‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 304 sur 403 · BASSELIN, XXXI II · texte numérisé non relu

BASSELIN, XXXI II

— ETYM. Chicaner.

CHICANEUR, EUSE (chi-ka-neur, neû-z'), t. m. et f. || 1° Celui , celle qui ne fait que chicaner, surtout

DICT. DE LA LAHGUS FPANCAISHi

en affaires. Je ne suis chicaneur et n'aime à disputer, Régnier, Sat. xiv. || Celui qui conteste de mauvaise foi, par exemple au jeu. || Adj. Esprit chicaneur. || 2* Par dénigrement, homme appartenant à

la classe de» gens do procédures Un bavard en

robe, apprenti chicaneur, volt. Ép. 60.

— ÊTYM. xvr s. Sergents, huissiers, appariteurs, chicquaneurs, procureurs, rab. Pant. m, 40. Cestoit afin que les chicanneurs fussent retenus d'approcher d'un terrain si dangereux, bouchet, Serées, ix. L'evesque le manda vers luy venir par une belle citation par ung chicaneur, Cent Nouvelles nouvelles, 98. Puis quand les chiquaneurs se tourmentoient d'envie De quoy vous reformiez les procès et leur vie, rons. Bocage royal, 1" partie, Aucardinal de Lorraine.

— ÉTYM. Chicaner. Rabelais parle beaucoup des chicanoux, une gent qu'il a rendue célèbre.

CHICANIER, 1ÈRE (chi-ka-nié, niê-r"), s. m. et f. Celui, ceile qui aime à chicaner sur les moindres choses, pour des vétilles. C'est un vrai chicanier. || Adj. Hommi chicanier. || Cela est chicanier, cela est contrariant. Locution qui a vieilli.

— ÊTYM. Chicane.

4. CHICHE (chi-ch'), adj. || 1° Peu abondant, en parlant des choses. La moisson sera chiche. || 2* En parlant des personnes, parcimonieux. Être chiche. Qu'il est chiche I Belle leçon pour les gens chiches, la font. Fab. Y, 13. || Fig. Être chiche de ses paroles. N'être pas chiche de promesses. La belle.... n'était chiche de ses regards, la font. Nie. Elle n'en était guère plus chiche [de ses faveurs] , hamilton , Gramm. 6. Eussiez-vous tout le bien dont le ciel vous est chiche, Régnier, Sat. xni. || Proverbes. Il n'est festin que de gens chiches, c'est-à-dire quand un avare se met en frais , il n'épargne rien. || Autant dépense chiche que large, c'est-à-dire une épargne faite mal à propos cause des pertes dans la suite. || Il n'est pas riche qui est chiche.

— REM. Au xvn* siècle, les puristes essayaient de bannir le mot chiche: « Ces gens sont fort chiches, il faut dire : ils sont vilains; ce mot de chiche est ridicule, » marg. buffet, Observ. p. 58.

— hist. xn« s. Et au povre [la dame] se fait et chiche et morne, quesnes, Romane, p. 86.||xm*s. N'iert [il n'était] pas vers ele avers ne chiches, Ben. 16308. Ne soyés orguilIeu3 ne chiches, Ayés por enseignier les riches Large cuer et cortois et gent, Et piteus à la povre gent, la Rose, 6607. Moult est fos [fou] haus homs qui est chiches, ib. 4164. Car li leus d'oisiaus herbergier N'estoit ne dangereusne chiches ; One mes ne fu nus leus si riches D'arbres,

ne d'oisillons chantans, ib. 473. || xiv* s Nel

troverez pas chiche, Ne vous doint [qu'il ne vous donne] tant d'avoir que tuit en serez riche, Girarl de Ross. v. 985. Tous jours [il] seroit corn povre et chiche, Dolent, subjet et serf au riche, bruyant, dans Ménagier, t. H, p. 25. Ne soies pas larges, mais chiches; Ainsi seras-tu tantost riches, id. ib. || xv* s. Prince, je suysiche, pour abregier, Prodigueaussi, nonchallant, diligent, ch. d'orl. Bal. 109. L'empereur son père estoit trop extrêmement chiche, comm. vi, 7. || xvi* s. Chiche à priser la dignité, calvin, Instit. 898. Les autres le blasmant d'avoir esté fort chiche et mechanique, jusques à envoyer vendre des presens de viande qu'on luy donnoit, amïot, Thémist. 8. Cato n'estoit jamais chiche de célébrer et prescher les louanges.... id. Caton, 28. Charles, cardinal de Lorraine, esprit sans borne, très chiche et craintif de sa vie, prodigue de celle d'autrui, d'aub. Hist. n, 143. Amitié de chiches gens à deux boulets ressemble bien [parce qu'ils ne se touchent qu'en un point], génin, Récréât, t. n, p. 234. Ce que chiche espargne, large despend, leroux de lincy, Prov. t. il, p. 258. Il n'est pas riche qui est chiche, id. t'6. p. 315. Les plus riches sont les plus chiches, id. ib. p. 334.

