CHEF
t CHEVEL (che-vèl), s. m. Terme de serrurerie. Etau portatif.
CHEVELÉ, ÊE (cheu-ve-lé, lée), adj. Terme de blason. Tête chevelée, tête dont les cheveux sont d'autre émail ou d'autre couleur que la tête,
— ÉTYM. Cheveu.
t CHEVELÉE (cheu-ve-lée), s. f. Terme de jardinage. Quand on a couché en terre un sarment au pied du cep dans une petite rigole, en laissant deux yeux hors de terre, le produit de ce sarment séparé du pied-mère avec ses racines s'appelle chevelée ou marcotte.
— ÉTYM. Cheveu.
CHEVELU, UE (cheu-ve-lu,lue. Les deux e muet» dans deux syllabes consécutives ne se peuvent prononcer ; Richelet met un accent sur le premier de ces e, ce qui montre que de son temps on prononçait ché-ve-lu; aujourd'hui on renforce l'e muet, et on lui donne le son de eu), adj. || 1* Qui porte de longs cheveux. ClodionleChevelu. Les rois chevelus, les rois de la première race ou mérovingiens. Chevelu sur le front et chauve par derrière, Régnier, Sat. x. D'abord ce sont des chapeaux et puis des turbans et puis des têtes chevelues et puis des têtes rasées, fonten. Mondes, 4"soir. || Poète chevelu s'est dit, par moquerie, pour poète romantique, parce que, durant les querelles de l'école classique et de l'école romantique, plusieurs jeunes gens appartenant à celle-ci laissaient croître leur chevelure. Paturot, poète chevelu, reybaud, Jérôme Paturot, i, 4. || La Gaule chevelue, partie des Gaules dont les habitants portaient de longs cheveux. || Terme d'anatomie. Le cuir chevelu, la partie de la peau au-dessous de laquelle sont implantés les cheveux et qui est traversée par eui. || 2° Poétiquement. J'ai vu la nymphe Écho porter ses doux concerts Sur les monts chevelus, sur les rochers déserts, i. b. rouss. Églogue. ô lac, fils des torrents, ô Thoun, onde sacrée 1 Salut, monts chevelus, verts et sombres remparts, a. chën. Élèg. 40. || 3° Comète chevelue, celle qui a une traînée de lumière diffuse. Vois l'astre chevelu, qui, royal météore.... v. hugo, Odes, iv, 47. || 4° Racine chevelue, celle qui a un grand nombre de filamenU, déliés. || Plante chevelue, celle qui a beaucoup de rameaux. Les palmiers chevelus, pendant au front des tours, Semblaient d'en bas de» touffes d'herbes, v. hugo, Orient. 4. X travers les herbes chevelues du rocher, la lune éclairait la tète du jeune homme, chateaub. Duthona, 239. || Graine chevelue, graine qui porte une touffe de puita
CHE
déliés. || S* S. m. Le chevelu, l'ensemble des divisions les plus ténues des racines, par lesquelles l'arbre pompe les sucs nourriciers. On nous a montré, en Angleterre, une espèce de cresson fort curieux; il porte plusieurs chevelus dans ses cimes; lorsque ceux qui se trouvent à l'une des extrémités de la masse sont assez longs pour atteindre au fond de l'eau, ils y prennent racine, chateaub. Génie, i, v, H.
— hist. xii* s. Il n'i fist joie ne cheveluz ne chauz [chauve], Ronc. p. (49. || xin's. Se vous aviés passé îe flum Jordain, vous n'i atenderiés ne cauf ne kevelu, Chr. des Rains, 203. Il n'i remest ne bons ne maux Fors eulx, ne chevelox ne eaux [chauve], Ren. )2«72. || xvi* s. Par l'espaisseur des forets chevelues, dubell. H, (3, recto. Allez, filles delaNuict, De longs serpens chevelues, m. n, +3, recto. En d'aucuns endroits, la vigne donne des chevelues et des margoutes dont on tire de l'argent par chacun an, o. de serres, (45. On attend à y mettre la crocete ou la chevelue, après en avoir universellement desrompu la fonds, m. (60. Autant se fasche le chevelu comme le chauve qu'on luy arrache le poil,
— Êtym. Cheveu ; espagn. cabelludo; ital. capelluto. CHEVELURE (cheu-ve-lu-r1; voyez à chevelu, la
remarque sur la prononciation; Richelet écrit chevelure), s. f. || 1° L'ensemble des cheveux. Avoir une belle . une longue chevelure. 11 n'y avait autrefois que les rois de France qui eussent droit de chevelure, thiers, Hist. des perruques, ch. u, dans richelet. Moi aussi, j'ai eu la physionomie dévastée et une chevelure renouvelée des rois mérovingiens, reybaud, Jêr. Paturot, i, (. Grands mâts rompus, traînant leurs cordages épars, Comme des chevelures, v. hugo, Orient. 2. || Enlever la chevelure, se dit des sauvages de l'Amérique du Nord, qui enlèvent une portion du cuir chevelu d'un ennemi vaincu et en font un trophée. Ontalissi et Miscou qui ont enlevé plus de cent chevelures aux héros Muscogulges, chateadb. Atala, 2(4. || 2° Par analogie et poétiquement, le feuillage des arbres. La verte chevelure du pin. Les arbres ont perdu leur chevelure verte, godead, dans richelet. || 8* Terme d'astronomie. La chevelure d'une comète, traînée de matière lumineuse et diffuse qu'elle emporte avec elle. Une comète dont la chevelure menace la terre, balz. Socr. chrétien, dise. (0. || La Chevelure de Bérénice, constellation de l'hémisphère septentrional. H 4* Terme de botanique. Espèce d'aigrette formée par un faisceau de poils longs et mous qui couronnent certaines graines, et qui est inhérent à la tunique propre. || Touffe de feuilles qui couronne l'ananas.
— hist. xi* s. [Il] tranche la coife et la cheveleûre, Ch. de Roi. eu. || m* s. Sa cheveleûre bloie, Ses blansdois Ions et traitis, Couci, p. (20, ||xm* s. C'est une chose moult plaisant Que biauté de cheveleûre, la Rose, (3786. || xvi's. Hérissant sa chevelure, ddbell. m, 78, rec(o. La vigne sera tous-jours propre à planter, pourveu qu'elle aie belle chevelure [racines], o. deserres, (8».
— ÊTYM. Picard, carelure; Berry, cheverlure; provenç. cabelladura ; ital. capellatura ; du latin capillatura, de capillus, cheveu (voy. cheveu).
f CHEVER (che-vé), v. o. || !• Creuser une pierre précieuse par-dessous, pour affaiblir la couleur lorsqu'elle est trop forte. || 2* Rendre concave une pièce de métal. || 3°Kaire subir au verre le chevage. Verres chevés, verres pour montres et pendules.
