FÉN. XXII
— HIST. xv« s. Si y eut plusieurs escarmouches et envayes devant les barrières , froiss. ii , n, 8. || xvi' s. Elles se fermoient à grosses serrures et fortes barrières, amyot, Anton. 99. Comme aussi il leur servoit d'un des meilleurs hommes de barrière de son temps, d'aub. Uist. a, 484.
— ÉTYM. Barrer; provenç. barri era ; espagn. barrera; ital. barriera.
BARRIQUE (ba-ri-k'), s. f. || 1" Sorte de futaille. Descendre une barrique à la cave. Une barrique de vin, d'eau-de-vie, barrique pleinedevin, d'eau-devie, etc. || 2° Sorte de filet pour la pêche des lamproies.
— hist. xvi* s. Les premières barriques versées, la cavallerie se mesle dans les rues, d'aub. Uist. ï,
— ÉTYM Bas-lat. barrica; provenç. barriqua; portug. barrica; de même radical que bon! (voy. ce mot).
t BARRIR (ba-rrir) , v. n. Crier, en parlant de l'éléphant.
— ÊTYM. Le latin barrire.
f BARRIT (ba-rri), s. m. Cri de l'éléphant
— ÉTYM. Barritus.
fBARROlR (bâ-roir), s. m. Sorte de tarière dont se servent les tonneliers.
— ÊTYM. Barre.
t 4 . BARROT (ba-ro), *. m. Terme de marine. Petit bau.
— ÉTYM. Diminutif de barre.
t 2. BARROT (ba-ro), s. m. Petit baril d'anchois.
— ÊTYM. Même radical que dans baril.
f BARROTER (ba-ro-té), 0. o. Terme de marine. Remplir la cale d'un bâtiment jusqu'aux barrots.||La remplir de piles de morues.
— ÊTYM. Barrot 4.
t BARROTIN (ba-ro-tin) , s. m. Terme de marine. Petit barreau entre les baux d'un pont.
— ÊTYM. Diminutif de barrot 4.
t BARRURE (bà-ru-r*), s. f. Petite irrégularité sur une pipe. || Barre du corps d'un luth.
— ÊTYM. Barrer.
t BARS (bar; 1'* no se lie jamais), s. m. Poisson de mer dont la chair est très-estimée, dit aussi loup de mer (labrax lupus, t.).
— ÉTYM. Allem. Bars ou Barsch.
f BARSE (bar-s'j, s. f. Botte d'étain, dans laquelle on apporte le thé de la Chine.
t BARSET (bar-sè) , s. m. Petit bars.
— ÊTYM. Bars.
BARTAVELLE s. f. Perdrix rouge du midi, pins grosse que la perdrix ordinaire. Vous avez à la broche une excellente bartavelle, j. j. nouss. Confess. v.
— ÉTYM. On trouve dans le bas-latin bartaveïla , pour vertevella, mot du midi signifiant proprement chose qui se tourne, puis clef, anneau. Le nom de l'oiseau viendrait-il delà?
tBAKTHÉLEMITE (bar-té-le-mi-f) , s. m. Clercs séculiers vivant en commun, appelés ainsi du nom de leur fondateur dom Barthélemi Holhauser, et institués vers l'an (640 pour former de bons ecclésiastiques en Pologne.
t BARTHÉLÉMY (SAINT-) (sin-bar-tê-le-mi) , s. f. Massacre des protestants, en France, dansle xvi#siècle (août 4 572), qui eut lieu le jour de saint Barthélémy, d'où le nom. || Fig. Destruction, expulsion. Il se mit à faire une Saint-Barthélémy de tous les amusements, hamilt. Gramm. 4 4.
fBARYMÉTRIE (ba-ri-mé-trie), *. f. Terme de physique. Mesure de la pesanteur.
— ÉTYM. Botpù;, pesant, et u.ÉTpov, mesure. BARYTE (ba-ri-tf), s. f. Terme de chimie. Oxyde
de baryum, substance alcaline fort pesante
— ÊTYM. Bapùç, pesant.
4. BARYTON (ba-ri-ton), s. m. Terme de musique. Seconde espèce de voix d'homme, en allant du graveà l'aigu, intermédiaire entre la basse et le ténor. Baryton basse, baryton ténorisant, suivant sa tendance à se rapprocher de la basse ou du ténor.
— ÊTYM. Bapûtovo;, qui a la voix grave, de (Japù;, grave, etTovo;, ton.
2. BARYTON (ba-ri-ton), adj. Terme de grammaire grecque, qui se dit des mots qui n'ont pas l'accent sur la dernière syllabe, et qui se divisent en paroxytons et proparoxytons. || Verbe baryton, verbe qui, au présent de l'indicatif, n'a pas l'accent sur la dernière syllabe, etqui,parconséquent, n'est pas contracte. || S. m. Un baryton, un mot baryton.
— ÊTYM. Bsepûvovoç, de (3apù;, grave, ettôvo;, ton.
t BARYUM (ba-ri-om') , *. m. Métal d'un blanc d'argent, un peu malléable, qui, combiné avec l'oxygène, forme la baryte.
— ÊTYM. Voy. baryte.
4. BAS, BASSE (bà, bâ-s'; Vs se lie: un cœur bas et lâche, dites : bà-z et....), adj. || 1° Qui a peu de hauteur. Maison basse. Rives plus basses. Un
siège bas. Le plafond est bas. La porte est basse. Cet animal est très -bas sur ses jambes. || En termes de guerre, basse enceinte , la fausse braie. Place basse, la casemate et le flanc retiré qui sert à défendre le fossé. || 2° Baissé , par opposition à lové. Marcher la tête basse. Ce chien porte les oreilles basses. X leurs noms, un grand froid, un front triste, un œil bas M'ont fait voir aussitôt qu'ils ne lui plaisaient pas, corn. Othon, ï, 3. || Fig. Avoir l'oreille basse, être humilié, mortifié. || En termes de guerre, faire main basse, piller, ne pas faire de quartier; et figurément, traiter sans ménagement. || 3° Situé au-dessous d'une autre chose; dont le sol est plus bas. La partie basse d'une ville. La partie basse des Alpes. La cavalerie était placée dans la partie basse. Lieux bas et marécageux. Descendre dans les terres basses. La basse Egypte, la basse Normandie, la basse Bretagne. || Basses voiles, les srandes voiles d'en bas, par opposition à celles de hune et de perroquet. || Ce vin est bas, il est près de la lie , il sent la lie. || Ce bas monde , la terre , par opposition au ciel. || Basses terres, terres situées au pied des montagnes, ou près de la mer. || Les basses régions de l'air, les couches d'air les plus voisines de la terre. || La basse région de l'âme, celle où se forment les passions grossières et les appétits sensuels. || Le bas bout de la salle, la place la plus voisine de la porte d'entrée, et conséquemment, celle que l'on donne aux hôtes les moins distingués. || Au bas mot, en réduisant la chose autant qu'il est possible. Cette terre a coûté, au bas mot, cent mille francs. Il y a eu dans ce combat, au bas mot, deux cents tués. 114" Qui est inférieur à son point d'élévation ordinaire. Basse mer. Basse marée. La rivière est basse. Le jour est bas, il est sur son déclin. Le temps est bas, l'air est chargé de nuages moins élevés qu'à l'ordinaire. || Familièrement et fig. Les eaux sont basses , l'argent commence à manquer. || S" Bas se dit du temps, aussi bien que du lieu. Le Bas-Empire, l'Empire en décadence depuis Constantin jusqu'à la prise de Constantinople par les Turcs. || Les bas siècles, les bas temps, les temps qui suivent la chute de l'empire romain. || La basse latinité, la langue latine corrompue dont on s'est servi depuis l'invasion des barbares et durant le moyen âge. Le bas-latin , le latin de ces temps. Basse grécité et bas-grec, même sens quant au grec. || Le carême est bas, c'est-à-dire il commence de bonne heure, dés le moisde février. || 6° Qui se fait à peine entendre, en parlant de la voix. Voix basse. || X voix basse, sans élever la voix. Dire à voix basse. De sa voix la plus basse. Répondre sur un ton bas. || X basse note, sans élever la voix. On fit briller le vin de St- Laurens, et en basse note, entre M. et Mme de Chaulnes et moi, votre santé fut bue, sév. 609. Mlle Clairon va jouer, à basse note, Aménaïdeet Electre sur notre petit théâtre de Ferney, volt. Leltr. d'Argental, 4 2 août 4 765. || Fig. Avec tint de faiblesse, il faut la voix plus basse, corn. Perth. ï, 4. I! Familièrement Vous l'avez pris sur un ton trop bas, vous n'avez pas parlé avec assez de fermeté. j| 7° Terme de musique. Qui appartient au bas de la gamme, grave. Un son très-bas. || 8° Terme de danse. Danses basses ou danses nobles, celles qui, comme la courante, le menuet, consistaient dans des pas glissés et de belles attitudes, sans s'élever de terre. On les opposait aux danses par haut, qu'on appelait autrement balariinages, dans lesquelles on sautait plus ou moins. || 9* Fig. Inférieur, subalterne. Professions basses. Fonctions basses. Les gens de la basse classe. Reprocher à quelqu'un sa basse extraction. Être de la plus basse origine. Homme de la plus basse condition. Bas lieu, condition, naissance peu relevée. Combien a-t-on vu de rois venir de bas lieu, lesquels on n'a pas moins estimés pour cela! Tamerlan avait été porcher.... Francion, 1. n, p. 463. Le médiocre état d'une fortune basse, rotr. Bélis. v, 6. Aux mânes de Pompée il faut une autre offrande, La victime est trop basse et l'injure est trop grande, corn. Pomp. v, 2. Je n'attendais pas Un courage aussi grand dans un rang aussi bas, volt. Mér. iv, 4. || Le bas peuple, les dernières classes du peuple. Le bas peuble en vaudra certainement mieux, quand les principaux citoyens cultiveront la sagesse et la vertu, volt. Lettr. Damilaville, 43 avril 4 766. || Le bas commerce, les petits marchands. C'est la même négligence qui lui a fait dire que tout le bas commerce était infâme chez les Grecs, volt. Lettr. l.inguet, 45 mars 4767. || Les basses classes d'un collège, les classes élémentaires. || Le bas chœur d'un chapitre, les chantres et les chapelains. || Les bas officiers, les officiers subalternes. Ce terme dé-
BAS
sisnait.au xvn* siècle,en France, et désigne encore dans des armées étrangères, les grades inférieurs à celui d'officier, grades auxquels depuis lors on donne le nom de sous-officiers. || La chambre basse en Angleterre, la chambre des communes. || Basse justice, en parlant des justices seigneuriales, se disait par opposition à moyenne et haute justice; elle connaissait des droits dus au seigneur, cens et rentes, delà police, de dégât de bêtes, d'injures légères, etc. || Messe basse, messe dite sans être chantée par le chœur et sans assistance de diacre et de sous-diacre. L'évêque de Chartres ne pouvait jamais y dire la messe basse [dans la cathédrale],.st-simon, 78, t i. || Les basses cartes, les cartes inférieures, celles qui ont le moins de valeur et de force. || Maître des basses œuvres, cureur de retraits, vidangeur. || En termes de fauconnerie, oiseau bas, oiseau maigre et décharné. ]| 10° Vil, méprisable, honteux. Bas flatteur. Àme basse. Sentiments bas. Manière de vivre basse. Regarder comme une chose basse de.... Mais aussi n'ai-je pas cette basse malignité, de haïr un homme, à cause qu'il est au-dessus des autres, voit. Lettr.H. Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci, boil. Sat. ix. Madame, je n'ai point des sentiments si bas, rac. Phèd, h, 6. Ah! quelle âme assez basse!.... id. Bril. i , 4. Mais je m'étonne enfin que.... Vous ayez si longtemps, par des détours si bas, Feint un amour pour moi que vous ne sentiez pas, id. Baj. v, 4. Elle ne peut souffrir une basse pensée, corn. Cid, n, 3. S'il est, pour me trahir, des esprits assez bas, m. Cinna, i, 4. Il mettait la grandeur à ne rien faire de bas, fén. Tél. xin. Ta secte obscure et basseavilit les mortels, volt. Fanât, u, 5. || 11" Manquant de distinction, en parlant du langage et des choses d'esprit. Terme bas; expressions basses ; style bas; plaisanterie basse. Le bas comique. Cette manière basse de plaisanter a passé du peuple, à qui elle appartient, jusque dans une grande partie de la jeunesse de la cour, qu'elle a déjà infectée, la brut. 5. Ah! Velches, quand je vous donne du grand, vous dites qne je suis boursouflé; et, quand je vous donne du simple, vous dites que je suis bas, volt. Lettr.â!Argcntal,kt> mai 4 767. || 12° Peu élevé, en parlant du prix, de l'évaluation. Ce qui est le plus bas prix. Vendre à bas prix. Ceux qui mettent le nombre des tués au plus bas. Or de bas aloi; bas or; bas argent. Les fonds publics sont bas. || 13° En parlant de la vue, qui force à se baisser, à s'approcher de l'objet que l'on regarde. Avoir la vue basse, ne distinguer les objets que de près. || 14° En parlant de l'âge, qui appartient à la première enfance. Etre en bas âge. Dans son bas âge. || 15° Bas, s. m. La partie inférieure. Il venait du bas du pays. Il le saisit par le bas du corps. Il le fait rouler jusqu'au bas do l'escalier. Le bas de la montagne. Le bas d'un arbre. Le bas d'une robe. Il y avait, au bas de votre lettre, trois écritures différentes, voit. Lett. 30. || En termes d'astrologie, le bas du ciel, la troisième ou quatrième maison d'un horoscope, où est le nadir, c'est-à-dire la partie du ciel la plus basse à notre égard. || En termes de marine, partie extérieure d'un bâtiment, au-dessous de la ligne d'eau. || Fig. Je ne dois pas me fort soucier de ce qui se passe, dans le bas du monde, parmi les esprits inférieurs, balz. liv. v, lett. 40. || Notre argent est au bas [nous n'en avons plus] , il y faut remédier, hamilt. Gramm.3. || 11 y a du haut et du bas dans la vie, elle est mêlée de biens et de maux. Il y a des hauts et des bas dans la conduite de cet homme, beaucoupd'inégalités. Le sort a des hauts et des bas. Avoir du haut et du bas dans l'humeur. N'admirezvous pas comme cette vie est mêlée de haut et de bas, de blanc et de noir? volt. Leur. Damilaville, » février H767. Le christianisme a fait voir le haut et le bas de notre cœur, chateaub. Génie, n, m, 4. || Les voies inférieures du corps. L'opération [produite par les gouttes d'Angleterre, sorte de purgatif] sur le maréchal de Lorge fut douce, mais prodigieuse par le bas, st-sim. 29, 79. || Le bas delà voix, les sonsgravesdela voix. || Ce qui manque de distinction. Le trivial et le bas défigurent la tragédie, volt. Letlr. Watpole, 45 juillet 4708.
