‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 255 sur 403 · SYN. 1 . CACHER UNE CHOSE, SE CACHER D'UNE CHOSE · texte numérisé non relu

SYN. 1 . CACHER UNE CHOSE, SE CACHER D'UNE CHOSE

Tous deux expriment qu'on tient secrète une chose. Je cache le dessein que j'ai, veut dire simplement que je le dérobe à la connaissance des autres. Si je dis : je me cache du dessein que j'ai, à l'idée simple se trouve ajoutée l'idée qu'il y aurait quelque honte, quelque dommage, quelque inconvénient à le divulguer. Ud dessein qu'on ne cache pas est un dessein qu'on laisse manifeste à tous les yeux; un dessein dont on ne se cache pas, est un dessein qu'on n'a aucun motif de crainte, de honte, de blâme pour ne pas avouer ouvertement. || 2. cacher, celer, taire. Le sens de ces trois mots est ne pas manifester au dehors. Taire, c'est ne pas dire, il suffit de ne pas ouvrir la bouche. Pour celer, il faut quelque chose de plus, c'est non-seulement taire la chose, c'est aussi prendre garde qu'elle ne nous échappe. Prendre garde qu'elle ne nous échappe,

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dit assez pour celer, mais ne dit pas assez pour cacher; car cacher implique toutes les précautions qui serviront à voiler ce que nous voulons n'être pas su ou connu.

— HIST. xiv* s. Il touz seulz se quaicha en ung lieu destourné, Girart de Ross. 656 2. Que tout le reste ne fuyst ou se cachast aux églises ou aux maisons, comm. n, 4 3. i| xvr s. On prit d'aventu e quelques Grecs, qui s'en estoient fouiz cacher dedans une caverne là auprès, amyot, Lucul. 28. Les choses que l'on fait en crainte veulent estre cachées, et leur est la lumière ennemie, id. Nicias, 43.

— ÊTYM. Bourguig. queichai. cliauchi. Chaurhi du bourguignon est une confusion avec chasser, confusion qui vient de ce que chasser s'est dit trèssouvent cacher, caucher, chaucher. Mais la forme queichai, donnée d'ailleurs aussi par un texte du xiv* siècle, est bonne et metsurlavoie; car elle conduit au provençal quait, tapi ; italien, qualto, tapi, quattare. cacher; mots que Diez rattache à coactus, pressé, serré, coaclare, serrer, presser (d'où é-cacher); coa a donné ca ou qua, comme dans cailler de coagulare; et et devient ch, voyez fléchir, iefteclere. Quant à coactus, c'est le participe passé de cogère, déco pourcon, avec, et agere, pousser (voy. agir).

t CACHÈRE (ka-chè-r'), s. f. Place où le verrier dépose les bouteilles en les dégageant de la canne.

f CACHERIE (ka-che-rie) , s. f. Soin de se cacher. Quoique cela fût devenu le secret de la comédie, la même enfermerie [l'habitude de s'enfermer], la même cacherie furent toujours de même , st-sim.

— ÊTYM. Cacher.

f CACMERON (ka-che-ron) , s. m. Sorte de ficelle grossière.

CACHET (ka-chè; le t ne se lie pas dans la conversation; Ys se lie : des ka-chè-z élégants; cachets rime avec traits, succès, paix) , s. m. || 1° Petit sceau qu'on applique sur de la cire. Un cachet bien gravé. Cachet de chiffres. Le cachet d'un fabricant. || 2" La matière qui porte l'empreinte même. Le cachot est rompu. C'est bien là son cachet. || Fig. Mettre un cachet sur la bouche de quelqu'un, lui imposer de garder un secret. Pontchartrain et sa femme l'appelaient leur muet, parce que la charité avait mis un cachet sur sa bouche, it-sim. 4 98, 4 43. || Cachet volant, cachet qui n'adhère qu'au pli supérieur d'une lettre sans la fermer. || 3° Lettre de cachet, lettre au cachet du roi et contenant un ordre de sa part. La lettre de cachet que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, boss. Lett. 2. || En particulier, lettre d'exil ou lettre d'emprisonnement. Être exilé par lettre de cachet. Une lettre de cachet l'envoya à la Bastille. M. de Péréfixe avait fait main basse sur la Sorbonne et répandu grand nombre de lettres de cachet, st-sim. 58, 229. || 4* Petite carte portant un cachet, ou du moins une marque et servant àtenir le compte du nombre de foisqu'on fait une chose. Cemaîtrededanseprendcinquante francs pour douze cachets, c'est-à-dire douze leçons. On a quinze cachets pour vingt-cinq francs chez ce restaurateur, c'est-à-dire quinze repas. || Familièrement, courir le cachet, donner des leçons en ville. || 5* Marque caractéristique. Cet écrivain a son cachet. Le cachet d'originalité est empreint sur cet ouvrage. Langage qui porte le cachet de la candeur. Jeune homme, recevez dans votre âme encore flexible le cachetde la vérité, J. J. rodss. Ém. iv.

— HIST. xvi* s. On lui envoya encore des blancs seings pour estre remplis à sa discrétion, et des cachets volans nouvellement mis en usage par ladite assemblée pour s'en servir ainsi qu'il aviserait bon estre, d'aub. Fie, p. cxj. Pour ung cachet d'or, auquel il y a deux figures de relief esmaillées, de laborde, Émaux, p. 181.

— ÊTYM. Cacher, parce que le cachet cache.

t CACHE-TAMPON (ka-che-tan-pon) , s. m. Jeu d'enfants, où l'on cache un tampon cherché par l'un des enfants qui, le trouvant, en frappe les autres s'il peut les atteindre. Le cache-tampon amus6 beaucoup les enfants. Jouer à cache-tampon.

CACHETÉ, ÉE (ka-che-té, tée), part, -passé. Une

lettre cachetée avec de la cire verte Je trouve à

propos que, toute cachetée, Cette lettre lui soit promptement reportée, mol. Éc. des Maris, u, 5.

CACHETER (ka-che-té; il faut prendre garde une prononciation vicieuse qui gagne plusieurs mots de ce genre :jecachte une lettre, au lieu de : je cachette) ; je cachette ; je cachetais ; je cachetai ; je cachetterai: je cachetterais; cachette, cachetons; que je cachette, v. a. Fermer avec un cachet, marque, d'un cachet. Cacheter une lettre, un paquet, une bouteille. Cire à cacheter. Pain à cacheter.

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— REM. 11 y a inconséquence à écrire, comme fait l'Académie, d'une part, j'achète avec un accent grave, et de l'autre je cachette, avec deux ((. Les deux cas sont identiques et devraient être traités de même.

