BOB
où il se trouve plus gros, boiset tout, o. de serbes,
— étym. Berry, borgeon; picard, bordon. Ménage le tire de bourre, à cause de l'état bourru des bourgeons. Diez le fait venir de l'allemand : goth. burjdn, s'élever. On l'a aussi rattaché, par transposition de l'r , au français brout ; provençal , brot , 6ro(o ; ce à quoi s'accorderait le picard bordon. Mais l'étymologie reste incertaine.
BOURGEONNÉ, ÉE(bour-jo-né, née), adj. Quia des boutons sur la peau. Il ne se dit guère qu'en parlant de la face. Visage, front bourgeonné. Cet homme au nez bourgeonné.
f BOURGEONNEMENT (bour-jo-ne-man) , s. m. Évolution des bourgeons; époque de cette évolution.
HIST. xvi* s. Au premier rang sont mis les
abricotiers, aubergers, pêchers, pour leur hastif bourgeonnement, o. de serbes, 676.
— ÊTYM. Bourgeonner.
BOURGEONNER (bour-jo-nê), v. n. || 1* Pousser des bourgeons. Les arbres commencent à bourgeonner. || 2' Fig. et familièrement. Son visage bourgeonne, il lui vient des boutons au visage. Le front lui bourgeonne. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— hist. xti* s. La verge leva [il], si flori, Et borjona et reverdi, wace, Vierge Marie, p. 38. || xui* s. Iert fêtait] leur créance bourjonnée [répandue] En pluseurs lieus par le royaume, guiart, 1. 1, p. 36, v. 282 (780). || xvi* s. En ce tardif planter, la reprinse de l'amandier est très douteuse, pour son naturel hastif à. bourgeonner, o. de
— ETYM. Bourgeon.
t BOURGEONNIER (bour-jo-nié), t. m. Un des noms vulgaires du bouvreuil.
— ÉTYM. Bourgeon.
f BOURG-ÉPINE ou BOTJRGUE-ÉPINE (bourghé-pi-n'), s. m. L'un des noms de l'alaterne.
HIST. xrv* s. Quxdam nigra spina qux dici-
tur galliee bourque espine, nu cange, pepula.
ÊTYM. Ce mot semble dire épine de bourg,
épine dont on ceignait les bourgs ; mais il faudrait des textes a l'appui.
f BOURGERON (bour-je-ron), s. m. Petite casaque de toile que portent certains ouvriers.
étym. Peut-être tiré de borge, ancien nom
d'une sorte de toile (voy. bouroeteur, à l'étymologie), ou peut-être encore, comme on dit aussi bergeron, de berger : vêtement de berger.
f BOURGETEUR (bour-je-teur), s. m. Nom, à Lille, des ouvriers qui travaillent en laine.
— ÊTYM. Richelet dit que ce mot vient de la ville de Bourges, à cause que des ouvriers de Bourges portèrent à Lille cette industrie. Mais l'ancien français avait borge, sorte de toile, borjt'er, fabricant de borge, dont d'ailleurs l'origine n'est pas connue.
tBOURGIN (bour-jin), s. m. Terme de pêche. Sorte de filet.
— étym. Bas-lat. broginus, bruginus, sorte de filet ; origine d'ailleurs inconnue.
BOURGMESTRE (bourgh'-mè-str') , s. m. Titre du premier magistrat des villes de Belgique, d'Allemagne, de Suisse, etc.
— hist. xv* s. Li brugemaistre et les seigneurs de Bruges firent ouvrir le guichet, froissart, ii, n, 6G.
— étym. Allem. Burgmeisler, de Burg, cité, bourg (voy. bourg), et Meister, maître.
t BOURGNE (bour-gn'), ». f. Terme de pêche. Sorte de nasse, dite aussi bourgnon, que l'on place h l'extrémité des parcs ouverts.
— HIST. xv* s. Certains instruments et engins pour pescher poissons, nommez et appeliez borgnes ou borgnons, du cange, borgnus.
— étym. Borgne : les épithètes de borgne et d'aveugle étant données à des objets qui n'ont point d'issue.
t BOURGNON (bour-gnon) , s. m. Voy. bourgne.
4 t. BOURGOGNE (bour-go-gn'), s. m. Le vin de Bourgogne. Une bouteille de bourgogne vieux. Le bon bourgogne.
— étym. Burgundia, de Burgundi, nom d'un peuple germain qui s'établit dans l'est de la Gaule, lors de la chute de l'empire romain.
f 2. BOURGOGNE (bour-go-gn') , *. f. Nom vulgaire du sainfoin.
fBOURlGNON (bou-ri-gnon), s. m. Terme de pêche. Filet pour les petits poissons.
— HIST. xv* s. Le suppliant alloit pour lever cer ■ tains bourignons ou engins douzilz à prendre poissons, comme loches et vairons et autre menuise, do cange, broot'nw.
BOU
f BOURIOLE (bou-ri-o-1'), s. f. Un des noms de la bécasse.
t BOURJANOTTK (bour-ja-no-f) , s. f. Sorte de figue d'une couleur bleuâtre foncée.
t BOURLE (bour-P), s.f. Tromperie, attrape. Une certaine mascarade que je prétends faire entrer dans unebourle que je veux faire à notre ridicule, mol. B. Genlilh. m, 4 4. Vieux.
— HIST. xv* s Si ne guerroyons pas courtoisement, fors à la bou rie, sans nul titre de guerre raisonnable, raoïss. u, n, 207.
— ÉTYM. Provenç. burga et burlaire, moqueur; cat. et espagn. burla; portug.buira. D'après Ménage, approuvé par Diez, de burra, bourre (voy. ce mot), employé déjà par Ausone dans le sens de plaisanterie, par l'intermédiaire d'un diminutif burrula, burla. La première édition de Molière a bourle, changé dans beaucoup d'éditions, mais à tort, en bourde.
BOURLET, s. m. Voy. bourrelet.
t BOURLINGUER (bour-lin-ghé) , v. n. Terme de marine. Fatiguer, enparlantd'un bâtiment qui lutte contre une grosse mer.
t BOURNOUS (bour-noû), *. m. Manteau de laine blanc et à capuchon, porté par les Bédouins. On dit actuellement de préférence burnous.
— ÊTYM. Arabe, bornos, manteau à capuche; espagn. albornox (avec l'article arabe ai)-
BOURRACHE (bou-ra-ch'), *. f. Plante à feuilles velues; on l'emploie en tisane, comme diaphonique et diurétique (borrago officinalit, L.).
— HIST. xiii's. Fleursdebourraces, alebrant^ i 6. Il xvi* s. Il usera de bouillons, ausqusls auront cuit bourrache , buglosse , etc. pabè , v , 9. Houbelon , bourroche, id. v, 26. Ceste-ci [buglosse ou langue de bœuf] a ses vertus plus fortes que la buglosse ou bourrache des jardins, quoique symbolisans presques en toutes propriétés, 0. de sebres, 627.
— ÊTYM. Arabe, obon rach, père de la sueur. Plante sudorifique, originaire d'Afrique et introduite par les Maures en Espagne. Borrago est du latin des botanistes, formé de borrache.
BOURRADE (bou-ra-d') , *. f. || 1* Terme de chasse. Atteinte du chien qui enlève du poil au lièvre qu'il court. || S* Par extension, coups de crosse de fusil, coups de poing. Cela vous aurait épargné les bourrades que ces brutaux vous ont données, dancourt, les Curieux, 4 7. || 3° Fig. Attaque en paroles ou vive repartie. MM. des enquêtes donnèrent, à leur ordinaire, maintes bourrades à MM. les présidents, retz, h, 255. U [Brissac] lui donnait [à Fagon] des bourrades devant le roi qui mettaient Fagon en véritable furie, st-sim. 339, 204. Roquette remboursait accortement ces sortes de bourrades; il n'en sourcillait pas, ni. 469, 8.
— hist. xvi* s. Le roi le suivit [le duc de Parme qui battait en retraite] , lui donnant toujours quelque bourrade, p. de l'étoilk, dans le Dictionnaire de docitez.
— ÊTYM. Bourrer.
t BOURRAGE (bou-ra-j'), t. m. || l'Action et manière de charger une mine. || 2° Matières dont on se sert pour bourrer quelque chose.
— ÊTYM. Bourrer.
f BOURR AGUE (bou-ra-gh') , s.m. Terme de pêche. Sorte de nasse.
BOURRAS (bou-râ), s. m. Grosse toile faite d'étoupes de chanvre.
— hist. xm" s. Vestue [elle] ot une sorquanie [souquenille], Qui ne fut mie de borras; N'ot si bêle jusqu'à Arras, la Rose, 4217. ||xv" s. Le suppliant demanda aux compaignons se ilz avoient point prins les penelles et bourras que leurs bestes avoient sur eulx, du cange, bouralium.
— ÊTYM. Bourre.
BOURRASQUE (bou-ra-sk"), *. f. || 1* Coup de vent impétueux et de peu de durée. Le canot, à peine en mer, fut assailli d'une bourrasque. || 2° Fig. Emportement brusque et passager. Les bourrasques populaires. Songe combien il t'a fallu essuyer de bourrasques. || Caprice, entraînement passager. Je n'ai jamais été follement prodigue que par bourrasques, j. 1. rouss. Conf. v. Il Violentes attaques. Si vous avez encore quelques bourrasques à essuyer de votre bile,sÊv. 2.
— hist. xvi* s. L'asseurantque les Princes avoient desja passé la Dordonne, après cette bourrasque de Montcontour, carl. ix,44. Lafriandise de Parisestoit telle, qu'en disputant à ce séjour s'il falloit attaquer Chartres, le prince eut envie de retourner faire une bourrasquedansles fauxbourgsde Paris, d'aub. Hist. 1, 465. Ou comme on voit qu'en mer une bourrache Par violence en tempestant arrache Hors de son lieu le mast qui ett debout... bons. 98«.
BOU
— ÊTYM. Espagn. borrasca; ital. burratca, mai», avec un 0, borrascoso. D'après Diez, de l'italien boreo, vent du nord, boro dans les patois, d'où, avec réduplication de l'r, borrasca, burrasca, mot formé comme l'espagnol nevasca, oragede neige, de nieve, neige.
