BAD
défendant vaillamment, id. m, iv, 18. Un petit coustel portatif, apelé baudelaire, du cange, badelare. || xvi' s. Affiloient cimeterres, brancs d'acier, badelaires, rab. Prol. du livre m.
— êtym. Bas-lat. badelare, badarellus.
BADERNE (ba-dèr-n'), s. f. Terme de marine.
Il Tresse plus ou moins large, faite de fils de caret et employée à recouvrir les mâts, les vergues , les câbles , dans les parties que des frottements pourraient détériorer. || Grosse tresse en vieilles cordes peur empêcher des bestiaux de glisser par l'effet du roulis, y Fig. Toute chose ou tout individu hors d'état de servir,
— ÉTYM. Origine inconnue. Espagn. etital.baderna; bas-breton, badern; grec. mod. |j.7taôépva.
BADIANE (ba-di-a-n'), s. f. Terme de botanique. Grand arbre de la Chine et de la Tartarie (illicium amsatum, L.), qui porte des fruits appelés anis étoile.
BADIGEON (ba-di-jon), s. m. \\ 1* Couleur en détrempe dont on peint les murailles. || 2° Pâte qui sert à remplir les trous et les défauts des figures sculptées et du bois.
— ÉTYM. Origine inconnue.
BADIGEONNAGE (ba-di-jo-na-j') , s. m. Action de
badigeonner.
BADIGEONNÉ, ÉE (ba-di-jo-né, née), part, passé. Mur badigeonné.
BADIGEONNER (ba-di-jo-né), V. a. \\ 1° Peindre une muraille avec du badigeon. Badigeonner une façade. || 2° Remplir les creux d'un morceau de sculpture ou de menuiserie avec du badigeon.
— ÉTYM. Badigeon.
BADIGEONNEUR (ba-di-jo-neur), s. m. Celui dont le métier est de badigeonner.
— ÉTYM. Badigeonner.
t BAD1LLON (ba-di-llon, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Petite brochette que l'on cloue de distance en distance sur le gabarit d'un bâtiment en construction, pour indiquer la largeur des pièces de bois.
BADIN, INE (ba-din, di-n'), adj. || 1° Qui se platt aux choses légères. Un homme badin. Riez, Zélie, soyez badine et folâtre à votre ordinaire, labruy. 4 3. Ce n'est que pou r toi seul qu'elle est fière et chagri ne ; Aux autres elle est douce, agréable, badine, boil. Sat. x. H Substantivement. Horsde mode aujourd'hui chez nos plus froids badins, boil. Sat. xn. || 2° En parlant des choses. Un air badin. Esprit badin. Lettre badine. L'âme du singe fit tant de tours plaisants et badins , que l'inflexible roi des enfers ne put s'empêcher de rire, fén. t. xix, 54. Ô Dieul où serait ici votre sagesse de n'avoir montré des hommes à la terre que pour faire des essais badins de votre puissance? mass. Car. Avenir. Le tonde la conversation y est [à Paris] savant sanspédanterie , gai sans tumulte , poli sans affectation, galantsans fadeur, badin sans équivoque, 1. 3. rouss. Hél. 11, 4*. || Poème badin, poème qui raconte, en un stylaléger, des aventures badines, comme le Vert-Vertde Gresset. || En termes de graveur, pointe badine, main adroite et légère à tracer les traits. || 3° Adj. Fou, peu raisonnable. En ce sens il est peu usité présentement. Moi, jaloux ! Dieu m'en garde, et d'être assez badin Pour m'aller amaigrir avec un tel chagrin, mol. le Dép. I, 2. Il Substantivement. Sus, badin, levez-vous; si vous tombiez dedans.... bégnier, Sat. xiv.
— SYN. badin, enjoué, folâtre. Badin, quand on laisse de côté le sens ancien, qui le rapproche de bailaud, signifie celui qui, se plaisant aux choses légères, y met ou de l'esprit ou de la grâce. L'enjoué met de la gaieté aux choses qu'il dit. Le folâtre se livre à de petites folies qui ont leur charme . si la circonstance s'y prête, mais qui dépassent et le badinage et l'enjouement.
