‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 257 sur 403 · CAF · texte numérisé non relu

CAF

d'un mnttre cafard, volt. Apol. du ktxe. Peut-être un cafard qui sait peindre Jusqu'au charme de la vertu, bérano. Portrait. Au demeurant, il faisait le cafard , la pont. Herm. || 2° Adj. Avoir l'air cafard , la mine cafarde. || Damas cafard, damas mêlé de soie et de fleuret. || 3" Nom, dans quelques provinces, de la blatte, insecte qui recherche les endroits chauds, dite aussi bête noire (blatta orientalis).

— SYN. cafard, bigot. Le bigot est livré à des pratiques minutieuses de dévotion , il ne les affecte pas; il les suit par inclination ou par éducation. Le cafard, en tant qu'il n'est pas hypocrite, est le bigot faisant montre et parade de sa dévotion, et l'affectant dans son maintien, dans l'expression de ses traits, dans son langage.

— HIST. xvi* s. Lui aiant jusques ici plustost senti l'atheiste que le caphard, d'aub. llitt. m, 490. Ce mot de caphard très odieux a esté mis en usage par les huguenots pour dénigrer l'honneur de la prestiïse, garasse, lie cherche des recherches, p. 7(8, dans lacurne. C'est, à parler sainement, toujours pris en mauvaise part pour un religieux qui a fait banqueroute à sa sainte profession, et jeté le froc aux orties, lêon tripault, Celthellenisme , dans lacurne.

— ÉTYM. Ménage y rapporte le catalan cafre, infidèle; espagn. et portug. cafre, dur, cruel; de l'arabe kdfir, infidèle, mécréant. Au contraire Du Cange le tire de caphardum ou chabbardum, sorte de vêtement qui est mentionné, au xiv* siècle, dans des statutsd'université. Le fait est que d'Aubigné écrit caphard, et qu'on ne voit pas comment le mot arabe kdfir, avec son dérivé roman cafre, aurait pris le suffixe ard. L'étymologie de Du Cange est la plus vraisemblable ; mais il ne nous apprend rien sur l'origine de capliardum même.

CAFARDERIE (ka-far-de-rie), t. f. Manières du cafard.

— HIST. xvi* s. Le roy disoit à l'amiral, demi en collere, demi riant : Ce vieux bigot avec ses cafarderies fait perdre un bon temps à ma grosse sœur Margot, d'aub. Ilist. II, 12.

— ÊTYM. Cafard.

CAFARDISE (ka-far-di-z'), s. f. Acte de cafard.

— HIST. xvi* s. Cafardise, cotgrave.

— ÉTYM. Cafard.

CAFÉ (ka-fé), ». m. || 1° Graine du cafier. Café Bourbon, café Moka, ou café de Bourbon , de Moka. Gafé en coque ou en cerise. Café mondé. Café en poudre. Marc de café. C'est toi, divin café, dont l'aimable liqueur, Sans altérer la tète, épanouit le cœur, delille, Les trois règnes, vi. || Par abus, l'arbre même qui le produit. Le café avait été transporté, en 1726, dans nos îles de l'Amérique par M. Desolieux, depuis chef d'escadre, à qui M. Dufai en avait confié quelques pieds ; manquant d'eau dans la traversée, il avait conservé ce dépôt précieux aux dépens de son propre nécessaire, condorcet, Maurepas. || 2° Breuvage fait par infusion d'eau bouillante, avec le café brûlé et moulu. L'usage de l'infusion de café ne parait pas remonter au delà du xv* siècle; il fut introduit en Europe au commencement du xvn*, à Marseille en 1654. J'avais pris mon café, sêv. 159. Il prenait du café pour s'empêcher de dormir et travailler davantage ; et puis, pour rattraper le sommeil, il prenait de l'opium , fonten. Bourdelin. Aux dîners d'Agathe, Au lieu de café, Vite une sonate, bérang. Musique. || Tasse à café, une tasse pour prendre le café. Une tasse de café, une tasse pleine de café. || L'heure où l'on prend le café. Ne m'attendez pas pour dîner, je viendrai seulement au café. || Café au lait, café dans lequel on met une certaine quantité de lait, et qu'on prend avec du pain. || Couleur de café ou couleur café ; couleur de café au lait, ou couleur café au lait, couleur qui est celle du café, du café au lait. || 3° Abusivement, café de chicorée , poudre de racines de chicorées rôties. || 4" Lieu public où l'on prend du café ou d'autres breuvages. Restaient [chez la veuve de Maisons] les nouvelles, les petites intrigues, les cabales du parlement, un reste de tribunal en peinture qui ressemblait beaucoup à un café renforcé, qu elle faisait valoir tout ce qu'elle pouvait, saint-simon, 401 , 238. Vous vous appelez Fabrice? — Oui, monsieur; en quoi puis-je vous servir? — Vous tenez un café et des appartements?— Oui, volt. l'Écossaise, ni, 4. || 5° Populairement. Voilà qui est fort de café, c'est un procédé intolérable, une assertion étrange.

