‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 160 sur 403 · BAD · texte numérisé non relu

BAD

t BADAMIER (ba-da-mié) , s. m. Arbre de Malabar (terminalia catalpa , L.) qui donne des amandes émulsives très-agréables à manger et fournissant par l'expression une huile douce analogue a celle de l'olive.

— ÉTYM. On dit que ce mot est une corruption de 601* de damier.

BADAUD, AUDE (ba-dô, dô-d'; le d ne se lie pas : le badaud est.... dites : le ba-dô est ... Y s se lie au pluriel : les badauds à l'entour, dites : les ba-dô-z à l'entour), s. m. et f. || Oui s'arrête à considérer tout ce qui lui semble nouveau. Les badauds de Paris, locution qui vient de ce que, à Paris comme dans les grandes villes, une foule s'amasse rapidement autour de quoi que ce soit. Tu seras des badauds en passant adoré, Régnier, Sat. xvi. L'espoir qui le domine, C'est, chez son vieux portier, De parler de la Chine Aux badauds du quartier, béhang. Jean de Paris. Et la vieille badaude, au fond de son quartier, Dans ses voisins badauds voit l'univers entier, volt. Vanité. Un troisième, moine et seigneur, dont les paysans sont mainmortahles . attendait un arrêt du conseil qui le mit en possession de tout le bien d'un badaud de Paris qui , ayant par inadvertance demeuré un an et un jour dans une maison sujette à cette servitude, y était mort au bout de l'année, m. l'Homme aux quarante écus, aud. du contr. gin. Paris est un grand lieupleinde marchands mêlés.. ..Et, parmi tant d'esprits plus polis et meilleurs, Il y croit., des l>adauds aulant et plus qu'ailleurs, cobn. Menteur, I, 4. Le tout glacé, verni, blanchi, doré, Et des badauds à coup sûr admiré, volt. Temple du goût.

— SYN. BADAUD, BENÊT, NIGAUD, NIAIS. L'étymO-

iOgie, du moins pour les.trois premiers, montre les nuances. Le badaud est celui qui baye aux corneilles, qui s'arrête à toute chose, comme s'il n'avait jamais rien vu; le niais, comme le jeune oiseau qui sort pour la première fois de son nid, est sans expérience, et, en quoi que ce soit, il ne sait comment s'y prendre; le benêt est une créature bénite, simple, et qui fait ou croit tout ce qu'on veut. Le nigaud est celui qui s'attrape à toute chose, et qu'aussi par toute chose on attrape.

— H1ST. xvi* s. Car j'entends que plusieurs badaux S'en vont disant : ce n'est qu'ivrognerie Que les vaux-de-vire nouveaux, jean le houx, h. Reputez grands badaux, et caillettes, sots en latin et enfrançois, de l'avoir enduré. Sat. Mén. p. 83. Le fort de Gournay, qu'on appelle maintenant hridebadaut, ib. p. 4 55. Et ainsi le pauvre badautde village s'en alla quitte.... paré, xv, 28.

— ÉTYM. Berry, bader, bavarder ; wallon , bada, femme étourdie, évaporée; provenç. badau, niaiserie, badoc, badin, badaul, baduel, niais. Ce mot, qui paraît n'être entré dans le français que tard, vient du provençal; le provençal se rattache à un mot bas-latin, badare ou batare, qui signifie bâiller. Aller plus loin est difficile. Il y a dans le celtique : cornwall. badus, lunatique; bas-breton, bad, stupeur, étourdissement ; gaél. baodh, baoth, bdth, stupide, vain; mais ces mots ne répondent pas à la signification primitive de badare, qui signifie bailler.

T BADAUDAGE (ba-dô-da-j'), s. m. Action de badauder.

— HIST. xvi« s. Ilestoit bourgeois de Paris, Et de fait par un long usage II retenoit du hadaudage, Sat. if en. p. 247.

— ÉTYM. Badauder.

BADAUDER (ba-dô-dé), v. n. Faire le badaud. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Badaud.

BADAUDEU1E (ba-dô-de-rie) , s. f. Entretiens et actions de badauder. Nous allâmes au Palais-Royal où la hadauderie des courtisans m'étonna plus que celle des bourgeois, retz, m, 60.

— ÉTYM. Badauder.

t BADE (ba-d'), s. f. Terme de charpenterie. Ouverture du compas qui mesure les jours entre une pièce de bois et la place où elle doit être mise.

— ÉTYM. Radical bad, qui est dans le bas-latin badare, être ouvert (voy. béant).

t BADELAIRE (ba-de-lê-r'), s. m. Terme de blason signifiant une épée courte, large et recourbée.

— BIST. m* s. Caveliertira un grand panait ou hadelaire, du cange, badelare. Et lors il sacha un bazelaire et en fery si grand cop....iD. ib. || xv s. Si les convint couper plançons de bois à leurs espées et leurs badelaires pour leurs chevaux lier, froiss. I, 1, 38. Le connestable contre les coups se couvroit de son bras et crolsoit de son hadelaire en soi

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