GHA
ries ni cauf ni kevelu, Chr. de 7fot'n«, 203. Après mengier, savez que firent; Hastivement se départi ■ revit. Qu'il n'i remist ne bons ne maux, Fors eulx, ne chevelox ne eaux, Tien. 12072. || xvi* s. Tous ayim-nt mieulx estre chenus que devenir chauves, génin, Récréât, t. n, p. 250. De commodité, j'en tirois peu ou rien [de l'argent] : pour avoir plus de moyens de despense , elle [la despense] ne m'en poisoit pas moins; car, comme disoit Bion, autant se fasche le chevelu comme le chauve, qu'on lui arrache le poil, mont, i, 8)5.
— ÉTYM. Provenç. ca(t>, qualv : espagn. et ital. calvo ; du latin calvus. Ne chevelu ne chauf était une locution habituelle dans l'ancienne langue pour dire : âme qui vive.
CHAUVE-SOURIS (chô-ve-sou-ri ; 1'* se lie dans le parler soutenu : la chau-ve-sou-ri-z et la belette), s. f. || 1° Petit mammifère qui a des ailes membraneuses et qui ressemble à la souris par la forme de son corps. Une chauve-souris donna tête baissée Dans un nid de belette.... la font. Fabl. II, 5. || 2° Terme d'architecture. Toile en appei.tis pour garantir des rayons du soleil. || 3° Terme de marine. La partie la plus élevée de la ferrure du gouvernail, s'étendant en ailes, tribord et bâbord de l'étambot. || Au plur. Des chauves-souris.
— REM. La Fontaine a dit souris-chauve : Je connais maint detteur [débiteur] , qui n'est ni sourischauve, Ni buisson, ni canard, ni dans tel cas tombé.... Fabl. xii, 7.
— HIST. xiii* s. Quant ta parole est blanche et ta pensée est fauve, Tu voles en ténèbres comme une soris chauve, J. de meung. Test. 1474. Ce estoit chauve la soriz. Et Pelez li ras ses mariz, Que dant Renaît ot estranglé, Ren. 11866. Samblanz sui faiz à la chauve souriz de leu [lieu] seul , Psautier , f° 120. Quant la chauve suris les vit, Moult li pesa k'od eus n'esteit, marie, Fable 31. X tuz jurs mais en est houniz, Corne fu la chauve souriz, Qui ne deit mes par jur voler, Ni ne deit plus en court parler, id. io.||xiv* s. Deux pots dorez et esmaillez aux chauves soriz, pesant xxi marcs, laboriie, Émaux, 211.
— ÉTYM. Picard, casseuris, caUseuris; wallon, chawe-sori; namur. chau-sori, chèhau-sori; rouchi, queue d'sori. La première idée qui se présente est qu'il s'agit d'une souris chauve, cet animal ayant pu être ainsi nommé à cause que ses ailes n'ont pas de plumes ; mais Grandgagnage fait remarquer que les formes wallones veulent dire souris-chouette; de sorte qu'il y aurait là une paronymie qui aurait changé chawe, chouette, en chauve. Mais ce qui empêche d'admettre cette opinion, c'est que chauve souris se trouve dans les plus anciens textes sans variante, ce qui ne serait pas si chauve était une corruption de quelque autre mot.
CHAUVETË (chô-ve-té) ,s. f. Calvitie. || Il est vieux.
— HIST. xvi* s. Oraison de Synese à la louange de la chauveté , ddverdier, Bibl. p. 81, dans lacurne.
— ÉTYM. Chauve.
t CHAUVIN (chô-vin), s. m. Nom d'un personnage de quelques dessins populaires qui , exprimant des sentiments d'un patriotisme aveugle et étroit au sujet des succès et des revers de Napoléon I", est devenu le nom de celui qui a des sentiments exagérés et ridicules de patriotisme et de guerre. C'est tenir un langage de chauvin.
f CHAUVINISME (chô-vi-ni-sm'), s. m. Sentiments du chauvin. Moi qui suis toujours si fière de me montrer en public à côté d'une gloire militaire!... — Le mariage t'a jetée dans le chauvinisme, comme ils disent, bayard et dumanoir, les Aides de camp, se. 2.
CHAUVIR (chô-vir), je chauvis, tu chauvis, .'. chauvit, nous chauvons, vous chauvez, ils chauvent; je chauvais; je chauvis, nous chauvîmes; je chauvirai; je chauvirais, v. n. Usité seulementdans cette locution : chauvir de l'oreille, chauvir des oreilles, dresser les oreilles, en parlant des animaux qui ont le i oreilles longues et pointues, tels que les ânes et les mulets. || Fig. D'un fardeau si pesant ayant l'âme grevée. Je chauvis de l'oreille ot demeurant pensif.... Régnier, Sat. vin.
— HIST. xvi* s. Ils baislent aux mousches romme veaulx de disme, chauvent des aureilles comme asnes d'Arcadye on chant des musiciens, rab. Pant. m, Prol. Baislans aux mousches, chouans des aureilles comme ung asne d'Arcadie on chant des musiciens, m. ib. v, Prol. Plaine mangeoire d'avoyne, laquelle quand les guarsons d'estable cribloyent, il leur chauvoyt les aureilles, leur signifiant que il ne le mangeroyt que trop sans cribler, id. t'o. v, 7
CHE
Tout ainsi que l'on voit en un plaisant festin Le compaignon gaillard qui se gorge de vin, Il le taste d'entrée, il chauvit de l'oreille, Et peu a peu gayment en beuvant se resveille, pasquier, OEuv. meslées, p. 4)8, dans lacurne.
— ÉTYM. Rabelais dit chauver ou chouer ; ce qui rend très-probable que chauvir, chauver ou chouer viennent de chowe ou choe , ancien nom de la chnuetle (voy. ce nom), et désignent ce mouvement des plumes, particulier à la chouette, qui figure des oreilles comme celles du chat.
CHAUX (chô; l'x ne se lie pas; de la chô et du salile; Chifflet, Gramm. p. 218, fait même remarque), s. f. || 1" Substance très-répandue dans la nature, surtout en combinaison avec l'acide carbonique qui forme avec elle la pierre à bâtir et les marbres, ou avec l'acide sulfurique qui forme avec elle le gypse ou pierre à plâtre. |j Chaux vive, celle qu'on a débarrassée de son acide carbonique en la chauffant à grand feu dans des fours à chaux. || Pierre à chaux, fragments ou morceaux de marbre et plutôt encore de pierre à bâtir commune qu'on veut réduire à l'état de chaux vive. || Chaux hydratée, chaux vive sur laquelle on a versé de l'eau, qui l'échauffé, la dissout et forme avec elle une pâte fine et blanche douée de qualités alcalines très-énergiqui's. || Chaux éteinte, c'est la même chose que la chaux hydratée, lorsqu'elle est refroidie. C'est avec la chaux éteinte et le sable qu'on forme le mortier le plus solide. Bâtir à chaux et à sable, bâtir trèssolidement. || Chaux hydraulique, celle qui durcit sous l'eau. || Chaux maigre, celle qui n'augmente pas au contact de l'eau. On dit dans le sens opposé chauxgrasse. || 2° Lait de chaux, blanc de chaux, chaux éteinte étendue d'assez d'eau pour s'étaler avec le pinceau et couvrir les murs comme un badigeon. || Eau de chaux, eau qui tient de la chaux en dissolution. || 8° Terme de chimie. Protoxyde de calcium, alcali qu'on obtient en calcinant les carbonates calcaires naturels. || Dans l'ancienne chimie, chaux métalliques, tous les oxydes métalliques, de couleur plus ou moins blanche, obtenus en exposant les métaux à l'action du feu. || Proverbe. Cela est fait à chaux et à ciment, ou à chaux et à salile, se dit d'une affaire qui est faite solidement, avec toutes les formalités nécessaires. Etait à lui par hyménée Conjointe à chaux et à ciment, scarron, Virg. travesti, dans leroux, Dict. comique.
— H1ST. xii* s. E il fist cax et pierre atraire, Rou, <02tt. || xiu' s. Et fist porter à tous communément la chaut et le mortier, h. de valenc. xi. Cil des vaissiaus lor jettoient chau vive es ielx, id. xxxn. L'en doit conter à droiture d'une teneure, puiser et abruver ses bestes, et droiture de pestre là, si et de fere i la chous, et de sablon foïr, Liv. de just. m. Boine chauc vive, alebrant, f° 34. || xv s. Mais sa conséquence et sa preuve Ne tiennent à chaulx ne à sablon, coquillart, Plaidoyer de la simple et de la rusée, || xvie s. Et mettras en l'eaue quelque quantité de chaux esteinte pour mieux les blanchir, paré, iv, chap. compl. Prenez chaux vive lavée par neuf fois, puis incorporée avec onguent rosat, id. x, ». Si très fort a esté cassé [le fondement de la justice] , Qu'il ne tient ne à chaux ne à sable, l'Ancien monde gottic, dans fabre, Études sur la Basoche, p. 272.
— ÉTYM. Wallon, chdse; namur. chause; rouchi, cauche; picard, keuche, keux, caus; provenç. calz, caus, quaus; catal. cals; espagn. et portug. cal; ital. calce; du latin calx, cakis.
t CHAVANT (cha-van) , s. m. Un de3 noms vulgaires de la hulotte.
— ÉTYM. Radical chav ou chau, le même qui se trouve dans chouette (voy. ce mot et aussi chathvjant à l'étymologie).
CHAVIRÉ, ÉE (cha-vi-ré, rée), part, passé. Une barque chavirée.
t CHAVIREMENT (cha-vi-re-man), s. m. Terme de marine. Action de chavirer; état d'un vaisseau qui chavire. Le chavirement de l'embarcation.
— étym. Chavirer.
CHAVIRER (cha-vi-ré), v. n. Terme de marine. || 1* Etre tourné sens dessus dessous. La barque chavira. Nous fûmes deux fois près de chavirer, chateaub. llin. 26.. || Fig. et familièrement, mal tourner, ne pas réussir. Un jeune homme chavire quelquefois au début de la vie. Ce négociant a chaviré. || 2° V. a. Terme de marine. Retourner un objet, le mettre sens dessus dessous.
— REM. Chavirer se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action : le navire a chaviré par un coup de lame ; avec l'auxiliaire être, qennd on veut exprimer l'état : le navire est chaviré.
— ÉTYM. Cha ou ca pour cap, cher, me rvoy. chef), et virer.
+ CHAVOCHE (cha-vo-ch'), i. f. Un des noms vulgaire de la chevêche.
— ÉTYM. Voy. CHEVÊCHE.
t CHAVBEAU (cha-vrô), s. m. Sorte de bêche triangulaire et un peu courbée.
— ÉTYM. Sans doute l'ancien français chaver, creuser.
t CHEAUS (che-ô), s. m. plur. Terme de chasse. Les petits du loup, du chien et du renard.
— HtST. xin* s. Car après vinrent li chael, Et li venieres les semont, Ren. t. i, p. 92.
— ÉTYM. Provenç. cadel; catal. cadell; ital. catello; du latin catellus, diminutif de canis (voy. cuif.n).
CHEBEC (che-bèk), s. m. Terme de marine. Bâtiment à trois mâts de la Méditerranée, allant à voiles et à rames.
— ÉTYM. Ano. franc, chabek; espagn. jabeque; anc. portug. enxabeque; port. mod. enxaveque, xaveco, chaveco; ital. sciabecco, stambecco, xambecco; génois, sciabeca; tous mots qui signifient chebec, et dont l'origine est ignorée.
