DES
BES
— hist. xm« s. Et ciers [chers] bericles et filâtes, Jaspe, topaces et acates, FI. et Bl. 669. Et quant el lot du fuerre traite, Plus fu clore que nul beril, laliose, 15723. || xiv* s. Beril est une pierre qui croist en Inde, qui est semblable à l'esmeraulde en verdeure, Le propriétaire des choses dans laborde, lïmaux, p. H«4. || xv« s. Marbre polys aussi clorsque béryl, jean le maire des belges dans laborde, ib. || xvi' s. Le beril est du naturel de l'esmeraude, mais il est sombre si les angles ne donnent vigueur et gayeté à leur eau. Le chrysoberil est de lustre doré, mais blaffardet encore plus blesme le chrysoprasus, Etienne binet, Merv. de la nature, dans laborde, ib.
ÊTYM. Provenç. berille, bericle; catal. beril;
espagn. berilo; ital. berillo; de beryllus, de j3rjouX/oî, béryl.
f HÉRYLLÉ, ÉE (bê-ril-lé, lée), adj. Terme de physique. Réfraction béryllée, double réfraction, où le rayon extraordinaire est situé entre l'axe et le rayon ordinaire, comme dans le béryL
— ÊTYM. Béryl.
f BÉRYLLIUM ( bé-ril-li-om'), *. m. Terme de chimie. L'un des noms du glycinium.
f BES.... Préfixe dont le sens péjoratif est le même que bis.... (voy. bis.... préfixe), et qui se trouve dans besaigre.
BESACE (be-za-s'), *. f. Bissao de mendiant. Quels biens possédait Homère? Une besace, un bâton, bêrang. Gueux. Oui, dit l'ange, et je te fis don Des trois besaces d'un vieux moine, id. Ange gard. || Fig. Être à la besace, être réduit à la besace, porter la besace, être réduit à la misère, ruiné. Mettre, réduire à la besace, ruiner. || Êtrejalouxdequelque chose, comme un gueux de sa besace, y tenir beaucoup. Le diable vous emporte par avancement d'hoirie, mademoiselle, si je ne suis plus amoureux de vous qu'un gueux ne l'est de sa besace, Francion, liv. vi, p. 24*.
— ÉTYM. Espagn. bisaza; ital. bisaccia; du lat. bisaccia. nomin. p'ur. de lisaccium d'après Diez.
BES ACIER (be-za-sié; IV ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les besaciers et.... dites : les beza-sié-zet....), s. m. Celui qui porte la besace. Un pauvre besacier. Le fabricateur souverain Nous créa besaciers tous de même manière, la. font. Fables, I, 7.
— ÊTYM. Besace.
BESAIGRE (be-zê-gr'), adj. Qui s'aigrit, en parlant du vin lorsqu'il est au bas dans un tonneau. || Substantivement. Ce vin tourne au besaigre.
— ÊTYM. Bes, particule qui a une signification péjorative (voy. bes.... préfixe), et aigre (voy. aigre).
BESAIGUË (be-zè-ghue), s. f. Outil de charpentier taillant par les deux bouts, dont l'un est en bec d'âne, et l'autre en ciseau.
— hist. xii* s. Les ustils as ovrîers qui firent les degrés, Besaguë e cuignies en ont od els portez, Pour depecier les uis, s'es [s'ils les] trovassent fermez, Th. le mai t. 144. || xui* s. Cil sont boen [bon] qui sont doble ostil; Celx [à ceux-là] resemble H besaguz; Des deux pars tranche et est aguz, ruteb. n, 68. || xvi' s. L'un plante aux champs une forte charrue ; L'autre en ses mains norte une bisaguê, RONS. 685.
— Étym. Berry, bisaiguë; de bis, deux fois (voy. Bis), et acutus, aigu (voy. aigu).
