GG
directe ou collateralle , Nouveau coustum. gën. t. i,
— êtym. Voy. cou.
COLAO (ko-la-o), s. m. Sorte de ministre d'État à la Chine. L'empe eur de la Chine envoie ses ordres par des colao, volt. Dial. xv, 2. -
— ÊTYM. Portug. eolao, du chinois ko-lao, membre du conseil privé, de ko, pavillon, chambre du conseil, et lao, vieillard.
COLABIN (ko-la-rin) , ». m. Terme d'architecture. Nom de la petite frise du chapiteau des colonnes toscanes et doriques.
— ÊTYM. Ital. collarino, diminutif de collo, col (voy. col).
t COLAS (ko-lâ), s. m. H l°Dans le langage familier, homme stupide. Rester là comme un colas. Il 2" Un des noms du corbeau.
— ÉTYM. Colas, nom propre, employé comme injure et comme nom d'animal, et abréviation de Nicolas.
t COLATITUDE (ko-la-ti-tu-d'), s. f. Terme d'astronomie. Complément de la latitude, c'est-à-dire distance angulaire du pôle au zénith de chaque lieu.
— ÊTYM. Co.... préfixe, et latitude.
COLATUBE (ko-la-tu-r'), s. f. Terme de pharmacie. Il 1* Action de faire passer un liquide à travers un tissu de toile ou de laine peu serré, plutôt pour en séparer le marc que pour l'obtenir d'une transparence parfaite, es en quoi elle diffère de la filtration. H 2" Liqueur ainsi dépurée. Colature de sirop de chicorée.
— HIST. xvi* s. Puis on les coulera par une estamine, et d'icelle coulature on en trempera des linges, paré, xxi, 22.
— ÉTYM. Colatura, de colare, couler (voy. couler). COLBACK (kol-bak), s. m. Sorte de bonnet à poil
en forme de cône tronqué renversé. || Familièrement et populairement, chapeau.
— ÊTYM. Turc, kolbdk, sorte de bonnet garni de fourrure, porté en Turquie par les drogmans, les médecins, les Arméniens et les Juifs. Les chasseurs à cheval en firent usage pour la première fois, en France, au retour de l'expédition d'Egypte.
f COLCHICACÉ, ËE (kol-chi-ka-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble au colchique. H S. f. plur. Les colchicacées, famille de plantes, dont le colchique est le type.
— ÊTYM. Colchique.
t COLCHICINE (kol-ehi-si-n'), s. f. Terme de chimie. Alcaloïde trouvé dan» les semences de colchique.
— ÊTYM. Colchique.
COLCHIQUE (kol-chi-k') , s. m. Terme de botanique. Plante bulbeuse cultivée à cause de la beauté de ses fleurs et de ses propriétés médicinales, dite aussi tue-chien, veillotte, lis vert, chiennée, safran des prés (colchicum autumnale, L.).
— ÊTYM. Colchicum, de xoXy.ixôv, ainsi dit de la Colchide, patrie de l'empoisonneuse Médée.
COLCOTAR (kol-ko-tar) , s. m. Terme de chimie. Peroxyde de fer rouge provenant de la décomposition du protosulfate de fer par le feu.
— HIST. xvi* s. Soulphre, colcotar, litharge d'or, paré, t. m, p. 6 se.
— ÊTYM. 11 paraît être un mot inventé par Paracelse, chimiatre du xvi* siècle.
f COLÉE (ko-lée), s. f. Terme de la chevalerie. Coup qui se donnait sur le cou et qui était partie des cérémonies pour faire un chevalier.
— HIST. xiii* s. Et li dona li uns une colée et dit : Chevaliers soyés, beaum. xxxv, 26. Li rois meïsmes de sa main A à chascun ceinte l'espée, Et si lor done la colée, lien. 26302.
— ëtym. Col.
COLÉGATAIRE (ko-lé-ga-tê-r"), s. m. etf. Celui, celle qui a part avec d'autres aux legs d'un testament.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et légataire.
t COLÊODERME (ko-lé-o-dèr-m') , adj. Terme de loologie. Couvert d'une enveloppe en forme de sac.
— ÉTYM. KoXsoç, étui, et derme.
+ COLÉOPUYLLE (ko-lé-o-fi-1') , s. f. Terme de botanique. Gaine membraneuse qui occupe la base de la plumule.
— ÊTYM. KoXeè;, étui, et çûXXov, feuille.
f COLÉOPODE (ko-lé-o-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes cachées dans un étui.
— ÊTYM. KoXeè?, étui, et Ttoûç , pied.
COLÉOPTÈRE (ko-lé-o-ptê-r1), t. m. Ordre d'insectes dont les deux ailes supérieures, dures, épaisses, servent d'enveloppe aux inférieures, qui, étant membraneuses, se replient sous elles dans l'état du repos. Le hanneton est un coléoptère.
— ÉTYM. KoXEoitTepoç, dexoXsoç, étui, et irrtpàv, aile.
t COLËOPTILE (ko-lé-o-pti-1'), s. m. Terme de botanique. Synonyme de coléopbylle.
— ÊTYM. KoXeô;, étui, etimXov, plume.
t COLÉORRIIIZE (ko-lé-o-rri-z'), s. f. Terme de botanique. Gatne membraneuse qui enveloppe la radicule de l'embryon de certaines plantes monocotylédones.
— ÊTYM. KoXeè;, étui, et pUCa, racine.
COLÉRA-MOBBCS. Voy. choléra-morbus.
t. COLÈRE (ko-lô-r'), s. f. Sentiment d'irritation contre ce qui nous blesse. Je l'ai vu dans ses colères, dans des colères affreuses. Vous vous mettez en colère contre votre fils, pasc. Prov. 18. Mais que sert la colère où manque le pouvoir? corn. Sertor.
