‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 287 sur 403 · CES · texte numérisé non relu

CES

CEV

cru

h, 215. 1) y eut plus de 600 chevaux qui toute la nuit ne cessèrent de trotter par la ville pour trouver logis, car personne ne vouloit les loger, juv. des ursins, Charles VI, un. Je me veulx cesser de parler de faitz d'angleterre, comm. in, 7. || xvi's. Cessent les armes, régnent les toges, rab. Pont. m, 7. Il convient cesserdu labeuretsoi repouser, id. t'b. 4 6. Advenant le prince, cesse le magistrat, id. ib.

«7 Ne que je cesse à louer ton haut nom, marot,

i, 225. Il arreste la tempeste et la fait tenir coie , et fait cesser les vagues à ceux qui navigent, Calvin, Instit. 140. Si la charrue cesse, et si la main rustique Oisive par les champs au labeur ne s'applique, du bellat, vin, 46 , verso. Le très fort a commandé à la mer cesser ses ondes , marg. Lett. 20. Elle ne cessa de me prescher et faire envers moy l'office de reconfort, id. ib. Le duc envoya deffendre à tous deux qu'ils ne passassent plus outre, ains qu'ils eussent à s'en cesser et déporter, m. du bellat, 4 99. Il a cessé de vivre, mont, i, 72. Ils ne cessent jusques au dernier souspirde les braver et desfier, id. i, 244. Encore seroit-il raisonnable que vous cessissiez le combat pour l'amour de nous, amyot, Rom. 29. S'il y avoit aucun qui n'y prist point de plaisir, il falloit seulement qu'il priast l'autre de s'en abstenir, et incontinent il cessoit, id. Lyc. 4».

— ÉTYM. Provenç. cessar, sessar; espagn. césar ; ital. cessar»; du latin cessare, fréquentatif de cedere (voy. céder).

| CESSIBILITÉ (sè-ssi-bi-Ii-té), ». f. Qualité d'une chose susceptible d'être cédée.

— êtym. Cessible.

CESSIBLE (sè-ssi-bP), ad). Terme de jurisprudence. Qui peut être cédé. Droit, pension cessible.

— HIST. xvi" s. Retrait [droit de rachat] seigneurial et conventionnel est cessible; le lignager non, si ce n'est à un lignager, loysel, 428.

— êtym. Le latin cedere (voy. céder), par l'intermédiaire du supin cessum.

CESSION (sè-sion), s. f.\\ l'Action de céder à un autre quelque chose dont on est propriétaire, et spécialement une créance. Dans ce dernier sens, synonyme de transport. || 2" Cession de biens, abandon de ses biens par un débiteur à ses créanciers. Cession volontaire, cession acceptée par les créanciers. Cession judiciaire, cession autorisée par la justice quand elle admet le débiteur au bénéfice de cession, malgré les créanciers. Klle permet à ceux qui font cession de retenir leurs biens, pasc. Prov. 12. On met dans les finances un vieux prodigue, qui en sa jeunesse a fait cession de biens, balz. i' Disc, de la cour. Il était obligé à faire cession de ses biens, boss. Fr. cCAss. 1. Il fit sur-le-champ cession de biens, montesq. Espr. n, 8.

— HIST. xiv* s. Nulz debteurs n'estoit receuz en la dicte ville à cession [de biens], Ordonn. des Rois, t. vu, p. 644 || xvi* s. Qui veut faire cession [abandon de biens pour rester libre] , doit confesser la dette en jugement et en personne, loysel, 681. L'on peut renoncer aux répits [en contractant] , mais non au bénéfice de cession, id. 682. Répits ou cession n'ont lieu en dettes privilégiées ou procédantes de dol ou de crime, id. 683. Ils ne font point ces cessions et ces reculemens là pour révérence qu'Us leur portent , amyot , Com. dise, le flatteur de l'ami, 2».

— ÊTYM. Le latin cessio, de cedere (voy. ce mot). CESSIONNAIRE(sè-sio-nê-r'),s.m. etf. || l°Celui,

celle qui accepte une cession, un transport. || 2° Quelquefois, par abus, celui qui a fait cession de ses biens. || 3° Terme de bourse. Celui qui reprend à une autre personne une action nominative.

— êtym. Cession.

t. CESTE (sè-sf), ». m. Nom d'un gantelet de cuir souvent garni de plomb, qui servait aux anciens athlètes, pour combattre à coups de poings, dans les jeux publics. Le prix du ceste, le prix donné au vainqueur dans cette sorte de combat.

— HIST. xvi" s. Pollui bon à combattre Aux cestes emplombés.... ronsard, 847.

— êtym. Cxslus, le même que ceste î.malgrécE. 2. CESTE (sè-sf), ». m. Terme de mythologie. La

ceinture de Vénus, et aussi celle de Junon.

— HIST. xvr s. Estimant que ce fust le vrai cesto tant célèbre dont Venus conjoint les amants, yver, 6«). Cythere entroit au bain, et te voyant près d'elle, Son ceste elle te baille afin de le garder, ronsard, 277. Quand j'admire le ris de l'amour gracieux Et le ceste puissant de sa mère aux doux yeui , am. jamyn, Poésies, p. 473,. dans lacurne.