BESANT (be-zan), s. m. Ancienne monnaie en usage dans l'Orient et aussi dans l'Occident. Le besant était un sou d'or, dont la valeur a varié. Les émirs s'en tinrent aux 800 ooo besants d'or auxquels le Soudan avait voulu se restreindre, volt. Mœurs, 58. Chaque homme fut obligé de donner pour rançon dix besants d'or, chateaub. lttn.lt, 276.||Bes'ant blanc, besant d'argent. || Terme de blason qui se dit d'une pièce d'or sans marque. Les Français en mettaient autrefois sur les boucliers, pour faire connaître qu'ils avaient fait le voyage de la terre sainte.
— hist. xi* s. Tant i aura de besans esmerez, Ch. de Bol. ix. || xii* s. Besan d'or mer [pur], Bonc. p. 3. Teins ni blasons ne lui vaut un besan, ib. p. 62. Cinq besans de fin or que li clers recollit, ib. p. 4 91. Guiteclins les paia [les jongleurs] d'or fin et de besanz, Sax. v. Naaman seesmut de Sirieà forment riche cunrei, portadgranmentargente sismilie besanz, flots, 362. || xin" s. Or as escieles [maintenant courez aux échelles], et qui premier i enterra [entrera], il aura mil besans, Ch. de Bains, p. 100. Ele a pris mainte forteresce Qui coustoit plus de mil insons, la Bose, 10803. H paiera au seigneur de l'amende de celui mesfait trois bezans de la monée de celui p<iys, Ass. de J. i, )86. Et ce firent il, pour
ce que le soudanc donnoit de chascune teste des chrestiens un besant d'or, jomv. 218. || xv s. Et cuidoit de commencement que ce fussent besans d'or ou pierres précieuses que l'Amorafh lui envoyas! pour le attraire, froiss. ii, m, 26.
— ÊTYM. Byzantius , sous-entendu nummus, pièce de Byzance, parce que les empereurs de Constantinople firent frapper cette monnaie.
t BESANTÉ, ÉE (be-zan-té, tûe), adj. Terme de blason. Chargé de besants, en parlant d'une pièce.
—HIST. xin* s. Le label [lambel] au mainsné [au puîné] d'argent l'on besenta, Berte, cxxxi.
— ÊTYM. Besant.
t BESAS (be-zâ), s. m. Terme de jeu de dés. Le même que beset, qui est beaucoup plus usité.
— étym. Bis, deux (voy. bis), et os.
t BESCHOIS (bé-choi), s. m. Nom vulgaire du picvert
— ÊTYM. Ancien français bêcher, pour becqueter. t RÉSEAU (bé-zô), s. m. Terme d'agriculture.
Tranchée ou rigole pour étendre une irrigation.
t BESENGE (be-zan-j'), s. /. Mésange charbonnière.
— ÊTYM. Autre forme de mésange.
BESET (be-zè), s. m. Terme de trictrac. Deux as amenés d'un coup de dés.
— ÊTYM. Autre forme de besas.
BESI (be-zi), s. m. Nom générique qu'on donne à plusieurs espèces de poires en y ajoutant le nom du pays dont elles sont tirées, besi d'Heri, besi Chaumontel.
— ÊTYM. Berry, besige, poire sauvage, bezigier, poirier sauvage. D'après Jaubert, (Glossaire), besi signifie sauvageon. On trouve aussi dans les Glossaires, besier, poirier sauvage. On a indiqué comme origine le hollandais besie, ancien allemand bese, gothique basi, qui est l'allemand actuel Beere, et qui signifie une baie, un petit fruit.
BESICLES (be-zi-kl'), s. f. plur. || f Lunettes à branches qui se fixent à la tête. Parce que les besicles ont été enfin inventées, doit-on dire que Dieu a fait nos nez pour porter des lunettes? volt. Newt. ni, H. || Familièrement. Vous n'avez pas bien mis vos besicles, vous y voyez mal. Il faut être sorcier pour le lire |ce manuscrit) ; j'espère pourtant en venir à bout, à grand renfort de besicles, p. l. courr. i, 90. || 2° Dans certains métiers, espèce de masques garnis d'yeux de verre.