I. BOURRE (bou-r"), s. f. || 1° Amas de poils détachés de la peau de certains animaux k poil ras. Terre grasse mêlée avec de la bourre. Matelas remplis de bourre. Le petit-fils de César se vit réduit à manger la bourre de son lit, 1. 1. bohss. Ém. iv. Il Bourre de laine ou bourre lanice, la partie la plus grossière de la laine. || Bourre de soie, la partie du cocon qui ne se dévide pas. || Fig. Chose de peu de valeur. Il y a bien de la bourre en cet ouvrage. Jour à jour j'étais informé du fond de cette curieuse sphère [la cour];la bourre mêmeen était amusante, et parmi cette bourre rarement n'y avait-il pas quelque chose d'important, st-sim. 239, 4 89. || 2° Ce qu'on met par-dessus la charge des armes à feu pour la retenir et la presser. La bourre d'un fusil. J'ajoute aux pistolets une petite charge sans bourre,
. I. J. rouss. Em. 1. Il 3* Par extension, duvet qui couvre certains bourgeons à leur naissance. La
/vigne a gelé en bourre. Le chameau de tête [celui qui est en tête de la caravane] est attaché par une corde de bourre de palmier, chateaubr. Itinér. n, 4 94. Les mousses dans leur bourre élastique.... id. Génie, m, v, 5. || Enveloppe sèche de certaines graines. De la graine de trèfle en bourre. || 4*Terme de tannerie. Vieux tan qui est sur la peau du mouton au sortir de la tannerie. || 6* Drogue colorante faite avec du poil de chèvre très-court qui a bouilli dans la garance. || 6* Terme de métallurgie. Fer défectueux. Il 7* Ancien terme de commerce. Bourre de Marseille, étoffe moirée, dontlachalne était de soie, et la trame de bourre de soie.
— HIST. xm* s. Primes [il] vest unes espaulieres De boure de soie moult chieres, Bl. et Jeh. 3»78. Chauces faites de bourre et d'autres mauveses estoffes, Liv. des met. 4 39. Nus seliers ne puet coudre bazane avec vache ne avec veel pour nul fournement, ne nule menuiere de poil avec bourre quele que elle soit, ib. 209. Il peut mètre devant son pis et devant son ventre un contrecuer de teille et de coton , ou de laine ou de borre de sée [soie] , tel et si fort corne il vodra, Ass.de Jér.ï, 470. ||xv* s. Et à brief parler je m'y fourre Ne plus ne moins qu'en une bourre, villon, Archer de Bagn. || xvi* s. Le sergent de qui Goas avoit tiré promesse de ne tirer que le bourre n'entrast, et de rompre croce sur cap, passe plus de la moitié du champ, d'aub. Hist. I, 288. Et ceux [les chevaux] qui restoient se mangeans les crins et les queues les uns aux autres, et encor le bourre qu'ils arachoient de leurs selles, id. «7». lit, 440. Courir après une petite pelote de cuir et de bourre, desper. Contes, xl. De la bourre de foulons, o. de serres, 388. Avec un peu de bourre blanche de tondeur, id. 394. Amitiez dignes de l'aage des amans, qui n'ont encore aucune vertu qu'en bourre, ni nul jugement qu'en bouton,
SAINT FRANÇOIS DE SALES, p. 54 3.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. borra; du latin burra, qui se trouve dans l'anthr-'igie; dans Ausone, burr,»", au pluriel, avec le sens de moquerie.
1 2. BOURRE (bou-4^), *. /. Nom vulgaire de la cane en Normandie.
— ÊTYM. Bas-lat. boureta, dans un texte du xiv* siècle.
BOURRÉ, ÉE (bou-ré, rée).parl. passé. || l*Bien rempli. Un matelas bien bourré. || Gorgé. Bourré de sucre et brûlé de liqueurs, gress. Vert-Vert, ch. iv. || 2° Grondé, gourmande. Si nous les attrapons, ils seront bien bourrés, sév. 4 06. || Bourré de coups , bien battu.
BOURREAU (bou-rô), s. m. || 1* Celui qui inflige les peines corporelles qu'ordonnent les arrêts rendus en matière criminelle. Livré au bourreau. Livre brûlé par le bourreau. Faisant passer Photin par les mains d'un bourreau, corn. Pomp. v, 4. Va! je suis ta partie et non pas ton bourreau, id. Cid, m, 4. Je craignais beaucoup moins tes bourreaux que ses larmes, id. Poly. iv, 4. On les bat de verges par la main de bourreaux, boss. m, Pent. 4. Fouetté par la main du bourreau, pasc. Prov. 6. || Valet de bourreau, homme qui aide le bourreau dans lei exécutions. || Insolent comme un valet de bourreau, odieusement insolent. || 2* Par extension, meurtrier. Et toi-même des tiens devenu le bourreau, corn. Cinna, iv, 3. De deux princes ses fils elle fait ses bourreaux, id. Rodog. n, 4. Toi-même de ton sang devenir le bourreau, rac. Phèd. iv, 6. Il veut.... Qu'au lieu de votre époux je sois votre
bourreau, id. Iphig. m, «. ||Fig. Le remords sera son bourreau. Le vice est lui-même son cruel bourreau, d'ablancourt, Lucien, dans richelet. En quelque lieu que se trouve un parricide, il y rencontre un accusateur, un juge et un bourreau, lemaItre, Plaid. 28, dans richelet. tes envieux sont eux-mêmes leurs bourreaux, vaugel. Q. C. liv. vin, ch. 12. Il est lui-même son impitoyable bourreau, patru. Plaid. 6. || 3° Familièrement. Être le bourreau de quelqu'un, le tourmenter, lui rendre la vie dure. Un amiral était sa bête [à Pontchartrain], et un amiral bâtard du roi, son bourreau, st-sim. itl,(3. || Etre le bourreau de soi-même, faire plus qu'on ne peut, s'excéder, ne pas ménager sa santé. || 4° Un homme cruel, inhumain. Voyez comme il maltraite son cheval; c'est un vrai bourreau. || 6" Un bourreau d'argent, un dissipateur, un homme qui n'hésite devant aucune dépense. || 6° Terme de reproche, expression d'humeur, d'impatience. Te tairas-tu , bourreau ! Donne-le donc, bourreau, lui dis-je, hamilt. Gramm. 7. Ohl le double bourreau, qui me va tout gâter, mol. l'Étour. m, 1. Mes bourreaux de symphonistes raclaient à percer le tympan d'un quinze-vingts, 3. i. rouss. Confess. rv. || 7" Bourreau des arbres, nom donné à plusieurs plantes à tige volubile qui nuisent aux arbres, entre autres le célastre grimpant. ||8° Terme do salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.
— SYN. bourreau, exécuteur des hautes œuvres. Dans le langage légal d'aujourd'hui, on ne dit qu'exécuteur des hautes œuvres. Bourreau est le terme général pour tous les temps et tous les pays.
— HIST. xiv* s. Le licteur, c'est le bourrel, se tenoit desjà à le lier d'un laz, bercheure, f* il, verso. || xv* s. Prenez un bourrel et lui faites trancher la teste, froiss. ii, ii, 138. De la soif je nomme l'eau Le bourreau Qui la fait mourir martyre, basseun, xxix.
— ÊTYM. Bourguig. borea; wallon, bote; provenç. borel; pays de Coire, bojer; provenç. rnod. boyou; anc. espagn. borrero; espagn. mod. boya, bourreau et boucher; ital. boja. Ménage supposait que bourreau venait de boucher, par l'intermédiaire d'un diminutif bouchereau, contracté en bourreau; mais la contraction de ch ne se suppose pas. Diez pense que, au moyen du double suffixe er-ell (qui se trouve en effet : mdt-er-eau, de mât), bourreau peut venir de boie, qui est le nom du bourreau en wallon, en espagnol et en italien (boieer-el, d'où bourrel); du latin boia ou boja, carcan; d'où l'ancien français bute, chaîne. D'autre part, on a dit que bourreau venait de Borel , seigneur de Bellecombe, en 1261, à la charge de pendre les voleurs du canton. Il est certain que plusieurs fiefs ont été possédés à charge de fournir au suzerain un pend-larron; il est certain aussi que Borel est un nom propre ou plutôt un surnom très-ancien (on le trouve dès la fin du xi" siècle : Ernegisus filius Borel, orderic vital, édit. de la Société de l'Histoire de France, t. v, p. 188; Odo cognomento Borel, bouq. x"; 201 A). Malheureusement, les annalistes ne nous disent pas ce que signifie ce surnom ; s'il signifiait bourreau, ce qui est vraisemblable (ce surnom a pu être donné à un seigneur rigoureux justicier), bourreau serait beaucoup plus ancien que ne l'indiquent nos textes, et la dérivation n'en pourrait pas être cherchée dans un nom propre; au contraire, le nom propre en dériverait. On a aussi songé à l'ancien français bourrel, tas de bourre, d'où les sens de remplir de bourre, tasser, et battre pour tasser; mais l'historique, ni dans bourreau, ni dans bourre, ni dans bourrel, ne fournit les transitions qui autoriseraient cette étymologie.
BOURRÉE (bou-rée), s. f. || 1° Assemblage d'un volume, à peu près déterminé, de menues branches. Brûler une bourrée. Les haies pourront produire quantité de bourrées et fagots de leur superflu, à l'usage des habitants, vauban, Dîme, p. 191. Si je n'arrivais pas le 2 ou 3 avril, fais vendre les bourrées par Blondeau, p. l. cour. Lett. n, 111. || 2° Air de musique, à deux temps, qui a deux parties égales, chacune de huit mesures. On nomme aussi bourrée une danse composée sur le même air. Le pas de bourrée est composé de deux mouvements ; un demi-coupé avec un pas marché sur la pointe du pied, et un demi-jeté, qui fait le second mouvement. La bourrée est une danse rustique originaire d'Auvergne, qui consiste en ce que les danseurs et les danseuses, placés sur deux lignes, s'avancent <t\ se reculent, après quoi chaque danseur fait tour-
BOU
ner la danseuse qu'il a en face. Il est plus loin de vous oublier, qu'il n'est prêt à danser la bourrée, sêvigne, 13. Des demoiselles qui dansent la bourrée dans la perfection , id. 277. Pauvres enfants [Auvergnats] qui dévalent bien tristes de leurs montagnes et qui préféreront toujours le pain bis et la bourrée aux prétendues joies de la plaine, cuateaub. Clermont, 122. || 3° Terme de chasse. Chasse aux cailles qui se fait avec un hallier. || Proverbe. Fagot cherche bourrée, c'est-à-dire les gens de même sorte se recherchent.
— SYN. bourrée, fagot. Ce sont des bottes, des assemblages de même bois ; mais ce qui les distingua, c'est que le fagot a toujours trois ou quatre brins de bois plus gros que les autres, tandis que la bourrée est exclusivement formée de menus branchages.
— HIST. rv* s. Sitost qu'il fut lié à l'estache, on appuya autour grand foison de bourrées et de fagots secs, et on bouta le feu dedans, froiss. m, iv, 7. || xvi* s. Mettant d'un costé les grosses busches, bois de fente et de moule : de l'autre les fagots, bourrées et costerets, o. de serres, 808.
— ÊTYM. Ainsi dit à cause de la comparaison avec la bourre.
t BOURREL (bou-rèl), *. m. Nom vulgaire de la buse.
— ÉTYM. Sans doute bourreau, à cause de la cruauté des oiseaux de proie.
