BELL
— ÊTYM. Bas-latin, batitura, de battere (voy. battre). Dans l'ancien français, bateure avait le sens général d'action de battre , qu'il a conservé jusque dans le xvi" siècle, et que le peuple lui attribue encore quand il dit : il y a une batture dans la rue.
| BATZ (bats') , s. m. Petite monnaie allemande de la valeur de trois sous.
— ÉTYM. Allem. Batzen.
BAU (bô), *. m. Terme de marine. Nom donné à chacune des poutres qui, placées entravers, soutiennent les planchers ou ponts des navires. Le maître bau, le plus long des baux, celui qui dans la construction est placé à peu près à la moitié de la longueur du navire. Bau de lof; le dernier bau sur l'avant. Bau de dalle, le premier bau vers l'arrière. Faux-baux, ceux qui supportent les planches du faux-pont.
— HIST. xin* s. Et des autres barons chascuns s'est tant penés Que il ont de la porte tous les pans destornés, Tous les baus traversais ont à terre jetés, Ch. d'Ant. vi, 860.
— ÉTYM. Bau, comme on voit, est un mot fort ancien, qui, ayant le sens de poutre, vient sans doute de l'allemand Balken, solive. Si l'on s'étonnait que le k ait disparu, il faudrait se rappeler que le g, lettre analogue, a également disparu de l'ancien français bou, bracelet, qui vient de l'ancien haut-allemand boug, ancien Scandinave, baugr.
f BAUBI ou BAUBIS (bô-bi), s. m. Terme de chasse. Chien dressé au lièvre , au renard et au sanglier.
— ÉTYM. Origine inconnue; peut-être baubari, aboyer. Ce chien se nomme en allemand Bélier, aboyeur.
tBAUCIIE (bô-ch'), ». f. S'est dit pour bauge, mortier (voy. bauge).
BAUD (bô), s. m. Nom d'une race de chiens courants, qui viennent de Barbarie, et qui sont propres à la chasse du cerf; dits aussi chiens muets, parce qu'ils cessent d'aboyer lorsque le cerf vient au change.
— hist. a* s. Li emperere se fait et balz et liez, Ch. de Roi. 8. || xu« s. Balz fu et preus, et le cors ot legier, Roncisv. p. 63. ||xm* s. Plus en estoit sa mère baude et joians et lie, Berte, lx. Maint ribaud ont les cuers si baus, Portant sas de charbon en grieve, Que la poine rien ne leur grieve, la Rose, 5064. y xiv* s. Il est trois manières de chiens saiges, les uns qui sont appelés baulz, les autres ferbaulz, et les autres baulz retifs, Modus, f° xxvii.icno.
— ÉTYM. Le chien baud a été ainsi nommé pour sa hardiesse , de l'ancien français baud, bald , hardi ; provenç. bout; ital. baldo; mots qui viennent des langues germaniques : angl. bold; ancien haut allem. bald, pald; goth. ballhs, libre, hardi.
t BAUDELAIRE (bô-de-lê-r"), 1. m. Sorte de sabre. Il Un des meubles du blason.
BAU
— hist. xiv s. Guillaume de Cravant chevalier avoit féru le dit feu Guillaume sur la teste d'un coutel appelle badelare, du cange, badelare. Cavelier tira un grant panait ou badelaire, id. ib. Et lors il sacha un bazelaire, et en fery si grand cop ... id. ib. || xv s. Un petit coutel portatif appelle baudelaire, id. ib.
— ÉTYM. Bas-lat. badarellus, badelaris, basalardus, baselardus. Il y avait dans l'ancien français le mot base qui avait le même sens et dont baselardus est un augmentatif.
tBAUDER(bÔ-dé)ouBAUDIR(bô-dir),t).n.Terme de chasse. Aboyer. Les chiens baudcnt fort sur la bête.
— ÉTYM. Baud.