— hist. xiv s. Pour un vericle encernô en manière rie lunette, prisé xx francs, Compte du testament de la Itoync Jehanne d'Évreux, de laborde, Émaux, p. 163. Deux bericles dont l'un a le manche de bois, Inventaire de Charles V,lD.ib. Un bericle rond, plat, environné de corne noire, id. ib. Ung bezicleen une queue d'or, id.i'6. || iv's. Une douzaine de luoectes de besicles fines avec deux estuys, Dues de Bourgogne, n°6805, dans laborde, ib. ||zvi's. Une bericle, garnie le manche d'argent et au dessus du dict manche ung petit lion douré, pour lyre sur ung livre , Inventaire de Marguerite d'Autriche, n° 225, de laborde, ib. Besicle, que nous appelons autrement lunettes, pasquier, Becherches, dans laborde, ib. Gens qui portent lunettes ou bericles, ne peuvent pas voir de si loing, saint-julien, Meslanges dans laborde, «'&. Au lieu de ce masque, on pourra pareillement user de besicles faites de corne, que l'on adaptera sur du cuir, paré, xvu, S.
— ÊTYM. Wallon bericle. La forme primitive, qui est bericle, écarte complètement l'étymologie de bis cyclus, double cercle , ou de bis oculus, double œil. Celle de bis circulus plaisait à Voiture, qui dit, Lett. 193 : i Je me réjouis de ce que vous tachez de rencontrer aux étymologies; vous avez quasi trouvé celle des besicles; et cela n'est pas mal pour un commencement; mais il vient de bini circuit. » Besicle est dit pour bericle, par un vice de prononciation des Parisiens qui substituaient volontiers des i aux r, substitution dontc/ioise pour chaire est un autre exemple. Bericle est une des formes anciennes pour béryl (voy. l'historique de ce mot) , beryllus ayant été employé dans le moyen âge pour signifier lunette. Mais il faut reconnaître en trouvant vericle parmi les formes de notre mot, qu'il y a eu tendance à le confondre avec vericle (voy. ce mot).
f BESIER (be-zié), s. m. Un des noms vulgaires du poirier sauvage.
— ÊTYM. Voy. bes
t BESIGUE (be-zi-gh') ou BÉSY (bé-zi), s. m. Jeu de cartes analogue à la brisque ou au mariage.
tBESOCHE(be-zo-ch'), s. f. Sorte de pioche pour faire les trous destinés à la plantation des arbres.
— HIST. xiV s. L'un des variés du suppliant eust féru ledit Cayphas d'un cop de besog, jusques à
grant efusion de sang.... du cange, besogium. Le suppliant fery icellui Colin d'un hoieu ou besoiche entre deux espaules, id. i'6. L'exposant getta contre ledit Mathe Aubereau sa besoche ou besche, de laquelle il avoit ouvré es vignes la journée , id. ib. ||xv's. Icellui Raimont print ung besog sur son col, m. ib. Icellui Anthoine tenant en sa main ung vesoch, autrement trinque basson, id. ib. Ung harnois, dit besolz selon l'usaige du pais [Agennois], qui est ung harnois de fer invasible, très fort, à ung grant manche, et fait pour coupper les buissons, id. ib. Ung baston ferré , appelle besouch , id. ti». Bosoche, dont l'en provigne les vignes, id. ib.
— ÉTYM. Peut-être une forme augmentative de besse, qui est une ancienne forme pour bêche.
