‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 176 sur 403 · RAT · texte numérisé non relu

RAT

fiait une mission : on en verra des exemples dans l'historique.

— hist. n* s. Livrez m'en ore le gant et le bastun, Ch. de Bol. xvii. || xu*s. Qui donc veïst le duc sur un cheval gascon Poindre parmi les rues, à sa main un haston.... Sax. vin. || xiir» s. Et ne puent ne ne doivent les mestres ne les valiez donner deux goffres [gaufres] pour un denier , et sept bastons [sorte de pâtisserie] pour un denier, bons et loyals et metables, Liv. des met. 351. Poi me porrai mes soustenir, Fors à baston ou à potence, la Uose, 4 2949. Por ce l'avons eslit qu'il a cuer de baron, Et qu'il reset assés d'escu et de baston, Ch. d'Ant. vu, 770. Et fust ainsi qu'il eust ja l'escu et le baston por combatre,BEAUM.Lxni, 4. ||xivs. Un baston, appelé le baston au Lyon, et est fait en manière de potence, et a, au bout du dist baston, une pointe d'argent, de laborde, Émaux, p.469. Deux bastons de cèdre, garnisd'or, àdeux pommeaux rons dessus, où, en l'un, a les armes de France et, en l'autre, de Mons. le Dalphin, id. ib. Un baston de ybenus aomé d'argent, pour l'office du chantre, id. ib. Un baston à seigner [bénir], qui a la teste d'une aigle de cassidoine, assise sur un pommel d'or esmaillé, et a ou bout une virole d'or à la pointe d'argent, id. ib. Vous ressemblez celui, à mon entention, Qui va merci priant, en sa main un baston, Guescl. 21384. ||xv s. Ceux qui le baston du gouvernement avoient, froiss. h, in, 27. Lesdicts ambassadeurs, qui assez savoient le tour de leur baston, Bouciq. m, ch. 4 4. Le clerc, sachant le tour de son baston , s'en fit beaucoup prier, louis xi , Nouv. xni. Un jeu que l'on nomme le jeu de baston, c'est assavoir l'un à tapper ou frapper et rompre le baston de son compaignon, du cange, basto. || xvi* s. Quelques capitaines d'infanterie, lesquels, estant payez pour cent hommes, n'en tiennent pas trente en leurs compagnies, et encores se moquent-ils des autres qui n'entendent pas le tour du baston, lanoue, 406. Le vassal peut démembrer, bailler à cens et arrentement son fief, sans l'assens de son seigneur, jusqu'au tiers de son domaine, sans s'en dessaisir, ou la main mettre au baston ; qui est ce qu'on dit : se jouer de son fief, sans demission de foi, loysel, 64). Il avoit bon nombre de chevaux de service, grande quantité de bastons et d'armes offensives de toutes sortes, et d'engins de baterie à tirer au loing, amyot, Timol. 48. Lesdiguieres bâtit de quatre moiennes Guillestre, qu'il eut au bout de 900 coups, les soldats de Gascongne rendus au baston blanc, ceux du païs a discrétion, d'aub. Hist. m, 36. Discours premier sur le fait des harquebusades, et autres bastons à feu, paré, îx, t" dise. Cela fait [le vif-argent ainsi préparé], on peut dire estre un maistre Jehan, qui fait choses grandes et quasi miraculeuses,pourveu qu'on le sache bien manier à luy faire sauter le baston, id. xxiii, 47. Deux appuyés sur ung baston (proverbe), génin, Récréât, n, p. 237.

— êtym. Norm. gaton et vaton; provenç. et espagn. baston; portug. bastâo; ital. bastone. Baston est un dérivé d'un simple qui se trouve dans l'espagnol baslos, bâtons, trèfle dans les cartes, et dont le radical est dans bâtir et bât (voy. ces mots).

t BÂTONNABLE (bâ-to-na-b)'), adj. Qui mérite d'être bàtonné. Le héros de son roman est très-bâtonnable, scarron, Poés. dans richelet.

— ÉTYM. Bdlonner.

f BÂTONNADE (bà-to-na-d'), s. f. Coups de bâton. Des impertinences qui échappèrent à Bartet sur M. de Candole lui attirèrent de sa part une rude bâtonnade, st-sim. 487, 243. || On dit plus ordinairement bastonnade.

— ÊTYM. Bâtonnet;

t BÂTONNAGE (bâ-to-na-j'), s. m. || 1° Terme de vétérinaire. Opération qui consiste à introduire dans la bouche des bêtes à cornes affectées de météorisme un bâton avec lequel on va titiller le voile du palais ; ce qui détermine des éructations et soulage les animaux. || 2* Action de mettre en bâtons, par exemple de la cire d'Espagne.