CHEF (chef; au pluriel 1'* ne se lie pas : les chef et les soldats ; cependant quelques-uns lient : les chèf-z et les soldats), s. m. || i°Tête. Le chef de saint Jean-Baptiste. Et que peut plus un corps dont le chef est àbas?ROTR. StGen.v, 2. Je veille sur les miens, mes soucis les conservent, Comme la chef a soin des membres qui le servent, corn. Cid, n, 7. Le corps n'est non plus vivant sans le chef que le chef sans le corps, pasc. Pensées, H, t7. Et son chef couronné De cent fleurs de lis d'or, Régnier, Épit. i. C'est sous cette croix terrible qu'elle baisse son chei sacré, mass. Car. Passion. La marque effroyable de royauté dont on l'a couronné déchire son chef auguste, id. ib. L'onction fut répandue sur son chef sacré, id. Or. [un. Villeroy. Le chef orné de longs cheveux en tresses, volt. Ingénu, t. Je creusai à mon général une fosse profonde, j'y réunis le tronc et le chef de Maurice, chateaub. Mart. 230. || Par mon chef, sorte de jurement autrefois en usage et qui, signifiant par ma tête, exprimequ'onmetsa tête pour garant. Par mon chef, c'est un siècle étrange que le nôtre, mol. l'Étour. i, 6. || Par extension , tête de bétail. Il avait deux cents chefs de brebis. Il est vieux. || 2° Principal. Abbaye chef d'ordre, ou, simplement, chel d'ordre, la principale maison de l'ordre, celle dont les autres dépendent. || Terme de marine. Chef d'eau, synonyme de haute ou pleine mer. || 3° Premier ancêtre. Le chef de la famille des Montmorency. Ma famille eut pour chef Un des fils de Pépin le Bref, bêrang. Carab. || Chef de famille, celui qui tient le premier rang dans une famille. Ce jeune homme, ayant des frères et des soeurs plus jeunes que lui, est devenu, par la mort de son père, chef de famille. || Chef du nom et des armes ou chef de nom et d'armes, celui qui est le premier de la branche aînée d'une grande famille. || Terme de jurisprudence. Du chef, d'où un droit procède. Venir à une succession de son chef. Il a tant de biens du chef de son père. Il a eu cette terre du chef de sa femme. Notre prince a des dépendants, Qui, de leur chef, sont si puissants, Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée, la font. Fabl. i, <2. De son chef il ne devait rien, boss. i, Pass. t. Les enfants sont de leur chef associés à son droit, j. i. rouss. Écon. 3. || De son chef, de son propre mouvement, de son autorité privée. J'ai été voir de mon chef M. de Lamoignon, sév. 492. Vous m'écrivez de votre chef au coin du feu, id. t04. Monsieur, je vous respecte trop pour vous rien dire de mon chef qui vous déplaise, regnard, Sérénade, te. Il met de son chef des règles à tout ce qui nous est prescrit, montesq. Esp. iv, 2. Au lieu de vous dire de mon chef ce que je pense, J. j. rouss. Ém. iv. || 4" Celui qui est à la tête, qui dirige ou commande. Le pape est le chef de l'Église. Les chefs des douze tribus. Ces mutins ont pour chefs les gens de Laodice, corn. Nicom. v, 3. Elle avait encore gagné un maire de Londres dont le crédit était grand, et plusieurs autres chefs de la faction, boss. Reine d'Ânglet. L'homme de la nature est le chef et le roi, boil. Sat. vin. Ils n'attendent qu'un chef contre la tyrannie, rac. Mithr. m, t. Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux, rac. lph. ni, 8. C'est [Benoît XIV] le pape dçs savants; or les savants ne peuvent rien faire de mieux que d'avoir pour leur chef celui qui l'est de l'Église, montesq. Correspond. 48. || Le chef du jury, nom donné par extension à celui qui est désigné le premier pour faire partie du jury et qiù doit porter la parole pour
dire oui ou non. || Chef, en parlant d'une femme. En mémoire de cet événement [l'affaire du Pruth], il voulut que la czarine instituât l'ordre de Ste-Catherine dont elle serait chef et où il n'entrerait que des femmes, fonten. Cxar Pierre. || 5° Général d'armée. Il est du devoir d'un bon chef.... C'est ce qu'a vu notre siècle; et, ce qui est encore plus grand , il a vu un roi se servir de ces deux grands chefs [Condé ot Turenne] , et profiter du secours du ciel, boss. Louis de Ronrbon. De là vient ce parfait concert qui fait agir les armées comme un seul corps, ou, pour parler avec l'Écriture, comme un seul homme; pourquoi comme un seul homme? parce que, sous un même chef qui connaît et les soldats et les chefs comme ses bras et ses mains, tout est également vif et mesuré, boss. ib. || Los officiers des différents grades. Obéir à ses chefs. Cette ardeur qui des chefs passe aux moindres soblats Anime tous les coeurs, fait agir tous les bras, corn. Les victoires du roi. || Chef de corps, colonel dans l'infanterie, chef de bataillon dans les chasseurs de Vincennes, etc. Le ministre enjoint aux chefs de corps.... || Chef d'escadron, de bataillon, officier qui commande un escadron, un bataillon. || Chef de poste, celui qui commande un poste. || Chef d'escadre, autrefois officier supérieur de marine qu'on nomme aujourd'hui contre-amiral. || 6° Terme d'artillerie. Chef de pièce, l'artilleur qui dirige la manœuvre d'une pièce et qui la pointe. || 7° Chef do file, l'hommequi est le premier d'une file dfgens de guerre à pied ou à cheval. || Terme de marine. Le vaisseau qui est le premier de la ligne de bataille , qui tient la tête de l'armée. || Fig. Chef de file, meneur. C'est lui qui est le chef de file de tous ces gens-là. || 8° Terme d'administration. Chef de division, de bureau, celui qui dirige le travail des employêsd'une division, d'un bureau. || Anciennement, chef de pont, synonyme de chableur. || 9° Dans l'industrie, chef d'atelier, celui qui dirige les travaux d'un atelier. || Chef industriel , chef d'industrie, chef d'un grand établissement industriel. || Terme de corderie. Chef de roue , celui qui conduit la roue. || 10" Au théâtre, chef d'emploi, celui qui remplit en chef les rôles de même caractère. || Chef d'orchestre, celui qui dirige un orchestre. || Chef d'attaque, musicien chargé de conduire les chanteurs qui, dans un chœur, chantent la même partie. Les chefs d'attaque marquent les entrées, || 11" Dans les choses de la bouche, chef d'office, de cuisine, et, absolument, chef, celui qui présida à l'office, à la cuisine. ||Dans quelques cours, che* de gobelet, chef de fruiterie, le principal officier di gobelet, de la fruiterie. || 12° En chef, loc. adv. En qualité de chef. Ingénieur en chef. Ayant commandé des armées en chef, sév. t34. |J Etre, travailler en chef dans une affaire, avoir la principale direction. || 13° Article, division, point en discussion. J'ai réduit ce grand sujet à trois chefs, boss. Aumône, 4. On peut classer la littérature sous ces trois chefs principaux : philosophie, histoire, éloquence, chateaub. Génie, m, n, i. Ces lois avaient plusieurs chefs et l'on enconnaît trente-cinq, montesq. Espr. xxiii, 2t. Les chefs d'une requête, patru , Piot'd. *, dans richelet. Voilà comme il parle sur tous ces chefs , et c'est sur quoi je m'imagine qu'il croit avoir le pouvoir de résister à la grâce, pascal, Prou. )8. Si l'ambassadeur est lésé dans quelques chefs qui ont été réglés, la bruy. x. Elle n'approuvait pas la réformation d'Edouard en tous ses chefs, boss. Tar. 10. Ils vivaient sous la foi des anciennes prophéties qu'ils avaient vues s'accomplir si précisément à leurs yeux en tant de chefs, id. Hist. a, 5. Il y a grande apparence que vous gagnerez un chef de votre procès, volt. Dial. 2. j 14° Point d'accusation. L'accusation se réduisait à deux chefs, boss. Conc. L'auteur ne dit rien sur ce dernier chef d'accusation, id. Préf. Un de leurs plus grands chefs d'accusation et où ils insistaient le plus était celui-ci.... pasc. Prov. 19. || Crime de lèse-majesté au premier chef, attentat, conspiration contre la personne du prince. Crime de lèse-majesté au second chef, attentat contre l'autorité du prince ou contre l'intérêt de l'État. Les crimes de lèse-majesté au premier chef, pasc. Prov. 14. Dans le cas du crime de lèse-majesté au premier chef, montesq. Espr. v, 15. || Fig. Attaquer ce préjugé, crime de lèsomajestéau premier chef, dider. Princ. de polit. 68. || 16° Terme de manufacture. La tête d'une étoffe, le bout par lequel on a commencé à la fabriquer. || Terme de chirurgie. Les chefs d'une bande, le * bouts, les extrémités de la bande. || Fig. Venir à chef, venir à bout.... aucun d'eux ne put veniràchef De son dessein, la font. Rem. Jean Chatel n'a pa*
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mis à chef son entreprise, volt. Mœurs, 174. Il pense mettre à chef quelque belle entreprise, Régnier, Sat. ix. Cette tournure a vieilli , et venir à bout la remplace généralement. |j 16° Morceau de pâte réservé pour servir de levain. || Côte à pic d'une carrière. || La partie du devant d'un bateau. || 17° Terme dépêche. Chef de brème, brème rouge. || 18° En termes de blason, le chef est une pièce honorable qui occupe le tiers le plus haut de l'écu. La qualité en est déterminée par quelque autre mot, comme chef paie, chef bandé, etc.
