‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 288 sur 403 · CI [A · texte numérisé non relu

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CLIA

chabot qui noue eu ia grand mer [allusion aux armes de l'amiral Chabot], marot,iii, 40. Les terroirs pierreux et sablonneux nourrissent les truites, chabots, cheviniaux.... o. de serres, 425.

— ÊTYM. Dérivé, à l'aide du suffixe diminutif ot, île chab ou cab, tête (voy. chef).

t CHABOTTE (cha-bo-f), s. f. Terme de serrurier. Masse de fonte dans laquelle on fixe les grosses enclumes.

CHABRAQUE (cha-bra-k') ,t.f. Voy. schabraque.

t CH ABRILLOU (cha-bri-llou , II mouillées) , ». m. Nom d'un fromage de chèvre en Auvergne.

— ÊTYM. Chèvre, par chabri ou cabri.

T CHABUISSKAU (cha-bui-sô), s. m. Un des noms vulgaires de la chevanne, sorte de poisson.

CHACAL (cha-kal), s. m. Animal de la taille du renard, mais plus haut sur jambes, gris jaunâtre en dessus, blanchâtre en dessous, et vivant en troupe. X de longs intervalles on entendait les lugubres cris de quelques oiseaux de nuit et de quel- . ques chacals, volney, Ruines, ch. 1. Là.... Grondent.... Le chacal, l'hyène rayée Et le léopard tacheté, v. hugo, Orient. 27. || Au plur. Des chacals.

— ÉTYM. Sehakal, mot turc.

CHACONNE (cha-ko-n'), s. f. || 1* Air de danse très-étendu, à trois et quelquefois à quatre temps, qui servait de finale à un ballet ou à un opéra. La chaconne n'est plus en usage. Allons, cette chaconne en C sol ut, hauteroche, Crispin mus. 1, 40. || Chaconne chantante, paroles sur un air de chaconne. Nous voudrions vous envoyer une chaconne et un écho, sêvigne, 360. || 2° Danse sur un air de chaconne. Que font des menuets, des chaconnes dans une tragédie? J. i. rouss. Uél. l, 23. || S" Ruban que l'on portait sur la chemise.

— ÊTYM. Espagn. ehacona, sorte de danse nationale, du basque chocuna, joli, gentil.

CHACCN, CHACUNE (cha-kun, cha-ku-n'; l'nne se lie pas : chacun a ses passions, dites cha-kun a ses passions) , pronom distrib. Chacun n'a pas de pluriel. || 1* Chaque personne, chaque chose. Chacun prit sa part. Chacun des assistants applaudit. Chacune de ces femmes. Chacun fut de l'avis de M. le doyen, la font. Fabl. H , 2. Us allaient [deux rats] de leur œuf manger chacun sa part, id. t'6. x , 4. Chacune avait sa brigue et de puissants suffrages, rac. Esth. i, 4. Chacun se disputait la gloire de l'abattre, id. Andr. v, 3. Ce n'est pas moi qui les ai mis chacun a leur plaça, mass. Vérité de la religion. Quatre cent vingt-six ans après le déluge, comme les peuples marchaient chacun en sa voie, boss. Hist. i, 3. Tout cela agité, approfondi, discuté et disputé entre nous deux [le duc d'Orléans et moi] nous laissa chacun dans sa persuasion, st-sim. 624 , 4 72. On se battait pour avoir le pillage du camp ennemi; après quoi le vainqueur et le vaincu se retiraient chacun dans sa ville, montesq. Rom. 1. Les abeilles, dans un lieu donné, tel qu'une ruche ou le creux d'un vieux arbre, bâtissent chacune leur cellule , buff. Abeilles. Chacun des juges s'était adjugé le prix, en même temps que la plupart avaient accordé le second à Thémistocle, barthél. Anach. W partie. Les nymphes n'étaient pas inutiles : elles préparaient les autres plaisirs, chacune selon son office, la font. Psyché, 1, p. 70. || 2* Au masc. d'une manière indéfinie, en parlant des hommes ou des femmes, toute personne, quique ce soit, tout le monde, on. Chacun en parle. Chacun voit ceux [les maux] d'autrui d'un autre œil que les siens, corn. Ilor. lu, 4. Chacun en liberté peut disposer du sien [bien], id. Cinna, n, 4. Dans le temple voisin chacun cherche un asile, rac. Vhèd. v, 6. Comme un point de maturité que chacun cherchait en lui-même, flêch. le Tell. Chacun est prosterné Devant les plus heureux ; sont-ils dans la misère, On les plaint tout au plus.... destouches, Dissip. v, 45. Par les richesses, l'ambitieux se peut assouvir d'honneurs; le voluptueux, de plaisirs; chacun enfin, de ce qu'il demande, boss. la Vallière. || Familièrement, au fém. Sa chacune, la femme avec qui un homme est uni. X voir chacun se joindre à sa chacune ici , J'ai des démangeaisons de mariage aussi, mol. l'Élour.y, 46. Nous suivons nos désirs, et, sans pudeur aucune, Chacun comme il lui plaît avecque sa chacune, lafarb, Réponse à une bail. || 8* Un chacun, pour chacun, a vieilli. Un chacun doit mourir, et la Parque félonne De ce commun devoir ne dispense personne, garnier, Antig. m. Vous recevrez les vœux d'un chacun, balz. i, m. Ce que fait un tout seul, tout un chacun le sache, Régnier, Élég. 2. Dans l'esprit d'un chacun je le tue aujourd'hui, mol. l'Étour.n, 4. Hautement d'un chacun elles blâment la vie, id.