BOURRELÉ, ÉE (bou-re-lé, lée), part, passé. Tourmenté. L'âme du criminel bourrelée de remords. La Rappinière et les siens remarquèrent sur son visage de si grandes marques d'une conscience bourrelée que tout autre n'eût point balancé à l'arrêter, scarr. Rom. corn. ch. 16. Ohl mon ami, quel spectacle que celui d'un homme méchant et bourrelé I dider. Lett. à Grimm. Ces pécheurs bourrelés qui accumulent tant de prières, i i. rouss. Hél. vi, 11.
t BOURRËLEMENT (bou-rè-le-man) , s. m. Sensation douloureuse, comparée à la torture que ferait éprouver le bourreau. Avoir un bourrèlement dans l'estomac. || Fig. Le bourrèlement de la conscience.
— HIST. xvi* s. Les Lacedemoniens mignardoient leur Diane par le bourrellement des jeunes garsons qu'ils faisoient fouetter en sa faveur, mont, ii, 258. Tibère, grand maistre en la science de bourrellerie, ID. III, 301.
— ÊTYM. Bourrelet.
BOURRELER (bou-re-lé. L'Académie conjugue ce verbe en mettant un accent grave sur re quand la syllabe qui suit est muette : il bourrelé, je bourrèlerai, je bourrèlerais ; mais pourquoi ne pas le conjuguer comme appeler, mettant: il bourrelle, je bourrellerai.je bourrellerais, etc. ou conjuguer appeler avec l'accent grave , en un mot effacer une anomalie?), v.a. Tourmenter comme ferait le bourreau. La conscience bourrelé les méchants. Elle [cette parole] aggravera vos douleurs dans vos maladies, elle vous bourrèlera dans votre lit de mort, saurin,
t. IV, p. 32.
— HIST. xvi* s. L'ambition le bourelle sans cesse, tellement qu'ayant la mort entre les dents il songe encore à la guerre contre Mithridate, AMYOT,Jfar. et Pyrrh. il. Ainsi bourrelé de cette vergogneuse appréhension, YVER, p. 615.
— ÊTYM. Bourreau, par l'ancienne forme bourrel; bourguig. borelé.
B0URRELER1E (bou-rè-le-rie) , s. f. Le métier, le commerce du bourrelier.
— KEM. Dans la désinence ellerie, l'Académie met généralement deux l: coutellerie, hôtellerie, etc. il n'y a que deux exceptions : grivèlerie qui prend un è, et bourrelerie qui a une seule l et un e muet. Ces anomalies sans raison doivent être corrigées.
— HIST. xiii* s. Coliers à cheval, dossieres deseles, et toute autre manière de bourelerie, Liv. des met. 220.
— ÊTYM. Ancien franc, bourrel, tas de bourre (voy. bourre 1).
BOURRELET (bou-re-lè) ou BOURLET (bour-lè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au plur. l's se lie: des bou-re-lè-z épais ; bourrelets rime avec traits, succès, jamais), t. m. || l°Coussinet rempli de bourre, qui est fait en rond, avec un vide au milieu. Bourrelet pour porter un fardeau. Bourrelet à bassin. || Bourrelet d'enfant, coiffure rembourrée qui protège la tôte des enfantsquand ils tombent.Émile n'aura ni bourrelets ni lisières, i. i. Rousseau. Ém. n. Des sceptres étaient mes hochets; Mon bourlet fut une couronne, bêrang. Deux cousins . || 2° Sorte de gaine en toile qu'on remplit de bourre ou de crin, et
BOU
qu'on adapte aux portes et aux fenêtres pour empêcher l'air extérieur de venir refroidir les appartements. || 3° Terme de marine. Cordes tressées autour des mâts pour les fortifier, pour tenir les vergues. || 4° Renflement circulaire qui se forme en certaines circonstances à la tige d'une plante. Le chêne, dans son nœud la retenant [la hache] de force, Et recouvrant le fer de son bourlet d'écorce. Grandissait.... lamart. Joe. ix, 354. || Excroissance au bord ou à la surface d'une coquille. || Terme de vétérinaire. Partie renflée de la peau de l'extrémité inférieure du membre, au point où commence la sabot. || 5° Partie arrondie qui règne autour de la bouche d'un canon, de la douille d'une baïonnette. || Bord d'une plaque de plomb roulé. || 6* Rond d'étoffe mis au haut du chaperon qui est porté sur l'épaule par les docteurs, les licenciés et certains magistrats. [| 7* Terme de blason. L'ancienne chevalerie était dans l'usage de porter, aux tournois, sur le casque , un tour de livrée de la couleur qui était propre au chevalier. Ce tour de livrée, conservé dans les ornements de l'écu, est dit bourrelet.
— HIST. xiii* s. Li bourelier puet enplir ses coliers de boure ou de poil; mais se l'enplist de l'un, il ne le puet parenplir de l'autre; et se il le feroit, H bouriaus seroit ars et li bourelier seroit en l'amende le roi, Liv. des met. 221. Face tant que l'en li aporte Cheveus de quelque famé morte , Ou de soie blonde borriaus, la Rose, 13199. |j xv* s. Dames à rebrassez colletz, De quelconque condicion, Portant attours et bourrelets Mort saisit sans exception, Villon, Gd Test. La quelle herbe le suppliant fena et amassa en petiz burelez, du cange, burellus. Il xvi* s. Les compagnons du bourlet [les mignons] esclatent leur lamentations: mais d'O, Manou, son frère, Antragues,Chasteauvieux murmurent, d'aub. Ilist. m, 183. Un fou à bourlet nommé Briandas, carl. I, 25. Il n'y a ni bonnet quarré, ny bourlet [au parlement — ailleurs : à l'université] que je ne fasse voler s'ils m'eschauffent trop les oreilles, Sat. Mén. p. 100. Pareillement me faisois mettre un bourrelet sous mes fesses, de figure ronde, rempli de duvet, pare, xiii, 27. Est aussi nécessaire d'avoir un fonds de corbeille d'une torce ou borlet, approprié à recevoir laçasse, pour la tenir droitement et fermement, 0. de serres, 870.
— ÉTYM. Diminutif de l'ancien français bourrej, qui signifie amas de bourre (voy. bourre i); lequel diminutif ne se montre, ici dans l'historique, qu'au xv* siècle; auparavant, c'est bourel, bouriaus.
BOURRELIER (bou-re-liê) , s. m. Ouvrier qui fait et vend des harnais.
— HIST. xiii* s. Quiconques veut estre boureliers à Paris, c'est à savoir feseres de coliers de cheval, estre le puet franchement, de quelque terre et de quelque païs qu'il soit, Liv. des met: 220.
— étym. Ancien français bourrel, amas de bourre (voy. bourre).
BOURRELLE (bou-rè-1'), ». f. La femme du bourreau. Vieux.
— REM. L'Académie écrit le substantif bourrelle et le verbe il bourrelé ; c'est une anomalie.
— ÊTYM. Ancien franc, bourel (voy. bourreau). f BOURRE-NOIX (bou-re-noî) . «• *»• Terme d'art
militaire. Poinçon qui fait partie d'une botte à tournevis, et qui sert à repousser le carré de la noix de la platine. \\Auplur. Des bourre-noix.
BOURRER (bou-ré), v. a. || i* Terme de chasse. Enlever du poil à un lièvre, se dit d'un chien qui, saisissant un lièvre, lui enlève du poil. || 2* Enfoncer la bourre d'une arme à feu. Son fusil partit au moment où il le bourrait. || 3° Frapper, maltraiter. Les soldats bourraient la foule à coups de crosse. On le bourra de coups de poing. || Fig. Je me mis à lui répondre avec assez d'assurance, et à le bourrer du mieux que je pus, J. J. rouss. Conf. 11. || Absolument. Bourrer quelqu'un , lui faire une verte réprimande, le maltraiter en paroles. || 4° Par extension et familièrement, faire manger avec excès. Bourrer un enfant de pâtisserie. || Fig. Bourrer un enfant de grec et de latin, l'en surcharger, ne lui faire apprendre que du grec et du latin. Nous les bourrions de mathématiques. || 5* Se bourrer, v. réft. Se gourmer réciproquement. Ils se bourraient vigoureusement. Il Manger de quelque chose avec excès. Il se bourre de gâteaux.
— HIST. xvi" s. Si les refformez eussent bourré [chargé] les premiers comme ils prenoient le large au sortir des chemins.... d'aub. Hist. iu, 51.
— ÉTYM. Bourre.
fBOURRETTE (bou-rè-f), *. f. Soie grossière qui entoure le cocon.
— HIST. xvi* s. Les coucons seront enfilés, en fai-
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sant passer l'esguille par la première fllozelle, appellée bourrette, o. de serres, 4»o. Des filozeles.la bourrelé est 1» plus grossière, comme estant l'escume de la soie, m. 884.
— êtym. Diminutif de bourre.
BOURRICHE (bou-ri-ch'), ». f. || 1° Panier de forme oblongue dont on se sert pour envoyei du gibier, du poisson. Bourriche de volaille, de gibier. Bourriche de poisson. Grâce à rotre bourriche pleine De gibier digne d'unglouton, bérang. Chasse. || Les bourriches d'huttres, dites aussi cloyeres, contiennent chacune 26 douzaines d'huîtres. Dans le langage ordinaire, quand on parle de bourriche, c'est 4 2 douzaines. || Par plaisanterie. J'envoie une bourriche de galants [rubans] que je vous supplie de faire mettre entre les mains de sa confidente, voit. Letlr. 108. || t° Panieren forme d'oeuf, dans lequel les oiseleurs portent en vie les oiseaux de marécage.
ÊTYM. Ce mot paraît, suivant l'observation de
Ménage, venir de bourre, à cause de la bourre, foin ou paille dont on garnit les bourriches.
f BOURRIER (bou-rié), *. m. || 1° Petite paille, fétu, ordure. Dessus moi.... Oui ne suis qu'un bourrier qui vole, Régnier, Stances relig. Vieux. || 2° Mélange de paille et de blé battu. || 3* Terme de métier. Êcharnures de cuirs.
— HIST. xvi* s. Que la marchandise n'estoit pas trop loyale, ou que pour le moins il y avoit quelques bourriers, carloix, i, 37. Oue s'il n'y avoit aultres bourriers en leurs fleustes que l'évasion de la Trousse, ils seraient en espérance de quelque remission, id. w, 4 9. Ceux qui se sentoient les moindres bourriers en leurs âmes changèrent incontinent de climat, in. x, S.
— êtym. Bourre. Bourrier a eu un sens figuré qu'il n'a plus.
BOURRIQUE (bou-ri-k'), ». f. || 1° Anesse. || Ane ou ânesse, quand, ne tenant pas compte du sexe, on parle d'un âne chétif. Hé quoi ! charger ainsi cette pauvre bourrique, la font. Fabl. m, 4.||Fig. et populairement, une personne stupide. Il ne comprend rien, c'est une vraie bourrique. || 2* Toute sorte de mauvais petits chevaux. Ce sens est tombé en désuétude.