— ÊTYM. Catal. xic, chic, petit, de peu de valeur; espagn. chico, petit; ital. cica, petite chose; du latin ciccum, petite chose.

2. CHICHE (chi-ch'), s. m. Nom ancien du pois qu'on ne nomme plus que pois chiche (voy. pois).

— HIST. xii* s. E fèves et lentilles et ceire quite (frixum cicer), Rois, 186. || xiu* s. Je ne priseroie trois chiches Socrates, combien qu'il fust riches, la /îose, 6941. Cices, de leur nature, sont caudes et sèches, alebrant, f°5l. || xiv* s. Honneur est grains, richesse est paille; Donc qui a honneur, il est riches; N'il ne doit or prisierdeux chiches, machault, p. 102. || xvi* s. Prenés deux onces de farine de ciches rouges, o. de serres, 940. Des farines de ciches blancs, de faseols.... id. 972. Cicer en langage latin signifie un poy chiche, amyot, Cicéron, l.

— ÊTYM. Provenç. ceser, scier ; espagn. chicharo ; ital. Cfce; du latin cicer.

f CHICHE-FACE (chi-che fa-s") , t. m. Terme familier. Homme qui a la face d'un avare. \\S. f. Nom, dans le moyen âge, d'un monstre fabuleux (comme Croque-mitaine).

— HIST. xv* s. Gardez-vous de la chiche-face; Il vous mordra s'il vous rencontre, Myst. de Ste. Genev. Laurence la grant chiche face, coquill. Enqueste entre la simple et la rusée. || xvt* s. Celui qui, pour espargner, fait le retenu, on l'estime un chiche-face, lanoue, 299.

— ÊTYM. Chiche, et face.

CHICHEMENT (chi-che-man), adv. D'une manière chiche. Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair ; il vivait chichement, la font. Fab. i, 18.

— HIST. xvi* s. La faim commença de l'affliger, les moulins estans rompus, ce qui fit distribuer le pain bien chichement, d'aub. Hist. I, 300. Feu monsieur de la Boetie me donna, mourant, ses papiers et ses livres, qui m'ont esté, depuis, le plus favory meuble des miens, je ne veulx pas chichement en user moy seul, ny ne mérite qu'ils ne servent qu'à moy, mont. Lettr. 3, à sa femme.

— ÊTYM. Chiche, et le suffixe ment.

t CHICnETÊ (chi-che-té) , s. f. Epargne basse et sordide. La faute vient premièrement du père qui, par sa chicheté, a comme forcé son fils à lui ravir ce qu'il ne lui a pas voulu bailler de bon gré, Francion, Iiv. vm, p. 341.

— HIST. xv* s S'en mocquoient et disoient

que c'estoit par chicheté, comm. it, 8. Son mari est si fort donné X chicheté et avarice, Qu'il est du tout délibéré Ne lui quérir point de nourrisse, coquill. Les droits nouveaux. ||xvr* s. Il retumba de rechel en la maladie qu'il avoit de longue main enracinée et née en luy, c'estoit l'avarice et la chicheté, amyot, P. Mm. 38. Faute de moiens ou quelque chicheté empescherent cela, d'aub. Hist. a, 441. Les despenses prodiguées à telle splendeur ne sentoient plus ce prince [Henri IV], sur la peau duquel les misères avoient laissé longtemps la crasse de la chicheté, id. i7j. m, 544. Qu'il se contente de l'espargne et chicheté de sa table, mont, ii, 79.

— ÉTYM. Chiche.

CHICON (chi-kon), s. m. Laitue romaine.

— ÊTYM. Même radical que chicot.

CHICORACÊE (chi-ko-ra-sée) , s. f. Terme de botanique. Famille de plantes à fleurs composées, dont le type est la chicorée. Une chicoracée. Les chicoracées.

— ETYM. Chicorée.

CHICORÉE (chi-ko-rée), t. f. || 1" Plante potagère, dite aussi chicorée endive ou chicorée des jardins (chicorium endivia, L.), dont on mange les feuilles en salade, et qui fournit une variété connue sous le nom de chicorée frisée, et une autre sous celui de scarole. Le pis fut que l'on mit en piteux équipage Le pauvre potager ; adieu planches, carreaux; Adieu chicorée et porreaux, la font. Fabl. iv, 4. || Chicorée sauvage (chicorium intybus, t.), chicorée que l'on mange en salade, et qui est aussi employée en infusion, comme tonique et apéridve. || Eau de chicorée, boisson préparée avec la chicorée. Que Madame avait été empoisonnée dans un verre d'eau de chicorée, volt. Louis XI V. 26. || Café de chicorée, ou, simplement, chicorée, poudre de chicorée grillée, que plusieurs personnes mêlent au café. || Amer comme chicorée, très-amer. || Chicorée de mer, nom vulgaire de plusieurs espèces du genre ulva, qui, sur quelques parties de nos côtes, sont mangées avec avidité par les bêtes à cornes. || 2° Terme de jeu. Chicorée se dit des cartes de celui qui a en main trois ou quatre atouts, dont deux as noirs et un neuf rouge.