— bas, adv. || l°Dans la partie basse, dans un lieu situé au-dessous. Il était assis plus bas. Plus bas que la ville. Faire descendre quelque chose plus bas. Ces eaux viennent de plus bas. Nous aurons du mauvais temps , les hirondelles volent bas. Cette petite fille est assise trop bas. Dans cette grande marée, la mer s'est retirée fort bas. || Familièrement. Cet homme est bien bas percé, il est bien mal dans ses affaires. Locution tirée du tonneau qu'on perce bas , pour tirer les dernières
BAS
bouteilles de vin. || Boiter tout bas, boiter beaucoup. Monsieur boite tout bas, sév. 3>3. Monsieur, où courez-vous? c'est vous mettre en danger, Et vous boitez tout bas, bac. Plaid. Il, 43. || Plus bas, ci-après. Dont nous parlerons plus bas. || Jouer argent bas, jouer argent comptant. || En termes de marine, amener tout bas, filer entièrement les drisses d'une vergue, d'une voile. || Terme de marine. Couler bas un navire, faire qu'il s'enfonce sous l'eau ; et, neutralement, le navire coule bas. Couler bas d'eau, s'enfoncer sous l'eau parce que l'eau remplit le bâtiment. La chaloupe coulait bas d'eau, lorsqu'elle fut rencontrée par un navire. || 2" Fig. Est-il possible de tomber si bas, de s'abaisser à ce point, d'éprouver de tels revers? etc. N'autorisez pas De plus méchants que vous à la mettre [l'autorité] plus bas, cobn. Nicom. H, 2. Quand le sort ennemi m'aurait jeté plus bas, bac. ilithr. n, 4. |[ Être bas, être renversé. Unissons-nous ensemble, et le tyran est bas, corn. Sertor. m, 2. La tyrannie est bas, et le sort a changé, id. i'omp.n, 2. j| Tenir bas, tenir dans la soumission. Le peuple a besoin qu'on le tienne bas pour son propre repos, fén. Tél. xm.On a une secrète complaisance à tenir bas ceux-ci [domestiques, serviteurs], bourd. Carême, i, Ambit. 497. || Ce malade, cette malade est bien bas; il, elle est bien mal. On disait : Hâtons-nous, je l'ai laissé fort bas, Régnier, Sat. xi. Nous la trouvions si extrêmement bas, sév. 4 44. Quoi! l'oncle de Messieurs serait défunt! — Hélas! Il ne vaut guère mieux , tant le pauvre homme est bas ! regnard , Légat, m, 8. || 3° Mettre bas les armes ou les armes bas, rendre les armes, cesser de combattre. Qui mettait les armes bas devant l'ennemi, boss. Hùt. m, 6. Ils mirent bas les armes pour les regarder, fén. Tél. xx. Le sénat.... ordonna aux deux princes numides de mettre les armes bas, vertot, Hévol. rom. ix, p. 374. Je n'ai pointcru devoir mettre les armes bas, corn. Sertor. iv, 3. || Mettre habit bas, se déshabiller. Il mit veste bas. || Mettre chapeau bas, se découvrir par respect. En joue il [Jupin] vous met sans qui-vive! Mais je l'aborde chapeau bas, bêrang. B'.uets. || Elliptiquement. Chapeau bas! découvrez-vous! || En termes de marine, mettre pavillon bas, baisser le pavillon; et figurémer.t, céder, se rendre. || Mettre voiles bas, abaisser ses voiles. Ses trois vaisseaux en rade avaient mis voiles bas, corn, l'omp. Il, 2. || Fig. Mettre bas, déposer, renoncer à. J'avais mis bas avec le nom d'aîné L'avantage du trône où je suis destiné, corn. Nicom. m, 6. Croyez-moi, mettez bas l'artifice, id. Othon,
n, 6 Mettant leur haine bas, m.Pomp. Vf, 4. Je
vous obéirai, seigneur, sans complaisance, Et mets bas le respectqui pourrait m'empêcher.... id. Cinna, n, 4. Allons donc, messieurs, mettez bas toute rancune, mol. Am. méd. 4. Mettons bas toute feinte, id. Éc. des mar. n, 3. || Mettre bas, renverser. La troupe qui l'assaut [assaille] et la veut mettre bas, malh. i, 4. De l'Orient mettant l'empire bas, id. n, 3. Je fais émerveiller tous les yeux de la terre De voir que le malheur ne m'ose mettre bas, id. iv, 7. Il a mis bas les puissants, boss. ii, Visit. 4. Je n'aspirerais au bonheur de vous plaire Qu'après avoir mis bas un si grand adversaire, corn. Pomp. iv, 3. || Mettre bas, en parlant des femelles d'animaux, faire un petit, des petits. La lionne met bas dans des lieux trèsécartés, buff. Lion. || En termes de vénerie, le cerf a mis bas, son bois est tombé. || 4° Bas, d'une voix basse, sans faire de bruit, au-dessous du ton convenable. Parler bas à quelqu'un. Il me répète tout tes son refrain. Il demanda tout bas. Rire tout bas. Parlons bas, écoute, corn. Cid, n, 2. Parlons plus bas, mes sœurs. Ciel! si quelque infidèle.... rac. Esth. n, 9. || Fig. En secret. Il suffit que mon cœur me condamne tout bas, rac. Androm. iv, 5. Mais, maigre ses efforts, il frémissait tout bas Qu'on applaudit en lui des vertus qu'il n'a pas, volt. M. de Ces. il, 4. || 5° Terme de musique. D'un ton qui est vers le grave. Ce luth est monté trop bas. || 6°X bas, locut. adverb. Mettre ou jeter à bas; jeter, renverser; et figurément, détruire. Me jeter du Pont-Neuf à bas en la rivière, Régnier, Sat. vm. Je fais jeter de grands arbres à bas, sév. 02. || Fig. Pour jeter un des partis à bas, corn. lior. I. Il le veut élever, il le peut mettre à bas, id. Pohj. m, 2. Salvidien à bas a soulevé Lépide, id. Cinna, iv, 4. Je vous l'avoue, il n'est pas encore temps de mettre à bas Mazarin, retz, m, 97. Le grand combat qui met nos ennemis à bas , mol. Amph. i , t . Veilà le marquisat et la vicomte à bas, id. Les prie . ridic. se. 4 6. Les ennemis sont à bas, boss. llist. n, 5. Son système et celui de M. Claude est à bas, id. Avert. 6. Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats,
BAS
bérang. Requête. Il Cris d'improbation. X bas la cabale! à bas! Crier à bas les ministres, bêrang. G. nation. ||Xbasde, loc. prépos. Sejeteràbasd'unmur, des retranchements. Sauter à bas de cheval. Il saute à bas de son lit, j. j. rouss. Ém. il. || 7° En bas, loc. adv. Dans un lieu placé au-dessous. De haut en bas. Aller en haut et en bas. Il tombe la tête en bas. Piques qui tombent la pointe en bas. || Fig. Regarder, traiter quelqu'un du haut en bas, le regarder, le traiter avec dédain, avec mépris. Ces femmes qui regardent un chacun de haut en bas, mol. Impr. 4. || En bas de, locut. prépos. On le trouva évanoui en bas de l'échelle. !| D'en bas, loc. adverb. Les émanations qui venaient d'en bas. || Par en bas, loc. adv. Dans le bas. Sa taille est devenue plus fine par en bas, sév. 499. || 8° Par bas, dans un endroit bas. Demeurer par bas. Être logé par bas, au rezde-chaussée. || Par bas, en termes de médecine, par les voies inférieures du corps. Purger par bas. Purger par haut et par bas. Cette drogue fait aller par haut et par bas, elle fait vomir et aller à la garderobe. || 9° Ici-bas, sur la terre, par opposition au ciel. || 10° Là-bas, loc. adv. Au-dessous; à une certaine distance. Il demeure là-bas. Le vois-tu bien, làbas, là-bas, Là-bas, là-bas? dit l'espérance; Bourgeois, manants, rois et prélats Lui font de loin la révérence, bérano. le Bonheur.
— REM. On met des traits d'union à : bas-Breton, habitant de la basse Bretagne; bas-breton, dialecte celtique parlé dans la basse Bretagne; bas-Normand, habitant de la basse Normandie; àBas-Empire, empire romain transporté à Constant inople et tombé en décadence; aux noms des départements, Bas- Rhin, Basses-Pyrénées, et à Pays-Bas (la Belgique et la Hollande). Mais on écrit sans trait d'union le bas Rhin, la partie inférieure du Rhin; les basses Pyrénées, les Pyrénées situées près de la mer.
— SYN. bas, abject, vil. Ce qui est bas est placé au-dessous. Ce qui est abject est jeté de côté. Ce qui est vil est de prix inférieur. Aussi abject et vil expriment un degré au-dessous de bas. Une condition basse peut n'avoir rien d'abject ni de vil. Quand bas s'applique au moral (une âme basse, des sentiments bas), bas, bien qu'il n'exprime plus un état qui soit indifférent, garde encore quelque chose de son sens primitif, et on enchérirait si on disait une âme abjecte, une âme vile; cela tient à la signification primitive, dont la nuance suit le mot dans tous ses emplois. On peut signaler la même différence entre abject et vil; ce qui est vil a très-peu de prix, est beaucoup au-dessous du prix, mais enfin a encore un certain prix; au lieu que abject est tout à tait rejeté, et, pour ainsi dire, mis à la voirie.
— HIST. xti" s. Se j'ai choisi haut ou bas, Je m'er. doi trop bien douloir, Couci, p. 4 22. Lasse, fait-ele en bas [à voix basse], que pourrai devenir? audefr. le bast. Romancero, p. 32. E quant li moinie [les moines] vindrent lur complie chanter, Quidierentil purveirque se dormistli ber,E chantèrent en bas.... Th. le mart. 48. || xm* s. Ilveustdirequetuit.ethaut etbas,fussentaOn [rassemblé] à cort de lui, Psautier, f° 424. El ne fu joine ne chenue, Ne fu trop haute, ne trop basse, Ne fu trop megre, ne trop grasse, la Rose, 2987. Il n'est pas resons que la gentil feme perde son droit d'eritage por ce, s'ele se marie en plus basse persone, beaum. xlviii, b. |j xiv° s. Ne le feu ne se peut acoustumer à descendre en bas, oresme, Eth. 33. Se François orent fait au matin bonne chiere, Aussi basse la font et s'embruchent en terre, Guescl. 22204. Doucement [il] lui a dit et à basse alenée, ib. 9527. Essayer si l'esprevier se tendra [tiendra] paisible sur le poing; si non, le mettre au bas [lui donner moins à manger], llénagier, m, 2. || xv" s. Vecy nos ennemis qui tantost à basse eau passeront la rivière, froiss. n, n, 32. Jean de Lannoy, qui estoit au clocher, crioit à ceux qui estoient bas, id. h, h, 95. Fist durant son règne [Louis XI] beaucoup de injustices, maulx et violences; et tellement qu'il avoit mis son peuple si au bas, que au jour de son trespai estoit presque au desespoir, jean de troyes, Chron. 1483. Ni Troye la grand cité ne cuidoit point que la fortune tant au bas la sceust mettre comme elle la mit, Bouciq. 1, ch. 23. Et voyant son maistre bas, commença à practiquer avec monseigneur de Lorraine, comm. v, 6. Le roy estoit jà fort bas, et à grant peine se vouloit il laisser veoir, id. t'6. vi, 9. Il xvi" s. Ce disant mit bas son grand habit, rab. Gar. 1 , 27. Quand les choses sont venues à leur point supellatif, elles sont en bas ruynées, id. 16. 1, 31. Les pèlerins disoyent en voix bassel'ungàraultre.— Quelque basse fousse des prisons, id. t'6. 1, 38. Son fils, parce qu'il est trop bas d'eage, id. ib. 1, 60. Bas
BAS
BAS
BAS
de stature, et de joye, et d'esbas. Bas de sçavoir, en bas degré nourri , Et bas de biens, dont il est bien marry, marot, ii, 90. Je l'ay veu en telle extrémité de maladie et si bas que tout le monde estoit désespéré de sa vie, mahg. Lell. 47. Et trouva sa pauvre femme si bas qu'elle avoit plus besoin de confession que de médecin, m. Nouv. lxxi. Ça bas [ici bas], mont, i, 106. Cette aultre volupté plus basse , id. i, C9. Gens de basse condition, id. i, 90. Quelqu'un du bas peuple, id. i, Hl. Ils sont moitié poisson par embas, id. ii, 263. Ceulx qui demeurent orphelins en bas aage, amyot, Lyc. 2. Avec une chère basse et morne, sans mot dire, id. Numa, 18. Ces jerbes furent emmenées jusques en un endroit où elles trouvèrent l'eau basse, et s'y arresterent, id. Public. 13. Ne pouvant croire que les Romains fussent si bas que d'avoir abandonné leur ville, id. Cam. 3». Hz le jetterent du haut en bas du chasteau, in. ib. 48. Les adherens de Camillus repoulsoient le sergent arrière de la chaire, et le commun peuple luy crioit d'à bas qu'il le tirast, id. ib. 72. Cela consunima et meit au bas la puissance d'Athènes, id. Aie. 42. Gouverneurs des basses provinces de l'Asie, id. Cimon, 36. Ceux de Cologne mirent bas [déposèrent les armes] sans estre forcez, d'aub. llist. i, 256. Le duc y envoia Sanctio Avilla avec 4000 hommes, qui, à un bas de marée, entra maugréle siège dans la ville, id. t'6. il, 67. Le vent aiant mis bas [étant tombé], id. ib. II, 83. Or il fut question de faire retraicte; car il estoit basse heure, carl. v, 16. Après avoir fait une bassissime révérence devant les dames, Sol. Mén. p. 65. Les bois, les monts, les baisses vois [je vais] tranchant [franchissant les vallées], la bobtie, 442. Son œil est doux et fier, son sourcil un peu bas, rons. Bocage royal, 2* partie, à la Rouvere.
— ÉTYM. Provenç. bas; espagn. bajo; portug. baixo; ital. basso. On a indiqué le celtique : bas-breton, bax; kymri, bas; irland. bass, mots qui signifient peu profond. Diez combat cette étymologie , d'abord en remarquant que le j espagnol répondrait mal au bas-breton et exigerait deux 4- ; objection insuffisante puisque les deux s sont dans l'irlandais. Puis il objecte le sens : bassus signifiant, dans Isidore , crassus, pinguis; dans Papias, curlus ; et dans le vieux français, qui n'est pas élevé, et non pas peu profond ; sens confirmé encore par l'italien bassolto, épais. Par ces raisons il rattache bas au latin bassus, qui a été un surnom et qui, d'après les gloses, exprime une certaine conformation du corps. Cette argumentation paraît probante.
2. BAS (bâ; Vs se lie : un bas à jour, dites : un ba-z à jour), s. m. Vêtement qui sert à couvrir le pied et la jambe. Bas de laine, de coton, de soie. || Bas drapés, bas fabriqués avec de la laine un peu lâchement filée. || Familièrement et fig. Cela lui va comme un bas de soie, lui convient, l'arrange parfaitement. || Bas bleu, nom que l'on donne par dénigrement aux femmes qui, s'occupant de littérature, y portent quelque pédantisme. Cette femme est un bas bleu, ces femmes sont des bas bleus. || Terme de mer. Bas de soie, ou, simplement, bas. barre de fer où il y a des liens pour mettre aux mains et aux pieds de ceux qui se conduisent mal.
— HIST. xvi" s. Les hommes estoyent habillez à leur mode : chausses pour les bas, d'estemet, ou saige drapée, rab. Gar. i, 66. Panurge sort de la soutte en chemise, ayant seullement ung demy bas de chausses en jambe, id. Pant. iv, 67.
— ÉTYM. Bas; car le bas est, comme on voit par les exemples, la partie inférieure de la chausse; picard, bô. L'expression bas bleu vient d'Angleterre (blue slocking) : en voici l'explication : « 11 y avait, vers 1781, un club littéraire qui se réunissait chez Mme Montague, et que l'on appelait le club des basbleus (bleue-stocking club). Un des membres les plus éminents de cette société était M. Stillingfieet, dont l'habillement se distinguait par un caractère de gravité; on remarqua surtout qu'il portait toujours des bas bleus. Telle était l'excellence de sa conversation que, quand il lui arrivait d'être absent, on avait coutume de dire : Nous ne pouvons rien faire ce soir sans les bas bleus. Peu à peu des clubs s'établirent sous ce titre, et le terme de bas bleu s'étendit aux femmes de lettres ridicules et pédantes, esqmros, Hevue des Veux Mondes, avril isca, p. 778. »
t BASAL, ALE (ba-zal, za-1'), adj. Terme de zoologie. Qui appartient à la base.
— ÊTYM. Base.
BASALTE (ba-zal-f), s. m. Terme de géologie. Roche d'unegrande dureté, de composition variable,
d'origine ignée, disposée en nappes, en buttes, en filons, d'une étendue quelquefois considérable.
— ÉTYM. Basaltes , mot que les Latins disaient être africain.
f BASALTIFORME (ba-zal-ti-for-m') , adj. Qui a la forme du basalte.
— ÉTYM. Basalte, et forme.
BASALTIQUE (ba-zal-ti-k'), adj. Formé de basalte. Le3 roches basaltiques. J'ai la grotte enchantée aux piliers basaltiques, v. hugo, Bail. 15.
— ÉTYM. Basalte.
BASANE (ba-za-n'J, s. f. Peau de mouton qui, étant bien préparée, sert, au lieu de peau de veau, à relier des livres.
— HIST. xiii* s. X eus deus me sui descouvers, Monstre leur ai à iex ouvers, Que mes cuiriens [ma peau] devient basane, a. dinaux, Trouvères artésiens, p. <2t. Jà soit ce que les selles que il face ou que il vende soient garnies toutes de vache ou toutes de basannes, Liv. des met. 208. || xv* s. Du surplus ne servoit à rien.... La raison, car son cordouen [cuir] Estoit jà devenu basane, coquill. Enquête de la simple et de la rusée. || xvi" s. Je luy fays acroire que la lune estfaycte de bezane, palsg.
— ÉTYM. Espagn. et portug. badana; de l'arabe bithSnet, peau de mouton tannée.
BASANE , ÉE (ba-za-né , née) , part, passé. Noirci , hâlé, en parlant de la peau. Un teint basané par le grand air. Imaginer l'bomme, c'est s'en représenter un de grande ou de petite taille, blanc ou basané, boss. Connaiss. i, 9. Ses mains basanées, Aux palmes de Mars destinées, j.b.rouss. Odes, n, 16.
t BASANER (ba-za-né) , v. a. Donner à la peau une teinte noirâtre. Il faut toujours avoir le masque sur les yeux, De peur que peu à peu le clair flambeau des cieux De ses rais élancés ne basane la face, Disc, sur la Mode, en 1643. || Se basaner, v. réjl. devenir basané.
— HIST. xvi" s. Dont se fait leucophlegmatie qui fait le corps tout bouffi et la couleur du visage basanée et blafarde, paré, xviii, 71 Dès la terre
gelée Des scythes englacés, jusques à la hallée Des Mores bazanez, rons. 863. Il n'est pas bon tanneur; car il ne sçayt besanner son cuyr, palsgr. p. 574.
— ÊTYM. Ba-fane.
BAS-BORD (bâ-bor), t. m. Orthographe fautive au lieu de bâbord.
t BASCONETTE (ba-sko-nè-f) ou BASCOCETTE
(ba-skou-è-f) , s. f. Un des noms locaux de la mésange à longue queue et de la lavandière.
tBASCIIL(ba-skul), s. m. Courroie fixée à la sellette d'un cheval limonier, et qui embrasse l'avaloire.
— ÊTYM. Voy. BASC-jLE.
BASCULE (ba-sku-1'), s . f. || 1" Machine dont l'un des bouts se lève quand on pèse sur l'autre. La bascule d'un pont-levis. On les suspendait [les corps] à de longues bascules, qu'on élevait et qu'on baissait tour à tour, volt. Phil. n, 24. || Faire la bascule, faire un mouvement semblable à celui d'une bascule. || Jeu où deux personnes, placées à chaque bout d'une pièce de bois, s'amusent à se balancer. || Fig. Système de bascule, système qui consiste à donner des satisfactions alternatives à chacun des partis politiques qui se partagent l'influence. || 2° Machine qui servait à peser les voitures aux bureaux d'octroi. || 3° Terme de serrurerie. Pièce de fer qui fait ouvrir à la fois deux verrous. || Tringle servant à tirer une sonnette. || 4° Terme de charpentier. Pièce en bascule, pièce assemblée, par une de ses extrémités, dans une autre pièce. || 5° Terme de pêche. Bateau servant à transporter vivant le poisson d'eau douce. || 6° Terme de couvreur. Égout dont la saillie est double de la saillie ordinaire.
— HIST. xvi" s. Les rues voisines des portes furent bien tost couvertes de morts, et l'entre deux des portes plain jusques à la hauteur de la bacule, d'aub. llist. n, 476. Herses, trappes et bacules, carl. v, 10. Aucuns se servent de siringues, soupapes, bassecules.... pour ramonler l'eau des puits, o. de serres, 774.
— ÉTYM. Bien qu'on trouve bassecule dans Olivier de Serres, bacule de d'Aubigné paraît la vraie écriture. L'étymologie sera donc battre et cul, machine à faire toucher le cul à la terre.
-f BASCULER (ba-sku-lé), v. n. Éprouver le mouvement de bascule, faire la bascule. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— hist. xvi" s. Il passa sa galère par dessus la chaine; retirant au commencement toute la foule en poupe, pour faire avancer la proue jusqu'à moitié
de la quille, et puis rechargeant le devant de tout l'équipage, fit baculer, et ainsi se sauva, d'aub. llist. I, 158.
— ÉTYM. Bascule. ■
BAS-DESSUS (bâ-de-sû) , t. m. Voix plus basse que le dessus, dont elle diffère en ce qu'elle a deux tons de plus au grave et ne s'élève pas autant ; l'étendue en est comprise entre le la au-dessous de la portée (à la clef de sol sur la deuxième ligne) jusqu'au fa cinquième ligne; on dit aussi second dessus, legoarant.