BAUDET (bô-dè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, 1'* se lie : les baudets el le3 anesses, dites : les bô-dè-z et.... Baudets rime avec traits, succès, jamais), s. m. || 1* Âne. Être monté sur un baudet. Le baudet n'en peut plus.... la font. Fables, m, 1. || Fig. Un homme stupide. ||2* Nom particulier de l'âne mâle employé à la reproduction de l'espèce ou à la production du mulet. || 3" Terme de métier. Tréteau sur lequel le scieur de long pose les pièces de bois.
— HIST. xvi* s. Pour haster son misérable baudet, tout errené des coups et du fardeau , Satire, lien, la vertu du Calholicon d'Espagne, au commencement.
— ÉTYM. Hainaut, boude, ânesse ; de l'ancien français baud (voy. baud), qui veut dire gai, content, hardi, et qui a été appliqué en diminutif a l'âne mâle à cause de sa hardiesse et de sa vivacité.
BAUDIR (bô-dir), v. a. Terme de fauconnerie. Baudir un faucon, l'encourager au combat contre un héron.
— ÉTYM. L'ancien adjectif baud , hardi (voy. baub).
BAUDRIER (bô-dri-é) , s. m. Bande de buffle ou d'étoffe qui, mise en écharpe, sert à porter un sabre, une épée. H Baudrier d'Orion, les trois étoiles qui sont en ligne droite au milieu de la constellation d'Orion.
— hist. xii' s. Li cuens Reynaus en monte le degré, Gros par espaules, grêles par le baudré, Romancero, p. 60. Etjo te dunasse vint sicles d'argent e un baldrei, Rois, 4 87. || xiir* s. Cuir à faire coroies et baudrés , Liv. des met. 300. Si corne un baudré que on apele couverture à sele de cheval ou de roncin, to. 210. De la maisnie estoient dant Pieron le barbé, Celui qui ot la barbe dusqu'au neu du baudré, Ch. d'Ant. v, 882. || xv* s. On dit que plus vous ne daignez Porter tissus, ne gris, ne vers, Mais seulement vous vous ceignez De baudiers de velours couvers, coquill. Droits nouv.
— ÉTYM. Provenç. baudrat; portug. boldrié; ital. budriere. Dans le vieux français, plusieurs formes sont confondues, baldrei, baldré ou baudré, etboudrier. Baldrei vient de l'anc. haut-allem. balderich, anc. angl. baldrick, baudrick; baldré, baudrat est un participe passif formé d'un bas-latin balteratus, et signifie l'endroit du corps ceint par le baudrier; enfin baudrier dérive d'un bas-lat balterarius, de balteus, baudrier. L'ancien haut-allemand dérive de l'anglo-saxon belt, anglais belt, ancien nordbe/lt, sans doute emprunté au latin balteus. Le portugais et l'italien proviennent du français.Bo«drt'er ou baudroier était, non le baudrier, mais celui qui préparait les baudriers, ou du moins celui qui préparait les cuirs, et ce nom aura par abus passé de l'ouvrier à la chose ouvrée.
f BAUDROIE (bô-droi), s. f. Un des noms vulgaires de la lophie pêcheuse , poisson des côtes de France. Nom donné aussi par quelques auteurs au genre lophie.
— ÉTYM. Dans un texte cité par Du Cange, au mot baudroy , on trouve : poisson nommé par les Italiens martin-pêcheur, diable de mer, par les Marseillais baudroy, à cause de la grande ouverture de sa bouche, semblable à une bourse dite dans le pays baudrier. Baudroy et par corruption baudroie est donc l'ancien français baudrei ou baudroi, signifiant baudrier (voy. baudrier).
BAUDRUCHE (bô-dru-ch'), s. f. Pellicule provenant d'une des membranes du caecum bien dégraissé soit du bœuf, soit du mouton, et préparée par les parclieminiers. Dite aussi peau divine, parce qu'on l'applique sur les coupures, à l'instar du taffetas d'Angleterre.
