CIRE
t CIERGER (sièr-jé) , v. a. Terme de métier. Garnir une étoffe de cire.
— ÉTYM. Cierge.
fCIERGIER (sièr-jié), s. m. Celui qui fait ou vend des cierges.
— êtym. Cierge.
CIGALE (si-ga-1'), s. f. || 1" Insecte de la famille des hémiptères, qui fait entendre dans les champs, pendant les grandes chaleurs, un bruit aigre et monotone. Le chant de la cigale. La cigale, ayant chanté Tout l'été, Se trouva fort dépourvue, Quand la bise fut venue, la font. Fabl. i, t. Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale, malh. yi, <7. Et comme la cigale, amante des buissons, a. chén. Éteg. 1. 1| Fig. Ronsard, fais-m'en raison, et vous autres esprits Que, pour être vivants, en mes vers je n'écris, Pouvez-vous endurer que ces rauques cigales Egalent leurs chansons à vos œuvres royales? Régnier, Sol. il. || 2" Terme de marine. Organeau d'une ancre ou d'un grappin.
— HIST. XVI* s. Babillard en cigale, cotgrave. Ferrer les cigales [faire un travail inutile], id. Comme nous allons à la chasse des bestes, ainsi vont les tigres et les lions à la chasse des hommes; et ont un pareil exercice les unes sur les aultres, les chiens sur les lièvres, les brochets sur les tenches, les arondelles sur les cigales, mont, ii, <70.
— ÉTYM. Provenç. et ital. cicala; espagn. cigarra; du latin cicada.
CIGARE (si-ga-r'), s. m. || 1° Petit rouleau de feuilles de tabac que l'on fume comme une pipe. Aux arrêts forcés pour avoir fumé un pauvre petit cigare ? — Un cigare ! croyez-vous que je ne reconnaisse pas votre affreui tabac de caporal? ch. de Bernard, la Peau du lion, § 3. || 2" Tabac à fumer de l'île de Cuba.
— REM. On fait quelquefois cigare du féminin; Chateaubriand a dit : Je lui présentai une cigare, il fut ravi et me fit signe de fumer avec lui, Itin. -124. Mais cigare est définitivement masculin, conformément à l'usage des fumeurs et à l'étymologie.
— ËTYM. Espagn. cigarro, cigare, de dgarar, rouler en forme de papillote, papilloter, rouler dans du papier.
t CIGARETTE (si-ga-rè-f) , s. f. || 1° Petit cigare fait avec du tabac roulé dans un bout de papier ou de paille de maïs. || 2* Cigarette de camphre, de belladone, etc. tuyau de plume où l'on met ces substances en poudre, et qui, tenu dans la bouche, transmet ce qui s'en exhale.
— ÉTYM. Diminutif de cigare.
CIGOGNE (si-go-gn'), s. f. || «."Gros oiseau voyageur remarquable par son long bec et ses longues jambes. La cigogne mange les serpents. Compère le renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne, la font. Fabl. i, <8. Je ne sais si c'était à cause que les cigognes mangent les serpents ou pour ce qu'elles nourrissent leur père en vieillesse, ou pour avoir été les inventrices des clystères, qui est une louable et utile invention, voit. Lett. t93. Ce monstre craint la raison, comme les serpents craignent les cigognes, volt. Lett. d'Argental , 1 3 juin 1 763. || La cigogne est le symbole de la piété et de la reconnaissance, parce qu'on dit qu'elle nourrit son père et sa mère dans leur vieillesse. Quand cel honnête homme [Néron] eut tué sa mère (c'était une terrible cigogne I).... volt. Lett. <26.
CTL
Il Contes de cigogne, à la cigogne, balivernes, conte» faits à plaisir. J'appréhende qu'on ne croie que tout ce que j'ai rapporté jusqu'à présent ne passe pour des contes de la cigogne ou de ma mère l'oie , à cause que cela semble trop ridicule ou trop extravagant, le Roman bourgeois, édit. de Nancy nn, in-8», p. 237. || 2°Terme de marine. Manivelle d'une meule servant à aiguiser les outils. || 3» Terme de métier Levier coudé.
