‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 185 sur 403 · BEN · texte numérisé non relu

BEN

— HIST. xvi* s. Ce sont erreurs qui esteignent toute beneficence, lanoue, 474.

— ÊTYM. Beneficentia , de benefacere (voy. bénéfice).

BÉNÉFICIAIRE (bé-né-fi-si-ê-r'), adj. || 1° Terme de féodalité. Qui a rapport aux bénéfices. Il ne fau' pas confondre les comtés bénéficiaires du temps de Charlemagne, avec les comtés héréditaires, fén. xxi, 234. || Substantivement, celui qui possédait un bénéfice. Un nouveau bénéficiaire venait qui établissait de nouveaux arrière-vassaux, montesq. Espr. xxxi, 26. ||ao Terme de jurisprudence. L'héritier bénéficiaire, et, substantivement, le bénéficiaire, l'héritier sous bénéfice d'inventaire. || S" S. m. Celui au profit de qui se donne une représentation théâtrale, un concert, etc. La recette a été très-bonne pour le bénéficiaire.

— ÊTYM. Benepciarius, de beneficium, bénéfice. BÉNÉFICIAL, ALE (bé-né-fi-si-al' , a-1'), adj. Qui

concerne les bénéfices ecclésiastiques. Les revenus bénéficiaux. Ce fut lui qui crut que Sénèque dans ses livres des bénéfices avait traité à plein fond des matières bénéficiales, balz. 2e duc. De la cour.

— HIST. xvi" s. Il estoit produit pour témoin en une matière beneficiale, où il estoit question d'une certaine décision du concile de Latran, des pér. Coûtes, lxviii.

— ÊTYM. Bas-lat. beneficialis, de beneficium, bénéfice.

t BÉNÉFICIATURE (bé-né-fi-si-a-tu-r'), s. f. Nom donné aux bénéfices des chantres, des chapelains, qui étaient plutôt des offices à gages, que de véritables bénéfices.

• — ÊTYM. Bénéfice.

4. BÉNÉFICIER (bé-né-fi-sié)r s. m. Celui qui a un bénéfice ecclésiastique. Un riche bénéficier. Un époui infidèle qui quitte son épouse pour en prendre une ou plus noble ou plu6 riche, voilà l'idée que je conçois d'un bénéficier qui, par un intérêt temporel et tout humain, quitte son église pour passer à une autre, bourd. Pensées, t H, p. 369. Il était le seul bénéficier qu'on ne fût pas obligé de porter dans son lit quand il avait soupe, volt. Ingénu, t.

— HIST. xvi" s. Si l'officier estoit digne de son office, Et le bénéficier digne du bénéfice, dubell. vin, 36, recto. Soudain que les prestres et beneficiers entendirent qu'ils detractoyent de leurs coquilles, ils incitèrent les juges de leur courir sus, palissy, 400.

— étym. Bénéfice.

2. BÉNÉFICIER (bé-né-fi-si-é). || i" F. n. Faire quelque profit. Bénéficier sur une marchandise. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° Y. a. Terme démines, qui signifie travailler facilement une mine. Un métal difficile à bénéficier. || 3° Se bénéficier, v. réfl. Une mine qui se bénéficie aisément.

— HIST. xiii" s. L'en dit que clerc ordenez de saintes ordenes, s'ils sunt bienficiez [s'ils ont un bénéfice] en sainte yglise , ne puent estre avoquas en cortlaie, Liv. de just. 402. || xiv" s. Bénéficier autre, est superexcellence; et estre bénéficié d'autre, c'est estre excédé [surpassé], oresme, Eth. t23. Les bienfaiteurs aiment plus leurs bénéficiez que les bénéficiez ne ament ceulz qui leur ont bien fait,iD. ib. 273. || xvi" s. Je vien aux séculiers, lesquels en partie sont bénéficiez, comme il les nomment, Calvin, Inslit. 876. Excepté ceux qui sont bénéficiez du roy et des princes, et ceux qui es guerres s'aident des amples privilèges d'icelles, tout le reste se sent incommodé pour les frais continuels qu'il leur convient faire, lanoue, 469. Si un soldat, qui a desja esté bénéficié, refait encore actes extraordinaires, il reçoit nouveau bienfait, id. 302.

— ÉTYM. Beneficium, bénéfice.

