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faictes, et à quoi elles servent, chr. de pisan, Hist. de Charles V, part, m, ch. 4. Çà de l'argent ; çà de l'argent, eust. desch. Ballade, Exact, des grands seign. Puis çà puis là.... De plus en plus, tout vient et va, ch. d'orléans, Chans. 94. Depuis cent ans en çà ou environ est advenue une joyeuse aventure, louis xi, iVout). lxxxv. Or çà, Jehanne, ma doulce fille, Voilez vous donques estre armée? Vous sentez vous assez agille Que vous n'en soyez pas grevée, Que tout du lonc d'une journée Porter harnois sur vostre doux [dos]? Bibl. des chartes, f série, t. v, p. 362. || xvr» s. Comme ne se souciant des choses de çà bas, marguer. Nouv. xlh. Il y a là haut des esprits envieux des grandeurs de çà bas, mont, i, 66. Nous pouvons tourner la teste çà et là, m. I, 74. Venez çà, id. i, 427. Devant l'une et l'autre armée estaient force seigneurs et gentils-hommes volontaires pour faire çà çà galant homme, d'aob. Hist. i, 306. Lui avec quarante hommes de marque alla faire le çà çà galant homme à cette cavalerie, in. ib. Il, 454.
— ÉTYM. Provenç. sa, sai; espagn. oed ,• portug. cd; ilal. quà; lombard, scia; de ecce hac, voilà par ici.
ÇA (sa) , contraction familière pour cela. Donnezmoi ça. Il n'y a pas de mal à ça. Mes enfants, dans ce village, Suivi de rois, il passa, Voilà bien longtemps de ça, bérang. Sou», du peuple. || Comme ça, dans le langage très-familier, médiocrement, assez mal. Comment vous portez-vous?— Comme ça.
— REM. Ça donne lieu à des locutions vicieuses : quoique ça, au lieu de -.malgré ça; avec ça que je m'ennuie, au lieu de : et puis je m'ennuie; cependant cette dernière locution, toujours très-familière, pourrait être acceptée, s'expliquant par : mettez avec ça, joignez avec ça que...
t CAABA (ka-a-ba), s. f. Edifice religieux à la Mecque très-vénéré des musulmans.
— ÉTYM. Arabe, ka'abet, maison, la Caaba.
t 4 . CAB (kab) , s. m. Mesure des graines chez les Hébreux, valant un litre.
— ËTYM. Hébreu, cab.
t 2. CAB (kab) , s. m. Sorte de cabriolet de place très-usité en Angleterre, qu'on a voulu introduire à Paris, et où le cocher est placé par derrière.
— ETYM. Anglais, cab, abrégé de cabriolet.
t CABALANT, ANTE (ka-ba-lan, lan-t'), adj. Qui cabale. Je connus la canaille écrivante et la canaille cabalante, volt. Cand.it.
CABALE (ka-ba-1'), *. f. || 1° Tradition juive touchant l'interprétation del'Ancien Testament. Les docteurs de la cabale. [| 2° Science prétendue pour commercer avec les êtres surnaturels. Termes de cabale. || 3° Fig. Les menées secrètes de gens qui s'entendent pour un même dessein. Former des cabales. C'est un homme de cabale. On a fait, on a monté une cabale contre cette tragédie. Vous soutenez que Port-Royal forme une cabale secrète pour ruiner le mystère de l'Incarnation, pasc. Prov. 46. Je ferai une cabale plus forte de gens qui diront que cela n'est pas beau, id. Pensées div. 4)2. En cent lieux contre lui les cabales s'amassent, boil. Éptt. vu. Nous entrons dans la cabale qui a fait mourir le Sauveur, boss. Haine, t Tout est prévention, Cabale, entêtement, point ou peu de justice, la font. Fabl. vu, 16. Les femmes qui font la plus aimable partie du beau monde, et qui sont de la bonne cabale, scarron, Rom. corn. ch. via, 2' part. Non, je tombe d'accord de tout ce qu'il vous plaît; Tout marche par cabale et par pur intérêt, mol. Mis. v, 1. Quelle horrible peine a un homme qui est sans prôneurs et sans cabale, de se feire jour.... la brut. 2. Ici-bas maint talent n'est que pure grimace, Cabale, et certain art de se faire valoir Mieux su des ignorants que des gen» de savoir, la font. Fabl. xi, 6. j| 4" La troupe même des cabaleurs. La cabale remplissait le parterre. Â bas la cabale! Votre pouvoir naissant trouva des républiques Que sous votre cabale il vous plut asservir, corn. Agés, m, 4. Que si je viens à être découvert, je verrai sans me remuer prendre mes intérêts à toute ma cabale, et je serai défendu par elle et contre tous, kol.D. Juan, v, 2. Lefourte, ayant ainsi déguisé son manque de foi, sort du sénat suivi de sa cabale, vertot, Rév. rom. x H.
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De Zopire éperdu la cabale impuissante.... volt. Fanât, a, 2.
— SYN. cabale, brigue, complot. La cabale et la complot ont cela de commun qu'ils expriment l'en-
.tente de plusieurs pour atteindre un objet; mais ils diffèrent parce que la cabale n'a aucun des caractères subversifs que le complot désigne. Le complot est dirigé vers un but politique et il a l'intention de changer par la force quelque chose dans le gouvernement. La cabale n'emploie pas la force; elle cherche, parles menées des gens qui la composent, à réussir dans ses projets pour quelqu'un ou contre quelqu'un, pour une doctrine ou contre une doctrine. La brigue se distingue essentiellement de la cabale : la brigue peut être purement individuelle, mais la cabale suppose un concours de personnes.
— HIST. xvr s. Les villageois de ce pays en savent tous jouer de père en fils, par une cabale rustique qu'ils font, yver, p. 624. Cette opinion a esté gravée dans leur cœur si avant, qu'elle a esté continuée de père en fils et donnée de main en main comme une cabale, id. p. 628. Il prestoit par une secrette caballe d'agens et d'entremetteurs, aux plus grands de la cour, à gros intérêts, carl. ix, 3. Qui niera que ces belles choses ne soient mieux cultivées par les enseignemens des doctes escrits, que de s'en remettre à un seul discours de bouohe, comme à une cabale? o. de serres, Préf.
— ÉTYM. Hébreu, kabala, réception, tradition, doctrine traditionnelle, de kabal, recevoir.
CABALEB (ka-ba-lé), v. n. Faire une cabale, être d'une cabale.On cabale contre lui, pour lui. Il ca-
balait au parterre de la comédie On cabale, on
suscite Accusateurs et gens grevés par ses arrêts, la font. Fab. x, to. Du mérite éclatant cette sombre rivale [l'envie] Contre lui chez les grands incessamment cabale, boil. Artpoét. iv. L'évêque de Pamiers avait cabale contre le roi dans son pays, volt. Moeurs, 66. Il faut être souple, amusant, cabaler, vauv. Max. 47. Nous défendons à ce peuple de s'assembler en tumulte et de cabaler chez ses prêtres séditieux, dider. Pensées phiL 43. Ici, jusqu'à vos yeux, on cabale, on conspire, lemerc. Agamemn. n, 6. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Cabale.
t CABALETTE (ka-ba-lè-f), i. f. Terme de musique. Pensée musicale légère et mélodieuse, dont le rhythme bien marqué se grave facilement dans la mémoire.
CABALEUB (ka-ba-leur), s. m. Celui qui cabale. Les disputeurs de ce temps-là étaient des cabaleurs comme ceux de ce temps-ci, volt. Phil. il, 3»o.
— REM. Le féminin ne se trouve pas dans le Dictionnaire de l'Académie. Mais rien n'empêcherait de dire : une cabaleuse.
— ÉTYM. Cabaler.
t CABALISER (ka-ba-li-zé), v. n. Se servir de l'art prétendu de la cabale.
— HIST. xvi* s. Qu'il n'oublie pas à conjurer, adjurer, excommunier, anathematiser, exorciser, cabaliser, ruiner, desper. Contes, 4 6. Ne voulant estre de ces curieui et par trop superstitieux, qui veulent cabaliser les arts et les serrer sous les lois de quelque langue particulière, paré, Au lecteur.