1, 2 Si pour moi vous êtes en colère, id. Nicom.
iv, 4. Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur, Et dans un même instant, par un effet contraire, Leur front pâlir d'horreur et rougir de colère, id. Cinna, 1, 3. Qui foule aux pieds pour vous vos vainqueurs en colère, rac. Andr. m, 8. D'autant plus dangereux en leur âpre colère, Qu'ils prennent contre nous des armes qu'on révère, mol. fart. 1, 6. Il n'y a morale qui tienne, je me veux mettre en colère tout mon soûl, quand il m'en prend envie, id. Bourg, gentilh. n, 6. Un certain Grec disait à l'empereur Auguste Que, lorsqu'une aventure en colère nous met, Nous devons, avant tout, dire notre alphabet, Afin que dans ce temps la bile se tempère, id. Éc. des femmes, n, 4. La colère est superbe et veut des mots altiers, boil. Art p. ni. Le tyran est toujours dans une colère à faire pouffer de rire, volt. Lett. d'Argental, 27 févr. 1765. La douceur, selon l'Ecriture, rompt la colère, fléchier, Serm. n, 16. J'oubliai ma colère et ne sus que pleurer, rac. Jphig. H, L D'autant plus malheureux qu'il aura su lui plaire, Narcisse, il doit plutôt souhaiter sa colère, id. Brit. n, 2. Je n'épargnerai rien dans ma juste colère, rac. Andr. 1, 4. Vous avez vu quelle ardente colère Allumait de ce roi' le visage sévère, id. Esth. 11, 9. La colère du roi, comme dit Salomon, Est terrible, et surtout celle du roi lion, la font. Fabl. vin , 1 4. La colère lui avait bouché les oreilles, vaugel. Q. C. vin, I. ||La colère de Dieu. Pressé de toutes parts des colères célestes, Il en vient dessus vous faire fondre les restes , corn. Pomp. I, 1 On m'accable et les astres sévères Ont contre mon amour redoublé leurs colères, mol. Fdi;h. m, I. Mais, seigneur, s'il le faut, si le ciel en colère Réserve à d'autres yeux la gloire de vous plaire.... rac. Andr. iv, 6. Marie ignore les saintes colères du Seigneur, elle reste toute bonté, chateadb. Génie, 1, 1, B. H Terme de l'Écriture. Les enfants d'Adam sont enfants de colère, indignes de l'héritage céleste, fén. xvni, 167. Comme un esclave et un enfant de colère, mass. Myst. Purification, 2. || Se dit aussi en parlant des animaux. La colère du lion. Chien en colère. H Fig. La colère des flots, la colère des vents, c'est-à-dire le soulèvement des flots, le souffle impétueux des vents.
— SYN. colère, courroux, emportement. L'emportement se distingue tout d'abord des deux autres, en ce qu'il est la manifestation extérieure soit de la colère soit du courroux. Une violente colère, un violent courroux peut être dans le cœur sans qu'il s'en montre rien au dehors; mais dès qu'il se montre par des gestes ou des paroles passionnées, alors il y a emportement. Entre colère et courroux , il est difficile de trouver aucune nuance dans le sens; on n'en trouve que dans l'emploi, colère étant dulangage ordinaire comme du langage élevé, tandit que courroux appartient seulement à ce dernier et se dit surtout de la colère des personnes de haut rang, de grande condition, ou des êtres célestes.
— HIST. xv* Je ne vai point en cholere Tempester à la maison , basselin , xv. || xvi* s. Les nobles ne se pouvans plus contenir, ains estans par cholere transportez hors d'eulx mesmes, amyot, Cor. 27. Nous reprenons en cholere ceulxqui se corroucent et étiolèrent, id. Comment refréner la colère, 42. X la fin ils vomissoient grante quantité de cholere [bile] et mouroient soudainement, id. Anton. 58. Le reste des capitaines advertis de ce collere, demeurèrent
tous entredicts, carl. vi, 5 De quoy il entra en
un merveilleux colère, id. vi, 19. Il se retira en colère picarde, id. vi, 60. La cholere [bile] est chaude et seiche, paré, Introd. 6. Rien n'est à l'amant impossible pour parvenir à son intention; mais, sa grande colère [passion] refroidie, il treuve en fin de compte avoir servy d'une grande fable et risée à tout le peuple, pasquier, Jfonophite, p. 53, dans lacurne. Ayans cogneu que je ne tenois compte de leur indiscrète façon de faire et que leurs choleres et artifices ne me pouvoyent divertir du chemin que
j'avoyo commencé de tenir, condé, Mémoires,
— ÉTYM. Bourguig. quelère; provenç. colera, colra , bile; espagn. colera; ital. collera; du latin choiera, bile, colère; du grec y oXépa, qui signifie non pas bile, mais choléra. Colère n'est entré qu'assez tard dans la langue; le mot habituel dans les âges anciens était ire; puis est venu choie, bile (xoXVi, bile); chaude choie, pour dire emportement, a été longtemps usité.
2. COLÈRE (ko-lô-r1), adj. Qui se met souvent en colère. Un prince avare et colère, flêch. Panég. 11, p. 445. Il est fier et colère, corn. Attila, iv, 2. S'il est vrai que les riches soient colères, la druy. vi. Ton ombre [Xerxès] est encore bien colère et bien superbe ; tu n'étais pas plus emporté quand tu faisais fouetter la mer, fén. xix, 170. Mais quelle erreurl non Dieu n'est point colère; S'il créa tout, à tout il
sert d'appui, bérang. Dieu des b. gens Ma femme
est terrible avecque son humeur; Du nom de philosophe elle fait grand mystère, Mais elle n'en est pas pour cela moins colère, molière, F. sav. 11, 9. Il Par extension. La vanité ne me donnait que trop de penchant à cette humeur colère, J. J. rouss. Ém. iv. Elle me frappe; et moi je feins, dans mon courroux, De la frapper aussi, mais d'une main légère, Et je baise sa main impuissante et colère, a. chénier, Élég. 29.
