PARÉ, XXIV
— ETYM. Berry,6o(at°22e;provenç. botelha; espagn. botella; ital. boltiglia; du bas-lat. buticula, diminutif de buta, botte, sorte de tonneau (voy. botte). Lancien français bolel, boutiaus, suppose un mot bas-latin buticulus.
). BOUTEILLER (bou-tè-l!é, Il mouillées et non boutè-ié; IV ne se lie jamais; au plur. l'« se lie) , s. m. Officier qui a l'intendance du vin de la table d'un prince. Celui qui fournissait le vin du roi s'appela grand bouteiller de France, volt, Mœurs, 70. Le seigneur da Chateaubriand, amiral da Bretagna,
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était petit-fils de ce comte de Laval et de sa seconda femme, dont le père était grand bouteiller de France,
— HIST. xn' s. Qui veïstle saint hummeseïràsnn mangier , Que il n'aveit od sei ne clerc ne chevalier, Senescal ne garçun ne cou [cuisinier] ne bouteillier,77». le Harl. so.Cum la reine vit lagrant sapience Salomun e son merveillus paleis, e le grant cunrei e la vitaille de sa maisun, e les riches sales àses humes, e le ordenement, e l'afaitement de ses ménestrels, et lur atur de vesture, e ses buteillers, e les sacrefises, Rois, 272. || xm* s. Li coupiers [la coupe] ert ciers etvaillans, D'escarboucles resplendissans; N'estsous ciel si orbes [obscur] celiers, S'il i estoit, li boutilliers Ne peûst sans autre clarté Cler vin connoistre d'ysopé, FI. et Bl. 49). Ils aiment miex les eschançons Et les kex [queux, cuisiniers] et les bouteilliers Que les chantersni les veilliers, roteb. n, 6).||xvi* s. Barbiers, cuisiniers, bouteillers, muletiers... calvin, Inslit. 370.
— ÊTYM. Bouteille; provenç. boleillier ; espagn. botillero; ital. bottigliere; bas-lat. buticularius.
t 2. BOUTEILLER (bou-tè-llé, 22 mouillées), v.n. Terme de verrerie. Se remplir de bulles d'air, en parlant des verres, des glaces.
— ÊTYM. Bouteille.
t BOUTEILLERIE (bou-te-Ue-rie, 22 mouillées), s. f. || 1» Charge, office de bouteiller; lieu où l'on conserve le vin. || 2° Terme de commerce. Fabrication de bouteilles; lieu où on les met.
— HIST. xm' s. Au chief du cloistre d'autre part estoient les cuisines, les bouteilleries, les panneteries et les despenses, joinv. 206.
— ÊTYM. Bouteille.
t BOUTE-LOF (bou-te-lof), s. m. Terme de marine. Sorte de boute-hors servant à amurer la misaine. || Au plur Les boute-lofs. || Onditaussi boutede-lof.
— êtym. Bouter, lof (voy. lof).
BOUTER (bou-té),«.o. || 1" Mettre. Quelle fantaisie s'est-il boutée là dans la tête ? mol. iléd. maigri lui, i, B. Vieux. || 2°Terme de corroyeur. Nettoyer avec le boutoir. || 3" Terme d'épinglier. Placer les épingles sur des papiers. || 4" Terme de vénerie. Bouter la bête, la lancer. Vieux. || 6° Terme de serrurier. Limes à bouter, limes qui servent pour les pannetons des clefs. || 6° En termes de marine, bouter au large, pousser une embarcation au large. || 7° V. n. En parlant d'un vin qui pousse au gras. Les vins de ce cru sont sujets à bouter.
