bouta le feu, louis xi, Kouv. lvi. Il xvi" s. Si je montoys aussi bien comme j'avalle, je feusse, pièce ha, haulten l'aer, iub. Garg. 1, 5. Il l'avalla, comme ung cormoran feroyt ung petit poisson, id. Pant. 11, 4. Lors il s'avalla le mieulx que il peut, en sorte que il touchoyt les piedz en terre, id. t'6. Pantagruel luy vouloyt avaller [abattre] la teste tout net, id. t'6. it, 29. Pensant avoir avalé une espingle avecques son pain, mont. 1, 100. La majesté royale s'ava'.le plus difficilement du sommet au milieu qu'elle ne se précipite du milieu au fond, id. i, 4 21. Regorger la viande comme on l'a avallée, id. i, et. Elle avoit les joues avallées, et le nez trop poinctu, id. 1, 296. Fuir à bride avallée, id. i, 368. Quelques, années aprez voilà le buse du pourpoinct avalé jusques entre les cuisses, id. 1, 309. Les épicuriens ne peuventavaller un dieu en forme de boule, id. ii, 201. Elle lui disoit mille injures; mais il les avaloit toutes avec un verre de vin, desper. Contes, lxxix. 11 n'y avoit ny aucuns passans, ny batteaux mon- 1.111s ou avallans, amyot, Publ. 36. Ce que la mer va minant petit à petit ou long temps et à grand

AVA

peine, luy l'a avallé tout à un coup [un qui avait mangé son bien sis au bord de la mer], id. Caton, 16. cinglant le jour à voiles avalées et baissées, et lanuict haussées, id. Lucul. 6. Ilz le suivoient les cheveux nonchalamment avaliez, id. Cicéron, 40. Son chapeau rouge, avalé en capuchon par derrière, Sut. Mén. p. 56. La squinance emp^sche la viande d'estre avallée en l'estomach, paré, vi, 8.

— étym. Bourguig. evaulai; de aval. Avaler veut dire proprement faire descendre, mettre en bas; et il n'a eu longtemps que ce sens-là; puis, comme faire arriver les aliments dans l'estomac est aussi les faire descendre, il a pris peu à peu ce sens, et le primitif est tombé en désuétude, ne restant plus que dans quelques locutions techniques et dans certains patois.

t AVÀLETTE (a-va-lè-f), s. f. Terme de pèche. Morceau de bois qui sert dans une certaine espèce de pèche.

AVAI.EUK (a-va-leur) ,s.m. Celui qui a l'habitude de manger ou de boire avec excès ou avidité. Il est familier. || Fig. Chamarré de vieux oripeaux, Ce roi grand avaleur d'impôts Marche entouré de ses fidèles, bêrang. Ch. le Simple. || Un avaleur de gens, un avaleur de charrettes ferrées, un rodomont, un fanfaron. || C'est un avaleur de pois gris; c'est un goinfre, un gourmand.

— étym. Avaler.

fAVALIES (a-va-lie), s. f. plur. Terme de commerce. Laines qui proviennent de peaux de moutons livrés à la boucherie, et qui sont vendues aux mégissiers.

— ÉTYM. Avaler, mettre en bas, parce que ces laines proviennent de l'abatis des bouchers.

j AVALISTE (a-va-Ii-sl') , s. m. Terme de banque et de commerce. Celui qui donne ua aval de garantie (voy. aval).

— ÉTYM. Avaler.

f AVALOIR. (a- va-loir), *. m. Terme de pêche. Sorte de nasse.

— ÉTYM. Aral, en bas.

AVALOIRE (a-va-loi-r'), s. f. || 1» Pièce du harnais, sur laquelle s'appuie le cheval de timon pour retenir la charge. || 2° Outil dont les chapeliers se servent pour avaler la ficelle. || 3° Digue pratiquée sur une rivière pour prendre des saumons. || 4° Populairement, le gosier. Quelle avaloire il a 1 Assurément, si cette femme a mangé tout l'argent qu'elle a tiré de sa fille et de moi , depuis vingt ans, il faut qu'elle aitune terrible avaloire, J. j.rouss. Lett. 375.

— HIST. xiv* s. Pourront aussi donner congé de mettre pierres avaloeres [pierres en pente], du cange, avalantia. Une avalouere [pièce de sellerie] garnie de merliers de cuir, id. t'6.

— ÉTYM. Ce mot dans les deux acceptions vient à'avaler : dans la dernière, parce qu'il exprime le passage par où on avale; danslapremière, parce que la pièce du harnais est en bas, en aval.

t AVALURE (a-va-lu-r'), s. f. || 1" En hippiatrique, altération du sabot du cheval, dans laquelle la corne se sépare de la peau dans une étendue plus ou moins considérable. || 2* Maladie des serins qui ont pris trop de nourriture.

— ÉTYM. Avaler, parce que, dans le premier sens, la corne s'avale, se détache.

f AVANÇAGE (a-van-sa-j') , s. m. \\ i° Permission donnée à des voitures de place de stationner en dehors de la place. || 2* Lieu où elles stationnent.

— étym. Avancer.

AVANCE (a-van-s'), s. f. || 1° Tout ce qui est en avant par rapportàautre chose. || Partie de bâtiment qui est en saillie. Faire ou former une avance. Une petite avance Qu'avait un toit, la font. Omis. Il 2° Espace de chemin qu'on a parcouru avant quelqu'un. L'ennemi qui avait tant d'avance. Prendre ou gagner de l'avance. A peine séparés par une courte avance, Les fuyards n'avaient plus qu'une faible espérance, lamart. Joe. m, 7. || Ils ont pris l'avance, ils sont partis en avant. Une lettre en avance Avait divulgué.... mol. l'Étour. iv, 4. || Fig. Prendre l'avance sur ses camarades, être plus avancé qu'eux dans ses études. || 3° Ce qui, déjà fait ou acquis, sert ultérieurement. Avoir rassemblé ses matériaux est une véritable avance. C'est une grande avance que d'avoir l'esprit en repos, sév. 254. Il 4° Au plur. Premières démarches auprès de quelqu'un, recherche de sa société. Répondre aux avances d'amitié qu'on nous fait. Je veux faire les premières avances pour nous réconcilier. 11 est dangereux à la cour de faire les avances, la bruy. 8. Il n'a pas dédaigné de faire toutes les avances, boss. ii, Annonc. 4. Jamais les Sacramentaires n'avaient fait do si grandes avances envers les Luthériens, id.

AVA

Tar. 44. Abaissons-nous à faire des avances, mol. Psy. 1, t. Il trouva mauvais qu'ellene lui eût point fait d'avances, hamil. Gramm. 6. Elle avait fait toutes les avances pour s'emparer de sa confiance, id, t'6. 9. J'ai fait toutes les avances de cette amitié, sév. 8. Louis XIV avait déjà fait quelques avances pour la paix, volt. Louis XIV, 21. L'impératrice [Marie d'Aragon, femme d'Othon III] ayant fait des avances à un jeune comte italien qui les refusa par vertu, id. Mœurs, 45. Lorsque l'on aime une déesse, Elle fait ces avances-là, la font. Nie. Je n'aime point qu'on me fasse d'avance, id. Court. || 6* Somme prêtée, payement anticipé. Faire une avance. Qu'il fallait que l'État fit des avances à ceux.... Ayant reçu une faible avance. Les avances nécessaires pour cette spéculation. || Terme de change. Avance pour le tireur, somme que le tireur d'une lettre négociée reçoit au delà du pair. Avance pour le donneur, somme que le tireur reçoit en moins. || 6° Par avance, loc. adv. Par anticipation. Il a payé par avance. Du trouble do mon coeur jouissant par avance , bac. Baj. 1, 3. L'ingrat, de mon départ consolé par avance, id. Bérén. iv, 5. Mes entrailles pour toi se troublent par avance, id. Phèd. iv, 3. Mes larmes par avance avaient su la toucher, ro. Iphig. n, 5. Je vous réponds assez souvent par avance, sév. 232. Pouvons-nous ne les pas plaindre par avance? la bruy. Disc. s. Théophr. Ce n'était pas le moyen d'obtenir l'enregistrement qu'ils demandent, que de montrer ainsi par avance à quoi ils s'en veulent servir, pasc. Prov. 4». Bénissez par avance la sagesse miséricordieuse de celui qui saura tirer de vos passions un nouvel avantage pour sa gloire, mass. Car. Lazare. ||7° D'avance, toc. adv. Avant le temps où une chose doit ou peut se faire. L'arrêt qui l'a condamné était prononcé d'avance.

— REM. On dit fréquemment : je vous payerai à l'avance. Cela n'est pas conforme au bon usage, qui ne reconnaît que par avance ou d'avance.

— HIST. xv* s. Dictes moy, dame noble et bonne, L'avance, si ferez l'aumosne, la fontaine, 872. Il xvi* s. Les quelques capitaines eurent soin de le

faire habiller et armer, il mit au bout de la cedulle qu'il fit pour cette avance : à la charge que.... d'aob. Vie, xv. Il prit le chemin de Monterau-faut- Yonne, qui estoit celui de l'avance vers ses Allemans, id. Hist. 1, 448. Il n'eut pas fait 400 pas qu'il part du corps-de-garde un homme qui faisoit lesmesmes arrests et avances que lui , et toutesfois l'outrepassa de peur de lui donner l'allarme, id. t'6. 11, 342.

— étym. Voy. avancer; provenç. avansa.

AVANCÉ , ÉE ( a-van-sô , sée ) , part, passé.

Il 1* Placé en avant. Poste avancé. Alors que le roi passe, il gagne le devant.... Même aux plus avancés demandant le pourquoi, régnier, Sot. x. || 2* T. de fortification. Ouvragesavancés, situés au delàdu chemin couvert. H 3° Fig. Hâté. Le terme fut avancé. Le soir fut avancé de leurs belles journées ; Mais qu'eussent-ils gagné par un siècle d'années? malh. i, 4. Il 4° Payé d'avance, prêté. Argent avancé. || 5° Mis en avant, dit. La proposition avancée. Me tiendrezvous au moins la parole avancée? mol. Mélic. n, 5. Il 6° Qui a fait du progrès ou des progrès. Avancé en âge. Us se croient bien avancés. On n'en est pas plus avancé. Je ne suis pas bien avancé dans mes études. Ecolier peu avance. Leur civilisation est assez avancée. Quel regret de s'être fait tant de violence, et de n'en pas être plus avancé pour le ciel! mass. Mort. Quand il fut un peu avancé en âge, boss. llist. m, 3. Je suis étonné qu'on vous montre en rhétorique les fables de Phèdre, qui semblent une lecture plus proportionnée à des gens moins avancés, RAC.IeKre v à son fils. || Familièrement. Je n'en suis pas plus avancé, ce que j'ai fait ne m'a servi de rien. ||7°Qui touche à son terme, à sa conclusion. Nous voyons que la guerre est fort avancée. Ouvrage fort avancé. L'été étant déjà très-avancé. La nuit était avancée. Jusqu'à une heure avancée du jour, de la nuit. Le projet d'un hymen déjà fort avancé, boil. Sat. x. Vous qui devez savoir les choses de la vie, Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé, la font. Fab. m, 4. D'ailleurs la saison est fort avancée, J. J. rouss. llél. 1, 22..,. Et dans l'âge avancé Le présent s'embellit des vertus du passé, st-lambert, Saisons, Hiver. || 8*Tropmûr, qui se gâte. Figue trop avancée. Poisson avancé. H 9° S. m. plur. Les avancés de la secte, les avancés du parti, ceux qui se disent en avant des autres. Il 10" S. m. .Terme de pratique. Ordonnance du président qui a pour objet de faire passer un procès avant son tour de rôle.

AVANCEE (a-van-sée), s. f. Terme de guerre. Corps de garde, petit poste en avant de la porte d'une

AVA

place forte. X vingt pas de l'avancée, je vois lever le premier pont, i. j. rouss. Conf. i.

— ÉTYM. Avancer.

AVANCEMENT (a-van-se-man), s. m. || 1* Progrès, en parlant des personnes et des choses. Jo remarque un grand avancement dans cet écolier. Il ^st plein de zèle pour l'avancement des sciences. Tout l'ouvrage de votre avancement spirituel est arrêté parce dérèglement, boss. Avantaqes de la retraite. || 2° Action de monter en grade. L'avancement est lent dans cette administration. Je vous souhaite l'avancement que vous méritez, et au roi beaucoup d'officiers qui pensent comme vous, volt. h tir. La Moile-Geffard, 25 juillet )762. || 3° Succès dans le monde. Travailler à l'avancement de sa famille. Un art que j'ai cultivé toute ma vie aux dépens de ma fortune et de mon avancement, volt. Lettr. d'Argental, 2) juin ) 76 \. \\ 4* Terme de droit. Avancement d'hoirie, ce qui est donné à un héritier présomptif ou successible, par anticipation, sur ce qui doit lui revenir dans une succession à échoir. Donation en avancement d'hoirie. || 6° Avancement des étoiles sur le soleil, l'excès du jour moyen sur le jour sidéral.

HtST. xii* s. Grant avancement unt Engleis en

)ur pais : Si fu par le rei Knut, qui fu Daneis, asis, Th. lemart. 68. || xm" s. Moult me conforta doucement Amis qui mon avancement Vousist autresi [autant] bien cum gié [je], la Rose. 3230. Mes le sens.... Tous jors va par avancement, ib. 8366. || xv" s. La benoite vierge Marie dont tout confort et avancement viennent, froiss. Prol. Adonc, pour leur honneur et avancement chevaliers et escuyers des basses marches se concueillirent et parlèrent ensemble, id. u, m, 32. Si le voult avoir du tout en sa compaignie, et de fait le demanda au duc de Bourbon, qui en fut content, pour l'advancement de Bouciquaut, Boueiq. i, ch. 6. || xvi*s. Ce fut lui qui pressa tellement les batteries et les avancements, que.... d'aub. Hist. i, 499. Et à fin que tout arrivast au combat presqu'à mesme temps, leur fit prendre trois ou quatre cents pas d'avancement, id. ib. ni, 297. Et toujours avancement [payement d'avance] de leur solde, carloix, x, 26. Par avancement d'hoirie, Sot. Mén. p. 40. Les apophyses mammillaires sont certaines productions ou avanceinens de la mesme substance du cerveau, paré, ni, 7. Dueil et ennuy c'est tout l'advancement Que j'ay encor de vous tant amoureux, marot, ii,

— ÉTYM. Provenç. avansament; portug. avanç amento; ital. avanzamento ; d'avancer.

AVANCER (a-van-sé ; le c prend une cédille devant a et o), v. a. || 1° Pousser ou porter en avant, approcher. Avancer la main. Plus tôt qu'il n'aura avancé un pion. || Au domino, avancer un dé, appliquer à un dé déjà posé un autre dé qui s'y adapte. || Au trictrac, avancer son jeu, jouer les dames dans la table du gran jan, afin de prendre plus tôt son coin. || Technologie. Avancer le fil d'or, lui donner le quatrième tirage. || 2° Fig. Hâter, accélérer. Avancer la mort de quelqu'un. La paresse avance la vieillesse. Il avança ses jours par des excès. Avancer le jour ou l'époque. Il avança l'heure du repas. Le temps d'un pas insensible avancera la mort, Qui bornera ma peine au repos de la tombe, malh. v, 2. Daignez-vous avancer le succès de mes vœux? rac. Iphig. i, 2. J'avance des succès dont j'attends le trépas, corn. Cinna, m, t. Et pour avancer tout, hâte cet entretien, id. Nicom. i, 4. Sa mort avancera la fin de mes ennuis, id. Andr. i, 4. || Avancer une montre, une pendule, la mettre en avance sur l'heure réelle ou sur celle qu'elle marquait auparavant et qui était en retard. || 3° Pousser, faire faire du progrès. Il voulait avancer son travail. C'est un admirable moyen d'avancer ses affaires, mol. Sicil.l. Ce sont des violences qui avancent l'ouvrage de notre sanctification, mass. Dégoû If. Pendant que notre victorieux monarque avance tous les jours l'ouvrage de la paix par ses victoires, boss. Panég. Ste Thérèse. || 4" Payer par avance ou pour le compte de quelqu'un. Il avança l'argent. Ce que vous lui avez avancé sur un billet. Particulièrement l'endroit où vous ditesque , pour accourcir mon affaire, vous voulez avancer votre argent, me semble une des plus belleschoses que j'ai jamais lues, voit. Lelt. 466. || 6° Mettre en avant, dire, énoncer. Il ne prouve pas ce qu'il avance. Vous avez avancé qu'il avait commis une mauvaise action. Avancer une fausseté à l'instigation de quelqu'un. Des raisons qu'on aurait honte d'avancer devant des hommes sérieux, mass. Conv. U vous craint, et j'avance encor cette parole Que, s'il perd mon époux, c'est à

AVA

vous qu'il l'immole, corn. Poly. iv, 6. |]6° Gagner, avec que interrogatif ou rien. Qu'aurais-je avance jusque-là? J. J. rouss. Ém. v. Vous n'avancez rien de ne pas avaler le poison , boss. Prédic. ) . Maisqu'avancez-vous on surprenant l'église? mass. Car. Jeûne. Je n'ai pu rien avancer par un long discours, desc. Rép. 2. Mais je puis dire aussi qu'ils n'ont rien avancé, malh. i, ).|| 7" Procurer de l'avancement, un emploi plus élevé. Il a été avancé par le ministre. || B'V.n. Aller en avant, s'approcher. Aimer mieux retourner qu'avancer. Avancez ici. Il avança imprudemment en haute mer. Ne reculer ni n'avancer. Il fait avancer ses troupes. Cette horloge avance. Notre calendrier avance sur celui des Russes. Par mon ordre en ces lieux elle avance vers vous, volt. Tancr. i, 2. Avancez dans la nuit qui couvre vos destins, id. Sémir.iv, 2. Ses vaisseaux en bon ordre ont éloigné la ville, Et, pour joindre César, n'ont avancé qu'un mille, corn. Pomp. m, 1. || 9° En termes de peinture, des couleurs avancent, quand, vives et brillantes, elles semblent faire avancer les objets sur le plan du tableau. || 10" En termes de vénerie, on dit que le cerf avance, quand on voit par son allure qu'il trotte. || 11" Faire saillie. Le môle avance bien loin dans la mer. Promontoire qui avance dans la mer Noire. Toit qui avance. || 12° Faire des progrès ou du progrès; réussir. Le désir d'avancer [de se pousser]. L'ouvrage avance merveilleusement. Plus il avançait en âge. L'affaire n'avance pas. Si l'on a avancé quelque peu dans la vertu. Avancer en sagesse. Croyez-moi, vous n'avancerez qu'à mesure que vous vous affectionnerez à désirer et à rechercher la retraite et le silence, boss. Avantages de la retraite. Mais tandis que les années Pas à pas font avancer L'âge où de ses destinées La gloire doit commencer, malh. h, 2. 11 faut avancer dans le chemin du salut, mass. Conc. Vous avancerez plus en m'importunant moins, corn. Poly. ui, 4. Je n'avance à mourir non plus qu'à différer, Et, ni vivant, ni mort, je n'ai plus qu'espérer, rotr. Antig. v, 8. || 13° Obtenir de l'avancement. Cet officier est trop vieux; il n'a plus l'espoir d'avancer.

s'avancer,», réfl. || 1" Aller en avant. S'avancer sur la scène, hors du port, au combat. II s'avança jusqu'au mur. L'ennemi s'avançant dans le coeur du pays. S'avançant ardemment dans la carrière qu'il s'est proposée, boss. Panég. Ste Thérèse. Le voici qui s'avance avecque Léontine, corn. Ilèracl. v, 7. Les compagnes d'Esther s'avancent vers ce lieu, rac. Esth. m, a. Il reçoit les adieux des siens et de sa femme, Leur défend de le suivre et s'avance au trépas, corn. Pomp. u, 2. || 2" Faire saillie. Le cap s'avance dans la mer. Le mont Taurus qui s'avance vers l'ouest. || 3° Fig. Faire du progrès ou des progrès. S'avancer dans la carrière des honneurs. S'avancer par l'intrigue. Nous nous avançons beaucoup dans la vie, mon vieil ami. Cependant Moïse s'avançait en âge, boss. Hist. i, 3. Le service et le bien de l'État étaient le moyen le plus sûr pour s'avancer dans les charges, id. ib. m, 6. I! mit un de ses fils dans la marine, qui s'y avança par son mérite jusqu'à devenir capitaine de vaisseau, fonten. Poupart. \\ 4° Devenir avancé. L'hiver s'avance. Leur vie s'avançait beaucoup. Le jour s'avance. Encor si la saison s'avançait davantage I Attendez les zéphyrs.... la font. Fabl.sx, 2. || 6" Aller jusqu'à; sortir d'une juste réserve. Je reconnais que je me suis trop avancé. Il y en avait même qui s'avançaient jusqu'à dire qu'il n'était pas sur que ce prince voulût avouer une action aussi hardie, vertot, Révol. de Portugal , p. 95.

— HIST. xii* s. Monjoie escrient, chascuns forment s'avance, Uonc. p. )34. [Il] Tranche les las, del bien ferir s'avance, ib. p. ) 46. Chascunspour belle Idoine de bien faire s'avance, audefr. le bast. Romancero, p. )8. Lagrantost [ils] i trouvèrent, quis'estoit avancie, Sax. vu. Li mesagier le rei furent mal vezié, Quant virent qu'il esteient ensi poi avancié, Th. le mart. 25. || xm* s. Un des chens s'est adevancis, Le porc aert parmi le pis, Que bien le cuida arester, Ren. 22489. Tybert, qui plus veziés fu, Si est dedans entrez avant, Puis dit : Renart, se Diex t'avant, Çà vien, si sus levé la huche, ib. 2748. Et se tant te pues avancier Que ta raison [discours] commencier oses, la Rose, 24)0. Etquiconques vuet eommencier Por tost sa besoigne avancier, ib. 7692. Mes, biau sire, que vous avance De lui faire anui ne grovance? ib. 3283. Ces menaces que Dieu nous fet ne sont pas pour le preu [profit] avancier, ne pour le doumage destourbier, joinv. 285. || xv* s. Chevaliers qui tous estoient desirans de lui servir et de leurs corps avancer, froiss. h, ii, ). Ces jeunes gens qui desnent honneur, Ilz se doivent meclre

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de leur puissance En bonarroy, car cela les avance, ch. d'orl. 4. Or vous avancez, dit-elle, louis xi, Nouv. xx. 11 faut avancer de faire ce que j'ai dit, id. ib. xxi. || xvi* s. Un fouet, duquel il fouettoyt sans remission les paiges qu'il trouvoyt portans du vin à leurs maistres, pour les avanger d'aller, rab. Pant. u, 46. Comment, dist Panurge, pourray je avanger à.... id. ib. u, 26. Et tant prospère son territoire que ilz ne peuvent de présent avanger à boyre, id. J'ant. progn. préf. ). Car qui ne sçait avecques moy danser, Je ne la puis en m'amour avancer, marot, i, 290. Jamais me suis-je en termes advancé Auprès de vous , qu'honneur et Dieu ensemble N'y fussent mis? id. i, 402. Quelque ennemy à ce bruit avancé, id. m, 50. Bien tost les fis de partir s'avancer [se hâter], id. iv, 3)2. L'un pour ne s'avancer se voit estre avancé, L'autre pour s'avancer se voit desavancé, dubell. vi, 29, recto. Mme la grant maistresse m'est venue avancer [hâter], disant que.... marg. Lett. 69. Pour s'estre esforcée de s'avancer plus qu'elle ne povoit, elle a retardé sa parfaite guerison, ib. xl. Tout ce qui peult advancer leur desseing, mont, i, <2t>. Il estimoit cet aage là bien meur et bien advancé, id. i, 406. Un homme advancé en dignité et en aage, id. ii, <5. Selon l'espesseur de la glace, il se recule ets'advance, id. u, )68. Et si tu veulx que j'advance quelque autre de tes amis, envoyé le moy, id. m, -102. Ny nostre hardiesse, ny nostre couardise ne la peuvent advancer ou reculer [la mort] , id. m, 4 3t. Et puisque l'expérience a tesmoigné que tout cela n'a rien avancé, ne doit-on pas cerener des voyes plus gracieuses? lanoue, 400. Quand la cavallerie se tiendrait esloignée, il conviendrait que les bataillons avançassent chemin, id. 322. Ils ne sont pas excusables d'avoir esté cause, pour leur particulier interest, d'avancer la ruine des chrestiens de ce costé-là, peut estre trente ans avant qu'elle fust avenue, id. 372. Ceulx qu'il cognoissoit diligents, il les avançoit aux honneurs, et leur donnoit authori té et crédit, amyot, Numa, 28. Faisant desmolir et abattre toutes les saillies des édifices privez qui s'avançoient sur les rues et places publiques, m. Calon, 38. De peur que Lucullus n'y participas!, il s'avancea [s'empressa] de donner la bataille , id. Lucull. 46. Dion avancea ses propres biens à faire la guerre pour recouvrer et rendre la liberté i. ses citoyens, id. Dion et Brutus, 4. Ou choisissant un autre trait plus fort, Tranche ma vie, fet m'avance la mort, rons. 6.

— ÉTYM. Avant; bourguig. évancé; provenç. el espagn. avanzar; portug. avançar; ital. avanzare.

t AVANCEUR (a-van-seur) , s. m. || 1° Celui qui , avance. || 2* Ouvrier qui donne le quatrième tirage au fil d'or.

— HIST. xvi* s Craignoit d'en recevoir blasme,

et que le roy son dit maistre l'en estimast menteur et advanceur de parolles, M. du bellay,272.

— ÉTYM. Avancer.

f AVANÇON (a-van-son), s. m. || 1° Terme de pêche. Petite allonge qu'on met à une ligne de pêche pour y disposer les haims. || 2* Morceau de planche qu'on place àl'extrémité des ailes d'un louret dans lescorderies maritimes, afin de retenir le fil de caret qu'on y dévide.

— ÉTYM. Avancer.

AVANIE (a-va-nie) , s. f. || i* Vexations qu'exerçaient les Turcs contre ceux qui n'étaient pas leurs coreligionnaires , pour leur extorquer de l'argent. J'avais été prévenu de ne me laisser jamais plaisanter par un Turc, si je ne voulais m'exposer à mille avanies, chateaub. Itin. 67. || 2* Traitement humiliant, affront public. Je veux aux yeux de tous vous en faire avanie, À toute heure, en tous lieux, regnard, le Joueur, v, 4. Phocion essuya la même avanie, dider. Ess. s. Claude, liv. u. La dîme royale le délivrerait [le peuple] tout d'un coup de toutes les vexations et avanies des collecteurs, des receveurs des tailles et de leurs suppôts, vauban, Dime, p. 67.

—ÉTYM. Grec moderne, àêavîa; de l'arabe houân, mépris. On trouve vanie : telles vanies des Turcs ne s'apaisans que par prêsens, Mercure françois , t. iv,

AVANT (a-van; le t se lie; avant un autre, dites : a-van-t-un autre). || 1° Prép. Marquant priorité d'ordre et de situation ; en tête de. Il marchait avant moi. Mettre la fin avant le commencement. Il s'élança avant tous les autres. || Fig. De préférence à. Mettre Alexandre avant Annibal. Remarquant avant tout que. La patrie passe avant tout. || 2° Avant, marquant la priorité du temps. Avant le règne de

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louis XIV. Longtemps avant la nuit. Avant le jour. Avant le lever du soleil. Je veux savoir de toi, traître, Ce que tu fais, d'où tu viens avant jour, mol. Amph. i, 2. || Avant régit quelquefois l'infinitif. Pontchartrain, avant partir, monta chezVoysin. stsim. 293, 249.|| 3° Avant, adv. de temps et de lieu. Ils n'allèrent pas plus avant. Nations qui habitent bien avant dans les terres. On combattit fort avant dans la nuit. Le fer n'avait pas pénétré bien avant. Comme le sillon était creusé plus avant. Ces rois antiques [les Stuarts] dont l'origine se cache si avant dans l'obscurité des premiers temps, boss. Berne d'.lngl. N'allons point plus avant; demeurons, chère Œnone, bac. Phèd. I, 3. Mais quoi! ma barque vagabonde Est dans les Syrtes bien avant, malh. iv,6. L'œil ose à peine atteindre à sa face sereine [du glacier], Tant il est avant dans les cieux! v. hugo, F. d'aut. 7. Le repas ne finit que bien avant dansla nuit, hamilt. Gramm. 4. || Fig.avec trop, bien et les adverbes de comparaison. Cette maxime avait pénétré bien avant dans son esprit. Il était placé bien avant dans le coeur du prince. Mais je vais trop avant et deviens indiscrète, corn. Cid, i, 4. Qu'a fait Mandonius, qu'a fait Indibilis, Qu'y plonger plus avant [sous le joug] leurs peuples avilis? id. Sertnr.ii, t. Vos bontés, madame, Ont gravé trop avant ses crimes dans mon âme, bac. Andr. iv, 3. Le sang et ma fureur m'emportent trop avant, id. llithr. v, 4. Je me suis engagé trop avant, id. Phèd. n, 3. Entrez plus avant, ce n'est plus que vide, vanité, mass. Prière. Je puis passer plus avant, et dire.... fléch. Mont. Pour ne pas entrer trop avant dans la question, mass. Euch. 4. Quelques-uns mfme, passant plus avant, ont déclaré que, quelque recherche qu'ils en aient faite, ils ne les y ont jamais trouvées, pasc. Prov. 1. Et Vasquez passe plus avant, car il dit qu'on satisfait au précepte d'ouïr la messe, encore même qu'on ait l'intention de n'en rien faire, id. Prov. 9. La règle de l'Evangile ne va pas si avant, id. Prou. < 2. Avant que de passer plus avant, mol. le Jfar. f.&. Il était bien avant dans la faveurdu duc, hamilt. Gramm. 9. || En termes de marine, avant partout! commandement aux canotiers de faire tous force sur les avirons. || 4° Auparavant. Quelques jours avant. Vous vous y êtes pris trop tard; j'avais parlé avant. Tel on déteste avant, que l'on adore après, volt. Catil.i, 4. Elle est plus caressante et plus libre qu'avant, lamart. Joc. iv, 463. Mais avant, pour pouvoir mieux feindre ce trépas, J'ai fait que vers sa grange il a porté ses pas, mol. t'Étour. n, 4. ||S" En avant, devant soi, sans se détourner de son chemin. La lance en avant. Aller ou se porter en avant. S'étant porté à huit lieues en avant de Metz. Paire marcher son armée en avant. Pousser son cheval en avant. Se pencher en avant. || Aller en avant, s'avancer dans un travail, dans la vie. Allez en avant, et cette lecture vous attachera. J'espère que, plus vous irez en avant, plus vous trouverez qu'il n'y a de véritable bonheur que celui-là, rac. Lettre ix à son fils. Croissant l'âge en avant [l'âge avançant], il se fait aux chevaux, bégnier, Sat. v. || En avant, en précédant les autres. Marcheren avant [en tête]. Envoyer en avant. || Fig. Mettre quelqu'un en avant, le mettre en vue, et aussi le faire agir, parler. Se mettre trop en avant, s'engagera la légère. || Mettre quelque chose en avant, l'alléguer, le produire. Tels étaient les motifs de guerre qu'on mettait en avant. Une des causes qui poussa l'un des Gracques à mettre en avant la loi agraire, voit. Lett. 4 25. Mais, sans esprit, faut-il mettre en avant De gais couplets qu'on répète en buvant? bérang. Morlviv. || En termes de manège, ce cheval est beau de lamainen avant, il est beau du devant. || En termes de danse, pas composé de quatre mouvements, qui exige quatre mesures, et après lequel on fait presque toujours un en arrière qui ramène le danseur à sa place. En avant, deux, trois ou quatre, c'est à -dire, que deux, trois ou quatre figurants doivent faire ce pas. || En avant I commandement militaire de se mettre en marche. || 6" D'avant, qui a précédé. Le jourd'avant.|| 7* Avant que, loc. conj. avec le subjonctif. Allons, courons avant que d'avec eux il sorte, mol. Amph. m, 6. J'arais fini mes jours avant qu' Ulysse partît, fén. Tél. xix. Un autre [sauvage] ne veut pas que l'affaire soit décidée [le coup décisif aux osselets], avant qu'il ait jeté un morceau de petun dans le fleuve, chateaub. Amer. 88. Avantqu'onl'ouvrIt[la cédule], lesamisdu prince soutinrentque.... la pont. Vie d'Ésope. Ecoutez cerécitavantquejeréponde, iD.Fa6i.ui, t. Et le voir enceslacsprisavantque je parte, id. ib. vi, (.Avant que la griffe et la dent Lui soit crue, et qu'il soit en état de nous nuire, id. ib. xi, 4. Toutes vos fables

