ER
CER
par une ligne courbe, dite circonférence, dont tous les points sont à égale distance du centre. Un cercle double ou triple d'un autre. Les cercles sont entre eut comme les carrés de leurs diamètres. || La quadrature du cercle, problème longtemps poursuivi et qui , consistant à trouver une surface carrée équivalant à un cercle, a été depuis longtemps reconnu irrésoluble et mis dans la catégorie des choses chimériques et impossibles. || Fig. Chercher la quadrature du cercle, poursuivre un objet impossible à atteindre. ||2* Improprement, la circonférence elle-même. Faire des cercles. Tracer, décrire un cercle avec le compas. Arc de cercle. || Cercle de Popilius, cercle qu'avec sa baguette Popilius Lénas, député de Rome, traça autour du roi de Syrie Antiochus Épiphans, lui défendant de franchir cette limite avant d'avoir répondu catégoriquement à la demande du peuple romain ; d'où, figurémeut et par allusion, situation dont on ne peut sortir qu'en accomplissant une certaine condition. Il fallait me décider dans deux heures : c'était pour moi le cercle de Popilius. Enfin, comme il l'avait prévu, il [Louis XIV] voit ses ennemis, après bien des conférences, bien des projets, bien des plaintes inutiles, contraints d'accepter ces mêmes conditions qu'il leur a offertes, et sans avoir pu, avec tous leurs efforts, s'écarter d'un seul pas du cercle étroit qu'il lui avait plu de leur tracer, hac. Dise, à l'Ac. fr. récept. de Th. Corn. || Familièrement. Faire un demi-cercle sur ses talons, tourner sur soi-même pour éviter quelqu'un ou quelque chose. j| 3* Cerceau, et, en général, toute bande de métal ou d'autre matière disposée en cercle autour d'une chose pour la maintenir, la consolider ou l'orner. Cercle à tonneau. Une colonne, une poutre reliée de cercles de fer. j| Vin en cercles, vin en barrique. || Terme de blason. Cercle perlé, couronne de vicomte. || 4* Dans les sciences et les arts, nom de certains instruments circulaires. Cercle d'arpenteur. Cercle répétiteur. || Cercle d'équation, cercle que l'on ajoutait aui cadrans des pendules, pour marquer l'heure vraie du soleil. || En astronomie, nom de diverses pièces circulaires de la sphère armillaire et de courbes fictives qui représentent le cours des astres et des saisons, les divisions de la sphère, etc. || Demi-cercle, instrument d'arpentage , dit plus ordinairement graphomètre. || Terme de météorologie. Cercle magique, trace circulaire que l'on remarque quelquefois sur l'herbe des prairies et qui est due à un phénomène météorologique. || 5* Terme de manège. La ligne circulaire décrite par le cheval, ordinairement entre les deux murs. || 6° Toute disposition de personnes ou d'objets rangés de façon à former une sorte de circonférence de cercle. Arbres plantés en cercle. Les bâtiments sont disposés en cercle , en demicercle. Les soldats formèrent le cercle pour entendre l'ordre du jour. Faisant un cercle autour du chevalier, hamilton, Gramm. 7. Les nymphes faisaient une espèce de demi-cercle pour écouter, fên. Tél. iv. Tous les courtisans faisaient un cercle autour d'eux, volt. Blanc et noir. || Particulièrement, la réunion des princesses et des duchesses assises circulairement an présence de la reine. || Par extension , société, assemblée d'hommes et de femmes réunis pour le plaisir de la conversation; les habitués euxmêmes d'une réunion de ce genre. Le mot plut à Monsieur, il le redit au cercle, retz, u, 82. On y tient le cercle [chez la princesse] une heure du jour, sév. 444. Le soir on tient le cercle un moment, id. 4)7. Elle tient son cercle depuis huit heures du soir jusqu'à neuf heures et demie, id. 449. Il s'insinue dans un cercle de personnes respectables, la bruy. n. Mais la corruption à son comble portée, Dans le cercle des grands ne s'est point arrêtée, Gilbert, le IVIII' siècle. Conte-nous les écueils de ta route orageuse, Le soir, d'un cercle étroit en silence entouré, v. huoo, Odei, n, 4. Voilà le cercle entier qui, le soir quelquefois, X des vers non sans peine obtenus de ma voix , Prête une oreille amie et cependant sévère , a. chén. Élég. xvi. U n'est jamais du nombre de ceux qui forment un cercle pour discourir : il se met derrière celui qui parle, recueille furtivement ce qui se dit, et se retire si on le regarde, la brut. vi. Il 7* Association dont les membres se réunissent dans un lieu loué à frais communs pour s'entretenir, jouer, etc. Fonder un cercle. Cercle politique, littéraire, etc. C'est presque un cercle académique, Me disait maint esprit caustique, bérang. Acad. et Caveau. || 8- Fig. Étendue, limites. Étendre le cercle du devoir. Enfermer dans un cercle étroit. Embrasser tout le cercle des connaissances humaines. Ne sortons point encore du cercle de notre existence, volt. Ph. ignor. 43.