— HIST. x° s. Ad une spede [il] li roveret [commanda] tolir, lo chief [tète], Eulalie. Un edre [lierre] sore sen cheve, Fragm. de Valenc. p. 468. ||xr" s. Assez est miex qu'il i perdent les chefs [tètes], Ch. de Roi. m. Dist l'archevesque : je irai, par mon chef [par ma tête] 1 t'6. lxii. Je lui toldrai la courone du chef, t'6. clxxxix. Et si [il] chevauche au premier chef davant, ib. ccxxx. || xn' s. Au chef [sommet] d'une montagne, Ronc. p. 4. Clina son chief, ib. p. 7. En chief [tête] li lacent un haume poitevin, Ronc. p. 60. D'un chief en autre [de bout en bout] [il] lui a fraite [la targe] et croisie, t'6. p. 68. Si chevauchez au primer chef devant, ib. p. 4 34. Les chez floris, mainte barbe i ont blance, ib. p. 1 34. Et son col blanc, son chief blond et luisant, Couci, v. A chief de tour [après tout] foloient li plus sage, ouesnes, Komancero, p. 86. Li uns consoille l'autre à quel chef pourront traire [à quelle fin ils pourront arriver] , Sax. xxxi. Il n'en venront à chief, mes cuers le senefie [l'annonce] , ib. xxxn. E Adam e li clerc nen unt chief se deu nun, Th. le mart, 32. Bien vaigniés, dame, ce li a dit li rois. Diex vos saut, sire, dist la dame au chief blois, Raoul de C. 265. || xm« s. Perdue avoit la veue par une plaie qu'il avoit eue el chief, villeh. xl. Adonc pristrent un parlement au chief [à la fin] du mois à Soissons, in. xxv. Tel couronne [elle] ot ou chief, qui moût lui atalente, Berte, x. Dort la roïne Berte, sous son chief une pierre, ib. XL. Ce fu par un lundi, au chief de la semaine, t'6. l. Ains que de ceste chose à bon chief [nous] ne venons, ib. lxxvii. Par la lance saint Jacques! dist li rois, fai ent cou qu'il te plaist: mais je croi que tu n'en venras à cief; car Englois sont traïtour et félon, Ch. de Rains, 164. Et avint que Miles li esleus de Biauvais qui estoit ciés d'eaus [eux], s'en vot revenir en Franche, ib. 4 03. Mes le sens, qui le vuet acquerre, Tant cum il puet vivre sor terre, Fait à son mestre compaignie, Et miex vaut au chief [bout] de sa vie Qu'il ne fist au commencement, la Rose, 83G4. X chief de pièce [à la fin], ib. 2301. Nus ne vit oiiques nului qui en uzast, qui en venist onques à bon quief, beaum. xi, 26. Et cil afere fust renvoiez de chief au roi, por ce qu'il ne fust pas prové que le conseil à l'autre fust requis en tens convenable, Liv. dejust. 48. Le chief seignor dou reiaume de Jérusalem peut fié [fief] douer dou domaine de sa seignorie, Ass. de J.i, 216. Quant il se retournoit et veoit que les Turs estaient entrés par l'autre chief [bout], il leur recourait sus l'espée au poing et les en chaçoit, joinv. 26». Le royetnousalames jusques au chief [au bout] du courtil, m. 286. Au chief de ixjours, les cors de nos gens que il avoient tuez vindrent au dcsus de l'yaue, id. 236. Babyloine [le Caire] estait le chief [la capitale] de tout le royaume d'Egypte, id. 219. Le mestre s'agenoilla et tendit le chief de son mantel au roy, et abandonna au roy quanque il avoient à prenre pour s'amende, tele comme il la voudrait deviser [régler], id. 268. ||xv*s. Je la reprendrai [la chevauchée du duc de Lancastre] où je la laissai, car j'ai grand désir de la continuer et mettre à' chef et conter comment elle se fit, froiss. ii, m, 82. Quand le duc d'Anjou vit qu'il n'en viendrait point à chef, id. ii, n, 20. Mais que vous me promettez que du corps mal ne lui ferez. Par mon chef, dit le comte, nennil, id, i, i, 464 . X nud chef, et la hart au col [Eustache de St-Pierre], id. I, i, 32t. Un escu d'azur à un chef d'argent, id. i, i, 34. Sa bannière [du sénéchal de Carcassonne] qui estoit de gueules à un chef d'argent et à deux demi chevrons au chef, id. i, i, 137. Or avint que, lu chef de deux jours, ce tourment [tempête] cessa, id. i, i, 48. Londres qui est le chef d'Angleterre, id. i, i, 23. [Les chevaliers envoyés pour reconnaître les morts rapportent au roi] que onze chefs de princes estoient demeurés sur la place, id. i, i, ^95. Je tiens amans pour folz, ne leur desplaise, De travailler sans riens mener à chef, ch. d'orl. Rondeau. Lequel sembloit aussi bien prince et grant chief de guerre comme nul autre que veisse, comm. i, 6. X chef de pièce [à la fin], ce désiré jour fut assigné, louis xj, Nouv. i. Je ne doute pas que je
n'en vienne bien à chef, m. ib. m. Elle lui va dire, de chef en chef et de bout en bout, tout le fait, m. ib. xiv. Lors lui va conter, de chef en bout, l'avertissement et conseil, id. t'6. xxvi. || xvi* s. Ce dist Paris : je suys le chef de France, J. marot, v, 240. Comme si le chef et principal de toutes vertus eust esté, calv. Jnstit. 4 71. Pour aller veoir Jésus Christ nostre chef, marot, i, 274. Ou si au chef lui trouvez attaché Chappeau de fleurs, qu'il luy soit arraché, id. i, 362. Et n'est doctrine escripte, ne verballe, Qu'un vrai poète au chef ne deust avoir, id. ii, 4 69. Si luy a dit à chef de temps ainsi : Que cherches-tu en ce palais icy? id. iv, 68. Ce jour premier fut la cause et le chef Et de la mort, et de tout le meschef, dubell. iv, 44, recto. Un qui veit à chef de pièce [à la fin] un sien esclave fuitif qui le suivit, la boëtie, 307. Le chef [commandant] d'une place assiégée, mont, i, 23. Celuy qui debvoit conduire l'entreprinse à chef, estait.... id. i, 427. Chrysippus et Zenon, chefs delà secte stoïcque, id. i, 240. Xantippus feit enterrer son chien sur un chef [cap] en la coste de la mer qui en a depuis retenu le nom, id. il, 4 36. De respondre à un propos où il y eust plusieurs divers chefs, il n'est pas en ma puissance, id. m, 64. Sur cette route, au chef [bout] de chasque journée, il y a de beaux palais, id. iv, 26. Leurs lieutenants leur ont mis à chef de grandes entreprinses, id. m, 90. Finablement, ayant conduit l'œuvre totale à chef, amyot, Épit. Par le dénombrement du peuple il fut trouvé cent trente mille chefz contribuans, en ce non compris les enfants orphelins ni les femmes vefves, id. Publ. 23. Au long du port de Piroee à venir de devers le chef [cap] de Alcimus , id. Thém. 68. Ce lieu estoit fatalement destiné pour estre une fois le chef de toute l'Italie, id. Cam. 64. Les longs cheveux de ton beau chef doré, id. Flamin. 25. Pendant qu'il avoit esté seul en chef capitaine, id. Nicias, 38. Peu de jours après se présenta devant le chef [cap] de Caux trente cinq navires anglesches, M. du Bellay, 595. La ligature ou bande retentrice se fait quelques fois avec un chef, ou avec plusieurs, paré, vu, 6.
— étym. Berry, ché ; wallon, ehtf; di chif à cowe, de chef en queue, du commencement à la fin; provenç. cap; espagn. xefe, chef; cabo, bout; ital. capo; du latin caput, tète. Dans le vieux français, nominatif singulier, chés ou chiés; régime, chef.
CHEF-D'OEUVRE (chè-deu-vr"), s. m. || 1° Ouvrage que faisait un aspirant ou une aspirante pour se faire recevoir maître ou maltresse dans le métier qu'ils avaient appris. Les jurés ou les jurées donnaient le chef-d'œuvre à l'aspirant ou à l'aspirante, qui le devaient faire devant un certain nombre de maîtres ou de maîtresses. Qu'il fasse toujours son chef-d'œuvre , et que jamais il ne passe maître, j. J. rouss. Ém. m. Nul artisan n'est agrégé à aucune société ni n'a ses lettres de maîtrise sans faire son chef-d'œuvre, la brdy. Préface ou Disc, à l'Ac. française. Les gens de métier font leurs chefs-d'œuvre à jeun, mais le parasite ne vaut rien s'il n'a mangé, et il fait tous ses chefs-d'œuvre à table, d'ablancourt, Lucien, dialogue du parasite. || Aujourd'hui, ouvrage auquel un ouvrier met tous ses soins, toute son habileté, pour s'en faire honneur. || 2° Œuvre parfaite et très-belle en son genre. Un chef-d'œuvre d'architecture. L'homme est le chef-d'œuvre de la nature. Les chefs-d'œuvre de Corneille. Mais quoi ! c'est un chef-d'œuvre où tout mérite abonde, Un miracle du ciel, une perle du monde, Un esprit adorable à tous autres esprits, malh. vi, 26. On n'a guère vu jusqu'à présent un chef-d'œuvre d'esprit qui soit l'ouvrage de plusieurs, la bruy. i. L'ignorance et l'erreur à ses naissantes pièces [de Molière], En habits de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour diffamer son chef-d'œuvre nouveau, Et secouaient la tète à l'endroit le plus beau, boil. Ép. vu. J'ai eu soin d'avertir plusieurs fois qu'on ne doit juger les grands hommes que par leurs chefsd'œuvre, volt. Leur. Maillet, 20 nov. 4768. La tragédie de Macbeth qu'on regarde comme un chefd'œuvre de Shakspeare, volt. Lettr. Duclos, 25 déc. 4 764. Forçons l'antre funeste où l'on tient enfermé Ce miracle d'amour, ce chef-d'œuvre animé, rotrou, Antig. v, 3. ||3° Fig. Toute œuvre, toute action qui mérite quelque louange. C'est un chefd'œuvre d'avoir réconcilié ces deux adversaires. J'ai fait un chef-d'œuvre : j'ai été voir Mme de Ricouart, sév. 505. Si vous étiez moins hasardeuse, j'aurais plus de repos; mais vous voudrez faire des chefsd'œuvre, passer où jamais carrosse n'a passé, sév. 436. y Un chef-d'œuvre d'habileté, de patience, une œuvre où éclate l'habileté, la patience; et ironique-
ment, un chef-d'œuvre de malice, de bêtise, d'impertinence. Cette harangue était un chef-d'œuvre d'impertinence , balz. dans richelet. || Ironiquement. Un beau chef-d'œuvre, une œuvre, une action dont il n'y a pas lieu de se vanter. Voilà de ses chefs-d'œuvre. La drôlesse, un matin, s'en vint, bon jour, bonne œuvre, Jusqu'à notre maison porter ce beau chef-d'œuvre [un enfant trouvd] , regnard, Démocr. v, 6. Ils vous auront beaucoup d'obligation, et vous avez fait là un beau chefd'œuvre, volt. Platon. H Au plur. Des chefsd'œuvre, c'est-à-dire des choses capitales en fait d'oeuvres.
— REM. Au pluriel , Malherbe a donné une s à chef-d'œuvre : Tous ces chefs-d'œuvresantiques, 11, 2. En poésie, cela pourrait se dire; car, en définitive, des chefs-d'œuvre peuvent être considérés comme des chefs d'oeuvre en général, ou comme des chefs d'œuvres en particulier pour chacune des opérations qui les ont produits.
— HIST. xiii* s. Se li aprentis set faire un chief d'œvre tout sus [seul], Liv. des met. 216. Chief de œvre de deux piaus ne doit noient, t'6. 284 . || xvr s. Ung chef d'ouvraige, J. marot, v, 481. Françoises sont chefs d'oeuvre de nature, id. v, 254. Tu as fait un beau chef d'oeuvre, ayant fait élire consul Lepidus le plus estourdy fol qui soit en toute ceste ville, amyot, Sylla, 70. Et pour ce, sire, estant ceci un chef d'oeuvre [une somme] , et l'amas de tous les travaux d'un de vos serviteurs et sujects, paré, Dédie. L'ame ostée de ce beau chef d'œuvre [le corps], ce n'est plus qu'un vaisseau plein de corruption, id. Au lecteur.
— ÉTYM. Chef, de, œuvre.
CHEFECIER (chè-fe-cié) , s. m. Voy. chevecier.
j CHEFFER1E (chè-fe-rie), s. f. Circonscription dans laquelle un officier du génie exerce ses fonctions.
— ÉTYM. Chef.
CHEF-LIEU (chèf-lieu), s. m. || 1° Autrefois principal manoir d'un seigneur, d'un chef d'ordre. Il 2° Aujourd'hui, ville ou bourg, siège d'une division administrative. Chef-lieu de département ou de préfecture, d'arrondissement, de canton. || Au plur. Des chefs-lieux , c'est-à-dire des lieux qui sont chefs.
— HIST. xvi° s. Le nouveau vassal doit aller trouver son seigneur en son chef lieu, là, demander s'il y est, ou autre pour lui, ayant pouvoir de le recevoir en foi, loysel, 666. Le cheflieu ou maistre manoir [du fief], id. 64 4.
— ÉTYM. Chef, lieu.
t CHÉGROS (ché-grô) , s. m. Terme de cordonnier. Fil enduit de poix.
— étym. Chef, gros.
CHEIK. ou SCIIEIK (chèyk, en une seule syllabe; on l'entend aussi prononcer chèk), *. m. Chef de tribu arabe. Ils jugèrent que mon domestique était le scheik, chateaub. Itinér. 11, 4 03.
— HIST. xiu* s. Il avoient fait chevetain [capitaine] d'un Sarrazin qui avoit à non Scecedin, le filz au seic, joinv. 221.
— ÉTYM. Arabe, scheikh, vieillard.
t CHEIL.... Pour les mots scientifiques composés de cheil.... ytïloç, lèvre, voy. chil....
t CHÉIR.... Pour les mots scientifiques composés dechéir.... xE'Pi main, voy. chir....
f CHÉIROPTÈRE (chéi-ro-ptê-r'), adj. Voy. cmroptêre.
t CHELEM (che-lèm', et, ordinairement, ch'lem), *. m. Coup, au whist et au boston, qui consiste a faire à deux toutes les levées. Je crains un chelem. Il Adj. invariable, signifiant qu'on n'a fait aucune levée. Faire chelem. Nous sommes chelem.
t CHÉHCÈRE (ké-li-sê-r') , s. f. Terme d'entomologie. Nom de deux pièces de la tête des arachnides représentant les antennes intermédiaires des crustacés décapodes.
