FROISS. II, II
— ÊTYM. Chartre t.
CHARTREUSE (char-treû-z'), s. f.\\l' Couvent de chartreux. Moins au courant des progrès de l'esprit que les moines enfermés dans les cellules des chartreuses, dider. Sur l'hist. duParlement. || 2° Petite maison de campagne isolée. || 3° Terme de cuisine. Mets composé de plusieurs légumes. || 4* Variété de tulipe. || 6° Sorte de liqueur, composée par les moines de la Grande-Chartreuse (près de Grenoble) avec les plantes aromatiques des montagnes et de l'eau-de-vie.
— ÊTYM. Chartreux.
CHARTREUX (char-treû), s.m. || 1° Religieux de l'ordre fondé par saint Bruno en l'an )086. Les règles des chartreux sont très-sévères. Le jeûne et le silence continuel , l'abstinence de chair même dans les grandes maladies, la clôture perpétuelle et le cilice qu'ils ne quittent jamais, des prières pendant une partie du jour et de la nuit, telles sont les principales parties de la discipline des chartreux. Il y a quelques couvents de religieuses chartreuses. Les chartreux sont les premiers qui prirent des frères lais pour les services extérieurs. || Poudre des chartreux, kermès minéral. || 2° Chartreux, ou, adjectivement, chat chartreux, chat d'un gris bleuâtre. || 3° Espèce de champignon de la couleur du chat chartreux.
— HIST. xv* s. Entre chartreux ou reclus A-il point fait sa retrete? ch. d'orl. Rond.
— ÊTYM. Cartusiensis , de Calursiani montes, nom des montagnes où ces religieux se sont d'abord établis, ou de Catorissium,Caturissium, Chatrousse, nom du village du Uauphiné auprès duquel fut fondé leur premier monastère.
CHARTRIER (char-tri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel \'s se lie : les char-tri-é-z et les chartes), s. m. 1 1 1° Lieu où l'on conservait les chartes du royaume, d'une abbaye. || 2° Recueil de ces chartes. Richard enleva à Philippe-Auguste son chartrier qui le suivait partout, volt. Mœurs, 50. || 3° Celui qui était préposé à la garde des chartes. Qu'un vieux carme Chartrier Ait pour arme L'encrier, v. hugo, Bail. xu.
— ÊTYM. Chartre i. Dans l'ancienne langue, chartrier a aussi signifié geôlier, venant de chartre 2.
CHARYBDE (ka-ri-bd'), s. m. Gouffre situé dans le détroit de Sicile, vis-à-vis d'un écueil appelé Scylla. || Fig. Tomber de Charybde en Scylla, n'échapper à un mal que pour tomber dans un autre.
— ÊTYM. Charybdis, en grec Xœpu6ôt;.
). CHAS (châ; l's se lie : un châ-z étroit), s. m. || 1° Trou d'une aiguille. || 2° Instrument de maçon, qui est une plaque carrée de métal, percée d'un trou par lequel passe le fil auquel on suspend un plomb.
— HIST. xiv s. X Jehan Cossart donnons un chas de maison avec la place derrières, du cange, chassum. Et après se ala coucher en une petite chambre tenant au dit chas ou cuisine, id. ib. || xvi* s. [Le puissant du monde] Rare exemple de Dieu, quand, par le chas estroit D'une aiguille, il enfile un cable qui va droit, d'aub. Tragiques, iv, les Feux.
— ÊTYM. Picard, case, trou d'aiguille. Chas est le masculin de châsse, signifiant ce qui enserre, enclôt, entoure; et châsse venant de capsa, chas vient du bas-latin capsum, capsus, qui est le même que capsa. Chas de maison, de l'ancien français, signifie une clôture.
f 2. CHAS (châ), s. m. Colle à l'usage du tisserand. || Colle d'amidon qu'on tire du grain par expression.
fCHASSABLE (cha-sa-hf), adj. Qui est bon à chasser.
— HIST. xiv" s. Tu congnoistras le jeune cerf de la biche par les traces, et aussi le grand cerf du jeune, et s'il est chaçable ou non, llodus, f" vu, verso. C'est le signe qu'il soit cerf chaçable et cerfà dix cors, tlodus, f° vin.
— ÊTYM. Chasser.
CHA
CHASSE fcha-s'), t. f. ||1» Action de chasser, de poursuivre les animaux pour les manger ou les dé' truire. La chasse au vol ou du vol. Chasse à courre. Chasse au tir, au tiré; on dit aussi : la chasse à tir. Mettre ses chiens en chasse. Pays de chasse. Chien de chasse. Permis de chasse. Rendez-vous de chasse. Chasse aux chiens courants, au lévrier, à l'oiseau. Partie de chasse. La chasse du renard. Ils s'en allaient à la chasse. Au retour de la chasse. L'aigle donnait la chasse à maître Jean Lapin, Qui droit à son terrier s'enfuyait au plus vite, la font. Fabl. h, 8. N'ai-je pas bien servi dans cette occasion, Dit l'âne en se donnant tout l'honneur de la chasse ?iD.tb.n,) 9. || Grande chasse, ou chasse à la grande bête, celle qui comprend le cerf, le daim, le chevreuil, etc. || Habit de chasse, costume porté par les chasseurs qui accompagnent le roi, l'empereur, les princes, les grands seigneurs. || Rompre lâchasse, troubler la chasse ou même l'interrompre. || Chasse volante, poursuite que, d'après une opinion superstitieuse, les démons font des âmes après la mort. || Fig. Donner la chasse, poursuivre, courir sus, repousser. Donner la chasse aux ennemis. Donnant la chasse aux Tartares, sév. 229. M. de Grignan donnera la chasse à ces démons, m. 548. Il donne la chasse aux vices, boss. Union. Que me faudra-t-il faire? Presque rien, dit le chien : donner la chasse aux gens Portant bâtons et mendiants, Flatter ceux du logis, à son maître complaire, la font. Fabl. 1, 5. || 2° Etendue de terrain pour la chasse. Ce propriétaire a une belle chasse. Les chasses royales. || 3° Le gibier pris ou tué à la chasse. Je vous ferai manger de ma chasse. Faire bonne, mauvaise chasse. |i 4° Les chasseurs, l'équipage de la chasse. Suivre la chasse. La chasse a passé par là. || 6°Terme de musique. Air ou fanfare de chasse, air à 6/8, d'un mouvement vif, composé pour les trompes ou cors de chasse, c'est-à-dire dans le mode majeur, et revenant particulièrement sur les notes de l'accord parfait. Sonner une chasse. || Symphonie, ouverture, choeur, dont les effets tendent à imiter l'action d'une chasse. || 6° Terme de marine. L'espace que peut avoir, autour de lui ou au-dessous de lui, un bâtiment en mouillage. || Chasse de proue, les canons qui sont placés à l'avant du vaisseau. || Donner chasse, poursuivre un navire. || Soutenir lâchasse, seconder le vaisseau qui la donne; et aussi fuir aussi vite qu'on est poursuivi. || Prendre chasse, fuir à toutes voiles pour se dérober à la poursuite. || Appuyer une chasse, poursuivre vigoureusement. || Lever, abandonner la chasse, cesser de poursuivre. || Maintenir, continuer la chasse, continuer à poursuivre. || 7° Facilité qu'a une voiture de se porter plus ou moins en avant. Ce cabriolet a peu de chasse. || Espace où le jeu de certaines pièces d'un métier peut s'exercer en liberté. || Dans une lunette, toute la corne où le verre est enchâssé. || 8" Terme de jeu de paume. Le lieu où la balle finit son premier bond. Chasse au pied de la muraille, ou, simplement, chasse au pied. || Chasse morte, coup perdu. Fig. et familièrement, chasse morte, affaire commencée que l'on ne poursuit pas. |j Fig. Marquer une chasse , relever une parole, une circonstance dont on veut faire son profit. || 9" Terme de ponts et chaussées. Ecoulement rapide de l'eau pour chasser ce qui obstrue un chenal ou une rivière. || Ecluses de chasse, écluses destinées à nettoyer un bassin, un chenal. || 10° Huîtres de chasse , les huîtres apportées par les chasse-marée. || 11° Terme de pêche. Filet tendu sur des piquets. || Chasse ouverte, verveux auquel on ajoute un filet horizontal tendu d'une aile à l'autre. || 12° Charge de poudre qui, mise au fond d'une pièce d'artifice, la chasse. || Terme de chimie. Feu de chasse, feu violent dans un fourneau. || 13° Maçonnerie qui garantit le verrier de l'action du feu. || Partie d'une balance, au milieu de laquelle est placée l'aiguille. || Partie du métier de tisserand qui frappe la trame après chaque coup de navette. || Sorte de niveau à l'usage du maçon. Chasse à parer, outil pour finir une surface plane. || Chasse carrée, sorte de marteau à deux têtes. || 14° Terme d'imprimerie. Nombre de lignes qu'une page d'impression a de plus qu'un certain modèle donné. Il Proverbe. Qui va à la chasse perd sa place.
— HIST. xu* s. Tresqu'à la porte est la chace [de l'ennemi] durée, Ronc. p. ) 46. || xm* s. Et iors orentil plus grant bataille, et tous retindrent avoec eus cels qui venoient en la chace qu'il porent retenir, villeh. cxliv. Droit au Mans le roy [il] mené, s'a la chace laissie, Re.rtc, cxi.x. Cresus se mist tantost en fuie, Quant il se vit seul en la place, Sans encombrement et sans chace, la Rose, 6524. Mes amors si forment m'atire, Que par tretous mes pensers
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chace, Cum cil qui partout a sa chace, Et tous jors tient mon cuer sous s'ele [sous son aile], ib, MM. || xv* s. Finalement, les archers qui là estoient rurent deconlits et mis en chasse, noua, i, i. tfl. Tandis qu'ils s'entreteno:ent en tel point, il vint accourant sur euh une chasse [troupe] de douze chevaliers dont ils nesedonnoientgarde.Pera'/'oriwt, t. i , f" 1 39. Toutefois feist il tant de prouesses sur Salphar que desmonté l'eust, se ne fust esté Lucides qui adviséement tourna une chasse sur eux qui par force les feist départir, ib. t. VI, f° 36. Il scet trop de chasse qui a esté veneur, le roux de lincy, l'rov. t. ii, p. 73. Il rencontra le comte de Peraude.... auquel il donna la chasse, Bouciq. i, ch. 29. || xvi' s. Hz donnoient la chasse à quelques galères d'Athènes, amyot, Aie. 66. Il y avoit force arbalestes de courte chasse pour assener de près, m. Marcel. 26. Six grandes coulevrines de dix-huict pieds de chasse, pour battre aux deffenses, cari., vu, 7. Bref la chasse au poisson me serait le plaisir Sur tous autres plaisirs que je voudrais choisir, R. belleau, Bergeries, t. i, p. H6, dans lacurne. Il n'est chasse que de vieux chiens, le roux be lincy, Prov. t. ii, p. 73. Il ne nous advint jamais de parler des Jésuites, car lors c'estoit une chasse morte, ou, pour mieux dire, saincts qu'on ne festoit nullement, fasquier. Lettres, t. u, p. 669, dans lacurne.
— ÊTYM. Voy. chasser ; bourguig. chaisse; picard, cache; provenç. cassa; espagn. caza; portug. caca; ital. caccia.
CHASSE (châ-s'), s. f. || !• Sorte de botte ou de coffre qui contient les reliques d'un saint. On fit promener dans Paris la châsse de sainte Geneviève, volt. Louis XIV, 6. J'ai brûlé trois cierges de cire Sur la châsse de saint Gildas, v. hugo, Bail. t. || 2" Sorte de manche composé de deux lames mobiles réunies seulement vers la partie qui tient à la lame de l'instrument. La châsse d'une lancette. || Monture servant d'encadrement. La châsse d'un verre de lunette. || La châsse d'une balance, le fer qui soutient le fléau. || Terme d'orfèvrerie. La partie de la boucle où est le bouton.
— MST. xii« s. Je vous dorrai tôt le trésor de l'arche; Ne demorra [restera] ne galice ne chasce, Li coronemens Looys, v. 460. Li casse où li saintuaire ert. rendi si grant odor, que il sembla à tous que paradis fut ouvers, laborde, Émaux, p. 209. || xm's. Cil dui piler d'ivire estoient Moult gent, et d'argent sostr-noient Une ymageteen leu de chasse, la Rose, 21000. Puisqu'elle fu mise en la chasse, ruteb. h, 223. || xv* s. Pour l'ouvrage et faezon d'une chasse et fierté d'argent, verée et ouvrée à ymages de appoustres, à pinnacles et tabernacles pour mettre les reliques de Monsieur saint Mallou, laborde, ib. p. 209. || xvi' s. Figurededeux historiés courbées, dont l'une est ouverte, l'autre enfermée dans son manche ou chasse, paré, vi, 8.
— ÉTYM. Berry, châsse, bierre, cercueil; du latin capsa (voy. caisse).
t. CHASSÉ, ÉE (cha-sé, sée) , participe passé. || 1" Poursuivi par les chasseurs. Sangliers chassés et pris. || 2° Expulsé. Hippias est chassé, la tyrannie des Pisistratides est entièrement éteinte, boss. Hist. I, 8. Son père, chassé, au berceau, du palais des rois et de sa patrie, dont il avait été reconnu l'héritier légitime, volt. Louis XV, 26. || Fig. La timidité chassée par le besoin. || 30 Renvoyé. Un domestique chassé par son maître.
2. CHASSÉ (cha-sé), s. m. Terme de danse. C'estd'abord le mouvement par lequel on chasse (voy. chasser); il ne prend qu'un temps ou la moitié d'une mesure comme le pas ordinaire. Chassé est aussi le nom d'un pas figuré qui se fait de côté à droite ou à gauche, dans lequel il y a un chassé au second temps . et qui se termine par un assemblé. En ce sens le chassé prend 4 temps ou 2 mesures.
— ÉTYM. Chassé i .
t CHASSE-AVANT (cha-sa-van), s. m. Surveillant des ouvriers dans les grands ateliers. || Fig. Celui qui excite les autres. || Au plur. Des chasseavant.
— HIST. xvi" s. Cela s'exécuta tellement quellement par les mains des soldats, qui avoient pour chasse-avant les canonades, d'aub. Hist. il, 368.
— ÊTYM. Chasser, pousser, et avant.
t CHASSE-BONDIEU (cha-se-bon-dieu),s. m. Morceau de bois qui sert aux scieurs de long à enfoncer leur coin. || Au plur. Des chasse-bondieu.
f CHASSE-BOSSE (cha-se-bo-s') , s. f. Nom vulgaire de la lysimachie (lysimachia lutea, L.). \\ Au plur. Des chasse-bosse ou chasse-bosses.
— ÊTYM. Chasser, et bosse, à cause de la v.itu qu'on lui attribue dans les contusions.
t CHASSE-CARRÉE, s. f. Voy. chasse carrée, au mot CHASSE, II" (3.
t CHASSE CHIEN (cha-se-chiin) , s. m. Portier, bedeau. || Au plur. Des chasse-chien ou chassechiens.
t CHASSE-COQUIN (cha-se-ko-kin), s. m. Populairement, bedeau. Ce Boileau qui fut autrefois Le chasse-coquin du Parnasse, N'est plus sur l'Hélicon françois Ce Boileau qui fut autrefois; Phébus, le voyant aux abois, Dit aux muses : vite, qu'on chasse Ce Boileau qui fut autrefois Le chasse-coquin du Parnasse, Ancienne épigramme contre Boileau. || Auplur. Des chasse-coquin ou chasse-coquins.
CHASSE-COUSIN (cha-se-kou-zin), s. m. || 1° Mauvais vin, ou tout ce qui est propre à éloigner les parasites. || 2° Fleuret ne pliant pas, qui est propre à bourrer ceux qui font assaut. || Au plur. Des chassecousin ou chasse-cousins.
— ÊTYM. Chasser, écarter, et cousin, ditici pour celui qui abuse du titre de parent pour s'inviter trop souvent.
f CHASSE-CRAPAUD (cha-se-kra-pô), s. m. Engoulevent, oiseau. || Au plur. Des chasse-crapaud ou chasse-crapauds.
— ÊTYM. Chasser, et crapaud, à cause de lâchasse qu'il donne aux crapauds.
+ CHASSÉ-CROISÉ (cha-sé-croi-zé) , s. m. Pas figuré par lequel le cavalier fait un chassé à droite et ensuite un dédiasse en passant derrière sa danseuse , et celle-ci fait devant son danseur le chassé à gauche et le déchassé à droite. Le chassé-croisé occupe 8 temps ou 4 mesures. || Fig. et dans le style familier et moqueur, chassé-croisé, se dit en termes de théâtre, de quatre personnages divisés en deux couples, qui font l'un par rapport à l'autre exactement la même chose. Ce mot se prend surtout en parlant de situations déjà connues et dont on est rassasié. || Chassé-croisé se dit aussi des gens qui s'arrangent pour ne faire que changer de places, d'emplois. Le changement du ministère ne fut qu'un chassé-croisé.
— ÊTYM. Chassé, et croisé.
t CHASSÉ-DÊCHASSÉ (cha-sé-dé-cha-sé), s. m.
VOy. CHASSEZ-DÉCHASSEZ.
t CHASSE-DIABLE (cha-se-dia-bl') , s. m. Un des noms du millepertuis. || Auplur. Des chassediables.
f CHASSE-ENNUI (cha-san-nui), s. m. Ce qui est propre à chasser l'ennui. Le vin est parfois un bon chasse-ennui. || Au plur. des chasse-ennui.
f CHASSE-FLEURËE (cha-se-fleu-rée), s. f. Planche qui sert au teinturier à écarter l'écume de la surface de la cuve. || Au plur. Des chasse-fleurée ou chasse-fleurées.
— ÊTYM. Chasser, écarter, et fleur (d'écume).
f CHASSE-GOUPILLE (cha-se-gou-pi-U', Il mouillées) , s. m. Outil d'armurier. || Au plur. Des chassegoupille ou chasse-goupilles.
— ÊTYM. Chasser, pousser, et goupille.
t CHASSÉ-HUIT (cha-sé-uif) , s. m. Voy. ciiafsez- HU1T.
CHASSELAS (cha-se-lâ) , ». m. Raisin blanc estimé pour sa délicatesse.
CHASSE-MARÉE (cha-se-ma-rée), s. m. || 1- Voiture qui transporte le poisson de mer. || Le voiturier môme. || Familièrement. Aller un train ou d'un train de chasse-marée, aller fort vite. || 2° Sorte de bâtiment côtier, ponté et à deux mâts. || Au plur. Des chasse-marée.
— REM. L'Académie qui, au mot citasse -marée, ne dit rien du pluriel, écrit, dans un exemple au mot chasse, des chasse-marées. Il est bien plus naturel d'écrire des chasse-marée ; car les chasse-marée chassent, c'est-à-dire mènent en hâte la marée bien plutôt que les marées; viarée ne se disant pas en ce sens au pluriel.
— HIST. XV s. Se chevaulx à chasse marée Estiez, qui chascun jour sont las, S'estable aviez bien aprestée, Coucheriez vous à tout le bas [avec le bât]'? e. desch. Poésies mss. f° 439, dans lacurne. D'une qui se fourre en ces trous, Sur le soir, quand la lune luyt, Elle chasse les loups garous Et les chassemaréesdenuyt, coquill. .Droits nouveaux. || xvi* s. Six jours après je la trouvay hors la porte Montmartre sus un cheval de bast, jambe deçà, jambe delà, qui rioit à gorge desployée, et s'en alloit avec les chassemarées, taré, xix, 26. Une [clochette] Pendant au col, mal assurée, D'un cheval de chassemarée, r. BEllEau, Œuvres, t. il, p. 69, dans lacurne.
— ÊTYM. Chasser, et marée.
CHASSE-MOUCHE (chi-so-mou-ch' ), s. m.
|| 1° Sorte do balai ou d'éventail pour chasser les
mouches. || 2° Filet à cordelettes pendantes dont on garnit les flancs des chevaux pour les garantir des mouches. || Au plur. Des chasse-mouche ou chassemouches.
f CHASSE-MULET (cha-se-mu-lê) , s. m. Valet de meunier. || Au plur. Des chasse-mulet ou chassemulets.
t CHASSE-NOIX (cha-se-noî), t. m. Outil d'armurier, esp'ce de chasse-goupille. |] Au plur. Des chasse noit.
t CHASSE-PARTIE (cha-se-par-tie), s. f. Accord par lequel les aventuriers règlent ce qui doit revenir à chacun pour sa part. || Au plur. Des chassesparties.
— ÊTYM. Partie est ici le participe pasué du verbe partir, partager : chasse partagée.
t CHASSE-PIERRES (cna-se-piS-r1) , s. m. Appareil fixé en avant des roues d'une locomotive sur un chemin de fer pour écarter ce qui fait obstacle. || Au plur. Des chasse-pierres.
t CHASSE-POIGNÉE (cha-se-poi-gnée), s. m. Outil pour chasser la poignée d'une épée sur la soie de la lame. |j Au plur. Des chasse-poignée ou chasse-poignées.
f CHASSE POINTE (cha-se-poin-f) , s. ni. Outil pour chasser les pointes ou goupilles d'un ouvrage quelconque. \\Au plur. Des chasse-pointe ou chassepointes.
t CHASSE-PUNAISE (cha-se-pu-nS-z') , s. f. Nom de la cimicaire. || Au plur. Des chasse-punaise ou chasse-punaises.