— HIST. xvi" s. Pour ung cachet d'argent, à manche d'y voire, pour servir à M. de Nevers à cachetter lettres de la royne, oe i.aborde, Émaux, p. *»*■ Or quand le temps a esté déterminé à Daniel de la vej nue de Jesus-Christ, il lui est aussi ordonné de cacheter [celer] la vision et le prophète, calv. lnslit. 378. Les fidèles sont scellez ou cachetez du Saint- Esprit de la promesse, id. t'b. 4<5. Le Saint-Esprit ne scelle et ne cachette proprement la remission des péchez, sinon aux eleus, u>. ib. 427. Ce qui n'a pas petite force pour donner de mauvaises impressions à la jeunesse délicate, qui, par l'assiduelle lecture de ces folies, les va cachetant dans son cœur,

— CTW. Cachet.

CACHETTE (ka-chè-f), *. f. Petite cache. Il avait

mis son argent dans une cachette. Les fuites des méchants, tant soient-elles secrètes, Quand il les poursuivra, n'auront point de cachettes, malh. ii, 1. || En cachette, loc. adv. En secret, à la dérobée. L'amour s'y trouve secrètement et en cachette, pasc. dans cousin. On peut tuer en cachette son ennemi, id. Prov. 7. Les Jeus et les Ris, qu'il avait amenés à sa suite, se moquaient de lui en cachette et sa faisaient signe du doigt que leur maître était attrapé, la font. Psyché, i, p. 45.

HIST. xiv* s. Nature.... Tous jours robant sa

procédure, Œuvrant en cachette de nous, Traité tfaleh. 462. || xvi" s. Luy mesme les r'appela et leur trahit sa cachette, «ont. i, <38. X cachettes de leurs parents, id. i, 226. Vouloir tirer gloire de son oy- •ifveté et de sa cachette [solitude, retraite], id. i, 286. Laodice ayant secrettement conceu Munychus de Demophon, il fut nourry à cachettes par jEthra dedans Troye, amyot, Thésée, 42. 11 promit qu'il reveleroit des cachettes où il y avoit de grands trésors, id. Lucul. 64. L'autre jour que j'estois au temple à Saint-Denys, Regardant tant de rois en leurs cachottes mis.... rons. 694.

— ÊTYM. Cacher; bourguig. caichdte.

f CACHECR (ka-cheur), s. m. ||1" Celui qui cache. || 2° Cacheur ou cacheux, morceau de bois dont se sert le raffineur de sucre pour sonder les formes.

— ÊTYM. Cacher.

fCACHEVEAU (ka-che-vô), s. m. Un des noms

vulgaires du plongeon.

CACHEXIE (ka chè-ksie), s. f. || 1° Terme de médecine. Ëtat dans lequel toute l'habitude du corps est manifestement altérée. Cachexie cancéreuse, tuberculeuse. || 2" Terme de vétérinaire. Cachexie aqueuse, éktt d'altération générale qui est caractérisé par rinfiltration du tissu cellulaire et par l'hydropisie des membranes séreuses, et qui s'observe dans le mouton, même avec le caractère épizootique, et quelquefois dans le bœuf.

- HIST. xvi" s. Boursouffleure est ce que les Grecs appellent cachexie, paré, xviii , 73.

— ÊTYM. Ka/eÇta, de xaxè?, mauvais, et de é$ia ou IÇt;, état, deêxw, avoir, être (voy. hectique).

t CACHIBOC (ka-chi-bou) , s. m. Terme de botanique. Voy. chiboo.

■f CACH1MENT (ka-chi-man) , s. m. Terme de botanique. Plante dite aussi corossol (voy. ce mot).

t CACUOLONG (ka-cho-lon), s. m. Terme de minéralogie. Chalcédoine d'un blanc de lait.

CACHOT (ka-cho ; le « se lie : un ka-cho-t obscur; au pluriel l'« se lie : des ka-cho-z obscurs; cachots rime avec dos, maux, faux, etc.), s. m. || 1* Petite prison basse et obscure dans une grande prison. Ce condamné s'étant révolté, fut mis au cachot. Dans un cachot affreux abandonné vingt ans, Mes larmes t'imploraient pour mes tristes enfants, volt. Zaïre, il, 3. || 2° En général, prison. Tirer quelqu'un des cachots. Un rayon de lumière perce l'horreur des cachots et va faire sentir à cet infortuné qu'il y a encore de l'humanité sur la terre, mass. Villars. Dans l'horreur d'un cachot par son ordre enfermé, rac. Àth. v, 2.

— HIST. xvi" s. Advertis que depuis deux mois il avoit mis en ung cachot [une cachette] tous les calices, croix, reliques, etc. carloix, m, 14. Ne faut chercher autres cellules et cachots en l'amarry [vésicule du fiel] que les anciens ont imaginé estre infinis, que ceste partie dextre et senestre, paré, i, 3*. Les bestes sauvages laissent leurs cavernes

et cachots, id. xxiv, 6 Fouillant et furettant

par tous les trous, coings, recoings, destours, ca-

WCT. DE LA LANGUE FHANCA1SK.

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chots et secrets, et non sans cause, charron, Sagesse, I, 4,

— êtym. Cacher; bourguig. caichô.

fCACHOTTE (ka-cho-t'), s. f. Pipe dont le fourneau n'a pas de talon.

t CACHOTTER (ka-cho-té), v. a. || 1° Diminutif de cacher. Je lui contai tout naïvement mes prospérités, ne voulant pas les cachotter, sév. 52). [| 2" Se cachotter, v. réjl. Se cacher avec affectation. Et en se cachottant il avait donné les ordres pour le soir,

SÉV. 2)1.

— êtym. Cacher.

CACHOTTERIE (ka-cho-te-rie) , s. f. Affectation

de mystère. Elle aime à faire des cachotteries.

— êtym. Cachotter.

f CACHOTTIER, 1ÈRE (ka-cho-tié, tiê-r'), s. m.

et f. Celui, celle qui se plaît à faire des cachotteries. Mot familier.

— êtym. Cachotter.

CACHOU (ka-chou), s. m. Terme de pharmacie.

Extrait préparé avec le bois et les gousses fraîches du mimosa catechu, arbre des Indes.

— ÊTYM. Catechu, nom de l'arbre qui produit le cachou.

t CACHUCHA (ka-tchu-tcha) , *. f. Danse espagnole qu'un homme et une femme exécutent sur un air gracieux, vif et passionné.