— HIST. xm* s. Je ne pris [prise] ton gaaing le vol d'une cigogne, La folle et la sage. E pur fere ceste besoigne I revaut l'oint [il y faut la graisse] de la cigoine, Ms. St Jean. || xvi' s. Cependant Panurge leur contoit les fables de Turpin, les exemples de St Nicolas et le conte de la ciguoingne, rab. Pant. n, t9. Sornettes et contes de la cigoigne, comme l'on dict, L'esté de Bénigne Poissenot, f°4, v, dans fr. mickel, Argot. Seigneur docteur, ce que je vous dis ' ne sont point des contes de la cicoigne, La comédit des Proverbes, act. n , se. 2.
— ÉTYM. Picard, chigogne ; provenç. ciconia; espagn. ciguena; portug. cegonha; ital. dcogna; du latin ciconia.
t CIGOGNEAU (si-go-gnô) , s. m. Petit de la cigogne.
— ÊTYM. Cigogne.
CIGUË (si-gue), s. f.\\ 1° Plante vivace de la famille des ombellifères et dont le nom est attribué à trois plantes ombellifères qu'il importe de distinguer : la ciguë vireuse (cicuta virosa, L.) ; la ciguë proprement dite ou grande ciguë (conium maculatum, L.) ; la petite ciguë ou ciguë des jardins, dite aussi faux persil (a:thusa cynapium, L.); ces trois plantes sont vénéneuses. || 2" Poison mal connu dans sa composition , par lequel les Athéniens faisaient mou rir les condamnés à mort. Socrate mourut, ayant avalé la ciguë, fén. Socrate. || Fig. Cette philosophie va tout droit à la ciguë, volt. Lett. Prusse, 12.
— HIST. xiii* s. N'onc cil mué ne le troverert . Qui par cegue le tuèrent, la Rose, 6888. Seignoria que j'ai eue, Ne pris [je ne prise] pas un rain de segue, ruteb. n, 197.
— ÉTYM. Norm. chue; Berry, cocue ; provenç. etcuda ; espagn. et ital. cicuta; du latin cicula.
1. CIL (sil; l'Académie dit qu'on mouille J, sill; cependant l'usage le plus général est de ne pas la mouiller) , *. m. || 1" Poil qui borde les paupières. Nous vîmes une larme, et ce fut la dernière, Sous ses cils abaissés [de Socrate] rouler dans sa paupière, lamart. Socrate, 371. || 2" En termes de botanique, se dit des poils soyeux qui bordent certaines parties. || 3° Terme de physiologie. Cils vibratiles, filaments très-fins, dresses sur toute la surface ou une partie seulement de certains éléments anatomiques de quelques animaux invertébrés, de quelques embryons des animaux vertébrés et de quelques algues, se contractant par eux-mêmes, et se mouvant d'un mouvement vibratile très-vif et continu.
— HIST. xvi' s. Aucun ont les paupières prises avec le cil, paré, xviu, 4 7. Il lui dardera un cil d'oeil [clignement] avec un ris friant , pasquier, Menophile, p. 126, dans lacurne. Cingar remarque soudain la contenance de cet homme, et, resserrant la paupière et cil de ses yeux, faisoit signe à Berthe comme est la coustume des pippeurs, merlin cocaie, t. i, p. (77, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. cil, silh, cilla; catal. cella ; espagn. ceja; ital. ciglio; du latin cilium, bord de la paupière supérieure, paupière, sourcil; grec, xûaov, la paupière, le dessous de la paupière.
t 2. CIL (sil), pronom démonstratif masculin, dont le féminin , resté dans la langue, est celle, et qui était encore en usage au commencement du xvn* siècle. Autant que cil qui mit les souris en bataille, Régnier , Sat. vi.... Te montrer à nu mes passions Comme à cil qui pardonne aux imperfections, id. t'6. Cil a été, dans ses beaux jours, le plus joli mot de la langue française ; il est douloureux pour les poètes qu'il ait vieilli, la brut. xiv.
— hist. x' s. Et cum cil lo fisient [faisaient], dunt ore avéist odit, Fragm. de Valenc. p. 469. || xm's. Ce fu cis, bien le dit Solin, Qui par les respons Apolin Fut jugié du mont li plus sages, la Rose, 6884.
— ETYM. Voy. celui.
t CILIAIRE (si-li-ê-r') , adj. Terme didactique. Qui appartient aux cils. Le bord ciliaire des paupières. || Terme de zoologie. Les ciliaires, genre de poissons de la famille des leptosomes.