— HIST. xi* s. Il les a prises, en sa hoese les butet, Ch. de Roi. xux. || xn" s. Dedans le corps son espié [il] lui bouta, iîone. p. )38. En ces laz le voleient li cardenal buter, Th. le mort. 106. Et quand cil seront fors bouté de leur baillie.... Sax. xxxu. Cil ki après vont lo bottent et trahuchent, st bern. p. 667. j| xm* s. Ensi dura li assaus moût longuement, tant que nostre sires fist lever un vent qu'en apelebyse, qui bouta les nés et lesvessiaus plus prè» que il n'estoient devant seur la rive, villeu. civ Dont boutèrent le feuentr'ex et les Grieus, id. lxxx. De la chambre [elle] l'en boute ;[à] Berte vint moui à gré, Berte, xv. Touailles eschaufées [ils] iui boutent en son sein, ib. xux. Et en a li uns l'autre tout coiement bouté [touché] , ib. lxxxi. En un trou d» tarière [ils] lui boutent erramment Les deux polr [pouces], et les coignent moût angoisseusement,t'b. xcv. Mauves hoste en ton hostel as; Por ce te lo [conseille] que hors le boutes, Qu'il te tost les pensées toutes Qui te doivent à preu torner, la Rose, 4626. Assez i feri et boutai Et par maintes foisescoutai Se j'orroie venir nulle arme [âme] , ib. 623. Car jonesce boute homme et famé En tous péris de corps et d'ame, t'6. 4449. Car pevre chose, où qu'ele soit. Est adès boutée et despite, t'6. 469. Ne demora pas demi an que li fus fu boutés en celé grange, beaum. xxxiv, 44. Quant j'ol ce, je bouté m'escuele arieres, joinv. 241. Nous voulons que les foies femmes soient boutées hors des mesons, id. 295. Tout li tavernier de Paris pueent vendre tel vin comme il voelent, cras ou bouté, et à tel fuer comme il voelent, It'e. des met. 29. Je vos fais asavoir qu'il [les vers] viennent de diverses viandes reschaufées et decesvins enfuteizetboteiz,RUTEB.267. || xiv's.Ceulx qui se boutent es perilz des guerres impétueusement, ORESME,È'fh. 8). Et s'au roi tu ne pues parler à ton commant, Bureau de la Rivière tu m'iras saluant ; Et lui baille ma letre ; il vaudra autretant ; Car, voir, qui boute l'un, il va l'autre boutant, Gucscl. )7)07- )7) i). || xv* s. [Le sire de l'Esparre] eut une fortune de vent sur mer qui le bouta en la mer d'Espaigne, froiss. n, H, 4. Les hommes de la ville boutèrent lori leurs testes ensemble at commencèrent à mur-
murer et à parler, n>. n, m, 42. Tous les autres archers se boutèrent au hahay, et navrèrent de commencement tout plein de garçons des Hainuyers, id. 1,1, 3r. Ils vinient en Hainaut, et se boutèrent dedans le bois de Blaton, m. 1,1, 79. Et n'estoient point les troux entre les barreaulx plus grans que à y bouter ung bras à son aise, comm. iv, b. || xvi* s. Mon cœur serré au large boute : De ta pitié ne me reboute, Mais exauce mon oraison, marot, iv, 23). Mais qui a il ? voicy merveilles; De rire tant, et qui vous boutte [excite] 1 st gel. 42. Boutte à moy sans eaue, hab. Gar. i, B. Boutons, boutons, passons oultre , m. Pan*, v, 36. Alors la terre s'ouvre, et les germes des plantes et des herbes commencent à bouter et sortir dehors, amyot, Num. 3). Les vertus boutent et florissent en cest aage là, et prennent pied ferme par les louanges que l'on leur donne, id. Agis et Cléom. 2. Les anciens tiennent estre en toutes plantes trois divers mouvements; assavoir, bouter, fleurir, meurir, o. de serres, 476. Le couldrier sera planté de bonne heure, à cause de son avancé bouter, ID. 680.
— ÊTYM. Bourguig. bottai; provenç. et espagn. botar; ital. bottare ; du moyen allemand bôzen, heurter, frapper. Il y a aussi le kymri bot, bôth, corps rond. Ces mots tiennent les uns aux autres (voy. but et butte). Bouter, en parlant du vin, est le même mot employé comme nous employons aujourd'hui pousser : du vin poussé au gras.
| BOUTEREAU (bou-te-rô), s. m. Terme de métier. Burin du cloutier. || Outil pour graver la tête de l'épingle.
— ÊTYM. Bouter, par l'intermédiaire du suffixe erel.
BOUTEROLLE (bou-te-ro-1') , s. f. || l' Garniture, par le bas, d'un fourreau d'épée, pour empêcher que la lame ne le perce. || 1' Terme de pêche. Sorte de filet. || 3° Morceau de fer avec lequel le boutonnier creuse une lame de métal en la frappant sur un creux . || Terme de bijoutier. Outil pour faire les chatons. || Chacune des fentes de la clef qui reçoivent les gardes delà serrure. || Terme de graveur. Outil en forme de poinçon rond dont les lapidaires se servent pour percer les pierres dures. Trous percés à la bouterolle dans une table de marbre.