— HIST. xui" s. Prestre Martin se porpensa, Qu'une grant fosse chevera, Ren. 7408. || xvi* s. Nul ne peut chever ne faire entreprinse sur la chausseure [chaussée] d'icelle ville, Coustumier gén. t. i, p. 628.
— ETYM. Chever, ancienne forme de caver (voy. ce mot).
CHEVET (che-vè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel 1'* se lie : les che-vè-z et...; chevets rime avec traits, succès, jamais), s. m. || 1" Partie du lit où l'on met la tête. Pecquet était au chevet de mon lit [me soignait] pour un épouvantable rhume, sêv. 28. Mme de Mouchi est à son chevet, m. 389. || Poétiquement. Dans mon réduit où l'on voit l'indigence Sans m'éveiller assise à mon chevet, bérano. Dieu des bonnes gens. || 2" Sorte d'oreiller allongé qui se met à la tête du lit, autrement dit traversin. || Fig. Il a trouvé cela sous son chevet, il l'a rêvé, imaginé ou inventé. Allons sur le chevet rêver quelque moyen, corn, le Ment, m, 6. |j Être brouille avec le chevet, ne pouvoir s'endormir, avoir des insomnies. Je croyais qu'il n'y eût que les amants qui fussent brouillés avec le chevet, Femme poussée à bout, comédie, dans le roux, Dict.com. || Droit
CHE
de chevet, certaine somme qu'un officier des compagnies supérieures payait à ses confrères quand il se mariait. || 3* Êpée de chevet, poignard que l'on tenait, la nuit, à sa portée. ||Fig. Toujours de l'argent I Voilà leur épée de chevet, de l'argent! mol. l'Âv. m, 6. || Livre de prédilection, celui qu'on lit avant de s'endormir. L'Iliade d'Homère était l'épée de chevet d'Alexandre. || 4* Tout ce qui sert à appuyer la tête pendant le sommeil. Un sac de blé lui servait de chevet. || Fig. L'insouciance est, en quelques circonstances , le meilleur des chevets. Il 5° Partie qui termine le chœur d'une église où est l'autel, où se célèbrent les mystères, et qui est souvent plus élevée que le reste. || 6* Rebord de plomb, qu'on met aux chéneaux d'un toit, près de la gouttière, pour empêcher que l'eau ne s'échappe. || Lit ou mur d'un filon. || 7° Terme de marine. Garniture pour garantir du frottement. || Terme d'artillerie. Coin de bois propre à faire varier l'inclinaison du mortier. Gros billot de bois qui, placé sous le derrière de l'affût d'un canon, en soutient la culasse.
— HIST. xiii* s. Et soit li caves du lit haus et bien couvers de dras, alebrant, f° 7. Lors se torna Merlins lez le chevez, et li conseille moult bas en l'oroille, merlin, f° 70, verso. Desos le chevès à l'enfant, Grégoire le Grand, p. 22. Monte au chevaisà désire main, Où gist le corps de St. Romain, du cange, capitium. Que Herode fist martirer, Le chevet [tête] a glaive trancher, id. ib. Et se il ne se pueent concorder, li vallés puet aler en la place au chevet Saint-Gervais , devant la meson la converce , Livre des met. (32. Frère Yves trouva un livre au chevès.du lit au vieil, joinv. 260. ||xiv' s. Vostreymage richement parée et mise haut du chevet de mon lit, machault, p. (44. || xvi' s. Le triumvirat, estant de retour au eamp, haussa le chevet à leurs demandes [les rendit plus exigeants] , d'aub. Hist. î , ( 42. Il les mettoit' la nuict dessous son chevet de lict avec quelques autres armes, id. ib. i, 337. Point qui, depuis Philippe de Commines, n'a esté gueres bien connu par ceux qui ont écrit, pour n'avoir pas fait leur chevet au pied des rois, comme lui et moi, id. ib. n, 346. Portant quelques chevets de licts sur les murailles , où ils sejournoient jour et nuict, id. t6. n, *4( . Ella prend son arc turquois, Recoiffe sa tresse blonde, Met pour chevet son carquois, Puis s'endort au bruit de l'onde, rons. 433.
— ÉTYM. Picard, cavet. La forme régulière est l'ancienne forme chavais ou chavès, de capitium signifiant dans le bas-latin chevet d'église, et dans le latin classique vêtement couvrant la tête, et qui, ayant l'accent sur pit , donne régulièrement chevais ; la finale atium, t'Itum donnant d'ordinaire as, ais, es. Chevet, diminutif de chef, signifie proprement tête, et a été assimilé par confusion à chevais.
t CHÈVETEAU (chè-ve-tô), s. m. || 1* Dans un moulin, grosse piècede bois, sur laquelle tourne le tourillon de l'arbre. || 2* Terme de charpenterie. Solive d'enchevêtrure.
— ÉTYM. Chevet.
CHEVÊTRE (che-vê-tr'), t. m. || 1* Licou. Chevêtre de cuir. || 2" Terme de chirurgie. Bandage que l'on emploie pour maintenir réduites les fractures et les luxations de l'os maxillaire inférieur. || 3* Terme de charpenterie. Pièce de bois dans laquelle on emboîte les soliveaux du plancher. H Terme de serrurerie. Barre de fer servant de soutien.
— HIST. xi* s. Les altres quatre [chevaux] chaceûrs e •palefreiz à freins et à chevestres, Lots dt Guill. 22. || xii's. En chevestre et en frain lur maixeles [des chevaux] cunstrain [contrains, à l'impératif], Liber psalm. p. 39. || xm's. Cordier de Paris si sont quite pour les chavestres que il doivent aus soumiers lou Roy, Liv. des met. 29(. Ne pues-tu pas trover à vendre Ou hars, ou cordes, ou chevestres? la Rose, 8779. Li mondes nous assaut à destre et à senestre ; Et deables chevauchent sans frein et sans chevestre, J. de meung. Test. (428. || xv* s. Lors se leva la roine et fit lever les six bourgeois [de Calais] et leur oster les chevestres d'entour leur cou.... froiss. i, i, 32(. Un suaire sur son braz, le chevestre au coul et le coustel au poing, al. chart. l'Espérance. Ma chère dame, j'ay un maistre, Un grand bourgois sy mal chevestre, Que je ne puys à
lui durer, Mir. de Ste Genev. || xvi* s L'enferme
et clost : et du rude chevestre Lye son col, qui n'a mérité d'estre Ainsi traicté, marot, iv, 46. Il va prendre le chevestre de son mulet, qui estoit de cordes, lequel il vint approprier au col de sa femme , yver, p. 647.
