‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 286 sur 403 · YVER · texte numérisé non relu

YVER

— ÊTYM. Berry, tarniau, noix; icerner des noix,

CER

en tirer le cerneau quand elles sont vertes; ainsi dit de cerne, parce qu'on fait un cerne pour tirer le cerneau de la coquille.

t CERNEMENT (sôr-ne-man) , t, m. Action d» cerner.

— êtym. Cerner.

CERNER (sèr-né), v. a. || 1° Entourer comme d'un cerne. Déjà des bois épais qui cernent les remparts La vaste profondeur cache vos étendards, vtïnnet. Clov. m, io. || 2* Par extension, investir, surveiller tout autour, de manière à empêcher de fuir, etc. La place, la maison fut cernée. Il fut immédiatement cerné par les assistants et désarmé. || Fig. Cerner quelqu'un, l'obséder, l'entourer de conseils, de gens apostés, le circonvenir. ||3° Enlever une bandelette circulaire. Cerner l'écorce d'un arbre. Vitruve dit qu'avant d'abattre les arbres il faut les cerner par le pied jusque dans le cœur du bots, et les laisser ainsi sécher sur pied, buff. Expir. sur les végét. 3* mém. \\ 4* Détacher tout autour. Cerner des noix, en faire des cerneaux en les détachant de la coque. || En chirurgie, cerner une tumeur, la circonscrire tout entière par une incision , pour l'extirper. || Terme de jardinage. Cerner un arbre au pied, creuser tout autour pour l'enlever avec des racines ou pour y mettre du terreau tout autour. || S* Se cerner, v. rifl. Devenir cerné. Les yeux de cet enfant se cernent.

— hist. xvi's. Petitz demy coulteaux, dont les petiz enfans cernent les noix, rab. Garg. i, 27. Faut tout premièrement cerner le nombril, paré, i,4. Les mains de ceux qui cernent les noix nouvelles en sont noircies pertinacitement, id. xxv, 46.

— ÊTYM. Circinare , de circinus (voy. cbrne) ; norm. cêner.

t CERNOIR (sèr-noir), s. m. Espèce de serpette.

— HIST. xvi' s. De l'arbre d'un pressoir, [faire] le manch» d'un cernoir [pour exprimer une décadence], C0TGRAVE,

— ÊTYM. Cerner.

t CÊROÈNE ou CÊROINE (sé-roi-n*), s. m. Terme de pharmacie. Emplâtre dont la cire fait la base, regardé comme résolutif et fondant. || On trouve aussi cirouène.

— HIST. xn" s. N'y ot emplastre, ne ciroine, Ne n'y ot nerfs, ne os ne voine, J. de meunq, Tr. 334. || xvi* s. Cerouenne est une composition plus dure et solide que les onguens et plus molle que les emplastres, paré, xxv, 37.

— ÊTYM. Bas-lat. ceroneum, de xijpèç, cire (voy. ce mot).

t CÊROFÊRALRE (sé-ro-fé-rê-r'), j. m. Terme de liturgie, ancien synonyme d'acolyte. Celui qui porte les cierges.

— HIST. xvi' s. Exposant le nom d'acolytho, ceroferaire, calv. Instit. H80.

— êtym. Bas-lat. ceroferarius, de cera, cire, et ferre, porter.

t CÉROGRAPIIIE (sé-ro-gra-fie) , s. f. Nom donné quelquefois à la peinture à l'encaustique.

— ÊTYM. Kripoç, cire, etYpàçuv, peindre.

t CÉROÏDE (sé-ro-i-d') , adj. Terme didactique. Qui a l'apparence de la cire.

— ÉTYM. Kr,pô;, cire, et eîSoç, forme (voy. idée). t CÉROINK (sé-roi-n'), s. m. Voy. cêroene.

{ CËROLÉINE (sé-ro-Ié-i-n*), s. f. Terme de chimie. Une des trois substances qui constituent la cire des abeilles.

— ÊTYM. Cera, cire, et oleum, huile (voy. huile). t CEROMANCIE (sé-ro-man-sie), s.f. Divination

pratiquée en versant goutte à goutte, dans un vase plein d'eau, de la cire fondue.

— ÊTYM. Kripàç, cire, et mande, suffixe. fCÉROMANCIEN (sé-ro-man-siin), s. m. Celui

qui pratique la céromancie.

f CÉROMEL (sé-ro-mèl) , s. m. Terme de pharmacie. Mélange d'une partie de cire et de deux parties de miel qu'on employait autrefois au pansement des plaies et des ulcères.

— ÉTYM. Cera, cire, et mel, miel.

t CÉRON (sé-ron) , s. m. Terme de commerce. Ballot couvert d'une peau de bœuf fraîche, dont le poil est en dedans. On dit aussi suron.

f CÊROPLASTIQCE (sô-ro-pla-sti-k'), ». f. Art de modeler en cire.

— ÊTYM. KV,p4;, cire, et plastique.

f CÊROTIQUE (sé-ro-ti-k'), ad;'. Terme de chimie. Acide cérotique ou cérine, un des principes constituants de la cire.

— ÊTYM. Kripoç, cire.

t CÉROXYLE (sé-ro ksi-1'), .s. m. Terme de botanique. Palmier qui produit de la cire.

— ÉTYM. K»)po;, cire, et :Oàov, bois.

CER

CER

CER

t CERRE (sè-r'), s. m. Espèce de chêne d'Europe. — ÊTYM. Cerrus, sorte de chêne.