CHASSER (cha-sé), ('. o. || 1" Poursuivre le gibier, les bêtes fauves, pour les tuer ou les prendre. Chasser le renard. || Il se dit aussi des animaux qui poursuivent une proie. Le lion chasse les gazelles. L'aigle chassant les oiseaux, les lièvres et les lapins. || 2° Terme de marine. Chasser un navire, lui donner chasse, le poursuivre. || Chasser la terre, s'en approcher. || 3° Faire marcher devant soi, pousser en avant. Chasser les sangliers dans les toiles. || Par extension, chasser l'ennemi devant soi, la forcer à se retirer, le poursuivre. || Pousser en avant. Le vent chasse la pluie, la neige de ce côté. Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère Que le vent chasse devant lui, rac. Estlt. m, 3. || La poudre chasse le plomb. H eût fallu 1 60 livres de poudre pour chasser de tels boulets, volt. Mœurs, 91. Il Chasser un clou, le faire sortir avec un marteau de l'endroit où il est entré. || Chasser à force, ou, simplement, chasser, faire entrer de force. Chasser à force un clou ou une cheville. Les tonneliers chas- ■ent à force les cerceaux pour bien serrer les douves. || Terme de manège. Chasser son cheval, le porter en avant en serrant les jambes. || 4° Mettre dehors, forcer de sortir, au propre et au figuré. Chasser quelqu'un du sénat. La nuit nous chassa de la forêt. Il fut chassé du théâtre au milieu des sifflets. Chasser du corps un poison. Chassez les craintes qui vous obsèdent. Les remèdes qui chassent les fièvres. Vous pouvez, comme maître absolu de son sort, Le servir, le chasser, le livrer vif ou mort, corn. Pomp. I, t. C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé, rac. Plièd.u, 6. Puisque c'est la chasser, Seigneur, je me retire, corn. Nicom. m, 6. Son amour conjugal chassant le paternel.... id. ib. ni, 7. Quel péril ou plutôt quel chagrin vous en chasse? rac Phcd. i, i. L'ardeur de s'enrichir chassa la bonne foi, boil. Épit. ix. Rien ne peut chasser cette image cruelle, mol. Psyché, i. i. Chassez de vos regards la plainte et le reproche, volt. Zaïre, il, f . || Poétiquement. Le jour a trois fois chassé la nuit obscure, bac Phèdr. i, 3. || Écarter ce qui importune. Chasser les mouches. Le vinaigre chasse le mauvais air. || Fig. En ternies d'escrime, chasser les mouches, parer au hasard. || 5" Congédier, renvoyer une personne par mécontentement. Chasser un domestique. || 6° V. n. Chasser au fusil, au furet, au chien courant, aller à la chasse des animaux avec un fusil, un furet, etc. Chasser à beau bruit. Chasser à cor et à cri. || Chasser au loup, au renan', faire la chasse dû loup, du renard. || Chasser bien, se dit d'un chien qui se comporte bien à la chasse. || Chasser de gueule, aboyer en parlant d'un limier, qui naturellement est secret. Se dit aussi d'un braque ou d'un épagneul qui mène à la voix un lièvre ou un lapin. || Ce chien chasse de haut vent, il chasse contre le vent. || En parlant des chiens, chasser de race, chasser par race, par le fait de la race (de ici est pour par). || Absolument et fig. Être d'ancienne race. Je prétends être noble, et non pas, Dieu merci, De ceux qui seulement le sont cosl, cosl (couci-couci); Je chasse de plus loin , et ferais bien voir comme L'aïeul de mou aïeul était très-gentilhomme, th. corn. #o»
CHA
CHA
Bertran de Cigaràl, iv, 1. 1| Fig. Donner la chasse, poursuivre pour prendre.... Les Delhys et les Slaves, Vils esclaves dressés à chasser aux esclaves, lamaht. Jlarold, 34. Aux maris gaîment vous chassez; Pour vousje suis trop jeune encore, biîrang. Passes j. filles. || Fig. et familièrement, chasser sur les terres d'autrui, entreprendre sur les droits de quelqu'un, sur ses attributions. || Fig. et familièrement, cet homme chasse bien au plat, il a bon appétit, il mange volontiers chez les autres. || Familièrement, leurs chiens ne chassent pas ensemble, se dit de deux personnes qui ne sont pas en bonne intelligence. || 7" Terme de marine. Ce bâtiment chasse sur les ancres, il les entraîne, et leur fait labourer le fond. Dans la nuit du 22 au 23, le bâtiment chassa sur son ancre, chateaub. Ilin. n, 80. || Cette ancre chasse, elle ne tient pas le fond de la mer. || Chasser à la côte, chasser sur un navire, se dit d'un bâtiment que le vent ou le courant entraîne à la côte, sur un autre bâtiment. || 8° Aller, avancer, venir. Les nuages chassent du N. 0. || 9° Terme de métier. Commencer à étendre l'or et l'argent avec un marteau. || 10° Terme de ponts et chaussées. Ouvrir l'écluse de chasse. || 11° Cette voiture chasse bien, elle roule avec facilité. || Terme d'imprimerie. Remplir beaucoup d'espace avec peu de composition. Si vous chassez beaucoup, l'espace vous manquera. || Occuper beaucoup d'espace, en parlant d'un caractère. Ce caractère chasse trop. || 12° Terme de danse. C'est d'abord ramener un pied derrière l'autre qu'on avance aussitôt, comme quand les militaires changent de pied pour se mettre au pas; il ne faut pour cela qu'un temps ou une demi -mesure. Dans un second sens, c'est eiécuter le pas figuré appelé chassé, lequel prend quatre temps. || 13° Se chasser, v. réfl. Se chasser l'un l'autre, s'expulser réciproquement. Les enfants de Cassandre se chassèrent les uns les autres de ce royaume, boss. Hist. i, 8. || Être pris à la chasse. Les alouettes se chassent au miroir. || Proverbe. Bon chien chasse de race, c'est-à-dire on ne doit pas être surpris que le fils fasse comme
son père de race Communément fille bâtarde
chasse, la font. Fer. Je suis un peu coquet, tu n'es pas mal coquette.... Nous chassons tous de race et le mal n'est pas grand, regnard, le Distr. m, 3. || Un clou chasse l'autre, c'est-à-dire un goût nouveau fait oublier les autres, et aussi en parlant d'une personne qui est supplantée par une autre, qu'une autre fait oublier. || La faim chasse le loup hors du bois , c'est-à-dire la nécessité fait faire ce qui déplaît, ce qui répugne.
— HIST. xi' s. Par vive force les en cacerent Franc, Ch. de Roi. cxxm. || nr* s. Muetes de chiens lui donner pour chachier, flonc. p. 3. Enz en un bois erent [ils étaient] allé chacier, ib. p. 164. Haï me vous [me haïssez vous], que tant vous travailliez Qu'aie [que j'ai] mari et de ci me chaciez? Romancero, p. 74. Et Challemaine d'Ail de la terre chacier, Sax. vi. || xm* s. Car cil qui chace adès et riens ne prent , 11 emploie sa peine malement , mâtzner, p. 82. Qui deux choses chace ne l'une ne l'autre prent, le bodx de uncy, Prov. t. u, p. 74. On ditpieça.... Que tex cache [cherche] le mal d'autrui, Que li max retourne sour lui, Bl. etJeh. 3391. Et tout au derrière il se tient, Pour desfendre les bateliers, Se nuls le chasse par deniers, ib. 44(3. Mes la faim qu'il avoit as denz, Qui en chasse le leu du bois, Ren. 4909. Et pieça dist-on : Qui fuit, il trueve qui le cache, beaum. 66. Cil GuiUaumes.... chassoit l'autre jour Un lièvre qui ert à séjour, ruteb. 290. Et le roy se loja à Iles dont 11 les avoit Jiaciés, joinv. 204. Se le roy de France nous envoioit maintenant par ses messages à chascun cent mars d'argent, nous ne les chacerions pas hors, id. 259. Il descendirent à pié et l'alerent trouver là où il chassoit aus bestes sauvages, id. 235. || xiv* s. Un chien quant il chace bien, ohesme, Eth. ix, (5. Au temps que cil oisiau sauvage Chantent doucement maint langage, [j] Aloie seuls par un boscage Un cerf chaçant, la Lande dorée. || xv* s. Quand ceux de l'embusche virent comment les François chassoient [poursuivaient], froiss. ii, ii, 66. Les Allemans ne chassèrent que ce soir et puis se retyrerent sans marcher après luy [à la défaite de Morat] , comm. v, 3. Autant vault celui qui chasse et rien ne prend Comme celui qui lit et rien n'entend, le roux de LiNCï, t. n, p. 73. Seigneurs, dit le chevalier, vous chassez [cherchez] bien votre malheur ; car se nous avions nos chevaulx, nous vous ferions danser avec elle, Perceforest, t. i, f° 67. Jehan de Huinieres cacha [poursuivit] ce jour si avant, qu'il ne peut retourner, et fut enmené prisonnier dedens la ville, pierre de femn, 14(2. |j xw s. Comme aveilles
chassent les freslons d'entour leurs rouscnes, rab. Gar. i, 40. Et y eust demouré quelque espace, n'eust esté que la peste les en chassa, m. Pant. n, 5. Je luy dis qu'il se levast soubs couleur de nous chasser [faire sortir] , mont, i, 95. Ceulx qui chassent les éléphants.... id. u, (76. En ces entrefaittes Tarquinius fut chassé de son royaume , amyot , Publ. 26. Les ennemis cessèrent de les chasser et poursuivre plus oultre ce jour là, id. Cam. 64. Ilz chassoient aux bestes sauvages avec des pièges et des fosses, id. Fab. 1. Leurs arcs chassoient la flesche avec une roideur et une impétuosité merveilleuse, id. Crassus, 46. Le vent leur chassoit la pluye contre les visages, m. Pomp. (9. Chasser aux blancs moyneaux [perdre son temps à poursuivre une chose inutile], le roux de linct, Prov. t. n, p. 73. Par la dite coustume locale le seigneur a droit que nuls meuniers estans en la ditte baronie ne peuvent ou doivent chasser et aller quérir les bleds des sujets de la dite baronie, Coustumier général, t. n, p. 54. Mettant l'un des deux canons de son petit pistolet à l'endroit du permis, le deschargea tant heureusement qu'il chassa la baie au travers de l'estomach d'un des trois compagnons, Nuits de Straparole , t. n, p. 313, dans lacurne. L'on ne peut mener chasser ou faire paistre ses bestiaux sur l'héritage d'autruy sans congé et licence, Nouveau coustumier gén. t. i, p. 450,
— ÉTYM. Bourguig. chaissai; picard, cacher; wallon, chèsi; provenç. cassar; espagn. caxar; anc. espagn. cabzar ; portug. caçar; ital. cacciare. En partant des formes romanes, on est conduit à un verbe captiare qui leur correspond simultanément et qui est une altération de captare (voy. captkr) , indiqué comme étymologie de chasser par Ménage et par Diez; en effet on trouve dans Du Cange , captator , chasseur, captare, chasser, captalio, chasse.
t CHASSE-RAGE (cha-se-ra-j'), s. f. Voy. passerage. || Au plur. Des chasse-rage.
CHASSERESSE (cha-se-rè-s'), adj. féminin poétique de chasseur. Une Diane chasseresse. Les nymphes chasseresses. || S. /. Une chasseresse.
— ÉTYM. Chasseur.
f CHASSE-RIVET (cha-se-ri-vè) , s. m. Outil pour river les clous en cuivre. || Au plur. Des chasserivet ou chasse-rivets.
+ CHASSE- RONDELLE (cha-se-ron-dè-1') OU CHASSE-ROUE (cha-se-roue) , s. m. Outil de charron . || Au plur. Des chasse-rondelle ou chasse-rondelles.
t CHASSE-ROUE (cha-se-roue),î.m. Voy. chasserondelle.
f CHASSETON (cha-se-ton) , s. m. Un des noms vulgaires du grand-duc.
CHASSEUR, EUSE (cha-seur, seû-z'), adj. \\l° Qui chasse. Dircé les suit; Doris plus vive qu'elle, L'honneur des bois, la chasseuse Doris, Passe de loin Dircé, Nice et Chloris, malpil. Narcisse, ch. iv. |l 2° S m. et f. Il s'est dit grand chasseur, et nous a priés tous Qu'il pût avoir le bien de courir avec nous, mol. Fâcheux, u, 6. Quel diable de plaisir trouvent tous les chasseurs De se voir exposés à mille et mille peurs? id. ib. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches; les premiers héros se signalèrent dans ces guerres.... Nemrod, le premier guerrier et le premier conquérant, est appelé dans l'Écriture un fort chasseur, boss. Hist. i, 2. || Fig. Mais quel est le chasseur de millions qui s'arrête ? Balzac (le romancier), dansle Dict. de poitevin. || 3° Domestique occupe dans une terre à chasser pour son maître. || 4° Domestique en livrée de chasse, qui monte derrière la voiture du maître. || 6° Se disait autrefois de soldats choisis entre les plus agiles pour former une compagnie d'élite dans un bataillon. || Aujourd'hui nom de certains corps de troupes d'infanterie et de cavalerie légère. Régiment de chasseurs. Un chasseur d'Afrique. || Nom des compagnies du centre dans la garde nationale. || 6° Terme de marine. Navire qui donne la chasse à un autre, et, adjectivement, le vaisseau chasseur. || 7° Terme dépêche. Harengs de chasseurs, ceux que des allèges prennent des pêcheurs et livrent promptement au commerce. ||8° Chasseuse, s. f. Araignée sans toile qui prend sa proie à la course.
— HIST. xi' s. Les altres quatre [chevaux] chaceùrs e palefreiz, Lois de Guill. 22. ||xni*s. Sur un bon chaceour [cheval de chasse] le cerf il parsuivi, Bette, cvm. Si s'ert vestuz e aturnez, Sur son chaceûr est muntez, Lai del désiré. || xv* s. L'homme qui list et rien n'entend , Semble au chasseur qui rien ne prend, la font. 608. || xvi* s. Il depescha sa messe, laquelle il dit en chasseur, ayant le cœur à la mangerie , desper. Contes , lxx v.
— ÉTYM. Picard, cacheux; provenç. cassayre, cassador ; espagn. cazador ; portug. caçadur ; ital. cacciatore ; du bas-latin caccialorem (voy. chasser). L'ancien français chassere, provençal cassayre, est le nominatif et répond à cacciâtor; chaceor et cassador est le régime, et répond à caccialàrem. Dans l'ancien français, chassere, chaceor voulait souvent dire un cheval de chasse.
t CUASSEZ-DÉCH ASSEZ (cha-sé-dé-cha-sé) , s. m Pas figuré par lequel après avoir fait un chassé de quatre temps à droite, on fait à gauche un chassé tout à fait symétrique qu'on appelle déchassé : ce pas s'appelle aussi à droite et à gauche.
— ÉTYM. Chasser et déchasser. Pour l'orthographe du mot, voyez chassez- huit.
t CHASSEZ-HUIT (cha-sé-uif), *. m. C'est le chassé-croisé exécuté par les quatre couples à la fois; alors chacun dans le chassé et le déchassé se tourne vers le figurant qui vient à lui. Le chassezhuit termine souvent la dernière contredanse d'un quadrille.
— ÉTYM. Chassex, huit. Le verbe est ici à l'impératif, parce qu'autrefois, quand le ménétrier annonçait les divers pas qui entraient dans une contredanse , il criait à haute voix : Pour finir chassez huit ou les huit.
CHASSIE (cha-sie) , t. f. Humeur onctueuse et jaunâtre sécrétée sur le bord de chaque paupière par les glandes de Meibomius. Mme Panache, avec ses yeux pleins de chassie, ne voyait pas au bout de son nez, st-sim. 44, 9.
— HIST. xin* s. Pur chacie prenez fenoil et arrement, Us. St-Jean. \\ xvi* s. Chassie baveuse et poignante, chassie seiche, paré, xv, 6.
— ÉTYM. Voy. CHASSIEUX.
CHASSIEUX, EUSF. (cha-si-eû, eû-z'), adj. Qui a de k chassie. Des veux Encore bien flétris, rouges et chassieui, Régnier , Sat. xi. || Substantivement. Un chassieux. Ce qui plaît à l'oeil sain offense un chassieux, Régnier, Sat. v.
— HIST. xii* s. Dous [deux] choses nous encombrevent, nostre oil si estoient chaceuols et oscur, et cil habiteveit en une lumière où om ne puet aprochier, st bern. 626. || xiu* s. La celidoine me prenez, Od lei de femme la mêliez, Ceo garist les oilz chacius, ils. St-Jean. Et li visages et li blans des iex seront pale et piers et cacieus, alebrant, f° 16. ||xiv* s. Les yeulx chacieux, pleins d'ordure, J. bruyant, dans Ménagier, t. n, p. e. || xv s. Cette vilaine alla jetter les yeux Sur un vieillard riche, mais chassieux, villon, Bail. || xvi* s. Une sanie qui fait que les palpebres se glutinent de nuit ensemble, et les rend chassieuses, paré, xv, ((. 11 est rare d'y veoir un homme malade; et m'ont asseuré n'en y avoir veu aulcun tremblant, chassieux, esdenté ou courbé de vieillesse, mont, i, 236.
— ÉTYM. Berry, chachioux, chassioux; espagn. cegajoso. Ménage , en indiquant l'espagnol cegajoso, a montré la vraie étymologie de chaceuols, stguiaani comme l'espagnol : quivoitmal. Cegajoso représente un latin fictif csecalios us; c/iaceuoi représente cacut/olus. Maintenant faut-il séparer chaceuol de chass.c? Cela est difficile, du moment que chaceuol montre cac changé en chac. C/iasst'eviendra du latin cxcùtia, vue faible, de cxcus, aveugle, en vieux français, ciu. Chassie a donné chacius, chassieux.
CHÂSSIS (châ-si ; l's ne se lie pas, absence de liaison que remarque Chifflet, Gramm. p. 2(6), s. m. || 1° Ouvrage de menuiserie servant d'encadrement. Châssis de chêne. Châssis de châtaignier. || Châssis de papier, châssis de verre, l'ouvrage de menuiserie après qu'il a reçu, dans de petites feuillures pratiquées à cet effet, les carreaux de papier ou dn verre destinés à laisser passer la lumière. || Châssis dormant, l'encadrement des parties mobiles d'un* fenêtre. || Châssis de paravent, bois sur lequel sont tendues la toile et le papier du paravent. || Châssis d'osier, clôture d'osier qu'on met devant des fenêtres pour empêcher que les vitres ne soient cassées à coups de pierre. || 2° Châssis d'un tableau, le cadre sur lequel on attache, on tend la toile. || 3° Terme d'écriture par chiffre. Papier découpé qu'on applique sur celui où l'on veut écrire, et par les ouvertures duquel on écrit des mots dispersés, qui contiennent le secret. || 4° Châssis d'imprimerie , cadre de fer dans lequel on serre les pages de composition. || 6° Terme de jardinier. Vitrage qu'on met sur une couche. || 6° Bordure d'une table à couler le plomb. || 7° Ce qui encadre, dans une construction, une ouverture perpendiculaire. || Bâti sur lequel est montée la porte d'un poêle. || Châssis de pierre, dalle de pierre qui en reçoit un autre en feuillure. || 8° l'e do chasse. Sorte' de piège. || 9° Terme de marine.
CHA
CHA
CHA
Partie de l'affût d'une caronade sur laquelle se place la semelle. || 10° Décoration de théâtre, coulisse. || 11" Châssis de serrurerie, l'assemblage des montants et des traverses d'une porte de fer. || Le bâti d'une rampe d'escalier.
— HIST. iv* s. Les fenestres et les huys du palais ont mené si très grant batement à rencontre des murailles et des châssis que plus de la moytié en gisent sur la chaussée, Perce forest , t. v, f° 4 4. Item je laisse aux hospitaux Mes châssis tissus d'iraignée, villon, Petit testam.\\ xvi* s. De la mesme toille l'on fait des châssis, tendus avec des petits clouds, sur bois léger, o. de serres, 472. D'autres, mieux entendus, reposent leurs fourmages sur de la toile claire, tendue roidement avec des petits doux sur des châssis de bois, id. 287, 288. De quoy feroit-on châssis? rab. Pont, ni, 4».
— ÉTYM. Châsse; picard, cassis.
f CHASSOIR (cha-soir), s. m. Outil qui sert au tonnelier à chasser les cerceaux sur la futaille.
— HIST. xv* s. Comme moi , tout bon buveur Au maillet et au chasseur Met les deux mains sans vergongne, Et s'employe de bon cueur X relier ses tonneaux, BASSELIN, L.
— ÉTYM. Chasser.
t CHASSOIRE (cha-soi-r'), s. f. Terme de fauconnerie. Baguette que portent les autoursiers.
— ÉTYM. Chasser.
CHASTE (cha-sf), adj. || 1° Qui s'abstient de tout amour rllicite. Élevé dans le sein d'une chaste héroïne, bac. Phèd. iv, 5. C'est moi qui sur ce fils chaste et respectueux Osai lever un œil profane, incestueux, m. ib. v, 7. Ses discours craints du chaste lecteur, boil. Art p. n. Ces mines qu'elles affectèrent durant toute la pièce firent dire de tous côtés cent sottises de leur conduite qu'on n'aurait pas dites sans cela; et quelqu'un même des laquais cria tout haut qu'elles étaient plus chastes des oreilles que de tout le reste du corps, mol. Crit. 3. Ce Triphon, quia tous les vices, je l'ai cru sobre, chaste, libéral, humble et même dévot, la bruy. vi. Sobres, chastes et purs, l'œil et l'âme attentive, Veillez; je suis tout proche et frappe à votre cœur, rac. d Laudes, Aies. || Cette chaste épouse du Fils de Dieu [l'Eglise], pascal, dans girault-duvivier. || Les chastes sœurs, les muses. Chastes nymphes du Permesse, boil. Namur. || 2° En parlant des choses, qui est conforme à la chasteté. Chastes feux, corn. Uor. i, 4. Chaste amour, rac. Brit. m, 4. Afin que nous commencions, malheureux pécheurs, à verser sur nousmêmes un torrent de larmes, et que, ravis des chastes attraits de l'innocence, jamais nous ne nous lassions d'en pleurer la perte, boss. Marie-Thérèse. Si, comme nos prédécesseurs, nous faisons nos chastes délices de votre Écriture, notre principal exercice de la prédication de votre parole, id. le Tellier. Serre d'une étreinte si ferme Le nœud de leurs chastes amours, Que la seule mort soit le terme Qui puisse en arrêter le cours, malh. h, 4. La chaste obscurité des branches murmurantes, v. HUGO, Voix intér. xix. || 3° D'une grande pureté grammaticale. On ne peut voir une diction plus chaste ni plus correcte, costar, dans bouhours, Nouvelles remarques. Je m'étonne que votre style puisse être si chaste, étant si mâle et si fort,iD.tb. || Forme chaste, dans la littérature, quelque chose de réservé et que l'on compare à la chasteté, à la pudeur.
— REM. Ménage (Menagiana, p. 245) a dit : « Le mot de chaste n'est plus en usage dans notre langue il y a déjà du temps, et on a repris la chaste Sylvie dans mes poésies. Le mot de sage est en usage dans la même signification.» Ménage se trompait, même pour son temps, comme le montrent les exemples de Pascal et de Corneille; et chaste est resté pleinement en usage.
— HIST. xiii* s. Se tu trueves chaste moillier, la Rose, 8749. || xiv* s. Les chastes ont le cuer et la conscience clers, nets et luisans, llénagier, i, 3. || xv s. Et lui portaient renommée ceux du pays qui le connaissoient [le roi de Portugal] que encore estoit-il caste etn'avoit oncques eu compagnie charnellement avec une femme, proiss. h, m, 66. Saige Cassandre , bêle Echo, Digne Judith, caste Lucresse, ch. d'orl. Bal. 402.
— ÉTYM. Provenç. cast ; espagn. et ital. caslo; du latin castus.
CHASTEMENT (cha-ste-man), adv. D'une manière chaste. Vivre chastement. L'amour le moins honnête, exprimé chastement, N'excite point en nous de honteux mouvement, boil. Art p. iv.
— HIST. xne s. Et les dames qui chastement vivront, quesnes. Romancero , p. »4. || xin' s. Dieu amer et chastement vivre, ruteb. ii, do. Et com-
manda l'en que en y receust celles qui vourroient fere contenance à vivre chastement, joinv. 2»h.
— ETYM. Chaste, et le suffixe ment; provenç. castament; espagn. et ital. castamente.
CHASTETÉ (chaste-té), s. f. || i° Vertu des personnes chastes. La chasteté dans le mariage. La chasteté déjà, la rougeur sur le front, Avait chez les humains reçu plus d'un affront, boil. Sat. x. || 2° Par extension, abstinence entière des plaisirs de l'amour. Faire vœu de chasteté. 11 faudra garder la chasteté, boss. Var. 7. || 3° Fig. Correction, pureté. Chasteté de style, costar, dans bouhours, Nouv. rem.
— SYN. chasteté, continence. La chasteté est une vertu morale qui prescrit des règles à l'usage des plaisirs de l'amour: la continence est une autre vertu qui en interdit absolument l'usage. La chasteté règne dans le mariage; la continence règne dans les cloîtres. 11 y a aussi cette différence que la chasteté est cette vertu considérée en elle-même, et que la continence est la même vertu considérée par rapport à son opposé qui est l'incontinence : il peut y avoir, dans un mariage chaste d'ailleurs, peu de continence.
— HIST. xii* s. Vous portiez le pris de beauté Et l'enseigne de chasteé, Romancero, p. 60. || xin* s. Chasteé, qui dame doit estre Et des roses et des boutons, la Rose, 2858. Et Drois, et Chasteé et Fois S'enfoïrent à celé fois, ib. 5409. || xiv* s. La beauté et la chasteté de Lucrèce, bercheure, f" 26, verso. Luxure est le pechié, la vertu contraire est chasteté, Uénagier, I, 3. || xv« s. Comment, parler.... Et de chasteé est-ce offense ? ilir. de sainte Genevi. En icelle fontaine, pour soi rafreschir, se baignoit Diane, la déesse de chasteté, froiss. ii, m, 14. || xvi' s. Il [Charles-Quint] aime la religion, justice et chasteté, sleidan, f° 13.
