‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 276 sur 403 · CACSTIQUË (kô-sti-k'), adj. || i* Terme de · texte numérisé non relu

CACSTIQUË (kô-sti-k'), adj. || i* Terme de

CAU

médecine. Qui brûle, qui corrode. Remède, substance caustique. Potasse caustique. || S. m. Un caustique. Employer les caustiques. || 2* Fig. Qui fait sur l'âme une impression comparée à colle que fait un caustique sur le corps. Langage caustique. Dans le sexe j'ai peint la piété caustique, boil. Sat. r. Séntque le père fut d'une humeur caustique, dideb. Ess. t. Claude, liv. n. || Par extension, dans le même sens, on parlant des personnes. Elle est trop caustique, elle emporte la pièce. Homme caustique. Le caustique Boileau, que l'envie de critiquer et l'étude ont rendu versificateur, boil. Esquisse en prose de la Sat. ix. || 3* S. m. Terme de métier. Substance qui procure plus d'adhérence à une autre substance, dans la peinture en badigeon.

— SYN. caustique, mordant, satihique. Caustique est ce qui brûle; mordant est ce qui mord; satirique est ce qui fait la satire. Avoir l'esprit satirique, c'est avoir l'esprit disposé à voir le mauvais côté des choses , à chercher ce qu'elles peuvent avoir de blâmable ou de ridicule, et à le mettre en relief. Avoir l'esprit caustique, c'est appliquer une espèce de fer chaud sur ce qui est dit ou fait; on peut être caustique sans avoir l'esprit satirique ; avoir l'esprit mordant, c'est enfoncer les dents et s'acharner. Le caustique effleure la peau ; le mordant y pénètre; on peut donc être caustique sans être mordant.

— ÊTYM. Caustieus, de xav<rriv.ô«, de xoct'eiv, brûler.

2. CAUSTIQUE (kô-sti-k') , s. f. Terme de dioptriqne et de catoptrique. Caustique par réflexion, courbe engendrée par l'ensemble des points de rencontre des rayons partant d'un point lumineux et réfléchis par une autre courbe; elle se nomme catacaustique. Caustique par réfraction, courbe engendrée de la même manière par des rayons réfractés; elle se nomme diacaustique.

— ÊTYM. Caustique, brûlant, parce que les points de concours des rayons lumineux qui déterminent ces courbes sont ceux où la chaleur est la plus intense (voy. le précédent).

t CAUSTIQUEMENT(ko-sti-ke-man), adj. D'une façon caustique.

— ÊTYM. Caustique, et le suffixe ment.

t CAUSUS (kô-zus') , s. m. Terme de médecine. Mot dont Hippocrate s'est servi pour désigner une espèce de fièvre rémittente caractérisée par une chaleur et une soif excessives.

— ÊTYM. Kaûso;, de xstÎEiv, brûler.

t CAUT, CAUTE (ko, kô-f), adj. Qui a de la précaution. Ce mot n'est plus en usage. Lassez-vous d'abuser les jeunesses peu cautes, malh. vi, 10.

— HIST. xiii* s. [11] la fist si très ferme et si caute, j. de meuno, Tr. 933. || XVI* s. 0 serpent grec cault et malicieux , la bonne fortune du roi t'a ici amené , amyot, Thém. 61. Ce barbare, qui n'estoit point homme simple, ains malicieux et cault de sa nature, id. AU. 47. En ce le chirurgien doit être caut, c'est à dire ingénieux à faire son pronostic, paré, xxvii, 85t. L'un est un fin et cault renard, rab. l'ant. rv, Nouv. Prol.

— ÊTYM. Espagn. et ital. eauto; du latin cautus, prudent (voy. caution).

CAIJTÈLE (ko-tè-1'), t. f. || 1* Précaution mêlée de défiance et de ruse. || 2" Terme de droit canon. Absolution à cautèle, absolution de précaution.

— HIST. xiii* s. Car trop scet li traïstres d'agaiz et t'« cauteles Por les plus fors survaincre, j. de meung, Test. 1826. ||xiv*s. Aucuns, pour leur mauvaise cautele, se sont efforcés à corrompre vos ordonna ices , du cange, audaciter. Et ce font par faint:ce et cautele, et les a l'en de legier en despit, oresv/e, Elh. 135. || xv* s. Dame qui cuidiez trop savoir, Mais vostre sens tourne en folie, Et cuidiez les gens décevoir, Par vostre cautelle jolie, ch. d'orl. Bail. 12». Le vaillant capitaine qui contre ses ennemis se debvoit aider de plusieurs sages cauteles, Bouci*. i, 12. Et que toutes ses coustumes fussent mises en françois en ung beau livre pour evitf: i;? cautelle et la pillerie des advocatz, comm. vi, 6. [Le Turc] plus usant de sens et de cautelle, que de vaillance et hardiesse, id.vi, 13. || xw s. Pendant l'appel comme d'abus de l'octroy ou publication d'une monition, la cour du roy peut ordonner que, sans préjudice des droits des parties, le bénéfice d'absolution à cautele sera iroparty à l'appelant, soit clerc ou lay, pithou, 36. Il se transforme es mœurs des Candiots usant de leurs ruzes , eautelles, surprises et embusches à rencontre d'eulx mesmes, amyot, Philop. 22.