CERTAIN, AINE (sèr-tin, te-n'), adj. ||1* Oui ne peut manquer, faillir, tromper, en parlant des choses. Ce qui est certain. 11 est certain que.... Je n'oserais donner pour certain que. .. . Tenir pour certain. Un espoir certain de salut. Je le sais de science certaine. Je mettrais en ses mains que je tenais certaines Quelque bien.... mol. l'Étour. iv, I . Quiconque est loup agisse en loup; C'est le plus certain de beaucoup, la font. Fabl. m, 3.... Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne changent le destin, m. ib. vin, 1 2. On doit tenir pour certain que.... boss. Hist. il, 10. Perfide, je te veux porter des coups certains , rac. Mithr. m, o. Et ne devrait-on pas à des signes certains Reconnaître le cœur des perfides humains? id. Phèd. iv, 2. Ce qu'il y a de certain dans la mort est un peu adouci par ce qui est incertain ; c'est un indéfini dans le temps.... la brut, xi. || En termes de peinture et de gravure, contours certains, contours bien dessinés et bien liés. || î* Fixé à l'avance, déterminé, invariable. On se réuniraàjour certain. Supposons, pour prendre un nombre certain, qu'il s'agisse de cent personnes. Ces marchandises n'ont pas de prix, de taux certain. Et le meilleur remède à son infirmité [de l'homme], C'est de choisir toujours un but certain à suivre, corn. Imit. i, (■>. || 3° En parlant des personnes, qui a la certitude de. Être certain de quelque chose. Bien certain que le gouvernement ferait la guerre. Je suis certain de m'exposer à deux reproches. Ils demandaient fort peu, certains que le secours Serait prêt dans quatre ou cinq jours, la pont. Fabl. vu, ». || Terme d'ancienne pratique. Fondé de pouvoirs suffisants. Venir certain à l'audience. |] 4° Un, quelque, d'une façon indéterminée, sans doute par antiphrase, puisque, de soi, certain a un sens tout contraire. Certaines gens pensaient. Un certain mal. Les murs étaient déjà élevés à une certaine hauteur. L'insolence de certains hommes. L'on voit de certaines gens qui rient également des choses ridicules et de celles qui ne le sont pas, la brut. xi. Certain chagrin conçu dans l'esprit de la reine.... rotrou , Bélis. m, 5. Certain envier dont on fait certain conte En fera foi.... la font, le Cuv. Les Levantins en leur légende Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas.... id. Fabl. vu, ». Certain ajustement, dites-vous, rend jolie, id. ib. iv, ». Certain loup aussi sot que le pêcheur fut sage, id. ib. rx, 10. Il y a de certains impertinents au monde qui viennent prendre les gens pour ce qu'ils ne sont pas, mol. Méd. m. lui, n, ». Il coûte moins à certains hommes de s'enrichir de mille vertus que de se corrigerd'un seul défaut, la brut. XI. Il y a, sans mentir, de certains mérites qui ne sont point faits pour être ensemble, de certaines vertus incompatibles, id. v. || Certain, certaine, se met aussi avec un nom propre , non sans quelque nuance de dédain. Un certai n Mazzaniello pêcheur fut le promoteur de l'insurrection de Naples. || En style de monitoires, de procès- verbaui, un certain quidam, certains quidams, pour désigner des personnes imparfaitement connues. || De même que, au singulier, on dit avec l'article, certain homme ou un certain homme; de même, au pluriel, on dit avec de ou sans de, certaines gens ou de certaines gens. On le dit même avec l'adjectif démonstratif ces. Ces certains savants-là peuvent, à les connaître, Valoir certaines gens que nous voyons paraître. — Oui, si l'on s'en rapporte à ces certains savants; Mais on n'en cenvient pas chez ces certaines gens, mol. F. sav. iv, 3. || Dans le même sens, substantivement, au pluriel, quelques-uns. Certains prétendent que.... || 5* Il sert à atténuer, à restreindre ce qu'une expression a de trop absolu. Il jouit d'une certaine réputation. Je n'y vais pas sans une certaine crainte. Il y a dans quelques hommes une certaine médiocrité d'esprit qui contribue à les rendre sages, la brut. xi. || Un certain âge, un âge déjà avancé. Cet homme est d'un certain âge. || 11 est d'un certain mérite, il n'est pas sans mérite. Il est d'une certaine force au billard, il n'est pas sans quelque habileté à ce jeu. || Quand on est d'une certaine qualité; quand on est fait d'une certaine manière, etc. locutions qui se disent pour exprimer avec une sorte de réticence qu'on est de qualité, qu'on est bien fait, etc. Cette locution, qui est passée dans l'usage, est signalée par de Caillières , en 1690, comme une mauvaise façon de parler des gens de cour. Ij 6° S. m. Chose certaine. Quitter le certain pour l'incertain. Abandonner le certain. || Terme de banque. Monnaie prise pour terme de comparaison lans l'appréciation du taux du change; c'est le terme fiie ; l'incertain est le terme qui varie. Londres donne

le certain. || 8° Pour certain, Joe. ad». Assurément. Il ne l'aima jamais, pour certain, corn, le Kent, iv, 7.

— REM. Certain change de signification suivant qu'il est devant ou après son substantif : certaines nouvelles, c'est: quelques nouvelles; des nouvelles certaines, c'est : des nouvelles qui ont de la certitude. Cependant Pascal a dit : Taille-t-on vos avis à une certaine mesure? pasc. Prov. 2. Alors, pour certain comme pour même, l'usage n'avait pas encore attaché un sens différent aux deux positions avant ou après le substantif.

— SYN. cbrtain, sûr. En parlant des choses, certain exprime ce dont on ne peut pas douter; sur exprime ce sur quoi on peut se fier. D'une nouvelle certaine, on ne peut douter; à une nouvelle sûre on se fie; la nouvelle est certaine, venant par une voie sûre. En parlant des personnes, la distinction est la même : une personne certaine est celle qui sait d'une façon indubitable; une personne sûre est celle en qui on peut se fier; à quoi il faut ajouter que, en ce sens, certain veut toujours un complément : certain de la nouvelle; et que sûr peut se dire absolument : un homme sûr.

— HIST. xii* s. Tant [j'J ai d'amor mon fin cuer esprouvé, Que jà .sans lui n'aurai joie certaine, Court, xrv. X moi haïr, dont si [je] la voi certaine, ib. 126. || xin* s. Son errement [elle] lui conte, dont bien [elle] estoit certaine , aud. le bast. Romane. 1 i . Et Symons, et ses filles, chascuns ot cuer certain [en qui on peut se fier], Berte, xlvhi. [Ils envoyèrent] Un certain messager cui bien faisoit à croire, ib. lxvi. Soixante sols [il] cousta, un an a, en certain, ib. lxxiii. Il s'en deit faire certain parle recort des homes de la court qui furent là quant il garda son jor, Ass. de Jér. 90. X ce repondi li roys, que il leur commanderoit volentiers de touz ceulz dont en le feroit certein que il eussent tort, joinv. ïoo. Il ne sceit pas ne n'est certeins que il ait eu tele repentante que Dieu li ait pardonné, id. i 94. || xiv* s. Remettons et pardonnons par ces présentes, de certaine science, grâce especial et de la puissance et auctorité royal dont nous usons, Lett. de rémission en 1368, dans Bibl. des chartes, 6* série, Li, p. 82. Le juge pourroit dire quant il li plairoit que il scet de certain que il n'est pas culpable, oresme, Elh. 162. Pour certain il vault mieux, id. vi (10). En commun parler nous assignon sapience es ars à ceulz qui sont les plus certains selon telz ars, id. t'6. 177. || xv* s. Jean Lyon savoit tout de certain que.... proiss. ii, n, 66. Et se mirent et establirent en trois aguets , afin que cils ne leur pussent mie eschapper; et vinrent les plusieurs et les plus certains sur un pas entre haies et buissons et là s'embucherent, id. I, i, 108. Certain est que.... id. i, i, 3*. Quarante mil escus qui depuis, pour certain, leur furent rendus, comm. v, 16. || xvi* s. Valant par chacun an en deniers certains... En moins de quatorze jours, il dilapida le revenu certain et incertain de sa chastellenye pour troys ans, rab. Pan», in, 2. Ils esgarent çà et là les poures âmes en spéculations volages, plustost que les adresser à un certain but, calv. Instit. 417. Certains Indiens.... mont, i, 16. Il est certain que.... id. i, 42. Prendre pour certain l'opposé de ce que dit le menteur, n>. i, 37. Le bien est certain et finy, le mal infiny et incertain, id. t'6. Fourni d'une contrebatterie d'enchantements certains à le préserver, id. i, »4. Sans obligation à nul certain office, id. i, 280. Laisser le certain pour prendre l'incertain, amtot, Numa, 9. Il rencontra lettres et messagers qui luy apportoient nouvelles certaines de la victoire, id. P. Mm. 41 . D»s mémoires sans nom d'autheur certain , id. Arist. 7.