— ÊTYM. Arabe cahwa ou chawe; espagn. café; ital. caffè ; angl. coffee.

CAFÉIER (ca-fé-ié), s. m. || 1" Voy. cafier. || 2° Propriétaire d'une caféière.

— êtym. Café.

CAG

CAFEIERE(ca-fé-iê-r'), s. f. Plantation de cafier»

— ÉTYM. Caf?ier.

t CAFÉINE (ka-fé-i-n"), t. f. Terme de chimie. Principe cristallisable découvert dans le café, dans le cacao et dans les feuilles du thé.

t CAFÉ1QUE (ca-fé-i-k') ou CAFIQUE (ca-fi-k"), adj. Terme de chimie. Acide caféique, acide trouvé dans le café, qu'on avait cru être un acide particulier et qui est de l'acide gallique.

CAFETAN (ka-fe-tan), s. m. Pelisse d'honneur que les souverains de la Turquie ont coutume d'offrir aux personnages de distinction et surtout aux ambassadeurs des puissances étrangères. || Par extension et plaisanterie. Voilà ce que j'ai dit en voyant le cafetan dont V. M. m'a honoré, volt. Lett. à Cath. 18.

— ÉTYM. Kaftân, mot turc.

fCAFÈTERIE (ka-fè-te-rie), ». f. Plantation de cafiers.

— ÉTYM. Café.

CAFETIER (ca-fe-tié) , t. m. Celui qui tient un café.

— ÉTYM. Café.

CAFETIÈRE (ka-fe-tiê-r'), *. f. Vase de poterie ou de métal qui sert à faire ou à contenir le café.

— ÊTYM. Café.

CAFIER (ka-fié), s. m. Arbre originaire de l'Arabie, transplanté en Amérique et aux Indes, dont le fruit rouge et de la grosseur d'une cerise contient des grains qui sont le café. || On dit aussi caféier.

— ÊTYM. Café.

CAFTAN (kaf-tan), s. m. Voy. cafetan.

CAGE (ka-j'), s. f. || 1* Petite loge portative où l'on a des oiseaux vivants. Oui, mais j'aperçois des réseaux ; En cageon mettra les oiseaux, bérang. Enrh. || 2° Loge portative ou non, garnie de barreaux, pour renfermer des animaux et même des hommes. Don Quichotte fit ouvrir la cage des lions. Un renard que Martin porte au Louvre en sa cage, Régnier, Sal. x. Louis XI fit enfermer le duc de Nemours dans une cage de fer à la Bastille, volt. Mœurs,**. Ce n'est point dans une ménagerie où l'on tient en cage les secrets de Dieu qu'on peut apprendre à connaître la sagesse divine, chateaubr. Génie, i,v,4. || Familièrement. Mettre un homme en cage, le mettre en prison. Nos gens sortent de cage, la font. Rém. || 3° Terme d'architecture. Laçage d'une maison, les quatre gros murs. La cage d'un escalier, l'espace qu'il occupe. La cage d'un clocher, d'un moulin à vent, l'assemblage de charpente qui en forme le corps. || 4° Loge de verre d'une pendule. || L'espace compris entre les deux platines d'une montre. || Ensemble des pièces qui meuvent le métier à bas. || Treillis d'une boutique d'orfèvre. || Coffre à poisson. || Grillage de bois près de la bonde d'un étang. || 5° Terme de pêche. Sorte de nasse. || 6° Terme de marine. Synonyme de hune et de baille. || Proverbes. 11 vaut mieux être oiseau de campagne qu'oiseau de cage, c'est-à-dire rien ne vaut la liberté. || La belle cage ne nourrit pas l'oiseau, c'est-à-dire on peut, ayant du luxe, manquer du nécessaire.