CACIQUE (ka-si-k'), s. m. Chef, prince des Indigènes de Haïti, de Cuba et de contrées appartenant au continent d'Amérique. Un cacique, un corrégidor formaient le corps militaire et civil des Réductions, chateaub. Génie, iv, iv, 5.

— ÊTYM. Mot caraïbe. Gomara {Hist. de las Indias) dit, ch. xvi, en parlant de Colomb à l'île de Haïti : « Guacanagari, roi, ou, comme ils disent là, cacique de cette terre. »

CACIS (ka-si) , s. m. Voy. cassis.

f CACO.... (ka-ko), préfixe venantdu grec xaxoç, mauvais.

t CACOCHOLIE (ka-ko-ko-lie) , *. f. Terme de médecine. Mauvaise nature de la bile.

— ÊTYM. Kaxàî, mauvais, et xoMi , bile, t CACOCHONDRITE (ka-ko-kon-dri -f) , s. m.

Terme d'histoire naturelle. Nom de serpents venimeux dont la peau est comme cartilagineuse.

— ÊTYM. Kaxè;, mauvais, et xôvSpo?, cartilage. f CACOCHYLIE (ka-ko- chi -lie), s. f. Terme de

médecine. Chylification dépravée.

— ÊTYM. Kaxôç, mauvais, et chyle (voy. ce mot).

CACOCHYME (ka-ko-chi-m') , adj. || 1" D'une constitution détériorée et débile. Fagon mourut dans un grand âge pour une machine aussi contrefaite et aussi cacochyme qu'était la sienne, st-simon, 482, 269. Il garde le dernier, et ce corps cacochyme Est à son art fatal dévoué pour victime, regnard, le Lég. 1,1. Croyez qu'un vieillard cacochyme Doit mettre, s'il a quelque sens, Son âme et son corps au régime, volt. Ép. 88. Je ne me chargerais pas d'un enfant maladif et cacochyme, j. i. rooss. Ém. I, Mon âme est très-mal à son aise dans mon corps cacochyme, volt. Lett. Cideville, <o mai t764. || 2" Fig. Mal disposé, mal né, d'humeur inégale. C'est un esprit cacochyme. Une humeur cacochyme. Il est cacochyme. || 3° Substantivement. C'est un pauvre cacochyme.

— HIST. xvi" s. Les apostemes qui sont faites en corps cacochymes, hydropiques, sont difficiles à guérir, paré, v, 4. Ulcère cacochyme, id. xi, k.

— ÊTYM. Kaxôxujio;, de xaxo; , mauvais , et xu- |ioc, suc (voy. chyme).

CACOCHYMIE (ka-ko-chi-mie), s. f. Terme de médecine. Ëtat d'un corps cacochyme.

— HIST. xvi" s. Quant à la cacochymie, elle sera corrigée par manière de vivre et par purgations, paré, v, 5.

— ÊTYM. Krfx.oyyp.la (voy. CACOCHYME), t CACOCHYMIQCE (ka-ko-chi-mi-k'), adj. Qui a

rapport à la cacochymie.

f CACOÈTHE (ka-ko-è-f), adj. Ancien terme de pathologie. De mauvaise nature. Ulcère cacoèthe.

— ÊTYM. KaxoT)8ïii;, de xaxôç, mauvais, et ï)Go;, nature.

t CACOGENÈSE (ka-ko-je nê-z') , s. f. Terme de pathologie. Formation monstrueuse de naissance.

— ÊTYM. Kaxà;, mauvais, et -jéveai;, naissance.

CACOGRAPHIE (ka-ko-gra-fie), s. f. Orthographe vicieuse. Employer des exemples de cacographie à l'enseignement de l'orthographe. || Au plur. Textes fautifs ou imprimés exprès avec des fautes d'orthographe, que l'on met sous les yeux et entre les mains des élèves pour qu'ils les corrigent.

— hist. xvi" s. Traité du ris.... plus un dialogue

CAD

sur la cacographie françoise, avec des annotation» sur l'orthographie , parjouBERT, Paris, 1579.

— ÊTYM. Kaxofpa^ia, de xaxoç, mauvais, etfpiçetv, écrire (voy. graphique).

t CACOGRAPH1QUE (ka-ko-gra-fi-k') , adj. Qui appartient à la cacographie. Exercices cacographiques.

t CACOLET (ka-ko-lè), s. m. Mot usité dans les Pyrénées. Panier à .lossier dont on charge un mulet.

CACOLOGIE (ka-ko-lo-jie), s. f. Locution vicieuse. Un recueil de cacologies.

— ÊTYM. KaxoAOYtot, de xaxo;, mauvais, etdeXi- ■yo;, discours (voy. logique).

t CACOLOGIQUE (ka-ko-Io-ji-k'), adj. Qui appartient, qui touche à la cacologie. .

CACOPHONIE (ka-ko-fo-nie), s. f. || 1" Vice d'élocution qui consiste en un son désagréable, produit parla rencontre de deux lettres ou de deux syllabes, ou par la répétition trop fréquente des mêmes lettres ou des mêmes syllabes. En l'en entendant parhr fait une cacophonie insupportable. Et les moindres défauts de ce grossier génie Sont ou le pléonasme ou la cacophonie, mol. F. sa», il, 7. || 2" Terme de musique. Assemblage discordant de plusieurs sons ou de sons discordants. Jamais on n'entendit pareille cacophonie.

— HIST. xvi" s. Leurs concerts ne pleurent aucunement à Mathieu de Gournay, qui n'estoit pas fait à ces sortes de cacofonies , Uém. de du Guescl. 19.

— ÊTYM. Kaxoçuvîo, de xaxo;, mauvais, et ç<ovri, voix (voy. phonique).

f CACOTHANASIE (ka-ko-ta-na-zie), s. f. Terme didactique. Mort dans la douleur et l'angoisse, par opposition à euthanasie.

— ÊTYM. Koxès, mauvais, et 6âvato;, mort, t CACTÉE (ka-ktée) , î. f. Terme de botanique. Famille de plantes dont le cactus opuntia est le type.

— ÊTYM. Cactus.

CACTIER (ka-ktié), s. m. Terme de botanique.

Genre de plantes de la famille des cactées dont deux espèces sont remarquables : <• la raquette ou figuier d'Inde (cactus opuntia, L.), dont le fruit.de la forme des figues et d'une saveur douceâtre, est rafraîchissant; 2" le nopal (cactus coccinellifer, L.), sur lequel vit la cochenille.

— ÊTYM. KâxTo;, sorte de plante épineuse.

t CACTUS (ka-ktus'), s. m. Le même que le cactier.