— êtym. Provenç. burquier, écurie à ânes;espag. et napolit. borrico; portug. burrico; lombard, borich; ital. bricco; du latin buricus ou burricus, nom qui se donnait à un petit cheval. Burricus ost le grec nû(5r5txo:, rougeâtre, nom spécial, étendu, dans la latinité, à tous les petits chevaux, quelle que fût leur couleur, et finalement aux ânes (voyez bure). Burricus ayant l'i bref et l'accent sur la première syllabe, il faut supposer que les langues romanes ont allongé Pi* et mis l'accent sur cet i, buricus, d'où bourique, bourrique, et l'italien bricco.
BOURRIQUET (bou-ri-kè ; le t ne se lie pas dans le parier ordinaire; au pluriel l'sse lie: les bou-rikè-z et lesânesses), *. m. || 1° Petit ânon, âne de petite taille. || 2° Terme de métier. Civière qui sert à monter du mortier ou des pierres au moyen d'une grue. || Tourniquet qui sert à monter les fardeaux du fond d'une mine. || Banc qui soutient lesbranches des cisailles du ferblantier. || Chevalet sur lequel le couvreur met l'ardoise, pour l'avoir à sa portée.
— ÊTYM. Diminutif de bourrique.
t BOURRIQUIER (bou-n-kié), s. m. Celui qui conduit des ânes. La canne à sucre croit vigoureusement en Syrie; les bourriquiers et les muletiers la transportent à Damas de Saïdah et de Tripoli , qui en produisent abondamment, Journ. des Débats, 7 août 4 880.
— ÊTYM. Bourrique.
t BOURRIR (bou-rir) , v. n. Terme de chasse. Se dit du bruit que les perdrii font de leurs ailes en prenant leur vol. On les entend bourrir.
— ÊTYM. Burrire, crier en parlant d'une bête, mot bas-latin qui se trouve dans des textes du m" siècle.
■f BOURROICHE(bou-roi-ch'), s. f. Instrument en forme de panier pour pécher.
1 BOURROIR (bou-roir), s. m. Pilon pour bourrer.
— êtym. Bourrer.
t BOURBON (bou-ron), s. m. Terme de métier. Laine en bourre ou en paquets.
— ÊTYM. Bourre.
BOURRU, UE (bou-ru, rue), ad]. || t» Qui n'est pas dégrossi, qui est comme plein de bourre. Il le lisait lui-même neuf ou dix fois, et y faisait des marques avec un crayon; puis, en ayant tiré des explications bourrues, il les dictait à Audebert qui les écrivait sous lui, Francion, liv. Il, p. 468. Vieux en ce sens. || Moine bourru, fantôme, revenant qui était un objet de superstition. Ce fantôme
était ainsi dénemmé, parce qu'on se le représentait vêtu de bourre ou bure. Moine bourru dont on se moque, X Paris l'eil'roi des enfants, Esprits bourbeux, je vous invoque, Je Cabinet taUjrique, 4633, p. 466. Je le vois, il me voit, et demande étonné Si le moine bourru m'avait point promené, Régnier, Sat. vu. Heureux temps, heureuse saison, Où n'était porte ni cloison, Moine bourru ni loup garou, d'assoucy, Ovide travesti, 4668, in-12, p. 44. || Fig. Un moine bourru, un homme brusque. || Terme de graveur. Hachure bourrue, hachure boueuse. || Vin bourru, vin blanc nouveau qui se conserve doux dans le tonneau pendant quelque temps. || 2° Qui est d'une humeur brusque et chagrine. Dieu m'a créé bourru , bcurru je dois vivre et mourir, p. L. cour. Let. ii,94. || Substantivement. Un bourru, un homme d'un caractère bourru. Un bourru bienfaisant, homme qui, avec des manières rudes, ne laisse pas d'avoir un cœur bienveillant. || 3° S. m. Terme de maçonnerie. Moellon ou pierre dont on s'est contenté d'enlever le bousin.
— HIST. rvi* g. Je demourai à la boutique pour leur servir de truchement , parce qu'il venoit bourru de Gascogne [neuf, comme les jeunes animaux encore couverts de bourre, de duvet], d'aub. Fan. iv, 7.
— ÊTYM. Bourre; bourguig. borru.
+ BOCRSAL (bour-sal), s. m. Terme de pêche. Filet conique fait en forme de bourse. || Au plur. Des boursaux.
— ÊTYM. Bourse.
t BOURSAUT (bour-sô), s. m. Sorte de saule.
— ÊTYM. Sans doute debourpour bouie ou bourse, et saut pour saule, comme dans tnarsault: saule en boule ou en bourse.
BOURSE (bour-s"), s. f. || l' Petit sac dans lequel on met son argent de poche. Une bourse pleine d'or. On lui a volé sa bourse. || Sa bourse est bien plate, il n'a guère d'argent. || Demander la bourse ou la vie, se dit d'un voleur qui menace de Uer si on ne lui livre pas la bourse. || Fig. Se laisser couper la bourse, donner son argent trop facilement. || Coupeur de bourse, voleur, ainsi dit, parce qu'autrefois les bourses étaient attachées avec des cordons que les voleurs coupaient. || 2° Toute espèce de petit sac comparé à une bourse. Bourse à jetons. Bourse do jetons. Bourse de quêteuse, petit sac dans lequel une dame qui quête reçoit l'argent qu'on lui donne. || Sac de cuir que l'on met de chaque côté de la selle. On dit aujourd'hui sacoche. || 3° Fig. Argent. Disposez de ma bourse. 11 y pourvut de sa bourse. M. le Tellier a ouvert sa bourse à Bagnols, sév. 235. La bourse de César fit plus que sa harangue, corn. Pompée, l, 4. Les rois ne pouvant fouiller dans la bourse de leurs sujets mettaient à la torture les Juifs, montesq. Esp. xxi, 20. ||Toutesles bourses lui sont fermées, il n'a plus personne à qui recourir. || Avoir la bourse, tenir la bourse, les cordons de la bourse, avoir le maniementde l'argent. || Familièrement. Faire une affaire sans bourse délier, sans rien dépenser. Le domaine, ayant fait mettre en prison les pères de famille, avait acheté leurs meilleures possessions sans bourse délier, volt. L'Hom. aux 40 écus , audience. || Ne pas laisser voir le fond de sa bourse, ne pas montrer l'état de s6s affaires. || Familièrement. Faire bon marché de sa bourse, se vanter qu'on a payé une chose moins qu'elle n'a coûté réellement. || Donner la bourse à garder au larron, remettre une chose & celui qui méritait le moins la confiance. Dans le même sens : au plus larron la bourse. || Loger le diable dans sa bourse, n'avoir point d'argent. Un homme n'ayant plus ni crédit ni ressource Etlogeantle diable en sa bourse, C'est à-dire n'y logeant rien, lafont. Fabl. ix, 46. || 4° Masse de deniers que les membres d'un même corps mettent en commun , pour subvenir auxcharges de la société. || Faire bourse commune, n'avoir ou ne faire qu'une bourse, faire toutes les dépenses en commun. Les disciples de Pythagore ne faisaient qu'une même bourse, fén. Pythag. || Société, entre plusieurs personnes de même profession , pour partager également les profits et les pertes. || Masse de deniers formée par ceux qui tiraient à la milice, pour fournir un remplaçant â celui que le sort désignait. || 5* Pension gratuite accordée à un élève. Une bourse entière, remise de la totalité des frais de la pension ; une demi-bourse, remise de la moitié; un quart de bourse, remise du quart; trois quarts de bourse, remise des trois quarts. Des places gratuites qu'on appelle en France des bourses, 1. 1. rouss. Pol. iv. || 6* Somme évaluée dans le levant à 600 piastres, ou 4 781 fr. 28 c. de notre monnaie. Ce cinquième sera pris dans les bourses que Mustapha sera obligé de vous
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payer, volt. £ett. d Cather. 4 44. ||7"Dansles villes de commerce, bourse de commerce ou, simplement, bourse, lieu où s'assemblent les personnes qui se livrent au commerce ; lieu de réunion pour les négociants, agents de change, courtiers; et le temps que dure cette réunion; marché public où se négocient les effets publics, lettres de change, actions. Aller à la bourse. Affaires, bruits de bourse. Arrêt du Conseil portant établissement d'une bourse dans la ville de Paris , pour les négociations des lettres de change, billets au porteur et à ordre, et autres papiers commerçâmes, Arrêt du 24 sept 4724. D'un côté [à Alexandrie] la bourse et l'allée du change, de l'autre la société royale et le muséum, volt. Phil. v, 354. || Le cours de la bourse, le cours des effets publics. Qu'a fait la bourse ? la bourse a monté, a baissé. || Les spéculateurs. Il a pris l'esprit de la bourse. || Bourse des marchandsou bourse commune, bourse et convention des marchands, juridiction qui connaissait des affaires entre commerçants pour fait de commerce. || 8" Petit sac de taffetas noir où les hommes renfermaient autrefois leurs cheveux rassemblés en forme de queue. || 9* Petit sac où l'on met une montre. Un chaudron ébréché, la bourse d'une montre, Régnier, Sat. xi. || 10* Terme d'église. Double carton dans lequel on met les corporaux qui servent à la messe. || 11" Terme de chasse. Poche placée à l'entrée d'un terrier pour prendre des lapins qu'on chasse au furet. || 12' Terme de jardinage. Point de la lambourde où sont attachés les fleurs et les fruits du poirier et du pommier; petit corps charnu, tendre, tronqué, ayant plusieurs yeux à sa circonférence. || 13« Terme de botanique. Membrane qui enveloppe les champignons. || Bourse, bourse-à-pasteur, noms vulgaires de lacapselle bourse de pasteur (capsella bursa postons, L.), appelée aussi bourse de berger et tabouret. || 14° Terme d'anatomie. Bourses muqueuses, petits sacs membraneux qui sont de la nature des membranes séreuses ou des synoviales, et qui servent à faciliter les mouvements de certaines parties. || Bourses synoviales, petites ampoules contenant de la synovie, placées sur le trajet de certains tendons pour en faciliter les mouvements. || S. f. plur. Les bourses, la peau qui enveloppe les testicules. || 15* Terme de fauconnerie. La gorge de l'oiseau.