— ÉTYM. Provenç. castitat, castelat ; espagn. caslidad; portug. castitade; ital. castilà; du latin castitatem, de castus, chaste.
CHASUBLE (cha-zu-bl') , s. f. Ornement que le prêtre met par-dessus l'aube et l'étole, pour dire la messe.
— HIST. xni* s. Casule , dans le Glossaire de Lille, 22. Et par deseure tous les vestemenz li viesti on la casure, qui doit iestre de pourpre vermelle, qui senefie cari té, Chron. de Rains, 104. Et m'estoit avis que pluseurs prelas revestus le vestoient d'une chesuble vermeille de sarge de Reins, joinv. 299. Et li vesques à ses deux mains Lui affubla une ca-
suble, l'Escoufle. || xvi* s Donner des calices ou
reliquiaires, acheter chasubles et autres paremens, CALV. Instit. 882.
— ÉTYM. Espagn. casulla; ital. casipola, casupola, petite hutte; bas- lat. casubla, cassibula , casubula, casucula, casurula, chasuble. Casule (ou casure) et l'espagnol casulla viennent decasulla, diminutif employé au lieu du diminutif régulier cosùla, qui aurait donné casle ; chasuble et l'italien casipnla viennent du bas-latin casibula, diminutif tiré de casa, comme manipulus de manus. Casula, dans Isidore, signifie un vêtement à capuchon, comparé à une petite case, à une petite hutte, de casa (voy. case) : c'est poui cela qu'en italien casipola signifie une hutte.
f CHASUBLERIE (cha-zu-ble-rie), s. f. Ensemble d'articles appartenant au service soit de l'église soit des prêtres, tels que chapes, chasubles, ciboires, croix, etc.
— ÉTYM. Chasuble.
CHASUBLIER (cha-zu-ldi-é; IV ne se lie pas; au pluriel i's se lie : les cha-zu-bli-é-z et....) s. m. Ouvrier qui fait toutes sortes d'ornements d'église.
— HIST. xiii* s. Chasubliers et changeeurs, Allez quérir vostre part De la queue de Renaît, Queue de Renart.
— ÊTYM. Chasuble.
CHAT, CHATTE (cha, cha-t'; en conversation le ( ne se lie que dans les phrases suivantes : chat échaudé craint l'eau froide , dites : cha-t échaudé ; acheter chat en poche, dites : cha-t en poche; jeter le chat aux jambes, dites ; cha-t aux jambes. Au xvi* siècle, Palsgrave, .p. 24, dit que le ( se lie avec la voyelle qui suit. Au pluriel l's se lie : les chaz et les chiens; chats rime avec pas, appas, etc.), s. m. Il 1° Animal domestique, de l'ordre des carnassiers digitigrades. Le chat est un domestique infidèle que l'on ne garde que par nécessité, buffon, Chat. Je mis Vambroc dans une soupente où il eût fallu être chat ou diable pour le trouver, retz, I, 44. Le quolibet nous apprend qu'il n'est rien de plus semblable à un chat sur une fenêtre qu'une chatte, mademoiselle de uournaï, Égalité des hom-
mes et des femmes. Madame, j'étais déjà si fort à vous que je pensais que vous deviez croire qu'il n'était pas besoin que vous me gagnassiez par des présents, ni que vous fissiez dessein de me prendra comme un rat avec un chat ; néanmoins j'avoue que votre libéralité n'a pas laissé de produire en moi quelque nouvelle affection, et s'il y avait encore quelque chose dans mon esprit qui ne fût pas à vous, le chat que vous m'avez envoyé a achevé de le prendre et vous l'a gagné entièrement; c'est, sans mentir, le plus beau et le plus agréable qui fut jamais; les plus beaux chats d'Espagne ne sont que des chats brûlés au prix de lui, et Rominagrobis même (vous savez bien, madame, que Rominagrobis est prince des chats) ne saurait avoir meilleure mine et ne sentirait pas mieux son bien, voiturk, Lett. 153, à une abbesse qui lui avait fait présent d'un chat. Un homme chérissait éperduinent sa chatte ; Il la trouvait mignonne et belle et délicate Qui miaulait d'un ton fort doux, la font. Fab. 11, 4 8. La nation des belettes, Non plus que celle des chats, Ne veut aucun bien aux rats,iD. th. iv, 6. Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat, Qui, sous son minois hypocrite, Contre toute ta parenté D'unmalin vouloir est porté, id. ib. v, 6. Et quel fâcheux démon, durant des nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les gouttières? boil. Sat. vi. La pédante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse, Cella qui de son chat fait son seul entretien, id. Sat. x. H II a joué avec les chats, se dit d'un homme qui a deségratignuresau visage. || Il est propre comme une écuelle à chat, se dit d'un homme malpropre. || Dès que les chats seront chaussés, c'est-à-dire de bon matin. || Familièrement.Aller comme unchatmaigre, courir vite et beaucoup. Lors dispos du talonje vais comme un chat maigre, Régnier, Sat. xi. j j Fig. Jeter le chat aux jambes à quelqu'un ou de quelqu'un, lui susciter des embarras. Les calvinistes sont bien aises de jeter le chat aux jambes des papistes, volt. Lett. vers et prose, 4 76. || Fig. Emporter le chat, sortir d'une maison sans dire adieu à personne ; et aussi déménager complètement, le chat étant, de tous les animaux domestiques, le plus fidèle au logis. || Fig. Cette fille a laissé aller le chat au fromage , elle s'est laissé abuser. Je ne le nourris [un chat] que de fromages at de biscuits; peut-être, madame, qu'il n'était pas si bien traité chez vous; car je pense que les dames de"" ne laissent pas aller le chat aux fromages et que l'austérité du couvent ne permet pas qu'on leur fasse si bonne chère, voit. Lett. 4 63, à une abbesse qui lui avait fait présent d'un chat. || Bailler le chat par les pattes, présenter une chose par l'endroit le plus difficile. Il lfn'yapaslàdequoi fouetter un chat, la faute n'a rien de grave, c'est une bagatelle. || Se servir de la patte du chat pour tirer les marrons du feu, faire courir à un autre le risque d'uue entreprise, d'une affaire dont on retirera seul le profit. Il Vendre chat en poche, ne point faire voir ce qu'on vend. H Acheter chat en poche, conclure une affaira sans examen. Vous ètes-vous mis en tète que Léonard de Pourceaugnac soit un homme à acheter chat en poche? mol. Pourc. 11, 7. On dit dans le même sens : acheter le chat pour le lièvre. || Appeler un chat un chat, appeler les choses par leur nom. J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon, boil. Sat. i. Il II le guette comme le chat fait les souris, se dit d'un homme qui en épie un autre. Il Ecrire comme un chat, écrire d'une façon illisible. Il II a passé là-dessus comme chat sur braise, se dit d'un homme qui coule rapidement sur quelque fait délicat à rappeler, à mentionner, à raconter. || Ces gens s'accordent, vivent comme chien et chat, c'est-à-dire ils ne peuvent se souffrir, ils sont toujours en querelle. || Elle est friande comme une chatte, ou, simplement, c'est une chatte, se dit d'une femme très-friande. || Elle est amoureuse comme une chatte, se dit d'une femme d'une complexion amoureuse. || Dans le langage familier, chatte s'emploie adjectivement quelquefois. Des manières chattes, des manières semblables à celles d'une chatte qui caresse, qui joue. || Musique de chat, musique aigre et dissonante. || Il n'y a pas un chat, il n'y a absolument personne. 11 n'y a pas moyen que quelqu'un trouve un chat à l'hôtel de Clermont, volt. Lett. vers et prose, M. Mon dévot se croirait un sacrilège s'il laissait un enfant et un chat en vie dans le territoire de Mercure, id. Dial. xxix, t. Il Je ne connais pas un chat dans cette ville, je n'y ^ connais personne. || Fig. Avoir un chat dans la gorge, éprouver dansle gosier un embarras soudain qui gène la voix. H C'est le chatl manière populaire de répondre à une excuse personnelle à laquelle on ne croit pas. Votre fromage, ce n'est pas moi qui l'ai
CHA
maugé. — Non, c'est le chat. Le verre, ce n'est pas moi qui l'ai cassé. — Non, c'est le chat. || Mon chat, ma chatte, termes d'amitié très-familiers qui se disent à un petit garçon, à une jeune fille ou femme. || 2' Par plaisanterie, chat fourré, nom donné à certains dignitaires qui portent des fourrures dans leurs habits de cérémonie, aux docteurs, aux magistrats. Si les chats fourrés de la Sorbonne étaient assez fous pour lâcher un décret, volt. Lett. Damilaville, 4 l nov. 4767. || Terme de blason. Chat effarouché, celui qui est rampant. Chat hérissonné, celui qui lève le train de derrière plus haut que la tête. || 3" Terme de chasse. Chat haret, chat sauvage, et aussi chat domestique qui se retire dans les bois et garennes, et y vit de gibier. || 4-Terme d'histoire naturelle. Tout animal du même genre que le chat. Le lion, le tigre et le lynx sont des chats. || Chatcervier. Le chat-cervier proprement dit habite le Nord de l'Asie, et il ne faut le confondre ni avec le chat canadien, dit lynx du Canada, ni avec le chat roux, appelé chat-cervier des fourreurs. || Chat à crinière, guépard. || Chat musqué, civette. || 5° Chat de mer, nom vulgaire de l'aphysie et de quelques coquilles hérissées d'épines. || Un des noms vulgaires de la chimère monstrueuse, poisson chondroptérygien, qui est la chimère arctique de certains auteurs. || Chat marin, nom vulgaire d'une espèce de phoque et de trois poissons. || 6° S. m. plur. Folles fleurs des noyers, des coudriers, des saules. || 7° Jeu d'enfants dans lequel l'un des enfants court après les autres ; et celui qui est pris le remplace. || Chat coupé, le même jeu, avec cette condition que, si un troisième camarade passe entre le poursuivant et le poursuivi, c'est lui qui doit être poursuivi à son tour. || 8° Terme de pêche. Petit grappin pour retirer la lesture échappée au fond de la mer. || 9° Instrument à branches de fer élastiques dont on se sert pour visiter l'âme d'une pièce de canon. || Chat à neuf queues, nom du fouet dont on se sert, dans l'armée anglaise, pourpunir les soldats. || 10° Matière étrangère et dure qu'on trouve dans l'ardoise. ||li"Chevaletde couvreur. || Terme de charpentier. Pièce de cuivre ou de fer percée d'un trou par où passe la corde de l'aplomb. || 12° Chat-brûlé, nom d'une poire fort pierreuse, qui a la forme du martin sec et qui ne mûrit qu'à la fin de l'automne. || Proverbes. Chat échaudé craint l'eau froide, c'est-à-dire tout ce qui ressemble à ce qui nous a fait du mal nous effraye et nous met sur nos gardes. On dit dans le même sens : chat échaudé ne revient pas en cuisine. || On ne peut prendre de tels chats sans mitaines, c'est-à-dire l'affaire est difficile, épineuse. || La nuit tous les chats ou tous chats sont gris, c'est-à-dire on peut se méprendre dans l'obscurité, et aussi, dans l'obscurité, la beauté, la jeunesse ne comptent plus. Hé, monsieur le difficile, ne sais-tu pas bien que la nuit tous les chats sont gris? scarr Rom. Com.i, 43. Veux-tu, ma Rosinette, Faire emplette Du roi des maris? Je ne suis point Tircis; Mais la nuit, dans l'ombre, Je vaux encor mon prix; Et quand il fait sombre, Tous les chats sont gris, beaumarch. le Barbier, m, 5. || Payer en chats et en rats, c'est-à-dire payer en bagatelles, en toutes sortes d'effets de mince valeur. || X bon chat bon rat, c'est-à-dire la défense vaut l'attaque. Maudit soit le premier qui nous ensorcela ! Mais à bon chat bon rat, et ce n'est pas merveille Si les femmes souvent leur rendent la pareille, regnard, le Distr. i, 2. || Le mou est pour le chat, se dit de ce qui revient naturellement à une personne, le mou servant de nourriture aux chats. || Il entend bien chat sans qu'on dise minon, se dit d'un homme habile et qui entend à demi-mot. || À mauvais rat faut mauvais chat, c'est-à-dire on ne peut se dispenser d'être méchant aux méchants. || T'as été au trepassement d'un chat, t'as la vue trouble, [dit un paysan, dans] mol. Don Juan, n, 4. || Quand les chats n'y sont pas, les souris dansent, c'est-àdire en l'absence des chefs, des maîtres, les inférieurs, les écoliers se dérangent. || Il ne faut pas éveiller le chat qui dort, n'éveillez pas le chat qui dort, ne provoquez pas un danger, une difficulté que vous pouvez éviter, n'appelez pas l'attention, la colère d'un homme qui ne songe pas à vous. || Réveiller le chat qui dort, réveiller une mauvaise affaire assoupie. || C'est le nid d'une souris dans l'oreille d'un chat, se dit d'une chose impossible. || On ne saurait retenir le chat quand il a goûté de la crème, c'est-à-dire on ne résiste pas aux habitudes déjà prises, aux tentations déjà goûtées. || Il est comme le chat qui retombe toujours sur ses pieds, se dit d'un homme adroit qui sait toujours se tirer d'affaire.
— ItlST. xiii' s. Rien soit chaz cui barbe; il loiche
CHA
[lèche], marie, Fabl. 20. Li fiz au chat doit prendre la souriz, Agolant , p. 470, dans du canoë, Gloss. français. Ochaison a qui son chat bat, Hitt. litt. t. xxni , p. 672. Uns pliçons gris vaut mielz que deus de chas, Bibl. des chartes, ♦• série, t. v, p. 328. chaz eschaudez iaue crient , leroux de linct, Prov. t. i, p. 466. Là où kas n'est, li souris se révèle [prend ses ébats], id. t'6. t. il, p. 487. De castiier cat qui est vieus Ne puet nus hom venir à cief [à bout], id. ib. Dontfisi Hues d'Aire faire un chat [machine de guerre] , et le fist bien cuirier et acesmer, H. de valenc. xxxiv. Piaus de chaz privez que l'en appelé chat de feu ou de fouier, Liv des met. 326. Si cum li chas set par nature La science de surgeûre, Nonques n'en fu mis à escole, la Rose, 40004. Femme semble trois choses, louve, goupille et chale, Chaslie-musard. || xv* s. Ils firent quatre grans kas [engins de siège] forts et hauts, froiss. i, i, 262. Prince, on conseille bien souvent, Mais on puet dire com le rat, Du conseil qui sa fin ne prant: Oui pendra la sonnette au chat? e. desch. La souris et le chat. Veuls-tu espouser chat en sac , Et que nuls tes nopces ne vois, m. Poésies mss. f° 663, dans lacdrne. Sans resveiller le chat qui dort, en. d'orléans, Rép. à Fredet. Dont passionné en cuer ne s'en est peu [pu] taire et a osé mettre la campane au chat, pour escrier lésion et foulure en l'innocent, G. chastelain, Expos, s. vérité. L'ung vault l'autre, c'est à mau-chat mau-rat, villon, Bail. Il bouta sa teste dedans le bouhot de la cheminée, où il vit notre bouchère plus simple qu'un chat baigné , loois xi, Nouv. xl. Je crois, dit le mari qui la voit à genoux pleurant et gémissant, qu'elle sait bien faire la chatte mouillée, et qui la voudrait croire elle saurait bien abuser les gens, id. ib. lxi.||xvi" s. On ne prend point de telz chatz sans mitaines, i. marot, v, )7. Mais quoy, c'estoient des ruffiens de Rome, Oui, pour fouyr, couroient comme chatz maisgres, m. v, 40. Elles [les filles qui se marient] acheptent chat en sac, mont, m, 6. Vous n'achetez pas un chat en poche; si vous marchandez un cheval, vous luy ostez ses bardes, vous le voyez nud et à descouvert, id. i, 324. Cette femme a quelque irritation contre moi; pour se venger elle me donne un dangereux chat par les pattes, préparée à accuser ce que je ferai, d'aub. Hist. H, 4(4. L'herbe à chat, paré, xvi, 36. Lécher de langue de chat, génin, Récréât, t. n, p. 242. A bon chat bon rat; il n'appartient qu'au savetier de parler de sa serpette, à l'y vrogne de sa bouteille. ... Lescaquets de l'accouchée, S' journée. Chat emmoufflé [ganté] ne prend souris, leroux de lincy, Prov. 1. 1, p. (55. Chat miolleur ne fut onques bon chasseur, Non plus que sage homme grand caqueteur, m. ib. p.4 56.Chatenoire a souef [doux] poil, id.i'6. X tart se repent le rat, quant par le col le tient le chat, id. ib. Absent le chat, les souris dansent, id. t'6. On ne doibt pas enseigner le chat à soriser [chasser aux souris], id. ib. Si ton chat est larron, ne le chasse de ta maison, id. t'6. Rebelles estes et pervers, Pécheurs vers Dieu, plains de barat, Et pour tant à mau chat mau rat, fabri, Art de rhétorique, livr. n, f" 46, dans lacurne. Avoir un œil à la poisle et l'autre au chat, cotgkave. Le chat a faim quand il ronge du pain, id. Celuy a bon gage du chat, qui en a la peau, id. On recognoit assez que chat veut dire minon, Contes de
CHOLIÈRES, f° 474, dans LACURNE.
— ÉTYM. Wallon, chef; bourguig. chai; picard, ca, co; provenç. cat; catal. gai; espagn. et portug. gato; ital. galto ; du latin calus ou cattus, qui ne se trouve que dans des auteurs relativement récents, Palladius, Isidore, et qui était un mot du vulgaire. Il appartient au celtique et à l'allemand : irl. cat; kymn, kâth; angl. sax. cat; ancien scandin. kôttr; allem. mod. Katxe. D'après Isidore, cattus vient de cattarc, voir, et cet animal est dit ainsi parce qu'il voit, guette: catar, regarder, est dans le provençal et dans l'ancien français chater (lioncisv. p. 97.)Mais on ne sait à quoi se rattachent ni cattus ni catar; la tardive apparition qu'ils font dans le latin portent à croire qu'ils sont d'origine celtico-germanique. Il y a dans l'arabe qiltoun, chat mâle, mais Freitag doute que ce mot appartienne à l'arabe.
CHÂTAIGNE (châ-tè-gn'), s. f. \\ i° Fruit du châtaignier. Pour nous ce sont des châtaignes qui font notre ornement ; j'en avais l'autre jour trois ou quatre paniers autour de moi; j'en fis bouillir; j'en fis rôtir; j'en mis dans ma poche; on en sert dans les plats, on marche dessus; c'est la Bretagne dans son triomphe, sév. octobre (671. || 8° Châtaigne d'eau, la macre. || Châtaigne de cheval, fruit du marronnier d'indo. || Châtaigne de terre, fruit du bunion bulbocastane. || Châtaigne du Brésil, fruit
CHA
du berthoUelia excelsa. || 3° Petite plaque de corne située, chez le cheval, à la partie inférieure et interne de l'avant-bras, et, dans les membres postérieurs, à la partie supérieure et interne du canon. Sur l'âne, la châtaigne se trouve aux avant-bras seulement ; dans le mulet les châtaignes postérieures sont fort petites.
— HIST. xii' s. [Ils] ne prisent vos menaces le pris d'une chastaine, Sax. xxx. || xin* s. Castaignes ou uois, Livre des met. 276. A cui parés vous ces chastaignes? la Rose, 8547. Si qu'il cuit que celé en gré prengne Ce qu'el ne prise une chatengne, t'6. 44642. || xiv s. Il samble que Caufrois ne donne une castaingne De tout nostre pooir.... Baud. de Seb. vu, 184. Li rois ne trova pas qui li parast chastaignes, Girart de Ross. 4 4 674. || xv s. Si chastaignes ont vente, villon, Requête en bail, au duc de Bourbon. || xvi* s. Pétoncles, chastaignes de mer [oursins], palissy, 280. Ils lui disoient que les huguenots vouloient tirer la chastagne du feu avec la patte du lévrier, d'aub. Ilist. n, 426. Après que ceux qui dévoient tirer les chastaignes du feu eurent dit franchement quel il y faisoit, id. t'6. n , 446. Les chastaignes bastardes, appellées bouchasses. Les meilleures chastaignes franches sont les Sardones [de Sardaigne] et Tuscanes [de Toscane], ainsi dittes des païs d'où les races nous en sont venues de-par-deçà. Les sardonnes [de Sardaigne] sont celles qu'on appelle à Lion marrons, cogneuës par toute la France, pour le traffique de tel fruit, o. de serres, 69). Les bources des chastaignos sont leurs premières robes garnies de piquerons, id. 692.
— ÉTYM. Saintonge, chatagne, chaligne; picard, castaine, cataigne; génev. chdtagne; provenç. castanha, castagna; catal. castanya; espagn. castana; portug. castanha; ital. castagna; du latin castanea, de KoHrravov, Kournxva, villes de la Thessalie et du Pont, delà xïotavaïxov xâpuov, noix de Castana ou châtaigne. Nos anciens disaient : Tirer les châtaignes du feu; nous disons les marrons. Ils disaient aussi figurément : Il ne trouve pas qui lui pare les châtaignes, c'est-à-dire on ne lui prépare pas un bon accueil.
CHATAIGNERAIE (châ-tè-gne-rè) , s. f. Lieu planté de châtaigniers. Velléda traversa d'abord une châtaigneraie, chateaub. Uart. 302
— HIST. xvi* s. Pour les chasteneraies ei nojeraies, c'est à dire pour les lieux complantés universellement de chastaniers et de noiers, o. de serres, 64) .
— ÉTYM. Châtaignier.
CHÂTAIGNIER (châ-tè-gnié; \'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie :les châ-tè-gnié-z et....) , s. m. || 1* Arbre qui produit des châtaignes (fagus castanea, L.). || 2° Châtaignier du Brésil (berthoUelia excelsa, Humboldt), grand arbre dont le fruit sphérique, dit en France noix d'Amérique, peut dépasser 4 0 ou 4 2 centimètres, et a des amandes blanches bonnes à manger, ainsi que l'huile qu'on en retire. || 3° Pomme de châtaignier, ou, plus souvent, châtaignier, espèce de pomme rouge, presque entièrement rose à la face postérieure, à chair de blancheur farineuse (d'où lui vient peut-être le nom, par comparaison avec la chair de la châtaigne), et bonne surtout à cuire.
— HIST. xm* s. N'i ot codre [coudrier] ne chastainier, U il ne mettent laz u glu, marie, Laustic. || xvi* s. Sur lui-mesme, non ailleurs, veut estre inséré le chastaignier : non plus reçoit-il aucun autre arbre, tout meslange lui des-agreant, o. de serres, 892. Soubs ung grant et ample chastaignier, rab. Pant. m, 4 7.
— ÉTYM. Châtaigne; provenç. chutagner, chatigner.
CHÂTAIN (châ-tin), adj. qui ne se dit qu'au masculin. Qui est d'un brun de châtaigne. Poil châtain. Cheveux châtains. || Substantivement. Les châtains, les hommes dont les cheveux sont châtains.
— REM. i. Cet adjectif ne prend pas la marque du pluriel quand il est suivi d'un autre adjectifqui le modifie : des cheveux châtain clair, châtain cendré; il peut alors se construire avec un nom féminin : barbe châtain clair. || 2. Le féminin serait utile, et il a été conseillé par plusieurs grammairiens qui veulent qu'on dise : barbe châtaine, chevelure châtaine.