— REM. Dans le langage populaire, on dit souvent être colère, pour avoir un accès de colère : j'étais colère en ce moment-là. C'est une faute : colère signifie non pas l'homme saisi d'un accès de colère, mais l'homme qui se met souvent en colère.
— SYN. colère, colérique. Le colère est celui qui se met souvent en colère; le colérique est celui que son tempérament porte à la colère. Un homme, dit Roubaud, peut être colérique, sans être colère, s'il parvient à se vaincre lui-même.
— HIST. xvi* Celuy qui est cholere semble remuant et actif, amyot, Cor. 32. Pelopidas estant de sa nature plus cholere, id. Pélop. 44. Les femmes sont plus aigres et plus choleres que les hommos, id. Comment refréner la colère, 15. Ce n'est pas ma faute, disons-nous, si je suis cholere, si je n'ay encores establi aucun train asseuré de vie; c'est la faulte de la jeunesse, mont, m, 107.
— étym. Colère 1.
t COLÉRÉ, ÉE(ko-lé-ré, rée), part, passé. Mis en colère.... les combattants à l'égal colères, Régnier, Ép. 11.
fCOLÉBEB (SE) (ko-lé-ré), v.réfl. Se mettre en colère. Qu'il ne se colère pas si fort. La colère t'emporte. — On se colère à moins, hauterociie, Nobles de province, 11, 3. || Ce mot a vieilli ; il peut pourtant être encore employé.
— hist. xvi* s. Les Italiens ont plus souvent porté les marques des François colères, que les François n'ont porté les marques des Italiens désespérés, desper. Contes , cxxi. Puis , se colerant en lui mesme, de ce que.... id. ib. cm. Mais bien a il semblé à plusieurs léger, prompt et soudain à se cholerer, de sa nature, amyot, Flam. 33. Archias adohe commencea à se cholerer et à le menacer en courroux, id. De'mosth. 42.
— ÊTYM. Colère 1 .
1 . COLÉRIQUE (ko-lé-ri-k') , adj. Dont le tempérament est enclin à la colère (voy. colère 2 , à la synonymie). Je hais de tout mon cœur les esprits colériques, mol. Sgan. 17.
— HIST. xiv* s. Le colérique a l'assault le plus fort de ire et de discorde, Ménagier, 1, 3. Si comme un homme trop colérique est enclin à ire, oresme, Eth. 77. || xvi' s. Ce fut seulement pour servir à une passion cholérique, qu'il mu en combustion et en trouble plusieurs contrées de l'Italie, amyot, Alcib. et Cor. comp. 3. Nous disons qu'un œdème est fait de sang phlegmatique , un scirrhe du melancholique, un erysipelas du bilieux et cholérique, taré, Introd. 6.
— ÉTYM. Colère I; provenç. coleric; espagn. colerico; ital. collerico.
2. COLÊBIQUE (ko-lé-ri-k1) , s. m. et f. Atteint <le choléra.-Voy. cholérique.
t COLÉRIQUEMENT (ko-lé-ri-ke-man) , adv. Avec colère.
— HIST. xv* s. Il faut avoir un peu de patienco et ne débattre point colleriquement avec eulx, comm. IV, 9.
— ÊTYM. Colérique I , et le suffixe ment.
t COLETTE (ko-lè-t1), s. f. Religieuse de Sainte- Claire, non cloîtrée.
COLI (ko-li). Voy. colis.
COLIART (ko-li-ar) . s. m Nom vulgaire de la raie blanche.
COL
t COLIBET (ko-li-bè) , s. m. Terme de pêche. Morceau cartilagineux assez délicat, qui se trouve dans la langue des morues.
COLIBRI (ko-li-bri), s. m. Très-petit oiseau que le vulgaire confond avec l'oiseau-mouche , tandis que pour le zoologiste l'oiseau-mouche et le colibri appartiennent à deux genres différents. Cet oiseau est sans difficulté le plus beau et le plus petit qu'il y ait au monde; il y a des auteurs qui l'appellent l'oiseau bourdonnant, parce que quand il vole, il bourdonne comme les abeilles ou comme ces grosses mouches qu'on appelle des bourdons; d'autres l'appellent l'oiseau-mouche, à cause de sa petitesse; nos Français le nomment colibri qui est le nom que les Caraïbes lui ont donné, labat, Nouv. voyage aux iles, t. iv, p. 4 4. On servit quatre potages garnis chacun de deux perroquets, un vautour bouilli , qui pesait deux cents livres, deux singes rôtis d'un goût excellent, trois cents colibris dans un plat et trois cents oiseaux-mouches dans un autre, volt. Candide, 47. S'éveillant, Babillant, Au jourqui naît et brille, Son petit corps scintille D'émeraude et d'azur Et d'or pur; Fleur qui cherche sa tige, Le voilà qui voltige; L'aurore en a souri; Baisez-moi, colibri, bërang. Colibri.
COLICITANT (ko-li- si-tan), s. m. Terme de jurisprudence. Chacun de ceux au nom desquels se fait une vente par licitation.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et licitant.