— HIST. xiv* s. Pierre Possartle frappa d'un coup d'un baston qu'il porloit, où il y avoit une bouterole de fer, du cange', bouteria. En la bourse il prist trente six solz parisis et une bouterole d'argent, id. ib. || xv* s. La ceinture et la guaine d'icelle espée couvertes de velours, et la bouterolle de mes- Ties, al. chari. Charles VII.
— ÉTYM. Bouter: mot à mot ce qui se boute, s'adapte; par l'intermédiaire d'un suffixe erolle, comme dans banderole; wallon , boteroule.
t BOUTEROUE (bou-te-roue), s. f. Bande de fer dont on garnit la voie d'un pont pour recevoir les roues des voitures. Les bornes placées devant les maisons se sont aussi appelées bouteroues, ce qui valait mieux, puisque ces bornes ne bornent rien du tout.
— ÊTYM. Bouter et roue.
BOUTE-SELLE (bou-te-sè-F), s. m. Signal donné avec la trompette, pour avertir les cavaliers de montera cheval. Êperonné, botté, prêtàmonterà cheval, il [Dorante] attend le boute-selle, p. L. cour, i, 227. || Au plur. Des boute-selles.
— HIST. xvi* s. Approchant de Oudan, il pousse Mouy avec huict cornettes ettouslesharquebusiers, qui, s'estans mis au granttrot d'une lieue, surprindrent la Valette entre le boute-selle et à cheval, d'aub. Ilist. i, 23t. Là dedans il attend le bouteselle, à cheval, et l'esbranlement des chariots de bagage des reistres, id. Hist. M, 65.
— ÉTYM. Bouter, selle.
BOUTE-TOUT-CUIRE (bou-te-tou-kui-r'), s. m.
Dissipateur. Mot vieux et familier. || Au plur. Des boute-tout-cuire.
— REM. L'Académie, qui n'a pas ce mot à son rang alphabétique, l'a mis à cuire.
— ÊTYM. Bouter, tout, (à) cuire.
t BOUTEUSE(bou-teû-z'),s./". Ouvrière qui boute les épingles.
— ÊTYM. Bouter.
f BOUTEUX (bou-teû) , *. m. Terme de pêche. Sorte de grande trubleque l'on peut bouter, pousser devant soi à l'aide d'un manche.
— ÊTYM. Bouter.
t BOUTICLAR, s. m. Boutique pour poisson.
BOUTILLIER, s. m. Voy. bouteiller.
BOUTIQUE (bou-ti-k'), s. f. || 1° Lieu où un marchand vend samarchandise. Grande etbelle boutique. Louer une boutique. Fille de boutique, garçon de
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boutique, courtaud de boutique. S'établir ou se mettre en boutique. Avoir ou tenir boutique. Toutes les boutiques sont tendues [à Paris] de filets invisibles où se vont prendre tous les acheteurs, montesq. Lettres pers. 68. En vain contre ce flot d'aversion publique Vous tiendrez quelque temps ferme sur la boutique; Vousirezà la fin, honteusement exclus, Trouver au magasin Pyrame et Régulus, boil. A ses vers, Ep. x. Et Gombaud tant loué garde encor la boutique, id. Art p. iv. Les uns y tiennent boutique et ne songent qu'à leur profit, J. J. houss. Èm. tv. || Fonds de boutique, les marchandises qui sont depuis longtemps dans une boutique. || Ouvrir boutique, commencer un commerce en boutique. Fermer boutique, cesser son commerce; et fig. quitter une profession. || Faire de son corps une boutique d'apothicaire, prendre des remèdes à tout propos, sans raison. || 2° Lieu où un artisan travaille. Boutique de tailleur, de cordonnier, de menuisier. J.-C. passe trente ans de sa vie dans la boutique d'un artisan, fén. xviii, 246. || 3° Ensemble des marchandises qui sont dans une boutique, des outils d'un artisan, et, en général, d'ustensiles servant à quoi que ce soit. Son chauffe-cire [du garde des sceaux] et sa boutique étaient dans une chambre à part, st-sim. 513, 38. ||4°Tout endroit où quelque chose se fait. || Fig. Ce pamphlet sort d'une boutique que l'on connaît. C'est un intrigant, il tient boutiquede philanthropie. J'en voudrais... tenir boutique ouverte, Régnier, Êp. H. Moi qui ne lève point boutique de philosophie, sév. 683. C'en était plus qu'il n'en fallait pour persuader M. de Paris que ce livre était sorti de leur boutique [des Jésuites], stsim. 