— ÉTYM. Bas et dessus.
BASE (bà-z'), s. f. ||i° Ce qui, posé solidement, supporte le poids d'un corps. Bloc qui diminue de la base au sommet. Base d'un piédestal, d'une colonne. || La partie inférieure. La base d'une montagne. X la base des cornes. || Poétiquement. La terre chancelle sur ses bases; la lune se couvre d'un voile sanglant [à la consommation des temps], ciiateaub. Génie, i, vi, 7. ||2° Fig. Fondement, principe. Cette règle qui est la basede tout jugement. Jeter les bases d'un traité. L'empire qui s'écroule par sa base. Asseoir l'autorité sur la base des lois. La vraie félicité qui n'a d'autre base que la vertu. La foi, cette base de l'esprit chrétien, mass. Carême, Prod. La doctrine qui est la base de ce dérèglement, pasc. Prov. 6. Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme et une dernière base constante, id. dans cousin. Tout drame pèche essentiellement par la base s'il offre des joies sans mélange de chagrins, chateaub. Génie, n, n, 3. De leur trône abattu l'équitéfut la base, lemerc. Mahom. 11, y, 3. Un ministre est toujours un homme en spectacle à l'Europe ; son honneur est la base de son crédit, volt. Russie, n, 1. 1| 3° Terme de mathématiques. Base d'une pyramide, le polygone opposé au sommet. || Base d'un prisme, un des deux polygones égaux et parallèles, dont les côtés servent de base aux parallélogrammes latéraux. || Base d'un cône, d'un cylindre, les cercles où viennent se terminer les surfaces courbes de ces corps. || Base d'un parallélogramme, un des côtés adjacents, et presque toujours celui qui est le plus horizontal et le plus près de la terre. La surface d'un parallélsgramme est le produit de sa base par sa hauteur. || Le nombre invariable qui sert à définir un système de numération, de logarithmes, etc. La base de notre système de numération est dix. || Terme de géodésie. Ligne mesurée avec touie l'exactitude possible et servant à évaluer toutes les autres. || Terme d'optique. Base distincte, locution employée quelquefois pour distance focale. || En anatomie, la base du cœur, la partie opposée à sa pointe. || En botanique, base d'un organe, point par lequel il tient à son support. ||4°Terme de musique. Tonique , note fondamentale. || 5° Ce qui entre comme principal ingrédient dans un mélange. Le cacao est la base du chocolat. 116° En chimie, base, corps composé qui jouit de l'un ou des deux caractères suivants : i° de se combiner avec un acide, de manière à former un composé différant des deux composants; 2" de jouer le rôle d'élément électropositif dans une combinaison quelconque. || 7° Terme de menuiserie. Moulure saillante couronnant le parquet au bas d'une porte cochère. || Terme de serrurerie. Moulure en cuivre au bas d'un barreau de rampe.
— HIST. xii* s. Puis fistdis bases, e chascuneont quatre aines de longur e quatre de laûr [largeur] e treisde haltur, Bois, 254. Lores prist les riches columpnes de araim, ki al temple furent, od tûtes les basses, e la vaissele que l'um apelout mer de araim, ib. 436.
— ÉTYM. Basls, de patrie, marche, allure, pied ou plante du pied, de paivto ou pàto, aller, et aussi avoir une assiette ferme ; latin, vadere, aller (voy. je vais).
BASELLE (ba-zè-1') , s. f. Genre de plantes exotiques dont deux espèces sont acclimatées chez nous : la baselle rouge et la baselle blanche. La feuille se mange.
t BASER (ba-zé), v. a. Fonder. Il n'est d'usage qu'au figuré. Baser un système sur des faits. || Se baser, t>. rc'fl. Se fonder. C'est là-dessus qu'il se base.
— REM. Ce mot est un néologisme fort employé présentement, et qui n'a rien de condamnai)!» en soi, puisque baser est formé par rapport à base comme fonder par rapport à fond, mais qui est peu utile, puisque baser ne diffère pas sensiblement de fonder. Il vaudra donc toujours mieux, en écrivant, se servir de fonder que de baser.
— ÉTYM. Base.
t BAS-FEUILLET (bà-feu-llè, Il mouillées), s. m.
BAS
Une des deux feuilles do la scie du tablcttier. || Au plur. Des bas-feuillets.
BAS-FOND (bâ-fon), s. m. || i° Terrain bas et enfoncé. Une maison située dans un bas-fond. || 2" Endroit de la mer peu profond, mais sur lequel la navigation est possible; par opposition à haut-fond qui vient jusqu'à fleur d'eau et sur lequel il est dangereux de naviguer. \\Au plur. Des bas-fonds.
— ÊTYM. Bas et fond.
'(■ BAS-GREC (bâ-grèk), s.m. Voy. BAS 4.
JBASICITÉ (bâ-zi-si-té), s. f. Terme de chimie. Propriété qu'a un corps de jouer le rôle de base dans certaines combinaisons ou même dans toutes.
— ÊTYM. Base.
t BASIFICATION (ba-si-fi-ca-sion), s. f. Terme de chimie. Acte par lequel un corps passe a l'état de bise.
— ÉTYM. Les verbes hypothétiques basifier, basifitare, de basis, base, et le suffixe ficare, faire.
f BAS1F1XE (bâ-zi-fi-ks'), adj. Terme de botanique. Qui tient à une autre partie par sa base. Anthère basifixe.
— étym. Base et fixe.
t BASIGÈNE (ba-zi-jo-n*), adj. Terme de chimie. Qui produit les bases.
— ÊTYM. Base, et Yevfa, suffixe grec signifiant qui est engendré, et ici mal employé pour qui engendre.
t UAS1GYNE (ba-zi-ji-n'), s. m. Terme de botanique. Nom donné quelquefois au supportdel'ovaire.
— ÊTYM. Base, et vvvti , femelle.
BASILAIRE (ba-zi-lê-r'), adj. Terme d'anatomie.
Oui sert de base ou qui appartient à une base et particulièrement à la base du crâne.
— HIST. xvi* s. L'os basilaire ou cunéiforme ou sphénoïde, de figure semblable à unechauve-souris, taré, m, 4.
— ÊTYM. Sans doute de base, bien que la formation soit très-irrégulière.
f 4. BASILE (ba-zi-1'), s. m. Ordre de Saint-Basile; le plus ancien detouslesordres religieux, fondé dans les déserts du Pont au iv* siècle par saint Basile le Grand, évêque do Césarée en Cappadoce. L'habit est le même que celui des bénédictins, sauf la coule, qui est plissée devant et derrière. Il y a des religieuses de même ordre portant un grand manteau noir et une guimpe noire.
— ÉTYM. BiaiXcio;, nom propre.
t 2. BASILE (ba-zi-1'), *. m. Personnage du Barbier de Séville, de Beaumarchais, dont le nom s'emploie dans la conversation pour désigner un calomniateur à la fois sot et mercenaire.
f3. BASILE (ba-si-1'), s. m. Terme de métier. Inclinaison du fer d'un rabot, d'une varlope.
4. BASILIC (ba-zi-lik), s. m. Herbe odoriférante de la famille des labiées (ocymum basilicum, £.).
— HIST. xvi" s. Sauge, basilic, sariette.... paré, xxiv, 7. Un animal semblable à un scorpion, lequel s'estoit engendré pour avoir continuellement senti du basilic, ro. xix, 16. Le basilic, la lavande, l'aspic, et semblables herbes, o. de serres, 4h.
— ÊTYM. Bourguig. basericle; de basilisca, petite reine, de pamXtcrxoç , petit roi (voy. basilique 2).
2. BASILIC (ba-zi-lik), s. m. || 1° Espèce de lézard ou de serpent auquel les anciens attribuaient la faculté de tuer par son seul regard. || Fig. Des yeux de basilic, des yeux qui expriment le courroux et la haine. Il le regardait avec des yeux de basilic. || 2° En histoire naturelle, nom d'un genre de reptiles, tous de l'Amérique et inoffensifs, vivant sur les arbres, ainsi nommés par Linné à cause qu'ils ressemblent à la description du basilic fabuleux des Grecs. || 3° Anciennement, très-gros canon, portant 460 livres de balle, et nommé d'après la serpent, comme les coulevrines.
— HIST. xiii" s. Murcuz, uns connestables, enîontra un basilique, Hist. occid. des croisades, t. n, p. 680. || xvi" s. Puisque, beaux basilics, qui tuez par la vue, Je tiens ma liberté que j'estimois perdue.... J. le houx, vin. Là furent gagnées plusieurs choses remarquables, comme des basilics de divers calibres, jusquesà 80 livres de balles, et des pierriers de 300 livres, d'aub. Hist. i, 246. Desbazilics qui portoient 48 livres, m. ib. in, 446. 8 basilics sur quatre roues chacun, cahloix, vin, 24. Entre tous les serper.s, le basilic est le plus venimeux, paré, xxin, 26. Couleuvrines, serpentines, basilisqs.... noms pris des plus pernicieux animaux, comme des serpens, couleuvres, et basilisqs, id. ix, Trif.
— ÉTYM. Basiliscus, de paaiXûrxo;, petit roi (ainsi nommé à cause de sa puissance prétendue), île piaiXeùç, roi (voy. basilique 4).
DICT. DE Là LANGUE FRANÇAISE,
BAS
t 3. BASILIC (ba-zi-lik), s. m. Nom d'une étoile fixe de la première grandeur dans la constellation du Lion, dite aussi Régulus et Cœur du Lion.
— ÊTYM. BaffiXiaxoç, petit roi, équivalant au latin requlus.
B A SILICON (ba-zi-li-kon), s. m. Terme de pharmacie. Onguent composé de poix noire, de résine de pin, de cire jaune et d'huile d'olive.
— HIST. xvr s. J'appliquai un petit emplastre de basilicon, de peur que la playe ne s'agglutinast, paré, vm, 40.
— ÊTYM. BotcriXtxiv, royal (à cause de ses vertus) , de pa<Ti>£Ùç, roi (voy. basilique 4).
| BAS1LIDIEN (ba-zi-li-diin) , s. m. Sectaire gnostique du W siècle.
— ÊTYM. Basilides d'Alexandrie, l'auteur de cette secte, et qui vécut du temps d'Adrien.
<. BASILIQUE (ba-zi-li-k'), s. f. || 1* Terme d'antiquité. Édifice public où l'on rendait la justice, et dont les portiques inférieurs étaient occupés par des marchands. || 2° Nom qu'on donne à une église principale. Hélène avait fait enfermer le sépulcre de Jésus-Christ dans une basilique circulaire de marbre, chateaub. Mart. II, 451.
— ÉTYM. Basilica, de poiatXix^, sous-entendu olxta, maison, de pamXixo;, royal, de (ïa<jiXeùç,roi.
2. BASILIQUE (ba-zi-li-k'), adj. féminin. Terme d'anatomie. La veine basilique, veine qui monte à la partie interne du bras. || S. f. La basilique. Saigner à la basilique.
— HIST. xvi* s. Soudain tu presses le rameau venant de la cephalique, jusqu'à ce que suffisante évacuation de sang soit faite du foye par la veine basilique ou hépatique, pahé, iv, 2t.
— ÉTYM. BwnXixèç, royal (voy. basilique 1); veines ainsi nommées parles anatomistes anciens, qui les regardaient comme jouant un rôle important dans l'économie animale.
3. BASILIQUES (ba-zi-li-k"), s. f. plur. Compilation de lois rédigée en grec par ordre des empereurs Basile le Macédonien et Léon le Philosophe, au ix« siècle; elle a pour fondement les recueils de Justinien.
— ÉTYM. Basile, nom d'empereur.
BASIN (ba-zin), t. m. Étoffe croisée, dont la chaîne est de fil et la trame de coton.
— ÉTYM. Bas-latin, bambacium; bas-grec, pau.gâxiov, soie, coton; de pôji6uÇ, soie; d'où espagn. bombasi; ital. bambagino; français, bombasin et basin.
t BASINERVE (ba-zi-n&r-v*), adj. Terme de botanique. Feuille basinerve, feuille dont les nervures, partant de la base, gagnent le sommet sans se diviser.
—ÊTYM. Base et nerf.
t BASIQUE (bâ-zi-k'), adj. Terme de chimie. Qui peut produire des sels en se combinant avec les acides, en parlant d'un oxyde; qui présente les caractères de base, en parlant d'un corps quelconque ; qui contient un excès de base, en parlant d'un sel.
— ÉTYM. Base.
t BAS-JUSTICIER (bà-ju-sti-sié), s.m. Dans la féodalité, seigneur qui n'avait que la basse justice.
— ÊTYM. Bas 4 , et justice.
t BAS-LATIN (i)â-la-tin) , s. m. Voy. bas 4.
f BAS-MÂT (bâ-mâ), s. m. Terme de marine. Partie inférieure d'un mât à brisure. || Auplur. Des bas-mâts.
— ÊTYM. Bas 4 , et mât.
t BAS-MÉTIER (bà-mé-tié), s. m. Métier que l'on pose sur les genoux, pour de petits ouvrages. || Au plur. Des bas-métiers.
— ÉTYM. Bas 4 , et métier.
BASOCHE (ba-zo-ch'), s. f. || 1" Nom d'une cour de justice, établie fort anciennement entre les clercs du parlement de Paris, pour juger les différends qui s'élevaient entre eux. || 2' L'ensemble des avoués et des clercs, leurs habitudes.
—ÊTYM. Basilica, basilique, lieu où se tenaient les tribunaux. Ce qui prouve indubita blement cette et ymologie, c'est que les lieux qui se nomment basoche, baioge, baxoque, s'appelaient en latin basilica : à Tours, l'église Saint-Martin de la basoche, en latin Sancli Martini basilica (Supplément aux chroniques de Touraine, p. 20). Basilica, avec l'accent sur l», et l't bref dans {t, a donné nécessairement, dans le vieux français, basilque, prononcé baseuque, basoque, basoche, etc.
t BASOCIIIEN (ba-zo-chien), s. m. Autrefois membre, officier de la basoche.
— ÊTYM. Basoche.
4. BASQUE (ba-sk'), s. f. || 1° Autrefois petite partie d'éloffe qui était au bas du corps du pourpoint
i et où il y avait des œillets. || 2" Partie découpée et
BAS
tombante de certains vêtements. Le bout de ses souliers, la basque de son habit, J. J. rouss. Km. II. Je n'étais pas venu à Kircagach pour qu'un esclave fût assez téméraire pour me toucher la basque de mon habit, chateaub. llin. n, 42. Mais qu'un tendron te tire par la basque, Tu lui souris, bêrang. Troubad. || Familièrement. Il est toujours pendu à mes basques, il ne me quitte pas, il me suit partout. || 3° Terme de plombier. Pièce de plomb taillée en forme de basque.
— ÊTYM. On pense que ce mot vient de quelque mode suivie chez les Basques (voy. basque 2).
2. BASQUE (ba-sk'), s. m. || 1" Nom de nation. || Tambour de basque, sorte de tambour orné de grelots, qu'on tient d'une main et qu'on frappe de l'autre. Les Zingari [Bohémiens] allaient par troupes avec des tambours de basque, volt. Mœurs, 404. || Familièrement. Aller, courir comme un Basque, aller, courir fort vite. Vous m'avez fait trotter comme un basque, mol. le Dép. i, 2. || 2" Le basque, la langue parlée par les Basques.
— ÉTYM. Vasco, nom latin d'un peuple montagnard habitant en deçà et au delà des Pyrénées, et renommé pour son agilité.
BASQUINE (ba-ski-n') , s. f. Sorte de jupe riche et élégante que portent les femmes basques et espagnoles. Cette Espagnole.... Qui soulève, en dansant le fandango léger, Les plis brodés de sa basquine, v. hugo, Orient. 2t.
— HIST. xvi* s. Au dessus de la chemise vestoient la belle basquine de quelque beau camelot de soie, rab. i, 6. Si nous voyons les nymphes à minuit En leur simple vasquine, rons. 747.
— ÉTYM. Espagn. basqui na, jupe (voy. basque 1) ; picard, vasquine, corset avec basques.
BAS-RELIEF (bâ-re-lièf) , s. m. Ouvrage de sculpture en saillie sur un fond uni. L'on voit en basreliefs les aventures de la déesse, fén. Tél. n. || Au plur. Des bas-reliefs.
— ÊTYM. Bas et relief, c'est-à-dire relief peu saillant, par opposition à ronde bosse ; ital. bassorilievo , de basso, bas, elrilievo, relief.
t BASSAGE (bâ-sa-j'), s. m. Terme de tannerie. Opération du gonflement du cuir.
4 . BASSE (bâ-s'), t. f. Terme de musique. || 1" Celle des parties qui ne fait entendre que les sons les plus graves des accords. Lulli fut le premier en France qui fit des basses, volt. Louis XIV, 33. || Basse continue, celle qui accompagne un chant depuis le commencement jusqu'à la fin, sans concerter avec lui. || Fig. et familièrement. C'est la basse continue de son discours, c'est sa basse continue, c'estlesujetdontilparletoujours. || Basse fondamentale, système imaginé par Rameau et depuis longtemps abandonné, dans lequel toutes les notes d'un chant et ses accompagnements devaient être compris dans les harmoniques d'une basse non écrite, mais supposée, laquelle prouvait ainsi la bonté de toute l'harmonie. || Basse chiffrée, celle qui n'a, dans la portée musicale, que la note basse d'un accord, et où les autres sont indiquées par des chiffres écrits au-dessus (voy. chiffrer). || Basse contrainte, celle dont le chant est borné à un petit nombre de notes et à une même phrase qu'elle recommence toujours. || 2" Voix propre à chanter la basse. Cet homme a une belle basse. Et Gorillon la basse et Grandin le fausset, boil. Lutr. v. Il m'a cité l'exemple d'un chantre de Notre-Dame (je crois que c'était une basse), à qui un rhume avait fait perdre entièrement la voix, raC. Lellr. ni, à Boileau. David Rizzio avait une voix de basse agréable, volt. Mœurs, 469. || 3° Violoncelle, nommé basse, parce qu'il joue le plus souvent la basse dans les symphonies et les quatuors ou trios. Jouer de la basse. || Celui qui joue de cet instrument. C'est une bonne basse. || Basse de viole, ancien instrument appelé aussi viole de gambe, analogue pour la forme, la grandeur et la manière de le tenir, au violoncelle, qui l'a remplacé. Il vous faudra trois voix, qui seront accompagnées d'une basse de viole, d'un théorbe et d'un clavecin, mol. Bourg, gent. u, 4. || 4° S. f. plur. Les grosses cordes de certains instruments. Ce piano a de belles basses.