— ÉTYM. Le latin cilium, cil.
CILICE (si-li-s') , s. m. Ceinture de crin qu'on porte sur la peau par mortification. Porter le cilice. Affliger son corps de cilices et de jeûnes. Mais d'où vient cet air sombre, et ce cilice affreux, Et cette cendre enfin qui couvre vos cheveux ? rac. Èsth. i, 3.
CIM
CIM
CIM
Xlle pleura la mort de son époux dans le jeûne x dans le cilice, mass. Jeûne. Le moine secoua le cilice et la haire, boil. Lulr. vi. 11 faut porter ta croix, goûter de ton calice, Couvrir son front de cendre et son corps d'un cilice, la pont. Captivité de St Maie.
— ÉTYM. Provenç. eilici, cirici, selitx; espagn. cilicio; ital. ciliccio; de cilicium, étoffe de poil de chèvre, de xiXixtov, étoffe ainsi nommée à cause qu'elle se faisait avec du poil de chèvres de Cilicie.
CILIÉ, ÉE (si-li-é, ée), adj. Terme didactique. Oui est garni de cils ou de poils rangés comme des cils.
— ÊTYM. Ciliatus, de cilium, cil.
+ CILIFÈRE (si-li-fê-lO.CILIGÈRE (si-li-jê-r') ,adj. Terme d'hi3toire naturelle. Qui porte des cils.
— ÊTYM. Cilium, et ferre ou gerere, porter.
f C1LIOBRANCHE (si-li-o-bran-ch') , adj. Terme de zoologie. Qui a des branchies en forme de cils (mollusques). || S. m. Les ciliobranches.
— ETYM. Cil, et branchie.
t CILIOGRADE (si-li-o-gra-d'), adj. Terme de zoologie. Qui marche à l'aide de cils. || S. m. Les ciliogrades, classe de faux zoophytes.
— ÊTYM. Cil, elgradi, marcher.
t CILIOLE (si-li-o-1') , s . m. Terme de botanique. Petit cil.
— ÊTYM. Diminutif de cilium, cil.
CILLÉ, ÉE (si-llé, liée, Il mouillées), part, passé. 1| 1° Garni de cils. Cheval cillé, cheval sur qui des poils blancs se montrent vers l'arcade orbitaire. || 2" Fermé. Ouvre tes yeux cillés, et vois de quelle sorte D'ardeur précipite la rage te transporte, Régnier, Ép. i.
CILLEMENT (si-lle-man, ZJ mouillées, et non siye-man) , s. m. Action de ciller les yeux, les paupières. Cillement d'yeux.
— ÉTYM. Ciller.
CILLER (si-llé, Il mouillées, et non si-yé), v. a. || 1* Faire toucher et séparer les cils des deux paupières. Il ne fait que ciller les yeux, les paupières. || Absolument, fermer les yeux pour une émotion, une surprise, etc. X ce violent coup de tonnerre tout le monde a cillé. || Personne n'ose ciller devant lui, se dit d'un homme impérieux devant lequel personne n'ose rien se permettre. || 2° Terme de fauconnerie. Coudre les cils ou les paupières d'un oiseau de proie. || 8* Ciller, v. n. Se ciller, v. réft. On dit qu'un cheval commence à ciller ou à se ciller, lorsque des poils blancs se montrent vers l'arcade orbitaire ou les tempes : c'est un signe de vieillesse avancée.
— HIST. xiv s. Le faucon ne doit point estre chillé trop estroict, ne le fil de quoy il est chillié ne doit estre trop délié, ny ne doit estre noué sur la teste, ains doit estre tors, Mudus, f°Lxxvin. Il convient que l'un tiengne l'esprevier par les esles du corps, et l'autre le prent par le becq et le cillera [coudra les paupières], Ménagier, ni, 2. || xvr» s. En une minute de temps, et moins qu'on ne mettroit à ciller l'oeil, le son de la trompette pénétrera par tout, Calvin, Instit. 804. Soustenir Pesclat des pompes sans ciller les yeulx, mont, i, <7l. llfault qu'il [le philosophe] cille les yeulx au coup qui le menace, il faut qu'il frémisse planté au bord d'un précipice, comme un enfant, nature ayant voulu se reserver les légères marques de son autorité inexpugnable à nostre raison et à la vertu stoïque, H>. H, 20. Caton ne respondit rien, ains regarda seulement ces estrangers au visage d'un regard fiché sans ciller, amyot, Cal. d'Vtiq. 3. Les serpents usent de fenoil, et scillans les yeux en frottent les paupières pour recouvrer la veuê , paré , Animaux, i.