L'imagination de Dante, épuisée par neuf cercles de tortures, n'a fait de Satan qu'un monstre odieux, chateaub. Génie, u, v, 8. || 9* Succession continue qui revient sur elle-même. Les années roulent dans le même cercle. Le laboureur recommence le cercle de ses travaux. Parcourant sans cesser un long cercle de peines, Qui, revenant sur soi, ramenait dans nos plaines Ce que Cérès nous donne et vend aux animaux, la font. Fabl. x, 2. Ah I la vie est pour vous un cercle de douleur, volt. Oreste, m, 4. Ce serait bien pis, si on faisait de toute sa vie un cercle continuel du péché à la pénitence, et de la pénitence au péché, fen. xvii, 73. || 10" Cercle vicieux, ou, simplement, cercle, sophisme par lequel on donne pour preuve la supposition même d'où l'on est parti. La faute que les logiciens nomment un cercle, hesc. Méth.vi, to.Dire que l'étendue est U raison suffisante de l'étendue, c'est faire un cercle vicieux, volt. iVetcto», i, ». N'est-il pas clair qu'on tombe dans le cercle vicieux1? J. j. rouss. Cont. i, 4. || 11* Division territoriale, en parlant de l'empire d'Allemagne. Les Huguenots avaient déjà établi en France des cercles, à l'imitation des Allemands, volt. Louis 21V, 36. || Division secondaire dans certains États allemands et slaves. || 12° Dans les solipèdes, renflement circulaire que l'on voit se dessiner sur la paroi du sabot. || 13* Étui en argile de pièces de porcelaine. || 14° Escrime. Voy. demi-cercie.
— H1ST. xu" s. Miens est li cercles de la terre e la plentet [abondance] de li, Liber psalm. p. 66. Le maistre cercle [il] en a jus avalé [du casque], Roncisv. si. Ardent ces sales et fondent cil planchier; Tonnel esprenent. li sercle sont trenchié , Raoul de C. 5». || xiii* s. Et sur ces cercles jetent piaus de moutons que l'on appelle piaus de Damas , joinv. 230. U xiv* s. Les fortunes d'une mesme personne sont variables et sont bonnes et puis sont maies et après bonnes, item maies en retournant en manière de cercle ou de roe, oresme, Eth. 23. || ivi* s. Un gué que les Italiens du prince de Nevers avaient empli de planches clouées de cercles et de chaussetrappes, d'aub. Ilist. i , 228. Les artifices de feux, les cercles et les chausse-trapes , m. ib. H , 58. Boulets , grenades, cercles et tous aultres artifices à feu, CARL01X, v, 32.
— ÉTYM. Provenç. cercle, sercle, selcle ; espagn. circulo; ital. cerchio; du latin circulus, diminutif de circus (voy. cirque).
CERCLE, ÉE (sèr-klé, klée), part. passé.\\ 1° Muni de cercles. Tonneau bien cerclé. || 2" Terme d'histoire naturelle. Qui offre des lignes circulaires colorées. || 3° Terme de blason. Tonneau cerclé, tonneau dont les cercles sont d'un autre émail que les douves.
CERCLER (sèr-klé), v. a. Garnir, entourer de cerceaux, de cercles.
— HIST. xvi* s. Ne vueille aucun autour des doigts cercler Verte esmeraude ou diamant très cler, harot, IV, 4 48.
— ÊTYM. Cercle; wallon, seklé.
t CEUCL1ER (sèr-kli-é), *. m. Ouvrier qui fait des cercles.
— ÉTYM. Cercle.
t CERCODÉE (sèr-ko-dée) , s. f. Terme de botanique. Sorte de plante de la Nouvelle-Zélande (cercodea).
— ÊTYM. Képxoç, queue, à cause de la configuration de la fleur.
t CERCOPE (sèr-ko-p'), s. m. Terme de zoologie. Genre d'insecte3 hémiptères de la famille des cioadaires.
— ETYM. Kepxûm], de xépxoç, queue.
t CERCOPITHÈQUE (sèr-ko-pi-tè-k'), s. m. Terme de zoologie. Espèce de singe à longue queue.
— ÊTYM. Kepxoç, queue, et itfôtrxoç, singe. CERCUEIL (sèr-keull, U mouillées), s.m.\\ 1* Caisse
de bois, de plomb, etc. dans laquelle on met un corps mort. Le corps fut embaumé et déposé dans un triple cercueil. Morte au sortir d'un bal qui nous mit tous en deuil, Morte, hélas I et des bras d'une mère égarée La mort aux froides mains la prit toute parée , Pour l'endormir dans le cercueil, v. hugo, Orient. 33. Son cercueil est fermé; Dieu l'a jugé , silence I lamart. Nouvelles médit. 7. || 2° Fig. De louanges que les années Ne mettent point dans le cercueil, malh. iv, 6. Mais quoique ce combat me promette un cercueil, corn. //"or. H, t. Ce frère et ton espoir vont entrer au cercueil, id. Héracl. m, 3. La douleur aurait pu les conduire au cercueil, rac. Poés. 4. Rhodes, des Ottomans ce redoutable écueil, De tous ses défenseurs devenu le cercueil, id. Baj. n, 4. La liberté, nourrice du génie, Voit les beaux arts pleurer sur son cercueil, bêrang. Censeur.
