‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 326 sur 403 · COE · texte numérisé non relu

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jouit d'un droit d'électeur conjointement avec une autre personne.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et électeur.

COELIAQUE (se-li-a-k'), adj. Terme d'anatomie.

Qui a rapport aux intestins. Artère cœliaque, tronc commun de trois artères qui vont à l'estomac, au foie et à la rate.

— HIST. xvi* s. L'autre s'en va au mésentère et intestins ; à cause de quoy elle est appelée cœliaque ou (s'il faut ainsi parler) ventrale, paré, i, 22.

— ÉTYM. KoiXiaxiç, de xoi).(a , ventre , de xot- ),o;, creux.

t COEMPEREUR(ko-an-pe-reur), ». m. Celui qui est empereur avec un autre, co qui s'est vu dans l'empire romain.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et empereur.

COEMPTION (ko-an-psion), s. (. Terme de droit

romain. Achat réciproque. || Une des trois sortes do mariage usitées chez les Romains, dans laquelle l'époux et l'épouse semblaient s'acheter mutuellement.

— ÉTYM. Coemptio, de co.... préfixe, et emere, acheter.

t COENOGONE (sè-no-go-n'), adj. Terme de zoologie. Qui produit alternativement des œufg et des petits vivants.

— ÉTYM. Koiviç, commun, et vôvo;, génération.

t COENOLOGIE (sè-no-lo-jie), ». f. Terme didactique. Conférence entre plusieurs individus; consultation entre plusieurs médecins.

— ÉTYM. Koivô;, commun, et àôyoç, discours.

t COENOSCOPIQUE (sè-no-sko-pi-k') , adj. Terme didactique. Qui a pour objet les propriétés générales des êtres.

— étym. Kotviç, commun, et axorceïv, considérer.

t COENURE (sè-nu-r"), ». m. Terme d'histoire naturelle. Genre d'helminthes caractérisé par une vésicule commune à plusieurs corps, terminés chacun par une tête munie de ventouses et de crochets. La présence du cœnure dans le crâne des moutons détermine la maladie appelée tournis.

— ÉTYM. Koivèî, commun, et oOç,à, queue.

t COÉQUATION (ko-é-koua-sion) , s. f. Répartition réglant la part proportionnelle de chaque contribuable.

— HIST. xvi* s. Si le seigneur , censier ou leur receveur nient avoir reçu ce qu'ils ont reçu des coequez, et s'il se trouve après le contraire, ils seront tenuz en tous les intérêts , pertes et dommages de celuy contre lequel ils auront fait la ditte négation de réception de la ditte coequation, Couslum. géner. t. H, p. 399.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et équation.

t COERCIBILITÉ (ko-èr-si-bi-li-té) , ». f. Qualité de ce qui est coercible. La coercibilité appartient aux gaz et aux vapeurs.

— ÉTYM. Coercible.

COERCIBLE (ko-èr-si-bl') , adj. Terme de physique. Qui peut être retenu entre des parois.

— étym. Le latin coercere, retenir, de co, et arcere, contraindre.

f COERCIF, IVE (ko-èr-sif, si-v'), adj. Se dit moins souvent que coercitif.

— HIST. xvi* s. Discipline coercive, Hist. de la Toison d'or, t. n, f* 4 64, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. COERCION.

t COERCION (ko-èr-sion), ». f. Se dit moins souvent que coercition.

— HIST. xin* s. Et quant à ce nous obligeons et soubmettons à la jurisdiction et cohercion de nostre saint père le pape , du cange , cohercio. || xv* s. Vérité ne puet nullement Avoir de fait cohercion, B. desch. Poésies mss. f* 322, dans lacurne. || xvi* s. L'estat nécessaire pour la conservation des bons et cohertion des iniques, condê, Mémoires, p. 663.

— ÉTYM. Latin coercio, de coercere , retenir (voy. coercible).

COERCITIF, IVE (ko-èr-si-tif, ti-v") , adj. Capable d'exercer la coercition. Une puissance coercitive.

— ÉTYM. Voy. coercible.

COERCITION (ko-èr-si-sionj s. f. Terme de jurisprudence. Action, droit, poi voir de contraindre. La coercition est un des attributs de la justice.

— ÉTYM. Latin coercitio , de coercere (voy. coer. cible).

COÊTAT (ko-é-ta), s. m. État ou prince qui partage la souveraineté avec un autre. Nous réunir [nous nation provençale] à la nation française, non par districts, puisque nous ne sommes pas des districts dans cette nation, mais en coétat, mais en seul corps, parce que nous sommes un seul corps, Mirabeau, Collection, 1. 1, p. 4 37. Sommes-nous une agrégation distinote comme nation provençale? le

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roi le reconnaît, il nous traite en coétat, id. ib. l, p. 446. || État faisant partie de l'empire germanique.

— ÊTYM. Co.... préfixe, et état.

f COËTE (ko-è-f) , s. f. Chantier sur lequel on dépose une glace au sortir du four.

COÊTERNEL, ELLE (ko-é-têr-nèl', nè-1'), adj. Terme de théologie. Qui existe de toute éternité avec un autre. Egal et coêternel à l'un et à l'autre, doss. Ilùt. n, 4. Tout était coêternel à Dieu, îu.Avert. 4. l'etit-être du Très-haut rayon coêternel, delille, l'arad. perdu, m. Ô verbe que j'adore , Rayon coêternel, est-ce vous que je vois?LAMART. Soctate, 375.

— HlST. xv* s. Au nom de Dieu père éternel Et du filz que vierge parit, Dieu au père coêternel, Ensemble du saint Esperit, villon, Grand lestanu-nt. || jsvr* g. Il afferme que les âmes des fidèles sont coeternelles et consubstantielles à Dieu, calv. Instit. 81. La Parole coeternelle du Père, id. ib. 406.

— ÊTYM. Co.... préfixe, et éternel.

t COÉTERNITÉ (ko-é-ter-ni-té), s. f. Terme de théologie. Attribut de ce qui est coêternel. Une doctrine contraire à la coéternité des trois personnes divines, boss. Avert. 6.

— Etym. Co.... préfixe, et éternité.

COEUR (keur), s. m. i" Organe qui meut le sang; 2' la poitrine; 3° l'ensemble des facultés affectives et des sentiments moraux ; 4» mémoire des sentiments; 6" sens moral, conscience; c° tempérament moral; 7° la pensée intime, les dispositions secrètes; 8° l'affection, la tendresse, l'amour; 9' la personne elle-même qui éprouve ces divers sentiments ; (0° ardeur, vif intérêt; 41° courage, fermeté; 42° générosité; 43° le principal agent, le principal intérêt; (4° l'estomac; 1&° la partie centrale de quelque chose; 46° ce qui a forme de cœur; 4 7° terme de manège; 4 8° terme de blason; 4 9° terme d'astronomie; 20° terme d'horticulture; SI* terme de métier; 22* terme de boucherie.

1" Terme d'anatomie. Organe conoïde, creux et musculaire qui, renfermé dans la poitrine, est le principal agent de la circulation du sang. Les battements du cœur. Grande reine, je satisfais à vos plus tendres désirs, quand je célèbre ce monarque; et ee cœur, qui n'a jamais vécu que pour lui, se réveille, tout poudre qu'il est, et devient sensible, même sous ce drap mortuaire, au nom d'un époux si cher, boss. Heine d'Anglet. Il ne se forma plus de nouveau sang au cœur; Chaque membre en souffrit; les forces se perdirent, la font. Fabl. m, 2. Tout abattu qu'il fût, il demeura vainqueur; Son sang fut en cent lieux le prix de sa victoire ; Et Mars ne lui laissa rien d'entier que le cœur, Épitaphe du mar. de Rantzau, dans richelet. || Tant que le cœur me battra, me battra au ventre, dans le ventre, c'està-dire tant que je vivrai. || Fig. Le cœur me bat, je suis très-inquiet. |[ Faire la bouche en cœur, .donner aux lèvres la forme d'un cœur , les resserrer d'une façon mignarde ; et fig. S'efforcer de paraître gracieux. || Fig. Il voudrait lui manger le cœur, lui arracher le cœur, il le hait mortellement. || Se ronger le cœur, se consumer d'un chagrin secret. Y a-t-il rien de plus sot que de vouloir porter continuellement un fardeau qu'on veut toujours jeter par terre ; d'avoir son être en horreur et de tenir à son être; enfin de caresser le serpent qui nous dévore, jusqu'à ce qu'il nous ait mangé le cœur? volt. Candide, H . || Le cœur me saigne, je suis pénétré d'une vive douleur. Le cœur saigne en lisant le récit de ces cruautés. || Avoir le cœur gros, éprouver le besoin de pleurer, de soupirer, de sangloter, ressentir un chagrin profond. Le cœur gros de soupirs. H Je veux en avoir le cœur net, je veux savoir ce qui en est. || Sacré Cœur, dévotion au cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s'est développée au commencement du xviu* siècle. Il Congrégation de religieuses consacrées à l'adoration du cœur de Jésus- Christ et qui se dévouent aussi à l'éducation des jeunes filles. || 2° Par extension, la poitrine. Il le pressa tendrement contre son cœur. Jamais sans défiance avez-vous pu d'un frère Presser le sein sur votre cœur? Gilbert, Ode à Salm. Riant et m'asseyant sur lui, près de son cœur, a. chén. 70. || 3" L'ensemble des facultés affectives et des sentiments moraux, par opposition à esprit, qui est l'ensemble des facultés intellectuelles; cet emploi du mot cœur provient d'une opinion ancienne et erronée qui plaçait le siège des passions dans le cœur, parce que cet organe en ressentait immédiatement des effets manifestes. Attendrir, toucher le cœur de quelqu'un. Avoir le cœur navré, oppressé. L'homme croit souvent se conduire lorsqu'il est conduit; et, pendant que par son esprit il tend à un but, son cœur l'entraîne insensiblement à un autre, la rochef.

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Kaj. 43. L'esprit est toujours la dupe du cœur, ID. ib. 4 02. Chacun dit du bien de son cœur, et personne n'en ose dire de son esprit, iD.it>. 08. Je sais que tous les lieux sont égaux pour les esprits bien faits; mais il n'en est pas de même quand les esprits bien faits ont des cœurs sensibles, volt. Lett. Chauvelin, 25 août 1763. Le cœur, dès qu'il est touché, ne tarit point, bourd. Pensées, t. n, p. 90. Ils habitaient un bourg plein de gens dont le cœur Joignait aux duretés un sentiment moqueur, la font. Phil. et Bauc. J'en ai le joie au cœur Par le chagrin qu'aura ce lâche déserteur, mol. F. Sav. v, 5. Et le plus sûr moyen de gagner leur faveur [des grands] , C'est de flatter toujours le faible de leur cœur, m. D. Gare. n, 4. Il dit en soupirant que la nuit de sa vue Ne l'empêche pas tant que la nuit de son cœur, malh. i, 4. Avec des vers bien faits, bien compassés, on ne tient rien si le cœur n'est ému, volt. Lett. d'Argental, 46 déc. (760. Les cœurs sont-ils donc faits à Paris autrement que chez moi? id. Lett. d'Argental, 4 7 sept. 1760. Le bel art de la déclamation, c'est-à-dire l'art de se rendre maître des cœurs, id. Ixtt. Albergali, 14 fév. 1703. Il faut que le cœur seul parle dans l'élégie, boil. Art poét. H. Dieu connaît le caractère de nos cœurs et jusqu'où va notre faiblesse, mass. Avent,A(flict. Et déjà le chagrin pesait moins sur mon cœur, st-lambert, Saisons, hiver. Pourquoi de mes loisirs accuser lalangueur? Pourquoi vers des lauriers aiguillonner mon cœur? a. chén. Élég. vin. Et les arts, dans un cœur de leur amour rempli, Versent de tous les maux l'indifférent oubli, id. ib. xvi. || Parler, aller au cœur, toucher vivement, intéresser. Cette grâce qui m'allait droit au cœur, sév. 79. || Le cœur me le disait bien, j'en avais le pressentiment. || De cœur, par la disposition intérieure. Les dévots de cœur, mol. Tart. i, 6. Mortifié dans l'abondance, pauvre de cœur au milieu des biens périssables, mass. Avent, Affliet. La loi qui nous oblige à croire de cœur, mass. Car. Culte. Qui la cherche de cœur [la vérité] un jour peut la connaître, volt. Henr. i. || De cœur, avec un sentiment sincère. Attaché decœuràla familledeses rois. || Ami de cœur, ami dévoué, sincère. || De gaieté de cœur, de propos délibéré, et sans sujet. || 4" Le cœur considéré comme mémoire des sentiments. Vos bienfaits sont gravés dans mon cœur. Il faut ne rien garder sur votre cœur, sév. 609. ]| Avoir quelque chose sur le cœur, garder, entretenir un ressentiment. J'aurai toujours ce coup-là sur le cœur, mol. Fdch. n, 2. J'ai ce soufflet fort sur le cœur, id. Sicil. 13. J'ai cette insulte sur le cœur, id. Fourb. n, 27. J'ai quelque chose sur le cœur contre vous, sév. 296. Nous avons ces réponses sur le cœur, id. 234. Elle emporta tout cela sur son cœur avec la rage pêlemêle, id. 36. Il avait encore sur le cœur la perfidie du Suisse, hamilt. Gramm. 3. N'osant lui parler de ce qu'il avait sur le cœur, id. ib. 7. Il fut bien aise de dire une partie de ce qu'il avait sur le cœur, id. ib. 5. Une femme à qui l'on joue ce tour dit volontiers à son adverse partie ce qu'elle a sur le cœur, volt. Lett. d'Argental, 23 déc. 4762. || Décharger son cœur, dire sans réticence ce qui préoccupe. || Par cœur, de mémoire. Locution qui vient d'une extension de la mémoire du cœur à la mémoire de l'esprit. Le peuple apprit par cœur ce divin cantique, boss. Hist. n, 3. Qui ont lu et appris par cœur le même livre, pasc. Persuad. || Fig. Savoir un homme par cœur, connaître parfaitement son caractère et sa vie. Votre homme arrive; je l'ai étudié une bonne grosse demi-heure, et je le sais déjà par cœur, mol. Pourc. i. 4. || Familièrement. Dîner par cœur, se passer involontairement de dîner. Cette locution paraît s'être dite d'abord de celui qui, au lieu de dîner, parlait, racontait, récitait, et de la sorte se passait de manger. || 6° Sens moral, conscience. Et renverser soudain la paix de votre cœur, Comme un enfant renverse un verre, v. hugo, Voix intér. ix. Pour juge il a son cœur, pour amis ses égaux, st-lambert, Saisons, automne. Je n'ai point sur mon cœur de m'être divertie, sév. 24. Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur, rac. Phèd. iv, 2. || Sans cœur, sans sentiment moral. Et moi, reine sans cœur, fille sans amitié, rac. Athal. n, 7. [Elle] Dit que j'étais sans foi, sans cœur, sans conscience, corn. Médée, i, 4. || Par extension. Tant de marbres réputés beaux sont sans âme, sans cœur, et vous laissent aride, vitf.t, Marbres d'Eleusis. Revue des Deux-Mondes, t. xxvi, p. 224. || Familièrement. Un sans cœur, un homme dépourvu de sentiment moral et d'énergie. C'est un grand sanscœur. || 6* Tempérament moral. Avoir bon cœur. Avoir un mauvais cœur. Cœur égoïste. Il a le cœur gâté, corrompu. Plus on vieillit, dit-on, plus on a