— ÉTYM. Cil; ciller c'est d'abord remuer les cils, puis coudre les cils, et enfin avoir des cils blancs. Ménage le tire de sigillare, sceller; mais ni le sens ni la forme ne permettent cette étymologie.
CIMAISE (si-mê-z'), s. f. Voy. cymaise.
CIMBALAIRE(sin-ba-lê-r'),ï. f. Voy. CYMbalaire.
CIME (si-m'), s. f. || l°Le haut pointu d'un arbre, d'une montagne, d'un clocher. Du Taurus escarpé nous franchissons la cime, volt. Scythes, i, 3. Semblable à ces hautes montagnes dont la cime, audessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne, boss. Louis de Bourbon. Elle-même aux cerfs pourchassés Prépare de profonds asiles Sur la cime des monts glacés Contre les chiens les plus agiles, gombaud, dans richelet. Ainsi d'un champ d'épis se recourbe la cime Sous l'haleine du vent qui les touche et s'enfuit, masson, Helvétiens, n. I| Poétiquement. Le mont à double cime , la double cime, c'est-à-dire le Parnasse. Les nymphes de la double cime , les Muses. || 2° Fig. On ne pourrait faire
sentir que par une trop grande discussion la difficulté et le prix de ces sortes d'ouvrages, que n'estiment peut-être pas assez ceui qui ne se plaisent que sur la cime la plus élevée de la théorie , fonten. Sauveur. || 3" Terme de botanique. Cime, voy.
CYME.
— HIST. xii' s. Li arbre qui cheû seront Se dresseront tuit contre mont; A mont torneront lor racines; Contre terre seront lescymes, Adam, mystère, p. 76. || xiii's. Lors [il] lui conte de la racine Dusqu'en la cyme ses meffais, Roman de Robert le diable. || XV s. Iceulx supplians se prindrent à copper des cymeaulx du dit arbre, du cange, cimeyx. || xvi* s. Là s'eslevoit la cyme forestière D'ide [le mont Ida].... bons. 603. L'office de censeur, qui estoit à Rome la cyme de dignité où pouvoit atteindre un citoyen romain, amyot, Caton.
— ÊTYM. Provenç. dm, sim, cima; catal. dm; espagn. et ital. cima; portug. cimo; du latin cyma et cuma, tendron, cœur de chou, qui dans les langues romanes, a pris le sens d'extrémité de la tige, et de là, celui de tout sommet; du grec xûfia, jeune pousse, de xvw, être gonflé par ce qui est engendré, par le bourgeon, par l'embryon.
CIMENT (si-man) , s. m. || 1* Poudre de tuiles et de briques pilées, qu'on mêle avec de la chaux, pour lier les pierres des murs et des autres bâtiments. || Ciment romain, sorte de mortier, ainsi nommé bien que les Romains ne l'aient jamais connu, qui possède à un degré supérieur toutes les propriétés des chaux hydrauliques, c'est-à-dire qu'il acquiert presque instantanément, à l'air et à l'eau, dureté et imperméabilité. Le ciment de Vassy, qui est le ciment romain le plus renommé, provient d'un calcaire argileux et magnésien, dur, d'une couleur bleu-cendre, que l'on trouve immédiatement au-dessus du liais, et que l'on calcine dans des fours à chaux ordinaires. Ce ciment est naturellement hydraulique : aussi s'en sert-on dans les constructions où l'on craint l'action de l'humidité. || Ciment hydraulique ou pouzzolane , nom donné à un produit volcanique provenant des débris de laves poreuses ou dures. || Par extension. Ce nid qu'avec tant d'art. Au même ordre toujours architecte fidèle, X l'aide de son bec maçonne l'hirondelle 1 Comment, pour élever ce hardi bâtiment, A-t-elle, en le broyant, arrondi son ciment? louis rac. Relig. 1. 1| Fig. D'un ciment éternel ton église est bâtie, boil. Lutr. vi. || Fig. Cela est fait à chaux et à ciment, cela est solidement établi. H 2° Fig. Ce qui sert de lien, de moyen d'union. La vertu est le meilleur ciment qui puisse lier les amis ensemble. L'unité de principes et de législation, ciment des agglomérations humaines.