— êtym. Cabale.
CABALISTE (ka-ba-li-st') , *. m. Homme savant dans la cabale des juifs. Pourquoi donc tant consulter Cabalistes, massorètes, Et ces diseurs de sornettes Qu'un démon vient transporter? chaulieu à J. B. Rouss.
— Etym. Cabale.
CABALISTIQUE (ka-ba-li-sti-k') , adj. || 1' Qui appartient à la cabale des juifs. Livres cabalistiques. || 2° Qui appartient à l'art chimérique de commercer avec les êtres surnaturels. Des herbes vénéneuses cueillies avec des paroles cabalistiques remplissaient un vase de cyprès, chateaub. Natch. m, '28. Jusque-là la géométrie des infiniment petits n'était encore qu'une espèce de mystère et, pour ainsi dire, une science cabalistique renfermée entre cinq ou six personnes, fonten. L'Hospital. Les nécromants parés de tiares mystiques Où brillent flamboyant» les mots cabalistiques, v. hugo. Bail. 44.
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— HIST. xvi* s. Quelque personnage qui a merveilleusement profondy ceste cabalesque science, m'a prédit que.... carl. rv, 3.
— ÊTYM. Cabaliste.
t CABALISTIQUESfKNT (ka-ba-li-sti-ke-man) , adv. D'une manière cabalistique.
— ÊTYM. Cabalistique, et le suffixe ment.
j-CABALHN(ka-bal-lin), ad). Terme de pharmacie. Aloès caballin, nom d'une variété très-impure d'aloès qu'on croit, mais à tort, employée en médecine vétérinaire.
— ÉTYM. Caballinus, adjectif formé de cabaïlus, cheval (voy. cheval).
f CABAN (ka-ban), *. m. || 1" Anciennement, espèce de casaque pour la pluie. Il avait un jupon, non celui de constahle, Mais un qui pour un temps suivit l'arrière-ban. Quand en première noce il servit de caban Au chroniqueur Turpin, lorsque par la campagne 11 portait l'arbalète au bon roi Charlemagne, Régnier, Soi. x. || 2° Aujourd'hui, sorte de vêtement à manches et à capuchon, servant contre la pluie ou contre le soleil. || Terme de marine. Capote de grosse étoffe surmontée d'un capuchon.
— HIST. xvi* s. Et se morfondoit fort, combien que il fust affublé d'un caban fourré tout pelé, Sat. Mén. p. 9.
— ÊTYM. Espagn. gaban; itaL gabbano; portug. gabdo; de l'arabe abd (s'écrivant avec un ain qui devient facilement un g ou un c), capote avec des manches et un capuchon.
t CABANAGE (ka-ba-na-jO, s. m. Actioti de cabaner; endroit où l'on dresse des cabanes
CABANE (ka-ba-n'; d'après Chifflet, au tvn* siècle, Gramm. p. 183, on prononçait cabane, d comme dans âne), s. f. || 1° Petite et chétive maison, ordinairement couverte de chaume. Les cabanes de ce pauvre village. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre, malh. vi, 18. Elle la prend au mot, se glisse en la cabane : Point de coup de balai qui l'oblige à changer, la font. Fab. m, 8. Ils virent à l'écart une étroite cabane, Demeure hospitalière, humble et chaste maison, id. Philémon. .... Du prii de sa journée II [le pauvre] meubla sa cabane et vêtit ses enfants, st-lambert, Saisons, Hiver. || 2° Nom de divers réduits ordinairement formés de planches. Cabane de berger. Une cabane à lapins. || 3° Terme de marine. Petite chambre attribuée, dans un navire de guerre, à un sous-officier, et, dans un navire de commerce, à un passager. || Tente qui, dans un bateau, sert a abriter les marchandises ou l'équipage. || 4° Case dans laquelle on place le ver à soie pour qu'il file son cocon. || Cage pour faire couver de petits oiseaux. || 5" Autrefois nom d'un bateau qui, à son milieu, portait une sorte de logement ou de cabane. Nous prîmes une cabane et baissâmes [descendîmes] jusqu'à Orléans, scarron, iîom. com. p. 392, édit. de 1661, dans JAI. Un tas de faquins [portefaix] qui attendent sur le port ceux qui viennent par eau, pour porter leurs hardes, se jetèrent en foule dans la cabane, m. ib.
— SYN. CABANE, HOTTE, CHAUMIÈRE. Ces trois
termes, qui désignent une petite maison, se distinguent en ce que : 1* la cabane exprime quelque chose de chétif et de misérable; la cabane est la maison du pauvre ; 2° la hutte est la maison du sauvage ou de celui que les circonstances obligent à se loger comme les sauvages; on se construit des huttes dans les forêts; 3° la chaumière est la demeure du paysan, de l'homme des champs; elle est sans doute humble et pauvre, mais elle n'emporte aucune idée de misère, et les satisfactions champêtres y peuvent trouver place.
— HIST. xv* s. Une estable de chevaux appellée par le langage pais cabanne, du cange, cabanacum. Icellui Jaquet alla vers une loge ou chabene, qui «stoit dans la dite vigne, id. ehabena. || xvi* s. Nostre pilot tiroit les vers du nez à ses matelots ; quand frère Jean, retournant de la cabane, aperceut que Pantagruel estoit resveillé.... bab. Pant. 283.
— ÊTYM Provenç. eabana; catal. cabanya; espagn. cabaiia; portug. eabana; ital. capanna; bas- !at. eapanna. dans Isidore de Séville; du celtique : kymri et gaél. caban, de cab, hutte.
t CABANE, ÉE (ka-ba-né, née), part, passé. Logé sous une cabane. Le chasseur attend, cabane sous une feuillée épaisse, bupf. dans le Dictionn Je poitevin. Castorscabaués, w.Quadr. Lut, p. 71.
t CABANEAU (ka-ba-nô), s. m. Petite loge au bord de la mer destinée à loger les équipages des bâtiments qui font la pêche de la morue.
— ÊTYM. Cabane.
t CABANER (ka-ba-né), e. n. || 1° Se mettre sous
des cabanes, en parlant des sauvages. ]| 2° Terme de marine. Chavirer, être renversé. || 3° Terme do magnanerie. Mettre , sur le bord des claies à vers à soie, des branches quand le ver cherche à filer son cocon.
— HIST. xvi* s. Quinze cents soldats, mille desquels il avoit fait descendre et cabaner à une petite isle, palma cayet, dans le Dict. de dochei.
— ÊTYM. Cabane.
CABANON (ka-ba-non), s. m. || 1° Petite cabane. Il 2* Cachot obscur dans quelques prisons. Il fut mis aux cabanons. || Loge, dans les maisons d'aliénés, pour certains fous furieux.
— ÊTYM. Cabane.
t CABARER (ka-ba-ré), v. a. Terme de brasserie. Jeter l'eau d'un vaisseau dans un autre.
1. CABARET (ka-ba-iè; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel l'i se lie : des ka-ba-rè-z achalandés; cabarets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Sorte d'iiiberge d'un rang inférieur où l'on vend du vin en détail et où l'on donne aussi à manger. Hanter le cabaret. C'est un pilier de cabaret, c'est un homme qui ne bouge du cabaret. Il y a des cabarets où les ouvriers font leurs repas. Cabaret borgne, mauvais cabaret. Le marquis de Mirepoix s'amouracha de la fille d'un cabaret en Allemagne, st-sim. 69, 127. Versailles, petit château de cartes alors, bâti par Louis XIII, ennuyé d'y avoir couché dans un méchant cabaret à rouliers, td. 410, 136. Dis-nous un peu quel est le cabaret honnête Où tu t'es coiffé le cerveau? mol. Amph. m, ï. Socrate, cet homme discret Que toute la terre révère, Allait dtner au cabaret Quand sa femme était en colère, panard, Chanson. Oui, dansez fous mon vieux chêne; C'est l'arbre du cabaret, Au bon temps toujours la haine Sous ses rameaux expirait, bérang. Vieux ménétr. Quoil parer d'une noble image Mes petits vers de cabaret! bérang. Portrait. Gatment je reprends ma musette, Et m'en retourne au cabaret, id. Ilab. de cour. || Familièrement. Aller dtner au cabaret, dîner chez le traiteur. Dîner de cabaret, dtner que l'on fait chez le traiteur. || 2° Petite table ou plateau pour tasses a café, k thé, etc. Un beau r.ibaret. Cabaret de la Chine. On était auprès de plusieurs cabarets de thé et de café ; en prenait qui voulait, ST-SIM. 186. || L'assortiment même des tasses ou verres qui garnissent le plateau. Il 3° Se dit, au jeu de la trinquette, rie trois cartes qui suivent immédiatement, depuis le valet jusqu'à l'as. || 4° Espèce de gros-bec, oiseau.