— HIST. xi* s. En blans sarcous [il] fait mettre les seigneurs, Ch. de Roi. cclxix. || xu' s. Et en sarquez poser et alouer [les corps], Honcisv. 176. || xiii* s. Là [ils] troverent sarcus de marbre de Persie; S'en osterent les cors de celé gent haie, Ch. d'Ant. iv, 440. || xv* s. Et le comte de Douglas, qui mort estoit, fut mis dans un sarcueux et chargé sur un char, froiss. u, in, 425. Si ordonnèrent adono sarcueil assez honorable, et le mirent dedans, id. i, I, »». En ce propre jour fut apporté à Ortois et mis en un chercus le comte Gaston de Foix, id. m, iv, 23. Et là fut vuidé et embaumé et mis en chercus de plomb , id. ib. Fut mis en son sarcueil [le connétable Bertrand de Claiquin] et apporté à St-Denis, id. u, u, 64.
— ÊTYM. Wallon, sarkô, caveau où l'on met les morts; picard, sarkeu, sarkeul; Berry, sarv/ueu, jerqueu, sarcu, sercœur; bas-lat. sarcus; latin sarcophagut. (Vov. aux additions.)
t CERDONIEN (sèr-do-niin) , *. m. Nom de sectaires chrétiens du second siècle qui admettaient deux dieux, un bon et un autre méchant.
— ÊTYM. Cerdon, hérétique, disciple d'Héracléon. t CERDORISTIQUE (sèr-do-ri-sti-k') , s. f. Mot
proposé par Ampère pour désigner la science qui apprendrait à se rendre compte des profits et des pertes.
— ÊTYM. KépSoç, gain, et épioTixôc,, qui détermine, de ipiÇav (voy. horizon).
CÉRÉALE (sé-ré-a-1'). || !• Adj. qui ne s'emploie qu'au féminin et surtout au pluriel, et ne se dit que de plantes et de graines propres à fournir du pain. Plantes, graines céréales. || 2° S. f. L'orge est une céréale. La culture, le prix des céréales. L'exportation des céréales. La législation des céréales, dans le sens légal, comprend les farines de ces graines ou plantes. || 3* S. f. plur. Fêtes romaines en l'honneur de Cérès, déesse des moissons.
— ÉTYM. Cerealis, de Ceres (voy. cérès).
t CËRÉALINE (sé-ré-a-li-n'), s. f. Terme de chimie. Principe coagulable des céréales, susceptible d'acquérir la qualité d'un ferment.
— êtym. Céréale.
t CÊRÊAN, ANE (sé-ré-an, a-n'), adj. Terme de zoologie. Qui vit dans la cire.
— ÊTYM. Cera, cire.
f CÉRÉBELLEUX, EUSE (sé-ré-bèl-leû , leû-z'), adj. Oui appartient au cervelet.
— ÊTYM. Cerebellum, diminutif de cerebrum, cerveau.
f CÉRÉBELLITE (sé-ré-bèl-li-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation du cervelet.
— ÊTYM. Voy. cérébelleux.
CÉRÉBRAL, ALE (sé-ré-bral , bra-1') , adj. || 1° Terme d'anatomie. Qui appartient au cerveau. Artères cérébrales. Nerfs cérébraui. || 2" Terme de médecine. Qui affecte le cerveau. Maladies cérébrales. Symptômes cérébraux. Fièvre cérébrale, terme vague qui n'est plus dans le langage médical , et qui indiquait toute fièvre intense avec du délire et des accidents cérébraux.
— HIST. xvr* s. L'opinion ancienne a esté qu'en la partie cérébrale y avoit trois sièges que nous appelions ventricules , distincts et séparés l'un de l'autre, pasquier, Lett. t u, p. 489, dans lacurne.
— ÊTYM. Cerebrum, cerveau (voy. ce mot).
f CÉRÉBRIFORME (sé-ré-bri -for-m') , adj Terme d'anatomie. Qui a la forme et l'apparence de la substance du cerveau. Tumeur cérébriforme.
— ÊTYM. Cerebrum, cerveau, et forma, forme, f 4. CÉRÉBRINE (sé-ré-bri-n'), adj. /*. Terme des
écoles de droit. Équité cérébrine, équité qui prononce non d'après un texte, mais d'après l'inspiration de la conscience.
— ÉTYM. Cerebrum, cerveau, intelligence individuelle.
f 2. CÉRÉBRINE (sé-ré-bri-n'), *. f. Terme de chimie. Nom donné à diverses substances trouvées dans le cerveau.
— ÉTYM. Cerebrum, cerveau.
t CÉRÉBR1QUE (sé-ré-bri-k'), adj. Terme de chimie. Acide cérébrique, la matière blanche du cerveau découverte par Vauquelin.
— ÊTYM. Cerebrum, cerveau.
t CÉRÉBRITE (sé-ré-bri-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation du cerveau.
— ÊTYM. Cerebrum, cerveau.
fCÉRÉBRO-RACHlDlEN, IENNE (sé-ré-bro-ra-
chi-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au cerveau et à la moelle épinière.
— ÊTYM. Cerebrum, cerveau, et rachidien.
t CÉRÉBRO-SPINAL, ALE (sé-ré-bro-spi -nal, na-1'), adj Terme d'anatomie. Qui a rapport au
CER
cerveau et â la moelle épiniêre. I.cs nerfs cérébrospinaux. L'aie cérébro-spinal, l'ensemble du cerveau et de la moelle épiniêre.
— ÊTYM. Cerebrum, cerveau, et spinal.