— HIST. un* s. Bien l'atacha à fort ciment, Ren. 20(92. Et si est sa meson couverte D'une grant pieie d'aymant; Li mur entor sont à cimant, ruteb. n, 3(. || xiv* s. Tuit ensemble se tiennent comme poix à ciment, Girart de Ross. v. 4601 . Tant soit par eau, ou par ciment, Ou autre sorte infiniment, Tousjours seroit ce y mescompter Et tousjours besoigne à refaire, Traité d'alch. 63). || xvi's. X telle cause est appelle ciment de paste, comme l'autre de fonte, pour sa qualité refondante toutes les fois qu'on s'en veut servir, o. de serres, 768. Ces cimens résistent à l'eau dès incontinent estre posés, id. 768. L'Estat, c'est à dire la domination, ou bien l'ordre certain en commandant et obéissant, est l'appuy, le ciment et l'ame des choses humaines, charron, Sagesse,
— ÉTYM. Provenç. cimen; espagn. cimenta, ciment, cimiento, base; portug. cimento; du latin caementum, moellon, de csedere, tailler
CIMENTÉ, ÉE (si-man-té, tée), part, passé. || 1° Lié avec du ciment. Des pierres bien cimentées. || Fig. Une amitié cimentée par des services mutuels. Une opulence cimentée du sang des peuples, mass. Prosp. || 2° Terme de géologie. Roches cimentées, roches qui sont liées d'une manière peu apparente.
CIMENTER (si-man-té) , v. a. || 1* Lier, enduire avec du ciment. Cimenter du pavé, le bassin d'une fontaine. || 2* Fig. Consolider, affermir. Cimenter la paix par une alliance. Mais un roi, vraiment roi, qui, sage en ses projets, Sache en un calme heureux maintenir ses sujets, Qui du bonheur public ait cimenté sa gloire, 11 faut pour le trouver courir toute l'histoire , boil. Êpit. i. Nos communs ennemis cimentent ma puissance, volt. Zaïre, m, t. Je vous prie de cimenter auprès de l'un et de l'autre cette amitié que je voudrais tant mériter, montesq. Correspond. 4. Verra-t-on cimenter leurs portiques durables Du sang des misérables Devant eux immolés T yolt. Odet, n. || 8° Se cimenter, v. ré'i
S'unir, se consolider. Les alliances se cimentent par la bonne foi.
— HIST. xvi* s. Ces idoles se cimentent du sang des petits enfants, mont, n, 257. Nostre estre est cimenté de qualilez maladifves, id. m, 236. Tunl s'en faut que ce soit concorde, que c'est plutost un secret discord, cimenté de poison , lanoue , 62. Ainsi nature cimente les os avec le callus, paré, xiu, 20.
— ÊTYM. Ciment ; espagn. cimentar.
+ CIMENTIER (si-man-tié), s. m. Celui qui fait le ciment.
— ÊTYM. Ciment.
CIMETERRE (si-me-tê-r*) , f. m. Sabre à lame fort large et recourbée. Le cimeterre au poing ils ne m'écoutent pas, corn. Cid, iv, 3. Ali sous sa pelisse avait un cimeterre, v. hugo, Orient. )3. C'est de temps immémorial la coutume des Tartares de porter plus de cordes que de cimeterres, pour lier les malheureux qu'ils surprennent, volt. Russie, n , t. Il En général toute espèce d'épée. Déjà baille en leurs mains [d'Ailly et son fils] le fatal cimeterre volt. Henriade, vin. Les savants ne vont pas s'établir dans ces mers de sable, pour arracher le voyageur au cimeterre du Bédouin, chateaub. Génie, iv, m, 6. Jamais leurs nobles cimeterres [de mes aïeux] Dans les bois n'ont fait peur aux gens, bérang. Vilain.