BENÊT (be-nê; le t ne se lie pas dans la oonversation; au pluriel, 1'» se lie : les benêts écoutaient, dites :lesbe-nê-z écoutaient). || l'Adj.m. Niais, sot. Un jeune homme benêt. || 2" S. m. Tu deviens plus sot que tous les benêts de Turin , hamilt. Gramm. 4. Tous nos benêts de la cour l'admirent, id. ib. 9. Son grand benêt d'amant ne l'aime guère, sév. 1 44. Le bailli pressait le mariage de son grand benêt de fils avec la belle St-Yves, volt. Ingénu, 4 3.

— HIST. xvi" s. Mais quand j'ai veu ce qui en est, Je trouve que tu es benest, marot, hi, 464.

— ÉTYM. Prononciation normande de benoît (voy. ce mot). Benêt, qui veut dire bénit, a été employé pour désigner un niais, à cause de cette opinion vulgaire que les simples d'esprit sont favorisés du ciel. H ne se dit qu'au masculin.

BKNÉVOLE (bé-né-vo-1'), adj. || «.• Animé de dispositions favorables. Lecteur bénévole. || Auditeur bénévole, celui qui vient entendre une leçon sans y

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être obligé. Ainsi, quoi qu'ortlonne le sort, Au chatel enchanté vers six heures je vole; Et vous m'aurez, vif ou mort, Pour spectateur bénévole, chaulif.u, à Mahzieu. || 2° S. m. Un bénévole, un acte par lequel un supérieur accordait une place monacale dans sa maison à un religieux d'un autre ordre.

— HIST. xiv s. Et ceulz qui veulent bien à autre en cesto manière, l'en dit que il sont benivoles, oresme, Eth. 232. Citoyens benivoles ou bienvueillans a la policie. — Corps du ciel benivoles ou de bonne influence, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. Ilcnerolus, de bene, bien (voy. bien, adv.), etrolo, je veux (voy. vouloir).

BÉNÉVOLEMENT (bé-né-vo-le-ruan), adv. D'une manière bénévole.

BF.NGALE (bin-ga-1'). Voy. rose.

BENGALI (bin-ga-li), s. m. || 1° Langue qui est dérivée du sanscrit et que parlent les peuples du Bengale. || Adjectivement. Idiome bengali. Les caractères bengalis. L'écriture bengalie. || 2° Pinson originaire du Bengale (fringille du Bengale).

— REM. Legoarant dit : « La cinquième édition du Dictionnaire de l'Académie ne contenait pas ce terme, et c'est à tort que l'académicien auquel l'article est dû s'en est rapporté au couplet de l'opéra du Planteur, où l'on a trouvé commode de faire rimer chant joli avec bengali. Cet oiseau ne chante pas, non plus que beaucoup d'autres de la zone torride, où nous exportons différents oiseaux chantants, tels que serins, linots, etc. » L'Académie s'est laissé induire en erreur, en répétant les poètes qui ont donné, à tout hasard, un chant au bengali : Écoute si le vent lui porte [à la vierge] Sa voix qu'elle préfère au chant du bengali, v. hugo, Bail. 1 5. Heureux le temps où la douce cabane Me tenait lieu du palais Rivoli, Où chaque soir, sur la tiède savane, Je m'endormais au chant du bengali, méry et Barthélémy, Congrès des Ministres.

— ÉTYM. Bengale.

BÉN'I, IE (bé-ni, nie), part, passé, (voy. bénit).

BÉNIGNEMENT (bé-ni-gne-man), adv. D'une manière bénigne. En tels procès la reine est très-experte; Bénignement elle vous recevra, volt. Ce qui plait aux dames.

— HIST. xii* s. Et quant [ils] le requéraient [le roi] de vus dous [deux] amaisir [accorder], De concorde e de pais entre vus establir, A la l'eiz [par fois] [il] les soleit bénignement oïr, Th. le mart. 82. || xiii* s. Le [la] grâce ne doit pas estre refusée de l'une justice à l'autre, quant ele requiert bénignement, beaum. xi, 1 1. 1| xiv* s. Il les récent bénignement, etle prentà gré comme celui qui scet bien.... oresme, Eth. 4 20. || xv* s. Et en tous lieus fuiez noise et tenson, A toutes gens parlez bénignement, e.desch. Conseils aux dames. Et lors le roy bénignement et doulcement luy pardonna et faisoit ce qu'on vouloit, juv. des ursins. Charles VI, 1407. J| xvi's. Rendant droit à chascun bénignement avec une équité grande, amyot, Anton. 26.