— HlST.xn's. |Je] Copoie borseset gueilles bien fermées, li Charois de M/mes, 4 222. Maiz quant chascun meigne [moine] fet borse, Li comuns bien tant en reborse, Roman de Uou, 4 0679. || xin* s. Avarice en sa main tenoit Une borse qu'el reponnoit, Et la nooit si durement, Que demorast moult longuement Ainçois qu'el en peQst riens traire, la Rose, 227. Et porce que li héritages li descendi du lignage, il le requeroit à avoir par le [la] borse, comme plus prochains, beaum. xliv, 2. Se exeouiteres vendoit héritage par le [la] vertu du testament, li parent du mort le poent rescorre par le [la] bourse, comme se cil l'eust vendu qui fist le testament, id. xu, 38. || xiv's. Une bourse à pelles [perles] broudée, labosee, Émaux, p. 474. || Pour une bourse de cerf à mectre les clefs de l'ostel de Neelle , id. ib. Pour broder, faire et estoffer la bourse au sceldu secret du roy, id. ib. Et on voit qu'uns larrons qui se met à l'embler, 11 n'aconte noient [ne se fait pas scrupule] d'une bourse à couper, Baud. de Seb. vi, 263. || xv# s. Ils estoient si bien d'accord, que tous metoient la main à la bourse, quand il besognoit, froiss. n, n, 4 2 1 . Priez, galans joyeulx en compaignie. Qui despendre desirez à largesse; Guerre vous tient la bourse dégarnie, en. d'orl. Bail. 417. Le dict de Pavilly, qui tendoit fort au profict de sa bourse, juv. des ursins, Charles VI, ui3. || xvr s. La bourse des genitoires [le scrotum], mont, i, 411. Une bourse d'escus, id. i, 415. Ilsluy offrirent de souldoyer, chascun sur sa bourse, un homme d'armes , id. m, 4 76. Venir entre la bourse et les deniers [entre l'achat etleversementdu prix], loysel, 43t. En une hostie [victime] qui fut immolée, il se trouva deux bourses du fiel enveloppées d'une seule taye, amyot, Arat. 63. C'esfun but où tirent les couppebourses, les larrons domestiques, et les calumniateurs, id. Comment nourrir les enfants, <3. Amy, je n'ai point d'argent en ma bourse, id. De la mauv. honte, 13. La bource des testicules, paré, xx bis, 24. Bource-à-pasteur est herbe peu délicate, car sans nul soin elle s'engeance partout, jusques sur les murailles, o. de serres, 61 i. Rets, panneaux, toiles, bources, cordages, espieux. id. 993. Ouvre ta bourse, j'ouvrirai ma bouche, génin, Recréât, t. n, p. 246. Trop tost d'édifier se haste qui faict palais à bourse plate, id. ib. p. 264. X bourse de joueurs, de plaideurs et de gourmands, iis ne
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faut point de ferrements, lb bout de linct, t. n, p. 130. Assez trouverez amis de bouche, mais bien peu sent amis de bource, id. ib. p. 242. Petit gain emplit la bourse.— Oui n'a argent en bourse ait du moins du miel en bouche.— Selon ta bourse gouverne ta bouche, cotgraye. La principale cause de quoi provient de ce qu'il n'y a pas de lieu qu'on ap- P"lle change, estrade ou bourse, où les marchands, facteurs ou trafiqueurs puissent convenir, pour respomlre et rendre raison les uns aux autres de leurs trafics et faire leurs entreprises.... Édit de juillet
— ÉTYM Bourguig. et Berry, borse; provenç. parva; espagn. boisa; ital. borsa; du latin bijna, du grec pisio, bourse.
f BOUKSEAU ( bours-so) , t. m. || 1* Moulure ronde, ausommetdes toits d'ardoise. || 2* Instrument de plombier pour arrondir les tables de plomb.
t BOURSER (bour-sé), v. a. Voy. bourcer.
t BOUR.SET (bour-sô) , s. m. Terme de pêche. Corps flottant qui sert à tirer un des bouts du filet.
tBOURSETTE (bour-sè-f), s. f. || 1* Partie du sommier de l'orgue, qui laisse passer un fil do fer san» laisser passer le vent. || 2" Terme de botanique. Un do; noms de la bourse-a-pasteur.
— HIST. xv* s. Quand ce vint sur le point que l'enfes dut partir, le roi le trait à part en sa chambre secrètement, et lui donna une moult belle bourselte pleine de poudre, feoiss. il, m, (3. |j xvi* s. Puis y soit adjousté autant dVau contenue dedans les bourseltes de l'orme, paré, xxv, 44. Tu t'en iras, Jamin, d'une autre part, Chercher songneux la boursette toflue, rons. »5|.
— ÊTYM. Diminutif de bourse.
BOURSICAUT (bour-si-ko),*. m. || 1' Petite bourse.
|| 2* Petites économies; petites sommes mises en réserve.
— HIST. xv* s. [Un florin] Que je trouvai en un anglet D'un bourselot.... froiss. Le dit dou florin. || xvr s. Mais, nonobstant son riche habillement, Pas ne sembloit avoir au cueur grant joye ; Et croy pour vray qu'il avoit de monnoye Plus que d'escuz dedans son boursicault, Chasse d'amours, p. 33,
col. 2, dans LACURNE STE-PALAYE.
— ÉTYM. Diminutif de bourse.
t BOURSICOTER (bour-si-ko-té), V. n. Faire un boursicaut, mettre un peu d'argent en réserve. || Faire un tas de petites opérations de bourse. J'ai des capitaux considérables, engagés à la bourse ; je boursicote, je coulisse, je reporte, cogniard frères etBOURDois, le Monde camelote, I, 5.
— REM. L'Académie écrivant boursicaut, on devrait écrire boursicauter et boursicautier , mots qu'elle n'a pas; mais l'usage les écrit par o, et la prononciation est conforme à cet usage.
— HIST. xit* s. Qui avoient par ensemble boursicoté jusques à six ou sept vingts escus, Contes d'Eutrapel, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Boursicaut.
+ BOURSICOTIER (bour-si-ko-tié), s. m. Celui qui fait de petites affaires à la bourse. Mot toujours pris en mauvaise part.
— ÉTYM. Boursicoter.
I. BOURSIER (bour-sié; IV ne se lie jamais; au plur.l'» se lie : les bour-sié-z au collège), s. m. Celui qui jouit d'une bourse dans une école publique. || Adjectivement. Les élèves boursiers. || Au fém. Je ne crois pas être endroit de nommer une boursière, boss. Lett. Abb. 33.
— HIST. xvi* s. Boursiers furent en la ville de Tholose appelez collégiaux, comme enfans des collèges, et en l'université de Paris boursiers, comme estant nourris et alimentez de la bourse commune de leurs fondateurs, pasquier, Recherches, liv. ix,
p. 791 , dans LACURNE STE-PALAYE.
— ÊTYM. Bourse.
2. BOURSIER, 1ERE, s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui fait et qui vend des bourses. Peu usité maintenant.
— HIST. xin* s. De rechief veulent li commun des boursiers de Paris que nus ne puisse conporter par la ville de Paris, se n'est lui ou sa famé, Liv. des métiers, 205.
— ÊTYM. Bourse.
BOURSILLER (bour-si-llé, II mouillées, et non bour-si-yé), v. n. || 1" Contribuer chacun d'une petite somme pour quelque dépense commune. On les fit tous boursiller. || 2° Vider sa bourse. Il faut soutenir [au parlement] son droit par beaucoup d'argent; je m'en souviens et j'ai boursillé moimême, volt. Mœurs, i"6. \\ Il est familier, et se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi* s. Les reitres se sont deux fois mu-
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fines et nous ont contraints de boursiller partout pour leur fournir argent, henri IV, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Bourse.
t BOURSILLON (bour-si-llon , II mouillées), s. m. Petite bourse. Populaire.
— ÊTYM. Bourse.
BOURSON (boUr-son), s. m. Petite poche au dedans de la ceinture d'une culotte. Vieux; on dit aujourd'hui gousset. Enfin, rageant tout vif, il fit la somme en toutes sortes d'espèces, qu'il tira de différents l>oursons, scarr. Rom. Com. 2* part. ch. 47.
— ÊTYM. Bourse.
BOURSOUFLAGE (bour-sou-fla-j'), s. m. Enflure, en parlant du style. Discours plein de boursouflage.
— ÊTYM. Boursoufler.
BOURSOUFLÉ, ÉE foour-sou-flé, fiée), part, passé. || 1" Enflé. Visage boursouflé. || 2* Fig. Style boursouflé, style où domine une emphase vide. Quels seront les heureux poètes, Les chantres boursouflés des rois? volt. Ép. 56. Un mélange du style poétique et boursouflé avec le langage de la philosophie, volt. Lett. Thieriot, 7 février 475». || Substantivement. Je ne peux plus souffrir le boursouflé et une grandeur hors de nature, volt. Lett. Voisenon, 23 févr. 4703.
t BOURSOUFLEMENT (bour-sou-fle-man), *. m. || 1* Etat de ce qui est boursouflé. || 2* Terme de chimie. Augmentation de volume d'une substance par quelque action chimique.
— HIST. xvi* s. Qui est une tumeur et comme inflation et boursouflement de toutes les membranes qui sontà l'œil, paré, xv, 6.
— ÊTYM. Boursoufler.
BOURSOUFLER (bour-sou-flé). v. a. || 1» Rendre enflé. Cette maladie lui aboursouflé les yeux. || 2° Se boursoufler, v.réfl. Augmenter de volume par quelque action mécanique ou chimique. Le sulfate de soude se boursoufle par la chaleur.
— REM. L'Académie écrit boursoufler avec un6 seule f, tandis qu'elle écrit souffler avec deux ff.
— HIST. xii* s. Vieus et ordset borsoflés, Toutes ces taches [vous] avez, hues de la ferté, Bomancero, p. 188. J'oi [j'eus] parmi le cors mainte plaie Por les espines de la haie ; Quant ma robe fu descirée, J'oi la char toute boussouflée, Hist. littéraire, t. xxiii, p. 730. || xv* s. Mais je dis le droit ancien Sur ces perruques boursouflées, Legieres, qui par bon moyen, Deviennent grosses et enflées, coquili.art, Les droits nouv. || xvr s. 0 belle matierequidevoit boursoufler, BAB.Gar,7.l,4.Quelquesfois par une grandecontïision lachaircontuse devient mucqueuse et boursouflée, comme si on l'avoit enflée de vent, paré, x, 6. Naseaux ouverts, soudant et boursouflant, MERLIN C0CAIE, t. I, p. 9, dans LACURNE.
— ÉTYM. Grandgagnage le tire de boulc-souffler, souffler en boule, s'appuyant sur le wallon bourlote, petite boule. Mais il est probable que la première partie du mot est l'équivalent, non de boule, mais de bourse: souffler en bourse, gonfler; comme dans cette phrase : Le ventre lui commença à bourser [enfler], louis xi, Nouv. xiv. Diez eiplique autrement cette première partie du mot : il y voit l'équivalent du provençal moderne boud-enfla, boursoufler étant pour boud-soufler, et boud étant le radical bod ou boud qui se trouve dans plusieurs mots et signifie quelque chose de gonflé.
BOURSOUFLURE (bour-sou-flu-r'), s. f. || 1* Gonflement, soulèvement. Les boursouflures que produisit dans le terrain l'éruption du volcan. ]| 2* Terme de médecine. Engorgement formé par la présence de l'air ou de la sérosité dans le tissu cellulaire. || 3* Fig. La boursouflure du style.
— HIST. xvi* c. Faut promptement faire la réduction, puison remedieraà ceste boursoufleure, paré, xit, 20. Boursouffleure est ce que les Grecs appellent cachexie, id. iviii, 73.
— ÊTYM. Boursoufler.
fBOUSAGE (bou-za-j'), s. m. Opération par laquelle le teinturier dégorge une étoffe, avant d'y appliquer le mordant.