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pourraient vous servir avantqu'on sût vosprincipes, pasc. Prov. 16. Avant que Babylone éprouvât ma puissance, bac. Baj. iv, 3. Avant que vous parliez, je demande instamment Que vous daigniez, seigneur, m'écouter un moment, mol. D. Gare, v, 5. Avant même que Romeeûtgravédouze tables, Metius et Tarquin n'étaient pas moins coupables, l. rac. Reit'o/.ch.i. Gand tombe avant qu'on pense à le munir, boss Mar.-Thér. Le roi voulut voir ce chef-d'œuvre [le Tartuffe] avant même qu'il fût achevé, volt. S. de, Louis HP, 25. Quant à moi, je dispute avant que je m'engage, malh. v, 6. || Avant que, avec le subjonctif et un ne explétif. Lorsque le tigre leur fend et leur déchire le corps, c'est pour y plonger la tête et pour sucer à longs traits le sang dont il vient d'ouvrir la source, qui tarit presque toujours avant que sa soif ne s'éteigne, buff. Tigre. || Avant que de, avec l'infinitif. Avant que de partir, l'esprit dit à ses hôtes, la font. Fat. vu, 6. Nous nous trouvons au terme avant que d'avoir pris parti , mass. Car. Causes des rechutes. Avant que d'entrer dans le fond de mon sujet, id. ib. Fausse conf. La langue du détracteur est un feu dévorant, qui sait plaire et briller quelquefois avantque de nuire, id. ib. Médis. Les défaites et les résistances dont elle use avant que de se rendre, id. ib. Samarit. Vous mourrez comme eux, avant que d'avoir commencé à mieux vivre, id. ib. Mort. Il semble que la prudence demanderait qu'on s'éclairctt du moins avant que de passer outre, id. ib. Salut. David vainquit les lions et les ours avant que d'oser attaquer Goliath, id. Myst. Purif. 2. Il quitta le monde avant que de l'avoir connu, fléch. h, 404. Avant que d'en venir à ces cruels adieux, rac. Birén. iv, 6. Je voulais voir Calchas avant que de partir, id. Iphig. n, 6. Avant que de combattre ils s'estiment perdus, corn. Cid, iv, 3. Mais avant que d'entrer dans ces difficultés, id. Sertor. m, 2. Avant donc que d'écrire apprenez à penser, boil. Art p. i. Avant que d'expirer, qu'il nomme ses complices, volt. Mérope, m, 4. Avant que de quitter Ce jour, ce monde affreux que ja dois détester, id. Tancr.v, 5. Les plus emportés proposèrent même, avant que d'aller plus loin, de poignarder les consuls, vertot, Révol. rom. liv. i, p. 94. Avant que d'entrer dans quelques détails sur cet écrit.... dider. Ess. s. Claude, liv. n. Si l'auteur lui eût montré sa comédie avant que de la faire voir au public, il l'eût trouvée la plus belle du monde, mol. Crit. de VÉc. des f. 6. Je les conjure de tout' mon cœur de ne point condamner les choses avant que de les voir, id. Préf. de Tart. Ah! mon Dieu, je vous prie, Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir, id. Tart. m, 2. Avant que de répondre aux reproches que vous me faites, je commencerai par l'éclaircissement de votre doctrine à ce sujet, pasc. Prov. (2. Fortune aveugle suit aveugle hardiesse : Le sage quelquefois fait bien d'exécuter, Avant que de donner le temps à la sagesse D'envisager le fait, et sans la consulter, la font. Fab. x, 4 4. Avant que de mourir, j'ai voulu voir encore une dernière fois cette terre, qui m'est si chère, fén. t. xix, 442. Nathan ne vient pas reprocher aigrement à David le scandale de sa conduite : il s'insinue avant que de reprendre; il fait aimer la vérité avant de la dire; il fait haïr le crime avant de blâmer le coupable, mass. Car. Bons et méchants. || 8" Avant de, avec l'infinitif. Mais avant de mourir elle sera vengée, volt. Tancr. m, 2. Avant de vous venger, Polyphonte, dit-il, prétend l'interroger, id. ib. m, 6. || Avant que, sans de, avec l'infinitif. Avant qu'abandonner mon âme à mes douleurs, corn. Poly. m, 2. Pour me justifier avant que vous rien dire, id. Sertor. v, 8. Faut-il tantdefois vaincreavantquetriompher, lo.Poly. v, 3. L'Egypte troublée, Avant qu'être en défense, en serait acca blée,ro. Pomp. n, 3. Mais avant que sortir, viens que ton roi t'embrasse , id. <7t'd,iv,4. Avant qu'offrir des vœux, je reçois des refus, id. Poly. iv, 6. Mais avant que partir je me ferai justice, rac. Mithr. m, t. Heureux si jepouvais avantque m'immoler.... m. ib. iv, 2. Ne me demandez rien avant que regarder Ce qu'à mes sentiments vous devez demander, mol. D. Gare, lu, 2. Laisse-m'en rire encore avantque te le dire, id. l'Étour. n, 4 3. Avant que nous lier, il faut nous mieux connaître, id. Mis. i,2. Avant que passera ce discours, id. le Dép. n,4. Laissons venir la fête avant que la chômer, id. io. 1,4. Et je le connaissais avant que l'avoir vu.iD.Femmes sav. 1,3. DescharmesQu'avantqu'êtreàParislabelle n'avait pas.... la font. Coupe. Avant qu'en venir là, au moins souvenez-vous, Régnier, Élég. iv. Qui n^eûteru.... Et qu'avant qu'être à la fête De si pénible conquête, Les champs se fussent vêtus Deux ioisde robe nouvelle.... malh. u, 2. Il fallait expli-

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quer tout cela avant qu'en venir au fait, st-sim. t66, 4 09. || Elliptiquement. Régnez sur votre cœur avant que sur Byzance, corn. Iléracl. m, 4. Je dois tout à mon père avant qu'à ma maltresse , id. Cid, 1,9. || En termesde procédure, avant dire droit, avant faire droit, avant de juger définitivement. || Substantivement. Prononcer un avant faire droit. || 9* S. m. Partie antérieure, opposée à l'arrière. L'avant d'une voiture. Peser sur l'avant. Décharger l'avant. Il En termes de marine, la moitié de la longueur d'un bâtiment, depuis le grand mât jusqu'à la proue. || 10" Aller de l'avant, faire du chemin en avançant; et, figurément, s'engager dans uns affaire sans en trop considérer les difficultés.

— REM. 1. On dit également avant de faire et avant que de faire. On dit aussi avant que faire; mais cela est une tournure poétique. Avant faire, qui s'est dit aussi, a un peu vieilli ; cependant rien n'empêcherait de l'employer encore. || 2. Des grammairiens ont taxé d'incorrection cette phrase ; sa méchanceté est aussi grande qu'avant. L'usage est contre eux ; avant s'emploie , absolument , au lieu d'auparavant; mais auparavant ne peut s'employer pour avant, quandarant est préposition et suivi d'un complément. || 3. Les grammairiens ont essayé de faire une distinction entre avant que sans ne , et avant que avec ne, disant qu'on doit faire usage de la négative ne après avant que, toutes lesfoisqu'il y a du doute sur la réalité de l'action exprimée par le verbe qui vient après avant que; et que l'on doit supprimer le ne toutes les fois que le verbe qui suit avant que exprime une action sur l'existence de laquelle il ne s'élève aucun doute. Cette distinction n'est pas justifiée-, et le ne est ici un gallicisme, pour lequel l'oreille seule intervient.

— syn. avant, devant. Avant, marque l'antécédence immédiate; devant, une antécédence médiate ou non. Celui qui est devant moi, est en avant de moi, d'une distance quelconque; celui qui est avant moi, est immédiatement devant moi.

— HIST. x* s. Lieu de avant dist, Fragm. de Valenc. p. 469. || xi* s. Avant [il] sedresce, moût par ot fier le vis, Ch. de Roi. x. Ce dist li reis : Guenes, venez avant, ib. xxiv. Il est si fieble qu'il ne peut en avant [aller en avant] , t'6. clxiii. Faut lui li cuers, il est chaut [chu] avant [la tête en avant] , ib. Veez avant de deux lieues de nous, t'6. clxxiv. || xii* s. Il garde avant [regarde en avant] desous un églantier, Ronc. 99. Son petit pas [il] aloit tout en avant, t'6. p. 4 00. Se il te perdent, que feront en avant [dorénavant]? t'6. 4 53. Maistre Omangin m'amenez ci avant, t'6. p. 463. Douce dame, je vous prie et demand Que vous pensez [pensiez] de moi guerredonner; Je penserai de bien servir avant, Couci, xin. || xnrs. Assési ot parlé en avant et arriéres, villeh. clx. Je vous convoierai.... le plus avant que je onques pourrai, Berte, vu. De là en avant, t'6. xiii. Lors a la maie vieille un peu avant passé, t'6. xv. [Elle] Ne sait où on l'emmené en avant ou arrier, t'6. xix. Je le diroie avant, pour moi faire douter. Que du cors me laissasse honir ne vorgonder, t'6. xliii. Tant leur a dit Bertain et arrière et avant Que tout quanqu'il lui plaist leur a fait entendant, t'6. cvn. Et Symons passe avant [s'avance] , mie ne s'oublia, t'6. cxxxi. Amener avant la chose est mostrer la en commun, si que chascuns ait pooir de pledier encontre, Dig. f" 4 32. Par aucune cause resnable que le tesmoins met avant, beaum. ix, 43. Avant son terme, joinv. 252. En[on] prise si pou [peu] les excommuniemens hui [aujourd'hui] et tous lesjours, que avant se lessent les gens mourir excommeniés, que il se facent absodre, id. 200. || xiv* s. Comme par avant est dict, Trait, d'alch. 345. Son ost [il] fist arrester sans aler plus avant, Guescl. )685(. Il xv* s. Qu'ils seraient de ce jour en avant aidans et confortans l'un l'autre en tous cas et en tous affaires, froiss. 1, 1, 425. Pour avoir conseil entr'eux qu'ils pourraient faire de là en avant, id. i, i, 467. Si comme vous orrez en avant recorderen l'histoire, n>. 1, 1, 77. [Les Anglais tombent dans une embûche dressée par les Lillois; ceux-ci] les escrierent tantost; Avant ! avant ! par cy ne pouvez vous passer sans nostre congé! id. 1,1, 4 08. Il fait bon ouvrer par engin quand onne peut avant aller par force, id. i, i, 4M. Il avoit esté présent au dit sire de Mauny mettre ea terre : et pour ce en parloit-il si avant et si certainement, id. 1, 1, 240. Le connestable de France avant ce que on assaillist Bergerac ni que nuls fussent blessés ni travaillés, envoya parlementer à ceux de la ville, id. 11, n,7.De ce se fait fort Espérance Et plus avantque n'ose dire, ch. d'orl. Bal. 25. Et si luy dist que les choses estoienttropavant, fenin,4 427. Et de là eu avant tinst bien le dit parti, comme cy-après

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sera desclairié, ib. 4447. Le roy René l'institua en son lieu, avant que mourir, comm. vh, 4. Nous avons bien voulu mettre en avant ce marché avec ledit duc, affin que vous en ouyssiez les nouvelles, in. v, 2. Avant les quatre ans passez, m. vu, 4. Combien que aucuns le blasmeroient qui neconsidereroient point si avant que luy, m. m, 44. Le laisser faire, et avant lui faire ung petit d'ayde, m. iv, 4. Je n'en veulx nulz nommer ne plus avant parler de ceste matière, ib. iv, 4. Ledit prince, environ un ans avant, estait venu vers ledit duc très bien acompaigné, m. v, 3. Se je fusse aussi bien à l'avant [au-dessus de mes affaires] , comme j'ai esté, louis n , JVoui'. xliv. || xvi' s. Ceste coustume a esté receuë en l'Eglise desjàavanttreze cens ans, de prier pour lestrespassez, CALV./nrf. 53). Là on luy répétait lesliezonsdu jour d'avant, bab. Garg. i, 23. Soubdain , d'avant boire ny manger , n>. ib. i , 26. Vous criez d'avant qu'on vous escorche , in. ib. i , 47 . En ceste disputation je n'entreray plus avant, in. Pant. m, 32. Hz sont bien folz s'en plaindre avant que moy , j. mabot, v, 234. Je me treuvemaintenant plus saine et forte que je ne faisois par avant [ma fausse couche] , marg. Letl. «27. L'empereur eust mieux fait de se asseurer par alliance avecques vous avant laisser joindre deux telles puissances, in. ib. 440. Le jour avant, il avoit faict noyer son fils, mont, i, 3. Se tirant avant [en avant] pour parler, in. i, 4». Un mois avant que de.... m. I, 25. Ce que j'ay à faire avant mourir, m. i, 78. Mourir avant qu'avoir marié sa fille, in. i, 79. Longue pièce avant que je l'eusse vu, m. i,208. Ils les amusèrent sur mer, tantost avant, tantost arrière, jusques à ce que.... n>. i, 298. Je le crois si avant [fort, complètement], que.... ib. n, 448. Xla guerre, avant aller aux factions, chascun s'essaye de son costé de gaigner la bonne grâce des Dieux, iaboëtie, 448. Avant que finir ce discours ci, il faut aussi parler de la fausse concorde, lanoue, 64. On voudroit avoir du temps pour en faire l'expérience avant qu'en juger, m. 70. Et ne lui servira de rien de mettre en avantsa bonne intention, pource qu'elle ne peut changer la nature des choses, in. 70. L'homme voué pour la guerre n'a que faire d'estudier si avant aux sciences, m. 4 23. Quelques unes passent si avant les termes de raison, que.... m. 462. Tu enqaiers et escoutes avant que de condamner, et luy condamne avant que ouir les parties, amyot, JRom. 9. Le fer entra si avant dedans la terre, que.... ib. ib. 32. Il acheva d'escrire le vingt et deuxième livre de ses commentaires deux jours avant qu'il trespassast, in. Sylla, 75.

— ÊTYM. Bourguig. aivan ; provenç. avant; ital. avanti; du latin abante (qu'on trouve dans des inscriptions), de àb, de, et ante, avant (voy. ainz).

AVANTAGE (a-van-ta-j') , *. m. || l*Ce qui avance, ce qui sert, ce qui profite. Les avantages de la paix. Offrir, présenter ou procurer des avantages. C'est un grand avantage de. Il y a beaucoup d'avantage à. Le juste aussi bien que le sage Du crime et du malheur sait tirer avantage, volt. Zaïre, II, 4. Et chacun voulait tirer avantage des circonstances, anquet. Ligue, i, p. 4 67. Ainsi nous tirons avantage de nos propres imperfections. — Il y en a assez, Dieu merci, de ce qui est déjà fait, pour en tirer un admirable avantage contre les maudites maximes, pasc. dans cousin. La censure en tirera cet avantage que.... ib. Prov. 3. Qui tirent avantage de leur obscurité, mol. l'Av.v,6.l& sciencede prendre ses avantages, boss. Ht'rt. m, 6. Chaque forme de gouvernement a ses avantages, ib. ib. ta, 5. Prenons notre avantage avant qu'on nous poursuive, cobn. Cinna, iv, «. Si mon expérience en prend quelque avantage , IB. Sert, m , 2. La nature qui a fait de si grands avantages à l'homme, vaugel. Q. C. 442. C'est un des avantages que les méchantes personnes ont sur celles qui ne le sont pas, que toutes les bontés qu'elles ont sont beaucoup mieux reçues, voit. Leur. 30. || En termes ;de manège, prendre l'avantage, son avantage pour monter à cheval, se servir de quelque élévation pour monter plus facilement. || 2" Ce qui fait qu'on l'emporte, qu'on a le dessus de quelque façon que ce soit. Avantages naturels et acquis. Réunir tous les avantages de la nature et de la fortune. Il avait un port majestueux, avantage qui est d'un grand prix. L'ennemi comptant sur l'avantage du poste. Prendre ses avantages pour le combat. Comme l'avantage de l'ennemi était dans une cavalerie innombrable. L'amitié a cet avantage sur la parenté que.... Parle-lui de moi dans tes entretiens; vante-lui adroitement ma personne et les avantages de ma naissance, mol. Princ. cVÉl. m,5. Vous prétendez avoir quelque avantage au-dessus de lui, mass. Riche. Il est vrai que Tien-

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nette a sur Jeanne De l'avantage, la font. Troq. Le chevalier emporta l'avantage, hamilt. Gramm. 6. Je sais en lui des ans respecter l'avantage, bac. Bithr. I, 4. Bien que sur moi des ans vous ayez l'avantage, mol. kc. des maris, i, 4 . || Avec avantage, en faisant honneur. Parler de quelqu'un avec avantage , parler de soi avec trop d'avantage. Je ne veux point me peindre avec trop d'avantage, bac. Phèd. iv, 2. Mais je m'en fais peut-être une trop belle image; Elle m'est apparue avec trop d'avantage, m. Brit. il, 2. || Formule de politesse. J'ai l'avantage de connaître M. votre père. Â l'avantage de vous revoir. || 3° Succès militaire, victoire. Avoir l'avantage. Les avantages furent balancés. De part et d'autre on s'attribua les avantages de la journée. Poursuivre ses avantages. Les Perses remportèrent de grands avantages, boss. Hist. l, 44. Ceux qui avaient remporté quelque avantage à la guerre, in. ib. Il, 6. Remporter quelque grand avantage sur eux par les armes, fén. Tél. xx. Seigneur, que vous dirai-je, après des avantages Qui sont même trop grands pour les plus grands courages? corn. Nicom. iv, 5. Il emportait déjà sur lui quelque avantage, in. Pomp. v, 3. [| 4° Terme de jurisprudence. Ce qu'on donne à quelqu'un de plus qu'aux autres qui ont mêmes droits. X titre d'avantage. Avantage simulé. Avantage indirect. Les avantages qu'un mari et une femme pouvaient se faire par testament, montesq. Esp. xxm, 24. || En termes d'ancieane procédure, avantage se dit lorsque le juge adjuge les conclusions à une partie contre un adversaire qui fait défaut. Prenez votre avantage. || 6° Terme de jeu. Ce qu'on rend de pièces ou de points à un adversaire trop faible avec qui l'on joue. || Terme de jeu de paume. Lorsque deux joueurs ont chacun trente, celui qui gagne ensuite le premier coup a quarante-cinq, ce qui s'appelle avantage, parce qu'il ne lui faut plus qu'un coup heureux pour gagner la partie. || En termes de marine, avoir l'avantage du vent, avoir le dessus du vent par rapport à un autre vaisseau. || 6° Avantage, partie de l'avant duvaisseau qui forme saillie sur l'étrave. || 7" X l'avantage de, loc. adv. D'une façon qui sert, qui profite, qui fait honneur. Cela est à Pavantagede votre adversaire. S'il s'y trouve quelque différence, elle est à l'avantage de la question présente, pasc. Prov. 47. J'y remarque tant de choses à mon avantage, que.... besc Lett.i. On est disposé à croire que tout est à son avantage, sêv. 301. Il s'en fallut tenir à cette dernière interprétation, qui ne manqua pas d'être trouvée à l'avantage de Sérapis, fonten. Oracles, ch. 4 6. Cette guerre finit à l'avantage de Lacédémone, boss. Hist. i, 8. || X mon avantage, à son avantage, loc. adv. Dans une position où j'ai, où il a l'avantage. Je l'ai pris à mon avantage, sév. 6io. Je vous tiens à mon avantage, quand je vous écris : vous ne me répondez pas, in. 333. Quand le médecin est auprès de mon lit, le confesseur me trouve à son avantage, montesq. Lett. pers. 75. || Être habillé, coiffé à son avantage, d'une manière qui relève. || En termes de manège, être monté à son avantage, avoir un cheval proportionné à sa taille.

— REM. 1. De Caillières, 4690, dit que la locution : l'avantage de vous connaître, est une façon de parler bourgeoise; aujourd'hui, c'est une formule de politesse. || 2. Ecrire advanlage, advancer, advantageux, comme on les trouve particulièrement dans les textes du xvi" siècle, est une fausse orthographe, suggérée par une fausse étymologie; la préposition latine ad n'entre pas dans la composition de ces mots.

— HIST. »i* s. Mais j'ai de ce moût cruel avantage, Qu'il les m'estuet sur mon cuer obéir, Coud, xix. Par ce ont avantage sur nous li Herupois, Sax. xvih. Ja Herupe la gente Ne perdra en droit moi rien de son avantage, Sax. xxvi. || xin* s. Je di que grant avantage a Trestout par tout bons chevaliers, Lai du conseil. Et moult seroit cruel coze, se li gentix bons apeloit un home de poesté et il avoit l'avantage du ceval et des armes, beaum. lxi , 8. S'uns homs conoissoit l'avantage Que Diex qui le fit à s'image , Lui dona.... Contenance des femmes. || xiv* s. En intention de boire l'avantage [le pourboire] que les compaignons attendoient d'unes noces qui estaient lors en la ville, nu cange, avantagium. Dessoubz les avantages [saillies] ou planchieres et combles d'icelles maisons, nu cange, ib. || xv* s. Et quand il fut un petit eslongé, et qu'il eut l'avantage des champs, il ferit cheval des éperons, et s'en alla toujours avant, fboiss. i, i, 3(4. Allons à tout le moins jusque sur le Mont-d'Or, et prenons l'avantage de la montagne, in. II, n, 4 95. Et avoit le roi d'Angleterre basti son siège [de Vannes] par telle

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manière que les François ne pouvoient venir à lui par nul avantage, in.i, i, 244.Estiennerespondit qu'il ne s'en daigneroit aller pour un tel avantage [arrogant], comme estoit le dit Regnault; combien que le dit Estienne l'eut appelé avantage, ne lui dist nul desplaisir, nu cange, ib. Simonet disoit avoir esté desmonté en Bretaigne par Bretons du plat pays, pour ce qu'il vivoit d'avantage avec autres de son estât, m. ib. Je les ai achetées du gain et avantage que j'ai fait en mes marchandises, louis xt , Nouv. c. || xvi« s. Guesclin se fit armer à l'avantage et de pied en cap, Mém. s. du G. ch. «. Ils advizarent cens soixante chevaliers, montezàl'avantaige sur chevaulxlegiers, bab. Pant. n, 25. Cestuy [pronostic], dist Pantagruel, n'est à vostre advantaige, ib. ib. n, 42. Ainsi perdit Nicias l'advantage qu'il avoit gaigné, mont, i, 46. Ces avantages consistent en deniers, et sont petites recompenses qui s'ottroyentpar le roy. Plusieurs avoyent obtenu chascun en particulier, jusques à vingt et vingt cinq escus d'avantage outre leur solde ordinaire, lanoue, 302. Batre et prendre l'un des chasteaux, pour desloger les Turcs de cest avantage, m. 446. Ayant eu en quelques rencontres avantage sur les estrangers, amyot, Timol. 44. Alexandre, venant à les charger d'en hault à son advantage, en tua ceulx qui s'advancerent les premiers, m. Pélop. 5». Sur cette avantage toute l'armée impériale cria victoire, o'aur. Hist. I, 22.

— ÉTYM. Bourguig. <nt'anfetje;provenç. avantage; catal. avantatje; espagn. ventaja; portug. ventajem;ital. vantaggio ; de avant, à l'aide de la forme abantaticum que certifient le tj du catalan et le gg de l'italien.

AVANTAGÉ, ÉE (a-van-ta-jé, jée), part, passé. X qui un avantage a été fait. Le fils aîné avantagé par son père. Cette créature si avantagée par son créateur, boss. Prov. t.

AVANTAGER (a-van-ta-jé. On metunemuetdevant a et o: j'avantageai, avantageons), v. a. ||i° Faire un avantage à quelqu'un. Ayant des parents, vous avez avantagé vos fils déjà riches, bibeb. Essai sur Claude. || 2° S'avantager, v.réfl. Se faire de mutuels avantages par contrat. || 3° Par extension, prendre avantage. Les médecins, jaloux à leur ordinaire, s'avantagèrent tant qu'ils purent des mauvais succès qui lui arrivaient [àCaretti], st-sim. 66, 4»5.

— HIST. xiv s. Voyant icelui Boisleve les autres venir à lui pour le secourir, se avantagea en disant grosses paroles, bu cange, aventagium. || xv* s. Et monstroit le vouloir advantager, comme s'il eust esté son fils, comm. vu, 7. || xvp s. Lequel voyant son compaignon mort, et le moyne advantaige sus soy, bab. Garg. i, 44. S'advantager d'une chose, mont, i, 349. Aulcun homme de cœur ne daigne s'advantager de ce qu'il a de commun avec plusieurs, in. n, 66. Dieu voyant de l'autre part, que celuy qui feroit lé" train de dehors, auroit besoing de se mettre en défense, si quelqu'un l'oultrage, il l'avantagea aussi en courage et hardiesse, la bobtie, 463. Beaucoup de temps s'escoula, qui donna moyen à ses adversaires de s'avantager sur lui, lanoue,

— ÉTYM. Avantage.

AVANTAGEUSEMENT (a-van-ta- jeù-ze-man ) ,

adv. || 1° D'une manière avantageuse. Se marier avantageusement. L'année postée avantageusement. || 2° D'une manière favorable, avec éloge. Parler avantageusement de quelqu'un.

— HIST. xvi* s. L'armée catholique s'estait placée avantageusement, lanoue, 677. Ce Leosthenes partait toujours hautement et avantageusement devant le peuple, amyot. Phoc. 3i.

— ÊTYM. Avantageuse, et le suffixe ment. AVANTAGEUX, EUSE (a-van-ta-jeû, jeû-z') , aâj.

|| 1* Qui apporte de l'avantage. La manière de cultiver la plus avantageuse. Ses exploit furent avantageux à l'empire. Fortifier son camp dans le lieu la plus avantageux. Nous avons eu le dessous dans des positions avantageuses. L'issue avantageuse de votre affaire. Il est très-avantageux pour moi que vous ayez parlé en ma faveur. Il est avantageux de prendre ses précautions. Ma perte n'est pour vous qu'un change avantageux, cobn. Poly. v, 2. ||2" Qui procure de la faveur, qui fait honneur. Le tour avantageux qu'il a donné à ses paroles. Avoir de quelqu'un une opinion avantageuse. Il ne parle de vous qu'en termes très-avantageux. Et remplirdignement par une mort pompeuse De mes premiers exploits l'attente avantageuse, cobn. Poly. u, 2. Il en avait fait un portrait fort avantageux, hamilt. Gramm. 4. Pythagore était d'une taille avantageuse, bienfait et très-beau de visage, fén. Pyth. Charles XHétaitd'une

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taille avantageuse et noble, volt. Charles III, 8. || 3'Quisied bien. Parure, coiffure, couleur avantageuse. || 4» Oui prend avantage, présomptueux. De peur qu'on ne me traite d'homme avantageui, qui prend ici le ton décisif, le p. courbeville dans nEsFormiNES. J'aurais de quoi vous en faire un [poulet] le plus amoureux du monde, si je voulais vous écrire la moindre partie de ce que j'ai pour vous dans le cœur; mais sachant combien vous êtes avantageuse, je n'oserais vous faire savoir de quelle sorte vous y êtes, voit. Lelt. 49. Le nom de petitsmaîtres qu'on applique a la jeunesse avantageuse et malélevée, volt. LouisXIV,*. || Il sedit, au même sens, du ton, des manières. Un ton avantageux. H Substantivement. L'avantageux est toujours porté à f e vanter.

— REM. Nodier a prétendu que avantageux, au sens de vain, de présomptueux, n'était pas français et qu'il provenait sans doute des provinces et des gazettes; mais outre que l'usage l'a reru, on le trouve, comme on voit, dans Voltaire et dans Voiture.

— hist. xv* s. Le suppliant a aucunefois joué de faulx et avantageux dez.nncANGE, avantagium. Le lieu estoit mal advantageux pour eulx, comm. i, 6. Leurs picques longues qui sont bastons advantageux, id. ii, 2. || xvi« s. Les médecins sont advantageux, quand ils vous tiennent à leur miséricorde, mont, iv. 269. Un homme si advantageux en matière et en conduicte, pourquoy mesle il à son escrime les injures? m. iv, 4t. Le logis estoit avantageux, et la commodité de vivre bonne, lanoue, «84. Il s'estoit logé sur les cousteaux en lieux forts et avantageux, amyot, Marcel. 40.

— ÊTYM. Avantage.

AVANT-BEC (a-van-bèk), ». m. ||1* Nom qu'on donne, dans les piles d'un pont, aux angles qui sont en amont. || 2° Terme de marine. Partie antérieure d'un navire. On dit aussi avant-bout. || Au plur. Des avant-becs.

— ÊTYlrf. j- int et bec.

t AVANT-BOUCnE (a-van-bou-ch'), t. f. Terme d'anatomie. Partie de la bouche qui s'étend des lèvres jusqu'aux dents. || Au plur. Des avant-bouches.

— êtym. Avant et bouche.

AVANT-BRAS(a-van-brâ),s.m. Partiedubras qui

s'étend du coude au poignet. || Au plur. Des avantbras.

— HIST. xvi* s. Aucuns chirurgiens s'y sont trompés, estimans que la teste de l'avant-bras [pour lui, c'est l'humérus] estoit luxée, pabé, xrv, H'.

— ÉTYM. Avant et bras.

t AVANT-CALE (a-van-ka-1') , s. f. Terme de marine. Prolongement de la cale jusqu'à la mer. || Au plur. Des avant-cales.

— ÊTYM. Avant et cale.

f AVANT- COEUR (a-van-keur) ou ANTICOEUR (an-ti-keur) , s. m. || 1* En hippiatrique, toute tumeur qui naît au poitrail du cheval, et, plus généralement, tumeur charbonneuse qui occupe la pointe du sternum. || 2° En termes de boucherie, avantcœur, anticceur ou veine, chez les bêtes à cornes, maniement pair ou double commun aux deux sexes. Ce maniement est placé dans un endroit três-rapproché de celui qu'on connaît sous le nom de poitrine. || Au plur. Des avant-cœurs.

— ÉTYM. Avant ou anti, en avant, et cœur. AVANT-CORPS (a-van-kor), s. m. Toute partie de

maçonnerie ou de menuiserie en saillie sur la face principale d'une construction. || En termes de serrurerie, se dit de toutes les pièces qui dépassent la surface de la pièce principale. || Au plur. Des avantcorps.

— ÊTYM. Avant et corps.

AVANT-COUR (a-van-kour), ». f. Cour qui précède la cour principale. Dans les avant-cours [des Invalides], tout retrace l'idée des combats, chateaubr. Génie, ni, i, 6. || Au plur. Des avantcours.

— êtym. Avant et cour.

AVANT- COUREUR (a-van-kou-reur) , s. m. || 1" Celui qui précède quelqu'un pour l'annoncer. || 2° Fig. Ce qui précède et annonce. Ce sermon fut l'avantcoureur de cette juste condamnation, boss. Instr.i. .... Ces pleurs Du sang qui va couler sont les avantcoureurs, volt. Zaïre, v, 8. Cet esprit d'imprudence et d'erreur, De la chute des rois funeste avant-coureur, bac. Athal. i, 2. L'imprudence, l'impuissance sont les avant-coureurs du renversement des rois, fén. Tél. xxi. Dieu détruira le siècle au jour de sa fureur; Un vaste embrasement sera l'avnnt-coureur, la font. Ode vi. Tel que ce frais boulon, Timide avant-coureur de la belle saison,

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belille, Jardins, i. || Adj. Signes avant-coureurs d'un funeste accident, botr. St Gen. II, 8,

— hist. xvi* s. La douleur, avant-coureuse de la mort, mont i, 302. Les fleurs dont ils se parent, avant-coureuses de leurs richesses, o. de sebres, 628. Il est difficile d'avoir continué ce train ici quelque temps, qu'on ne sente desjà les avant-coureurs des maladies, lanoue, 622.

— ÊTYM. Avant et coureur.

t AVANT-COURRIER (a-van-cou-rié) ». m. Homme à cheval courant devant une voiture de poste , pour faire préparer les relais. || Au plur. Des avant-courriers.

AVANT-COURBIÈREfa-van-kou-riê-r"), s.f. Celle qui précède, qui devance. || Poétiquement, l'avantcourrière du jour, l'aurore. || Au plur. Des avantcourrières.

— ÊTYM. Avant et courrier.

AVANT-DERNIER, ÈRE (a-van-dèr-nié, niê-r"),

adj. Qui est avant le dernier. L'avant-dernier jour du mois. Les avant-derniers paragiapbes des deux chapitres consécutifs. || Substantivement. Il est arrivé l'avant-dernier.

— ÊTYM. Avant et dernier.

t AVANT-DUC (a-van-duk), ». m. Pilotage construit à l'entrée et sur le bord d'une rivière. || Au plur. Des avant-ducs.

— êtym. Avant et duc, de ductus, conduit, de ducere (voy. duc).

t AVANT-FOSSÉ (a-van-fô-sé), ». m. Terme de fortifications. Fossé qui environne la contrescarpe du côté opposé à là ville. || Au plur. Des avantfossés.

— êtym. Avant et fossé.

AVANT-GARDE (a-van-gar-d'), ». f. || 1° Partie d'une armée ou d'une flotte qui marche en avant. || 2* Terme de marine. Vieux bâtiment placé à l'entrée d'un port, pour la surveillance. || Au plur. Des avant-gardes.