— étym. Bénigne, et le suffixe ment; provenç. benignamen; catal. benignament ; espagn. et ital. benif/namente.

BÉNIGNITÉ (bé-ni-gni-té), s.f. || {."Disposition du cœur par laquelle on se plaît à faire du bien à autrui. Nous saluons Créon, dont la bénignité Nous promet contre Acaste un lieu de sûreté, corn. Médèe, i, i. Avec quelle bénignité J. C. ne parle-t-il l>as aux femmes dans l'Évangile ! chateaubr. dénie, il, n, 12. Mes divins anges, lisez mes remontrances avec attention et bénignité, volt. Lett. d'Argental, 21 juin 176). || 2° Dans la médecine, ce mot exprime l'état d'une maladie dont la guérison est facile à obtenir.

— SYN. bénignité, douceub, humanité. La bénignité est opposée à la malignité; la douceur, à l'aigreur et à la violence; l'humanité, à la dureté et à la cruauté. La bénignité porte à faire du bien aux autres avec plaisir ; la douceur à ies traiter avec des égards' et des ménagements qui leur plaisent; l'humanité, à les secourir en homme et comme des hommes.

— HIST. xv* s. Mais la grant bénignité De ta royal majesté, E. deschamps , Lay du roy. Si retourneroient par son bon congé devers les autres citoyens de Pise, leur dire la bénignité qu'ils avoient trouvée eu luy, Boucig. m, ch. 8. || xvi* s. 11 est bien vray qu'a son advenement à la couronne, il ensuivit fort la bénignité et debonnairetô du premier Artaxerces, amyot, Arlœc. 4.

— ETYM. Provenç. benignilat; espagn. benignidad; ital. benignità; de benignitatem, de benignus (voy. bénin).

BÉNIN, IGNE (bé-nin, ni-gn') , adj. || 1* Qui a de

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la bénignité. Il n'est pas d'homme plus bénin. Une humeur bénigne. Qui ont abondance de ce sang bénin, pasc. l'rov. 9. Ô Seigneur, vous qui donnez aux juges ces regards bénins, ces oreilles attentives et ce cœur toujours ouvert à la vérité.... boss. le Tellier. || Par ironie, trop bon, trop facile. On n'est pas plus bénin que cet homme-là. Les maris les plus bénins du monde, mol. Ée. des f. i, 6. || 2° Kig. Propice, favorable. Ciel bénin. Influence bénigne. Les cœurs sont saisis d'une joie soudaine par la grâce inespérée d'un beau jour d'hiver, qui après un temps pluvieux vient réjouir tout d'un coup la face du monde; mais on ne laisse pas de lui préférer la constante sérénité d'une saison plus bénigne, boss. Marie-Thér. Un astre plus bénin vient d'éclaircir tes jours, corn, l'héod. v, 3. J'ai de vœux parjurés trahi les dieux bénins, régnieb. Élig. iv. Mais si d'un œil bénin vous voyez mes hommages, mol. Tart. iv, 6. || 3° En termes de médecine, qui n'offre rien d'alarmant. Petite vérole bénigne. Remède bénin, remède qui agit doucement.

— HIST. xv* s. Avec bénigne entencion De rendre son pouvoir propice Âcil qui querroit son service, la font. 20. Ainsi ne fit mie l'enfant Bouciquaut; ains devant elle et entre toutes les dames estoitplus doux et bénigne que une pucelle, Bouciq. I, ch. 8. Son très beau langaige, doulx, bénin et bien ordonné et sans fraude, attire les cœurs de maintes gens, t&. iv, ch. io. || xvr* s. Ils appelaient Antonius en leurs cantiques Bacchus, père de liesse, doulx et bening; aussi l'estoit il à aucuns, mais à la plus grande partie estoit cruel et inhumain, amyot, Anton. 27

— ÉTYM. Bourguig. bereigne, bénigne ; provenç. bénigne; espagn. et ital. benigno ; de benignus, dérivé de bene, bien (voy. bien, ado.)