COLIFICHET (ko-li-fi-chè; le t ne se lie pas dans
le parler ordinaire; au pluriel I'* se lie : des colifichets élégants, dites: des ko-!i-fi-chè-z élégants; colifichets rime avec attraits, jamais, succès, etc.), t. m. || 1° Anciennement petit morceau de papier, de carte, de parchemin, coupé proprement avec des ciseaux et représentant diverses figures, que Ton colle ensuite sur du bois, du velours, etc. || 2° Babiole, bagatelle, petit objet de fantaisie. De petites branches d'arbre l'amuseront autant que ces magnifiques colifichets, J. J. rouss. Ém. i. Il eût fait plus de cas de la boutique d'un taillandier que de tous les colifichets de Saïde , id. Ém. in. Comment se peut-il que vous soyez si fidèle et si généreux, après n'avoir pas eu de honte de me vendre des colifichets quatre fois au-dessus de leur valeur? volt. Babouc. || 3° Ornement futile et souvent de mauvais goût. Des églises gothiques surchargées de colifichets. Moquez-vous, devant les enfants, des colifichets dont certainesfemmes sont si passionnées, fén.xvii, 94. || Fig. Homme ou femme chargée de colifichets. Ne verrai-je jamais les femmes détrompées De ces colifichets, de ces fades poupées? regnard, le Joueur, I, 2. Vous me préférez donc votre insipide amant, Votre colifichet plein de fard et de gomme, Oui pour toutes vertus est un beau petit homme, boursault, Fables d'Ésope, m, 3. 11 n'a d'autre défaut qu'un peu d'étourderie; Et, grâce à vous, Gérante en va voir le portrait Comme d'un libertin et d'un colifichet, gresset, Méchant, n, 4. || 4° Afféterie dans un ouvrage littéraiie. Mais ne voyezvous pas que cela vaut bien mieux Que ces colifichets dont le bon sens murmure? mol. Mis. I, 2. X vingt-cinq ans vous m'envoyez de Paris des colifichets de lettres, J. J. rouss. Uèl. u, 23. || 5° Sorte de biscuit léger qu'on donne aux oiseaux. || 6° En termes de monnaie , petite machine dont se servaient les ajusteurs pour réduire les espèces au poids légal. || 7° Petite pièce du bâti d'un parquet.
— ÉTYM. Cutter, et ficher ; ce qui est le premier sens de colifichet.
COLIMAÇON (ko-li-ma-son), s. m. Limaçon. J'ai coupé la tète à des colimaçons; leur tête est revenue au bout de quinze jours, volt. Lell. d'Argental, 27 juillet ne».
— ETYM. Picard, colimachon, calamichon; norm. calimachon, colimachon; de limaçon, avec la particule co dont le sens reste ici obscur, si tant est qu'elle y ait un sens.
t COLIN (ko-lin), *. m. Plusieurs oiseaux d'Amérique. Colin noir, poule d'eau. || Terme de théâtre. Berger jeune et amoureux dans les opéras-comiques. Cet acteur joue les colins. || S'habiller à la colin. Cravate à la colin.
— ÉTYM. Colin, nom propre donné à un animal. t COLINETTE (ko-li-nè-f), s. f. Sorte de bonnet
que les femmes portaient autrefois en déshabillé.
— ÉTYM. Colin, nom propre.
COLIN-MAILLARD (ko-lin-ma-llar, Il mouillées,
et non ma-yar), s. m. Jeu de société où l'un, ayant les yeux bandés, cherche à attraper les autres à tâtons, et à les reconnaître. Le colin-maillard était de ses passe-temps les plus heureux, hamilt. Gramm. 7. Je ne pourrais pas y jouer à colin-maillard, sév.
COL
676. Que puis-je leur répondre? c'est jouer à colinmaillard, volt. Lett. en verseten prose, 436. J'aimeà voir Colin d'Harleville , De Regnard émule charmant, Attraper dans son vers facile, L'esprit, la grâce et l'enjouement; Mais chez les nymphes d'Aonie, Colin d'Harleville au hasard, Voulant attraper le génie, Me semble un peu colin-Maillard, lebrun, Épigr. Deux tables de boston et un colin-maillard dans le salon que tu connais; tu peux t'imaginer comme on était à l'aise, p. l. cour. Lett. n, 408. || Fig. C'est un colin-maillard, se dit de manèges, de démarches où chacun agit à l'aveugle.
— HIST. xvi' s. Il jouoit à colin maillard, rab. Garg. i, 22. Colin bridé [jeu d'enfants] , oudin, Curiosités.
— ÉTYM. Colin, nom d'homme pris en un sens général, et maillard, sans doute tenant à maillot.
t COLIN-TAMPON (ko-lin-tan-pon) , s. m. Batterie des tambours suisses. || Familièrement. S'en moquer comme de colin-tampon , n'avoir pas le moindre souci d'une chose.
— hist. xvi* s. Ainsi le palalalalan a emprunté ce nom du tambour des François; ainsi le colin tampon de celuy des Souisses, pasquier, Recherches, VIII, 6.
— ÉTYM. Colin, nom propre, et tampon.
+ 4. COLIQUE (ko-li-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au côlon.
— ÉTYM.KuÀixôç, de xwàov, côlon.
2. COLIQUE (ko-li-k'), s. f. Terme de médecine. Douleur intense siégeant dans les entrailles. Grimaçant son discours, semble avoir la colique, Régnier, Sat. n. J'eus une colique très -fâcheuse, sév. 58. Mme de Brissac avait aujourd'hui la colique, id. 277. || Colique hépatique, douleur qui a son siège à la région du foie, et qui est souvent occasionnée par le passage de quelque calcul biliaire à travers les conduits cystique et cholédoque. || Colique métallique, colique des peintres, colique saturnine, colique due a l'absorption du plomb, et dont les principaux symptômes sont des douleurs abdominales très-aiguës. || Colique néphrétique, douleur qui a son siège dans les reins, et qui est due à l'irritation produite par quelque calcul formé dans les reins. || Colique sèche, maladie endémique à l'île Bourbon, au Sénégal, au Gabon et sur les côtes intermédiaires, ainsi que dans l'Inde française. || Colique d'estomac, sorte de douleur intense, névralgie qui saisit l'estomac. || Terme de vétérinaire. Coliques ou tranchées, nom générique des douleurs dans les organes du ventre. Colique rouge ou colique sanguine, colique procédant d'une congestion de la muqueuse intestinale, et où les douleurs sont soudaines et atroces. || Fig. et familièrement. Avoir la colique, avoir peur (parce que la peur relâche le ventre).