— HIST. xin* s. Sa cage [le lion] a derompue et toute depecie, Perte, h. Il fist prendre le calife et le fist mettre en une cage de fer, et le fist jeunner tant comme l'on peust faire homme sanz mourir, joinville, 278. || xiv* s et li aigles sera Mis en une prison et mis en une cage, Guesclin, 8974 Diex fu

engrans [courroucé] De penre [prendre] crueuse vengeance, Si que tan tost, sans plus attendre, Pour justice et vengeance prendre, Fist la mort issir de sa cage, Pleine de foursen et de raige, machault, p. 73. L'en ne peut mie si legierement reprendre son oisel, quant il est eschappé de la cage, comme de garder qu'il ne s'envole, Ménagier, i, 6. || xv s. Iceulx par plusieurs fois vers Chasteaumorant à conseil se mirent, pour adviser qu'ils pourraient faire pour estre tirés hors de celle caige, Doucic. u, ch. 29. Certain engin, appelé caige, pour prendre les sangliers, du cange, cagia. Pescher à la main et à la caige, id. t'6.

— ÉTYM. Bourguig. caige; wallon, chat'ue/namur. chaife; provençal moderne, gavi, s. m.; espagn. c-t port, gavia; ital. gabbia et gaggia; Venise et Sardaigne, cabbia; du latin cavea, de même radical que cavus, creux (voy. cave).

T CAGÉE (ka-jée) , s. f. Une pleine cage d'oiseaux.

— ÉTYM. Cage.

t CAGEROTTE (ka-je-ro-f), s. f. Forme d'osier pour faire égoutter les fromages.

— HIST. xvi* s. Terrines, couloires, faissellps, esclisses, cagerotes, chazieres et semblables servans à ce mesnage [fabrication du fromage], o. de serres, 287.

— ÉTYM. Diminutif de cage,

CAG

CAH

CAI

fCAGETTK (ka-jè-f), s. f. Petite cage; trébuchet.

— 11IST. xiv s. Une cagete de fust et une bourco de toille à fauconnier, du cange, cagia.

— êtym. Diminutif de cage. Basse-Bourgogne, cagette, petite forme en osier pour égoutter les fromages.

tCAGIKR, 1ÈRE (ka-jié, jiê-r'),s.m. et f. Celui, celle qui fait et vend des cages. || Terme de fauconnerie. Celui qui porte les faucons ou autres oiseaux île chasse à vendre.

— ETYM. Cage.

CAGNARD, ARDE (ka-gnar, gnar-d'; le d ne se lie pas : ka-gnar et indolent; de même au pluriel : ka-gnar et indolents; d'autres prononcent l's, disant: ka-gnar-z et indolents), adj. Terme du langage familier. ||1* Qui a la fainéantise du chien. Un homme cagnard. Une viecagnarde. || Substantivement. C'est un cagnard. Gens aimantleursfoyers et qu'on nomme cagnards, hauter. Nobles de province, v, l. || Populairement, lâche, poltron. || 3" S. m. Sorte de fourneau du cirier. || Termede marine. Abri fait sur le pont d'un navire, au moyen d'une toile goudronnée, pour les matelots de service qui veulent se préserver de la pluie et du froid.

— H1ST. xvi# s. Comment osez vous présumer, Gagnars, bejaulnes, decongneuz, Par vos faux blasons diffamer Les vaisseaux dont estes venuz, J. mahot, v, 304. En un si long voyage, vous serez arresté misérablement en un caignard [coin], où tout vous manquera, mont, iv, (15. 11 vit une grosse et potelée cagnardiere demandant l'aumosne à la porte d'un temple un dimanche, paré, xix, 22. Quant au mot de caignard, cela dépend d'une histoire dont je puis estre témoin; de tant qu'en ma grande jeunesse, ces fainéants arvoient accoustumé au temps d'esté de se venir loger sous les ponts de Paris.... ce lieu estoit appelé le caignard, pasquier, Recherches, vin, 42.

— ÊTYM. Cagne, usité encore dans le xvii* siècle pour chienne et prostituée; de l'italien cagna, chienne, de cane, chien (voy. chien).

CAGNARDER (ka-gnar-dé) , v. n. Vivre en cagnard. || Se conjugue avec l'auxiliaire avoir et est familier.