— HIST. rv* s. Chasteins en couleur, christ, de pisan, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Châtaigne.
CHATA1RE (cha-tê-r'), s. f. Plante. Voy. cataire.
f CHAT-BRÛLÉ (cha-bru-lé), s. m. Voy. chat, n" 4 2. || Au plur. Des chats-brûlés.
t CHAT-CERVIER (cha-sèr-vié), s. m. Voy. cnAT, n* 4. || Au plur. Des chats-cerviers.
CHÂTEAU (châ-to), s. m. |jl° Demeure féodal»
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fortifiée qui était défendue par un fossé, de hautes murailles et des tours. || 2' Aujourd'hui forteresse environnée de fossés, de gros murs et de bastions, qui est dans une ville pour la défendre ou pour la commander. || 3° Habitation royale ou seigneuriale. Le château des Tuileries, de Fontainebleau. Le château de Windsor. Cependant Léontine, étant dans le château Reine de nos destins et de notre berceau, corn. Hérael. n, *. || Absolument. Le château, la cour, le roi, l'empereur. Il a été bien reçu au château. || Le gouvernement et son parti ; la cour et ses intrigues. || 4° Habitation d'un domaine seigneurial. || 5* Habitation du maître d'une grande propriété. || Grande et belle maison de plaisance à la campagne avec ou sans propriété. 11 vit dans son château. Quand on sait se préserver du poison mortel de l'ennui, on se trouve bien plus à son aise dans son château que dans le tumulte de Paris, volt. Leit. Florian, 29 nov. 4 764. Les agréables soins d'un seigneur de château, Les plaisirs d'une vie occupée et tranquille, st-lambert, Saisons , hiver. || La vie de château. Mener la vie de château, passer quelque temps à la campagne, dans une maison riche et amie où l'on trouve tous les plaisirs du lieu, la pêche, la chasse, bonne table, etc. || 6° Poétiquement. Château ailé, navire. L'appareil inouï pour ces mortels nouveaux De ces châteaux ailés qui volent sur les eaux, volt. Alx. i, *. || T Château en Espagne, projet en l'air, rêves chimériques. Son château en Espagne c'est de se faire porter dans les maisons, sév. 40. Hélas! notre château en Espagne serait de vous y voir, m. S4i. || Bâtir, faire des châteaux en Espagne, se repaître de chimères. On fait des châteaux en Espagne, tantôt gais, tantôt tristes, sév. 682. Je fais des châteaux en Espagne, Régnier, Épit. m. Elles seraient bien rigoureuses, si elles voulaient m'ôter la liberté des souhaits et m'empêcherde faire des châteaux en Espagne, puisque c'est le seul contentement que j'y aie [en Espagne, où il était alors], voit. Lett. 37. Quel esprit ne bat la campagne? Qui ne fait châteaux en Espagne? la font. Fabl. vu, to. || 8° Château de cartes, sorte de construction à plusieurs étages que font les enfants avec des cartes. Et passait des jours entiers A faire des châteaux de cartes, scarron, Virg. trav. liv. vi. || Fig. Château decarte ou de carton, petite maison de campagne d'une construction peu solide. Il Jeu d'enfants. Voyez châtelet. || 9" Château d'eau, grand réservoir d'où l'eau se distribue immédiatement aux fontaines. || Réservoir d'eau placé dans les gares et ateliers des chemins de fer pour alimenter la chaudière des locomotives. || 10° Terme de marine ancienne. Espèce de logement qui était élevé sur la poupe ou sur la proue d'un vaisseau. Château d'arrière, de proue, d'avant. Les officiers étaient sur le château de poupe avec les passagers, chateaub. Génie, i, v, 42. || 11° Terme de blason. Château fondu, celui qui est représenté en sa partie d'en haut seulement, celle d'en bas semblant coupée. || Proverbe. Ville prise, château rendu, c'est-à-dire on ne peut guère tenir dans le château quand la ville est prise, et aussi, quand le principal est obtenu, les accessoires ne peuvent guère manquer de suivre.
— HIST. xi" s. [Il] prent i chastels et alquantes citez, Ch. de ttol. clxxxv. ||xii" s. Il n'i a cel n'ait chastel ou donjon, llmic. p. (80. Si [la reine Blanche] fait fermer [fortifier] chastiaus, pour mieux valoir; De tant sont ja par lui [elle] creu si hoir, hues de la perte, Romancero, p. 483. Il fait creuser souz terre à pic et à martel A ses engigneors [ingénieurs], dont ot pris maint chastel, Sax. îx. Allemagne [ils] ont destruite et tous les chastiax frais [brisés], ib. xv. || xm" s. Une tor [tour] a ens el castel De marbre poli tôt novel ; Li casteaus est fais à compas, Parlonop. v. 943. Maint chastel abatu, mainte vile essilie [ruinée], Berte, n. Un très riche chaste! qui siet très noblement [entre deux rivières], ib. ix. Lors feras chastiaus en Espaigne, Et auras joie de noient, Tant cum tu iras foloiant En la pensée delitable, Où il n'a fors mençonge et fable, la Rose, 2452. Vous savez que le roi de France guerroie au roy d'Engleterre et savez que le chastiau qui est plus en la marche de eulz deux , c'est la Rochelle en Poitou, joinv. 4 97. Quant je oy ce, je me levai de mon lit où je gisoie, et alai ou chastel avec les mariniers, m. 283. || xv's. Tout à part moy, en mon penser m'enclos, Et fais chasteaulx en Espaigne et en France; Oultre les monts, forge mainte ordonnance; Chascun jour, j'ay plus de mille propos, ch. d'orl. Rond. Et assiégea ung petit chastel où il y avoit des gens de guerre, comm. i, 2. Et me fist on mon foing ronger Tout à par moi, à ceste enseigne,
Que je commençai â songer Que faisoys chasteaulx en Espagne, cooiillaut, Monologue de la boite de foin. Et le songer fait chasteaux en Asie; Le grand désir la chair rassasie, pierre grinooire, Menus propos, dans le roux de lincy, Prou, t. H, p. 487. Bon cbasteau garde qui sait son corps garder, rp. ib. Je vays, je viens, le trot et puis le pas, Je dis ung mot, puis après je le nye, Et si bastissans reigle ne compas Tout fin seullet les chasteaux d'Albanye, le Verger d'honneur, f E. m, dans Ducatiana.l. n, p. 479. || xvi" s. Car chastellain n'est point du chasteau sire, S'il n'a les clefs de derrière et devant, i. marot, v, 46. Cbasteau pris n'est plus secourable, le rocx de lincy, Prov. t. n, p. 487. Chasteau abbatu demy relaict, in. ib.
— ÊTYM. Picard, cati'(i«,cafi>M,<;atc/ie«;bourguig. chailéa; provenç. castelh ; catal. caslell; espagn. castilto; ital. caslello; du latin caslellum, diminutif de castrum, lieu fortifié. En vieux français, lenominatif est li chastels ou chastaus; le régime est le chastel; le nominatif pluriel li chastel, le régime pluriel les chastaus. La locution faire des châteaux en Espagne se trouve dès le xin* siècle; on ignore quelle occasion y a donné naissance. A l'a vérité on lit dans le Mercure français, t. iv, p. 69 (1616) : Dans l'ancien domaine d'Espagne, l'Espagnol n'y permet aucun fort, d'où est venu le proverbe faire des châteaux en Espagne, pour signifier faire chose inutile. Ce qui ajoute à l'incertitude de cette explication, si incertaine en elle-même, c'est qu'on a dit aussi château en Asie, château en Albanie; de sorte que, au fond, cela veut dire faire des châteaux en pays étrangers, là où l'on n'est pas, c'est-à-dire se repaître de chimères; le nom de l'Espagne a fini par prévaloir, sans doute parce qu'il était trèsconnu par les récits de Roland.
f CHATEAUB» IANT (cha-tô-bri-an) , s. m. Terme de cuisine. Morceau de filet de bœuf coupé épais et grillé, servi sur une sauce brune, et garni do pommes de terre frites, de champignons ou de truffes.
CHÂTELAIN, AINE (châ-te-lin,lè-n'), s. m. el f. || 1° Terme de féodalité. Seigneur d'un manoir, qui avait droit de juridiction sur ses vassaux. Le roturier qui dit par habitude qu'il tire son origine de quelque ancien baron ou de quelque châtelain, la bruy. xiv. || 2° Celui qui commandait dans un château. || 3° S. f. Châtelaine, la femme d'un châtelain; la maîtresse d'un château. || 4° Adj. Seigneur châtelain, dame châtelaine. Autrefois les seigneurs châtelains de Picardie n'allaient guère voir les seigneurs châtelains du pays des Allobroges; mais à présent que la société est perfectionnée.... voltaire, Lett. Florian, 29 nov. 1764. Au bout de huit jours je vis revenir mon homme qui m'apprit que le prince avait, non sans peine, obtenu du roi ma liberté; ce qui me fut confirmé le même jour par le seigneur châtelain, qui vint me dire : vous êtes libre, le sage, Gil Blas, IX, 9. Qu'il avait de bon vin, Le seigneur châtelain, scribe, Comte Ory, il, 6. j| Juge châtelain, ou, simplement, châtelain, le juge pour un seigneur châtelain. || Chaîne châtelaine, et aussi, substantivement, châtelaine, chaîne à laquelle sont suspendus des instruments de couture, des clefs, etc. et que les dames portent à leur ceinture. || 5° Châtelaine, bijou qu'une femme porte suspendue à sa ceinture par un crochet. || Bande d'étoffe de soie ou de laine que les femmes portent autour du cou pour se préserver du froid.
— HIST. xu' s. Aussi com en la mer est puissanz la balaine, Sur touz autres poissons est dame et chastelaine, Sax. xxx. || xm* s. De celle estoire [flotte] fu chevetains Jehans de Neele, chastelains de Bruges, villeh. xxx. Et por Diu, gardés vous que chascuns vaille un castelain au besoing, H. de valenc. vin. Li chastelains de Coucy aima tant Qu'onc por amour nuls n'en ot douleur graindre [plus grande] , anonyme, dans Couci. Et aporterent un escript qui avoit esté fait par l'accord des deux parties, par devant le chastelain du Louvre, Livre des met. 397. Vos ne troverez.... Conte, prince ne chasteleine Qui vos forface un fil de leine, Ren. 10843. Il n'est dame ne chastelaine Que ge ne tenisse à vilaine, S'ele nel' daingnoit aesier D'avoir ung savoreux besier, la Rose, 3465. Duc est la première dignité, et puis contes, et puis viscontes, et puis barons, et puis chastelains, et puis vavassor, et puis citaen, et puis vilain, Liv. de just. 67. Ha! très douce créature, Plus gente ke chastelaine, Ils. de poésies fr. t. ni, p. 4202, dans lacurne. Li chiés [la tête] vint à terre et les mains, Et li bons chevax chastelains S'en est alez fuiant ariere, Et cil remaint en la poudrière, Blanchandin, m*. f" (81, dans lacurne. || xv's. Il envoya jusqu'au
I chastel de Calais doux de ses escuyers, pour aller au chastelain, et savoir s'il estoit heure, froiss. i, i, 327. Sur ces pilliers fut ceste tour estable Par très longtemps; or la voi eslochier; Pourquoi? pource que j'ay voit clochier Le chastelain, E. desch. Poésies mss. f* 287 , dans lacurne.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. castellan; catal castelld; portug. costelldo; ital. castellano ; de castellanus , île castcUum, château.
CHÂTELE, ÊE (châ-te-lé, lée), adj. Terme de blason. Lambel châtelé, lambel chargé de châteaux.
— ÊTYM. Château, par l'intermédiaire de chastel; provenç. castellat.
CHÂTELET (châ-te-lè), *. m. ||1« Anciennement, petit château. || 2° A Paris, le grand et le petit Châtelet : le grand où l'on rendait la justice; le petit où l'on tenait les prisonniers. || 3* La juridiction qui avait son siège au grand Châtelet et où l'on jugeait en première instance les affaires civiles et criminelles. Conseiller au Châtelet. Le Breton a été obligé de faire assigner ses accusateurs au Cbâtelet, volt. lett. Souverains, S'. || 4" Châtelet se disait aussi des juridictions d'Orléans, de Montpellier et de quelques autres villes. || 5° Partie du métier du rubanier qui soutient les hautes lisses. || 6° Jeu auquel les enfants jouent en assemblant des noix ou des marrons en pyramide, et qui se nomme aussi le château.
— HIST. xm" s. En un vies [vieux] castelet s'alerent embuschier, Cit. d'Ant. iv, 263. || xiv" s. Chastellet et guette du dit chastelet cornant, c'est à dira jusqu'à l'heure où celuy qui faisoit sentinelle dans le chastelet sonnoit de la trompette, Ordonn. des mis de France, t. ni, p. 147. ||xv s. Entour [le] chastelet vendoit on sel, fruit et herbes et aussi y faisoit on, tout l'an, chappeaux de diverses (leurs et verdeurs, de laborde, Émaux, p. 207.
— ÊTYM. Diminutif dec/idfeiiu, par l'intermédiaire de chastel ; provenç. castelet ; catal. castellet; espagn. cauillele; ital. tattolletto.
CHÂTELLENIE (châ-tè-le-nie), s. f. || 1* Seigneurie et juridiction d'un seigneur châtelain. C'est pour cela que je viens me renfermer dans ma châtellenie, bayabd et dumanoir, la Marquise de Prétintaille, se. 9. ||2° L'étendue d'une châtellenie.
— HIST. xv* s. Aussi seront delez nous ceux de Courtray, car c'est en nostre chastellenie . froiss. ii, il, 66. Le duc voulut faire desemparer Mondidier; mais, pour l'affection qu'il veit que ce peuple de ces chastellenies luy portoit, il la fit reparer.... comm. m, 10. (Dans les siècles précédents on disait chastelerie.)
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. castellania ; de castellanus, châtelain.
f CHAT-UUANË, ÉE (cha-u-a-né, née), adj. Oiseau chat-huané, oiseau de proie ayant le pennaga d'un chat-huant.
CHAT-HUANT (cha-u-an, au pluriel comme au singulier; du temps de Palsgrave, p. 49, au xvi* siècle, on aspirait l'h ; l'Académie dit encore qu'on l'aspire; mais la prononciation la plus ordinaire ne tient pas compte de cette h), s. m. Sorte de hibou.... Hier soir sur la brune Un chat-huant s'en vint votre fils emporter, la font. Fabl. ix, l. Une souris tomba du bec d'un chat-huant, id. ib. rx, 7. || Au plur. Des chats-huants.
— HIST. xm" s. Mes moult i brait et se démente Li chahuan o sa grant hure, la Rose, 6999. || xv's. Les arondes y font leur nis Et li caïman soir et main, E. desch. Bail, sur son bailliage de Senlis. \\ xvi's. Des chats-huants et chauves souris, d'aub. Hist. i, 363. Il ressemble au hibou ou chat huant.... paré, Mumie et Licorne, dèd. Si nous oyons crier de nuict quelque chouan, Nous hérissons d'effroi, rons. 815. J'ay englué vingt vergettes ce matyn; si je eusse ung chathuant, nul petit oyselet ne me escnperoit, palsgr. p. 612. X midy estoile ne luit, calmant ne sort de son nid, génin, Recréât, t. Il, p. 234.
— ETYM. Berry, chavanl, chaven, cliavin, chavon; chavoche, femelle du chat-huant; patois messin, chè-heusant; picard, caouein; picard, cahouant; Saintonge, chavanl; bas- lat. eavannus. Bien que chat-huant puisse avoir un sens et signifier le chat qui hue; bien que le huant se trouve dans d sa textes anciens avec le sens de chat-huant (les leus oy uller, et li huans hua, Berte, p. 4t), néanmoins on ne peut résister à l'ensemble de toutes les foimes de nos patois qui témoignent d'un mot chavan, chouan, qui fut altéré, par la prononciation, eu un semblant de sens, le chat qui hue, et dont le radical cho ou eau se trouve dans chouette et dans choucas (voy. ces mots).
57fi
CHA
CITA
CHA
j CIlATIABLE (châ-li-a-bl'), ad). Qui mérite d'être châtié; qui peut être cliâtié.
— ÊTYM. Castigabilis , de castigare, châtier. ZHÀTIÉ, ÉE (châ-ti-é, ée),' part, passé. || 1° Puni.
Les nations châtiées par la colère céleste. Cet enfant châtié par son père. || 2° Rendu correct. Son style était plus suivi et plus châtié, boss. Var. 9. || Style châtié, celui qui est très-pur et très-correct.
CHATIER (châ-ti-é), v. a. || 1° Infliger une correction. Les enfants connaissent si c'est â tort ou avec raison qu'on les châtie, et ne se gâtent pas moins par des peines mal ordonnées que par l'impunité , la bruy. xi. [Ils] Adorent dans leurs fers le Dieu qui les châtie, rac. Eslh. m, i. || Terme de manège. Châtier un cheval, lui donner de la cravache ou de l'éperon. || 2° Mortifier. Les plus grands saints qui châtient leur cor|>s, mass. Car. F. légères. Son corps qu'elle avait toujours châtié, crucifié, id. ib. Mort. || 3° Par extension, condamner, blâmer. Châtier en autrui ce qu'on souffre chez soi, corn. I'oly. m, &. On devrait châtier sans pitié Ce commerce honteux de semblant d'amitié, mol. Mis. i, t. || 4° Rendre plus pur et plus correct, en parlant des ouvrages d'esprit. Châtier son style. || 5" Se châtier, v. réfl. S'infliger à soi-même une punition. Il se châtiait lui-même en croyant châtier autrui. || Proverbe. Oui bien aime bien châtie, et aussi, qui aime bien châtie bien, c'est-à-dire on a une affection éclairée pour celui que l'on reprend, que l'on avertit de ses fautes.
— SYN. châtier, punir. Les juges punissent le coupable, afin qu'il satisfasse par sa punition à la justice et qu'il serve d'exemple. Les pères châtient l'enfant, afin qu'il se corrige et devienne meilleur. Dans punir, il n'y a que l'idée de l'expiation de la faute commise; dans châtier, il y a de plus l'idée de l'amélioration de celui qui est châtié.
— HIST. xi* s. Vint tresqu'à els [eux], si's [si les] prist à castier, Ch. de Roi. cxxx. || xii* s. Vus ne i devez pas tut son voil conseillier, Ainz le devez suvent reprendre e chastier, Th. le mart. 28. Tierce feiz i fu pris; pas ne s'en castiheit, ib. Si. Reis, suef se chastie qui d'autrui se chastie, ib. 76. || xiii* s. Il la [sa fille] fait enserrer en la tour et remaindre, Ainsi la cuide bienchastoieret destraindre, audefr. le ba st. Ro mancero, p. 15. liele Yolans, je vous chastoi; Ma fille estes, faire [je] le doi, ib. p. 5J. Si lor comanda qu'il castiascent lor enfants, Chr. de Rains, 226. Mais ice ne ferai-ge mie, Ge qui por ton preu te chastoi, la Rose, 7033. plus en sai que vous ne savés, Oui ainsinc chastie m'avés, ib. 6628. Sunt en terre establi H juge.... Por ceus pugnir et chastoier Qui por ceste amor renoier Murdri^sent les gens et affolent, ib. 6487. Moult a beneùrée vie Cil qui par autrui se chastie, ib. 8042. ....Si que par le bannissement il se castient de lor meffet, beaum. xxiv, 16 Que chascun seignor deit estre curious et ententif de faire justice de murtrier, por chastier les autres qu'il ne le soient, Ass. de J. IS5. Nus ne puet tormenter son serf sanz cause; mes il le puet bien chasteier atempréement, Liv. de just. 77. Tout se furent assis sor l'erbe qui verdie; L'apostoles se dresce en pies, si les chastie [exhorte], Ch. d'Anl. i, 802. || xiv* s. Il convient punir , chastier et corriger celui qui appete choses laides, oresme, Eth. 99. || xvi* s. Il s'en chastoia en eage virille, pr. de bonnivard, Bibl. des ch. î* série, t. n, p. 3»4. Il estoit incontinent admonesté par les autres evesques voisins: s'il ne se chastioit, il estoit déposé, calv. Inslil. 802. Chastie les : car ils sont en ta subjection, id. ib. 90t. Pensant que, quand il entendrait cela, il se chastieroit de l'aimer tant, marg. Nouv. i. Si, après avoir parlé à lui, il ne se chastie, je le chastierai si bien, que les autres y prendront exemple, id. ib. lui. On chastie aux enfants des erreurs innocentes, mont, i, 37. Vous serez chastiez: les enfans et les fous, S'ils ne sont chastiez, jamais ne se corrigent, Sat. Mènip. p. 2(2. Belle doctrine prend en luy, qui se chastie par autruy, cénin, Récréât, t. u, p. 235.
— ÊTYM. Provenç. castiar , chasliar ; espagn. casligar ; ital. castigare; du latin castigare, de castus, chaste (voy. chaste), et un suffixe igare. Chastier et chastoyer, qui n'est plus usité, sont dans le même rapport que charrier et charroyer.
CHATIÈRE (cha-tiè-r'), s. f. \\ 1" Trou pratiqué à une porte pour le passage des chats. || Par extension, une ouverture quelconque. M. le prince, en arrière du service, regardait par la chatière et s'applaudissait de sa malice noir», gT-siM. "6, 227. || Fig. Voie dérobée. Pelletier, soutenu du crédit de son père, était introduit [pour être premier pré-
sident] par la chatière de la main de Saint-Sulpice, m. 173, 60. || 2° Pertuis qu'on ménage pour donner issue aux eaux d'un bassin. || 3° Piège pour prendre les chats.
— HIST. xiii" s. Et por tous ces ostex [hôtels, logis] se boutent, Ne clés ne barres ne redoutent, Ains s'en entrent par les fendaces, Par chatières et par crevaces, la Rose, 18636.
— ÊTYM. Chat; picard, catière, gouttière.
t CHÂTIECR (châ-ti-eur) , s. m. Celui qui châtie. Cette déplorable façon de gouverner jeta enfin dans le dernier désespoir ce maître de la paix et de la guerre, ce distributeur de couronnes, ce châtieur des nations [Louis XIV], st-sim. 408, H 2.
— HIST. xiii* s. Et en tel cas et en sanblavles est-il bien mestiers que li maris soit castieres de sa feme resnablement, beaum. lvii, 6.
— ÊTYM. Provenç. castiaire, castigador ; espagn. et portug. castigador; du latin cas(ioa(orem,de castigare, châtier. Dans le vieux français et le provençal, chastiere, castiaire est le nominatif , répondant a castigdtor ; chastieor, castigador est le régime, répondant à castigatôrem.
fCHATILLON (cha-ti-llon , U mouillées), s. m. Nom vulgaire du lamprillon.
CHÂTIMENT (châ-ti-man) , s. m. Peine qui a pour but la correction de celui à qui on l'inflige , et aussi , par extension, une punition en général. Infliger un châtiment. Il a reçu le châtiment de sa faute. S'humilier sous le châtiment. Faites son châtiment de sa
confusion, corn. Cinna, iv, 4 pour châtiment
de sa témérité II luifaudrait du front tirer le diadème, id. Nicom. v, 7 et si tu ne veux qu'un châtiment soudain T'ajoute aux scélérats qu'a punis cette main.... rac. Phèd. iv, 2. Vous voulez qu'un roi meure, et pour son châtiment Vous ne donnez qu'un jour, qu'une heure, qu'un moment, id. Andr. iv, 3. L'âme sait que le châtiment répare l'ordre du monde blessé par l'injustice, boss. Connaiss. v, 6. Vous y pouvez encore joindre une autre suite; c'est la suite visible d'un continuel châtiment sur les Juifs, qui n'ont pas reçu le Christ promis à leur père, id. Hist. il, (3. Prendre châtiment des rebelles, d'ablancourt, Arrien, liv. vin, dans richelet. Le partage des hommes comme des bêtes y est [ dans les états despotiques] l'instinct, l'obéissance, le châtiment, montesq. Espr. ni, 40. || Punition infligée aux animaux à la suite d'une désobéissance ou de manifestations dangereuses.