BESOGNE (be-zo-gn'), s. f. || 1° Ce qui est de besoin, affaire, apprêt. Le galant [le renard] pour toute besogne Avait un brouet clair; il vivait chichement, la font. Fabl. i, 18. || 2" Ce qu'il est nécessaire de faire, travail, ouvrage. Celui qui ne serait propre à aucune autre besogne. Achever sa besogne. Se partager la besogne. Elle fait la grosse besosév. 221. || S'endormir sur la besogne, ne pas avancer dans un travail. Il Familièrement. Aimer besogne faite, ne pas aimer le travail. || N'avoir pas besogne faite, avoir beaucoup d'embarras. Qui vit céans, ma foy, n'a pas besogne faite, regnier , Sat. xi. MM. les gens du roi, entre la chancellerie et la grande aumônerie, n'ont pas besogne faite, p. L. courr. n, 291. || Abattre de la besogne, faire beaucoup de travail. || Aller vite en besogne, être expéditif ; agiravec précipitation ; dissiper promptement ses ressources. || Faire plus de bruit que de besogne, parler beaucoup et ne pas agir; se donner beaucoup de mouvement et ne pas faire grand'cliose. (I Donner, tailler de La besogne à quelqu'un, luipréparersa tâche, et fig. lui donner de la peine, lui susciter des embarras. || Faire de la bonne besogne, de la belle besogne, travailler d'une façon utile ; et ironiquement, vous avez fait là de la belle besogne, vous avez fait une maladresse, une sottise, etc. || Dépêcher besogne, dégrossir une besogne. Ils [ceux qui sont chargés des recherches de noblesse] dépêchent besogne et leurs secrétaires la défrichent, st-simon, <43, 82. || Proverbe. Selon l'argent la besogne, c'est-à-dire ce n'est qu'en payant bien qu'on obtient un ouvrage, un travail bien fait.
— HIST. xu* s. Et Gilemers l'Escot dit outrage et folie. Quant de ceste besoigne devant tous vous desfie, Sax.xx. [Trois messagers] qui fassent vo [votre] besoigne bien et hardiement , ib. xxi. Seigneur, fait-il à els, tut senz [sans] en plait entrer, Ne me deit pas mis sires acuinte demander ; Car tut cest grant aveir que ci vus oi numer, En ses busoignes l'oi fait mètre e aluer, Th. le mart.43. || xiii's. D'aprocher [avancer] la besoigne plus ne detrierai, Berte, vu. Bien [je] ferai la besoigne, de ce n'esteut douter, ib. xvu. Et eslurent li prison deux d'eaus [deux d'entre eux] pour porter ceste besuigne, Chroh. de Bains,?. 97. Dupaïsgairesnet'esloigne; Et se tu as si grant besoigne Queesloigneril te conviengne, Garde bien que tes cuers remaigne, la Bose, 2584. Cil qui est tuteres por enfans sous aagiés, n'est pas tenus à fere les besongnes des enfans à son coust, beaum. xvii, 8. Homsde religion ne doit pas estre receusen office d'avocat eu ceste coït laie, se ce n'est por la besogne- de s'eglise, id. v, 18. Sa besoigne atira [disposa] en tel manière que toute sa gentqui estaient mal armée, il les envoia par une valéemal couverte, joinv. 271. Je ne weil pas oublier aucunes besoignes qui avindrent en Egypte, tandis que nous y estions, id. 25). Si dit au roi : Sire, je venrai demain parler à vous de mes besoignes [affaires], id. 288. || xv* s. Renvoyèrent leurs harnois, sommes, malles et habits par mer; si arrivèrent ces besognes à l'Escluse en Flandre, froiss. i, I, 44. Mets-y donc une chançonnette ; S'en voudra mieuls ta besongnette , id. Espinette amour. Lors congneut le dit duc que ses besongnes alloient mal, car il n'avoit ame avec lui, comm. m, 2. 11 m'a autreffois dit qu'il congnoissoit ses subjeetz et qu'il les trouveroit bien si les besongnes se portoient mal [si les affaires devenaient mauvaises], id. iv, i. Or vous en allez à l'heure que vous devez faire vos besongnes ou jamais, veu les grandes choses qui tombent entre les mains du roy dont il peult agrandir ceulx qu'il ayme, id. v, 13. || xvi' s. Faire ses besongnes [ses affaires, un profit], amïot, Cam. I». Ceste desfaitte donna matière do parler de son excellente et admirable vertu à ceulx qui l'avoient veu en besogne, m. Pyrrhus, 15.
— ÊTYM. Autre forme de besoin; bourguig. besongncyprovenç.teson/ta/ilal.imog/na. Chifllet,Gromwi.
BES
p. 500, remarque, au xvn* s. qu'on écrit be soigne, et qu'on prononce besogne.
■ BESOGNÉ (be-zo-gné), part, passé. Uniquement employé dans des locutions de ce genre : c'est à lui mai besogné, il a mal fait. Ce ne serait à vous bien besogné, la font. Faiseur.