— hist. xi* s. [Ils] Font les enguardes à vingt mil chevaliers, Ch. de Roi. xl. || iui* s. La fin du conseil fu telle, que l'avangarde fu commandée au conte Baudoin, villeh. lxix. Turc sont contremonté, s'ont l'angarde saisie ; Cinquante mile furent d'une connestablie, Ch. d'Ant. n, 482. L'en avoit ordenné que le Temple ferait l'avant garde, et le conte d'Artois aurait la seconde bataille après le Temple, joinv. 224.

— ÊTYM. Avant et garde. On remarquera, dans l'ancien français, la contraction an ou en pour avant.

t AVANT-GLACIS (a-van-gla-si), ». m. Terme de fortifications. Glacis qui règne au delà d'un avantfossé.

— ÊTYM. Avant et glacis.

AVANT-GOÛT (a-van-goû), s. m. || 1* Le goût qu'on a par avance de quelque chose. Quand il faut revenir à un médicament nauséabond, l'avant-goût en est très-désagréable. || 2° Fig. Il nous donne un avant-goût de la félicité qu'il nous prépare, boss. Snumiss. t. C'est un avant-goût de la félicité, sêv. 482. Être dans cette situation, qu'il est plus aisé d'imaginer et d'exprimer que de sentir, c'est un avant-goût de la béatitude du ciel, bourd. Pensées, t. i, p. 376. || Au plur. Des avant-goûts.

— ÊTYM. Avant et goût.

AVANT-HIER (a-van-ti'èr; d'autres prononcent, sans faire sentir le ( : a-van-ièr: en vers, avant-hier est de trois syllabes, bien que hier soit aujourd'hui de deux), adv.de temps. Le jour qui précède hier, le deuxième jour avant celui où l'on est. Le bruit court qu'avant-hier on vous assassina, boil. Ép. vi. Madame eut avant-hier la fièvre jusqu'au soir, mol. Tart.i, 5. || S. m. Vous aviez tout avant-hier pour prendre un parti. Avant-hier s'était assez bien passé. || On peut aussi le faire de quatre syllabes.

— HIST. xii* s. Respundi David : si de aprecement à femme demandes, saces que dès ier e de avantier nus eimes [étions] guardez, Rois, 83. || xin* s. Ge congnois trop bien le sentier ; Car ge m'en issi avant ier, la Rose, 7938.

— êtym. Avant et hier.

t AVANT1N (a-van-tin), ». m. Terme de jardinage. Synonyme de crossette.

— ÊTYM. Sans doute de a«ont:ce qui est en avant.

t AVANT- JEU (a-van-jeu), ». m. Ce qui précède un jeu, une partie, une affaire. || Au plur. Des avant-jeux.

— HIST. xvi* s Qui fut un prognostic infaillible et avant-jeu signalé, pour tesmoigner.... Sat. Mén. p. 2. Il ne sçait pas, pour avant-jeu, capter la benevolence, mont, i, )88.

— ÉTYM. Avant et jeu.

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t AVANT-LAIT(a-van-lè),».m.Termede boucherie. Maniement pair ou double particulier à la vache , placé à la partie interne de la cuisse, à la partie supérieure du pis, et immédiatement en avant des vaisseaux sanguins qui se rendent aux mamelles ou qui en émanent.

— ÊTYM. Avant et lait.

AVANT-MAIN (a-van-min), ». m. || 1* Terme do jeu de paume. Coup de devant de la raquette ou du battoir. || 2* Par opposition à arrière-main. S'il a reçu le soufflet de l'avant-main.... pasc. Prov. 44. || 3* Aux cartes, avantage qui consiste à jouer le premier. || 4* En parlant du cheval, toute la partie antérieure, celle qui est en avant du eavalier. || ^lu plur. Des avant-mains.

— hist. xvi* s. La métacarpe ou avant-main,

paré, TV, 20.

— ÊTYM. Avant et main.

t AVANT-MUR (a-van-mur), ». m. Terme d'architecture. Mur adossé a un autre mur. || Terme de fortifications. Enceinte de murailles la plus éloignée du corps delà place. || Terme de blason. Pan de muraille crénelée, joint à une tour. || Au plur. Des avant-murs.

— hist. xvr» s. Défenses, avant-murs, lucarnes, canonieres, J. marot, v, 165.

— êtym. Avant et mur.

t AVANT-PART (a-van-par), ». f. Terme de coutume. Préciput. || Au plur. Des avant-parts.

— ÊTYM. Avant, et part, ». f.

AVANT-PËCHE (a- van-pê-ch') , s. f. Espèce de

petite pêche qui mûrit avant les autres. || Au plur. Des avant -pêches.

— ÉTYM. Avant, et pêche, fruit.

t AVANT-PIED (a-van-pié), s. m. || 1* Terme d'anatomie. Synonyme de métatarse. || J* En termes de cordonnier, l'empeigne d'une botte. || Au plur. Des avant-pieds.

— ÉTYM. Avant et pied.

j- AVANT-PIEU (a-van-pieu), ».m. || i*Terme d'agriculture. Pince en fer avec laquelle on prépare les trous en terre pour planter des piquets. || 2° Terme d'architecture. Morceau de bois carré missurunpieu qu'on bat pour l'enfoncer. || Au plur. Des avant-pieux.

— ÉTYM. Avant et pieu.

t AVANT-POIGNET (a-van-poi-gnè ou vvan-pognè) , ». tn. Terme d'anatomie. Synonyme de métacarpe. || Au plur. Des avant-poignets.

— tjyyi. Avant etpoignet.

AVANT-PORT (a-van-por), s, m. Terme de marine. Entrée de certains grands ports. [| Au plur. Des avant-ports.

— fiTYM. Avant et port.

AVANT-POSTE (a-van-po-sf) , ». m. Poste placé le plus près de l'ennemi. Les illustres morts que les Athéniens avaient placés hors de leur ville, comme aux avant-postes, chateaib. Itin. an.

— ÊTYM. Avant, et poste, s. m.

t AVANT- PROJET (a-van-pro-jè), s. m. Rédaction provisoire d'une loi, d'un règlement, d'une association, et mise en avant pour servir de thème de discussion. || Au plur. Des avant-projets.

— ÊTYM. Avant et projet.

AVANT-PROPOS (a-van-pro-pfl) , s. m. || 1* Discours en tête d'un livre. || 2* Ce qu'on dit avant de commencer un récit, d'exposer un fait. Le prédicateur a enchâssé dans son avant-propos, le plus agréablement du monde, l'histoire d'Artémise sur les cendres de son époux, fén. xxi, 6. ||Au plur. Des avant-propos.

— HIST. xvi* s. Le premier qui mit en œuvre avant-propos pour prologue, fut Louis Lecharrond en ses Dialogues; dont on se mocquoit au commencement ; et depuis je vois cette parole receue , sans en douter; non sans cause: car nous avons plusieurs mots de mesme parure : avantgarde, avantjeu, avantbras, pasq. Rech. vm, 3.

— ÊTYM. Avant et propos.

AVANT-QUART (a-van-kar), s. m. Coup que

quelques horloges sonnent quelques minutes avant l'heure, la demie et le quart. L'avant-quart, dans 1rs horloges publiques, répond presque toujours à une division particulière de l'heure et a pour objet de permettre de faire, à l'heure précise, ce qui doit y être fait. || Au plur. Des avant-quarts.

— ÊTYM. Avant et quart.

AVANT-SCÈNE (a-van-sê-n") , s.f. ||1* Anciennement, la partie du théâtre où jouaient les acteurs. || Par extension.Virgile fait voir dans le vestibule,dans l'avant-scène [6* livre de l'Énéïde], les enfants que leurs parents avaient laissés périr, volt. Mœurs, hitrod. Myst. de Cerès. || 2° Aujourd'hui, partie du théâtre entra les décoraùons et la ranipo.

AVA

loge placée sur l'avant-scène. || 3° Fig. Événements antérieurs à ceux qui forment l'action d'une pièce de théâtre, ou, en général, préliminaires. Dites-lui [au roi] que, dans son palais même, les courtisans ont mêlé leurs danses au son de cette musique barbare [les chants des troupes étrangères] , et que telle fut l'avant-scène de la St-Barthélemy, Mirabeau, Collection, t. i, p. 323. || Au plur. Des avantfiCcncs

— ÉTYM. Avant et scène. Ce mot, qui ne commence à se trouver dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4798, non avouée, il est trai, de toute l'Académie, y est dit masculin. Aujourd'hui l'Académie, comme tout le monde, le fait féminin.

t AVANT-TERRASSE (a-van-tè-ra-s ) , s. f. Terrasse adossée à une autre terrasse. || Au plur. Des avant-terrasses.

— ÉTYM. Avant et terrasse.

f AVANT-TERRE ( a-van-tè-r' ). Arches avantterre, les deux arches d'un pont qui tiennent aux «•niées.

— étym. Avant et terre.

AVANT-TOIT (a-van-toi), s. m. Toit en saillie. Sept marches.... conduisent au palier Qu'un avanttoit défend du vent et de la neige, lamart. Joc. vi, 226. || Au plur. Des avant-toits.

— ÉTYM. Avant et toit.

AVANT-TRAIN (a-van-trin) , s. m. || 1* Train qui comprend les deux roues de devant et le timon d'une voiture, d'une pièce d'artillerie , etc. Les sauvages tirent ce char [des bagages] à l'aide d'une double bande de cuir dont les boutssont liés à l'avanttrain du traîneau, chateaub. Am^rt'q. 154. || 2° Terme de manège. Le poitrail et les jambes de devant du cheval. || Au plur. Des avant-trains.

— étym. Avant et train.

AVANT-VEILLE (a-van-vè-11', Il mouillées), s. f.

Le jour qui précède la veille. || Au plur. Des avantveilles.

— ÊTYM. Avant et veille.

+ AVAOUSSÉ (a-va-ou-sé) ou AVAUX (a-vô), s. m. Nom vulgaire du chêne à kermès (quercus coccifera, L.).

AVARE (a-va-r'), adj. || 1* Qui aun désir excessif d'accumuler. Le plus avare homme du monde ne fut jamais si aise que l'on lui fit du bien que je l'ai été de celui que je viens de recevoir de V. M. voit. Lett. 4 78. Et quand il n'y aurait qu'un vers heureux à se voler à soi-même, il ne faut rien négliger : les vieillards sont un peu avares, volt. Lett. à d'Ârgental, 27 oct. 4760. Il ne faut ni vigueur, ni jeunesse, ni santé pour être avare, la brut. 4t. Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté ; tu disais en ton cœur avare : je tiens la mer sous mes lois, et les nations sont ma proie, boss. Marie-Thér. Son naturel.... Le fit, dans une avare et sordide famille, Chercher un monstre affreux sous le nom d'une fille, boil. Sat. x. || Fig. Quoi que le sort te donne, il t'est encore avare, Si.... rotr. Bélis. m, 7. En vain vous espérez qu'un dieu vous le renvoie; Et l'avare Achéron ne lâche pas sa proie, rac. Phèd. il, 5. Il y a grande disette d'eau par toute cette contrée, et le ciel lui est aussi avare que la terre, vaugel. Q. C. 23*. Et tout ce que des mains de cette reine avare Vous avez pu sauver et de riche et de rare, rac. Alhal. iv, 2. || 2" Avare de, qui n'accorde pas, qui ne prodigue pas. Il est avare de son temps. Marius de leur sang eût été moins avare, volt. il. de Ces. I, 4. Je me plains seulement de ce pays barbare Qui de six pieds de terre à son prince est avare, rotrou, Antig. iv, 3. Le bras qui la versait [la grâce] en devient plus avare, corn. Poly. i, 4. Avare du secours que j'attends de tes soins, rac. Phèd. iv, 2. Pour qui la nature semble avare de ses richesses, hamilt. Cramm. 7. ||3" Substantivement. Un vieil avare. Une avare parfaite. Un avare idolâtre et fou de son argent, Rencontrant la misère au sein de l'abondance, boil. Sat. iv. Ici près de l'ingrat Se cachent l'imposteur, l'avare, l'homicide, Gilbert, Jug. dernier.

— syn. avare, avaricieux. L'avare est celui qui est en proie à l'avarice, et dont toute la conduite est dirigée par cette passion. L'avaricieux est celui qui conoiet actuellement des actes d'avarice. Celui qui manque à donner dans l'occasion, ou qui donne trop peu, s'attire le nom d'avaricieux.

— HIST. xn' s. Mais or sont-il eschar, chiche et aver, quesnes, Romancero, p. 87. l|xm" s. Berte la débonnaire, qu' n'eut pensée avère, Berte, m. De moi faire assoufrir [elle] n'a point esté avère, ib. xliv. Vers poure gent n'estiez n'escharse ne avère,

AVA

ib. xcvin. Car hons avers ne puet conquerre Ne seignorie, ne grant terre; Car il n'a pas d'amis plenté [quantité], Dont il face sa volenté, la Rose, 4 467. || xv" s. Aies gens hardis et preux.... Non pas avers, convoiteux , Qui ne veulent qu'acquérir, E. deschamps, Le lai du roi. Traveillez sont de tant aler; Si prie Dieu dévotement, Qui les conduise à sauvement: Car iLz n'ont mie estez avers, Le jeu des 3 rois. ||xvi" s. Et lors, courant folatrement par les vergers, faisoient un avare butin des fleurs [en cueillaient à force], tver, p. 623. Car ta main seule invinciblement forte Peult des enfers briser l'avare porte, ddbell. m, 92, recto.

— étym. Picard, aver; provenç. avar; espagn. et ital. avaro; de avarus, de avère, désirer.

f AVAREMENT (a-va-re-man) , adv. D'une manière avare. Il est juste qu'il ne dispense pas ses grâces avarement, balz. Avis écrit.

— HIST. xvi" s. Comme un don avarement offert,

DU BELLAY, III, 70, reclO.

— étym. Avare, et le suffixe ment.

AVARICE (a- va-ri-s'), s. f. || 1" Désir excessif d'accumuler. X quels maux me livra sa barbare avarice, volt. Ali. Il, 4. Ces Scythes malheureux ont connu l'avarice, m. Scijthes, iv, 2. || 2° Acte d'avarice. Tant de médisances mordantes, tant d'avarices sordides , FLÉCH.Sern». 1, 37.

— HIST. xil" s. X la fois avient ke cil cui avarisce navret, voitun altre plonchier [plonger] el voragine de luxure, Job, 4SI. ||xm"s. Pour aazier [satisfaire] s'avarisce, beaum. 22. Avarice qui est racine de touz maus, Psautier, f" 4 47. ||xvi" s. Toute leur avarice n'estoit qu'à se mignarder des plus tendres caresses, yver, p. 663. Gabinius mesme faisoit quelque difficulté d'entrer en ceste guerre, combien que l'avarice de ces dix mille talents le dominast et le maistrisast fort, amyot, Anton. 4.

— étym. Provenç. et espagn. avaricia; ital. avarilia; d'avaritia, a'avarus, avare.

t AVARICIEUSEMENT ( a-va-ri-si-eû-ze-man ), adv. D'une manière avaricieuse.

— HIST. xiv" s. Chascun en sa maniera, comme avarice par ouvrer avaricieusement, oresme,E(/i. 35. Il ne fait pas pour ce avaricieusement, c'est à dire que il ne oste pas à autre le sien, id. ib. 143.

— ÉTYBl Avaricieuse, et le suffixe ment. AVARICIEUX, EUSE (a-va-ri-si-eû, eû-z'), adj.

|| i° Parcimonieux à l'excès; qui lésine. Un homme avaricieux. Une humeur avaricieuse. || 2° Substantivement. Un avaricieux qui aime devient libéral, pasc. Amour. La peste soit de l'avarice et des avaricieux ! mol. Avare, 1, 3. Qui sont-ils, ces avaricieux? id. t'b

— HIST. xiii* s. Li cuers avariscieus aquiert, ne lui caut [chaut] comment, et ne pot estre assasiés d'avoir, beaum. 2). Il convient au bailli avariscieux fera et souffrir assés de cozes qui sont contraires à son estât, id. 22. || xiv" s. Ainsi voyons nous que l'avaricieux se delette en garder et assembler richesces, oresme, Eth. 4 9. L'avaricieux dit que le libéral est trop large, id. ib. 49. || xv" s. Un Bourguignon très avaricieux, comm. m, 40.

— ÉTYM. Avarice.

AVARIE (a-va-rie) , s. /". || 1° Dommage arrivé à un navire ou àson chargement, depuis le départ jusqu'au retour, ce qui comprend les dépenses qu'entraînent les événements préjudiciables. || Tout dommage à propos de transport par roulage ou autre. || 2° Droit d'entretien d'un port, pour chaque vaisseau qui y mouille.

— ÉTYM. Bas-lat. avaria ou havaria. On tire ce mot de l'allemand Haferey, droit d'ancrage, dédommagement pour marchandises jetées à la mer, de Hafen, port (voy. havre). L'anglais dit average; le normand a auvarre, perte, avarie; mot qui existait dans l'ancien français, exemples : Apiax qui n'est veritavles, n'est pas àrechevoir, et tix manières d'apiax sunt apelé auvoire, beaum. lxiii, 2. Bien a sa mort mis en auvarre Tout son roiaume et sa contée, ruteb. 4i. Est-ce le même mot qu'ai ane?

AVARIÉ, ÉE (a-va-ri-é, ri-ée), adj. Endommagé par suite d'une avarie. Des marchandises avariées. Il Se dit aussi des aliments, fourrages, grains, farines, qui ont été mouillés pendant leur transport après la récolte, et se sont échauffés, moisis, etc.

t AVARIER (a-va-ri-é), v. a. Causer une avarie, gâter. La pluie a avarié les foins. || S'avarier, v. rèfl. Être endommagé, se gâter. Ces blés se sont avariés dans le grenier.

— étym. Avarie.

t AVATAR (a-va-tar) ou AVATARA (a-va-ta-ra) , s. m. Dans la religion indienne descente d'un Dieu sur la terre, et en particulier, les incarnations de Vibhnou qui sont en dix principales formes : pois-

AVE

son, tortue, sanglier, homme-lion, nain, les deux Sama, Crischna, Bouddha et Calci. ,

— ÉTYM. Sanscrit aialdra, de ava, qni est leànà des Grecs et le ab des Latins, et de tri, passer, dont le radical tr ou tar se trouve dans beaucoup de mots des autres langues aryennes.

X VAU (a-vô), loc. adverbiale usitée seulement dans ces deux phrases-ci : || 1° X vau-l'eau, suivant le courant de l'eau. Le corps du noyé s'en, allait à vau-l'eau. || Fig. L'entreprise est allée à vau-l'eau, n'a pas réussi. || 2"Xvau-de-route, précipitamment et en désordre, en parlant d'une troupe de guerre qui est rompue et qui s'enfuit. La cavalerie s'en allait k vau-de-route.

— étym. A vau est pour à val (voy. aval). t AVAUX (a-vô), s. m. Voy. avaoussê.

AVÉ (a-vé) ou AVÉ MARIA (a-vé-ma-ri-a. Avê s'écrit avec un a majuscule) , s. m. || 1° La salutation angélique, la prière à la Vierge. Dire un Pater etun Avé. Il Familièrement. Cela n'a duré qu'un Avé, c'est à-dire cela n'a duré qu'un temps très-court. Je reviendrai dans un Avé, je reviendrai tout de suite. Il 2° Les grains du chapelet sur lesquels on dit l'Avé. Il 3° L'endroit du sermon où le prédicateur s'interrompt pour implorer le secours du Saint-Esprit par l'intercession de la sainte Vierge. |l 4° Filles de l'Avé Maria, religieuses de l'ordrede Sainte Claire. Frères de l'Avé Maria, religieux servîtes. || Au plur. Des Avé, des Avé Maria.

— étym. Mot à mot, salut, Marie! du latin ave, terme de salut, signifiant proprementporte-toi bien, aie ce que tu désires, et Maria, nom propre.

AVEC(a-vèk; devant une consonne, le c ne se prononce pas; avec vous, dites : a-vè-vous; cependant plusieurs le font entendre même devant une consonne : a-vè-kvous. Palsgrave, au xvi" siècle, dit, p. 24, qu'on prononçait avé, et, au xvn", Chifflet insiste pour la prononciation du c), prêp. Il 1° Joint à.... en même temps que.... Il se promenait avec ses enfants. S'entre tenir avec""elqu'un. Nous étions l'un avec l'autre. Vin mêlé aver. -e Peau. Il partira avec le jour, avec lalune, c'est-à-dire aussitôtque lejourparaîtra, que la lune sera levée. Avec notre existence, De la femme pour nous le dévoiiment commence, legouvê , le Mérite des femmes, 4 07. Je cours, avec les mêmes dangers que lui, pour apprendre où il est, fèn. Tél. I. Après avoir produit ce malheureux souhait avec le scandale de toute l'Église, pasc. Prov. 2. y Avec le temps, c'est-à-dire par la suite des temps. || Du parti de, comme. 11 est avec les royalistes. Je pense avec Platon que.... H 2° En tenant ou en portant quelque chose. Il fut arrêté avec une épée sanglante. Je vous ai envoyé mon domestique avec une lettre. Le soldat marche avec son sac et ses armes. Deux statues avec un costume de jeune fille. M 3° En usant de, suivi d'un nom d'instrument ou de matière. Égorger avec le glaive. Frapper avec la hache. Attacher avec des chaînes. Un affreux serrurier.... Avec un fer maudit, qu'à grand bruit il apprête, De cent coups de marteau me va fendre la tête, boil. Sat. vi. H 4° Fig. Exprimant le moyen, la manière. Mot écrit avec une seule r. Avec le secours du ciel. Je dirai , avec votre permission. Acquitter les legs avec loyauté. Avec courage, audace, ruse, zèle. Avec le moindre effort, il pourrait.... Avec de la réflexion, nous comprenons. Les ennemis furent repoussés avec perte. Avec un gémissement. Souffrir avec peine quelque chose. Et tu crois m'éblouir avec cet artifice? corn. Héracl. iv, 6. Sa voix s'est fait entendre avec un cri terrible, rac. Eslh. 11, 4. Tandis que vous avez vécu avec pudeur et avec innocence, vous n'avez pas douté.... mass. Car. Doutes. || 5° X l'égard de. Être en paix avec les autres et avec soi-même. Le mortel heureux contracte une dette avec le malheur, Trad. de Toung, 4" nuit. N'êtes-vous pas à merveille avec Bandel? sév. 32. Pierre.... libre d'inquiétude avec l'Angleterre et avec ses voisins, volt. Hist. de Russ. a, 45. Voyez si je ne procède pas de bonne foi avec vous, voit. Lett. 4 34. Il Être bien, mal avec quelqu'un, avoir avec lui de bons, de mauvais rapports. Comment êtes-vous avec M. d'Aix? sév. 496. || 6° Contre, en parlant d'une lutte. Faire la guerre avec quelqu'un. Combattre avec un ennemi. Être en dissentiment avec quelqu'un. L'ours a-t-il, dans les bois, la guerre avec les ours? boil. Sat. vin. Il 7° Malgré, sauf. Avec cela, avec tout cela. Ils prodiguent l'argent, et, avec cela, ils ne peuvent voir le bout de leur fortune. Je vous supplie de croire qu'avec tout le silence que je garde si hardiment, je conserve toujours pour vous dans mon coeur toute sorte de respect, voit. Lett. 483. Ne trouvez pa»

AVE

étrange que je parle un peu inconsidérément; avec toute cette liberté, je vous assure que j'ai pour tous tout le respect.... id. ib. 4 38. Ce n'est pas qu'avec tout cela, votre fille ne puisse mourir, mol. Méd. n, 8. Vous dites tous les jours qu'un tel, avec sa dévotion , ne laisse pas d'aller à ses fins ; qu'un autre est fort exact à faire sa cour.... mass. Car. Injustice. Si tant d'âmes périssent avec les grâces attachées à leur état.... id. ib. Vocation. || Avec cela, se dit au jeu du quinze toutes les fois qu'on veut indiquer qu'on ne relance pas. || 8" Eu égard à.... J'ai peine à croire qu'avec son orgueil insupportable, il ait pu.... Vous, avec votre habitude de ne rien négliger.... || 9* Indiquant ce qu'une personne offre de particulier, d'extraordinaire. Que veut cet homme, avec son air sévère? Voyez cet extravagant, avec ses sottes propositions. j| 10° Avec vous, avec lui, il n'y a jamais rien de fait; c'est-à-dire si l'on s'en rapporteavous, à lui. Le plus désolant est qu'on ne peut compter sur rien avec elle, i. J. rouss. Ilél. vi, M. || il* D'avec. Distinguer le maître d'avec le serviteur. Le flatteur peut être distingué d'avec l'ami. Faire le discernement de l'or d'avec la paille, mass. Miser. || 12° Avec, adv. Il a pris mon manteau, et s'en est allé avec.

— rem. Avecque est une ancienne forme qui pourrait être encore employée en poésie. Vous êtes romanesque avecque vos chimères, mol. l'Étour. i, 2. Allez, tel qu'il puisse être, avecque cette somme Je vous suis caution qu'il est très-honnête homme, id. Sganar. 4 . Et qu'avecque le cœur d'un perfide vaurien Vous confondiez les cœurs de tous les gens de tien, id. Tart. v, 1. Tu désarmes ce bras avecque ta clémence, rotb. Bélis. 1, 2. Et ne pourrai-je au moins.... M'entretenir moi seule avecque mes douleurs? bac. Alex, iv, t. Quatre mots seulement; Après, ne me réponds qu'avecque cette épée, cobn. Cid, m, 4. Affaiblir ma douleur avecque mon amour, m. Poly. n, 2. Vous cherchez, Ptolémée, avecque trop de ruses, De mauvaises couleurs et de froides excuses, id. Pomp. m, 2. J'ai souffert cet outrage avecque patience, id. Rodog. v, 4. Et puisque avecque moi tu veux le couronner, id. lléracl. I, 2. Lui rendre Nicomède avecque ma couronne, id. Kicom. v, 6. Si le cœur mieux ouvert ne met d'intelligence Votre établissement avecque ma vengeance, id. Sertor. v, t. C'est avecque plaisir qu'on survit à sa mort, malh. il, 1. Tous les jours je me couche avecque le soleil, boil. Sat. vi.

— HIST. xi* s. Si Iarrecin est troved en cui terre quo ceo seit et li laroun ovesques, L. de Guill. Si. Avoec ice plus de cinquante chars, Ch. de Roi. xm. Enchalcent [donnent la chasse] Franc et l'emperere avoec, ib. cclxv. ||xii* s. [Il] Out l'enfant Richart oue sei, benoist, Chron. de Norm. 4 3654. Et avoec eux Engeler le gascon, Ronc. p. 9b. Bien est raisons Qu'avoec ma joie Faillent mes chansons, Couci, xx. S'auvec ces biens [beauté et courtoisie] [vous] accueillez félonie, ib. xxi. [Je] Chanterai pour mon courage, Que je veuil reconforter; Car avec [malgré] mon grant domage [je] Ne veuil mourir n'afoler, dame de faiel dans Couci. E Samuel crut e esforcha; e Deus fud ove li, Rois, 4 3. f| xm* s. Avoec cels alerent moult de sergens et de chevaliers dont li noms ne sont mis en escrit, villeh. xxxm. Tant que la vraie histoire [j'] emportai avoec mi, Rerte, i. Et Tybert leur cousin avoec [j'] envoierai, ib. vu. Anuit avecques moi [je] ferai Bertain dormir, ib. xm. Ainsi caroloientilecques Ceste gens, et autres avecques, Qui estoient de ior mesnies, la Rose, 4288. Bien poent penre lor despens avec, s'on ne lor veut doner sans force ne contraignement, beaum. uv, 4 4. Se il arivoit aveceulx, et sa gent estoient occis et il avec, la besoigne serait perdue, joinv. 4 92. || xiv s. Et semblablement différent les delettacions de telz sens les unes d'ovecques les autres, et différent d'ovecques la pensée intellective, ohesme, Eth. 309. || xv« s. Robert Bruce.... reconquit toute Escosse , et la bonne cité deBervich avec, froiss. I, I, 2. Et rescripsit audit marquis que, avec tout ce, le roi anglois se conseillast au duc de Brabant, id. i, i, 78. Qui estoient partis d'avec luy, comm. il, 2. Avecques ce [ajoutez à cela] qu'il n'y avoit gueres que le roy avoit rachapté les •villes, id. I, 4. || xvr* s. Le bon homme Fabry m'a escript qu'il s'est trouvé ung peu mal à Bloys, avecques ce qu'on l'a voulu fascher par delà, marg. Lett. 98. Je désire grandement tenir avec moy ma petite niepee, id. ib. 4 4 8. J'ai bon besoin de repos; ce que je voys [vais] prendre hors d'avecques ma fille ; car elle est si endemenée que je ne saurais reposer auprès d'elle, id. 16. 67. Avec grande instance, mont, i, 30. Avec l'ayde du temps, id. i, 405.

AVE

Avecques ce qu'elles pourraient emporter, id. i, 2. Curieux avecques les aultres de cognoistre, id. i, 8. Nous n'avons aulcune communication avecques ce qui est, id. i, 4*. Desprendre la chair d'avecques les os, id. i, 4 5. Porter avecques soy, id. ib. La mer a retranché la Sicile d'avecques l'Italie, id. i, 234. Ils se lèvent avec le soleil, id. i , 237. Et ne sais avecques [en outre] si nous l'appellerions grande.... id. h, 65. L'on s'attendoit bien qu'il emporterait encore le prix, avec ce que son auctorité le rendoit mal voulu, amyot, Thésée, 22. Ce fut luy premier qui divisa la noblesse d'avec les laboureurs, id. ib. 39. Elle commencea à jetter branches, tellement que, avec le temps, elle devint un beau et grand cormier, id. Rom. 32. Avec ce qu'il estoit de doulce et humaine nature, encore avoit il une grâce de sçavoir attraire et gaigner les cueurs, id. Marcel. 44. Toutefois la blessure n'en fut pas dangereuse ny grande avec, id. Pyrrhus, 76. L'Acrocorinthe empesche tout le commerce de ceulx qui sont au dedans du destroit, d'avec ceulx qui en sont au dehors, id. Aratus, 4 9. Lors le prieur de l'abbaye avecques tous ses moynes sortirent, rab. Garg. i, 27.

— ÉTYM. Bourguig. aivô; nivernais, aivec; maçonnais, aivu; franc-comtois, aivoùe, aivo, aivea; Berry, ateuc, anvé, anvec, et aussi, anc: je suis parti anc elle; wallon, oooti; picard, aveu, avé, aveuc. La forme avoec, qui est la forme régulière, et dont avec est une contraction, et avecque une forme paragogique, vient de la préposition latine apud, et de hoc, cela; apud hoc, c'est-à-dire, dans le bas-latin, en cela, d'où le sens de avec. Cette dérivation est démontrée par l'ancien français peroec, pour cela (per hoc), senoec, sans cela (sine hoc). X côté de avoec , l'ancien français a oue ou ove, qui paraît être plutôt un représentant de apud, que de ubi qui a donné où sans e.

AVEINDRE (a-vin-dr') , j'aveins , nous aveignons, ils aveignent; j'aveignais; j'aveignis; j'aveindrai; aveins; que j'aveigne, que nous aveignions; que j'aveignisse; aveignant; aveint, v. a. Aller prendre un objet pour l'apporter à la personne qui le demande. Comme Julie va pour heurter, elle rencontre Hilaire qui avaint son passe-partout , hauter. le Cocher, 4 6.

— REM. D'après de Caillières, en 4 690, ce mot est du dernier bourgeois. C'est un mot familier en effet, mais qui, employé à sa place, est très-bon.

— HIST. xvi* s. Au lieu de me monter et haulser de ma place pour y aveindre, la fortune.... mont.

— ÉTYM. wallon aveni; bourguig. avoindre. Les étymologistes écartent advenire, n'y ayant aucun moyen, suivantlesrèglesfrançaises, de tirer veindre de «entre , où l't est long et porte l'accent ; et Diez le tire de abemere, mot rare dans la latinité et signifiant ôter. C'est chercher loin ce qui est près; des patois disent, avec faute contre l'accent, conuetndre pour convenir (Berry), ceindre pour venir (Haut- Maine). Aveindre, fait de même, dérive de advenire, atteindre à (ad, à, centre, venir).

AVEINE (a-vè-n*), *. f. Voy. avoine. Aveine est la prononciation normande qui s'est impatronisée dans beaucoup d'autres mots. Aveine est peu usité.

t AVEIN1ÈRE (a-vé-niè-r"), s. f. Champ semé en avoine.

— ÉTYM. Aveine.

AVEINT, EINTE (a- vin, vin-t'), part, passé. Du linge aveint avec peine.

AVELANÈDE (a-ve-la-nè-d') ou VELANÈDE (vela-nè-d'), s. f. Nom que porte dans le commerce la cupule des glands du chêne velani. Elle est employée à la préparation des cuirs, et dans la teinture.

AVELINE (a-ve-li-n'), *. f. Espèce de grosse noisette.

— HIST. xiv* s. Figues, dates, raisins, avelaines, Ménagier, n, 4. || xvi* s. Il sortoyt par sa playe de la substance du cerveau la grosseur de demie avelaine, PARÉ, VIII, 23.