BÉNIR (bé-nir), v. a. || 1° Consacrer au culte, au service divin avec certaines cérémonies. Bénir une église, bénir un cierge, bénir des drapeaux, un vaisseau, une cloche, une locomotive. || Bénir des époux, un mariage, consacrer l'union conjugale suivant le rite religieux. || Bénir un abbé, une abbesse, les installer dans leur dignité avec les cérémonies ecclésiastiques et en disant certaines prières. || 2° Bénir les assistants, faire sur eux le signe de la croix. || 3* Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il a béni ses enfants à son lit de mort. Sa dernière prière a béni nos tendresses, volt, l'ancrède, v, 3. || 4* Donner des bénédictions, appeler le bonheur sur, louer. Bénir le Seigneur. Partout, en ce moment, on me bénit, on m'aime, rac. Brit. iv, 3. Les Parthes a la foule, aux Syriensmêlés, Bénissent à l'envi le prince et Rodogune, corn. Bodog. v, 2. De mon nom, s'il se peut, bénissez la mémoire, volt. Ali. v, 7. || Il se dit aussi des choses qui causent une profonde satisfaction. Nous autres bénissons notre heureuse aventure, corn. Poly. v, 6. De bénir mon trépas quand ils l'ont prononcé, bac. Baj. i, 2. Chacun devait bénir le bonheur de son règne, id. Brit. m, 8. Trop heureux en mon mal, je bénis ma défaite, Régnier, Étég.\. Il 6* Combler de faveurs, en parlant du ciel. Ce ne lui est rien [à Louis XIV] d'être l'homme que les autres hommes admirent : il veut être, avec David, l'homme selon le cœur de Dieu ; c'est pourquoi Dieu le bénit, boss. Marie-Thér. Roi dont le ciel a toujours béni les armes, flëch. Dauph. Le ciel daigne bénir votre sceptre et vos jours, corn. Héracl. v, 3. Ces Juifs dont vous voulez délivrer la nature.... Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères, rac. Esth. m, *. || Dieu vous bénisse! Locution dont on se sert quelquefois en s'adressant à un pauvre à qui on n'a rien à donner. On le dit -aussi ironiquement à quelqu'un dont les discours ou la conduite nous contrarient. On le dit enfin en s'adressant à une personne qui éternue. Eh! parbleu! je dirai à celui qui éternue : Dieu vous bénisse, et : va te coucher, à celui qui baille, beaumarcii. Barbier de Sév. m, 6.

— REM. Malherbe a dit : Bentles plaisirs de leur couche, il, 4; au lieu de bénis, à l'impératif. C'est une forme légitime (l's n'appartenant pas étymologiquement à l'impératif), mais archaïque, qui pourtant pourrait être employée en vers pour la rime.

— HIST. xi* s. Et l'arcevesque de Deu les beneïst, Ch. de Roi. lxxxvii. [11] Ne laisserat que [il] nous ne beneïsse, ib. cxli. Et lievesque les ewes beneïssent, ib. cclxviii. J| xii* s. Quant vous aurai asous [absous] et beneïs, Bonc. p. 66. Beaux fils Malprimes, Mahons vous beneïe, ib. p. 126. Cil vous beneie qu'en [qui en] la croiz fut penez, ib. p. 203. Benoet soit li hardemens Où j'ai pris si bon espoir, Couci, XII. E là remest [il demeura] treis meis, e