— ÉTYM. Forme allongée de baudrée , vieux morceau de cuir, auquel tiennent, dans l'ancien français, baudroier, corroyeur, baudroirie, le métier de corroyeur (voy. baudrier). M. Jaubert, dans son Glossaire, tire baudruche de buudru, en Lcrry,
BAU
BAV
BAV
ventru, en parlant des bêtes à cornes; il serait possible que baudru fût une forme de baudré , anc. français ; baudrat, provençal, en forme de baudrier, de bourse (voy. baudroie).
BAUGE (bô-j'), *. f. \\l° Gîte fangeux du sanglier. Ce sanglier était sale et couvert de la boue de sa bauge où il s'était vautré, fén. xix, 70. || Par extension. L'écureuil sort de sa petite bauge, fuit sur un autre arbre, buff. Écureuil. || Populairement. Avoir tout à bauge, être dans l'abondance. Cette locution a vieilli. || 2° Mortier de terre grasse mêlée de paille. || 3° Nom d'une sorte de droguet de gros fil et de laine grossière, qui s'est fabriqué en Bourgogne.
— HIST. xvi* s. Dedans faisoit sa bauge tine beste sauvage, Qui jamais autre part ne cberchoit son gaignage, rons. 670. Il observera les bestes, leurs repaires et gistes, licts, chambres, reposées, bauges et tanières, o. de serres, 993.
— ÉTYM.Berry, bauge, hutte; norm. bauge, lit; bas-lat. baugium, bugia. On y rapporte, sans preuve, le celtique : gaél. baie, croûte de terre ; et l'allemand ancien nord, bâlkr, cloison. Au sens de mortier, de crépi, on disait autrefois bauche.
BAUGUE (bô-gh') ou BAUQUE (bô-k'), s. f. Mélange de plantes marines que la Méditerranée rejette sur ses côtes.
— étym. Bas-lat. balcha, roseau, dans un texte du xv* siècle.
■t . BAUME (bS-m') , s. m. 1 1 1" Substance résineuse et odorante qui coule dequelquesvégétaux. En chimie, les baumes sont proprement des substances résineuses qui contiennent de l'acide benzoïque ou de l'acide cinnamique. En pharmacie, médicaments qui ont une odeur balsamique. Que sa liqueur [de la vigne] soit un baume de plus Versé par vous sur nos blessures, bérang. Brennus. || Familièrement. Fleurer comme baume, avoir une odeur agréable. || Fig. Sa réputation fleure comme baume, il a une très-bonne réputation. || Fig. et familièrement. Je n'ai pas foi dans son baume, je n'ai point de confiance aux discours qu'il débite, aux promesses qu'il fait. || 2° Fig. Ce qui calme, adoucit les peines, les chagrins. J'attends quelque chose de vous comme un baume sur toutes ces blessures, volt. Letl. vers, 42. Ce peu de lignes semblait distiller un baume salutaire sur sa blessure, j. j. rouss. Ilél. i, 64. Un mot, à travers ces barreaux, A versé quelque baume en mon ame flétrie, a. chén. 269. Quand la paix répand son baume Sur les maux qu'on endura, bérang. Mènétr. Vous croyez donc que les déplaisirs et les plus mortelles douleurs ne se cachent pas sous la pourpre? ou qu'un royaume est un remède universel à tous les maux, un baume qui les adoucit, un charme qui les enchante? boss. Harie-Thér. La toléran ce s«ra regardée dans quelques années comme un baume essentiel au genre humain, volt. Lelt. Helvélius, 26 juin 4765. Des eaux assez bonnes pour les vieillards cacochymes qui ont besoin de mettre du baume et de la tranquillité dans leur sang, m. lelt. d'Argental,MmSiin66. || 3* Baume d'acier ou d'aiguilles, baume préparé avecdela limaille d'acier et de l'acide azotique. || Populairement, baume d'acier, l'instrument d'acier, l'instrument du dentiste. Votre dent est gâtée; il n'y a que le baume d'acier qui vous guérira. || Baume de soufre, huile soufrée. || Baume de momie, malthe et asphalte. || En botanique, baume des jardins, nom de la menthe baume (mentha gentilis , L.). Des roches tapissées de sauge et de baumes sauvages, chateaubr. Itinér. n, 4 3.