— REM. L'Académie écrit remerctment ou remerciement; pourquoi n'écrit-elle pas châtiment ou châtiement Pou réciproquement, pourquoi pas remerciment ? Ces anomalies compliquent inutilement l'orthographe.
— HIST. xii* s. Il aporterent briefs, tel de castiement De ço que li prélat errouent malement, Tel de suspensiun.... Th. le mart. 66. Oez de vostre père sun bon chastiement, E de vostre arcevesque sun amonestement, ib. 80. Droiz est ke la sainte pense [pensée] rapresset par spiritueil chastiement tôt ce ke ele sent charneilment elleveir en soi, Job, 462. || xiii* s. Quant j'oï ce chastiement, Je repondiiréement, la Rose. 3083. || xv« s. Ore prangne chascun ci chastiment; Saiges n'est pas qui en tel service entra, e. desch. Femme et en). || xvi* s. Je visiteray avec verges leurs iniquitez, et leurs péchez avec chastiement, calv. lnslit. 833. Les derniers chastiements sont employez par la justice plus pour l'exemple que pour l'interest de ceux qui les souffrent, mont. Lettre ix.
— ÊTYM. Provenç. chastiament ; anc. catal. castigament ; espagn. castimento; de casligamenlum, de castigare, châtier. Dans l'ancienne langue, chastiement était de quatre syllabes; on le trouve de trois dès le xvc siècle. A côté de chastiement, l'ancienne langue avait fait chastoi, qui signifiait correction, remontrance.
f CHATOIEMENT (cha-toi-man), s. m. Voy. chatoyement.
i. CHATON (cha-ton), s. m. || 1" Tête d'une bagne, c'est-à-dire partie qui renferme la pierre précieuse. || 2° Pierres enchâssées. Elle avait au doigt une belle rangée de chatons.
— HIST. xiii* s. J'ai en ma main un tel anel ; Deux pieres a ens el caston, Lai de Melion. || xiv* s. Les entrechamps de grosses pelles [perles] fines et de chastons enchastonnez en fin or, du cange, chaslo. Pour cinquante que rubis, que esmeraudes petites, pour mettre en cinquante chastons d'or; lesquielx chastons furent baillés audit Nicholas Waquier pour mettre en sollers de hroudeure qu'il fit pour le roy à la feste de l'Estoile, laborde, Émaux, p. 209. Il xv* s. Balais yssus de douze chastons d'or, id. ib.
Il xvi" s. Trois petits ébattons d'or à queue, où sont deux tables de dyamant triangles, et au troisième est une rosette de dyamant, id. ib.
— ÊTYM. Berry, chaton, coffret ou tiroir établi dans un coffre sur des liteaux intérieurs. Diez le tire de cassa, caisse, italien cassetla, cassettone, et par contraction castone, comme le parmesan castéina de cassetiina ; maison ne voit pas comment une contraction, telle que casseton changé en caston, aurait pu se faire dans la langue d'oïl. Il faut y admettre le même radical que dans l'allemand Kasten, coffre, anglais chest, suédois kista, qui peutêtre tire son origine du latin cista, grec xiarq. Voyez aussi le bas-latin casticia, enclos, castulum, coffre.
2. CHATON (cha-ton), s. m. Petit chat. Le cardinal de Richelieu ajouta encore une pistole pour les chatons, L. feugère, Mlle de Cournay, p. 163, d'après tallemant.
— HIST. xiii* s. Qui prendroit, biau filz, ung chaton Qui onques rate ne raton Veû n'auroit ; puis fust noris Sans ja veoir rat ne soris.... Et puis veist soris venir; N'est riens qui le peilst tenir, la Rose, t424i. Ce sache cil qu'à court ira, Et teiz sa droiture i achate Qui n'en porte chaton ne chate, ruteb. ii,74. U xvi* s. Prenez petits chiens ou chatons nouvellement nés, ou pigeonneaux, paré, v, 2».
— ÊTYM. Diminutif de chat; provenç. eato; catal. gatô.
3. CHATON (cha-ton), s. m. Terme de botanique Epi long et flexible, ressemblant un peu à une queue, dont les fleurs sont incomplètes, c'est-à-dire qu'elles ne possèdent pas à la fois étamines et pistil (noyer, coudrier, saule, mûrier), et qui, articulé à sa base se détache en entier après la floraison.
— HIST. xvi* s. N'estant tant à craindre le degast des chatons du couldrier par les froidures, 0. de serres, 680. Le noier ne fleurit aucunement, comme la plupart des autres, seulement jette il des chatons pour avant-coureurs des nois prochaines, ainsi que font les coudriers et chesnes, id. 695.
— ÊTYM. Chaton 2 , par comparaison avec la fourrure du chat. Roulin cite le gaél. caiste, frisé.
f CHATONNEMENT (cha-to-ne-man), s m.
Il 1° Action de loger dans un chaton. || 2° Terme d'obstétrique. Chatonnement ou enkystement du placenta, rétention du placenta dans une espèce de poche formée par la contraction irrégulière de» fibres de la matrice après la sortie du fœtus.
— ÊTYM. Chatonner 1.
f i. CHATONNER (cha-to-né), v. a. Encastrer dans un chaton.
— ÊTYM. Chaton*.
f 2. CHATONNER (cha-to-né) , e. n. Faire de petits chats. Il y a encore ma mie Piaillon, ajouta Bois-Robert ; c'est sa chatte. — Je lui donne vingt livres de pension, répondit l'éminentissime. — Mais, monseigneur, elle a chatonné, dit Bois-Robert , L. feugère, Mlle de Cournay, d'après tallemant.
— HIST. xm* s. [L'amour] .... tôt le meillor cler du monde [Aristote] Fait comme roncin enseller Et puis à quatre piez aller Tôt chatonant [faisant le gentil comme un jeune chat] par desor l'erbe, Alexandre et Aristote, ms. f" 73, dans lacurne.
—ÊTYM. Chaton 2; Berry et Saintonge, chatouner.
f CHATOUILLANT, ANTE (cha-tou-llan , Uan-t', «mouillées, et non cha-tou-yan) , adj. Qui plaît, qui chatouille l'amour-propre. Par de chatouillantes approbations vous régaler de votre travail, mol. B. gent. [, 4.
f CHATOUILLE (cha-tou-U" , H mouillées), s. f. Terme de pèche. Espèce de petite lamproie.
CHATOUILLÉ, ÉE (cha-tou-llé, liée, Il mouillées), port, passé. Il l°Cetenfant chatouillé parsa nourrice. Il 2° Fig. Sa soeur se croyant déjà entre les bras de l'Amour, chatouillée de ce témoignage de son mérite.... la font. Psyché, liv. 11. Et chatouillé d'ailleurs par l'espoir qui le flatte, corn. Sertor. 1, 2.
CHATOUILLEMENT (cha-tou-lle-man , U mouillées, el non cha-tou-ye-man),i. m. || 1° Action de chatouiller ; sensation que cette action cause. Le chatouillement cause un rire convulsif Plusieurs personnes redoutent le chatouillement. || 2° Fig. Impression douce et agréable. Il n'y a que de la joie et du chatouillement pour l'esprit, balz. *• Disc. s. la Cour.
— HIST. xvi* s. Mesprisant toute honnesteté, tu veux cnlloquer tout ton bien es chatouillemens de la chair, lanoue, 510. Ce mesme chatouillement et aiguisement qui se rencontre en certains plaisirs et semble nous enlever audessus de la santé simple et indolente, mont. 11, 2 16.
— ÊTYM. Chatouiller.
CHATOUILLER (cha-tou-llé, H mouillées, et non
CHA
cha-tou-yé),t). a. || 1° Produire, par des attouchements légers et répétés sur certaines parties du corps, une sensation moitié agréable, moitié pénible, qui excite un rire convulsif. Il ne faut pas chatouiller les jeunes enfants. || En termes de manège, chatouiller un cheml de l'éperon, le toucher légèrement avec l'éperon. || Terme de monnaie. Chatouiller le remède, approcher de très-près de la quantité d'alliage qui est autorisée. || 2" Par extension, produire certaines sensations agréables. La musique chatouille l'oreille. Ce metsLuichatouillait fort le palais, la pont. Pâli. 11 [le sommeil] chatouille mon mal d'un faux ressentiment, Régnier, Plainte. La douleur qui fait frémir ses bourreaux ne fait que la [la vertu] chatouiller, balz. le Prince, ch. xi. Que ferez-vous ici, faibles discoureurs? Dissiperez-vous ces conseils cachés en chatouillant les oreilles? boss. Fr. Bourgoing. Jamais odeur de pâté ne chatouilla l'odorat plus délicatement que celle qui se répandit de tous côtés à cette ouverture [d'une tortue de 600 livres cuite en pâté], labat, Nouveau voy. aux iles, 2* part. ch. 22. Heureux .... Oui, pour ne rien souffrir qui lui pèse ou le souille, Fuit ce qui le chatouille, Et, pour mieux servir Dieu, se rend maître de soi 1 corn. Imit. I, 2) . || 3° Fig. Tandis que je m'arrête X chatouiller mon âme en ce contentement, mai.h. v, 25. Dragon, gentil dragon, que te dirai-je encor Oui te chatouille et qui te plaise? la font. Psyché, liv. n, p. 178. Ce M. de Luçon avait un je ne sais quoi de votre voisin qui lui avait chatouillé l'esprit, balz. 8* Entretien. L'aise de voir la terre à son pouvoir soumise Chatouillait malgré lui son âme avec surprise, corn. Pomp. m , 4 . Ces noms de roi des rois et de chef de la Grèce Chatouillaient de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse, rac. Iphig. F, 4. J'aime à te voir presser cet aveu de ma flamme : Combattant mes raisons, tu chatouilles mon âme, mol. Pr. d'Êl.
i, 4 l'appas qui la chatouille.... Lui cache le
péril de ce qu'elle entreprend, ioursault, Fables d'Ésope, iv, 3. Un auteur vertueux en ses vers innocents Ne corrompt point le cœur en chatouillant les sens, boil. Art poét. iv. Il n'y a rien qui chatouille tant l'oreille d'un homme soupçonneux que les rapports, d'ablancourt , Lucien, t. m, dans richelet. H Absolument. 11 n'y a rien assurément qui chatouille davantage que les applaudissements que vous dites, mol. Bourg, gent. i, t. || 4° Se chatouiller, v. réft. Se causer la sensation du chatouillement. || Fig. Se chatouiller pour se faire rire, rire sans sujet, faire effort pour paraître gai. || Se chatouiller l'un l'autre. Ils s'amusent tous deux à se chatouiller.
— HIST. xiv" s. Et aucuns sont aussi comme sont ceulz qui se doubtent que les autres ne les catoillent, et pour ce il se catoullent et confriquent premièrement, oresme. Eth. 24 1. || xv* s. Quant dedans fu [le dard], mon cueur vint esveiller Et tellement le print à catoillier Que je senty que trop rioit de joyc, ch. d'orl. t. Durant que ce vin j'avaloy, Qui me chastouilloit soubz la langue, basselin, Vau de Vire, 9. || xvi» s. Ceste parole ne despleut point à Sylla, ains au contraire, il donna à cognoistre qu'elle l'avoit chatouillé, amyot, Sylla, 72. Lapluspart des plaisirs nous chatouillent et embrassent pour nous estrangler, comme faisoient les larrons que les ^Egyptiens appeloient Philistas, mont, i, p. 283. Livre que j'avoy basty pour me chastouiller moymesme, à fin de me faire rire le premier, des accords, Avant- propos. Guerres, maux et telles petites mignardises qui chatouillent malheureusement les personnes pour les faire rire , Moyen de parvenir, p. 4, dans lacurne.
— ÊTYM. Picard, catouiller ; rouchi, catoulier ; d'après Diez, de catulire, changé en catuliare, être en chaleur en parlant des chiennes, de catulus, petit chien, diminutif de canis, chien; d'après Grandgagnage, qui trouve dans le wallon catî, gati, guèti, pour chatouiller, de l'allemand : anglo-saxon, cilelan; holl. kitlelen; allem. moderne, kitteln, chatouiller. La forme du mot est en faveur de l'opinion de Diez. Il y avait aussi dans l'ancien français chatillier ou catillier, signifiant harceler : Li mal d'amour.... Ne me font fors chatillier De joie et de delirier Sans penser nule folie, Mss. de poésies fr. avant 4300, t. îv, p. 4384, dans lacurne. Et s'estoient là retraits une grosse compaignie pour catillier les Picards, monstrelet, dans dd canoë, catillare. Ces formes catillare, catillier, dont le sens n'est pas très-précis entre harceler et chatouiller, se prêteraient mieux à l'étymologie de Grandgagnage , et, comme il est arrivé souvent, une confusion a pu s'opérer entre chatillier et chatouiller.
CHATOUILLEUX, EUSE (cha-tou-Ueû, lleu-z',
DICT. DE Là LANGUE FRANÇAISE.
CHA
Il mouillées, et non cha-tou-yeû), adj. || 1" Qui est sensible au chatouillement. Cet enfant est trèschatouilleux. || 'ferme de manège. Cheval chatouilleux à l'éperon, cheval qui, au lieu d'obéir à l'éperon, hennit et rue. || 2° Fig. Qui s'offense aisément , qui se pique aisément. C'est sur ce point qu'il est chatouilleux, boss. i, Annonc. t. Quelque chatouilleuses que soient les impressions de l'amour-propre, elles ne m'empêcheront jamais de dire la vérité, mirabead, Collection, t. m, p. 45. En un siècle comme celui-ci où l'on ne vit que par exemple, et qui me semble autant ou plus chatouilleux pour les écrivains que celui sous lequel on était obligé de se présenter la corde au cou quand on voulait proposer de nouvelles lois, Lctt. à Halh. dans malh. Éd. de ménage, p. 262. Pour un monsieur si chatouilleux, qu'avez -vous trouvé de gai à certain soufflet de tantôt? beaumarch. Mar. de Fig. v, 49. || 3° Affaire, question chatouilleuse, affaire, question qui pourrait facilement exciter des susceptibilités. L'éclat de ces faveurs dont vous enveloppez De votre faux secret le chatouilleux mystère, corn. Agésil. m, 4. Ce factum accompagné de notes un peu chatouilleuses, volt. Lett. d'Argental, 4 janv. 4773.
— HIST. xv* s. Il luy sembloit davantage que ses subgectz estoient ung peu chastoulleux à entreprendre auctorité quand ilz en verroient le temps, comm. vi, 7. || xvi* s. Sentir la hart, vaut autant à dire que chatouilleux de la gorge, desper. Contes, xcvn. Depesché aux plus chatouilleuses négociations, d'aub. Hist. préf. 8. Ils s'y logèrent, encores qu'il y fist fort chatouilleux [dangereux], carl. ix, 28. L'univers de bout en bout Sent partout Sa chatouilleuse puissance [de l'amour], am. jamyn, liv. iv, Chanson, Or que le plaisant.... Je ne sçay si la ditte princesse a composé le dict livre, d'autant qu'il est plein de propos assez hardis et de mots chatouilleux, la croix du maine, Bibl. p. 309, dans lacurne. Un aultre disoit au bourreau, qu'il ne le touchast pas à la gorge, de peur de le faire tressaillir de rire, tant il estoit chatouilleux, mont, i, 296. Mais, de contourner le jugement des événements, souvent contre raison, à nostre advantage, et d'obmettre tout ce qu'il y a de chatouilleux en la vie de leur maistre, ils en font mestier, m. u, 4 4 4. Combien qu'ayez la parole plus chatouilleuse et plaisante aux oreilles des auditeurs, Nuits de Straparole, t. n, p. 235, dans lacurne. Chatouilleux de la gorge [qui mérite d'être pendu], oudin.
— êtym. Voy. chatouiller.
CHATOYANT, ANTE (cha-to-ian, ian-t' ; d'autres
disent cha-toi-ian), adj. Qui chatoie. Étoffe, couleur chatoyante. Les mouches étaient toutes distinguées les unes des autres; il y en avait de dorées, d'argentées, de tigrées , de rembrunies, de chatoyantes,
BERN. DE ST-P. Étude t '*.
fCUATOYEMENT ou plutôt CHATOIEMENT
(cha-tol-man) , s. m. Effet d'une surface chatoyante. Le chatoyement du cou d'un pigeon.
— ÉTYM. Chatoyer.
CnATOYER (cha-to-ié; d'autres disent cha-toiié) , je chatoie, tu chatoies, il chatoie, nous chatoyons, vous chatoyez, ils chatoient; je chatoyais, nous chatoyions, vous chatoyiez; je chatoierai; je chatoierais; que je chatoie, que nous chatoyions, que vous chatoyiez; que je chatoyasse, v. n. Changer de couleur, avoir des reflets, selon les différents aspects, comme l'œil du chat.
— REM. Ce mot ne se trouve ni dans les éditions du Dictionnaire de l'Académie antérieures à 4 835, ni dans Richelet, ni dans Furetière. Il existe dans le parler du Berry. Il se peut qu'étant provincial, il se soit introduit tardivement dans la langue littéraire.
— ÉTYM. Chat; Berry, chatoyer, flatter comme lorsqu'on caresse un chat, plaire.
f CHAT-PARD (cha-par), s. m. Nom scientifique de l'espèce appelée vulgairement lynx de Portugal. || Au plur. Des chats-pards.
— étym. Chat, elpard.
fCHÂTRABLE (châ-tra-W) , adj. Qui peut être châtré.
— HIST. XVI* s. Le chastrer des aigneaux n'est restraint à certain aage, estant chastrables et les jeunes et les vieux de ces animaux, o. de serres, 322.
CHÂTRÉ, ÊE (châ-tré, trée), part, passé. || l°Un taureau châtré. || 2° S. m. Un châtré, un homme châtré. Il s'était adressé pour cela à un petit châtré, organiste d'une église, scarr. 7!om. com. ch. xv. Voyant un châtré fredonner le rôle de César, volt. Cand. 25. || On dit aussi castrat; mais châtré, en cet emploi , a quelque chose de moqueur que n'a Pis castrat.
CHA
CHÂTRER (châ-tré),c. o. || l°Couper les testicule* ou les ovaires, châtrer un taureau, une truie. On a châtré des hommes pour avoir certaines voix de chanteurs. Les Orientaux châtrent les hommes pour en faire des eunuques et les commettre à la garde des harems. On proposa à cet Attale de châtrer Honorius.voLT. Mœurs, l 4 . y 2° Fig. Châtrer un livre, en retrancher ce qui peut être licencieux ou simplement trop hardi. || 3" Terme de jardinage. Châtrer des fraisiers, des melons, en ôter les rejetons ou les fleurs superflues. || 4" Châtrer une ruche, en ôter la cire ou le miel. || Châtrer des cotrets, en ôter quelques bâtons. || Châtrer une roue, ôter quelques jantes, pour resserrer les ais.
— hist. xiii* s. Chastris [moutons] , joinv. 267. || xv* s. En ce moys l'en chastre les vaisseaulx des mousches,se ilz ont assez miel, Prouffitx champ . et ruraulx, vu, o. ||xvi* s. Et puis, pour couronner l'eslevation des Lorrains, le Conseil de France la chastra du droit qu'elle avait sur Bar, et les en fit souverains, d'aub. Hist. i, 88. Les eunuques et chastrés dégénèrent en nature féminine, paré, vi, 4 8. Chastrer les abeilles, c'est à dire vendanger la miel et la cire qui sont dans les rusches, o. ds
— ÊTYM. Picard , catrer ; provenç. castrar, crastar , crestar; espagn. castrar; ital. castrare ; du latin castrare, châtrer.
CHÂTREUR (châ-treur) , s. m. Celui dont la profession consiste à parcourir les campagnes pour châtrer des animaux.
— HIST. xvi* s. II y a gens en Afrique qui vont par la ville, à la mode de nos chastreux, et font mestier de couper telles caruncules, paré, i, 34.
— ÉTYM. Berry, châtreu; provenç. crestaire; espagn. castrador; du latin castratorem , de castrare , châtrer. Dans le provençal crestaire est le nominatif répondant à castrdtor; crestador serait le régime répondant à castratorem.
t CHAT-ROCHIER (cha-ro-chié) , s. m. Nom vulgaire du squale roussette, dit aussi rocher et chat des rochers, parce qu'il affectionne les parties rocheuses de la mer. \\Au plur. Des chats-rochiers.
f CHÂTRURE (châ-tru-r'), s. f. Terme de vétérinaire. Castration des animaux par l'emploi du caus-
— ÉTYM. Châtrer.
f CHATTE (cha-f) , s. f. || i* Voy. chat. || 2° Terme de marine. Sorte de grappin servant à accrocher au fond de l'eau une corde tendue par l'ancre ou des cordages tombés dans une rade. || Espèce de chassemarée servant à la pêche.
f CHATTÉE (cha-tée) , s. f. La portée d'une chatte.
— ÉTYM. Chatte.
f CHATTEMENT (cha-te-man), adv. Terme trèsfamilier, i la manière des chattes, d'une façon caressante et aussi d'une façon trompeuse et hypocrite.
— ÉTYM. Chatte, et le suffixe ment.
CHATTEMITE ( cha-te-mi-t' ) , s. f. Personne affectant des manières humbles et flatteuses. Voyezvous cette chattemite 1 Un chat faisant la chattemite , Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, la pont. Fabl. vu, 46. Ahl ahl dis-je, Alison, vous lisez des romans; Et vous vous arrêtez à l'endroit de l'ermite; Je crois qu'ainsi que vous, pleine d'enseignements, Oriane prêchait, faisant la chattemite, id. Ballade sur les romans. Que maudit soit l'amour et les filles maudites Qui veulent en tâter et font les chattemites, mol. le Dép. v, 4. Les renards, autres chattemites, Se glissant dans nos basses-cours, volt. Épitr. xcvn.
— HIST. xiii* s. Si l'une est chate , l'autre est mite, Ren. 444. ||xvi* s. Ils font si bien les chatemites, quand ils veulent avoir quelque avantage sur quelqu'une, et sont de si attrayante manière, mars. IVouï.46. Chatemittes, lequel dernier terme vaut quasi autant que contrefaiseur de brebiettes, H. est. Apol. d'Hérod. p. 626, dans lacurne. Malheureux nostre siècle en ce desastre né, Sous lequel nous voyons tantd'ameschatemites, Carnassières des rois , avoir esté produites, pasquier, Lettres, t. u, p. 573. Je ne voudrois, Florus, estre Pauvre, pouilleux, chatemite, Caché près d'une marmite Dont on ne ma peust cognoistre, duverwer, Biblioth. p. 40, dans lacurne. Vous voulez donc que désormais Je face de lachatemite, Papelardant comme unhermite, Le blason des faulces amours, p. 240, dans lacurne. Les Huguenots de Condom, qui estoient demeurés sous l'edit du roy, ayans fait toujours la chatte mitte de ne vouloir prendre les armes, montluc, Mém. t. u, p. 394, dans lacurne.
— ÊTYM. Chatte, et mite, qui probablement est le même que mitis, doux, employé pour signifier chat.
CHA
CIIA
CHA
t CHATTEMITERIE (cha-te-mi-te-rie) , s. f. Action de chattemite.
— IIIST. xvr s. D'autres aussi font les scrupuleux par une vraye chatemitterie, afin de sembler plus saincts, lanoue, 77.
— ÊTYM. Chattemite.
CHATTER (cha-té), v. n. Faire des petiU, en parlant d'une chatte.