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le cœur dur, volt. Lett. Urne du Deffanl, 20 nov. 4 766. C'est l'affaire dont vous avez parlé à Mme la duchesse delà Rochefoucauld, qui occupe actuellement ma vieille tête et mon jeune cœur, volt. Lett. Urne duDeffant, 31 déc. 4 774. Je reconnais cela, madame, avec ce cœur que vous savez que j'ai, voit. Lett. 46. Ce cœur qui est si fort au-dessus des sceptres et des couronnes, et ces grâces qui vous font régner sur toutes les volontés, id. ib. 7. Cœur perfide, rac. Andr. Il, 6. Et mon cœur aussi fier que tu l'as vu soumis, id. ib. Cœur d'acier, corn. Jlor. m, 2. Son cœur né fier et qui jusqu'à ce temps Avait été nourri d'un doux encens, gresset, Ver-vert, m. || Cœur de vipère, caractère plein de méchanceté et de perfidie. Dans toutes les fureurs des siècles de tes pères, Les monstres les plus noirs firent-ils jamais rien, Que l'inhumanité de ces cœurs de vipères Ne renouvelle au tien? malh. ii, 4 2. || Cœur d'airain, caractère impitoyable. Avec un cœur d'airain exerçant sa puissance, J'ai fait taire les lois et gémirl'innocence.RAC. Esth. m, 4. Et la religion, mère autrefois sensible , S'arme d'un cœur d'airain contre ses fils ingrats, Gilbert, Jugent, dernier. On dit dans un sens analogue, cœur de marbre, de pierre, de diamant, cœur de tigre. || Avoir, porter un cœur d'homme, être sensible, avoir des sentiments humains. || C'est un cœur d'or, c'est un excellent cœur. || Il a le cœur haut et la fortune basse, se dit d'un homme qui est glorieux et pauvre. || Prendre son cœur par autrui, se mettre en la place d'un autre. || Le bon cœur, l'ensemble des sentiments qui constituent la bienveillance pour autrui. Le bon cœur est chez vous compagnon du bon sens, la font. Fabl. xii, 23. Une certaine sensibilité qui est la marque d'un bon cœur , mass. Car. Parole. || Mauvaise tête et bon cœur, personne vive et emportée, mais dont, au fond, les sentiments sont pleins de bienveillance. || Un bon cœur, un mauvais cœur, une personne qui a un bon, un mauvais cœur. || De bon cœur, loe. adv. Volontiers, sincèrement. Jamais de si bon cœur je ne brûlai pour elle, malh. v, 24. Je vous pardonnerai de bon cœur tout ce crime, tristan, II. de Chrispe, m, 4. Je baise de bon cœur les verges que tu tiens, id. ib. v, 9. Elle est fort affligée et pleure de bon cœur, sév. 244. Je suis au monde unique en mon espèce. — Pauvre immortel ! je vous plains de bon cœur, millev. le Phénix. || De grand cœur, très-volontiers. Vo;]lez-vous m'éeouter? — Sans doute et de grand cœur, mol. te. des maris, u, 3. || Être tout cœur, être vif à obliger. Il est tout cœur pour ses amis, il est pour eux plein d'attachement et de désir de les servir. || De tout son cœur, avec une pleine affection. Je salue madame votre sœur de tout mon cœur, boss. Lett. abb. 47. Ils condamnent cette hérésie de tout leur cœur, pasc. Prov. 48. || De tout cœur, avec la meilleure volonté du monde. || Absolument, cœur dans le sens de bon cœur, de cœur bien doué. C'est le cœur qui fait tout; que la terre et que l'onde Apprêtent un repas pour les maîtres du monde, Ils lui préféreront les seuls présents du cœur, la font. Phil. et Bauc. Parlerai-je d'Iris? chacun la prône et l'aime : C'est un cœur, mais un cœur.. ..•c'est l'humanité même, Gilbert, XVIII' siècle. L'art des transports de l'âme est un faible interprète; L'art ne fait que des vers, le cœur seul est poète, a. chén. Élég xxi. Si, pauvre et généreux, son cœur vient de souffrir Aux cris d'un indigent qu'il n'a pu secourir, id. ib. || 7° La pensée intime, les dispositions secrètes. Montrant que dans le cœur ce voyage le fâche, malh. i, 4. On s'est plus appliqué aux vices de l'esprit, aux replis du cœur et à tout l'intérieur de l'homme, la bruy. Disc, sur Théophr. II ne faut pas juger des hommes sur une seule et première vue : il y a un intérieur et un cœur qu'il faut approfondir, id. m. Il dissimule les mauvais offices, sourit à ses ennemis,, contraint son humeur, déguise ses passions, dément son cœur, parle, agit contre ses sentiments, id. viii. Connaître un bon visage, et juger si le cœur, Contraire à ce qu'on voit, ne serait pas moqueur, Régnier, Sat. m. Vous avez vu plus tôt que moi un sentiment qui était caché dans mon cœur, voit. Lett. 4 6. Ces enfants bienheureux.... Ayant Dieu dans le cœur, ne le purent louer, malh. i, 4. La constance des sages n'est que l'art de renfermer leur agitation dans leur cœur, la rochef. Max. 20. La sincérité est une ouverture de cœur, id. ib. 62. Je veux qu'on soit sincère et qu'en homme d'honneur On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur, mol. Mis. i, 4. Il est bon quelquefois de sentir des traverses Et d'en éprouver la rigueur, Elles rappellent l'homme au milieu de son cœur, Et peignent à ses yeux ses misères diverses, corn, lmit.

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i. 4 2. C'est dans cette simplicité champêtre que so trouve la vérité et l'effusion du cœur, volt. Lett. Schouvalof, 1 9 déc. 4 762. C'est du coeur que je vous

demande cette grâce, sév. 396. Crois-tu Qu'An-

dromaque en son cœur n'en sera pas jalouse? rac. Andr. n, 6. 11 n'est que trop instruit de mon cœur et du vôtre, id. Brit. ni, 7. Télémaque ouvrit son cœur à son ami, fén. Tél. xxii. Kn m'éveillant je reconnus l'embarras de Néoptolème; il soupirait comme un homme qui ne sait dissimuler et qui agit contre son cœur, id. Tél. xv. Et nous ouvrant son cœur nous ouvrit ses trésors, corn. Pomp. i, 3. Dans l'entretien où, m'ayant ouvert votre cœur, j'y vis tant de résolution, de force et de générosité, voit. Lett. 34. || Selon le cœur de Dieu, pieux, aimé de Dieu. David que Dieu trouva selon son cœur, boss. Hist. n, 3. Un roi selon le cœur de Dieu, fléch. Dauph. || Dans le langage général, selon le cœur de, agréable à. La première chose que le roi fait avec ce nouveau pape qui est entièrement selon son cœur et au delà de nos espérances, c'est de lui rendre le Comtat, sév. 692. || Dans le langage de l'Ecriture, les cœurs des rois sont dans la main de Dieu. Mais, comme dit le Sage, autant que le ciel s'élève, et que la terre s'incline au-dessous de lui, autant le cœur des rois est impénétrable, boss. le Tellier. || X cœur ouvert, avec franchise, sincérité, effusion. Parler à cœur ouvert Souffrez qu'à cœur ouvert, monsieur, je vous embrasse, mol. Mis. i, 2. || Avoir le cœur sur les lèvres, avoir le cœur sur la main, ne pas déguiser sa pensée, ses sentiments. || Parler d'abondance de cœur, parler du cœur, parler avec épanchement. Pour chercher un ami qui me parle du cœur, bac. Bérén. I, 4. Nous parlâmes du cœur, comme deux vieux amis, Au foyer l'un de l'autre à la campagne admis, lamart. Harm. ni, 6. || Se parler cœur à cœur, se parler avec franchise. || 8° L'affection, la tendresse, l'amour. Se concilier tous les cœurs. Régner sur les cœurs. L'extrême joie qu'on m'a donnée en me mandant que j'étais tout entier dans le cœur de cet homme que vous savez qui est si fort selon le mien, vqit. Lett. 42. Hyménée et l'Amour, par des désirs constants, Avaient uni leurs cœurs dès leur plus doux printemps, ia pont. Phil. et Bauc. Sans mentir, mademoiselle, ce ne vous est pas peu de gloire d'avoir pu allumer le cœur d'un homme aussi froid que je suis, voit. Lett. 42,Ahl si mon cœur osait encor se renflammer! la font. Fabl. ix, 2. Je veux encore un coup montrer un cœur de père, corn, le Ment, v, 3. Ayons un cœur dont nous soyons les maîtres, mol. le Fest. ni, 6. Sévère lui avait gagné le cœur des soldats, boss. Hist. 1,4 0. J'ai fort dans le cœur M. et Mme Scomberg, id. Lett. 46. Toutes les choses où j'ai mis mon cœur, pasc. Prière. Le petit cardinal a son oncle dans le cœur, sév. 219. Je ne vous demande que votre cœur, fén. Tél. n. Un roi fait ce qu'il veut des cœurs : tous les protestants sont prêts à mourir pour son service, volt. Lett. Damilaville, 46 avril 4 705. Emporter après lui tous les cœurs des soldats, rac. Baj. 1,1. Pour m'arracher du cœur de ses soldats, ii> ib. Sans me faire payer son salut [le salut de mon 51s] de mon cœur, id. Andr. I, 4. J'attends avec la paix son cœur de votre main, id. ib. n, 4. Si vous faites ce petit voyage que vous avez projeté dans nos cantons, vous verrez tous les cœurs voler au-devant de vous, volt. Lett. Thiroux, mars (763. Puis-je espérer encore Que vous accepterez un cœur qui vous adore? rac. Andr. I, 4. Elle aura quelque trait qui, de mes sens vainqueur, Me passant par les yeux, me blessera le cœur, régnieh, Sat. vu. Il ira, le cœur plein d'une image divine, Chercher si quelques lieux ont une Clémentine, A. chén. Élég. xiv. || Ces deux personnes ne font qu'un cœur et une âme, elles sont liées par la plus étroite affection. Les deux princesses ne furent plus qu'un même cœur, boss. Anne de G'onx. |[Son cœur commence à parler, son cœur a parié, se dit d'une jeune personne qui éprouve les premiers sentiments de l'amour. || Affaire de cœur, commerce de galanterie. || 9° La personne elle-même qui éprouve ces divers sentiments". Je me tiens très -heureux d'avoir une si grande place dans le meilleur cœur de France, voit. Lett. 42. Deux démons à leur gré partagent notre vis; Je ne vois point de cœur qui ne leur sacrifie, la font. Fabl. x, )0. Ilpeut trouver dumoins, dans 'e cours de sa vie, Un cœur sans injustice, un ami sans envie, st- Lambert, Saisons, automne. Des cœurs séparés à regret Trouvent de se rejoicdre aisément le secret, corn. Othon, n, 4. Un coeur né pour Bervir sait mal comme on commande , id. Pomp. lv, 2. Que ne fait point un cœur Pour plaire

à ce qu'il aime et gagner son vainqueur? rac. Bérén. n, 2. Cœur accablé de déplaisirs, id. Andr. n, t. Cœur épris de courroux, id. «6.1, 4. D'un cœur qui t'aime, Mon Dieu, qui peut troubler la paix? ID. Athal. m, 8. J'aime mieux renoncer à tout cet embarras, Et ne veux point d'un cœur qui ne se donne pas, mol. F. sav. v, 4. Avez-vous un secret important, versez-le hardiment dans ce noble cœur, boss. Duch. d'Orl. || Familièrement. Bien que d'un cabinet sortit un petit cœur. Avec son chaperon, sa mine de poupée, Régnier, Sat. xi. De s'entendre appeler petit cœur ou mon bon, boil. Sat. x. Elle a eu l'effronterie de me dire que je ne suis point malade ; vous savez, mon cœur, ce qui en est, mol. liai. «m. i, «. Mon pauvre petit cœur, tu le peux si tu veux, id. Éc. des f. v, 6. || Un joli cœur, un jeune homme qui prend un soin particulier de «a toilette. || Faire le joli cœur, se donner des grâces. || 10° Ardeur, vif intérêt. Il a le cœur à l'étude. Amour enfin qui prit à cœurl'affaire, la font. Coc. Il s'agit d'une affaire que j'ai fort à cœur, boss. Lett. 409. Il prend trop de cœur à ce qu'il entreprend, pasc. Prov. m. Qui croyez-vous qui prenne les choses à cœur? id. ib. Il n'eut plus de cœur que pour lui, fléch. M. de Mont. Il avait mis son cœur à ce mariage, j. J. rouss. llél. i, 40. Des haines qui, en refusant le cœur au devoir, ont assez d'empire sur elles, pour donner les apparences au monde, mass. Car. Pardon. J'avais peur Que mon père ne prit l'affaire trop à cœur, rac. Plaid, il, 6. Vous prenez la chose fort à cœur, mol. les Préc. 4. Il avait le cœur trop au métier, rac. Plaid, i, 4. || Avoir à cœur quelque chose, y prendre un vif intérêt. Ils n'ont rien tant à cœur que de voir la concorde régner, mass. Or. fun. Louis XIV. || Tenir au cœur, être l'objet d'un attachement, d'un désir, d'un intérêt. Le reste ne lui tenait plus au cœur, sév. 216. Cela est au premier rang de ce qui me tient le plus au cœur, id. 202. On aime fort ce détail pour les choses qui tiennent au cœur, id. 6. Les choses qui nous tiennent sensiblement au cœur, id. 570. Une beauté me tient au cœur, mol. Fest. i, 2. La Sicile ravie leur tenait au cœur, boss. Hitt.i, 8. Diantre! l'amour vous tient au cœur de bon matin, rac. Plaid, i, t>. || Tenir au cœur , être l'objet d'une inquiétude , d'un tourment. Le Rhône me tient fort au cœur, sév. 23. Votre frère me tient fort au co»ur, id. th. Ce maître d'armes vous tient bien au cœur, mol. le Bourg. m, s. || 11* Courage, fermeté. Homme de cœur, homme plein de courage. La rigueur de ses lois, après tant de licence, Redonnera le cœur à la faible innocence, malh. n, 4.... Vous vous troublez beaucoup; Mon cœur n'est point du tout ébranlé de ce coup, mol. F. sav. v, 4. X la fin je pris cœur, résolu d'endurer.... Régnier, Sat. xi. Non, non. j'ai trop de cœur pour lâchement me rendre, id. Elég. i. Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur, pasc. Myst. 2. Rodrigue, as-tu du cœur? corn. Cid, i, 9. Nous vous laissons ici pour leur rendre du cœur, id. Hor. u, 7. Et ne vous flattez pas ni sur votre grand cœur Ni sur l'éclat d'un nom cent et cent fois vainqueur, id. Nicom. 1, t.... Tant de fois vaincus ils ont perdu le cœur De se plus hasarder contre un si grand vainqueur, id. Cid. n, 7. Ces favorables mots vous ont rendu le cœur, in. Tois. d'or, ïv, 6. Un orgueil noble et juste et digne d'une reine, Qui soutient avec cœur et magnanimité L'honneur de sa naissance et de sa dignité, m. Pomp. m, 1. Sans qu'on l'ose accuser d'avoir manqué de cœur, id. Cid, v, 4. [Il] m'a fait voir trop de cœur, id. le Ment, ni, 2. En vain en l'attaquant [il] fait paraître un grand cœur, id. Hor. ïv, *. S'il avait moins de cœur, id. Cid, il, 7. S'il la sauve, peutêtre on trouvera dans Rome Plus de cœur que de crime en l'ardeur d'un jeune homme, corn. Théodore, v, ". Antigone Gonatas reprit cœur, pendant que Pyrrhus, inquiet et ambitieux, faisait la guerre aux Lacédémoniens et aux Argiens, boss. Hist. univ. 1, 8. Ils ne voulaient pas qu'on s'y prît d'une manière à lui faire perdre cœur, id. Var. 40. Le parti a repris cœur et fait les derniers efforts, id. Lett. quiét. 344 . Ce discours ébranla le cœur De notre imprudent voyageur; Mais le désir de voir et l'humeur inquiète.... la font. Fabl. ix, 2. lïattre un homme à coup sûr n'est pas d'une belle âme; Et le cœur est digne de blâme Contre les gens qui n'en ont pas, mol. Amph. i, 2. Si l'heureux Amurat, secondant leur grand cœur, Aux champs de ISabylone est déclaré vainqueur, rac. Baj. i, 4. Surtout j'admire en vous ce cœur infatigable, id. ililhr. m, 4. Il faut du cœur et de l'action, fléch. Serm. i, 469. Un dessein si hardi jeta les patriciens et le peuple dans une consternation générale, tous manquent do