— ÉTYM. Provenç. avelana, avilana, aulaigna, aulana ; espagn. avellana; ital. avellana ; de avcllana, sous-entendu nus, noix avellane, de Avella ou Abella, ville de la Campanie.

AVELINIER (a-ve-li-nié), s. m. Variété à gros fruits du coudrier commun.

— ÉTYM. Aveline; provenç. avelanier; catal. avellaner; espagn. avellano; portug. aveleira; ital. avellano.

fAVELLANAIRE (a-vèl-la-nê-r") , adj. Terme didactique. || 1° Qui est de la grosseur d'une noisette. Il 2° En géognosie, se dit des grains d'une loche grenue.

— ÉTYM. Voy. AVELINE.

AVfi

t AVELLE (a-ve-l"), s. f. Terme de pêche. L'un des noms de l'ablette.

t AVÉNACÊ, ÉE (a-vé-na-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a du rapport avec l'avoine.

— ÉTYM. Avena (voy. avoine).

AVÊNAGE (a-vé-na-j'), s. m. Autrefois prestation en avoine fournie aux seigneurs par les habitants de leurs terres.

— HIST. xiv* s. Jean, homme lige de ses feuries et avenages, ducange, avenagium. Serfs ou bourgeois d'avenage, id. ib.

— ÉTYM. Aveine.

tAVENAMMENT(ave-na-man), adv. D'une manière avenante.

— HIST. xm* s. Par la main destre [il] la saisi ; Avenantment parole à li, Lai del désiré. Bien sot [Liesse] chanter et plesanment, Ne nule plus avenaument Ne plus bel ses refrains ne fist, la Rose, 740. || xiv* s. Il appartient au magnifique préparer et ordener tout édifice et habitation noblement et avenantement selon la quantité de ses richesses, oresme, Eth. 4 4 6. || xv* s. [Le duc d'Orléans] rit et soulace entre dames avenamment , christ, de pisan, Charles V, n, 46.

— ÉTYM. Avenant, et le suffixe ment.

AVENANT, ANTE (a-ve-nan, nan-f), adj. || 1" Qui

plaît par sa bonne grâce. Blanche surtout et de taille avenante, la pont. Orai's. || 2° X l'avenant, Joe. adv. En conformité, en rapport. Mme d'Heudicourt plaisante, amusante au possible, méchante à l'avenant, st-sim. 89, 207. || 8* X l'avenant de, loc. prêp. Le dessert fut à l'avenant du repas. || 4* L'avenant, s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Portion héréditaire qu'une fille avait droit de prendre ab intestat dans la succession de son père et de sa mère. — HIST. xi* s. [Il] Porte ses armes, moût lui sont avenanz, Ch. de Roi. lxxxix. || xii* s. Au fier visage et au cors avenant, ib. p. 77. Dient François : c'est parole avenant, ib. p. 484. [Dame] Bêle et gente et avenans, Cheveus blons, sourciz plaisans, Couci, p. 4 23. Ne chantez mais, Quenes, je vous en pri, Car vos chanson ne sont mais avenant, hues d'oisi, Romancero, p. 403. Prendre mari est chose à remenant [permanente]; N'est pas marchés qu'on laist quant [on] se repent; Tenir l'esteut, soit lait ou avenans, ib. p. 73. Et de cors et de membres [elle] par fu si avenanz, Sax. v. || xm* s. Ciertes, dist li rois, c'est bien avenant, et il l'avera d'ici en quarante jours, Chr. de Rains, 4 33. Etorentune fille biele et avenant, qui fu mariée au conte Simon, ib. p. 46. Ge vi vers moi tout droit venant Ung varlet bel et avenant, En qui il n'ot riens que blasmer, la Rose, 2802. Quant tu auras riens oblié Qui tefust avenant à dire, ib. 2427. Et tant corne il y aura plus de chevaleries, sera parti entre elles à chascune son avenant, tant à l'une corne à l'autre dou surplus des chevaleries, Ass.deJér. i, 225. Et convient que cascuns pait son avenant des frès selonc droit, beaum. xxi, 27. Et li muis de blé de Rémi fet à Clermont quatorze mines et demi, si que c'est auques selon l'avenant, de ce que le [la] mesure de Rémi est plus grant que celé de Clermont, id. xxvi, 9. En tel cas, doit il reprendre cortoisement se [sa]femequ'ele ayt [aide] ethonortsesenfans, ets'ele ne veut, li maris l'en face à l'avenant, id. lvii, 7. Si tost comme il parti du roy, il s'en ala en Antioche là, où il fist moult son avenant [ses affaires], joinv. 269. || xiv*s. Donques à ce que les despens soient avenans et convenables, il convient cons derer et resgarder et celi qui les fait et en quoy il les fait, oresme, Eth. 4 12. || xv* s. Assez est avenant X jeunes gens en l'amoureuse voye De temps passer, ch. d'obl. Songe en complainte. Là s'efforcoient ces jeunes chevaliers d'estre jolis, cointes et avenans, Rouciq. i, cb. 8. || xvi* s. Tu as la queue grande et grosse à l'ad venant, esmouche fort, et ne t'ennuye point, rab. Pant. u, 4 5. Jectez troys dez : on nombre des poinetzadvenansnous prendrons les vers du feuillet que aurez ouvert, ID. ib. m, 4t. Advenent le prince, cesse le magistrat, id. t'6. m, 47. J'ay une des plus belles, plus advenantes, plus prudes femmes en mariage, que soyt en tout le pays de Xainctonge, id. ib. iv, 6. Il estoit très advenant, et par art et par nature, à l'usage des dames, mont, n, 46. Or prenons qu'ils soient maintenant Doctes et bons à l'advenant, marot, iv, 484. Cil ne requiert pas suffisamment les choses à retrait, qui à court avenant [cour compétente] ne le requiert, lotsel, 435.

— ÉTYM. Avenir 4 ; norm. avesnant, agréable à voir; provenç. at!tnent, att'nen; espagn. avem'cnfe; ital. awenente.

AVÈNEMENT (a-vè-ne-man) , s. m.\\ 1* Venue, arrivée. Vieillit en ce sens. Sans interruption de vos

AVE

sacrés conoerts, X son avènement [du martyr] tenez les cieux ouverts, rotr. St. Gen. iv, 6. || Fig. L'avénement de la Réformation au xvi* siècle. || 2° Elévation àunedignitésuprême. Charles XHà son avènement... || Droit de joyeux avènement, certains droits qu'avait le roi ou le seigneur à son avènement. || 3" En parlant du Messie, le temps auquel il s'est manifesté aux hommes et le temps où il viendra pour les juger: le premier, le second avènement.

— REM. L'Académie écrit avènement avec un accent aigu, contre la prononciation et l'analogie.

— H1ST. xm* s. Ce dit David à cui estoit avis que li avenemenz de Dieu tardoit, Psautier, i° 4 09. Tu confortas la cité de Jérusalem par l'avènement dou Saint Esprit, ib. f 77. Et les dames parées contre l'avènement [pour la circonstance] , Berte,ix. || xiv* s. Nous ottroions nostre chastel o toute seigneurie, emolumens, avenemenz [avenages], aventures et toutes autres choses, du cange, avenius. Qui aus dis gardiens feront injures ou violences ou avènement [exaction], ib. || xv s. Au nouvel avènement du jeune roi, froiss. Et, il, 74. || xvr* s. Pericles à son advenement.... amyot, Péric. 47.

— ETYM. Avenir ; provenç. avènement, avenimen, advenement, adveniment; ital. avvenimento.

î AVÈNERON (a-vè-ne-ron) , s. m. Folle avoine.

— Etym. Mot dérivé de aveine, avoine.

4. AVENIR (a-ve-nir), j'aviens, j'avins, j'aviendrai, avenant, avenu, v. n. Échoir, se faire. S'il m'avient quelquefois de clore la paupière, malh. v, 24. Ce que les prophètes ont dit devoir avenir dans la suite des temps, pasc. J. C. 4. Présupposant pour certains tous les accidents qui sont douteux, il» règlent leurs délibérations comme s'ils devaient avenir, balz. 6* Disc. s. la cour. Vous bénirez le mal qui vous est avenu, mairet, Sophon. v, 6. Même dispute avint entre deux voyageurs, la font. Fables, ix, i. Afin qu'il ne m'avienne De mal gîter, id. Orais. Dont il avint que.... id. Berc. Quelque malheur qu'il en puisse avenir, Ce n'est que par ma mort qu'on la peut obtenir, rac. Mithr. 1,1. Quoi qu'il en avienne, Si ce peuple une fois enfonce le palais, C'est fait de votre vie, corn. Nicom. v, 7. Qui souhaite la mort, craint peu, quoi qu'il avienne , rotr. Vencesl. iv, 3. Et s'il s'en rencontre une à qui cela n'avienne, malh. vi, 24. || Avenant, part. prés, pris adverbialement, dans le cas où aviendrait. Si, puis après, avenant confrontation.... boss. Far. 40. Quelque bien de mon père et le fruit de mes peines, Dont, avenant que Dieu de ce monde m'ôtât, J'entendais tout de bon que lui seul héritât , mol. VÉtour. iv, 2. || On dit plus ordinairement advenir. || Il se conjugue avec l'auxiliaire être, comme tous les composés de venir.

— hist. x* s. Et poro [pour cela] si vos avient, Fragm. de Valent, p. 469. ||xi' s. Si ço avent que alquen colpe le poin à altre, L. de Guill. 4 3. De cest message nous avendra grant perte, Ch. de Roi. xxv. X deus franceis bêlement en avint, ib. cclv. || xn" s. Tex honte lor avint devantle roi de France, Ronc. p. 4»7. Car joie a courte durée, Qui avient par tel folor, Coud, l. Mais, se Dieu plaist, ce ne m'avendra mie, t'6. u. Et bien [je] connoi que [jel n'i puis avenir [arriver, réussir] , t'6. vin. Mais fol désir fait souvent cuer penser En si haut lieu qu'il n'i peut avenir, ib. x. Et qu'il m'avient souvent Que je m'oublie, pensant [pensif] entre la gent, t'6. xvi. Onques vers lui [elle] [je] n'oi faus cuer ne volage ; Si m'en devrait pour tant mieuz avenir, t'6. xix. Donez moi, sires, que [je] ne soie oubliée Et [que] mes amis aviegne [vienne] à la vesprée, Romancero, p. 38. Jànous ferons tous nos plaisirs; Ainsi avegne à tous amis! ib. p. 45. Enuit [ce soir] l'en avanra [ce] dont encor [il] ne sait mot, Sax. xvn. One mais n'avint en France nule si granz dolors, t'6. 27. || xiii* s. Ensi coin Diexveult, les aventures avienent, villeh. cxxxiv. J'en voel faire quanke li autre en vorront faire; et aviegne que que avenir en porra, Chr.de ilat'nv, 93. Comment, en quel manière [ils] i pourront avenir [réussir], Rerte, xiii. Que m'est il avenu? qu'ont ces gens empensé? t'6. xv. Et pour rien qui aviegne, ne soit ses liz guerpis, t'6. lxxv. Et i ot si grant presse qu'il ne purent tout avenir au hanap [à la coupe] , Chr. de Rains, 1 43. Mes fort chose est à avenir; Ge me puis bien pour fol tenir, Quant j'ai mon cuer mis en tel leu Dont ge n'aten avoir nul preu, la Rose, 2493. Chascun doit faire en toutes places Ce qu'il set qui miex li avient; Car los et pris et grâce en vient, t'6. 2203. Fai que dois, aviegne que puet, barb. Fabli. i, 77. || xiv* s. Et aussi au devant ilz ne considéraient pas ne ne voioientles perilz à avenir, oresme, Eth. 86. Li homs qui longes vit, souffrans à tous costez,Voiten

AVE

fin avenir partie de ses grés, Baud. de Seb. ix, 23». || xv* s. Afin que honorables emprises et nobles aventures et faits d'armes lesquelles sont avenues par les guerres de France et d'Angleterre, soient notablement registrées, froiss. Prol. Et bien pensoient qu'ils ne pourraient avenir à leur entente sans grand contraire, id. i, i, 464. Et parquoi ils pussent mieux avenir l'un à l'autre [les vaisseaux] , ils avoient grands crocs et havets de fer tenans à chaines, m. i,i, 4 24. Il estoit si friqueet si joli chevalier, et si bien lui avenoit quant qu'il faisoit, qu'il estoit partout le bien venu d'Angleterre, id. i, i, 323. Et estoit advenu que messir Falleton avoit prié le seigneur de l'Esparre d'aller en Angleterre, id. n, n, 4. Le bien qui luy advint, comm. n, 3. Ils cuydoient avoir.... mais le contraire leur advint, id. h, 43. || xvi* s. Aux femmes aussi mal advient Science, qu'un bast à un bœuf, marot, iv, 467. Que si on a quelque regard en la doctrine, c'est pour eslire quelque légiste auquel il adviendroit mieux de plaider en justice, que deprescher en un temple, calv. Instit. 869. Quant est des choses à advenir, m. t'6. 4 47. n advient le plus souvent que chascun choisit.... mont, i, 57. On luy reprocha que c'estoit à la mode du regnard, pour n'y pouvoir advenir, id. i, 4 42. Quand j'entreprendrois de suyvre cet aultre style, je n'y sçaurois advenir, id. m, 38. Le malheur qui advint aux Romains, advint pour avoir transgressé cette saincte coustume, amyot, JVumo, 22. Personne n'approuve le moyen qu'il teint pour advenir à ces fins, id. Alc.U.

— ÊTYM. Bourguig. eveni; provenç. et espagn. avenir; ital. amenire; du latin advenire, de ad, à, et «entre, venir.

2. AVENIR (a-ve-nir), s. m. || 1° Le temps futur, ce qui doit arriver. Embrasser l'avenir dans sa pensée. L'humanité qui ignorg l'avenir. Chercher à lire l'avenir. 11 s'était promis un long avenir. Dans un avenir prochain. Sur l'avenir insensé qui se fie, rac. Athal. n, 9. Ma foil sur l'avenir bien fou qui se fiera, id. Plaid, i, 4 . L'avenir l'inquiète et le présent le frappe, id. Esth. n, 3. Mon coeur se gardait bien d'aller dans l'avenir Chercher ce qui pouvait un jour nous désunir, id. Rérén. iv, 6. On peut voir l'avenir dans les choses passées, rote. Vencesl. n, 6. Ils se vantent de prédire l'avenir, boss. Hist. il, 9. Quant à l'avenir, Suivant l'occasion nous saurons y fournir, corn. Serlor. n, 4. || 8° Situation dans le temps futur, destinée. Quel que soit l'avenir que le ciel nous réserve. Nul espoir d'un meilleur avenir. Aujourd'hui la misère, et un avenir encore plus affreux. Se ménager un avenir tranquille. Je me Datte en mourant qu'un Dieu plus équitable Réserve un avenir pour les coeurs innocents, volt. Fanât, v, 4. || 3* La postérité. Qu'à tout l'avenir Un silence éternel cache ce souvenir, rac. Phèd. i, 3. Et que sur mon tombeau ce grand titre gravé Montre à tout l'avenir que je l'ai conservé, corn. Sert. m, 4. || 4* Prospérité, succès dans le temps futur. Jeune homme qui a beaucoup d'avenir. Cet homme est sans avenir. C'est un établissement qui a beaucoup d'avenir. || 6* X l'avenir, loc. adv. Désormais. De sorte qu'on est toujours en état de vivre à l'avenir, et jamais de vivre maintenant, pasc. Pensées, part, n, art. 47.

— REM. Dans l'historique on verra avenir employé comme une sorte d'adjectif : le temps advenir. Cette manière de parler a été usitée aussi dans le xvn* siècle : Que tous les siècles avenir N'auront pas de nuit assez noire Pour en cacher le souvenir [de nos malheurs], malh. iv, 5. Aujourd'hui on écrit en deux mots et avec raison : à venir.

— HIST. xv* s. Disantque, le temps advenir, [ces maux] ne seraient si legiers, comm. ii, 3. ||xvi* s. Il seraappeléleDieufort, et Peredu siècle advenir, calvin, Institut. 77. Osée parlant de la rédemption advenir de l'Eglise.... id. t'6. 706. Se représenter tout le mal advenir, mont, i, 284 . X l'advenir, amyot, Su- Ion, 24.

— ÉTYM. Ce mot n'est pas autre que l'infinitif du verbe avenir pris substantivement.

3. AVENIR (a-ve-nir), s. m. Terme de pratique. Acte par lequel un procureur ou avoué somme la partie adverse de se trouver à l'audience, pour plaider contradictoirement.

— REM. Ce mot serait mieux écrit : d-twu'r.

— étym. À et tent'r.

AVENT (a-van) , s. m. Temps pendant lequel on se prépare, dansl'Églisecatholique, à célébrer la fête de Noël. Le premier dimanche, les quatre semaines de l'avent. Jeûner l'avent. Un rat plein d'embonpoint, gras et des mieux nourris, Etqui ne connaissait l'aven t ni le carême, la font. lab. iv, 4 4, || Prêcher l'a-

AVE

vent, prêcher pendant la durée de l'avent. L'abbi Boileau parut à la cour plusieurs avents et carêmes, st-sim. 433, 249. || Au plur. Les avents, plusieurs avents considérés ensemble. C'est aux avents qu'on a coutume de planter. Avoir autant couru Qu'aux avents de Noël fait le moine bourru, regnier, Sot. xiv.

— rem. Ne dites pas : c'est aux avents que j'irai me confesser; mais dites : c'est à l'avent. Les avents se disent de plusieurs avents, comme les étés, les hivers. Les avents pour l'avent, c'est un provincialisme, comme on le voit par le picard.

— hist. xiii* s. En quaresme et es auvens croissoit le nombre des poures, joinv. 207. 11 fu couronné le premier dymanche des advens, id. 20). H xvi* s. Et, le temps des avents venu, envoya en un couvent de cordeliers demander un presclieur, marg. Nouv. xli. Le prédicateur, tout le long de l'avent, fit très-bien son devoir, id. t'6.

— ÉTYM. Picard, les aveins; provenç. avent; catal. advent; espagn. adviento; portug. advenlo; ital. avvento; de adventus, arrivée, de advenire, avenir: c'est-à-dire l'arrivée, l'avènement de Jésus-Christ, dit, par antonomase , pour sa naissance, et finalement, par catachrèse, pour un certain temps avant Noël.

t AVENTER (a-van- té), v. a. Placer au bon vent.

— étym. à et vent.

t AVENTIN (a- van-tin), s. m. Une des sept montagnes encloses dans l'ancienne Rome. L'Aventin ou le mont Aventin.

— ÊTYM. Aventinus.

AVENTURE (a-van-tu-r*) , s. f. || 1* Ce qui advient par cas fortuit. Il lui arrive toujours quelque aventure singulière. Cette aventure me glace d'korreur. Témoin d'une aventure très-amusante. La vie est sujette à bien des aventures. Nous autres bénissons notre heureuse aventure, corn. Poly. v, 6. Malgré la rigueur de ma triste aventure, id. Ctd, 1, 4. Puisque, sans votre aveu, toute mon aventure Passerait pour un songe ou pour une imposture, id. Heracl. n, 2. Sur un rocher désert, l'effroi de la nature, Dontl'aride sommet semble toucher les cieux, Circé, pâle, interdite et la mort dans les yeux, Pleurait sa funeste aventure . ). b. rouss. Ctrce". Si vous saviez, Psyché, la cruelle aventure Que par là vous vous attirez, mol. Psy.iv, 3. Ils avaient fait gageure X qui des deux.... trouverait la meilleure aventure, la font. Calend. Par quelles aventures il était sur ces côtes, fén. Tél. 1. Dit-on quelle aventure a terminé ses jours? rac. Phèd. 11, 4. Cette prédiction semblait une aventure Contre le sens et le discours, malh. 11, 8. Dans cette aventure, Des deux côtés en vain j'écoute la nature, corn. Héracl. v, 2. Resté seul contre tous; mais en cette aventure Tous trois étaient blessés, et lui seul sans blessure, id. Hor. iv, 2. Il C'est grande aventure »i.... C'est grand hasard si.... || 2* Sort Artisan de sa bonne ou mauvaise aventure , Régnier , Sat. xvi. La Pucelle [de Chapelain] et Rodogune méritent chacune une autreaventure, la bruy. 42. Un vieillard qui avait eula même audace eut aussi la même aventure, id. 3. Le destin de qui le compas Marque à chacun son aventure, malh. v, 4 7. Avoir mille rois pour aïeux Fut le moins de son aventure, id. vi, 44. Il n'est pire aventure Que de ne la voir pas, id. v, 25. Et, sans faire le vain, mon aventure est telle, Que, de la même ardeur que je brûle pour elle, Elle brûle pour moi, id. v, 21. Ce que je considère comme le couronnement et le dernier bonheur de son aventure [en parlant d'un ouvrage] , pasc. dans cousin. Cherchons notre aventure ailleurs, la font. Fabl. vu, 42. Il Dire la bonne aventure, prédire à quelqu'un ce qui doit lui arriver. Il faut que je me fasse dire ma bonne aventure, mol. le Mar. f. 9. || Diseur, diseuse de bonne aventure, celui, celle qui prédit l'avenir. Rome alors était pleine d'astrologues et de diseurs de bonne aventure, dider. Essai sur Claude et sur Néron. || 3* Entreprise, action hasardeuse. Son frère [le chien] ayant couru mainte haute aventure. Mis maint cerf aux abois, la font. Fab. vin, 23. Moyens qui pouvaient mettre son aventure à fin, hamilt. Gramm. 4. Pour avoir part en si belle aventure, malh. ii,4 2. Il Homme d'aventure, aventurier, Les autres princes connus sous les noms de héros ou de princes d'aventure ne valent rien du tout, p. l. cour. 1, 328. Il Tenter l'aventure, entreprendre une chose dont le succès est fort incertain. Qu'aurais-tu fait, parjure, Si, quand tu vins du monstre éprouver l'aventure, Je me fusse arrêtée à plaindre ton malheur? th. corn. Ariane, m, 4. N'osant plus des miroirs éprouver l'aventure, la font. Fab. I, (4. Il Chercher aventure, chercher quelque bonne ren-

AVE

contre. Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure, la font. Fabl. i, 40. ||Fig. Intrigue galante. Cherchant les aventures et courant après l'amour, nAMiLTON, Gramm. 4. Celle des trois Qui la première aurait quelque aventure , lafont. Rém. j| 4" En termes de commerce, prêt, contrat à la grosse aventure, acte ou convention par laquelle on prêta pour un commerce maritime une somme d'argent à gros intérêts. En cas de perte du navire ou du i nargement sur lequel le prêt a eu lieu, la somme prêtée est perdue pour le prêteur; ce risque est compensé par le profit élevé. Mettre de l'argent à la grosse aventure, faire un placement de cette nature. L'homme sage, s'il veut risquer avec moins de désavantage, ne doit jamais mettre ses fonds à la grosse aventure, il faut les partager, buff. Homme, arithm. )»orn(e.||5°Terme d'ancienne jurisprudence. Les choses qui ad viennent à quelqu'un. Droites aventures , les successions en ligne directe. || 6° Mal d'aventure, nom vulgaire du panaris. || 7" X l'aventure, loc. adv. Au hasard, sans dessein. Que présage âmes yeux cette tristesse obscure, Et ces sombres regards errants à l'aventure, rac. Jlrit. il, 2. J'ai fait mes ordonnances à l'aventure, mol. le Fest. m, 4. Chacun a la liberté de dire à l'aventure ce qu'il pense, pasc. J'rov. 6. Ces jours allant à l'aventure, Régnier, Sat. il. L'on se trouvait à l'aventure [comme cela

e trouvait] sur ces chaises, sêv. 395. || 8" D'aventure, par aventure, loc. adv. Par hasard, fortuitement. Et pas un d'aventure N'aperçut ni cor ni ramure, la font. Fab. iv, 24. Le moindre vent qui d'aventure Fait rider la face de l'eau, id. ib. I. 22 Si l'aurore en se levant D'aventure nous voyait rire . malh. vi, 3. Si quelqu'un d'aventure en délices abonde, id.i, 4. Accourus d'aventure, mol. l'Étour. v, «4. Est-il, encedanger, dejugement perclus? Ou si par aventure il ne lui souvient plus Que j'ai du sang des siens ses campagnes noyées? mairbt, Solim. i, 3.

— hist. xi* s. Si alcuns crieve l'oil àl'altre per aventure, L.deGuill.lt. ||xn"s.Dex,qui toutfit, tedoinst maie aventure, Ronc. p. «4. En périlleuse aventure M'avez, amours, atourné, Coud, iv. En aventure [peut-être] [je] comens [commence] Ma daerraine chançon,*. xv. [Je] Ne sai se jà vous verrez mon retour; Aventure est que jamais [je] vous revoie, i7>. xxii. Les uis ad il meesmes overt e desbarez, Buta le pueple ariere, qui i ert asemblez Pur veer l'aventure, Th. Je mari. 447. Di à Joab qu'il ne se dehaite pas; kar diverses sunt les aventures de bataille, e ore chiet cist, e ore li altres, Rois, 467. Il disoit : Ke mei filh par aventure n'aient pechiet, e si aient Deu bénit en lor cuers, Job, 444. || xiir* s. Les aventures avienent si come à Nostre Seigneur plaist, villeh. xxi. Se Dex proprement n'i eust mis conseil, toute eust esté perdue la conqueste qu'il avoient faite, et la crestienté en fu mise en aventure de périr, n>. cxvi. Et sachiés que, selonc la grant traïson qui es Griex estoit, il i alerent en grant péril et en grant aventure, m. xcm. Cil qui chantent de fleur ne de verdure Ne sentent pas la douleur que je sens; Ainz sont amant aussi corn

d'aventure, eust. le peintre dans Couci Mais

tels est m'aventure; Pour loiauté [je] sui àdescon-

fitnre, m. ib. Beaus servises ne sera ja péris X fin amant qui en bon lieu l'emploie; Mais li miens est en aventure mis, ib. p. 4 25. Je chanterai, car plus ne m'en puis taire , Pour conforter ma cruel aventure, ib. p. 4 25. Toutes leur aventures se [je] vouloieconter, Berte, m. Orremanez, car je m'en vois [vais] Querre aventure par ces bois, Ren. 4 2076. Et s'il neletruevent d'aventure, il doivent aler ferelor semonseà lor ostel où il estcouquans [couchant] et le vans, beaum. 50. Je li vi quatre foiz mettre son cors en aventure de mort, joinv. 192. || xiv" s. Et si mevoy de mort en aventure, Se Diex et vous ne me prenez en cure, machault, p. 57 Et la guerre si est aventure et folie; Li uns y prent santé, li autres maladie, Guescl. 4454. Uns homs sui d'aventure, d'estraingne païs nés, Qui orains m'embati, che est la vérités, En cheste ville chi, Baud. de Seb. vin, 4 4(4. Nous ottroions nostre chastel o toute seigneurie, emolumens, avenemanz, aventures et toutes autres choses, du cange, avenius. ||xv" s. Honorables emprises et nobles aventures et faits d'armes, froiss. Prol. Et les festa liement, et leur demanda moult intentivement de leurs aventures, combien que elle en sçut jà grand partie, id. i, I, 485. Que les Escots pourroient bien par nuit venir briser et assaillir leur ost à deux costés, pour eux mettre à l'aventure de vivre ou de mourir, id. i, i, 44. Si se tinrent ainsi cette nuit tous armés, chacun dessous sa bannière ou son penonceau, si

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comme il estoit ordonné, pour attendre l'aventure, id. i, i, 44. Ils [les Bretons] en vinrent à leur entente et par grand aventure [par hasard], id. ii, h, 38. Donc demanda Jean Lyon : Et d'où vient ce feu en l'hostel de monseigneur? On lui repondit: Il vient d'aventure, id. h, h, 55. Si y en avoit, du trait, des blessés et des navrés, ainsi que en tels aventures les faits d'armes adviennent, id. n, n, 3. Seigneurs, regardez que vous voulez faire : nous sommes tout en aventure d'estre pendus, id. i, i, 220. Ceste maie aventure ne luy advint pas seulle [d'être fait prisonnier], comm. iv, 4. Autant estimé que nul prince qui fust en chrestienté ou par adventure plus, II), v, 9. [Bruges] où par adventure se depesche plus de marchandise que en nulle autre ville de Europe, id. v, 48. Par cas d'aventure il y avoit dedans la ville.... id. m, 3. Se délibérèrent de mettre toutes choses en adventure, car aussi bien ils sçavoient bien qu'ilz estoient perduz, m. il, 42. Ung seul et le moindre de tous à qui on n'aura jamais fait bien, fera, àl'adventure, ung tel service qu'il recompensera toutes les Iaschetez et meschancetez que avoient fait tous les autres, id. ii, 3. Quand ledit Thomas Brampton vit qu'il avoit perdu l'aventure dudit diamant , fut bien déplaisant, louis xi , Nouv. Lin. || xvi" s. Mais, à toutes adventures [quoi qu'il en soit], nous ne pouvons nous donner trop d'advantage, mont, ii, 62. Et neantmoins qu'on ne die ne son nom ne son pays, jugera on, à belle adventure, qu'il estoit romain, id. iv, 3S3. Par adventure, dit Socrates, en y a il bien aussi quelques uns de ceste sorte, laboëtie, 4 25. Quand chascun fait à sa fantaisie et à belle adventure, c'est une confusion et chose desplaisante à voir, id. 471. Nous ne sentons point le cours des heures, quand il va recitant les adventures qu'il a eues en sesverds et jeunes ans, amyot, Préface, xiv, 42. Si d'adventure ces fables en quelques endroits sortent un peu trop audacieusement des bornes de la vraisemblance , il est besoing que les lisants m'excusent gracieusement, id. Thésée, i. Theseus s'offrit voluntairementày estre envoyé sans attendre l'adventure du sort, id. ib. 4 9. Il n'entroit en leur pals aucun devin pour y dire la bonne adventure, id. Lyc. 4 4.

— ÊTYM. Bourguig. aidventure, aiventure; provenç. et espagn. aventura; ital. awentura; de adrerçturus, qui doit arriver, deadvenire, avenir. Marg. Buffet, 4 868 , observe, p. 73 , que par aventure est une locution ancienne qui ne se dit plus. L'usage présent l'a reprise.

AVENTURÉ, ÊE (a-van-tu-ré. rée), part, passé. C'est de l'argent bien aventuré. Sa fortune est aventurée.

AVENTURER (a-van-tu-ré), v. a. || 1° Mettre à l'aventure, risquer. Aventurer une petite somme. || 2° S'aventurer, v. réfl. S'exposer, se hasarder. Qui, de le voir s'aventurant, la font. Fabl. m, 4.

— REM. Avec aventurer et un verbe à l'infinitif, on met à et plus rarement de : il s'aventure à y aller ou d'y aller.

— hist. xnr* s. Et tant aventura [Blondel] qu'il entra en Osterriche ensi comme aventure le menoit, Chr. de Rains, p. 63. Puis ne fu voie ne sentiers Où il n'alast moût volentiers, Se nom s'i pot aventureir, ruteb. 57. Li quens s'en va aventurant Parla forest orible et grant, Roman du Comte de Poitiers, 868. Por ce est grant folie de soi aventurer Es biens où l'en ne puet son cuer asseùrer, J. de meung, Test. 320. || xiv* s. La quele empreinse les pères ont aprouvée, et li donnent licence de soy aventurer, bercheure, f° 32, recto. Etdientl'una l'autre : Alons aventurer Avec le meilleur homme dont nulz sauroit parler, Guescl. 4 834 6. Pource qu'il avient que les diz marchans aventurent en nostre dit royaume, du cange, aventurerius. Meschief advient par aventure, Quant folement on s'aventure, bruyant dans Ménagier, t. n, p. 48. || xv* s. Si se mit ledit messire Louis en ces vaisseaux pour aventurer sur la marine, froiss. i, i, 479. S'il vous plaisoit, je iroie aventurer à val ce pays pour querre bestes et vitailles, id.i, i, 254. Ce fait, le dit messire les mena avanturer devant un chastel bien garny, Bouciq. I, ch. 44. Et se adventura monseigneur du Lude jusques à luy demander se il ne sçavoit point où estoit l'argent contant de son maistre, comm.iv, 4 4. ||xvr> s. Il ne vouloit ensuivre ceulx qui avoient gaigné de grandes victoires pour s'estre adventurez, encore qu'on les louast et estimast beaucoup, amyot, Péric. 38. Il estoit d'advis que l'on devoit ne avanturer point la bataille contre Hannibal, m. Fab. 5. X toute peine s'adventura il à la fin de luy en ouvrir le propos, id. Philop. 28. |

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— ÉTYM. Aventure; picard, avinturé; provenç. arenturar, avanturar; espagn. aventurar; ital. awenturare.

t AVENTUREUSEMENT (a-van-tu-reû-ze-man) , adv. D'une manière aventureuse.