— étym. Bâton.

t BÂTONNAT (bâ-to-na), s. m. || i° Fonctions de bâtonnier dans le corps des avocats. || 2° Durée de ces fonctions.

— étym. Bâton.

BÂTONNÉ, ÉE (bâ-to-né, née), part, passé. || 1° Qui a reçu des coups de bâton. Géronte bàtonné par Scapin dans la comédie de Molière. || 2° Biffé. Un paragraphe bâtonné.

+ BÂTONNÉE (bâ-to-née), s. f. Quantité de liquide élevée par un coup de piston d'une pompe.

— ÉTYM. Bâton, manche de pompe.

BÂTONNER (bâ-to-né), v. a. || !• Donner des

BAT

coups de bâton. Anglais, Suisses, Allemands, Russes, Prussiens, tous bâtonnent le soldat, p. L. cour, i, 202. || 2° Fig. Rayer, biffer. Bâtonner un article.

— HEM. Des dictionnaires du xvm' siècle indiquent que dans ballonner, qui était l'orthographe suivie, l's se prononçait. Cette prononciation, qui avait le tort de séparer bâtonnet de bdton, n'a pas prévalu.

— HIST. xv s. Alons jouer ensemble et bastonner l'un contre l'autre, du cange, basto.

— ÉTYM. Bâton.

BÂTONNET (bâ-to-nè; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel, l's se lie : des bâtonnets et.... dites : des bâ-to-nè-z et....; bâtonnets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1' Jeu d'enfants qui consiste à faire sauter avec force un petit bâton pointu par les deux bouts. || 2° Petite règle à quatre faces. || 3° Terme de vétérinaire. Petit morceau de bois dont on se sert dans la saignée avec la flamme pour faire pénétrer brusquement la pointe de l'instrument par un coup sec du bâtonnet.

— hist. xiii* s. X lafenestre droit s'en vient, Au bastonet qui la sostient, Ben. 4 2308. || xiv s. Un petit bastonnetd'ybenus, garni d'argent, à faire une couple à chien, de laborde, Émaux, p. 464 . Au bout des longes doit avoir un petit bastonnet, afin que se l'esprevier s'entreprenoit, sans mettre la main, l'en luy mette ses plumes à point, Ménagier, m, 2.

— ÉTYM. Diminutif de bâton. On disait aussi dans l'ancien français bastoncel.

BÂTONNIER (bâ-to-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'f se lie : les bâtonniers et les avocats, dites : les bâ-to-nié-z et....), s. m. || 1° Celui qui avait en dépôt le bâton d'une confrérie, et qui avait droit de le porter aux processions. || 2° Avocat choisi par ses confrères pour être temporairement le chef de l'ordre, son représentant et son président, et pour veiller à ce qui intéresse l'honneur et la discipline du barreau. On l'appelle ainsi parce que, dans les cérémonies de la confrérie de St-Nicolas, confirmée par lettres de Philippe VI, d'avril 4 342, il portait le bâton de St Nicolas.

— ÉTYM. Bâton.

BÂTONNISTE (bâ-to-ni-sf), s. m. Celui qui sait s'escrimer du bâton, comme d'une arme.

— ÉTYM. Bâton.

t BATRACHITE (ba-tra-ki-t'), *. f. Pierre verdâtre que les anciens crovaient formée dans le corps d'un crapaud.

— ÉTYM. BaTpoxtT»i;, de pxrpaxo; , grenouille.

f BATRACHOMYOMACHIE (ba-tra-ko-mi-o-machie), s. f. Combat des rats et des grenouilles, titre d'un poëme attribué à Homère.

— ÉTYM. BaTpaxo]j.yo[iaxia, de pâvpoxo;, grenouille, «.oc, rat, etp.àxTi, combat.

BATRACIEN (ba-tra-siin), s. m. Terme de zoologie. Nom d'animaux vertébrés appartenant au quatrième ordre de la classe des reptiles, formant le passage de cette classe à celle des poissons, et renfermant des animaux à peau nue, différents de tous les autres vertébrés par la métamorphose qu'ils éprouvent dans les premiers temps de leur existence.

— ÊTYM. BâTpaxo;, grenouille.

BATTAGE (ba-tà-j'), s. m. || 1" Action de battre le blé pour séparer le grain de l'épi. || 2" Dans la draperie, préparation donnée à la laine. || 3° Action de battre la poudre dans les mortiers. || 4" Opération pour faire le beurre, consistant dans l'agitation de la crème en des vases de formes diverses appelés barattes.

— étym. Battre.

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