‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 187 sur 403 · BARCELONETTE · texte numérisé non relu

BARCELONETTE

+ BERCEMENT (bèr-se-man) , t. m. Action de bercer.

BERCER (bèr-sé ; le e prend une cédille devant un a ou un o : je berçai, nous berçons), v. a. || 1° Balancer dans un berceau. On berce les enfants pour les apaiser et les endormir. Comme nos citoyens, de race désireux, Qui bercent les enfants qui ne sont pas à eux, Régnier, Sat. u. || 2° Par extension. Comme de vieux nochers dont la couche mobile est suspendue aux mâts, plus ils [les corbeaux] sont bercés par les orages, plus ils dorment profondément, chateaub. Génie, I, v, 3. L'eau berce.... La tente des matelots, lamart. Jlarm. i, 3. || 3» Fig. Endormir, adoucir. On m'a conté qu'au bord du Gange assis, Des exilés, gais enfants de la Seine, k mes chansons, là, berçaient leurs soucis, bêrang. Couplets à des habit, de Maurice. Le songe d'un enfant que berce un vague amour, v. hugo, Odes, v, 4. || 4» Amuser d'espérances. On le berçait de vaines promesses. Un espoir frivole le berça longtemps. Je ne regarde la vie que comme un songe ; mais, de toutes les idées

BER

flatteuses qui peuvent nous bercer dans ce rêve d'un moment.... volt. Lelt. lime du Dejfant, mars «765. || Fig. et familièrement. J'ai été bercé de cela, de ces contes-là, j'en ai ouï parler mille fois dès mon bas âge. || Le diable le berce, se dit d'un homme inquiet et agité, et aussi d'un homme qu'une passion captive en une sorte d'extase. Les vers sont donc durs, raboteux? non, rapportez-vous-en à ce diable qui m'a bercé, volt. Lelt.D'Argental, 49 nov. 4766. Amour me berce, je ne puis plus sommeiller, Ancienne chanson du Comte Ory, replacée par scribe dans l'opéra de ce nom, u, 40, sous cette forme: Amour me berce, et ne puis sommeiller. || 5° Terme de gravure. Bercer une planche, lapreparer avec le berceau. || 6" Se bercer, v. réjl. Il se berçait dans son hamac. || Fig. Se repaître vainement de. Dès lors il se berça d'un vain espoir. Cependant, à le voir, plein de vapeurs légères, Soi-même se bercer de ses propres chimères, boil. Sot. vm. || 7° En termes de manège, on dit qu'un cheval se berce lorsque, pendant ses allures, son corps éprouve un balancement latéral très-prononcé.

— HIST. xiv" s. A Jehan Parchet, peintre, pour deux biers à berser, l'un grant et l'autre petit, par lui peins, de laborde, Émaux, p. 464. X Jehan lehuchier, pour un berseil de bois d'Illande aveclabersouerefaits par lui et livré, pour bersier Madame Jehanne de France, fille de Madame la Royne, id. ib. || xv" s. Une petite fille qui berçoit ung petit enfant aagé d'un an ou environ, du cange, berciolum. || xvi" s. Et quoique la douleur lui aidast à crier, mardi gras avoit si bien bersé les habitans que le corps de garde fut défiait sans secours, d'aub. Hist. Il, 147. Tu m'en bailles bien; je suis tout bersé [rebattu] de telles matières, des per. Cymbal. 469. Dequoy les Flamands ont fait un proverbe, qui dit que, quand le François dort, le diable le berce, Sat. tien. p. 4 74.

— ÉTYM. Bourgulg. breussi; wall. bilsi, bilzi; provenç. bursar, bressar (voy. berceau).

BERCEUSE (bèr-seû-z'), s. f.\\ 1" Femme chargée de bercer un enfant. || Fig. Oui, mon berceau me semble doux encore, Et la berceuse [l'espérance] a pourtant disparu, bérang. Souv. d'enf. || 2° Chanson ou air pour endormir un enfant.

— êtym. Bercer.

BÉRÉNICE (Chevelure de). Voy. chevelure.

BÉRET (bé-rè) ou BERRET (bè-rè), s. m.

|| 1" Toque de laine, ronde et plate, qui sert de coiffure aux paysans basques. || 2° Coiffure large et plate à l'usage des dames.

— HIST. xiv" s. Birette, du cange, birretum. Que chascun porte manteau ou houce fourrez, et laissent les barrettes et preigne chapiaux honestes , m.ib.

— étym. Provenç. berreta, s. f. et birret, s. m. catal. baret; ital. berretta; bas-lat. bereia, beretum, birretum, de birrum, birrus, byrrhus, sorte d'étoffe rousse, de nuppoï, roux.

f BERGAMASQUE (bèr-ga-mas-k') , *. f. Terme de musique. Danse et air de danse en usage au xviii" siècle.

— étym. Bergame, ville d'Italie.

BERGAME (bèr-ga-m'), s. f. Ancienne sorte de tapisserie fort commune.

— étym. Bergame, ville d'Italie où se fabrique cette sorte de tapisserie.

BERGAMOTE ( bèr-ga-mo-t' ) , s. f. \\ 1» Espèce de citron dont le zeste sert à faire l'essence de bergamote, qui est d'odeur très-suave. || 2° Petite botte, bonbonnière doublée avec des écorces de cette orange. || 3" Sorte de poire fondante.

— ÉTYM. Portug. bergamota; du turc berg armulh, poire du seigneur.

| BERGAMOTIER (bèr-ga-mo-tié), *. m. Variété, à rameaux épineux, du limettier, qui est un citronnier à fruits doux.

— étym. Bergamote.

4. BERGE (bèr-j'), s. f. || 1" Bord relevé, escarpé, d'une rivière, d'un fossé, d'un chemin. || 2° Terme de marine. Certains rochers élevés à pic sur l'eau.

— hist. xiv" s. Le quel [bateau] il menèrent aux berches [remparts] de la forteresse , du cange , berga. || xv* s. Le suppliant avait amassé le dit foing et mis en une barche ou mulon, id. ib.

— étym. Espagn. et ital. barga. Diez ne veut pas qu'il soit d'origine germanique, et il en rapproche le kymri bargodi , surplomber, bargod, bord. Cependant le bas-latin berga, garde , défense (qui vient de l'allemand bergen , défendre, protéger), n'aurait-il pas pu donner, par une série de sens, défense , fortification, meule, et finalement bord escarpé?

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