— Êtym. Provenç. certan; espagn. et ital. certano; tiré du latin certus (voy. certes), à l'aide du suffixe de dérivation an, comme si Fon avait dit certanus. Certus avait donné, dans l'ancien français, cert.

CERTAINEMENT (sèr-tè-ne-man), adv. || 1' D'une manière certaine. Vérité connue si certainement par l'expérience. Le roi veut qu'on l'arrête, et qu'on sache certainement de quel pays il est, fén. Tel. ni. || 2* Par extension, sans doute, en vérité, assurément. Certainement vous ne m'écoutez pas. Le connaissez-vous? certainement. C'est certainement une fort belle chose. Et certainement ob ne saurait assez plaindre la perte de ces excellents originaux, boil. Longin, Préface.

— HIST. xn* s. Car tu sais bien certainement, La charrette, 3206. Qu'encore i est [Durandall pour voir [vrai] certanement, Roncisv. 106. Mais [je] ne sai pas encor certeinnement Quel guerredon ele me voudra rendre, Court, v. Il sout [sut] certainement,

Th. le mart. )06. ||xra*s. Devers Aussai [Alsace] sui née, sachiez certainement, Berte, xl vu. Et quant Blondiaus l'oï, si sot certainement que c'estoit ses sires, Chr. de Reims, 66. ||xv s. Il dist qu'il 8*631011 levé [avait décampé] , parce qu'il estoit certainement informé, comm. iv, 4. || ivi* s. Mutius, ne le cognoissant pas certainement, n'oza demander lequel e'estoit, amyot, Pub. 33. Cette amitié que noua avons nourrie, tant que Dieu a voulu, entre nous, si entière et si parfaicte que certainement il ne «'en lit gueres de pareilles, et entre nos hommes il ne s'en veoid aulcune trace en usage, mont, i, 207.

— ÊTYM. Bourguig. çartaigneman ; provenç. tertanamen ; anc. catal. certanament ; de certaine . et du suffixe ment.

fCERTEAD (sèr-tô), s. m. Variété de poire

— HIST. xvi' s. La vessie du fiel est de magnitude et figure d'une bien petite poire, vulgairement nommée de certeau , pari, i, 9.

CERTES (sèr-f), adv. Certainement, en vérité, à coup sûr. En quoi certes personne ne le surpassa jamais, vaugelas, dansBOUHOURS. Certes, messieurs, le barreau n'a vu que trop de ces malheureux, patrc. Plaidoyer, dans bouhours, Nouv. rem. Mais certes c'en est trop d'aller jusqu'à la joie, corn. Jlor. I, «■ Certes l'exemple est rare et digne de mémoire, id. ib. iv, 2. Certes les chrétiens ont d'étranges manies, id. Poly. iv, 6. Certes plus je médite, et moins je me figure Que vous m'osiez compter pour votre créature, rac. JJrtt. i, 2.

— REM. On trouve peu d'exemples de certes écrit sans i ; Ménage en rapporte un de Michel Marot : J'ai trouvé certe une chose bien rare Au cabinet de mon père Marot. En voici un de Molière : Cela certe est fâcheux. — Oui, plus qu'on ne peut dire, Tart. iv, 6. Cette licence a été prise aussi par V. Hugo : Certe on peut parler de la sorte, Quand c'est au canon qu'on répond, Orient. 35.

— HIST. xi* s. Non ferez certes, dist li quens Oliviers, Ch. de Roi. xvui ||xn* s. Certes, dit Charles, trop avez mal talent, Roncisv. 4 4. Certes, dame, moult s'honneure Qui courtois est contre tort, Court, iv. Diexl tant avons esté preus par buiseuse [oisiveté]; Or verra on qui à certes ert [sera] preus, Ouesnes, Romane. 94. Par Dieu, vassal, jel [je le] di pour vous gaber; Cuidiez-vous donc qu'à certes [je] le tous die? tb. 108. Certes, seigneur, dist-il, trop tost le saura on, Sax. xxv. || xm* s. La royne me pria si à certes comme elle pot, joinv. 474. || xv* s. La fille lui respond : Certes, mère, nenni, louis xi, Nouv. xiv. Vous voyez bien que c'est à certes [pour tout de bon] , quand de rechef s'est apparu l'ange vers moi, id. ib. Chargeant à chacun, par exprès et bien à certes, qu'il ne faille pas à son heure assignée, id. ib. xxxiv. || xvi* s. Aucuns personnages m'ont amiablement, mais acertes, adverty que.... M. du bellat, 3H. Socrates avoit seul mordu à certes au précepte de son Dieu : de se cognoistre, mont, n, 62. J'en vaulx certes bien mieulx, id. h, 83. Il ne pouvoit croire qu'ils eussent parlé à certes [sérieusement] d'une si vaine matière, id. n, 230. Quand Platon escript selon soy, il ne prescrit rien à certes, id. h, 244. Quand il vit qu'ili parloient à certes, il leurmonstradu doigt le camp des Romains, amyot, Lucull. 19. Elle luy respondit magnanimement certes , sans se troubler ny estonner , id. Dion, 25.