— ÉTYM. Bouse.
f BOUSARD (bou-zar), s. m. Terme de vénerie. Fiente du cerf, en certains mois, quand elle a peu de consistance, comme la bouse de vache.
— ÉTYM. Bouse.
BOUSCULÉ, ÉE (bou-sku-lé, lée), part, passé. Horriblement bousculés par la foule.
BOUSCULER (bou-sku-lé), v. a. || 1° Mettre en désordre, renverser. Quand il entre dans cette chambre, il bouscule tout. || Fig. J'ai gagné la mienne [ma croix] à ces guerres Où nous bousculions tous les rois, bérang. Vieux cap. || 2° Pousser en tous sens. La foule nous bouscula horriblement. || 3° Se
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bousculer, y. réfl. Us se pressent, ils se bousculent, mais ils n'en avancent pas davantage.
— ÉTYM. Génev. bosculer, busculer. On trouve dans l'ancien français bouteculer : [le paysan] au feu bouteculant, Ren. 45(7. Sans doute bousculer est une altération de bouteculer, qui vient de bouter et cul, étymologie confirmée par la forme bousser, au lieu de bouter, laquelle a été usitée dans le xv* siècle (voy. du canoë, bou(are).
BOUSE (boii-z'), s. f. Fiente de bœuf ou de vache.
— HIST. xiii* s. Mais nequedent dirai je bouse De ces eskevins trestous douze, Poésies fr. ms. t. iv, p. (375, dans lacurne. Bouse vous di, bran de vous, Roman d'Audigier, ms. de St-Germain, dans lacurne. || xiv* s. Quatre hommes qui furent chascun huit jours à faire une fonce pour meytrele bouson dudit Coullart, du cange, bosa. Se la beste est férue [d'une flèche] en la bouze, c'est en la pance, Modus, f lv || xvi* s. Lp bouse de bœuf chaudement appliquée, paré xviii, 86. Prenez de la bou"> de vache, lie de vin.... id. Mumie, 9. Une bouze de vache, palissï, 165.
— ÊTYM Provenç. boxa, bu«o; bas-lat. bosa dans un texte italien, et busa, peau de bœuf. Bien qu'il y ait dans le pays de Coire boratscha, de Corne, boascia, de Parme, bouxxa, on ne peut y rattacher bouse; car une formation pareille aurait donné au français bouasse. Diez indique l'allemand Bulxe, monceau. D'autres en rapprochent le bas-breton beûxel, bouxel, bouxil; mais le bas-breton n'est-il pas emprunté du français? Paré, disant boue au lieu de bouse, suggère une autre opinion, c'est que bouse pourrait être le même que boue. Cependant on est toujours tenté de rattacher bouse à boeuf, bien qu'on ne puisse le faire qu'en supposant une formation très-irrégulière, de bov ou bou.
f BOUSER (bou-zé), v. a. Terme technique. Former l'aire d'une grange avec un mélange de terre et de bouse de vache.
— étym. Bouse.
t BOUSIER (bou-zié), s. m. Terme de zoologie. Genre de coléoptères qai vivent dans les excréments des mammifères.
— ÊTYM. Bouse.
BOUSILLAGE (bou-zl-lla-j', II mouillées, et non bou-zi-ya-j'), s. m. || 1* Mélange de chaume et d« terre détrempée avec laquelle on fait des mus do clôture. || 2* Fig. Tout ouvrage mal fait, peu solide. || Ouvrage fait précipitamment avec un burin.
— HIST. xvi* Ma maison n'est point faite de bousillage, ny couverte de roseaux, merlin cocaïe, t. j, dans lacurne st-palaye.
— ÊTYM. Bousiller.
BOUSILLÉ, ÉE (hou-zi-llé, liée, II mouillées), port, passé. Ouvrage bousillé.
BOUSILLER (bou-zi-llé, II mouillées, et nonbouzi-yé). || i* V.n. Maçonner en bousillage. || 2° V. a fig. Faire un travail sans soin.
— ÊTYM. Ce mot paraît venir de bouse; provenç. fioxinar.
BOUSILLEUR, EUSE (bou-zi-lleur, lleû-z', II mouillées, et non bou-zi-yeur),*. m. etf. || 1° Celui, celle qui travaille en bousillage. || 2° Fig. et familièrement, celui, celle qui travaille mal.
— ÉTYM. Bousiller.
t. BOUSIN (bou-zin), t. m. || 1° Surface tendre des pierres de taille. || 2* Tourbe de mauvaise qualité.
— ÉTYM. Bouse.
1 2. BOUSIN (bou-zin), t. m. || l'Tapage. || 2° Mauvais lieu. Terme grossier et du plus bas langage.
— ÊTYM. Angl. bowskig, cabaret, mauvais lieu, dans l'argot des marins, d'après Ch. Nisard.
t BOUSINGOT(bou-zin-go), s. m. Chapeau de marin. || Fig. Nom donné, après la révolution de Juillet, a des jeunes gens qui affectaient un costume négligé et qui manifestaient des opinions démocratiques.
— ÉTYM. Angl. bowsing, cabaret fréquenté par les matelots (voy. bousin 2), d'après Ch. Nisard.
t BOUSQUER (bou-ské), v. a. Terme de marine. Faire travailler malgré lui un matelot paresseux.
— ÊTYM. Sans doute pour bouquer.
t B0USSAR1) (bou-sar), s. m. Terme de pêcher. Hareng qui vient de frayer.
t BOUSSERADK (bou-se-ra-d'j ou BOUSSEROLB (bou-se-ro-1') , s. f. Un des noms vulgaires du raisin d'ours ou busserole (arbutu* uva ursi, L.).
BOUSSOLE (bou-so-1'), s. f.\\ 1* Cadran au centre duquel est fixée une aiguille aimantée et mobile, dont la pointe se dirige vers le nord. || 2° Par extension, ce qui dirige. 11 fallait une boussole [aux pas-
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teuri cbaldéens] pour se conduire dans ces forêts sans chemins, chateaub. Génie, I, iv, s. || Terme de jardinage. Planter à la boussole, donner a l'arbre qu'on plante la môme orientation qu'il avait dans la pépinière. || 3° Fig. Dans ces ténèbres, monsieur le cardinal a-t-il vu moins clair? a-t-il perdu la tramontane? durant cette tempête, n'a-t-il pas toujours tenu le gouvernail d'une main et la boussole de l'autre? voit. Lett. 74. Mme de Lavardin at M. d'Arrouy sont mes boussoles, sév. 204. Ce qui se passerait avec le roi et Mme de Maintenon devait être la boussole de sa conduite [à Mme des Ursins|, stsim. 444, 4 03. C'est la confession d'Augsbourg qui devint la boussole des luthériens, voltaire, Mœurs, 4 32. Ayant dans votre esquif, qui des nôtres s'isole, Deux choses seulement, la voile et la boussole, Votre âme et votre Dieu, v. hugo, F. d'automne, 33. |I4° Terme d'astronomie. Nom donné à une constellation de l'hémisphère austral.
— hist. xvi' s. Levant le grand artemon, et à droicte calamité du boussole dressantle gouvernail, rumpit le tourbillon susdict, rab. Pant. y, 47. Il faut un bon timon pour se sçavoir guider, Bien calfeutrer sa nef, sa voile bien guinder : La certaine boursolle est d'adoucir les tailles, Estre amateur de paix et non pas de batailles, rons. 667.
— ËTYM. Espagn. brûxula (avec l'intercalation d'une r); de l'italien bôssolo, petite boite, diminutif de bosso, buis (voy. buis). Le mot boussole a été pris des Italiens assez tard; auparavant la boussole se nommait marinete.
BOUSTROPHÊDON (bou-stro-fé-don), s. m. Antique écriture grecque dans laquelle, après avoir écrit une ligne de gauche à droite, on continuait en écrivant de droite à gauche.
— ÊTYM. BouorpoçriSov , de poû;, bœuf (voy. bœuf), et (rrpÉçeiv, tourner (voy. strophe) : à cause que celte écriture ressemblait aux sillons dont l'un recommence où l'autre finit.
t BODSURE (bou-zu-r'), *. f. Terme d'art. Composition pour blanchir la monnaie.
— ETYM. Bouse, dans le sens de délayage.