CADASTRAL, ALE (ka-da-stral, stra-1') , adj. Qui est relatif au cadastre. Les registres cadastraux.

— ÊTYM. Cadastre.

CADASTRE (ka-da-str'), s. m. |j 1" Autrefois, registre qui servait à l'assiette des tailles réelles. || Aujourd'hui, registre public dans lequel sont relatées la quantité et la valeur des biens-fonds. || 2° L'arpentage et l'évaluation des propriétés imposables. On avait ordonné un cadastre général de tout le pays, j. i. rouss. Confess. iv. Cette opération pourrait demander un cadastre général, id. Fol. 1 1. 1| 3° Nom que les marchands de certaines provinces donnaient au registre sur lequel ils inscrivaient leurs opérations et le détail de leur dépense de maison.

— HIST. xvi" s. Quant aux vins et bleds, il est tout certain qu'ils coustent plus cher vingt fois qu'ils ne faisoyent il y a cent ans, ce que je puis dire avoir veu au cadastre de Toulouze, J. bodin, Disc, sur les monnoyes.

— ÊTYM. Espagn. catastro; ital. calasto et catastro;du bas-latin capistratum, registre de l'impôt par tête, de caput, tête (voy. chef.)

f CADASTRÉ, ÉE (ka-da-stré, strée) , part, passé. Communes cadastrées.

t CADASTRER (ka-da-stré), v. a. Faire le cadastre.

— ÊTYM. Cadastre.

CADAVÉREUX, EUSE (ka-da-vé-reû, reû-z'),

adj. Qui tient du cadavre. Un teint cadavéreux. Si les corps exhalent une odeur cadavéreuse, on aune preuve infaillible de la mort, buff. De la vieillesse et de la mort. || Fig. Il est peu de ces âmes cadavéreuses devenues insensibles, J. i. rouss. Ém. iv.

— HIST. xvi" s. Jettant une sanie ichoreuse, séreuse, et très puante et cadavéreuse, paré, v, 27. Quant aux corps morts qui s'esievent sur l'eaue, c'est adonc qu'ils sont ja cadavéreux et remplis d'air, id. m, 660.

— ÊTYM. Cadaverosus, decadaver (voy. cadavre). CADAVÉRIQUE (ka da-vé ri-k'), adj. Ternie d'à-

natomie. Qui a rapport au cadavre. Autopsie cadavérique.

— ÊTYM. Le latin cadaver.

CADAVRE (ka-da-vr'), s. m. || 1° Corps mort,

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«iirtout en parlant de l'homme. C'est, dit-il, un cadavre; ôtons-nous, car il sent, la font. Fabl. v, 20. Un certain sentiment, confus à la vérité , mais trèsfort et si général qu'il peut passer pour naturel, fait respecter les cadavres humains , fonten. Littre. Bien qu'à ce triste aspect ses chevaux pleins d'effroi Semblassent respecter le cadavre d'un roi , duhter , Scévol. m, s. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place.... notre chair change bientôt de nature; notre corps prend un autre nom; même celui de cadavre, dit Tertullien, parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps; il devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue, boss. Duch. d'Orléans. || Fig. et familièrement. C'est un cadavre ambulant, se dit d'une personne extraordinairement pâlie et amaigrie par la souffrance et par la maladie. || 2° Fig. Jérusalem n'était plus que le cadavre d'une grande ville, boss. Polit. || Sentir le cadavre, sentir que les choses vont mal. À la fin de la vie du roi , Brancas et sa femme sentirent le cadavre; ils comprirent que les choses ne se passeraient pas agréablement entre M. le duc d'Orléans et M. le duc du Maine, st-sim. 4*7, 229.

— ÉTYM. Le latin cadaver.

f 4. CADE (ka-d'), t. m. Baril en usage dans les salines. || Nom d'une mesure de capacité, qui valait 4 ocio litres dans le système de mesures établi par la loi du I" août 4 793, modifiée par celle du 30 nivôse an II (4 9 janvier 4 794).

— ÉTYM. Le latin cadus, tonneau.

t 2. CADE (ka-de), *. m. Terme de botanique. Nom du genévrier oxycèdre (juniperus oxycedrus , £.). On emploie l'huile de cade contre les ulcères des chevaux et la gale des moutons.

— HIST. xvi* s. Sureaux, bouïs, genevres, caddes, houi, o. nE serres, 785. Des aulx piles est fait cataplasme avec de l'huile de cade, que le vulgaire palsan françois appelle tal, id. 944.

— ÉTYM. Provençal, cade.

CADEAU(ka-dô),$.m.|| 1* Traits de plume dont les

maîtres d'écriture ornaient leurs exemples. || Grandes lettres placées en têtes des actes ou des chapitres dans les manuscrits en écriture cursive. || 2* Anciennement, fête que l'on donnait principalement à des femmes , partie de plaisir. Elles y ont reçu des cadeaux merveilleux de musique et de danse, mol. Am. magn. i, 4. Nous mènerions promener ces dames hors des portes, et leur donnerions un cadeau, id. Prée. ridie. se. 40. Je l'ai fait consentir au cadeau que vous voulez lui donner, id. B. gent. lu, 6. Des promenades du temps, Ou dîners qu'on donne aux champs, Il ne faut point qu'elle essaye : Selon les prudents cerveaux, Le mari dans ces cadeaui Est toujours celui qui paye, id. Éc. des f. m, 2. J'aime le jeu, les visites, les assemblées, les cadeaux et les promenades, en un mot toutes les choses de plaisir, id. tlar. forcé, 4. Dieu me garde de feu et d'eau, De mauvais vin dans un cadeau, D'avoir rencontres importunes, De liseur de vers sans répit, De maltresse ayant trop d'esprit.... la font. Lettres, xxi. || 3* Aujourd'hui, présent que l'on fait à quelqu'un. Les petits cadeaux entretiennent l'amitié. 11 lui fit cadeau de livres. Un riche cadeau. Quoi ! parce que des sots se piquent, quoique mal, Du pompeux appareil d'un cadeau nuptial , Il faut faire comme eux! montflecry, Femme juge, ni, 2.

— HIST. ni» s. Il le me velt torner en lonc cadel, Plumer me velt li reis com fait oisel , Gérard de Ross. p. 328. || xvi» s. Combien que quelques uns ne sçachans discerner les anciens "W en forme de cadeaux d'avec des BB, des accords, Contes de Gaulard, p. 23, verso, dans lacurne.