— ÊTYM. Provenç. cabeslre ; espagn. cabislro; ital. capes tro ; du latin capistrum, de copere , prendre (voy. capable).
CHE
fCHEVETRIER (che-vê-tri-é) , s. m. Pièce qui sert de support à un tourillon. || Solive d'enchevêtrure.
— ÊTYM. Chevêtre.
CHEVEU (che-veu; le pluriel cheveux se prononce che-veû, c'est-à-dire le singulier comme feu, et le pluriel comme feux), s. m. |] 1° Poil particulier à la partie de la peau qui recouvre le crâne dans l'espèce humaine. De beaux cheveux. Des cheveux bouclés. Touffe, poignée, boucles, tresses de cheveux. Cheveux d'ébène. Fin comme un cheveu. Les cheveux comme les ongles n'acquièrent de l'accroissement que du côté de la racine. Les Gaulois portaient de grands cheveux; mais quand la monarchie française fut bien établie, les Français les portaient courts, et il n'y avait que les rois et les princes du sang qui les portassent longs, thiers, Hist. des perruques, ch. n, dans richelet. Les ridicules aventures D'un amoureux en cheveux gris, malh. m, 3. Je sais que les uns lui mettront, Comme à toi, les rides au front, Et feront à sa tresse blonde Même outrage qu'à tes cheveux, id. iv, (6. Us récitent force prières, ils portent les cheveux courts, desc. Pass. ( 90. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes, rac. Mithrid. m, s. Quelle importune main, en formant tous ces nœuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux? id. Phèdre, i, 3. Et qu'une main savante avec tant d'artifice Bâtit de ses cheveux l'élégant édifice, boil. Sat. x. J'aime en lui ces cheveux tout couverts de lauriers , corn. Sertor. n, (. Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honneur, m. Cid, m, 6. || Familièrement. Il na lui a pas touché un cheveu, se dit pour exprimer qu'il n'a pas porté sa main sur lui ou sur elle, soit pour battre, soit pour faire quelque tentative trop libre. || C'est la sagesse qui lui a fait tomber les cheveux, se dit par antiphrase de quelqu'un qui a perdu ses cheveux pour n'avoir pas été suffisamment sage, réglé dans sa conduite, à cause qu'une opinion vulgaire attribue aux excès une calvitie prématurée. C'est mon avis, moi de qui la sagesse A fait tomber tous les cheveux, bérang. Mes cheveux. || Être coiffé en cheveux, n'avoir pour coiffure que ses cheveux arrangés de telle ou telle façon. Dans le même sens, être en cheveux. On dit aussi, sans le verbe être : Cette femme ne se tient pas bien, elle sort en cheveux. || Faux cheveux, ceux qui ne tiennent pas à la tête, mais qui y sont appliqués en tresses, tours ou perruques. || Tour de cheveux, bandeaux de faux cheveux que les femmes portaient par devant en place des leurs. || Se prendre aux cheveux, se dit de gens qui, dans une rixe, se saisissent par les cheveux, lisse prennent, ils se tiennent aux cheveux. || Fig. Se prendre aux cheveux, discuter avec une grande animosité. Les mères, les maris me prendront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus, la font. Oies. || Prendre une occasion aux cheveux, ne pas la manquer. C'est une occasion qu'il faut prendre vite aui cheveux, mol. l'Av. i, 7. Locution qui vient de ce que les anciens représentaient l'occasion chevelue par devant et chauve derrière; lorsqu'on l'avait laissée passer, on ne pouvait plus la saisir par les cheveux. || S'arracher les cheveux, arracher ses cheveux ; et fig. être en proie à un violent désespoir. Livré au désespoir, il s'arrache les cheveux, fén. Tél. xiv. || Faire dresser les cheveux à la tête, ou, simplement, faire dresser les cheveux, faire horreur. Les cheveux me dressent à la tête, je suis saisi d'horreur. Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux, bac. Phèd. iv, 6. Des passages qui font dresser les cheveux à la tête des simples, pasc. Prov. (6. Une terreur qui me fit dresser les cheveux, i. J. rouss. Ém. u. Dans le songe d'Enée, le silence d'Hector, son soupir suivi du : fuge, eripe flammis, font dresser les cheveux sur la tête, chateaub. Génie, u , v, ((. || Familièrement. Il ne s'en faut pas de l'épaisseur d'un cheveu, il s'en faut très-peu. Vendôme, après avoir mis le roi d'Espagne à un cheveu de sa perte, manqua encore de finir la guerre d'un seul coup, en détruisant l'armée de Staremberg, st-sim. 283, (00. || Fendre, couper un cheveu en quatre, subtiliser. Je l'ai dit du duc de Chevreuse, je le répète ici de ce chancelier [d'Aguesseau] , il coupait un cheveu en quatre, st-sim. 463, (23. || Raisonnement tiré par les cheveux, raisonnement forcé, péniblement déduit. Il y a d'autres figures qui semblent uiî peu tirées par les cheveui, pasc. Fig. (0. C'eût été trop tirer les choses par les cheveux, boss. Lett. quiét. 97. || Populairement, avoir de beaux cheveux se dit ironiquement pour être dans une position ou un état misérable, même en parlant des choses.
CIIE
CTTE
CIIE
Il 2° S. m. plur. Terme de botanique. Cheveux d'évêque, la raiponce. || Cheveux de Vénus, radiante de Montpellier. || Cheveux de la Vierge, plusieurs espèces de byssus et aussi la fleur de la viorne. || Cheveux de la Vierge, se dit quelquefois improprement pour fils de la Vierge. || Cheveux de paysan , chicorée sauvage nommée à Paris barbe de capucin. || 3" Cheveux d'ange, espèce de confiture d écorce de citron ou de cédrat. || 4° Terme de marine. Lever une ancre par les cheveux, la lever à l'aide de son orin. || Proverbes. Tous nos cheveux sont comptés, c'est-à-dire la Providence a soin des moindres choses qui nous regardent. || On ne peut prendre un homme rasé aux cheveux, on ne peut rien prendre à qui n'a rien.