— HIST. xvi* s. Je me suis envieilly de sept ou huict ans ; ce n'a pas esté sans quelque nouvel acquest; j'y ai practiqué la cholique, par la libéralité des ans, mont, ni, 4 96. Dont s'ensuit la colique passion, paré, Inlrod. 6. Aux gros boyaui, c'est ce que nous nommons proprement colique, qui a pris son nom de la partie malade qui est colon, c'est à dire la continuité des gros boyaux, mais principalement en celuy que nous nommons colon. — Colique néphrétique ou pierreuse, id. xv, 66 bis.
— ÉTYM. Colique 4.
COLIR (ko-lir), s. m. Sorte d'officier en Chine, qui a la fonction de censeur universel. || On trouve aussi coli.
f COLIQUEUX (ko-li-keû), *. m. Celui qui est affecté de colique.
— ÉTYM. xvi' s. Et lors on lui vid faire des mines d'un colliqueux, rougir et paslir, b'aub. Fcen. iv, i. La douleur coliqueuse, paré, xv, 65 bis. En dix huit mois ou environ qu'il y a que je suis en ce malplaisant estât, j'ay desja apprins à m'y accommoder; j'entre desja en composition de ce vivre choliqueux, mont, m, 497.
— ÉTYM. Colique 2.
COLIS ou COLI (ko-li), j. m. Terme de commerce. Caisse, ballot de marchandises expédiées. || Tout objet remis à une entreprise de transport.
— ÉTYM. Ital. colli, charges, pluriel de collo, cou (voy. cou), parce que la charge se porte sur le cou.
COLISEE (ko-li-zée), s. m. Vieux amphithéâtre romain, bâti par Vespasien, et consacré par Titus son fils, où toutes les provinces de l'empire étaient représentées en statues, et Rome au milieu avec une pomme d'or à la main. Vieux palais ruinés, chefd'œuvre des Romains, Et les derniers efforts de leur architecture; Colisée où souvent ces peuples inhumains De s'entr'assassiner se donnaient tablature, scarron, Sonnet. || Nom donné à quelques
COL
anciens monuments, qui sont des théâtres ou de» amphithéâtres.
— ÉTYM. Bas-lat. coliseum, de colosseum, de colossus, de «oXosaoç, colosse; ainsi dit selon les uns à cause de son immensité, selon les autres à cause de la statue colossale de Néron qui en occupait jadis l'emplacement.
t COLISSE (ko-li-s'), t. f. Chacune des mailles entre lesquelles passent les fils de la chaîne d'une étoffe.
— ÉTYM. Le même que coulisse.
t COLITE \ko-li-t'), s. f. Terme de médecine. Inflammation de l'intestin côlon.
— ÉTYM. Côlon.
t COLITIGANT (ko-li-ti-ghan) , adj. Terme de jurisprudence. Les parties colitigantes, les parties qui plaident l'une contre l'autre.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et liligare, avoir procès (voy. litige).
COLLABORATEUR, TRICE (kol-la-bo-ra-teur , tri-s') , *. m. et f. Celui, celle qui travaille avec un autre à un même ouvrage, à une même publication littéraire. Ouvrages charmants à voir, charmants à lire, où le soin d'une exécution toute littéraire s'allie heureusement à la vivacité du mouvement théâtral, et qui font grand honneur à M. Ancelot, quoiqu'il les ait composés en grande partie avec des collaborateurs, legouvé, Disc, de réception à l'Acad.
— ÉTYM. Latin fictif collaborator , de collaborare, collaborer.
t COLLABORATION (kol-la-bo-ra-sion ; en poésie, de sii syllabes), s. f. Participation à un travail littéraire. Si l'art dramatique français rèfaie partout, si l'on ne représente à Saint-Pétersbourg, à Madrid, à Naples, à Londres, à Vienne, que des ouvrages français, à qui le devons-nous? à la collaboration qui, décuplant le nombre des productions ingénieuses et même originales, permet seule à l'imagination française de devenir, pour ainsi dire, l'imagination du monde, legouvé, Disc, de réception à l'Acad. || Terme de jurisprudence. Travaux, soins communs du mari et de la femme.
— étym. Latin fictif collaboratio , de collaborare, collaborer.
f COLLABORER (kol-la-bo-ré), v. n. Travailler avec une ou plusieurs personnes à un ouvraga d'esprit. C'est un ouvrage auquel ils ont collaboré.
— ÉTYM. Collaborare, de co.... et laborare, travailler (voy. labeur).
COLLAGE (ko-la-j') , s. m. || 1° Action de coller du papier de tenture dans un appartement. || Collage de bois, jonction de pièces de bois, par le moyen de la colle forte. || 2"Terme de papeterie. Action d'imprégner de colle le papier, pour qu'il ne boive pas. H 3" Clarification du vin , à l'aide de la colle de poisson ou du blanc d'oeuf.
—ÉTYM. Coller.
t C0LLA1RE (kol-lê-r"), adj Terme de zoologie. Qui a rapport au cou.
— ÉTYM. Col.
