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COL
Terme de botanique. Poils collecteurs, appendices capillaires qui garnissent quelquefois le stigmate, et auxquels on attribue la fonction de recueillir le pollen.
— IHST. xvi'g. 11 fit mourir leurs collecteurs qui levoient et exigeoient la taille, amtot, l'yrrh. 54.
— ÉTYM. Provenç. collecter; espagn. colector; ital. collettore; du bas-latin collectorem (voy. collecte).
COLLECTIF, IVE (ko-lè-ktif, kti-v'; d'autres dilent kol-lfc-ktif), adj. || i'Qui contient un ensemble de personnes ou de choses, qui appartient à un ensemble de personnes ou de faits. Un tout collectif. L'homme à demi sauvage, dispersé, ne connaît passa puissance collective. Et la famille, enracinée Sur le coteau qu'elle a planté, Refleurit d'année en année, Collective immortalité ! lamart. Joc. ix , 29) . || D'une manière collective, en considérant les objets comme formant un seul tout. || Substantivement et au masculin. Transporter le raisonnement de l'individuel au collectif, de l'homme au peuple, chateaob. Génie, I, i, 7. ||2*Terme de grammaire, qui, eiprimant la réunion de plusieurs individus de la même espèce, présente à l'esprit l'idée d'une collection. Peuple, armée, compagnie sont des noms collectifs. j| Sens collectif, valeur collective, sens, valeur que prend un mot au singulier, qui, n'étant pas collectif de soi, le devient par l'emploi. Dans cette phrase : le renard est rusé, renard a un sens, une valeur collective. || Substantivement. Un collectif. Les collectifs.
— ÊTYM. Lat. collectivus (voy. collecte); provenç. collectiu; espagn. cotectivo; ital. colkttivo.
COLLECTION (ko-lè-ksion ; en poésie, de quatre Byllabes; d'autres disent kol-lè-ksion), t. f. || l°Terme de pharmacie. Collection des drogues, l'approvisionnement qu'on en doit faire. || 2° Terme de scolastique. Réunion de parties. Il [Dieu] est l'être infini par intention, comme dit l'école, et non par collection, fén. Exist. 293. || 3° Assemblage d'objets d'art ou de science. Une collection d'insectes, de médailles, d'armes de prix. Une collection de tableaux. Les collections [ de Commerson ] , qui existent encore au Muséum de Paris, figurent parmi les plus précieuses richesses que possède cet établissement, cap, Philibert Commerson. || Par extension , se dit des personnes et de toutes sortes d'objets dans le langage familier et plaisant. Une collection d'originaux, de beaux esprits. Vous avez là une belle collection d'habits, c'est-à-dire un grand nombre, une grande variété. || 4° Recueil de plusieurs ouvrages ou des divers numéros d'une publication ou de diverses pièces ou morceaux. La collection du Journal des Bavants. Le Spicilegium du P. d'Achéry est une collection de plusieurs pièces curieuses de l'histoire. || 5° Réunion d'extraits. Ce jeune homme a fait de lionnes collections. Peu usité aujourd'hui dans ce sens. || 6° Terme de médecine. Amas d'un liquide dans quelqu'une des cavités closes du corps. Collection purulente, amas de pus.
— HIST. xiv* s. Entre la collection des fruis passés et le labeur pour les fruis avenir. — Les collections ou commixtions de toutes les choses dessus dictes, oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. Et pour ce qu'on ne peut bien mondifier telles playes, se fait collection de matière, dont en fin la mort s'ensuit, paré, viii, 34. Nombre est pris icy largement, non pas tant seulement en tant qu'il est collection de plusieurs unités, est. de la roche, Arisinetique, f*42. Nombre est agrégation ou collection d'une ou plusieurs unités, m. t'6. f°t.
— ÉTYM. Provenç. collectio; espagn. coleccion; ital.coMextone, du latin collectionem (voy. collecte).
f COLLECTIONNER (ko-lé-ksio-né). || 1° V. n. Faire des collections. || 8° V. a. Collectionner des pierres précieuses, des insectes.
— êtym. Collection.
t COLLECTIONNEUR, EUSE (ko-lè-ksio-neur, neû-z') , s m. et f. Celui , celle qui fait des collections.
— ÊTYM. CoJJecfionner.
COLLECTIVEMENT (ko-lè-kti-ve-man; d'autres
disent kol-lè-kti-ve-man) , adv. Dans un sens collectif. Dans la phrase : le tigre est féroce, tiare est pris collectivement.