4. BOUT (bou; le I se lie: de bout en bout, dites : de bou-t en bout), s. m. || 1° La portion qui termine un corps, un espace. Le bout des rames. Le bout de la queue. Les deux bouts d'une corde. Le bout du champ. Bâton à deux bouts, sorte de bâton avec lequel on peut frapper aussi bien par un bout que par l'autre. Je l'ai trouvé, seigneur, au bout de cette allée, Où la clarté du ciel semble toujours voilée, corn. Rodoj.v, 4. Un architecte avait bâti une maisou dans un bout de la ville de Paris, fén. m, 467. Qui n'a pas besoin de mettre les bras d'un autre au bout des siens, i. J. rouss. Ém. n. Notre principal avantage est au bout de nos doigts : nos paysans ont eu l'industrie de travailler en horlogerie pour les Genevois, volt. Lett. Forgés, 25 février (776. [Le nain] Sur un pied danse Au bout d'un flot, v. hugo, Orient. 28. Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout, Doutent où vous serez, et vous trouvent partout, rac. Mithr. ni, 4. || Fig. L'aridité des calculs est presque toujours l'ennemie mortelle de la littérature; heureux les esprits bien faits qui touchent à la fois à ces deux bouts I volt. Lettr. de Vaines, 48 mars 4774. Mon Dieul nous savons tout. — Quoi ? — Votre procédé de l'un à l'au- j tre bout, mol. l'Étour. ni, S. || Aux deux bouts de la terre, par toute la terre. Aux deux bouts de la terre étendre mes travaux, corn. Cid, v, 8. Que cent peuples unis des bouts de l'univers, n>. Hor. iv, 6. La guerre Que sa fureur [de Rome] envoie aux deux bouts de la terre, rac. Mithr. m, 4. Rassemblez-vous des bouts de l'univers, n>. Esth. m, 9. Faites, déesse, que ma lyre.... Aux deux bouts du monde aille dire Des chansons dignes de mon roi, racan, Ode au roi. Mais qu'est-il ce renom? c'est le bruit du tonnerre Qui , volant tout à coup aux deux bouts de la terre, Dure à peine quelques instants.... gilb. Le prince de Salin. D'un bout du monde à l'autre bout L'habit fait tout, bérang. Vieux habits. || Au bout de l'univers, dans des contrées trèséloignées. Au bout de l'univers, va, coura te confiner, rac. Bérén.iv, 4. S'il y eût eu un-homme comme vous, j'eusse été le chercher au bout du monde, TotnEti.Apicius, Galilée. || Par exagération. Être logé au bout du monde, dans un quartier fort éloigné. Dans le temps que nous sommes aux deux bouts de la terre, sév. 227. || Fig. et familièrement. C'est tout le bout du monde, c'est tout ce que la chose vaut, tout ce qui est possible. Je pars, et si je vous écris encore lundi, c'est tout le bout du monde, sév. t 63. Il Terme de manège. Mettre les deux bouts en dedans, faire travailler un cheval, de manière que la tête se
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rapproche de la croupe. || Bout à bout, loc. adv. X bouts se touchant. Tuyaux assemblés bout à bout. Il Fig. Les nombres sont bout à bout à la suite l'un de l'autre, pasc. Pens. div. 69. Quatre Mathusalem bout à bout ne pourraient Mettre à fin ce qu'un seul désire, la font. Fabl. vm, 26. || Mettre bout à bout, au propre et au figuré, rapprocher et réunir de petites portions d'une chose. Mettez tout à bout ces morceaux de ruban. Si l'on mettait bout à bout toutes les heures que l'on perd , on ferait un long espace de temps. || D'un bout à l'autre, loc. adv. Du commencement à la fin, entièrement. J'ai visité le parc d'un bout à l'autre. J'ai entendu sou discours d'un bout à l'autre. Il a pu vous dire ma maladie d'un bout à l'autre, sêv. 292. |j De bout en bout, loc. adv. Même sens. Le ciel est noir de bout en bout, stamand, Œuvres, 78. Les cris.... qui.... Firent de bout en bout retentir les déserts, la font. Psyché, 1, p. 34. Lisedebouten boutlui conte le mystère, id. Comment l'esprit, etc. Lui dit de bout en bout toute la vérité, id. Ch. imp. Contez-lui votre cas De bout en bout, id. Fais. Moinus, alors présent, reprit de bout en bout De nos deux envoyés les harangues frivoles , id. Quinquina, 11. Vous saurez tout cela tantôt de bout en bout, mol. Mélic. 11, 7. || Bout-ci, bout-là, par-ci, par-là. |] Terme de jeu de domino. Le bout ouvert, le bout de la rangée de dominos auquel on peut encore poser des dés. || X bout portant, loc. adv. Cest-à-dire le bout de l'arme étant mis près de l'objet qu'on vise. || Fig. On a vu le mot étrange, à bout portant , que Tonnerre , évêque comte de Noyon , lâcha au roi en plein petit couvert, st-sih. 413, 486. Il Au bout de la plume. Voy. Au bout de la langue. Il Ce mot est resté au bout de la plume, il a été oublié. Il 2° Extrémité des parties du corps. Le bout du pied. Le bout de la langue. Le bout de l'oreille. Il Au bout de la langue, au boutdela plume, en parlant de cequiestdit, écrit avec facilité. Quand ils se trouvent au bout de ma plume, sêv. 299. Dès qu'un mot se trouvait au bout de sa langue ou de sa plume , hamilt. Gramm. 4 0. || Avoir un mot sur le bout de la langue, chercher dans sa mémoire un mot qu'on croit tenir et qui ne vient pas. || Rire du bout des dents, rire sans en avoir envie. On dit aussi rire du bout des lèvres. || Dire quelque chose du bout des lèvres, le dire par condescendance et sans vouloir être pris au sérieux. Ce que vous m'accordâtes du bout des lèvres et que vous fîtes pour m'obliger, voit. ZeMr. 75. Il Montrer le bout de l'oreille, un bout d'oreille, laisserpénétrersa pensée, sesdesseins. || Savoir une chose sur le bout du doigt, la savoir parfaitement, de mémoire. || Toucher du bout du doigt, toucher légèrement, au propre et au figuré. || Toucher aune chose du bout du doigt, être près d'y arriver, de l'atteindre. On y touchait du bout du doigt, quand tout a manqué. || Le bout du sein, ou, simplement, le bout, le mamelon. L'enfant n'a pas encore pris le bout. Elle ne peut nourrir faute de bout. Il Bout de sein, instrument de caoutchoucou d'ivoire ramolli , destiné à former le bout du sein chez les nouvelles accouchées, ou à préserver le mamelon malade. I| Des bouts d'ailes, les extrémités des ailes de certains oiseaux bons à manger. Une terrine de bouts d'ailes. || Des bouts d'ailes, des plumes du bout de l'aile des oies dont on se sert pour écrire. || 3" Le bon bout, le côté par où il convient de prendre une chose. Prendre une chose par le bon bout, la prendre comme il faut. X quiconque le sait prendre par le bon bout, mol. l'Étour. m, 2. Mais je les veux avoir par le bon bout, la font. Papef. || Par quelque bout que vous preniez cette affaire, de quelque façon que vous l'entrepreniez. Prendre quelqu'un par tous les bouts, faire auprès de lui toutes les tentatives imaginables pour le décider, le persuader, etc. H On ne sait par quel bout le prendre, se dit de quelqu'un dont l'humeur est revêche et difficile. Il Se mettre sur le bon bout, se mettre sur un bon pied, faire plus de dépenses. La cour ne se mit pas seule sur le bon bout; Et le luxe passa jusqu'à la bourgeoisie; Chacun fit de son mieux, ce n'était qu'or partout, la font. Leltr. 1. || Terme de marine. Le bon bout, le bout du câble qui reste à bord. Il Fig. Et toujours retenez le bon bout à la main, De crainte que le temps ne détruise l'affaire, Régnier, Sat. xm. || 4° Le haut bout, la place la plus honorable. X table, au plus haut bout il veut qu'il soit assis, mol. Tart. 1, 2. || Fig. Cela avec Escobar les met au haut bout, pasc. Prov. 9. Peu de gens en leur estime Lui refusent le haut bout , la font. fabl. vin, 43. Les Dominicains en Espagne, comme partout ailleurs où elle [l'inquisition] est établie, tenaient le haut bout, st-sim. 90, 4 90. || Le bas bout, une des dernières places. Ils furent ad-
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mis à sa table au bas bout, sans que le seigneur du château les honorât du regard , volt. Zadig, 20. Je me refuse d'être au bas bout, non parce qu'il est bout.... pasc. Grand. 24. || 5" Ce qui garnit l'extrémité de certaines choses. Un bâton qui a un bout de fer, c'est-à-dire qui est ferré par le bout. Des bouts de manche, petites manches qu'on met par-dessus les manches de son habit pour les préserver. Bouts de souliers, morceau de cuir qu'on met à la semelle quand elle est usée. Bout de fleuret, le bouton qui garnit la pointe du fleuret. || 6° Petite partie , petit morceau. Un bout de lettre. Un bout de corde. Entendre un bout de messe, un bout de sermon. || Dans un autre sens, un bout de discours, un discours très-peu étendu. 11 n'a fait qu'un bout de plaidoyer. Il n'avait dans cette pièce qu'un bout de rôle. || Un bout d'homme, un petit bout d'homme, un homme très-petit. Il Des bouts de chandelle.ee qui reste d'une chandelle consumée en partie. || Familièrement. Une économie de bouts de chandelle, une épargne mesquine et sans utilité. Od dit que le contrôleur générai a fait retrancher.... ces ménages de bouts de chandelle ne sont peut-être pas ce qui fait fleurir un Etat, volt. Lettr. Damilaville, 45 février 4764. Il Bout de boudin, voy. boudin. || 7° Terme, point où quelque chose cesse. Le bout de l'année. Au bout de huit jours. Le bout du chemin. Et comme au bout d'un an sa santé fut parfaite.... corn. Poly. 1,4. On en fait revivre un au bout de vingt années.... id. Héracl. 1, 4. Il tomba dans leurs fers au bout de sa poursuite, id. Rodog. 1, 4. Savoir discerner.... d'un bien qui s'envole un qui n'a point de bout, malh.
I, 4. Je ne me suis connu qu'au bout de ma carrière, volt. Alt. v, 7. La moindre taupinée était mont à ses yeux; Au bout de quelques jours le voyageur arrive.... la font. Fabl. vin, 9. || Être au bout de sa carrière, toucher au terme de sa vie. || Fig. X tout bout de champ, à tout propos. || Bout de l'an, service funèbre qui se célèbre un an après le décès de quelqu'un. On fit à St-Denis le bout de l'an du Dauphin et de la Dauphine, st-sim. 340, 208. Je fais des bouts de l'an de tout, sév. 4 4 5. || Fig. Joindre les deux bouts, avoir tout juste de quoi subsister. Le maréchal de Choiseul savait trouver les deux bouts de l'année sans dettes, st-sim. 28», 4 95. La locution entière est : joindre les deux bouts de l'an , c'est-à-dire aller, sans dépasser son revenu, d'un bout de l'an à l'autre. || Fig. Être au bout de son rôle, de son rôlet, de son rouleau, ne savoir plus que (lire, que faire. Us voient à tous moments le bout de leur esprit, sév. 432. Il se voit tous les jours au bout de son fonds, boss. ii, Jos. 2. || Il est au bout de ses écus, il a épuisé ses ressources. || N'être pas au bout, avoir encore bien des choses pénibles à supporter. || Et haïe au bout, locution vieillie et hors d'usage, qui se disait pour signifier : et quelque chose de plus. Il a dix mille livres de rente, et haïe au bout. Haïe parait ici une simple exclamation pour désigner quelque chose vaguement, quelque chose qu'on ne peut ou ne veut désigner précisément. Il Jusqu'au bout, loc. adv. Jusqu'à la fin. Vous êtes généreux, soyez-le jusqu'au bout, corn. Poly. iv, s. Sa vertu jusqu'au bout ne s'est pas démentie, m. Héracl. m, 3. Voyons si ta constance ira jusques au bout, id. Cinna, v, 4. Je veux voir jusqu'au bout quel sera votre cœur, Et si de me trahir il aura la noirceur, mol. Mis. iv, 3. Pousser l'examen iusqu'au bout, boss. 7/isf. 11, 43. Jusqu'au bout il a poussé l'outrage, rac. Andr. v, 2. Suivons jusques au bout ses ordres favorables, id. Brit. n, 8. || X bout, loc. adv. Être à bout, être épuisé. Mais je sens que bientôt ma douceur est à bout, rac. Alhal.
II, 5. Un reste de respect en pouvait être cause, Mais c'est trop me pousser, ce respect est à bout, mol. le Vép. v, 8. Je me trouve à bout de ma subtilité, id. l'Étour. m, 4. Sa patience et son espoir furent à bout, hamilt. Gramm. 8. Les valets enrageaient, l'époux était à bout, la font. Fabl. vu, 2. X bout sur un frère si extravagant [que d'Aubigné], Mme de Maintenon fit tant par St-Sulpice qu'on lui persuada de quitter ses débauches, st-sim. 51, 400. Il Terme de manège. Être à bout, se dit d'un cheval outré de fatigue. || Terme de vénerie. Être à bout de voie, se dit d'un limier qui se perd; et fig. ne plus savoir que faire. || Mettre à bout, vaincre, réduire. Les Grecs.... Par mille assauts, par cent batailles, N'avaient pu mettre à bout cette fière cité, la font. Fabl. u, 4. Nous mettrons autant de cœurs à bout Que nous voudrons en entreprendre, id. Joe. Pour mettre à bout les plus cruelles.... mol. Amph. Prologue. || Mettre à bout, irriter, fatiguer, impatienter. Et tu me mets à bout par ces contes frivoles, mol. VÉlour. 1. 2 II met sa patience à bout, boss.