BESOGNER (be-zo-gné), v. n. Faire de la besogne. Nous avons bien besogné. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, et ne se dit plus que dans le style familier et avec quelque ironie. || Autrefois il élait le verbe du substantif besogne et, s'employant pour faire ce qu'on avait à faire, il n'avait aucune nuance péjorative. L'absence des tenants qui n'avaient plus à besogner au delà de ce qu'ils avaient fait , laissa l'entrée de la chambre [du roi] plus libre, st-sim. 4«5, 63. Laissons-la [Mme des Ursins] triompher et besogner à son aise, et retournons en arrière, U>. 444, 106.
— HIST. xii* s. Li riche besuignerent e fameilerent [eurent faim], Liber psalm. p. 42. || xui' s. Bel-.\cueil en la chambre va; Et la vielle ausinc se leva, Pour besoigner par la maison, la Rose, 44886. Aucune foiz estoit que les messages venoient à li; par quoi il nous convenoit besoigner à la matinée, ioinv. 267. ||xiv* s. Aucuns excellens et bien besoignans selon vie attive tiennent que félicité est honnour, oresme, Eth. v, (o). || xv s. Ils bastirent leur siège bien et sagement et se pourveurent petit à petit de tout ce qui leur besognoit, froiss. ii, n, 12. Avec telz gens veulx-je avoir àbesongner qui tiennent ce qu'ils promettent, COHX. i, 12. || xvi* s. Ceux qui besongnerent des mestier», amyot, Sol. 45. Menuisiers besongnans d'y voire, m. Péricl. 25.
— étym. Besogne; provenç. besonhar , besoignar; anc. catal. bessognar; ital. bisognare.
BESOIGNEUX, EUSE (be-zo-gneû , gneû-z'; quelques-uns disent, à tort, be-zoi-gneû, gneû-z'), adj. Qui est dans la gêne, dans le besoin. Une famille besOigneuse. Un pauvre hère qui montre la musique à la pupille, infatué de son art, friponneau, besoigneux, à genoux devant un écu, beaumarch. Barb. de Scv. i, 6.
— HIST. xii* s. Humble estiez et honorable, Et aus besoigneux secourable, Romancero, p. 62. || xiii* s. Nostre ost est povre, et nostre gent sont besoigneus de viandes [vivres], villeh. LUI. Tu estoies si besoigneus, Et de poissons si convoiteus; Ja n'en cuidoies prou avoir, Ren. «4385. || xv* s. L'infortune et maleurté d'icelle la rend plus besongneuse de bon secours, CEuvres <2'alain chartier, p. 439, dans raynouard, Lexique.
— ÉTYM. Besogne, dans le sens de besoin; provenç. besonhos ; ital. bisognoso.
BESOIN (be-zoin), s. m. || 1° Manque de, aveedésir ou nécessité d'avoir. Le besoin de secours était pressant. Le besoin d'argent où il se trouvait. Ce que le besoin demande. Pour ou suivant le besoin. Les besoins publics. On apportait le blé à mesure des besoins de la consommation. Les besoins d'argent sur la place étaient grands. Le commerce n'apporta pas, enfaitde blé, le sixième du besoin. Presque tous les citoyens ont été persuadés que si le parlement s'était toujours borné à faire sentir au souverain, en connaissance de cause , les malheurs et les besoins du peuple.... volt. Louis XIV, 30. || Le besoin delacause, ce qu'il est nécessaire de dire à l'appui d'une cause. || Avoir besoin de, manquer de, réclamer l'assistance. J'ai besoin de vous. Il avait besoin de le voir. J'ai besoin que vous lui parliez. Ce dont nous avons besoin. J'ai besoin d'air et de marcher, sév. 297. J'ai besoin d'un vengeur et non d'une maltresse, rac. Milhr. iv, 5. J'ai, pour m'expliquer, besoin de sa présence, id. Esth. n, 7. Mon zèle n'a besoin que de votre silence, w.Phèd. m, 3. Prends soin d'elle, ma haine a besoin de sa vie, id. Baj. iv, 5. Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses? m. Athal. i, 4. Laissez-moi; j'ai besoin d'un peu de solitude, id. Baj. in, 6. J'en aurais bon besoin, m. Plaid, i, 5. Et vos peuples alors, ayant besoin d'un roi.... corn. Nicom. Vf, 3. Si j'ai besoin de vous de peur qu'on me contraigne, J'ai besoin que le roi, qu'elle-même me craigne, id. Nicom. i, l . Mais le reste du monde, esclave de la crainte, A besoin qu'on l'opprime, et sert avec contrainte, volt. Al%. I, 4. 