Tart. i, 4 D'un chacun il doit être approuvé,

id. ib. n, 4. Un chacun est chaussé de son opinion, id. Éc. des Fem. 1, 4. Leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'un chacun la honte de vos actions, id. Don Juan, îv, 6. Voilà par sa mort un chacun satisfait, id. ib. v, 7. Un chacun de ces dieux faisait un Christ à sa mode, boss. Bonté, 4. Il est vrai, à la lettre, d'un chacun de vous que vous allez être établis ou que vous l'êtes déjà pour édifier ou pour détruire, mass. Confér. Excell. du sacerd. Trouveriez-vous le maître que vous servez avec tant de zèle et de valeur, équitable, si là-dessus la fidélité d'un chacun de vous lui devenait suspecte? id. Car. Inj. du monde. Examinant la disposition d'un chacun, fléchier, Serm. n, 267. || Proverbes. Chacun pour soi, Dieu pour tous. || X chacun le sien ce n'est pas trop, c'est-à-dire il est juste qu'on rende à chacun ce qui lui appartient.

— REM. 1. Faut-il dire : ils ont pris chacun son chapeau; ils sont sortis chacun de son côté; ou bien , par le possessif du pluriel : ils ont pris chacun leur chapeau ; ils sont sortis chacun de leur côté ? L'un et l'autre se disent et sont corrects : quand on emploie son, on le fait rapporter à chacun en tant que chacun est distributif : ils ont pris, (savoir) chacun (a pris) son chapeau; leur, quand on l'emploie, se rapporte à chacun, en tant qu'il est collectif: ils ont pris leurs chapeaux, (savoir) chacun a pris le sien. X la première et à la seconde personne, chacun exige le possessif du pluriel : nous avons pris chacun notre ehapeau ; vous êtes partis chacun de votre côté. X la vérité il n'y a aucune incorrection grammaticale à dire : nous avons pris chacun son chapeau ; vous êtes partis chacun de son côté; mais cette tournure est inusitée, jullien. || 2. Chacun ne se met pas devant un nom au lieu de chaque ; on ne dit pas : il sera payé par chacun an; mais on dit : il sera payé chaque année. Autrefois chacun s'employait avec un substantif. La nomination de douze officiers par chacun an, perrot, Tac. 82. Qu'aussitôt que chacune sœur [des trois] , la font. Fabl. u , 20.