— hist. xiv* s. La y ot un Englois.... Qui voua à Jhesu le Père omnipotent, Qu'à la porte ou aux bailles de Paris proprement Iroit ferir de glaive aventureusement, Guescl. 4 7567. Aventureusement [par hasard] [il] se hurta à la pointe du coustel du suppliant, du cange, aventurerius.

— ÊTYM. Aventureuse, et le suffixe wenf. AVENTUREUX, EUSE (a-van-tu-reû , reû-z'),

adj. || 1° Qui s'aventure, qui hasarde. Homme, esprit aventureux. Existence aventureuse, existence s'abandonnant au hasard. || 2° Substantivement. Le raisonneur parti, l'aventureux se lance, Les yeux clos, à travers cette eau, la font. Fabl. x, 44.

— HIST. xiv" s. Les fais des batailles sont adventureux et ne sont pas certains, Ménagier, i, 9. Je, qui sui chevaliers aventureus clamés, Baud. de Seb. vm, 4 4 23. Le suppliant bailla toutes ces choses à aventureux qui voulentiers suivoient les guerres, du cange, aventurerius. || xv" s. Et y mit dedans en garnison un sien frère, que moult aimoit, et un certain nombre de compagnons aventureux avec lui, froiss. i, i, 99. Faut tenir train de seigneurie, Estre prompt et avantureux, villon, nouvelles ballades. || xvi" s. Afin de tourner en augure, comme chose aventureuse et non préméditée, ce que songneusement il avoit jà conclu et pourpensé, il. du bell. 347. Un capitaine hardyet avantureux, amyot, Fab. 38.

— ÉTYM. Aventure; provenç. aventuras; ital. avventuroso.

AVENTURIER, RlftRE (a-van-tu-rié, riê-r' ; l'r ne se lie pas; au pluriel, l'« se lie : les aventuriers et.... dites : les a-van-tu-rié-z et....), s. m. || 1° Celui qui cherche les aventures et surtout les aventures de guerre, et qui n'a d'attache nulle part. C'était un aventurier qui s'était donné à Nestor, fën. Tél. xvi. Seigneur aventurier, s'il te prend quelque envie De voir ce que n'a vu nul chevalier errant, la font. Fab. x, 44. 11 tient que les combats sentent l'aventurier, corn. Attila, iv, 4. Celui-ci, qui ne passa que pour un aventurier audacieux, parce qu'il ne réussit pas, volt. LouisXIV, 3. || 2° Anciennement, ceuxqui faisaient la guerre en volontaires et sans recevoir de solde ; et aussi ceux qui se hasardent aventureusement à la guerre. || 3° Certains corsaires des mers de l'Amérique; on les appelle aussi flibustiers, boucaniers. || Bâtiment marchand qui s'expose sans escorte en temps de guerre. || 4° Familièrement et par dénigrement, un aventurier, une aventurière, celui, celle qui n'a pas de moyens d'existence connus. || Adj. Une vie aventurière. Des gens aventuriers et ïiardis. Le maréchal de Gassion, si aventurier pour les partis et si brusque à les chercher, craignait u:\ engagement entier, st-ëvremond dans richelet. || Fig. Combien de ces mots aventuriers qui paraissent subitement et que bientôt on ne revoit plus, la bruy. 6.

— hist. xv" s. Au temps où je vous parle, estoit ce pays rempli d'Anglois et de larrons gascons, bretons, allemans et gens aventuriers de toutes nations, FROISSARD, III, 75, Lyon,4569, in-f". H XVI" s. Adventuriers qui ne vouldroient rien touldre Non plus que loups, à desployée enseigne, Marchant avant, courant par la montai gne, j. marot, t. v, p. 24. Des adventuriers hespagnolz et numidiens, amyot, Pélop. et Marcel, comp. 5.

— ÊTYM. Aventure; provenç. aventurier; catal. aventurer; espagn. avcnturero ;portug. aventureiro; ital. avventuriere.

AVENTURINE (a-van-tu-ri-n'), *. f. || 1° Pierre artificielle qui se fait avec du verre mêlé de limaille de cuivre, qui y éclate comme de petits grains d'or. || 2° Pierre précieuse, pleine de plusieurs points d'or qui lui donnent beaucoup de brillant ; c'est un quartz coloré en jaune ou en rouge. || 3" Adj. invariable. De couleur d'aventurine.

— ÊTYM. Aventure, d'après Ménage, qui dit que, la composition qui donne Vaventurine artificielle ayant été trouvée par hasard, la pierre fut dite aventurine ou pierre d'aventure; et que ce nom passa ensuite à l'awnlurt'ne naturelle qui y ressemble.

AVENU, UE (a-ve-nu, nue), part, passé d'avenir. Ce qu'on craignait est <«-pnu. Les choses qui sont avenues. Il faut regarder cela comme non avenu.Le regret de ma faute aveme, malh. i, 4. Avant qu'aucun malheur te puisse être avenu, corn, le Ment, a, 5. Prévoir tout accident avant

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qu'être avenu, Régnier, Sat. xiv. Il n'est rien que le temps n'absorbe et ne dévore, Et les faits qu'on ignore Sont bien peu différents des faits non avenus, I. B. BOUSS. Odet, IV, 2.

AVENUE (a-ve-nue), *. f. \\ i° Chemin par lequel on arrive en un lieu. Ils ont occupé toutes les avenues du port, fén. Tél. vu. Saisissez l'hippodrome avec ses avenues, corn. Héracl. ni, 4. Ils découvrent Othon maître de l'avenue, m. Othon, v, 8. J'ai vu forcer les avenues Des Alpes qui percent les nues, racan, Ode au roi. 11 ferma les avenues de Jérusalem de si près qu'il n'y avait plus moyen de s'échapper, boss. Hist. H, ». Souvent de ta maison gardant les avenues, boil. Sat. x. De leurs appartements percer les avenues, id. Lutrin, iv. Ces faubourgs aujourd'hui si pompeux et si grands, D'une immense cité superbes avenues, volt. Henr. vi. || 2° Allée d'arbres conduisant à un château. On arrive au château par une grande avenue. || Toute allée d'arbres en ligne droite. De longues et fraîches avenues. || 3° Fig. Les avenues de la fortune, du pouvoir. Ce qui va jusqu'au centre de l'âme des autres, s'arrête aux avenues de la leur, balz. Liv. vi, lett. 4.S'étant une fois emparés de son esprit, ils en saisissent toutes les avenues, id. T Dise. s. la cour. Mme de Maintenon, qui voulait tenir le roi par toutes les avenues, sapait depuis longtemps d'Aquin, st-sim. 44, 4 66. Il 4" Avènement. L'enfer se réveilla à l'avenue de Jésus-Christ, boss. Hist. n, 8. || 5° Terme do chasse. Route ou sentier que l'on fait dans les pipées.

— xiii* s. Et quant Henris, ses fius, au court mantiel, fu revenus et il sot la vérité de ceste avenue [événement], Ch. de Rains, p. 43. ||xv* s. Monseigneur Jean de Hainaut, qui bien est ramentu, et de raison, en ce livre; car, de plusieurs et belles avenues, il en fut chef et cause, froiss. Prol. Or nous tairons-nous à parler du comte de Hainaut, et parlerons des besognes de son pays, et des avenues qui y avinrent tandis qu'il fut hors, id. 1, i, toi. Lors son cousin, et par especial la femme qui n'aimoit point l'autre, furent bien joyeux de l'advenue [aventure], louis xi, Nouv. lxi. || xvr s. La béatitude remplit toutes les appartenances et advenues de la vertu, mont, i, 70. Ville sise sur montagne qui n'a qu'une seule avenue, H. du bell. 448. Ayant saisi tous les pas et advenues de ce quartier là, amyot, Philop. 8.

— étym. Avenir.

| AVÉRAGE (a-vé-ra-j'), t. m. Terme de commerce. La moyenne avérée, vraie, reconnue telle, et en général la moyenne. Sur trois ans l'avérage a été de....

— ÉTYM. Avérer.

AVÉRÉ, ÉE (a-vé-ré, rée), part, passé. Établi comme vrai. C'est un fait avéré par l'histoire de M. de Thou, boss. Déf. Voilà un fait avéré et public, id. Hist. n, 43. Ah! tout est avéré, Tout est approfondi dans cet affreux mystère, volt. Tancr. iv, 2. De cent siècles de gloire une suite avérée, id. Orphel. I, 4. Vous êtes convaincu, le crime est avéré, id. Catil. Vf, 2.

AVERER (a-vé-ré), v. a. Avoir, donner la certitude qu'une chose est vraie. Il avéra le fait. J'en réponds sur ma tête et l'ai trop avéré, corn. Théod. ni, 3. J'ai su par mes yeux avérer aujourd'hui Le commerce secret de ma femme et de lui , mol. Sganor. 46. || J'avère, j'avérerai, j'avérerais.

— hist. xii* s. E sevent tuit senz suspeçon Qu'or aveire [se vérifie] l'avision, benoît, ii, 6543. Certainement est avérée En lui tote la profecie, id. h, 789t. La prophecie avérera [se vérifiera], Quant li filz Deu por nos morra, Adam, myst. p. 60. || xm's. La moie foi en voil jurer, Que tôt ce verroiz [vous verrez] avérer, Ren. 4444». Tex raisons convient il avérer par tesmoins loiax, beaum. lxi, 63. || xv* s. Les promesses de la duchesse furent avérées [justifiées par l'événement], froiss. ii, ii, 229. Pour mieux avérer leur fait, id. u, n, 421. Ce qui doit estre réputé à grand faute aux Princes, quand ils ne les avèrent ou font avérer [les rapports qu'on leur fait!, comm. vm, 43. || xvi» s. Comme il a esté adverè, mont, i, 44. On ne sceut jamais adverer ny sçavoir comment il estoitmort, amyot, Rom. 43. Le bon jugement de l'un est tesmoigné par la ruine de son pais, et l'erreur de l'autre adveré par l'heureux événement de ce qu'il avoit voulu empescher, id. Péric. et Fab. comp. 7. Craignant que le filz légitime ne fust occasion de faire rechercher et avérer sa bâtardise, id. P. Mm. 43.

— ÉTYM. Provenç. averar, aveirar; ital. avverare; de ad, à, etverus, vrai (voy. vrai).

f AVERNE (a-vèr-n'), s. m. Lac delà Campanie,

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près du quel était l'antre de la sibylle de Cumes , antre qui conduisait, suivant la mythologie, aux enfers. || Poétiquement, les enfers mêmes. Je m'en irais dans PAverne Faire enivrer Alecton Et bâtir une taverne Dans le manoir de Plutcn, maître adam, Chanson.

— ÉTYM. Avernus, du grec âopvo;, de à privatif, et ipvi;, oiseau; ainsi nommé parce qu'on disait que les vapeurs qui s'en exhalaient suffoquaient les oiseaux qui volaient dans ces parages.

t AVERRHOÏSME (a-vèr-ro-i-sm') , s.m. Terme de philosophie. Doclrine répandue dans les écoles du moyen âge et , à l'époque de la Renaissance , dans celles du nord de l'Italie , et qui soutenait l'identité de toutes les intelligences humaines : à savoir que au fond il n'y avait qu'un seul homme; bien que, dans l'idée primitive de cette doctrine, l'identité paraisse avoir consisté en la participation de oiiaque homme en une même raison nommée intellect actif. D'autre part, Paverrhoïsme devint un prête-nom derrière lequel on cachait une philosophie matérialiste et la négation du surnaturel.

— ÉTYM. Averrhoès (Ibn Roschd), philosophe arabe du xir* siècle.

AVERSE (a-vèr-s'), *. f. Pluie subite et abondante. Nous avons reçu toute l'averse.

— ÉTYM. À et verse.

X VERSE (a-vèr-s'), loe. adv. Voy. verse (X).

AVERSION (a-vèr-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. |! 1* Sentiment qui fait qu'on se détourne d'une personne; haine, antipathie. Le peuple l'avait en aversion. Prendre quelqu'un en aversion: Inspirer à quelqu'un de l'aversion pour un autre. Intéresser l'État dans votre aversion, rotr. Vencesl. n, 2. Combats pour m'affranchir d'une condition Qui me livre à l'objet de mon aversion, corn. Cid, v, 4. Mais cette indifférence est une aversion Lorsque je la compare avec ma passion, id. Rodog. i, 7. De cette aversion mon cœur préoccupé, id. Nicom. Vf, 2. Et les aversions entre eux deux mutuelles Les font d'intelligence à se montrer rebelles, id. Héracl. i, 4. Pour qui elle a de l'aversion, id. Ex. du Cid. Elle n'a pas pour moi d'aversion si forte, id. U Ment. Vf, 6. Ils demeurent l'objet de l'aversion du peuple, boss. Hist. h, 40. Je ne sais quelle aversion pour Ulysse, fën. Tél. xv. Peut-être convaincu de votre aversion, Il va donner un chef à la sédition, bac. Phèd. I, 6. Pour lui des Persans bravant l'aversion, J'ai chéri, j'ai cherché la malédiction, id. Esth. m, 4. || Familièrement. C'est ma bête d'aversion, se dit d'une personne pour laquelle on a une insurmontable répugnance. || 2° En parlant des choses, répugnance extrême. Aversion pour le travail. J'ai eu toujours aversion à cela, voit. Leur. 4io. Alexandre obligeait aussi ses capitaines de s'habiller à la persienne, à quoi ils avaient grande aversion, vaug. Q. C. 252. J'ai eu et j'aurai pour lui [le mariage] toute ma vie une aversion effroyable, mol. l'Am. méd. m, 6. Le ciel a semblé mettre en nous mêmes attachements pour notre liberté et même aversion pour l'amour, id. laPrinc. d'Élide, iv, 4. Vous n'en avez pas d'aversion, pasc. Prov. 40. Vos décisions sont en aversion à tout le monde, id. Prov. 44. J'ai une grande aversion pour cette saleté, sév. 77. De là ces aversions qu'on a du seul objet légitime qu'on doit aimer, flêch. i, p. (81. Rappelez en votre mémoire combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance, boss. Reine d'Anglet.

— REM. On dit dans le même sens aversion pour une chose et aversion d'une chose.

— HIST. xvi* s. Il faut craindre de faire aversion [détournement] du sang vers les parties nobles, pare,

— ÉTYM. Aversio, de a, désignant éloignement, et vertere, tourner (voy. version) : mot à mot, détournement.

AVERTI, IE (a-vèr-ti, tie), part, passé. Averti par ses amis de là disgrâce qui le menaçait. Averti de se tenir sur ses gardes. Anne avertie de loin par un mal aussi cruel qu'irrémédiable, boss. Marie- Thér. D'un grand événement je me vois avertie, volt. Sémir. i, 6. Soyez averti Qu'on se rend criminel à prendre son parti, corn. Cid, n, 7. || Être bien averti, être bien informé, avoir do bons renseignements. Osmin était mal averti , Et depuis son départ cet esclave est parti, rac. Baj. Vf, 3. || Se tenir pour averti, être sur ses gardes. || Proverbe. Un bon averti en vaut deux, celui qui a été prévenu, à n'en pas douter, de ce qui peut lui arriver, est doublement sur ses gardes. || Terme de manège. Un pas averti, est celui d'un cheval qui marche un pas réglé et méthodique, suivant les leçons qu'il a reçues.,

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AVERTIN (a-vèr-tin), *. m. || !• Maladie qui rend opiniâtre et furieux. || Fig. Ole plaisant avertin D'un fou du pays latin, j. b. bouss. Odes, n, 2. || 2° Maladie des moutons appelée tournis.

— HIST. xiii" s. Venteuses qui sont mises ou soumeçon [sommet] du chief valent à chiaus [ceux] qui devienent fol par malvaise cierveille et auvertin, alebrand, f" 4 3. Ces famés s'en ceignent le soir de la Saint Jehan, et en font les chapiaux seur lor chiez, etdient que goûte ne avertinz ne les puet panre, ruteb. 257. ||xiv s. Symonet, besgue, fol, lunatique, malade et cheant souvent du mal d'avertin, du cange, adversatus. || xvr» s. Si Dieu ne l'avoit deffendu Et je fusse en mon advertin, Je donrois quinze à PAretin, Et si gaignerois la partie, marot, ii, (40. On lui attitroit des salueurs, qui lu; faisoient de grandes révérences et barrettades, pour voir un peu tel asne en son avertin faire ses gambades, desper. Contes, xxix. La manière de faire taire et danser les femmes, lorsque leur avertin les prend, id. ib. cxv. Or, est mort n'a pas longtemps ce preud'homme avertin [malin, bizarre], id. ib. cxxv. Ce mal [du bétail à laine] est appelle avertin par d'aucuns François, et, en Escosse avec raison, estourdi, o. de serres, 987.

— ÉTYM. Aterlere; mal qui détourne l'esprit; de o, indiquant éloignement, et vertere, tourner (voy. version). On a dit aussi esverlin.

AVERTIR (a-vèr-tir), v. a. || 1° Faire savoir en appelant l'attention. Avertir quelqu'un de quelque chose. Nous avons été bien avertis de nous tenir sur nos gardes. Avertis-moi de ce qui t'arrivera. Les chiens avertissent de l'approche des voleurs. Qu'estce qu'on vous écrit? Daignez m'en avertir, rac. Iphig. i, 4. Souffrez quelques froideurs sans les faire éclater, Et n'avertissez point la cour de vous quitter, id. Brit. I, 2. C'est pour vous avertir de ce qu'il vous faut craindre Qu'à ce triste entretien j'ai voulu me contraindre, th. corn. Essex, I, 2. On m'avertit qu'il fait tous ses efforts pour lui parler, mol. le Méd. m. lui, m, 7. Le moyen de connaître où est le plus beau vers, si le comédien ne s'y arrête, et ne nous avertit par là qu'il faut faire le brouhaha, în.Préc. rid. se. 40. || Absolument. Quoique, sans menacer et sans avertir, la mort se fasse sentir tout entière dès le premier coup, boss. Duch. d'Orl. || 2* Terme de manège. Avertir un cheval, l'exciter au moyen de quelques aides lorsqu'il se néglige.

— REM. 1. Avertir régit la préposition dedevant un infinitif: avertissez-le de venir. Avec que il veut l'indicatif si la chose dont il s'agit est donnée comme certaine ou positive : avertissez-le qu'il seramalreçu. Si au contraire avertir emporte avec lui le sens d'un désir, d'un ordre, etc. on met le subjonctif : je l'avertis que son travail soit prêt demain. || 2. Racine, Baj. h, 3, a supprimé l's à la première personne du présent : Vizir, songez à vous, je vous en averti ; Et sans compter sur moi prenez votre parti. C'est non une licence, mais un archaïsme que l'usage poétique autorise d'ailleurs à la première personne.

— SYN. AVERTIR, DONNER AVIS, INFORMER. On

peut manifester la nuance par les substantifs. L'avertissement est un appel à l'attention sur quelque chose ; l'avis et l'information n'impliquent rien de pareil, et expriment seulement qu'on a fait savoir une chose à quelqu'un. L'avertissement peut être donné par des choses; l'avis et l'information n'émanent que des personnes. Je vous informe de cela, c'est simplement faire savoir; je vous donne avis de cela, c'est faire savoir avec la croyance que la personne prendra intérêt à ce qu'on lui dit; je vous avertis, c'est faire savoir en donnant à la personne un avertissement.

— HIST. xii* s. E quant il se fu averti, E ladolorli fu passée Qu'il out sofferte e endurée , Sout [il sut] que ce li fu avenu Pur ceo qu'il aveit contendu La charité as dous ermites, benoît, h, 40960. ||xnr* s. Son songe [elle] dist au roi, a bien lui averti, Berte, lxxi. || xv» s. Et adverti qu'il fut par ceux qui faisoient le logis du roy, que ledit seigneur ne vouloit que passer, comm. vin, 7. ||xvi" s. Amy lecteur, sois adverty Qu'au latin n'a rien davantage Que ce qui esticy verty Par Marot en nostre langage, marot, iv, 4 74. Cineas, estant adverty de sa venue, luy alla au devant avec ses gens, amyot, Pyrrh. 32. Estant adverty que le consul de Rome, Levinus, s'en venoit contre luy, avec une grosse et puissante armée, id. ib. 34. Cest inconvénient advertit Pyrrhus de se garder mieulx à l'advenir, id. ib. 36. Plusieurs avoient secrette intelligence avec Nicias, et l'advertissoient qu'il devoit demeurer, m. Nicias, 38.

AVE

AVE

AVE

— ÊTYM. Provenç. avertir; espagn. et portug. advenir ; ital. avvertire; de advertere, mot à mot, tourner vers, et par suite avertir, de ad, à, et de vertere, tourner (voy. version). Avertir suppose uu changement de conjugaison, advertire pour advertere, changement qui du reste s'est opéré dans les autres composés : convertir, divertir, etc.

AVERTISSEMENT (a- vèr-ti -se-man), s. m. || 1° Appel à l'attention de quelqu'un. Ce songe mystérieux était un avertissement divin, fên. Tél. tv. Je t'ai fait voir tes camarades, Ou morts ou mourants ou malades. Qu'est-ce que tout cela qu'un avertissement? la font. Fab. vm, 4. Cet avertissement marque une défiance, corn, llodog. u, 4. Mats quand la passion est en nous si extrême, Les avertissements n'ont ni force ni lieu, Régnier, Sat. iv. || C'est un avertissement du ciel, se dit d'un événement de nature à servir d'enseignement. || 2° Préface mise à la tête d'un livre. Lisez l'avertissement avant de parcourir l'ouvrage. || 3° Avis d'un percepteur pour le payement de l'impôt. Avertissement sans frais. || 4" Avis donné à un journaliste qu'un de ses articles a déplu à l'autorité et qu'un autre article qui attirerait un second avertissement pourrait faire supprimer le journal.

— hist. xv# s. Le bon fils mercia son père de son bon avertissement, louis xi, Nouv. lu. || xvr" s. .... Qu'il venoit de la part de ceulx qui, durant la guerre, auparavant luy souloient donner de secrets advertissemens, amyot, Nicias, 46.

— ÊTYM. Avertir; bourguig. evarlisseman ; pro- Tenç. avertimen; espagn. advertimiento ; portug. advertimento ; ital. awertimento.

t AVERTISSEUR (a-vèr-ti-seur) , s. m. || 1» Celui qui avertit. Apostrophant ensuite notre imprudent avertisseur, J. J. rouss. P/itiôp-|| 2° Titre d'un office de la maison du roi, dont la fonction était d'avertir quand le roi venait dîner.

— ÊTYM. Avertir.

t AVESTA (a-vè-sta), s. m. Réunion des trois premiers livres du Zendavesta; ces trois premiers livres sont le Vendidad, le Yaçna et le Vispered.

— ÊTYM. Mot zend, d'origine incertaine et pour lequel on a indiqué, avec beaucoup de doute, le sanscrit dvisti, publication.

f AVET (a-vè), s. m. Un des noms vulgaires du sapin argenté commun ou vrai sapin (pinus picea,L.).

— ETYM. Abietem, sapin.

fAVETTE (a-vè-ï), s. f. Voy. apette.

— hist. xvi" s. Ni la rosée aux prez ni les Mondes avettes, rons. Berg. Éd. 4.

AVEU (a-veu , au plur. a-veû , la prononciation étant comme dans affreux), s. m. || 1° Terme de féodalité. Acte établissant une vassalité. || Homme sans aveu, vagabond, homme qui n'a ni feu ni lieu; proprement, homme qui n'est avoué d'aucun seigneur féodal. || Par extension, en parlant des choses, qui n'est reconnu de personne. Une telle aventure [Philippe III soumis à l'inquisition] n'est rapportée que dans des livres sans aveu, volt. Uceurs, 440. || 2° Agrément, approbation, consentement. Je n'en puis user sans ton aveu. 11 a fait cela avec l'aveu ou de l'aveu du gouvernement. Si vos amis de Rome en ont pris quelque soin, C'était sans mon aveu, je n'en ai pas besoin, corn. Nicom. iv, 2. Si vos promesses n'ont l'aveu de Viriate, id. Serlor. iv, 3. Et par son propre aveu la reine d'Arménie Est due à l'héritier du roi de Bithynie, id. Nicom. iv, 6. Je crains que ce don n'ait jamais son aveu, id. Sertnr. iv, 3. Jusqu'à ce que ma flamme ai t eu l'aveu d'un pure , id. le Ment, v , 6. J'ai besoin pour celade l'aveu dequelque autre, mol. leDép. u, 2. Ils ont un ordre de ne rien imprimer sans l'aveu de leurs supérieurs, pasc. Prov. 5. J'obtins l'aveu d'Agrippa votre frère, id. liérén. i, 4. Sans votre aveu l'on me fait prisonnier, id. Plaid. H, 9. Quelle verve indiscrète. Sans l'aveu des neufs sœurs, vous a rendu poète, mil. Sot. ix. Par un écrivain estimable, qui avaitl'aveudupublic, d'alemb. Acad.lfr. v, p. 460. 113° En jurisprudence, reconnaissance que fait une partie du droit pi étendu par son adversaire. L'aveu d'une dette. || 4" Action d'avouer, de confesser, de convenir. Après l'aveu de sa faute. Arracher ou tirer des aveux. Leur silence paraissait un aveu. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arrachercet aveu d'avoir failli, qui coûte tant à notre orgueil, boss. Reine a" Anglet. Que de peine à faire un aveu sincère I m.Euch. ï.Dieu, reçois son aveu du sein de tonempire, volt. Zaïre, li, 3. C'est le sincère aveu que je voulais vous faire, rac. Brit. iv, 2.... Elle vous veut faire l'aveu fidèle D'un secret.... m.Baj. v, s. Je meurs pour ne point faire un aveu si funeste, rac. Phèd. i 3. Ce

franc aveu sied bien aux grands courages, corn. Sertor. m, 2. || De l'aveu de, avec le témoignage de. Il est certain, de l'aveu des Juifs.... boss. Hist. n, 8. Il est certain, de leur aveu propre, que.... id. ib. m, 6. La chose s'était passée, de son aveu, en tout bien tout honneur, hamilt. Oramm. 9.

— SYN. aveu, confession. Aveu est plus général que confession ; il s'applique à tout ce que l'on avait le dessein de cacher, bon ou mauvais. La confession ne s'applique qu'au mal, à un tort, à un méchef. Aussi la torture, la menace arrachent non une confession , mais des aveux.

— HIST. xm's. Et en tel cas, est il bon as tenans, qu'il ne facent nus aveus; car il pourroient perdre, beaum. xlv, 4. || xv s. Advint que aulcuns larrons bourguignons sans maistre ne adveu, se mirent sur les champs, i. de troyes, Chron. 4 474. || xvi* s. Sans l'adveu de nostre volonté, mont, i, 98. Le seigneur et le vassal sont tenus réciproquement s'entrecommuniquer, de bonne foi , leurs aveus, denombremens et autres lettres; ou s'en purger par serment, loysel, 693. Un seigneur ne peut contraindre son vassal de bailler aveu [état, dénombrement de ce qu'il avoue tenir de lui] plus d'une fois en sa vie, m. 699. Pour simples meubles, on ne peut intenter complainte: mais en iceux, echet aveu [revendication] et contre-aveu , id. 764. Hz demandoient en courroux à Phœbidas par commandement et adveu de qui il avoit fait ceste surprise, amyot, Agésil. 38.

— ÊTYM. A et vœu (voy. avouer). La série des sens est: action dévouer, et proprement, dévouer service féodal; puis approbation ; puis reconnaissance de ce qui est dû; et finalement confession.

AVEUER, v. a. Voy. avuer.

t AVEUGLANT, ANTE (a-veu-glan, glan-t'), adj. Qui aveugle, qui ôte le sens.

— hist. xvi' s. La passion plus aveuglante c'est l'amour, marg. Nouv. lxviii.

AVEUGLE (a-veu-gV), adj. || i° Qui est privé de la vue. Être avsugle. Devenir aveugle. Il fut aveugle pendant sa vieillesse. Son esprit ne saurait jamais rien produire que des avortons aveugles et imparfaits, boil. Longin, Sublime, 42. Ce n'est pas l'amour qu'il fallait peindre aveugle, c'est l'amourpropre,voLT. Lellr. Damilaville,\ l mai 1 764. || Poétiquement et par extension. Sombre nuit, aveugles ténèbres, Fuyez, le jour s'approche, et l'olympe blanchit, rac. À laudes, nox. || 2° Dont la raison est obscurcie. L'amour rend aveugle. Être aveugle sur ses défauts. Je me trouve bien aveugle d'avoir si peu prévu ce qui nous menaçait.' Je ne suis pas ensemble aveugle et téméraire ; Je connais bien l'erreur que l'amour m'a fait faire, malh. v, 30. Les hommes sont aveugles et sur le bien et sur le mal, fên. Tél. xvm. Les Romains, les Grecs étaient les plus aveugles sur la religion, boss. Hist. Il, 6. [Il] Déchaîne contre moi ce prophète imposteur, Aveugle sur mon sort, sur le sort de l'empire, Mais non sur l'intérêt, le seul dieu qui l'inspire, volt. Œdipe, u, 2. Ou plutôt trop aveugle ministre, rac. Baj. iv, 7. Dieu veut qu'on espère en son soin paternel; Il ne recherche point, aveugle en sa colère, Sur le fils qui le craint l'iniquité du père, id. Athal. I, 2. || 3° Qui offusque l'entendement. Fureur aveugle. Mouvement aveugle. Emportement aveugle. Ambition aveugle et effrénée. || 4° Qui agit sans discernement. La force aveugle. Le hasard, aveugle et farouche divinité, préside au cercle des joueurs, la bruy. 6. Vous les verrez soumis rapporter dans Bysance L'exemple d'une aveugle et basse obéissance, rac. Baj. i, 4. Mais me réponds-tu bien deleuraveugle zèle ? volt. Hérope, i, 4. ||6° Terme de commerce. Tapis aveugles, grands tapis de Smyrne dont le travail n'a pas bien rendu le dessin. || En anatomie, on a dit quelquefois l'intestin aveugle pour le caecum. || 6° Substantivement. Les aveugles ont le tact singulièrement exercé. Si pourtant il est permis à un aveugle de chercher son chemin à tâtons, volt, itemmius, xiv. || Aveugle-né, s. et adj. Aveugle de naissaneequi n'a jamais vu la lumière. Les aveugles-nés. Un enfant aveugle-né. Une femme aveuglenée. || Jeu des aveugles, jeu analogue au jeu d'oie. || Crier comme un aveugle qui a perdu son bâton, crier bien fort pour peu de chose. || Juger d'une chose comme un aveugle des couleurs, en jugersans y rien connaître. || Fig. C'est un aveugle qui en conduit un autre, se dit d'une personne aussi imprudente et aussi malhabile que celle qu'elle dirige. || 7° Aveugle, s. m. Un des noms vulgaires de Pangais fragile (ophidiens) dit aussi orvet, serpent aveugle et envoyé. || 8° X l'aveugl9, en aveugle, loc. adv. Sans réflexion, sans discernement. Quand

une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom, boss. Reine d'Anglet. Je marche en aveugle, sans savoir ma destinée, sév. 362. Â son mauvais destin en aveugle obéit, corn. Pomp. a, 2. Puisque après tant d'efforts ma résistance est vaine, Je me livra en aveugle au transport qui m'entraîne, rac Anitr. I, 4. Quelle ardeur inquiète Parmi vos ennemis en aveugle vous jette? id. Brit. i, 3. || Proverbes. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, c'està-dire parmi des gens ignorants ou incapables, un peu de savoir ou de capacité suffit pour procurer lit prééminence. || Troquer son cheval borgne contre un aveugle, c'est-à-dire faire un mauvais marché, empirer sa condition.

— HIST. xin* s. Si aveugle qu'il ne gardoient à Dieu n'a ses comendemenz, Psautier, i° 86. LiDieu des paiens sunt mu et avugle, ib. f° 4 47. Longis, qui de Grèce fu nés, Aveules fu, bien le savés, Vie de J. C. dans du cange, avoculatus. Li mort en sont ressuscité, li avule renluminé, ib. On ne doit laissier le [la] garde des enfans sous-aagiés ne des orfelins à nului qui seit mal renommés de vilain cas, ne à nul fol naturel, ne à nul awgle, eeaum. xv, 32. Toutes voies ne volons nous pas qu'on mete en tex offices faus [fous], ne mellix [querelleurs], ne sours, n'avegles, id. liv, 42. ||xiv« s. Nul ne doit improperer ou reprocier à un homme ce que il est aveugley, se il est tel de nature, oresme, Eth. 74. || xvi« s. Borgneest roy entre aveugles, H. est. Précell. p. 480. Il estoit à craindre que, la nuit venant à les surprendre, on ne se battrait qu'à l'aveugle, llém. s. du G. ch. 4 0. L'ignorance oste la veue do l'entendement à ceulx qui en sont entachez, tout ne plus ne moins que ne fait l'aveuglement la veuë des yeux corporelz à ceulx qui sont aveugles, amyot, Lysand. 34. Le malade demeurera aveugle de cest œil, paré, xv, 40.

— ÊTYM.Wallon, aveûle ;Tonc\ù,aveule ; bourguig. éreugle; picard, aveule, avugle, avule ; ital. avncolo, vocolo; de ab, marquant privation, et de oculus, œil (voy. ce mot) : sans œil.