— ÊTYM. Chatte.
t CHATTERIE (cha-te-rie), ». f. || 1" Acte de friandise. || 2° Les friandises mêmes. Manger des chatteries. || 8° Coquetterie, gentillesse. Faire des chatteries. || Fausse caresse.
— hist. rvi* s. Fouquet lui alla ouvrir et en allant s'avisa de jouer un tour de chatterie à son homme, desper. Contes, xn.
— ÊTYM. Chatte, chat, ces animaux paraissant plus sensuels que les autres, à cause qu'on les voit souvent se lécher les babines ; bourguig. chatterie. Au xvi* siècle, on disait chatonie, dans le sens d'espièglerie.
t CHAT- TIGRE (cha-ti-gr') , s. m. Un des noms vulgaires donnés au chat margay, au chat ocelot et au chat serrai. \\Au plur. Des chats-tigres.
t CHAUCHÉ (chô-ché), s. m. Chauché gris, nom, en Bourgogne, du pineau blanc.
t CHAUCHE BRANCHE (chô-che-bran-ch') , s. f. || 1* Levier pour de grands fardeaux. \\Au plur. Des chauche-branches. ||2° S. m. Nom vulgaire de l'engoulevent. || Au plur. Des chauche-branche ou chauche-branches.
— ÊTYM. Dans le premier sens, c'est un» branche [levier] qui cauche; dans le second, c'est l'oiseau qui cauche la branche. Caucher est un ancien verbe qui veut dire serrer, presser (voy. cocher).
f CHACCHE-POULE (chô-che-pou-1'), s. m. Nom vulgaire du milan. || Au plur. Des chauche-poule ou chauche-poules.
— ÊTYM. Caucher (voyez le précédent), et poule : l'oiseau qui cauche la poule.
CHAUD, CHAUDE (chô, chô-d'; ledneselie pas, un ami chaud à nous servir, dites : chau à; Chifflet, Cramm. p. 2*2, fait même remarque; au pluriel 1'* so lie : des amis chau-z à), adj. || 1" Qui a, qui donne nu produit de la chaleur. Dans ces climats chauds, les hommes n'imaginèrent point de plus grande béatitude que les ombrages et les murmures des e.iux, volt. Pr. de Babyl. 4. Le comte de Guiche disait des merveilles des esprits de vos pays chauds, siiv. 4 27. Que faisiez-vous au temps chaud? la font. Fab. i, 4.||Fig. et familièrement. Avoir les pieds chauds, jouir des commodités delà vie. || Fig. Pour lui il n'y a rien de trop chaud, ni de trop froid, il prend tout et de toutes mains. Dame, demoiselle, bourgeoise, paysanne, il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui, mol. Je Festin, L 4. || Fig. Avoir la main chaude , gagner plusieurs fois de suite à un jeu où le gagnant fait toujours, ce qui. pour ainsi dire, lui entretient la main chaude. || Main chaude, jeu où l'un des joueurs tient une main renversée sur son dos, et doit deviner celui qui frappe dedans. Ce jeu se nomme ainsi, parce que la main, souvent frappée, s'échauffe. || Pleurer à chaudes larmes, abondamment. Je ne désespère pas de sa conversion que tous les gens de bien demandent au ciel à chaudes larmes, balz. liv. n, lett. 5. Au point d'en pleurer à chaudes larmes, j. j. rouss. Conf. n. || Fig. et familièrement. Cela est trop chaud, on n'y peut pas toucher, c'est chose délicate, dangereuse. Ce fut M. d'Alet qui fit sa cour, en se récriant pour M. de Paris ; ce nom présentement n'est plus trop chaud, il a soufflé dessus , sév. 466. || 2" Qui garde encore une portion de la chaleur qui a servi à la préparation. Un pâté tout chaud. Ce pain, ce gâteau est encore tout chaud du four. || Fig. Cet ouvrage est encore tout chaud de la forge, il sort des mains de l'auteur. Lorsqu'ils [les journalistes] s'imposent la loi de ne parler que des ouvrages encore tout chauds de la forge, montesq. Lett. pers. -108. || Le rendre tout chaud à quelqu'un, le rendre chaud comme braise, riposter, repartir incontinent et vertement. || Fig. Prompt, tout récent. Les récompenses toutes chaudes ont un prix merveilleux. Le soufflet sur ma joue est encore tout chaud, rac. Plaid, u, 4. Ce petit conte est tout chaud, il faut qu'il passe, sév. 455. Les plaisanteries ne sont bonnes que quand elles sont servies toutes chaudes, volt. Lett. Chalotais , 2) mars 4763. || 3° Qui conserve la chaleur, qui garantit du froid. Ce manteau est bon et chaud. Une étoffe chaude. || 4" Qui augmente la chaleur intérieure du corps. Les liqueurs alcooliques, les épices sont chaudes.
|| Être chaude, être an rut en parlant des femelles de quelques animaux. || Fièvre chaude, fièvre accompagnée de délire et d'extrême agitation. || Chaud mal, le même que fièvre chaude. || Fig. Tomber de fièvre en chaud mal, tomber d'un état fâcheux en un pire. || Etre chaud de vin [être ivre] , volt. Pr. de Babyl. 4. || 5* Fig. Ardent, passionné, vif, emporté. Tempérament chaud. J'eus le sang un peu chaud et le bras un peu prompt, corn. Cid, n, 4. Près d'un esprit si chaud et si fort emporte Suréna dans ma cour est-il en sûreté? id. Suréna, v, t. Ma femme bien souvent a la tête un peu chaude, mol. Femme' so«. n, 6. Et d'un sang un peu chaud réprimant les bouillons, N'oublions pas tous deux devant qui nous parlons, id. D. Garde, m, 3. Le Marseillais, Provençal un peu chaud, la font. Quipr. Un jour pourtant d'humeur un peu trop chaude, boil. Épinr. m.... je vois bien où tend tout ce discours trompeur, Reprend le chaud vieillard; le prélat vous fait peur, m. Lutr. iv. Les Cévennes, pays peuplé d'ignorants et de cervelles chaudes , volt. Louis XIV, 36. On craint que quelques têtes chaudes n'attaquent quelques articles auxquels il est si aisé de donner un mauvais sens, volt. Lett. Damilaville, 28 avril 4 766. || 6" Zélé. Un chaud partisan. Être chaud sur une affaire. S'il se montre trop chaud à suivre la vertu, Régnier, Sat. xvi. Indocile à la paix et trop chaud à la guerre, va. Épit. I. Un roi qui aime mieux qu'on le blâme d'être un peu trop chaud quand il voit les ennemis que trop sage, pélisson, Convers. de L. XIV devant Lille, p. 63. Je crois qu'un ami chaud et de ma qualité N'est pas assurément pour être rejeté, mol. Mis. i, 2. Faites état de moi, monsieur, comme du plus chaud de vos amis, id. Impromptu, 3. || Familièrement. N'être ni chaud ni froid, rester indécis, indifférent entre deux partis. )| 7° Vif, animé. Style chaud. Attaque chaude. La dispute fut chaude. || En termes de guerre, affaire chaude, action chaude, chaude journée, engagement sanglant et disputé. || En termes de peinture, ton chaud, coloris chaud, ton, coloris brillant et vigoureux. Tableau chaud de couleur. || Alarme chaude, vive alarme. Savoir me retirer des plus chaudes alarmes, Régnier, Épit. n. Remettez-vous, monsieur, d'une alarme si chaude, mol. Tart. v, 7. Harcourt leur donna des alarmes si chaudes.... st-sim. 206, 4 8. || La donner bien chaude, l'avoir bien chaude, donner, avoir une grande alarme. Mon front l'a, sur mon âme, eu bien chaude pourtant [l'a échappé belle], mol. Sgan. 22. || 8° Chaud, adv. Servir, boire, manger chaud. H Tenir chaud, préserver du froid. Cette robe lui tiendra chaud. || Se tenir chaud, se préserver du froid. Ils se tiennent chaud au poêle. || Tout chaud, Joe. adv. Tout de suite. || Chaud! chaud I vite, sans tarder. Très-familier. ||9° X la chaude, Joe. adv. X l'instant, vivement. Mais il faut à la chaude Le gripper aux cheveux, scarr. Jodelet, u, 6. X la chaude, les cantons protestants firent rendre par ceux de Neucbâtel un jugement provisionnel, st-sim. 484, 482. M. le duc, toujours furieux, ne put être induit à chercher à la chaude à replâtrer l'affront, id. 99, 54. || 10" Substantivement. Chaleur. Avoir chaud. Je mourais de chaud, sév. 42. Nous avons chaud nous autres, il n'y a plus qu'en Provence où l'on ait froid, sév. 4 97. L'oiseau que.... Le vain courroux des vents berce au chaud sur sa branche, lamart. Joe. m, 4 47. || Il fait chaud, on ressent de la chaleur. Il faisait très-chaud dans cette chambre. Il fait trop chaud ici. || Il faitchaud, la température est chaude. || Fig. Il faisait chaud à cette bataille, l'action était vive, périlleuse. Il était à la tranchée partout où il faisait chaud, sév. 304. Nous nous sommes vus en des lieux où il faisait fort chaud, mol. Prie. 4 2. || La chaleur du jour. Le chaud, la solitude l'invitèrent d'abord. || Souffler le chaud et le froid, louer et blâmer une même chose, être tour à tour d'un avis contraire. Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid, la font. Fabl. v, 7. Il Cela ne fait ni chaud ni froid, cela ne fait rien, ne sert ni ne nuit. Il ne vous fera ni chaud ni froid, sév. 454. Cela ne vous fait ni chaud ni froid, ni bien ni mal, plaisir ni peine, p. L. cour. Lett. 1, 209. y Fig. Je n'ai jamais senti ni froid ni chaud pour vous, regnard, Ménech. u, 6. Votre bourse est.... Un thermomètre sûr, tantôt bas, tantôt haut Marquant de votre cœur ou le froid ou le chaud, regnard, Joueur, 1, 6. || Proverbes. Si vous n'avez rien de plus chaud, vous n'avez que faire de souffler, vous vous flattez d'une vaine espérance. || Froides mains, chaudes amours, c'està-dire la fraîcheur des mains annonce ordinairement un tempérament ardent. || Il faut battre le fer
pendant qu'il est chaud, c'est-à-dire il faut saisir l'occasion favorable.
— REM. C'est une façon de parler populaire mais fautive, dédire: il fait plus de chaud qu'hier. U faut dire : il fait plu« chaud qu'hier. Faire chaud est une locution faite, dans laquelle plus n'intervient pas pour changer le rapport des termes.
— SYN. le chaud, la chaleur. Le chaud est la qualité de tout ce qui est chaud ; la chaleur est la qualité active qui fait qu'un corps est chaud. On sentira la nuance dans ces phrases: le chaud du jour, la chaleur du jour. Le chaud du jour, c'est le temps où le jour est le plus chaud ; la chaleur du jour est l'impression qu'un jour chaud nous fait sentir. Nous sortîmes au chaud du jour plutôt que pendant La chaleur du jour. La chaleur du brasier (et non le chaud) était si grande. Dans les qualités élémentaires qu'ils admettaient, les anciens comptaient le chaud, non la chaleur.
— HIST. x* s. E faciebat grant iholt, Frag. de Valenc. p. 468. || xi* s. Et endurer et granz chalz et granz freiz, Ch. de Roi. lxxvii. Granz est li calz, si se levé la poudre, ib. cclxvi. Nous les ferons [nos épées] vermeilles de chald sang, ib. lxxiv. || xii* s. Icel jour fit moût caut, et li ciel fu serin, Iionc. p. 4 94. Car li sans et li chais l'avoit forment grevé, ib. p. 4 95, A ! mult par est la vie del chaitif humme grieve;Orest chalz, or est freiz, cume celé eve tieve, Th. le mart. 92. E Deus de rechief Samuel apela, e Samuel chalt pas leva et vint al evesche, Rois, 44. Il xni* s. Il la recuevrent chaut et de gris et d'ermin, Berte, lv. Car nus sens n'i peuist suffire, Tant estoit de chaude matire, te Rose, 8332. Omicides, si est quant aucuns tue aucun en caude mellée, beaum. xxx, 6. L'yaue devenoit, ou [au] chaut du jour, aussi froide comme de fonteinne, joinv. 220. Il looit [conseillait] que il se traisit [retirât] sur le fium, pource que ses serjans eussent à boire; car le chaut estoit jà grant levé, m. 226. Il xiv* s. Et comme en esté par grant chaut l'en ne dit pas à un homme ou deffent que il ne sue , oresme, Eth. 72. Por ce sont congneuz les principes en science naturel comme cestui : tout feu est chaud, id. ib. s, 4 3. || xv* s. Le connestable de France, qui savoit d'armes ce qui en est, et qui sentoit les Anglois chauds, bouillans et aventureux, froiss. u, 11, 32. Couroient ses gens tout le pais d'environ, et ne laissoient rien à prendre s'il n'estoit trop chaud, trop froid ou trop pesant, id. liv. 1, p. 294 , dans lacurne. Messire Enguerrant estant chault, non sentant le meschief qu'il avoit, cuyda hausser sa hache, Jeh. de Saintré, ch. 42. Par luy je reçoy Souvent froit et chault; Puisqu'estre ainsi fault, Remède n'y voy, ch. d'orl. Rond. Si ne souffiroit de donner exemple, ni ung ny plusieurs, quand bien, par l'espace de deux mil ans, Dieu a ainsi traictiéles Juifs entre chault et froit, chastel. Chron. du duc Philippe, Proesme. Si les fit boire un coup et eux refreschir, car grand chaud faisoit, Bouciq. n, ch. 20. Et plusieurs prins en la ville, lesquelz furent penduz à la chaulde, comm. vi, 5. La guerre est telle qu'il faut besongner selon le loisir qu'on a, et fault procéder aucunes fois froit, aucunes fois chault, Je Jouvencel, f* 29, dans lacurne. Sire, dist la dame, sauf vostre grâce; car vos parlers ne font ne froit ne chault, Perceforett, t. iv, f* 48. Il xvi* s. Icy commença Homenaz jecter grosses et chauldes larmes, et battre sa poictrine, rab. Pant. iv, 53. Sur la chaulde [au moment même], mont, i, 27. Souvent il tastoit s'ils estoyent trop chauds, id. i, 400. Boire chauld, id. 1, 464. C'est souffler de mesme bouche, le chauld et le froid, id. i, 249. Nous retombons tousjours de fiebvre es chaud mal, id. i, 283. Les Grecs descrioient les tisserandes, d'estre plus chauldes que les aultres femmes, id. iv, 489. Il ne savoit à qui s'en prendre; mais, à la chaude [tout à coup] , vint saisir un gentilhomme le plus prochain de lui.... desper. Contes, lxxxii. M. d'Andelot, qui ne trouvoit jamais rien trop chaud [dangereux] , dit qu'il se falloit retirer au pas, lanoue, 650. Leur camp, ayant pris l'alarme très chaude, commença à tirer canonnades sur canonnades, id. 661. Je cuiday suyvre le mesmo chemin à la chaude, sans l'humanité de Monseigneur, id. 689. Pleurant à chaudes larmes, amïot, Cam. 68. Chault de l'ardeur de la bataille, id. Pélop. et Marcel, comp. 5. 11 faisoit un chaud picquant et estouffé, d'aub. Fœn. m, 7. Comme un homme déterminé, qui ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid, id. Vie, xxvm. Peu de gens voulant coudre la besongne que cette chaude teste entreprenoit, il se mit-à pleurer chaudement, id. Hist. 1, 303. La mère de famille S4! prend garde des meubles
CHA
qui défaillent, dont on fait faire la recherche à !a chaude, o. de serres, 882. Rien ne lui est trop chaud ni trop froid, h. est. Précel. p. 77. Chaud a l'oeuvre, id. Conf. du lang. fr. aveclegrec, p. 403. Comme la chaleur de letir aage les pousse qui ne doute de rien et qui ne trouve rien de trop chaud ni trop froid, sinon au toucher, montbourcher, Vu gay débat, f°3, dans lacurne.
— Etym. Picard, keud, caud; provenç. cald, caut; anc. catal. cnlt; espagn. et portug. calido; itaL caldo; du latin calidus, chaud (voy. chaleur). La forme iholt rencontrée dans un texte du x" siècle n'est point inexplicable : il faut que l'on prenne in pour une manière insolite de représenter le son ch.
t CHAUDE (chÔ-d'), s. f.\\i' Feu vif et qu'on entretient pour se réchauffer. Donnez-nous une chaude. || 8" Terme de maréchalerie. Se dit de l'action de faire chauffer le fer et de le forger. Il faut plusieurs chaudes pour faire un fer à cheval. On dit que la chaude est grasse , quand le fer est presque en fusion à sa sortie du feu. || 3° Degré de cuisson que l'on donne à la matière du verre. || 4° Chaude suante, certain degré de chaleur que l'on communique au fer. Donner une chaude, mettre le métal au feu. || Chauffe que l'on donne à une pièce de fer pour la remanier. || 5° Battre la chaude, se disait autrefois dans les monnaies pour battre sur l'enclume les lingots sortant du moule.
— ÊTYM. Chaud.
CHAUDEAU (chô-do), s. m. ||1° Sorte de brouet ou de bouillon chaud que l'on portait autrefois aux mariés. Préparer des chaudeaux. || 2° Toute boisson chaude. Là-dessus Son épouse.... Lui présente un chaudeau propre pour Lucifer, la font. Fabl. m, 7. || 3° Lait de poule.
— HIST. xiii* s. Qui a fait à ma fille brasser si fait chaudel ? Berte, lxxxv. || xiv* s. Se cel aigle [je] tenoie qui brassa ce chaudel, En tel cage seroit mis.... Guescl. 20554. || xv* s. Le chaudeau que nous vous apportons, sera tantost tout froid, louis xi, Kouv. xxix. || xvi* s. On donnera à l'accouchée un pressis de chapon , ou un chaudeau où il y aura du saffran, paré, xvni, 34. Chaudeaux faits de poulailles cuites avec racines de persil, ozeille, petit hotix, semences froides, etc. id. xx, 25. Il descouvroit les discours qu'ils avoient eus ensemblement le premier soir de leurs nopces , nommoit ceux qui leur avoient apporté le chaudeau le lendemain matin, pasquier, Recherches, liv. vi, p. 572, dans
LACURNE
— ÊTYM. Picard, caudiau, bouillie faite avec de la farine et des œufs; génev. chaudelet; bas-lat. caldellum , diminutif de caldus , pour calidus , chaud.
t CHAUDE-CHASSE (chô-de-cha-s') , s. (. Terme d'ancienne législation. Poursuite active d'un prisonnier.
— ÉTYM. Chaud, et chasse.
t CHAUDELAIT (chô-de-lè), j. m. Espèce de gâteau composé de lait, de farine et d'anis.
CHAUDEMENT (chô-de-man), adv. || 1° Avec chaleui ; de manière à conserver sa chaleur. Quand on est enrhumé, il faut se tenir chaudement. || 2° Fig. Avec ardeur et vivacité. Ils poursuivaient chaudement leur ennemi , vaugel. Q. C. liv. vi , ch. 4 , dans sichelet. Le prince qui prend si chaudement les intérêts d'Alexandre, hamilt. Gramm. 7. || 3° Tout de suite, à l'instant même. Voilà ses mêmes paroles que je vous écris tout chaudement, sêv. 208.
— hist. xii* s. Le cors et le ventrail durement freit aveit, E de sun mal del flanc achaisuneux esteit. E pur ço tut adès chaudement se vesteit, Th. le mart. 4B5. ||xni*s. Es-tu or laiens chaudement? Ren. 84 26. Cors tenir tôt chaudement, ruteb. h, 76. || xiv s. Et puis ont à conseil que Henri chaudement X Sébile s'en voist faire aux bourjois présent, Guescl. 4 683a. || xv* s. Respondirent chaulilement qu'ilz estoient bien seurs de ce que ils disoient, comm. v, 46. Il xvi» s. Il se présenta une belle occasion qui fut bien preveue par M. l'admirai, et. assez chaudement exécutée, lanoue, 660. L'edict fut révoqué, et recommencèrent à poursuivre ceste guerre plus chaudement que devant, amyot, Salon, 44. Ma mort ne soit des miens non regrettée, Ains chaudement plorée et lamentée, id. Publ. et Solon, I. Larmoyant fort chaudement, id. P. Mm. 66. Le fruit sur lequel l'eau et le sucre meslés sont jettes chaudement, ne reçoit neantmoins que le sucre,
— ÉTYM. Provenç. caudamen; anc. catal. caldament; ital. caldamente ; de chaude , et du suffixe ment.
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t CnAUDE-PISSE (chô-de-pi-s') , s. (. Nom vulgaire et grossier de la blennorrhagie.
— HIST. xvi* s. Et par ce que un malheur ne vient jamais seul, lui print une pisse chaulde qui.... rab. Pant. il, 33. La chaude pisse ou ardeur d'urine, paré, xvi, 16. X d'aucuns, par un reliqua d'une chaude-pisse , se procrée des carnosités, id. xvi, 4.
— ÊTYM. Chaud, et pisse; àcauseque l'urine, en passant, excite de la douleur.
fCUAUDER (chô-dé), v. a. Répandre de la chaux iur un champ pour le fertiliser. On dit plutôt chauler.
— ÊTYM. Chaux.
t CHAUDERET (ch8-de-rè) et CHAUDRET (chôdrè), ». m. Le plus petit des moules à étendre l'or et l'argent.
t CHAUDERIE (chô-de-rie) ou CHAUDRERIE (chô-dre-rie), s. f. Nom du caravansérail dans l'Inde.
t CHAUD-FROID (chô-froi), s. m. Sorte de préparation culinaire en usage pour la volaille. || Au plur. Des chauds-froids. En Lorraine, un rhume.
t CHAUDIEU (chô-di-é), r. n. Terme de vénerie. Entrer en chaleur, en parlant des levrettes.
— hist. xv* s. X cause de cest amour en quoy l'ung chaudioit, a. chastelain, Chron. des ducs de Bourgogne, ni, 7.
— ÊTYM. Chaud.
CHAUDIÈRE (chô-diê-r') , t. f. || 1" Grand vaisseau en métal où l'on fait chauffer, bouillir ou cuire. Chaudière de teinturier, de raffineur. La chaudière d'une machine à vapeur. Et qu'il est au-x enfers des chaudières bouillantes Où l'on plonge à jamais les femmes mal vivantes, mol. Éc. des f. m, 2. || 2° Contenu d'une chaudière. Une chaudière de lessive. || 3° Terme de marine. Chaudière d'étuve, vase qui, dans les ports, sert à faire chauffer le goudron. || Grand vaisseau en cuivre où cuisent les aliments. i| Faire chaudière, faire bonne chère. || Dans les ports de mer, faire chaudière, tenir une maison où les marins des bâtiments de commerce en relâche apportent leur ration et où on la leur fait cuire. Ici on fait chaudière. || 4" Partie du four à chaux qui se trouve au-dessus du cendrier. || Vase de fonte peu profond rempli de feu chez les argenteurs. || En termes de manufacture de laine , le pied de la chaudière, les drogues préparatoires et les drogues colorantes. Charger la chaudière, y mettre les ingrédients nécessaires. || S" Terme de blason. Meuble qui, surtout en Espagne et en Portugal, est une preuve de grande noblesse.