— REM. La prononciation cichorée est notée et condamnée par Ménage et Marg. Buffet.

— HIST. xvi* s. La chicorée ou endivie est especo de laictue, neantmoins de goust différent à elle, car de son naturel il est amer, immangeable, sans estre addouci dans terre par blanchir, o. de serres, 636. Le syrop de cicorée avec rubarbe est bon contre la vermine, id. 941. La cichorée verrucaire [contre les verrues] , id. 976.

— ÊTYM. Cichorium, de xix<ipiov, chicorée. CHICOT (chi-ko; le ' ne se lie pas dans le parler

ordinaire; au pluriel l's se lie: les chi-ko-z et...; chicots rime avec repos, faux, etc.), s. m. || 1° Co qui reste hors de terre d'un tronc, d'une racine, d'une branche cassée. || Dans l'horticulture, branche morte ou couverte de chancres, [j Terme de blason. Bàlon noueux, rejeton d'arbre. |j 2° Terme de vétérinaire. Petit fragment de bois rompu. On dit qu'un

cm

cheval a pris un chicot dans le pied, quand il a été blessé de cette façon. || 3" Fragment de dent resté dans l'alvéole après destruction de la totalité ou d'une partie de la couronne par rupture ou par carie.

— lltST. xvi" s. En plantant l'arbre, on l'estestera sur terre, sept ou huit pieds, sans lui laisser aucunes branches, ains seulement des longs chiquots en l'endroit où mieux s'accorderont, o. de serbes, «8». Sa cour estoit pleine de bons esprits et de gens de savoir en lieu de fols, de chicots, de dateurs et d'harlequins, Div. leçons de du verdier, p. 487, dans LACURNE.

ÉTYM. Berry, sicot; diminutif dont le radical

est le même que chiquet (voy. ce mot).

CHICOTER (chi-ko-té), v. n. Terme populaire. Contester sur des bagatelles.

HIST. xvr s. Ciceron dit que ce ne sera jamais

fait, qui voudra chiquoter tous les mots, ce qu'il appelle verba aucupari, des accords, Kigarr. Les entends-trois.

CHICOTIN (chi-ko-tin) , s. m. || 1° .Suc extrait de l'aloès. || 2° Poudre ou suc amer de la coloquinte, dont les nourrices se frottent le mamelon quand elles veulent sevrer les enfants. || Familièrement. Cela est amer comme chicotin. Mais dans les fers, loin d'un libre destin, Tous les bonbons ne sont que chicotin, gress. Ver-vert, ch. IV. || Dragées de chicotin, ou, simplement, chicotins, certaines dragées fort amères où l'on a mêlé du chicotin.

HIST. xvi' s. Deux drachmes d'aloes cicotrin en

poudre, o. de serres, 902. Prenez antimoine cru, subtilement pulvérisé et passé par le cicotrin, paré,

ÉTYM. Mot altéré pour sucotnn, nom aune

espèce d'aloès, ainsi nommé de Die de Socotora.

CUIÊ, ÉE (chi-é, ée), part, passé de cliier.

CHIE-EN-LIT (chian-li), s. m. Nom que les enfants et les gens du peuple donnent aux masques qui courent les rues pendant les jours gras. || À la chie-en-lit, cri dont on accompagne ces masques. Il Au plur. Des chie-en-lit.

— REM. Voltaire a mis chiant-lit. Les amours en chiant-lit déguisés dans ces lieux Sont toujours les amours.... Poésies mêlées, 23. C'est une orthographe fautive; mais la prononciation est bonne; chie-enlit se prononce en deux syllabes.

— ÉTYM. Chier, en, lit.