— s,rN. cabaret, taverne. Maisons où l'on vend aux a.iants et venants à boire et à manger. Le cabare' *st un terme indifférent qui n'implique rien de défavorable, sinon que c'est un lieu destiné à la fréquentation de petites gens. Mais taverne, qui n'est plus de l'usage ordinaire, ne se dit guère que d'un cabaret où l'on va pour boire à l'excès et se livrer à la crapule, excepté quand il s'agit des restaurants anglais ou faits à l'imitation des anglais.
— HIST. xiv« s. Icellui sergent entra de fait en un petit cabaret, que on dit la lanterne, par où l'en va ou celier du dit hosiel, du cange, cabia. Il vint en une loge; le pot au feu trouva, Et le miés et le vin; bon cabaret i a, Boud. de Seb. vm, 125. || xv* s. En l'ost avoit tavernes et cabarets aussi bien et aussi plantureusement comme à Bruges ou à Bruxelles, froiss. n, n, 161. Carpe au cabaret pour disner, e. desch. Poésies mss. f» 206, dans lacurne. || xvi* s. Esteufs, avecques les cabarets à les frapper, du cange, cabarelus.
— étym. Norm. cabaret, avant-toit. Cabaret signifie, comme on voit, un liju où l'on vend du vin, un réduit, un avant-toit, une raquette. Ménage le tire du grec xdmr), d'où xà7n)).o;, tavernier,en latin caupa; mais, outre qu'on ne voit pas par quelle voie ni par quelle filière grammaticale ce mot grec serait venu dans le français, on n'obtient pas par là une explication des trois ou quatre sens que le mot présente. Jusqu'à présent l'origine en est inconnue; et ici on n'a pu que rassembler les éléments d'une discussion.
2. CABARET (ka-ba-rè), s. m. Plante. Nom vulgaire de l'asaret. || Cabaret de murailles, cynoglosse omphalode.
— hist xvi* s. Cabaret ne désire ni la culture ni l'arrousement : fleurit es deux saisons de l'année, printemps et automne, o. de serres, 618.
— ETYM. Saumaise indique le latin combretum ou cobretum (nom d'une autre plante que le cabaret), d'où, par altération, ca&aret. Etymologie qui demeure douteuse, faute d'intermédiaires.
CABARET1ER, 1ÈRE (ka-ba-re-tié, tiê-r"; Mé-
nage signale comme fantive la prononciation cabarètier, qu'on entend quelquefois et qui est en e.ffut mauvaise), s. m. et f. Celui, celle qui tient cabaret. T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui de joueurs chez soi se fait cabaretière? Bon.. Sat. x. Le Jupiter d'Homère avec ses deux tonneaux me fait lever les épaules; je n'aime point Jupiter cabaretier donnant, comme tous les autres cabaretiers, plus de mauvais que de bon, volt. Memmius, ix.
— HIST. xiv* s. Et li cabarettierz tantost li demanda S'il voloit boire vin.... Baud. de Scb. vin, 1 28. Fut donné congié à Jehan Lefebvre cabartier, du cange, billonus.
— ÊTYM. Cabaret.
t CABARRE (ka-ba-r'), s. f. Le même que gabarre.
CABAS (ka-bâ; Vs se lie : un ka-bft-z élégant), s. m. || 1" Panier de jonc qui sert ordinairement à mettre des figues. 100 paquets de raisins secs et 200 cabas de figues, volt. Phil. iv, 319. || 2" Panier aplati, en paille tressée, à l'usage des femmes. || Grand panier servant à porter différents objets. Us allaient dans les marchés avec des cabas pour s'offrir à porter les provisions que les bourgeois y achetaient, lesage, Gusrnan d'Alf. n, 2. Vive le cabas I il en est de lui comme des beignets, il faut y revenir quand on en a tàté une fois, id. ib. n, 4. Je repris mon premier mi lier, j'endossai le cabas et recommençai à servir le bourgeois, id. t'6. Ouvre ton cabas, ajouta-t-il. Je l'ouvris, et aussitôt il y jeta trois sacs d'argent qu'il tenait enveloppés dans un coin de son manteau, id. ib. || 3° Familièrement. Cabas, vieille voiture à l'ancienne mode. Nous sommes venus dans un méchant cabas. || 4* Fig. Je sautai dehors de ce cabas [lit commun] hospitalier , maudissant cordialement les bons usages de nos aïeux, chateaub. Voy. Am. 348. || 6° Sorte de chapeau de femme dont la passe n'est point relevée. || Par plaisanterie, vieux chapeau de paille.
— HIST. xiv* s. Pour avoir rappareillié le cabas d'argent du roi nostre sire, c'est à savoir reffait de neuf les charnières des deux costés de l'anse d'icelui cabas, laborde, Études sur les lettres, i, preuves, n. 216. || xv» s. Atournez-vous, mes dames, autrement, Sanz e.uj.iunter tant de haribouras, Ne de quérir cheveux estrangement; Vostre affubler est comme un grant cabas, e. desch. Poésies mss. f* 32B, dans lacurne. Cabatz rabattu [injure adressée à une femme], dd cause, cabasius. Prens tes esbas À faire cesser nos debas; Aussi bien sont ce tes cabas [tripotages] Que de tousjours trouver rancune, ch. d'orl. Rond. ||x»i* s. Ils enferment chacun chapon dans un panier ou cabas suspendu en l'aer par des cordes, o. de serres, 362. Le bled qui est dans la quaisse, puisé avec un cabas et mis sur la mesure tout doucement, id. 13>.
— étym. Rouchi, cabau; espagn. capaxo , capacho; bas-lat. cabacus, cabacius , cabassio. Origine incertaine. On serait porté à y voir le radical celtique cab (voy. cabane) avec la désinence latine acius, ac us; ou peut-être un dérivé de l'adjectif latin capax.
t CABASSER (ka-ba-sé), v. n. || i* Bavarder. || 2* Tromper, voler. Il est populaire et ne s'écrit pas ou plutôt ne s'écrit plus.
— HIST. xv* s. Madame dit en riant à ses femmes : il en a la moitié cabassé [de son argent] , Jehan de Saintré, ch. 11. Pour quelque peine que je mette  cabasser n'a ramasser , Nous ne pouvons rien amasser, Patel.
— étym. Cabas.
t CABASSEUR, EUSE (ka-ba-seur, seù-z'), s. m. et f. Trompeur, trompeuse; voleur, voleuse. 11 est populaire et ne s'écrit pas.
— ÊTYM. Cabasser.
CABASSET (ka-ba-sé), s. m. Espèce de petit casque. Vieux.
— HIST. xvi* s. Â faulte de vaisseaux pour porter l'eau, ils estoient contraints d'en emplir leurs cabassets, amyot, Ant. 60.
— ÊTYM. Diminutif de cabas, par assimilation d'un casque à un petit panier. Saint-Simon, écrivant cabacet, l'a pris dans le sens de tripoteur, dérivant alors de cabas, tripotage : L'écriture fut longue et détaillée; le cabacet [le tripoteur, le brouillon] s'échauffa la tête, se remplit du nom de M. de Chaulnes, tellement et si bien qu'il cacheta sa lettre, mit le dessus à M. de Chaulnes au lieu de M. de Pontchartrain, 42, 239.
f CABEUAU (ka-bé-li-ô), s. m. Voy. cabillaud.