AVEUGLE, ÉE (a-veu-glé, glée), part, passé. || 1* Privé de la vue. Aveuglé par un coup de feu. Aveuglé par la poussière. || 2° Fig. Aveuglé par la passion de l'or. Ah! que je crains, mes sœurs, les funestes nuages Qui de ce prince obscurcissent le» yeux; Comme il est aveuglé du culte de ses dieux! rac Esth. il, ». Ce n'est plus un vain .peuple en désordre assemblé; C'est d'un zèle fatal tout le camp aveuglé, id. Iphig. v, 3. Les cœurs si troublés Sur les vrais intérêts sont toujours aveuglés, volt. Zulime, i, 2.

AVEUGLEMENT (a-veu-gle-man), s. m. ||i° Privation de la vue. M. Cassini avait l'esprit égal, tranquille.... son aveuglement même ne lui avait rien ôté de sa gaieté ordinaire, fonten. Cassini. Il [un opéré de la cataracte] n'avait eu, pendant le temps de son aveuglement, que des idées faibles des couleurs, buff. De la vue. S'il faut souffrir, mes yeux, un si sensible outrage, Qu'on m'ôte la puissance aussi bien que l'usage, Vous aurez moins de peina en cet aveuglement, rotr. Bélis. l, 6. || Par analogie. Ce soir, lorsque la nuit; aux amants favorable, Sur les yeux des mortels répand l'aveuglement.... chaul. Au marg. de Lafare. j | 2° Fig. Trouble , égarement, obscurcissement de la raison. L'aveuglement où l'idolâtrie les avait plongés, boss. Hist. H, 7. Une partie des Juifs est tombée dans l'aveuglement, id. ib. Si une confiance insensée ne l'eût pas jetée dans l'aveuglement, id. t'6. m, 4. Dans son aveuglement pensez-vous qu'il persiste ? corn. Polij. m, 3. Puis-je ne pas vous plaindre en cet aveuglement? id. Nicom. m, 2. N'accusez point ici mon choix d'aveuglement, id. Brit. u, 3. Tel est de mon amour l'aveuglement funeste, id. Andr. n, 2. 113 ont le transport de l'ivresse , sans en avoir le trouble et l'aveuglement, fén. Tél. xix.

— REM. Des grammairiens ont dit qu'aveuglement ne se disait pas au propre, et qu'alors il fallait se servir de cécité. De bons auteurs, on l'a vu, s'en sont pourtant servis au propre; et il n'y a pa3 de raison pour ne pas les imiter.

— hist. xii* s. Par lo jor puet l'om alsi lo deleit [plaisir] delpechiet et par la nuit l'avogiement de la pense [pensée] entendre, Job, 466. || xv« s. Decougnoissance ou aveuglissement, g. chastel. Exp. s. ierilé mal prise. || xvr s. Celui qui présume d'avoir plus d'intelligence, est d'autant plus aveugle, qu'il ne recognoist pas son aveuglement, calv. Inst. 4 99. Hors de l'Eglise il ne reste que ténèbres et aveuglissement, id. ib. 207. Il effraia les Turquomans

AVE

par la prise, aveuglement et mort de leur chef, d'aub. Hist. II, 389.

— ëty.m. Aveugler,

AVEUGLÉMENT (a-veu-glé-man), adv. En aveugle. Il s'est aveuglement jeté dans le péril. N'accusons pas aveuglément le naturel des habitants de l'Ile la plus célèbre du monde, boss. Reine d'Angl. L'aine, de son dessein jusque-là possédée, S'attache aveuglément à sa première idée, corn. Cinna, III, 2. Suivons aveuglément ma triste destinée, n>. Rodog. y, t. J'accepte aveuglément cette gloire avec joie, w. Ilor. il, 3. 0 juges malheureux, qui dans nos faibles mains Tenons aveuglément le glaive et la balance, volt. Tancr. iv, 6. Il aime aveuglément sa patrie et son père, id. Brutus, II, 4. Car, puisque la fortune aveuglément dispose De tout.... Régnier, Sat. iv.

— ËTYM. Aveuglé, et le suffixe ment. (Si le mot était ancien, il serait écrit aveugléement ; voy. ment pour l'explication de cet accord.) Fontenelle a dit aveuglement: (Dans le corps humain] Le cerveau et apparemment uns très-petite partie du cerveau est tout ce qui pense, tandis que toutes les autres parties, beaucoup plus considérables par leur masse, sont privées de cette noble fonction et n'agissent qu'aveuglement , Ressorts. Aveuglement est régulièment formé de aveugle, et ment, mais il est bon qu'il ait été rejeté, à cause de la confusion avec le substantif aveuglement.

AVEUGLER (a-veu-glé), v. a. || 1* Rendre aveugle. Les empereurs de Constantinople ont fait aveugler plus d'un de leurs compétiteurs. || 2° Eblouir. Bien des choses nous aveuglent par un trop vif éclat. || 3° Fig. ôter l'usage de la raison. La superstition, qui aveugle l'esprit de l'homme. Il se laisse aveugler par l'espérance de la paix. Être aveuglé par la passion. Mes sens qu'elle aveuglait ont connu leur offense, halii. vi, 24. Reviens lavoir, grande âme, ôte-lui cette nue Dont la sombre épaisseur aveugle sa raison, id. ib. 40. Mais le sort irrité nous aveuglait tous deux. — Votre amour vous aveugle en faveur de l'ingrate, rac. Phèd. v, 3. Mais cet espoir m'anime et ne m'aveugle pas, volt. if. de Ces. i, i. Mon désespoir m'aveugle, il m'emporte trop loin, in. ilérope, il, t. Le bonheur m'aveugla; la mort m'a détrompé, id. AU. v, 7. J'ai de l'ambition, mais je sais la régler; Elle peut m'éblouir et non pas m'areugler, corn. jPomp. n, 3. || 4» Terme de marine. Boucher. La mer en baissant amena la découverte de deux voies d'eau que l'on s'efforça vainement d'aveugler avec des matelas et des couvertures. || 5° S'aveugler, u. réfl. Ne pas faire usage de sa raison. On s'aveugle en amour. Et il ne faut pas qu'on s'aveugle au point de croire.... Il ne s'aveuglait pas sur les défauts de ses amis, fléch. If. de Mont. Ne vous aveuglez point quand sa perte est visible , corn. Cinna, I, 2. Mais vous vous aveuglez au milieu du danger, id. Serlor. v, 3. Us s'aveuglaient sur l'évidence de ses prodiges, mass. Évid.

— hist. xii' s. Sire, sire, avuglez tute ceste gent, que il ne veient ne entendent quel part jes merrai [je les mènerai], Rois, 368. Deus, cum par est mainz huem pur le siècle avuglez ; N'i est amurs, ne fei, ne pais, ne charitez, Th. le mart. 4 24. || xiii* s. Las! mar acointai la bée; Trahie m'a et avvglée ! Lai du conseil. Je loeroie en droit moi , que nous envoïssions ou pape et li offrons si grant trésor que nous Paveuglissions tout, Chron. de Rains, 424. Li pors [porc], qui tant curu avoit Que trestot aveglez estoit De lasseté et de corrot, Ren. 225(0. Amors, qui te fait en li croire, Te toit ton sens et ta mémoire, Et de ton cuer les yex avugle, Et tenir te fait por avugle, la Rose, 693). Les uns de richeces avugle [la fortune], Et d'onors et de dignités, ib. 6928. Là fustes-vous menés à honte et à essil; En la crois vous pendirent li fel Juïs caitis ; Et Longins vous feri, bien estoit aveulis, D'une lance el costé dont li fer fu masis, Ch. d'Ant. v, 324. || xiv* s. Et s'a li glous Gaufrois si le monde avulé, Raud. de Seb. iv, 324. || xv" s. La convoitise de la chevance l'aveugloit [le comte de Flandre], froiss. h, n, 62. Et donnoit Gisebret Mahieu aux gens du comte grands dons et beaux joyaux, et aussi au comte, dont il l'aveugloit tout, id. ii, u, 62. || xvi' s. Après que la cupidité ne l'aveugle plus, la pénitence

vient, calvin, Instit. 201 Quand, d'une grâce

au danger aveuglée, Le gay berger au combat se bazarde, duhkll. v, 8, recto. Le Philistin de fureur aveuglé, Rouant sa masse, alloit d'ardent courage, in. v, 9, recto. Hélas! amour, le plus puissant des Dieux, Rends moy l'ouye, et m'aveugle les yeux, in. v, 40, recto. Et si mon désir n'eust aveuglé ma laison , N'estoit-ce pas assez pour rompre mon

AVI

voyage? m. vi, -10, recto. Amour est aveugle, lequel aveuglit de sorte que.... marg. Nour. iv. Folle ambition, laquelle l'avoit tant aveuglé, amyot, Cras. 62. Ceulx qui veulent à plein fond regarder le cercle mesme du soleil, ils s'aveuglent, id. De la curiosité, 7. Tout cela mis en ruine : et de sept casemattes les unes abriées, ou aveuglées, d'aub. Hist. n, 46. Le peuple de la ville aveugloit et estouffoit d'harquebusades qu'ils tiroient de tous costez de ce chasteau, id. ib. in, 4 4 8.

— étym. Aveugle; Berry , aveuiller; provenç. avogolar.

AVEUGLETTE (A L') (a-veu-glè-f) , Joe. adv. X tâtons.

— ËTYM. Aveugle; picard, à Vavuglette.

t AVICEPTOLOGIE (a-vi-sè-pto-lo-jie), t. f. Traité de l'art de prendre les oiseaux.

— ËTYM. Mot mauvais et hybride, composé de atit's, oiseau, capere, prendre, et Aoyoç, traité.

t AVICULE (a-vi-ku 1'), s. f. Nom, en français, du genre de mollusques qui renferme l'animal fournissant les deux substances connues l'une sous le nom de nacre de perle, et l'autre sous celui de perles.

— ËTYM. Avicula, petit oiseau, diminutif de avis (voy. oiseau) ; ainsi dit par une assimilation faite par les zoologistes (les anciens nommaient ce coquillage hirondelle, arundo).

AVIDE (a-vi-d'), adj. || l°Qui a de l'avidité. Une nation avide de gloire. Un esprit avide de tout savoir. || Poétiquement. Être avide de sang, de carnage, se plaire au milieu des combats. Tu n'en fis pas assez, raine de sang avide ; Il fallait joindre encor l'inceste au parricide! crébillon, Sémir. v, 4. || 2° En parlant des choses. Une avide espérance. Ils s'étonnent comment leurs mains, de sang avides, Volaient, sans y penser, à tant de parricides, corn. Ilor. i, *. Dessus l'avide espoir de quelque paraguante, Il n'est rien que leur art aveuglément ne tente, mol. l'Élour. iv, 9. Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards, rac. Bérén. I, 6. || 3° Par extension , dans le langage élevé , qui a une attention passionnée. Avide il écoutait vos paroles. Dans l'ombre, au clairde lune, à travers les buissons, Avides, nous pourrons voir à la dérobée Les satyres dansants.... v. hugo, Voix intér. vu. ||4" Absolument, qui a un grand désir de manger. Un enfant avide. || 5° Fig. Intéressé, cupide. Un homme avide. C'est une âme avide. L'on remarque, dans les cours, des hommes avides qui se revêtent de toutes les conditions pour en avoir les avantages, labruy. 8.

— ËTYM. Avidus , de avère, désirer.

AVIDEMENT (a-vi-de-man), adv. Avec avidité.

Manger avidement. L'amour avidement croit tout ce qui le flatte, rac. tlithr. m, 4. Que mon cœur, chère Ismène, écoute avidement Un discours qui peut-être a peu de fondement, id. Phèd. il, *. .... Dont l'espoir léger s'attache avidement Aux attraits captieux de mon déguisement, corn. Rodog.

— hist. xvi« s. Et de chercher avidement s'il pourroit trouver dans la Romaine [religion] quelqu'ombre de salut, d'aub. Vie, lxxxv.

— ëtym. Avide, et le suffixe ment.

AVIDITÉ (a-vi-di-té), s. f. Désir qui emporte.

Manger avec avidité. L'avidité du gain. Il lut ce livre avec avidité. [Il] Attend votre hyménée avec avidité, volt. Mérope, îv, 5. Et, sous un faux semblant de libéralité, Soûler et ma vengeance et ton avidité, corn, llédée, IV, 4. [Il] Enfle l'avidité de mes ressentiments, id. Attila, v, 4. Courir avec une folle avidité après un monde qui nous fuit, mass. Profession religieuse , sermon 4.

— HIST. xvi* s. Incontinent que la soif fut esteinte, Et de la faim l'avidité restreinte.... (note de Ronsard : l'ardeur de manger. Je ne sçache point de mot françois plus propre, encores qu'il soit mendié du latin), rons. 6(6.

— ËTYM. Aviditas, de avidus, avide.

AVILI, IE (a-vi-li, lie), part, passé. \\ 1° Rendu vil. Une fonction avilie. Est-il un homme plus avili? Si notre scène devient anglaise, nous sommes bien avilis; nous ne sommes déjà que les traducteurs de leurs romans, volt. Lett. Mlle Clairon, 4 8 oct. (760. Us dressent d'une main dans les fers avilie Ce siège de l'orgueil et de la tyrannie, volt. Ali. H, 6. Dans un sort avili noblement élevée, id. Tancr. i, 4. || 2° Décrédité. Le burlesque, si justement avili depuis, était alors fort à la mode, d'alemb. u, 46S. || 3" Déprécié. Des marchandises avilies.

AVILIR (a-vi-lir),i;. a. || 1° Rendre vil. Il avilit son rang....Tousauraientkiguél'honueurde l'avilir ;

AVI

Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir, rac Brit. i, 2. || 2° Terme de commerce. Déprécier. L'encombrement sur le marché avilit les marchandises. || 3° S'avilir, v. réfl. Se rendre méprisable. La vertu s'avilit à se justifier, volt. Œdipe, n, 4. On peut, sans s'avilir, S'abaisser sous les dieux, les craindre et les servir, volt. Sémir. u, 7. Moi, jaloux ! qu'à ce point ma fierté s'avilisse I id. Zaïre, i, 6. ij 4' Perdre sa valeur. Et qu'on ne dise pas que je répands ici de fausses terreurs, que les billets de la caisse d'escompte ne s'avilissent point, Mirabeau, Collection, Lu, p. 402. || Fig. Saint Augustin dit que ces merveilles [de l'univers] se sont avilies par leur répétition, fen. Exist. 3.

— HIST. m" s. N'avile mie par lui ses parentez, fionc. p. 4 43. Quant les vit tuz ensemble entur lui arengiez, Mult fort les esguarda; si lurdist tut iriez: Nefu mais par les suens nulz hum si avilliez, Th. le mart. 34. || xiir s. Et que Fortune ainsi ne lo face, Que les bons avile et efface, Et les mauves en honor tiengne... la Rose, 6200. Sachiés, vous vou» en avilés, Carge n'ai mieencor apris Qu'il ail vers vous de riens mespris, «6. 3272. Par quoi trop malement s'avile La maleuréo, la lasse, ib. 9086. Et aussi se les denrées sunt avillies, beaum. xliv, 24. Si ledevroit cascuns en son cuer despire et avillier, id, xi, 26. Sa vie, qui pas ne l'avilie, Distquedame fu de Teringe, ruteb. u, 457. || xv' s. Le fait d'amour est avilé; Car Pitié y est endormie, ch. d'orl. Jïond. de Vaillant. Me adville je bien, quant je te doigne [daigne] tenir ne apeler à mon escot, du cange, avillarc. || xvr» s. Que si aucuns pensent que la reprise de leurs mestiers délaissez les avilisse, qu'ils aillent servir les gentils-hommes, lanoue, 185. Voyant la chose ainsi avilée, moquée et deshonorée, amyot, Arisl. 4 8. Maudissant ceulx qui les premiers s'estoient ainsi abbaissez et avilez que d'aller faire la cour aux barbares, id. Lys. 40. Dont la débite est d'autant plus avilée, que moins l'on tire d'argent des choses légères que des pesantes se vendans au poids, o. de serres, 684.

— ËTYM. À et vil; provenç. avilir, avilsir, aveusir, avilar; espagn. avilar; ital. avvilire, avvilare. L'ancien français n'avait que aviller; c'est au xvi" siècle que avilir entre en usage.

AVILISSANT, ANTE (a-vi-li-san, san-t'), adj. Qui avilit. Acte avilissant. Conduite avilissante. 0 de la servitude effets avilissants, volt. Scythes, i, 3. As-tu vu sa froideur altière, avilissante? id. Tancr. iv, 5. L'insolence absurde et avilissante avec laquelle on affecte encore de ne pas distinguer le théâtre de la foire du théâtre de Corneille, id. Lett. d'Argental, 2) juin, 4761.

AVILISSEMENT (a-vi-li-se-man) , s. m. 1 1 1° État de ce qui est avili, dégradé. Sans avilissement, à tout elle s'abaisse, volt. Scythes, i, 4. Je vous supplie instamment de vous joindre à moi pour empêcher l'avilissement le plus odieux qui puisse déshonorer la scène française et achever notre décadence, volt. Lett. Mlle Clairon, 4 8oct. 4 760. Les belles-lettres sont dans un étrange avilissement à Paris, id. Lettr. Damilaville, 30 mars 4 764. Vos places rappellent sans cesse les avilissements qui les ont méritées, mass. Pet. Car. Tenu des grands. || 2* Etat de dépréciation des marchandises, des denrées.

— HIST. mi* s. Vous faites mal, se Diex me saut [sauve], Qu'il bée à vostre avilement, la Rose, 2944. Ce seroit grant reproche et grant avillcment, Hugues Capet, fol. 4 6, dans raynouard. || xvi* s. La désobéissance aux magistrats, l'avilissement des lettres et sciences, lanoue, 56.

— ËTYM. Avilir; provenç. avilament, anveliam en.

f AVILLON(a-vi-llon, Il mouillées), s. m. Terme de fauconnerie. Doigt de derrière d'un oiseau de proie.

— ëtym. Autre forme de aiguillon, qui s'est écrit aussi awillon.

t AVILLONNER (a-vi-llo-né, U mouillées), v. a. Terme de fauconnerie. Attaquer avec les serres de derrière.

— ËTYM. Avillon.

AVINÉ, ÉE (a-vi-né, née), part, passé. Imbibé devin. Tonneau aviné, futailles avinées. || Fig. Être aviné, être dans l'ivresse. Avoir les jambes avinées, chanceler par suite d'ivresse. Pas mal, en vérité; vos jambes seulement un peu plus avinées, beaumarch. Barbier, i, 4.

AVINER (a-vi-né), v. a. Imbiber de vin. Avinei une cuve, un tonneau.

— HIST. xui# s. Qui de bon vin fort les aviné, Partonop. de Blois, 7304. Quant la teste est bien avinée, Au feu, deleiz la cheminée, Sinoz croizons

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[nous nous croisons, allons à la croisade] do plain tslaiz, rl'teb. «i. || xv s. Je suis né bas-normand; mais ma bouche avinée Dit estre d'Orléans, basseus, xxviii. || xvi" s. À bon droit le ciel a donné X l'homme qui n'est aviné, Tousjours quelque fortune dure, bons. 558.

— ÉTYM. A et vin.

t AVIR (a-vir), v. a. Rabattre les bords d'une pièce de ferblanterie pour assembler.

ÉTYM. Origine douteuse, comme celle de beaucoup de termes de métier, pour lesquels il n'y a pas d'historique. Pourtanton peut proposer l'ancien français haver, tirer à soi, havet, crochet (de l'ancien haut-allemand habên, tenir, saisir, d'après Diez); l'h se serait perdue, comme dans plusieurs mots.

t AVTRAISOIÏ (a-vi-rè-zon), s. f. Détour de l'eau dans les salines.

— ÊTYM. À et virer.

AVIRON (a-vi-ron), s. m. || 1* Rame. Le voyageur.... Arrêtant l'aviron dans la main de son guide, A. chênier, 206. René repoussant le rivage avec un aviron est entraîné par le cours du fleuve, chateaub. Natch.n, 188. || 2" Terme de boucherie. Pelle do bois pour remuer les graisses dans la chaudière.

— HIST. xir s. Or le [mon cœur] doinst Diex à droit port arriver. Car il s'est mis en mer sans aviron, Couci, x. || xin* s. 11 est entré en son batelOù il avoit maint aviron ; Ses avironeurs environ [il] Apele.... Bl. et Jehan, 3871. Il sembloit que la galie volast, par les nageurs qui la contreingnoieut ans avirons, joinv. 2(6. || xv*s. Maisjetreuve, le plus des mois [laplupartdu temps], L'eaue de Fortune si quoye.... Que, s'avirons d'Espoir n'avoye, Souvent en chemin demourroye, en. d'orl. Bal. 141. Tu veulz nagier sans aviron, Mart. de saint Etienne. || xvi* s. Semblables aux tireurs d'aviron qui tirent et tendent au port luy tournant le dos, charron, Sagesse, I, SI.

— êtym. A et «Von (voy. virer), l'instrument qu'on vire, qu'on tourne. Grandgagnage, trouvant, dans le wallon, nariron, navuron, est porté à croire que naviron vient de naître, et est le thème de aviron, qui en serait une altération. Mais aviron est trop ancien dans la langue pour permettre cette explication. Ft'ron est un mot usité dans l'ancienne langue et qui se trouve dans en-viron.

f AVIRONNERIE (a-vi-ro-ne-rie), s. f. Terme de marine. Atelier dans lequel on fait les avirons.

— ÉTYM. Aviron.

1 . AVIS (a-vî ; l's se lie devant une voyelle ou une h muette : un avis important, dites : un avi-z-important), s. m. || 1" Manière de voir, opinion. Ils étaient d'avis différents, fên. Tél. v. Volonne dit son avis comme un autre, sév. loi. Vous êtes seule de votre avis, id. 2)5. Aristote est de l'avis du père Beauny.PAseProu. 4. Ils sont de contraires avis, id. ib, 5. Chacun a son avis, corn. Pomp. i, l. Je voulais bien que notre bon ***.... choisit ce genre d'érrire, où, à mon avis, il réussirait parfaitement, balz. lit. vi, lett. 4. Cependant les avis ne sont point partagés ; tout le mondetientqu'il y a eu quelque chose de surnaturel dans les oracles, font. Orael, I*" dissertation. ||I1 lui est avis, il pense. Il lui fut avis que le diable.... la font. Ann. || Familièrement, M'est avis. M'est avis que cet enchaînement de sottises et d'atrocités qu'on appelle histoire ne mérite guère l'attention des hommes sensés, p. l. cour. Mt. i, (45. || 2° Opinion dans une délibération. Ouvrir un avis dans le sénat. Les avis des membres de la commission furent unanimes. || Avis du conseil d'État, opinion du conseil d'État en interprétation d'un règlement. || Avis de parents, délibération d'un conseil de famille. || Avis de médecins, consultation de plusieurs médecins. || 3° Vote, dans une assemblée. Donner son avis. Recueillir les avis. || 4° Conseil. Donner des avis. S'il veut suivre vos avis. Recevoir très-mal les avis. Elle donnera dans un jour cent avis, et dans toute une année elle n'en voudra pas recevoir un seul, bourd. Pensées, t. i, 432. Mais je ne veux d'avis que d'un cœur tout à moi, corn. Héracl. n, 7. De cet hymen tes amis indignés Vengeront sur ton sang leurs avis dédaignés, m. Pomp. v, 4. De Maxime et de toi j'ai pris les seuls avis, id. Cinna, v, 4. Un salutaire avis agit avec lenteur, id. Othon, v, 2. La nuit porte avis, m. le Ment, m, 6. Il prend l'avis du reste de la famille, fén. Tél. vm. Phèdre, dans ce palais tremblante pour son fils, De ses amis troublés demande les avis, rac. Phèd. n, I. Je ne prends avis que de ma passion, mol. V. Gare, iv, 7. || Donneur d'avis, homme qui a la manie de don-

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ner des conseils sans qu'on lui en demande. || Donneur d'avis se disait particulièrement autrefois de celui qui proposait un moyen pour faire venir de l'argent dans les coffres du roi. Enfin c'est un avis d'un gain inconcevable, Et que du premier mot on trouverait faisable, mol. Fdch. ni, 3. || Familièrement. Sauf meilleur avis; si l'on ne conseille rien de mieux. || 5" Parti qu'on prend. Le meilleur avis qui me reste, C'est de me séparer de toi, malh. v, 5. Et je suivrai l'avis que vous prendrez pour moi, corn. Sertor. rv, 3. || Peu usité en ce sens. || 6° Avertissement. Il ne faut pas que le vieillard néglige les avis que la nature lui donne. Je reçois vingt avis qui meglacentd'effroi,BOiL. ÉpU. vi. Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis Qui te disposât à la chose : J'aurais trouvé ton testament tout fait, la font. Fabl. vm, I. Les Dieux qui m'inspiraient et que j'ai mal suivis, M'ont fait taire troisfoispardesecretsavis, nAC.Mithr. iv, 2. || Avisau lecteur, préface d'un livre ; et figurément, conseil ou reproche adressé d'une manière générale et indirecte. Français, ce trait s'appelle un avis au lecteur, andrieux, Procès du sénat deCapoue. || Terme de commerce. Avertissement par écrit à celui qui doit payerunelettredechange.de la création de cette lettre, ou Lettre d'avis, lettre missive qui contient cet avertissement. || 7° Information, nouvelle. Par un avis secret. Sur l'avis de nos correspondants. Il vint au gouverneur de sûrs avis sur les projets de l'ennemi. Quel coup de foudre, ô ciel ! et quel funeste avis! rac. Phèdr. iv, 6. Je vous en donne avis, de peur d'une surprise, corn. Cinna, i, 4. Sans m'en donner avis, mol. Fest. i, 3. Pour te donner avis d'un secret important, id. l'Étour. m, «. Nous donner avis de ce rare bonheur, id. D. Gare, ni, 3. Ayant eu avis qu'elle s'en allait, sév. 12. || Proverbes. Il y a jour d'avis; c'est-à-dire rien ne presse. || Autant de têtes, autant d'avis ; chacun a sa manière de voir. — HIST. xii' s. Dont m'ert avis [il m'était avis] quej'ere [étais] en un moustier, Ronc. p. 164. Vostre clairs vis, qui sembloit fleur de lis, Est si aies ore de mal en pis Qu'il m'est avis que me soiez emblée, quesnes, Romancero, p. 108. Moût firent grant folie li mes [messagers], ce m'est avis, Quant tel chose apportèrent à nous en cest pays, Sax. xxvi. || xin* s. Avis m'est qu'il afiere Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, Berte, ni. Por lui morrai, au mien avis, Qu'il n'en istra [sortira], ce croi, jà vis [vivant], la Rose, 4)35. Il m'est avis et as autres aussi , que tex coustumes sont bones et pourfitables à escrire et à registrer, beaum. 14. || xiv's. Je ai donné et doin à mon filz, pour le avis et pour l'assignementdeson mariage, toute la terre, ducange, avisum. Ne scevent li aucuns prendre certain avis De rendre la cité; moult y furent pensis : Li uns s'y assentoit et li autres envis, Guescl. 15235. Ceux de Cambray se defendoient vassalement et par grant avis, froiss. i, i, 83. Là estoient ces archers d'Angleterre habiles et légers et qui traioient par art et par avis, et de tel ravine que grand laideur estoit à regarder, id. i, i, 306. Le duc de Normandie respondit à la première fois qu'il en aurait avis [qu'il prendrait avis de son conseil], id. i, i, 118. Si firent les chevaliers de Hainaut et leur conseil plusieurs bonnes ordonnances, par grand avis, pour eux mieux garder et défendre, id. i, i, 3t. Et s'avisa que.... et ainsi qu'il jeta son avis, il le fit, et ferit son cheval des espérons, id. i, i, 140. Et ordonnèrent [capitaines, ceux de Gand] quatre, à leurs avis, les plus oultrageux, hardis et entreprenants de tous les autres, id. ii, h, 67. Quant Jeunesse vit que point ne parloye, Car tout advis et sens perdu avoye, Pour moi parla.... ch. d'orl. i. || xvi* s. Laquelle [cause du Christ] aujourd'hui est en telle manière du tout deschirée et foulée en vostre royaume, qu'elle semble, advis, désespérée, calv. Inslit. Dédie. Les noms de Michel et Gabriel, qui sont en l'Escriture, et le nom de Raphaël qui est en l'histoire de Thobie, semblent, avis, par la signification qu'ils emportent, avoir esté imposez aux anges à cause de nostre infirmité, id. ib. 108. Je seroye d'advis qu'on evitast tous vocables esquels il y a quelque absurdité, id. t'6. 186. Il m'a semblé advis bon de faire un traité particulier pour mieux discuter ceste matière, id. ib. 323. 0 monde heureux! il m'est advis que je y suys,RAB. Pant. ni , 4. Par ce voyez que Dieu grant advis eust Envers les dames premier qu'en croix mourut, j. marot, v, 297. Estre d'advis qu'on fasse, mont, i, 16. Comme Lamachus fust d'advis que d'arrivée on allast droit devant Syracuse, amyot, Nicias, 25. Il se laissa aller à la renverse sur le lict, ou il estoit à table, comme ne prenant plus d'advis à ce qu'ilz

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fàisoient et disoient, id. Sertor. 40. Incontinent aprè*., ayant changé d'advis, il en sceut fort mauvais gré à Eumenes, id. Eumènes, 3.

— ÉTYM. Bourguig. aivi; Berry, évis; provenç. avis; espagn. aviso; ital. avviso ; de d et de « s (voy. vis, s. m.) devisum, vu : mot à mot ce qui est vu, ce qui semble.

■f 2. AVIS (a-vis'). Chevalier d'avis, ordre militaire de Portugal, fondé en 1162 pour repousser les infidèles. Ces chevaliers embrassèrent la règle de Clteaux; ils en portaient l'habit blanc, et leurs armes étaient d'or à la croix fleurdelisée de sinople accompagnée en pointe de deux oiseaux affrontés de sable.

— ÊTYM. Avis, oiseau, à cause que deux oiseaux furent aperçus sur le lieu où l'établissement se fonda.

AVISÉ, ÉE (a-vi-zè, zée), part, passé. || 1* Aperçu. Le cerf avisé par le maître dans l'étable où il s'était blotti. || 2* Imaginé. [Le chat] Blanchit sa robe et s'enfarine....Se niche et se blottit dans une huche ouverte; Ce fut à lui bien avisé, la font. Fab.iu, 18. || 3° Adj. Qui fait attention à, qui agit avec intelligence. Hélas! que nous savons peu ce que nous faisons, quand nous ne laissons pas au ciel le soin des choses qu'il nous faut, quand nous voulons être plus avisés que lui, mol. le Festin, îv, 6. Maxime, en voilà trop pour un homme avisé, corn. Cinna, iv, 5. Les bons esprits Qui savent, avisés, avecque différence, Séparer le vrai bien du fard de l'apparence, Régnier, Sat. v. || C'est un malavisé (voy. malavisé).

— HIST. xtv* s. [Il] A quis un garçon aviset, Roman du chast. de Couci, 2941. || xv* s. Et aussi messagers sages et avisés et bien idoines et taillé» de faire ce message, froiss. i, i, ii. || xvi" s. En est il devenu meilleur ou plus advisé? mont.

t AVISEMENT (a-vi-ze-man) , s. m. Acte d'une personne avisée. Ils [les magistrats] n'eurent le temps ni Pavisement de faire réflexion qu'il eût été de la bienséance de.... st-sim. 300, 127. Tous les aviscv ments les moins prévus coulent de source chez lui [le duc de Noailles], pour qui il veut capter, id. 317, 139.

— HIST. xin* s. Et qu'on lor a fête aucune demande de le [la] quele il ne sont pas bien avisé; s'il demandent jor d'avisement, il le doivent avoir, beaum. IX, 13. Il xiv* s. Et en vérité les cerfs donnent moult d'advisement à ceulx qui en bois vont, Modus, f. xn, verso. || xv*s. Surceprenez avisement Quand devant elle vous vendrez, ch. d'orl. Chans. 29. Et après fut montré par le dit chancelier d'Aquitaine un petit avisement, lequel le dit frère Jacques Petit avoit fait sur le gouvernement de ce royaume, monstrel. i, 97. Afin qu'il eust mémoire et remembrance du second avisement que son père jadis lui bailla, louis xi , Nouv. 62. || xvi* s. Pense elle pas que nous ayons l'advisement de remarquer que....? mont, ii, 327. Je remarquay combien il montrait d'advisement et de resolution, id. rv, 3. Qu'il n'y en ait pas un qui ait l'advisement et la hardiesse de leur dire.... la boêtie, 74.

— ÊTYM. Aviser; provenç. avisament, avisamen; espagn. arisiamento; ital. awisamento.