CHIEN (chiin), *. m. (le maie), CHIENNE (chièn'), s. f. (la femelle). || 1" Quadrupède domestique, le plus attaché à l'homme, gardant sa maison et ses troupeaux, et l'aidant à la chasse. Chien de garde. Chien de berger. Chien de Malte. Chien de Terre- Neuve, grand chien à long poil, aimant à aller à l'eau. Chien danois, grande espèce de dogue. Chien deSt-Bernard, grande espèce de chien des Alpes. Chien de trait, chien habitué à traîner de petites voitures. Ce chien, voyant sa proie en l'eau représentée, La quitta pour l'image et pensa se uoyer, la font. Fables, vi, 47. Ce chien, parce qu'il est mignon, Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame, id. ib. iv, S. Et votre pelit chien Brusquet gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez vous? mol. Son Juan, iv, 3. Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux, rac. Ath. u, 5. Dans son sang inhumain les chiens désaltérés, id. ib. I, 4, |) Chien de manchon , chien de petite espèce que les dames portent dans leur manchon. || Chien d'Artois, sorte de chien camus; d'où la locution camus en chien d'Artois, pour signifier confus, désappointé. Madame votre fille est pleurante en un coin, Monsieur votre neveu grommelle sur du foin, Camus en chiens d'Artois d'avoir compté sans hôte, la font. Je vous prends sans vert, se. 14. Les chiens courants, les dogues, les turcs, les chiens d'Artois, les mâtins, segrais, Me imaginaire, t. n, p. 200. || Chienlion, sorte de chien qui paraît provenir du croisement entre l'épagneul et le petit danois. || Chien traître, chien qui mord sans aboyer. || Chien fou, nom que l'on donne quelquefois au chien atteint de la rage; et fig. Maigre comme un chien fou. || Chien savant, ehien dressé à certains exercices. || En termes de l'Écriture, il retourne comme le chien à son vomissement, se dit de celui qui retombe dans ses vices. Il 2° Chien de chasse, chien dont l'homme se sert pour prendre le gibier. Chien courant, chien qui chasse les bêtes à la course. Chien couchant ou chien d'arrêt, chion qui arrête le gibier. Chien d'aiguail , chien qui n'est bon que le matin. Chien allongé, chien qui a les doigts étendus par quelque blessure. Chien a belle gorge, chien qui crie bien.

CHI

Chien buté, chien qui a la jointure de la jambe fort ( grosse. Il Chien sage, chien qui ne s'emporte pas après le gibier. || Fig. Faire le chien couchant, flatter bassement quelqu'un pour gagner ses bonnes grâces. On dit de même : c'est un bon chien couchant. Il Rompre les chiens, les arrêter, les détourner de la voie; et, figurément, rompre brusquement une conversation embarrassante. Mais le mari rompait les chiens, la font. Vér. Le duc de Tresmes voulut rompre les chiens plus d'une fois; à toutes Caumartin l'arrêtait, haussait le ton et continuait, stsim. 277, 243. || 3* Locutions diverses. Être comme un chien d'attache ou à l'attache , être assujetti à un travail continuel. || N'être pas bon à jeter auxehiens, en parlant des personnes, ne valoir rien du tout. On ne me trouve pas bonne à jeter aux chiens, sév. 235. || Jeter sa langue aux chiens, renoncer à deviner quelque chose. Ne sauriez-vous le deviner? jetezvous votre langue aux chiens? sév. 248. || Jeter ou donner sa part aux chiens , faire fi de quelque chose ; et avec un sens contraire, ne pas jeter sa part aux chiens. 11 était désolé, il eût jeté sa part aui chiens, sév. 43t. Mlle de la C"* n'en jette pas sa part aux chiens, sév. 350. || Jeter ses louanges aux chiens, les prodiguer mal à propos. Ces gens-là ne jettent point leurs louanges aux chiens, sév. 49». || Droit comme la jambe d'un chien, se dit d'une chose tortue. || Battre quelqu'un comme un chion, étriller quelqu'un en chien courtaud, le battre trèsfort. Si vous voulez des nouvelles de nos armées, le régiment de Champagne s'est battu comme un lion et a été battu comme un chien, volt. Lettr. d'Argent. 24fév. 1761. || Il fait un tempsànepas mettre un chien dehors, il fait un temps affreux. || Cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien, c'est-à-dire cela ne vaut absolument rien, puisqu'un chien n'est pas ferré. || C'est saint Roch et son chien, c'est-à-dire ces deux personnes vont toujours ensemble.|| Venir là comme un chien dans un jeu de quilles, arriver très-mal à propos dans une société, y être très-mal reçu. On dit dans le même sens : recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles. || Fig. Fréquenter le chien et le chat, fréquenter toute sorte de personnes. Il n'est pas étrange que M. le duc se soit avantagé de l'exemple de 4 088, pour la promotion qu'il fit signer toute faite au roi en 4 724, et où il fourra le chien, le chat et le rat, st-sim. 328, 43. || Fig. Battre le chien devant le lion, ou devant le loup , réprimander une personne inférieuredevant une personne supérieure, à qui cela doit servir de leçon. || Entrechien etloup, àpetit jour, le soir ou le matin, c'est-à-dire quand le jour est si sombre qu'on ne saurait distinguer un chien d'avec un loup. Que pensez-vous, que tout cela fasse entre chien et loup? sév. 221. Substantivement. Je crains l'entre chien etloup quand on ne cause pas, id. 232. || Fig. Leurs chiens ne chassent pas ensemble, c'est-à-dire ces personnes ne sont pas en bonne intelligence. || Vivre comme un chien, vivre dans la débauche et le libertinage. Mourir comme un chien, mourir dans le mépris et l'abandon, et aussi sans avoir reçu les sacrements. || Mener une vie de chien, mener une vie pénible et misérable. || Il est fou comme un jeune chien, se dit d'un jeune garçon étourdi et folâtre. || Il est fait à cela comme un chien à aller à pied, à aller nu-tête, c'est-à-dire il est tout à fait accoutumé, endurci à une chose. || Entrez, nos chiens sont liés, se dit à quelqu'un pour le prévenir qu'il peut aller de l'avant, n'y ayantaucun risque. || C'est une charrue à chiens, ce sont des associés qui n'avancent pas, ne font rien de bon ni d'utile. || Ils s'accordent, ils vivent comme chiens et chats, c'est-à-dire ils sont toujours en querelle. || 4° Fig. et familièrement, un individu qu'on maltraite, qu'on méprise. C'est un chien. Pour cet homme orgueilleux les domestiques sont des chiens. Que je suis un grand chien ! Parbleu je te saurai, Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai, regnard, le Joueur, i, 4. M. le duc de Villarsne s'y connatt-il point? ma nièce est-elle sans goût? suis-je un chien? que coûte-t-il d'essayer ce qui fait chez nous le plus grand effet? volt. Lell. d'Argental, 27 sept. 4 760. || Populairement, une personne rude et sévère. Quel chien ! Il n'est pas trop chien avec (ou pour) ses ouvriers. C'est un mauvais chien. || Populairement et bassement. Cela n'est pas tant chien, cela n'est pas trop mauvais. || 5° Chien de, avec les noms masculins, chienne de, avec les noms féminins, locution qui se dit, par une sorte de dépréciation, des personnes et des choses. Un chien d'homme. Une chienne de femme. Chien de chrétien , dénomination injurieuse que les musulmansdonnent aux chrétiens. Quelle chienne de mine vous a-t-il faite? bahilt. Gram'm. 4L Moi j'aurais