— HIST. xvi' s. On voit ez comédies italiennes tousjours un pédante pour badin [plastron], mont. I, 438. Quand je tanse avecques mon valet, quand je l'appelle un badin, un veau.... id. 1, 270. J'ay veu aussi les badins excellents, vestus simplement, m. 11, 404. Pour rire un ris acheté à prix d'argent, qu'ils payent à des baladins et à des badins et joueurs de farces, amyot, Tranquill. d'dme, 40. Au reste ils sont si sots et si badins qu'ils craignent Les charmeurs dont les points et la voix les contraignent À leur faire service.... rons.
— ÊTYM. Le même radical que badaud.
BADINAGE (ba-di-na-j'), s. m. || 1° Action de badiner. Un innocent badinage. Le badinage de son humeur, hamilt. Gramm. 4 6. C'est une chose bien sérieuse que de mourir; ce n'est point alors le badinage qui sied bien, mais la constance, la bruy. 46.
BAF
Croyez-vous qu'ébloui de vos vaines paroles J'ignore qu'en effet tous vos discours frivoles Ne sont qu'un badinage.... boil. Sat. x. Vouloir accordertoutleluxe et tout le badinage du monde avec la dévotion, cela n'est pas sans exemple, mais c'est l'aveuglement le plus déplorable, bourd. Pensées, t. I, p. 459. Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux, boil. Art p. it. Il 2' Ton badin, manières badines, style badin. Il y a un badinage agréable dans les écrits de cet auteur. Imitez de Marot l'élégant badinage, boileau, Artp.i. Quand il n'était question que de plaisirs, on eût dit qu'il n'avait étudie toute sa vie que l'art si difficile, quoique frivole, des agréments et du badinage, fonten. Argenson. || Locution proverbiale, mais qui a vieilli : être instruit en badinage , c'està-dire être fait à tout ce qu'on veut, être instruit de toute l'intrigue, être accoutumé à tout ce qu'on désire.
— HIST. xvi* s. Je sçay bien que les poures Egyptiens d'Hérodote sont fort moquez quant à leur religion, et ne nie pas que ce ne soit à bon droict; car on y voit de grans badinages, H. est. Apolvg. pour Hérod. Disc, prélim. vi.
— ÉTYM. Badiner.
BADINANT (ba-di-nan), s. m. || 1* Cheval surnuméraire dans un attelage. Six chevaux de carrosse et un badinant. 11 a vieilli. || 2° Avant laRévolution, badinant, le neuvième conseiller d'une chambre , au parlement de Paris.
— ÉTYM. Badiner.
BADINE (ba-di-n'), s. f. Baguette mince, souple et légère. || S. f. plur. Sorte de petites pincettes.
— étym. Badin.
+ BADINE.YIENT (ba-di-ne-man), adv. D'une manière badine. Pégase s'agenouillait badinement, quand Voiture le montait, sahbazin, Pompe funèbre de Voilure.
— ÉTYM. Badine, et le suffixe ment.
BADINER (ba-di-né), t). n. || 1° Faire le badin,
plaisanter. Avec ses compagnons tout le jour badiner, Sauter, courir, se promener, la font. Fab. vin, 4 6. Je rapporte ceci pour une leçon qui doit apprendre à ne jamais badiner avec les armes, stsim. 1, 4 89. Le disciple de Zenon a sans cesse la lance en arrêt contre la volupté ; celui d'Ëpicure vit sous la même tente et badine avec elle, dider. Essai s. Claude, liv 11. Des choses que vous dites en badinant, sév. 4 4 4. 11 badine sur la belle pièce que j'ai faite, id. 662. J'ai eu tort de badiner sur M. d'Oldenbourg, id. 435. La maladie de nos jours est de vouloir badiner de tout, vauven. Sur les anc. et les mod. Mais du vent qui s'élève un souffle inaperçu Badine avec ma voile et l'enfle à mon insu, lamart. Ép. à Delav. La véritable grandeur s'abandonne quelquefois.... elle rit, joue et badine, mais avec dignité, la bruy. 2. Il Familièrement. C'est un homme qui ne badine pas, il est grave, susceptible, sévère. || Fig. En parlant des ajustements. Cette dentelle badine. Laissez badiner ce voile. || En termes de manège, ce cheval badine avec son mors, il joue avec son frein. Il 2" Avoir le ton badin, le style badin. Cet auteur badine agréablement dans ses écrits. Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, boil. A. poét.u. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Badin.