+ CÉRÊIFORME (sé-ré-i-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un cierge.
— ÊTYM. Cereus, cierge (voy. ce mot), et forme.
t CÉRÊLÉON («é-ré-lé-on), t. m. Terme de pharmacie. Mélange de cire et d'huile qui ne diffère du cent qu'en ce que la cire y entre en plus grande proportion.
— ÊTYM Kiipèc, cire (voy. QBE), et IXaiov, huile (voy. huile).
t CÉRÊMONIAIRE (sé-ré-mo-ni-ê-r*), s.m. Prêtre ou clerc qui dirige lu cérémonies dans les grandes églises.
— ÊTYM. Cérémonie.
f i. CÉRÉMONIAL, ALE (sé-ré-mo-ni-al, a-1'), adj. Oui concerne les cérémonies, qui y a rapport. Les préceptes cérémoniaui. N. S. J. C. a été soumis à la loi morale et cérémoniale, boss. Var. 12.
— HIST. xW s. Les autres, considérant de plus près les paroles de S. Paul, voyent bien que cela proprement compete à la loy ceremoniale, calv. Instit. 269. Il n'y a doute que ce qui estoit cérémonial en ce précepte [du sabbat] n'ait esté aboli par l'advenement de Christ, id. t'6. 298.
— ÊTYM. Cênrimonialis, de errimonia, cérémonie.
>.CÊRÉMONIAL(sé-ré-mo-ni-al),i.m. || l'La succession, établie par l'usage, des différentes parties d'une cérémonie religieuse ou politique. Le cérémonial varie selon les pays. Le cérémonial d'usage pour l'introduction des ambassadeurs. M. de Grignan devrait partir sans attendre qu'il ait fait son cérémonial pour l'arrivée de M. de Vendôme, sévio. 463. || Par extension, le cérémonial, le livre des règles du cérémonial. Le cérémonial français, romain. || I* Entre les particuliers, l'ensemble des actes, des form«i»s de civilité ou de respect que l'usage a établis. Avec ce cérémonial perpétuel qu'il faut observer, sévis. 224. H pratiqua tout le cérémonial de cette galanterie, hamilt. Gram. 4. Comme je ne connais aucun cérémonial, Dieu merci, je n'ai jamais imaginé qu'il y en eût dans l'amitié, volt. Lettre à Thiriot, 26 août 1740. || Être fort sur le cérémonial, être instruit du cérémonial, être pointilleux sur les cérémonies, et fi g. se montrer exigeant en fait d'égards. || Il n'a point de pluriel.
— ÊTYM. Cérémonial l.
f CÊRÊMONIALISME (sé-ré-mo-ni-a-li-sm'), ». m. Attachement étroit aux formes et aux cérémonies du culte. Le cérémonialisme prévalait chez les pharisiens. || Néologisme.
CÉRÉMONIE (sé-ré-mo-nie), s. f. || i» Formes extérieures et régulières du cuite religieux, et aussi pompe et formalités qu'on emploie pour donner plus d'éclat aux solennités officielles. Les cérémonies de l'Eglise catholique. Les cérémonies du sacre des rois de France. La célébration des mystères d'Eleusis était accompagnée de grandes cérémonies. Les cérémonies qui se firent lors de l'entrée du roi. L'audience donnée aux ambassadeurs en grande cérémonie. Le coadjuteur faisait la cérémonie [le mariage], sev. »2. 11 s'en va à St-Denis faire la cérémonie de Piques, m. 132. Ils se marièrent sans cérémonie, m. 890. Enfin, toute la cérémonie, toutes les révérences, tout le manège demeurant arrêté, id. 602. Louis XV meurt, la nuit du 10 de mai ; on couvre son corps de chaux, et on l'emporte sans aucune cérémonie à St-Denis, auprès du caveau de ses pères, volt. Louis IV, 41. Si les démons demandaient des cérémonies barbares et extravagantes, les païens les croyaient bizarres ou cruels, fonten. Oracl.i, 6. C'est une chose étrange qu'une petite cérémonie [le mariage] soit capable de nous ôter toutes nos belles qualités, et qu'un mari et un galant regardent la même personne avec des yeux si différents, mol. Impromptu, 4. À chaque occasion de la cérémonie, corn. Poly. m, 2. ô toi qui n'attends plus que la cérémonie Pour jeter à mes pieds ma rivale punie, id. Rod. v, 1. César en sait [du divorce] l'usage et la cérémonie, id. II. de P. u, i. Madame, tout est prêt pour la cérémonie, rac. Iph. m, 6. Le trône, les festins et la cérémonie, Tout est prêt, volt. Zaïre, m, 6. || Grand DtaitFs .naître, aide des cérémonies, officiers qui (ii"-iffpnt les cérémonies dans les solennités officielles. Il Habit de cérémonie, habit prescrit par le cérémonial. Les jurisconsultes portèrent le manteau de cérémonie des chevaliers, volt. Mœurs, 85. Le chef à la tête, en habit de cérémonie, j.j. rouss. Ém. u. || En cérémonie, avec pompe. On le reconduisit en cérémonie. Elle fut fiancée lundi en grande céré-
CÉR