COLLANT, ANTE (ko-lan, lan-t'), adj. Qui colle. |l Pantalon collant, pantalon si juste qu'il dessine les formes.
t COLLAPSUS (kol-la-psus'), s. m. Terme de médecine. Diminution de l'excitabilité du cerveau, ce qui fait qu'il cesse de remplir ses fonctions ou les remplit irrégulièrement.
— ÉTYM. Collapsus, chute, du latin cum, et lapsus, chute.
COLLATAIRE (kol-la-tê-r"), ». m. Celui en faveur de qui le droit de collation est exercé.
— ÉTYM. Voy. collation.
COLLATÉRAL, ALE (kol-la-té-ral, ra-1'), adj. || 1° Qui accompagne, qui marche à côté. || Terme d'architecture. Nef collatérale, nef des bas côtés ou ailes d'une église; et, substantivement, les collatéraux d'une église , les bas côtés. || Terme d'anatomie. Artères collatérales, celles qui, s'échappant d'une autre artère, suivent à peu près la même direction que celle qui les a fournies. || 2° Terme de jurisprudence. Qui est parent hors de la ligne directe. Parents collatéraux. Et que le ciel vous envoie des héritages d'Amérique; car il est bien flatteur d'être ainsi collatéral, picard, le Collatéral, i, 6. || En termes de généalogie, ligne collatérale, celle qui est à côté de la directe et où sont les cousins, neveux, oncles, tantes, etc. Succession collatérale, la succession qu'on recueille d'un parent en ligne collatérale. Héritier collatéral, celui qui hérite d'un parent en ligne collatérale. || Substantivement. Un collatéral éloigné. Les collatéraux. || 3° Terme de géographie. Points collatéraux, les points qui sont au milieu de deui points cardinaux. Le nord-est el
COL
fins
le sud-ouest, le nartl -ouest et le sud-est, sont les quatre points collatéraux.
— hist. xvi' s. Si les père et mère roturiers ou l'un d'eux marient leur fille et lui donnent de leurs biens, elle peut renoncer à succession paternelle, maternelle et collatérale à escheoir, Cous*, génér. t. il, p. 688. Le foye est lié et attaché par trois ligamens, à sçavoir deux collatéraux et un supérieur, paré, i, (8. Les polemarches sont certains officiers qui assistent aux roys à la guerre comme leurs collatéraux, amtot, Lyc. t8. Il s'embarqua, ayant pour ses conseillers et collatéraux trente Spartiates , comme il avoit eu à son premier voyage, id. Agésilas, 62. Non content d'estre collatéral à son père [associé à son sang], le voulut, pour son premier coup d'essai, supplanter de sa dignité impériale, pasquier, Lettres, t. II, p. 6(9, dans lacurne. Hz ont fleury et multiplié tant en ligne directe que collateralle, Roxier histor. i, t.
— ÊTYM. Co.... préfixo, et latéral.
t COLLATÉRALEMENT (kol-la-té-ra-le-man), adv. lin ligne collatérale.
— HIST. xvi' s. Retraict se fera de l'immeuble qui aura escheu au vendeur par droit de succession de ses père et mère ou collaterallement d'autres siens parens, fiouv. coust. génér. t. n, p. 855.
— ÉTYM. Collatérale, elle suffixe ment.
t COLLATÉRALIÏÉ (kol-la-té-ra-li-té) , s. f. Qualité de collatéral.
— HIST. xvi" s. Collateralité, cotgravb.
— ÉTYM. Collatéral.
COLLATEUR (kol-la-teur) , s. m. || 1» Celui qui avait le droit de conférer un bénéfice. Si on donne un bien temporel pour un bien spirituel non pas comme prix, mais comme un motif qui porte le collateur a le donnjr, est-ce simonie? pasc. Prov. (2. Le P. TeUior, tirant sur le temps et sur le peu de considération du collateur, fit entendre au roi qu'il ne convenait pas qu'un particulier fît sans lui un évêquedaLsson royaume, st-sim. 352, 4 31 . Grégoire VII avait conçu le dessein d'ôter à tous les collateurs séculiers le droit d'investir les ecclésiastiques, volt. Mœurs, 48. Une très-grande partie des bénéficescures t'iait à la disposition des patrons ou collateurs laïcs, ut ces laïcs en disposaient, Mirabeau, Collection, t. v, p. 290. || Collateur ordinaire, ou, simplement, ordinaire, celui qui de droit commun conférait le bénéfice. || 2° Celui qui confère.
— Hisr. xvi* s. Ce ne sont pas les evesques seulement qui confèrent les bénéfices : et encore quand ils en sont collateurs, calv. Instit. 873.
— ÊTYM. Collalor, celui qui confère, de collalum, supin de conferre, conférer, curn, avec, et latutn, supin de ferre, porter (voy. lé).
COLLATIF, IVE (kol-la-tif , ti-v*) , adj. Bénéfice collatif, bénéfice susceptible d'être conféré.
— ÉTYM. Voy. COLLATEUR.
i . COLLATION (kol-la-sion ; on prononce les deux Il , ce qui le distingue du suivant) , s. f.\\i° Terme de jurisprudence. Droit de nommer à un bénéfice ecclésiastique ; action de conférer un bénéfice ecclésiastique. Il n'y a rien à dire de ma part sur les collations , boss. Lett. abb. (3. || La provision du collateur. Avoir la collation de l'ordinaire. || 2* Action de conférer un titre, un droit. || Action de conférer un g.-ade, par faveur et indépendamment des examens, en des circonstances exceptionnelles. || 3° Action de conférer, de confronter une copie avec l'original pour en constater l'exactitude. Les clercs de la vie commune, aux Pays-Bas, s'occupaient de la collation des originauxdans les bibliothèques, chateaub. Génie, iv, vi, 6. Aprè.i .ivoir copié tout le morceau inédit, j'achevai la collation du reste avec ces messieurs, p. l. cour, i, 6â. || 4° Terme de libraire. Action de collationner. || 5° Mot qui s'est quelquefois dit en grammaire pour comparaison.