— HIST. xii* s. Miex vos venist les hastes à torner, Et le broet des chaudières humer, Bat. d'Aleschans, v. 403). Moab est caldere de la meie espérance, Liber psalm. p. 4 67. || xni" s. Nus ne puet à Paris mètre en cevre laine ne file taint en noir de chaudière, se il n'i a autre coleur desus.... Liv. des met. 4t9. Qui dont veîst cel asne ocire et destrenchier, Et mètre en la caudiere et sor le grant brasier, Ch. d'Ant. vu, 899. [Il voit] Ces cuisines fumer, ces caudieres bolir, Ces somiers vers la mer et aler et venir, id. v, 444. Jà ne iert [sera] si haus hom, si je l'ai en baillie [en mon pouvoir], Qu'il ne soit are au feu ou chaudeire bouillie, Parise la duchesse, dans du cange, caldaria. ||xv* s. Messire Jean d'Aubrecicourt regarda les armes quelles le chevalier les portoit.... et me dit depuis que le champ estoit d'argent à une endenture de gueules à deux chaudières de sable, froiss. ii, lu, 39. || xvi* s. Et desjeunions luy et moy tous les matins de potage de soupe chaudière, paré, ix, 44.
— ÊTYM. Picard caudiere; provenç. caudiera; espagn. Caldera ; portug. caldeira; ital. caldaja; du latin caldaria, de caldus, pour calidus, chaud.
t CHAUDRÉE (chô-drée), s. f. Quantité de soie à teindre en noir à la fois.
f CHAUDRERIE (chô-dre-rie), s. f. Voy. chau- DERIE.
f CHAUDRET (chô-drè), s. m. Voy. chauderet.
f CHAUDRETTE (chô-drè-f) , s. f. Terme de pêche. Voy. caudrette.
CHAUDRON (chô-dron),». m. || 1° Petite chaudière pour les usages de la cuisine. Faites bouillir cela dans un chaudron. C'est en frappant des chaudrons qu'on rappelle les essaims fugitifs des abeilles, buff. De l'ouïe. Les trois sorcières [dans Macbeth] arrivent au milieu des éclairs et du tonnerre, avec un grand chaudron dans lequel elles font bouillir désherbes, voltaire, Lettr.Duclos, 26 déc. (761. || 2" Terme de marine. Calotte de plomb qui garantit la pompe des ordures de la cale. || Calotte de cuivre clouée sur les habitacles au-dessus des lampes. || 3* Terme de mépris. Mauvais instrument à cordes gui sonne comme un chaudron frappé. Ce piano
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n'est qu'un chaudron. C'est un chaudron que votre guitare. || 4* Partie où l'on met les parfums, dans une cassolette. || 5* Espèce de baquet ou tonneau coupé pour mettre tremper les boyaux. || Proverbe. Le chaudron machure la poêle, c'est-à-dire un voisin diffame son voisin.
— SYN. chaudron, bassine (ustensiles de cuisine). La bassine est moins haute de bord; elle a deux poignées, tandis que le chaudron a une *o>«« mobile qui permet de le suspendre.
— HIST. xiii* s. Mort l'abat en un chauderon; Or n'ifaut il, se poivre non, barb. Fabliaux, t. iv, p. 93. || xiv* s. Chaudières, chauderons et maint bon lit paré, Guescl. 4 9517. ||xvi* s. Si d'adventure il rencontroit gens aussi fols que luy, et, comme dit lo proverbe, couvercle digne du chaudron , rab. Garg. i, Prologue. Deux chauderons d'argent blanc, à mettre potaige, laborde, Émaux, 209.
— ÊTYM. Dérivé de chaudière ou chaudère /l'ancienne orthographe étant chauderon. Picard, caudron, keudron; espagn. calderon; ital. calderone.
CUAUDRONNÉE (chô-dro-née) , s. f. Ce que contient un chaudron.
— ÊTYM. Chaudron; picard, couedronnée; wallon, gadronêie,
CHAUDRONNERIE (chô-drc-ne-rie), t. f. L'art, le commerce, la marchandise du chaudronnier.
— ÊTYM. Chaudronnier.
CHAUDRONNIER, 1ÈRE (chô-dro-nié, nié r'), ».
m. et f. Celui, celle qui fait ou qui vend les divers ustensiles de cuisine en cuivre, particulièrement les vases, chaudrons, bassines, casseroles, etc. || Ad}. Maître , garçon , apprenti chaudronnier, ij Chaudronnier planeur, celui qui ne fait que planer, polir et brunir des planches de cuivre pour la gravure.
— HIST. xiv* s. X Jehan de Richebourt, chauderonnier, pour un long coffre de boys ferré par dedans, tout au long et par dehors, de laborde, Émaux, p. 202.
— ÉTYM. Chaudron; picard, keudrier, keudrongner.
CHAUFFAGE (chô-fa-j'), s. m. Action de chauffer ; manière de tirer le meilleur parti possible d'un combustible pour l'élévation de la température des enceintes closes. Méthode de chauffage. Bois de chauffage. J'ai payé vingt francs pour le chauffage. Le stère est l'unité pour le bois de chauffage. || Droit de chauffage, droit de prendre du bois dans une forêt pour son usage. || Terme de marine et de chemin de fer. Action de chauffer un navire à vapeur, une locomotive.
— étym. Chauffer.
CHAUFFE (chô-f) , ». f. || 1° Terme de métallurgie. Action de chauffer. Donner une chauffe. || Terme de fondeur. Le fourneau où brûle le combustible employé à la fonte des pièces. || 2° Surface de chauffe, la partie d'un appareil que l'on doit chauffer. || 3° Opération entière de la distillation. || 4° Temps employé au chauffage d'un appareil.
— ÊTYM. Voy. chauffer.
4. CHAUFFÉ, ÉE (chô-fé , fée), part, passé. Rendu chaud. Une pièce chauffée par un poêle. Du fer chauffé à blanc.
• f *■ CHAUFFÉ (chô-fé) , s. m. Espace où le fondeur allume le feu, sous le fourneau qui contient le métal à fondre.
t CHAUITFE-ASSIETTES (chô-fa-siè-f), s. m. Ce qui sert à chauffer et à tenir chaudes les assiettes. || Au plur. Des chauffe-assiettes.
f CHAUFFE- CHEMISE (chô-fe-che-mi-z') , ». m. Espèce de panier d'osier, sous lequel on met un rechaud qui échauffe le linge étendu sur ce panier. || Au plur. Des chauffe - chemise ou chauffe- chemises.
CHAUFFE -CIRE (chô-fe-si-r") , ». m. Officier de chancellerie qui avait la charge de chauffer la cire pour sceller. Son chauffe-cire [du garde des sceaux] et sa boutique étaient dans une chambre à part, st-sim. 643, 38. || Au plur. Des chauffe-cire.
f CHAUFFE-DOUBLE (chô-fe-dou-bP) , ». f. Cuisson de l'eau-de-vie seconde avec de nouveau vin. || Au plur. Des chauffes-doubles.
t CHAUFFE-LINGE (chô-fe-lin-j'), t. m. Synonyme de chauffe-chemise. || Au plur. Des chauffelinge.
t CHAUFFE-LIT (chô-fe-li) , i. m. Ustensile qui sert à chauffer le lit. On dit plutôt bassinoire. || Au plur. Des chauffe-lit ou chauffe-lits.
t CHAUFFE-PIEDS (chô-fe-pié), ». m. Chaufferette. || Au plur. Des chauffe-pieds.
CHAUFFER (chô-fé), v. a. || 1* Rendre chaud. Chauffer de l'eau. Chauffer le four. Chauffer au
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ronge, pousser la chaleur au point que l'objet que l'on y expose devienne rouge; chauffer a blanc, chauffer au point que l'objet devienne blanc, ce qui exige une température bien plus élevée. || Terme de marine. Chauffer un bâtiment, brûler de la paille sous la caréné. || Chauffer les soutes, les sécher. || Tirer le soufflet dans une forge quand le fer est au feu. || Chauffer les pieds, donner la question par le moyen du feu appliqué aux pieds. || 2° Terme de guerre. Chaufferun poste, le canonner vivement.|| Fig. Chauffer quelqu'un, l'attaquer, le presser vivement par des raisonnements ou par des plaisanteries. || Chauffer uneaffaire, la mener vivement. || Très-familièrement. Chauffer une femme, lui faire vivement la cour. | 3* V. n. Produire plus ou moins de calorique. Ce bois jhauffe plus que tel autre. || Être chauffé. Le bain chauffe. || Fig. Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, votre espérance et vos prétentions sont vaines. || C'est un bain qui chauffe, se dit lorsque, par un temps d'ondées successives, le ciel devient trèspur et que le soleil a toute sa force, parce que ce moment d'éclaircie est fort souvent suivi d'une forte pluie. || En parlant d'un bateau à vapeur, d'une locomotive, allumer, son feu, s'apprêter à partir. Dépêchez-vous, le paquebot chauffe. || Fig. Cela chauffe, l'affaire chauffe, c'est-à-dire l'affaire est pressante, il faut se hâter. || 4" Se chauffer, v. réfl. Recevoir l'action de la chaleur. Venez vous chauffer. || Fig. et familièrement. Allez lui dire cela et vous chauffer au coin de son feu, c'est-à-dire vous ne seriez pas bien venu à lui tenir ce langage en un lieu où il serait le maître. || Fig. S'il m'attaque, je lui ferai voir de quel bois je me chauffe, c'est-àdire je lui ferai voir à quel homme il aura affaire. Vous verrez de quel bois nous nous chauffons quand on s'attaqueà ceux qui nouspeuventappartenir, mol. G. Dand. i, 4 (voyez à l'historique un exemple qui fait comprendre cette locution). || Nous ne nous chauffons pas du même bois, c'est-à-dire nous ne nous ressemblons pas, nous n'avons rien de commun.
— hist. xut* s. Cel jor s'est bien chaufée Berte delez le feu, Berte, u. L'en puet bien à festes où fours cuisent et estuves chaufent communément, s'uevre apareillier sanz tistre [tisser] et sanz ourdir, Liv. des met. 390. || xv* s. Pour ce que le suppliant ne se pouvoit mettre à si grant et grosse rançon , lui chauffèrent si fort et appreignirent les plantes des pies que les soles d'iceulx lui en sont cheutes, du cange, attidere. Faites de l'eaue ehaufer bien tost, la Nativité de N. S. J. C. || XW s. Trop chauffer cuit, trop parler nuit, jban d'auton, Annales de Louis XII, ms. I" (lî, dans lacurne. Que faictesvous? que dites-vous? brief de quel bois vous chauffez-vousî pasquier, Lettres, 1. 1, p. 4 8,dansLACURNE. Une partie des femmes s'amusent à chauffer leur bruvage, qui est leur principal office, mont, i, 237.
— ÉTYM. Picard, caufer; provenç. cal far; du latin calefacere, de cal, radical de calor, chaleur (voy. chaleur) , et facere (voy. faire) , par une formation irrégulière qui a transformé facere en far ou fer, de la 4" conjugaison; autrement, le verbe serait chauffaire.
CHAUFFERETTE (chô-fe-rè-f), ». /. || 1" Sorte de boîte à couvercle percé de trous, et dans laquelle on met du feu pour se chauffer les pieds. La devise de René était une chaufferette pleine de charbon, volt. Mœurs, 99. || 2" Petit réchaud qu'on met sur la table pour tenir les viandes chaudes. || 3" Coffret de bois garni de tôle, dans lequel les ouvriers en soie allument du feu pour redresser le poil du velours.
— HIST. xiv s. X Guillaume Arode, orfèvre, demourant à Paris, pour avoir rappareillé et mis à point le bacin et la chaufferette d'argent blanc, la borde, Émaux, 2)0. || xv's. Pour avoir resouldé les deux chaufferettes de Monseigneur et de Madame [le duc et la duchesse d'Orléans], m. ib. Pour enfans fault bers et drapiaux , Nourrice, chaufette et bacin, Paellette à faire le pain, I. desch. Bail. Ménage des nouv. mariés. || xvi* s. Et adonc Ateius, s'en courant vers la porte de la ville, meit une chaufferette pleine de feu ardent tout au milieu de la rue, amt. Crassus, Si . Vous posés le plat-escuelle sur une aschauffete, avec de la braise, o. ds serres, 909. Si aucun veut faire cheminées, astres ou chauffrettes à rencontre du mur moitoyen, il y doit faire contre-mur de thuileaux ou de piastre de demi pied d'espesseur, Grand coustumier de France, liv. n, ch. 38, p. 262, dans lacurne.
— ÊTYM. Chauffer.
CHAUFFERIE (chô-fe-rie), s. f. Forge où l'on réduit le fer en barres. || Partie du four à briques.
— ETYM. Chauffer.
CHAUFFEUR (chô-feur), s. m. || 1° Celui qui en-
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tretient le feu d'une forge, d'une machine à vapeur. || Adj. L'ouvrier chauffeur. || 2° Nom par lequel, dans les guerres entre les Vendéens et les républicains, on désignait des brigands qui brûlaient les pieds de leurs victimes pour faire dire où l'argent était (voy. à l'historique de chauffer des exemples d'un pareil brigandage).
— ÉTYM. Chauffer.
CHAUFFOIR (chô-foir), s. m.\\l° Endroit d'un monastère, d'un hospice où l'on se réunit pour se chauffer. || Chauffoir public, chambre ouverte aux pauvres pendant les hivers rigoureux. || 2° Autrefois dans un théâtre, lieu où les comédiens et les spectateurs allaient se chauffer. On dit aujourd'hui foyer. || 3" Pièce de linge qu'on fait chauffer pour réchauffer un malade, ou garnir une femme en couche. || 4° Caisse de tôle dans laquelle le cartier fait sécher les feuilles de carton qu'il veut coller.
— HIST. xiv* s. Dans lesquelx bos [bois] a un cauffoir à faire eaux, du cange, calidus furnus.
— ÉTYM. Chauffer.
f CHAUFFURE (chô-fu-r') , s. f. Terme de métallurgie. Défaut du fer ou de l'acier qui, ayant été trop chauffé, s'écaille.
— ÉTYM. Chauffer.
CHAUFOUR (chô-four), s. m. Four à chaux. || Magasin où le chaufournier serre le bois, la pierre et la chaux.
— HIST. xiv« s. Le suppliant venant vers le chaufour où les compaignons se chauffoient, du cange, cnlfatorium. || xv" s. Le suppliant ayant le droit de la ferme de la coustume et passage appelé chauffour, du cange, calidus furnus. 11 apperçoit le chaulfour qui tout derompu estoit, et le tiloel là où il escript les lettres, Perce forest , t. i, f*4 43, dans lacurne.
— étym. Chaux, et four; picard, eau four. CHAUFOURNIER (chô-four-nié; l'r ne se lie pas;
au pluriel l's se lie : des chô-four-nié-z et....), s. m. Ouvrier qui fait la chaux.
— HIST. xvi' s. Plusieurs chaufourniers ont aussi eu de grandes pertes, par un accident tout semblable, palissy, 30).
— ÉTYM. Chaufour.
CHAULAGE (chô-la-j'), s. m. || 1° Opération qui consiste à soumettre à l'action de la chaux vive, pulvérulente ou dissoute dans l'eau, les grains des céréales que l'on veut préserver ou débarrasser de la carie, du charbon. || 2" Terme de jardinage. Opération qui se fait avec du lait de chaux un peu épais, fraîchement préparé, et dont on badigeonne les arbres l'hiver pour détruire les insectes, la mousse, etc. || Opération qui consiste à asperger d'eau de chaux le raisin pour empêcher les passants d'en prendre. || 3° Terme d'agriculture. Opération qui consiste à répandre sur les terres, pour en augmenter la fertilité, de la chaux réduite en poudre, seule ou mélangée.
— ÊTYM. Chauler.
CHAULE, ÉE (chô-lé, lée), part, passé. Du blé chaulé. Une terre chaulée.
CHAULER (chô-lé), V. a. Passer du blé par l'eau de chaux avant de le semer. || Chauler un arbre, le laver avec un lait de chaux. || Chauler des raisins, pour empêcher qu'on n'en prenne. || Chauler une terre, y répandre de la chaux.
— ÊTYM. Chaux ; wallon, chaslrer; namur. cluiustrer.
CHAUMAGE (chô-ma-j'), s. m. Action d'enlever la partie des tiges de céréales qui reste attachée à la terre après la moisson. || Temps où on coupe le chaume.
— ÉTYM. Chaumer ; bourguig. échaumage.
CHAUME (chô-m'), s. m. || 1° Portion de la tige
des céréales qui reste sur pied après la récolte. || 2° Terme de botanique. Nom de toute tige cylindrique, simple ou rarement ramifiée, le plus souvent fistuleuse, offrant de distance en distance des nœuds d'où partent des feuilles alternes et engainantes: c'est la tige des graminées. || 3° Champ où le chaume est encore sur pied. Les perdrix se réunissent dans les chaumes. Nous mîmes une demiheure pour nous rendre à Athènes à travers un chaume de froment, chateaub. /(tu. 4 7). || Terme d'ancienne coutume. Chaumes, landes et bruyères. || 4" La paille qui couvre les maisons de village. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre, malh. vi, 48. Du chaume I des roseaux! voilà donc sa retraite! volt. Scythes, m, 4. 11 [le roi d'ïvetot] faisait ses quatre repas Dans son palais de chaume, bêrang. Yvetot. || Fig. Toit delà maison du paysan, du pauvre, et, par eitension, cette maison même. Vous qui habitez sous le chaume. Et les princes verront les chaumes préférés Au faste ambitieux de
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leurs palais dorés, corn. Imit. i, 24. La justice, fuyant nos coupables climats, Sous le chaume innocent porta ses derniers pas, delille, Géorg. m. Elle [notre gloire] épouvante encor les rois Et unis bannit des humbles chaumes, bèrang. Ch. d'asyle. Dans les palais et sous le chaume Moi, dit la sœur, j'ai de mes mains Distillé le miel et le baume.... id. Deux sœurs de ch. || Être né, vivre sous le chaume, c'est-à-dire dans l'humble condition des paysans.
— HIST. xui' s. X Paris [j'] emportoie chaume, busche ot estrain. Berte, lxxiii. D'autre part sunt li mur de bue, Qui n'ont pas d'espès plaine paume; S'est [la maison] toute coverte de chaume, la Kose, 6432. Sor ung poi de chaume ou de fain [foin], t'fr. 40171. En yver, par la grant froidure, Se gisoil sor la chaume dure, Deux coûtes metoit desus soi, iîuteb. ti, 2)0. Premier ne demandèrent qu'un peu de repostaille, Atout un pou d'estrain ou de chaume ou de paille, id. 4 76. Bien dire sans bien faire est comme feu de chaume Qu'en esteint de legier du pié ou de la paume, I. de meung. Test. 696. || xiv* s. Si tu sens que tes ennemis Viengne, prie tous tes amis Et fait tantost ton mandement.... Mais garde le contremander : Car li contremant du royaume Ont fait ardoir maint toit de chaume, machauli', p. )08. || xv* s. Cheurent par milliers morts et navrez en grand confusion et désolation l'un sur l'autre, en telle manière que les mons et multitude de morts et navrez estoient, en plusieurs lieux, plus grans que ne sont les chaumes des moissons au mois d'aoust, monstrelet, t. i, ch. 47, p. 75, dans lacurne.
— ÉTYM. Le latin calamus. Le bas-latin calma répond à chaume féminin , qui se trouve quelquefois dans l'ancien français.
CHAUME, ÉE ('chô-mé, mée) , part, passé. \!n champ chaume.
CHAUMER (chô-mé), v. a. || 1" Couper, arracher le chaume. 11 faut chaumer le champ. || V. n. Chaumer dans un champ, y couper le chaume. || 2" Terme d'eaux et forêts. Chaumer les arbres, mettre du feu à leurs pieds par malice pour les faire périr.
— HIST. xiv* s. Le dit Bourgeois venoit des champs de cueillir ou chaumer du chaume , du cange, calma.
— ÉTYM. Chaume; bourguig. échaumer.
f CHAUMERET ( chô-me-rè ) , *. m. Espèce de bruant, oiseau.
f CHAUMET (chô-mè), s. m. Instrument pour couper le chaume.
— HIST. xiv* s. En haussant une chaumette, qui est un baston long à manche, ou quel a au bout un fer qui est fait en manière de fauxille, du cange, calma.
— ÊTYM. Chaume.
f CHAUMIER (chô-mié), s. m. || 1° Celui qui coupe le chaume. || Celui qui couvre de chaume lei habitations. || 2" Tas de chaume.
CHAUMIÈRE (chô-miè-r') , s. f. Maison des champs, couverte en chaume. Les grands peintres savent également exercer leurs talents sur les palais et sur les chaumières, volt. Lettr. Mme du Boraq'. )9 sept. 4 764. Un silence pieux s'étend sur la nature ; Les chemins sont déserts, les chaumières sans voix, Nulle feuille ne tremble à la voûte des liois, lamart. Harm. n, 4.
— REM. D'après Furetière, chaumière était île son temps un mot récent, en place duquel on disait auparavant chaumine.
— ÉTYM. Chaume; bourguig. chaumeire.
CHAUMINE (chô-mi-n'), s. f. Chétive maison de
paysan. Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée.... Marchait à pas pesants.... Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée, la font, l'abl. i, 16. Quintius fut contraint de se retirer dans une méchante chaumine qui était auprès du Tibre, vertot, Révol. rom. liv. iv, p. 34). Au détour d'une eau qui chemine X flots purs, sous de frais lilas, Vous avez vu notre chaumine, bérang. Hirond.
— HIST. xvi" s. Chaumin [qui a rapport au chaume], cotgrave. Chaumine [cabane], in. Suis difficulté ils entrenten la case chaulmine, mal bastie, mal meublée , toute enfumée, rabel. dans lacuhne.
— ÉTYM. Chaumin, adj. formé de chaume; case chaumine, puis absolument, chaumine.
f CHAUMONTEL (chô-mon-tèl), *. m. Poire de Chaumontel, dite besi chaumontel, ou simplement le chaumontel, poire née d'un sauvageon dans le village de Chaumontel (Seine-et-Oise), arrondissement de Pontoise.
f CHAUNE (chô-n'), s. m. Terme d'épingiier Instrument pour couper les tronçons de laiton.
CHA
CHAUSSANT, ANTE (chô-san, san-t'), ad). Qu'on chausse facilement, en parlant des bas particulièrement. Un bas de soie est plus chaussant qu'un bas de fil.
— HIST. xiii* s. Estivaux [bottes].... estroiz es piez et bien chauçans, barbazan, Fabliaux, édit.MÊON, t. iv, p. 180."
— êtym Chausser.
HAUSSE (cbô-s'), s. f. \\i° Sorte de sac d'étoffe de laine, de forme conique, que l'on emploie à filtrer certaines liqueurs trop denses pour passer au filtre de papier. [| 2° Chausse de l'Université, ornement de ceux qui ont quelques degrés dans l'une des facultés. C'est une pièce de drap, froncée en son milieu, garnie d'un, deux ou trois rangs d'hermine, selon le grade, qui se place sur l'épaule gauche, à découvert, par-dessus la robe, et pend sur la poitrine et sur le dos. || 3° Terme de blason. Espèce de chevron plein et massif, qui, étant renversé, touche de sa pointe celle de l'écu. || 4° Terme de costume militaire. Chausse du colback, partie supérieure du colback, formée d'un morceau de drap qui pend sur le côté. || 6° Chausse d'aisances, le tuyau des latrines.
— HIST. xvi» s. 11 fut six sepmaines prisonnier dans un engein de bois pointu par le bas, que les questionnaires appellent chausse-d'hypocras, d'aub. Ilist. i, 75. Et lorsqu'on le voudra donner au patient, estant en la chausse ou canon à clystere, on y ailjoustera une dragme d'huile de genièvre, paré, xv, 39. Les apothicaires usent de manche de drap faite en pointe, qu'on appelle chausse d'hippocras, id. ib. xxvi, 10. À l'endroit où l'isle se va estroississant en une longue chausse serrée d'un costé et d'autre de la mer, amyot, Phocion, 18. Que la chausse de l'aisement [latrines] soit distante de dix pieds du puys du voisin, Coustumier génér. t. I, p. 28).