cm

de l'amour pour ta chienne de face, mol. le Dép. iv, 4. Quel chien de commerce avez-voui là? sév. 69. Que ne vous défaites-vous de cette chienne de maison aussi? dancourt, la Uaison de campagnr, se. 7. Maugrebleu de la chienne de parente, id. ib. se. 4 6. Quiconque veut vivre sans boire Fera trèsbien de voyager Dans votre chien de territoire, volt. Ép. 65. Je vous serai attaché tout le temps de ma courte et chienne de vie, volt. Lell. verset prose, 33. Quel chien de train! quelle chienne de vie! J. B. rouss. Épigr. iv, B. Je cours toujours pour ma chienne de vente; j'ai eu ce matin de bons renseignements, p. l. cour. Lett. n, 423. Voilà une bonne chienne de condition, direz-vous, volt. Lett. Mme du Deffant, 24 mai 4764. Ces occupations sont satisfaisantes; combien elles consolent de ces chiens de bureaux, de ces chiens de commis! volt. Lell. d'Argental, 4 5 févr. 4760. || De chien, même sens. Un temps de chien. Une pluie de chien. Querelle de chien, bruit de chien, train de chien, grande querelle, grand bruit. Ne soyez point en peine de mon écriture, c'est que j'ai une plume de chien, sév. 844. Allez, philosophe de chien, mol. Bourg, u, 4. || 6* Terme de zoologie. Genre de mammifères auquel le chien appartient. Le loup, le chacal sont des chiens. || 7* Nom de différents animaux qui n'appartiennent pas au genre chien. Chien crabier, un des noms donnés au chien cancrivore (digitigrades), appelé chien des bois par Buffon, dit aussi raton. || Chien-rat, mangouste du Cap. || Chien d'eau, cabiai. || Chien de mer, chien marin , nom vulgaire de la grande roussette (scyllium canimla). || 8° Terme d'astronomie. Le Grand et le Petit Chien, constellations de l'hémisphère austral. || Chiens de Chasse, petite constellation boréale entre la Grande Ours» et le Bouvier. || 9* Chien de faïence, petite figure de chien qui se mettait souvent sur les cheminées, une d'un côté, l'autre de l'autre. De là la locution, se regarder en chiens de faïence, c'està-dire se regarder fixement et d'un air surpris ou hébété. || 10" Chien de fusil, pièce qui tient la pierre d'une arme à feu, et dans les armes à percussion, pièce qui vient frapper la capsule et en produit l'inflammation. || Sorte de sergent de tonnelier. || Fer plat du métier à tisser. || Sorte de chariot ou de brouette dans les mines. || Brosse des blanchisseuses, faite ordinairement de chiendent || En termes de marine, sorte de grappin. || Proverbes. C'est un beau chien s'il voulait mordre, c'est-à-dire il a belle apparence, mais il est sans courage. || C'est un chien qui aboie à la lune, c'est-à-dire il crie inutilement contre plus puissant que lui. || Il ne faut point se moquer des chiens qu'on ne soit hors du village, c'est-à-dire il faut se mettre à l'abri de danger avant de s'en moquer. || Il est comme le chien du jardinier, qui ne mange point de choux et n'en laisse pas manger aux autres, se dit de ceux qui, ne pouvant pas se servir d'une chose, ne veulent pas que les autres s'en servent. || Ils veulent faire commo les grands chiens, ils veulent pisser contre la muraille, se dit des petits garçons qui veulent faire comme les grandes personnes. || Pendant que le chien pisse, le loup s'en va, c'est-à-dire le moindre retardement fait manquer l'occasion. || Il y a trop de chiens après l'os, c'est-à-dire c'est une affaire où il y a trop de partageants. || Ce sont deux chiens après un os, c'est-à-dire le même objet est poursuivi de deux personnes. || Il mourrait plutôt un chien de berger, se dit en parlant d'une personne peu recommandable et qui est revenue d'une maladie grave. || C'est un chien au grand collier, c'est-à-dire il a le principal crédit dans une compagnie, dans une maison. || Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée, c'est-à-dire il arrive toujours quelque accident aux gens querelleurs. || Chien en cuisine souper ne demande, c'est-à-dire il le prend. || 11 a du crédit comme un chien à la boucherie, se dit d'un homme sans crédit, sans importance. || Petit chien, belle queue, proverbe qui équivaut à celuici pour le sens : dans les petites boîtes, les bons onguents. || Si vous n'avez pas d'autre sifflet, votre chien est perdu, se dit à ceux qui ont une mauvaise cause. || Jamais à un bon chien il ne vient un bon os, se dit d'une bonne fortune qui ne vient point à ceux qui en seraient dignes. |[ Bon chien chasse de race, c'est-à-dire les enfants ont les qualités de leurs parents, ou, ironiquement, leurs défauts, leurs vices. || Il n'est chasse que de vieux chiens, c'est-à-dire les gensquiontde l'expérience, qui ont vieilli dans une chose, sont ceux qui rendent les meilleurs services. || Je lui garde un chien de ma chienne, e'est-k-dir» je m» v«ugnnu d'un Mutait