cœur et de résolution, vertot, Rcvol. rom. liv. n, p. 204. || Familièrement. Prendre son cœur à deux mains, faire tous ses efforts, ou prendre son grand courage. || Familièrement. Avoir le cœur de, pousser la dureté, l'indifférence jusqu'à. Vous n'aurez pas ce cœur-là, mol. Mal. im. t, 6. Comment avez-vous le cœur de mêler avec leurs fruits des ossements? J. i. rouss. Ém. n. || Un cœur de lion, un homme d'un extrême courage. || Un cœur de poule, un poltron. Ahl poltron! dont j'enrage, Lâche! vrai cœur de poule, mol. Sganar. se. 2t. || Mettre, remettre le cœur au ventre à quelqu'un, lui rendre le courage. Cette locution vient du langage du moyen âge, où le cœur est joint souvent à ventre, pris en un sens très-général de tronc du corps; locution qui provient elle-même de ce qu'on se sent plus de force et de courage après avoir bien mangé. || Faire contre mauvaise fortune, ou, absolument, contre fortune bon cœur, ne pas se laisser abattre et aussi ne pas laisser paraître sur son visage le désappointement, la peine qu'on éprouve. || 12" Générosité. Être plein de cœur. || Grand cœur, magnanimité. Seigneur, vous devez tout au grand cœur dlExupère, corn. Iléracl. v, 4. Henriette d'un si grand cœur est contrainte de demander du secours ; Anne d'un si grand cœur ne peut en donner assez, boss. Heine d'Anglet. || Un grand cœur, une personne magnanime. Mais de cette faiblesse un grand cœur est honteux; Il ose espérer tout dans un succès douteux, corn. Hor. i, 4. N'attendez point de moi de regrets ni de larmes : Un grand cœur à ses maux applique d'autres charmes, id. Pomp. v, 4. La grâce est aux grands cœurs honteuse à recevoir; La menace n'a rien qui les puisse émouvoir, id. Suréna, ïv, 4. Un grand cœur cède un trône et le cède avec gloire: Cet effort de vertu couronne sa mémoire, id. Rodog. u, 6. Au travers des périls un grand cœur se fait jour, rac. Andr. m, l. Jamais dans un grand cœur vit-on plus de faiblesse? id. Bérén. m, 2. || Homme de cœur, homme qui a do la générosité, de la sensibilité. || N'avoir point de cœur, être dépourvu de toute sensibilité, de touta noblesse d'âme. || 13° Le principal agent, le principal intérêt. Le parti du duc et de mon frère Dont l'un est votre cœur, si l'autre est votre bras, rotr. Vencesl.i, 4. Quand à ton père usé je rendis la vigueur, J'avais encor tes vœux, j'étais encor ton cœur, corn. Médée, m, 3. Le prince de Conti fut le cœur et le confident de M. de Luxembourg dans ses dernières années, st-sim. 220, 24 2. || 14° Par extension, l'estomac : dénomination qui vient de ce que, dans l'ancienne anatomie grecque, on donnait le nom de cœur à l'orifice cardiaque ou supérieur de l'estomac, et le nom de douleur de cœur aux douleurs de l'estomac. Des soulèvements de cœur. J'ai encore mon dîner sur le cœur. || Avoir le cœur noyé, noyé d'eau, être incommodé pour avoir bu trop d'eau. H Fig. Cela lui pèse sur le cœur, c'est quelque chose qui lui cause du chagrin, de la rancune. Il Ce vin va au cœur, il fait plaisir. || Avoir mal au cœur, être pris de nausées. Sur mer j'ai mal au cœur. Celles qui ont dîné ont mal au cœur, sév 4 86. Il Mal de cœur, envie de vomir. À moitié chemin, j'eus un grand mal de cœur, sév. 68. || Fig. Cela fait mal au cœur, fait soulever le cœur, se dit d'une chose qui excite le dégoût, l'aversion, lo chagrin. Une douceur fade qui fait mal au cœur, mol. Impr. 3. Avec un style si bourgeois et si ridicule, que cela fait mal au cœur, vauven. Du goût. Les violons de la cour font mal au cœur au prix de ceux-là, sév. 73. Il est d'une faiblesse à faire mal au cœur, m. 44. Les louanges me font mal au cœur, id. 235. Tout ce qui ressemble à une séparation fait bien mal au cœur, id. 462. Ce qui vient de sa part lui fait soulever le cœur, boss. Resp. 4. De ce raccommodement vint un fils qui réduisit la jeune princesse de Bade à l'état ordinaire pour les biens, dont sa belle-mère eut grand mal au cœur, st-sim. 468, 269. Il Si le cœur vous en dit, si vous avez envie d'en manger; et fig. Si vous êtes disposé à cela. Il Avoir le cœur bon, avoir l'appétit bon, se dit d'un malade qui conserve de l'appétit. || Cet homme a bon cœur, il ne rend rien, se dit d'un homme dont l'estomac ne rejette pas ce qu'il mange; et, figurément, de celui qui ne rend pas ce qu'on lui prête. || Avoir le cœur sur le bord des lèvres, et, simplement, sur les lèvres, être prêt à vomir. || Avoir le cœur mort, se sentir très-faible. || Populairement. N'être pas malade de cœur, conserver un bon appétit. || S'en donner au cœur joie, à cœur joie, jouir pleinement, sa rassasier d'une chose. || X cœur jeun, sans avoir mangé de la journée. Locution qui vieillit. |J 15" Par analogio, la partie centrale de quelque chose. 11 est

COEU

logêau cœurde la ville. Lecœurd'un fruit, d'un chou. Je veux qu'elle me voie au cœur de ses États Soutenir ma fureur d'un million de bras, coim. Nicom. v, 7. Dans le cœurde son empire, boss. Itist. i, 8. Il y avait au cœur de la Judée des hommes choisis, pasc. Juifs, 20. Plus les chênes croissent vite, plus ils forment de cœur, et meilleurs ils sont pour le service, buff. Exp. sur les végtt. Vmr'm. Les vieilles souches [de vigne] sont pourries jusqu'au cœur, et le fruit n'en vaut guère, p. l. cour. I, 272. Je relevé sous l'eau les tiges abattues, Je secoue au soleil les cœurs de mes laitues, lamabt. Joe. ix, 281. || Fig.Aucœur de l'été, de l'hiver, pendant les plus grandes chaleurs, les plus grands froids. Évitez le cœur de l'hiver pour revenir, sév. 355. On était au cœur d'un hiver extrêmement rude, hamilt. Gramm. 8. Les Suédois faisaient la guerre au cœur de l'hiver comme dans l'été, volt. Charles XII, 2. Eveillés à minuit au cœur de l'hiver, j. j. bouss. Ém. u. || Cœur de cheminée, le milieu de la cheminée, où est ordinairement une plaque. Il est noir comme le cœur de la cheminée. || X cœur de journée, sans relâche. Locution qui parait venir de ce que le cœur de la journée est pris pour le fort du travail. Murce avait un jeune valet qu'il appelait marcassin et qui se moquait de lui à cœur de journée, st-sim. 164, 168. || 16° Ce qui a la forme d'un cœur. Une croix d'or surmontée d'un cœur. || Le cœur, une des couleurs du jeu de cartes. Le cœur est atout. J'ai tous les cœurs. || Nom vulgaire d'un grand nombre de coquilles bivalves. || IV Terme de manège et de fauconnerie. Être en cœur, se dit d'un cheval, d'un oiseau qui se montrent pleins d'ardeur. Un cheval de deux cœurs, est celui qui répond mal aux aides et qui ne manie pas volontiers. || 18° Terme de blason. Le milieu del'écu, dit aussi abtme. || 19° Terme d'astronomie. Cœur du Lion, étoile de première grandeur qui fait partie de la constellation du Lion, dite aussi Régulus. || Cœur de Charles, petite constellation entre la Grande Ourse et le Lion. || Cœur de l'Hydre, étoile de la constellation de l'Hydre. || Cœur du Scorpion ou Antarès. || 20° Terme d'horticulture. Cœur de pigeon, espèce de p-Tine et espèce de pomme. || Cœurde bœuf, espèce de prune. || Cœurde Saint-Thomas, nom vulgaire d'un fruit d'Amérique ou mieux d'une graine, dite aussi châtaigne de mer (entade gigalobion). || Nom d'une espèce de bigarreau. || 21° Pièce d'horlogerie qui dégage la détente delà sonnerie. || Milieu d'une verge de plomb dans un vitrage. || 22° Terme de boucherie. Maniement pair ou double chez le bœuf et la vache, placé au-dessous et à quelque distance du paleron, en arrière et vers le milieu de la masse musculaire olécrânienne, et répondant à peu près à la place qu'occupe le cœur dans l'intérieur du thorax. || Proverbes. Il dit cela de bouche, mais le cœur n'y touche, c'està-dire il parle contre sa pensée. || De l'abondance du cœur la bouche parle, c'est-à-dire on pajle volontiers de ce qu'on désire, de ce qui captive. || Loin des yeux, loin du cœur, c'est-à-dire l'absence refroidit.

— REM. Le langage populaire dit quelquefois : joli comme un cœur. Cela ne signifie rien et ne peut rien signifier; c'est une confusion avec joli cœur. || Avoir à coeur et tenir au cœur, sont deux locutions toutes faites et dans lesquelles rien ne peut être interverti. Avoir au coeur et tenir à cœur seraient des fautes contre l'usage, du moins aujourd'hui; car, au xvu* siècle, on trouve tenir à cœur dans de bons écrivains. Les nouvelles de la guerre me tiennent fort à cœur, sév. 762. J'ai un extrême chagrin que vous fassiez tant de cas de toutes ces niaiseries f romans et comédies] qui ne doivent tout au plus servir qu'à délasser quelquefois l'esprit, mais qui ne devraient point vous tenir autant à cœur qu'elles font, bac. Lettr. à son fils, xi.

— SYN. cœur, courage, disposition qui fait mépriser le danger. Courage est dérivé de cœur; par conséquent, la nuance entre ces deux mots ne peut être que dans cette dérivation même. En effet, le courage , à proprement parler , est le produit du cœur. On a du cœur ou on en manque; on signale son courage , on combat avec courage ; l'homme de cœur se distingue par des traits de courage.

— HIST. xT s. Se [il] son queur li purportast e soun conseil li donast, Lois de Guill. 12. Charles respont: trop avez tendre coer, Ch. de Roi. xxin. Mal seit du coer qui au piz [poitrine] se couarde, t'b. lxxxv. Franc ont féru de coer et de vigur, ib. lx. Si esclargiez vos talenz [satisfaites vos désirs] et vos coers , ib. cclxv.

— xii* s. Dit à son oncle son cuer et sa pensée, Ronc. p. 4 9. Li emperere ot moût le cuer iré, t'6.

p. 35. L'aigue [eau] du cuer lui est es els [yeux] montée, ib. p. 48. [A] Vos compaignons [ils] feront les cuers partir, t'6. p. oo. Moût [il] ot le cuer dolent et irascu, ib. Du sanc qu'il laisse lui va li cuer faillant, t'6. p. 100. [Il] Fit sa prière de cuer, fort en pleurant, ib. p. 152. Plus [j'] en auroie le cuer du ventre clair [satisfait], t'6. p. (58. Par vasselage [courage] [il] a son cor [sa fermeté] recouvré, ib. p. (69. Li cuers lui part, l'ame s'en est alée , ib. p. 176. Ahl Dexl dist Charles, comme ai le cuer grevél ib. p. 183. Tant s'est amors affermée En mon cuer, à long sejor, Coud, L Que celé où j'ai mon cuer et mon penser, t'6. vi. Ele a mon cuer, que jà [je] n'en quier oster, ib. x. Je ne me sai tenir ne conforter De vous, beaus cuers, servir entièrement, ib. Si que souvent [je] chant là où de cuer [je] plor [pleure], t'6. xvi. Onques vers lui [elle] [je] n'oi [n'eus] faus cuer ne volage, ib. xix. Car traï m'a et mort à escient Mes jolis cuers, que je doi tant haïr, i'6. xx. Se nuls morist [mourut] pour avoir cuer dolent, ib. xxn. Se li cors va servir nostre seigneur, Li cuers remaint du tout en sa baillie [de ma dame], quesnes, Romancero, p. 93. L'aigue lui cort [court, coule] du cuer parmi les oilz à rais, Sax. xv. Tel cinq cent chevalier Qui n'ont cuer ne courage de Saisnes guerroier, ib. xvi. [Le roi] Qui assez vous salue de bon cuer, sans feintise, ib. xxin. De grant outrage faire nuls hom ne monteplie, Ainz se monte et essauce qui son cuer humelie, ib. xxxn. Il n'en venront à chief [viendront à bout] , mes cuers lu senefie [l'annonce] , t'6. Â la nef sunt venu , e entrèrent en mer; Rogiers del Punt l'Evesque n'i pout sun quer celer: Thomas, Thomas, fait-il, mal m'i faites passer, Th. le mart. 433.

— xiii* s. Dist li rois : Dame , puet bien estre verte ; J'en ai le cuer al ventre si serré Que ne me puis aidier ne conforter, Chanson du vilain Hervi. Il ne creoient mie les Grieus à qui il avoient pais fête, que de cuer leur deussent aidier, villeh. clxi. Et sachiés que li cuers des gens ne fu mie en pais, quar une partie de l'ost se travelloit à ce que il se volsissent bien départir, m. uv. Il estoit de moult grant cuer, id. xl. Einsi dura la guerre grant pièce, jusques au cuer d'iver, id. xlv. Forment lui doult li cuers, moût fut en grand esmoi, Rerte, vu. ..,.De grant joiefu ses cuers esmeûs, t'6. xxiv.... Se [vous] saviez orendroit A quel meschief je sui, li cuers vous partiroit, ib. xxvm. Mais li cuers lui failloit, ib. xxxi. Mais il avoit le cuer si plein de loyauté, t'6. xlv. Si que l'eaue du cuer sur sa face en descent, t'6. xlvh. Chascuns eut cuer certain, piteus et fin et sain, t'6. xlix. Ne cuida pas mes pères li rois au cuer hardit.... t'6. lui. Ainçois [elle] se lairroit traire le cuer sous la poitrine, t'6. lvi. Ahi! mère, faitele, com auriez cuer marri Se vous saviez.... t'6. llt. Il l'amoient [Berte] de cuer corne bien enseignée , t'6. lx. En la serve [il] avoit mis cuer et cor et désir, t'6. lxiii. Sachiez que moût [il] les hait de cuer entièrement, ib. xcv. Lasse I pourquoi ne crevé mes cuers sous ma chemise? t'6. c. D'amor et de désir tout li cuers lui esprent, f6. ex. Renart, fet-il, par le cuer bé [corbleu], Tu m'as nui honi et gabé, Ren. 4641. Moult ai iré le cuer au ventre, la Rose, 3762. Mes pren bon cuer, et si t'avance De recevoir en pacience Tout quanque Fortune te donne , t'6. 6875. Mes, par mon chief, or i parra [paraîtra], Se tu de bon cuer serviras, ib. 2049. Que chascuns si bien i entende.... Que tout par cuer le retengniés, t'6. 20H3. La reson pourquoy, que il en donroit cuer à ses ennemis, joinv. 214. Et quant sa gent virent que le roy metoit defîense en li, il pristrent cuer, et laissèrent le passage du flum, id. 227.

— xiv s Tu semblés l'oisel de proie, Quivuet le

cuer tant seulement; Se le cuer has tant seulement, Aras le corps et la chevance, hachault, p. 4 14. -Se il est juste, il n'est autre chose quelconque que il ait principalment à cuer, oresme, Eth. 166. Enfans qui ont recordé par cueur aucunes choses, id. t'6. 1 98. Je ne puis pas savoir lor sens ne lor folie ; Car ce qui est au cuer, homme ne le dit mie, Guescl. 10940. Et li bons coerz fait l'œvre, non mie le lonc jour, Raud. de Seb. iv, 484. Le dain est une belle beste et bien plaisant, quant elle est en cueur de saison, Modus, f° xxvin.