11 n'avait aucun besoin de fermer sa porte, fên. Tél. xiv. || Avec asseï, tant, etc. on mettait un de qu'aujourd'hui l'usage laisse volontiers de côté. Hélas! j'en ai assez de besoin, sév. 65. Cet homme qui avait tant de besoin de tolérance pour lui, volt. Lelt. Pesai, 5 janv. 1707. On dirait aujourdhui de préférence : j'en ai assez besoin; qui avait tant besoin de tolérance pour lui. || Avoir un vif
hes
désir, uneextrême envie. Cette femme abesoin d'attirer sur elle tous les regards. || En parlant des choses. Les pierres précieuses ont besoin d'être enchâssées. Cet arbre a besoin d'être arrosé. Cela n'a pas besoin d'être dit. || Faire besoin, manquer, être nécessaire. Cela me fait besoin. Quand nous faisons besoin, nous autres misérables, Nous sommes les chéris et les incomparables, mol. l'Étour. l, 2. Aussi bien nous fera-t-il ici besoin pour apprêter le souper, m. l'Avare, m, 6. S'il vous faisait besoin, mon bras est tout à vous, id. le Dép.v, 3. Votre oraison vous fera bon besoin, la font. Orais. || 2* En physiologie, on donne le nom de besoin à cette sensation qui porte les animaux à certains actes indispensables pour l'entretien de la vie : tels sont les besoins de boire, de manger, etc. || Besoin de nourriture et, simplement, besoin. Épuisé par le besoin. || Besoin naturel ou, simplement, besoin, besoin que le corps éprouve de se débarrasser de la partie des aliments qu'il ne s'est pas assimilée. Faire ses besoins , satisfaire aux nécessités naturelles. || Avoir peu de besoin, se dit de celui qui se restreint au strict nécessaire ou à peu près, et qui ne se crée au delà aucun besoin. || On dit, dans un sens tout à fait semblable, n'avoir aucun besoin.1 1| Au sens moral, les besoins de l'âme, les sentiments qui portent l'âme à rechercher certaines satisfactions morales ou intellectuelles. || Par extension. Tout ce qui flatte devient un besoin dont vous ne pouvez plus vous passer, mass. Car. Prospér. || 3" Indigence, dénûment. Être dans le besoin, dans un grand besoin. Tous les deux étaient tombés dans le besoin. Il est audessus du besoin. Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin? rac. Ath. n, 7. || 4° Choses nécessaires à l'existence. Je me procurerai tous mes besoins, et, pourvu que je les aie, je ne me soucierai point que les autres soient misérables, montesq. Lett. pers. dans la veaux. Mme de Montespan travaillait pour les pauvres à des ouvrages bas et grossiers, comme des chemises et autres besoins semblables, st-sim. 180, 165. || 5' Exigence, conjoncture difficile, embarras. En de si grands besoins, rac. Milhridate, il, 4. Quel important besoin Vous a fait devancer l'aurore de si loinfiD. Iphigénie, i, 4. La mouche en ce commun besoin Se plaint qu'elle agit seule, la font. Fab. vu, ». Ainsi donc au besoin ton courage s'abat, corn. Cid, v, 4. Mais que monjugement, au besoin, m'abandonne, n>. Cinna, rv, 3. Qu'est le feu de ton zèle au besoin devenu? malh. i, 4. || Sans besoin, sans que la chose soit exigée, sans nécessité. Mais porter dès l'abord les choses à l'extrême, Madame, et sans besoin faire des mécontents.... corn. Sert, iv, 2. || Au besoin, si la chose est exigée, en cas de nécessité. Prenez ces cent écus; gardez-les avec soin, Pour vous en servir au besoin, la font. Fab. vin, 2. Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie, corn. Poly. u, 6. Quelques-uns vous diront, au besoin, Quels dieux du haut en bas renversent les profanes, id. Nicom. m, 2. || En un besoin, même sens. Comment voulez-vous que je croie Qu'un hibou pût jamais emporter cette proie? Mon fils, en un besoin, eût pris le chat-huant, la font. Fab. ix, 1. 