— ÉTYM. XtjXk] , pince , et xipoc , corne.
CHÉLID01NE (ké-li-doi-n') , s. f. || 1° Terme de botanique. La grande chélidoine, vulgairement nommée éclaire (chelidonium majus, L.), qui croît dans les murailles et les décombres, et contient un suc jaunâtre, caustique, très-amer. || 2° Terme de minéralogie. Pierre précieuse. || Petits cailloux appartenant aux agates, on dit aussi pierres d'hirondelle.
— HIST. xiii' s. Se vus avez as oilz manjue [démangeaison], Dune prenez celidoine et rue, Jfî. St- Jean. || xvi* s. Aussi les guérit le jus de chélidoine, le laitde tithymal, paré, v, 24.
— ÉTYM. XeXiSôvtov, de xe*i8d)v, hirondelle, à cause qu'on disait que l'hirondelle se servait du cette pianle pour renclm la vue à ses petits.
CHE
CIIE
T CHELHIONINE (ké-li-do-ni-n'), s. (■ Terme de chimie, l'rincipe trouvé dans la chélidoine.
t CHELINGUE (che-lin-gh') , s. f. Terme de manne. Bateau à fond plat dont on se sert sur les côtes de l'Inde.
t CHÉLODONTE (ké-lo-don-t'), adj. Terme d'entomologie. Oui a les dents en forma de pince. || S. m. Leschélodontes, famille d'arachnides.
— ÊTYM. XnXr], pince, et 68où<;, dent.
f CHÉLOÏDE (ké-lo-ï-d'), s. f. Terme de chirurgie. Tumeur irréguliere qui a le plus ordinairement son siège sur la partie antérieure de la poitrine, et qui offre souvent des digitations.
— ETYM. Xï|Xirj, pince d'écrevisse, et eïSo;, forme. L'étymologie montre que l'orthographe kéloide qu'on trouve quelquefois est mauvaise.
t CHËLON1EN (ké-lo-niin), s. m. Terme de zoologie. Ordre premier delà classe des reptiles, auquel la tortue a donné son nom et qui renferme les reptiles quadrupèdes à queue rudirnetitaire pourvus d'une carapace.
— ÊTYM. XsXûvri, tortue.
t CHÉLONITE (ké-lo-ni-f), s. f. Tortue pétrifiée, pierre de tortue.
— ÊTYM. Xe)wvï|.
t CHÉLONOGRAPHE (ké-lo-no-gra-f) , ». m. Naturaliste qui s'occupe particulièrement des tortues.
— ÊTYM. XeXiàvï], tortue, etypâçeiv, décrire.
t CHÉLONOGRAPHIE (ké-lo-no-gra-fie) , s. f. Description des tortues.
t CHÉLONOPUAGE (ké-lo-no-fa-j') , ad). Qui vit t!e tortues, qui mange des tortues.
— ÊTYM. XsXmvyi, tortue, etçayeîv, manger.
t CBÉLOPODE (ké-lo-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pieds armés d'ongles crochus.
— ETYM. Xr)X9), pince, et «où;, rcoôô;, pied.
t CHELOUP (che-loup'), s. m. Terme de marine. r»tit navire cahoteur.
— ÊTYM. Forme altérée de sloop.
CHËMER (SE) (chê-mé), 9. réfl. Maigrir, tomber en chartre. Voilà un enfantqui sechême. Vieilli.
— HIST. xin" s. Mais je feroye à Karle l'ame du cors semer, Les quatre fils Aymon , v. 500.
— ÊTYM. Berry, semer, sener, cener, couper, châtrer ; provenç. semar , priver, sem, privé; anc. catal. sem, privé; ital. scemare, diminuer, amoindrir; scemo, anciennement semo, amoindri: piémontais, semé; bas-latin, semus, mutilé, simare, semare, mutiler; sematioeiscematio, mutilation ;du latin semis, demi; de sorte que chemer, semer, semar, scemare, c'est proprement réduire à moitié. On remarquera le changement de Vs latine en ch ou se.
t C11EMÉRAGE (che-mé-ra-j'), s. m. Terme de droit féodal. Droit d'aînesse en vertu duquel les puînés tenaient de l'alné leur portion ds fief en hommage.
— ÊTYM. Chemier.
t CHEMIER (che-mié), s. m. Terme de droit féodal. L'aîné d'une famille noble qui jouissait du chemérage.
— ETYM. Contraction de chef premier.
CHEMIN (che-min), s. m. || 1° Toute voie qu'on
peut parcourir pour aller d'un lieu à un autre. Se détourner de son chemin. Un chemin facile. Enseigner, montrer à quelqu'un son chemin. Hamilton se trouvant sur son chemin.... il la prit dans son carrosse, hamilt. Gramm. 9. Quelque chemin qu'il tienne, il trouve des combats, malh. v, 2. Le reste m'a suivi par un autre chemin, hac. Baj. v, 8 Prends ton chemin vers Suse, id. Esth. I, 4. Les rois d'Assyrie apprirent le chemin de la terre sainte, i oss. Hist. i, 7. Et si l'envoyé moscovite à Vienne n'avait adroitement fait évader ces malheureux par divers chemins, ils étaient tous livrés à leurs ennemi», volt. Charles XII, 3. || Le bon chemin, le chemin qui conduit où l'on veut aller; le mauvais chemin, celui qui n'y conduit pas; et figurément , bonne conduite, mauvaise conduite. Qu'il est aimable 1 qu'il prend un bon chemin! sêv. 656. Elle crut en avoir assez fait pour le mettre dans le bon chemin, ha- «et. Gramm. 4. Elle se peut vanter d'être dans le lion chemin de laconvalescence . sév. 34 8. || Par voie et par chemin, pai tous les chemins qui s'offrent. Courir par voie et par chemin, aller de tous les côtés, beaucoup courir. L'ambitieux, ou, si l'on veut, l'avare, S'en va par voie et par chemin, la font. Fab. vn, 12. ||Le chemin du paradis , un chemin étroit, un défilé où l'on ne va qu'un à un. || Sur les chemins, en route, en voyage. Sur les chemins que t'est-il arrivé? mol. Âmph. H, i. || Être en chemin, aller vers; se mettre en chemin, partir, se tendre isa destination. Sans oser répliquer, enche-
min se remirent, la font. Fab. iv, 12. Le roi est en chemin avec toute son armée, sév. 440. Elle ne peut pas se mettre en chemin, id. 13. Cette nuit en longueur me semble sans pareillo; 11 faut, depuis le temps que je suis en chemin.... mol. Amph. i, 2. Louise, une fleur à la main, Avec Lisbeth sa douce amie. Un jour s'était mise en chemin, mii.i.f.v. La fleur du souvenir. || Passer son chemin, continuer son chemin. Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez, la font. Fab. m, I. || Cet homme est toujours par chemin, se dit d'un homme qui est toujours hors de chez lui. || Tenir le chemin de, aller vers. Gentilshommes,cavaliers, fantassins qui tous tenaient le chemin de la cour, akqvvt. Ligue, I, 246. || Figurément, il tient le chemin de la ruine. || Absolument. Il ne tient point de chemin, il va à travers champs. || Prendre le chemin de, se diriger vers. L'armée prit le chemin de l'Italie. Voilà le beau monde qui prend le chemin de nous venir voir, mol. Préc. ridic. 12. || Figurément. Prendre le chemin de, tendre à, être sur la voie de. Ne vous souvient-il pas d'un certain mois de septembre que vous trouviez qui ne prenait point le chemin de faire jamais place au mois d'octobre? sév. 63. Si ma tante prenait le chemin de languir, je partirais, id. 437. Votre santé prend le chemin de se rétablir, id. 333. Il prend le chemin d'aller bien loin, id. 548. M. de Luxembourg prend le cheminde garder sa Flandre, id. 2) 9. Nous ne prenons guère le chemin de nous rendre sages, mol. Impr. 3. || Ouvrir le chemin d'un pays, en procurer l'accès. Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie, corn. Nie. v, 6. || Fig. Le chemin est encore ouvert au repentir, hac. Baj. u, 4. Ce qui ouvre le chemin à toute illusion, boss. Or. 10. Ce qui ouvTait le chemin à l'impénitence, m. Var. 1 . || Couper le chemin, intercepter le passage. Il fait signe aux siens de couper le chemin à Adraste, fén. Tél. xi. || Fig. X tous nos démêlés coupons chemin de grâce, mol. Mis. il, 1. Pour couper tout chemin à nous rapatrier, id. le Dép. îv, 4. || Croiser le chemin, venir dans un chemin par une traverse; et figurément, faire obstacle, déranger. N'admirez-vous pas la bizarre disposition des choses et de quelle manière elles viennent croiser notre chemin? sév. dans le Dict. de dochez. || Familièrement. N'y pas aller par quatre chemins, s'expliquer sans détours et sans ménagements. || Trouver une pierre ou des pierres en son chemin, rencontrer des obstacles à ses desseins. Dans un sens analogue : Il est bien barbare de trouver ce devoir sur mon chemin, lorsque je suis prête à vous aller voir, sév. 4 33. || Fig. et ironiquement. Mener quelqu'un par un chemin où il n'y a pas de pierres, le mener rondement, le traiter durement. || Fig. U me trouvera en son chemin, ou je le trouverai en mon chemin, je trouverai occasion de le contrecarrer. Il ne faisait pas bon se trouver sur son chemin, hamilt. Gramm. 8. || Fig. Je lui ferai voir bien du chemin, c'est-à-dire il n'en est pas avec moi où il en croit être, je lui opposerai des difficultés auxquelles il ne s'attend pas. || Fig. Prendre le chemin de l'école ou des écoliers, le chemin ou le moyen le pluslong. || Montrer le chemin aux autres, leur donner l'exemple. Il est ravi de montrer le chemin aux autres, sév. 524. || S'arrêter en beau chemin, à mi-chemin, s'arrêter en voie de succès. De là, ils vont plus avant, et ne le laissent pas en si beau chemin, balz. T" dise. s. la cour. Ils ne demeurèrent pas en si beau chemin, boss. Var. 3. Ne vous arrêtez pas en si beau chemin, id. Bén. 2. Il faut ne pas porter en soimême une conscience et des scrupules qui vous arrêtent à moitié chemin, stael, Allemagne, I, ch. 2. Mœurs. || L'affaire est en bon chemin. || Aller le droit chemin, procéder avec droiture et franchise. || Aller toujours son chemin, continuer, poursuivre son affaire, sans se laisser arrêter ni influencer. J'irai toujours mon chemin, sév. 649. Il n'en faut pas moins aller son chemin en foi, boss. Lett. abb. 196. || Familièrement. Aller son petit bonhomme de chemin, mener ses affaires adroitement et sans éclat. Il Chemin de carrière, le puits par lequel on descend dans une carrière, ou l'ouverture que l'on fait dans une montagne pour en tirer de la pierre ou du marbre. || Terme de manège. Entamer le chemin, commencer à galoper. Manger le chemin, avancer trop rapidement. || i° En particulier, route construite pour aller d'un lieu à un autre. Chemin battu, frayé. Les chemins sont affreux dans ce pays. Il suivait tout pensif le chemin de Mycènes, bac. Phèd. v, 6. Je vous écrirai des chemins [en route], sév. 288. Je vous écrirai par les chemins, id. 24 6. Je fuyais avec lui le fer des assassins Qui de Rome sanglante inondaient les chemins, volt.