cm

office. || H vaut autant être mordu d'un chien que d'une ehienne, c'est-à-dire entre des risques égaux il n'y a pas de raison d'être plus effrayé de l'un que de l'autre. || On ne lui demande pas es-tu chien? es-tu loup? se dit d'un misérable qu'on abandonne. || Il a été mordu d'un chien, il veut l'être d'une chienne, c'est-à-dire il n'a pas assez du mal qu'il a reçu déjà. ||Qui m'aime, aime mon chien, c'est-àdire quand on aime quelqu'un, on aime tout ce qui lui appartient. || C'est le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, se dit d'un homme qui s'en va quand on veut le retenir ; proverbe venu de ce que Jean de Nivelle, fils du duc de Montmorency, ayant été sommé pour quelque méfait, à son de trompe, dans les carrefours de Paris, de comparaître, se hâta de gagner la Flandre, où étaient les biens de sa femme, LE roux, Dict. comique. Suivant cette explication, il s'agirait non pas du chien de Jean de Nivelle, mais de ce chien de Jean de Nivelle. One traîtresse voix bien souvent vous appelle; Ne vous pressez donc nullement; Ce n'était pas un sot, non, non, et croyez-m'en, Que le chien de Jean de Nivelle, la font. Fabl. vm, 21. Il Chien en vie vaut mieux que lion mort, c'est-à-dire il vaut mieux être pauvre et misérable qu'être riche et mourir. || Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage, c'est-à-dire on ne manque jamais de prétexte pour se débarrasser d'une personne qui déplaît. Me voilà bien chanceuse! Hélas I l'on dit bien vrai : Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage , mol. F em. sav. n , 5. || Chien qui aboie ne mord pas, c'est-à-dire ceux qui crient beaucoup ne sont pas les plus à craindre. || Un chien regarde bien un évêque, c'est-à-dire que, quelque élevé que soit un homme, il ne doit pas trouver mauvais qu'un autre s'adresse à lui. j| X chien qui mord il faut jeter des pierres, on ne doit pas avoir pitié des gens malfaisants. H Chien sur son fumier est hardi. || Jamais chien ne mordit l'Église qu'il n'enrageât, s'est dit de ceux qui se sont élevés contre l'Eglise et qui ont fait une fin malheureuse. || X mauvais chien on ne peut montrer le loup, on ne peut décider un homme couard à s'exposer en rien. || Les coups de bâton sont pour les chiens, se dit quand quelqu'un, traité en parole ou en action d'une façon qui ne lui convient pas, remet à sa place celui qui le traite ainsi. Il 11 ne faut pas tuer son chien pour une mauvaise année, on ne doit pas se désespérer pour une seule ou une petite disgrâce.|| Ëcorcher son chien pour en avoir la peau, sacrifier une chose importante pour un petit bénéfice. || L'hôpital n'est pas fait pour les chiens, se dit quand on réclame l'usage d'une chose qui est destinée au public.