1| Impersonnellement. Il est de besoin, il est nécessaire. Un peu plus plate ou plus voûtée, selon qu'il est de besoin, desc. L'homme. Laissezmoi, j'aurai soin De vous encourager, s'il en est de besoin, mol. Femmes sav. v, 2. Mais qu'est-il de besoin de les aller choquer? Régnier, Sat. xiv. || Aujourd'hui on dit de préférence sans la préposition de, il est besoin. Il est besoin que je parte bientôt. Il est besoin de partir. Qu'est-il besoin de tant de paroles? Qu'est-il besoin que nous allions à Paris? Toutes les fois que besoin sera. Peut-être que vous avez jugé qu'il était besoin que toute la rhétorique fût employée pour me persuader que vous ne m'aviez pas oublié, voit. Lett. 4. Aimez-les et mourez, s'il est besoin, pour eux, corn. iîod. v, 3. Eh bien, s'il est besoin de répondre autre chose.. ..m. Nicom. u, 3.
— HIST. xi* s. Si alcun jeté les chatels [effets] fors de la nef senz busun.... Lois de Guill. 88. Car de ferir ai je si grant besoign, Ch. de Roi. civ. Chevauche, reis, bosuign [nous] avons d'aîe, ib. cxxiv. || xn* s. Aine [onque] nelsona [le cor], se ne fust besoig granz, Ronc. p. 84. Qui lui [à Dieu] faudra à cest besoin d'aïe [la croisade], Sachez que il lui faudra à greigneur, quesnes, Romancero, p. 93. Quant Diex verra que ses besoins [de Quesnes] est grans, Il lui faudra, car il lui a failli, hues d'oisi, ib. p. 103. Prouesse doit avoir le prix; Car qui l'a, onc ne fera faille En nul besoing où il aille,
LE CONTE DE BRETAGNE, 10. p. 4«l.||xm* S. Ains.
avoient paor que quant ce vendroit au besoing,
BES
qu'il ne se tornassent vers Johannis, villeh. clxi. Car jamais à si grant besoing ne secorrnient nule terre, id. cxlvu. Qu'à cest besoin [il] me veuille, s'il lui plait, conseiller, Berte, xxxix. Au besoing estes vous apenséa et gentis, ib. lxxv. Que vaut quanque tu estudies, Quant li sens au besoing te faut? la Rose, 6811. Aucune foiz apele l'en droit, besoing; si comme droit en aucune chose ou par lignage ou par affinité, Liv. de just. 3. Compains, dit-il, tu as moult foie entencion, Qui cuides qu'il te doie aidier à cest beson, Ch. d'Ant. i, 146. Au besoin que le roy a de chevaliers, joinv. 261. Tel preudomme comme il estoit, devoit bien estre attendu à un tel besoing, joinv. 215. Biau sire saint Jacque, que j'ai requis, aidiés moy et secourrez à ce besoing, id. 226. || xiv's. Ah ! sire de Berguettes, Dieux vous doint bonne viel Quel besoing vous amené en icelle partie? Guescl. 17132. Car il estoit amez grandement au païs , Et il n'est riens qui vaille au besoing bons amis, j'6. 19387. || xv* s. Si escripsit [le duc d'Anjou] devers messire Jean d'Armignac, que à ce besoin il ne lui voulsist faillir, froiss. ii, ii. t. Mais au besoing ils m'ont failli, Et m'ont laissié sans recouvrance, ch. d'orl. Bal. 22. Et besoing luy en fut, comm. i, 2. X qui on envoyoit de la maison du roy tout ce qu'il luy faisoit besoing, id. iv, 10. ||xvi*s. Hz l'uyrent et laissarent leur bon maistre on besoing, rab. Garg. 1, 39. Alors que descendismes ces degrez, nous furent bien besoing premièrement noz jambes, secundement, nostre preclare lanterne, id. Pant. v, 36. Armes jamais on besoing ne faillirent, quand bon cueur est associé de bon bras, id. «6. v, 36. Il n'est point besoing que vous prenez la peine de venir encores, pour les raisons que je vous manderai, marg. Lelt. 163. La médecine a besoing que la fortune preste la main à ses opérations, mont, i, 30. Je ne veulx pas qu'on refuse aux charges qu'on prend, la sueur, et le sang au besoing, m. iv, 452. Il feint, il ployé, il diffère, selon le besoing des occasions, id. iv, 163. Besoing fait la vieille trotter, h. est. Précell. p. 178.