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nostre sire benesquid Obededom et s» maisun, Bois, 440. E Joab, à ces paroles, chaï à terre e auradebenesquidle rei, itot'j, 170. || xm* s.S'en vont vesque et abbé pour le lit beneïr, Berte, xm. [lie Dieu] Soit vostre ame et la seue [sienne] en cest jour beneïte, ib. liv. L'eure soit beneoite que ja onque vous vi, ib. lix. Et car me secourez, mère [ de ] Dieu beneoite , t'6. xxix. De Dieu et de saint Beneoist Puissent-il estre beneoist, la Rose, 14940. Beneoite soit espérance Qui les amans ainsinc avance! ib. 2041. Note que femes qui segnndes fois se marient, ne devent pas estre be« noittes de provoire [prêtre], Liv. de Just. 220. Si en apelonsle [la] bénite virge Marie, qui mix [mieux] et plus hardiement vient prier son chier filz que nus autre, beaum. m. L'evesques Pierre de Chaalons, que Diex aVoille, les chassa touz deux, et beney en abbé Mons Jehan de Mymeri, et li donala croce, joinv. 291. Amer Dieu et loer, veoir et beneïstre, C'est l'office des anges qui sont nostre menistre, J. nE meung, Test. 11 3. Il xiv* s. Si me semble que nous devons beneyr et louer le roy du ciel qui a son peuple pourveu de tel roy terrien, oresme, Prol. Aussi tost qu'aprouchiez furent de la clei Descendirent à pié trestuit à une fie; A l'eve.sque s'en vont, qui tous les beneïe, Guescl. 8789. || xv* s. S'attendoient que on portast la croix et l'eau benoiste au-devant, comm. rv, 6. Il se tenoit près du benoitier, et, quand elle fut près, il lui bailla de l'eau benoite, louis xi, JVouti. xliv. || xvr* s. Geste semence en laquelle toutes gens devoyent estre bénites, à parler proprement, est Christ, calv. Inslit. 250. Vous, messire Oudart, ne faillezy comparoistre en vostre beau suppeiliz et estolle, avecques l'eaue beniste, comme pour les fianser, rab. Panl. iv, 13. L'homme tel. Dieu le bénira, marot, iv, 265. Dont, sans fin, roy tant magnifique, Partout on bénira, id. iv, 299. Bacchus alors chappeau de treille avoit Et arrivoit pour benistre la vigne, id. 11, 352. Et quand jecté eurent de l'eau bénie Sur leurs habits en grand cerimonie , m. rv, 32. Du pain benist, du pain d'espice, id. i, 211. D'où vient celte coustume de bénir ceulx qui esternueuf? mont.iv, 1. Le Seigneur vous bénie, palissy, 112. Messeigneurs d'Orléans et d'Angoulesme, voz très heureusement nez enfans, que Dieu bénie, a: Épit. Les femmes alloient chantant des cantiques à sa louange, en le bénissant de ce qu'il avoit si vertueusement vescu, id. Lye. 55. Il estoit publiquement loué, beneit et honoré de tout le monde, id. P. Mm. 57. De l'eauve [eau] beniste le plus petit est assez, génin, Récréât, t. 11, p. 237.

— ETYM. Provenç. benezir, benrsir, bendir ; catal. beneir ; espagn. bendecir; portug. benzer; ital. benedire; du latin benedicere, de bene, bien (voy. bien, adv.), eldicere (voy. dire).

t BKNISSABLE (bé-ni-sa-bl') , adj. Qui mérite d'être béni.

— ÉTYM. Bénir.

BÉNIT, ITE (bé-ni,bê-ni-t')( BÉNI, IE (bé-ni, nie), part, passé. De ces deux participes, bénit s'emploie lorsqu'il s'agit de la bénédiction des prêtres; béni, lorsqu'il s'agit de la bénédiction de Dieu ou des hommes. || 1* Bénit se dit des choses ou des personnes sur lesquelles le prêtre a donné la bénédiction avec les cérémonies prescrites. Drapeaux bénits. Chandelles bénites. Pain bénit. Eau bénite. Mme de Fontevrault fut bénite hier [installée comme abbesse], sév. 15. Il rendit le pain bénit d'une manière solennelle, hamilton, 6romiU.11. || Familièrement. C'est pain bénit, se dit à propos d'une personne qui a bien mérité ce qui lui arrive. Mais c'est pain bénit certe à des gens comme vous, mol. Éc. des mar. I, ». | F'g- De l'eau bénite de cour, de vaines protestations de service. || 2° Béni, qui a reçu la bénédiction de Dieu ou des hommes. Marie était bénie entre toutes les femmes. Enfant béni par son père. Ce roi est béni par son peuple. Béni soyez-vous, vous, mon père, qui justifiez ainsi les gensl pasc. Prov. 4. Que béni soit le ciel qui te rend à mes vœux, bac. Esth. 1, 1. Ce règne, qui commence à l'ombre des autel», Sera béni des Dieux et chéri des mortels, volt. Olymp. 1, 1.

— REM. La différence entre béni et Mml est mise en lumière dans cette opposition : des armes qui ont été bénites par l'Église ne sont pas toujours bénies du ciel sur le champ de bataille. Mais cette distinction est toute récente; et autrefois on employait indifféremment ces deux formes du participe, témoin ces exemples-ci : Dieu promit que toutes ces nations seraient bénites, boss. Hist. n, 2. Dieu fait voir à Eve son ennemi vaincu et lui montre cette semence bénite [Jésus-Christ] par laquelle.... id.io.ii,*.

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