CABESTAN (ka-bè-stan) , s. m. Treuil vertical qui se manœuvre au moyen de barres fixes et horizontales. Virer le cabestan.
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— rem. On ariitcopeslnn. An milieu de la largeur du pont est le capestan ou cabestan, et. cleirac, Termes de marin"., 101a.
— ÉTYM. Espagn, cabrcstnnte, cohrstante; angl. eapstan, ctpstern. Origine inconnue, à moins qu'on ne prenne l'espagnol pour le mot dont les autres seraient une corruption, et qu'on ne le décompose en cabra estante, chèvre-dressée. On sait que chèvre est un terme de mécanique.
t CABIAI (ka-bi-è), s. m. Rongeur de petite taille connu surtout à l'état domestique, dit aussi cobaye, cochon d'Inde (caria cohaia, L.).
CABILLAUD (ka-bi-llô, II mouillées) ou CABL1 AU (ka-bli-ô), s. m. Nom donné dans les marchés à la morue fraîche.
— hist. xv s. Que nuls ne reprouche à autres aucunes choses à l'occasion de cette guerre, ne parle dorénavant de houe [hameçon] ne de cabillau sur peine d'en estre puni, du cange, cabelnenses.
— ÉTYM. Wallon, cabiawe; namurois, cabouau; holl. habeljaauw; dérivé, par renversement, de bacailaba, nom basque de la morue, d'où l'espagnol bacalao et le flamand bakkeljau.
f CABlLLET(ka-bi-llè, II mouillées), s. m. Instrument dont le paumier se sert pour empêcher les raquettes de se déformer.
— ÉTYM. Diminutif de caville ou cheville. tCABILLOT(ka-bi-llo, «mouillées), s. m. Terme
de marine. Cheville de bois passée dans un boulon pour tenir la hune sur ses barres.
— ÉTYM. Diminutif de caville ou cheville. CABINE (ka-bi-n'), s. f. Terme de marine. Petite
chambre à bord de certains bâtiments de commerce.
— ÉTYM. Autre forme de cabane.
CABINET (ka-bi-nè; le ( ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel 1'* se lie : des ka-bi-nè-z élégants; cabinets rime avec traits, saocès, paix), t. m. || 1° Petite pièce qui, dans un appartement, est à l'écart et sert à divers usages. Cabinet de toilette. Cabinet noir. || Cabinet d'aisanees, ou, absolument, cabinet, lieu destiné aux besoins naturels. || 2° Pièce où l'on se retire pour travailler. Avoir son entrée 'dans le cabinet du roi ou, simpler tut, dans le cabinet. La vie de cabinet est nuisibit à la santé. Cabinet d'étude. Homme de cabinet, homme que sa profession oblige à travailler dans le cibinot. Viens dans mon cabinet consoler mes ennuis, cohn. Cid, 11, 5. Souvent ce cabinet, superbe et solitaire, Des secrets de Titus est le dépositaire, rac. Bérén. i, (.11 est homme de cabinet et curieux, sév. 607. S'occuper sans relâche d'études difficiles, d'affaires épineuses, et faire de son cabinet le centre de son existence, est un état peu naturel, buff. Cerf. Ferdinand III fit la guerre de son cabinet, volt, houis XIV, 2. Dans le temps qu'on arrêtait le prince de Condé, le cardinal Mazarin demanda à l'abbé de la Rivière, qui était dans la salle : Savez-vous bien ce qui se passe? L'abbé ayant répondu qu'il n'en savait rien, il dit : On arrête là-bas, dans le cabinet, M. le prince, M. le prince de Conti et M. de Lougueville, segrais, Mémoires, t. H, p. (6. || 3° Cabinet d'affaires, établissement où un homme habile dans les affaires dirige celles qu'on lui confie. || La clientèle, l'ensemble des affaires dont on est chargé. Cet avocat, cet homme d'affaires a un très-bon cabinet. Il a cédé son cabinet. || 4° Conseil où se traitent les affaires générales de l'État. Le cabinet des Tuileries, le gouvernement français. Le cabinet de Saint-James, le gouvernement anglais. La politique des cabinets européens. Les secrets du cabinet. Ce furent bien le cabinet et les favorisqui établirentee crime, montesq. F.spr. xn, 8. La base des conversations des nouvellistes est une curiosité frivole et ridicule; il n'y a point de cabinet si mystérieux qu'ils ne prétendent pénétrer, ro. Lelt. pers. (30. Je ne suis pas ici un historien qui doit vous développer le secret des cabinets ni l'ordre des batailles ni l'intérêt des partis, boss. Reine d'Anglet. || Tenir cabinet, tenir conseil. On tenait cabinet mal à propos, l'on donnait des rendez-vous sans sujet, retz, ii, 65. || Les membres du conseil. Le cabinet tout entier donna sa démission. Une partie du cabinet fut changée. || 5° Cabinet de lecture, lieu où on lit, moyennant rétribution, des journaux et des livres. || 6° Lieu où l'on expose des objets d'étude et de curiosité. Cabinet de tableaux, d'anatomie. Le cabinet d'histoire naturelle, au jardin des Plantes. Mon cerveau est comme un cabinet dont les tableaux se remueraient, fén. Exist. 48. C'est pour l'incrédule qu'on a formé ces cabinets où la mort est le démonstrateur, ciiatf.aubr. Génie, m, H, 2. || Les collections exposées dans un cabinet. Il fait, il forme un cabinet. Il a un ri»he cabinet. Ca-
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binet de physique, collection d'instruments de physique. Et si j'étais homme à cabinet, ne doutez pas que ce n'en fût la plus riche pièce, Balzac, Livre vu, 35. On lui confia le soin de mettre en ordre la bibliothèque publique et le cabinet des médailles, condorcet, Haller. Comme il est important, dans ces expériences, de connaître l'origine des matières qu'on soumet à l'analyse, on est obligé d'indiquer le cabinet d'où elles sont tirées, n>. Bucquel. || 7° Petit lieu couvert dans un jardin. Cabinet de verdure. || 8° Anciennement, lieu de réunion, ruelle. Souvenez-vous de ces cabinets où l'esprit se purifiait, fléch. ttont. Il ne fournit rien au cabinet ni aux nouvellistes, la bruy. 9. La place, madame, que vous me laissez prendre quelquefois dans votre cabinet, voit. Lettr.Tï. || 9° Anciennement, buffet à plusieurs compartiments. Cabinetd'orgue, l'armoire qui renferme un orgue. Il lui envoya un cabinet de lacque et plusieurs bijoux, 3. i. rouss. Ilél. vi, (4 Cabinets d'ôbène et autres enrichis de cuivre doré, peinture, broderie, payeront à l'estimation à raison de six pour cent de leur valeur, Ordonn. de (680. Les dames.... lisant leurs beaux écrits.... Les ont au cabinet sous le chevet du lit, Régnier, Sat. n. Franchement il [votre sonnet] est bon à mettre au cabinet [c'est-à-dire à être gardé en portefeuille, non publié], mol. Uisanlhr.i, 2.
— HIST. xvi" s. Sur le gazon et sous les verts sapins, Sous cabinets tout fleuris d'aubepins, Pour reposer Diane s'estoit mise, marguer. de NAv.dans jaubf.ht, Glossaire. Toutes les salles, chambres et cabinetz estoyent tapissez en diverses sortes, rab. Garg. i, 55. Ce n'est rien de nouveau que de faire des cabinets d'hommeaux [ormeaux] ou autres arbres, palissy, 63. Claribel, visitant et furetant ses coffres, boites et cabinets, trouva ce qu'il ne cherchait pas, yver, p. 640. Davantage, il y en eut de la cour propre, tant hommes que femmes, qui quelquefois desrobent des paroles du cabinet, qui mandèrent à leurs parens et amis que.... lanoue, p. 630. Quel est son soûlas, sinon de se veautrer dans les salles de Bacchus et dans les cabinets de Venus? id. p. 5)2. Quelquefois nous entrons dans le grand cabinet, dans la foule de quelque grand, d'aub. Fœn. i, 4. Elle me donna assignation dans le cabinet d'un grand jardin, m. ib. n, (6. Il fâcha bien au jeune écolier de quiter un cabinet de livres couverts bien proprement et autres meubles, id. Fie, v. La mémoire est un cabinet de tout ce que nous apprenons et voyons, paré, xvm, ((. Ung petit cabinet faict en façon d'aumoires, de laborde, Émaux, p. (80. A Pierre Rossert, libraire demeurant à Paris, cinquante et une livres cinq sols tournoys, pour ung cabinet de cuir doré, à ouvrage moresque, id. ib. Et y a chez lui tant de cabinets et d'arrière boutiques, dont il sort tantost homme, tantost satyre, charron, Sagesse, I, 40.