AVISER (a-vi-zé), ». a. || 1" Familièrement, apercevoir. Je l'avisai dans la foule. Si pour mon infortune il ne m'eûtavisé, mol. Fdch. i . Furieuse elle approche, et le loup qui l'avise.... Régnier, Sat. m. Le roi, après avoir parlé à quelques-uns, avise enfin ce chapeau gris , st-sim. 60 , 8. Quand notre hôte charmé m'avisant sur ce point.... boil. Sat. m. || Terme de chasse. Aviser le gibier, l'apercevoir. || 2* Donner avis. Va le faire aviser que je suis ici, mol. laPrinc. m, 3. De ta femme il fallut moi-même t'aviser, id. Amph. H, 3. Le prince de Conti et M. de Luxembourg avisèrent Clermont de s'attacher à laChoin, et de paraître vouloir l'épouser, st-sim. 24, 18. || 3* Terme de commerce. Aviser quelqu'un, lui adresser une lettre d'avis. j| Commander quelque chose par lettre à son correspondant.... || 4* V. n. Faire réflexion, prendre garde à , pourvoir à. Aviser à un moyen. Avisez à ce que vous devez faire. Nous aviserons. On avisa à ce qu'il fût bien logé. Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire De me l'avoir promis et vous rire de moi, malh. v, 29. Or avisons aux lieux qu'il vous faut habiter, la font. Fab. ni, 8. C'est à moi de choisir, c'est à vous d'aviser  quel choix vos conseils me doivent disposer, corn. Pomp. i, I. Une seconde fois avisez, s'il vous plaît, À traiter Laodiceen reine comme elle est, id. Nicomède, ii, 3. Je vais consulter un avocat et aviser des biais que j'ai à prendre, mol. Scapin, u, 1. 1| Imaginer. Qui vous a fait aviser de

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ce tourTLA font. Conf. Sans aller de surcroît aviser sottement De se faire un chagrin qui n'a nul fondement, mol. Coc. imag. 4 3. Certains impertinents de laquais qui viennent provoquer les gens et les faire aviserde boire lorsqu'on n'y songe pas, id. l'Av. 11,2. || 5° S'aviser, d. réfl. S'imaginerde, remarquer, trouver. S'aviser d'un expédient, d'un stratagème. Si je ne m'étais avisé plus tût d'écrire. Personne ne s'avise, de lui-même, du mérited'autrui,LABnuY.2. Il nes'avisait guère de ce qui pouvait faire plaisir aux autres, Fén. Tél. xvi. Je me suis avisé trop tard que c'est demain StRemy, boss. Lett. abb. 92. Avez-vous remarqué ce commencement oh! oh! voilà qui est extraordinaire, oh ! oh! comme un homme qui s'avise tout d'un coup, mol. Les ■prie. rid. 40. Mais je m'avise [je fais réflexion] , id. Sgan. 5. J'ai ajouté nonseulement tous les ornements dont j'ai pu m'aviser, mais encore.... fonten. i, Oracl. Préface. 11 y avait un homme qui depuis six jours étaitàl'agonie, on ne savait plus que lui ordonner, et tous les remèdes ne faisaient rien; on s'avisa à la fin de lui donner de l'émétique, mol. le Fest. ni, 4 . Tu ne t'étais jamais avisé de lui faire le moindre petit présent, hamjlt. Gramm. 4. Le monarque des dieux s'avisa, pour bien faire.... la font. Fab. II, 8. Laisse-les venir; je te les sacrifierai de la plus cruelle manière dont jamaisl'emme se soitavisée, id. Psyché, liv. i, p. 64. || 6° Avoir l'audace, la témérité de. Si vous vous avisez de mal parler de moi, vous vous en repentirez. Je voudrais que quelqu'un s'avisât de vous donner des coups de bâton, vous verriez de quelle manière....mol. leFesl.iv, 4. Jouez ces pièces à Nankin; mais ne vous avisez pas de les représenter aujourd'hui à Paris ou à Florence, volt. Lett. à l'Acad. franc. Vous vous êtes avisés de l'attaquer sans qu'on s'en aperçoive, pasc. Prov. 47. Hors vous et moi, monsieur, je ne crois pas que personne s'avise de courir maintenant les rues, mol. Sicilien, se. 3. Voir sa vie, son repos et ses biens dépendre du premier téméraire qui s'avisera de.... id. le Festin, m, 6. Bon! voilà ce qu'il nous faut, qu'un compliment de créancier ! De quoi s'avise-t-il de nous venir demander de l'argent, et que ne lui disais-tu que monsieur n'y est pas? id. t'6. iv, 2. || Proverbes. Un fou avise bien un sage, c'est-àdire, un bon conseil peut venir d'où on ne l'attend pas. || Un verre de vin avise bien un homme, c'està-dire l'excitation que donne un coup de vin ne nuit pas. || On ne s'avise jamais de tout.

— HEM. Dans aviser, le sens d'apercevoir est le plus ancien , mais il est devenu familier. Les puristes du xvir» siècle le condamnaient ; toutefois il a survécu , et heureusement, car c'est un des jolis mots de notre langue.

— HIST. ni" s. Sire reis, fait li il, forment ai désiré Que une feiz vus eusse veu e avisé, Et que jo bûche à bûche eusse à vus parlé, Th. le mart. 77. Sur sun cute [coude] à un moine li sainz huem s'aspuia, En sun séant s'assist; les baruns avisa, Mais mult pitusement les quatre reguarda, ib. 4 39. || xiii* s. Pour regarder quel famé [ils] lui pourront aviser, Berte, m. Fille, ce dist la vieille, savez où je m'avise? ib. lxxvi. Moût lui plut li pals, quant ele l'ot avisé, ib. lxxxi. Dame, ce dist la vieille, bien estes avisée, ib. xvi. Quant uns renduz [moinefl s'est apuiez, Qui delez le puis s'est couchiez, Si prent dedenz à regarder, Et Ysengrin à aviser [apercevoir] , Ren. 6942. Quant longement l'ot avisé, Sor la teste giete le cop, t'6. 46227. Entre ces boutons en eslui [j'en élus ] Ung si très bel qu'envers celui Nus des autres riens ne prisié, Puis que ge l'oi bien avisié, la Rose, 4666. Li baillis doit si justement ouvrer en son office que nule des parties qui ont devant lui àpledier, ne soient avisées par li, beaum. 34. Je me suis avisé que, se je demeure, jen'i voy point de péril que mon royaume se perde, joinv. 257. Le ferrais [tapissier] s'avisa que le soudanc venoit tous jours jouer aus eschez après relevée, sus les nates qui estoient au piez de son lit, id. 2)3. || xiv s. Or escoutez pour Dieu de quoi il s'avisa, Guescl. <9435. À ces fais-ci se doit toute gent aviser; Car si tost que fortune veult sa roe tourner, Cellui qui est dessus fait dessous avaler, ib. 4 54 63. Il vente dun froit vent qui à hausser s'est pris; N'est homme qui durast, ne cheval ne roncins; Avisezvous, Bertran, chevalier et amis, Attendons à demain que jours soit esclarcis, t'6. •18235. Or s'en va Bauduins li preus et li sénés; Se li contes l'atent, il est mal avisés, Baud. de Seb. vi, 724. Or oies dont la hele, seignour, s'est avisée, t'6. Il, 3(8. || xv" s. Et avoient avisé une ville assez près de là , fboiss. i, i, 86. Là s'avisa la dame [résolut] qu'elle se partiroit tout coyement et vuideroit le royaume d'An-

gleterre, in. i, i, «. Et ainsi le vint-il dire de nuit à la roine d'Angleterre, et l'avisa du péril où elle estoit, id. i, i, 4 2. Et avoient entente de prendre terre à un port qu'ils avoient avisé; mais ils ne purent, id. i, i, 48. Et un point que j'avise, C'est qu'entre touz court voix et renommée De pis avoir pour le peuple et l'Eglise, E. desch. Souffrance du peuple. Et fut advisé que leurs gens ne viendraient plus avant, comm. i, 8. Le roy [Louis XI] en venant à Peronne, il ne s'estoit point advisé qu'il avoit envoyé deux ambassadeurs, id. ii, 7. Et les vins les meilleurs dont se peult adviser, id. iv, 9. Incontinent que le roy sceut l'allée dudit connestable, il advisa d'y donner remède, id. iv. 42. Prince, tant vit fol qu'il s'advise, villon, Ballade. || xvr* s. Alexandre advisa que la fureur du cheval ne venoyt que de frayeur qu'il prenoyt à son umbre, bab. Garg. i, 4 4. Ponocrates advisoyt quelque jour bien serain et ils faisoyent la plus grande chiere dont ilz se povoyent adviser, id. t'6. i, 24. Gargantua fut advisé par Eudemon que, dedans le chasteau, estoyt quelque reste des ennemyz, id. t'6. i, 34. Adviser pour le mieulx, mont, i, 48. Les Lacedemoniens s'adviserent de s'escarter pour.... id. i, 49. J'advisay d'en tirer quelque usage, id. i, 96. J'en suis utilement advisé [averti] par ce récit, id. i, 402. En est il devenu meilleur ou plus advisé? id. i, 42. Pourveu que tout d'un train ils advisassent d'establir quelque homme de bien en la place du condamné, id. iv, 83. Les lourdauts n'advisoient pas qu'ils ne faisoient que recouvrer une partie du leur, la boétie, 53. Et aussi pourtant qu'elle soit chaste, si est-il besoing qu'elle s'advise d'estre gracieuse et courtoise, id. 295. Roger elle croit qu'elle advisé, Et tout à coup son œil moite s'esgaye ; Si d'un cheval ou d'un laquet s'advise , C'est un message : ainsi elle se paye , id. 486. Par tous les moyens dont ilz se pouvoient adviser, amyot, Lyc. 38. Ce fut la femme du roy, qui l'advisa de ceste manière de supplier, id. Thém. 46. Advisez ce que vous avez à faire pour vostre salut et seureté, id. Fab. 7. Lors il advisa ceulx qui estoient en embusche, de la venue de Marcellus, id. Marcel. 49.

— ÊTYM. À et viser; picard, awisier et adviser, regarder; provenç. avisar, avizar; espagn. avisar; ital. avvisare.

AVISO (a-vi-zo), s. m. Petit navire qu'on envoie à la découverte de l'ennemi, ou qu'on emploie à porter des ordres, des avis, des nouvelles. Les avisos.

— ÊTYM. Espagn. embarcacion de aviso; ital. avviso, qui signifie avis et qui est le même mot qu'avis. Au xvir» siècle cette espèce de bateau avait le nom de barque d'avis.

t AVISSURE (a-vi-su-r') ou AVISTJRE (a-vi-zu-r') , ». f. Bord rabattu d'une pièce de ferblanterie.

— ÉTYM. Avir.

AVITAILLÉ, ÊE (a-vi-tà-llè, liée, Il mouillées), part, passé. Pourvu de vivres. Une ville avitaillée pour un long siège.

AV1TAILLEMENT (a-vi-tâ-lle-man , Il mouillées, et non a-vi-ta-ye-man), s. m. Approvisionnement de vivres et de munitions.

— hist. xv s. Et que ravitaillement ne sauroit estre si grand qu'avant que la moitié de l'hyver fust passée, ils ne fussent aussi à destroit, comme ils estoient lors, comm. v, 8. || xvi* s. Ils firent escrire à Ouarti qui leur demandoit des avitaillemens, d'aub. Hist. il, 33. Il marcha pour sa première diligence à ravitaillement du Mas de Verdun, id. t'6. n, 460.

— Étym. Avitailler.

AVITAILLER (a-vi-tâ-llé , II mouillées, et non a-vi-ta-yé), v. a. Pourvoir de vivres et de munitions une place forte, un vaisseau en partance. || S'avitailler, v. réfl. Se pourvoir de vivres.

— HIST. xv* s. Etconvenoit les François sur le pays chevaucher douze ou quinze lieues pour avitailler l'ost,FROlss. ii,h, 9. Avitaillé l'ay de Confort, Contre Dangier et sa puissance, ch. d'ohl. Bal. 49. Sitost que les Allemans auraient. avitaillé Nancy, ils s'en yroient, comm. v, 8. || xvi* s. 45000 hommes d'armes, etc. le tout souldoyé et avitaillé pour six moys et quatre jours, bab. Garg. i, 47. Il s'en venoit, avec son armée , avitailler Carignan, carl. i, 44, Douze navires equippées et avitaillées à la raison,

M. nu BELL. 4 74.

— ÊTYM. À et vitaille, aujourd'hui victuaille (voy. ce mot).

t AVIVAGE (a-vi-va-j'), s. m. Terme de métiers. Action d'aviver. || Opération par laquelle on enlève au coton teint à la garance sa teinte brune et sombre. || En termes de miroitier, première façon de la feuille d'étain , qu'on frotte de mercure.

AVIVÉ, ÉE (a-vi-vé, vée), part, passé. Rendu

vif. Le feu avivé. La passion avivée par les obstacles.

AVIVER (a-vi-vé), v. a. || 1° Rendre vif, donner de la vivacité. Aviver un tableau, une couleur, une statue. Le vent avive lefeu. || Fig. Lamarche a quelque chose qui avive mes idées, J. i. nouss. Conf. iv. |l 2° Terme d'arts. Aviver une figure de bronze, la nettoyer, pour la rendre plus propre à la dorure. || Aviver l'or, l'étendre, après qu'il a été amalgamé avec le vif-argent. || 3" Couper le bois à vive arête. Il 4° Blanchir avec de l'étain la surface du plomb que l'on veut souder. || 5° S'aviver, e. réfl. Devenir vif. Une couleur qui s'avive. Sa douleur s'aviva.

— HIST. xni' s. Et saches que du regarder Feras ton cuer frire et larder, Et tout adès en regardant Aviveras le feu ardant, la Rose, 2356. Et douter ne se doivent des prelas qui or vivent, S'en meurs ou en science autrement ne s'avivent ,i. de medng. Test. 688. Vinrent de bon poivre avivé Et jelines et cos sauvaiges,Fo6Waui, édit. barbaz. t.iv.p. 88.Voiezla malice du monde , Comment tousjcurs croist et avive, Bestiaire dans du cange, avivare. || xiV s. Car mes voloirs à ce s'avive, Ne dou faire ne seray jà lassez, Tant qu'en ce mond vous plaira que je vive , machault, p. 4. Quant il ha servi longuement Et obeï desiramment, Jà soit ce qu'en bonespoir vive, Adès désirs en lui s'avive, id. p. 29. || xv* s. L'amoureux lien, lequel n'empesche mie un à poursuivir le noble exercice des armes, ainçois est ce qui plus fait es jeunes cœurs aviver et croistre le désir de l'honnorable poursuite chevalereuse , Bouciq. l , ch. 7.

|| rvr s Puis eslargie [la flamme] aviva sa pas-

ture Des pins gommeux qui sont secs de nature,

— ÊTYM. A et vif; provenç. avivar, avidar; espagn. avivar; ital. avivare.

AVIVES (a-vi-v'), s.f.plur. Terme de vétérinaire. || 1° Engorgement des glandes parotides chez le cheval. || 2° Ces glandes mêmes. || Battre les avives, opération barbare des empiriques, qui consistait à contondre la parotide malade, afin d'en obtenir la guérison. || Proverbe. Si vous ne lui donnez cela, il en aura les avives, c'est-à-dire il désire fort cela.

— hist. xiv s. Quant cheval a vives, Ménagier, il, 3. || xvi' s. Puis lui mit une langue de serpent dans l'oreille , afin que le cheval , par un tremblement continuel , semblast avoir les avives , y ver, p. 642. Le plus asseuré remède, est d'arracher les avives avec la lancette, ce que fait l'expert mareschal, o. de serres, 983. Avés vous point ouy qu'on sceut charmer ung cheval des avyves? palsgr. p. 481.

— ÊTYM. Espagn. adivat, avivas, de l'arabe ad- .dziba, ad-diba, sorte de mal de gorge chez le cheval (dozy).

t AVIVOIR (a-vi-voir) , s. m. Terme de dorev\r. Instrument qui sert à aviver, à étaler l'amalgama de l'or.

— ÊTYM. Aviver.

AVOCASSER (a-vo-ka-sé), v. n. Faire, dans la médiocrité et l'obscurité, la profession d'avocat. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xiv s. Que l'advocat qui plaidera pour sa partie la plaide seulement par sa bouche, puis que il aura commencé à plaider, sans que nul autre advocat estant avec lui en la cause en puisse parler ne advocasser, Ord. des rois de France, t. n, p. 8. || xvi* s. Il avoit accoustumé de s'en aller de grand matin aux petites villes d'alenviron advocasseret plaider pour ceulx qui s'adressoient à luy, amyot, Caton, 6.

— ÊTYM. Avocat. Dans l'ancien français, avocasser n'avait aucun sens défavorable.

t AVOCASSERIE (a-vo-ka-se-rie) , ». f. Terme familier. || 1° Par dénigrement, la profession d'avocat. || 2" Mauvaise chicane.

— ÊTYM. Avocasser.

+ AVOCASSIER, IËRE (a-vc-ka-ssié, ssiê-r'), ad]. Se prend en mauvaise part. Qui concerne les mauvais avocats. La gent avocassière.

— ÊTYM. Avocasser.

AVOCAT (a-vo-ka; le ( se lie dans le parler soutenu : un avocat habile, dites : a-vo-ka-t-habile ; au pluriel, 1'* se lie: des avocats habiles, dites : a-voka-z-habiles; avocats rime avec fracas, appas), ». m. || 1" Celui dont la profession est de plaider en justice. Un avocat savant et estimé est certainement au-dessus de ceux qui ont acheté pour un peu d'argent le droit d'être injustes; un tel avocat serait un excellent conseiller ; mais où est le conseiller qui serait un bon avocat? volt. Lett. Lavaisse, 4 juillet, 4762. La fonction de l'avocat est pénible, laborieuse, et suppose dans celui qui l'exerce un

AVO

AVO

AVO

riche fonds et de grandes ressources, labruy. 4 5. || Avocat plaidant, celui qui s'occupe particulièrement de plaidoiries. || Avocat consultant, celui qui donne des conseils dans son cabinet, et des avis écrits sur les affaires litigieuses. || Avocat du roi, avocat de la république, avocat impérial, qualification que, dans l'usage des tribunaux, on donne, à l'audience seulement, aux substituts du procureur du roi ou du procureur impérial. || Avocat général, avant (780, membre du ministère public près des cours supérieures qui portait la parole ; on disait le procureur général a la plume, l'avocat général a la plaidoirie. Depuis (8(0, titre des substituts du procureur général près la cour de cassation, ou de certains substituts des procureurs généraux près les cours impériales, et donné dans l'usage àtousles substituts du procureur général lorsqu'ils siègent, lorsqu'on leur parle ou lorsqu'on parle d'eux. Les avocats généraux sont hiérarchiquement supérieurs aux simples substituts; mais les fonctions sont les mêmes. || 2° Fig. Intercesseur. Il ne faut pas se faire l'avocat de l'injustice. lia fini par être l'avocat bavard de lasuperstition, volt. iettr. Damiiaville, 8 nov. 1762. Ils n'étaient que desavocats subtils et véhéments de la plusmauvaisede toutes les causes, id. Leur. Mme du Défiant, mars 1765. || 3° L'avocat du diable, celui qui proposeles objections dansune conférence religieuse, et, en général, celui qui défend unechose peu digne d'être défendue. || Avocat de Ponce Pilate, avocat sans causes, à cause des paroles de Ponce-Pilate : non inventa causam. || Jeu de l'avocat, jeu de société en dialogue.

— HIST. xii* s. [Un roi] Dulz, charitables e gentils, Juz [juste], avocaz de sainte Eglise, benoît, h, (658. La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, Et la reisgne del frein tint en la main senestre ; Fait out sun avocat de Jesu-Crist sun mestre, Th. le mart. 38. || xm* s. Et bien saciés de voir que li doi meillour avocat de la court [de Rome] par qui tous esploiterés plustost de vostre besoigne aciever, c'est ors et argens, Chr. de Rains, 244. Mes s'il sunt advocat por eus En la cause as fins amoreus, la Rose, (9575. Et cil qui parolent pour autrui sont apelé avocat, beaum. v, (.Lors se fontavocas, qu'il n'ont d'autre recors, Et s'en vont en enfer tout droit plus que le cors, J. de meung, Test. 629. Moût d'escrivains, je n'en dout pas, Sont peintres, et tous avocas Peignent en leur parole, Vit des peintres. || xiv* s. Es vous un homme à moi venir, Qui bien sembloit estre advocas, Qui parler sceilst en tous cas, BBUYANTdans Jfénajier, t. H, p. 24. || xv* s. Le duc de Berry fut pour le vicomte de Chastel si bon et si certain avocat, que la besogne se conclut du tout à son entente, froiss. m, iv,24. || xvi's.Tout advocat beau diseur ressemble à bassin de jongleur, génin, Récréât, t. n, p. 260.

— ETYM. Bourguig. aivocar; provenç. avocat, advocat; espagn. abogado; portug. advogado; ital. advocato ; de advocatus , de ad, à, et vocatus, appelé: celui qui est appelé au secours; derocare, de rose (voy. voix). Avocat est un mot fait dans le xii* siècle sur advocatus, qui avait donné, dans le français primitif, avoué.

AVOCATE (a-vo-ka-f), s. f. Celle qui intercède. Sa mère fut son avocate. L'avocate des pécheurs, la sainte Vierge.

— hist. xv* s. Monseigneur, respondit la dame, je croi que le gentil chevalier et vaillant prud homme n'a nule avocate fors moi, froiss. m, iv, 30.

— ETYM. Avocat.

t AVOCATIER (a-vo-ka-tié), s. m. Arbre de l'Amérique du Sud, dont le fruit, qui a la forme d'une très-grosse poire, est employé comme aliment, et réputé antidyssentérique.

— ÉTYM. Caraïbe, aouicate.

t AVOCATOIRE (a-vo-ca-toi-r') , adj. Qui rappelle. Lettres avocatoires, lettres par lesquelles un souverain rappelle ses sujets d'uu État étranger contre lequel il est en guerre. || S. m. Un avocatoire. Maximilien, gagné par le pape, fit publier les avocatoires impériaux , volt. Mœurs, ( 1 3.

— ETYM. Avocare, de a, indiquant éloignement, etrorare, appeler (voy. voix).

t AVOCETTE (a-vo-sè-f) , s. f. Sorte d'oiseau. La lanière flexible et l'arc rebroussé du bec de l'avocette la réduisent à vivre d'un aliment mou, buff. Avocette.

— ETYM. Ital. Avocella.

f AVOI (a-voi), s. m. Terme de brasserie. Donner

un avoi , faire couler d'une cuve dans une autre.

— ETYM. Peut-être de l'ancien verbe avoyer, mettre en voie,

de la famille des graminées, qui fournit un aliment aux bêtes de somme. || 2° Le grain. Un picotin d'avoine. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé.... la font. Fab. I, *. Il Balle d'avoine, pellicule qui enveloppe le grain. || 3° S. f. plur. .L'avoine sur pied. Les avoines sont belles cette année. || Proverbes. Cheval d'aveine, cheval de peine, c'est-à-dire un homme bien payé doit bien travailler. || Cheval faisant la peine ne mange pas l'aveine, c'est-à-dire ce n'est pas celui qui a le plus de peine qui est le mieux traité.

— HIST. nu* s. Si a choisi [aperçu] en un plessié, Par encosto d'unes avaines, Une abaïe de blans moines, Ren. 6619. Longue est et megre et lasse et vaine; Grand soffrette a de pain d'avaine, la Rose, 10198. Li pains et li avoine lor est tote faillie, Ch. d'Ant. vu, 4(4. || xv* s. Le bled et les avoines furent respitées de non ardoir, froiss. h, h, 66. ||xvr* s. Escouter les aveines lever (proverbe), génin, Récréat. t. n, p. 239.

— ÉTYM. Bourguig. aitionne; Berry, aveine; picard, avène; provenç. et espagn. avena; portug. avêa; ital. avena; du latin avena. Aveine est la prononciation de l'ouest de la France.

t AVOINERIE (a-voi-ne-rie) , *. f. Terme d'agriculture. Terre semée en avoine.

— ETYM. avoine.

(. AVOIR (a-voi. Au xvi* s. on écrivait aurai,

auras, etc. maison prononçait, d'après Bèze,arat, aras, etc. Au xvn* s. d'après Dangeau, ayant, oyons, ayci se prononçaient a-iant, a-ions, a-ies. Aujourd'hui, c'est une prononciation fautive : il faut dire éiant,é-ions, é-iez. X Paris le peuple prononce eu ou evu au lieu de u [eu] ; c'est un archaïsme sur lequel on débattait encore au xvn* siècle; la prononciation u est aujourd'hui la seule correcte) , j'ai, tuas, il a, nous avons, vous avez, ils ont; j'avais; j'eus, nous eûmes; j'aurai; j'aurais; aie, ayons, ayez, qu'ils aient ; que j'aie , que tu aies , qu'il ait , .que nous ayons, que vous ayez, qu'ils aient; que j'eusse, que nous eussions; ayant; eu,eue,«. a. || 1° Posséderun objet physique, posséder quelqu'un ou quelque chose dans un certain état. Il a une propriété patrimoniale sur notre commune. Il faut user de ce qu'on a. Avoir de la fortune. Avoir des alliés. N'avoir* pas d'enfants. 11 n'a pas d'argent. N'avoir rien. Il eut un père trèsillustre. Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté Lyncée, Il en a de meilleurs, malh. h, (2. Il a l'oreille rouge et le teint bien fleuri, mol. Tart, il, 3. J'ai pour aïeul lepèreetle maître desDieux, racine, Phèdre, iv, 6. J'aurais à cette heure de quoi vous écrire un beau poulet, voit. Lett. 38. || Familièrement. Avoir de quoi, être dans l'aisance. || 2° Porter, tenir. Avoir à la main une coupe, une boite. Ayant un casque sur la tête. Il n'avait pas de canne en venant. || En termes de jeux, avoir la boule, le dé, etc. être en tour de jouer ou être le premier à jouer. || 3* Fig. Posséder une chose immatérielle, une qualité; éprouver une sensation ou un sentiment; être dans un état; être âgé de; être d'une dimension de. Qu'avez-vous? c'est-à-dire quelle est votre émotion? Avoir droit sur quelque chose. Avoir la paix. Avoir dans l'esprit. J'ai l'intention de. J'ai une opinion tout à fait opposée. Les hommes qui ont de la prudence. Ces gens ont coutume de. J'ai eu de la peine à me contenir. Avoir mal à la tête. Il avait vingt ans. Rue qui a 10 m. de large. Ces enfants.... Ayant Dieu dans leur cœur ne le purent louer, malh. i, *. Et, pourvu qu'il soit cru, nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir, id. ii, 42. Mais serait-ce raison qu'une même folie N'eût pas même loyer, id. ib. Tu as donc familiarité avec le prince d'Ithaque, mol. la Princ. d'Él. m, 3. Le désir se fait mieux sentir parce qu'il a de l'agitation et du mouvement, boss. le Tellier. Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point? boil. Sat. m. J'ai beaucoup de plaisir à voir les choses que j'avais imaginées, voit. Lettr. 38. Ayant un empire absolu sur les esprits, boil. Longin, Sublime, 32. Ah! n'aie point pour moi si grande indifférence, mol. l'Étour. n, 7. Je vous écris à la vue de la terre de Barbarie, et il n'y a entre elle et moi qu'un canal qui n'a pas plus que trois lieues de largeur, bien que ce soit l'Océan et la mer Méditerranée tout ensemble, voit. Lettr. 39. Le fer qui les tua [des enfants] leur donna cette grâce Que, si de faire bien ils n'eurent pas l'espace, Ils n'eurent pas le temps de faire mal aussi, malh. i, 4. Quand j'avais de ma foi l'innocence première, Si la nuit de la mort m'eût privé de lumière, Je n'aurais pas la peur d'une éternelle nuit, id. ib. I Eh bien I ne mangeons plus de chose ayant eu vie,

AVOINE (a-voi-n') ou AVEINE (a-vè-n'. Cette la font. Fab. x, 6. Ce qu'il y a eu en lui de plus

Trouvant que j'avais peu de latin, il entreprit da m'en enseigner davantage, j. J. rouss. Conf. m. Oui, monsieur, seulement pour vous faire peur, et vous ôter l'envie de nous faire courir toutes les nuits, comme vous aviez de coutume, mol. Scap. n, 5. Que, depuis quarante-deux ans qu'il servait le roi, il avait la consolation de ne lui avoir jamais donné de conseil que selon sa conscience, boss. le Tellier. Il Par analogie il se dit des choses. Cette ville a de beaux édifices. Cette maison a beaucoup de locataires. Ah! sire, un tel honneur a trop d'excès pour moi, corn. Hor. v, 2. Si tu l'aimes encor, ce sera ton supplice. — Je n'en murmure point, il a trop de justice, id. Cinna, v, 3. Lorsque l'obéissance a tant d'impiété, La révolte devient une nécessité, id. Rodog. ni, 6. Seigneur, quand ce dessein aurait quelque justice, m. Nicom. v, 6. Ce projet qui pour vous est tout brillant de gloire , N'aurait-il rien pour moi d'une action trop noire? id. Sertor. m, 2. Un moment de sa perte a pour moi des supplices, id. ib. m, 4. Toutes les autres morts n'ont mérite ni marque; Celle-ci porte seule un éclat radieux, malh. ii, 42. Les sceptres devant eux n'ont point de privilèges, id. ib. X ce coup nos frayeurs n'auront plus de raison, Puisque par vos conseils la France est gouvernée, id. IV, 2. || 4° Trouver, rencontrer. Nous avons des gens capables d'exécuter votre projet. En te perdant j'ai sur qui me venger, corn. Jlod. il. j'avais pour de tels coups certaine vieille en main, mol. Éc. des f. m, 4. Et quand on a quelqu'un qu'on hait ou qui déplaît, Lui doit-on déclarer la chose comme elle est? id. Mis. i, (.|l 5° Se procurer , acquérir , obtenir , gagner , acheter. Ce qu'on a pour de l'argent. On a quatre pommes pour dix sous. On ne peut rien avoir de cet ouvrier. La cabale s'est réveillée aux simples conjectures qu'ils ont pu avoir de la chose, mol. 2* placet au roi. Et que j'avais de quoi le connaître, pasc dans cousin. Il a trouvé le moyen de faire avoir des bénéfices sans argent, pasc. Prou. (2. || 6° Avoirà, suivi d'un infinitif, être chargé du soin de, être dans la cas de. Avoir une terre à cultiver. Il a de grands travaux à exécuter. Je n'ai absolument rien à vous écrire. Je n'ai rien à craindre. J'ai eu à choisir. Comme il y a toujours une grande différence entra les choses qui ont à être et celles qui sont en effet.... voit. Lett. (24. Vous avez à combattre et les dieux et les hommes, bac. Iphig. v, 3. J'ai votre fille ensemble et ma gloire à défendre, id. ib. IV, 7. Que je serais heureux si j'avais à le faire, id. Bérén. m, 4. Son pouvoir n'ayant plus à s'étendre plus loin, Il brise l'instrument dont il n'a plus besoin, rotb. Bélis. v, 5. Il fut ensuite au sénat, et il demanda qu'on eût, par un sénatus-consulte, à dégager sa parole et à abolir toutes les dettes, vebtot, Révol. rom. liv. I. Le sénat lui ayant fait dire [à Mithridate] qu'il eût à retirer ses troupes de toutes ces provinces, id. ib. liv. x, p. 33. On publia le décret dusénat qui ordonnait qu'on eût à les poursuivre aux dépens du public, id. ib. liv. x, p. 45. Il nous fait remarquer que nous ayons à lui préparer les voies, mass. Délai. || N'avoir qu'à, n'avoir rien autre chose à faire que de. Vous n'avez qu'à lever les yeux. Vous n'avez qu'à dire un mot, et la chose sera faite. || 7* Avoir de, -tenir de, avoir reçu de. J'ai cette terre du chef de mon père. De qui avezvous la nouvelle? || 8° Engendrer, créer. 11 avait des enfants de ses deux femmes. Elle a un fils du roi, sév. 2(6. || 9° Imiter, reproduire. Avoir les traits de quelqu'un. Elle n'avait d'une femme que le corps. Il a tout votre air. Avoirla couleur du minium. || 10* Avoir pour, regarder comme. Avoir pour suspecte la vertu même,LABRUY. (3. Etjevous supplierai d'avoir pour agréable Que, jemefasse un peu grâce sur votre arrêt, mol. Mis. i , ( . Eh bien , mes souverains, aurezvous agréable Que, n'ayant pu la voir en sa fin lamentable, Nous la fassionsaumoinsapporter devant nous?M.URET, Sophon. v, 7. || Avoir quelqu'un .quelque chose poursoi, l'avoiren sa faveur. Ils ont pour euxlajustice. Elleapour elle sa beauté. Ilsuffitque ta cause est la cause de Dieu, Et qu'avecque ton bras elle a, pour la défendre, Lessoinsde Richelieu, malh. h, (2. || 11» Avoir la parole dans une assemblée, avoirla permission de parler. || 12° Avoir quelqu'un à dîner, lui donner à dîner. Il a eu beaucoup de monde à son bal.|| Avoir quelqu'un avec soi, être avec quelqu'un, en être accompagné. Il avait un ami avec lui. || 13* Avoir une femme, obtenir ses faveurs. C'est une expression libre et- de mauvaise compagnie. || 14° En avoir, gallicisme qui signifie être irrité contre, songer à. Je ne sais à qui il en avait, sév. 473. Je ne sais à qui en ont vos femmes avec leurs

dernière forme tombe en désuétude), *. /. 111° Plante léminent, c'est l'esprit qu'il avait sublime, labruy. 4. | voeux, id. 6((. Je lui demandai à qui elle en avait

AVO

de se vouloir miner, id. 44). S qui en as-tu donc, ou si c'est aux anges que tu ris?HAMiLT. Gramm. t. || Vous en aurez, expression de menace, vous serez puni, maltraité. || En avoir dans l'aile, être atteint do quelque perte, de quelque accident grave. || 15" Avoir, verbe auxiliaire dans la conjugaison. J'ai dit. Il avait ordonné. Je crois avoir entendudire.Cequi a été dit p;ir vous. L'événement ne m'a pas trompé. || 16° Avoir se prend impersonnellement avec le pronom t/dans beaucoupdelocutions.il y a, il existe. Il y aura des vices tant qu'il y aurades hommes. Il y en a qui pensent.... Il y eut beaucoup de sang versé. 11 yadelahonteà....Ilyalongtempsque....Ya-t-ilnen déplus indigne? Pourvu qu'il y ait assez d'argent. Peut-il y avoir des doutes en une question si claire? Il y aurait de la folie à douter d'une vérité si universellement reconnue, boil. Longin, Sublime, 32. 11 faut convenir que ces Juifs sont des hommes comme il n'y en a point, dider. Nouv. max. Phil. 25. || Il n'y a qu'à parler, c'est-à-dire il suflit de parler. || Il n'y a qu'à pleuvoir, c'est-à-dire la pluie peut survenir. || FamiliiVoment.Oventdonc, puisquevent y a, Viens dans les bras de notre belle, la font.F<i6. ix, 7. Madame, puisque madame y a, mol. G. Dand.i, 4. || Tant y a, quoi qu'il en soit. Vous me vantez cet homme; tant ya que je ne veux paslevoir.Tantyaqu'il n'est rien que votre chien ne prenne, rac. Plaid, m , 3. || Y ayant, puisqu'il y a, comme il y a. N'y ayant qu'une vérité de chaque chose, desc. Mêth. S.Rapsodieveut dire un amas de vers qu'on chantait, y ayantdes gens qui gagnaient leur vie aies chanter, boil. Réflexions erit.n' 2. C'est ainsi que tous les interprètes ont expliqué ces mois.... y en ayant même qui ont mis à la marge du texte grec... id. ib. N'y ayant rien de si inconcevable, pasc. dans cousin. || 17° S. m. terme de commerce. Avoir du poids, nom que les Anglais donnent à la livre de seize onces. || Proverbe. Il n'est rien de tel que d'en avoir, c'est-à-dire si l'on n'a pas de bien, on n'est pas considéré.