— HIST. XV s. Sanneterre ou cimeterres, qui sont manières d'espées à la Turque, J. chartier, Ilist. de Charles VII, p. 272 , dans lacurne. Six mille cinq cens chevaus légers se fussent meslez parmy nous, avec leurs cimeterres au poing, qui sont terribles espées; veu le petit nombre que nous estions, nous estions desconfits sans remède, comm. p. 663, dans lacurne. Il xvi* s. Persée estoit sur le haut de la roche, Ayant au poing sa cimiterre croche, rons. 612. Plusieurs qui, les jambes contremont, donnoient carrière, la teste plantée sur leurs selles entre les poinctes des cimeterres attachez au harnois,
— ÉTYM. Espagn. et portug. cimitarra; ital. scimitarra ; du persan chimchir.
CIMETIÈRE (si-me-tiê-r') , s. m. || i* Le lieu où l'on enterre les morts. Les cimetières ne sont plus permis dans le sein des villes. Il approuve avec douleur l'enseigne d'un marchand hollandais qui , ayant mis pour titre À la paix perpétuelle , avait fait peindre dans le tableau un cimetière, fonten. Ldbniti. Les tombeaux d'Ossian contrastent avec nos cimetières de campagne, chateaub. Génie, 1, <. Nous admettons les comédiens à nos tables, et nous leur fermons nos cimetières, volt. Lett. Damilaville, 18 juillet <762. Il Fig. Du corps de ce mutin gisant sur la poussière Le ventre des corbeaui sera le cimetière, rotrou, Antig. iv, I. || 2° Le lieu où la mort frappe et sévit. La ville était devenue un vaste cimetière. L'Italie a passé longtemps pour le cimetière des Français. Toute la question n'est que d'un cimetière [Ostende assiégée] ; Prononcez librement qui le doit posséder, malh. iv, 7. ||3* Cimetière de Blangy, nom d'une variété de pommes du pays d'Auge. || Proverbes. Les jeunes médecins font les cimetières bossus, se dit pour signifier que les jeunes médecins, avant d'avoir acquis de l'expérience, sont la cause de la mort de beaucoup de personnes. H II a de l'esprit, il a couché au cimetière, se dit par ironie de quelqu'un qui manque d'esprit, et par un jeu de mots sur les esprits ou revenants qu'une croyance superstitieuse place dans les cimetières.
— REM. En 1668, Marg. Buffet, Observ. p. 49, recommande de ne dire ni ceumetiere ni cemetiere.
— HIST. xh* s. Li dux Miles se tint devers un cismetire, Sax. x. Se nuls fust el forfait le rei Henri chaùz, Ne fust en cimetere sis aveirs retenuz, N'en mustier, Th. le mart. 62. || xiu* s. Et fu li cors embausemés de bausme et aportés à Saint Denis, où il fu enfouis en cimetière comune, Chr. de Rains, 4 78. Ou se il font aucun pecié en liu saint, si comme en cimentiere ou en moustier, beaum. 4). Chimentiere, id. xliii, 42. Or facent large cimetière Cil d'Acre, qu'il lor est mestiers, ruteb. 103. L'en doit amer les liex de sa nativité, Et les sainz cimetières de grant antiquité, Où la char et les os de ceuls furent gité, Dont li vif sunt ou monde richement hérité, j. de meung, Test. 922. Il xv s. Quand toutes gens issent du moustier, il [Jean Balle] s'en venoit au cloistre ou cimetière et là preschoit, froiss. ii, n, 106. Messire Pierre de Craon avoit en la ville de Paris, en la cimetière que on dit Sainci Jean, un très bel hostel, id. m, iv, 28. || xvi* s. Ores tu marches solitere, Parmy l'horreur d'un cimetere, do
CÎN
*bell. vu, 49, verso. Le mot de dormir ne se peut approprier qu'aux corps, dont est venu le mot de cimetière, qui faut autant comme dormitoire, calv. Instit. 803. Esescorcheries, cemetieres, hospitaux, paré, xxiv, 3, Hostesse des lieux solitaires Et par l'horreur des cimetaires, bons. 4(3. Il falloit laisser cela pour ceux qui avoient couché aux cimetières, des accords, Escraignes dijonn. p. 4, dans
LACURNE
— ÉTYM. Berry, cemetière, eemintire, cimentire, semelière, cimentière-; bourguig. cemeteyre; wallon, simitiér ; provenç. cementeri; espagn. et portug. cimenterio ; ital. cimeterio; de cœmeterium, de xoiiAYirripiov, cimetière, lieu de repos, lieu où l'on dort, de xoiiitxw, dormir.
f CIMETTE (si-mè-f) , s. f. Voy. cymette.
