‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 179 sur 403 · BAY · texte numérisé non relu

BAY

Il Terme de médecine. Chairs baveuses, chairs d'une plaie qui fournissent un liquide séro-purulent, sont molles et offrent peu de tendance à la cicatrisation. Du sang, de baveuses et livides chairs, J. J. rouss. Trom. 7. || En termes d'imprimerie, lettres baveuses, lettres qui manquent de netteté.

— IIIST. xiii* s. 11 devient froit et sec, baveux et roupieiix, J. de meung. Test. 181. || xv" s. Estoit ung ei'.fant de fornication, emprunté en pechié aveucques ung bas homme, ung baveur, o. chastelain, Chr. m, ch. 205. || xvi* s. Les propos de tous ces beuveurs, Que vous avez, buflbns, baveurs, Vous fontils frenatique?... marot, iv, 465. Les baveurs limaçons, yver, p. 653. La chair qui s'engendre sur l'os «arieux est baveuse, paré, vih, 22.

— ÉTYM. Baver; Berry, bavoux.

BAVOCHÉ, ÉE (ba-vo-ché, chée), adj. Terme de

gravure et d'imprimerie. Qui n'est pas net, en parlant des contours, des caractères. || S. m. Terme de peinture. Contour d'un tableau qui n'est pas couché nettement.

— ÉTYM. Forme fréquentative de baver.

BAVOCIIER (t,a-vo-ché),t>.n. || 1° Terme de gravure et d'imprimerie. Imprimer d'une manière peu nette. || 2" Terme de dorure. Présenter l'aspect que donnent les taches produites par le jaune coulant sur le blanc qui doit recevoir l'or.

— ÉTYM. Bavoché; norm. bavoquer, filer mal. BAVOCIICRE (ba-vo-chu-r'), s. f. Défaut de ce

qui est bavoché. Les graveurs à l'eau forte sont obligés d'ébarber les bavochures avec la burin.

— étym. Bavocher.

BAVOIS (ba-voî) ou BA VOUER (ba-vou-é) , s. m. Terme de féodalité. Feuille de compte où était contenue l'évaluation des droits de seigneuriage, suivant le prix courant.

— ÉTYM. On trouve dans Du Cange baviardus, bauviardus, espèce de monnaie.

f BAVOLER (ba-vo-lé), v. n. Terme de fauconnerie. Voler bas, voltiger, en parlant de la perdrix.

— ÉTYM. Bas et voler.

BAVOLET(ba-vo-lè), s. m. || 1" Coiffure villageoise. Laissez-moi mon bavolet, avec mon teint lleuri, je vous laisserai vos cent ans avec la mort qui vous talonne, fén. xix, 4. || 2" Morceau d'étoffe ou ruban qui orne un chapeau de femme par derrière. || 3° On disait dans le xvir* siècle, voilà une jolie bavolette, un joli bavolet, pour dire, voilà une jolie fille. Même sitôt qu'un valet, Une cale [une grisette coiffée d'une cale], un bavolet Montrait au doigt ce grand homme, Son cœur s'épanouissait, Lucain travesti, p. 73.

— ÉTYM. Dans le patois de la Meuse , on dit un bagnolet; mais il faut remarquer que le bagnoïet (voy. ce mot) était une ancienne coiffure. Il est possible que bavolet se rattache à bavoler, qui veut dire voltiger.

BAVURE (ba-vu-r'), s. f. Trace laissée par les joints des pièces d'un moule sur les objets moulés.

— étym. Baver.

BAYADËRE (ba-ia-dê-r') , s. f. Femme indienne dont la profession est de danser devant les temples ou pagodes. Viens, nous verrons danser les jeunes bayadères, v. hugo, Bail. 15.

— ëtym. Portug. bailadeira, danseuse, de baile, danse, bal (voy. bal).

BAYART ou BAÏART (ba-iar), s. m. Sorte de bard, de civière, qui est principalement en usage dans les ports.

— HIST. xvi' s. Les unes seront portées dedans des vaisseaux de terre, les autres sur certains engins faits en forme de boyards ou brouettes, palissy, 73.

— ÉTYM. Autre forme de bard (voy ce mot).

t BAYAUDIER (ba-iô-dié), s. m. Voy. bajoyer.

BAYER (ba-ié. Il faut se garder de le confondre avec bâiller, dont il se distingue par l'a bref et par l'absence des II mouillées; plusieurs prononcent béié, ce qui vaudrait mieux), jebaye, tu bayes, il baye ou il baie, nous bayons, vous bayez, ils bayent ou ils baient; je bayais, nous bayions, vous bayiez, ils bayaient; je bayai; je bayerai, baierai ou batrai; je bayerais, baierais ou baîrais; baye, bayez; que je baye, que nous bayions, que vous bayiez, qu'ils bayent; que je bayasse; bayant; bayé, v. n. Il 1° Tenir la bouche ouverte en regardant quelque chose. Je voulus aller dans la rue pour bayer comme les autres, sëv. 20. Il trouva sous sa main le comte de la Tour parmi une foule d'officiers qui étaient venus bayer là et faire leur cour à M. de Vaudemont, st-sim. 346, 49. || Fig. et familièrement. Bayer aux corneilles, regarder en l'air niaisement. Allons, vous, vous rêvez, et bayez aux corneilles, mol. ïart. 1, 4. y 2° Fig. Désirer quelque

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