— hist. xiv* s. Par collacion et composicion de l'un à l'autre faite, oresme, Eth. 66. Pour la cause d'exemple et pour probacion Es simples et es rudes, j'en fais collation [je les mets sous les yeux; il s'agit d'exemples], Girart de Ross. v. 686). ||xv« s. Si vueil [je veux] avoir conseil et collation avecque vous, comme je me pourray maintenir contre les Lissebonois et Portugalois , fhoiss. liv. m, p. 50, dans lacurne. Et maistres en théologie et divinité de tous ordres d'église lui plot [au roij souvent oyr en ses colacions [conférences] , christ, de pisan, Charles V, l, ch. (6. lit futfaicte une collation [discours] par un frère des Jacobins toute tendant à fin de miséricorde, Chr. desaint Denis, t. m, p. 46, dans lacurne. Maitre Jean commença sa petite collation [allocution], comme il s'ensuit , louis xi, tiouv. xxxii. || xvi* s. Quant est de la collation des
bénéfices, laquelle chose estoit anciennement conjointe avec la promotion. ... calv. [nstit. 872. Je sçay bien qu'il y en a qui veulent prouver par collation des temps que ce soit une fable controuvée à plaisir, amyot, Solon, 56. Par collation de plusieurs passages respondants l'un à l'autre, id. Moral. Épit. p. (5.
— ÉTYM. Provenç. collation; espagn. colacion ; ital. collasione; du latin collationem (voy. collateur).
2. COLLATION (ko-la-sion; en poésie, de quatre syllabes; on ne prononce qu'une seule l, ce qui le distingue du précédent), s. f. ||1° Repas léger que les catholiques font au lieu de souper, les jours de jeûne. Plus la nourriture est forte, plus on est en état de garder la règle du jeûne en ne faisant chaque jour qu'un seul repas avec une petite collation, fén. xvm, 479. 112" Par extension, tout repas fait dans l'après-dtnée et qu'on nomme aussi goûter ; anciennement petit repas fait entre le dîner et le souper; et aussi petit repas donné par politesse, par galanterie. Je n'ai pas songé à vous donner un peu de collation avant de partir, mol. l'An, m, (2. 11 nous a donné la collation, id. Fourb. il, ((. Après cola, on fit une jolie collation, sév. 78. Les soirs il vient faire collation avec nous, id. 504. On fit collation, on soupa, etc. id. 47. Je lui dois donner une très-bonne collation, id. 444. X dîner, on me servit des tubéreuses et puis des peaux d'Espagne ; je n'eus que des jonquilles à collation, fén. xix, 40. || 3° Petit repas qu'on fait, entre les repas, en hâte, en passant, ou par une circonstance quelconque. || 4" Anciennement, repas qu'on servait la nuit dans les bals. Il y eut bal et grande collation.
— HIST. xv* s. Pour faire une collation pour le fait du curé de saint Jaques, Bibl. des Chartes, 6* série, t. i, p. 226. Après qu'ilz eurent tous soupù et joué, le dit Beauchamp fist hucher pour faire collation d'après souper, du cange, collatio. Allèrent visiter les Gantois de lieu à autre, et prindrent la collation de vin en la tente de Gand, et de là passèrent parmi Bourbourg , et allèrent loger emprès Gravelines , monstrrl. t. n, p. (32, dans lacurne. Il xvi* s. Et qu'autre chose il n'ha, sans point mentir, Qu'une rostie à sa colation , marot, t. m, p. 66. J'ai prins coutume de ne souper plus, et de faire seulement un petit de collation au soir, uesper. Contes, lix. S'il la veut venir voir à ce soir, elle luy donnera la collation entre huit et neuf heures, id. ib. xxxiii. Faisant collation d'une bourrée [fagot], devant qu'aller au lit , id. ib. xcvn. Le duo mesme, y arrivant sur le poinct de la collation et se fiant qu'on n'auroit pas touché à sa bouteille, en print à son tour, mont, i, 253.
— ÉTYM. Provenç. collation; bas-lat. collatio (voy. collation t). Ce terme vient des coutumes ecclésiastiques. Dans les monastères, on faisait, après le souper, qui avait lieu de bonne heure, une lecture de l'Écriture sainte ou des Pères. Les moines échangeaient leurs observations sur le texte; les uns faisaient des objections, d'autres y répondaient. Cet exercice, que nous appelons une conférence, ils l'appelaient collatio (de conferre). Au sortir de là, on prenait quelques légers rafraîchissements, et l'on s'allait coucher : de là le sens de petit repas donné à collation, gênin, Récréât, t. t, p. 42».
C0LLAT10NNÉ , ÉE (kol-la-sio-né , née) , part, passé de collationner i . Copie dûment collationnée.
t . COLLATIONNER (kol-la-sio-né ; ce verbe se distingue du suivant par la prononciation des deux II) , v. a. || 1* Faire la collation d'une copie avec l'original; conférer deux écrits ensemble. Il eût été intéressant de collationner le texte de ce manuscrit avec les textes que nous avons, chateaub. Itin. 88. || 2° Terme de librairie. Vérifier s'il ne manque point de feuillets à un livre, soit par les signatures à l'égard des cahiers, soit par les chiffres à l'égard des feuillets.
— ÉTYM. Collation t ; provenç. collationar; espagn. cnlacionar; ital. collazionare.