— étym. Provenç. besonh, bezonh; anc. catal. bessonh; ital. bisogno ; pays de Coire, basengs; baslat. bisonium; de soin (voy. ce mot), et d'une préposition be qui fait difficulté. Est-ce la préposition germanique bi (allemand moderne, fcei)? Mais alors comment se fait-il qu'un composé germanique (car soin est d'origine germanique) se trouve dans les langues romanes sans exister dans les langues allemandes? Est-ce la préposition romane bes ou 6m (voy. bes.... préfixe), qui a un sens péjoratif? Diez objecte le sens, puis l'orthographe; le sens: mais pourquoi bes-soin, qui voudrait dire un mauvais soin, n'aurait-il pas pris le sens de gêne, et de là les significations successives? l'orthographe : mais la double s, qui manque dans le français, dans le provençal et l'italien, se trouve dans l'ancien catalan. Les raisons pour bes, roman, semblent donc avoir du poids.
t BESOLET (be-zo-lè), s. m. Hirondelle de mer dans le parler genevois. J'avais pris' un fusil pour tirer des besolets, j. 1. rouss. Hél. iv, 16.
{ BESSE (bè-s'j, s. f. L'un des noms de la vesco.
— ÉTYM. Voy. VESCE.
BESSON, ONNE (bé-son, so-n'), adj. Jumeau, jumelle; l'un des deux enfants d'une même couche. Vieux et inusité , si ce n'est dans quelques provinces. On reconnut bien vite que c'étaient deux bessons, c'est-à-dire deux jumeaux d'une parfaite ressemblance, G. sand, Fadelte, 1.
— HIST. xin* s. Ausisera,se Johana enfantoit deus enfansetemprèsdeusbeçons, Liv. dejust. 55. ||xiv*3. Ainsi furent nourriz les deux enfanz bessons ou jumeaux, BERCHEURE,f° 8, «mo. ||xvi*s. Cequevoyai.t le bon Janot mon père, Voulut gaiger à Jacquet son comper» , Contre un veau gras , deux aignelets bessons, Que quelque jour je feroie des chansons, marot, i, 218. Une louve je vy sous l'antre d'un rocher Allaictant deux bessons : je vis à sa mammelle Mignardement jouer ceste couple jumelle, dubell. vi, 61 , verso. Le commun accouchement des femmes est un enfant , toutesfois on voit (comme le nombre des femmes est grand) qu'elles accouchent de deux, que l'on appelle gemaux ou bessons, paré, xix, 5. Pein tout autour une lèvre bessonne Qui d'elle mesme en s'elevant semonne D'estre baisée, rons. 120.
— ÉTYM. Berry, besson; provenç. besso; catal. besso; d'un mot bas-latin bisso, bissonis, formé de 6m, deux (voy. bis).
1. BESTIAIRE (bè-stiê-r"), s. m. Terme d'histoire romaine. Gladiateur qui combattait dans l'amphi théâtre contre les bêtes féroces , pour l'amusement du peuple.
— étym. Bestiarius, de bestia, bête (voy. bête).