— xv* s. II en ot grand joie en son cœur, fboiss. h, m, 19. Le comte d'Asquesuffort, qui estoit pour ce temps tout le cœur et le conseil du roi, id. 11, 11, 237. Les chemins que il fait, je les sais tous par cœur, car en sa compagnie et sans lui je les ai esté trop de fois, m. 11, m, 17. Louis Rambaud avoit une trop belle femme à amie et l'aimoit de tout son cœur parfaitement , 1 u. u , m , 1 7 . Quand le noble roi Charles de France eut ouï sa sœur ainsi Itmen-

COUU

ter, et qui de cœur et en plorant lui montroit sa besogne, id. i, i, 8. Et y laissa mort son neveu que moult aimoit; dont il estoit en cœur et fut depuis ce moult destroit et courroucé, mais amender ne le put, id. 1, 1, 181. Le comte de Hainaut avoit si pris en cœur cette guerre, id. i, i, 128. Gens qui înt encore au cœur la felonnie et le mautalent sur les François, :d. h, ii, 207. Et je feray volontiers et de bon cœur ce que vous me commandez.... id. i, i, 47. Il alla voir la fierté [la châsse] saint Thomas à cœur jeun et y fit offrande belle et riche, id. ib, iv, IB. Les seigneurs regardèrent que il estoit le mois de décembre le droit cœur d'hiver, id. u, h, 203. Se ne montrez.... Que vous ayez mon fait à cueur, ch. d'orl. Rondel de Frédet. Par cueur retiens ce que j'en ay apris, Car plus ne sçay lire ou livre de joye, id. Rondel. Le dessus dit comte de Waleran et ceux qui s'estoient sauvés de sa compagnie eurent au cœur très grand tristesse, non pas sans cause, monstbel. liv. I, chap. 24. Certes, de bouche et non de cueur plusieurs gens parlent, id. liv. 1, chap. 9. Comme qui bien avoit le cuer à la besoigne, chastel. Chron. des ducs de Bourg, m, ch. 28. Lié [joyeux] sui, quant il est en ce point; Car je le ha y de tout mon cuer, la Pass. de fi. S. J. C. Et quelque semblant qu'ilz luy montrassent, si le haioient-il en cueur comme il fu depuis apparent, fenin, 1413. Le mareschal, qui le cœur n'avoit à aultre chose fors à toujours grever les Sarrazins, Bouciq. I, ch. 23. Et pour ce, nous qui desirons de tout nostre cœur l'honneur de son noble estât avons advisé une haute emprise, r'6. m, ch. (6. Si fist Chasteaumorant au cœur vaillant e fier, t'6. n, ch. 20. Hée, mon ami, revenez si vous voulez ; vous savez que nous femmes avons les cuers tendres, Jeh. de Saintré, ch. 26. Pour son sallaire d'avoir esté offrir à l'église de Sainct-Esperit-lez- Rue deux cœurs d'or, de laborde, Émaux, p. 217. Laquelle tenoit entre ses deux mains ung coer, qui se ouvry à l'eure que le roy entra en ladite porte, et dedans ledit coer y avoit une fleur de lis signiffiant la loyaulté de la Cité, id. t'6. p. 217. II leur sembla honte et péril et que ce seroit donner cueur à ceulx de Paris, comm. i, 9. Le roy n'avoit point fort la matière à cueur, comm. iv, 14. On croyait qu'Ascaigne faisoit ceste feinte , et qu'au cœur estoit content du Pape, id. vu, 1 3. Et si [Charles VIII] avoit son cœur, tousjours, de faire et accomplir le retour en Italie, id. vin, 18. Cœur pensif ne sait où il va, leboux de lincy, Prov. t. u, p. 275. Dieu nous veuille garder et défendre de toute malaventure I le cœur ne me gist pas bien de cette vision, louis xi, Nouv. lxxii.

— xvi" s. Ils recoloyent par cueur quelques plaisans vers de Virgile, bab. Garg. i, 24. Il se saisit du baston de la croix, qui estoit de cueur de cormier, id. t6. i, 27. Dieu vous doint ce que vostre noble cueur désire, id. Pant. u, 16. Je boy à luy de bien bon cueur, et à vous aussy, messieurs les recordz, id. t'6. iv, 15. Le dyable se représente on lieu , accompaigné d'ung escadron de petitz dyableteaulx de cueur, id. t'6. iv, 46. Je croy qu'il s'addoucira, Ou sera Plus dur que le cœur d'un arbre, dubell. iv, 29, recto. Au cœur de l'hiver, marg. Nouv. xxxviii. Le peuple n'eut pas le cœur de prendre seulement les balotes en main , mont, i , 3. Faulte de cœur [courage] , id. i, 26. Non en leur action seulement, mais surtout en leur cœur, id. i, 108. Faire mal au cœur [donner des nausées], id. i, HO. Sçavoir par cœur n'est pas sçavoir, id. i, 163. Ayant extrême peur de faillir une chose qu'il avoit tant à cœur, m. i, 4 96. Il leur remeit par ce moyen le cœur au ventre, id. i, 363. Aulcun homme de cœur ne daigne s'advantager de.... id. u, 6C. Nous prenons trop à cœur ces substitutions, id. ii, 86. Il a disné par cœur pour l'affection qu'il avoit de médire des femmes, tver, p. 656. Montrer qu'ilz n'avoient point le cueur failly , amyot , Péric. 62. Sans s'arrester aux larmes des passagers qui se tourmentent d'effroy et tirent du cueur, id. t'6. 63. Au cueur d'esté, id. t'6. 66. La perte de celuy là seul luy attendrit le cueur, id. t'6. 69. Avoir le cueur [courage] bon, id. P. JEm. 43. Il n'y eut si dur cueur en toute la ville de Rome , à qui ce grant accident ne feist pitié, id. t'6. 67. Quant à moy, je n'aurois jamais le cueur de vendre le bœuf qui auroit longuement labouré ma terre, id. Catcm, 41. Homme de bas et petit cueur, id. Crassus, (33. Du filz autant m'est la personne chère, Comme j'ay eu à contrecœur le père, id. Pomp. l. Homme du tout fait à la dévotion et selon le cueur de Pompcius id. Union d'Ut. 46. Elle ne pardonnoit jamais, depuis qu'elle avoit pris une chose à coeur, id.

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Artax. 24. Monsieur, j'ai sur le cœur tant de sang versé de» nostres, d'aub. Hist. i, 4 32. Venons au eoear de la France et des affaires, id. ib. i, 4 39. Le vaivode fait attaquer la ville avec la chaleur de cœur que la victoire passée donnoit à ses gens, B>. tb. n, <»8. Quand on vous découvrirait implacable , tenant votre cœur [rancune] et inexorable, Carloijc, I, 38. Ils avoient promis la garder ou y mourir; mais le cœur leur devint foye, et se rendirent leurs vies sauves , m. du bellay , 80. Ceste gresse est trouvée principalement au mésentère, et base du cœur , paré , i , 6. Le ventricule a deux orifices, à scavoir un supérieur nommé l'estomach et vulgairement cœur; et l'autre inférieur nommé pylorus, id. i, 14. La figure du cœur est pyramidale, à sçavoir large en sa base et estroite sur sa pointe, m. «, •<• Et où il failloit, coups de baston ne luy manquoient pas, luy diminuant sa portion, le faisant souvent jeusner par cœur, id. Animaux, 48. Cœurs ou cerises heaumêes, o. de serres. Baise moy donc, mon cœur [m'amie] , car j'aime mieux Ton seul baiser, que si quelque déesse.... rons. (09. J'aime de tout mon cœur , je veux aussi qu'on m'aime, id. 254. Ils sont toujours après pour lui [à la jeunesse] faire apprendre par cueur (ainsi parlent-ils) ce que les livres disent.... charron, Sagette, i, 44. Il a eu le cœur de ce faire, pasquier, Recherches, liv. vui, p. 675, dans lacdrne. Estant allé à Bergame, il trouva son maistre qu'il salua joyeusement ; et le maistre luy rendit le salut en disant : que dit le cœur [comment va la santé] T Nuits de Straparole, t. i, p. 268, dans lacurne. Sans davantage nous tuer le cœur et le corps, tb. t. n, p. »86. Prenez vostre cœur à autruy, oodin. Cœur content, et manteau surl'espaule, cotorave. Le cœur fait l'œuvre, et non pas les grands jours, m. Le cœur ne veut douloir ce que l'œil ne peut voir, id. X cœur dolent, l'œil pleure, id. Â povre cœur petit souhait, m. Belle chère, et cœur arrière [semblant d'amitié, sans que le cœur y soit], id. Qui n'a cœur [mémoire] ait jambes, id. Le cœur me dit qu'il faut que je meure, l'Amant ressuscité. p. 63S, dans lacurne. Au trésor gist le cœur, lehodx de linct, Prov. t. n, p. 333. Brûler ne peut cueur Qui par venin meurt, ro.t'b. p. 254. Cœur blessé ne se peut ayder, iD.t'b. p. 275. Cœurde verre, cœur loyal et ouvert , id. ib. Quand bien vient , cœur fault , id. ib. p. 377. Item plus, est nécessaire de sçavoir tout de cueur la multiplication d'une chascune des dix figures par soy mesme et aussi par une chascune des aultres, de laroche, Arismetique, f° 8, verso.

— ÊTYM. Bourguig. cœu ; picard (environs d'Amiens), teneur; provenç. cor; ital. euore ; du latin cor, cordis;grec, xapBia; allem. Herx;axigl. heart ; gotn. hairtd; gaél. chridhe; sanscrit, hrid. Cœur a pris le sens de mémoire, parce qu'il s'est étendu à l'âme tout entière ; et l'on voit nettement comment il l'a pris, dans cette phrase provençale : En vostre cor devetz saber que tint li adjectiu.... [en votre cœur devez savoir que tous les adjectifs....], Gramm. provençales, publiées par guessard, p. 78. Dans l'ancien français, au nominatif singulier li cuers, au régime le cuer; au nominatif pluriel li cuer, au régime les cuers.Du reste, cuer se prononçait eœur.

+ COBURET (keu-rè), s. m. Variété de cerisier.

— ÊTYM. Diminutif de cœur, dit ainsi parce qu'il produit la variété de cerise nommée cœur.

t COÉVEQUE (ko-è-vê-k'), t. m. Collègue dans l'épiscopat. Il y a schisme entre moi et vos coévêques, boss. Unité, 3.

— ÊTYM. Co.... préfixe, et évéque.

COEXISTANT, ANTE (ko-è-gzi-stan, stan-t') , adj.

Qui coexiste, qui estsimultané. Deux faits coexistants. COEXISTENCE (ko-è-gzi-stan-s') , s. f. Existence simultanée. Les Ariens niaient la coexistence éternelle du Verbe divin avec son Père. Il fait nier aux pères la coexistence des trois personnes divines, boss. Avtrt. e. Science des lois qui président aux coexistences des formes des diverses parties dans les êtres organisés, cuv. Rév. p. 8.

— ÊTYM. Coexister.

COEXISTER (ko-è-gzi-sté), v. n. Exister ensemble. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÊTYM. Co.... préfiie, et exister.

fCOFFÉACE, ÉE (ko-fé-a-sé, sée), adj. Terme

de botanique. Qui ressemble au café.

— ÊTYM. Voy. CAPE.

t COFFIN (ko-fin), s. m. Étui plein d'eau où est une pierre à aiguiser et que le faucheur porte à sa ceinture.

— hist. xv* s. Tout plain ung sac de joyeuse promesse, Soubz ctef fermé, en ung coffin d'oublié, Si. d'obl. Rondeau. || zvr s. Avec des pleins coffins

d'eau de senteur, yver, p. 552 toutes ayant en

leurs fresches mains blanches Un beau cofin tissu de jeunes branches, rons. 740.

— ÊTYM. Voy. coffre. Coffin signifiait un petit coffre, un petit panier; il est resté dans les patois : Berry, coffin, corbeille; norm. coffin, cornet; picard, cofin, étui, coffret, panier; provenç. cofin; catal. cofi; espagn. cofin.

f COFFINE (ko-fi-n'), ». f. Espèce d'ardoise convexe.

— ÊTYM. Coffin.

t COFFINER (ko-fl-né), v. a. Terme de métier. Courber, voûter. || Se coffiner, v. réfl. Se courber, se déjeter.

— ÊTYM. Coffin.

t COFFINET (ko-fl-nè), s. m. Petit coffre, petit panier.

— ÊTYM. Diminutif de coffin; : Berry, coffinot, corbeille, manne.

t COFFRAGE (ko-fra-j'), s. m. Terme d'art militaire. Charpente du coffre d'une mine de guerre.

— êtym. Coffrer.

COFFRE (ko-fr'; quelques-uns prononcent kô-fr' ; mais cette prononciation n'est justifiée par rien), t. m. || 1" Meuble en forme de caisse, dans lequel on serre toute sorte de choses. Un coffre plein. Le coffre au linge, à l'avoine. || Piquer le coffre, attendre longtemps dans l'antichambre du roi, d'un grand seigneur, parce qu'à la cour il y avait des salles où l'on ne trouvait à s'asseoir que sur des coffres. Locution aujourd'hui inusitée. || Il s'y entend comme à faire un coffre, se dit d'une personne qui fait mal quelque chose. || Rire comme un coffre, rire à gorge déployée, par assimilation plaisante de la bouche qui rit à un coffre qui s'ouvre. || Familièrement, raisonner, chanter comme un coffre, raisonner, chanter très-mal; par un assez mauvais jeu de mots entre raisonner et résonner. || 2° Caisse où l'on serre l'argent, et l'argent même qui est ainsi serré, les fonds, la fortune. X force de faire de nouveaux contrats ou de sentir son argent grossir dans ses coffres , on se croit enfin une bonne tête et presque capable de gouverner, la brdt. vi. Une pareille somme est comptée dans ses coffres pour chacun de ses autres enfants qu'il doit pourvoir, id. tb. Les biens d'un homme ne sont point dans ses coffres, mais dans l'usage de ce qu'il en tire, j. j. rouss. Hél. iv, 40. Vous aurez beau ouvrir vos coffres , si vous n'ouvrez aussi votre cœur, id. Ém. n. || Elle est belle au coffre, se dit d'une fille laide, mais riche. || Cela sera sur ses coffres, se dit des pertes qui retombent sur quelqu'un. || Les coffres du roi, les coffres de l'État, le trésor public. Il mit tout l'argent de l'Egypte dans les coffres du roi, boss. Polit. || Coffre-fort, coffre de fer ou de bois fort épais , dans lequel on serre l'argent et les objets précieux. Ces coffres-forts qui défient les voleurs. Ton beau-père futur vide son coffre-fort, boil. Sat. x. La clef du coffre-fort et des cœurs est la même, la font. Le petit chien. || Coffrefort se dit aussi de l'argent, de la fortune. || 3° Par extension. Le coffre d'un carrosse, la partie d'un carrosse sur laquelle on met les coussins pour s'asseoir , et dont le haut se lève en couvercle comme celui d'un coffre. |l Le coffre d'un autel, la table d'un autel avec l'armoire qui est dessous. || L'assemblage et le corps d'uu clavecin, d'un fortepiano. || 4° La partie du corps que renferment les côtés. Il était temps, l'abcès gagnait le coffre, et se manifestait par de grands frissons, st-sim. 4 30, 191. Pourquoi il a fallu faire ce coffre de la poitrine de plusieurs pièces qu'on appelle côtes, boss. C0oa.i1, 7. Il Avoir le coffre bon, être bien constitué quant aux fonctions de la respiration et de la digestion. Étant bien conformé par le coffre et ne faisant d'excès d'aucune espèce, 3. j. bouss. Conf. v. Soixantedix ans et un catarrhe.... il ne pourra aller loin. — Et voilà ce qui vous trompe; il ira loin, il ira trèsloin; le coffre est bon, bayabd et o. de wailly, Ma place et ma femme, 11, 14. || Terme de chasse. Corps d'une bête fauve dont on a fait la curée. Il En termes d'hippiatrique, cette jument a un grand coffre, un beau coffre, elle a les flancs fort larges. Il Des coffres à avoine, se dit de grands chevaux auxquels il faut beaucoup d'avoine. || B* Terme de jardinage. Carré long formé de planches posées de champ pour recevoir des châssis ou panneaux. On dit aussi caisse. || Terme de marine. Coffre d'amarrage, corps flottant muni dedeuxorganeaux. || Terme d'art militaire. Charpente qui soutient les terres dans une mine de guerre. || Logement creusé dans un fossé sec, peu différent de la caponière, qui sert aux assiégés pour empêcher qu'on ne passe le fossé. H Terme de ponts et chaussées. Caisse sans fond,

formée de pièces de bois et de madriers. || Terme de maçonnerie. Faux tuyau dans une souche de cheminée. Il Tuyau que l'on enfonce dans un trou <lo sonde. Il Terme d'hydraulique. Synonyme de chambre d'écluse.

— SYN. copprb, bahut. La différence entre ces deux meubles, c'est que le bahut a le couvercle en rond, tandis que le coffre peut avoir le couvercle plat ou arrondi.