monie, sév. 399. || 2° L'assistance même, dans une cérémonie. [Aux funérailles de la grande Mademoiselle] au milieu de la journée et toute la cérémonie présente, l'urne qui était sur une crédence et qui contenait les entrailles, se fracassa, st-sim. 6, 73. || 3* Ensemble des formalités de civilité, de déférence entre particuliers, par o"oosition aux manières, aux habitudes intimes et familières. Me rit, me prend, m'embrasse avec cérémonie, Régnier, Sat. x. Un long séjour en Italie lui avait communiqué la cérémonie dans le commerce des hommes, et la défiance dans celui des femmes , hamilt. Gram. 9. Hé! mon Dieu, n'entrons point dans ce vain compliment; Rien ne me fâche tant que ces cérémonies; Et, si l'on m'en croyait, elles seraient bannies, mol. te. des f. m , 4. Il se mit aussitôt sur la cérémonie, Régnier, Sat. vin. Voici des gens bien pleins de cérémonie , mol. Le méd. m. lui, i, 8. Quand tous [les frères et les soeurs] seront réunis en cérémonie, J. i. rouss. Ém. i. Je vous vois le ton de cérémonie en particulier, id. Ilél. l, 1. || i1. Gêne qui résulte de la nécessité du cérémonial de politesse. Mais pour la renvoyer jusqu'en son Arménie Vous savez qu'il y faut quelque cérémonie, corn.JVî'c. n, 2. Il faut bien des cérémonies avec ces sortes de gensci , mol. Mar. forcé, 8. Je suis un homme sans cérémonie, id. Impr. a. Sans cérémonie II s'accommode, la font. Court. Volontiers, lui dit-il, car avec mes amis Je ne fais point cérémonie, id. Fab. l, 18. Que cette amitié commence par bannir les cérémonies, volt. Lettres, Le Clerc, 16 mai 4764. || Fig. et familièrement. Il a fait bien des cérémonies pour se battre, pour prenire médecine, il a eu peine à s'y résoudre. || Il n'y fait pas tant de cérémonies, il va droit au but. || 5° Chose faite pour la forme. On laisse dire le prédicateur [sans mœurs] pour la cérémonie; mais on croit, on fait comme lui, fén. xxi, 30. Les sacrements ne sont plus qu'une gêne inutile et incommode, on s'en épargne la cérémonie, mass. Car. Inconst. || 6' Dans la glacerie, temps qu'on demeure sans tirer après le curage. || Faire la cérémonie, attendre que le verre soit arrivé à un certain degré de consistance.
— HIST. xv* s. Lesquelles serimonies royales n'accomplissoit mie tant au goust de sa plaisance, comme pour garder, maintenir et donner exemple à ses successeurs, chr. depisan, Ch. V, i, 18. Autres vouloient sa prinse rondement sans cerymonie, comm. h, 9. || xvi* s. Combien que les cérémonies delà loy ayent pris fin pour n'estre pies en usage.... calvin, Instit. 269. Ung aultre, saus cérémonie [sans scrupules], et d'authorité absolue, tai eust mis en ses bouges [poches], carloix, vi, 21.
— ÊTYM. Provenç. ceremonia, eerimonia; espagn. et ital. ceremonia; du latin aeremonia oueserimonia ou ceremonia; cette dernière orthographe serait la véritable, si l'étymologie probable qui tire ce mot du sanscrit kar, faire, avec un suffixe mon, était assurée : la chose faite, c'est-à-dire la chose sacrée, la cérémonie. D'autre part, les auteurs latins ont indiqué pour étymologie la ville de Cxre en Êtrurie, où les Romains, lors de la prise de Rome par les Gaulois, déposèrent les objets sacrés de leurs temples.
CÉRÉMONIEUX, EUSE (sé-ré-mo-ni-eû , eû-z'), adj. || !• En parlant des personnes , plein de cérémonie. Il [le misanthrope] est civil et cérémonieux, la brut. n. || %' En parlant des choses. Un ton cérémonieux. Des manières cérémonieuses. La parure cérémonieuse avec laquelle les femmes du peuple honorent le dimanche a quelque chose de grave, stael, Allem. Moeurs, I, 2.
— HIST. xvi* s. Que s'il est question d'estre si cérémonieux pour le choix desdits métaux, je trouve le fer plus propre à telle opération qu'aucun autre , paré, xv, 16. Ainsi voit-on comme les Egyptiens estoient cérémonieux, et grands idolâtres, id. Mumie, 4. J'ay aultresfois esté employé à consoler une dame vrayement affligée ; la pluspart de leurs deuils sont artificiels et cerimonieux, mont, in, 291.
— ÊTYM. Cserimoniosus, de c<erimonia, cérémonie.
CÉRÈS (sé-rès') , s. f. || 1* Dans le polythéisme gréco-romain, déesse qui présidait aux moissons. Le blé, riche présent de la blonde Cérès, Trop touffu bien souvent épuise les guérets, la font. Fabl. ix, n . Ou bien lorsque Cérès de froment se couronne, Régnier, Sot. xv. || Fig. Le blé, la moisson. La blonde Cérès, les épis mûrs. || 2° Petite planète découverte en 1801 par Piazzi, astronome de Païenne, et qui fut la première de ce groupe aujourd'hui si nombreux de planètes tournant autour du soleil entre Mars et Jupiter; la révolution en est d'environ quatre ans et sept mois; ce nom lui a été donné pour
CER
rappeler que la Sicile, anciennement comparée à CérJs, avait été le lieu de sa découverte. || 3° An cien nom de la Vierge.