— êtym. Collective, et le suffixe ment. COLLÈGE (ko-lè-j' ; bien que l'Académie mette un
accent aigu, la prononciation est d'un accent grave), s. m. || 1° Corps de personnes revêtues de la même dignité. 11 y avait à Rome un collège des augures, un collège des pontifes. || Collège d'artisans, nom donné aux corporations d'ouvriers dans l'empire romain. || Le sacré collège, le corps des cardinaux, divisé en trois ordres, évêques, prêtres et diacres. || Anciennement, le collège des secrétaires du roi, la compagnie des secrétaires du roi. || 2" Collège
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électoral, assemblée d'électeurs, à l'effet d'élire des députés. || Spécialement la réunion des électeurs appelés à voter pour une même élection. Un collège de département, d'arrondissement. Un collège peut être divisé en plusieurs sections. || 8° Etablissement d'instruction publique et secondaire. Aller, étudier au collège. Les élèves d'un collège. Vous avez beau raisonner, monsieur est frais émoulu du collège, et il vous donnera toujours votre reste, bol. Mal. im. Il, 7. Voyant l'autre jour écrit sur une grande porte Coltegium, je devinai que cela voulait dire collège, id. G. Dandin, m, ). || Par extension, tous les élève» ou tous les pensionnaires d'un collège. Le collège est à la promenade. || Nom des diverses classes d'élèves distribués dans des cours différentes, selon leur âge. Le grand, le moyen, le petit collège. || Amitié de collège , amitié contractée dès le collège. || Amis de collège, vieux amis et qui se regardent comme très-sûrs l'un de l'autre. || Sentir le collège, sentir son collège, avoir quelque chose de pédantesque. Certain enfant qui sentait son collège, Doublement sot et doublement fripon Par le jeune âge et par le privilège Qu'ont les pédants de gâter la raison, la font. Fabl. ix, 6. || Collège se distingue de lycée en ce que le premier est un établissement municipal dont la gestion appartient à la ville qui paye le traitement des professeurs; dans la second, tout relève de l'État. L'enseignement est à peu près le même dans ces deux ordres d'établissements, les collèges se modelant autant que possible sur les lycées; mais, en général, dans les collèges, l'enseignement est moins élevé, moins développé, et le personnel moins complet (et non pourvu du titre d'agrégé). Collège de plein exercice, collège dans lequel il y a un professeur pour chaque classe. Les noms de proviseur, censeur, professeurs ne se disent que dans un lycée; dans un collège, il y a un principal et des régents. Avant )848, il y avait collèges royaux et collèges communaux, termes changés depuis en lycées et collèges. || Collège de France, établissement fondé à Paris par François I", où l'on enseigne publiquement les hautes connaissances humaines, tant dans les lettres que dans les sciences et dans l'érudition.
— HIST. xiv s. Pour ce [il] fist Dieu son hoir, si funda abaïes, Collèges , priortésqui or li font aies, Girart de lloss. v. 4286. fuit y furent mandé et collège et chapitre, Et tuit cil du paiis qui orent croco et mitre, ib. 6069. || xv* s. Plus n'ont nulles élections Les abbayes, les collèges, Abatu sont les privilèges, eust. desch. Poe'sies mss. f" 524, dans lacurne. Nous chrestiens qui sommes du collège de Jesus- Christ qui fut et est Dieu et homme, Bouciq. iv, ch. 3. || xvi* s. Les defaults que nous trouverons e» ce collège là [réunion choisie] , le monde les pourra hardiement bien advouerpour siens, mont, ii, 229. Un collège de religieux de l'observance de St Dominique, jean d'auton, Annales de Louis XII, p. t07. dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. collège; espagn. colegio; ital. collegio; du latin collegium, de colligere, réunir (voy. cueillir).
COLLÉGIAL, ALE(ko-lé-ji-al, a-1'), adj.\\l' Oui a rapport au collège. Écartons la muse empesée Oui, se guindant sur de grands mots, Préside à la prose toisée Des poètes collégiaux, gresset, les Ombres. || 2° Église collégiale, église qui n'est pas cathédrale et qui a un collège de chanoines. || Substantivement. Un de ses bâtards [à Bernard Van-Gallen] trouva le moyen d'être chanoine d'une collégiale, volt. Phil. n, 4)9. Plusieurs de ces églises des grecs sont des collégiales, id. Mœurs, 9).
— HIST. xv* s. Chantres, doyens, princes chanoines, Cathedraulx et collegiaulx, Registreurs et officiaulx, e. desch. Poésies mss. f" 406, dans lacurne. || xvi* s. Ces escoliers furent en la ville de Tholose appeliez collégiaux, comme enfans des collèges, et, en l'université de Paris boursiers, comme estans nourris et alimentez de la bourse commune do leurs fondateurs, pasquieb, Recherches, liv. vin,
— ÊTYM. Collège.
COLLÉGIEN (ko-lô-jiin), s. m. Élève d'un collège.
— ÊTYM. Collège.