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Obi. t. Il n'y a point do patience que tous ne mettiez à bout, pasc. Prov. to. Sitôt qu'il aura mis ma patience à bout, corn. Agésil. il, «. || Poussera bout, irriter, et aussi réduire à ne pouvoir répondre, mettre à quia. Ils lui conseillent de ne le point poussera bout, corn. Ex. du Cid. La reine.... Saillant ce que je puis-, me pousse trop à bout, id. A't'com. il, 3. l';aut-il pousser à bout une reine obstinée? id. Sertor. iv, s. On pousse ma douleur et mes soupçons a bout, mol. llis. IV, 3. Voilà donc comme parle cet amant outré et poussé à bout, boss. Or. 10. Les esprits poussés à bout par tant d'injustices, m. Hist. h, 12. C'est pousser l'amour à bout, que.... ID. Lett. Corn. 99. Ce raisonnement pousse à bout la subtilité de nos adversaires, n>. Déf. comm, On dit, a ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre, Voulant pousser a bout tous les rimeurs françois, Inventa du sonnet les rigoureuses lois, boil. Art p. H. Poussons a bout l'ingrat, rac. Baj. IV, 4. 11 fallait poussera bout de tels imposteurs, pasc. Prot). 18. || Pousser à bout, porter à l'extrémité, exagérer. Il pousse à bout toutes les décisions, Boss.flem. Poussant à bout ses maximes, id. Var. 2. Si l'on voulait pousser a bout la subtilité, id. Or. to. || Venir à bout «nsa dessein, d'une entreprise, réussir. Il croit que son remède viendra à bout de tout, sév. 4^. Sans pouvoir en venir à bout, id. 636. Ils n'entreprennent rien qu'ils n'en viennent à bout, Régnier, Sat. m. En viendrons-nous à bout? corn, le ttent.w, 7. Mettez a bout l'effet qu'amour a commencé, rotr. Vencesl. iv, 6. Thaïes disait que [de toutes les choses] la plus forte était la nécessité parce qu'elle venait à bout de tout, fén. Thaïes. Le père, pour venir à bout D'une précaution sur qui roulait la vie De celui qu'il aimait.... la font. Fabl. viu, 18. Je ne viendrais jamais à bout De nombrer les faveurs que l'amour leur envoie, id. Joc. L'Eglise est enfin venue à bout d'exterminer cette superstition, mais il lui a fallu du temps, fonten. Oracles, chap. 18. || Venir à bout de, triompher, vaincre. Par là de nos mutins le feu roi vint à bout, corn. Pomp. ni, 2. Je vous plains fort tous deux s'il vient à bout de moi, in. ». San. m, 2. Mais quand j'ai bien mangé, mon âme est ferme à tout, Et les plus grands revers n'en viendraient pas à bout, mol. Sgan. 7. Je me porte à merveille, quoique je fasse tout ce qu'il faut pour venir à bout de ma santé, dider. lelJ. à l'abbé Lemonier. Ah! certes celui-là l'emporte et vient à bout De toute ma raison, mol. Vép. a, *. || Fig. Au bout du compte, lot. adv. Tout bien considéré. On vousfaitde grandes promesses; mais, au bout du compte, qu'avez- vous obtenu? || 8° Terme de marine. L'avant, la proue d'un navire. Avoir le vent de bout, se dit quand le vent vient du côté de l'avant. || Aller bout au vent, aller contre le vent. || Donner le bout à terre, aborder droit. || Aborder de bout au corps, aborder un bâtiment par le travers. || Filer un câble par bout, le laisser sortirtout entier par l'écubier. || 9" Terme de serrurerie. Clef à bout, clef dont la tige n'est pas forée. || Terme de graveur. Bout, outil de graveur en pierre dure. || -10" Bouts-rimés. Voyez cemotàson onlrealphabétique. || Bout-saigneux. Voy. bout-saigneux. || Proverbes. Au bout le bout, cela durera autant que cela pourra. || Au bout du fossé la culbute, se dit de ceux qui, par insouciance ou perversion de sens, se résignent aux tristes conséquences qui résulteront de leur conduite. || Au bout de l'aune, faut le drap, c'est-à-dire toutes choses ont leur fin. || Brûler la chandelle par les deux bouts, faire des dépenses de toute espèce, et figurément, ruiner sa santé par des excès de différents genres.
— SYN. bout, extrémité, fin. Mots qui expriment l'endroit où une chose se termine. Bout diffère d'extrémité et de fin, en ce qu'il emporte toujours l'idée d'une certaine longueur, d'un bout en un mot, tandis que extrémité et fin n'expriment que la limite abstraite qui borne une chose. Le boutdu doigt, c'est une portion de doigt; l'extrémité du doigt est la surface qui termine le bout du doigt. X un autre point de vue, bout termine une étendue en longueur; extrémité la termine en tous les sens : le bout d'un bâton; les extrémités d'une surface; bout fait considérer une chose dans sa longueur; extrémité la fait considérer par rapport aux parties centrales. Tandis que bout et extrémité sont relatifs à l'étendue et à l'espace, fin l'est au temps etàla durée; c'est l'action de finir qu'il exprime : la fin de la vie; la fin d'un spectacle, d'un concert. Fin a rapport au commencement, comme bout a rapport à un autre bout, comme extrémité a rapport à un centre. Quand fin s'applique à l'étendue, ce qui arrive quelquefois, il exprime, à vrai dire, le temps
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que l'on met à parcourir cette étendue ; un désert sans fin, est un désert qui ne finit pas; un désert sans bout ou sans extrémité, ne pourrait se dire, car on ne conçoit pas qu'un désert n'ait pas un bout, si on le considère dans sa longueur, ou des extrémités, si on le considère en tous sens. On ne dit pas le bout d'un cercle; mais, dans une place circulaire, on dirait fort bien qu'on va ou qu'on est au bout, en considérant la ligne à parcourir. Nous disons très-bien aller au bout de la terre, parce que nous considérons la distance qui nous sépare d'un point; et de même au bout du monde. On ne dirait pas au bout du globe, au bout de la sphère, parce qu'un globe, une sphère, n'étant point en longueur, n'ont pas de bout.
— HIST. xir* s. Son tinel [il] lieve à loi de bachelier Par tel aîr, que tost le fist branler; Del bot devant va son mestre hurter, Si qu'il li fist andeus leseuz [yeux] voler, Bat. d'Aleschans, 4052. Tut de but se teneient cil très par tut al rei, Ne il ne voleient faire pur Deu ne ço ne quei, Th. lemart. 69. || xiii" s. Se marchant font change de chevaus li uns àl'autre boutàbout, Liv. des met. 3i6.||xivs. Qu'il fasse les tonneaux dessus le bout lever, Et tous les assaillans face bien abruver, Ouescl. 20127. Englois font les vaisseaux [barriques] des charrettes verser, Et puis les vont sur bout tout en l'eure lever, Et pour boire du vin les vont tost défoncer, ib. 22106. Prenez la penne rompue de vostre oysel, et en coppez le bout rompu à unes forces [ciseaux] , ilodus, Pxav, verso. ||xv's. Quantle roi vit qu'il n'en pourroitvenirà bout, fsoiss. 1, 1, 315. Mahieu fut un de ceux eslusd'y aller.... et ce bout lui dona Jean Lyon [Jean Lyon lui joua ce tour] , id. ii, ii , 63. Les oncles du roi ne pouvoient avoir bout ni volée ni audience en la cour du roi pour eux, id. n, n, 62. Dont j'ai souffert tant longuement Dure peine, ennuyeux tourment, Qu'il pert [paraît] que je fuz né à tout Et qu'onques ne fu autrement, Et si n'en puis trouver le bout, al. chart. le Débat du Béveille matin. J'en meurs sur bout, et n'euz onques depuis Aise de cueur, bon jour, ne bonne nuiz, m. Le débat des deux fortunes. X ma dame je ne sçay queje dye, Ne parquel bout jedoye commencer, Pour vous mander la doloreuse vie Qu'amour me fait chascun jour endurer, ch. d'orl. Bail. 19. Le roy cuidant tousjours persévérer et avoir le bout d'iceulx Bourguignons.... se reboutadedans les dits Bourguignons qui s'estoient fort râliez, J. de trotes, Chron. 1466. Il est à avoir par beau et par humilité; et pris par le bon bout, c'est le meilleur des bons, o. chastf.l. Chron. des ducs de Bourg, n, ch. 25. Et jamais n'en estoit peu venir à bout, comm. iv, 6. Dieu ne luy permist pas prendre ceste matière, qui estoit si grande, par le bout qui luy estoit nécessaire, ID. v, 12. En Bourgongnese faisoit la guerre tousjours, et n'en povoit avoir le roi le bout, pource que les Allemands faisoient quelque peu de faveur au prince cl'Orenge, id. vi, 4. Il l'accola et la baisa doucement, car elle estoit belle et gente, et en bon point, et mise sur le bon bout [bien mise, sur un bon pied], louis xi, Nouvelles, lxxi. I| xvi* s. Soyés seurque sy toust que je serai à bout de ma grosseur [grossesse] , ne faudray vous en advertir, haro. Lett. 82. Mon nepveu, encore suis je sus bout; quy m'ennuye plus que le mal que j'ay à passer ne me donne de crainte, id. ib. 83. Il se voulut mettre sur le beau bout [faire l'aimable], id. Nouv. xi. Sa resolution arresta sus bout [tout court] la furie de son maistre, mont, i, 2. Si je peux venir à bout de moy à garantir un danger par.... id. i, 37. À chasque bout de champ ils sont prests , ni. 1 , 40. Le hault bout d'une table, id. i, 168. La science qu'il choisira ayant le jugement desjà formé, il en viendra bientost à bout, in. 1, 174. Comme ils commençoient à se desordonner, il en vint ayséement à bout, id. 1, 343. Mon estomach est assez empesché à venir à bout de ce qu'il prend, id. n, 1 8. Petit bout d'homme, et honte de nature, dobell. v, 8, verso. Il se tint tout de bout sans mot dire, amyot, Thèm. 60. Le sénat ne voulut point permettre qu'il se deposast de sa charge avant le bout de l'an , id. Cam. r>4. À la fin, au bout de neuf mois, les Samiens furent contraints de se rendre, id. Péric. 63. Les mamelles convertissent dedans soy mesmes la nourriture que prennent les femmes, en lait que puis après elles rendent par les bouts, in. P. Aïm. 22, L'infanterie, comme estant des plus vieux soldats de France, tira aussi bien que les autres à bout apuié, d'aub. But. 1, 33t. Le roi de Navarre n'eut de contentemens que par le bon bout [par ironie, il fut maltraité], id. 16. n, 219. Lors les galères venoient tirer à bout touchant l'équipage de ce vis-ami-