— ÊTYM. Ceres, déesse de la religion romaine, le même que l'osque eeru», sorte de génie; du sanscrit kar, faire: l'être divin qui fait, qui crée (comp. CREER).
CERF(sèr : un cerf dix cors, dites : un sèr dix cors ; l'Académie ne dit rien sur la prononciation de ce mot , qui est loin d'être bien fixée ; au singulier plusieurs font entendre Vf; Ménage écrivait cér, preuve que, de son temps, îyne se prononçait pas; quelques-uns veulent que Vf se fasse entendre seulement quand cerf est isolé ou final : le chien a forcé le serf; mais cette exception ne paraît pas fondée sur un véritable usage; au pluriel Vf ni Vs ne se prononcent : les sèr; 1'» ne se lie pas : les cerfs et les daims, dites les sèr et les daims; cependant quelques-uns disent: les sèr-z et les daims), s. m. || 1° Nom de genre d'un ruminant à cornes pleines ou osseuses, et caduques, rondes, ramifiées; et, en particulier, nom d'une bête fauve de nos forêts, cerf commun (cereus elaphus, L.). Le bois ou la tête d'un cerf. Les andouillers de la tête d'un cerf. Lancer, détourner, courre, prendre le cerf. Être à la mort du cerf. Un cerf bien donné aux chiens est à demi pris. Le carnage du cerf se préparant aux chiens, rotrod, Vencesl. i, 1. Dans le cristal d'une fontaine Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de son bois Et ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambes de fuseaux, la font. Fabl. vi, 9. Et nous conclûmes tous d'attacher nos efforts Sur un cerf qu'un chacun nous disait cerf dix cors; Mais moi, mon jugement, sans qu'aux marques j'arrête, Fut qu'il n'était que cerf à sa secoi.de tête, mol. Fâch. n, 7. || Les petits se nomment faons, pendant un an entier ; daguets, la seconde année; cerfs à leur première tête, pendant la troisième; cerfs à leur seconde et troisième tète, pendant la quatrième et la cinquième; cerfs à dix cors jeunement, pendant la sixième; cerfs à dix cors, pendant la septième; grands cerfs, a, huit ans; et grands vieux cerfs.à neuf. Voy. tète et cors. || Familièrement. C'est un cerf, il court avec une trèsgrande rapidité. Il a des jambes de cerf, il a des jambes rapides ou minces comme celles du cerf. || Os de cœur de cerf, os qui, se trouvant dans le coeur du cerf, a été employé jadis dans les maladies du cœur, mais qui est tout à fait inerte. || Terme de blason. Cerf sommé, cerf ramé de 9, 10, 13 cors et quelquefois davantage. || Fig. Un cerf, un couard, un lâche. Je craindrais plus, disait un militaire, une armée de cerfs commandée par un lion, qu'une armée de lions commandée par un cerf. || %' Terme de vétérinaire. Mal de cerf, nom vulgaire donné au tétanos chez le cheval , à cause de la roidure de l'encolure. || 3* Parc aux cerfs , petite maison où Louis XV avait une espèce de sérail.
— HIST. xr s. Si com li cers s'en va devant les chiens, Ch.deRol. cxxxix. Les mains [ils] lui lient K courreies de cerf, ib. cclxxii. [Il] met lui au poing de cerf le destre gant, ib. cclxxx. || xn* s. Si com li cers fuit devant le lévrier, Roncisv. 87. || xur* s. Sur un bon chaceour [cheval] le cerf tant [il] parsuivi, Berte, cvni. || xiv* s. Car un proverbe dit par vraie auctorité : Nature fait le cerf trader au bois ramé, Guesclin, 20969. Le col estendu comme cerf en lande, Ménagier, I, 3. Quand le lion voit ou treuve un serf ou une chievre salvage, oresme, Eth. 93. || xvi* s. Au cerf la bière, au sanglier le miere [c'està-dire les plaies faites par le cerf sont mortelles; celles que fait le sanglier reclament le médecin; proverbe qu'on trouve aussi sous la forme : au cerf la bierre, au sanglier le barbier], le roux, Dict. comique. Sers comme serf, ou fuy comme cerf, le roux de linct, Proierbe*, t. i, p. 1&5.
— ÊTYM. Bourguig. car; provenc. etrv, cer ; espagn. et'eruo;ital. cerw; du latin cervus; comparer le bas-breton, karô ou karv, cerf; l'anc. haut-allem. hir-ut; allem. mod. Hirsch.
CERFEUIL (ser-feull, Il mouillées), s. m. Plante potagère, à feuilles ressemblant à celles du persil, mais plus petites, et qui sert d'assaisonnement (scandix cerefolium, L.). f| Cerfeuil musqué, nom vulgaire du myrrhis odorant, encore appelé cerfeuil d'Espagne, fougère musquée. || Cerfeuil sauvage, un des noms vulgaires du cherophyllum sylvestre, L., dit aussi persil d'âne.
— HIST. xiir* s. Un chapel ot mis en son chief Qu'ert d'esglantier et de cerfeil , lien. 20 987.
— ÊTYM. Saintonge et picard, cherfeuil;\MX. cerfoglio; du latin cxrefolium, de xatpéçuUov , de x«iptiv, se réjouir (comp. cher), etœOXXov, feuille (voy. feuille).