BADINERIE(ba-di-ne-rie), s. f. Chose dite ou faite
pour badiner. Si le lecteur est scandalisé de toutes les badineries qu'il a vues dans ce livre, il fera fort bien de n'en bre pas davantage, scarr. Jîom. coin. ch. 4 2. Cette badinerie n'est ni fade, ni usée, sév. 572. D Cnose folle ou niaise. Si j'appréhende quelque chose, c'est que des personnes un peu sérieuses ne traitent de badineries le procès du chien et les extravagances du juge, rac. Plaideurs, préface. Les génies les plus élevés tombent quelquefois dans la badinerie, soil. Longin, ch. 7.
— HIST. xvi' s. Ce sera quelqu'un qui fera mention d'une autre personne en bonne part [dans les épitaphes], ou celuy-là est le meilleur amy que j'aye, et plusieurs autres escripts pleins de telle badinerie, amyot, De la curiosité, 4 9.
— ÉTYM. Badiner.
t BADOURS (ba-dour), s. m. plur. Tenailles moyennes.
— ETYM. Un radical bad, qui se trouve dans le bas-latin badare, être ouvert (voy. béant).
t BADROUILLE (ba-drou-11, Il mouillées) , s. f. Terme de marine. Pelote formée de vieux cordages goudronnés, pour chauffer un vieux bâtiment que l'on veut caréner.
BAFOUÉ, ÉE (ba-fou-é, ée), part, passé. Il se vit bafoué, Berné, sifflé, moqué, joué, la font. Fab. 1, ».
BAG
BAG
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BAFOUER (ba-fou-é), v. a. Traiter quelqu'un avec dérision. On le bafoua sans miséricorde.
— WST. xvi' s. Nous n'aurons jamais assez bafoué l'impudence de cet accouplage [de l'homme et des Dieux], mont, u, 4 63.
— ÊTYM. Ane. franc, baffe et beffe; provenç. et espagn. bafa; ital. beffa; tous mots signifiant raillerie, moquerie; espagn. befar, railler, befo, lèvre du cheval, befar, remuer les lèvres; anc. franc. befler, se moquer; angl. to baffle. Le radical est le même que dans babine ou babouine, c'est-à-dire bap ou baf, lèvre, qui se trouve dans un patois allemand, Biîppe, bouche. On comprend comment remuer les lèvres a pu prendre le sens de se moquer.
BÂFRE (bâ-fr'), s. f. Repas abondant. Mot populaire.
t BÂFRÉE (bâ-frée) , s. f. Partie de plaisir où l'on bâfre. Il y a bâfrée céans. Populaire.
— HIST. xiv s. Couppe le cuir [du cerf] par derrière les oreilles, en allant au travers, en laissant grans biuffrées [pièces] du cuir pendant, lludus, f° xxi, verso. || xv* s. Le suppliant dit que si on faisoit sondevoir, on baillerait à icellui Julien une baufrée au long des joues, du cange, buffa.
— ÊTYM. Voy. BÂFRER.
BÂFRER (bâ-fré), v.n. Manger gloutonnement et avec excès. Populaire. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— hist. xvi« s. Il feut conclud que ils les bauffreroient sans rien y perdre, rab. Gar. i, 4. On [au] dyable l'un* qui se feignoyt; c'estoyt triumphe de les voir bauffrer, id. Pant. n, a*.
— ÉTYM. I!erry, baufrer; piémont. bafrè. Diez le rattache à bave, citant le picard bafe, gourmand, et baflier, baveur; dérivation qui reste douteuse. On trouve dans l'ancien français baufrée, avec le sens de pièce et avec celui de soufflet ; ce qui porte à croire que bâfre ou baufre signifie les joues et, par extension, joue pendante , pièce; d'où viendrait bâfrer Avec le sens qu'il a : de la sorte il se rattacherait au radical baf ou 60», lèvres (voy. bafouer). Il y a aussi dans le dictionnaire de Thomas, publié par Mal, t. vin, p. 71 : bafer, grossus, turgidus, ventriculosus ; d'où l'on tirerait sans peine le verbe baferare, s'emplir la panse. Mais rien n'est certain.