— HIST. xvi's. L'une aux armess'adonne, et l'autre sa paresse Caignardeen sa maison, l'autre hante la court, J. du bellay, vin, 50, verso. Jamais en nulle saison Ne cagnarde en ta maison : Voy les terres estrangeres, ronsard, 669.

— ÊTYM. Cagnard.

CAGNARDISE (ka-gnar-di-z'), s. f. Acte de cagnard, vie de cagnard.

— ÉTYM. Cagnard.

CAGNEUX, EUSE (ka-gneû, gneû-z'), adj. Qui a le genou en dedans et le pied écarté en dehors : ce qui est une mauvaise conformation. Homme cagneux. Il a les jambes cagneuses. || Substantivement.

Un cagneux. Une cagneuse Qui fourmillent de

bossus, de boiteux, de cagneux, j. j. rouss. Ém.i.

— ÊTYM. Cagne, chienne; ital. cagna; ainsi dit, d'après Ménage, parce que les chiens, et particulièrement les bassets, sont cagneux.

f CAGNOT (ka-gno), s. m. Un des noms vulgaires du chien de mer ou milandre.

— ÊTYM. Canis, chien.

CAGOT, OTE (ka-go, ka-go-t'; le ( ne se lie pas dans la conversation; au pluriel l's se lie : deska-go-z insolents; cagots au pluriel rime avec dos, maux, faux, etc.), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui a une dévotion suspecte et déplaisante. Un cagot. Une cagote. Quoi! je souffrirai, moi, qu'un cagot de critique Vienne usurper céans un pouvoir tyranniquel mol. Tart. i , 4 . Il faut aller massacrer ces cagots , la font. Cord. Que son front doux et serein Est à mon gré préférable Au visage sec, chagrin De ce cagot qui du diable Craint partout l'esprit malin! lafare, Ode 6. || Adjectivement. Un ton cagot. Une mine cagote. || 2° Peuplade des Pyrénées affectée d'une sorte de crétinisme.

— syn. cagot, bigot. Le bigot est le dévot dont l'esprit est étroit, petit, attaché aux minuties; c'est un terme de dédain, mais qui n'implique aucun autre blâme. Cagot au contraire est un terme tout à fait injurieux, exprimant une dévotion suspecte à double titre, soit parce qu'on la trouve agressive et offensante, soit parce qu'on ne la croit pas sincère.

— HIST. xv* s. Estoit lieutenant du prevost un gros villain comme un cagoux, Journal de Paris sous Charles VI et Vif, an 1436, p. 466, dansLACURNE. |l xvr s. Got, en langue germanique , signifioit Dieu ; et delà nous tirons les mots de bigot et cagot ,

pour dénoter ceux qui avec une trop grande superstition s'addonnent au service de Dieu, pasquier, Recherches, vm, 2. Les gens souffreteux, cagots ou avares, rabel. Pant. iv, 46.

— ÊTYM. Provenç. cagot; bas-lat. cagoti. DesGoths et des Arabes s'étant réfugiés, sous les derniers Mérovingiens, au pied des Pyrénées, reçurent des habitants le nom injurieux de cagots, c'est-à-dire canes gothi, chiens de Golhs (voy. michel, Ilist. drs races maudites , I, p. 284). On donne encore aujourd'hui ce nom à une race ou caste desquelles les autres habitants se tiennent séparés. Cette dénomination injurieuse attribuée à des gens dont la foi était suspecte aura pu passer facilement au sens actuel de cagot. On a indiqué une autre étymologie : cap, tête, en provençal, et l'allemand Gotl, dieu : par la tête de Dieu, affirmation par laquelle on pourrait avoir dénommé les hypocrites. Mais cette étymologie, pour laquelle on n'a point d'intermédiaire, a contre elle l'ancienne forme cagolus qui ne s'y rapporte pas.

CAGOTERIE (ka-go-te-rie) , s. f. Action de cagot, manière d'agir du cagot. Et l'insolent orgueil de sa cagoterie, mol. Tart. m, 4. Quoique je ne m'attendisse pas à lui trouver la petite cagoterie des dévotes, j. j. rouss. Hél. vi, It.

—ÊTYM. Cagot.

CAGOTISMÉ (ka-go-ti-sm') , s. m. Esprit, caractère, manière de penser du cagot. Lui qui connaît sa dupe et qui sait en jouir, Par cent dehors fardés a l'art de l'éblouir; Son eagotisme en tire à toute heure des sommes, Et prend droit de gloser sur tous tant que nous sommes, mol. Tart. I, 2.