— HIST. XI* s. Jusqu'à la terre li chevoel lui balient [balayent] , Ch. de Roi. lxxvi. [Elle] trait ses chevels, si se clame chetive, ib. clxxxiv. || xii's. Et la roïne qui ot les chevolsblons, ib. p. 4 4 6. Très qu'es chevols li est li brans couru, »'i>. p. 4 45. Elle comence ses cheveuz à tirer, ib. p. < 74 . [Dame] Bêle et gente et avenant, Cheveusblons, sourcisplaisans, Coud, p. 4 23. Rogiers del Punt l'Evesque n'i pout sun quer [coeur] celer : Thomas, Thomas, fait-il, mar m'i faites passer; X vostre chief ferai mal chevex atorner, Th. le mart. 433. Cil comença à pen- Bier à son aage, a ses cheveus qui estoient chanu, Kachab. u, ch. 8. J| xni's. Et les cheveus plus blons que onques n'eut Helaine, Berte, l. Mainte paume batue, et mains cheveus tirés, ib. cxxxu. S'il nel Teut reprendre [l'amour], Por ce ne l'irai-je pas prendre Par ses biaus chevex.... Lai de l'ombre. Moult fort commence à sopirer, Et ses cevols à detirer, lien. 4 2466. Ysengrin l'ot en grant despit, Et sa force prisa petit, Ainz n'i daigna oster chevoil, ib. 4 4617. Si cheveul tuit destrecié furent, Et espandu par son col jurent [furent gisants], la Rose, 34 9. De touailles [toiles] sont entorteiHées leur testes [des Bédouins], qui leur vont pardesous le menton, dont ledes gens et hydeuses sont à regarder; car les cheveui des testes et des barbes sont touz noirs, joinv. 230. Il xv" s. Tous les cheveux de la teste lui churent, froiss. h, ii, 70. Vous seriez plus chetif en ce pays, ni de tous vos conques ts nous ne donnerions quatre cneveus. id. u, m, sa. Elle fut guidée en la chambre où son serviteur estoit, qui voulentiers la vit en cotte simple et en cheveux, louis xi, JVoud. xxjvti || xvi* s. Prenonsl'heureaux cheveux, l'homme rappelle en vain La sourde occasion alors qu'elle est absente, dubell. m, 64, recto. Comme l'autonno saccage Les verds cheveui du boccage , m. m , 77 , recto. Quelques uns les tordans à force, et les tirans, comme l'on dit, par les cheveux, en expositions allégoriques.... amyot, Comm. lire les poët. 43. Il fit dresser les cheveux à la teste des capitaines et soldats qui le visitoient, en leur confessant.... d'aub. Vie, xxi. Ce méchant lui fit donner du poison dans un potage, qui lui fit faire 80 selles dans un jour, tomber les cheveux et peler la peau, id. ib. xxxvi. Au fort du combat il prit son espée de la main gauche pour sauver un bracelet de cheveux de sa maistresse qui estoit attaché à ce bras, id. tb. xlv. Ils saisirent cette occasion aux cheveui pour charger leur ami de divers projets qu'ils avoient formez, id. ib. lui. Cheveux-de-Venus, d'autant que ceste herbe embellit les cheveux ; et parce que les anciens peignoient leur déesse Venus avec belle chevelure, ce mot de Venus y est ajousté, o. de sbrres, 64 4. Cheveui en teste ne luy tient, bons. 474.
— ÉTYM. Wallon, chevè; namur. chefta; picard, cavieu; provenç. cabelh; catal. cabtll; espagn. cabello; ital. capello; du latin capillus, cheveu. Dans le vieux français, nominatif singulier chevels, cheveus , régime chevel.
t CHEVEUR, s. m. Ouvrier qui chève le verre.
•j-CUEVILLAGE (che-vi-lla-j' , Il mouillées), », m. L'ensemble des chevilles d'un ouvrage. || Action de cheviller.
t CHEVILLARD (che-vi-llard, Il mouillées), ». m. Boucher qui vend a la cheville.
CHEVILLE (che-vi-U', «mouillées, et non chevi-ye), s. f. || 1* Morceau de bois ou de fer court etarrondi.dontonse sert pour boucher, ou assembler, ou accrocher. Cheville de bois, de fer. Planter, ficher une cheville. || On dit d'un bâtiment qui est achevé, qu'il n'y manque pas une cheville. || 2° Cheville ouvrière, grosse cheville qui joint l'avant-train avec le train de derrière d'une voiture. || Fig. Cheville ouvrière, l'agentprincipal, indispensabled'unechose.|| En termes de marine, cheville ouvrière, tige de ferqui traverse le châssis de l'affût d'une caronade ainsi que le pilon de sabord. || 3° Cheville à tourniquet, bâton qu'on passe dans une corde et dont on fait une es-
pèce de tourniquet. || 4° Petite pièce de liois ou de métal qui sert à tendre les cordes d'un violon, d'une guitare, d'une harpe, d'un piano. Tourmenter ses chevilles, ou les chevilles d'un violon, se dit d'un joueur inhabile qui ne sait pas bien s'accorder ou qui est obligéde s'y reprendre â tout instant. || 5° La cheville du pied, saillie des os de l'articulation du pied, formée en dedans par le tibia, en dehors par le péroné. || Fig. Il ne lui va pas à la cheville, e'est-àdire il lui est très-inférieur. Je répondis au P. Letellier que je n'avais jamais cru nos ducs aller à la cheville du pied d'un comte d'Orient [empire de Constantinople], st-sim. 36», 428. || 6° Fil de métal qui traverse les charnons d'une charnière. || Pièce d'une presse d'imprimerie. || Sorte de grand clou de fer. || 1° S. f. plur. Terme de vénerie. Andouillers qui sortent des perches de la tête du cerf, du daim, du chevreuil. || En termes de blason, ramures d'une corne de cerf. || 8* Atteler en cheville, atteler un cheval devant un limonier. || Aux jeux de l'hombre, du quadrille et du tri, être en cheville, n'être ni le premier ni le dernier en carte. || 9° Vendre à la cheville, revendre en gros et en demi-gros la viande dépecée : expression en usage parmi les bouchers de Paris. On dit dans le même sens commerce à la cheville. Locution tirée de ce que la viande était accrochée à des chevilles. || 10° Fig. Terme de littérature. Toute expression qui, inutile à la pensée, ne sert qu'à tenir une place dans la phrase ou dans le vers. Cette épithète est une cheville. Vers remplis dechevilles. Cheville ! redondance inutile ! J. J. rouss. Fm.n. || Par analogie. C'est une cheville très-inutile que l'énoncé qu'il [le cardinal de Bouillon] fait que le roi est grand mattre de l'ordre, st-sim. 27», 27. || Proverbes. Pour un trou il a vingt chevilles, c'est-à-dire il est plein d'expédients. || Autant de trous, autant de chevilles, et autant de chevilles que de trous, autant de reproches, autant de raisons et d'excuses. || Le voilà bien, il ne lui faut plus qu'une cheville pour le biea tenir, se dit d'un homme que la fortune a mis dans un bon poste.