— ÊTYM. Provenç. et anc. espagn. certat; catal. certes. Il y avait l'ancien adjectif cert, dont certes, certas, est le pluriel féminin. La locution complète est à certes, que l'on trouve en effet , et sous-entendu un substantif indéterminé féminin pluriel, comme voies, manières, choses; elle suppose une forme latine a cerlis ; c'est pour cela que certes s'est toujours écrit avec une s, qui, comme on voit, n'est point un caprice d'orthographe et qui seule permet de comprendre comment certes a un sens adverbial. Certus est, par métathèse, pour cretus, participe passé de cerner e, séparer, distinguer, le même que le grec xpfvttv, juger (voy. crise).

CERTIFICAT (sèr-ti-fi-ka; le t ne se lie pas), s. m. Acte par lequel un individu, un fonctionnaire, un corps constitué, rendent témoignage d'un fait qui est à leur connaissance. Le certificat est une déclaration lorsque celui qui le délivre y est intéressé Donner, délivrer, prendre, produire an certificat. Certificat d'inscription, d'origine, de bonne vie et mœurs, de civisme, d'indigence, de résidence. Ce domestique a de bons certificats. Certificat de vie, certificat constatant l'existence d'un rentier. Certificat de capacité, attestation, délivrée dans les écoles du droit, de la capadté de ceux qui se destinent à la profession d'avoué. Certificat d'étude. || Familièrement,

CER

CER

CER

assurance, garantie. La goutte est un certificat de vie. Vous serez sévèrement puni, je vous en donne mon certificat.

— HIST. xV s. Quand les ambasadeurs de Portingal orent apporté certificats.... froiss. n, ni, 4 8. || xvt" s. Et n'oublièrent aussy de retirer chacun ung certificat de leurs services, signé de la main du roy, carl. v, t. Ils avoient signé certifficat à M. de Vieilleville, de ne marcher que pour le service du roy. m. vni, 36.

— ÊTYM. Latin fictif certificatum, du bas-latin certificare, de cerlus, certain, et du suffixe ficare, faire.

CERTIFICATEUR (sèr-ti-fi-ka-teur). || 1* S. m. Terme de pratique et de commerce. Celui qui certifie une caution, une promesse, un billet. Certificateur rie criées, celui qui attestait en justice la régularité des criées. || 2° Adj. Notaire certificateur, notaire choisi par l'Etat pour délivrer aux rentiers les certificats de vie.

— HIST. xvi' s. J'ai eu juste crainte qu'on m'eust pris pour certificateur [approbateur] des enormitez, d'adb. Ilist. m, 423.

— ÊTYM. Voy. CERTIFICAT.

fCERTlFICATIF, IVE (sèr-ti-fi-ka-tif, ti-v"), adj.

Qui a la vertu de certifier.

— HIST. xvi* s. Que je ne partirais point sans une lettre certifficative de sa parole, carl. vu, 7.

— ÊTYM. Voy. CERTIFICATION.

CERTIFICATION (sèr-ti-fi-ka-sion), s.f. || 1* Terme de palais. Assurance par écrit. Certification de caution, de criées. Vieilli. || 2° Terme de bourse. Certification des signatures, obligation du cédant et souvent des deux parties dans le transfert de certaines actions (particulièrement celles de chemins de fer), de faire certifier leurs signatures par un agent de change ou un des administrateurs de la compagnie.

— HIST. xiv* s. Telles raisons ne font pas certification, oresme, Thèse de mf.unier. || xv* s. Quand le pape Clément et les cardinaux en eurent la certification, froiss. m, iv, 40. || xvi' s. La circoncision leur estoit une certification et souvenance pour les confirmer en la promesse faite à Abraham, de la semence bénite, calv. Instit. 4 043. Comme Eumenes en eust pris et emmené des chevaux autant qu'il voulut, et en eust envoyé une lettre patente de certification aux harassiers et escuyers qui en avaient la charge, amyot, Eum. 46.

— ÊTYM. Certifier.

CERTIFIÉ, ÉE (sèr-ti-fi-é, ée), part, passé. Fait certifié par un témoin oculaire.

CERTIFIER (sèr-ti-fi-é), v. a. || l'Assurer qu'une chose est certaine. Je vous le certifie. Je vous certifie que.... Il certifia à son ami qu'il en était ainsi. || Autrefois ce verbe voulait le régime direct de la personne. Il me certifia du fait. Dieu certifie l'âme en tout ce qu'il convient, bossuet, Leur. abb. 453. || 2' Terme de pratique. Certifier une caution, en répondre. Certifier des criées, en attester la régularité.

— HIST. xui' s. Si ne peûst-il pas le nombre Des grans contens [disputes] certefier, Tant seiist bien monteplier, la Rose, 12999. Et [que] nous [soyons] certefiés des noms des hommes que vous aurez fait adjorner, du cange, assisa. Se le seignor viaut [veut] estre certefié que il ait son jor gardé si comme il deit, Au. de Jér. 90. Certifier son essoine [eicuse] au seignor et à la court qui ajorneles parties, ib. 97. Il xiv s. Et dès maintenant peut assez aparoir queïe chose est science, mes toutevoies il en convient plus certifier, oresme, Eth. 473. ||xv' s. Faites apporter de grands mairins, nous vous certifions que par force on la pertuisera [l'abbaye] en plusieurs lieux, froiss. 1, 1, 437. Car il n'eut, je vous certifie, Or ne argent de son poisson, villor, 4 "repue, comment ils eurent du poisson. || xvi* s. Il cognoist bien que le printemps revient, Et aux fruits meurs l'automne il certifie : Voilà son art et sa philosophie, st-gelais, 209. Les ministres sont ordonnez de Dieu comme tesmoins, et quasi comme pleiges, pour certifier les consciences de la remission des péchiez, calv. Inst. 496. 11 sera droitement certifié, là où auparavant il estoit en doute, id. ib. 497. Toutefois [César] estant par le chemin certifié qu'il [Caton]s'estoitluy mesme desfait de sa propre main, amyot, César, "0. Il le certifia de tout ce qu'il avoit veu et entendu, carloix, iv, 23.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. certifieur ;ital. eertifxcare; bas-lat. certificare, du latin cerlus, certain (voy. certes), et ficare, fréquentatif de facere, faire.