2. COLLATIONNER (ko-la-sio-né ; ce verbe se distingue du précédent parce qu'on n'y prononce qu'une seule i), v. n. Faire le repas appelé collation, ^ous avons collationné ensemble. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi* s. Et de quoi collationnez- vous? desper. Contes, lix. L'ordre de Citeaux disne bien, mais collationné mal [par un jeu de mot sur coilationner, faire la collation, et collationner, donner un bénéfice, parce que les abbayes, l'ordre étant très-riche, dînaient bien, mais avaient peu de bénéfices dépendants d'elles], leroux, Dict. comique.
— ÊTYM. Collation 2.
COLLE (ko-l')t s. f. || f Préparation molle et homogène qu'on obtient en délayant de la farine dans de l'eau, et en soumettant le tout à la chaleur, et qui sert à joindre d'une manière fixe certains objets. || Colle forte, gélatine extraite des rebuts de substances animales, tels que les oreilles, les pieds, les rognures de peau. || 2° Populairement, bourde, menterie, ainsi dite, parce qu'une attrape est comparée à une chose qui colle. En voilà une colle I Donner une colle. || Terme d'écolier ou plutôt d'aspirant à une école spéciale. Professeur ou maître de colles, eiaminateur qui vient à certains jours faire aux aspirants des questions difficiles et auxquelles ils ne sont pas préparés, afin qu'ils apprennent à y répondre.
— hist. xin* s. Chose mollée [moulée] atachée à cote seur l'arçon, Liv. des met. 209. ||xv* s. Dames ne sont mie si lourdes.... Pour leur faire acroire merveilles, Elles changent si souvent leurs colles, al. chart. La belle dame sans mercy. || xvi* s. Prenez colle des menuisiers, fondue en eau chaude, paré, x, ». Donner ou ficher la colle [attraper], oudin, Curios. fr.
— ÉTYM. Espagn. cola; ital. colla; du latin colla, du grec xôXxa.
COLLÉ, ÊE (ko-lé, lée), part, passé. || 1* Joint par de la colle. Le papier collé sur le mur. || Par extension. Les cheveux étaient collés sur la plaie.
|| Papier collé, papier qui a reçu un apprêt permettant qu'on écrive dessus. || Fig. Faire tourner des mots mal joints et mal collés, Régnier, Sat. iv.
|| 2° Fig. Attaché à, fixé sur. Il était tous les jours collé sur les livres, hamilt. Gramm. (0. Nous nous écoulons en lui, nous y demeurons collés, boss. Somm. de la doct. Sa bouche tremblante collée sur le signe sacré de son salut, mass. Car. Impén. Le duc [de Beauvilliers] eut sans cesse les yeux collés sur moi pendant que je lui parlai, st-sim. (6, («9. C'est lui qui entre dans une église , et prenant l'aveugle qui est collé à la porte pour un pilier.... la bruy. xi. II passa trois ans collé sur ses barbouillages, j. j. rouss. Ém. m. Je me tenais collé à la fenêtre, chateaub. Itin. (76. [Le crucifix] Aux lèvres du mourant collé dans l'agonie, Commeun dernier ami, lamart. Méd. Il, 22. || Collé sur son cheval , collé sur la selle, se dit d'un cavalier solide sur sa selle. || Terme de chasse. Chien collé à la voie, chien qui ne s'écarte pas de la piste de l'animal. || Terme de jeu de billard. Touchant à la bande. Bille collée. Je suis collé. || Terme d'écolier. Qui ne trouve rien à répondre, surtout dans un examen : Il demeura collé. Et aussi pris en faute, puni : Je suis collé pour la promenade.
t COLLECTAIRE (kol-lè-ktê-r'), s. m. Terme de liturgie. Livre da prières qui renferme toutes les collectes de l'année.
— ÊTYM. Collecte.
COLLECTE (ko-lè-kf; d'autres disent kol-lè-kt'), s. f. || 1° Anciennement, la levée des impositions. || Le temps pendant lequel un collecteur était en fonction. || 2° Par extension, quête en vue d'uno œuvre de bienfaisance ou d'une dépense commune. On dîne, et, après le repas, on fait une collecte pour les pauvres, volt, l'hil. n, 43. Une lettre pastorale qui demande une collecte pour nos soldats qui sont esclaves à Maroc, id. Lett. d'Argental, tofév. (766. || 3°Terme de liturgie catholique. Nom d'une pritro de la messe qui se dit avant l'EpItre et qui vario suivant les occasions. || 4°Collecte s'est dit jadis pour assemblée, en langage de l'ordre de Malte.
— HIST. xvi* s. [Les mutins ayant] pillé leur gênerai, firent une collecte, fortifièrent pour eux la ville de S. Paul, d'aub. Hist. m, 321. Gensde poeste [serfs, gens sous puissance de maître] ne se peuvent assembler, ne faire gets ne collecte sur eux, ne faire ou passer procuration sans l'autorité et licence de leur seigneur haut justicier, Coustum. génér. t. i, p. 848.
— ÊTYM. Provenç. collecta; espagn. colecla; ital. colletta; du latin collecta, du participe passé colléetus, recueilli, de colligcre (voy. cueillir).
■(■ COLLECTER (kol-lè-kté), t). n. Faire une collecte. En (840, le gouvernement de Genève permit de collecter pour les incendiés de Sallanches. Terme clair et utile, humbert, Gloss.
— ÊTYM. Collecte.
COLLECTEUR (ko-lè-kteur; d'autres disent kollè-kteur), s. m. || 1° Celui qui avait charge d.» recueillir les impositions. || Celui qui reçoit des cotsations volontaires, par exemple dans les communautés protestantes. || 2° Terme de physique. L« plateau supérieur du condensateur ou celui qui est en rapport direct avec la source d'électricité. || 8" Adj.