— HIST. xiii' s. [Il] N'i ot sommiers à coffres ne dras troussés en malle, Berte, xxvn. Deux coffres bien garnis d'or etd'argent, Chron. de Hains, p. 0. Marcis, marcis [marquis], où sont li mil chevalier que vous déviés faire salir de vos cofres? ib. 1 12. Forgier, escrin. cofre, Liv. des met. 4 05. Mais au venir li mesavint, Car sa droiture ert en son coffre, Si fu pilliez en roi de coffre, ruteb. ii, 71. Enmi la sale sus un coffre Est assise mate et pensive, id. n, 31 . Le roy emporta dix mille livres de parisis que il avoit en ses cofres, et chascun an autant, joinv. 207. Il xiv* s. X dens saisi le coffre, sans point de l'atargier, Baud. de Scb. v, 908. Godefroy le Fevre, varlet de chambre et garde des coffres de monseigneur duc d'Orléans, de laborde, Émaux, p. 2(9. || xv s. Et ces brigands brisoient maisons, coffres et escrins, et prenoient quant qu'ils trouvoient, fuoiss. i, i, 324. Et moult de maisons et de femmes robées et pillées, violées et destruictes, et des coffres effondrés, id. 11, n, (68. Promis avez sur le mois de février Que vous serez sa besongne ordonnans, Et le ferez sur vos coffres payer, e. desch. Poésies mss. f° 208, dans lacurne. Et enclos, pour plus grant seurté, Ou [au] coffre de ma souvenance, ch. d'orl. Bail. 32. |] xvi*s. Il commença à faire une barricade sur le bout du pont levis, en y plaçant un buffet et deux coffres, d'aub. Vie, xx. X attendre dans la garderobe de son maistre assis sur des coffres, id. tb. xl. L'équipage fut de douze chevaulx, deux mulets de coffres, etc. carl. 111, «. Je dis à Barbaut que je ne pouvois retourner arrière que je n'eusse mandement de monsieur de Barie, et que, si la ville se perdoit, tout cela tomberoit sur mes cofres, montluc, t. n, p. 73, dans lacurne. Lettres patentes, afin de faire ouvrir les coffres des prisons, et mectre en liberté les prisonniers detenuz pour le faict de la religion, condé. Mémoires, p. 571. En coffre ouvert le juste pèche, cotgrave.

— ÊTYM. Berry, couffre; provenç. et espagn. cofre; ital. cofano; du latin cophinus; grec, xoçivoç.

COFFRÉ, ÉE(ko-fré, frée), part, passé. Mis en prison. Ton affaire allait bien, le drôle était coffré, mol. l'Étour. v, 4. Un mot du maire du lieu et me voilà coffré, p. l. cour, ii, 300. || Terme de marine. Navire bien coffré, navire qui a la muraille des gaillards élevée et bien fermée.

t COFFRE-FORT, s. m. Voy. coffre.

COFFRER (ko-fré) , v. a. Terme familier. Emprisonner. Savez-vous bien que je suis las de venir sans trouver votre maître? S'il ne me paye aujourd'hui, je le ferai coffrer demain, regnard, le Retour imprévu, 4 2. Je voudrais que cela [cette aventure de passeport] vous dégoûtât d'un pays où l'on coffre les gens pour si peu de chose, p. l. cour. Lett. 11, 7». Ma foi, sire, on ne veut plus faire crédit à Votre Majesté ni à moi non plus ; et nous pourrions bien être coffrés cette nuit vous et moi, volt. Cand. 26.

— HIST. xvi' s. 11 y avoit à la marge de la tapisserie une grosse gibecière qui acouchoit d'un estui de bonnet, cest estui d'une malle coffrée [faite en coffre], etc. d'aub. Fœn. iv, 20.

— ÊTYM. Coffre.

COFFRET (ko-frè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : des coffrets élégants, dites : des ko-frè-z élégants; au pluriel coffrets rime avec succès, traits, jamais, etc.) s. m. Petit coffre.

— hist. xm* s. Car il mit en son vil coffret La pomme que cilz lui offret, Que Dieu avoit jà maley [maudit], j. de meung, Tr. 476. || xiv* s. Un coffret couvert de cuir, ferré bien et joliment. Un coffret de cristal, de laborde, Émaux, p. 248. ||xv's. Un coffret long, tout de fin acier, froiss. m, iv, 23. Il xvi* s. L'Impudence qui est assise sur le coffret de derrière [du carrosse] , par une petite fenestre lui donne courage, d'aub. Fœn. iv, 20. Alexandre le Grand, ayant rencontré, parmi les despouilles de Darius, un riche coffret, ordonna qu'on le lui reservastpour y loger son Homère, mont, m, 4 89.

— ÊTYM. Diminutif de coffre.

COFFRETIER (ko-fre-tié; l'r ne se lie jamais; au

pluriel l'î se lie : les ko-fre-tié-z et....), s. m. Celui qui fait des coffres.

—ÊTYM. Coffret.

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COFIDÉJUSSEUR (ko-fi-dé-ju-sseur),s. m. Terme de jurisprudence. Chacun de ceux qui ont cautionné un même débiteur pour une même dette.

— étym. Co.... préfixe, et fidéjusseur.

t COdENT, ENTE (ko-jan, jan-t'), adj. Terme de philosophie. Qui contraint.

— hist.xiv* s. Sans cogente nécessité, bruyant, dans M énagier, t. n, p. 40. || xv" s. Et pour cause bonne cogente , Uir. de Ste Genev.

— Êtym. Le latin cogère, forcer, de co,et agere, pousser.

| COGITAB1LITÉ (ko-ji-ta-bi-li-té), s. f. Terme de philosophie. Faculté de réfléchir sur nos propres sensations.

— ÊTYM. Voy. COGITATION.

t COG1TATIF, IVE (ko-ji-ta-tif , ti-v') , adj. Terme de philosophie. Qui a rapport à la cogitation.

— HIST. xiv* s. Les vertus de dedens comme la cogilative et ymaginative, oresme, Eth. xi, 17.

— ÉTYM. Voy. COGITATION.

t COGITATION (ko-ji-ta-sion) , s. f. Terme de philosophie. Action de fixer la pensée sur un objet.

— HIST. xii' s. Deus [Dieu] de science est sire, e à lui sunt aprestedes cogitaciuns, Lib. psalmorum, p. 235. || xiv* s. Les malvaises operacions qui sont faites par cogitacion et deliberacion, oresme, Eth. 63.

|| xv s. Et toutes ces imaginations et cogitacions proposoit en lui-mesme le duc Jean de Lancastre, froiss. i, iv, 31. Le flux des cogitacions, e. desch. Poésies mss. f° 605, dans laCurne. || xvi" s. Fermir son ame en certaines et limitées cogitations où elle puisse se plaire, mont, i, 287. Avoir Pâme pressée de cogitations pénibles, id. n, 54.

— ÊTYM. Provenç. cogitatio ; anc. espagn. cogitacion; ital. cogita zione; du latin cogitationem, decogiiare qui avait donné le verbe cuider. L'ancien fran-, çais avait cuizançon, formation en rapport avec cuider.

\ COGNAC (ko-gnak), s. m. Eau-de-vie venant de Cognac, et, par extension, très-bonne eau-devie. Du vieux, du bon cognac.

— ÊTYM. Cognac, ville du département de la Charente, dans les environs de laquelle se fait cette eau-de-vie.

COGNASSE (ko-gna-s'),«. f. Petite espèce de coing sauvage.

— ÊTYM. Coing.

COGNASSIER (ko-gna-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie : les ko-gna-sié-z et les coings), s. m. Arbre de la famille des rosacées, qui produit les coings.

— HIST. xvi' s. Grenadiers, coudriers, coigners, et semblables plantes de rejet, o. de serres, 149. Entant le greffe de l'aubespin blanc sur le tronc du coigner, de ce mariage sort un fruit nommé arseirole, m. 691.

— ÉTYM. Cognasse; Berry, couignier, qui vient de coing, comme le mot du xvi" siècle.

COGNAT (kog-na), s. m. Terme de droit. Celui qui est uni par un lien de parenté; parent par les femmes. Les agnats et les cognats, Montesquieu, Esp. 27.

— ÉTYM. Lat. cognatus, de cum, avec, et gnatus, né (voy. naître).

COGNATION (kog-na-sion),s. f. Terme de droit. Lien de parenté qui unit les cognats. || En droit romain, parenté naturelle.

— HIST. xvi* s. Pour monstrer aux Juifs que la grâce de Dieu n'est pas liée à la semence d'Abraham, et mesme que ceste cognation charnelle, par soy, n'est d'aucune estime, calv. Instit. 1075. Vous supplier avoir esgard à la cognacion ancienne et tant souvent renouvellée, à l'amitié.... M. du Bellay, 313.

— ÊTYM. Lat, cognatio, de cognatus, cognât.

t COGNATIQUE (kog-na-ti-k'), adj. Terme d'ancienne jurisprudence. Succession cognatique, succession dévolue aux cognats à défaut de parents en ligne masculine.

— ÊTYM. Cognât.

COGNÉ, ÉE (ko-gné, gnée), part, passé. || 1° Un clou vigoureusement cogné. || Fig. Les règles de la grammaire cognées dans la tête de cet enfant. || 2° Populairement, battu. Cogné d'importance.

COGNÉE (ko-gnée) , s. \f. Sorte de hache pour couper le gros bois. Un bûcheron perdit son gagnepain, C'est sa cognée.... la font. Fabl. v, i. Sur son épaule il charge une lourde cognée, BOU-EAU,Lu(r. u. Et c'est en attaquant le chêne après le chêne Que la cognée abat les plus vastes forêts, masson, Helvétiens, vi. || Fig. Mettre la cognée à l'arbre, au pied de l'arbre, commencer une entreprise. L'âme, de ses défauts saintement indignée, Doit jusqu'à la racine

enfoncer la cognée, corn. Imitation, i, 11. || Jeter le manche après la cognée, se rebuter par découragement, par dégoût. || Aller au bois sans cognée, entreprendre quelque chose sans avoir ce qui est indispensable pour réussir.

— HIST. xi* s. X mailz de fer, à cuignées qu'il tinrent, Ch. de Bol. cclxviii. || xn" s. Les ustils as ovriers qui firent les degrez, Besague e cuignies en unt od els portez, Pur depecier les uis, ses [s'ils les] trovassent fermez, Th. le mart. 144. Le paliz [ils] tranchent à coignies d'acier; De sous lor pies le font jus trebuchier, Raoul de C. 68. || xm's. Deus coingnies fist aporter, Le chesne prenent à coper, Jten. 1 1 926. En tel cas ne doit on pas faire l'execussion de la justice par fu [feu], mais abatre à cuignies et à martiax la partie du malfeteur tant solement, beaum. in, 17. Et je regardai une coignée qui gisoit illec; si la levai et dis que je feroie la clef le roy, joinv. 250. || xv* s. Et aussi une cogniete Abat bien souvent un grant arbre, Uir. de Ste Genev. Entre ces archers avoit autres assaillans qui portoient cognies grands et bien tranchans, proiss. i, i, 207. Lors commencerent-ils à ferir et à frapper contre l'huis de grandes guignies pour derompre et briser la porte, id. il, ni, 23. La deuxième porte rompue et brisée par force quingnies, id. ii,iii, 99. || xvi* s. Il ne faut pas ruer le manche après la coignée, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 184. Advint qu'il perdit sa coingnée; qui feut bien fasché et marry, ce feut il; car de sa coingnée dependoitson bien et sa vie ; par sa coingnée vivoit en honneur et réputation entre tous riches buscheteurs; sans coingnée mouroit de faim, rab. Pant. iv, Nouveau prologue. Le capitaine Martin du Bellay recite, au voyage de Luxembourg , avoir veu les gelées si aspres que le vin de la munition se coupoit à coups de hache et de congnée, se debitoitaux soldats par poids, et qu'ils Pemportoient dans des panniers, mont, i, m.

— ÉTYM. Berry, cognie, cougnée, cougnie^ genev. coignée; Saintonge, cougnée ; picard , quignie; bas-lat. cuniada , dans un texte du rai* siècle (capitulaire de villis, 42) ; du latin cuneus, coin (voy. ce mot). La cognée, employée à enfoncer les portes, se disait aussi la clef le roi, parce que la justice avait le droit d'enfoncer une porte fermée ou qu'on refusait d'ouvrir.

COGNE-FÉTU (ko-gne-fé-tu) , s. m. Celui qui se fatigue beaucoup pour ne rien faire. || Au plur. Des cogne-fétu ou cogne-fétus. || Cogne-fétu a signifié cardeur de laine. C'est comme si je disais que les cogne-fétus et cardeurs de laine.... garasse, Recherche des recherches, p. 239, dans lacurne.

— HIST. xvi' s. Il ressemble coignefestu, il se tue et ne fait rien, oudin, Curios. fr. Il sembloit un coignefestu, et il ne vouloit rien faire ny laisser faire les autres, montluc, Mém. t. I, p. 72, dans

LACURNE

— ÊTYM. Cogner, fétu.

COGNER (ko-gné) , v. a.\\l° Frapper sur un clou, une cheville, pour l'enfoncer. Cogner une cheville. 1 1 Cogner un fétu, s'occuper de choses sans importance. Fiesque, loin des soins superflus, Fera quelque chose d'utile, Et, moins altéré, plus tranquille , Ne cognera plus de fétus, chaul. kWme de Lassay. || Fig. Nous tâchons de cogner dans la tête de votre fils l'envie de.... sév. 603. || 2» Cogner quelqu'un, le frapper avec quelque chose. Cet homme m'a cogné avec une planche qu'il portait. || Se cogner la tête, se heurter la tête contre quelque chose. || Fig. Se cogner la tête contre le mur, s'obstiner à une chose impossible. || 3° Populairement, battre, rosser. Tu te feras cogner. || 4° V. n. Frapper contre, heurter. Cogner à la porte. || 6° Se cogner, v. réfl. Se heurter, donner contre. Se cogner contre quelque chose. || Se battre, en parlant de plusieurs. Ils se sont joliment cognes.

— HIST. xu" s. Il s'entrefierent et des cors et des piz [poitrines], Ensemble coignent les forz escuz voltiz [bombés], Li coronemens Looys, v. 2637. || xni" s. En un trou de tarière [ils] lui boutent erramment Les deux pois [pouces], et les coignent moût angoisseusement, Berle, xcv. || xv* s. Alez-en que je ne vous coigne; De vos preschements n'ay-je cure, Mir. de Ste Genev. Il s'employe de bon cueur X relier ses tonnaux, Et lui mesme congne; Pour remplir tost ses vaisseaux, Haste la besongne, basselin, l. || xvi* s. Le père y alla, le combattit et coigna [accula] jusques enMarroche, d'aub. Hist. I, 37. Il trouve la garnison dehors, la congne avec tel effroi qu'elle abandonne la ville, id. ib. i, 164. Les chevaliers et ceux de la garnison de la cité troublèrent ton loisir, et le congnerent jusques dans son

gros, in. t'6. i, S39. Qui fut bien aise? Ce lut André Doria, lequel l'ayant là accullé et coignié, qu'il n'en pouvoit jamais sortir sans sa miséricorde.... bhant. Capit. franc, t. n, p. 87.

— ÉTYM. Cognée; Berry, cougner; wallon, connu, gounii. Dans l'historique on trouve à coigner le sens de frapper, et celui de pousser en un coin, acculer.

t COGNET (ko-gnè) , s. m. Rôle de tabac formé en cône.

— ÉTYM. Diminutif de coin.

f COGNEUX (ko-gneû), s. m. Outil du fondeur en sable.

— ÊTYM. Cogner.

t COGNITIF, TVE (kog-ni-tif, ti-v'), adj. Terme de philosophie. Qui est relatif à la connaissance. || Qui est capable de connaître. Les conditions de la cognition humaine, la constitution de l'organe cognitif de l'homme influent sur toutes ses connaissances, impriment leur sceau à tous les objets, sans qu'ils puissent lui apparaître d'une autre manière, villers, Kant, p. 119.

— HIST. xiv* s. Puissance cognitive, oresme, Thèse de meunier; La puissance cognosoitive , oresme, Eth. 65. || xv* s. Des vertus qui sont cognoiscitives, une chascune, moins est matérielle, plus a perfaicte cognoiscence , christ, de pisan, Charles V, ni, 65.

— ÉTYM. Voy. cognition ; provenç. cognitiu.

t COGNITION (kog-ni-sion), s. f. Terme de philosophie. Acte intellectuel par lequel on acquiert une connaissance. Ces hommes sages qui avaient jeté un regard savant sur la nature de la cognition humaine.... villers, Kant, p. 69. Le problème premier et par conséquent fondamental de la métaphysique est de livrer une bonne et scientifique théorie de la cognition humaine, d'expliquer comment l'homme connaît.... id. ib. p. 64.