CERTITUDE (sèr-ti-tu-d') , s. f. || 1» Qualité de ce qui est certain. Certitude morale, mathématique. L'histoire commence à avoir de la certitude, boss. Hist. I, 7. 11 faut toujours compter avec la fortune

avant que de compter sur la certitude des félii^s, hamilt. Gramm. 40. M. Malouin trouvait, parmi les savants et les gens de lettres , des malades souvent peu disposés à croire à la certitude de la médecine ; et peu de médecins en ont été aussi persuadés que lui , condorcet, Malouin. || De certitude, locut. adverb. Certainement , assurément. C'est moi qui suis Sosie enfin, de certitude, mol. Amph. 1,2. H Terme de philosophie. Conviction qu'a l'esprit que les objets sont tels qu'il les conçoit. La question de la certitude. || 2° Stabilité. Il n'y a nulle certitude dans les choses du monde. || 3° Terme de graveur. Fermeté de main dan» la conduite du burin.

— HIST. xvi* s. Tellement que qui voudroit représenter la certitude de l'interesl qu'a supporté chacun diocèse, pour raison d'icelle surcharge.... froumenteau, Finances, m* liv. p. 389. Sinon qu'on donne de fermes raisons pour la certitude d'un tel article, id. ib. p. 394. Son dessein [de la philosophie] est de chercher la vérité, la science et la certitude, mont, u, 230.

— ÊTYM. Provenç. serletut; catal. certitut ; espagn. certidumbre; ital. certitudine; du latin certi- Judt'nem,de certus, certain (voy. certes). On disait dans l'ancien français certaineté, mot très-bon et à tort tombé en désuétude.

t CÉRULÊ, ÉE (sé-ru-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a une teinte d'azur.

— ÊTYM. Le latin cscruleus, bleu.

t CÉRULINE (sé-ru-li-n'), s. f. Terme de chimie. Bleu d'indigo soluble.

— ÊTYM. Voy. CÉRULÉ.

t CÉRULIPEDE (sé-ru-li-pè-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes bleues.

— ÊTYM. Latin fictif cœrulipes, de cserulus, bleu, etpes, pied.

f CÉRULIPENNE (sé-ru-li-pè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a les ailes bleues.

— ÊTYM. Latin fictif cserulipenna , de cserulus, bleu, et penna, aile.

CÉRUMEN (sé-ru-mèn'), s. m. Terme de physiologie. Humeur onctueuse, épaisse, analogue à la oire, qui s'amasse dans le conduit auditif externe.

— ÊTYM. Bas-lat. cérumen, de cera, cire (voy.ee mot).

CÉRUMINKUX, ECSE (sé-ru-mi-neû , neû-z'), adj. Qui est relatif au cérumen. Glandes cérumineuses. Humeur cérumineuse.

— ÊTYM. Cérumen.

CÉRUSE (sé-ru-z'), s. f. Carbonate de plomb, de couleur Manche. Blanc de céruse. Leur visage reluit de céruse et de peautre, Régnier, Sat. ix. La coquette tendit ses lacs tous les matins, Et mettant la céruse et le plâtre en usage, Composa de sa main les fleurs de son visage, boil. Épit. ix. || Céruse native, nom donné par quelques minéralogistes au plomb blanc terreux.

— HIST. rvi' s. La manière de faire le sel de ceruse [acétate de plomb], c'est qu'il faut prendre de la céruse bien pulvérisée, et la mettre avec vinaigre distillé, paré, xxv, 44. Poudre de céruse de Venise lavée en eau rose, id. ib.

— ÊTYM. Provenç. ceruza ; espagn. cerusa; ital. cerussa; du latin cerussa, céruse.

CERVAISON (sèr-vê-zon), s. f. Temps de l'année où les cerfs sont gras, et qui est le plus propre à la chasse de ces animaux.

— HIST. xiv s. À la nostre dame de mars commencent les appareils des cervoisons, Me'nagier, n, 6.

— ÊTYM. Cerf.

CERVEAU (sèr-vô), s. m. || 1° Masse de substance nerveuse qui occupe la cavité du crâne chez l'homme et les animaui vertébrés, et est un des principaux organes de la vie. Le cerveau est le centre des sensations et le siège des penchants, de l'intelligence et de la volonté. La substance, les ventricules, les membranes du cerveau. Transport au cerveau. Ce vin porto, monte au cerveau. Il faut que ce matin à force de trop boire II se soit troublé le cerveau, mol. Amph. 11, 4. || Rhume de cerveau, inflammation catarrhale de la membrane qui tapisse les fosses nasales, ainsi dit à cause d'une ancienne théorie qui supposait une communication entre les fosses nasales et le cerveau. Etre pris du cerveau, avoir le cerveau pris, avoir un rhume de cerveau. || En anatomie, plus particulièrement, et en distinguant le cerveau du cervelet, masse nerveuse qui s'étend du front aux fosses occipitales supérieures, et s'appuie en devant sur les voûtes orbitaires , en arrière sur les fosses moyennes de la base du crâne, et postérieurement sur la tente du cervelet, y 2° Fig. Tête, esprit, raison, intelligenoe. Cer-

veau étroit. Pauvre cerveau. Ce critique, changeant d'humeurs et de cerveau, Régnier, Sat. v. Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau, corn. UMcnt. 1, 3. Un homme à fort petit cerveau, mol. le Dép. v, 4. Ce galant homme a le cerveau blessé, id. l'Etnur. 1, 4. Parbleu! dit le meunier, est bien fou du cerveau Qui prétend contenter tout le monde et son père, la font. Fabl. m, 4. Il [Démocrite] y joint les atomes, Enfants d'un cerveau creux, invisibles fantômes, id. ib. vin '« Le courroux lui montant au cerveau, id. Rém. un les traite de cerveaux faibles et blessés, boss. Oraison. Un prince dont le cerveau serait si malade, id. Avert. 6. Paul IV avait le cerveau encore plus blessé que Charles-Quint, volt. Mmirs, 426. Ce Telliamed me paraît un peu blessé du cerveau, iD.7Wai.xxix, 4 1. Il le crée, il le tire de son cerveau, 1. 1. rouss. Em. iv. Mon voisin, faible de cerveau, Ne boit jamais son vin sans eau, hêrang. Deo grat. || Se creuser le cerveau, méditer profondément. Il Familièrement, s'alambiquer le cerveau, se fatiguer à des choses abstraites, trop subtiles. Un seigneur comme M. le marquis ne doit pas se dessécher le cerveau dans ces vaines études, volt. Jeannol et Colin. Il Cerveau timbré, fêlé, mal timbré, malade, troublé, c'est-à-dire personne d'un esprit peu sain, dérangé. || Cerveau brûlé, personne emportée, extravagante. Voilà donc M. le duc d'Orléans livré à un homme de néant qu'il connaissait pleinement pour un cerveau brûlé, étroit et fougueux outre mesure, st-sim. dans le Dict. de dochez. || Cerveau creux, un rêveur, un visionnaire. || 3° Les fondeurs appellent cerveau la partie supérieure ou le timbre de la cloche. || 4° Cerveau de mer ou de Neptune, sorte de polypier pierreux.