— ÉTYM. Diminutif de cabine; génev. gàbinet.
t CABIOU (ka-bi-ou), s. m. Condiment servant à assaisonner les ragoûts et le rôti, et qu'on fait avec le suc épaissi du manioc.
CÂBLE (kâ-bl'), s. m. || i° Gros cordage. || En termes de marine, gros cordage destiné à retenir l'ancre. Dans plusieurs navires les câbles sont remplacés par des chaînes qu'on nomme câbles-chaînes. Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en co»pent les câbles, corn. Cid, îv, 3. Filer du câble, filer le câble, lâcher peu à peu le câble d'une ancre. || Fig. et familièrement, filer du câble, gagner du temps, différer de se décider. || 2° Quelquefois synonyme d'encablure. Son vaisseau était à deux câbles de recueil. || 3° Au jeu de paume, corde tendue au milieu du jeu, et garnie de filets jusqu'au bas. || 4° Sorte de gros cordon d'argent, de soie, de filoselle, etc. pour retrousser des rideaux, des draperies.
— HIST. xii* s. Lors firent faire barges et nés [nefs] de grant ator, Qui joignent as cheables e as cordes entor, Sax. (7(. || xiir» s. Uns homs peut bien une nef traire ?— Oïl, dame, au moins au chaable, la Rose, 6647. || xv s. Le chevalier estoit jeune et de grand volonté.... tout armé il se mit à monter amont et à ramper contre le cable de la nef où il estoit, froiss. n, n, 228. || xvi* s. Les unes appuyées sur le timon, les autres sur les chables et cordages du bateau, amyot, Anton. 3(.
— ÉTYM. Langage des ouvriers et des paysans, chable ; chable ou cable, dit Chifflet dans sa Grammaire; espagn. cable; portug. cabre; ital. cappio, cordon, nœud; bas-grec, xomiXîov; de capulum,caplum, corde, qui se trouve dans Isidore. Diez remarque que cette présence de capulum dans Isidore, qui est du vu' siècle, exclut l'origine arabe (habel, câble), les mots arabes n'étant entrés dans
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les langues romanes que longtemps après. On avait, dans l'ancien français, chaable, machine de ga (voy. chablis), mot d'une tout autre origine, mais qui a été confondu de bonne heure avec câble, puisque le poème des Saxons et le roman de la Rose, pour câble, ont dit cheable, chaable, dont les deux voyelles eo ou aa ne s'expliquent que par cette confusion. L'accent circonflexe que nous mettons sur câble, s'explique de la même façon; ayant confondu cable avec chaable, on a mis l'accent pour indiquer la suppression d'un a.
(. CÂBLÉ, ÉE (kâ-blé, hlée), part, passé. ||1* Terme de blason. Croix câblée, croix formée ou couverte de cordes ou de câbles. || 2" Muni d'un câble. Ancre câblée. || 3" Terme d'architecture. Se dit d'une moulure sculptée de manière à présenter l'apparence d'un câble.
2. CÂBLE (kâ-blé), s. m. Terme de passementier. Gros cordon servant à attacher les tableaux, à relever les tentures, etc. Cordon de sonnette de câblé
— étym. Câble.
CÂBLEAU ou CÂBLOT (kâ-blô ou kâ-blo) , s. m. Terme de marine. Petit câble servant d'amarre aux embarcations.
— ÉTYM. Diminutif de câble.
t CÂBLE-CHAÎNE, s. m. Voy. cable.
CÂBLER (kâ-blé), v. a. Tordre en une seule plusieurs cordes qu'on assemble.
— ETYM. Câble.
CABLIAU (ka-bli-au), s. m. Voy. cabillaud.
— HIST. xiv s. Morue n'est point dicte à Tournay, s'elle n'est salée; car la fresche est dicte cableaux, Hénagier, il, 6.
CÂBLOT (kâ-blo), s. m. Voy. câbleau.
fCÂBLIÈRE (kâ-bli-ê-r') ou CÂBLURE (kâ-blur'), *. f. Terme de marine. Pierre percée tenant lieu de grappin.
— ÉTYM. Câble.
CABOCHE (ka-bo-ch'), s. f. || «.«Tête, en style trivial. Entrant, je me heurtai la caboche et le pied, Régnier. Sat. n. || Fig. Une bonne caboche, un homme de sens. Vous avez la caboche un peu dure, mol. l'Élour. iv, 1. 1| 2° Sorte de clous à tête. Caboches et vieux clous, le cent pesant payera six sous, Ordonn. de (680. || 3" Nom vulgaire de la chevêche.
— hist. xn* s. Qu'ainz perdreit chascon la caboce, S'il en aveit poeir e force, benoIt, Chron. de Norm. t. n, p. 236, vers 22298. [| xv s. Biau sire, laissiez me [ma] caboche; Par la chardieu, c'est villenie, E. desch. Poésies mss. f 237, dans lacurne. Il xvi' s. Et n'eust esté qu'il s'estoient très bien antidote le cœur, l'estomac et le pot au vin, lequel on nomme caboche, ilz fussent suffoqués et estainetz de ces vapeurs abominables, rab. h, 33. D'autant qu'il n'avoit pas beaucoup de cervelle en sa caboche, Nuits de Straparole, t. 11, p. (25, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. caiboche. Le radical est caput , tète (voy. chef), par l'intermédiaire d'une forme cab ou cap, avec le suffixe oche, péjoratif et augmentatif. Caboclie se trouve dans le xiv siècle, comme nom de celui qui était à la tête des Cabochiens. Ital. capocchia, capocchio.
t CABOCHE, ÉE (ka-bo-ché, chée), ad]. Terme de blason. Tête cabochée, tête d'animal coupée derrière les oreilles.
— ÉTYM. Caboche.
CABOCHON (ka-bo-chon), t. m. || f Pierre précieuse à laquelle on laisse sa forme primitive et qu'on polit sans la tailler. Cabochon de rubis. Grenat en cabochon. || Adjectivement, en parlant d'un rubis : rubis cabochon. || 2° Nom d'un genre de mollusques (pileojisis).
— HIST. XV s. Un saphir longuet, cabochon d'un costé, assis en une brochette d'or, de laborde, Emaux, p. (80. Un fermail d'or, garni d'un fin saphir taillié et de trois gros balais cabochons et de trois grosses perles, id. ib.
— étym. Augmentatif de caboche; espagn. tabujon.
t CABOMBE (ka-bon-b'), s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de plantes (cabomba).
fCABORGNE (ka-bor-gn') , s. m. Un des noms vulgaires du chabot,
t CABOSSE (ka-bo-s') , s. f. Nom de la gousse qui renferme les amandes du cacao.
t CABOT (ka-bo), s. m. Voy. chabot.
CABOTAGE (ka bo-ta-j'), t. m. Terme de marine. Navigation le long des côtes, de cap en cap, de port en port, par opposition à la grande navigation, au delà des mers, dite au long cours. || Navigation sur certaines côtes déterminées, dite grand ou petit cabotage, suivant que ces côtes sont plus ou moins
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éloignées des côtes de France. || Connaissance des mouillages, ancrages, bancs, courants, marées et do l'état du toute) tel parties (1rs cotes d'une mer, sAVAiiv, Diction», de commerce. || Terme de douane. Navigation de port national à port national.