— HIST. ix* s. Et in cadhuna cosa, Serment. || xi* s. Pur chascun un dener. Lois de Guill. 6. Quant cascuns ert [sera] à son meillor repaire, Ch. de Roi. iv. Chaucuns portout [portait] un» branche d'olive, t'6. nv. Car chascun jour de mort il s'abandone, ib. xxvm. || xn" s. Chesquns huem [homme] est mençungiers, Liber psalm. p. 478. Chascuns est moult irez, Roncisv. 4 7. Plorent et crient chascuns de ses casez, ib. 4 8. Entre ses bras il prist chascun baron, ib. 88. Chascuns paiens en baissa le menton, ib. 4 28. Et chascuns d'eus inclina à Mahon, t'6. Dame, mar [je] vi le clair vis et la face Où rose et lis fiorissent chascun jour, Coud, xi. Last chascuns chante, et je plor et souspir, t6. xw. Chascuns plore sa terre et son païs, Quant il se part de ses coraus amis, t&. xxiv. Faites chascun baron en sa terre envoyer, Saxons, vi. || xm* s. Chascuns i est couru la merveille esgarder, Berte, m. Et lui et ses deux fils chascun [le roi] fait chevalier, t'6. cxxix. || xv* s. Elle joue et rit à chascun, froiss. Esp. ont. Et avoient chacuns bannières de leurs mestiers, id. u. II, 4 83. Quatre cents marcs d'esterlins, à payer chacun en la ville de Bruges, ld. i, i, 27. Si se retraist chacun vers leur ville, va. i, I, 272. Chascun jour se menoit de petis marchez pour soustraire gens l'ung à l'autre, comm. i, 8. Ils s'en allèrent chacun à sa chacune [chez soi], louis xi, Nouv. xxix. Et sur ce, s'en allèrent tous, chacun en sa chacune, m. t'6. xcvn. || xvi's. Vien-ça chacun, je te veux faire entendre Et te monstrer la voye où tu dois tendre, marot, iv, 270. Justes humains, menez joie orendroit Chacun de vous, qui avez le cueur droit, Aussi un chacun et chacune, Ô Roy, t'honorera, id. iv, 287. Obligez nous bailler par chascun an deux millions d'or, rab. Garg. i, 50. Secondement que nous appliquions chacun son esprit, tant qu'il sera possible, à penser aux œuvres de Dieu, calv. Instit. 298. Quant nous disons que J. C. a esté fait homme pour nous faire enfans de Dieu, cela ne s'estend pas à tout chacun, id. t6. 364. Allons un chacun selon son petit pouvoir, u>. t'6. 637. Il y aoccasion de priera chacune heure, id. t'6. 678. Voicy le carneval, menons ehascun la sienne, Allons baller en masque, allons nous pourmener, du bellay, vi, 32, recto. Si est chascun de nous à soymesmes tesmoing Combien la France doit de la guerre estre lasse, id. ib. verso. Chascun peult penser comme ilfeut relevé, mont, i, 39. Elles ont chascune des passions propres, id. i, 97. Au veu d'un chascun, id. i, 4 44. Essayons de faire nostre debvoir, chascun de son costé, laboktie, 4 64. Chascune de ces parts estoit telle, qu'elle pouvoit

rendre à son maistre par chascun an 70 minots d'orge.... amyot, Lyc. 42. La ville de Corinthe recevoit une très glorieuse louange et benissement d'un chascun de délivrer ainsi la Sicile, id. Titnol. 33. Tout chacun s'embesoigna aux barricades, car-

— ÊTYM. Chaque, et un; bourguig. champenois et génev. chécun; Berry, chacun; picard cacun ; Saintonge, chaque d'yn, chaquyn; provenç. cascun, quascun; ital. ciascuno.

t CHACUNIÈRE (cha-ku-niè-r*), s. f. Mot de plaisanterie signifiant la maison de chacun. Les filles s'en vont chacune à sa chacunière, sêv. 4 76.

— HIST. xvi* s. Toute la ville brusle; ainsi chascun s'en va à sa chascuniere, rab. Puni, il, 44. Usage ancien, que je trouve bon àrefreschir, chascun ea sa chascuniere, mont. I, 257.

— ÉTYM. Chacun.

t CHAFAUD (cha-fô), *. m. Terme de marine. Echafaud.

— HIST. XV* ». A St-Denis, un chafault et parterre, Joustestrès grans où l'or luit et habonde, e. desch. Poésies mss. f* 298, dans lacurne.

— ÊTYM. Voy. echafaud; bourguig. chafaud. grenier à foin.

t CHAFAUDIER (cha-fô-dié), s. m. Terme de pêche. Celui qui dresse les échafauds sur lesquels on fait sécher la morue.