BÂFREUR (ba-freur), *. m. Celui qui mange ave» excès et gloutonnerie. Populaire.
— ÊTYM. Bâfrer; Berry, baufreur.
BAGACE (ba-ga-s'), s. f. Voy. bagasse.
BAGAGE (ba-ga-j'), s. m. || 1" Objets empaquetés,
nécessaires à ceux qui sont en voyage ou à la guerre. Voyageur sans bagage. Le général marchant sans bagages. Le soldat après la perte de tous ses bagages. Le soldat en désordre imprudemment s'engage Tant à brûler le camp qu'à piller le bagage, mairet, Sophon. 11, 4. Son bagage est bientôt fait; il emporte ses bras et s'en va, 1. 3. rouss. Ém. m. || Fig. Le bagage de cet auteur n'est pas 'ourd, il a peu écrit. H Familièrement. Plier, trousser bagage, décamper, s'en aller. Elle trousse bagage, et faisant ki gentille, régmf.r. Sat. xm. Après la figure que nous avons faite, plier bagage comme des croquants, hamilt. Gramm. 2. Il faut plier bagage, mol. Mis. iv, 4. Il Plier bagage signifieaussimourir. || 2°En termes de guerre, armes et bagage, les armes et les équipages de la troupe. La garnison capitula et obtint de sortir avec armes et bagage.
— hist. xvi* s. 11 fit plier bagage à ses troupes, ï/e'm. sur du G. ch. 5. La capitulation s'estoit faitte avec vie et bague sauve, et mal gardée, poureeque les soldats eschapperent, et pillèrent le bagage inaugré les chefs, d'aub. Hist. 1, 336. La capitulation sefist aussi tost à bagues sauves, enseigne desploiée , et la mèche allumée, sept jours de terme pour ploier bagage, id. ib. Et, 59. Nos troupes sont à cette heure toutes troublées et difformées par la confusion du bagage et des valets qui ne peuvent estoigner leurs maistres à cause de leurs armes, boni.
Il, »3.
— ÊTYM. Bagues, s. f. plur. paquets; bourguig. bagaige; maçonnais, bogage ; provenç. bagatge; espagn. b'igage; portug. bagagem.
BAGARRE (ba-ga-r'), s. f. Tumulte, grand bruit, 1, comblement, violent désordre. Il a péri dans la agarre.
— ÉTYM. Origine obscure. On a proposé : l'espagnol baraja, confusion, dispute; l'auc. haut-allem. bdga, combat; l'irland. bagair, menacer, terrifier, bagar, menace; génev. un bagar; wallon, gabare (par inversion). Certains font bagarre masculin : il s'est trouvé dans le bagar; c'est une faute, et, comme on voit, un provincialisme.
i. BAGASSE (ba-ya-s'j , s. f. || 1° Canne passée au
moulin et dont on a extrait le sucre. || 2° Tiges de la plante qui fournit l'indigo quand on les retire de la cuve après la fermentation.
— ÊTYM. Espagn. bagaso, marc.
2. BAGASSE (ba-ga-s'), t. f. Femme de mauvaise vie. Vieux. On n'entend que ces mots, chienne, louve, bagasse, mol. l'Étour.y, 44. Bagasse, ouvrirastu? rf.gnier, Sat. XI.
— hist. xm* s. C'est cil [amour] qui les amans justise, Et qui abat l'orgueil des gens, El si fait des seigneurs sergens, Et des dames refait baiesses [servantes], la Rose, 875. Sire, serjant, baiasse ou dame, ib. 44 420. Tel baiasse [servante] ne tel meschine, du cange, baila. Il n'ont baesse [servante] ne serjent [serviteur], ruteb. 4 28. Mais de tes joies, dame chiere [la sainte Vierge], Ne lairoie que ne contasse; Li saluz, ce fu la première; Dame, lors t'apelasbaasse,iD.u,te. || xivs.Margueritefut traictie par devers nous pour la bateure Adeline, jadis béasse de la dite Marguerite, nu cange, beassa. Il xv' s. Icelle basse ou chamberiere du dit prestre, id. audibilis. || xvi* s. Tant qu'elle estimeroit que l'on voulust donner l'honneur dont elle se verroit privée, à cette bagasse de Gabrielle, sully, ilém.