■f CIMICAIRE (si-mi-kê-r'j , s. f. Terme de botanique. Genre de la famille des renonculacées, à laquelle appartient la cimifuga fcetida, dont l'odeur écarte, dit-on, les punaises.
— ÉTYM. Cimex, cimicis, punaise.
fCIMICIDE (si-mi-si-d') ou plutôt CIMICICIDE (si-
mi-si-si-d'), adj. Terme didactique. Qui tue les punaises. Une composition cimicicide.
— REM. Cimicicide est la seule forme régulière.
— ÉTYM. Cimex, cimicis, punaise , et casdere, tuer.
f CIMICIFUGE (si-mi-si-fu-j'), adj. Terme didactique. Propre à chasser les punaises.
— ÉTYM. Cimex, cimicis , punaise , et fugare, mettre en fuite.
t. CIMIER (si-mié; l'r ne se lie pas; au pluriel l's se lie: les cimiers et .... dites: les si-mié-z et), *. m. Ornement qui surmonte la cime d'un casque. [Roland voyait nos soldats] Secouer, pour chasser de nouveaux infidèles, L'éclatant cimier de Martel, v. hugo, Odes, h, 7. || Terme de blason. Ce qui se met au-dessus du timbre, qui n'est autre chose que le heaume, casque ou armet. Le cimier de France était une fleur de lis carrée. Le cimier est l'ornement du timbre, comme le timbre est celui de l'écu. Composa tous ces mots de cimier et d'écart, boil. Sal. v.
— ÉTYM. Espagn. cimera; ital. cimiero; bas-lat. cimeria, cimerium, dans des textes du xiv siècle; de cima, cime, à cause de la place que cet ornement occupait dans l'écu du blason ou sur le casque.
2. CIMIER (si-mié) , s. m. Terme de boucherie. || 1" La chair qui est sur la croupe du bœuf et qu'on coupe en rond. C'est du bœuf de cimier. || Cimier de bœuf, partie de la cuisse qui contient plusieurs tranches. || 2° Terme de vénerie. Croupe du cerf qui, dans la curée, se donne au maître de l'équipage. C'est un cerf qui a quatre doigts de venaison sur son cimier.
— ÉTYM. Origine inconnue, à moins qu'on ne le tire de cime, en considérant que lever le cimier sur un cerf, c'est lever la cime, la partie la meilleure de la bête; de même que les Italiens ont dit levar lacima, en termes de drapier, pour tondre la cime, l'extrémité de la laine. Il y a bien dans l'allemand Ziemer, cimier de cerf; mais les étymologistes allemands regardent ce mot comme emprunté des langues romanes.
t CIMIFTJGE (si-mi-fu-j') , adj. Voy. cimicifuse, qui est seul correct.
fCLMMÉRIEN, IENNE (si-mmé-riin, riè-n'), s. m. et f. || 1" Peuples mythologiques qu'Homère plaçait à l'Occident, et auprès desquels était le séjour des morts. || Peuples scythiques qui habitaient vers le Bosphore cimmérien. || 2° Adj. Bosphore Cimmèrien, nom, dans l'antiquité, du détroit qui conduit de la mer Noire à la mer d'Azow. || Ténèbres cimmériennes , nuit permanente que les Grecs plaçaient dans le pays des Cimmériens. Je pardonnais aux Grecs d'avoir placé les ténèbres cimmériennes précisément vers le cinquantième degré, volt. Lett. Bailly, 8 fév. t776. || Figurément, ténèbres cimmériennes, ténèbres profondes.
— ÉTYM. Ki(i|i=pioi.
CIMOLÉE (si-mo-lée), s. f. || 1° Terme de pharmacie. Espèce d'argile qui passait pour astringente et résolutive. || l' Terre ou matière cimolée ou cimolie, ou boue des couteliers, dépôt qui est produit par l'usure des meules à aiguiser et que l'on emploie quelquefois comme résolutif et contre les brûlures.
— ÉTYM. KijjwoAla -pi , terre de Cimolus, île de l'Archipel.
t CIMOSSE (si-mo-s') , s. f. Terme de commerce. Lisière d'une sorte de taffetas.
t CINABARIN, INE (si-na-ba-rin, ri-n'), adj. Oui a la couleur rougs du cinabre.