HIST. xiii' s. Et fu li cors embausemês de
bausme et aportés à Saint Denis, où il fu enfouis en cimetière comune, Chron. de Rains, 4 78. Ci se reposera Guillaume, Le cui tombel soit plain de baume, D'encens, de mirreetd'aloé, Tant m'a servi, tant m'a loé, la Rose, 40598. Mais je passase la cloison Moult volontiers pour l'achoison [à cause] Du bouton, qui sent miex que basme, ib. 2796. Carde l'un basmes decouroit, iît de l'autre cresmes caoit [tombait], Flor. et Bl. 625. Des'haleine est si douce odeur, Que de bosme ne vient grigneur, Bl.etJeh. 343. Or ai Dieu renoié, ne puet estre teû; Si ai laissié le basme , pris me sui au seû [sureau]; De moi a pris la chartre et le brief receù Maufez [Satan]; si li rendrai de m'ame le trett, ruteb. il, 96. || xve s. Mauvaise odeur m'est plus fleurantque basme, ch. d'orl. Bal. 4 04. Et lors commença à dire baume [merveilles] de son chien, lodis xi, Nouv. xcvi.
|| xvi' s ou ne sçay quel baume artificiel, ma-
rot, I, 267. Au point du jour vey son corps amoureux, Entre deux draps, plus odorans que basme, m. u, 398. Par faulte de moustarde (baulme naturel et restaurant d'andouilles) moururent presque
toutes, hab. Tant, iv, 42. La chair en est tant délicate, tant savoureuse, et tant friande que est basme, id. ib. iv, 7.
— étym. Provenç. balme, basme; catal. balsam; espagn. et ital. balsamo; de balsamum, pdXcja- (j.ov ; de l'hébreu, baal, prince, et schaman, huile. On disait encore quelquefois bdme du temps de La Fontaine : Ma foi! c'est bâme, Troq.
t 2. BAUME (bô-m') ou BALME (bal-m'), *. f. Grotte, dans le Midi. || La Sainte-Baume, montagne du Var où l'on dit que sainte Madeleine se retira.
— hist. xnr s. Après s'en alaen Bethléem, et en la balme dou Sauveour entra, Vie des Saints dans raynouard, balma.
— Etym. Prov. oaou, rocher, d'où baoumo; Am. Thierry, llist. des Gaulois, dit baou un mot ligurien.
BAUMIER (bô-mié), *. m. Arbre qui donne du baume (amyris, L.). Nous traversâmes quelques petits bois de baumiers et de cèdres de la Virginie, chateaubr. Voy. Amir. 308.
— HIST. xiii* s. Por le treû de l'an [il] li dona un somier Tôt chargié de besans, de pieres et d'ormier, Et une boiste plaine de basme de basmier, Ch. d'Ant. i, 347. Basme de bausemier, ib. v. 714. Et à senestre un balsamier; N'ert [n'était] en cest siècle tele odour Qui vausist celé de la flour, FI. et Blancliefl. 622.
— étym. Baume.
BAUQUE (bô-k'), *. f. Voy. BAUGUE.
+ BAUQUIÈRE (bô-kiê-r'), s. f. Terme de marine. Ceinture épaisse pour recevoir l'extrémité des baux.
— ÉTYM. Bau.
t BAUQUIN (bô-kin), *. f. Bout de la canne que le verrier pose sur ses lèvres pour souffler.
BAUX (bô), plur. de bail et de bau.
BAVARD, DE (ba-var, var-d'; le d ne se lie pas au masculin : un bavard ennuyeux, dites: un bavar ennuyeux; au pluriel Vs ne se lie pas: des bavar ennuyeux; cependant plusieurs disent, en liant : des ba-var-z ennuyeux), adj.[\l° Qui parie beaucoup. Je vous écrirais bien au long si j'en croyais mon cœur, qui est bavard de son naturel, volt. Lelt. Rochefort, 4 fév. 4767. || Indiscret, qui dit ce qu'il faudrait taire. En ce sens, on peut être bavard sans parler beaucoup. || 2" Substantivement, un bavard, une bavarde. Faire taire les bavards.