— ÉTYM. Bas, adjectif.
2. BASSE (bâ-s') , s. f. Terme de marine et d'hydrographie. Petit banc ou îlot de roches qui ne découvre jamais, sans cependant, comme le bas-fond, laisser assez d'eau pour passer dessus de basse mer. La basse tient le milieu entre le haut-fond et le basfond, legoarant. L'entrée du port était étroite et dangereuse à cause des bancs et des basses qui s'y rencontrent, sarrasin, Siège de Dunkerque.
— ÊTYM. Bas, adjectif.
BAS
t 3. BASSE (bâ-s'), *. {. Terme de manège. Pente douce sur laquelle on dresse le cheval à galoper et à plier les jambes.
— ÊTYM. Bas, adjectif.
t 4. BASSE (bâ-s'), s. f. Ustensile qui sert à porter de la vendange.
— hist. xvi" s. Si ladite matière ne se peut porter dans des paniers, il faut que tu prenes des basses, nui puissent tenir l'eau, comme si tu voulois porter ds la vendange, palissy, Vendange.
— ÊTYM. Probablement le même, avec une autre prononciation, que bâche au sens de auge.
BASSE-CONTRE (M-se-kon-tr') , s. f. Terme de musique. || 1" Voix du même timbre que la bassetaille, avec moins d'étendue à l'aigu et plus d'étendue au grave. Monsieur un tel est une belle basserniitre. || 2° Partie du chant que la basse-contre exécute. Chanter la basse-contre. || Au plur. Des basses-contre.
— HIST. xvi* s. Il chantoit bien la basse contre, marot, H, 134. Il y eut jadis un chantre qui servoit de basse-contre. — Et de belles paroles ils entretenoient ce basse-contre, desper. Contes, I. 11 avoit singulièrement bonne voix de basse-contre , id. ib. iv. Avecques ung dessus et une basse-contre il y avoit une espinetle, ung joueur de luth, dessus de violes, et une (leute-traverse, carloix, vi, u.
— ÉTYM. liasse, et contre, qui en musique se prend souvent pour exprimer ce qui est pousse à un degré extrême.
BASSE-COUR (bâ-se-cour), *. f. || 1° Terme d'économie rurale. Ensemble des bâtiments et cours habités par les animaux domestiques, et de toutes les dépendances qui s'y rattachent. || 2° Dans les habitations de princes ou de bourgeois, cour destinée aux écuries, aux équipages, etc. Dedans la basse-cour [il] vient de faire paraître Ce port grave et charmant qui le fait reconnaître, noTtt.Bélis. I, 4. || Familièrement et fig. Nouvelles de basse-cour, bruits sans fondement et indignes de foi. || Au plur. Des basses-cours.
— hist. xv s. La basse-cour [partie de la fortification des châteaux] fut prise et arse, froiss. ii, n, 65. || xvi* s. Au milieu de la basse court estoit une fontaine, rab. Garg. i, 64.
— ÊTYM. Bas et cour.
| BASSE-COUUIEK, 1ÈRE (ba-se-kou-rié, iê-r'), *. m. et f. Terme d'économie rurale. L'homme, la femme chargée du soin de la basse-cour. || Au plur. Des basse-couriers, des basse-courières.
— ÉTYM. Basse-cour.
t BASSE-ÉTOFFE (ba-sé-to-f),s. f. Terme de métier. Alliage de plomb et d'étain
— ÉTYM. Basse et étoffe.
BASSE-FOSSE (bâ-se-fô-s'), *. f. Voy. fosse.
t BASSE-LISSE (bâ-se-li-s') , ». f. Tapisserie de soie et de laine, relevée quelquefois d'or et d'argent. Ce n'est que la position du métier qui fait la différence de la basse-lisse et delà haute-Ûsse. || Au plur. Des basses-lisses.
— ÉTYM. Bas et lisse. '
i BASSE-LISSIER (bâ-se-li-sié), ». m. Ouvrier qui fait la tapisserie appelée basse-lisse. || Au plur. Des basse-lissiers.
— ÉTYM. Basse-lisse.
f BASSE-MARCHE (bâ-se-mar-ch*),''*?^ Partie du métier de basse-lisse. || Au plur. Des basses-marches.
— ÉTYM. Bas et marche.
BASSEMENT (bâ-se-man), adv. || 1° D'une manière basse. Il a agi bassement. Il s'est bassement conduit. S'exprimer bassement. Petites jalousies, petites intrigues, tout est petit, tout est bassement méchant, volt. Lettr. Bichelieu, 29 avril 1772. || 2° Dans une condition basse. Ceux qui sont nés bassement. La victoire m'honore, et m'ôte seulement Un caprice obstiné d'aimer trop bassement, rotr. Vencesl. Il, 3.
— rem. Bassement ne se dit plus pour à voix basse; il s'est dit autrefois en ce sens : Certes je ne puis faire, en ce ravissement, Que rappeler mon âme et dire bassement : Ô sagesse éternelle....
MAI.II. Ij 4.
— hist. xn* « El [autre chose] i ad que menaces, funt il mult haltement. » E le saint arcevesque desfient bassement [à voix basse], Th. le mort. <43. || xm*s. Car si bassement crie et brait, Qu'avis vous est, si vous l'oés, Ou que de braire est enroés, Ou que la gorge li estraingnent , /a Rose , <6290. || xvi' s. Alors dirois bassement à par moy : Pan, mon grand Dieu, veoit bien ce desarroy, marot, i, 316. Vivre petitement et bassement, amyot, Timol. 34. Les cols seront coupés avec un razoir, tant bassement qu'il sera possible, o. de serres, 86».
BAS
— étym. Basse au féminin, et le suffixe ment.
t BASSER (bâ-sé), v. a. Imbiber la chaîne d'une étoffe avec une colle qui rend les fils glissants.
BASSESSE (bâ-sè-s'), *. f. || i' État de ce qui est peu élevé, au propre. Il y a un certain degré de hauteur et un certain degré de bassesse que le mercure n'outre-passe presque jamais [dans un baromètre] , pasc. Fragment, secl. 3\ || Peu usité en ce sens. || 2" Fig. Manque d'élévation dans les sentiments. Pourque nous n'agissions pas avec bassesse. Ilyade la bassesse à faire le bien pour en tirer bénéfice. Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice, rac. Esth. m, 8. Tantde férocité,de bassesse et de rage, Tout est mon crime enfin, mais tout est votre ouvrage, brifaut, Ninus II, m, 7. Le vers se sent toujours des bassesses du cœur, boil. Art poét.iv. || 3° Action basse. Commettre une bassesse. C'est une bassesse de.... Ce qui me paraît la dernière des bassesses. Celles de ma naissance ont horreur des bassesses, corn. Rodog. m, 3. Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse Ne m'a jamais appris à faire une bassesse, id. Nicom. n, 3. Et j'irais l'abuser d'une fausse promesse ! Je me parjurerais! et par cette bassesse.... rac. Baj. n, 6. Il n'y avait point de bassesses que les rois ne fissent pour obfenir le titre d'allié des Romains, montesq. Rom. 6. || 4° Abaissement, infériorité. Ce n'est pas là ce que l'apôtre appelle la douceur du zèle et de la charité; c'est plutôt une bassesse de courage que rien ne réveille et n'élève, mass. Conférences , Vices. || En bonne part Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui s'estmisàgenouxauparavant et après, pour prier cet être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi tout le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu'ainsi la force s'accorde avec cette bassesse, pasc. dans oousin. || 5° Rang peu élevé, obscurité de la naissance ou de la condition. Reprocher à quelqu'un la bassesse de sa naissance. Ils ne cessaient de ravaler ce prince à cause de sa bassesse et de sa pauvreté, vaugel. Q. C. iv, t. Elle [Marie] se souvient que, tandis que le Seigneur néglige toutes les autres filles de Juda, il daigne jeter les yeux sur la bassesse de sa servante, la choisir et la combler de dons et de grâces, mass. Avent, Concept, de la Vierge. Votre grand Marius naquit dans la bassesse, corn. Sertor. n, 2. Que la fortune ne tente donc pas de nous tirer du néant ni de forcer la bassesse de notre nature, boss. Duch. d'Orl. || 6" Qualité du style bas, trivialité. Bassesse de style, de langage. Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse, boil. A. poél. i. Seuls dans leurs doctes vers ils pourront vous apprendre Par quel art sans bassesse un auteur peut descendre, Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers.... id. ib. ii.
— HIST. xiii* s. Ma substance est es basseces de terre, Psautier, f° 168.
— ÉTYM. Bas. Basseur est, dans l'ancienne langue, beaucoup plus usité, surtout au xvi' siècle.
BASSET(bâ-sè; le t selie dans le parler soutenu : un basset excellent, dites: bà-sè-t excellent; au pluriel, l's se lie: des bassets excellents, dites : bâ-sè-z excellents ; bassets rime avec traits, succès, jamais), s. m. || 1° Chien de chasse à poil ras, au nez souvent fendu, et très-bas sur pattes. La fumée y pourvut, ainsi que les bassets [chasse du renard] , la font. Fabl. ix, <4. || 2" Petit homme à jambes grosses et courtes. || Adjectivement. M. de Brissac avait infiniment d'esprit avec une figure de plat apothicaire, grosset, basset et fort enluminé , st-sim. 84, 66. || 3" Cor de basset, voy. à l'étymologie.
— ÉTYM. Diminutif de bas. Dans l'ancien français, basset était un adjectif qui signifiait tout bas : parler basset. Ce sens ou un sens très-voisin s'est conservé dans l'instrument nommé cor de basset, sorte île clarinette recourbée qui descend une tierce audessous de la clarinette ordinaire.
1. BASSE-TAILLE (bâ-se-tâ-U' , Il mouillées), s. f. Terme de musique vieilli. || 1" Voix d'homme immédiatement au-dessus de la basse, et dite aujourd'hui soit baryton , soit première basse. || 2° Chantsur qui a ce genre de voix. Une très-belle basse-taille. Si vous voulez avoir un modèle de récitatif mesuré italien, avant Lulli, absolument dans le goût français, faites-vous chanter par quelque basse-taille le Sunt rosx mundi brèves de Carissimi, volt. Lettr. Chabanon, 8 janv. 4773. || Aujourd'hui bassetaille s'emploie quelquefois dans le même sens que basse (voy. basse 2). || Au plur. Des basses-tailles.
— ÊTYM. Bas, et taille, au sens de ténor.
2. BASSE-TAILLE (ba-se-tâ-H'), s. f. Terme de sculpture. Bas-relief. Vieux.
BAS
— • ÉTYM. Bas, et taille, au sens de ciselure.
BASSETTE (bâ-sè-f), s. f. Jeu de cartes assez semblable au lansquenet. Des gens qui n'ont jamais joué qu'à la bassette, sév. 207. Deux grandes tables deux fois le jour, et une bassette dont on ne saurait se passer, id. 668. D'un tournoi de bassette ordonner les apprêts, boil. Sat. x. Il passe sa vie à taiJer à la bassette, boss. Lett. quiét. 260. Quand la bassette vint à La mode, il en conçut bientôt le fin par son algèbre naturelle, mais il conçut aussi que la véritable algèbre était encore plus sûre, et il fit calculer le jeu par feu M. Sauveur.... fonten. Dangeau.
— ÉTYM. Ital. basselta, jeu de cartes connu depuis très-longtemps en Italie, d'où un noble vénitien l'apporta en France, où il était ambassadeur, en
t BASSE-VERGUE (bà-se-vèr-gh"), *. f. Nom des deux plus fortes vergues. || Au plur. Des bassesvergues.
t BASSE-VOILE (bà-se-voi-F) , s. f. Les bassesvoiles sont celles qui sont gréées sur les bas-mâts. Nous n'avons pas une seule basse-voile de rechange. || Au plur. Des basses-voiles.
t BASSICOT (ba-si-ko), *. m. Caisse de bois dans laquelle on met les blocs d'ardoise pour les enlever de la carrière.
— ÊTYM. Sans doute diminutif de basse 4.
f BAS-SIÉGE (bâ-siè-j'), s. m. Siège moins élevé que d'autres. Nous nous rendîmes assidus aux audiences qui étaient tous les mardis et samedis matin aux bas-siéges, st-sim. 36, 168.
t i.BASSIER (bâ-sié), s. m. Amas de sable qui empêche la navigation.
— ÉTYM. Basse 2.
t 2. BASSIER (bâ-sié), *. m. Nom donné quelquefois à celui qui joue de la basse. || 11 vaut mieux dire bassiste.
— ÉTYM. Basse 4 .
BASSIN (ba-sin), s. m. || 1° Grand plat creux. Bassin à laver les mains, à laver les pieds. Claire comme un bassin, nette comme un denier, Régnier, Sat. xi. Dans la tente d'Achille, il y a des bassins, des broches, des vases, chateaub. Génie, n, n, n. || Bassin à barbe, plat creux avec une gorge dont on se sert pour faire la barbe. || Bassin, espèce de plat creux et rembourré que l'on passe sous les malades qui ne peuvent se lever, pour qu'ils aillent du ventre. || Bassin magique, bassin dont certains sorciers se servent pour leurs prétendues prédictions. || 2° Ce qu'un bassin contient. Un bassin d'oranges. || 3° Bassins de balance, les deux plateaux d'une balance. || Fig. Outre la moitié de sa raison, l'homme met de plus dans le bassin de Dieu tout le poids de son cœur, chateaub. Génie, i, vi, 6. || En termes d'astronomie, les Bassins, deux grandes étoiles de la Balance. ||4° Plat où l'on reçoit les oflïandesàla messe. Il mit quelques pièces de monnaie dans le bassin. || Locution populaire. Cracher au bassin, cracher dans le bassin , faire un déboursé. || 5° Grand vase à mettre de l'eau, cuve, baignoire. Bassin de marbre. Petit bassin. || 6° Réservoir d'eau. Bassin de bains publics. Bassin pour une naumachie. || Pièce d'eau dans un jardin, dans un parc. || Fossé qui a de l'eau, autour d'une ville. || Par extension. Le bassin de la mer. || 1° Endroit d'un port où les vaisseaux sont à flot et à l'abri des agitations de la mer. || Partie d'une rivière, d'un canal, qui est comprise entre deux ponts dans une ville. || 8" Terme de géographie. Espace au fond duquel coule un fleuve, et dont toutes les pentes sont dirigées vers ce fleuve. Le bassin de la Seine. || Plaine entourée de montagnes, de collines. Cette ville est située dans un magnifique bassin. Vous préférez les bords de la Seine au beau bassin de nos Alpes, volt. Lett. Cideville, 4 janv. t76l. Il fait un temps assezdouxdans notre bassin, entre les Alpes etle mont Jura, id. Lett. d'Argental, 19 déc. 1764. || 9° Terme de géologie. Dépression à la surface du sol, vers le centre de laquelle coulent et convergent des eaux. || Certain massif de couches ou réunions de terrains qui déterminent le caractère d'une contrée. || Ensemble de couches qui remplissent une cavité ou dépression. || 10" Terme d'anatomie. Canal courbe, à parois osseuses, qui, terminant inférieurement le tronc, lui sert de base, et qui fournit un point d'appui aux membres inférieurs. Grand bassin, portion du bassin qui soutient une partie des intestins. Petit bassin, celui qui est placé au-dessous du grand bassin, et qui se divise en une partie moyenne portant le nom de cavité pelvienne, et en deux ouvertures portant le nom de détroits. || 11" Terme de métiers. Trou creusé en terre, dans lequel on fait couler le cuivre fondu. || Espace entouré de sable où les ma-
BAS
çons détrempent la chaux. || flaque de fer ou de cuivre pour fabriquer les chapeaux. || Casserole à queue dont se sert leboulanger. || Terme d'opticien. Sphère de cuivre jaune fondu et de divers rayons, à laquelle est adapté un appendice à pas de vis, lequel appendice sertsoità communiquer desmouvements, soit à le fixer solidement sur un support vertical.
— HIST. xn* s. Le sang [il] lui trait du cors près de demi bacin, Ronc. p. 4 95. || xra" s. Si demanda plain bachin d'aighe; et maintenant li couru uns variés aporter en un bachin d'argent, et li mist en la main senestre, Chron. de Rains, H3. Que nulles gorgeretes à bacin ne soient fêtes, que l'endroit et l'envers ne soient neufes et toutes de coton dedenz, lit), des met. 374. Cheveus [elle] ot blons com un bacin, La char plus tendre qu'un pocin, la Rose, 527. Si savoit garder [regarder] el bachin, Pour rendre perle et larrechin, Roman d'Eust. le moine. ||xivs. Un bacin àbarbier,d'argentblanc,et estsemé de cloz d'argent sur les bors, de laborde, Émaux, p. 149. Un bacin d'argent avec la chaine, à mettre lampes, m. ib. S Roger de Paris, pour trois grans bacinsd'arain, pour laver les piez, id. ib. Deuxbacins d'or à laver les mains, à un esmail de rose ou [au] fous, esmai liiez de France et semez de petits escussons de France sur les bords, id. ib. || xv s. Hanaps, godets, escuelles de bois et d'estain, chandelliers, bacins.... froiss. u, m, 35. ||xvi* s. Un petit bassin de cuivre ou un petit chaudron, paré, xvi, 26. La Durance a naturellement son bassin et cours incertain, M. du bellay, 378. Vierge plus blonde qu'un bassin, marot, iv, 480. Avez-vous jamais entendu que signifie : cracher au bassin? Rabelais dans de laborde, Émaux, p. 149.
— ÊTYM. Bourguig. baissin; picard, bachin; provenç. et espagn. bacin; ital. bacino; bas-lat. bassinus, et, dans Grégoire de Tours, bacehinon : cum duabus pateris iigncisquas vulgo bacehinon vocant. Piez rejette ladérivation allemande de Becken, bassin, attendu que, si c'était là l'origine, onauraitdit en français baquin et non bassin, le k allemand ne se changeant pas en sifflante dans les langues romanes. 11 le tire du celtique bac, creux, cavité (voy. bac). Ce qui fortifie cette étymologie, c'est que Grégoire de Tours parait indiquer bacehinon comme appartenant à la langue du pays.
t BASSINAGE (ba-si-na-j'), s. m. || 1° Terme de jardinage. Arrosage léger. || 2° Dans la boulangerie, façon donnée à la pâte pour la bien pénétrer d'eau.
BASSINE (ba-si-n'), s. f. Espèce de chaudière hémisphérique, à fond presque plat ou légèrement concave, destinée à évaporer ou à cuire les sirops, les préparations pharmaceutiques, les préparations du confiseur, telles que confitures, etc.