— ÉTYM. Provenç. cognicio; anc. espagn. cognict'on;ital. cognizione ; du latin cognitionem , decognoscere (voy. connaître).

t COGNOIR (ko-gnoir), s. m. Morceau de bois pour serrer et desserrer les formes typographiques.

— HIST. xvi' s. Coignoir, oudin, Dict.

— ÉTYM. Cogner.

t COGRAINS (ko-grin), s. m. pi. Terme de métallurgie. Parcelles de fer qui s'attachent à la filière dans les tréfileries.

— ÊTYM. Co.... préfixe, et grain.

f COGCENOSCO (ko-ghe-no-sko) , s. m. Terme de marine. Sorte de mastic dont on remplit les gélivures du bois, pour empêcher l'eau d'y pénétrer.

COHABITATION (ko-a-bi-ta-sion) , s. f. Terme de droit. || l°État de deux personnes qui habitent ensemble. || 2" État du mari et de la femme, qui vivent ensemble. || Se dit aussi de la vie en commun de deux personnes libres.

— HIST. xvi" s La sentence de Paphnutius fut reçue : lequel declaira que c'estoit chasteté, cohabitation de l'homme avec la femme, cal vin, lnstil.

— ÉTYM. Cohabilaiio, de cohabitare, cohabiter. COHABITER (ko-a-bi-té), v. n. Vivre ensemble

en parlant des époux, ou de personnes libres vivant comme époux. Ils ont longtemps cohabité. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xvi* s. Il a fallu que les prestres levitiques, quand ils approchoient de l'autel, ne cohabitassent point avec leurs femmes, calv. Instit. 1004.

— ÊTYM. Cohabitare, de co... . préfixe, et habilare habiter (voy. ce mot).

f COHEN (ko-èn') , s. m. Dans la religion juive, sacrificateur.

— ÉTYM. Hébreu, cohen, prêtre.

f COHÉREMMENT (ko-é-ra-man), adv. D'une manière cohérente.

— ÉTYM. Cohérent, et le suffixe ment.

COHÉRENCE (ko-é-ran-s'), s. f. || 1" Terme de

physique. État de ce qui est cohérent. Dans le bois, la cohérence longitudinale est bien plus considérable que l'union transversale, buffon, Exp. sur lesvégét. f'mém. || 2° Fig. Des idées sans cohérence. Nos âmes se sont touchées par tous les points, et nous avons senti partout la même cohérence, J. J. rouss. Hél. I, H.

— HIST. xvi" s. Ce qui se fait par une cohérence et glutinosité de matière visqueuse, ou de quelque excoriation, paré, iv, 14.

— ÉTYM. Cohaerentia, de cohxrens, cohérent COHÉRENT, ENTE (ko-é-ran, ran-t'), adj. || i°Qui

tient réciproquement ensemble. Les grains du grès sont très-eohérents. Les molécules du fer sont bien plus cohérentes que celles du plomb. || En botanique,

COH

COI

COI

étamines cohérentes, étamines qui tiennent les unes aux autres, soit par des poils, soit par une substance glutineuse. || 2" Fig. Ce discours est cohérent dans toutes ses parties. Rien de moins cohérent que ce mémoire.

— ÊTYM. Lat. cohxrens, de cohxrere, être cohérent, de co, et Aarere, êtreattaché (comp. hérétique).

t COHÉRITER (kô-é-ri-té), ». n. Etre cohéritier.

— ÊTYM. Cn.... préfixe, et hériter.

COHÉRITIER, 1ÈRE (ko-é-ri-tié, tiê-r'), t. m. etf.

Terme de droit. Celui, celle qui hérite avec un autre.

— ÊTYM. Co.... préfixe, et héritier.

COHÉSION (ko-è-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Terme de physique. Force en vertu de laquelle les particules des corps solides se tiennent entre elles. Dans les corps la cohérence est l'effet de la cohésion. || Fig. La cohésion des parties d'un empire.

— ÊTYM. Cohxsum, supin de cohxrere (voy. codèrent).

fCOIHBANT, ANTE (ko-i-ban, ban-f), adj.

Terme didactique. Qui isole. La propriété cohibante de la résine à l'égard de l'électricité.

— ÊTYM. laX.cohibere, arrêter, de co, elhabere, avoir, tenir.

t COHIBITION (ko-i-bi-sion), s. f. Terme didactique. Empêchement d'agir.

— ÊTYM. Voy. COHIBANT.

t COHIER (ko-ié), s. m. Terme d'eaux et forêts. Espèce de chêne pédoncule.

— ÊTYM. Queue : c'est-à-dire qui a une queue, un pédoncule.

COHOBATION (ko-o-ba-sion), s. f. Terme de pharmacie. Action de cohober.

— étym. Cohober.

COHOBÉ, ÉE (ko-o-bé, bée), part, passé. Une liqueur cohobée. || Ce mot technique est assez mal employé dans ce passage de Rousseau, où il n'a pas un sens exact : Les esprits vivifiants retenus et cohobés dans son sang, j. J. rouss. Ém. iv.

COHOBER (ko-o-bé) , v. a. Terme de pharmacie. Distiller plusieurs fois de suite une liqueur sur son résidu, ou mieux sur de nouvelles substances, pour qu'elle se charge davantage des principes volatils.

— ÊTYM. Origine inconnue.

COHORTE (ko-or-f), s. f. || 1° Terme d'antiquité. Troupe d'infanterie chez les Romains qui était la 40" partie de la légion. [| 2" En général, troupe de combattants. Pouvions-nous le surprendre ou forcer les cohortes Qui de jour et de nuit tiennent toutes les portes? corn, lléracl. rv, 6. Il parle, et, défiant leurs nombreuses cohortes, Du palais à ces mots il fait ouvrir les portes, rac. Mithr. v, 4. De ses fiers étrangers assemblant les cohortes, m. Alhal. i, 2. N'y reste-t-il que vous et vos saintes cohortes [les lévites]? id. ib. m, 7. Il sort demi-paré; mais déjà sur sa porte 11 voit de saints guerriers une ardente cohorte, Qui tous, remplis pour lui d'une égale vigueur.... boil. Lutrin, v. || 3° Familièrement, toute sorte de gens réunis en troupe. Et bravant des sergents la timide cohorte, boil. Sat. v. || 4° Sous l'Empire de Napoléon I", division déterminée de la Légion d'honneur. || Troupe de gardes nationaux mobilisés, en 1814, au début de l'invasion.

— hist. xiv s. Cohorte n'estoit autre chose que une certaine dote ou compaignie de genz armez, bercheure, f°2. Les cohortes esleurent leurs centurions, id. f°74. || xvi's. [ils] Sont venus voir la royalle cohorte, Amour, triumphe, et beauté souveraine,

— ÊTYM. Le latin cohors.

COHUE (ko-ue), s. f. || 1° Autrefois, dans quelques provinces, nom du lieu où les petites justices se tenaient. Le procureur était à la cohue. || 2° Assemblée bruyante et tumultueuse. Toute cette cohue Se dispersa, hamilt. Gramm. 3. Si.... En pareille cohue on me peut retenir, boil. Sat. m. Minerve seule à Samos descendue Avait du ciel suivi les souverains; Mais du Dieu Pan, des Faunes, des Sjlvains, Elle évitait l'indécente cohue, malfil. Narcisse, ch. m. Et votre complaisance un peu moins étendue De tant de soupirants chasserait la cohue, mol. Mis. n, 1. Je serais mort en quatre jours, s'il me fallait vivre en homme du monde : je suis tranquille au milieu du tintamarre et solitaire dans la cohue, volt. Lett. Mme Florian, 12 oct. 1767. || 3" Confusion dans une assemblée trop nombreuse. Il y avait trop de cohue à ce bal. || 4° Anciennement, criaillerie, clameur. On lui a fait une cohue dont il a été fort touché, scarron, dans ri-

CHELET.

— HIST. xiii* s. Cohue [sorte de tribunal], dans un titre de 1235, Bibl. des Chartes, 4*sér. t. in, p. 459.

|| XIVe s. À Raoul est donnée la garde du guichet et

de la cohue de la vicomte de Pontiauvemer, du cange, cohua. Les dis Anglois se logèrent en la ditte ville, et visitèrent une parrigue forte de muraille et une cohue près du dit fort.... bouta le feu en la ditte cohue et ou [au] dit parrin, id. t'6. Que les baillifs et vicomtes soient diligens d'aller en cohue dedens prime le premier jour de leur auditoire, id. ib. || xv s. Servir les maçons et couvieurs au chastel et es cohues et estaux comme au chastel, delisle, Agric. normande au moyen âge, p. 83. Je n'irai plus à la cohue Où chascun joue ou brait ou hue, Pathelin mourant, dans lacurne. |/ xvi* s. 11 n'y a pas tant de chiquaneries aux cohues, comme on en trouve entre les courtizans pour destourner un démenti, pasquier, Lettres, t. i, p. 612, dans lacurne.

— étym. Sans doute, comme le pupose Diez, de co , et huer, à cause de bruit qui se fait aux balles ou dans les juridictions des halles; halle, juridiction des halles, étant le sens primitif de cohue. Bas-lat. cohua.

COI, COITE (koi, koi-t'), adj. || 1 Qui se tient là sans se remuer, sans rien dire. Il éuit coi près du feu. Le bon sire le souffre et se tient toujours coi , la font. Fabl. m, 4. Dans les visites qui sont faites, Le renard se dispense, et se tient clos et coi, id. t'6. vm, 3. Tenez-vous coi, id. Rém. Il souffre en silence et se tient coi , j. j. rouss. Ém. i. || Chambre coite, chambre bien fermée et bien chaude. Cette locution a vieilli. || Adv. Lors le manant les arrêtant tout coi [tout à coup] , la font. Vill. Sur ce propos l'autre l'arrête coi, id. Serv. ||2°Où règne le repos. Ces fertiles vallons, ces ombrages si cois, la font. Joe. Qui préférait à la pompe des villes Vos antres cois, vos chants simples et doux, id. Épitre v. Sous les ombrages toujours cois De Sully, ce séjour tranquille, volt. Lett. envers et en prose, 7. || Substantivement. Sur le coi de la nuit, la font. Cloch. Locution qui vieillit,

— hist. xi» s. Por Pinabel [ils] se contienent plus quei, Ch. de Roi. cclxxvii. || xii*s. L'empereor ferez ster à son coi, Ronc. p. 27. Je trop redout [redoute] celle qu'amer [je] souloie, La grant, la gente, et la simple et la coie, Couci, p. 126. Moût me semont amors que je m'envoisefm'égaye] .Quant je plus doi de chanter estre cois, quesnes, Romancero, p. 83. Bêle Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailes desploie, Coust un fild'or, l'autre de soie, t'6. p. 63. Courtois ameor. Qui à sejor [en repos] Gisez en chambre coie, t'6. p. 68. Li reisde Egypte se tint tut coi en sa terre, flots, 432. || xm* s. Et quant Grieu les virent venir, si ordenerent leur batailles, et les atendirent tuit coi devant leur paveillons, vtlleh. lxv. Moût [elle] fu taisant et quoie, Berte, cxvn. Et il me dit : tenez-vous tout quoy; carjevousweil demander.... joinv. 256. La mer, qui estoit moult quoye, id. 287. ||xv*s. Et conviendroit qu'ils [les Escots] se combatissent à leur meschef, ou ils demeureraient tous coys en Angleterre pris à la trappe, froiss. i, i, 36. Adonc fit-on arrester l'ost tout coi pour avoir autre conseil, id. i, i, 4t. Le roi Charles de France fut durement sage et subtil, et bien le montra tant comme il vesqui; car tout quoi estoit en ses chambres et en ses déduits, id. n, n, 45. || xvi* s. Quand marys gardent leurs femelles, Us ont droit, je m'en tais tout coy, marot, m, 68. Si les ennemis vous courent sus, attendez les de pied coy, mont, i, 365. Nature [caractère] lente, coye et reposée, amyot, Fab. 2. Le peuple se teut et luy donna coye audience pour ouïr ses raisons, id. Cor. 26. Le plus dosert d'un séparé rivage, Et la frayeur des antres les plus cois, rons. 5.

— ÊTYM. Wallon, keût, keûte fém. ; picard, à l'eoyette, à l'aise; Berry, coué, se mettre à la coi, se mettre à l'abri; provenç. quelz ; catal. quiet; espagn. et ital. quieto; du latin quietus, de quies, repos.

t COÏ (ko-i), s. m. Conduit en bois pour le nettoyage d'un marais salant.

COIFFE (koi-f) , s. f. || 1" Ajustement de tête en toile ou en tissu léger, autrefois à l'usage de toutes les femmes , aujourd'hui à l'usage seulement des femmes de la campagne ou des femmes des villes qui se mettent comme à la campagne. Vos coiffes sont faites, mol. Éc. des f. i, 4. Une coiffe, un bout de ruban sont pour les filles autant d'affaires importantes , fén. xvii , 83. La coiffe , la paroisse , la chapelle, l'assiduité aux offices et des jargons de dévotions l'avaient lavée [Mme de Vendatour] de toute tache, st-sim. 130, 187. Pour moi je riais sous ma coiffe, sév. 44. || Brider sa coiffe, se cacher avec les brides de sa coiffe. SiQuinto [Mme de Montespan] avait bridé sa coiffe, elle ne serait pas

dans l'agitation où elle est, id. 120. || Autrefois, au pluriel, les coiffes, la coiffe avec le voile et ce qui en dépend. Elle Ota ses coiffes, son écharpe, hamilt. Gramm. 4. || Coiffe de nuit, coiffe de toile qu'on mettait dans le bonnet de nuit. || Fig. Être triste comme un bonnet de nuit sans coiffe, être chagrin et mélancolique. Aujourd'hui on dit seulement, être triste comme un bonnet de nuit. || Coiffe à perruque , tissu portant les cheveux de la perruque. || 2° Coiffe de chapeau, sorte de coiffe qui garnit l'intérieur d'un chapeau. || 3" Terme d'anatomie. Portion des membranes fœtales que l'enfant pousse quelquefois devant lui, et qui se trouve alors sur sa tête dans l'accouchement ordinaire. Cet enfant avait la coiffe en naissant. Nous devenons chrysalides dans l'utérus, lorsque nous sommes dans cette enveloppe qu'on nomme coiffe, volt. Newton, i, 8. || Terme de botanique. Enveloppe membraneuse ou sorte de bourse qui recouvre l'urne ou cupule des mousses, et qui se rompt circulairement par son milieu. || 4° Terme de marine. Morceau de toile en croix de Malte pour recouvrir le bout des haubans. || 6° Terme de pêche. Filet à grandes mailles et évasé, qui se place à l'e*nbouchure d'un filet à manche. || 6° Terme de boucherie. Membrane séreuse dans laquelle on fait cuire le foie de porc. On dit aussi toilette. || 7" Terme de mécanique. La coiffe d'une chèvre, la partie supérieure de cette machine.

— HIST. xi" s. [Il] tranche la coife entresques à la char, Ch.de Roi. ccl. ||xii's. Ne fust la coife du blanc haubert safré.... Ronc. p. 91. Ainsi [ils] fièrent de haches com vilain de flael; N'i avoient garant ne coife ne chapel, Sax. ix. Desor la coife de l'auberc doublentin, Raoul de C. 4 8. || xiii" s. Bauduins de Soriel ne les va de riens espargnant, ains le fiert de l'espée parmi la coiffe de fier [fer] , h. de valenc. xxvi. Ouvrières de coiffes à dames, et taies à orilliers, et de paveillons que on met par desus les autez [autels] ,Liv. des met. 85. Les chevaliers qui se combatent por murtre ou por homecide se deivent combatreàpiéet sans coifes, les testes roigniéesàla reonde, Ass. de J. i , 166. Il m'ala maintenant querre coiffes blanches et me pingna moult bien, joinv. 253. Laissons huer ceste cbiennaille; parla quoife Dieu, ainsi comme il jurait, encore en parlerons nous de ceste journée es chambres des dames, id. 228. || xiv* s. Gardez, belle seur, que vos cheveulx, vostre coiffe, vostre cueuvrechief et vostre chapperon soient bien simplement ordenés, Ménagier, i, 1. Coiffe et habit fourré [il] portoit, bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 24. Puis oste [en découpant le cerf] une coiffe de gresse qui est appelée fouine, et l'oste avec l'autre gresse que tu trouveras ez boyaux , Modus , f" xxn , verso. Les assistans dirent que le dit Jehan gaignoit bien à avoir deux buffes ou coiffes [coups sur la tète] , du cange , coifeta. || xv* s. Et demoura messire Regnault tout nud hors mis de quafe, froiss. h, m, 69. ||xvi«s. Epiploon, vulgairement la coëffe, paré, i, 13. Le semblable se fait à l'enfant laissant sa coëffe [amnios] au ventre de sa mère, id. xvih, 16.

