‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 263 sur 403 · GAP · texte numérisé non relu

GAP

tive son obéissance , malh. v , 28. Soumettre notro raison en la captivant sous le joug de la foi, bourd. Car. i, Rel. chr. 270. Sacrifiant nos lumières, captivant notre raison, mass. Panég. Un saint mart. Tout fidèle doit captiver son entendement, flf.ch. Dauphin. || Absolument. Les observances deviennent pénibles; la prière, loin de consoler, gêne et captive , mass. Panég. Prof, relig. sirmon 2. || 3* Séduire, gagner. Captiver son auditoire. [Ils] trouvent le secret de captiver les sens , corn. Sert. n, 2. Pour charmer le vulgaire, Pour captiver un peuple inquiet et jaloux, volt. Sophon. Y, t. Je la vis capliver et le peuple et l'armée, id. Sémir. n, 4. Arts trop pernicieux dont l'éclat les caplive, id. Tancr. i, 4. Les femmes cherchent à captiver les hommes de parti , dider. Ess. sur Claude. || 4" V. réf.. Se captiver, se rendre captif, attentif, soumis. Il faut savoir se captiver. Ce qui le plus me désespère, C'est cet amant parfait et si digne de plaire Oui se captive sous ses lois, mol. Psyché, îv, 4. Pendant que tu disais en ton cœur rebelle : je ne puis me captiver.... Boss. Anne de Gonzague.

— HIST. xv* s. Infidélité naist de l'orgueil de l'entendement qui ne se veut soumettre ou captiver pour obéir à la Sainte Ecriture, oerson, dans le Dict. de dochez. || xvi" s. Dieu accepte notre obéissance, moyennant que nous captivions et mations tous nos sens et désirs pour le» rendre sujets à lui, calv. 238. L'or des cheveux me captive, du bellay, vii, 24, verso. Je captive ayséement mes créances soubs l'auctorité des opinions anciennes, mont, ii, 16. Le plus grand nombre, au lieu de hausser quelques fois l'esprit, le rabaissent tousjours, et le captivent en la fange de la terre, lanoue, 628. Quand vous aurez captivé le cœur le tous les François, d'aub. Vie, xcin. Apprenons à nous captiver et brider nostre appétit, paré, xxiv, 63. Nostre ame, serve et captivée soubs l'auctorité des leçons d'aultruy, mont, i, 4 61. Il faut ouyr, considérer et faire compte des anciens, non s'y captiver qu'avec la raison, charron, Sagesse, préf. de la 2' édit.

— ÉTYM. Provenç. captivât; espagn. cautivar; portug. cativar; ital. coltiuarc; de captivare, de captivus (voy. captif).

f CAPTIVERIE (ka-pti-ve-rie), s. f. Termede traite. Grand bâtiment dans lequel on renferme les nègres au Sénégal avant de les expédier aux colonies. Vieux.

— ÊTYM. Captif.

CAPTIVITÉ (ka-pti-vi-té), s. f. || l'État decaptit Tenir en captivité. Racheter de captivité. || 2° Fig. La captivité dans laquelle nous tiennent les passions. L'âme menée de captivité en captivité, captive d'ellemême, captive de son corps, boss. La Vallière. || Au plur. D'un amour si parfait les chaînes sont si belles, Que nos captivités doivent être éternelles, corn. Héracl. i, 4. S'élever au-dessus des captivités où Dieu permet que nous soyons à l'extérieur, boss. dans girault-duvivier (qui ajoute : Corneille et Bossuet ont employé ce mot au pluriel; et en effet un tel pluriel rend la pensée et exprime toutes les sujétions qui enchaînent). || 3° Absence de liberté causée par les occupations, par une contrainte quelconque. Cette place me tient en captivité. Vous tenez trop vos enfants en captivité.

— HIST. xii* E tuz menad en chaitivier, le rei meïme, e les princes, et les vaillanz cumbateurs dis milie, Rois, 433. Kar tu l'menas de Egypte hors de servage, e de anguisse e de cheitiveisun, t'b. 264. || xui" s. Et quant crestien repairoient de cativisons tout nu, il les faisoient reviestir selonc ce qu'il estoient, Chr. de Bains, 240. ||xv*s. Il relâcha la chetiveté des Juifs qui estoyent en Egipte, chr. de pisan, Hist. de Ch. V, m, ch. 42. Ung qui se essaiast de le getter dehors de la captivité où il est, Bibl. des chartes, 4* série, t. i, p. 267. || xvi's. Homme aimé des dieux, et envoyé expressément pour délivrer la Sicile de captivité, amyot, Timoléon, 24.

— ÊTYM. Provenç. captivilat; espagn. cautividad; ital. cattività ; de captivitatem, de captivus, captif. L'ancienne forme française est chetiveté . a côté de laquelle est chetivoison (répondant à un baslatin captivationem) et chaitivier (répondant à un bas-latin captivarium).