— HIST. xvi* s. Un petit fourneau semblable à ceux des distilleurs, fait avec des briques et du l'argile, pour y asseoir dessus la bassine ou casse pointue, o. de serres, 870.
— ÊTYM. Bassin.
BASSINÉ, ÉE (ba-si-né, née), part, passé. || i" Chauffé avec une bassinoire. Un lit bassiné. || 2° Humecté. Les yeux ayant été bassinés avec une décoction de guimauve.
t BASSINÉE (ba-si-née), s. f. || 1° Quantité d'eau contenue dans une bassine. || 2° Portion de chaux contenue dans le bassin où on la détrempe.
— ÉTYM. Bassine.
f BASSINKMENT(ba-si-ne-man), s. m. || 1» Action de chauffer avec une bassinoire. ||v 2" Action de mouiller légèrement.
— ÊTYM. Bassiner.
BASSINER (ba-si-né), t). a. || 1" Chauffer avec une bassinoire. Bassiner un lit. || 2° Fomenter en mouillant avec une liqueur, une décoction. Après avoir bien bassiné ma plaie, J. J. rouss. Prom. 4. Il m'alla chercher un verre d'eau, tandis que ma mère me bassinait le visage, id. Ilél. i, 63. || Terme de jardinage. Arroser très-légèrement en pluie fine. Ces melons ont besoin d'être bassinés. || Répandre de l'eau sur la pâte du pain. || Humecter avec la main l'osier, avant de l'employer.
— HIST. xv* s. Beau lict paré, la chambre belle, Les draps bacinez à souhait, coquill. Monol. des perr. || xvi* s. Il me dit qu'il falloit bassiner le petit ventre d'eau fort froide, paré, xvi, 15. Bassinés les dartres de la salive d'un jeune enfant, o. de serres, 868.
— ÉTYM. Bassin; picard, bachiner.
BASSINET (ba-si-nè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, 1'* se lie :les bassinets et.... dites:les ba-si-nè-z et.... bassinets rime avec traits, jamais, succès), s.m. ||1° Pièce creuse de la batterie d'une arme à feu a silex, dans laquelle on met lu-
BAS
morce. || 2°Dans l'armement féodal, calotte de fer qui se mettait sous le casque. || 3" Petit retranchement cintré pour mesurer et répartir l'eau fournie par une source. || 4* Terme d'anatomie. Réservoir placé dans l'épaisseur du rein, où il constitue le commencement de l'uretère. || 5° Bassinet ou bacinet, nom vulgaire de diverses renoncules, et entre autres du bouton d'or. || 6° Sorte de bobèche dans un chandelier d'église || 7° Bassin où l'on fait le sel.
— HIST. xiv s. Et l'iaume a quartellé [il a brisé] , le baccinet fendit, Girart de Ross. 4807. L'endemain sont armé comme gent redoutée. Les bassinés au chief, et puis ceinte l'espée, Çuescl. 44859. || xv' s. Si mirent les plusieurs leurs bassinets en leurs testes, et prirent leurs glaives, froiss. i, i, 93. || xvi' s. Laurier, lierre et lis blancs honorez, Romarins vert, roses en abondance, Jaune soucie, et bassinets dorez, marot, iii, 302. Le trou, par lequel le feu du bassinet entre avant dans le canon [de l'arquebuse], paré, ix, préf. Bacinet; comme il y a de six à sept espèces de ceste herbe, aussi lui sont donnés plusieurs noms, en françois est appellée pied-de-courbin , pied-de-coq, pas-de-loup, flammete, o. de serres, 647. L'eau distillée de l'herbe de bassinet ou coqueret, id. 974.
— ÊTYM. Diminutif de bassin.
BASSINOIRE (ba-si-noi-r'), s. f. Bassin dans lequel on met de la braise, et qu'un manche permet de promener dans un lit pour le chauffer.
— hist. xv* s. Le vieillard avait plus grand mestier d'une bouteille et d'une bassinouere pour eschaufTer son lit, Aresta amorum, p. 295, dans lacurne ste-palaye. H xvi" s. Te faut avoir une bassinoire pleine de braise, paré, viii, 44.
— ETYM. Bassiner.
fBASSINOT (ba-si-no), s. m. Petit bassin au fond d'un vaisseau dans lequel on laisse reposer un liquide.
— ÊTYM. Diminutif de bassin.
t BASSIOT (ba-si-o) , s. m. Petit baquet employé dans la distillation d'eau-de-vie.
— ÊTYM. Diminutif de basse 4.
t BASSISTE (ba-si-sf), s. m. Musicien qui joue du violoncelle. || On dit aussi une basse, dans le même sens, et même bassier.
— ÉTYM. Basse 4.
4. BASSON (bâ-son), s. m. || 1° Instrument à vent et à anche, qui sert à exécuter des parties de basse. || 2° Celui qui en joue. C'est un excellent basson. Il 3" Dans un orgue, jeu de basson, jeu d'anche qui sert de basse au jeu de hautbois.
— ÉTYM. Basse 4 , ou peut-être bas son.
f2. BASSON (bâ-son), s. m. Un des noms locaux d'une espèce de foulque.
t BASSORINE (ba-so-ri-tf), Terme de chimie. Principe trouvé dans la gomme de Bassora.
f BASSOTIN (ba-so-tin), s. m. Dans la teinturerie, cuve à indigo.
— ÉTYM. Diminutif de basse 4.
BASTANT, ANTE (ba-stan, tan-t'), adj. Suffisant. Renaut n'en prit qu'une somme bastante, la font. Orais. Louville, avec Mme Maintenon contraire, n'était pas bastant pour être de la conférence, ST-SIM. 401, 76. || Vieux.
— hist. xvi* s. D'autres forces assez bastantes pour faire un avant-garde, carl. i, 40. Aux besoings extraordinaires, toutes les provisions du mondç n'y sçauroientbaster, mont.i, 347. Cette ame sera capable d'une très saincte amilié, la sincérité et la solidité de ses mœurs y sont desja bastantes, id. m, 73.
— ÉTYM. Ital. bastare, suffire, et aussi durer, se conserver ; d'un radical qui signifie soutenir, porter, et qui se retrouve dans bât , bâtir, bâton (voy. ces mots).
4. BASTE (ba-sf; et quelquefois, dans la conversation, bà-t'), interj. || 1° Elle indique qu'on se contente, qu'on ne se fâche pas. Baste pour cela ou, simplement, baste, passe pour cela. Baste! ce n'est pas peu que deux mille francs dus Depuis deux ans entiers nous soient ainsi rendus, mol. l'Élour. i, 6. || 2° Elle marque le dédain; il n'importe. Baste! songez à vous dans ce nouveau dessein, id. t'o.iv, 4 . Baste I laissons là ce chapitre, id. Méd. malg. lui, i, 4. || 3° Terme de marine. Baste ou vaste, commandement qui signifie : Assez, Tiens bon, Arrête !
— hist. xvi" s. Hz entrarent en la case mal bastie, .... baste, dist Epistemon.... rab. Pant.m, 47. Ou si c'est un malheur, baste, je délibère De vivre malheureux en si belle misère, rons. 432. Baste. qu'elles peuvent, sans nous, renger la grâce de leurs yeulx à la gayeté, à la sévérité, mont. m.
BAS
— ÊTYM. Ital. basla, de bastnre, suffire (voy. bastant).
2. BASTE (ba-sf), s. m. L'as de trèfle, aux jeux de l'hombre et du quadrille. Le baste est le troisième des matadors.
— ÊTYM. Espagn. fcasfo, trèfle, proprement bâton, massue, à cause de la forme des trèfles (vov. bâton).
BASTERNE (ba-stèr-n'), s. f. Nom d'une espèce de char attelé de bœufs, en usage chez d'anciens peuples du Nord et, en France, sous les rois de la première race.
— ÊTYM. Basterna, qui se trouve dans des auteurs latins.
BASTIDE (ba-sti-d'), *. f. Petite maison de campagne. || Ne sa dit guère qu'en Provence.
— hist. xiv# s. En celui an, deux colonies ou bastides romaines, bercheore, f°33, verso. ||xV s. Ill'assiegea fortement et destroitement, et mit bastides sur les chemins en telle manière que nulles pourveances ne pouvoient venir ni entrer dedans la ville, froiss. i, i, 236 Et trouverez en Normandie grosses villes et bastides qui point ne sont fermées, où vos gens auront si grant profit qu'ils en vaudront mieux vingt ans après, id. i, i, 264. En icelle année fut pratiqué l'eschappement du conte de Dampmartin, luy estant en la bastide Saint-Anthoine, Bibl. des Chartes, 4# série, 1. 1, p. 266. || xvi" s. Ils n'avoient point de terres ny de seigneuries, methairies, clozeries, borderies, cassines, ny bastides dont ils se peussent, à la françoise, qualifier ou anoblir, carl. h, 47.
— ÊTYM. Provenç. bastida, du bas-lat. bastire, bâtir (voy. ce mot).
BASTILLE (ba-sti-11', Il mouillées, et nonba-stiye), s. f. || 1° Dans l'art militaire féodal, ouvrages élevés à l'effet d'assiéger ou de fortifier une place. || 2" Château fort construit à Paris sous Charles V et Charles VI, et démoli par le peuple en 4 789. La Bastille servait de prison d'État. Voltaire fut mis à la Bastille. || Fig.il ne branle non plus que la bastille, se dit de celui qui nebouge pas, bien qu'on l'appelle , et aussi de celui qui est ferme et inébranlable. || Par extension, toute espèce de prison. O sainte égalité ! dissipe nos ténèbres, Renverse les verrous, les bastilles funèbres, a. chénier, 240. Dans une de nos cent bastilles Lorsque ma muse emménagea, bérang. Amitié.
— hist. xv" s. L'an 4408 fut mis le siège à Orléans par le comte de Sallebery, et y mist les bastilles du costé de la Beausse, a. chartier, Hist. de Charles VU, p. 64. Paravant la bastille ou siega mis, ung an a, devant la place de Chalès occuppée par les Anglois, du cange, bastillus.
— ÊTYM. Bas-lat. bastile, bastillus, de bastire (voy. BÂTIR).
BASTILLE, ÉE (ba-sti-Ué, liée, M mouillées), adj. Terme de blason. Garni de créneaux renversés vers la pointe de l'écu.
— hist. xv s. Virent grand foison de naves, petites et grandes, bien bastillées, venir par devers Hainebon, froiss. i, i, 476. Ledit pontet la défense estoient si bien bastilles, et furent si bien défendus.... id.i,i, 276. Le duc Philippe de Bourgongne, et depuis le duc Jean aussi, avoient faict faire plusieurs grans enginsdebois, pour bastiller Calais, juv. des urs. Charles VI, 4409.
— ÉTYM. Bastille.
BASTINGAGE (ba-stin-ga-j'), t.m. Terme de marine. Défenses qu'on met autour du pont d'un vaisseau pour se garantir de la mousqueterie ennemie.
— ÊTYM. Bastinguer.
BASTINGUE (ba-stin-gh') , s. f. || i° Terme de marine. Toile matelassée soutenue par des pièces de bois mises debout, dont on se servait autrefois pour le bastingage. || 2° Dans le moyen âge, défense mobile composée de boucliers, de chariots.
— ÊTYM. Ital. baslinga. Ce mot parait de môme origine que bastille, bastion (voy. ces mots).
BASTINGUE, ÉE (ba-stin-ghé, ghée), part.
passé. La frégate étant bastinguée.
BASTINGUER (ba-stin-ghé) , v. a. Terme de marine. Placer les hamacs dans les bastingages. l| Fortifier un navire contre la mousqueterie. || Se bastinguer, v. réfl. Se mettre à couvert par des bastingages.
— ÊTYM. Bastingue.
BASTION (ba-sti-on), s. m. Terme de fortification. Grand corps de terre soutenu de murailles, de gazon ou de terre battue, et disposé en pointe sur les angles saillants du corps de place, avec des faces et des flancs qui se défendent. |l Bastion plein,
BAT
bastion qui est tout rempli de terre. || Bastion vide, bastion qui n'a qu'un rempart avec son parapet. H Bastion, double, deux bastions l'un dans l'autre. || Bastion coupé, bastion séparé de la place par un fossé. || Bastion plat, bastion mis au-devant d'une courtine. || Bastion de France, l'établissement français sur la côte de Barbarie, près de fonds où se fait la pèche du corail.
— hist. xvi* s. Montent le roch si vertueusement Qu'ont estonné tous ceulx du bastillon, j. marot, v, 28. En moins d'un jour ont prins et asservy Le bastillon qu'on disoit imprenable, ID. v, 28.
— ÊTYM. Provenc. bastio, dans un titre de 4 238; ital. baslione; du bàs-lat. bastire (voy. bâtir). Bastion est la forme provençale ou italienne; bastillon, l'ancienne forme française.
BASTIONNÉ, ÉE (ba-sti-o-né, née), part, passé. Une tour bastionnée.
BASTIONNER (ba-sti-o-né) , v. a. Garnir de bastions.
— étym. Bastion.'
BASTONNADE (ba-sto-na-d'), s. f. Coups de bâton. Donner, recevoir la bastonnade.
— ÉTYM. Provenc. baslonada; espagn. bos(onada; ital. bastonata; de baslonar, bàtonner (voy. ce mot). Dans l'ancien français, on disait bastonnêe: Et dit-on que vous lui donnez , Chascun jour, une bastonnêe, ch. d'orl. Rond. Bastonnade est emprunté de l'espagnol; c'est pour cela que 1'* s'y prononce ; Bèze indique la prononciation de Vs.
BASTRINGUE (ba-strin-gh') , s. m. Bal de guinguette. Populaire. || Appareil pour préparer le sulfate de soude.
— ÊTYM. Origine inconnue.
BASTUDE (ba-stu-d') , s. f. Terme de pêche. Espèce de filet dont on se sert pour pêcher dans les étangs salés.
— ÉTYM. Ce mot, qu'on trouve aussi écrit battude, serait, si cette orthographe était la véritable, pour battue, et signifierait un filet pendant l'emploi duquel on bat l'eau.
BAS-VENTRE (bâ-van-tr') , t. m. Nom vulgaire de l'hypogastre,ou région située au-dessous du nombril.
— ÉTYM. Bas et ventre.
4. BAT(bat' ; le t se prononce, d'après Legoarant, 1. 1, p. 44 4), t. m. Terme de pêche, qui n'est d'usage que pour mesurer la grandeur d'un poisson. On dit qu'il a tant de décimètres entre œil et bat, c'està-dire entre la tête et la queue.
— hist. xvi' s. Par equale distance de queue et bac, rab. Pant. iv, 34. Qui souslevoient sur le bat de leurs ailes , remy belleau , Bergeries, t. I, p. 401.
— étym. Battre; le bat, ce qui bat. Cette étymologie, certaine pour le bot de l'aile, devient trèsprobable pour le bat de la queue, malgré l'orthographe bac qui est dans Rabelais; elle est, en tout cas, bien préférable à l'étymologie celtique, bod, queue, en gaélique.
t 2. BAT ou BATE (bat' ou ba-t'), s. m. Terme de marine. Petit bordage de bois debout.
BÂT (bâ ; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel P< se lie : les bâts et les ânes, dites : les bâ-z et....), s. m. || 1" Selle grossière de forme et d'étendue variables, à l'usage des bêtes de somme. Mettez le bât sur l'âne. J'ai un cheval de bât qui porte mon lit, sév. 62. Nous aperçûmes de loin deux chevaux de bât couverts de jaune, st-sim. 42, 440. || Fig. Un cheval de bât, un homme chargé, dansune maison, dans une communauté, des besognes que les autres refusent. || 2° Fig. Et toi, peuple animal, Porte encor le bât féodal, bérang. Carabas. || Proverbe. Chacun sait où le bât le blesse , chacun connaît ce qui dans sa position est cause d'embarras ou de souffrance.Vous savez bien où le bât me fait mal, mol. Sgan. 24.
— hist. xhi* s. Et se l'on porte monnoy sur bast; la monnoy ne doit riens ; mais le bast doit quatre deniers, liv. des met. 447. || xv* s. Je sçai mieux où le bas m'en blesse Que vous ne un autre ne sçavez , Patelin. || xvi* s. Six jours après je la trouvay hors la portede Montmartre, sur un cheval de bast, jambe deçà, jambe de là.... paré, xix, 25. Ce qui vous suit de noblesse Est de ceux que le bast blesse [qui sont tarés], Sat. Min. p. 4 94.
— ÉTYM. Provenc. bast ; espagn. et ital. basto ; baslat. baslum; du radical qui est dans pocaTœÇeiv, porter, pàoxaÇ, bête de somme, qui est aussi dans bdtir, bâton, et qui a le sens de soutenir, porter, affermir.
t BAT-A-BOURRE (ba-ta-bou-r*) , s. m. Instrument de bourrelier pour battre la bourre. || Au plur. Des bat-à-bourre.
— ÉTYM. Battre et bourre
BAT
BATACLAN (ba-ta-klan), t. m. Attirail embarrassant. 11 a renvoyé tout son bataclan. Populaire.
— étym. Sans doute une composition arbitraire faite avec battre.
t BATAIL (ba-tall, II mouillées), s. m. Anciennement, battant d'une cloche || Terme de blason. Battant d'une cloche, d'un autre émail que la cloche même.
— hist. xvi* s. Le batail estoit d'une queue de renard, bab. v, 27.
— étym. Battre; provenc. batalh; catal. batail; espagn. badajo; portug. badalo; ital. baltaglio.