— ÊTYM. Cagot.

CAGOUILLE (ka-gou-lT, Il mouillées), s. f. Ancien terme de marine, qui signifiait la volute ornant le haut de l'éperon d'un vaisseau.

— ÊTYM. Cagouille, colimaçon dans le parler de l'Angoumois.

t CAGOULE (ka-gou-P), s. f. Sorte de vêtement de moine, ample et enveloppant tout le corps, mais qui est sans manches, à la différence du froc qui a des manches.

— HIST. xvi* s. Inclination naturelle, aux frocs et cagoulles adhérente, rab. dans lacurne.

— ÊTYM. Probablement de cuculla, cucullus, sorte de vêtement des moines.

CAGUE (ka-gh'), s. f. Termede marine. Petit bâtiment hollandais pour la navigation des canaux.

— êtym. Hollandais, kag.

CAIIIER (ka-ié; IV ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : des ka-ié-z écrits) , s. m. || 1° Assemblage de plusieurs feuillets de papier ou de parchemin réunis. || 2° Cahiers d'un cours, leçonsd'un professeur mises par écrit. || 3° Autrefois, mémoires adressés au souverain par un corps de l'Etat. Cahier de doléances. Les cahiers du clergé, du tiers état. || 4° Cahier des charges, état des clauses et conditions d'une adjudication publique. || 5° Cahier de frais, mémoire ou état des frais. Terme vieilli en ce sens.

— HIST. xui* s. Aristotes à Alixandre Enseigne et si li fait entendre En son livre versié, Enzel premier quaier lié, Comment il doit el siècle vivre, Et Rutebeus l'a trait dou livre, ruteb. 285. || xv* s. Là deçà et delà queroit, En cherchant plusieurs vieux cayers, Car le vray monstrer me vouloit, ch. d'orl. Bal. 140. Quayer getta au feu felonnement ; rioit sur les uns et les baisoit; sur les autres cracha par vilonnie, et les foula des pies, G. chastelain, Exp. de vér. mal prise.

— ÉTYM. Quouex, cahiers, dans un texte de i 372, Bill, des Chartes, 3* série, t. i, p. 228. Origine obscure. Les mots des autres langues romanes, ital. quaderno, catal. cuern, se rapportent au bas-latin quaternum, cahier de quatre feuilles; serait-il possible que qualernarium eût été contracté en quaier? Il y a dans l'ancien français carreignon, cahier (Blanchandin fistunbrief escrire, Puis mistle carreignon en cire, du cange, ceraculum) : par conséquent quaternarium aurait donné carreier ; pour de là passer à cahier, il faut admettre une forte altération, non impossible en un mot très-vulgaire. On trouve cahier de chandelles (godefroy, Annotations sur l'Hist. de Charles Vf, p. 708) qui signifie probablement un paquet de quatre chandelles et qui se montre encore sous la forme cahoer. Ces rapprochements portent à considérer cahier ou cahoer ou quouex, comme une dérivation très-irrégulière de quaternarium, et écartent d'autant la conjecture de Diez qui proposait de rattacher cahier à une forme codicarium , issue de codex, livre.

CAHIN-CAHA (ka-in-ka-a), adv. Tant bien que mal, avec peine, de mauvaise grâce. L'affaire va cahin-caha. Use porte cahin-caha. Il a fait son de-

voir, mais cahin-caha. Aujourd'hui ce n'est plus cela; Un commis sans peine Gagne une Climîne; et dès qu'à Vincenne En fiacre il la mène, La vertu va Cahin-caha, panard. Chansons. [| Terme familier.

— HIST. xv* s. Examiné cahy, caha À qui appartient ce mignon, Dist qu'elle ne scet rien de cela, coquillart, Enquête de la simple et de la rusée. || xvic s. En cestuy bas estât, en gaignant cahin caha sapoure vie, rab. Garg. iv, Prologue.

— ÊTYM. Du latin qua hinc, qua hac, par-ci, par-là.