— HIST. XV s. Ça, mes mignonnes danceresses, mes très plaisantes bavarraisses , Délaissez vos amoureux traitz, coquillart, Les droits nouveaux. || xvi« s. J'esperois qu'en bref ceste resverie, ne trouvant nul adhèrent, s'evanouiroit, ou bien demeureroit cachée entre un tas de baveraux seulement, calvin, 25. Si on veut croire ces bavars, l'essence de Dieu ne conviendra qu'au Père seul, id. lnslit. 92. Ce n'est donc pas son intention de detracter en rien qui soit de la vraye foy; mais declairer combien estoyent ineptes tels baveurs, de tant attribuer à une vaine apparence de foy, id. ib.
— ÉTYM. Bave; provenç. bavec, bavet, bavard.
BAVARDAGE (ba-var-da-j') , s. m. Suite de discours ou de paroles sans intérêt. Quand finirez-vous ce bavardage?
— étym. Bavarder?
BAVARDER (ba-var-dé), v. n. || 1° Parler beaucoup. Cette femme bavarde du matin au soir. || 2" Divulguer des choses qu'on devrait taire. Son complice bavarda, et la police fut sur la trace. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 3" Activement. Le duc d'Estrées grommelait en grimaçant, et le duc de Béthune bavardait des misères, st-sim.
— ETYM. Bavard.
BAVARDEUIE (ba-var-de-rie) , s. f. ]| 1° Déraut du bavard. Pardonnez âmes arguments, a ma morale, à ma bavarderie, volt. Letl. au roi de Prusse, 37. || 2° Bavardage continuel. Que V. M. I. daigne agréer les bavarderies de l'ermite du mont Jura, volt. Lett. à Calh. 4 07. Et aurez-vous d'autres reproches à me faire que celui de vous ennuyer par mon énorme bavarderie? id. Lett. Mme du Ùejjant,
45janv. 4761.
— étym. Bavarder.
fBAVARDINER (ba-var-di-né), v. n. Diminutif de bavarder. Nous n'avons fait que bavardiner, et nous n'avons point causé, sév. 40.
— étym. Bavarder.
t BAVAROISE (ba-var-di-z'), s. f. Bavardage. Échauffez votre tête et travaillez : vousaurez bientôt oublié ou pardonné mes bavardises, et vous trouverez.... J.J. rouss. Lett. à M. Marcel, 4" mars 4763.
— ÉTYM. Bavard.
BAVAROISE (ba-va-roi-z'), t. f. Infusion de thé
et de sirop de capillaire, sucrée et mêlée avec du lait.
— ÉTYM. Bavarois, de Bavière.
BAVE (ba-v'), *. f. || 1° Salive qui découle involontairement de la bouche. La bave d'un enfant. |j2°Saliveécumeuse que jettent certainsanimaux. La bave d'un chien. Cerbère l'a versé ; jadis ce monstre esclave Fit écumersurlui sa venimeuse bave, rotr. llerc. mour. rv, 4. || 3° Liqueur gluante qui coule de la coquille d'un limaçon. || 4" Fil très-fin que le ver à soie jette autour de lui avant de commencer son cocon.
— HIST. xni's. Tu as le filz Dieu baptoié, Par qui nous sommes nectoyé D'ordure, d'escume et de beve, j. de meung, Tr. 238. || xv s. J'ay bien ouy tout son tripot Et ses baves; elle prouvera Tous ses faietz; parlons par escot, coquill. Plaidoy. de la simple et de la rusée. Venez y, varietz, chamberieres, Qui sçavez si bien les manières En disant mainte bonne bave D'avoir le meilleur de la cave, villon, Repues franches.