Triumv. n, 4. || Grand chemin, grande voie cfa communication. Pour assassiner le monde et pom voler sur les grands chemins, pasc. Récit. || Fier. Suivre le grand chemin, le chemin battu, s'en tenir aux moyens connus, aux usages établis. En quelque lieu qu'il aille, il ne peut jamais aller par le grand chemin, balz. le Barbon. Je vais le grand chemin que mon oncle m'apprit, Régnier, Sat. a. Je me trouve fort bien d'aller mon grand chemin , sév. 223. Nos pères qui vivaient dans un siècle peu fin, Ne voulaient qu'amour et simplesse, Et sur le fait de la tendresse Allaient toujours leur grand chemin, lafare, Ballade. || Aller son grand chemin, en parlant d'une chose qui s'accomplit sans peine.... tels traités allaient leur grand chemin, la font. Troq. || Aller son grand chemin, n'entendre point de finesse à ce qu'on fait , à ce qu'on dit. || Familièrement. Le grand chemin des vaches, le chemin des vaches, les chemins où l'on va par terre; et figurément, l'usage commun et ordinaire. || Familièrement. Vieux comme les chemins, fort vieux, très-connu. Tout décrépit que vous êtes, on ne dira pas que vous êtes vieux comme un chemin, volt. Lett. Choiseul, 16 mars 1768. Puis il faut vous dire que je suis découragé, affligé, malade, vieux comme un chemin, id. Lett. d'Argental, 26 sept. 1773. || Chemin de traverse, chemin qui coupe à travers la campagne et s'écarte du grand chemin. || Chemin vicinal, chemin qui sert aux communications de voisinage. || Chemin de déblai ou d'exploitation rurale, chemin qui fait communiquer la ferme aux pièces d'un domaine. || Chemin ferré , chemin formé d'un mélange de cailloux ou d'éclats de pierre et de sable graveleux , et bordé de grosses pierres. H Chemin de fer, voie formée de deux rails ou bandes de fer parallèles, sur lesquelles roulent des wagons. || Chemin de halage, chemin sur la bord d'un cours d'eau, pour le passage des chevaux qui halent les bateaux. || Chemin de ronde ou des rondes, chemin entre le rempart et la muraille d'une place forte. || Chemin couvert, chemin qui règne sur le bord extérieur des fossés d'une plaça et où l'on est à couvert du feu des assiégeants. || 3° L'espace à parcourir, la distance parcourue. Vous allongez votre chemin. Cette flèche a parcouru beaucoup de chemin. Je ne crois pas qu'elle soit encore à moitié chemin de son petit château , hamilt. Gramm. 9. Moi qui suis éloigné de tant de chemin du lieu où je me souhaite , voit. Lett. 33. || Faire du chemin, marcher. Nous fîmes beaucoup de chemin dans la forêt, avant de nous retrouver. || Faire du chemin, gagner du terrain, avancer, au propre et au figuré. Pendant notre conversation la voiture, le bateau avait fait du chemin. Ses charmes faisaient leur chemin dans le coeur du roi, hamilt. Gramm. s. On fait souvent plus de chemin qu'on ne veut, quand on se permet des agaceries, id. Gramm. 8. L'esprit fait assez de chemin, sév. 449. Elle vous aime par avance, vous trouverez bien du chemin de fait, m. 307. Mme de Beauvais avait assuré que je faisais chemin dans son esprit [de la reine], retz, m, 379. Je croyais avoir fait un peu de chemin dans son cœur [d'Atala] , chateadb Atala, 246. || En chemin faisant, ou, simplement, chemin faisant, pendant le trajet. Nous devisions chemin faisant. Et fig. Par la même occasion. Je vais y laisser cette lettre en chemin faisant, sfiv. 248. || En chemin, pendant qu'on chemine; et fig. Pendant ce temps-là. Jouis. — Je le ferai. — Mais quand donc? — Dès demain. — Hél mon ami, la mort te peut prendre en chemin, la font. Fabl. vin, 27. || En chemin de, en voie de. Il est fort riche et en chemin de le devenir bien davantage. || Faire la moitié du chemin, faire des avances. Assurez-vous que votre frère fera la moitié du chemin, mass. Car. Pardon. || Tromper le chemin, se désennuyer par quelque chose, tout en cheminant. Eux discourant, pour tromper le chemin, De chose et d'autre, ils tombèrent enfin Sur ce qu'on dit de la vertu secrète De certains mots.... la font. Orais. || Faire son chemin, parvenir aux emplois, à la fortune; locution des gens de cour, d'après de Caillières, 1690. Cet homme-là fera son chemin. Le coeur me dit que votre bonne fortune a encore beaucoup de chemin et beaucoup de choses à faire, voit. Lett. 4 49. Il a cru mieux faire son chemin par la voie de la magistrature, mass. Car. Vocation, Je no désespère pas de lui voir faire un chemin digne do son mérite, j. j. Rousseau. Hel.n, *.|| Familièrement. Ce chemin va à la ville, on va à la ville par ce chemin. Un chemin qui irait au pont serait très-commode. || Terme de marine. Espace parcouru par le navire, et, quelquefois, vitesse de navire. Ce bâtiment fait
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beaucoup de cnemin. Nous avons fait six lieues chemin nord, c'est-à-dire du côté du nord. ||4* Fig. Voie, moyen. Et prennent a l'empire un chemin éclatant, corn. Hèracl. iv, < . Vous vous mettez fort mal au chemin de régner, id. Nie. ni, 4. Mais puisque pour 6 ter l'Espagne à nos tyrans, Nous prenons, vous et moi, des chemins différents, ro. Sérier, n, a. Et trouver à l'empire un chemin glorieux, ro. Hér. il, 7. Et vous m'avez au crime enseigné le chemin, ro. Cinna, v, 2. Et vois quel est ce digne effort Qui peut mettre ta conscience Au chemin d'une bonne mort, id. Imit. i, 23. Et le plus sûr chemin pour aller vers les cieux , C'est d'affermir nos pas sur le mépris du monde, id. tb. i, 4. Eloigna de son fils tous ceux de qui le zèle Pouvait du trône encor lui rouvrir le chemin, bac. Britan. iv, 2. Par un chemin plus doux Vous lui pourrez plus tôt ramener un époux, ro. tb. m, s. Aricie a trouvé le chemin de son cœur, id. Phèd. iv, 6. [Qui] Sait si bien découvrir les chemins de mon cœur, id. Bir. iv, *. Childéric, le plus méprisable de tous les princes, lui en ouvrit le chemin [du trône], boss. Hist. I, 44. Croyez-vous que son esprit ait retrouvé le chemin de me plaire? sév. 44. Il voulait s'ouvrir le chemin à la royauté, fén. Têl.xiu. Cette heureuse hardiesse leur avait ouvert le chemin aux grandes choses, pasc. Prèf. Vide. Il ne s'écartera pas du chemin que tant d'illustres personnages lui ont frayé, patru, Plaidoyer 4, dans bichelet. La foi est le chemina l'intelligence, boss. Serm. quinq. 4 . || 6* Chemin de velours, chemin sur une pelouse ; et figurément,' voie facile, agréable, pour parvenir à quelque chose. Au paradis allant au petit pas, On y parvient, quoi qu'Arnaud nous en die; La volupté, sans cause il l'a bannie; Veut-on monter sur les célestes tours? Chemin pierreux est grande rêverie; Escobar sait un chemin de velours, la font. Ballade sur Escobar. || Tapis long et étroit que l'on étend sur les parquets d'un appartement ou dans les vestibule» d'une porte à l'autre. || G" Terme de dévotion. ( lemin de la croix, suite de tableaux représentant les divers actes de la passion. Sorte de petite procession avec prières. Livre contenant ces prières. Pratique de dévotion individuelle. || 7° Le chemin de Saint-Jacques, la voie lactée. || Terme d'hippiatrique. Un cheval montre le chemin de Saint- Jacques quand, étant au repos, l'un des membres antérieurs est très en avant de la ligne d'aplomb, de façon que l'appui se fait sur la pince, et que le talon ne repose pas sur le sol ; attitude qui indique de la souffrance dans les parties postérieures des membres. || 8° Voûte sous laquelle le verrier met le bois pour chauffer le four. || Voie ou jeu d'une scie. || Trace d'un diamant sur la meule. || Terme de tonnelier. Solives de sapin dont on se sert pour conduire d'un bateau les tonneaux de vin à terre. || 9° Terme de construction. Disposition de règles sur un plafond ou sur un mur , pour traîner les moulures. || Espèce de filet de plâtre dressé à la règle pour conduire 1" calibre. || Proverbes. Bonne terre, méchant chemin, c'est-à-dire les bonnes terres qui sont grasses retiennent l'eau. || En tout pays il y a une lieue de méchant chemin, c'est-à-dire il n'y a point d'affairesoù l'on ne trouve des difficultés. || A chemin battu il ne croît point d'herbe, c'est-à-dire il n'y a pas grand profit à faire dans un trafic connu de tout le monde. |j Tous chemins vont, tout chemin mène à Rome, on peut de diverses manières arriver au même but. Ils s'y prirent tous trois par des routes diverses: Tous chemins vont à Rome; ainsi nos concurrents Crurent pouvoir choisir des sentiers différents, la font. Fabl. xn, 27. || Bien dépenser et peu gagner, c'est le chemin de l'hôpital.
— hist. xi* s. Tant chevauchèrent es veies e chemins, Ch. de Roi. xxx. Veer [voir] povez les granz chemins puldrus, ib. clxxiv. || xn" s. Droit vers Espaigne [il] a son chemin tenu, Ronc. p. 88. Et nous repairerons notre chemin antif, Sax. xxiv. Mais ne voleient pas le dreit chemin errer, Th. le mort. 49. Si s'en levèrent tuit ki Adonias i out mandez; e chascuns tinct sun chemin, flots, 226. Il un* s. Celui qui celé part la mist ens au chemin, Berte , lv. Droit à la mie nuit , au chemin nous metons [mettons-nous] , tb. lxxvii. X tant fet et à tant erre, Qu'il entre en un chemin ferré, Ren. 7G4. Quant on tailla les quemins, beaum. xxv, 2. Que on gart se che doit estre sentiers ou quariere ou voie ou quemins plus grans apelés quemins royal, ro. xxv, 3. Tant a aie dans Pieres par les chemins ferrés, Que il vint à Paris, qui est riches cités, Ch. d'Ant. i, 70). Et le roy si fist moult volentiers, et puis si se mist au chemin, joinv. 228. Vint le roy à [avec] toute sa bataille sur un chemin levé, id. 220.
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Il xrv' s. Nulz n'est en bon chemin, que I'od Dien ne desvoie, Girart de Ross. v. 788. || xv* s. Partezvous-en et allez vostre chemin chacun en son pays, froiss. 11, m, 8. Tant subtila, visa et imagina |Mahieu] qu'il trouva le chemin, n>. 11, 11, 62. Et disent les Londriens que vous allez le droit chemin pour perdre votre lignage et le royaume d'Angleterre, id. m, lv, 63. Disant: oyseaulx, je vousvoy en chemin De tout plaisir et joye désirée, ch. d'orl. Bal. 67. Il fallut que il s'en retirast le droit chemin vers Bretaigne, comm. i, 4 6. Tant y a de mauvais chemins, id. a, 44.||xvr* s. Durant le chemin, faictes.... mont, i, 74. Les chemins y cheminent comme animaulx, et [je] vis que les voyaigiers demandoyent, où va ce chemin? rab. Pant. v, 26. Je y recogneu pareillement le vieulx quemin de Peronne à Saint-Quentin, id. tb. Pour la manutention de l'exercice de la religion catholique, nous sommes résolus d'espendre notre sang, à l'exemple du chef d'icelle, nostre seigneur Jesus-Christ, qui nous en a fait le chemin le premier, d'aub. Hist. n, 227. Le roy commençoit à se mettre à leur queue, non de si près qu'il peut rompre les chemins aux soldats ou empescher la facilité des estappes.... m. du
bell. 608 Que si Pyrrhus se faschoit de vivre,
il avoit assez de chemins ouverts pour aller à la mort, amyot, Pyrrh. 74 . Il faict bon aller son grand chemin et non tergiverser, brant. Pescayre. Combien avons-nous veu depuis force huguenots s'estre convertis et faits bons catholiquesl Les chemins en rompent, ro. Capit.fr. t. m, p. 4 72, dans lacurne. Les chemins allans de bonnes villes à autres doivent avoir soixante pieds, et les chemins des viscomties estant es villages et allans de l'un à l'autre doivent avoir trente pieds, Coustum. génér. t. a, p. 876. Avec le florin, la langue et le latin, Par tout l'univers l'on trouve le chemin , leroux de lincy, Proe.t. 11, p. 244.