— hist. xi" s. De son cervel le temple [la tempe] en est rompant, Ch. de Roi. cxxxii. Du chef [il] lui a le cervel espandut, ib. cclxxxih. || xii* s. Ne li sevrèrent pas del chief tut le chapel, Mais al carnail del frunt retint e à la pel, Que tut à descuvert veîssiez le cervel, Th. le mart. 15(. || xm*s. Tant burent à lor volenté Qu'à Primaut le cervel bolut [devint bouillant], Ren. 3 1 54 . || xvr* s. Le cerveau se mettra en resverye, et ne baillera sentiment es nerfz, ne mouvement es muscles, rab. Pant. 111, 3. Les cerveaux s'eschaufîerent davantage, lanoue, 606. Le cerveau est double, antérieur et postérieur... le postérieur est nomme cerebelle, à raison de sa petitesse , et l'antérieur à raison de sa grandeur a retenu le nom du tout, à sçavoir de cerveau, lequel est encore double, dextre et senestre, pare, m, 6. Chacun brasse et cabasse et le cerveau se casse, le roux de lincy, Proverbes, t. 11, p. 267.

— ÊTYM. Bourguig. çarvéa; provenç. cervel, servel; catal. cervell; ital. cervello; bas-lat. cervellus; du latin cerebeJJum, diminutif de cerebrum. L'ancien français est : au singulier, nominatif li cervels, licerveax, régime le cervel; au pluriel, nominatif li cervel, régime les cervels, les cerveax.

t CERVEAUX (sèr-vô) ou CERF-VA-AUX (sèrva-ô). Terme de chasse. Cri par lequel on appuyé les chiens chassant en crainte ou rapprochant.

CERVELAS (sèr-ve-la; Ys ne se lie que dans le parler soutenu : un sèr-ve-la-z épicé), t. m. Espèce de grosse et courte saucisse remplie de chair salée et épicée. || Nom qu'on donnait à un instrument do musique à anche et à vent, ayant cinq pouces de long et huit trous.

— HIST. xvi* s. Ung groz cervelat saulvaige et farfelu.... et trencha le cervelat en deux pièces; vray dieu que il estoit graz! rab. Pant. iv, 4t. Quant aux viandes d'Italie, je ne vous donnerai qu'un petit boucon de cervelat, H. est. Dialogue du français italianisé, p. 297.

— ÊTYM. Ital. cervelluta, ainsi dit, parce que sans doute on y faisait entrer de la cervelle. Le mot italien prouve que l'ancienne orthographe cervelat est préférable à cervelas. Le nez fait comme un cervelat, Régnier, Ép. 111.

CERVELET (sèr-ve-lè; le t ne se lie pas), s. m. Terme d'anatomie. La partie postérieure de l'encéphale. Les esprits animaux se filtrent dans le cervelet, volt. Oreilles, 7.

— ÊTYM. Diminutif de cerveau, par l'ancienne forme cervel.

f CERVELIÈRE (sèr-ve-liê-r') , j. f. Anciennement, sorte de casque ouvert.

— ÊTYM. Cervelle.

CERVELLE (sèr-vè-1'), s. f. || 1' La substance du cerveau. La cervelle jaillit sur le pavé. Il s'est fait sauter, il s'est brûlé la cervelle d'un coup de pistolet. Belle tête [un buste], dit-il, mais de cervelle point; Combien de grands seigneurs sont bustes en ce point I la font. Fabl. rv, 4 4. || Le soleil

cm

lui a fait bouillir, lui a desséché la cervelle, se dit 'un homme qui est incommodé pour s'être exposé a la trop grande ardeur du soleil. || Terme de cuisine. Cerveau de certains animaux de boucherie. Des cervelles frites. || Par rxlension, cervelle de palmier, moelle Iboane à ,m-ujger que contiennent certains palmiers. US" Fig. ï'éte, esprit, fantaisie, raison. S'alambiquer la cervelle. Tête sans cervelle. C'est une bonne cervelle, c'est un homme de sens. Cervelle légère, évaporée, (•ventée. Mais pour dire le vrai, je n'en ai la cervelle. Mmn, Sat. m. Passer pour esprit faible ou pour cervelle usée, corn, le Ment, v, 3. On n'a point à louer les ?ers de messieurs tels, X donner de l'encens à madame une telle, Et de nos francs marquis essuyer la cervelle, mol. Mis. ni, 7. Jupin en a bientôt la cervelle rompue, la font. Fabl. m, 4. Corrigezvous, dira quelque sage cervelle, id. ib. H, 44. Le vertueux Anselme à la sage cervelle, id. Pcl. chien. Elle eût à Job fait tourner la cervelle, id. Belih. L'émotion lui tourna la cervelle, id. Rem. Il croit régler le monde au gré de sa cervelle, boil. Sat. ix. Un faux Esculape à cervelle ignorante, id. Poésies div. 7. Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés (pie ceux de la Pucelle, m. Sat. vu. Je ne souffrirai point que l'amour lui fasse tourner la cervelle , regnard, la Sérén. 7. || Familièrement. Cela lui trotte depuis longtemps dans la cervelle, il en est préoccupé depuis longtemps. || Mettre, tenir «n cervelle, en inquiétude, dans l'embarras. Et c'est cela qui me tient en cervelle, scarr. Jodelet, i, 6. Ce dédit m'embarrasse et me tient en cervelle, regnard, Disirait, m, 44. || S'user la cervelle. L'amant, à force de rêver Sur les ordres nouveaux qu'il lui fallait trouver, Vit bientôt sa cervelle usée, la font. Chose imposs. |! Cervelle de lièvre qui se perd en courant, se dit d'un homme qui a mauvaise mémoire.

— SYN. cerveau, cervelle. Ces deux mots, étymologiquement identiques, ont pris cette nuance que cerveau est plutôt l'organe considéré en sa totalité , et cervelle plutôt la substance qui le compose.