— ÊTYM. "Wallon, coif, s. m.; provenç. cofa; espagn. co/ia et esco/ia; portug. coifa; ital. euffia etscuffta; bas-lat. cofea dans Fortunatus Venanli us, cuphia dans Alcuin. On l'a tiré de l'ancien hautallemand seuft, chevelure; mais seufi n'aurait donné ni dans le provençal ni dans le français un mot sans s; d'un mot hébreu kova, que Diez rejette et qui est en effet très-peu probable; de l'allemand Haube, bonnet; holland. huif; suédois, hufra, à quoi Diez objecte que l'A de l'allemand ne se change pas en c roman dans les noms appellalifs ; enfin Diez propose le haut-allemand kuppa , kuppha , mitre, qui, par une dérivation très-facile en cette langue, a pu donner kuphja , d'où le bas-latin cofea, cuphia; à quoi il ajoute, comme kuppha n'a point de tenants et aboutissants dans l'allemand, qu'il vient du latin cuppa, vase, vaisseau, coupe, une assimilation de forme ayant fait la transition de sens. On remarquera que l'italien prend facilement une * épenthétique, qui n'a rien d'étymologique; c'est de là que vient seuffia et le français esco/ion.

COIFFÉ, ÉE (koi-fé, fée), part, passé. || 1* Qui porte une coiffe. Une femme coiffée à la mode de son pays.Un escadron coiffé d'abord court à son aide; L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède, uoil. Sat. x. || Qui porte un vêtement de tète quelconque. Coiffé d'un chapeau, d'une perruque. || Qui a une coiffure quelconque. Une femme coiffée en cheveux, c'est-à-diro qui n'ad'autre coilTuri; que ses cheveux. Madame Aubcrt parait avec un air modeste, Bien coiffée en cheveux, un déshabillé leste, volt, le Dépositaire , ni, 2. || Spécialement, qui

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a les cheveux arrangés d'une certaine manière. Coiffé à la Titus. Coiffée à la chinoise. || Être bien coiffé, avoir une coiffure qui va bien, et aussi avoir les cheveux bien plantés. || Cheval bien coiffé, celui qui a les oreilles petites et bien placées; mal coiffé, celui dont le9 oreilles sont longues et pendantes. || Un chien courant ou épagneul est bien coiffé, lorsqu'il a les oreilles larges, longues et bien pendantes. || Fig. J'habitai plus que toi ces fortunés rivages [Savoie] , J'adorai , j'aime encor ces monts coiffés d'orages, lamart. Harm. m, *. || 2° Terme d'échecs. Pion coiffé, pion auquel on attache un signe, et qui a un emploi déterminé. || 3° Terme de vénerie. Mordu par le chien. || Fig. je ne pouvais douter de l'extrême mauvaise volonté pour lui [Chamillart] de Mme de Maintenon et de Mme la duchesse de Bourgogne , et il était tans cesse coiffé par de rudes lévriers, st-sim. 232, »o. || 4" Fig. Infatué. Un prélat, riche et fortuné, En est, s'il le faut ainsi dire, Coiffé [de Boisrobert], malleville, Épigr. contre Boisrobert, dansLEROux, Dict. comique. Que de son Tartuffe elle parait coiffée ! mol. Tart. i, 2. Ton sermon me paraît un tant soit peu brutal; Mais, tant que tu voudras, parle, prêche, tempête, Ta maltresse est coiffée [amoureuse], regnard, le Joueur, i, 2. C'est un goût vif dont je me sens coiffé , volt. Bégueule. || Avoir le cerveau coiffé, être pris de vin. || 5° Né coiffé, né avec la coiffo sur la tête, circonstance fortuite à laquelle la superstition attribua de singulières vertus. || Fig. Être très-heureux. Pauline est née coiffée, sév. 587. || 6° Terme de vétérinaire. Crottins coiffés, crottins qui sont recouverts d'une couche de mucosités provenant de la muqueuse intestinale. || Proverbe. Il aimerait une chèvre coiffée, se dit d'un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient. || On dit aussi d'une personne laide : il, elle ressemble à un chat coiffé. COIFFER (koi-fé) , v. a. || 1° Couvrir la tête d'une coiffe. || Couvrir la tête d'une coiffure quelconque. Coiffer les grenadiers d'un bonnet à poil. || Friser, natter les cheveux. Coiffer une femme en cheveux. || Coiffer sainte Catherine, rester fille. Ste Catherine étant la patronne des demoiselles, on dit que la demoiselle qui ne se marie pas lui met la première épingle à vingt-cinq ans, la seconde à trente; et à trente-cinq la coiffure est finie. |] Absolument. Ce perruquier coiffe bien. || 2° Orner, parer la tête. Cette couronne de bluets la coiffe à merveille. || 3° Mettre, jeter sur la tête. On le coi ffa d'un seau d'eau. On renversa la table, on coiffa d'un potage le pauvre Vinevillequi n'en pouvait pas davantage, rbtz, hi, 6. || 4° Coiffer une bouteille, mettre une enveloppe par-dessus le bouchon. || 5" En termes de mécanique, coiffer la chèvre, fixer sur la coiffe de cette machine le cAble qui sert à soulever les objets. |j 6° Coiffer un livre, en arranger le cuir à chaque extrémité du dos. || 7° Terme de vénerie. Happer le sanglier aux oreilles en parlant d'un chien. || Par extension. Le tigre ne peut coiffer le rhinocéros sans risquer d'être éventré. || 8" lnfatuer. Les beautés qu'une prévention aveugle avait coiffées du mérite de Germain, hamilton, Gramm. e. 11 s'était laissé coiffer de chimères et de visions, id. ib. tu. || 9" Familièrement, enivrer. Il est aisé à coiffer. Quel est le cabaret honnête Où tu t'es coiffé le cerveau? mol. Amph. ni, 2. || 10° Coiffer son mari, en parlant d'une femme, lui être infidèle. [Perruquier] prétendant n'avoir point coiffé de jolies femmes dont il n'eût coiffé les maris, i. 3. rouss. Conf. m. || 11" Y. n. Terme de marine. On dit qu'un navire coiffe, lorsque le vent vient frapper les voiles par l'avant. || 12" 8e coiffer, v. réfl. Porter comme coiffure. Les Turcs se coiffant d'un turban. || Se coiffer en cheveux, ou avec ses cheveux, n'avoir aucun ornement dans les cheveux arrangés en coiffure. || Se couvrir la tête, en parlant d'un homme. Coiffez-vous. || Arranger sa coiffure. Elle met un temps infini à se coiffer. || 13» Terme de marine. Les voiles se coiffent, quand e'.les se collent aux mats. || 14° S'enivrer. Cet homme se coiffe souvent. || 15° S'infatuer. Fille se coiffe volontiers D'amoureux à longue crinière, la font. Fabl. iv, l. Faut-il de ses appas m'être si fort coiffé? mol. École des f. m, 5. C'est un bonheur de n'être point sujette à se coiffer d'un de ces oisons-là, sév. 239. Comment ce garçon s'était coiffé d'un visage à faire peur, hamilt. Gramm. to. Si on y songe trop, on s'entête et on s'en coiffe, pasc. Disp. 3. L'inquiétude Dont Damon s'estcoiffési malheureusement, la font. Coupe. Elle se coiffait de toute sa force en faveur de Matta, hamilt. Gramm. 4. Il est difficile de comprendre comment M. de Turenne s'en coiffa [de M. Boucherat], st-sim. 69, 4 32.

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— hist. xni* s. [La femme] Or est lavée, or est peigniée, Or est coifée, or est tressiée, Contenance des femmes. || xvi* s. [Vénus] Le transmit [un chapeau de roses] à son cher enfant, Qui de bon cœur le va coiffant, marot, i, 74. Toutes choses qui sont coiffées, Ont moult de lunes en la teste, id. h, t28. Je crois que vous eussiez pris une chèvre coiffée pour une belle fille, maro. Nouv. vin. Qui fut oncques plus coiffé de femmes que lui de Messaline? la boétie, 7t. Alors les matrones présagent que l'enfant est heureux, par ce (disent-elles) qu'il est né coiffé, paré, xviii, <6. Dirai-je encore de tel qui est coiffé et meurt pour une qu'il sçaitestre laide, vieille, souillée.... charron, Sagesse, i, 38. Nous nous suyvons à la piste, voire nous nous pressons, eschauffons, nous nous coiffons et investissons les vices et passions les uns aux autres, m. te. u,Préface. La table est desjà coiffée [servie] , Contes de CHOLiÈRES, f° 66, dans lacurne.

— ÊTYM. Coiffe; bourguig. couiffay, coiffé. COIFFEUR, EUSE (koi-feur, feû-z'), s. m. et f.

Celui, celle qui coiffe, qui arrange, coupe, frise les cheveux. Un habile coiffeur. Mlle de St-Yves fit venir une coiffeuse de St-Malo, volt. Ingénu, 3. Cet argent va aux marchands, aux coiffeuses et aux brodeuses, id. Dialect. Le soldat d'antichambre de monsieur vaut bien la coiffeuse de madame, marivaux, les Jeux de l'amour et du has. in, 7. || Adj. Perruquier coiffeur.

— ÊTYM. Coiffer.

COIFFURE (koi-fu-r'), s. f. || 1» Partie de vêtement destinée à couvrir la tête , à la garantir. Le casque est la coiffure de la grosse cavalerie. Le turban est la coiffure des Turcs. Je veux une coiffure, en dépit de la mode. Sous qui toute ma tête ait un abri commode, mol. Éc. des maris, i, t . || 2° Ajustement pour la tête. Une coiffure de fleurs. || Arrangement des cheveux. Coiffure à la Ninon.

— HIST. xvi' s. Tous ces esprits portent la teste ceincte Du blanc attour d'une coyfure saincte, dub«ll. iv, 58, recto. || Coiffure à la Sévigné, s"est dit d'une coiffure avec de petites boucles sur le front, de grosses boucles aux côtés du visage, et, autour de la tête, un gros bourrelet de cheveux.

— ÊTYM. Coiffe.

fCOIGNAGE (koi-gna-j'), i. m. Portion de la maçonnerie du fourneau des grosses forges.

— ÊTYM. Coin.

f COIGNET (koi-gnè), s. m. Terme de marine. Un petit coin.

— ÊTYM. Diminutif de coin; picard, cuignet, coin à fendre.

fCOIGNEUX (koi-gneû), s. m. Batte pour comprimer le sable des moules, dans la fonte des monnaies.

— ÊTYM. Cogner.

t COIMENT (koi-man), adv. D'une manière coite, paisible. U Hait là coiment. Vieux.

— HIST. Xi* s. Mult quiement il dit à sei meïsme, Ch. de Roi. au. || xu* s. Bien et tut choiement vengier vus en purrez, Th. le mart. t35. Si coiement [j'J ai ma dolor menée, Qu'à mon semblant ne la reconoist on, fouet, vi. || xni* s. Ne demora mie granment Que Renart vint tôt coiement, Ren. 274. || xv* s. Et si ne s'en osoient descouvrir, fors l'un à l'autre quoiement et secrètement, froiss. u, n, 239.

— ÊTYM. Coie, et le suffixe ment; provenç. quedament, quietament ; espagn. et ital. quietamente.

COIN (koin), s. m. || 1° Instrument de fer, taillé en angle solide, et dont on se sert pour fendre du bois. || Coins de mire, morceaux de bois qui servent à hausser ou à baisser un canon, un mortier, suivant la distance du but à atteindre. || Faire coin de même bois, se servir, pour mettre une chose en œuvre, d'une partie de cette même chose, et aussi user de ce qu'on tire d'une personne pour agir contre elle. || En mécanique, angle solide représentant deux plans inclinés adaptés par leur base, et servant à divers usages ; c'est une des machines simples étudiées en statique. || Un coin de beurre, pièce de beurre à peu près en forme de coin qu'on vendàla halle. || Petit ornement autour des bouquets qui sont sur le dos des livres reliés. Petit fer qui sert à faire ces ornements. || La partie d'un bas dessinée en forme de coin, et dont la base correspond à la cheville du pied. || Autrefois, pièce de bas déchausse qui est en pointe et qui, prenant depuis la cheville du pied, s'étend jusque sous la plante. || Morceau de drap qui couvre l'espace compris entre les barrures d'une balle de paume. || Terme de cordonnier. Petit morceau de bois pour hausser le cou-de-pied des souliers, lorsqu'ils sont sur la forme. || Terme d'antiquité. Formation d'une troupe en un

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bataillon triangulaire dont une pointe était tournée vers l'ennemi. || 2* Terme de monnaie. Morceau de fer trempé et gravé, qui sert à marquer les monnaies et les médailles. || Monnaie, médaille à fleur de coin, celle que le frottement n'a pas encore usée et telle qu'elle est sortie de dessous le coin. || Anciennement, avoir coin, avoir droit de battre monnaie. || Fig. Cela est frappé, marqué à tel coin, on y reconnaît tel caractère, tel cachet. Des vers marqués au coin de l'immortalité, boil. Ép. x. Toi qui sais à quel coin se marquent les bons vers, id. Sot. n. Il ne s'y voit rien qui ne soit marqué au coin de l'ouvrur, la bhuy. xvi. Les riches étant, pour ainsi dire, marqués au coin du monde, boss. Serm. Sept. C'est presque le seul ouvrage marqué au bon coin, depuis trente ans, volt. Lettr. Cideville, 4 février t705. || Poinçon pour marquer la vaisselle plate, les bijoux. || Marque, empreinte. Ce petit Feuquières a un coin d'Arnaud dans la tête qui le fait mieux écrire que les autres, sév. 204. J'ai un coin de folie qui n'est pas encore bien mort, id. 423. Je ne saurais croire que, quelque coin d'anachorète que vous ayez, ces honneurs et ces respects sincères puissent vous déplaire, in. 558. || 3* Angle rentrant ou saillant formé par la rencontre de deux ou de trois lignes, de deux ou de trois surfaces, ainsi dit par comparaison avec le coin de fer ou de bois. Le coin d'une maison. Dieu doit faire de cette pierre le chef du coin, pasc. Proph. 21. || Les quatre coins d'une chambre, les quatre angles que forment les quatre parois d'une pièce faite en carré ou en carré long. Les quatre coins d'une étoffe, les points où les bords se joignent. Des officiers portaient les quatre coins du poêle en cette pompe funèbre. || Les quatre coins et le milieu d'un bois, d'une ville, etc. tout l'espace embrassé par un bois, par une ville. Je l'ai cherché dans les quatre coins et le milieu du quartier. || Les quatre coins du monde, l'espace entier du monde. Les quatre coins de Paris. Il a parcouru les quatre coins de la ville, sans pouvoir découvrir son logement. Ne dirait-on pas que le feu est aux quatre coins de l'univers? dider. Nouv. pensées philosophiques, 57. Les orages sont venus de3 quatre coins du monde, et ont fondu sur ma petite barque que j'ai bien de la peine à sauver, voltaire, I eu. Damilaville, 3t déc. t764. M. Cromelin est un peu ardent; on aurait dit que le feu était aux quatre coins de Genève, m. Lett. d'Argental, 4 février (766. || Jeu des quatre coins, jeu dans lequel quatre personnes occupent les quatre angles d'un carré; et une cinquième personne placée au centre du carré tâche de saisir une de ces places à la course, aussitôt que le tenant l'abandonne pour en changer avec un autre. L'amour, l'hymen, l'intérêt, la folie, Aux quatre coins se disputent nos jours, bérang. Coin de Vam. Où l'ambition règne, La gaieté perd son coin, id. Ménétrier de Ileudon. || Le coin de la rue, l'endroit où deux rues se coupent. Envoyez des soldats à chaque coin des rues, corn. Iléracl. ni, 4. || Le marchand du coin, le marchand logé au coin d'une rue voisine; et, figurément, le coin, le voisinage. Le géomètre dit qu'il en fallait parler au théologien du coin, volt. l'Homme aux 40 écus, Mariage. Il y a dans tous les coins des gens qui ont des remèdes infaillibles contre toutes les maladies imaginables , montesq. Lett. pers. 68. || Lo coin d'un bois, l'endroit où une route coupe un bois. Il a été assassiné au coin d'un bois. La naïve bergère, assise au coin d'un bois, Chante et roule un fuseau qui tourne sous ses doigts, st-lambert, Saisons, printemps. || Mourir au coin d'un bois, d'une haie, mourir loin de toute assistance. || Cet homme a la mine de demander l'aumône au coin d'un bois, se ditd'un homme do mauvaise mine, de mine menaçante, qui demande l'aumône. || Fig. Il n'est coin et recoin que je n'aie tenté, Régnier, Sat. xiv. La sagesse vous éclairera par quelque coin inespéré, boss. Leur. Corn. 92. || Petit meuble en forme d'armoire que l'on place dans les coins d'une chambre. || En termes de manège, coin se dit des quatre angles de la volte, lorsque le cheval travaille en carré. Entrer dans les coins, pénétrer, autant qu'il est possible, dans les angles du manège. Travailler sur les coins ou faire les quatre coins, diviser la volte en quatre quarts. || Terme du jeu de trictrac, grand coin, coin de repos, ou, simplement, coin, la dernière case de chaque pan, de chaque partie de la boîte. Coin bourgeois , la dernière case du petit jan, et la première du grand. || Au jeu de paume, on dit qu'un homme tient bien son coin quand il sait bien soutenir et renvoyer les coups qui viennent de son côté. || Fig. Tenir son coin , tenir une place honorable dans un cercle ; prendre part avec avantage