— ÉTYM. Nivernais, semin; bourguig. chemi; champenois, chemt; picard, camin; provenç. cami; espagn. camino ; portug. caminho; ital. cammino; du celtique: kymri, cam, pas; camen, chemin; bas-breton, komm, pas; gaél. cam, pas; irland. ceim, pas.
f CHEMTNEAU (che-mi-nô), s. m. Cheminée portative.
— hist. xv* s. Et renversa les busohes en la cheminée sur les cheminaux [chenets], froiss. ii, m, 40.
— ÊTYM. Cheminée.
CHEMINÉE (che-mi-née), s. f. || i" Endroit dans une chambre, disposé pour servir de foyer et communiquant avec le dehors par un tuyau qui donne issue à la fumée. Le foyer d'une cheminée. Un feu de cheminée. Cette cheminée fume. Ramoner la cheminée. Il La partie inférieure et antérieure de la cheminée, celle qui est dans la chambre. Cheminée de marbre. Chambranle de cheminée. || La partie supérieure et extérieure, celle qui domine le toit. Il fit un grand ventqui abattit plusieurs cheminées. || Cheminée en hotte, celle dont le manteau fort large par le bas et en figure pyramidale est porté en saillie par des corbeaux de pierre. || Cheminée de cuisine, celle qui est avec hotte seulement, et le plus souvent sans jambage. || Cheminée à la prussienne, sorte de cheminée en tôle, qui s'adapte à une cheminée ordinaire et se termine par une espèce de tuyau de poêle caché dans le conduit de la cheminée. || Cheminée à la Rumford, cheminée dans laquelle on construit en briques des plans verticaux qui convergent en se rapprochant du fond de la cheminée, et sont coupés par un plan incliné à l'horizon, qui, partant du manteau , s'abaisse aussi vers le fond de manière à diminuer l'espace ordinairement laissé à l'entrée de l'air dans le tuyau, ce qui active le tirage. || Cheminée à la Lommond, celle où le foyer est enveloppé de tuyaux ou conduits par où passe l'air pris au dehors, lequel s'échauffe et vient se verser dans la chambre par une bouche de chaleur. || Fig. et familièrement. C'est une cheminée qui me tombe sur la tête, c'est un accident imprévu. Tant de cheminées qui, pour ainsi dire, m'étaient tombées sur la tête en allant mon chemin, st-sim. 237, (56. Il Fig. Il faut faire une croix, ou il faut faire la croix à la cheminée, se dit à l'occasion d'un fait qui ne se produit que très-rarement, ou en voyant paraître une personne dans une maison où il y avait longtemps qu'elle n'était venue. Voyez cet avare, il se met en frais; il faut faire une croix à la cheminée. Il Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre au-dessus du foyer. Il Fig. Sous la cheminée, sous le manteau delà cheminée, secrètement et sans suivre les formes ordinaires, locutions prises des grandes cheminées sous
lesquelles ou sous le manteau desquelles on pouvait se mettre pour causer. Chamillart fit faire la Feuillade maréchal de camp sous la cheminée, st-sim. 404, 409. Ces lettres ne pouvaient passer pour contradictoires et pour juger, sans entendre les parties, un pr pendant entre elles, et un procès de telle qualité et entre de telles parties, sous la cheminée, ro. 4 8, 209. Il Mariage fait sous la cheminée, mariage secret e* sans les formalités ordinaires. On a dit dans le même sens : un arrêt sou» la cheminée. || 2° Tube de verre qui entoure la lumière d'un quinquet, d'une lampe, et par où passe la fumée. || Terme d'arquebusier. Cheminée d'un fusil, la partie de la batterie d'un fusil à piston où se met la capsule. Il 3° Terme de marine. Trou carré par où passe un mât de hune. || 4° Petit vide dans une pièce de métal fondu. H Trou d'une fosse d'aisances. Ouverture pour le travail des vidangeurs. || Tuyau de plomb ouvert aux deux bouts dans un orgue.
— HIST. xiii' s. Mainte tour, mainte sale et mainte cheminée, Berte, lxxxii. Une torRoonde come keminée,FJ. etBl. 4 84 4.... Bûches à charretées Por faire feu en cheminées, la Rose, 4 7874. Les iauesensont ensoufrées, Ténébreuses , mal savorées, Comme cheminées fumans, tb. 6049. || xrr s. Et qu'il faisoit la char rostir à cheminée, Guescl. 918, La cheminée estoit houssée comme en esté de fraillons ou de aucune chose vert, de laborde , Émaux, p. 24 4 . Trois choses sont qui chassent le preudomme hors de sa maison , c'est assavoir maison descouverte, cheminée fumeuse et femme rioteuse, Ménagier, 1, 7. || iv s. En ces galeries a une cheminée où on fait par usage feu quand le comte y séjourne,... froiss. a, m, 40. Quant la dame veit que le chevalier n'estoit encore levé, cela dist à sa niepee et aux damoyselles qui les suyvoient : parlons coyement pour ce chevalier qui dort. Et certes, madame, dist la pucelle, c'est bien raison pour ung tel chevalier de cheminée; il deust jà avoir chevauché trois ou quatre lieues pour trouver aucune adventure où il peust exaucer son nom, Perceforest, t. v, f" 4 8. ,| xvi* s. Par cas c'estoil en esté, où l'on avoit mis des branches et feuilles dans la cheminée, ainsi qu'est la coustume de France, de laborde, Émaux, p. 24 4 . Nouvelle cheminée est bientost enfumée, le roux de lincy, Prov. t. n, p. 463. En petite cheminée fait on bien grand
feu, COTGKAVE.
— ÊTYM. Ital. caminata, camminata ; bas-Iat. camminata dans un texte de l'an 684 ; d'un participe caminalus, garni d'un foyer, caminus, grec xâ[iivo;. . f CHEMINEL (che-mi-nùl), s. m. Variété de poiro avec laquelle on fait du poiré.
t CHEMINEMENT (che-mi-ne-man) , s. m. || 1" Action de cheminer. || 2° Terme d'art militaire. Marcho progressive des travaux offensifs d'un siège. || Marcho comparée des armes ou troupes diverses.
— ÉTYM. Cheminer; bourguig. chemeneman.
CHEMINER (che-mi-né), v. n.\\ 1° Faire du chemin, surtout en ce sens que le chemin est long, pénible, ou qu'on le parcourt lentement. Ils cheminèrent longtemps ensemble. Voit-on que j'aie besoin de carrosse ou de chaise pour cheminer? mol. Mar. for. 2. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé, L'autre portant l'argent de la gabelle, la font. Fabl. 1, 4. H20 Par extension. Voyez-vous cette main qui par les airs chemine [la main du semeur qui lance le grain]? la font. Fabl. 1, 8. Au détour d'une eau qui chemine A flots purs, sous de frais lilas, Vous avez vu notre chaumine,BEbang. //t'rond.Toute nuit enfin se termine ; La mienne seule a ce destin Que d'autant plus qu'elle chemine, Moins elle approche du matin, malh. v, 6. Je vis les montagnes abaissées au-dessous de moi; je vis les vents et les nuées cheminer dessous mes pieds, voit. Lett. 9. y 3° Fig. Voyez dans quel sentier la vertu chemine, doublement à l'étroit et par ellemême et par l'effort de ceux qui la persécutent, boss. flet'ne d'Ânglet. Celui qui le saurait, l'empêcherait de cheminer [faire sa fortune] , la bruy. viii. Médina Sidonia était de ces hommes à qui il ne manque rien pour cheminer et arriver dans les cours, st-sim. 84, 49. || Cheminer droit, ne point tomber en faute. || L'affaire chemine, va son train. Cela chemine bien. || En parlant d'un ouvrage d'esprit. Ce poëme chemine bien, les diverses parties sont bien disposées, liées habilement. C'est un style juste et court, qui chemine et qui platt au souverain degré, sév. 425. || 4- Terme de guerre. S'avancer vers une place assiégée, en parlant des mineurs qui travaillent sous terre, ou de l'artillerie et du génie qui poussent en avant leurs travaux.
— HIST. xn* s. Cheminanz i passèrent e virent le cors jesir à terre, Rois, 289. || xiir» s. [Ils] Tant vont
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et tant cheminent sans longue demoree.... Berte, civ. Renart prent congié, si s'en part, Si chemine tôt un essart, Iten. 24608. Proie li a qu'ele li die De lui et de sa compaignie, Quel part il voudront cheminer, roteb. H, 409. || xiv' s. J'aime une fleur qui s'euvre et qui s'encline Vers le soleil, de jour quant il chemine, machault, p. 423. || xv* s. Et tant chemina par ses journées que elle s'en vint à Paris, froiss. i,i,6. || xvf s. Ainsi comme ilz cheminoient à grands pas, à travers la plaine, vers.... amtot, Arist. 43. L'homme ne sçait ny cheminer, ny parler, ny manger , ny rien que pleurer, sans apprentissage, mont, h, 464.
— ÊTYM. Chemin; bourguign. chemené; provenç. et espagn. caminar; portug. caminhar; ital. camminare.
CHEMISE (che-mi-z') ,s.f.\\l° Vêtement de linge qu'on porte sur la peau. Chemise de toile, de calicot. Le corps de la chemise, la partie qui couvre le corps. Le devant de la chemise, la partie antérieure du corps de la chemise. Un devant de chemise, la partie de la chemise qui couvre la poitrine, qui se voit et qui est ornée. || Être en chemise, être sans habit. Le matin en chemise il surprit les tranchées, rêgnier, Épit. i. De se voir traîné en chemise par les vaincus, hamilton, Gramm. r>. On l'a menée nue, en chemise et la corde au col, sév. 296. En chemise, à la croisés, Il lui faut tendre ses lacs, bérang. Frétill. || La chemise d'Hercule, don funeste , locution prise de la mythologie et de la chemise du centaure Nessus qui, donnée à Hercule, le fit périr. Accorder ce présent à l'ardeur qui vous brûle, Ce serait vous donner la chemise d'Hercule, mair. Sophon. iv, 6. || Chemise ardente, chemise enduite de soufre qu'on mettait aux personnes condamnées à périr sur un bûcher. || Familièrement. Pontchartrain avait quitté le commerce du père de la Tour, comme une chemise sale, et n'en avait pas oui parler depuis, stsim. 305, 242. H Fig. N'avoir pas de chemise, manquer de tout. || Jouer, manger, vendre, engager, donner jusqu'à sa chemise, c'est-à-dire tout ce qu'on a. Laissez faire; ils ne sont pas au bout; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout, rac. Plaid, i, 7. || Mettre quelqu'un en chemise, le ruiner. Lorsqu'il ne tient qu'à lui qu'il ne mette en chemise ses petits voisins, balz. Ir Prince, ch. vi. || Fig. Cacher quelqu'un ou quelque chose entre la peau et la chemise, faire tout pour mettre en sûreté quelqu'un ou quelque chose. On dit aussi : Je le mettrai dans ma chemise. || Familièrement. Changer de, etc. comme de chemise, changer quelqu'un ou quelque chose très-souvent. Il change de domestiques comme de chemise. Ahl que j'ai de dépit que la loi n'autorise A changer de mari comme on fait de chemise, mol. Sgan. 5. || Demi-chemise, vêtement de toile à une seule manche dont certains verriers se servent pendant leur travail. || Chemise de laine, vêtement de laine qu'on porte sur la peau ou qu'on met pour aller se baigner. || 2° Chemise de maille, cotte formée d'annelets d'acier. || 3" Enveloppe de toile, de papier, etc. dont on se sert pour serrer certains objets. On met les dossiers dans des chemises. || La chemise d'une balle de soie, la toile qui enveloppe immédiatement la soie. || 4° Terme de botanique. Portion des enveloppes florales qui accompagnent le fruit à sa maturité. || 5° Terme de jardinage. Couverture de litière épaisse de 0",08 à o™,4 0, qu'on met sur les meules de champignons pour les garantir de l'action des agents extérieurs. || 6" Terme de fauconnerie. Le duvet de l'oiseau. || 7° Terme de marine. Toiles ou nattes dont on tapisse la cale d'un navire qu'on charge en grenier. || Terme d'argot maritime. Compter ses chemises, vomir par l'effet du mal de mer. || Chemises à feu, pièces de toile trempées dans une composition de pétrole , de camphre et d'autres matières combustibles, dont on se servait, sur mer, pour brûler les vaisseaux ennemis, en les y attachant et y mettant le feu. || 8° Terme de construction. Maçonnerie qui enveloppe une conduite de poterie. || Muraille en briques au pourtour des calorifères. || Terme de fortification. Mur dont un rempart ou un bastion est revêtu, pour soutenir les terres. || 9° Terme de maçonnerie. Crépi, revêtement. || Terme de sculpture. La couche de potée formant la chape d'un moule. || 10° Partie inférieure du fourneau où fond le minerai. || Canon de fusil ébauché. || Calotte pour revêtir la couronne d'un four de verrier. || 11" Terme de lapidaire. Petite croûte blanchâtre qui enveloppe diverses pierres. || 12" Chemise de clairon, de cornet, de trompette, partie opposée au pavillon, prolongement rectiligne de l'enroulement. || 13* Lettres eu chxmise ou à la duchesse,
espèce d'écriture où les pleins tiennent la place des déliés et vice versa. || 14° Jeu d'hombre. Prendre une chemise blanche, écarter ses neuf cartes pour en prendre d'autres. || Proverbes. La peau est plus proche que la chemise, c'est-à-dire les intérêts personnels sont plus forts que les autres. On dit dans le même sens : La chemise est plus proche que le pourpoint. || Entre la chair et la chemise, il faut cacher le bien qu'on fait, c'est-à-dire il faut faire le bien sans le faire paraître.