BATAILLE ( ba-tâ-lP , Il mouillées , et non bata-ye), s. f. || 1° Combat de deux armées. Il va présenter la bataille au roi son frère, boss. Hist. i, 8. Clovis gagna la bataille de Tolbiac, id. i, 44. 11 croyait donner la bataille, sév. 21 i. Ils ont perdu contre eux des batailles, fén. Tél. xi. Mais Rome ignore encor comme on perd des batailles , corn. //or. I, 4. Il lui donna bataille, où mille beaux exploits.... id. Rodog. i, 1. Je vais à ce moment donner la bataille à l'armée impériale, voit. Lettr. 7. Il [Archimède] n'a pas donné des batailles, mais il a laissé à tout l'univers des inventions admirables, pasc. Pens. h, art. io. Les loups rôdaient autourde ses batailles; De ses exploits ils vivaient plus d'un jour, millev. Rançon d'F.gill. || Corps de bataille, le centre de l'armée , les corps placés entre les deux ailes. || Cheval de bataille, cheval propre à être monté un jour de combat. || Fig. Un cheval de bataille, la chose où l'on s'appuie de préférence. || Champ de bataille, lieu où se livre le combat. || Fig. Le champ de bataille lui est resté, c'est-àdire il a eu l'avantage. Choisir son champ de bataille, porter le débat, la question sur le point qu'on regarde comme le plus avantageux. |j 8° Ordre d'une armée disposée pour combattre. Ranger une armée en bataille, c'est-à-dire disposer son ordre de bataille. Troupes en bataille. Leur flotte se présenta en bataille devant la nôtre. Marcher en bataille. Charles XII fait débarquer son canon et forme sa bataille, volt. Charles XII, 2. 11 défit en bataille rangée Arphaxad, boss. Hist. i, 7. || En termes de théorie militaire, l'ordre dans lequel une troupe est déployée, par opposition à l'ordre en carré ou en colonne ou par le flanc. || En termes de marine, la vergue de misaine est dite en bataille, lorsqu'elle est disposée dans le sens longitudinal du navire. Il Fig. L'armée que J.-C. a mise en bataille contre les erreurs, boss. Instr. a. ||3° En termes de peinture, représentation d'une bataille. Un peintre de batailles. Les batailles d'Alexandre par le Brun. || 4° Querelle, lutte. Trêve, trêve, Nature, aux sanglantes batailles, Qui si cruellement déchirent mes entrailles, rotr. Vencesl.v, 3. || 11 a bien fallu donner des batailles, on a bien donné des batailles pour.... c'est-à-dire il a fallu bien contester, bien lutter pour.... || 5" Nom d'un jeu de cartes. || 6° Galerie qui couronne la cheminée d'une grosse forge.
— REM. Bataille, batailler, bataillon, devraient s'écrire par deux t; ou battre s'écrire par un seul t; car ces mots ont même radical.
— SYN. bataille, combat. On verra à l'étymologie que bataille a signifié anciennement et proprement troupe, bande; tandis que combat n'exprime que l'idée de se battre avec. De là, quand ces deux mots sont devenus synonymes, une inclination de l'usage à consacrer bataille au conflit d'une armée , et combat à tout conflit quelconque. Dans un langage précis, bataille signifie un combat dans lequel deux armées ont engagé toutes leurs forces. Les armées ont ordinairement des combats avant d'en venir à une bataille. On dit gagner, perdre une bataille ; ce qui ne se dit pas avec combat.
— hist. xi' s. [Qu'] une bataille leur i rendent [livrent] cil primes [d'abord], Ch.de Roi. xliii. Par tel glouton n'ert [sera] bataille vaincue [gagnée] , ib. en. Je nenai ost qui bataille lui donne, ib. n. Une bataille [il] leurlivrat, lejur, pesme [funeste] ,:'b.Lxn. Ce dist li reis : bataille font nostre home, ib. cxxxi. || xii* s. E feirent à eaus [eux] bataille le jor de samadi, Machab. i, 2. Autre bataille [corps d'armée] lor envoyez hastie, Ronc. p. 28. Bataille auront, Dex les puit délivrer, ib. p. 37. Tante bataille en [de mon épée] ai faite et vaincue, ib. 405. Dont [pour cela] [ils] firent la bataille sur deux homes jugier [remettre la bataille à deux champions], Sax. iv. Quant il ont en bataille fiché leur estendart, ib. xix. Nous entrerons en France en bataille rangie, ib. xxxii. Abner le fiz Ner asemblad ost del esliture de Israël, pur damagier e bataille tenir encuntre ces de Juda, Rois, 426. ||xm* s. Emprès fu devises que Henris ses frères feroit l'autre bataille [troupe],
BAT
villeh. lxix. Et li Grieu firent moit grant semblant d'els recevoirà bataille, ib. lxx. Aucinquiesme [jour] après s'arma tous li os, et chevauchierent les batailles ensi corne eles estoient devisées, ib. lxxiv. Puis [il] fu mors en bataille outremer devant Sur, Berte, xli. Lor batailles en quatre partent [ils partagent], la Rose, 42230. Que il est assise ou usage, ou [aujreiaume de Jérusalem, que qui se combat por aucune carelle, et il ou son champion venque la bataille, que il a celle carelle gaaigniée, Ass. de J. 1, 4 95. Tant que la bataille seit fornie, ou que pais en seitfaite, ib. i, 474. Et ainsi n'est il pas de cix qui apelent du jugement que li home font, car li apiax est démenés par gage de bataille, beaum. 30. Maintenant que nostre gent les virent, il s'aresterent,et cil et les ennemis firent trois batailles aussi, joinv. 270. Une grosse bataille de Turs, là où il avoit bien six mille homes à cheval, m. 24 6. || xiv* s. Choses appartenantes en batailles ou guerres,ORESME, lith. 346. Et de ce fust causée la bataille de Troie, m. ib. 55. Car bataille de mer, c'est grant confusion; Quant li mesquanche [mauvaise chance] tourne sur aucune parchon, Il n'en puet escaper chevalier no piéton, Baud. de Seb. i, 654. || xv* s. Le sire de l'Esparre fut rencontré des nefs espagnoles à qui il eut la bataille, froiss. ii, n, 4. Déconfit celui roi par bataille rangée et arrestée, id. i, i, 2. L'endemain, au point du jour, chacun fut armé , et trairent leurs bannières aux champs, chacun à sa bataille et dessous sa bannière, si comme ordonné estoit, id. i, I, 36. Il avoit esté dit que l'on marcherait à trois fois, poureeque la distance des deux batailles estoit longue, comm. I, 3. Les batailles estoient bien eclarcies, id. i, 4. Etn'estions point tant en gloire comme peu avant la bataille, parce que nous voyons les ennemis près de nous, id. viii, 6. || xvi* s. Pourlarcin n'eschet gage de bataille, loysel, 808. En fait de bataille, le défendeur est tenu de confesser ou nier le fait dès le mesme j*ur qu'il reçoit le cartel, id. 840. Il fit marcher l'avant-garde, bataille et arrière-garde tout d'un front, carl. i, 4. Les Sabins commencèrent la bataille, qui futaspre et dura longuement, amyot, Rom. 27. Ainsi comme les deux batailles se préparaient pour recommencer à combattre de rechef, id. ib. 28. Les Perses ont esté desfaicts en bataille par les Grecs le sixième jour du mois d'aoust en la journée de Marathon, id. Cam. 33. Renger une armée en bataille, id. ib. 64. Estant donques les Romains arrestez tout court par la bataille macedonique, sans qu'ils la peussent aucunement forcer, id. P. Mm. 33.
— ÉTYM. Provenc. batalha; espagn. balalla; ital. battaglia. On lit dans Adamantius martyr : batualia, quse vulgo battalia dicuntur. Ce passage nous apprend deux choses : d'abord que battalia est pour battualia, ce qui prouve que battre vient bien do batluere (voy. battre) ; puis que battualia est un neutre pluriel de l'adjectif battualis, les choses relatives au combat, neutre devenu, dans les langues romanes, un substantif féminin comme dans aumaille, merveille, etc. De là le sens collectif qu'il avait dans l'ancien français où il signifiait un corps de troupes. On remarquera la disparition de Pu de battualia; Pu latin ainsi placé disparaît aussi dans quelques autres mots; par exemple, pacage, deposcualicum.
f BATAILLÉ, ÉE (ba-ta-llé, liée, Il mouillées), adj. Se dit, en termes de blason, d'une cloche dont la battant, qu'on nomme batail, est d'un autre émail que la cloche.
— ÉTYM. Batail.
BATAILLER (ba-tâ-llé; Il mouillées), v. n. || 1° Livrer bataille. Il n'est rien de si beau que tomber bataillant, Régnier, Sat. vi. Nos fils, ne se reposant guère, Batailleront à tout propos, bérang. Âge futur. || Au propre, il ne se dit plus que dans le style familier ou avec un sens d'ironie. || 2° Fig. Contester, disputer avec ténacité. || 3" Terme de marine. Lutter contre le vent, contre la mer ou le courant.
— HIST. xu* s. Une tant ne voudrent batailler, Qu'or plus ne viengent gaaigner [labourerj , benoît, h, 7066. || xiu* s. Des or venrons à la bataille, S'orrés comment chascun bataille, la Rose, 45336. Dalila la malicieuse, Par flaterie venimeuse, A Sanson, qui tant estvaillans, Tantpreus, tant fors, tant bataillans, ib. 46882. Ainss'arma por aler encontre,
Toute preste de bataillier, ib. 4 2035 Nus n'est si
bien bataillans, Se de vilanie s'apresse, Que gentillesce ne le lesse, ib. eeoo. || xiv* s. Et nous bataillon ou combatton, affîn que après nous menon nostre vie à paes, oresme, Eth. 346. ||xv*s. Ils batillent jour et nuyt àl'encontre de l'âme, J. de Saintré, 6. || xvi* s. L'esprit de Dieu est nostre vertu pour ba-
BAT
tailler contre Satan, calv. Inslit. 729. Batailler incessamment après les grandeurs du monde, amyot, ilar. et Pyrrh. 4. Chante-moy les bataillans, noNS.
— ÉTYM. Bataille; provenç. batalhar; espagn. balallar; ital. batlaiiliari.
BATAILLEUR, EUSE (ba-tâ-lleur, lleuz', Il mouillées, etnonba-tâ-yeur), s. m. et/'. || l°Qui se platt à batailler, àse battre. ||2°Quiaimeàdisputer. Il ergote etdispute sans cesse, c'est un grand batailleur. || Adj. Batailleur, batailleuse. Un esprit batailleur. Humeur batailleuse, J. i. houss. dans descherelle.
— HIST. xm* s. Comment sont peries les âmes batelleresses? Comment sont cheù li fort d'Israhel? Chron. de Rains, p. 8t. || IV s. Aux bons batailleurs sont nécessaires huit conditions : la première qu'ils soyent adurcis à souffrir le fais des armes.... cmt. de pisan. llist. de Ch. V, u, 24. Inclination et condition amoureuses, plus que batailleresses, Bouciq. i, ch. 2. || xvi" s. Il n'est point en nostre puissance de venir en combat contre le diable, si fort et si grand batailleur, calv. Inst. 728.
— ÉTYM. Batailler; provenç. batalhador, et au féminin batalhairilf ; espagn. batallador; ital. batiagliatore.
f BATAILLIÈRE (ba-ta-llê-r\ Il mouillées), s. f. Petite corde qui fait jouer le traquet d'un moulin.
— ÊTYM. Batail.
BATAILLON (ba-ta-llon, U mouillées, et non ba-
ta-yon), s. m. || 1° Troupe d'infanterie composée de plusieurs compagnies, et faisant partie d'un régiment. Former, rompre un bataillon. Le front d'un bataillon. || Bataillon carré, bataillon rangé de manière à former un carré. Bataillon de cadre, bataillon qui sert de cadre. Bataillon de guerre, bataillon surnuméraire et qui n'est adjoint à un régiment que pour le cas de guerre. Ecole de bataillon, manœuvre d'un bataillon ou par bataillons. || 2°En général, une troupe armée quelconque. Un autre bataillon s'est avancé vers nous, rac. Mithr. v, 4. D'un bataillon nombreux le fastueux rempart, volt. ÛEdipe, iv, 4.H3" S. m. plur. Les bataillons français franchissaient déjà les Alpes.Vajusqu'en Orient pousser tes bataillons, corn. Hor. I, 4. || 4° Familièrement, un grand nombre. Elle a un bataillon d'enfants. || 6° Terme d'antiquité. Le bataillon sacré, bataillon thébain, dans lequel les guerriers, liés d'amitié les uns aux autres et ne s'abandonnant jamais, mouraient ensemble s'il le fallait.
— lliST. xvi" s. Taschant à rompre le bataillon des gens de pied de Pyrrhus, avant que les elephans arrivassent, amyot, Pyrrh. 48. Les autres n'ozoient affronter ce bataillon de Macédoniens, lequel estoit si bien serré de touscostez, id. P. Jim. 33.
— ÉTYM. Bataille ; espagn. batallon; ital. battaglione.
BÂTARD, ARDE (bâ-tar, tar-d'; le d ne se lie jamais : un bâtard et son père, dites: un bâ-tar et.... Au pluriel : ces bâtards et leur père; dites : ces bâtar et leur père. D'autres prononcent \'s : ces ba-tar-z et....), adj. || 1° Qui est né hors mariage. || Substantivement, un bâtard, une bâtarde. Reconnaître, légitimer un bâtard. Un bâtard échappé des pirates du Nord A soumis l'Angleterre, volt. D. Pèdre, l, 4. U y a des gens qui substituent leurs vers aux miens; je ne fais pas grand cas de mes vers; mais enfin j'aime mieux mes enfants tortus et bossus que les beaux bâtards que l'on me donne, volt. Lett. Richelieu, 22 juill. 4 767. On dit mieux enfant naturel. || Simple bâtard, celui qui est né de personnes libres, par opposition à bâtard adultérin. || Bâtard de Caux, cadet qui n'a- Yait pas de biens. || Autrefois les bâtards des rois étaient princes; ceux des princes, gentilshommes; ceux des gentilshommes, roturiers. || 2" Dégénéré de l'espèce & laquelle il appartient. Olivier bâtard. Reinette bâtarde. || Fig. Les critiques regardent le drame comme un genre bâtard. Non comme toi touchés d'une bâtarde gloire, Régnier , Épit. 1. 1| 3" Bâtard se joint à plusieurs substantifs et indique que la chose dont il s'agit a subi quelque modification qui la change et l'amoindrit. || Porte bâtarde, porte de maison qui n'est ni petite porte ni porte cochère. || En termes de fauconnerie, oiseaux bâtards, oiseaux qui tiennent de deux espèces. || Vaches bâtardes, vaches dont le rendement en lait diminue quand elles ont conçu de nouveau. ||Dansla boulangerie, pâte bâtarde, pâte ni dure ni molle. ||Laine bâtarde, secondelaine levée sur l'animal. || Épée bâtarde, celle qui pouvait servir à une main et à deux. || 4° Écriture bâtarde, ou simplement, bâtarde, écriture ordinairement penchée, à jambages pleins, à liaisons arrondies parle haut et à têtes sans boucles. La bâtarde qui n'est pas
BAT
penchée s'appelle bâtarde ronde. Eh ! oui , d'une écriture que vous connaissez.... là.... d'une certaine écriture qui n'est pas légitime. — Il veut dire de la bâtarde, lesage, Turcaret, u, 6. || 5° Terme de marine. Marées bâtardes, celles qui ont lieu pendant les quadratures. || Voile bâtarde, grande voile d'une galère qui ne s'emploie que lorsqu'il fait peu de vent. || 6" S. m. Sucre produit par des sirops qui sont le résidu d'un raffinage précédent. || 7° S. m. Terme de marine. Corde qui assemble les racagesetles amarres sur le mât près de la vergue. 118° S. f. Dans l'ancienne artillerie, bâtarde, sorte de canon, long d'environ neuf pieds et demi , avec trois pouces dix lignes de calibre. || 9° S. f. Forme grossière pour obtenir le sucre appelé bâtard. ||10°,S.f. Lime d'horloger dont la taille n'est ni douce ni rude.
— hist. xm* s. Et ses bastars andui [tous deux] , et Rainfrois et Hendris, Berte xctx. Et uns siens fius bastars saisi la terre et la tint, Chron. de Rains, 4 29. Et se la charete est bastarde, c'est à savoir sans ferrure, Liv. des mit. 349. Chil [ceux] qui sontde ma mesnieou mi serf ou mi bastartpoent estre mi avocat, beausi. v, 4 3.S'ele le porte mains [moins] de sept mois, le mariage durant, et lienfes vit, il apert qu'il fu conceus devant le mariage, etpor ce pot il estre tenus por bastars, ib. xvm, 2. Je me assis à une fenestre, et un enfant delez moy, et avoit entour dix ans d'aage, qui avoit à non Berthelemi et estoit filz bestart à Mons. Ami de Montbeliart.JOiNV. 253. || xv* s. Car ce n'est mercure vulgaire, Ne riens qui du bastard approche, la font. 695. Le roi de Portingal avoit respondu au message [qui l'invitait au couronnement de Jean de Castille fils aîné de Henry le Bâtard] que jà ne seroit au couronnement du fils d'un bastard quiavoit murdri son frère , froiss. il, n, 44. || xvi" s. Dix coullevrines bastardes, d'aub. Ilist.l, 304. Quatre canons, deux coulevrines, deux bastardes et quatre pièces de campagne, m. t'b. 4 52. Cinq petites pièces à boites, qui, bien qu'elles ne soient que de calibre de demie bastarde, m. Hist. m, 62. On luy pourrait donner à sentir bon vin bastard, malvoisie, hippocras, eau rose, vinaigre rosat, paré, xvi, 43. Toutes les flatteries, attraits et allechement ne sont que faux appast et amorses bastardes, amyot, Prie, d'admin. 85.
— ÉTYM. Provenç. bastard; espagn. et ital. bastardo; allem. et angl. bastard. On a indiqué le celtique : gall. basdarx, bas-bret. bastard, gaél. basart, de bas, bas, et tari, extraction. Malgré les apparences, il faut rejeter cette étymologie; car elle ne peut s'accorder avec des passages comme celui-ci : Ne sait où aille à parent ne cousin, Fors à sa suer, qui l'aime de cuer fin, Fille de hast le riche duc Basin, Geste de auberi le bourgoing, But. litt. t. xxn,p. 320. Fille de bast signifie bâtarde. Bâtard vient donc de bât (voy. ce mot), indiquant ici le mépris, avec la finale ard fréquente en français et dérivée de l'allemand Art, espèce, sorte, manière d'être. On trouve aussi, par une corruption née de l'ignorance du sens et par une fausse étymologie, fille de bas, bâtarde, fils de bas, bâtard, venir de bas, être bâtard (voy. du cange, bastardus.)
BATARDEAU (ba-tar-dô), s. m. \\ Terre-plein, revêtu de briques ou de pierres, pour contenir les eaux d'une rivière ou d'un étang. || Cloison d'ais et de terre glaise qu'on fait dans l'eau pour y bâtir, quand l'eau est épuisée. || Terme de fortification. Massif de maçonnerie pour retenir l'eau d'un fossé. || Terme de marine. Espèce de rempart en planches afin de préserver de l'eau un bâtiment couché pour le radoub.
— hist. xiv" s. Pour la réparation du bastard, qui est rompu es fossez de la ville de Beaune, du cange, bastardus. || xvi" s. Aiant fait bien asseoir un bastardeaudansle cours de la rivière, tout le travail des assiegeans fut tout noie, d'aub. Hist. 1,299.