— f.TYM. Cabc'er; espagu. cabotage; ital. cabot- Uiffio.
CABOTER (ka-bo-té), v. n. Faire le cabotage. || Se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— f.TYM. On indique l'italien capo, ou plutôt l'espagnol cabo, cap, parce que le cabotage se fait de cap en cap : mais cela est douteux.
CABOTEDB (ka-bo-teur), s. m. Marin qui fait le cabotage. || Adjectivement. Bâtiment caboteur, bâtiment servant au cabotage.
— f.TYM. Caboter.
CA BOITER (ka-bo-tié), ». m. Bâtiment dont on se sert pour faire le cabotage.
— f.TYM. Caboter.
CABOTIN (ka-bo-tin),». m. Comédien ambulant, et, par extension, mauvais comédien. || Terme trèsfamilier.
— f.TYM. Probablement caboter, à cause de la vie errante du cabotin.
f CABOTINAGE (ka-bo-ti-na-j'), «.m. Etat des comédiens ambulants, et aussi des mauvais comédiens. Il y a tel de ces mots qui vient, en droite ligue, du royaume d'histrionie et du puissant empire du cabotinage, montegut, Rev. des Deux -Mondes, 4" mars (869, p. 2le.
— f.TYM. Cabotin.
f CABOTINEB (ka-bo-ti-né), ». n. Exercer sans talent la profession de comédien. || Terme très-familier.
— f.TYM. Cabotin.
f CABOUILLE (ka-bou-11', II mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de l'agave, plante.
\ CABRE (ka-br'), ». f. Terme de marine. Sorte de grue pour lever les fardeaux. || Terme de tisserand. Sorte de chevalet.
— Ktym Capra, chèvre.
CABRÉ, SB (ka-bré, brée), pari, passé. || 1* Le cheval cabré sous son cavalier. || 2° Fig. Mis en colère. Cabré par des paroles aussi peu conciliantes.
CABRER (SE) (ka-bré), v. réft. || 1" En parlant du cheval, se dresser sur les pieds de derrière. || En sous-entendant se : ne tirez pas la bride à ce cheval, vous le ferez cabrer. Ne faites point des coups d'une bride rebelle Cabrer la liberté.... v. huoo, F. d'aut. 3. || 2" Fig. S'emporter. 11 se cabre au moindre mot. || 8° V. a. Choquer quelqu'un par quelque proposition ou quelque terme qui le révolte. Je payai [pour lui], en tremblant de le cabrer, i.i. kouss. Prom. 9.
— HIST. xvi' s. L'animal se sentant blessé, la douleur le fît cabrer, Mém. sur Duguesc. ch. 6. Et si d'autres [qu'Alexandre] s'eflbrçoieni y monter, il leur couroit sus, en ronflant et hennissant, et se cambroit sous eux, et les fouloit aux pieds, paeê, Animaux, 12.
— ÊTYM. Espagn. cabra, chèvre : se dresser comme une chèvre. Paré a confondu cabrer et cambrer.
CABRI (ka-bri), s. m. Chevreau. Il saute comme un cabri. Les chèvres et les cabris.
— iiist. xv' s. On aura là pain et vin, Gras moutons, cabrits et agneaux, froiss. Pastourelle.
— ÊTYM. Berry, chebri ; provenç. cabril, qui est delà chèvre; de capra, chèvre (voy. chèvre).
| CABRUXON (ka-bri-llon, Il mouillées), ». m. Petit fromage de chèvre du Lyonnais et de l'Auvergne.
— ETYM. Cflbrt, cabril.
CABBIOLE (ka-bri-o-1'), s. f. || 1° Saut que l'on
compare a celui d'une chèvre Un jeune homme
qui fasse mieux la capriole, la bruyère, 3. C'est une douzaine de faiseurs et de faiseuses de cabrioles cpie V. M. fait venir dans ses États, volt. Roi de Prusse, 49. Minerve dans mes chansons Fait la cabriole, bÊiuNG. Gaudriole. || i< Terme de danse. Nom générique de tous les sauts, et surtout de ceux où les jambes battent l'une contre l'autre. Les entrechats sont des cabrioles. || 3° Terme de manège. Saut du cheval qui s'enlève et détache la ruade. Faire aller un cheval à cabrioles.
— HIST. xvf s. Apprendre des caprioles à les veoir seulement faire, sans bouger de place, mont. i, 163. Un baladin dit.... que les royaumes se ruinoient faute de la dance.... Ce propos fut rejette, pource qu'il n'y avoit là personne pour les caprioles, n'Atm. Fœn. in, 22. J'eus honte que mes capriolles et afTecteries de cour me fissent entrer sans barbe où ces vieillards estoyent refusez, id. Iiist. i, ibl.
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Il Molière a encore dit capriole : Ces yeux te verront faire la capriole, le Dép. am. ni, 10.
— f.TYM. CVinra, chèvre (voy. chèvre), dont un diminutif se trouve dans le provençal, cabirola, chevrette : proprement saut de jeune chèvre. Ital. cavriola, carriuohi, capriola.
CABRIOLER (ka-bri-o-lé), v. n. Faire la cabriole ou des cabrioles. Un baladin qui cabriole. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. On disait autrefois caprioler. Parbleu! si grande joie à l'heure me transporte, Que mes jambes sur l'heure en caprioleraieut, Si nous n'étions point vus de gens qui s'en riraient, mol. Sgan. <8.
— hist. xvr* s. Le galant se met à la fenestre , donnant le bonsoir à la troupe qui caprioloit et sautait vis à vis de sa porte, Contes d'Eutrapel, dans le Dict. de dochez.
— ETYM. Cabriole.
CABRIOLET (ka-bri-o-lè; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel l's se lie; dites : des kabri-o-lè-z élégants; cabriolets rime avec succès, traits, paix), ». m. || 1° Voiture légère à deux
roues Le Dieu d'Israël Daignera me prêter....
Un beau cabriolet des remises du ciel, volt. Vo:sies mrl. 22t. || Cabriolet de place, fiacre qui est un cabriolet. || 2° Espèce de petit fauteuil. Un fauteuil cabriolet. || 3" Jeu de société qui se joue avec des cartes ou des dés. || 4° Forme de cordonnier. || 5° Couteau à cabriolet, couteau dont le manche reçoit diverses lames.
— ETYM. Cabrioler, à cause que ces voitures, étant légères, sautent beaucoup.
CABRIOLEUR (ka-bri-o-leur), ». m. Faiseur de cabrioles.
— ÊTYM. Cabrioler.
f CABRION (ka-bri-on), ». m. || Terme de marine. Pièce de bois qui sert à raffermir les affûts, lorsque la mer est assez grosse pour ébranler l'artillerie. || Madrier pour l'arrimage (les caisses à eau.
— ETYM. Autre forme de chevron.
f CABRON (ka-bron) , s. m. || 1° Peau de chevreau. || 2° Outil pour brunir.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. cabra, chèvre.
f CABUOUET (ka"-brou-è) , s. m. Charrette servant, dans les colonies, à transporter les cannes à sucre.
CABCS (ka-bu), adj. m. Pommé, en parlant du chou. Des choux cabus.
— HIST. xin* s. Et à le [la] nature des chois se tient li cabus, mais qu'il est plus fors et plus durs por cuire à l'estomac, alebrant, f" 58. || xiv' s. Un brouet d'Alemaingne, choulx cabus, Uénagier, n, 4. || xvi' s. Tout ce que du fueillage se resserre en pomme, chous cabus et laictues, o. DE serres, bus. De trois ou quatre espèces de laictues remarque-on, plus grosses, plus vertes, plus blanches et plus cabusses ou pommées, les unes que les autres, id. 5 ta.
— ETYM. Ital. cappuccio . chou cabus, proprement capuchon , de cappa, chape; delàaussi angl. cabbage, holl. kabuys. Les anciens dictionnaires ont laitue cabusse ou cabue,ce qui sedit aussiàGenève.
CACA (ka-ka), s. m. Excrément, ordure. Terme enfantin. Faire caca. Fi ! c'est du caca.