— ÊTYM. Cautela, de caums, caut (voy. ce mot); provenç. espagn. et ital. cautela.

CAU

CAUTELEUSEMENT (kfl-te-leu-ze-man ) , aiv. D'une manière cauteleuse. Le premier écuyer sourdement et cauteleusement était attaché au duc du Maine, st-sim. 126, 154.

— hist. xv s. Il fut avis que ils estaient là cauteleusement traits pour trahir le pape, raoïss. h, il, 61. || xvi' s. Il n'y alloit point cauteleusement ny malicieusement, ains rondement suivant le droit chemin de juste accusateur, amyot, C. d'Utiq. 33.

— ÊTYM. Cauteleuse, au féminin, et ment; provenç. eautelosament ; espagn. et ital. cautclosamente.

CAUTELEUX, EUSE (kfi-te-leû , leû-z') , adj. Qui a de la cautèle. Un homme cauteleux. Une cauteleuse réponse. Il est fin, cauteleux, la bruy. vin. La femme est un animal fin et cauteleux, d'ablanc. Lucien, t. 1, Prométhée. Plus de sagesse dans l'administration municipale aurait prévenu les désordres ; c'est pour les punir que la procédure a été prise; mais des mains cauteleuses ont su la diriger vers un autre but, Mirabeau, Collection, t. H, 389.

— HIST. xv' s. Ce roi de Navarre cauteleux et malicieux, froiss. ii, m, 13. Le duo de Bretagne est un cauteleux homme et divers, id. ii, ii, 70. La septième [condition] plus nécessaire, que ilz doivent estre sages et cautilleux ou mestier des armes, chr. de pisan, Charles V, n, 24. [[ivi* s. Considérez comment le tentateur cauteleux luy remembra au premier mot la deffense sur ce faicte, rab. Pant. in, 33. Ils le trouvoient fin et cauteleux, qui faisoit la plus part de ses faicts de guerre par tromperie et surprise plus tost qu'autrement, amyot, îysand. 11.

— ÊTYM. Cantèle; provenç. cautelos; espagn. cauteloso.

t CAUTEMENT (kô-te-man), adv. D'une manière caute. Terme vieilli.

— HIST. xv* s. Car il [la fourmi] se pourvoit cautement, Et porte en son trou le froment, E. deschamps, Instr. pour la cour. Mais que si cautement feust que on ne l'aperceust, Boucic. Il, 19. || rvi* s. Mercure qui endormit cautement Argus qui avoyt cent yeulx, rab. Pant. H, 14.

— ÊTYM. Caute, et le suffixe ment; espagn. cautamente.

CAUTÈUE (ko-tê-r'), s. m. Terme de médecine. || 1* Agent chimique ou corps brûlant dont on se sert pour désorganiser une portion des tissus organiques, et la convertir en eschare. || Cautère actuel, instrument de métal qu'on fait chauffer pour cautériser. Cautère potentiel, toute substance qui a chimiquement la faculté de brûler.|| 2* Petit ulcère artificiel, arrondi, que l'on ouvre dans les parties où abonde le tissu cellulaire. Panser, entretenir, supprimer un cautère. L'une se plaint des reins et l'autre d'un cautère, Régnier, Sat. n. Le vieux galant passait pour être garni de cautères, st-sim. 127, 146. || Fig. et populairement. C'est un cautère sur une jambe de bois, c'est-à-dire c'est un remède inutile, une chose qui ne peut avoir aucun résultat. || Par plaisanterie, cautère royal s'est dit autrefois pour la marque que la justice infligeait à certains condamnés. Le nuage est fort épais; j'ai bien peur que, s'il vient à crever, il ne grêle sur mon dos force coups de bâton, ou que, par quelque ordonnance plus forte que toutes celles des médecins, on ne m'appb'que tout au moins un cautère royal sur les épaules, mol. Le médecin volant, 14.

— hist. nv s. Et en médecine c'est legiere chose de savoir ce que il est dit du miel et du vin et de ellébore et de cautères et de incisions, oresme, Elh. 164. || xvi* s. Je dis derechef qu'il n'est besoin de paroles à ceux qui ont esté quelquefois piqués du cautère de la conscience, calv. «8. Le pécheur navré du cautère de son péché , et comme brisé par la terreur de l'ire de Dieu, id. Instit. 461. Médecines, purgations, cautheries, saignées et scariffications ,

CARLOIX, VI, 60.

— ÊTYM. Kau-r^piov, de xaitiv, brûler (voy. caustique); provenç. cauteri; esp. et ital. cauterio.

CAUTÉRÉTIQUE (kô-té-ré-ti-k') , adj. Mot admis par l'Académie, mais qui doit être effacé comme étant une corruption barbare de cathérétique (voy. ce mot).

CAUTERISATION (kô-té-ri-za-sion) , t. f. Action de cautériser; effet d'un caustique. La cautérisation n'a pas été assez profonde. L'épilepsie n'était réputée incurable que quand elle avait résisté à la cautérisation du crâne, dider. L. t. la chir.