— ÊTYM. Keoioc, piqué, bien piqué (sous-entendu tlià;, courroie), courroie bien piquée; de xcvteïv,

piquer, à cause de l'instrument pointu qu'on emploie (voy. centre).

t CESTOÏDE (sè-sto-i-d'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un ruban, d'une ceinture. || Vers cestoîdes, ordre d'animaux de la classe des helminthes, caractérisés par un corps mou. Le taenia est un ver cestoïde.

— ÊTYM. Kêcttoç (voy. ceste 2), et elSo«, forme (voy. idée).

t CESTREAD (sè-strô), ». m. Ternie de botanique. Genre de plantes de la famille des solanées (cestrum).

— ÊTYM. Latin cestrum, sorte de marteau. CÉSURE (sé-zu-r'), s. f. || 1- Dans la poésie

latine, le vers hexamètre se divisant en deux parties inégales et impaires, l'une de cinq, et l'autre de sept temps ( si la première avait sept temps, la seconde n'en avait que cinq), on appelait césure la première partie, considérée comme séparée du reste du vers; c'est dans ce sens qu'on la disait semi-quinaire ou semi-septenaire. || Dans les collèges, on nomme césure la syllabe qui termine un mot et commence un pied. || 2" Dans la poésie française, repos marqué dans le vers de dix syllabes après la quatrième, quelquefois, mais rarement, après la cinquième, et dans l'alexandrin après la sixième syllabe. La césure sépare les hémistiches. Ce vers n'a pas de césure.

— Êtym. Cœsura, coupure, césure, de csedere couper (voy. césar).

CET, adj. démonst. Voy. ce, adj. démonstratif.

CÉTACÉ, ÉE (sé-ta-sé, sée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui appartient aux grands mammifères ayant la forme de poisson. Les animaux cétacés. || S. m. plur. Les cétacés, ordre de mammifères auquel appartiennent les baleines, les cachalots, les dauphins. C'est dans les régions du nord que vivent les puissants cétacés, chateaub. Génie, i, vi, 4.

— REM. Autrefois on écrivait avec deux e, cétacée, même au masculin, pour se conformer à la finale latine ceus.

— ÊTYM. Latin cete, les gros poissons, pluriel neutre de forme grecque, dexriT»), pluriel de xyjto;, gros poisson de mer.

CÉTERAC (sé-té-rak), ». m. Terme de botanique. Autrement doradille. Espèce de fougère médicinale dont les feuilles ont été préconisées comme pectorales {asplenium ceterach, i.).

— ÊTYM. Ital. cetracca, citracca ; bas-latin , ceterah; bas-grec xiTapàx, z6 «TpâYxatov , dans Du Cange, qui dit que le mot est arabe.

f CËT1NE (sé-ti-n'), ». f. Terme de chimie. Principe immédiat, gras, qui constitue presque seul le blanc de baleine.

— ÉTYM. Ktjto;, baleine (voy. cétacé).

t CÉTOGRAPHIE (sé-to-gra-fie) , ». f. Terme didactique. Description des cétacés.

— ÊTYM. Kîyroç, gros poisson de mer, et ypiçei-', décrire.

t CÉTOINE (sé-toi-n'), ». f. Nom d'un genre de coléoptères dont une espèce, la cétoine dorée, est souvent mêlée par fraude aux cantharides, dont sa forme ramassée et ovalaire la rend facile à distinguer.

t CÉTOLOGIE (sé-to-lo-jie), ». f. Terme didactique. Histoire des cétacés.

— ÊTYM. Ky)io«, gros poisson de mer, et lôyoç traité.

t CÉTOLOGISTE (sé-to-lo-ji-sf ) , ». in. Naturaliste qui s'occupe de l'histoire dBs cétacés.

f CËTRARINE (sé-tra-ri-n') , ». f. Terme de chimie. Matière amère trouvée dans le lichen d'Islande (cetraria islandica).

CETTE, adj. démonst. Voy. ce.

f CETTUI (sè-tui), adj. démonstr. masc. sing. Ce, cet. 11 n'est plus usité; mais on le trouve encore dans le style marotique. Cettui me semble , à le voir, papimane, la font. Papef. Cettui Richard était juge dans Pise, id. Cal. Et cettui lieu beaux pères fréquentaient, id. Maiet. De cettui preux maints grands clercs ont escrit, la bruy, xiv. Cettui pays n'est pays de cogagne, volt. Conte du Bourbier.

— HIST. xii* s. Cestui prenderons nous, se n'en trouvons plus grant, Roncùv. 199. || xv s. Car tous les autres ne nageoient que sous le vent de cestui, comm. v, 1.

— ÊTYM. Cestui est le cas régime du pronom dont cist, cest est le nominatif, et répond à ecceistius, génitif de ecce-iste.

CEUX, plur. de celui. Voy. ce mot.

t CÉVADE (sé-va-d'), ». f. Avoine. On abandonna 100 pièces d'artillerie , 4 50 milliers de poudre, 30 000 sacs de farine, 20 000 de cévade, 16 000 de pain, st-sim. 4 60, »7.