— HIST. xii* s. Elle ot chemise de soie d'Aumarie, Ronc. p. 180. Sa chemise qu' [il] ot vestue, [il] M'envoia pour embrasser, Couc», Dame de Faiel. Dame Alaïs corut aparillier Chemise et braies et espérons d'ormier [pur] Et riche ermine depaile de quartier, Raoul de C. 449. || xiii' s. Vestu [elle] ot un bliaut par desus sa chemise, Berte, xxxi. La vieille de paour trembloit sous sa chemise, ib. lxxvi. Lasse! pourquoi ne crevé mes cuers [cœur] sous ma chemise? ib. c. Comment Amors très bien souef [doucement] Ferma d'une petite clef Le cuer de l'amant, par tel guise Qu'il n'entama point la chemise, la Rose, 2008. Il demore, quant il est desarmés, en pure sa quemise, beaum. lxiv, 2. Li un vestent coutelle grise, Et li autre vont sans chemise, ruteb. 4 68. Ele veut avoir gent legiere En son servise, Une eure en cote, autre en chemise, m. 34. Le clerc s'en ala en pure sa chemise en son hostel, joinv. 209. Comme la chemise est plus près du cors que nul autre vestement, m. 260. || xiv" s. Ung bon messel, couvert d'une chemise de drap de damas blanc semé de marguerites, laborde, Émaux, p. 24 3. Unes chroniques de France, à deux fermoirs d'argent dorez , et ont une chemise de soye à queue , m. t'6. p. 232. Un livre à une chemise de soie longue, nommé le Racional de l'Eglise, au fermoir d'argent esmailé, giij.es mallet, Inventaire des livres de la bibliothèque du Louvre, p. 44. Un livre à une chemise blanche de soie, à deux fermoers d'argent, m. ib. Mais ma chemise m'est plus prez certainement Que ma cote ne fait.... Quescl. 47227. Mais je te veil dire et aprendre Que , pour resprendre ta chemise, Ne mes ton héritage en mise, machault, p. 4 09. || xv* s. Tout desboutonné, en une simple cote et sa chemise, froiss. h, h, 30. Tant despendon, que on n'achemise, vixl. Bail. || xvr s. Les blasphèmes contre Dieu, les querelles contre les amis, les jeux jusques à la chemise, et les ordes amours des femmes impudiques, lanoue, 4 4». Il fait toujours le brave au commencement, et puis se couëfe de sa chemise, d'aub. Fœn. m, 6. La pluspart esloignez de sa présence après y avoir mangé jusques à la chemise, id. Hist.m, 294. Ne voit-on pas la jeunesse de ce temps porter le linon empesé au colet et aux poignets, bien que le corps de la chemise soit de grosse toile et pourrie? id. Conf. Il, 6. Ta chemise ne sache ta guise, génin, Récréai, t. u, p. 250. 11 m'en souvient aussi peu que de ma première chemise, oudin. Onques d'estoupes bonne chemise, LEROUX de linct , Prov. t. u, p. 4 63. Et si les garentiroit de tous dangers belliques qui peuvent survenir au corps , en lui baillant la chemise de nécessité qu'on a accoutumé vestir quand on va à la guerre, laquelle est faitte de lin filé la nuit de Noël par des filles chastes au nom du diable, bodchet, Séries, liv. m, p. 25, dans lacurnb. Le roi François ne faillit point, Quand il prédit que ceux de Guise Mettroient ses enfants en pourpoint Et tous ses sujets en chemise, Sat. Ménipp. Harangue de H. d'Aubray.
— ÊTYM. Bourg, cheminxe, chaiminge; picard, kemise; provenç. et espagn. tamisa; portug. camisa; ital. camicia, camiscia; lat. camisia, dans St-Jérôme; c'est le plus ancien exemple de ce mot, qui paraît signifier un vêtement en usage dans les camps, et avoir été un mot du langage populaire (volo pro legentis facilitate abuti sermone vulgato ; soient militantes habere lineas, quas camisias vocant). L'ancien haut-allemand fournit hamidi, hemidi, chemise, où l'h pourrait se changer en c, mais qui n'explique pas le suffixe isia. Ce suffixe n'est pas non plus expliqué par Isidore qui tire camisia, de cama, lit. L'ancien français, à côté de chemise, a chainse, étoffe de lin, italien câmice, qui suppose un radical cam; ce radical pourrait se trouver soit dans le celtique ( kymri camse, long vêtement, ancien gaélique caimis, génitif caimte, chemise; mais le celtique ne paraît avoir aucune racine pour ces mots), soit dans l'arabe qdmiç, vêtement de dessous, mot qui se trouve déjà dans le Coran, mais pour lequel l'arabe non plus ne fournit point de racine. La conclusion de cette discussion empruntée à Diez est que les langues romanes ont
eu un radical cam, et une forme cornu, d'où la forme adjective camisia; et qu'on ne sait à quelle langue rattacher cam ou camis.
t CHEMISER (che-mi-zé), v. a. Terme de laboratoire. Garnir une cornue d'un enduit préservateur.
— ETYM. Chemise.
t CHEMISERIE (che-mi-ze-rie) , s. f. Magasin de chemises.
— ÊTYM. Chemise.
CHEMISETTE (che-mi-zè-f) , s. f. ||1* Partie antérieure et supérieure d'un corps de chemise qui se met sur la chemise même. Les hommes mettent quelquefois des chemisettes quand ils ne veulent pas mettre une chemise blanche. || 2* Petit corsage décolleté en forme de chemise, brodé et garni ou plissé, que les femmes mettent en dessous de leurs corsages ouverts ou décolletés, et qui dépasse un peu la robe.
— hist. xv s. Pour faire unes chemisectes aux petites heures du roy, de laborde, Émaux, 24 4 . Ung petit messel, couvert de cuir rouge, garni d'une chemisette de chevrotin rouge, du cange, camisa.
— ÊTYM. Diminutif de chemise; bourg, chemisôte. t CHEMISIER, 1ÈRE (che-mi-zié, ziè-r'), s. m.
et f. Celui, celle qui fait ou qui vend des chemises.
— ÉTYM. Chemise.
t CHÉMOSIS (ké-mô-zis'), s. m. Terme de médecine. Bourrelet très-élevé et rouge que forme la conjonctive, dans certaines ophthalmies accompagnées d'un afflux considérable dans le tissu cellulaire sous-muqueux.
— ÊTYM. Xtju.<ixji«, de x:ÔH-Tli trou, à cause que, dans ces cas, la cornée paraît comme au fond d'un trou.
CHÊNAIE (chê-nê)? s. f. Lieu planté de chênes.
— hist. xvi* s. Voiant les belles chesnaies d'un costé: de l'autre les chasteneraies , les ormaies....
— ÊTYM. Chêne; Berry, châgnaie.
CHENAL (che-nal) , s. m. \\ 1° Passage pratiqué dans une rivière ou à l'entrée d'un port. Un chenal profond. Des chenaux étroits. || 2° Courant d'eau pour le service d'un moulin, d'une usine. || 3* Courant d'eau bordé de terre, soit naturellement, soit par le travail de l'art, où les vaisseaux peuvent passer. Il Passage entre des rochers, des bancs, des terres. || 4° Canal le long d'un toit conduisant les eaux d'une gouttière. Dans ce sens on dit mieux chéneau.
— hist. xii' s. Alsi com les aiwes en lur chenals, Job, *70. Il xiii* s. Avient ainsi que il [le fleuve] vient tout en un chanel jusques en Egypte, joinv. 219. |j xiv* s. Et crut si la rivière par droite force vive, Qu'elle issit du chenel, n'y out si haute rive, Girart de Ross. v. 3925. ||xvi* s. Les goutieres alloyent jusques en terre, ou finoyent en grandz eschenaulx, qui tous conduisoient en la rivière par dessoubz le logiz, rab. Car. 1, 63. Ceste langue de terre, environnée par tout de la mer et des achenaulx, d'aub. Hist. 11, 297. Et s'estant fait passer l'achenal par intelligence qu'il avoit au païs, m. ib. n, 298. Ce qui pouvoit venir en la ville par les achenaux et marais de ce costé là jusques à la mer, id.
— ÊTYM. Forme ancienne de canal (voy. ce mot) ; génev. chend; wallon, chènd; angl. channel,
fCHENALER (che-na-lé), v.n. Terme de marine. Chercher un chenal, suivre les sinuosités d'un chenal.
CHENAPAN (che-na-pan), *. m. Vaurien, bandit. C'est un vrai chenapan.
— ÉTYM. Allem. Schnapphahn, de schnappen, attraper, et Ilahn, coq.
f CHENARD (che-nar), t. m. Un des noms vulgaires du chènevis.
— HIST. xvi" s. Au lieu du bon froment est sorty la nielle, Chardons pour artichaux, chenarde pour safran, rons. 747.
— ÉTYM. Le radical parait être le même que dans chènevis.
t CHENAVARD (che-na-var) , *. m. Sorte de feutre grossier.
CHÊNE (chê-n'), s. m. || l'Arbre de la famille des amentacées, qui produit le gland. Le chêne craint le voisinage des pins, des sapins, des hêtres, et de tous les arbres qui poussent de grosses racines dans la profondeur du sol, buffon, Exp. sur Us vègét. 2* mém. Le chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau, la font. Fables, 1, 22. Il Chêne vert, yeuse, variété de chêne qui conserve ses feuilles en toute saison. || Chêne rouvre, autre variété très-grande {quercus robur). || Familièrement.