CER
fCERFOUETTE (sèr-fou-é-f), s. f. Voy. SER- FOUETTE.
CERF- VOLANT (sèr-vo-lan) , s. m. || i" Un des noms vulgaires d'un gros insecte volant, le lucane cerf (coléoptères), ainsi nommé parce que ses grandes pinces ont été assimilées au bois du cerf; on le nomme aussi taureau volant, par une comparaison semblable des mêmes pinces aux cornes d'un taureau , et grand escarbot à cause de sa taille. 1 1 2° Jouet d'enfant, en forme d'une grande raquette, fait de papier étendu sur des baguettes, qu'on fait enlever par le vent en le retenant par une ficelle. La tête du cerf-volant, pointe triangulaire qui est à l'extrémité supérieure du cerf-volant. Queue du cerf-volant, bout de ficelle garni d'intervalle en intervalle de morceaui de papier, et qui, placé à la partie inférieure du cerf-volant, est destiné à le maintenir droit. Pour décider si Sommonacodom avait joué au cerf-volant, volt. Dial. 22. Des écoliers s'amusaient à guider des cerfs-volants, J. J. rouss. Ém. il. Je revois les endroits où j'ai joué à la fossette et au cerf- volant; ces souvenirs me font plaisir, p. l. cotiR. Lttt. il, 96. || Fig. [La terre] cerf-volant dont la ficelle casse, Tourne en tombant, tourne et tombe toujours, bérang. Comète. || En physique, cerfvolant électrique , cerf-volant maintenu par une corde entourée d'un fil métallique, et armé d'une pointe métallique pour soutirer l'électricité des nuages. || 3* Cuir tanné à forfait et dont le ventre a été été. \\Au plur. Des cerfs-volants.
— HIST. rv* s. Deux petites cornes de cerf volant garnies au bout d'argent doré, de laborde, Émaux, p. 198. Or vueil-je compter d'un songe qui lui [Charles VI] estoit advenu en celle saison, et sur quoi il s'ordonna de sa devise du cerf volant, froissart, n, il, 163. Au roy fut présenté ung cerf volant, au duc d'Orliens un blanc chisne [cygne], o. chastel. Chron. des ducs de Bourg . i, 2.
— ÊTYM. Cerf, volant.
t CÉRIFÈRE (sé-ri-fê-r*) , ad). Terme d'histoire naturelle. Qui produit de la cire.
— êtym. Cera (voy. cire) , et ferre, porter.
t CÊRINE (sé-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Voy.
CÉROTTQUE.
t CÉRINTHE (sé-rin-f), s. f. Nom d'une plante delà famille des borraginées, dite aussi mélinet.
— f.TYM. Latin cerintha.
■j- CÉRIQUE (sé-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide cérique, acide formé par l'action de l'acide nitrique sur la cire.
— ÊTYM. Cera, cire.
t CÉRIROSTRE (sé-ri-ro-str") , adj. Terme de zoor'ogie. Qui a le bec garni d'une membrane cireuse.
— ÊTYM. Cera, cire, et roslrum, bec.
CERISAIE (se-ri-zê), *. f. Lieu planté de cerisiers.
— HIST. Nom très-ancien d'une rue de Paris.
— ÊTYM. Cerise.
CERISE (se-ri-z'), s. f. || 1° Fruit du cerisier; la peau en est rouge. || Rouge comme une cerise. Cette jeune fille a les joues rouges comme une cerise. Il Terme de métallurgie. Rouge-cerise, rouge trèsvif et un peu clair, qui est l'indice d'une très-haute température. Fer chauffé au rouge-cerise. || 2" Par extension, le fruit du caféier. Du café en cerise. De nombreux esclaves s'empressent à recueillirla cerise du café, chateaub. Natch. n, 65. || 3" Terme de vétérinaire. Cerises, petites excroissances charnues, de couleur rouge, qui s'élèvent de la surface des plaies de la sole de chair du cheval.
— HIST. xii* s. D'ire et de mautalent [il] rougit corne cerise, Sax. xxiii. || xra* s. Blanchefleur trairai [j'empoisonnerai] en pome ou en cerise, Berte, lxxvi. Moult i ot de bones cerises, Et plusors fruiz de maintes guises, Ren. 1385. || xvr s. De beaux petitz arcz pour tyrer des noyaulx de cerises contre les grues, rab. Pant. iv, 7. En France on appelle cerise le fruit qu'en Languedoc on dit agriote, et la cerise de telle province est nommée en France guine.... S'en voient des grosses, moiennes, petites, rondes, longues, plattes, refendues: des rouges, blanches, noires: des aigres, des douces: des molles, des dures.... La cerise ou agriote est plus aigre que douce, comme tirant son nom de la; au contraire la guine est plus douce que aigre.... La grosse agriote, aiant la queue courte, le noiau petit, estant de couleur rouge-brun, surpasse les autres en valeur.... Parmi les douces, paraissent pour les plus prisées les duracines, appelées aussi graffions, mot pris en Dauphinê pour toutes sortes de guines.... Merises sont guines presque sauvages et petites, tenans de l'amer dont elles portent le nom. Cœurs sont assés grosses, poinctues et fendues, ainsi dittes a cause de leurs figure ressemblant, et en
CER
leur chair et en leur noiau, aucunement le cœur d'une créature humaine, par aucuns, sans grande raison, appelées aussi cerises heaumées, et leurs arbres, heaumiers. Non plus pouvons-nous dire pourquoi d'autres cerises sont dites pinguereaux, rodanes, greffions et semblables; très-bien des musquates, dont le goust rend raison de leur appellation; ces noms sont donnés aux guines, non aux agnotes, o. du serres, «83. Le pigeon saoul trouve les cerises ameres, coioravk. C'est folie de manger cerises avec son seigneur, ro. Faire d'une cerise trois morceaux, id.