— HIST. xill* s. Il ostent la cheville, n'i font delaiement, Berte, xcv. Et se il i a un nuef fust où il i ait neu fort, il i puet ferir une cheville sans meffet, Liv. des met. 4 03. Nus selier ne puet mètre sele à fenestre, bas ne haut, seur voie, se n'est à cheville, Liv. des met. 24 4. Ou sur charbons ou sur greïlles, Ou tournoies à grans chevilles, Comme Ixion à trenchans roes, la Rose, 4 9478. Cil qui lo tient à louage [le moulin], sans depecieretapeticier le loier, doit livrer quevilles, fuisiai, aubes et teles menues cozes, beaum. xixviii, 47. N'i out keville ne closture Ke ne fut tute d'ebenus, marie, Gugemer. Si les couchent sur leur costez et leur mettent les jambes parmi lai chevilles dedans [sorte de punition] , ioinv. 243. Les bendes sont de fer, et roides les chevilles, Ch. d'Ànt. Compl. 407. ||xv's. En ce parti que je vous di furent les François.... et se tinrent tout cois es marais et en la bourbe et ordures jusques aux chevilles, froiss. ii, ii, 483. Adonc se releva un des deux ; et prit les clefs de la porte qui pendoient à une cheville, id. ii, h, 9». S'entredonnerent telz coups que toute la vallée en retentist; mais à Lyonnel mal en prit, tellement que les chevilles de sa selle rompirent; si fut renversé par terre, Perceforest, t. m, f" »o. Vous cuidez bien, par vos engins, À tous pertuis trouver chevilles, ch. d'orl. yiondeou.|| xvi* s. Ils poulsoient «t chassoient hors du siège impérial les empereurs les uns par les autres, ne plus ne moins qu'une cheville chasse l'autre, amtot, Galba, 2. L'os de la jambe de sa partie intérieure fait la malléole interne, autrement dit la cheville, paré, iv, 36. Je trouveray autant de chevilles que tu trouveras de pertuis, génin, Récréai, t. ti, p. 24t. Faire compter les chevilles [faire attendre quelqu'un longtemps dans une chambre], Nuits d» Slraparole, t. 11, p. 228, dans lacurne. Pendre son manteau à faible cheville, cotorave. Des santez vigoreuses , les mortelles maladies; ainsi des rares et vifves agitations de nos âmes, les plus excellentes manies et plus destracquées ; il n'y a qu'un demi tour de cheville à passer de l'un à Paultre, mont, h, 244.
— ÉTYM. Picard, keville; provenç. cavilla; portug. cavilha; ital. cavicchia, caviglia, cavicchio, caviglio ; du latin clavicula, petite clef, d'où cheville, diminutif de clavis, clef (voy. clef), transformé par les langues romanes en clav icla, et, par euphonie, cavicla.
CHEVILLÉ, ÉE (che-vi-llé, liée, Il mouillées), part, passé. |i 1° Navire solidement chevillé. || Fig. Avoir l'âme chevillée dans le corps, résister aux blessures, aux maladies les plue graves. || 2° Terme
de botanique. Qui a la forme d'un clou. || 8* Tsrme de manège. Cheval chevillé, cheval dont les épaules sont trop serrées. || 4* Terme de vénerie. Une tête de cerf qui a beaucoup de belles pointes, se nomme une tête bien chevillée. || Terme de blason. Garni d'andouillers. Il porte d'azur à deux bois de cerf, chaque branche chevillée de six pièces d'argent. Il 6° Fig. Rempli de chevilles, e'est-à-dire de mots inutiles, mis uniquement pour faire le vers ou arrondir la phrase. Que dites-vous de ces vers chevillés, De ces discours obscurs, entortillés? J. B. rouss. dans le Dict. de dochbz.
1. CHEVILLER (che-vi-llé, il mouillées, et non che-vi-yé) , v. a. || 1* Assembler avec des chevilles. Cheviller une porte. || 2* Fig. Cheviller des vers, y faire entrer des mots inutiles. Ce beau nom de machine ronde, Que nos flasques auteurs, en chevilvillant leurs vers, Donnaient à l'aventure à ce plat univers, volt. Ép.xxxix. || Absolument. Maisce n'est rien auprès des versificateurs; Le dernier des humains est celui qui cheville, a. ne MussET,,4près une lecture. || 3° Tordre la soie pour qu'elle se décolle.
— HIST. xui* s. Mairien kivilliet, tailliar, flecuet'J,p. 482. Les eschielessont faites grans et bien chevillites, H. de valenc. xixv. Il est cheùz enz el broion (piège], Qui chevilliez fuel roion, itenart, 4 2726. Planches bien chevillées, joinv. 266. || xivs. Ceste roys [ce rets] est quevillée en telle manière qu'elle est plus longue que large, Uodus, f'cxxx, verso. H xvi* s. Il y en a [des sorciers] qui empeschent que l'homme n'a rendu son urine, ce qu'ils appellent cheviller, paré, xix, 32.
— ETYM. Cheville; provenç. cavillar ; yoriuç. eavilhar.
t 2. CHEVILLER (che-vi-llé, Il mouillées),», m. La partie d'un instrument à. cordes eu les chevilles sont fixées.
— ÉTYM. Cheville.
+ CHEVILLETTE (che-vi-llè-f, Il mouillées),», f. Petite cheville. || Broche de fer dont se servent les charpentiers. || Morceau de cuivre plat et troué dont le relieur se sert pour attaquer les nerfs des livras. | Clef de bois des anciennes fermetures. Tire la chevillette , et la bobinette cherra [tombera] , Conte du petit chaperon, rouge.
— ÉTYM. Diminutif de cheville.
f CHEVILLECR (che-vi-lleur, «mouillées) , ». m. Nom qu'on donnait à des sorciers qu'on prétendait capables de nouer l'aiguillette.
— HIST. xvi* s. Pierre Masse du Mans a essrit do l'imposture et tromperie des diables, devine, enchanteurs, sorciers, noueurs d'eguillettes, chevilleurs.... et autres qui par art diabolique, arts magiques et superstitions abusent le peuple, nu
VERDIEH, BMioth. p. 4026, dans LACDBNB.
— ÉTYM. Cheviller.
f CHEV1LLIER (ohe-vi-llé, Il mouillées), a. m. Cheval qui est placé en cheville.
TCHEVILLIÈRE(che-vi-llê-r', Il mouillées), t.f. Terme de commerce. Rubans grossiers de fil roui.
f CHEVILLOIR (che-vi-lloir, Il mouillées),», m. Instrument qui tient au métier à fabriquer des étoffes de soie.
t CHEVILLON (che-vi-llon , Il mouillées), ». m. Il 1° Bâton à l'usage des tourneurs et des ourdisseurs. Il 2* Terme de marine. Morceau de bois qui sert à lancer les manoeuvres.