— ÉTYM. Provenç. baguassa; espagn. bagasa; ital. bagascia; portug. bagaxa. On indique pour étymologie un mot arabe idger, honteux, oubagi, prostituée; un mot celtique, kymri, bâches, femelle; le bas-latin baga, paquet, avec la terminaison acca : mauvais paquet. L'origine reste douteuse.
BAGATELLE (ba-ga-tè-1') , t. f. || 1" Objet de peu de prix ou inutile. Je lui redevais une bagatelle. Mille francs, une bagatelle pour un homme aussi riche. Il ne lui manque aucune de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi, autant pour la vanité que pour l'usage, la bkuy. 2. Tu n'as pas eu le courage de donner la moindre bagatelle à ta maltresse, hamilt. Gramm. 4 4.||2° Chose frivole, sans importance. Il se fâcha pour une bagatelle. Dire des bagatelles. S'amuser à des bagatelles. À quelles bagatelles ai -je perdu tout mon temps! Ce qu'elle vous veutdire estunebagatelle.coRN. Agés, a, 7. Voilà le fait! c'est une bagatelle, rf.gnard, Fol. amour. Prologue. Vous lirez cela quand vous n'aurez rien à faire du tout , quand votre âme aura besoin de bagatelles ; car point de plaisir sans besoin, volt. Lett. lime du Deffant, 13 oct. 4769. || 3° Absolument, la bagatelle, les frivolités agréables qui occupent le monde. Jusque-là qu'en votre entretien La bagatelle a part; le monde n'en croit rien, la font. Fab. x, 4. Ce n'est pas que souvent on ne connaisse la bagatelle et le néant de tout cela [le monde et ses engagements], bourd. Pensées, 1. 1, p. 224. Il ne faudrait que quelque réflexion; mais l'enchantement de la bagatelle dissipe tellement nos pensées que nous oublions sans cesse le seul bien digne de notre souvenir, id. ib. t. 1, p. 37. Un homme qui n'a de l'esprit que dans une certaine médiocrité, est sérieux et tout d'une pièce; il ne rit point, il ne badine jamais; il ne tire aucun fruit de la bagatelle, la bruy. 4 4. Je suis fort aise que ce petit traité me présente l'occasion d'obliger les femmes à mépriser la bagatelle pour s'attacher aux choses les plus belles et les plus utiles, marg. buffet, Observ. p. 474. Il S'amusera la bagatelle, s'occuper de choses futiles et sans intérêt. C'est une politique sûre de laisser le peuple savourer la bagatelle, la bruy. 40. || Elliptiquement, et comme expression de dédain. Bagatelle que tout cela. |J 4° Composition légère. Lisez cette bagatelle; elle est d'un homme d'esprit. Il S* Amourette, galanterie. On ne peut rien faire de ce jeune homme ; il n'aime que la bagatelle. Je ne croirai jamais qu'elles s'offensent de ce qu'on quitte un peu la bagatelle, hamilt. Gramm. 4. Maman dirait : craignez les bagatelles! Le diable est fin, tremblez, Suzon, bérang. Cartes. || Ne pas s'amuser à la bagatelle, pousser les choses plus loin que la simple galanterie. Pour moi, madame, je ne m'amuse point à la bagatelle, baron, Fausse prude, n, 4. Les choses étaient entre elle et le duc à ne plus s'amuser à la bagatelle, hamilt. Gramm. 8. Il Proverbe. Ce sont les bagatelles de la porte, se dit de choses sans importance et auxquelles il ne faut pas s'arrêter.
— étym. Ital. bagatella. tour de bateleur, bagatelle; espagn. bagalela; bas-latin bagatt ire, dire ou faire des bagatelles. Diez suppose qu'il vient, par quelque diminutif, du bas-lat. baga, bagues, bagage, de sorte que bagatelle signifierait une petite chose qu'on possède.
t BAGAUJJES (ba-gô-d), *, m. plur. Bandes de
révoltés, dans les Gaules, qui étaient composées surtout d'esclaves, et qui excitèrent des troubles très-sérieux sous les empereurs Dioclétien et Maximien.
— ÉTYM. Bagaudx, Bacaudx. On n'a que des conjectures sans autorité sur l'origine ultérieure de ce mot.