— ÊTYM. Cautériser; provenç. cauteriiacio ; espagn. cauterizacion ; ital. cauterizzazione.

CAUTÉRISÉ, ÉE (kô-té-ri-zé, zée), part, passé. Il 1° Une plaie cautérisée avec un fer rouge.|| 2° Terme

CAL

de morale chrétienne. Des hommes dont la conscience est cautérisée [endurcie], boss. Var. It. V'oysin était dans la plus intime confiance des chefs de ce redoutable parti et avait l'âme aussi cautérisée

qu'eux, ST-SIM. 385, 192.

CAUTÉRISER (k8-té-ri-zé), v. a. Appliquer un cautère, brûler au moyen d'un cautère. Cautériser une plaie.

— HIST. xvi* s. Ils ont bu toutes leurs hontes et monstrent avoir leurs consciences cautérisées, calvin, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Caulerizare, de cauterium, cautère; provenç. cauterisar ; espagn. cauteritar ; ital. eau* terixsare.

CAUTION (kfi-sion; en poésie, de trois syllabes), ». f. || 1' Engagement que l'on prend pour un antre, et, par extension, la personne même qui prend cet engagement. Être caution de quelqu'un. Se rendre, se porter caution. Donner, fournir caution. Admettre, recevoir une caution. Mettre en liberté sous caution, moyennant caution. Il se constitue caution pour les insolvables, boss. n, Pats. 2. 11 a trouvé une caution capable de payer pour lui , id. Hist. n, o. Elle n'était pas caution des articles secrets du traité, hamilt. Gram. 9. Je me rends caution pour Sophie qu'elle accepte le traité, J. J. rouss. Em. v. || En matière civile , engagement de satisfaire & une obligation au défaut du contractant. En matière correctionnelle, garantie donnée qu'un prévenu se re présentera quand il en sera requis. Élargir quelqu'un à la caution d'un autre. || Caution bourgeoise, caution solvable et facile à discuter. On ne veut point prêter aux grands seigneurs sans caution bourgeoise, furetiêre. Je m'en vais gagner au pied, ou je veux caution bourgeoise qu'ils [leurs yeux] no me feront pas de mal, mol. Prée. rid. 10. Le marquis: Parbleu! je la garantis détestable [la comédie]. — Dorante : La caution n'est pas bourgeoise; mais, marquis, par quelle raison, de grâce, cette comédie est-elle ce que tu dis? id. Critique, e. || Caution judicatum solvi (caution que ce qui sera jugé sera payé), garantie de frais et dommages qu'on peut exiger de l'étranger qui intente une action en France contre un Français. [| 2- Sujet à caution, qui doit donner caution, et par conséquent suspect. Ces choses-là sont un peu sujettes à caution, mol. Malade, i, 4. Ce pays-ci est un peu sujet à caution, id. Pourc. î, e. Ma divine moitié, soit dit sans vous déplaire, Vous me semblez un peu sujette à caution, regnard, Fol. am. Divert. Encore, de la manière dont j'entends parler, les astres eux-mêmes sont-ils sujets à caution, fonten. Erasittr. et Hervé. Ce certain goût de bonne latinité est bien sujet à caution, dider. Lett. à Galiani. || 2° Fig. Témoin, témoignage de la réalité d'une chose. Je vous suis caution qu'il est très-honntte homme, mol. Sgan. i, 1. Les épreuves que tout le monde a vues de l'infaillibilité de mes prédictions sont les cautions suffisantes des promesses que je puis faire, id. A m. magn. va, 1.

— SYN. CAUTION, GARANT, RÉPONDANT. Termes

qui désignent un homme qui se fait fort ou qui s'engage pour un autre. On donne caution , on est caution, quand on s'engage à payer pour quelqu'un, s'il ne paye ou s'il ne se présente pas là où il est requis. Garant est plus général : on est garant nonseulement d'une somme à payer, mais de toute espèce d'obligation ; ainsi on est garant des droits de quelqu'un ; un État est garant d'un traité. Il faut remarquer que, tandis que caution se dit des personnes, garant s'étend aux choses. Répondant ne so dit que des personnes; c'est celui qui répond d'un autre, qui témoigne de son honnêteté, de sa capacité, de son aptitude. Ce domestique a de bons répondants.

— HIST. xiii' s. Car il convient que li procureur face caution, beaum. 89. Et se ceste caucion est obliée, li avoés a bone caucion contre l'avoeor, Liv. de just. 61 . || xvi* Mais la caution et prévention dont les fourmis usent à ronger le grain de froment.... mont, n, 186. Les cautions judiciaires n'ont point de lieu entre les François, loysel, 858. S cettui-ci [l'ordre du Saint-Esprit] il apporta des cautions pour empescher d'y entrer ceux qui ne pouvoient prouver leur noblesse, d'aub. Hist. n, 330. Il faut tirer dj sang; avec ceste caution que, s'il se monstre noirastre et espais, il le faut laisser couler, par2,

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