— ÉTYM. Cheville.
fCHEVILLOT (che-vi-llo, Il mouillées), ». m. Terme de marine. Grosse cheville de bois dur tourné.
— êtym. Cheville.
fCHEVILLURE (che-vi-llu-r", 21 mouillées), ». /. Terme de vénerie. Andouillers de la perche du cerf, du daim et du chevreuil.
— ÉTYM. Cheville; provenç. cavilladura.
f CHEVIN (che-vin), ». m. Voy. chevanne.
t CHEVIR (che-vir), t). n. Disposer de quelqu'un, en venir à bout. Cet enfant est si malin qu'on ne peut chevir de lui. Nous ne saurions en chevir [d'un chien], mol. Festin, nr, 3. || Terme d'ancienne coutume. Traiter, composer, capituler.
— HIST. xii* s. Et nus et nostre cause contre li [il] maintiendra, Et, s'en vus ne remaint, très bien la chevira, Th. le mart. 4 33. || xur» s. Si vous [je] pri donques qu'il en isse [de prison] Et de la besoigne chevisse, la Rose, 46260. Gentil homme, li quel ne se mellent pas de marceander, ançois se cevissent de lor héritages, qu'il tienent en franc fief du signeur, beauman. iv, 4 4. Li soudans de Hamant ne se sot comment chevir du soudanc de Babiloine [le Caire], joinv. 2I3.||xiv*s. Mais qui a de l'argent toujours a bien chevi, Guescl. 4 84 4 8. Un poure homme demande comment il se porra chevir de
CHK
leus [loups], de quoy il y a tant en son pays qu'ilz lui détruisent toutes ses bestes, Modus, f' lxx. |{ xve s. Pour avoir conseil comment il se pouvoit chevir de ceste aventura, fhoiss. i, i, ioo. |jxvrs. Si les choses se rendent à nostre merci, pourquoi n'en chevirons-nous? mont, i, 204. Ses créanciers vindrent crier après luy, et l'importuner pour estre payez sur son partement; et ne pouvant chevir à eux, il fut contraint de recourir à Crassus, amïot, César, 13. Concluant à despescher vers le grant rnaistre, lui oster l'espoir de secours, l'avertir de composer et chevir comme il pourroit, d'ahb. But,
— BTYM. Chef, bout; chevir, c'est proprement venir à chef, à bout. Wallon , ehèvi, chercher, chevillant, entreprenant, actif.
CHÈVRE (chè-vr'), s. f. || 1* La femelle du bouc, animal agile, aimant à grimper, à sauter. Le lait de la chèvre. Sauter comme une chèvre. Un ver, une fourmi. Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi, Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme? oui sans doute, Bon.. Sot. vin. Dès que les chèvres ont brouté, Certain e»prit de liberté Leur fait chercher fortune, la fout. Fabl. xii, 4. || Ménager ou sauver la chèvre et le cheu, c'est-à-dire se comporter entre deux personnes qui sontdivisôesd'intérêts ou de passions, de manière à n'indisposer aucune d'elles. l| Vin qui fait danser les chèvres, vin âpre et acerbe. || Familièrement. Prendre la chèvre, se choquer, s'irriter sans raison. Ils sont prompts à prendre la chèvre, Régnier, Sat. xiii. Et n'est Job, de dépit, qui n'en eût pris la chèvre, id. Sat. x. D'un mari sur ce point j'approuve le souci ; Mais c'est prendre la chèvre un peu bien vite aussi, mol. Sgan. 12. Notre accueil t'a fait prendre la chèvre, id. Bourg, va, 10. On vient eivilement pour s'éclairer d'un doute, Et Monsieur prend la chèvre, il met tout en déroute, regnard, le Joueur, va, 10. Elle est prompte éprendre la chèvre, dancourt, le Chevalier à la mode, m, I. Prendre la chèvre, c'est se faire chèvre, avoir un caprice ; l'italien dit d'une façon analogue pigliar la manna, prendre la guenon, pour s'enivrer. || Barbe de chèvre , barbe qu'on laisse venir au menton et qui a de la ressemblance avec celle d'une chèvre. || Barbe de chèvre, espèce de spirée, plante. || 2* L'étoile principale ou Alpha du Cocher est nommée vulgairement la Chèvre. J'ai vu la Chèvre. La Chèvre était cachée, y La chèvre Amalthée , constellation de l'hémisphère septentrional. || 3" Pied-de-chèvre, levier de fer dont une extrémité est taillée en pied de chèvre. || 4° Machine qui sert à élever des fardeaux considérables et qui est composée de trois longues pièces de bois réunies en leur sommet et formant sur le sol un triangle plus ou moins large qui est la base de la machine. Au haut est accrochée une poulie sur laquelle passe une corde qui vient s'enrouler sur un cabestan fixé au bas de la chèvre. C'est cette corde qui élève les fardeaux. || 6° Dans les moulins à soie, la chèvre est un instrument qui sert à tenir la fusée. || 6° Table à trois pieds pour faire des fromages. || Support sur leqnel le charron pose les pièces de bois qu'il veut scier. || Terme de pêche. Pieux sur lesquels on pose les rets. || Proverbes. Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute, c'est-à-dire il faut s'accommoder de ce qui nous lie, de ce qui ne peut être changé dans notre situation. || Cela est lié comme crottes de ehèvre, se dit d'un discours, d'une conversation «ans liaison et sans suite. || La chèvre a pris le loup, se dit de ceux qui , pensant prendre ou tromper des gens plus faibles ou plus simples qu'eux, demeurent pris eux-mêmes. ||I1 serait amoureux d'une chèvre ceiffée, c'est-à-dire c'est un homme qui s'éprend de toutes les femmes, quelque laides qu'elle soient.
— hist. xii* s. E aspre haire aveit de piel de chievre gros, Th. le mart. 102. || xm" s. Dont veissiés ribaus et garchons et à piet et à cheval espandre parmi Biauvoisis, et chevaus et kievres et paysans amener en l'ost, dehors Gisors où on estoit logiet, Chr. de Rains, 61. Se je baille mes chievres à loage en garde, et larrons les emblent sanz la colpe à celi qui les garde, Liv. de just. I7t. || xv* s. Tant grate chèvre que mal gist, vill. Bail. j| xvi' s. Ny dessous moy, pauvres chèvres chetives, Plus ne paistrez le trèfle fleurissant, marot, iv, 7. L'aigle est représenté emportant à la chèvre morte [sur son dos] vers le ciel ces âmes déifiées, mont, ii, 269. J'en ay veu prendre la chèvre, de ce qu'on leur trouvoit le visage frez, id. iv, H 2. Un moins rusé en eust pris la chèvre; mais l'admirai.... d'aub. Hist. i, 88. [Les François etc.] ont les yeux de chèvre, ou tannés, paré, fntrod. 7. Seulement quelque peu
de foin donne-on aux chèvres preignes les plus avancées, o. de serres, 327. X la chandelle la chèvre semble demoiselle, le roux de lincy, t. i, p. 164. C'est un donneur de chievre à moytié [c'est un donneur de bourdes; voy. canard], id. ib. Quand la chèvre saute au chou, le chevreau y saute itou, id. ib.