— ÉTYM. Catellus, petite chaîne, de catena, chaîne (yoy. chaîne), à cause de la forme enchaînée des traits de plume. Ménage nous apprend que faire des cadeaux s'est dit pour faire des choses spécieuses, mais inutiles, comparées métaphoriquement à ces traits de main des maîtres d'écriture. De là on passe sans peine à cadeau dans le sens de divertissement, fête et, finalement, présent.

t CADELEK (ka-de-lé), v.a. Tracer des cadeaux; orner les capitales de traits de plumes. Inusité.

— HIST. xvi» s. Escriteaux mis au dos de gens justiciez, lesquels estoient escrits en lettres cadelées, pasquier, Lettres, t.n, p. 306, dans lacurne,

— ÉTYM. Cadeau.

t CADELURE (ka-de-lu-r') , t. f. Ecriture en grosses lettres -, affiches. Inusité.

— HIST. xvi» s. Et permis ausdits marchands de les poursuyvir, par attaches, plaquars ou cadeleu- »es, Âresta amorum, p. 428, dans lacurne.

— ÉTYM. Cadeler.

CADENAS (ka-de-nâ; 1'* ne se lie pas dans la conversation, et se lie dans le parler soutenu : un ca-de-nâ-z et sa clef), s. m. || 1» Serrure mobile qu'on accroche à la porte, à la malle, etc. qu'on veut fermer. Car sitôt que du soir les ombres pacifiques D'un double cadenas font fermer les boutiques, boil. Sat. vi. || Fig. Et nos prédicateurs ont-ils ces qualités? Si par hasard ils ne les avaient pas, faudrait-il pour cela leur attacher des cadenas aux lèvres? diderot, Claudeet Néron. || 2» Coffret d'or ou de vermeil contenant le couteau, la cuiller, etc. qu'on sert à la table du roi et des princes. Le roi d'Angleterre ayant la reine sa femme à sa droite et le roi à sa gauche avec chacun leur cadenas, st-sim. 3, 57. Le roi était seul au milieu [des tables], dans son fauteuil, avec son cadenas, id. 276, 227.

— HIST. xvi» s. Appliquans des morillons et cadenats jusqu'aux boutiques et fenestres basses pour les empescher de courir à l'allarme, d'aub. Hist.i, 276. Ils furent bien aises de mettre entr'eux et l'armée victorieuse la Dordongne, où nous avons dit, et le Lot à cadenat, id. ib. i, 348.

— ÉTYM. Picard, cadenos ; génev. cadenar; ital. catenaccio ; d'un bas-lat. catenacium, de catena, chaîne (voy. chaîne). Le provençal cadenat, et l'espagnol candado, anciennement cadenado, viennent de catenatum.

CADENASSÉ, ÉE(ka-de-na-sé, sèe), part. passé. Une porte cadenassée. La chambre bien cadenassée Permettait de laisser l'argent sur le comptoir, LA font. Fabl. xii, 3.

CADENASSER (ka-de-na-sé), v. a. Fermer avec un cadenas.

— hist. xvi» s. Ils avoient promis de cadenasser et barrer les portes des catholiques, castelnau,

— étym. Cadenas; génev. cadenater.

CADENCE (ka-dan-s'), ». f. || 1° Appui ou insistance de la voix sur les syllabes accentuées qui terminent les sections des phrases. Accourez, troupe savante ; Des sons que ma lyre enfante Ces arbres sont réjouis; Marquez-en bien la cadence, boil. Ode sur Namur. || Dans la prose, dans les vers, la cadence n'est pas autre chose que le rhythme ou le nombre : seulement on y joint ordinairement l'idée d'une certaine douceur dans le style, d'un certain art dans l'arrangement des phrases ou dans le choix des mots que le rhythme proprement dit ne suppose pas du tout, jullien. Enfin Malherbe vint, et le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, boil. Art p. i. Le style des Cantiques, hardi, extraordinaire.... affranchi des liaisons ordinaires que recherche le discours uni, renfermé d'ailleurs dans des cadences nombreuses qui en augmentent la force, surprend l'oreille, saisit l'imagination, émeut le coeur, boss. Hist. il, 3. || Chute ou fin d'une phrase. Cadence harmonieuse. || 2° Terme de musique. Terminaison d'une phrase musicale sur un repos. Et marquer sur la lyre une cadence juste, boil. Épitr. vm. || Par extension, le trille, parce qu'on fait souvent un trille sur l'avantdernière note d'un chant pour en annoncer la terminaison. Cadence perlée. Battre la cadence. En ce sens, trille a remplacé presque complètement cadence. || Résolution d'un accord dissonant sur un accord parfait ou consonnant. || Caractère de la musique qui donne un sentiment vif de la mesure. Le terme plus exact est rhythme. || 8" Conformité des pas du danseur avec la mesure marquée par l'instrument. Danser en cadence. Frapper la terre en cadence. Ajuster ses pas à la cadence d'un air, pasc. Div. 3. Holà! ne pressez pas tant la cadence, mol. Préc. 4 3. || Cadence se dit aussi des mouvements qui ont une certaine régularité, comme ceux des forgerons, des rameurs, etc De lourds marteaux

Qui tombent en cadence et domptent les métaux , delille , Enéide, vm. Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence : On n'entendait au loin , sur l'onde et sous lescieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux, lamart. Médit, i, 43. Nous baisâmes tout, et les hommes et les femmes; la princesse me montrait le chemin, et je la suivais avec une cadence admirable, sév. 447.

La cadence du pas, mesure qui règle le pas militaire. || Fig. 11 faut aller au jour la journée en ces diables de temps, et ne pas tant songer à la cadence, retz, iv, 232. Cela vient fort mal en cadence avec la réponse de M. de Cambrai aux états d'oraison de M. de Meaux, st-sim. 594 , 243. Monseigneur le duc de Bourgogne avait passé le Rhin, le maréchal de Vauban partit de Paris en cadence fau même instant] et le joignit peu après, id. 4 22, «8. La Vrillière envoie le chancelier chez le roi pour

lui demander la charge en cadence de Mme de Maintenon [en même temps qu'elle] , id. 77, 260. || 4» Terme d'équitation. Mesure régulière que le cheval observe dans ses mouvements.

—HIST. xvi» s. La cadence [concomitance] do tout cela fut que le roi de Navarre se meslant de sa liberté l'obtint, et par mesmemoien la place, d'alb. Hist. m, 40. Trainantune jambe à la cadence delà teste, id. Fan. n, 4 3.

— ÉTYM. Ital. cadenia, de cadente, tombant, de cadere, tomber (voy. choir).