CAHOT (ka-o; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel l's se lie : les ka-o-z et la fatigue; cahots rime avec dos, maux, faux), s. m. || 1" Espèce de saut que fait une voiture en roulant sur un terrain pierreux ou mal uni. Je n'aime pas le cahot des voitures. Il vient un cahot qui vous culbute, sêv. 348. || Par extension, la cause même du cahot. Un chemin plein de cahots. || 2° Fig. et familièrement, difficulté, obstacle. C'est une affaire difficile et qui aura bien des cahots.

— ÊTYM. Ce mot est peut-être une onomatopée ; voyez cependant cahoter.

CABOTAGE (ka-o-ta-j') , s. m. Suite ou répétition de cahots. Le cabotage de cette voiture m'a brisé.

— ÉTYM. Cahot.

CAHOTANT, ANTE (ka-o-tan, tant'), adj. Qui fait faire des cahots. Un chemin cahotant. Une voiture cahotante, voiture que la moindre cause fait cahoter.

CAHOTÉ, ÉE (ka-o-té, tée), part, passé. Cahoté dans une voiture très-dure. Il y avait dans la chaise roulante un jeune homme grossièrement vêtu; sa petite femme était cahotée à côté de lui, volt. Jeannot.

t CAHOTEMENT (ka-o-te-man), s. m. Action de canoter.

CAHOTER (ka-o-té), v. a. || 1° Causer des cahots. Mais de quel coche ici me venez-vous parler? — Du coche le plus rude où mortel puisse aller; Et je ne pense pas que de Paris à Rome Un autre, tel qu'il soit, cahote mieux son homme, regnard, if en. vm, 5. || Absolument. Une voiture mal suspendue cahote toujours. || 2° Fig. et familièrement, ballotter, tourmenter. Il fut longtemps cahoté par la fortune.

— ÊTYM. Cahot; wallon, kihoter, où ki est l'équivalent wallon du préfixe con, de sorte que, d'après cela, cahoter équivaudrait à con-holer. Maison ne connaît pas de verbe hoter, à moins qu'on ne le rattache à hotte. '

CAHUTE (ka-u-t'), s. f. Petite loge, mauvaise hutte. Le vice-consul allemand, logé dans une méchante cahute de plâtre, m'offrit à souper, chateaub. Itin. 30.

— HIST. xii" s. De joins [joncs] et de feuchière Estoit couverte la chahute, ernous caupains, ms. de poésies fr. dans lacur^. || xiv's. Je lui ferai perdre sa quahute et son corps; et appelloit sa quahute une vieille maison où il demeuroit, nu cange, calma. || xvi* s. Abraham est demeuré en foy en la terre promise, comme estrangier, habitant en cahusttes avec Isac. et Jacob, calv. fnslit. 332. Demeurant en une cahuette couverte de chaulme, Sat. lien. p. toî.

— ÊTYM. Bas-lat. cahua-, cahuca. On disait aussi cahuet pour capuchon : Aucuns sont en figure de capuchon ou cahuet de moine, paré, i, 8. Origine inconnue. Que hutte soit dans le mot (ca-hute, hutte, avec le préfixe péjoratif ca; voy. ca.... préfixe), c'est ce qui devient douteux quand on voit cahuette elqualiute. La forme primitive paraît être cahue; Scheler propose l'ail, kaue, réduit.

fCAICHE (kè-ch'), s. f. Terme de marine. Petit bâtiment qui a un pont, qui porte une corne et qui est maté comme le yacht. Quand elle [la flotte commandée par Tourville] vit celle des ennemis qui l'attendait sur le cap ue Barfieur , composée de quatre-vingt-onze vaisseaui, sans compter vingtun autres qui étaient à vue, il y avait cinquante brûlots et un nombre infini de caiches, de flûtes et de frégates d'avis, llelation de la bat. de la llougue, i dans jal. 11 faut que vous fassiez bâtir deux ou trois | caiches de six, huit et douze pièces de canon, pour servir de galiotes à donner des avis dans les armées navales, faire la guerre aux petits corsaires de Salé, et aller de port eu port, même aux Iles d'Amérique, faire la guerre aux vaisseaux étrangers qui veulent y aborder, colbert, à de Seuil , dans jal.

t CAÏD (ka-id), s. m. Titre, dans les États barbaresques, des gouverneurs de provinces ou de villes, des chefs militaires.

— ÊTYM. Arabe, kâid, chef, de kdia, conduire. CAÏED (ka-ieu), t. m. Terme de botanique. Petite

bulbe produite par une autre bulbe qui la remplace

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