— H1ST. xi* s. Et la cervele lui chet as piez, Ch. de Roi. civ. Par les oreilles fors se ist la cervele, ib. clxv. || toi* s. Sanc et cervelle [il] fait voler en l'herbage, Roncisv. 65. || xm* s. Entre païens se fièrent, moult en vont ociant, De sanc et de cervele va li ruissos courant, Ch. d'Ant. i, 460. ||xvi*s. Es ungs escarbouilloyt la cervelle, es aultres rumpoyt braz et jambes, rab. Carg. i, 27. 11 fault frotter et limer nostre cervelle contre celle d'aultruy, mont. I, 4 64. M. le mareschal d'Anville m'a dit aussi avoir esté en armes et en eervelle bonne partie de la nuit, lanoue, 669. Il y a de trop bonnes cervelles au conseil du Roy pour donner les gens de bien en proye à cette canaille, d'aub. Fan. m, 20. Fonslebon d'un coup de pistolet defonsa la cervelle au comte d'Aiguemont, id. Hist. in, 23). Affin que le soldat ne devint poultron, et pour le tenir toujours en devoir et cervelle, il faisoit donner souvent des allarmes, carloix, ix, 7.

— Êtym. Bourg, sarvelle; provenç. cervela, sercela ; du neutre pluriel cerebella , de cerebellum (voy. cerveau), transformé en nom singulier féminin-, transformation qui n'est pas rare dans les langues romanes.

CERVICAL, ALE (sèr-vi-kal, ka-P), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la nuque, à la partie postérieure du cou. Nerfs cervicaux. Région cervicale.

— HIST. xvi* s. La septième distribution de la veine cave ascendante dite cervicale, va par les trous des apophyses transverses.... paré, u, 4 5.

— ÊTYM. Cervix, cou.

f CERVICOBRANCUE (sèr-vi-ko-bran-ch') , adj. Terme de zoologie. Qui porte des branchies au cou.

— ETYM. Cervix, cou, et branchies.

fCERVICORNE (sèr-vi-kor-n'), adj. Terme d'entomologie. Qui a des antennes semblables à des cornes de cerf.

— ÊTYM. Cervus, cerf, et corne.

t CERVICULÉ, ÉE (sèr-vi-ku-lé, lée), adj. Terme d'entomologie. Qui est en forme de petit cou.

— Êtym. Cervicula, diminutif de cervix, cou. CERV1ER (ser-vié), adj. Voy. loup-cervier.

— êtym. Cervarius, du latin cervus (voy. cerf). + CERVIN, INE (sèr-vin, vi-n'), adj. Terme de

zoologie. Qui ressemble au cerf. || S. m. Les cervins, la famille d'animaux dont le cerf est le type.

— ÊTYM. Le latin cervinus, de cervus (voy. cerf). CERVOISE (sèr-voi-z') , s. f. Nom ancien de la

bière. Nulle liqueur au quina n'est contraire; L'onde insipide et la cervoise amère. Tout s'en imbibe.... Iafont. Quinquina, u,

— hist. xm' s. Nus cervoisiers ne puot ne ne doit faire cervoise fors de yaue et de grain, Liv. des mit. 29. Ne cervoise ne vin por boivre, Ben. (sois. || xvi' s. Ceux qui ont accoutumé de boire de la cervoise ou bière, le pourront faire, pourveu que la bière soit bonne, claire et déliée, paré, xxiv, 23. Et de Ceres [ce breuvage] sera nommé cervoise, rons. 68*.

— ÊTYM. Provenç. cerveia ; espagn. cervesa; portug. cerveja; ital. cervogia ; de cerrisia dans Pline; cervisa dans Marcellus, de Bordeaux; mot celtique: cornwall. coruf, coref; kymri , cwrw; bas-bret. kufr, autrefois koref.

CES (se), pluriel de ce, cette, adj. démonst.

CËSAR (sé-zar), t. m. li 1* Nom du célèbre romain qui conquit les Gaules, défit Pompée, et devint maître de la république romaine. C'est un César, se dit, à cause du renom militaire de Jules César, d'un homme d'une très-grande vaillance. Il est brave comme un César. || Il veut être César ou rien, se dit d'un homme qui hasarde tout, pour être tout ou rien. || Par plaisanterie. Ce chien.... Fut le premier César que la gent chienne ait eu, la font. Fabl. vin, 24. || 2* Nom commun à Jules César et aux onze premiers princes qui, héritiers de sa puissance, gouvernèrent après lui l'empire romain. Les douze Césars. Suétone a écrit la vie des douze Césars. Errant dans le palais, sans suite et sans escorte, La mère de César veille seule à sa porte, rac. Brit. i, 4. || Titre donné par extension aux empereurs et princes romains après les douze premiers empereurs. Tel que sur son char Victorieux dans Rome entre notre César, corn. Poly. i, 3. Et quoiqu'à ses Césars fidèle, obéissante.... rac. Bér. u, 2. || Titre particulier des héritiers présoratifs de l'empire. C'est surtout à partir de Dioclétien que cette signification fut arrêtée; Dioclétien régla qu'il y aurait toujours deux empereurs et deux Césars; les empereurs s'appelaient Augustes et s'adjoignaient, sous le nom de Césars, des aides ou coadjuteurs qui devaient leur succéder. || Par extension, qualification des monarques qui ont le titre d'empereur. Une fille des Césars, une fille de la maison d'Autriche. Les prélats s'étaient donné la liberté de faire un César, volt. Mœurs, 61. || Proverbe. Il faut rendre à César ce qui appartient à César, c'est-àdire: à chacun ce qui lui est dû.

— HIST. xv* s. Hardy comme un César je suys à cette guerre Où l'on combat armé d'ung grand pot et d'ung verre, o. bassel. V. de Vire, 4 9.

— ÊTYM. Le latin Cecsar ou Cseso fut un surnom donné à des enfants que l'on tirait du sein de leur mère par une incision, dite plus tard césarienne, de cxdere, couper, inciser.

f CÊSARIEN, IENNE (sé-za-riin, riè-n'), adj. || 1* Qui appartient à Jules César ou aux Césars. Famille césarienne. Troupes césariennes. || 2° S. m. Celui qui était partisan de César. Les Césariens et les Pompéiens.

— ÊTYM. Crsarianut, de Cxsar.

CÉSARIENNE (sé-za-riè-n'), adj. f. Terme de chirurgie. Opération césarienne, incision pratiquée aux parois de l'abdomen et à celles de l'utérus pour extraire le fœtus.

— hist. xvi« s. F. Rousset, en son livre de l'enfantement caesarien, escrit que.... pare, xvm, 42.

— ÊTYM. César (voy. ce mot).

fCÉSARISME (sé-za-ri-s-u'), s. f. Domination des

Césars, c'est-à-dire des prises portés au gouvernement parla démocratie m<>.s revêtus d'un pouvoir absolu. || Théorie de ceux qui pensent que cette forme de gouvernement est la meilleure. || Néologisme.

— ÊTYM. César.

f CÉSERON (sè-ze-ron), s. m. Un des noms vulgaires du pois chiche.