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a une discussion , etc. Mme de Coulanges tenait son coin, sêv. 489. Il peut tenir son coin parmi les beaux esprits, mol. Femmes sav. m, 5. Le baron de Beauvais avait tonu son coin, mêle avec l'élite de la cour, st-sim. 14, 169. Le chevalier de Lorraine, du temps des Guises, eût tenu un grand coin parmi eux, id. 96, U. || 4° Le coin du feu, les côtés de la cheminée où l'on s'assied pour se chauffer. Je me suis livré dans cette lettre au plaisir de causer avec vous, comme si j'étais au coin de votre feu, volt. Lett. lime du Deffant, 20 nov. 1765. || Ne bouger du coin du feu, être très-sédentaire, mener une vie retirée. C'était un temps à garder le coin du feu, sêv. 610. || N'aimer que le coin de son feu, aimer la vie retirée. || Cela ne se dit, ne se fait qu'au coin du feu, en famille, entre amis, chez soi. Au théâtre, il faut parler au cœur plus qu'à l'esprit; Tacite est fort bon au coin du feu, mais ne serait guère à sa place sur la scène, volt. Leur. Chauvelin, 9 oct. 4764. || Fig. Allez lui dire cela au coin de son feu, ou allez lui dire cela et vous chauffer au coin de son feu, c'est-à-dire vous ne seriez pas bienvenu à lui parler ainsi dans un endroit où il serait le maître. || 6° Le coin de la bouche, l'angle formé, de chaque côté, par la rencontre des lèvres. || Le coin de l'œil, l'angle formé, de chaque côté, par la rencontre des paupières. Regarder du coin de l'œil, regarder à la dérobée, sans faire semblant de rien. Elle regarde les rochers du coin de l'œil, mourant d'envie d'allers'y reposer, sév. 560. MessireJean...La regardait toujours du coin de l'œil, la font. Jum. || Les coins, faux cheveux que l'on ajoute sur les côtés de la tête. || Terme de vétérinaire. Dents incisives du cheval, les plus voisines des crochets et les plus courtes; elles sont au nombre de quatre, deux à chaque mâchoire. || En termes de fauconnerie, les coins, les plumes qui forment les deux côtés de la queue de i'animal. || 6° Endroit retiré, peu fréquenté. 11 vit tranquille dans un coin de sa province. Va, furie exécrable ; en quelque coin de terre Que t'emporte ton char, j'y porterai la guerre, corn. Uéde'e, v, 8. Ah! ne languissons plus dans un coin du Bosphore, hac. Mthr. i, 3. Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré. Vit content de soi-même en un coin retiré! boil. Ép. vi. Je voudrais être caché dans un coin de Toulouse, le jour que l'innocence de Sirven sera reconnue, volt. Lettr. Audra, 6 mai 4709. || Petit espace de terrain. Ce coin de terre suffit à ses besoins. Supplier le roi de daigner mettre la paix une seconde fois dans ce petit coin de terre [Genève] dont il a déjà été le bienfaiteur, voltaire, ljett. Richelieu, 13 mars 1765. Je ne suis qu'un laboureur malade qui défriche des champs incultes et qui marie des filles dans un coin de terre ignoré, id. ib. 23 août 1765. || Endroit peu exposé à la vue. Jetez cela dans un coin. Dans un coin du jardin, sous un épais nuage, Je l'enveloppe encor d'un sommeil

assez doux, corn. Toison d'or, v, 6 Cachée en

un coin dece vaste édifice, racine, Alh. v, 1. Tandis que dans un coin en grondant je m'essuie, Souvent, pourm'achever, il survient une pluie, boil. Sat. vi. — hist. xni* s. Ne coingnet [petit coin] nul à reverchier [fouiller], Que li gorpiz [renard] n'i fust cachiez, Ren. 22056. Deus coins de chiesne toz entiers Y avoit mis li forestiers, ib. 10283. Il lordonne formes veroies En coinz de diverses monoies, laRose,lt2ts. Et il et les autres seignors et roys dou roiaume, qui après lui furent, donnèrent à aucuns haus homes el dit roiaume, baronies, seignories, cours et coins et justise, Ass. de Mr. i, 24. || xiv* s. Si corne qui disposerait quatre choses en une figure quarréa là où il aroit quatre cuignes ou angles, oresme, Eth. 1 60. Si trouva un grant arbre abatu que l'en avoit voulu fendre à coings, in. ib. 44. j| xv* s. Pipeur ou hezardeurde dés, Tailleur de faulx coings, tu te brusles Comme ceux qui sont eschaudez, Villon, Bail, de bonne doctrine. || xvi* s. Lesmonnoies forgées de coins bien différents, calv. Instit. 109. Nous commencerons par la partie qui fait le coin devers la mer athlantique d'un costé, de l'autre vers le destroit, d'aub. Hist.i, 34. Faisans un coin de leur bataillon de lansquenets, id. ib. î, 323. Les coins ou angles de l'œil, paré. Enter en coin, o. de serres. Par le feu et violence de coings, nous ramenons un bois tortu à sa droicture, mont, iv, 204. Le tyran asservit les subjects les uns par le moyen des aultres, et est gardé par ceulx des quels, s'ils valoient rien , il se debvroit garder ; mais, comme on dict, pour fendre le bois, il se fait des coings du bois mesme, la boétie, Servit, voient, dans mont. Essais, t. iv, p. 379. X dur neud, mauvais coing, cotgrave. Fol est qui de son poing fait coing, m. Meschante [pauvre] vie quiert le coing, t»,

— ÊTYM. Wallon, coine; provenç. cunh, conh, cong; espagn. cuno; portug. cunho; ital. com'o;du latin cuneus.

t COINÇAGE (koin-sa-j'), s. m. Terme de marine et de chemin de fer. Action de disposer des coins.

— ktym. Coincer.

t COINCER (koin-sé. Le second c prend la cédille devant o et o), v. a. Enfoncer des coins. || Garnir de coins les rails.

— ÉTYM. Coin; Lorraine, coincer, tenir dans un coin, acculer dans un coin.

COÏNCIDENCE (ko-in-si-dan-s'),s.f. || 1' Terme de géométrie. État de lignes ou de surfaces qui peuvent se superposer, ou de volumes qui peuvent se remplacer. || 2° Dans le langage ordinaire, simultanéité, rencontre. La coïncidence de deux événements.

— ÉTYM. Coïncident.

COÏNCIDENT, ENTE (ko-in-si-dan , dan-t*), adj. || 1" Terme de géométrie. Qui coïncide. Lignes, figures coïncidentes. || 2° Simultané. Symptômes coïncidents. Un fait est coïncident à un autre, lorsqu'il est arrivé dans le même temps.

— ÉTYM. Coïncider.

COÏNCIDER (ko-in-si-dé) , v. n. || 1° Terme de géométrie. Avoir la coïncidence, en parlant des lignes, des surfaces, des volumes. Si son centre [du soleil] coïncidait avec celui de la terre, son volume embrasserait l'orbe de la lune, et s'étendrait une fois plus loin ; d'où l'on peut juger de son immense grandeur, laplace, Expos, n, 1. || 2" Arriver en même temps. Ces deux événements coïncidèrent. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xiv* s. Coincider en partie et non pas en tout. — Coincider et estre semblable en aucunes choses, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et incidere, tomber sur (voy. incident).

t COÏNDICANT, ANTE (ko-in-di-kan, kan-t'), adj. Terme de médecine. Signes coïndicants, ceux qui concourent à indiquer l'emploi de tel ou tel moyen curatif.

— HIST. xvi* s. De ces choses les unes sont indicatives, les autres colndicatives ; coïndicatives sont celles qui monstrent et enseignent le mesme que les indicatives, mais seulement par accident, et non proprement et essentiellement, paré, Introd. 23.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et indiquer.

t C0ÏND1CATI0N, s. f. Terme de médecine. Concours de plusieurs indications qui tendent toutes à motiver telle ou telle médication.

— HIST. xvi' s. L'air nous donne quelque indication ou plustost coindication; car, s'il est semblable à la maladie, il symbolyse en indications avec la maladie, paré, Introd. 22.

— ÊTYM. Co.... préfixe, et indication.

f COÏNDIQCER (ko-in-di-ké), v. n. Terme de médecine. Indiquer concurremment, donner une coindication.

— HIST. xvi* s. Les choses non naturelles peuvent faire indication semblable que les choses naturelles, c'est à dire coindiquent avec les choses naturelles, forces et tempérament de nostre corps, pare, introd. 22.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et indiquer.

COING (koin ; le g ne se lie jamais : un koin excellent; au plurielle se lie : des koin-z excellents), s. m. Le fruit du cognassier. De beaux coings. Compote, gelée de coings. || Familièrement. Être jaune comme un coing, avoir le teint fort jaune. Elle était arrivée plus jaune qu'un coing, hamilt. Gramm. 7. C'était [ M. l'Avocat ] un grand homme, maigre, jaune comme un coing, st-sim. 74, 218.

— HIST. xm*s. Manger coins, poires et autres pesans fruis, alebrant, f" 4. Totes manières de cooins confortent l'estomac et donnent appétit de mengier, id. f" 53. || xiv* s. Le grain de l'or ne plus ne moins Que les cerises et les coings Ou que les pommes et les poires, Ont tous chacun leur heure.... Traité d'alchim. 394. || xvi* s. La pomme de coin, o. db serres, 686.

— ÉTYM. Saintonge, coudin; provenç. codoing; ital. cotogna. L'italien vient du latin cydonia, le provençal et le français, du latin cydonium ; du grec xuSiiviov, de Cydon, ville de Crète, d'où provint le cognassier. Coing est une contraction de l'ancien français cooin, répondant à cydonium.

COÏNTÉRESSÉ, ÉE (ko-in-té-rè-sé, sée), s. m. et f. Terme de droit. Celui, celle qui a un intérêt commun avec d'autres, dans une affaire, une entreprise.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et intéressé.

COÏON (kou-ion), s. m. Poltron, lâche. Mot trèsbas et très-libre.

— STYM. Provenç. tolho; espagn. cojon; ital. co-

glione; du latin coleus, testicule, de xoAtèç, sac. Coton a pris dans le français comme dans l'italien, par antiphrase sans doute, le sens de lâche. L'étymologie du mot français est prouvée par les formes des autres langues romanes.

t COÏONNADE (kou-io-na-d'j, t. f. Acte, propos de colon. Mot bas et libre.

— ÊTYM. Coton.

COÏONNER(kou-io-né).|| 1* Y. a. Traiter quelqu'un

decoïon. j| 2° Se moquerde quelqu'un. [| 3° V. n. Fairo ou dire de mauvaises plaisanteries. || Manquer do courage. || Mot bas et libre.

— ÊTYM. Coxon.

COÏONNERIE (kou-io-ne-rie), t. f. || 1* Bassesse, lâcheté. || 2* Badinerie impertinente. || Mot bas et libre.

— ÉTYM. Coionner.

COÏT (ko-i), s. m. Terme de physiologie. Accouplement du mâle avec la femelle.

— HIST. xvi* s. Les femelles des bestes brutes abhorent le coït après la conception, paré, xviii, 3.

— ÉTYM. Le latin coitus, de cotre, de co, et t're, aller (voy. j'irai).

COITE (koi-f), s. f. || 1" Voy. couette. || 2° Termo de marine. Les coites sont deux longues pièces de bois qu'on pose parallèles sous un navire pour le porter quand on veut le tirer du chantier et le mettre à l'eau.

+ COIX (ko-iks'), s. m. Genre de la familledesgraminées ; les graines servent à faire des chapelets et des colliers.

COJOUISSANCE (ko-jou-i-san-s') , §, f. Terme de jurisprudence. Jouissance commune à deux ou à plusieurs.

— ÊTYM. Co.... préfixe, el jouissance.

t COJUSTICIER (ko-ju-sti-sié), *. m. Terme de droit féodal. Celui qui a droit de justice avec un autre seigneur.

— ÊTYM. Co.... préfixe, et justice.

COKE (ko-k'), s. m. Charbon minéral artificiel, qui est le résidu de la distillation de ia houille, et qui diffère de cette dernière par l'absence du bitume.

—ÊTYM. Angl. coke.

■ COL (kol), s. m. || 1* Cou, partie du corps qui supporte la tête. En ce sens il ne se dit que par euphonie; et encore l'usage s'en perd de plus en plus; il serait bon cependant de le conserver pour la poésie. Un col court. Un col apoplectique. [IIJ tend à tes ennemis Un col à ton saint joug heureusement soumis, rotr. St-Gen. lu, 7.X l'État j'en dois le sacrifice.— Hé bien, achevez-le ; voilà ce col tout prêt, id. Vencesl. v, 4. Avant que de parler du teint, Je devais vous avoir dépeint, Pour aller par ordre en l'affaire, La posture du dieu; son col était penché; C'est ainsi que le Somme en sa grotte est couché, la font. Psyché, i, p. 83. || 2* Terme d'anatomio. Embouchure de certaines parties. Col de la vessie, sorte de prolongement de la partie antérieure inférieure de la vessie, représentant un goulot trèscourt. || Nom de parties qui sont plus minces que le reste de l'organe dont elles dépendent. Col de la matrice, canal étroit, cylindrique, qui conduit de l'orifice à l'intérieur de l'utérus. || Rétrécissement eutro la tête et le corps de certains os. Le col du fémur, de l'humérus. || 3" Par analogie, le col d'une bouteille, d'une cornue, la partie entre le goulot et le ventre. || 4° Terme de géographie. Passage étroit entre deux montagnes. Le prince Eugène était entré dans le Dauphiné par le col de Tende, volt. Louis XIV. 21. || 5* Col de chemise, partie de la chemise qui entoure le cou. || Col de cravate, ce qu'on met dans une cravate pour lui donner de la fermeté. || Par extension, sorte de cravate qui s'attache derrière le cou avec une boucle. Col de soie, de velours. Le Czar [Pierre I"] ne portait qu'un col de toile, une perruque ronde brune, st-sim. 467, 139. || Faux col, façon de col de chemise qui s'attache autour du cou. || Sorte de petit collet en toile, en mousseline brodée ou en dentelle, monté sur un fond de fichu, que les femmes mettent autour de leur cou, dépassant le corsage de la robe, et généralement rabattu sur ce corsage. || 6° Terme de marine. Col de cygne, bosse de fer qui sert à retenir les câbles-chaînes. || 7*Terme de serrurerie. Toute courbure que l'on fait subir à une tringle.

— HIST. xii* s. El chemin s'esteit mis, ne l'a pas atendu; L'evesque le siwi tut à col estendu, Th. le mart. no. ||xiu* s. Soit qu'il amaine de dehors la ville, ou qu'il envoit dehors la ville, soit sur cheval , ou à col, Liv. des met. 247. || xvi* s. Le col de la vessie, le col de la matrice, paré, Introd. 2. 11 n'eschet point de partage du costê ny du chef ou du col du père ou de la mère encore vivant soit en ligne

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