— HIST. xvi* s. Cettuy-là a fait caca en nos paniers : il a ses desseins à part, Sot. Mén. p. 93.
— ÉTYM. Cacare, faire caca.
t CACABER (ka-ka-bé), v. n.Se disait du cri delà perdrix. Inusité.
— hist. xvi* s. Ils cageollent comme les gays, ils eacabent comme perdris, ils baricquent comme éléphants, ils jargonnent comme les jars, paré, Animaux, 25.
— ÊTYM. Cacabare.
CACADE (ka-ka-(P),». f. || 1° Décharge de ventre. Bas et peu usité. || 2° Fig. Fuite, retraite honteuse, ruine causée par la couardise, le manque de tête, d'habileté. Faire une vilaine cacade, manquer par sottise ou lâcheté une entreprise. Quand je vois la cacade devant Dantzick, l'incertitude dans mille démarches.... volt. /.e!(r. Pruss. to».
— ÊTYM. Cacare, aller du ventre; espagn. cagada ; ital. cacata.
f CACA LIE (ka-ka-lie), ». /'.Terme de botanique. Nom d'une plante (cacalia).
— ÊTYM. KctxaXia.
CACAO (ka-ka-o), s. m. Sorte d'amande renfermée dans une capsule, et qui, rôtie et broyée, forme la base du chocolat. Fève de cacao. Le cacao du Pérou et de la Nouvelle-Espagne est le plus estimé. Cacao caraque ou de Caracas : il est presque rond, brun grisâtre extérieurement ; il a presque toujours été enfoui en terre, d'où, le nom de cacao terré.
— ETYM. Mot américain.
CAC
CACAOTIER (ka-ka-o-tié), s. m. Voy. cacaoyer \ CACAOTIER» (ka-ka-o-tiû-r'), ». f. Voy. CA-
CAOYF.llE.
CACAOYER (ka-ka-o-ié) , ». m. Arbre d'Amérique, de la famille des malvacées, qui produit le cacao (theobroma cacao, L.).
— ÊTYM. Cacao.
CACAOYÈRE (ka-ka-o-iê-r'), ». f. Plantation de cacaoyers.
t CACARDER (ka-kar-dé), v. n. Se dit du cri de l'oie.
f CACASP1STE (ka-ka-spi-st'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom donné à des serpents venimeux qui ont une sorte de bouclier d écailles.
— f.TYM. Kent&e., malfaisant, et àuiti:, bouclier.
t CACATOIBE (ka-ka-toi-r') , adj. Terme d'ancienne médecine. Fièvre cacatoire, fièvre accompagnée d'abondantes déjections.
— ÊTYM. Caculorius, de cacare, aller à la selle, t t . CACATOIS (ka-ka-toi) , s. m. Genre d'oiseaux
grimpeurs d'un très-beau plumage.
2. CACATOIS (ka-ka-tol), ». m. Terme de marine. Nom des plus petits mâts qu'on grée, sur les grands bâtiments, au-dessus des mâts de perroquet. Mât de cacatois. || On dit aussi catacois. || Nom donné à une petite voile carrée qu'on grée au-dessus du perroquet et qu'autrefois on nommait perroquet royal ou perroquet volant.
— ÊTYM. Cacatois I , d'après Jal, par assimilation aux cacatois, oiseaux grimpeurs.
f CACEM1MIATE (ka-sin-fa-f) et, moins bien, CACÉEATE (ka-sé-fa-f) , s. m. Terme de grammaire ancienne. Met mal sonnant, mauvaise consonnance.
— ÊTYM. KaxÉjtçctTOv, de xaxèj, mauvais, et ëjxçatov, dit (voy. emphase).
CACHALOT (ka-cba-lo), s. m. Mammifère cétacé dont les dimensions égalent celles de la baleine, mais qui en diffère particulièrement en ce que sa mâchoire inférieure, étroite et allongée, est garnie, de chaque côté, d'une rangée de deets cylindriques ou coniques, et que la supérieure présente une série de cavités dans lesquelles se logent les dents lorsque la bouche est fermée.
— ÊTYM. Anglais, cachalot. D'après Anderson. Histoire nat. de l'Islande et du Groenland, t. h p. ne, ce mot serait d'origine basque, cachau signifiant, dit-on, dans cette langue une dent. Mais Roullin fait remarquer que le mot est non pas basque, mais catalan, et que quichalen catalan signifie dent; en espagnol, quixal ou quixar, dent mâchelière; de sorte que, dans cette étymologie, le cachalot est l'animal armé de dents, nom qui lui convient très-bien. Le radical cach-.... mâchoire, se trouve aussi dans caque à harengs.
t. CACHE (ka-ch') , s. f. Lieu propre à cacher ou à se cacher. On n'est pas peu embarrassé à inventer dans toute une maison une cache fidèle, mol. l'Av. i, 4. Il dit au roi : Je sais, sire, une cache, Et ne crois pas qu'autre que moi la sache, la font. Fab, vi, 8. Un invalide prétendait avoir travaillé autrefois à faire à Meudon une cache pour un gros trésor, st-sim. I2o, 66. Que nous avons bien fait de sortir de notre cache! volt. Voy. de la raison. J'allais cherchant quelques caches où je fourrais quelques louis en dépôt, J. J. rouss. Conf v. Vous sortirez tous deux de votre cache et vous di rez.... regnard, Attendez-moi sous l'orme, 4.
— ÊTYM. Voy. CACHER.
f 2. CACHE (ka-ch'), ». f. Terme de chasse. File* tendu sur des piquets en forme de palis, à l'em bouchure des parcs.
— HIST. xv* s. Mais bref ensuivant, leur intention vint à connoissance, pour quoi assez brièvement ils furent en grand cache [chasse, poursuite], et toutes leurs villes.... furent mises en la main du roi d'Angleterre, monstrelet, liv. B, ch. 18.
— ÊTYM. Voy. chasse ; chasser et cacher ont été souvent confondus.
f 3. CACHE (ka-ch'), ». f. Sorte de petite monnaie. X Pondichéry la cache vaut un centime t/a.
t 4. CACHE (ka-ch'), s. f. Terme de marine. Voy. caiche.
CACHÉ, ÉE(ka-ché, chée), part, passé. || 1» Dérobé à la vue. Serpent caché sous l'herbe, sous terre. Caché aux regards du peuple. J'ai tenu ce proscrit caché chez moi. Ecueils cachés. Sentiers cachés. Il y a quelque piège caché. On m'élevait alors solitaire et cachée Sous les yeux vigilants du sage Mardochée, rac. Esth. i, ). Sous un épais sourcil il avait l'œil caché, la font. Fabl. xi, 7. Les lois de la communication de la chaleur, dont la découverte honorera peut-être notre siècle, mais
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qui sont encore à demi cachées aux yeux des physiciens, condorcet, Bucquit. || 2° Fig. Douleur cachée. Passions cachées. Haine cachée. Dieu qui rapparia tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église et qui, fécond en moyens, emploie toutes choses à ses fins cachées, boss. Reine d'Anglet. J'ignore de son cœur les sentiments cachés, mol. Misanlh. i, 3. La vertu dans l'oubli ne sera plus cachée, rac. Esth. n, 6. Songez combien «le fois vous m'avez reproché Un silence témoin de mon trouble caché, m. Baj. v, 4. || C'est un trésor caché, se dit d'une personne d'un grand mérite qui n'est pas connu. || N'avoir rien de caché pour quelqu'un, lui tout dire, ne lui rien dissimuler. Je n'ai rien de caché pour Votre Excellence, boss. Lett. 286. (| 3° Oui dissimule. C'est un esprit caché. || 4° En termes de musique, quinte, octave cachée, quinte ou octave qui n'est pas réellement écrite, mais qui se montrerait si l'on remplissait les intervalles : ce qui, dans une pièce à plusieurs parties marchant par mouvement semblable, est presque toujours une faute. || 5° Terme de botanique. Radicule cachée, radicule couverte par la base prolongée des cotylédons.