CADENCÉ,ÉE(ka-dan-sé,sée),part. passé. || «.'Soumis à une certaine cadence, c'est-à-dire ramenant à de certains intervalles des sons plus fortement accentués que les autres. || Terme de musique. Bien cadencé, bien rhythme, où le mouvement se fait bien sentir. || 2° Qui a, dans le style, le genre d'harmonie dit cadence. Une prose nombreuse et cadencée. Mais jeter ma colère en strophes cadencées ! Consumer tous mes jours en stériles pensées! v. hugo, Odes, il, 4. Qu'il est doux de voir sa pensée En mètres divins cadencée! lamart. Harm. i, i.

CADENCER (ka-dan-sé), v. o.||l° Donner delà cadence à ses phrases, à ses vers. Jadis la poésie en ses pompeux accords.... Pour cadencer un vers qui dans l'âme s'imprime, Sans appauvrir l'idée enrichissait la rime, Gilbert, £e48» s Sur les flots

dormants se répand une voix, Une voix qui.cadence une langue divine, lamart. Harm. iv, 4 4 . || 2° Conformer ses mouvements à la cadence. Et vous , étoiles.... Qui.cadençant vos pas à la lyre des cieux, Nouez et dénouez vos chœurs harmonieux, lamart. Méd. n, 8. || Le c prend une cédille devant a et o.

— ETYM. Cadence.

CADÈN'E (ka-dè-n"), s. f. Chaîne de fer à laquelle on attachait les forçats. || Vieux.

— hist. xvi» s. Les mareschaux de camp qui traînent cette cadene [bande de captifs] sont Ragot et du Halde qui a pour estaffier l'héritier de Piene, d'aub. Fœn. iv , 20. Les chrestiens perdirent dix huict mille hommes, que morts, que mis à la cadenne, id. Hist. i, 448. Chacun admiroit de la voir mener à sa cadene [gouverner à son gré] de si

grands princes, id. ib. n, 422 Qu'il seroit mis

à la cathene en danger d'y user le reste de ses jours, carlolx, î, 4. Comme un forçat, infiniment fâché D'estre longtemps en cadene attaché, Mille moyens de s'évader désire, am. jamyn, Poésies, p. 404, dans LACURNE.

— ÉTYM. Provenç. cadena , du latin catena (voy. chaîne).

CADENETTE (ka-de-nè-f) , t.f. Longue tresse qui tombe plus bas que le reste des cheveux. Cheveux en cadenettes. Elle met sous la toilette La dent et la cadenette, Le fard et la savonnette, perrin, Poésies, dans LACURNE.

— étym. Sous Louis XIII on appelait moustache une grande mèche de cheveux qu'on laissait pendre ; lorsque M. de Luynes devint connétable, on fit maréchal de France son frère puîné, Honoré d'Albret, seigneur de Cadenet, très-recommandé par cette touffe de cheveux dite moustache, qui, de lui, fut nommée cadenette.

CADET, CADETTE (ka-dè , ka-dè-t' ; le t se lie : le ka-dè-t et l'aîné; Vs se lie : les ka-dè-z et les aînés), adject. || 1° Qui est né ou née après un autre frère ou une autre sœur, et aussi, absolument, le second des frères, la seconde des sœurs : fils cadet, fille cadette; de sorte que cadet se dit, d'une part, de tous les enfants qui viennent après l'aîné ou après le second enfant ou après le troisième, etc. et d'autre part quelquefois , spécialement, de l'enfant qui vient immédiatement après l'aîné : frère cadet, sœur cadette. Branche cadette d'une maison, c'està-dire branche issue d'un cadet. || 2» Substantivement. Un second lui succède [à l'aîné] et se met en posture, Mais en vain; un cadet tente aussi l'aventure; Tous perdirent leur temps, la font. Fabl. iv, 48. Un homme joue et se ruine; il marie néanmoins l'aînée de ses deux filles.... La cadette est sur le point de faire des vœux, qui n'a point d'autre vocation que le jeu de son père, la bruy. 44. On honore en celui-ci les aînés, en cet autre les cadets, pasc. Conv. 2. Son neveu n'était alors que cadet de famille, hamilt. Gramm. 7. 11 n'était que cadet d'une maison fort ancienne, id. ib. ». Je ne sais quel gentilhomme qui ne vaut pas mieux que lui, et qui n'est pas maître en sa maison , étant cadet des cadets, scarr. Rom. com. 2' part. ch. 4 2. Il était cadet, il fut destiné à l'Église, et on lui donna l'habit, qui assez souvent accoutume les enfants à croire qu'ils y sont appelés, fonten. Louville. Je ne sais si les égards des cadets pour les aînés étaieut

CAD

d'usage dans toutes les familles, doter. Fss. s'ir Claude, 1. h. Quelle fatalité secrète, Ma sœur, soumet tout l'univers Aux attraits de notre cadette? bol. Psyché, I, t. H Souvent aussi cadet se dit pour le dernier fils. II suffit que ce jeune homme soit le cadet de sa maison, pour ne pas douter qu'il ne soit dès là appelé aux fonctions redoutables de pasteur des âmes, bourd. Carême, 1. 1, 5t9. || Fig. Othon et Suréna Ne sont point des cadets indignes de Cinna, corn. Au roi, 4876. || Populairement. C'est le cadet de mes soucis, c'est la moindre de mes inquiétudes. || 3° Par extension, en parlant de personnes qui ne sont pas parentes, moins âgé ou moins ancien. Je suis son cadet [je suis moins âgé que lui] , mais dans la compagnie il est mon cadet [il est moins ancien que moi]. || Familièrement et avec une expression soit de supériorité soit d'ironie. Mon cadet. N'y allez pas si vite, mon cadet. Pardonnez-moi, mon jeune cadet, J. J. rouss. Ém. n. || Ironiquement. Voilà un beau cadet! || 4'Gentilhomme qui servait comme soldat et bientôt après comme bas-officier, pour apprendre le métier. Il entra dans les cadets, ou dans une compagnie de cadets, c'est-à-dire entièrement composée de cadets. Éprise d'un cadet, ivre d'un mousquetaire, boil. Sat. x. Il y avait [dans l'armée de Luxembourg] beaucoup de jeunes cadets sans paye, volt. Louis XIV, 9. J'allais devenir militaire, car on avait arrangé que je commencerais par être cadet, J. J. rouss. Conf. iv. Et votre tresse non confuse Semble à ces mèches d'arqnebuse Qu'un cadet porte à son côté, Régnier, Louanges de ilacette. || C'est un cadet de haut appétit, se dit d'un dépensier.