— ÊTYM. Dérivé du latin cicer, pois chiche. fCESPITEUX, EUSE (sè-spi-teû, teû-z'), adj.

Terme de botanique. Qui croît en touffes serrées. Se dit des feuilles ou des rameaux qui viennent sur un rhizome ou sur la base de tiges vivaces détruites annuellement.

— êtym. Le latin cespes, touffe, gazon. CESSANT, ANTE(sè-san, san-t'), adj. Qui cesse.

Il faut exécuter cet ordre, tous empêchements cessants. Je viens, toute affaire cessante.... la font. Fats. Pour me prier, toutes choses cessantes, d'aller voir ce chef-d'œuvre, sév. 272. De ces obscurités cessantes Tu verras sortir triomphantes Ma justice et ma liberté, lamart. Méd. i, 8.

CESSATION (sè-sa-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Action de cesser. Cessation d'hostilités, de poursuites , de commerce, etc. Une eessation d'inquiétude, pasc. dans cousin. La cessation de presque tout le commerce qui ne se fait plus que x<ar

CliS

des contrebandiers, volt. Lelt. d'Argental. 22 dé' cembre )76C. || Cessation de payements, faillite.

— hist. xiv* s. La remission ou cessation de tel mouvement, oresme, Thèse de meunier. || xvi's.Voyei Plutarque au livre de la cessation des oracles, rab. Pant. iv, 27. On accuse ma cessuuon en un temps où quasi tout le monde estoit convaincu de trop faire, mont, iv, (72. Les consuls décernèrent la cessation de la justice, et surseance de tous affaires, amyot, Sylla, 18. La cessation de la sécheresse, id. Numa, 23.

— ÊTYM. Provenç. cessatio; espagn. cessaeion; ital. cessaiione; du latin cessationtm, de cessare (voy. cesser).

CESSE (sh-tT), ». f. Fin, relâche. Mot qui tombe peu à peu hors de l'usage et qui n'est plus guère usité que dans les locutions : n'avoir pas de cesse, et sans cesse. Parler, travailler sans cesse. Il n'a ni repos ni cesse. Sa haine contre vous n'aurait jamais de cesse, tristan, M. de Chrispe, n, 5. ô cruauté du sort qui n'a jamais de cesse! racan, Berg. n, 2, Lisimandre. L'esprit [le démon] s'en va, n'a point de cesse Qu'il n'ait mis le fil sous la presse, la font. Ch. imp. Point de cesse, point de relâche, id. Fab. v, 6. Astre par qui vont avoir cesse Nos ténèbres.... malh. m, I.

— HIST. xvi* s. Or sus, esprit, temps est que donnes cesse X ta douleur et fascheuse tristesse, marot, i, 319. Je ne l'ay plus, par mort il a pris cesse, id. h, «7. Ce pendant ma destresse Ne prendra fin ne cesse Que par vous sa maistresse, st-gelais, 24o.

— ÊTYM. Voy. cesser. L'ancien français avait cessement et aussi ces.

CESSÉ, ÉE (sè-sé, sée), part, passé. Des poursuites judiciaires cessées par autorité supérieure. Où sont-ils ces maris? la race en est cessée, la font. Coupe. La justice yétaitabolie, le négocecessé, st-sim. 472, (7.

CESSER (sè-sé). || 1* V. n.Mettre fin à, ne pas continuer, être dans l'inaction. Je n'ai ni affaires ni loisir; je ne fais rien et je ne cesse jamais, balz. i, 300. Romains, souffrirez-vous qu'on vous immola un homme Sans qui Rome aujourd'hui cesserait d'être Rome? corn. Hor. v, 3. Le bruit cesse, on se retire, la font. Fabl. I, ». Cessez donc de tenir un langage si vain, id. ib.iv, 3. Il ne cesse de les rappeler à la pénitence, boss. Hist. n, 4. Cesse, cesse, et m'épargne un importun discours, rac. Phèdre, iv, 2. Joas ne cessera jamais de vous aimer, id Ath. iv, 4. Grand roi, cesse de vaincre, ou je cesse d'écrire, boil. Êp. vin. Cesse donc à mes yeux d'étaler un vain titre, id. Lutr. H. Les orages Ont cessé de gronder sur ces heureux rivage», volt. Ériph. n, 3. Le soleil se coucha ce jour-15 à onze heures et se leva à deux, sans qu'on cessât de voir aussi clair qu'en plein midi, regnard, Voy. de Laponie, t. iv, p. 264. Ces bois ont repris leur verdure nouvelle; L'orage en est cessé, l'air en est éclairci, malh. v, 25. H Faire cesser, mettre fin à. Faire cesser une querelle, les discordes, le tumulte, une révolte. La nuit fit cesser le combat. Le même arrêt invita l'archevêque à faire cesser lui-même le scandale, volt. Louis XV, 36. || 2° V. a. Ne pas continuer. Cesser tout effort. Cessons nos plaintes. Le généreux vainqueur a cessé le cani âge, volt. Henr. vin. La Sorbonne menaçait de cesser ses leçons; et le parlement, qui avait lui-même cessé ses fonctions plus importantes, ordonnait à la faculté de continuer les siennes, id. Louis IV, 36. Vous avez cessé vos désordres, mais vous ne les avez pas expiés, mass. Car. Petit nombre des élus.

— REM. 1. Cesser se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer un fait : les plaintes ont cessé au moment que vous entriez ; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer un état qui persiste : les plaintes sont cessées depuis que vous êtes entré. Et du Dieu d'Isriël les fêtes sont cessées, rac. Esth. i, ». || 2. D'après Chifflet, cesser, v. n. commençait de son temps à être employé activement. On trouvera à l'historique un exemple d'Amyot et un de Marguerite où cesser est verbe actif.

— HIST. xi* s. Gent paienor ne veulent cesser onque, Ch. de Roi. clxxxvii. || xiv* s. Mais quant l'amisté est dissolue et cessée vers aucun, oresme, Elh. 265. En dormant l'ame repose et cesse de toutes les operacions selon lesquelles elle est dite ou bonne ou milvais», id. ib. 30. Karenlouet l'oj, lors a dit sans cesser : Seigneur, or du biau faire I il nous convient ouvrer, Guescl. 14970. || xv* s. Et en tua lui el sa compagnie, ains qu'ils cessassent, plus de troil cents, froiss. I, i, 43. Et si tost qu'il en savoit eu une ville, il ne cessoit jamais tant qu'il l'eust banni ou fait tuer sans déport, id. i, i, 66. Quand ce cri fut répandu parmi i'dst; tous se cessèrent, ib. n,

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