— étym. Ménage tire ce mot de bâton. Mais, vu l'exemple de bastard pour batardeau, et l'emploi très-fréquent de bâtard en des sens divers (voy. du cange, au mot bastardus, où l'on trouve : charrette bastarde; coustel bastard ; un petit coustel batlardeau;iltira le bastardeau de sa dague ; moulin bastart), on peut croire qu'un batardeau a été dit pour digue bâtarde. Cependant Crandgaguage cite dans le patois wallon, bote avec le sens de fascinage au bord d'un cours d'eau pour en empêcher les empiétements ; il est à remarquer que l'Académie écrit batardeau, sans accent circonflexe remplaçant l's, ce qui s'accommoderait avec bâte, mais ce qui est contraire à l'orthographe des anciens textes. On pourrait aussi penser, si on abandonnait le sens dérivé de bâtard, au radical bast, qui signifie soutenir, affermir, et qui se trouve dans bâtir.
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t BATARDEAU (bâ-tar-dô), s. m. Petit bâtard. Terme familier. Nous assistâmes à cette cérémonie [réception du duc de Berwick], avec la singularité d'y avoir eu en notre tête bâtards et bâtardeaux, et à notre queue à tous un bâtard d'Angleterre,
— HIST. xii" s. Kar vil chose est e honte e laiz , Se de neient nos sosmeton X un neentel bastardon, benoIt, Chron. de Norm. t. m, p. 8, 3t785.
— ÊTYM. Diminutif de bâtard; ital. bastardello. t BÂTARDEMENT (bâ-tar-de-man) , adv. Par
voie de bâtardise. Pour le duc d'Orléans, le roi eut moins de répugnance, non comme neveu, mais comme gendre bàtardement, st-sim. 416, 248.
— ÉTYM. Bâtarde, et le suffixe ment.
BATARDIÈRE (bâ-tar-diê-r'), s. f. Terme d'horticulture, peu usité maintenant et qui, tandis que la pépinière signifiait un plant d'arbres non greffés, signifiait un plant d'arbres greffés destinés à être transplantés dans les jardins.
— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie omet l'accent circonflexe sur la syllabe ba.
— HIST. xvi" s. Cest affranchissement se pratique à souhait es meuriers de tous aages.... sur les plus petits arbres de la bastardiere, o. de serres, 464. Quinze ou seze mois les arbrisseaux séjourneront en la pépinière, non davantage; au bout du quel temps seront transplantés en la bastardiere, pour s'y achever de fortifier, id. 635. X ces arbres [de la pépinière] seuls ne servira la bastardiere, ains à y enraciner des branches à ce propos pour en faire des arbres, comme de celles de figuier, grenadier, coignier, coudrier, n>. 637.
— ÊTYM. Bâtard; ainsi dite parce que les plantes ne sont là que des bâtards qui attendent leur famille définitive.
BATARDISE (bâ-tar-di-z'), s. f. || «."Anciennement, droit des seigneurs sur la succession des bâtards. || 2° Etat de celui qui est bâtard. Madame [duchesse d'Orléans] était d'une nation qui abhorrait la bâtardise et les mésalliances, st-sim. 2, 40. Vala, abbé de Corbie, parent de Louis le Faible par bâtardise, volt. Mœurs, 23.
— hist. xm" s. Autres cas y a encore qui apartiennent à sainte Eglise, si comme quant contens [dispute] vient de bastardie, por débouter que li bastart ne portent riens comme oir, beaum. xi, 24. Jehans dist qu'il n'estoit mie tenus à respondre, pour che k'il n'estoit mie du linage, ains estoit ses anchestres issus de bastardie, du cange, bastardus. || xv" s. Maistre de Vis, nous vous voulons faire roi de ce pays, jà soyez-vous bastard, mais nous disons que madame Bietrix votre cousine.... est plus née en bastardie que vous ne estes, froiss. ii, m, 29. || xvi" s. De deux grandes citez il despouilla l'église , Pour fonder un estât venu de bastardise, du bell. m, 74 , verso.
— ÉTYM. Bâtard.
t BATATE (ba-ta-f), s. f. Voy. patate.
BATAV1QUE (ba-ta-vi-k'), adj. Larme batavique
(voy. larme).
t BÂTE (bâ-t'),s. f. || Cercle d'une boite de montre. || Ce qui forme les côtés et le contour d'une tabatière, du pied d'un flambeau.
— HIST. xiv" s. Que toutes pièces qui auront bastes soudées, soit pour mettre sur soye ou ailleurs, ne puissent estre clouées mais couzues à l'aiguille, du cange, basta.
— ÉTYM. Bas-latin, basta , chaton , encadrement, du radical bast signifiant porter, soutenir, et qui se trouve dans baslant, bât, bâton.
BÂTÉ, ÉE (bâ-té), part, passi. Chargé d'un bât. Un âne, un mulet bâté. || Fig. C'est un âne bâté, c'est-à-dire c'est un homme d'un esprit lourd, un ignorant. Diantre soit de l'âne bâté, mol. Buurg. gent. u, 4. Ceux-ci [J. J. Rousseau, Diderot, D'Alembert] sont tous ânes bâtés, sous le rapport de la langue, pour me servir d'une de leurs phrases, p. L. cour. Lett. II, 67.
BATEAU (ba-tô) , «. m. || 1* Sorte de barque dont on se sert ordinairement sur les rivières, mais aussi sur la mer. Bateau plat, bateau de pêcheur. M. le prince était dans un bateau, sév. 4 52. Il ne passe plus aucun bateau sous les ponts, id. 4 3. || Bateau de sauvetage, bateau pour secourir les naufragés. || Bateau-poste, bateau qui fait le service de la poste. || Bateau à vapeur, bateau mû par la vapeur. || Pont de bateaux, pont fait de bateaux attachés les uns aux autres et recouverts de planches. || Familièrement. Être encore tout étourdi du bateau, n'être pas encore remis de ses fatigues, de son trouble, de son chagrin. Estrées parla le premier; Tallard, étourdi du bateau, s'embarrassa: je sentis qu'il se
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tirerait mal d'affaire , je l'interrompis, st-sim. 478, 218. || On dit ironiquement à ceux qui vantent trop quelque personne : il n'en vient que deux en trois bateaux, c'est-à-dire de telles personnes sont si considérables, qu'il faut trois bateaux pour en porter deux. || De là l'expression : arriveren trois, en quatre bateaux, c'est-à-dire arriver en se donnant une importance ridicule. Votre serviteur Gille Tout fraîchement en cette ville.... Arrive en trois bateaux exprès pour vous parler, la font. Fab. ix, 3. || 2° Bateau de selle, à Paris, grand bateau plat et couvert, ayant, le long de chaque bord, des bancs sur lesquels les blanchisseuses lavent le linge, ainsi dit parce que la selle est un petit banc dont se servent les blanchisseuses. || 3° Ce que contient un bateau. Bateau de sel, de foin, de charbon de terre. || 4° Lit en bateau, lit dont le devant et les montants de la tête et des pieds dessinent une courbe analogue à celle d'un bateau. || 6° Menuiserie d'un corps de carrosse. || 6° Petit ustensile de table qui est en forme de bateau et dans lequel on sert ues hors-d'œuvre. Je me jette aux pieds de Mme d'Argental, et je la remercie du bateau qui parera la table de Tronchin, volt. Lett. d'Argenlal, 4 août 4 7C2.|| 7" Disposition d'un terrain, d'une couche ou d'un filon en très-petit bassin.
— hist. xn* s. Bâtas et barges, mainte galie estant, Bonc. p. <2i. En un batel ainz jur [avant le jour] saint Thomas s'en entra, Th. lemart. 60. En deus batiaus [il] les fist Saine passer; Gautiers est outre li gentils et li ber, Il et Berniers qui tant fait àloer, Raoul deC. lot. || xm* s. Lorspristli dus de Venise un batel, et manda erramment as barons de l'ost que.... villeh. lxxx. Et li Venicien commencierent à envoier chevaus et palefrois en lor batiaus, de ceux qu'il avoient en la ville pris et conquis iD.t'6. || xiv's. IlsvoientlesEngloisquicuidoient entrer Es nés et es bastiaux pour la mer traverser, Cuescl. 48721. || xvi' s. Que le terme qui va devant Volontiers regist le suivant : La chanson fut bien ordonnée, Qui dit : M'amour vout ai donnée; Et du bateau est estonné, Qui dit : m'amour vous ai donné, marot, m, 58 (Marot donne ici le précepte d'accorder le participe passé avec le nom, quand le nom précède; amour, comme on sait, était féminin).
— ÉTYM. Bourguig. baiteà; provenç. batelh ,-anc. catal. balell; espagn. batel; portug. bote; ital. batello, battello, batto. L'étymologie est à la fois germanique : anglo-sax. bal; angl. boat ,-anc. nord, bdlr; et celtique : kymri, bâd; irl. bàd. Batel est un diminutif; le primitif est conservé dans l'italien batto, et le bas-latin batus. Dans l'ancien français, au singulier, li batels, li batiaus au nominatif, le batel au régime; au pluriel, li batel au nominatif, les batels, les batiaus au régime.
t. BATELAGE (ba-te-la-j'), s. m. || 1° Allées et venues de bateaux, chargeant ou déchargeant des bâtiments. Payer les frais du batelage. || 2° Droit ou salaire payé au batelier.
— ÉTYM. Batel (voy. bateau).
2. BATELAGE (ba-te-la-j'), s. m. Métier, tour de bateleur. Je n'aime pas qu'on fasse un batelage de la foire, du temple de Corneille, volt. Leur. d'Argental, 27 avril «760.
— HIST. xvi* s. Ce n'eust esté qu'une battelerie anciennement ou un amuse-fol (comme l'on dit), si la vertu de la mort et résurrection de Jésus Christ n'y eust esté monstrée, calv. Instit. 208.
— étym. Bateleur.
BATELÉE (ba-te-lée), s. f. La charge d'un bateau.
— HIST. xvr» s. La première batlelée de soixante hommes achevoit de passer l'eau, d'aud. Hist.
— ÉTYM. Batel. (voy. bateau).
f BATELER (ba-te-lé), v. a. Terme dépêche. Mler chercher avec des chaloupes le poisson péché.
— ÉTYM. Batel (voy. bateau).
BATELET (ba-te-lè ; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel, 1'* se lie : les batelets et leurs rames, dites : les ba-te-lè-z et.... Batelets rime avec jamais, traits, succès), s. m. Petit bateau.
— ÉTYM. Diminutif de batel (voy. bateau). BATELEUR, EUSE (ba-te-leur, leû-z'), s. m. et
f. || 1° Faiseur de tours de force et d'escamotage. Sorciers, bateleurs ou filous, Gais bohémiens, d'où venez-vous? bérang. Bohém. ||2" Bouffon de société. Cet homme est un vrai bateleur.
— HIST. xm' s. Il n'est fiabeur [faiseur de fables] nebatelleur, Ne joueur d'apertise.... Dit des Peintres. || xv« s. Tous quelx bastelleurs fussent venus en la ville de St Moris sur Vigenne pour jouer des bas-
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teaux, du cange, baslaxius. Un basteleur qui aloit parmi la ville jouer d'apertesse, Christine de pisan, Charles V, part, m, chap. 20. || xvr* s. Les singeries que les basteleurs apprennent à leurs chiens, mont. H, 172. Un plaisant bateleur, assez bien reçu en plusieurs des bonnes maisons d'Italie, des per. Contes, ex.
— ÉTYM. Il y avait dans l'ancien français basteau, avec le sens d'instrument d'escamoteur, comme on le voit par l'exemple pris à Du Cange et par celui-ci qui est du xiv* siècle : L'autre dit que sa femme avoit respondu qu'elle n'estoit venue ne yssue d'enchanteurs ne de sorciers, et qu'elle ne savoit jouer des basteaulx de nuit ne des balais, Ménagier, i, 6. Si l'on prend en considération le bas-latin baslaxius, qui veut dire crocheteur et jongleur, on admettra que basteau a le même radical, et qu'il signifie non un gobelet, mais un petit bâton, une baguette magique (les joueurs de passe-passe et de gobelets ont d'ordinaire en main un petit b&ton), de bastellus, diminutif de bastus (voy. bâton). On avait au xvi* siècle le verbe bastelcr pour dire faire le sot : Il me faut ordinairement basteler par compaignie à traicter des subjects et contes frivoles que je mescrois entièrement, mont, m, II. Il estoit bien aise de faire bateler monsieur le juge, despériers, Contes, lxviii.
BATELIER, IÈUE (ba-te-lié, liê-r"; IV ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : des bateliers adroits, dites : des ba-te-lié-z adroits), *. m. et f. Celui, celle dont la profession est de conduire un bateau.
— HIST. xm* s. Mais quant la bêle en la nef fu, Li maroniers [marinier] moût liés en fu ; Si escria ses bateliers, Bl. et Jeh. 4346. || xvi* s. An port à Coulon, près de Niort, y avoit une batelière qui jour et nuit ne faisoit que passer un chacun, marg. Nouv. v. X la première assignation pour l'embarquement, les basteliers manquèrent pour s'estre enyvrez, d'aub. Hist. ni, 316.
— ÉTYM. Batel (voy. bateau).
t BATELLERIE (ba-tè-le-rie) , t. f. Terme de commerce. L'ensemble des bateaux qui font le service sur les cours d'eau. Les chemins de fer font pour les transports concurrence à la batellerie.
— étym. Batel (voy. bateau).
BATÊME, BATISER, etc. Voy. baptême, baptiser, etc.
BÂTER (bâ-té), ». a. || i° Mettre un bât sur une bête de somme. Bâter un âne, un mulet. La laine dont ils sont couverts [les lamas] dispense de les bâter, BUFF.iomo. ||2°F. n. Fig. et familièrement. Cela bâte mal, cela va mal, ne réussit pas. La campagne de Portugal n'avait pas bien bâté; on avait perdu Gibraltar, la Catalogne, st-sim. 150, ^3. Les personnes enivrées de la cour se croient tout permis ; et, quand cela bâte mal, elle se croient perdues, id. 04, 72. Cette affaire mortifia les jésuites, d'autant plus que cette même affaire leur bâtait mal à Rome, id. 78, 9. || Proverbe. L'âne du commun est toujours le plus mal bâté, c'est-à-dire, on a moins de soin des choses du public que de son intérêt propre.
— HIST. xm* s. Et se il le peut prover par deus beaus garans de la lei de Rome, homes ou femes, bien baste, Ass. de Jérus. H2. || xv s. Vous ne faites là que baster; Frappez fort, ilz ne font que rire, Mari, de S. Denis. || xvi's. Et ayant basté mon cheval, je m'en voy au grand galop devers eux, cahl. v, 20. Qu'au bœuf sied mieux d'estre basté, Qu'à un asne de porter mitre, marot, m, 22». Qu'il n'avoit pas eu loisir de le remercier de l'offre qu'il luy avoit faicte de le seconder, au cas que mal bastast, ce qu'il faisoit présentement, carl. iv, 4. Si aultrement mal baste, vous sçavez, monsieur, qu'une généreuse mort toute vie honore, id. v, 17.
— ÉTYM. Bât; provenç. bastar.
t BAT-FILIÈRE (ba-fi-liê-r') , s. f. Instrument pour battre le fil de fer. || Au plur. Des bat-filière.
— ÉTYM. Battre, fil.
f BATH (bat') , s. m. Mesure des liquides chez les Hébreux, valant 18 litres 08.
t BATHYMÉTRIE (ba-ti-mé-trie), s. f. Terme de physique. Mesure des profondeurs de la mer. Les difficultés de la bathymétrie.
— ÉTYM. BaOO?, profond, et uitpov, mesure.
1. BÂTI, IE (bâ-ti, tie), part, passé de bâtir I. || 1° Babylone bâtie de briques. Maison qui n'est pas entièrement bâtie. Quartiers mal bâtis. || Une terre bâtie, une terre sur laquelle on a élevé les bâtiments nécessaires au logement et à l'exploitation. J'ai, entre les Alpes et le mont Jura, une terre grande comme la main, très-joliment bâtie de ma façon, volt. Lettr. d'Argental, I" févr. 1764. || Fig. Et sur ce fondement était bâtie toute la loi, boss. Hist. n, 3. [Il] S'en va, m'a-t-il dit, rompre cette
partie Par une invention dessus le champ bâtie, mol. VÉtour. m, 8. || 2° Fondé. Villes bâties sur la mer. Marseille, bâtie par les Phocéens. || 3° Fait de telle sorte, au physique et au moral. Un homme bien bâti. Un homme mal bâti. Comme te voilà bAti ! c'est-à-dire, quel singulier accoutrement tu as! Voilà comme je suis bâti, tel est mon caractère. Il est ainsi bâti, mol. École des maris, i, 2. Comme le mondeestà présent bâti! la font, ttich. Notre homme ainsi bâti fut député des villes Que lave le Danube, id. Fabl. xi, 7. Il y a des cœurs plaisamment bâtis en ce monde, SF.v. 226. || 4" Bâti, ». m. Terme de menuiserie. Assemblage de montants et de traverses. || En horlogerie, châssis d'une machine àfendre les roues.
2. BÂTI, IE (bâ-ti, tie), part, passé de bâtir 2. Une robe bâtie. || S. m. Le bàd d'un habit, le gros fil qui a servi à joindre les parties ensemble, surtout l'étoffe et la doublure.
BÂTIER (bâ-tié), t. m. Ouvrier qui fait des bâu>. || fig. Laissons le peuple recevoir un bât des bàtiers qui le bâtent, mais nesoyons pas bâtés, volt. Lettr.
Duclos, 22 OCt. <7G0.
— ÉTYM. Bât; provenç. bastier; catal. baster; espagn. baslero; ital. basliere.
t BATIFODAGE (ba-ti-fo-da-j'), *. m. Terme de maçonnerie. Plafond de terre grasse et de bourre.
BATIFOLAGE ( ba-ti-fo-Ia-j' ) , s. m. Amusement folâtre. Familier.
— ÉTYM. Batifoler.
BATIFOLER (ba-ti-fo-lé) , v. n. Folâtrer, s'amuser en disant ou faisant des choses de gaieté. En batifolant donc, puisque batifoler y a, mol. Festin, n, t. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Ital. battifolle, rempart, boulevard, où les jeunes gens allaient s'amuser; bas-lat. batifollum, baeifollum, qui, dans les textes d'origine italienne, signifie bastion, machine de guerre, beffroi ; et qui , dans les textes d'origine française , paraît signifier une espèce de moulin.