— ÉTYM. Voy. CHAUSSES.
CHAUSSÉ, ÊE (chô-sé, sée), part, passé. ||1*X qui on a fait des chaussures. Chaussé par un bon cordonnier. || Fig. et familièrement. Elle est toute des mieux chaussées, se dit d'une femme élégante et du bon ton. Il ne s'adresse qu'aux mieux chaussées, ; il ne courtise que des femmes qui se font remarquer par leur élégance et leur rang. || 2° Xqui on a mis des chaussures. Cet enfant est chaussé par la bonne. Connaissez-vous sur l'Héliçon L'une et l'autre Thalie? L'une est chaussée, et l'autre non : Mais c'est la plus jolie, piron, Épigr. contre la Chaussée, || S'enfuir un pied chaussé et l'autre nu, fuir précipitamment, en toute hâle. Nous avons été contraints de nous sauver un pied chaussé et l'autre nu, en l'équipage que vous nous voyez, scarr. Roman coin. ch. ii. || 3° En parlant du cheval, balzane haut-chaussée, balzane s'étendanten haut jusque vers le genou ou le jarret, ou dépassant ces régions. || 4° Terme de blason. Ecu chaussé, écu dont le sommet de l'angle esta la pointe d'en bas et au milieu de l'écu, et dont la ligne d'en haut forme la mesure de cet angle. C'est l'opposé de chape. || 5° Fig. Être chaussé d'une opinion, y tenir opiniâtrement. Chose étrange de voir comme avec passion Un chacun est chaussé de son opinion, mol. F.c.des F. I, 4. || Proverbe. Les cordonniers sont les plus mal chausses, c'est-àdire on néglige d'ordinaire les avantages qu'on peut se procurer facilement.
t. CHAUSSÉE (chô-sée), s. f. || 1* Remblai en terre sur le bord d'une rivière, pour contenir l'eau. || Construction qui, dans un étang, sert à arrêter et conserver l'eau. La chaussée se nomme quelquefois la tête de l'étang. On dit aussi la levée. || 2" Levée de terre servant de route. Jean-François Delagorgue, lieutenant général de la chaussée du Boulonnais, p. l. courier, ii, 368. || 3° La partie bombée d'une route ou d'une rue. || 4° Le rez-de-chaussée, le niveau du sol. Le mur n'était encore qu'au ou qu'à rez-de-chaussée. || Toute pièce d'une maison au niveau de la voie publique. 11 demeure au rez-dechaussée. Les rez-de-chaussée sont ordinairement humides. | S" Ponts et chaussées, dénomination sous laquelle on comprend tout ce qui concerne l'administration des routes, des ponts, des canaux. || École des ponts et chaussées, école spécialement destinée à former des sujets pour les travaux de ce genre. || 6° Terme de géographie. Chaussée des Géants, localité d'Irlande où une immense quantité de colonnes de basalte s'avance dans la mer, formant une espèce de chaussée.
— HIST. xiii" s. Les chaucies jonchées de fresche erne et de jonc, Berte, cxxxm. Chaucie est une coustume assise et establie ancienement seur chars, seur charretes, seur somiers chargés, Liv. des met.
CHA
275. Et fu mis en un pelloriWout nuef qu'on 11 fist emi le [la] chauchie de Lille, Chr. deRains, 173. Si comme de lor moustiers réfère et de lor caucies ramender, beaum. xxi, 27. Cil l'empire [gâte le chemin] qui deffet les cauchies qui furent fêtes por le quemin amender, id. xxv, (2. Par les boes de la chaucie Descendoit du chastel aval, Sans demander cher ne cheval, ruteh. ii, 178. Le roy ot conseil que il feroit fairo une chaucie parmi la rivière pour passer vers les Sarrazins, joinv. 230. || xiv* s. Droit envers le chastel ont leur voie aqueillie, Et puis vers le chastel vont toute le [la] cauchie, Baud. de Seb. ix, 686. Persone ne trova passant sus le [la] cauchie, Ne maison qui ne fuist fremée et verrouillie, ib. xi, 33. Chacuns en droit soy facent refaire les chaussées [des rues de Paris] , quand elles ne seront suffisantes, Ordonn. des rois de Fr. t. n, p. 380. || xvi" s. Aux réparations et entretenement de la chaussée du havre de Granville , Texte dans jal , Gloss. naut.
— ÊTYM. Picard , keuchie , cauchie; provenç. caussada; espagn. calzada ; portug. calçada; de calciata (sous-entendu via, chemin), que Diez tire de calx, chaux: chemin fait à la chaux; mais la chaussée est surtout une levée de terre où la chaux n'entre pas; aussi vaut-il mieux prendre calciatus, chaussé, puis foulé (voy. chausses), sens qui se trouve en effet dans le bas-latin (voy. du cange, calciare), de sorte que la chaussée serait la terre foulée, pressée.
t 2. CHAUSSÉE (chô-sée) , s. f. || 1° Espèce de sac que traverse la farine dans un moulin. |j 2" Pièce de la cadrature d'une montre, qui porte l'aiguille des minutes.
CHAUSSE-PIED (chô-se-pié), s. m. Instrument de corne, bande de cuir donton se sert pour chausser plus facilement les souliers. || Fig. L'héritière de Pyney était fort riche par le défaut des enfants du premier lit, dont l'état parut à M. le prince un chaussepied pour faire Bouttevilie duc et pair, st-sim. te, 18». || Au plur. Des chausse-pieds.
— HIST. xvi" s. Un chaussepied, d'aub. Fœn. m, 3. Chausse-pied, paré, vi, 6.
— ÊTYM. Chausser, pied.
CHAUSSER (chô-sé), v. a. || !• Mettre ses bas, sa chaussure. Chausser ses souliers, ses bottes. || Fig. Chausserlecothurne, composer une tragédie, s'exercer dans les rôles de la tragédie; et par extension, enfler son style. Mais quoil je chausse ici le cothurne tragique; Reprenons au plus tôt le brodequin comique, boil. Sat. x. || Chausser le brodequin, composer des comédies; s'essayer dans les rôles de la comédie. || Terme de manège. Chausser les étriers, y enfoncer les pieds trop avant. || 2° Chausser quelqu'un, lui mettre ses bas, sa chaussure. || On dit aussi chausser à quelqu'un ses souliers. || Chausser les éperons à quelqu'un, lui mettre les éperons en le recevant chevalier. L'officiant me chaussa les éperons en me donnant accolade, chateaub. Itinéraire, m, 39. Des éperons d'or que les Yseult, les Genièvre, les Oriane chaussèrent jadis à de vaillants chevaliers, id. Dern. des Abenc. 152. || Fig. et familièrement. Chausser de près les éperons à quelqu'un, poursuivre de près quelqu'un qui s'enfuit. || Terme de vétérinaire. Chausser une vache, envelopper le paturon d'une vache fatiguée. || Terme de fauconnerie. Chausser la grande serre d'un oiseau, entoure! l'ongle du gros doigt de l'oiseau avec un morceau de peau qui lui sert d'entrave. || 3° Faire la chaussure, en parlant du cordonnier. Ce cordonnier me chausse depuis bien des années. |j Absolument. Ce cordonnier chausse bien. || Fig. N'être pas aisé à chausser, se dit d'une personne qu'il est difficile de persuader, de contenter. Esprits ruraux volontiers sont jaloux, Et sur ce point à chausser difficiles, la font. Fér. || 4° Chausser bien, chausser mal, aller bien, aller mal, en parlant de la chaussure. Ce bas, ce soulier me chausse bien, ou, absolument, chausse bien. || Populairement. Cela me chausse, cela m'arrange, me convient. || 6' Fig. et familièrement. Chausser sa tète, se mettre une idée dans la tète. J'aurai chaussé ma tête et l'on me contraindra! Ah! vous verrez comme on réussira, regnard, Folies amour. Prol. || On dit aussi dans le même sens se chausser la tête. || Chausser une idée, s'en infatuer. Se chausser une opinion dans la tète. || 6-Terme d'agriculture. Chausser un arbre, une plante, entourer de terre le pied pour favoriser l'accroissement. || 7° V. n. s'emploie seulement dans ces phrases: chaussera six points, à sept points, à tant de points, porter des souliers de telle ou telle longueur. || Fig. Chausser à même point, être de même humeur. On a dit aussi dans
CHA
le même sens se chausser. Toutes, au fait d'amour, se chaussent en un point, Régnier, Sat. xm. || Activement, en termes de musique, chausser les voix à leur point, proportionner l'étendue des chants, tant au grave qu'à l'aigu, à l'étendue des voix qui doivent les chanter. || 8" Se chausser, v. réfl. Mettre ses bas, sa chaussure. Il ne peut plus se chausser lui-même. || Fig. Se chausser d'une opinion, s'en infatuer.
— HIST. xi« s. Au destre poing si lui faites chaicer [le gant], Ch. de Roi. clxxxix. Lur espérons [ils] ont en leur piez calcez, ib. cclxxxii. || xn's. Et [il] li caucha son premier esperon, Ronc. p. 2». || m* s. Et Marchufles chauca erramment les hueses vermeilles, par l'aie et par l'enortement des autres Grieus [Grecs] , villeh. xcvii. [Berte avoit] La povre gent souvent chaucie et revestue, Berte, eu. Dux Naymes lor ala les espérons chaucier, ib. cxxix. Li rois estoit li plus larges [généreux] chevabers qui onques cauçast esperon, Chron. de Rains, p. 60. Chaucies refu par grant mestrise D'uns solers decopésàlas, laRose, 830. De mon lit tantost me levai, Chaussai moi et mes mains lavai, t'6. 90. C'est un hons qui en biaus ostiez [hôtel] Mainstenir moult se deli toit: Cissechauçoitbienetvestoit, t'6.1120. Si comme s'il sunt trové vestant ou cauchant du lit où il estoient coucié, beaum. xxx, 103. Je laisse huit vins livres parisis pour vestir et chaucier les povresde ma terre, du cange, calceus. ||xv* s. Et chaussant son espée [la mettant à la main] , et la levant contre mont pour feriret donner un coup, froiss. liv. iv, p. 164, dans lacurne. Je m'en vais chaussermes souliers, louis xi, Nouv. cxm. || xvi* s. Pompeius ne sceut vaincre : et César luy chaussa bien aultrementles espérons quand ce feut à son tour, mont, i, 361 . Considérant le pauvre mendiant à ma porte, souvent plus enjoué et plus sain que moy, je me plante à sa place, j'essaye de chausser mon ame à son biais, ib. i, 281. En la jeunesse mesme, il m'est advenu de chausser ainsin un teinct et un port trouble et de mauvais prognostique, sans grand accident, id.iv, 280. Quand nous voyons un homme mal chaussé , nous disons que ce n'est pas merveille s'il est chaussetier; de mesme il semble que nous voyons souvent un médecin plus mal médecine, un théologien moins reformé, et coustumierement un sçavant moins suffisant qu'un autre, id. dans lacurne. Voiant que l'empereur avoit chaussé cette opinion, d'aub. flirt, i, 341. Quand on chausse des gants estroits, paré, iv, 2». .... En remparant les murailles avec de fine argile pestrie, dont elles seront chaussées et revestues autant hautement que.... o. de serres, 776. Chausser ses lunettes [regarder avec attention] , oudin. Ne vous moquez pas de mal chaussés, id. Monsieur [dit le connétable de Bourbon] , vous me chaussez les espérons de bien près. — Monseigneur [lui répondit Warthy], vous les avez meilleurs que je ne croyois, mignet, Le connétable de Bourbon, Revue des Deux-Mondes, 1860, t. xxv, p. 901.
— ÊTYM. Picard, caucher; provenç. caussar; catal. calsar ; espagn. calsar; portug. calçar; ital. cahare; du latin calceare, de calceus, soulier (voy. chausses).
CHAUSSES (chô-s'), s. f. plur. |[ 1° Ancienne espèce de vêtement. Les chausses étaient un caleçon ; on les appelait haut-de-chausses quand elles n'atteignaient que le genou; la partie qui continuait s'appelait bas de chausses; le pied se nommait chausson. Il 2° Culotte, caleçon. Prendre, mettre ses chausses. Chausses de velours. Je ne trouvai pas à propos de lui faire mettre chausses bas, sév. 492. C'est la première chose qu'ils font de délier leurs chausses, id. 434. || Chausses de page, chausses courtes et plissées que portaient les pages et qu'on appelait aussi trousses. Prendre les chausses, quitter les chausses, se disait pour entrer dans les pages, cesser d'être page. Le maréchal de Bellefond totalement ridicule, parce qu'il avait négligé de mettre des rubans au bas de ses chausses de page, de sorte que c'était une vraie nudité, sév. 602. || Familièrement. N'avoir pas de chausses, être fort pauvre. Mme de Mailly était une demoiselle de Poitou qui n'avait pas de chausses, fille de St-Hermine, cousin issu de germain de Mme de Maintenon, st-sim. 3, 64. ||Fig. Tirer ses chausses, détaler, s'en aller au plus vite. Et me laissez tirer mes chausses sans murmure, mol. le Dép. i, 4. Oui, Seigneur, ce n'est point raillerie, j'en suis ce qui s'appelle dsgracié; il m'a fallu tirer mes chausses au plus Vite, et jamais vous n'avez vu un emportement pli t* brusque que le sien, id. la Princ. d'Él. v, 4. }jt. conversation finirait mal, ne l'entamons point, tirons nos chausses, dancourt, Vacances, i, 4. || Familièrement. Elle porte les
chausses, se di t d'une femme qui est maltresse dans la maison. Sa femme [au fils de Saumery] était une grande créature qui portait les chausses et devant qui il n'osait pas souffler, st-sim. 7), (72. On dit plus souvent aujourd'hui porter la culotte ou les culottes. || Très-familièrement. Tenirquelqu'unaucul et aux chausses, le serrer de si près qu'il ne peut s'échapper, et aussi examiner de près sa conduite, en dire tout le mal qu'elle mérite. Je vous dirai franchement que l'on n'est point plus ravi que de vous tenir auculetaux chausses, mol. l'Avare, m, 6. || Être après les chausses de quelqu'un, le poursuivre vivement. Ils étaient une douzaine de possédés après mes chausses, mol. Pourc. H, 4. || Prendre son cul pour ses chausses, se méprendre grossièrement. || Faire dans ses chausses, avoir une grande peur. || Il a la clef de ses chausses, se disait d'un jeune homme qui était hors d'âge de recevoir le fouet.
hist. xii* s. Chauces de fer blanches corne
auqueton, Ronc. p. 182. Chauces de paile qui mult font à proisier, Raoul de C. 21 9. || xm' s. Quiconques est chauciers à Paris, il puet fere chauces de soie et de toile, sanz chaux [souliers] et chauçons, Liv. des met. 139. || xiv* s. X Jehan de Saumur, cordouanier, pour avoir semelé des paires de chausses, au pris de six sous la paire, labobde, Émaux, 210. || xv* s. Souliers, chausses à housser, bottines, espérons, froiss. n, m, 35. Ceux de Mortaigne n'avoient ni chausses, ni souliers au pied, id. ii, h, 30. Il avoit prins son père prisonnier à ung soir comme il se vouloit aller coucher, et mené cinq lieues d'Allemaigne à pied sans chausses par uu temps très froit, comm. iv, t.
— ÉTYM. Wallon, chase; namur. chause; rouchi, eauche; picard, cauehes, keuches, chausses, bas; norm. cauehes, bas; provenç. calsa, caussa ; catal. calsas; espagn. calsa; portug. calças; ital. calzo, calia ; du latin calceus, qui est devenu féminin dans les langues romanes; cependant l'italien a calzo, et le vieux français dit quelquefois chaux, s. m. Il y avait, comme on voit à l'historique, des chausses de fer, sorte d'armure.
CHACSSETIER (chô-se-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie : des chô-se-tié-z et ....), s. m. Celui qui fait ou qui vend des bas et autres articles de bonneterie.
— HIST. xv* s. Coupe Noie, clerc des eschevins, qui estoit chaussetier, ayant grand crédit avec le peuple, comm. vi, 7. ||xvi» s. Ce tailleur avoit une fois fait un manteau, d'un fin gris de Rouen, à un sien compère chaussetier, desper. Contes, xlviu.
— Étym. Chaussette.
CHAUSSK-TRAPE (chô-se-lra-p'), s. f. || 1° Machine de fer, qui sert de piège pour prendre des loups et d'autres bêtes. || 2° Terme de guerre. Fer à plusieurs pointes aiguës, dont quelques-unes s'élèvent, et qu'on sème dans un champ pour fermer les passages à la cavalerie. || 3° Terme de botanique. Chausse-trape laineuse, ou chardon étoile, plante dont les fleurs sont armées d'épines (centaurea calcitrapa, £.). || Auplur. Des chausse-trapes : carie sens est une trappe qui chausse, qui saisit; ce qui montre qu'il en est ainsi et que ce n'est pas chausser, mettre en place une trappe, c'est que le mot est féminin; s'il s'agissait de chausser une trappe, le mot serait masculin , comme il l'est dans les mots de ce genre : un porte-montre.
— rem. Trappe s'écrivant avec deux p, on ne voit pas pourquoi, dans chausse-trape, il n'y en a qu'un.
— HIST. xv* s. Et, ce fait, se despartirent les meurtriers, gectant après eulx des chauces-trappes par les rues, doubtans poursuite, Geste des nobles, viriville, f" 114. Et y doit on mètre pieux agus, chauche-trapes, et garnisons, encombrans à ceulx qui là se vouldroient dévaler, christ, de pisan, Charles V, n, ch. 28. Mais d'orties et ronces y a tant, Cauppetrapes et lierre qui pourpraint, Qu'à l'essarber sa chevance gasta, e. desch. Bail. Le jardinier. || xvi* s. Un gué que les Italiens du prince de Nevers avoient enpli de p;anches clouées de cercles et de chausse-trappes, d'aub. Hist. i, 22'J. Chausse trape , autrement carduus stellatus , est plante peu délicate, o. de serres, 6H. Moins de mal en adviendroit es parties controverses marcher sus chausses trappes que de son droict soy déporter en leurs responses etjugemens, rab. l'ant. m, 43. Le jeune Soiplon, lequel accusa aigrement ses soldats de ce qu'ils avoiaut semé des chaussetrapes soubz l'eau à l'endroict du fossé par où ceulx d'une ville qu'il assiegeoit pouvownt faire des sorties sur luy, MONT. II, 95.
— ÉTYM. Chausser, et trappe.
CHAUSSKTTE (cn^-sè-f, i. /, Dan-i-ba*. Chaut- ) seties de laine, de colon. Une paire du chaussettes.
— HIST. xvi- s. Il le fit dtoiaunwt et voyant ses chausses e; pieds nets, avec la petite chaussette bien blanche et déliée, telle chose le confirma d'avantage estre homme à payer quelque bouûe rançon, paré, m, 7(9.
— ÉTYM. Diminutif de chausse.
f CHAUSSINE (chê-si-n'), s. f. Houille sèche propre à la cuisson de la chaux.
— ÉTYM. Chaux.
CHAUSSON (chô-son) , j. m. || 1° Chaussure qui n'enveloppe que le pied, et qu'on met sur ou sous les bas. En se levant, le pli d'un chausson lui a déplu [à Melanthe]; toute la journée sera orageuse, fén. xix, 449. || Un peigne dans un chausson, locution qui s'est dite pour exprimer un élat de fortune chétif ou délabré. [La toilette d'un débauché] Où le luxe mis hors d'arçon Ne montre pour tout équipage Qu'un peigne dedans un chausson, st-amand, dans richelet. M. d'Irval [plus tard dit le comte d'Avaux] est parti pour Lyon; l'équipage de Jean de Paris n'était qu'un peigne dans un chausson au prix du sien, sev. Lettre du 13 mai 1672 (t. n, p. 430, Paris, édit. de 1828). || Fig. Tout son équipage tiendrait dans un chausson, se dit de quelqu'un qui a peu de linge et de hardes. Non baron de qui l'équipage Se transporte dans un chausson, Mais baron d'un haut parentage , chadlif.u , A la duchesse du Maine. || Chaussure d'étoffe ou de lisière que, dans les temps de verglas, on met par-dessus ses souliers, et aussi pour se baigner sur les plages où il y a du galet. || Soulier plat dont on se sert pour faire des armes ou jouer à la paume. || Chaussons de bal, souliers forts légers propres à la danse. || 2° Sorte de pâtisserie contenant ordinairement de la marmelade de pomme. || 3° Sorte de combat où le pied joue un grand rôle, dit aussi savate. Professeur de chausson. Mot populaire.
— HIST. xm" s. Quiconques est chauciers àPaiis, il puet fere chaucer de soie et de toile, sanz chaux [souliers] et sanz chauçons, Liv. des met. 139. || xvi* s. S'ils n'ont garde que leurs chaussons Passent par dessus leurs souliers, L'amant rendu cordelier, p. 683, dans lacurne.
— ÉTYM. Dérivé de chausse; picard, cauchon; espagn. calzones ; ital. calzoni, haut-de-chausses.
CHAUSSURE (chô-su-r'), s. f. || 1" Tout ce qui sert à chausser les pieds. || Fig. Trouver chaussure à son point, ou à son pied, rencontrer juste ce qui convient, et aussi, rencontrer quelqu'un qui peut nous tenir tête. || Fig. Une chaussure à tous pieds, chose banale, doctrine qu'on accommode de manière qu'elle puisse plaire à des esprits très-opposés. || 2° La somme nécessaire pour entretenir quelqu'un de souliers, de bottes, etc. Ma chaussure me coûte tant par an.
— HIST. xiii* s. En Ydumée estandré ge ma chauceûre, Psautier, f°l35. Et la dame s'est devestue De son mantel grant aleûre Et de sa propre chauceùre, ruteb. n, 204. || xvi* s. La chaussure patricienne ne guarit pas de la goutte des pieds, amyot, De la tranq. d'âme, 1. -Qu'ils se desplaisent de celte vilaine chaussure qui montre si à descouvert nos membres occultes [la braguette, dont la forme était si indécente, comme on le voit dans des gravures du temps], mont, i, 338.
— ÉTYM. Chausser; picard, cauchure. Chaussure, chausseùre , répond a un substantif calciatura.
CHAUVE (chfi-v') , adj. ||i° Dont les cheveux sont tombés en totalité ou en partie par l'effet de l'âge ou de la maladie. Chevelu sur le front et chauve par derrière, Régnier, Sat. x. Il n'est tête chauve qui tienne, la font. Fabl. I, 17. Le chef branlant, la tête chauve, beaumarch. Barb. de Sév. n, 13. || S. m. Un chauve. Phèdre dit que deux chauves se battirent pour un peigne qu'ils avaient trouvé, Ceux qui n'ont rien ne laissent pas d'y faire des pertes, et on y arrache les cheveux aux chauves, balz. liv. vi , Utt. 5. || 2° Se dit d'un oiseau qui a la tête dégarnie de plumes. || Se dit d'une graine, d'un fruit dépourvu de poils, d'aigrette, etc. || 3° S. f. Une chauve, veine blanche dans une carrière d'ardoise. || Proverbe. L'occasion est chauve, il est difficile de la bien saisir. Villeroy eut ordre de tenter tout pour le secours de Namur; mais l'occasion, qui est chauve, ne revient plus, st-sim. 31, ioo.
— HIST. xii* s. Il n'i fist joie ne cheveluz ne chauz, Ronc. p. 149. Petiz enfanz eissirent hors de la cited, si l'gaberent, si li distrent : orenvien, dan calf, or en vien, Bots, 351. || xm* s. Ne remest en la ville ne chauf ne chevelu, Berle, cxxxvn. Si vous aviés passé le flum Jordain, vous n'i atende-