— ÊTYM. Provenç. cereira, serisia ; catal. cirera; espagn. cerexa; portug. cereja ; ital. ciriegia; mots dérivés, àl'aide d'un suffixe féminin, du latin cerasus, qui vient de xÉpaffo;, dit ainsi de Cerasus, Cérasonte, ville du Pont d'où Lucullus rapporta le cerisier en Italie. Pline dit qu'un siècle après son importation en Italie, le cerisier avait déjà pénétré dans l'île de Bretagne.
t CERISETTE (se-ri-zè-f), s. f. Cerise séchée, qui est à la cerise ce que le pruneau est à la prune. || Espèce de prune rouge.
— êtym. Diminutif de cerise.
CERISIER (se-ri-zié; l'r ne se lie pas; au pluriel Vs se lie : les se-ri-zié-z et les pruniers) , s. m. Arbre de la famille des rosacées (prunus cerasus, L.). || Bois de cerisier. Meubles en cerisier.
— HIST. xm* s. Liement s'en vet et joiant Tant qu'il trova en un pendant Un cerisier trop bien chargié, Tien. 2613). || xvi* s. Les ceriziurs et guiniers se délectent d'estre entés, o. de serres, 683.
— ÊTYM. Cerise.
f CERIS1N (se-ri-zin) , *. m. Un des noms du serin.
t t. CÉRITE (sé-ri-t') , t. f. Terme de minéralogie. Mine composée d'oxyde de cérium, de silice, et d'oxyde de fer.
— ÊTYM. Kt)p(t>ic, sorte de pierre, de xirç<sè;, cire, f 2. CÉRITE (sé-ri-t*), s.f. Terme de zoologie.
Genre de mollusques à pied court, à coquille tortillée, t CÉRIUM (sé-ri-om'), s. m. Nom donné à un métal découvert en t804 dans la cérite.
— ÊTYM. Nom dérivé de Cirés.
t CERMOISE (sér-moi-z*), s. f. Variété de tulipe.
CERNE (sèr-n'), s. m. || 1" Cercle, rond qui entoure quelque chose. Faire, décrire, tracer un cerne. Il me faut leurs deux noms dans un cerne graver Pour rendre de tous points ma figure accomplie, racan, Berg. I, 3, Polisthène. || 2° Rond livide qui entoure les yeux battus ou une plaie en mauvais état. || 3" En termes d'eaux et forêts, se dit des cercles concentriques qu'offre la coupe d'un arbre. Un arbre aautant d'années que de cernes. || 4° Terme de chasse. Enceinte pour traquer le gibier. || 6* Terme de fauconnerie. Vol à grand cerne, vol des oiseaux qui vont haut et bas.
— HIST. xiv» s. Le cerne d'entour ia prunelle de l'ueil [de l'épervier], Modus, f° xcvi. || xv* s. Si les gouverne Et enivre du vin de sa taverne Amours, qui cloz les tient dedans son cerne , al. cuart. Déba t des deux fort. Premièrement fit un cerne, plusieurs caractères et autres choses superstitieuses, monstr. i, 39. Le maréchal, le quel, comme celui qui tenoit sa vie pour perdue et cher la vouloit vendre, avoit faict entour lui à force de coups si grand cerne de morts et d'abalus que nul ne l'osoit approcher pour le prendre, Bouciq. liv. i, p. ioo, in 4°, Paris, 1620, dans lacurhk. || xvi* s. Et voyant que tous estoyent dedans le cerne des chordes, soudain cria : tyre, tyre, rab. Pont, u, 26. Environné d'un grand cerne dépeuple, paré, Animaux, 13. Et sans qu'il fallut que nostre cavalerie fist un grand cerne pour passer les fossez , nous les eussions combattus et peut estre deffaits, montluc, Mim. 1. 1, p. 174, dans lacurne.
— ÊTYM. Espagn. cercen; portug. c«rce; ital. cerci*e; du latin circinus, cercle, dérivé de circus (voy. cirque). L'accent est en espagnol et en italien sur la première syllabe comme dans le latin circtnu».
CERNÉ, ÉE (sèr-né, née), part, passé. ||1" Marqué d'un cerne. Ses yeux caves, cernés par un sillon d'azur, lamart. Joc. v, 179. || Absolument. Yeux cernés, yeui battus. || 2* Entouré. L'attroupement cerné par les gendarmes.
CERNEAU (sèr-nô), s. m. Moitié d'une noix, tirée de la coque avant la maturité. Faire, éplucher, crier des cerneaux. || Vin de cerneaux, vin rosé bon à boire dans la saison des cerneaux, Dict. de VAcad.
— HIST. xvi* s. Cerneaux sont viandes de seigneurs, et noix vieilles, viandes de laboureur,