— UEM. 1. Faut-il dire : il y eut cent hommes tués, ou bien, il y eut cent hommes de tués? L'usage aujourd'hui est d'employer de quand le substantif est sous-entendu ou qu'il est remplacé par le pronom en, et de supprimer de quand le substantif précède l'adjectif ou le participe ; ainsi on dira : il y eut cent hommes tués, et deux cents de blessés. || 2. Les ennemis que j'ai eus à combattre, et les ennemis que j'ai eu à combattre. Il y a entre les deux locutions une distinction qui, quelquefois à peine sensible, l'est d'autres fois assez pour qu'on veuille choisir. Dans le premier cas, j'ai eu des ennemis, et je lésai combattus; dans le second, il m'a fallu combattre des ennemis. || 3. C'est une faute trèsgrosse de dire, à la troisième personne du subjonctif présent, au singulier : qu'il aie, au lieu de : qu'il ait. Vaugelas la signale ; et il n'est pas rare de l'entendre encore aujourd'hui. || 4. Dans les prétérits surcomposés, lorsque le complément direct du verbe est placé devant lui , doit-on prendre la forme variable eu, eue, ou la forme invariable eu? J'avais beaucoup d'affaires; je suis parti quand je les ai eu terminées, ou eues terminées. Les deux manières peuvent certainement se défendre ; et le poète pour éviter un hiatus ne devrait se faire aucun scrupule d'accorder eu. Mais il est plus naturel de ne le pas accorder, jullien. || 5. Je vous aurais parlé, si je vous eusse trouvé ou si je vous avais trouvé. Si ne prend la construction du subjonctif qu'avec les auxiliaires. || 6. En poésie, aie est monosyllabe, et pour l'employer, il faut qu'il soit suivi d'une voyelle. Mais dans le xvn* siècle, on s'en servait devant une consonne, et on le faisait de deux syllabes : Que j'aie peine aussi d'en sortir par après, mol. l'Élour. m, 5. 7 . On observera que , bien que avoir soit un verbe actif, il n'a pas de passif; on ne dit pas : ces choses ont été eues.

— syn. avoih, posséder. Avoir est beaucoup plus général que posséder. On a de toutes les façons possibles, au lieu que posséder, c'est avoir, en exprimant précisément que l'on tient en sa main , en son pouvoir, la chose dont il s'agit.

— hist. x' s. Bel [elle] avret [avait] corps, bellezour anima, Eulal. Qued avuisset de nos christus mercit, ib. Si cum il semper soit haveir, Fragm. de V alerte, p. 4u8. E cum cil lo fisient, dunt ore aveisi odit [ouï], ib. p. 469. Ne aiet niuls maie voluntatem contra sem peer, ib. p. 469. Aiest [ayez] charte inter vos, t'6. p. 469.

— xi* s. Ce que il avereit pris, Lois de Guill. 6. N'i ad castel qui devant lui remaigne, Ch. de Roi. i. Ne n'ai tel gent qui la sue desrompe, ib. II. Prudhom i out [il y eut en lui la qualité de prudhomme| pour son seignur aider, ib. m. Ne nous aiups

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les mais et les soufraites, ib. iv. Li reis Marsile out son conseil finet, ib. v. S'il veut ostages, il en aura, par veir [pour vrai], ib. vi. Tant i aurat de besans esmerez, ib. ix. Moût [ils] ont oûd et peines et ahans, t'6. xix. Car de ferir oi je si grant besoin, ib. civ. Il dist après : Paien, mal aies tu ! ib. cxliv. Se je vif auques, moût grant prod [vous] i aurez, t7j.cCLii.Vostre conseil ai-je evud touz temps, ib. cclvi. Averum nous la victoire du champ? ib.

— xii* s. Cité [il] n'i a qui, Ronc. p. 4. Qui France a à bailler, ib. p. 6. Bien a set ans, ib. p. 10. Uloc avoit [il y avait] un noble pugnaor, ib. p. 25. Et vous, aiez vostre grant ost banie, ib. p. 28. Et ses compeins qui oit [eut] nom Estramant, ib. p. 43. [Tu] Qui en la croiz eus ton cors pené, t'6. p. 66. En Margaric ot [il y eut] moût bon chevalier, ib. p. 63. Nous n'avienz nul meillor chevalier, ib. p. 73. Sonent li grailles [trompettes] , quant que par l'ost en a, ib. p. 96. Tant que Dex voille, du champ aienz [ayons] l'onor, ib. p. 4 08. Quant l'emperere ot sa gent enterrée, ib. p. 156. Que n'oi [je n'eus], talent de fuïr ne d'aler, t'6. p. 4 85. Hui vous aurai vaincu et recréant, t'6. p. 4 88. Si vous ait Jésus Christ, qui en croix se peina! t'6. p. 4 92. Car joie a courte durée, Qui avient par tel folor, Couci, i. Se je vousaim, j'i assez ai raison, ib. il. Mais quant j'aurai de vous haïr envie, ib. n. Toute beautez qui sur autre resplent, Est mise en lui [elle] , qu'il n'i a que mesprendre, t'6. v. Dame, nul mal que j'aie, [je] Ne tieng fors àlegier; Car sans vous [je] ne pourroie [pourrai] Vivre, ne je nel quier [demande] , t'6. vin. S'onques amis ot joie pour aimer [en raison de son amour], t'6. x. Mais or en aiez merci [merci vous soit faite], Et si vous soit pardonné , t'6. xn. Mort m'auriez à loi de traïtor, t'6. xvi. Onques vers lui [elle] [je] n'oi faus cuer ne volage, t'6. xix. Tous les soûlas qu'ai eus en ma vie, t'6. xxn. S'onques nuls homs pour dure départie Ot cuer dolent, je l'aurai par raison, t'6. xxiv. Fausse estes, voir plus que pie; Ne mais pour vous [Je] N'avérai ja ieux plorous, quesnes, Romancero, p. 89. Mais [que] cil en ait l'onor, cui Dex voudra aidier, Sax. iv. Guiteclins de Sassoigne, quand ce vint à son tans, De sa première famé ot deus vaslez enfans, t'6. v. Jamais [nous] n'aurons tel aise de nos hontes vengier, t'b. vi. Seignur, fait il as moines, car me laissez ester; Vus n'avez ci que faire; Deu en laissiez penser, Th. lemart. 147. E quant li reis out enquis des miveles de Urie, cumandad lui qu'il returnast à sa maisun, qu'il i out ses aises, flots, 4 55.

— xin* s. X celui tans, avoit un empereour en Constantinoble qui avoit nom Sursac, villeh. xlii. î Pépin [ils] orent guerre qu'avez oî conter, Berte, ni. Car il ne plut à Dieu qui tout a à garder, ib. Fille, ce dist la vieille, moût forment vous [)] ai chère, t'b. xii. De cestfl chose arez un petit à soufrir, t'b. xra. Dont doi je prendre en gré, se j'ai froit et pouverte [pauvreté], t'b. xxxv. Qui Rainfroy ot à nom, t'6. xv. Car je ai si grant faim que ne sai que penser, t'b. xliii. [Vous] Voulez tuer vo [votre] fille; trois jours a, ne dormi, t'b. lxxxix. Ne fust Morans [n'était Morant] , de cui j'en oi [eus] defendement [empêchement], t'6. xcv. C'est bien drois que mains cuers grant joie en avéra, t'6. cxxii. Pour l'amour qu' [il] ot à eus, ces armes [ce blason] [le roi] leur chargea [donna] , t'6. cxxxi. Et saciés de voir que il n'avoit que targier, Chr. de Rains, 225. Li enfes ploroit de grant fain, Por ce que n'avoit que mengier, Rcn. 2050). Se porpensa que il ferait, Et comment à boivre averoit, t'6. 6690. Avez-vos, fet-il, plus que dire? t'6. 8348. Sire, fis je, grant talent é [j'ai grand désir] De faire vostre volenté, la Rose, 2225. Car cil a moult poi de savoir, t'6. 4 4056. Car j'ai de mon père congié De faire ami et d'estre amie, t'6. 6846. Appius ne pooit donter La pucele qui n'avoit cure Ne de li, ne de sa luxure, 16. 5621. Pourquoi nel' faites-vous entendre, Savoir s'il i a que reprendre? t'6. 5536. Comment encore eschaper porent De tel péril, sans pis avoir, Ou d'ame, ou de cors ou d'avoir, t'b. 4521. Car le propre non lor pleûst, Qui accoustumé lor eûst, t'b. 74 74. Il convenroit qu'il sivist les pièges, se pièges y avoit, beaum. 58. Et soi ofrir contre cex à qui il a à fere, ras 61. Noz ne lor avons pas soufert, el tans de nostre baillie, quant partie l'a volu debatre; mais, quant partie ne l'a pas debatu, noz l'avons eu beau soufrir, id. lxvi, 4t. Ceulx envoient sus les Sarrazins quant il veulent guerroier à eulz ; et les Sarrazins envoient sus les crestiens, quant il ont à faire à eulz, joinv. 264.

— xiv* s. Et ceulx qui en telles choses se ont et se contiennent comme il convient et appartient,

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oresme, T.th. 92. Nous, sur ce heut [eu] certaine information, avons retenu et retenons.... du cange, arramenlum. Sire, ce dit Bertran, vous parlez pour noient; S'autre chose n'i a, ce me dittes : Va-t'-en, Guescl. 13526. Mais H bons cappitains lor dit : Laissiez ester; J'arai de lor pourceaux, sans nous de riens grever, t'6. 4 214.

— xv* s. Et si [les Escots] n'ont que faire de chaudières ne de chaudrons, car ils cuisent bien leur3 chairs au cuir des bestes mesmes, fboiss. 1, 1, 34. [Le roi voulait épargner ses gens et son artillerie] car il pensoit bien qu'il en aurait à faire, id. i, i, 273. Et s'il euist justement pensé.... id. ni, iv, 28. Quand ceux de la ville virent le péril et le dommage si apparent, ils eurent conseil qu'ils se rendraient, sauves leurs vies, id. i, i, 20. Et aussi il avoit bien cause qu'ils le Testassent; car ils ne l'avoientvu puis la bataille dessusdite, id. i, i, 486. Il ne nous vaut rien ici demourer ni tenir; nous n'y ariemes jamais nulle bonne aventure, id. ii, ni, 34. Vous savez que je vous feis foy Pieça de tout ce que j'avoye, Et vous laissay en lieu de moy Le gaige que plus chier j'amoye, en. d'orl. Bal. 13. Je ferai, maugré qu'il en ait, Encontre luy une aliance, id. Bal. 22. Et là ha continué à escripre, selon ce qu'on

ha rapporté, juvén. Charles VI, 4420 luy

vint messaige de par le roy, qui lui mandoit qu'il avoit en propos de faire certain voyage, Bouciq. 1, ch. 7. L'empereur avoit ja fait tout son apprest, afin que n'y eust que à partir, t'b. 1, ch. 31. Et alors le roy eut conseil avec ledit conte du Mayne, comm. 1, 3. Il avoit congnoissance en la cité, à cause qu'il y avoit eu administration par les années qu'ils avoient esté en paix, id. h, 3. Que s'il n'avoit débat par le dehors contre les grans, qu'il falloit qu'il l'eust avec ses serviteurs.... id. ni, 4. Et eut lettres de la duchesse sa femme, que le roy Edouard n'estoit pas content, n>. m, 7. Dieu avoit et a ce royauime en especialle recommandation, id. rv, 7. Laquelle estoit veufve, long temps avoit, id. i, 2. Et ne les avoit en nulle hayne pour les choses passées, id. i, 40. Ilz commencèrent à avoir division ensemble, quant ce fut à départir le butin, id. i, 4 6. C'est peu de chose que de peuple, se il n'est conduyt par quelques chiefs qu'ilz ayent en révérence et en crainte, id. h, 13. Après le séjour que eust le roy en ce village, id. v, 13. Le plus grand édifice que commença, cent ans a, roy tant au chasteau qu'en la ville, id. vin, 18. Auquel lieu eut nouvelles ledit Ludovic, que son neveu le duc de Milan se mourait, id. vu, 6. Il me fit appeller, et eut en conseil, s'il baillerait ce sauf conduit ou non, id. viii, 9. Et vindrent lapluspart malgré qu'on en eut, id. vin, 10.

— xvi* s. Que nul vivant, sur peine de la hart, N'aye à piller la valleur d'un liard, J. marot, v, 144. Une isciatique, à laquelle j'estoys subject, plus de sept ans avoyt, rab. Pant. 11, 4. Je crois qu'en vous n'a [il n'y a] point tant de rudesse, marot, 11, 326. Long temps y ha que je vis en espoir, Et que rigueur ha dessus moi pouvoir, id. ii, 345. Mais il peut tout, et veut, et lui agrée, Qu'un fils sacré aye mère sacrée, id. ii, 362. Espèce n'est de tribulation, Qui n'ait icy sa consolation, id. iv, 201. Si tu n'as point pitié de moy, Ayes au moins pitiéde toy, dubell. vu, 37, recto. Avoir le dessus, mont. 1,19. Avoir où s'escrimer, id. i, 22. Pour la peur qu'il avait eue, id. i, 22. Ils feirent deffense que nul n'eust plus à aller là, id. i, 233. Et tout ainsi que Dieu les a associez en la lignée, aussi a la loy, laboétie, 4 64, Et luy fut enjoinct expressément de la part du peuple, qu'il eust à s'embarquer, amyot, Alcib. 35. Il se monstroit reboursà ceulx qui lecuidoient flatter, encore se roidissoit-il d'avantage contre ceulx qui le pensoient avoir par menaces, id. Cat. dlltiq. 4. Razantnos champs, dites, a' vous [avez-vous] point veu Cette beauté qui tant me fait la guerre? rons. 4 7. Et sans sçavoir combien la muse apporte D'honneur aux siens, je l'avois à mespris, id. 53.

— ÉTYM. Bourguign. aivoy; provenç. aver; espagn. haber; portug. haver; ital. avère; du lat. habere. Comparez l'allemand haben, le gothique haban. Dans l'ancienne langue, on disait non pas il y a, mais simplement il a (illud habet), ce qui voulait le cas régime du substantif : il avoit un cliastel, il y avait un château; chastel est le cas régime: chastels ou chastaus serait le nominatif. Pourtant, l'adverbe y se montre dans cette locution dès le xm* siècle. La forme archaïque, sans y, s'est conservée dans le style marotique, au moins avec la négation : Entre Leclerc et son ami Coras, N'a pas longtemps, s'émurentgrands débats, rac. Êpigr. 11 y a lieu de remarquer avret dans un texte du xesiècle;

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c'est, étymologiquement, l'équivalent de habuerat, où Vu, comme dans ces formations, devint un», habverat, avec l'accent par conséquent sur hà. On s'était étonné que le plus-que-parfait latin n'eût laissé aucune trace dans les langues romanes, où en effet on ne le trouve pas ; mais ces textes du x' siècle montrent qu'i) a existé, bien que transitoirement.

2. AVOIR (a-voir), s. m. || l'Tout ce qu'on possède, bien, fortune. Tout son avoir était chez ce banquier. Cette maison, cette terre est un bel avoir. Aurions-nous mieux employé la jeunesse , Vécu moins vite avec un riche avoir? bérano. Bonsoir. || 2" Terme de commerc . La partie d'un compte où l'on porte les sommes dues. Doit et avoir, l'actif et le passif. Établir un compte par doit et avoir.

— hist. xi* s. Pour tout l'aveir qui soit en cest pais, Ch. de Roi. xxxiv. Les douze pairs [il] a trait pour aveir, ib. ccxxxm. || xti's. Cumbatid s'en vers les Philistiens, si enchaçad lur avers [bêtes] ki durent porter la vitaille, Rois, 89. Moût grant avoir [je] vous en faz aporter, Ronc. p. 32. [Je] N'en donroie le désir Pour tout l'avoir dessouz ciel, Couci, xii. Qui mestier a d'avoir, à son talent en prent, Sax, xii. Seignur, fait-il à els, tut senz en plait entrer, Ne më deit pas mis sires acuinte demander: Car tut cest grant aveir que ci vus oi numer, En ses busoigncs l'ai fait mètre et aluer, Th. le mari. 43. Tut saisi en sa main et terres, et mustiers, Et vif aveir et mort, blé, rentes et deniers, ib. 64. || xiu* s. Et li Franc commencierent à ocire les Grieus, et gaaignierent les avoirs de la vile, et pristrent tout, villeh. cli. Après commença à paier l'avoir que il devoit àceus de l'ost, id. lxxxvm. Si corne d'or et d'argent et de tous les fiers avoirs qui onques furent en terre trovés, id. cvii. Se vos estes povres ne besoigneus, il vous donra volentiers de son avoir, id. lxvi. Avoir et grans richesses [ils] orent tout a leur chois, Rerte, lxi. Après fu pain te coveitise : C'est celé qui les gens atise De prendre et de noient donner, Et les grans avoirs aUner, la Rose, (72. Il tolent et ravissent les avoirs dont li communs pueples se doit vivre, beauh. 26. || xv* s. Et y fut trouvé [à Audenarde] grand avoir qui estoit à François Acreman; et me fut dit que il y avoit bien quinze mille francs, froiss. ii, II, 22). Et disoient outre [les serfs Anglais révoltés] que ils vouloient savoir que les grands avoirs que on avoit levés parmi le royaume d'Angleterre, puis cinq ans, estoient devenus, id. h, h, m. lisse rendirent, sauf leurs corps, leurs membres et leur avoir, id. i, 1, 449. Et par Dieu, il n'est nul avoir Qui vaille bon ami avoir, Mir. de Sle Genev. Et ainsi ensuit les vaillans preux qui onques nul compte ne tindrent d'amasser avoirs, Bouciq. iv, ch. 7. || xvr s. Ilz n'avoient rien de plus cher en ce monde que la richesse et l'avoir, àmyot, Arist. 25.

— ETYM. Avoir 4 ; norm. avers, les animaux domestiques; provenç. et espagn. aier; ital. arere. D'après Ménage, avoir, en la signification de biens, était un mot inusité. Depuis, ce mot est revenu tout à fait en usage.

+ AVOIR DU POIDS, voy. avoir 4.

tAVOISINANT, ANTE (a-voi-zi-nan, nan-t'), adj. Qui est voisin. Les rues avoisinantes.

— REM. Cet emploi qui est entré dans le langage de la conversation, n'a pas la sanction de l'Académie.

AVOISINÊ, ÉE (a-voi-zi-né, née), part, passé. Être bien, mal avoisiné, avoir de bons, de mauvais voisins.

AVOISINER (a-voi-zi-né) , v. a. Être dans le voisinage, à proximité d'un lieu. Les archipels qui avoisinent l'Inde à l'orient et au midi, volt. Mœurs, 3. Je passe mon exil parmi de tristes lieux, Où rien de plus courtois qu'un loup ne m'avoisine, Théophile, OEuvrtt, p. 304.

— hist. xvi« s. Dont se résoudra le père de famille, nonseulement d'esloigner les vins de toute mauvaise odeur, ains à les avoisiner des bonnes

— ÊTYM. À et voisin.

AVORTÉ, ÉE (a-vor-té, tée), part, passé. || 1-Qui n'a pas reçu son développement. Fruit avorté. Il 2* Fig. Talent avorté. Vos desseins avortés , votre haine trompée, corn. Cinna, m, 4. Voyant par mes bontés Une seconde fois ses desseins avortés, id. Poly. ta, 6. Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté Pour rendre à la vertu toute sa pureté? Nicom. id. IV, 4. Un faux germe avorté dans notre affection, Régnier, Sat. xm. Demi-dieux avortés, qui par droit de naissance Dans les camps, à la cour, régnent en espérauca, gilb Le dix-huilicme siede.

AVORTEMENT (a-vor-te-man), s. m. || 1* Terme de médecine. Expulsion, avant terme, d'un fœtus non viable. Provoquer l'avortement est un crime puni par le Code pénal. || 2" Fig. Insuccès. L'avortement des desseins qu'il avait formés.

— rem. Dans l'obstétrique, l'avortement diffère de l'accouchement prématuré qui est l'expulsion, avant terme, d'un foetus viable; et de la fausse couche, qui comprend non-seulement tout accouchement avant terme, mais aussi l'expulsion d'un faux germe, d'une mêle, etc.

— HIST. xvi* s. Tel enfantement [hors terme] est appelé abortif ou advortement, pahé, t. n, p. 624.

— Etym. Avorter; provenç. abhortiment ; catal. abortament; espagn. et ital. aborto.

AVORTER (a-vor-té), v. n. || 1» Accoucher avant terme. Les femmes ne se faisaient-elles pas avorter, pour que leurs enfants n'eussent des maîtres aussi cruels? montesq. Esp. xxm, 44. La cruelle habitude où sont les femmes de se faire avorter, afin que leur grossesse ne les rende pas désagréables à leurs maris, id. Lett.pers. 420. || En parlant des animaux, mettre bas avant le terme. Les brebis avortent fréquemment. || Fig. L'autre avorte avant temps des œuvres qu'il conçoit, Régnier, Sat. x. || En parlant des fruits, ne pas se nouer, ne pas venir à maturité. Cette année, presque tous les boutons des poiriers ont avorté. || 2° Fig. Ne pas réussir. Le projet venant à avorter, la bruy. 4 2. Dieu, pour le réserver à ses puissantes mains. Fait avorter exprès tous les moyens humains, corn. Iléracl. ni, 3. Lui qui sait qu'aussitôt ces tumultes avortent, id. Othon, iv, 7. Voyant d'un temps si court leur puissance bornée, Des plus heureux desseins [ils] font avorter le fruit, id. Cinna, n, 4 . Par quel amour de mère Pressez-vous tellement ma douleur contre un frère? Prenez-vous intérêt à la faire éclater? — J'en prends à la connaître et la faire avorter, id. Rodog. iv, 6. Tout mon dessein avorte au milieu du succès, id. ib. n, 8. Une disgrâce fit avorter toute sa bonne fortune, id. Ex. de D. San. Il est impossible que ce projet n'avorte pas au milieu de cette confusion, chateaub. Natch. m, 76. Venge-toi du forfait que tu fais avorter, rotr. Bélisaire, i, 2.

— REM. 1. Avorter se conjuge avec l'auxiliaire avoir quand on veut exprimer l'acte même : cette femme a avorté hier; ces projets ont avorté par sa faute ; et avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : cette femme est avortée; ses desseins sont avortés. || 2. On a dit s'avorter, qui n'est plus usité. Leurs desseins tôt conçus se sont tôt avortés, la font. Ode v. C'est, comme on verra par l'historique, un archaïsme.

— hist. xiu* s. Que honiz soit qui vos porta, Quant ele [votre mère] ne vos avorta, Ren. 8)44. Car foy sans bien ouvrer avorte ; Foy sans bonnes euvres est morte, l. db meung, Tr. 622. Bien, amour et honeur faut par femme et avorte ; Ja femme n'amera, qui fine amour lui porte, Chastie-musart. || xiv* s. Elle avoit eu plusieurs de ses enfans morsnez et abourtez, ducangb, abortire. Ne bailleront aucune médecine qui puisse faire abortir, Ord. des rois de France, t. n, p. 633. || w s. Ceste semence de raison ne pouvant durer contre les vices survenus, estouffée s'avorte , mont, iv, 354. Elle rend les arbres par où on la passe stériles, et y fait avorter les fruicts, auyot, Aratus, 40. Autrement, ils ne font qu'avorter la terre, et meurtrir les arbres, palissy, 26. Par tels efforcements lesdictes mères abortent, paré, t. n, p. 624. Ce breuvage sert aussi de remettre en vigueur la jument qui s'est avortée, o. de serres, 306.

— ETYM. Provenç. abhorlir, abordir; espagn. abortar; ital. afcortt're; de abortire, de aborior, qui a la même signification, et qui vient de ab, indiquant défaut, manque, et de orior, .naître, surgir (voy. orient) : mot à mot mal naître.

AVORTON (a-vor-ton), s. m. || 1" Animal né avant le terme. || 2" Tout individu qui n'a pas atteint son entier développement. || 3» Par mépris, homme petit et mal fait. || Plante, fruit qui n'est pas arrivé à son développement. Ces pêches sont des avortons. J'ai vu en Russie des sapins auprès desquels ceux de nos climats ne sont que des avortons, bern.de st. p. Études, v. || 4° Fig. Si quelque avorton de l'Envie Ose encore lever les yeux, malh. ni, 3. De ce feu turbulent l'éclat impétueux N'est qu'un faible avorton d'un cœur présomptueux, corn. Tliéod. i, 3. || Ouvrage d'esprit fait à la hâte et sans soin. Cet ouvrage n'est qu'un avorton.

— hist. xiv s. Elle la feroit advoulter de l'advoulton dont elle estoit grosse, du cange, abortire. Pour le millier d'avortons d'Anagon [peaux d'ani-

maux nés d'avortements] , id. avotroni. \\ xvi* s. Tous ces vers biberons ne veulx desavouer, Advortons que j'ay faits en ma jeune allégresse, jean le houx, Vau de Vire, *t.

— Etym. Avorter; bas-lat. avotroncs.

t AVOUABLE (a-vou-a-bl') , adj. Qui peut être avoué. Un projet avouable et conforme à l'honneur.

— ÊTYM. Avouer.

t . AVOUÉ , ÉE (a-vou-é , ée) , part, et adj . | 1 1° Reconnu. Le but avoué de son départ. C'est un fait avoué. || 2° Approuvé. Digne d'être avoué de l'ancienne Rome, corn. Sertor. ii,2. Par des vers tout neufs avoués du Parnasse, boil. Epît. I. Monterey, sans être avoué du conseil d'Espagne, renforça l'armée du prince d'Orange, volt. Louis XIV, 44. Pouvoir être avoué pour.... pasc dans cousin.

2. AVOUÉ (a-vou-é), s. m. || 1- Officier ministériel chargé de représenter les parties devant les tribunaux et de faire les actes de procédure. || 2" Terme de droit féodaL Nom d'office qui consistait à défendre les droits des églises et des abbayes, et qui aussi, en général, signifiait toute espèce de protecteur. Lesavoués étaient ordinairement des nobles. Il y avait, dans la seconde race, un avoué de la partie publique, montesq. Esp. xxvm, 36.

— HIST. xi* s. Là vous suirat, ce distmis avoez, Ch. de Roi. ix. || xii* s. Charles nostre avoez, Ronc. p. 4 4. Si garis [protège] hui Rolant nostre avoé,ib. p. 6«. Cil qui tient Champagne et Brie N'est mie droit avoués, hues de la ferté, Romancero, p. 486. || xnr* s. Emprès se croisa Henris d'Anjo ses frères etTierrisses niés, Guillaumes avouésdeBethune.... villeh. vi. Diex, fait-il, je vous tien à mon droit avoué, Berte, xlv. Il nous convient querre avoé, Chr. de Rains, 229. Ausi me serviront com ses aie [comme si je les aye] engenrés; Il ierent tôt mi fil, j'iere lor avoés; En paradis celestre sera lor iretés [héritage] , Ch. d'Ant.i, 435.Seli cas quiet [tombe] en apel,et il a ensoine [excuse], il pot avoir avoué etfere le [la] bataille, beaum. 80. || xv« s. Voire, dit le maire, qui jà estoit advoé du roi, gars puant, parles-tu ainsi en la présence du roi? froiss. u,

— ETYM. Advocatus (voy. avocat).

AVOUER (a-vou-é. Dans j'avouerai et temps analogues l'e ne se prononce pas et ne compte pas dans les vers ; mais l'ancienne langue le prononçait, et avouerai était de quatre syllabes), v. a. || 1° Dans le, langage de la féodalité, faire vœu à un supérieur, le reconnaître pour seigneur ou protecteur. || 2° Par extension, et dans le langage actuel, avouer une personne, approuver ce qu'elle a fait en notre nom. Parle, écris, je t'avouerai de tout, pourvu que tu m'aides à sortir de cette botte [l'Italie], p. l. cour. Lett. i , 164. Je t'avouerai de tout, rac. Phèd. m, 4. Et sans doute son cœur vous en avouera bien, corn. D. San. iv, 2. Alors, sans consultersi Phébus l'en avoue, boil. Disc, ou roi. Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer? malh. m, 4. Et si ta faveur tutélaire Fait signe de les avouer [les Muses], Jamais ne partit de leurveillesRien qui se compare.... malh. m, 2. || Approuver, ratifier, en parlant des choses. Des moyens que l'honneur avoue. Les dieux n'avoueiont point un combat plein de crimes, corn. Hor. m, 2. Me voyant froidement ses œuvres avouer, Il les serre, Régnier, Sat. vin. || 3" Reconnaître qu'une chose est ou n'est pas. Avouersafaute.il avoua ses méfaits. Vous avouerez que votre conduite a été blâmable. Ceux qui sont instruits des affaires étant obligés d'avouer que le roi n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacrilèges.... boss. Reine d'Anglet. J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses, rac. Brit. iv. || 4° Reconnaître comme sien. Avouer un enfant. Il n'ose avouer un parent pauvre. Il n'avoua jamais ce pamphlet. Une lettre que l'on m'a assuré que vous aviez avouée, boss. Lett. 481. Mon père ne peut plus l'avouer pour sa fille, corn. Hor. iv,6. Rome ne voudra point l'avouer pour Romaine , rac. Bérèn. iv,4. || Avouer une dette, la reconnaître. |] Fig. Ma foi, madame, avouons la dette [ne dissimulons pas] , vous voudriez qu'il fût à vous, mol. Princ. d'Èl. iv, 6. || 5" S'avouer, t). réft. S'avouer de quelqu'un, le prendre à garant. 11 s'est avoué d'un banquier de cette ville. || Se reconnaître. S'avouer coupable. S'avouer vaincu. || 6° S'avouer, être confessé, en parlant d'une chose. Cela ne s'avoue pas.

— hist. xm*s. Ha! sire Diex , fait ele, mon cuer à vous [j'J avo, Berte, xxxn. Com celle qui du tout à vous servir m'avo, ib. Car nus ne puet Dieu trop loer, Ne trop por seignor avoer, Trop criendre, ne trop obéir, la Rose, 7078. Et doit mander que cil qui eu est porsivis en avoue tel garant quiconque,

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