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Payer en feuilles de chêne , payer en effets sans valeur. || Pomme de chêne, voy. noix de Balle. || H se porte, il est fort comme un chêne, se du d'une santé très-robuste. || Fig. L'Académie, mou.» hardie que nos grands écrivains, ou, si l'on veut, plus timide en masse que dans chacun de ses membres, n'avait-elle pas trop restreint les richesses de notre langue, trop ébranché le vieux chêne gaulois? villemaih, Préf. duDiet. dtl'Acad. ■•835. || 2* Le bois de chêne travaillé. Un buffet de chêne. || Le bois de chêne à brûler. Je ne brûle que du chêne. || 3° Chêne-saule, arbre d'Amérique. Les chênes-saules dont la rivière était bordée y répandaient l'ombre, chateacbb. Amer, n, (37. || Petit chêne, un des noms vulgaires de la germandrèe. || <• Terme d'astronomie. Chêne de Charles II, petite constellation méridionale. || Proverbes. Petit homme abat grand chêne, c'est-à-dire une force petite mais intelligente vient à bout de grandes choses. )| On n'abat pas un chêne du premier coup.
— HlST. xji* s. Cume li muls vint suz [sous] un grand chaigne e ki mult out branches, une des branches aerst Absalon par la tresce, Rois, (86. || xm* s. Li pors li vint gole baée, Et li chevaliers tint s'espée; A un chesne s'est afichié, Ren. 22607. || xrV s. L'amour d'une pucelle n'est pas si tost gaingnie ; Au premier cop li kaisnes, che dist-on, ne kiet [tombe] mie, Baud.de Seb. y, «66. ||xvi"s. Les autres meirent à l'entour de leurs testes des chapeaux de branches de chesne, amyot, Pyrrhus, ss. Et jusques à mon temps encore monstroit on un vieil chesne, que ceulx du païs appeloient communément le chesne d' Alexandre, m. Alex. (3. Le nom de chesne a esté particulièrement donné au quercus, estant le robur appelle roure, et l'ilex l'yeuse. L'yeuse est aussi appelle en France chesnevert, o. de serbes, 794 et 795. || Proverbes. Petit homme abbat bien un grand chesne, et douce parolle grand ire, oabriel meurier, Trésor de sentences dorées, dans leroox de linct, 1. 1, p. «a. D'un petit gland sourd [sort] un grand chesne, leboux de linct, ib.
— ÊTYM. Berry et saintongeois, chdgne; picard, quêne, caine; Berry, chaigne; provenç. casser; bas-lat. casnus. Casnus est dans des textes du ix* siècle , c'est la plus ancienne forme que nous connaissions; le provençal «mer est pour cosneyet les formes de la langue d'oïl répondent aussi à casnus. Mais d'où vient casnus f Diez le tire d'un adjectif quercinus, de quercus, chêne, attesté par l'italien quercino, contracté en querçnus, d'où casnus, chêne, que étant changé en ca ou cha comme dans cascun, chascun, de quisque-unus. L's qui est dans casnus, la plus ancienne forme , écarte Fétymologie celtique par tann, chêne, qui, prononcé chann, aurait donné chêne; mais il n'est pas impossible que le celtique ait agi pour s'assimiler le mot originairement latin et pour lui donner la forme singulière qu'il a prise.
CHENEAU (chê-nô), *. m. Jeune chêne.
— hist. xvi' s. Romulus couppa un beau grand et droit chesneau, et l'accoustra en forme de trophée, amtot, Rom. 26. Ceux qui entent des pommiers, poiriers, pruniers, sur de» chesneaux, ormeaux, 0. DESERRES, 657.
— ÊTYM. Diminutif de chêne.
CHÉNEAU (che-nô), *. m. Sorte de canal en bois ou en plomb, portant à la gouttière les eaux du toit.
— REM. L'Académie écrit chéneau avec un accent aigu; mais cet accent n'est justifié ni par Tétymologie puisque chéneau n'est qu'une forme de chenal, ni par la prononciation usuelle des hommes de métier.
— HIST. XVI* s. Dedans le bout d'iceluy bois j'emmancherai une autre pièce de chenelle ou autre bois percé; et pour soustenir les dites chenelles.... palissy, 7».
— ÊTYM. Forme dialectique de chenal; Berry , échenet, échinai.
t CHÊNE-MARIN (chê-ne-ma-rin) , t. m. Terme de botanique. Le ficoïde vésiculeux et plusieurs de ses variétés. || Au plur. Des chênes-marins.
CHENET (che-nè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel 1'» se lie : les che-nè-z et les pincettes; chenets rime avec traits, succès, jamais, etc.), s. m. ||1° Ustensile de cheminée, pour tenir le bois soulevé dans le foyer. Les pieds sur les chenets étendus sans façon, reonabd, Joueur, H, 4. Faisons comme un tison qu'on heurte au dur chenet Etinceler la vie, v. hugo, Crép. 33. || Fig. et familièrement. Avoir les pieds sur les chenets, ne «a donner aucune peine, vivre commodément.
|| 2° terme ae marine, machine de fer qui sert à donner le pli aux bordages que l'on chauffe.
— HIST. xiv* s. Pour quatre paires de chenetz de fer pour les chambres de la royne, de laborde, Émaux, p. 211. Unlandierou chienet, etungreil de fer, du cange, chenetus. Audoin a receu dampnablement un chiennez pour mettre en cheminée d'un des commissaires du chastelet,iD. ib. Jehan feri le dit Simon d'un queminel appelé chienet sur la teste, à sanc et à plaie, id. ib. || xv s. Pierre Labbé print en la cheminée un chiennet ou cheminel tout arda rit, du cange, chiminale. Icelluy Blondel dist au suppliant moult arrogammant et par grant aîr que s'il en parloit planté [beaucoup], qu'il le getteroit sur les chiennez, du cange, pknitudo. Une paire de chiennetz de fer, pesant chacun cinquante livres, de laborde, Émaux, p. 2(2.
— ÊTYM. Chien; mot a mot petit chien, à cause d'une assimilation avec un chien couché f»r le ventre. Les Allemands nomment le chenet un bouc, Feuerbock.
t CHËNETEAC (chê-ne-tfl), s. m. Terme d'eaux et forêts. Jeune chêne.
— HIST. xvi* s. Desur deux chesneteaux je gravay.... rons. 745.
— ÊTYM. Diminutif de chêne.
T CHENETTE (che-nê-f) , i. f. Terme d'imprimerie. Petite gouttière autour d'une presse.
— ÊTYM. Chéneau.
f CHENETTE (chê-nè-f), s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire de la germandrèe officinale (teucrium chamasdrys, L.), dite aussi petit chêne des boutiques, ou, simplement, petit chêne.
— ÊTYM. Diminutif de chêne.
t CHËNEVEAU (chè-ne-vô), t. m. Terme de pêche. Sorte de filet.
CHÈNEVIÈRE ( chè-ne-viê-r* ) , s. f. Terrain semé de chènevis, où croît le chanvre. Quand la chènevière fut verte, L'hirondelle leur dit : Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain, Ou soyez sûrs de votre perte, la font. Fabl. i, ». || Epouvantait à chènevière, mannequin pour éloigner les oiseaux; et figurément, personne difforme et ridiculement accoutrée. || Ce n'est qu'un épouvantail à chènevière, se dit d'une personne ou d'une chose dont on veut nous faire peur et que nous regardons comme plus redoutable en apparence qu'en réalité.
— HIST. xv* s. Et ce n'est.... Qu'un espoventail de chènevière, Que le vent a cy abatu, villon, Archer de Bagnolet. || xvr s. C'est en la valée de Garonne que j'ai veu le plus de chenevieres, et les plus grandes qui se trouvent ailleurs, d'aub. Fœn. m, 15. Ils servirent, pour le moins, tant que la journée dura, d'epouvantail de chènevière, carl. i, 4 1 . À la façon qu'en hyver on cultive les chavenieres en Berri, o. de sebres, (69. Toute la chènevière ne se descharge à la fois, y restant le masle après la femelle, id. 73 i. Chanvriere, id. 732. Et veux qu'Amour d'un petit De lin ou de chènevière [chanvre] Trousse au flanc sa Fobe légère, Et my nud me verse du vin, rons. 4(6. Ces mines fieres et tyranniques d'un homme qui n'a plus de sang ny au cœur ny aux veines, vrais espovantails de chènevière, mont, n, 79.
— ÊTYM. Génev. chenevier; picard, canvriere; norm. canivière; c'est la canivière au diable, c'est une chose embrouillée; Berry, chemière, chénebère; de cannabaria, terre plantée de chanvre, de cannabis, chanvre (voy. chanvre).
CHÈNEVIS (chè-ne-vi ; l's se lie dans le parler soutenu : le chè-ne-vi -z et les oiseaux), s. m. La graine du chanvre.
— HIST. xiir* s. Quiconques est huiliers à Paris, il puet faire huile de olives, de amandes, de nois, de chènevis et de pavoz, Liv. des met. (69. Chanevuis en charrete doit deux deniers, ib. 283. Sire Renart, mien escient, Moult drue chanvre i croistroit, Qui [cui] chanevis i semeroit, Ren. (9822. || xiv s. Les petis oiseaulx sont peus de chènevis, qui est chault et sec, Ménagier, u, 6. || xvi* s. Le chenevoi s'eschauffe soi-mesme, dont on tire un proverbe assez commun, d'aub. Fœn. w, (5. Huile de channevy, paré, xxv, 24. La graine de chenevy est de grande efficace à eschauffer les poules, o. de serres, 354. Le chenevi qui est la graine du chanvre, ID. 730.
— ÊTYM. Berry, chenebou, cheneveu, chênouc, chencuis; génev. chenevar; d'un mot cannabisum , cannabosum, de cannabis, chanvre (voy. chanvre).
CHÈNEVOTTE (chê-ne-vo-f) , s. f. Brin de chanvre dépouillé de l'écorce. Je tirais avec le pied des chènevottes de mes voisins pour grossir mon tas,
J. s. bouss. Ilél. v, 7. ||Kig. J'en fais autant d'étal comme de chènevottes, Régnier, Sol. xi.
— HIST. XV s. D'estrain et de chenevotte Se chauffoit tous les yvers, basselin, 44. A petit feu do chènevottes Tost allumées, tost estaintes, villon, Regrets de la belle Heaulmyere. || xvi# s. C'est une peinture assez expresse de Testât où on laisse la chenevotte avant de la donner au feu, d'aub. Fœn. m, (6. Le charbon de saule ou de chènevottes, paré, ix, 2- dise.
— ÉTYM. Diminutif de chanvre, par un intermédiaire tel que chènevis; bourguig. cheneveuille; Berry, chemenotte, chamenolte, chomenette.
CHÈNEVOTTER (chè-ne-vo-té), v. n. Terme d'agriculture. Pousser des rameaux trop minces, minces comme la chenevotte, en parlant d'un végétal.
— ÊTYM. Chenevotte.
t CHÉNICE (ké-ni-s'), s. f. Terme d'antiquité grecque. Sorte de mesure de capacité valant ( "',08
— ÊTYM. XoïviÇ.
f CHËNIER (chè-nié), *. m. Terme de botanique, Champignon de chêne.
— ÊTYM. Chêne.
CHENIL (che-ni; VI ne se lie jamais; l's se lie: des che-ni-z infects), s. m. || 1° Lieu où Ton renferma les chiens d'une meute. || 2' Par extension, bâtiment où sont logés les officiers et les équipages de chasse. M. de Mantoue alla voir les écuries et le chenil de Versailles, st-sim. (33, a(8. || 3» Par dénigrement, logement sale et mal tenu. Quel chenil I C'est ur. vrai chenil.
— HIST. xvt* s. Il n'appartient à nul de nommer chenil le lieu où il met ses chiens qu'à celuy qui a meutte de chiens royale, qui peuvent prendre les cerfs en tous temps sans autre ayde que de leurs chiens, Charles ix, De la chasse, p. 62, dans la-
CURNE
— ÊTYM. Wallon, ehinis;decanile, de corn* (voy.