BATIFOLEUR (ba-ti-fo-leur) , s. m. Celui qui aimo à batifoler.
— ÉTYM. Batifoler.
BÂTIMENT (bâ-ti-man) , s. m. || 1° Toute construction servant à loger soit hommes, soit bêtes, soit choses. Les magnifiques bâtiments dont Rome était remplie. Un bâtiment destiné à recevoir des grains. || Auplur. Administration, ministère des bâtiments. Villacerf eut les bâtiments à la mort de Louvois, et fut aussi premier maître d'hôtel de la reine, st-sim. 33, 131. || 2" Action de bâtir. Il donne plus de peine au bâtiment d'une maison qu'à celui.... pasc. Lettre 3. || Fig. Les philosophes, et Sénèque surtout n'ont point ôté les crimes par leurs préceptes; ils n'ont fait que les employer au bâtiment de l'orgueil, laroch. Max. 30. || 3" Le bâtiment, les travaux de construction. Le bâtiment va en ce moment. || 4* En termes de marine, un bâtimentde guerre, un bâtiment marchand. Equiper, armer un bâtiment. Dans le langage spécial, navire se dit d'un bâtiment de commerce; vaisseau, d'un bâtiment de guerre ; et bâtiment, de tous les deux.
— SYN. BÂTIMENT, CONSTRUCTION, ÉDIFICE, MONU- MENT. Ëtymologiquement, le bâtiment est ce qui porte, reçoit; l'édifice est l'érection de ce que les latins appelaient xdes, une grande maison, un palais, un temple, etc.jla construction est l'assemblage de matériaux avec la chaux et le mortier. Ces étymologies donnent les nuances. Tout ce qui se fait avec le mortier et le bois ou autres matériaux, est une construction; une maison est une construction, un bâtiment, un édifice, suivant le point de vue ; mais un égout, un pont est une construction, et non un bâtiment, encore moins un édifice. Le bâtiment est tout ce qui est destiné à loger, soit hommes, soit bêtes, soit choses; les écuries, les greniers sont aussi bien des bâtiments que les maisons. X bâtiment, édifice ajoute l'idée de grandeur architecturale ; un hôtel, un palais, une église sont des édifices. X édifice, monument ajoute l'idée de l'érection pour consacrer quelque grand souvenir.
— HIST. xvi* s. Dieu anéantit les vaines entreprinses du bastiment de sa pyramide, mont, n,
— ÉTYM. Bâtir; provenç. bastiment; anc. espagn. baslimento.
f BATINE (ba-ti-n'), *. f. Selle rembourrée et couverte d'une grosse toile.
— ÉTYM. Sans doute bât.
I . BÂTIR (bâ-tir), v. a. || 1' Faire une construction quelconque. Bâtir une église. La brique et le moellon qui ont servi à bâtir la ville. Je me suis bâti une cabane. X cause d'une maison qu'il faisait bâtir, boss. Hist. m, 7. Les superbes remparts que
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Minerve a bâtis, rac. Phèd. i , 6. || Absolument. Passe encor de bâtir, mais planter à cet âge I la font. Fables, h, 8. Il faut avoir trente ans pour songer à sa fortune ; elle n'est pas faite à cinquante; l'on bâtit dans sa vieillesse, et l'on meurt quand on enestaux peintres et aux vitriers, la bruy. 6. || Fig. Bâtir en l'air, former des projets chimériques. Bâtir sur le sable, former une entreprise qui ne peut durer. Et bâtissant en l'air sur le malheur d'autrui.... corn. llor. iv, 4. Voilà le sable sur lequel on bâtit, sév. 306. || Bâtir à chaux et à ciment, donner à ce qu'on fait une base solide. || Fig. et familièrement. Bâtir sur le devant, se dit d'une personne qui, engraissant, prend un gros ventre, et aussi d'une femme enceinte. || 2° Fonder. La ville d'Alexandrie fut bâtie par Alexandre. || 3° Fig. Fonder, établir. Il a bâti sa fortune sur les débris de celle des autres. Les systèmes que les philosophes bâtissent. Il verra comme il faut dompter des nations Et sur de grands exploits bâtir sa renommée, corn. Cid, I, 7. Le pauvre homme bâtit Maint ombrage et mainte chimère, la font. Coupe. Et sur un bois détruit bâtit mille procès , boil. Lutr. v. || Absolument. Quant à la conséquence qu'on tire, c'est bâtir sur un faux principe, boss. Nouv. myst. 4 2. Les personnes de condition bâtissent toujours sur leshonneurs de leur maison et de leurs ancêtres, m. Bern. 4. Mon cœur aura bâti sur ses attraits naissants.... mol. Éc. des /". iv, 4 . Vous supposez mon apostasie comme un principe ferme sur lequel vous bâtissez hardiment, pasc. Prov. 47. Il 4" Terme de chapellerie. Façonner le feutre sur le bassin. || 5" Se bâtir, v. réfl. Être bâti. Les maisons qui se bâtissent aujourd'hui.
— wsT. xn* s. E dist à ceaus [ceux] qui bastissoient maisons, Machab. i, 3. Vers cels qui ceste m'ont bastie [m'ont mis cette mauvaise affaire] ,Rone. p. 4 5. E cil qui mortalment le soleient haïr, Envers le rei Henri medler e mal tenir, E ki furent à sa mort purchacier e bastir, Th. le mart. 159. || xm' s. De liaison bastir n'ert [n'était] la vieille lente, Berte, xcvi. Et puis basti un tel plait dont Lombart se repentirent à la fin, h. de valenc. xv. Ha, quens de Boulongne, quens de Boulongne, quelle avés bastie la traïson entre vous et frère Garin? Chron. de Bains, 4 45. De tant li [au chevalier] a son bon [plaisir] basti Amors, qui le connissoit bien, Laidel'ombre. Moult m'avés or grant los basti, Quant de tel chose vous vantés, la Bose, 8630. ||xv«s. Et avoit le roi d'Angleterre basti son siège [de Vannes] par telle manière que les François ne pouvoient venir à lui par nul avantage, froiss. i,i, 2(4. La paix, telle que le grand maistre l'avait bastie et faite avec le roy de Cypre, Bouciq. ni, ch. 48. Et n'y ait si sot ne si lourd , Si nyaiz , ne si mal basty , Pour faire du gros, du demy lourd, Qui n'use des droitz du jourd'huy, coquill. Droits nouv. || xvi* s. Pigmalion ayant basti une statue de femme de beauté singulière, mont. n, 92. Ce livre est basti d'un espaignol barragouiné en terminaisons latines, id. ii. 437. Tu tiens table comme Crassus, tu basns comme Lucullus, et nous presches comme Caton, amyot, Cat. d'Ut. 30. Il demeure icy à nourrir des séditions en la ville, bastissant par tel artifice les moyens démettre la chose publique en telle confusion, que.... id. tb. 61. D'Aubigné acheta dans ce temps et bâtit la terre du Crest; comme il prenoit grand plaisir à son bâtiment.... d'aub. Vie, cxlvi. Le premier tuiau sera creusé dans une grosse pierre de taille bastie au travers du mur, o. de serres, 703.
— ÊTYM. Provenç. bastir; anc. ital. bastire. Ce mot a le même radical que bâton et bât (voy. ces mots) , c'est-à-dire l'idée de soutenir, de porter.
2. BÂTIR (bâ-tir), v. a. Terme de tailleur et de couturière. Passer un fil entre les diverses pièces d'un vêtement, pour les assembler. Bâtir à grands points. Bâtir un vêtement pour l'essayer.
— ÊTYM. Espagn. et ital. basla, couture à longs points; espagn. bastear; ital. im-baslire, bâtir; de l'ancien haut allem. bestan, coudre, rapiécer. Il y a eu, en français, en espagnol et en italien, un radical bast signifiant coudre, qu'on ne peut écarter de bâtir des tailleurs; mais l'on peut penser qu'une assimilation s'est faite entre les deux mots signifiant coudre et construire.
t BÂTISSAGE (bâ-ti-sa-j') , s. m. Terme de chapellerie. Premier degré du feutrage des poils.
— ÊTYM. Bâtir 4.
ltÂTISSE (bâ-ti-s'), s. f. Ce qui dans une construction appartient à la maçonnerie. Une bâtisse solide. La neige bouche en dehors les vides de la bâtisse [du castor], chateaubr. Amer. 4 23.
— LTïM. BàUr 4.
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BÂTISSEUR (bâ-li-seur), s. m. Celui qui a la manie de faire bâtir. Tous les bâtisseurs (et il n'y a point au monde de nation plus jalouse ni plus envieuse) avouent qu'il ne se peut rien voir de mieux [que votre bâtisse], voit. Lett. 4 83.
— hist.xvi's. Et le bastisseur.... mont, i, 79. De ma part je n'estimerois pas un homme moins bastisseuret affectionné à l'architecture, pour avoir vendu le bastiment qu'il auroit achevé, etpuisaprèsen avoir refait un autre, la boètie, 258.
— ÉTYM. Bâtir 4.
fBÂTISSOIR (bâ-ti-soir), t. m. Terme de tonnelier. Machine à retenir les douves pour la construction d'un tonneau.
— ÊTYM. Bâtir 4.
BATISTE (ba-ti-sf), t. f. Toile de lin, très-fine.
— ÊTYM. Baptiste, nom du premier fabricant de cette toile, de paTctiff-triç, proprement le baptiseur (voy. baptiser). Sa statue est à Cambrai.
BÂTON (bâ-ton), s. m. || 1° Morceau de bois assez long qu'on peut tenir à la main. Bâton servant d'appui. Un gros bâton. Un bâton noueux. Ils étaient armés de piques et de bâtons durcis au feu, vaugel. Q. C. m, 2. Si on veut donner un coup de bâton, pasc. Prov. 7. Dont la conduite mériterait vingt coups de bâton, hamilt. Gratnm. ?. || Jouer du bâton, manier un bâton avec dextérité, et aussi donner des coups de bâton. || Familièrement. Une volée de coups de bâton , un grand nombre de coups de bâton^ || Fig. et familièrement. X coups de bâton, par force. Sa mère (de l'abbé de Mailly] l'avait fait prêtre à coups de bâton, et l'avait laissé mourir de faim longues années a Saint- Victor, st-sim. 62, 422. || Fig. Le bâton haut, d'autorité. Le chevalier de Lorraine mena Monsieur le bâton haut toute sa vie, fut comblé d'argent et de bénéfices, st-sim. 93, 231. || Mettre des bâtons dans les roues, entraver, susciter des obstacles. || Sauter le bâton, faire quelque chose malgré soi, à contrecoeur; locution tirée des chiens et des singes auxquels les bateleurs font sauter un bâton. Toutes les dames voulaient être nommées [du voyage], c'est ce qui leur fit sauter le bâton de s'entasser dans les carrosses des princesses, st-sim. 60, 3. Quand on a compté sur un mariage de cette autorité, il ne se trouve plus de porte de derrière, et il leur fallut [aux Mailly] sauter le bâton d'assez mauvaise grâce, id. 3, 65. X quelques réponses brusques [de Pierre le Grand] aux derniers messages, ils [les ambassadeurs Anglais] sentirent bien qu'il fallait sauter ce dangereux bâton, et ils montèrent [aux échelles de corde], id. 54, 4 44. || Fig. Battrel'eauavecun bâton, perdre sa peine. || Fig. Prendre un bâton, faire mauvais accueil. Et, lorsque pour me voir ils font de doux efforts, Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors? mol. Mit. il, 4. || Sortir d'une place le bâton blanc à la main, se disait d'une garnison qui se rendait en consentant à sortir sans armes et sans bagage. || Fig. Sortir d'un emploi, d'une administration avec le bâton blanc, ou le bâton blanc à la main, en sortir pauvre. On dit de même : il est venu en cette ville le bâton blanc à la main, il y est venu pauvre. || Le bâton, la peine de la bastonnade. Condamner au bâton. Faire mourir sous le bâton. || 2° Fig. Sa charge de prévôt est un dangereux bâton dans la main d'un méchant homme, scarr. Bom. corn, n" p. ch. 4 5. || 3* Bâton d'aveugle, bâton qui sert aux aveugles à se conduire. || Fig. Ce bâton d'aveugle avec lequel marchait le modeste Locke, cherchant son chemin et le trouvant, volt. Lettr. à M'** 4740. L'analyse, qui est le bâton que la nature a donné aux aveugles, volt. Métaph. 4. || Un aveugle sans bâton, se dit de celui qui m'est pas pourvu des objets nécessaires à sa profession. || Bâton de vieillesse, celui qui est le soutien, l'appui d'un vieillard. Cet enfant sera un jour votre bâton de vieillesse. Bonne maman, consolez-vous, Prenez un bâton de vieillesse, bérang. B. mam. || 4° Bâton de chaise, morceau de bois qu'on met dans les portants d'une chaise à porteur. || Bâton se dit aussi des bois tournés qui maintiennent les quatre pieds d'une chaise à s'asseoir. Ne mettez pas vos pieds sur les bâtons. || Bâton de cage, bâton sur lequel se perche l'oiseau. || 6° Bâton s'est dit jadis des armes montées sur un fût ou hampe. Les arquebuses, les mousquets, les fusils ont été dits de la sorte bâtons à feu. || Bâton à deux bouts, espèce d'arme offensive qui consiste en un bâton ferré par les deux bouts. 11 faisait le moulinet autour de soi avec une boussine qu'il avait arrachée à un laquais, et il s'en escrimait comme d'un bâton à deux bouts, Francion, liv. xn. || 6° Batterie à bâtons rompus, batterie de tambour qui désigne l'action des mains don-
BAT
nant chacune deux coups de suite ; ce jeu de baguettes est un moyen d'étude, et l'accélération des battements produit un bruissement et non une batterie d'ordonnance; de là la locution figurée : à bâtons rompus ou à bâton rompu, avec interruption, à diverses reprises. J'entendis à bâtons rompus leurs propos, Francion, liv. iv. Selon ma coutume paresseuse de travailler à bâton rompu, J. J. rouss. Avcrt. Vous voyez comme je travaille; tout ce qu'on appelle décousu, bâton rompu, n'est rien en comparaison, p. L. cour. lett. i, 288. || Bâtons rompus, espèce de tapisserie qui représente plusieurs bâtons rompus et entremêlés l'un dans l'autre. Cela s'est dit aussi de certains ornements d'architecture. || 7° Bâton pastoral, la crosse d'un évêque. || Bâton de chantre, sorte de bâton fort orné et recouvert d'argent que le chantre d'une église tient à la main pendant l'office divin en marchant en chape dans le chœur. || Bâton de prieur, le bâton qu'un religieux, en qualité de prieur, porte derrière l'écu de ses armoiries. || 8" Le bâton de la croix, d'une bannière, le bâton au haut duquel la croix, une bannière sont portées. || Bâton de confrérie, le bâton de la bannière d'une confrérie. || 9° Court bâton, petit bâton qui, mis avec d'autres plus longs, sert à tirer au sort. On dit aujourd'hui courte paille. || Fig. Tirer au bâton, au court bâton avec quelqu'un , contester avec lui sans vouloir se relâcher sur rien. 11 ne faut pas tirer au court bâton avec ses amis. || 10" Bâton de croisure, outil des ouvriers de haute lisse. || Bâton de preuve, celui qu'on trempe dans le sirop pour essayer la cuite. || 11" Bâton se dit des choses qui ont la forme d'un petit bâton. Bâton de casse; bâton de cire d'Espagne; bâton de sucre d'orge. || 12° Bâton de commandement, bâton que portent certains officiers investisd'un commandement.! | Bâton de maréchal, ou simplement bâton, dignité de maréchal. Il est du nombre des désespérés de n'avoir point de bâton [de n'être pas maréchal] , sév. 204. || Bâton d'exempt, sorte de bâton qui marquait que celui qui le portait était un exempt. || Bâton de mesure, petit bâton avec lequel un chef d'orchestre indique le mouvement. || 13° En géométrie, on appelait bâton de Jacob un instrument composé de deux règles mobiles , avec des pinnules à l'extrémité, qui servait à prendre les hauteurs ou les distances , par la méthode des angles. Les anciens astronomes sont peints avec un bâton de Jacob à la main. [J Bâton de Jacob, trois étoiles du baudrier d'Orion qui sont en ligne droite. || Le bâton de Jacob, la baguette d'un escamoteur. || Il sait bien le tour du bâton, il est fin et adroit, il sait faire sa main; locution prise des joueurs de passe-passe, qui ont d'ordinaire en main un petit bâton. || Familièrement. Tour du bâton, profit secret et illicite. Phelypeaux était général des lies à la Martinique, qui est un emploi indépendant, de plus de «oooo livres de rente, sans le tour du bâton, qu'il savait faire valoir, st-sim. 364, 4 27. J'ai du bien, du crédit et de l'argent comptant; Quant au tour du bâton, vous en serez content, boursault, Ésope à la cour, iv, 6. || 14° En architecture, bâton , moulure en saillie ou gros anneau qui s'appelle aussi tore, et qui est un ornement de la base des colonnes. || 15° En termes de blason, bâton, le tiers d'une colonne en brisure. || 16° Terme de marine. Bâton de pavillon ou d'enseigne, petit mâtereauqui sert à arborer le pavillon. || Bâton de flamme, bâton qui tient la flamme au bas du mât. || Bâton d'hiver, petit mâtereau qui, lorsque le temps est mauvais, remplace le mât de perroquet dans un bâtiment de commerce. || 17° Rouleau de bois dont l'orfèvre se sert pour aplanir une plaque de métal. || Cylindre de bois garni de peau de chien, pour frotter divers ouvrages. || 18° Terme de botanique. Bâton de saint Jean, la persicaire d'Orient (les jardiniers appellent bâton toute plante dont les fleurs sont disposées en épi le long d'un axe redressé et rigide). || Bâton de Jacob, asphodèle jaune. || Bâton d'or, vioiier jaune ou giroflée jaune. || Bâton royal, l'asphodèle blanc ou l'asphodèle rameux. Dit aussi hache royale. || Bâton de St Jacques, la rose trémière. || 19° Dans l'écriture, traits longs et droits que font les commençants. Cet enfant fait des bâtons. || Dans la musique, sorte de barre qui traverse perpendiculairement une ou plusieurs lignes de la portée et qui, surmontée d'un chiffre, exprime la quantité de mesures qu'il faut passer en silence. || 20° Par rain et par bâton, locution de droit féodal dont on se servait dans les solennités des investitures.Rain veut dire branche, de ramus; mot à mot, par branche et par bâton. || Le bâton, dans les coutumes féodales, était un signe par lequel on con-