— ÊTYM. Berry, chieuve, chieube , chievre , chieuvre ; picard , cape , cabe , cabre , kève , kèvre ; provenç. et espagn. cabra; ital. copra; du latin capra, chèvre, caper, bouc; grec, xàîtpoç; ancien Scandinave, hafra.
CHEVREAU (che-vrô), s. m. Le petit d'une chèvre. Les chevreaux et leur mère. Moi, je me plais auprès de mes jeunes chevreaux;Je m'occupe à leurs jeux, j'aime leur voix bêlante, a. chéniir, Idylles, Liberté. || 2° Peau de chèvre ou de «hevreau préparée. Gants de chevreau. || 3" S. m. piur. Terme d'astronomie. Petite constellation placée dans celle du Cocher.
— HIST. xiii's. Les chevaliers de nostre bataille chassoient une beste sauvage que l'en appelle gazel, qui est aussi comme un chevrel, joinv. 207. Quant Thobie, qui Dieu nule foiz n'oblioit, Entendi d'aventure le chevrel qui crioit, J. de heung, Test. H64. || xiV s. Quartier de chevrel est meilleur que aignel, Uénagier, il, 4. || xvi" s. De moy auras un double chalumeau.... Lequel à peine ay eu pour un chevreau, marot, m, 296. La chèvre clïevreta quelque temps après un chevreau qui avoit la teste de figure humaine, paré, xix, 20.
— ÊTYM. Diminutif de chèvre; provenç. cabrel. CHÈVREFEUILLE (chè-vre-feu-11', W mouillées,
et non chè-vre-feu-ye), s. m. Arbrisseau grimpant, à fleur odoriférante (lonicera caprifolium, L.).
— REM. Mme de Sévigné écrivait chèvrefeuil : Tout est plein de chèvrefeuils, 143. Boileau aussi : Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, Ép. xi.
— HIST. xni* s. D'euls deus fu il tut autresi, Cume del chevrefoil esteit Ki à la codre [coudrier] se preneit, marie, Chèvrefeuille.
— ÉTYM. Avranchin, chèvrefin; provenç. caprifuelh; ital. caprifoglio; du latin caprifolium, de capra, chèvre, et folium, feuille : plante ainsi nommée peut-être parce qu'elle grimpe comme une chèvre.
CHÈVRE-PIED (chè-vre-pié) , adj. m. Qui a des pieds de chèvre. Dieux chèvre-pieds, les satyres. C'était [le fils de Mme d'Hendicourt] une manière de chèvre-pied, aussi méchant et encore plus laid que son père, st-sim. 218, 183.
— REM. Des grammairiens ont dit que, comme un seul satyre aurait aussi des pieds de chèvre, on devrait écrire, même au singulier, chèvre-pieds. Mais c'est une erreur, on peut écrire un chèvrepied, c'est-à-dire un pied-de-chèvre comme on dit dans le célèbre roman de Cooper, Œil de Faucon, et non Yeux de Faucon, pour désigner un chef à la vue perçante.
— ÉTYM. Chèvre, pied.
f CHEVRER (che-vré), v. n. S'agiter comme une chèvre, s'impatienter. Tes lambineries me font chevrer. || Mot populaire dans quelques provinces.
— ÊTYM. Chèvre.
t CUÈVRETER (chè-vre-té) , v. n. Mettre bas, en parlant de la chèvre.
— HIST. xvi* s. Seulement quelque peu de foin donne-on aux chèvres qui ont chevreté, un ou deux jours après leur terme, o. de serres, 327.
— ÉTYM. Chèvre.
CHEVRETTE (che-vrè-f) , t. f. ||1" Petite chèvre. Une chevrette dans le pré. || 2° La femelle du chevreuil. La chevrette, lorsqu'elle veut mettre bas, se recèle dans le plus fort du bois pour éviter le loup, qui est son plus dangereux ennemi, buff. Chevreuil. Blanca oaressait cette chevrette du désert [la gazelle], chateaub. D. Abenc. 180. || 3° Petite écrevisse de mer appelée plus souvent crevette. Les chevrettes qu'on sert sur les tables de Paris sont principalement des espèces du genre palémon, et surtout le palémon porte-scie; on y joint le crangon vulgaire et d'autres crangons. Les chevrettes de mer ont été ainsi nommées à cause des petits sauts qu'elles font. ||4° Petite barre de fer à deux pieds pour soutenir le bois du foyer. || Morceau de fer recourbé sur lequel on pose le bois dans les poêles. || 5" Pot de faïence à goulot pour mettre les sirops. || Outil de cirier et de paumier. || Châssis au haut de la scie d'un scieur de long. || Petite machine de trois pieds et demi de hauteur, composée de deux pièces de bois avec un bouton de fer qui les maintient, et une cheville de fer qui hausse et qui baisse, dans des trous faits exprès-, à proportion que
l'on veut hausser ou baisser les fardeaux qui posent dessus. || 6° Sorle d'ancienne musette.
— HIST. xm* s. Citole prent, trompe et chievrete [sorte d'instrument], Si citole, trompe et chievrete, la Rose, 21303. || xiv* s. Jehan rompy la pel de la chieuvrete, laquelle demoura au dit meunier avco les chalemeaulx , du cange , capriola. || xv s. Et aussi faire dedans les bois grant nombre de chevretes [sorte d'engin de siège] et tauldis de bois avecques des eschelles à assaillir villes et forteresses, j. db troyes, Chron. 1477. || xvi* s. Les Genevois [Génois] commencèrent à sonner leur assault de trompetes et gros tabourins, à grand bruit de cris et tumulta de peuple et avec grand nombre d'eschelles, pavois, manteaulx, chevretes et autres choses nécessaires pour donner assaults, jean d'auton, Annales de Louis XII, p. 121, dans lacurne. D'un lieu loingtain mené cy mes chevrettes Accompagnées d'aigneaux et brebiettes, marot, iv, 2. Mais quand partout le ventre fut grossy De la chevrette [cornemuse].... RONS. 739.
— ÉTYM. Diminutif de chèvre; provenç. cabreta : espagn. cabrila; ital. caprella.