CAPTURE (ka-ptu-r'), s. f. Action de prendre. Se dit : 4° quand on arrête un homme par ordre de justice : on a repris un forçat évadé ; c'est une heureuse capture; 2° quand un corsaire fait une prise : la capture de plusieurs bâtiments de commerce; le bâtiment pris se nomme aussi une capture : il conduisit heureusement ses captures à Brest; 3° quand les soldats font quelque prise à la guerre: 4" quand les employés de la douane saisissent des njarchan-

CAP

dises de contrebande. || Familièrement. Vous ailez à la pêche, eh bien! bonne capture! || Ironiquement. Ah! il a épousé cette fille, il a fait là une belle capture !

— HIST. xvi* s. Un inquisiteur de la foy n'a capture ou arrest en ce royaume, sinon par l'ayde et autorité du bras séculier, pithou, 37. M. de Vieilleville répliqua, que le tout dependoit de la capture, et qu'ils n'estoient pas assez forts pour l'arrester, carloix, iv, 4.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. captura; ital. cattura; de captura, de capere, prendre.

CAPTURÉ, ÉE (ka-ptu-ré , rée), part, passé. Les navires de commerce capturés par l'ennemi.

CAPTURER (ka-ptu-ré), v. a. Faire capture. Capturer un débiteur contre lequel il y a prise de corps, un bâtiment de commerce, des marchandises do contrebande.

— êtym Capture.

CAPUCE (ka-pu-s'), s. m. || 1° Morceau d'étoffe grossière taillée en pointe . qui couvre la tête des capucins, à la différence des bénédictins, des bernardins et des célestins qui portent un capuchon. 1! dit sous son capuce.... lafont. Herm. || 2° Partie supérieure de certaines gardes de sabre ou d'épée.

— ÊTYM. Ital. cappuccio, augmentatif de cappa (voy. chape).

f CAPUCUE (ka-pu-ch'), s. f Sorte de coiffure de femme en étoffe légère. Synonyme de capeline.

— ÊTYM. Le même que capuce.

CAPUCHON (ka-pu-chon), s. m. || 1" Vêtement de tête, qui se rabat ou se rejette en arrière, à volonté. Le capuchon fait partie de l'habillement de certains moines. Rabelais, ce fou si sage. Lui légua par parenté Un capuchon dont l'usage En fait un sage en galté , bêrang. Ermite. \\ Prendre le capuchon, se faire moine. || 2° Par analogie objet en forme tie capuchon. Trois lampes auxquelles M. de Wolmar a fait ajouter des capuchons de fer-blanc, j. J. rouss. Hél. v, 7. || 3" Terme de botanique. Boursouflure en forme de sac ou de casque qu'on remarque dans les pétales de certaines plantes, comme les aconits. || 4° Terme de marine. Espèce de coiffe goudronnée que l'on met sur le bout des haubans.

— HIST. xvi* s. Trois moynetons et novices, ayans chacun le casque en teste dessous leurs capuchons, Sat. ilénipp. 1 2. Le muscle appelle trapèze . vulgairement capuchon de moine, paré, iv, 4».

— ÊTYM. Augmentatif de capuche ; bourguig. caipuchon.

CAPUCHONNÉ , ÉE (ka-pu-cho-né , née), adj. Terme de botanique. Qui est en forme de capuchon. Pétales capuchonnés.

— ÊTYM. Capuchon.

CAPUCIN, INE (ka-pu-sin, si-n') , f. m. et f. || 1" Religieux, religieuse d'un des ordres de Saint-François. Les capucins sont religieux réformés (en 1 62r,) de l'ordre de Saint-François, reçus en France sous lo règne de Charles IX, à la recommandation du cardinal de Lorraine. || Barbe de capucin, 1 mgue barbe. || Parler comme un capucin, parler du nez. ||2'Fig. et familièrement, homme qui affiche une dévotion étroite. Je n'ai jamais vu sur notre théâtre un vieillard attendrissant; Sarazin même ne jouait Lusignan [dans Zaïre] que comme un capucin, volt. Lettr. d'Argental, 46 mai 4767. || X la capucine, locution familière pour dire en capucin, avec une dévotion étroite. Les sermons du P. Séraphin, dont il répétait souvent deux fois de suite les mêmes phrases, étaient fort à la capucine, st-simon, 35, 464. 1 1 3" Capucin de carte, carte que les enfants plient longitudinalement pour la faire tenir droite, et àlaquelle ils font une entaille en angle aigu, qu'ils retournent en la relevant pour lui dominer l'air d'un capuce; ces capucins, rangés à la file et assez près, tombent les uns sur les autres quand on fait tomber le premier. De là les locutions : ils tombèrent comme des capucins de carte; ils ne tiendront pas plus que des capucins de carte. ||4' Barbe de capucin, nom de la salade de chicorée sauvage étiolée.

— HIST. xvi' s. Pour n'estre continent, je ne laisse d'advouer sincèrement la continence des feuillants et des capuchins, mont, i, 262,

— ÊTYM. Bourguig. caipuchain; picard, capuchin ; de l'ital. cappucino, do cappucio, capuce, à cause du capuchon que portent les capucins.

CAPUCINADE (ka-pu-si-na-d'), s. f. Terme familier. Plate tirade de morale ou de dévotion. Débitant d'un ton de racoleur ses capucinades, j. i. rouss. Conf. a., || Affectation de dévotion. Faire une capucinade.

— ÊTYM. Capucin.

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