— ÊTYM. Chafaud.

t CUAFËE (cha-fée), *. f. Son qui reste quand Pamidonnier a exprimé toute la farine du froment.

t CnAFF(chaf), *. m. Nom anglais donné au mélange, à parties égales, de paille et de foin coupés.

CHAFOUIN, INE (cha-fouin, foui-n'), s. m. et f. Celui, celle qui ressemble à une fouine, d'apparence grêle et sournoise. Petit chafouin. || Ad). Mine chafouine. L'abbé Dubois était un petit homme maigre, effilé, chafouin, à perruque blonde, st-sim. 390, 43.

— ÊTYM. Saintonge et Berry, chal-fouin, fouine; de chat et fouine.

t CHAGNOT (cha-gno), s. m. Terme de pêche. Squale glauque.

— ÊTYM. Le même que cagnot.

4. CHAGRIN (chagrin), s. m. || 1* Cuir grenu fait d'ordinaire d'une peau de mulet ou d'âne. Peau de chagrin. Ëtui de chagrin. Relier un livre en chagrin. C'est avec le cuir de l'âne que les Orientaux font le sagri que nous appelons chagrin, buff. Âne. || Fig. et familièrement. Avoir une peau de chagrin, avoir la peau rude, rugueuse. || 2* Espèce de squale dont la peau fort dure sert à faire une sorte de chagrin.

— ÊTYM. Ital. xigrino; vénit. sagrin; de sayri, nom turc du chagrin.

2. CHAGRIN (cha-grin),î. m. || l'Déplaisirquipeut être causé, soit par une affliction, soit par un ennui, soit par une colère. Grand, profond, noir chagrin. Chagrin cuisant, mortel. De longs, de petits chagrins. Passer son chagrin, noyer son chagrin dans le vin. J'ai de l'ambition, et mon orgueil de reine Ne peut voir sans chagrin une autre souveraine, corn. Sert, u, 4. S'il faut que cela soit, ce sera seulement pour venger le public du chagrin délicat de certaines gens, mol. Préf. Crit. de l'Éc. des fem. Dans vos brusques chagrins je ne puis vous comprendre, mol. Vis. i, o. Les querelle», procès, faim , soif et maladie Troublent-ils pas assez le repos de la vie, Sans s'aller, de surcroît, aviser sottement i De 9e faire un chagrin qui n'a nul fondement, mol. I Sganar. 47. Grâce à Dieu, je passe les nuits Sans ] chagrin, quoique en solitude.... Un an se passe, et i deux, avec inquiétude : Le chagrin vient ensuite, la fomt. Fabl. vn , 5. Tant de façons mettaient Pierre en ehagrin, id. Jum. Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, boil. Ép. vi. Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, m. t'6. v. Jamais homme n'eut plus de chagrin que lui contre les tolérants , boss. Avert. 4 . Ce mal de côté me donnait bien du chagrin, sév. 543. Vivez, philosophez avec vos amis; qu'ils égayent avec vous le chagrin secret de la vieillesse, volt. lett. Mme du Deffant, 24 sept. 4765. || 2° Humeur qui s'inquiète ou se tourmente. Les hérétiques, curieux ou ignorants, ont été livrés aux raisonnements humains, à leur chagrin, à leurs passions particulières , Boss.Far.46. Quand il a raison, il ne faut pas lui donner de chagrin [le contrarier], sev. 657. J'ai, comme Bajazet, mon chagrin et mes soins, rac. Baj. m, 6. Mais toi, dont la valeur d'Amurat oubliée Par de communs chagrins à mon sort s'est liée, id. t6. iv, 7. Et jamais leurs chagrins [des sultans]. ne nous laissent vieillir, id. t'6. i, 4 . J'affectai les chagrinsd'une injuste marâtre, id. Plièd. i, 3. A la table d'Esther portez-vous ce

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chagrin? id. Xrffc.ni, a. Du chagrin le plus noir «lie écarte les ombres, Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres, rac. t'6. On a des chagrins contre son siècle et l'antiquité en profite, yoNTEN. Socr. et «ont. || Proverbe. Cent heures de chagriu ne payent pas un sou de dettes, c'est-à-dire il vaut mieux s'évertuer que de se livrer à un chagrin inutile.