— HIST. xv* s. Après la dite desconfiture, ils se ralierent et vinrent devant une place nommée Malaunoy, dedans laquelle estoit un capitaine gascon nommé le capdet Remounent, Chr. de L. XI, p. 308, éd. in-*'. || xvi* s. Sainte Colombe, allant au dernier assaut de Rouen avec cinquante des meilleurs soldats, y mesle une vingtaine de goujats et cadets, quecen'estoitque feu et bons harquebusiers, brant. Cap. /V. t. iv, p. <30, dans lacurne.

— ÉTYM. Capdet donne l'étymologie : capitet- (IM, diminutif roman de caput, chef (voy. chef); le capdet ou cadet est le petit chef, à la différence de l'atné qui est le premier chef de la famille.

t. CADETTE (ka-dè-f), s.f. Pierre de taille propre pour paver.

— étym. Cadet.

s. CADETTE (ka-dè-f), s. f. La moins longue des deux grandes queues qui servent à atteindre sur un billard les billes trop éloignées.

— ETYM. Cadet.

t CADETTER (ka-dè-té), v. a. Paver avec des pierres de taille.

— ÉTYM. Cadette t .

CADI (ka-di), s. m. Fonctionnaire musulman chargé de régler les contestations civiles et religieuses.

— ÉTYM. Arabe, kddhi, juge.

t CADIL (ka-dil), s. m. Nom d'une mesure de capacité qui valait un litre, dans le système métrique de (794.

— ÉTYM. Diminutif de cade, en latin cadus.

t CAD1SLESKER (ka-di-lè-skêr'), s. m. Juge d'armée ou grand juge chez les Turcs.

— ÉTYM. Arabe, kâdhi, juge, et turc, asker, armée.

CADIS (ka-di), s. m. Sorte de serge de laine, de prix. || Cadisé, même sens. Cadisés ordinaires, Tabl. ann. aux lelt. pat. 22 juill. Poitiers.

— HIST. xv* s. Comment nous seoit.... D'un kamoukas ou d'un cadis, Comment se tailloit un abti Après nos costes et nos cors, froiss. Poésies mss. p. t78, dans lacurne.

— étym. Origine inconnue.

t CADMÉEN, ENNE (kad-mé-in, è-n'), adj. Alphabet cadméen, lettres cadméennes, les seize lettres de l'alphabet primitif des Grecs, lesquelles sont les mêmes que les lettres sémitiques ou phéniciennes.

— ÉTYM. Cadmus, qui, suivant les récits mythologiques, vint de Phénicie en Grèce.

CADMIE (kad-mie), s. f. Terme de l'ancienne chimie. || 1° Cadmie naturelle ou fossile, minéral qui contient du zinc, du fer, quelquefois de l'arsenic, souvent aussi du bismuth, de l'argent et du cobalt. || 2° Cadmie artificielle ou des fourneaux, dite aussi tutie, l'oxyde de zinc sublimé. || 3° Cadmie d'arsenic, l'oxyde blanc pulvérulent qui se forme à la surface des masses de l'acide arsénieux du commerce.

— ÉTYM. Ka3[j.eî«.

CAD

fCADMlFERE (kad-mi-fê-r'), adj. Qui contient du cadmium.

— étym. Cadmium, et ferre, porter.

t CADMIQUE (kad-mi-k'), adj. Qui est relatif au cadmium.

t CADMIUM (kad-mi-om') , s. m. Terme de chimie. Sorte de métal solide, blanc comme l'étain, inodore, insipide, très-brillant, ductile et malléable.

— étym. Cadmie.

CADOGAN (ka-do-gan), ». m. Voy. catogan.

CADOLE (ka-do-1'), s. f. Terme de serrurerie. Loquet ou espèce de pêne qu'on soulève avec un bouton.

— ÉTYM. Peut-être cadere, tomber : la chose qui retombe.

t CADOREUX (ka-do-reû) , ». m. Un des noms vulgaires du chardonneret.

CADRAN (ka-dran), s. m.\\ 1° Plan où les heures sont tracées. Cadran solaire. J'ai un cadran au mi lieu de mon jardin. Comme les architectes et quelquefois les simples maçons savent faire des cadrans, fonten. Varignon. Les Arabes donnaient une attention particulière à la mesure du temps par des clepsydres, par d'immenses cadrans solaires et même par les vibrations du pendule, la place, Exp. v, 3. Le cours du soleil se marque sur un cadran, boss. Connaiss. i, 3. L'ombre seule marque en silence Sur le cadran rempli les pas muets du temps, lamart. Harm. rv, 4. || 2° Par extension et par abus (car le cadran est primitivement carré), le cadran d'une horloge, d'une montre, qui est rond, et qui a permis la locution le tour du cadran, locution impossible avec l'ancien et vrai cadran. || Faire le tour du cadran, aller d'une certaine heure du soir à la même heure du matin. Je me suis couché à huit heures et j'ai fait le tour du cadran. Un jeu effréné où la comtesse passait les nuits et faisait souvent le tour du cadran, st-sim. 76, 242. H Fig. Faire le tour du cadran, passer par un cercle d'idées et revenir au point de départ. La princesse palatine avait commencé par les idées cartésiennes; de là elle avait passé à ne plus rien croire, et, ayant achevé le tour du cadran, elle avait remonté d'elle-même vers la religion, comme plusieurs esprits forts ou libertins de cette époque, chateaub. dans le Dictionn. de dochez. || 3° Etau du lapidaire. || 4° Maladie des arbres, ainsi dite à cause de la disposition des fentes qui se produisent. || Sorte de mollusque gastéropode (trochus perspectivus).

— HIST. xiii* s. Tu es le quadran et l'equerre De la divine vision, j. de meung. Tr. (589. || xiv* s. Un cadran d'or, à un estuy de brodeure, à fleurs de lys et deux boutons de perles, de laborde, Émaux, p. -18t. Un petit cadran d'argent, rond> esmaillié, en un estuy de cuir bien ouvré d'ymages, id. ib. Maistre Robert, faiseur de cadrans à Paris, id. ib. || xvi* s. Quand ilsauroyent les cartes de toutes régions et le cadran de la mer [la boussole], le compas et les instruments astronomiques,... palissy, (32. Le meilleur moyen pour passer seurement sans dommage, c'est de porter avec soi le quadran, qui est la prudence, et la carte, qui sont les beaux preceptesqui découvrent le vray et le faux , lanoue, 603.