— ÉTYM. Espagn. et portug. bobo; ital. baro. Ce paraît être une espèce d'onomatopée, pour exprimer le babil des nourrissons accompagné de bave, en grec, (JaSiÇsiv. On voit que bave dans l'ancien français signifiait aussi le parler puéril.
t BAVÉOLE (ba-vé-o-1') ouBAVEULE(ba-veu-l'), s. f. Un des noms locaux de la centaurée-bluet.
t BAVÈQUE ou BAVESQUE (ba-vè-k'), *. f. Voy. BAVEUSE.
BAVER (ba-vê), v. n. || 1° Jeter de la bave. Votre petite fille est fort jolie; elle me baise et me bave; mais ne crie jamais, sév. 405. Alizon.... Bave comme au printemps une vieille limace, Régnier, Sat. x. [Un enfant] qui crie et bave pour toute réponse, J.J. rouss. Ém. il. || Fig. Souiller par d'indignes paroles. Rentre dans l'ombre où sont tous les monstres flétris Qui, depuis quarante ans, bavent sur nos débris! v. hugo, Crép. 40. || 2° Ne pas couler droit, en parlant d'un liquide qu'on verse ou qui s'écoule. Le sang bave dans la saignée, quand il ne sort pas en jet.
— HIST. xvr* s. Conclusion : quelque chose qu'on bave [bavarde], Gloire mondaine est legier abbattuë, J. marot, v, 45. S'eschauffant si bien, qu'il discourut en bavant toutes les peines qu'il avoit endurées pour l'amour de Fleurie, yver, p. 565. Alors il faudrait faire suer et baver [saliver] ladite dame, ou autrement ne pourrait guarir, paré, xvm, 70.
— étym. Bâte; provenç. bavar; espagn. babear; portug. babar.
BAVETTE (ba-vè-f), s. f. || 1" Petite pièce de toile qu'on attache sur la poitrine des petits enfants, pour recevoir la bave. On n'est pas sitôt à la bavette, Qu'on trotte, qu'on raisonne, on devient grandelette, la font. Coupe. || Par extension. La sœur de Mme de Montespan avait les yeux fort chassieux, avec du taffetas vert dessus, et une grande bavette de linge qui lui prenait sous le menton, st-sim. 490, 35. || Être à la bavette, être dans la première enfance; et iïgurément, être encore trop jeune pour se mêler des choses dont il s'agit. De Maurice de Saxe vainqueur au prince à la bavette il y a quelque différence, p. L. cour, i, 300. || Familièrement. Tailler des bavettes, passer son temps à bavarder. || 2° En termes d'architecture, bande de plomb dont les bords des chéneaux sont couverts. || 8° En termes de boucherie, bavette d'aloyau, partie du bœuf faisant suite à l'aloyau jusqu'au pis ouranaloguedupis.||4°Plastron que porte leboyaudier. || Dans la préparation du hareng saur, faîtière de terre pour l'issue de la fumée.
— hist. xin* s. [Il] Faut pour l'enfant Et le malleil et la bavete, Choses qui faillent en ménage. || xv* s. Ne laissez à oster vostre chaperon, chapel ou bavette dessus vostre chief, Jehan de Sainlré, ch. vin.
— ÉTYM. Baver; bourguig. baivaite; Berry, bavette, bavouselte, partie la plus haute et la plus étroite d'un tablier de femme.
t BAVEULE (ba-veu-1') , *. f. Voy. bavéole.
BAVEUSE (ba-veû-z') , s. f. Poisson de mer, dit aussi bavèque et bavesque. Nom vulgaire commun aux espèces du genre blennie, et aussi à une espèce de raie.
— étym. Baveux.
BAVEUX, EUSE(ba-veu, Yeû-z),adj. || 1* Qui bave. Enfant baveux. Bouche baveuse. || 2" Par extension. Omelette baveuse, omelette qui n'est pas trop cuite ; ainsi dite parce qu'une omelette se sert pliée en deux, et que l'intérieur, demeurant liquide si elle n'est pas trop cuite, s'échappe par les bords du cercle, comme la bave par les lèvres d'un enfant.