CACHE-CACHE (ka-che-ka-ch') , s. m. Jeu d'enfants nommé aussi cligne-musette, où un enfant ciierche les autres qui sont cachés. Jouer à cachecache.
— ÊTYM. Cacher. On a dit au xvr» siècle cachemouchet : Je ne pense sinon à jouer un cachemouchet, desper. Cymbal. 132.
foACHE-COC (ka-che-kou) , s. m. Fichu, mouchoir de col. || Au plur. Des cache-cou ou cachecous.
CACHECTIQUE (ka-chè-kti-k'), adj. Terme de médecine. Qui est attaqué de oachexie, ou qui appartient à la cachexie. Enfant cachectique. Etat cachectique.
— hist. xvi* s. Cachectiques et de mauvaise habitude, PARÉ, vi, H.
— ÊTYM. Voy. CACHEXIE.
t CACHE-ENTRÉE (ka-chan-trée) , s. m. Terme de serrurerie. Pièce de fer mouvante qui couvre l'entrée d'une serrure. || Au plur. Des cache-entrée ou cache-entrées.
t CACHE-LUMIÈRE (ca-che-lu-miê-r'), s. m. Petite chappequi sert à couvrirla lumière d'un canon. || .du plur. Des cache-lumière ou cache-lumières.
f CACHE-MARÉE, s. m. Terme de marine. Chassemarée.
— ÉTYM. Voy. chasse-marée. Cache est ici un archaïsme pour chasse.
fCACHEMENT ( ca-che-man) , s. m. Action de cacher. Leurs détournements de tête et leurs cachementsde visage firent dire cent sottises de leur conduite, mol. Crit. de Vie. des femmes, 3.
— ETYM. Cacher.
CACHEMIRE (ka-che-mi-r'), s. m. \\ 1° Tissu trèslin fait avec le poil des chèvres ou des moutons du petit Thibet. Cette étoffe est du cachemire de l'Inde. Cachemire français, étoffe faite à l'imitation du cachemire de l'Inde. || 2" Un cachemire, un châle de cachemire. Cachemire de l'Inde. Cachemire français. Prodige inouï dont je suis stupéfait I Lucile a de l'esprit, un talent qu'on admire, De la beauté, vingt ans et pas de cachemire, delà vigne, Coméd. i, 6. Vous devez bien quelque chose à ma belle; D'un cachemire elle attend le cadeau, bérang. Mon tombeau.
— ÉTYM. Nom d'un royaume de la haute Asie.
t CACHE-MUSEAU (ka-che-mu-zô), s. m. Sorte de petit chou, pâtisserie. || Au plur. Des cache-museau ou cache-museaux.
— hist. xvi* s. Fougasses, brassadeaux, tourtillons, biscuits, eschaudés, oublies, cachemuseaux, petits-chous, etc. o. de serres, 826.
— ÉTYM. Tacher, museau.
t CACHE-NEZ (ka-che-né) , ». m. Grosse cravate qui couvre le bas du visage et dont on se sert dans les grands froids. || Pièce de la bride. || Auplur. Des cache-nez.
— ÉTYM. Cacher, net.
tCACUE-PEIGNE(ka-che-pè-gn'),ï.m. || i-Boucle
de cheveux servant à cacher le peigne ou le ruban qui retient la coiffure d'une femme. || 2° Coiffure de femme; fleurs, rubans ou perles placés derrière la tète comme devant cacher le peigne. || Au plur. Des cache-peigne ou cache-peignes.
— ÊTYM. Cacher, peigne.
t CACHE-l'OT (ka-che-po), s. m. || 1" Papier plissé et orné de couleurs dont on se sert pour cacher un pot de Heurs en terre grossière. || Auplur. Des cache-pot ou cache-pots. || 2* X cache-pot, loc. adv.
CAC
Vendre du vin à cache-pot, le vendre sans payer les droits.
— ÉTYM. Cacher, pot.
CACHER (ka-ché), v. a. || 1° Dérober à la vue avec intention. Cacher des papiers, de l'argent. 11 avait caché un proscrit. Prétendez-vous longtemps me cacher l'empereur? rac. Brit.i, 2. Une seconde fois souffrez que je le cache [l'enfant], m. Alhalie, m, 6. || Aux cartes, on cache son jeu, on tient ses cartes de manière que les autres joueurs ne les voient pas. || Fig. et familièrement. Cacher son jeu, dissimuler son habileté. || Dérober à la vue sans qu'il y ait intention. Vous me cachez la lumière. Ce bois cache la vue du château. Quel pays reculé le cache à mes bienfaits? rac. Esth. i , 3. Celle qu'avait hymen à mon cœur attachée, Au marbre que tu vois sa dépouille a cachée, malh. vi, 10. || Terme de marine. Cacher le vent, le masquer à un bâtiment. || 2" Fig. Cacher ses inquiétudes sous le faste. La prospérité aache les défauts. Sous cet air d'indifférence il cachait une ambition démesurée. || Cacher sa vie, rechercher l'obscurité. Heureux qui, satisfait de son humble fortune, Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché, rac. Iph. i, 4. Quand on se vante de t'avoir [le bonheur] , On en est privé par l'envie : Pour te garder il faut savoir Te cacher et cacher sa vie, volt. Thélème et Macare. || 3" Prendre soin de ne pas dire, de ne pas faire connaître. Cacher un bruit. Cacher sa crainte. Ils ne me cachèrent pas leur pensée. Je ne cache pas que mon intention est de réclamer. Cacher son nom. Je n'ai pu vous cacher, jugez si je vous aime, Tout ce que je voulais me cacher à moi-même, rac. Phèd. v, t. Je leur ai commandé de cacher mon injure, m. Andr. iv, 5. Je voudrais vous cacher une triste nouvelle, id. Phèd. i, 4. || 4" Se cacher, v. rép. Se soustraire aux regards. Les animaux se cachent dans des tanières. Les étoiles se cachent. Ceux qui s'étaient cachés dans les bois. Du moins, pour son honneur, Rodrigue, cache-toi, corn. Cid, m, I. Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher? rac. Phèd. iv, 6. Où me cacher ? fuyons dans la nuit infernale ; Mais que dis-je? mon père y tient l'urne fatale, id. iv, 6. Approchons cette table et vous mettez dessous. — Comment?— Vous bien cacher est un point nécessaire, mol. Tart. iv, 4. |j Aller se cacher, ne pas oser paraître. Dis-moi plutôt, dis-moi que j'aille me cacher, mol. Mis. n, t. Allez vous cacher, vilaines, allez vous cacher pour jamais, m. Prie. 49. || 6° Déguiser ses sentiments. Bajazet ne sait point se cacher, rac. Baj. i, 4. || 6° Se cacher à, fuir, éviter. Se cacher au monde. Dans son chagrin, il se cachait à ses amis. Je me cachais au jour, je fuyais la lumière, racine, Phèd. iv, 6. || Se cacher à soimême, s'ignorer soi-même. Toutes les passions sont menteuses, elles se cachent à elles-mêmes, la bruy. dans le Dictionn. de poitevin. Souvent il se disait en son cœur que le plus malheureui effet de la faiblesse de l'âge était de se cacher à ses propres yeux, boss. le Tellier. ...A ses propres yeux L'homme sait se cacher d'un voile spécieux, a. chén. Ëlég. 36. || 7" Se cacher de quelqu'un, lui cacher ce qu'on dit, ce qu'on fait. Non, il s'est caché d'eux en cette conférence, corn. Agis, v, i. On trompe Iphigénie, on se cache d'Achille, rac Iphig. n, 8. i| Se cacher de quelque chose, n'en pas convenir, le tenir secret. Il ne se cache pas de dire
qu'il souhaite.... sév. 176 Je ne m'en cache
point, rac. Androm. iv, 3.11 a su me toucher, Seigneur, et je n'ai point prétendu m'en cacher, id. Brit. n, ». Si vous êtes l'ami de Jésus-Christ, pourquoi vous en cachez-vous? mass. Car. Respect hum. || 8° Être caché. L'homme se cache sous le monarque, fléch. Mont.