— ÉTYM. Provenç. quadrant, quadran; espagn. cuadrante; ital. quadrante; du latin quadrantem, quadrans, de quadrare (voy. carrer) ; ainsi dit parce que les cadrans solaires tracés soit sur un plan horizontal, soit sur un plan vertical, sont toujours en forme de quadrilatère plus ou moins approchant du carré.

t CADRANTS, ËE (ka-dra-né, née), adj. Terme d'agriculture. Qui est attaqué par la cadranure.

fCADRANNERIE (ka-dra-ne-rie ), ». f. Dépôt d'instruments de marine; art de les fabriquer.

f CADRANT (ka-dran), s. m. Instrument dont le lapidaire se sert pour tenir les pierres sur la roue.

t CADRANURE ( ca-dra-nu-r') , s. f. Terme d'agriculture. Maladie des arbres qui se manifeste par des fentes disposées en cadran.

— ÉTYM. Cadran.

CADRAT (ca-dra), s. m. Terme d'imprimerie. Petit morceau de fonte plus bas que les lettres et de la largeur de trois ou quatre chiffres, qui sert à compléter les lignes et à remplir les vides de toute espèce.

— ÉTYM. Quadratus, carré (voy. carrer).

CADRATIN (ka-dra-tin) , s. m. Terme d'imprimerie. Petit cadrât de la largeur de deux chiffres. Demicadratin, cadrât de la largeur d'un chiffre.

— ÉTYM Cadrât.

CADRATUItE (ka-dra-tu-r'), s. f. Terme d'hor-

CAD

logerie. Assemblage des pièces qui meuvent les aiguilles et la répétition d'une montre, etc.

— ÉTYM. Même mot, sauf la prononciation, que quadrature (voy. ce mot).

t CADRATURIER (ka-dra-tu-rié), ». m. Ouvrier qui fait des cadratures.

CADRE (ka-dr'), ». m. || 1° Bordure de bois ou d'autre matière, dans laquelle on place un tableau, un bas-relief, etc. Je ne vous conseille pas de mettre un cadre à cette peinture, sév. 447. Aux plus grossiers de ces dessins je mets des cadres bien brillants, i. i. rouss. Ém. n. || Bien que, étymologiquement, le cadre soit carré, on a oublie l'étymologie, et l'on dit un cadre ovale, un cadre rond. || Fig. La mer d'un côté, des forêts de l'autre formaient le cadre de ce grand tableau [le champ de bataille], chateaubr. Mart. 190. || 2" Terme d'architecture. Bordure de pierre ou de plâtre, ornée de sculptures. || Terme de menuiserie. Sorte d'ornement. || 8° Pièces de bois assemblées pour soutenir les parois d'un puits, le toit d'un filon de mine. || Terme de papeterie. Sorte de châssis. || 4° Terme de marine. Sorte de lit où couchent les officiers, les passagers et les malades. La moitié de l'équipage était sur les cadres, était malade. || 5° Le cadre de feu, sorte de supplice que les sauvages de l'Amérique du Nord font subir à leurs prisonniers. Vous me verrez dans le cadre de feu ; vous entendrez les gémissements de ma chair, chateaubr. Atala, 22(. || 6" Fig. Le plan et l'arrangement des parties d'un ouvrage. L'on y trouve [dans le songe d'Enée] , dans un cadre étroit, tous les genres de beautés qui lui sont propres [à Virgile], chateaubr. Génie, n, v, i4. || 7* Terme militaire. L'ensemble des officiers et sous-officiers d'une compagnie. Conserver des cadres forts et bien organisés. || Figurer sur les cadres d'une compagnie, y être enrôlé.

— ÉTYM. Ital. quadro, de quadrum, un carré (voy. carrer).

CADRER (ka-dré), v. n. S'ajuster comme dans un cadre, avoir de la convenance, du rapport. Vous vous servez d'une comparaison qui ne cadre pas. Toutes choses cadrent au juste à nos desseins, boss. Serm. Quinq. 2. Il faut qu'ils puissent faire cadrer cette vérité avec leurs principes, id. Euch. 2. Admirez comme tant de choses cadrent et s'ajustent au sauveur Jésus, id. Asc. t . Les explications ne cadrent pas avec le texte, id. Préf. Je ne vois pas comment le déluge y pourra plutôt cadrer que ces autres prodiges, id. Lett. <39. Pour faire cadrer ce temps au juste, m. Hist.n, 4. Il est utile de cadrer aux autres, la bruy. 6. Les livres cadrent mal avec le mariage, mol. Femm. sav. v, 3. Cet événement n'a pu cadrer fortuitement avec la prophétie, J. j. rouss. Ém. iv. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— REM. On dit cadrer à, et cadrer avec.

— HIST. m* s. L'archevesque leur demanda des députez pour apprendre si leur opinion quadrait à la leur, Mém. sur Duguesclin, t8. Ceux qui les mythologisent, en choisissent quelque visage qui quadre bien à la fable, mont, h, tôt.

— ÉTYM. Quadrare, faire un cadre, carrer (voy. carrer). On écrivait, étymologiquement, quadrer.

CADUC, CADUQUE (ka-duk, ka-du-k'), adj.

|| 1* Qui tombe ou qui est près de tomber. Maison vieille et caduque. Quel architecte est celui qui, faisant un bâtiment caduc, y met un principe pour se relever dans ses ruines I boss. Connaiss. îv, 2. || 2° Par extension, santé caduque, santé qui tombe. || Âge caduc, âge qui tombe, se casse et s'affaisse par le poids des ans. Mon père tout caduc émouvant ma pitié....corn. Médée, i, K Une famille.... ne pourrait subsister toute seule, si elle était uniquement composée ou de vieillards caducs ou... bern. de stpierre, Harm. 1. vi. Science des enf. Tuer un chien devenu caduc au service de la famille, c'était une sorte d'impiété, chateaubr. Génie, m,v, 6. Achève donc ton ouvrage, Viens, ô favorable mort, De ce caduc assemblage Rompre le fragile accord, j.b. rouss. Odes, iv, 9. || 4" Terme de jurisprudence. Legs caduc, legs annulé pour vice de forme , refus ou incapacité. || Donation caduque, donation non valable. Lot caduc, lot non réclamé. La dot était caduque après la mort de la femme, montesq. Espr. xxih, 21. || Voix caduque, voix annulée dans un scrutin. Etant de même avis [le père et le fils, ducs et pairs à la fois], leurs voix ne seraient comptées que pour une; et d'avis différents, elle serait caduque, st-sim. 299, -100.

Par extension. La comparaison que vous pouvez faire entre le royaume de Jésus-Christ et ceux de la terre est caduque, boss. Var. (5. || 5° Le mal caduc, Pépilepsie ou le haut mal. || 6* Terme de botanique. Qui ne persiste pas, qui tombe vite. Corolle,

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