— HiST. xi" s. Vous lui durrez [donnerez] ours et lions et chens, Ch. de Roi. m.

— xii* s. Mult par fu fel, orrible et chien; Suz [sous] ciel n'out si mal crestien, benoît, Chron. t. 1, p. 348. Muetes de chiens lui donez pour chasser, JJonc. p. 3. Dune veïssiez entr'els les beaubelez [bijoux] duner, E les chiens enveier, e les oisaus porter, Th. le mort. 99.

— xni' s. Il fait trop bon le chien chuer, Tant qu'on ait la voie passée, la Rose, 7430. Cum chien honteus en un coignet, ib. 456. Si l'en envoie sanz targier As chiens de mer et as balaines Conter les noveles certaines, Fabl. barbaz. t. iv, 86. En un carrefour [il] fist un feu Lez un cerne entre chien et leu [loup], Bataille des sept arts. Ki volentiers fiert vostre chien, Ja mar crerés qu'il vus aint [aime] bien, marie, Graelent. Elle avoit tort d'esveiller le chien qui dort, Hist. littér. t. xxm, p. 67). Si dist on souvent.... Que d'aire [race] est le ciens qui devient Vénères [chasseur] sans aprendeour, ph. mouskes, ms. p. 449 et 460, dans lacurne. Chien en cuisine son per [ compagnon ] n'i désire, leroux iiB lincy, Prov. t. 1, p. (65. On ne peut pas deffendre bien le chien à abaier ne le menteor à jaingler [faire des contes], ru. 16. t. u, p. 362.

— xiv* s. -Plaindre se fait autant qu'un chien qu'on voit crier, Guescl. 4 64 90. Cellui qui s'entremet des noises d'autruy est semblable à cellui qui prent le chien par les oreilles, Ménagier, 1, 9. Et est la brette aussi comme chien de mer, ib. 11, 5. Nul ne soit si hardi qu'il mesle les rayes ne chiens de mer avec autre poisson en un mesme panier, Ordonn. des rois de Fr. t. 11, p. 369.

— xv* s. Et ne demeura onques chien en la ville, que tous ne fussent morts ou jetés dedans les fossés, froiss. n, u, 46). Qui à nul bien de présent ne s'applique, Fors à avoir condition de chien, e. desch. Poésies mss. f° 244, dans lacurne. Chiens de ainr, marsouins, saumons, Congres, turboz et

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leurs semblables, id. ib. f* 485. Ils nous sont venus assaillir sur nostre fumier, monstrons défense comme fait le chien, Perceforest, t. m, f* 47. 11 estoit jà moult anuyté; car il estoit ainsi que entre chien et leu, t'b. t. 1, I* 67. Chien en cuisine ne demande pas son compaignon, 16. t. m, f* «29. Par avant ilz se entre-hayoient comme chiens et chas, Chron. du siège d'Orl. Bibl. des Chartes, t. m, i" série, p. 609. Et mon gosier est sy torchié Qu'il est sec comme dent de chien, Mir. de St. Genev. Foy que doy vous, Sire Robers, Ce sont gens plus cruels que chiens, ib. La estoit grand pitié à veoir ces nobles seigneurs.... amener liés de cordes estroitement par ces chiens Sarrasins laids et horribles qui les tenoient durement, Bouciq. I, ch. 25. Tel le chien nourrit, qui puis mange la courroie de son soulier, le roux dp. lincy, Prov. t. I, p. 47*. Tel huchia le chien es brelrs, qui ne le peut retraire, id. t'6. t. 11, p. 422.