66, 77. Il [Tonnerre] était fort mal dans cette petite cour par ses bons mots ; il lui avait échappé de dire qu'il ne savait ce qu'il faisait dans cette boutique, id. 24, 630. || 5° Bateau de pêcheur pour conserver le poisson. || 6° Gaine de bois ou de cuir qui contient lesoutils du boucher. || Botte des merciers ambulants. || 7° Populairement, maison où les domestiques sont mal nourris ou mal payés. || Par antiphrase, boutique d'honneur, maison de débauche. —HIST. xiv" s. Item que toutes filles de vie ou femmes communes diffamées voisent [aillent] tenir, tiennent etfacent leurs bouticles es lieux à coordonnés, du cange, botigia. ||xvi's. Tigres, lyons, ours, serpens, basilicques Sont plus humains en leurs creux et bouticques Que ces vilains quant entrent en leur rage, I. marot, v, 70. Bourgeoys, marchans, et peuples mechaniques Sont tous perplex en leurs bancs et boutiques, id. t, 75. Ainsi est Rome la boutique fatale, où se sont forgez les glaives d'occision, qui ont jadis respandu tant de sang, lanoue, 58. Davantage ce seroyent des boutiques [réserves] d'où se tireroyent les capitaines d'infanterie, id. 266. Les guerres civiles sont les boutiques de toutes meschancetez, id. 708. Valets et gens de boutique, carl. v, 32. On les peut longuement garder [les murènes] dedans les viviers et boutiques pour s'en servir en temps, paré, xxiii, 39. Qui tient boutique doit parler à chacun, cotgrave. La grande boutique, le palais où l'on plaide; un de la grande boutique, un avocat, oodin.
— ÊTYM. Bourguig. bouticle; provenç. botiga; espagn. botica; ital. bottega; napolit. potega; sicilien, putiga; du latin apotheca, du grec àito- Or|xr], de àu4, latin ab, et tiOévat, mettre (voy. thèse) : mot à mot mise en réserve. Ce mot est venu d'Italie, comme le porte à croire l'apocope de l'a.
BOUTIQUIER (bou-ti-kié; l'f ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : des bou-ti-kié-z en leurs boutiques), s. m. Artisan ou marchand qui est en boutique. || Il se dit quelquefois par dénigrement. Ce n'est qu'un boutiquier. L'opinion des boutiquiers.
— HIST. xvi* s. Bouticlier ou boutiquier, rob. estienne, Dict.
— ÊTYM. Boutique.
BOUTIS (bou-ti), s. m. Terrain où les bêtes noires ont fouillé avec leur museau, et particulièrement celui où le sanglier a creusé pour chercher des racines.
— HIST. XV s. Là eut très bons poingnis, et fort boutis de glaives, et mainte belle appertise d'armes faite, froiss. i, i, 206. De première venue, il y eut dur encontre et fort boutis, id. i, i, 328.
— ÊTYM. Bouler.
BOUTISSE (bou-ti-s'), s. f. Pierre qui, sans faire parpaing, est placée dans un mur selon sa longueur et de manière à ne laisser voir qu'un de ses bouts. || Par analogie, mettre en boutisse des briques, des gazons.
— ÊTYM. Bout.
fBOUTOI (bou-toi), ». m. Terme de blason. Bout
du groin du sanglier, d'émail différent de la hure, ou tourné vers le naut de l'écu.
— ÊTYM. Autre prononciation de boutoir.
BOUTOIR (bou-toir), s. m. || 1" Outil de corroyeur
et de maréchal. || 2° Groin du sanglier. || Fig. Coup de boutoir, attaque soudaine, parole dure. La patience [de Maisons] fut inaltérable aux coups de boutoir que mon impatience porta souvent sur les présidents et leurs usurpations, st-sim. 377, 99.
— HIST. xiv* s. Boutoir [engin de pêche] , du cange, boutoir.
— êtym. Bouter.