— syn. chagrin, tristkssb. Le chagrin est une souffrance de l'Ame, souffrance causée par une peine quelconque, par une contrariété, un désappointement, une perte, etc. La tristesse est un état de l'âme que le chagrin peut produire, mais qui peut aussi se développer de soi-même et sans accident. La mort d'une personne chérie cause un violent chagrin et jette dans une profonde tristesse. La tristesse est l'opposé de la joie et de la gaieté; le chagrin n'a point d'opposé. Parce qu'elle est un état, la tristesse se dit des choses inanimées : la tristesse d'une harmonie, d'un site; parce qu'il est une souffrance, le chagrin ne se dit que des personnes.

— MST. xv* s. Il faut laisser le chalgrin importun À tout le moins à la table buvant, bass. xl. || xvi* s. Cbagryn fait les gens aager bien tost,

PALSGR. p. 44 8.

— ÊTYM. Bourguig. chaigrin. Ce mot est, comme on voit, nouveau dans la langue; on ne peut donc y apercevoir que le mot chagrin, peau rude et grenue, qui, employée pour frotter, polir, limer, est devenue, par métaphore, l'expression d'une peine qui ronge (voy. chagrin t). Le patois génois a *oflriiià, ronger, et sagrindse, se ronger de colère; ce qui met sous les yeux le procédé mental qui, de chagrin, peau rude, a fait chagrin, peine morale.

a. CUAGRIN, INE (cha-grin, gri-n'), ad). Qui a du déplaisir, soit par une aflliction actuelle, soit par une humeur habituelle. Vous paraissez bien chagrin. Quel esprit chagrinl Séuèque, si chagrin d'ailleurs, a voulu aussi s'ébattre une fois en sa vie, balz. vi, Lett. 6. Je voudrais qu'il ne fût point chagrin contre vous tous, sêv. 4»6. Âme chagrine, corn. Suréna, i. t. Tel a vécu pendant toute sa vie chagrin, emporté, avare.... la bruy. xi. La face delà raison, si je puis parler de la sorte, parait trop sérieuse et trop chagrine, boss. la Vaiiière.

— rem. Chagrin, au masculin, suit son substantif : un vieillard chagrin; au féminin, il peut le précéder : la chagrine vieillesse.

HIST. xv* s. Discorde haineuse Fait vie oultra-

geuse.... Au cueur chagrineuse, Au corps périlleuse, al. chart. Lai de paix. Pauvreté chagrine, dolente, villon, Grand testament. En despit de nos voisins Gens trop chalgrins , bass. xxxix. || xvi* s. À Demosthenes fut reproché par ung chagrin, que ses oraisons sentoyent l'huile, rab. Garg. i, l'rol. Elles sont pensives et chagrineuses et fort desgoustées, paré, xvin, 64. L'or n'est pas seulement de nostra corps soigneux, 11 est de nostre esprit: qui tant Boit chagrineux, Despit, triste, pensif, resveur, mélancolique.... RONs. »06. Je crois qu'il y a quelque art à distinguer les visages débonnaires des niais, les sévères des rudes, les malicieux des chagrins,

— ÊTYM. Voy. le précédent.

CHAGRINANT, ANTE (cha-gri-nan, nan-t'), adj.

Qui chagrine. Un homme chagrinant. Une nouvefla chagrinante. On ne veut point s'engager là-dessus en de chagrinantes recherches, bourd. Serm. Dim. t. il, p. 2). D'un mal si chagrinant je sais bien le remède, hauteroche, Crispin mus. I, <2.

t. CHAGRINÉ, ÉE (cha-gri-né, née), part, passé de chagriner 1. Peau chagrinée.

2. CHAGRINÉ, ÊE (cha-gri-né, née), part, passé de chagriner 2. || 1* Affligé. Chagriné par des pertes d'argent. || 2* Tourmenté. Chagriné par des créanciers.

t CHAGRINEMENT(clia-gri-ne-inan), adv. D'une façon chagrine. Je passe la vie à Paris chagrinement quelquefois, et quelquefois en espérance et en amusement, sév. dans le Dicl. de poitevin.

— ÉTYM. Chagrine, et le suffixe ment.

t. CHAGRINER (cha-gri-né), V. a. Préparer une

peau de manière à la rendre grenue, à en faire du chagrin.

— ÊTYM. Chagrin t .

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