— ÊTYM. Espagn. cebada, orge; de cebar, don-

ner à manger; du latin cibare, de cibus, aliment.

t CÉVADILLE (sé-va-di-11', Il mouillées), ». f. Terme de pharmacie. Fruit du xeratrum sabadilla, L. qu'on emploie à l'extérieur pour détruire la vermine.

— ÊTYM. Espagn. cebadilla, poudre d'ellébore ; sans doute par comparaison avec cebada , l'orgo (voy. cévade).

t CÉVAD1QUE (sé-va-di-k'), adj. Terme de chimie. Acide cévadique ou sabadillique, acide retiré de la cévadille.

j CHABLAGE (cha-bla-j') , ». m. Surveillance qui était exercée par certains préposés, afin que les bateaux ne rencontrassent aucun obstacle au passage des ponts.

— ÊTYM. Chableur.

t 4. CHABLE (cha-bP), t. m. Grosse corde passéo dans une poulie pour soulever un fardeau.

— ÊTYM. Autre prononciation de cdble.

f 2. CHABLE (cha-bl')f t. m. Nom, en quelques contrées, de la herse.

— ÊTYM. Chable en ce sens est pour chaable, ancien nom d'un engin et, particulièrement, d'un engin de guerre; bas-lat. cadabula, quadablum (voy. chablis 1), du grec xwraSoXi), action de renverser, xataëâXXeiv, renverser, de xaià, en bas, et $i.\- Xeiv, lancer (voy. baliste).

f CHABLEAU (cha-blô), ». m. Longue corde pour tirer les bateaux.

— ÉTYM. Chable i .

t t . CHABLER (cha-blé), «. a. Terme de marine. Attacher un fardeau à un câble pour le haler. || Tordre plusieurs cordes en une.

— êtym. Chable 4 .

t 2. CHABLER (cha-blé), e. o. Terme rural. Chabler les noix, abattre les noix à coups de gaule.

— ÊTYM. Même radical que dans chablis 1.

| CHABLEUR (cha-bleur), t. m. Ancien titre d'office. Officier de ville dont les fonctions consistaient à faire partir les coches d'eau, et à prendre des mesures pour leur sûreté dans les passages difficiles.

— HIST. xv s. A Meleun aura un chableur, appelé le chableur du pont de Meleuu, du cange, cluiablum.

— ÉTYM. Chabl» 4 , à cause du chable ou cdble employé dans ces occasions.

). CHABLIS (cha-bli), ». m. Terme d'eaux et forêts. Le chablis est le bois que la force du vent ou quelque orage abat dans les forêts.

— HIST. xiv* s. Que soubz umbre de caable l'en ne face vente de chesnes, Ordonn. des rois, t. vu, p. 775. Caables ou arbres abatuz ou secz, ib. |j xvi's. Telles restrictions de lune n'ont lieu pour le boismort, ni pour le bois-chablis, qui est le presque abbatu par le vent, car on les peut prendre en tous temps, coupant à pied les arbres qui ont défailli, 0. de serres, 807.

— ÊTYM. Bas-lat. cablicia, chaableium, caplim, la coupe de bois; capellus, capilum; anc. franc aulcuns cables ou arbres abattus; le bois nommé caables, du cange, cabulus. Le chaple des espées, du cange, capulare. Il y a dans ces mots deux radicaux: l'un avec un b, écrit cable, cablicia ci mieux caable, vient de quadabalum , chadabula, sorte d'engin de guerre , propre à renverser, qui vient de xaxa8o)iT) (voy. chable 2) et auquel se rattache ac-cabler; et l'autre caplim, chaple, qui veut dire tailler, couper, et qui vient du latin capulare, frapper.

■f 2. CHABLIS (cha-bli) , ». m. Vin blanc renommé. Boire du chablis.

— ÉTYM. Nom de lieu. C'est à tort que plusieurs personnes prononcent et écrivent Chdblis.

f CHABLOT (cha-blo), t. m. Terme de maçonnerie. Cordage.

— ÉTYM. Le même que chableau.

CHABOT (cha-bo), ». m. || i" Espèce de poisson, appelé aussi meunier; ce sont des noms vulgaires de la lotte goujon. Ne faites.... présent ni don, Si ce n'est d'un chabotpour avoir un gardon, Régnier, Sat. xm. Il On dit aussi cabot. Nous péchions sur ce rivage des cabots, des polypes, bern. de s.-p. PouJ et Virg. Il 2" Terme de blason. Meuble d'armoiries qui représente un chabot en pal, la tête en haut montrant son dos. Pour leurs armes les Chabot ont toujours conservé leurs chabots en écartelure, st-sim.

-^ HIST. xiu* s. Qui n'est pas graindres d'un cabot, du cange, cabos. || xiv* s. Loches etchaveloz, à la sause verte, Bibl. des Char.i' série, t. I, p. 233. Il ivi* s. Sire, il te plaist trois poissons bien aymer : Premièrement, le bienheureux dauphin : Et le

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