CHEVREUIL ( cho - vreull' , Il mouillées ; au xvii* siècle la prononciation était autre : d'après Chifflet, p. 209 et 20, au singulier VI ne s'articulait jamais, même devant une voyelle, et au pluriel oa disait les chevrcux), s. m. Espèce de cerf commune en Europe, à bois court, cylindrique, ne portant qu'un andouiller ; la femelle met bas deux petits.
— HIST. xii' s. L'enfes Bernier lait corre les galos; Plus tost li vient que chevrieus parmi bos Un chevalier qui moult avoit grant los, Raoul de C. 92. Ou vergier ot daims et chevrions, Et moult grant plenté d'escoirions [écureuils], Qui par ces arbres gravissoient, la Rose, 1 383. || xrv* s. Chevreul est une petite beste qui n'a mie le corps plus grant qu'un mouton, mais il est plus haut sur piedz, Modus, f° xxix. || xvi* s. Mes pieds à ceux des chevreux [il] fait égaux, Pour monter lieux difficiles et hauts, marot, iv, 265. Ils le menèrent en un paro peuple de dains et de chevreulx, carl. Il, 4. Bondissant comme un chevreuil, id. vi, 6.
— ÉTYM. Wallon, chivrou, chèvreu ; provenç. cabrol , cabirol ; anc. espagn. cabriolo ; ital. cavriolo, caprivolo; du latin capreolus, dérivé de capra, chèvre (voy. chèvre).
CHEVR1ER (che-vri-é; IV ne se lie pas; au pluriel l'î se lie: les chevriers et les chèvres, dites: les che-vri-é-z et ....), s. m. Pâtre de chèvres. \\S.f. Chevrière, la femme qui garde les chèvres.
— HIST. xm" s. Et cil qui tienent les lévriers Moult meillors que chiens à chevriers, Ren. i Si 58.
— ÉTYM. Provenç. cabrier; catal. cabrer; espagn. cabrero ; portug. cabreiro; ital. caprajo, capraro ; de caprarius , de capra, chèvre.
CHEVRILLARD (che-vri-llar, Il mouillées, et non che-vri-yar) , s. m. Le faon de la chevrette.
— ÉTYM. Chevreuil.
f CHEVRIN (che-vrin) , s. m. Creux que l'eau forme dans les berges et sous les rives des cours d'eau, et où le poisson se retire et dépose son frai.
— ÊTYM. Probablement pour cheverin, de théier, creuser (voy. chever).
1. CUEVRON (che-vron), s. m. ||1° Pièce de bois sur laquelle on attache les lattes, dans le toit d'un bâtiment. || Terme de menuiserie. Échantillon de bois. || Terme de marine. Morceau de bois pour maintenir un affût dans les gros temps. || Dans les chantiers, nom de pièces de bois qui n'ont pas plus de <7 centimètres d'équarrissage. ||2° Sorte de météore. Les comètes ou chevrons de feu qu'on voit quelquefois dans le ciel, desc. ilétéor. 7. || 3° Terme de blason. Nom de deux bandes plates, qui sont jointes par le haut , et qui s'élargissent en forme de compas à demi ouvert; les différences en sont marquées par quelque épithète qui les exprime. Chevron brisé, celui dont la pointe est fendue en sorte que les pièces ne se touchent que par un de leurs angles. || 4" Nom de deux morceaux de galon que les soldats portent joints en angle au bras gauche de leur habit, pour marquer leur temps de service. Mon père, Fier vétéran âgé de quarante ans de guerre, Tout ehargé de chevrons, v. hugo, F. d'aut. ». || S" Terme de grammaire. Nom donné à l'accent circonflexe, à cause de sa forme. || 6* Terme de mine. Allure d'une couche ou d'un filon qui se replie suivant un angle plus ou moins aigu. || 7° Terme de jardinage. Bande de gazon en travers d'une allée.
— HIST. xm* s. Fourches, fleaus, restiaus, fauches, ne doivent riens de tonlieu, ne charetil ne chevron doié, Liv. des met. 323. Et les parois, dont
CHE
CHE
cm
miex [je] les proise, Sunt espesses demie toise, Et si haut resunt li chevron Que luit suùr estre devon, la Rose, (66(7. Li chevron sont d'autre mesrien, ruteb. H, 34. Li droiz des teneuresde citez est tel: de mètre gotere en la meson son vesin ou non, ou de mètre chevrons ou non en la mesiere, /.te. de just. (38. || xv* s. Et aussi mourut [au siège de Duras] un escuyer de Bretagne qui s'armoit de gueules à deux chevrons echiquetés d'or et d'azur, froiss. ii, ii, t(. Les armes de Moriaumez sont barrées, eontrebarrées à deux chevrons de gueules.... id. i, i, (34. || xvi* s. On rue à bas les gros chevrons de fresne, dubell. iv, *6, recto. Le capitaine Mor l'envoia d'un coup de chevron sur la teste au bas de la rivière, d'aub. Hist. il, 264. Ils eurent plusieurs mauvaises augures, comme de quelques feux qui leur donnèrent l'espouvante ; mais surtout des lances et chevrons de feu d'une grandeur et clarté inouie, id. t'fc. m, 498. Pour en leur champ d'argent marquer le chevron de cinabre, id. ib. m, 638.
— ÊTYM. Picard, caveron; wallon, ch'firon, ch'furon; provenç. cabrion , cabiros; espagn. cabrio; dérivé de capra, chèvre, et dit pour solive par une assimilation à celle qui a fait nommer par les latins un chevron capreolus.
f 2. CHEVRON (che-vron), s. m. Terme de pêche. Frai de poisson.
f CIIEVRONNAGE (che-vro-na-j'), s. m. Ensemble des chevrons d'un bâtiment. || Action de chevronner. || Ouvrage fait en chevrons.
— ÊTYM. Chevronner.
CHEVRONNÉ, ÉE (che-vro-né, née), part, passé. Terme de blason. Pièce chevronnée, écu chevronné, pièce, écu chargé de chevrons.
— HIST. xiii' s. Toz [tout] estoit blans li chevaliers, Et ses escus et ses destriers; Et la cote fu chevronée, Qu'il ot soz la broigne endossée, Blanehandin, ms. f° 92, dans lacurne.
+ CHEVRONNER (che-vro-né) , v. a. Garnir de chevrons.
— hist. xin* s. Se terre est commune ou voie commune, il n'empesche pas servise d'aler et de venir, et d'élever sa maison plus haut, ne de che- Troner, ne de covrir ne d'abatre, /te. de just. 438.
— ÊTYM. Chevron, t.
t CHEVROTAIN (che-vro-tin) , s. m. Voy. che-