— xvi* s. Courez toujours après le chien, jamais ne vous mordra; et buvez toujours avant la soif, jamais ne vous adviendra, rab. Garg. I, 5. Où est vostre chenil? je ne vois ni ehiens courans, ni auseaux. — Une meutte de chiens, de limiers, des aboieurs, des chiens pour le fauve, chiens pour le noir, lévriers de compagnon et d'attache, d'aub. Foen. 1, 5. Lequel l'attendoit au coin d'une rue avec deux pistolets, dont le chien estoit levé, id. Vie, xli. Et comme à chien maigre vont les mousches, id. Foen. 1, 3. Il lui mit tant de chiens aux fesses, qu'il fut contraint de se sauver de vistesse, id. Hist. 1, 4 90. Il avoit accez en la place par le moien d'un chien couchant, dont il faisoit manger force perdrix au gouverneur, id. ib. 11, H 4. Les chefs coururent pour rompre les chiens, mais la nuit les sépara plus que leurs commandemens, id. ib. H, 357. Quelques poissons se perdirent en la suitte des dauphins, comme font les chiens, les barbues, les maquereaux, etc. id. Conf. 1, 9.... Et les poulces dedans le chien de la harquebuze.... carl. vi, 23. L'herbe dite laDgue de chien, paré, xvi, 35. Si le coq chante incontinent après le soleil couchant (comme l'on dit entre chien et loup), c'est signe de pluye, paré, Animaux, 2. Et sans morsure De chiens enragez et fous, rons. 92t. À petit chien, petit lien, h. est. Précell. 4 98. Je sçais qu'il s'est trouvé des simples païsans s'estre laissez griller la plante des piedz, ecrazer le bout des doigts à tout le chien d'une pistole, avant que de s'estre seulement voulu mettre à rençon, mont, m, 462. Car, dict un ancien, l'on est mieux en la compagnie d'un chien cognu, qu'en celle d'un homme duquel le langage est incognu, charron, Sagesse, 1, 4 3. Le chien se frotte à la charongne, gênin, Récréât. 1. 11, p. 243. Par petits chiens le lieuvre est trouvé, et par les grands est happé, id. ib. p. 246. Le chien au matin à l'herbe va pour son venin, id. ib. p. 242. Plus fol que chien qui aboyé à ses soupes, les cuidant par ce refroidir, id. ib. p. 247. Chien affamé, de bastonnade n'est intimidé, leroux de linct, Proverbes, t. i,p. 465. Chien couart voir le loup ne veut, id. «'&. Chien enragé ne peut longuement vivre, id. ib. Chien rioteur a volontiers les oreilles tirées, id. ib. X meschant chien, court lien, id. ib. p. 466. Disnerde chien, pain et eau, id. i'6. En lict de chien n'a point d'oingture [parfum] , m. ib. Fien de chien et marc d'argent seront tout un au jour du jugement, id. ib. Qui chien s'en va à Rome, mastin s'en revient, id. ib.p. 470. Qui hante chiens puce remporte, id. ib. Qui perd un chien et retrouve un chat, c'est toujours une beste à quatre pieds, id. t'6. p. 4 74. On ne congnoist pas les gens aux robbes ne les chiens aux poilz,iD. ib. Qui veutavoir bon serf ou chien, il faut qu'il lui couste du sien, id. 16. t. n, p. 409. Il y va douanant comme un badin, et trotte de côté comme un chien qui vient de vespres [ainsi dit à cause des coups de fouet que les bedeaux distribuaient aux chiens voulant suivre leurs maîtres dans l'église], Woyen de parvenir, n" lxvii , élégie. Je m'apperçus assez tost que son mal procedoit d'ailleurs que de moi , et qu'il ne s'attachoit à moi que pour battre et gourmander le chien devant le lyon, Mém. de

VILLEROT, t. I, p. 42, dans LACURNE.

— ÊTYM. Picard , kien, et, dans le San terre , tchèn; rouchi, tien; wallon, chen; Berry, chen, chin; chian, chine, chienne ;Saintonge, chein, et cheune, chienne; bourguig. chen; provenç. cari; ital. cane; du latin canis ; au même radical appartiennent le grec xûmv, le gaélique eu, le bas-breton ki, le gothique hunts (allemand Hund, anglais hound) , le lithuanien sïu, le zend epa, le sanscrit svan.

t CIIIÉNA1LLE (chié-na-11', «mouillées), s. f. Canaille.

— hist. un' s. Entre moi et ceste chienaille,

JHI

Ren. 4 903. || xv's. Que il vendroit cher à ceste chiennaille sa mort, Bouciq. 1, 24.

— ÊTYM. Chien. Chienaille est l'ancienne forme française, dépossédée par la forme italienne canaille.

CHIENDENT (chiin-dan) , *. m. Espèce de graminée à racines longues et traçantes (crt'tcum repens, L.). H Chiendent pied de poule, nom vulgaire du panic dactyion, dit aussi gros chiendent. || Chiendent aquatique , la fétuque flottante. || Chiendent queue de renard, l'alopécure ngreste. || Chiendent marin, varech. || Chiendent fossile, amiante. || Fig. et familièrement. C'est là le chiendent, c'est l'endroit difficile ; locution qui vient de la difficulté qu'on a à débarrasser un terrain du chiendent.

— hist. xvi* s. De l'eau bouillie avec orgo et chiendent, pare, xx, 44.

— ÊTYM. Chien, dent; ainsi nommé à cause du goût que les chiens malades ont pour cette plante.

t CHIENNE (chiè-n'), adj. f. La gent chienne, les chiens, locution plaisante créée par la Fontaine. 4Bon frère, ayant couru mainte haute aventure, Fut le premier César que la gent chienne ait eu, Fabl.

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