BOUTON (bouton) , s. m. || 1" Œil qui vient aux arbres, et qui donne naissance aux feuilles et aux fleurs. La plante ouvre ses tendres boutons, fén. Tél. ix. || La fleur avant son épanouissement. On remarque dans un bouton de rose naissante ce qui promet une belle fleur, fén. xix, 124. Pauvres enfants! chacun d'eux pousse, Frais comme un bouton printanier, bérang. Jeannela Housse. || Boutond'or, sorte de renoncule dont la fleur est d'un jaune d'or. Bouton-d'argent, variété à fleurs doubles delà matricaire des jardins. || Au plur. Des boutons-d'or, des boutons-d'argent. || 2* Par analogie, petites tumeurs arrondies qui se forment sur la peau. Des boutons de variole. || Bouton de l'enfance, Voy. enfance. H 3" Petite pièce de métal ou d'étoffe, qui sert à attacher, parle moyen de la boutonnière, les différentes parties d'un vêlement. Les boutons d'un habit. Boutons d'argent. Boutons de soie, de fil, de drap, boutons faits d'un petit morceau de kois ou d'os recouvert de soie, de fil, de drap. || Moules de boutons, petits morceaux de bois qui, recouverts d'étoffe, servent de boutons. 1| Fig. Sa robe, sa soutane ne tient qu'à un bouton, se dit d'un homme qui est prêt à quitter la robe d'avocat ou de professeur, la soutane, et, en général, sa profession. || Ne tenir qu'à un bouton, être très-peu assuré. La colère du roi fit peur aux Bouillon; leur rang et leur échange ne tenaient qu'à un bouton, st-sim. 76, 246. Tout princes que sa beauté [de Mme de Soubise] avait su faire les Rohan, elle avouait librement que cela ne tenait qu'à un bouton, id. 368, III. || Mettre le bouton haut, rendre une chose difficile, onéreuse. L'amant jaloux met le bouton bien haut à nos amants d'ici, sév. 411. La dépense qu'il faisait met le bouton bien haut à son successeur, id. 495. || 4° Au manège, bouton de la bride, le petit anneau de cuir qui coule le long des rênes et sert à les resserrer. Mettre un cheval sous le bouton, raccourcir et tendre les rênes au moyen du bouton de la bride. || Fig. Serrer le bouton à quelqu'un, le presser vivement, le menacer même. Je suis homme pour serrer le bouton à qui que ce puisse être, mol. G. Dand. i , 4. Je lui ai serré le bouton [à M. le duc] et fait remarquer la différence de ce qu'il me disait, st-sim. 609, 245. Entre nous, sans façon, Â Valère de près j'ai serré le bouton, regnard, le Joueur, m, 6. || 6* Tout ce qui a la figure d'un bouton. Un bouton de porte. Un bouton de fleuret. || Dans l'artillerie , bouton de culasse, l'espèce de boule qui termine la culasse d'un canon. || Terme de chirurgie. Bouton de feu, ferrement terminé en forme de bouton que l'on chauffe et avec lequel on pratique une cautérisation Limitée. || Terme d'affineur. Bouton de lin, la petite portion d'or ou d'argent qui reste après l'opération de la coupelle. || Terme d'architecture. Ornement de sculpture qui figure un bouton de fleur. || Terme de coutellerie. Pointe arrondie des lames de ciseaux. || Terme de lutherie. Nom des petites chevilles fixant les cordes de la harpe et de la guitare. Morceau de bois arrondi où est attachée la queue d'un violon. || Termede fauconnerie. Sommet d'un arbre. || Terme de marine. Gros noeud au bout d'un cordage.
— HIST. xn's. Consels d'orguel ne vaut mie un boton , Ronc. p. 4 1 . De vos menaces ne m'est pas un boton, ib. 69. || xm* s. Mais onques [ils] n'en aprirent un bouton valissant, Berte, cvn. Et dant Renart, qui deus boutons Ne donroit pas en son afere, Se couche un petit au derrière; Si met son groing entre ses piez, Ben. 4290. Boutons [de fleurs] i ot petis et clos, Et tiex qui sunt ung poi plus gros, la Rose, 1 047. Chasteé [chasteté] , qui dame doit estre Des roses et des boutons.... ib. 2860. Et li bouton de l'oreiller Valent tout le trésor Gaifler, Blancandin. || xiv* s. Cestes choses furent alléguées Devant le roy et pourposées Avecques mainte aultre raison; Mais tout ne valoit un bouton, Livre du bon Jehan, 140-148. X Pierre Boudet, orfèvre, pour vingt boutons d'or, pouruneboutonneureàsurcot, de laborde, Émaux, p. 172. Quatre boutons en façon de lis esmailliez de blanc, où en chacun d'eux a un balay et trois per-