COLLÈGUE (kol-lè-gh1),*. m. Celui qui fait, avec d'autres, partie d'un même corps, et aussi qui exerce une fonction, une magistrature avec un autre, qui remplit la même fonction. Il est mon collègue au conseil d'Etat. Ils sont collègues. Jurons-nous que des deux, qui que l'on puisse élire, Fera de son ami son collègue à l'empire, corn. Pulchérie, i, 4. Ma vertu souffre troD en ce funeste lieu, Dont
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je ne puis chasser mes collègues impies, voltaire, Triumv. i, 3.
— UEM. L'Académie écrit collègue avec juste raison, puisque toile est la prononciation; mais elle écrit collège, où la position et la prononciation da l'e sont les mêmes. Cette anomalie complique inutilement l'orthographe.
— SYN. collègue, confrère. Collègue se dit de ceux qui sont revêtus des mêmes fonctions ou qui ont une même mission : on est collègue dans un collège, au sénat, au corps législatif, dans un conseil municipal, etc. Confrère se dit de ceux qui appartiennent à une même société, à un mêmecorps, sans avoir rien à faire de particulier au nom de cette société. On est confrère à l'Académie et dans toutes les sociétés académiques. Les hommes revêtus des mêmes grades, comme les avocats entre eux, les médecins entre eux, les marchands qui vendent les mêmes objets, par eiemple, les libraires entre eux, se traitent de confrères.
— ÊTYM. Le latin eollega, de colligere (voy. cueillir).
f COLLÈME (kol-lê-m'), ». m. Terme de botanique. Genre de plantes lichénoïdes dont le thalle est gélatiniforme quand il est humide.
— ÊTYM. KÔAAot, colle.
t COLLEMENT (ko-le-man), s. m. État de choses collées l'une sur l'autre. Le collement des paupières, dans une ophthalmie, par l'humeur qui est sécrétée.
— êtym. Coller.
COLLER (ko-lé) , v. a. || 1* Joindre avec de la colle. Coller du papier. Coller une feuille d'acajou sur du chêne. Coller deux choses ensemble. || Enduire, imprégner de colle, d'apprêt. Coller du papier, coller de la toile. || Par extension. Le sang avait collé ses cheveux. || Coller du vin, y battre de la colle de poisson ou même du blanc d'oeuf pour le clarifier. Je croyais savoir coller le vin, j. j. rouss. Conf. vi. || 2° Appliquer une chose contre une autre. 11 a collé son visage contre le mien. Cette attente d'une bataille en Flandre collait tout le monde aux fenêtres pour voir arriver les courriers, st-sim. 209, 65. || Fig. Au lieu de les coller sur des livres, i. i. rouss. En. II. || Terme de billard. Coller une bille, l'envoyer tout près de la bande. On dit aussi : coller son adversaire, pour dire : coller sa bille. || Populairement. Coller quelqu'un, lui fermer la bouche, lui dire quelque chose qui le fait taire. || Coller un écolier et surtout un aspirant à une des écoles du gouvernement, lui faire une question à laquelle il ne peut répondre. || 8° V. n. Tenir comme avec de la colle. Tout cela avait collé ensemble. || Co pantalon colle, il est juste, il dessine les formes. || 4* Se coller, v. réfl. S'attacher comme avec de la colle. La tunique s'était collée sur sa peau, fénel. Tél. xv. || S'appliquer exactement sur une chose. Cette draperie se collait sur le corps. || S'attacher fortement. Il dit, baise mes pieds, les inonde do larmes, Se colle à nos genoux, delille, Enéide, m, 830 Sur sa pâle main [de Laurence] ma lèvre qui se colle La retint à la vie avec une parole, lamart. Joc. iv, )60. Il lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince et sur son passage, et n'avoir que le loisir île se coller à un mur pour lui faire place, la bruy. xi. || Fig. Tenir son esprit appliqué aune chose. L'immobile auditeur Se colle à la tribune où tonne l'orateur, segrais, Georg. m. Tillemont est le guide lo plus sûr des faits et des dates pour l'histoire des empereurs ; Gibbon se colle à lui ; il se fourvoie et tombe quand l'ouvrage de Tillemont finit, chateaub. dans le Dict. de dociiez.
— HIST. xin" s. Si collèrent [tendirent] les voiles et s'en allèrent, vdllehard. p. )65, dans lacurne. || xvi* s. Je voy plus de cent ruisseaux Collez do fange et de bourbe, du bellay, ii, 5), reelo. Bons dieux I qui voudrait louer Ceux qui, collez sur un livre, N'ont jamais soucyde vivre? bons. 4)7.
— ÉTYM. Colle.
t COLLERET (ko-le-rè), i. m. Terme do pêche. Espèce de seine.
— ÊTYM. Diminutif de collier.
COLLERETTE (ko-le-rè-f) , s.f. || 1* Petit collet
en linge fin, dont les femmes s'entourent le cou. Collerette de batiste. Dieux! il [le dard de la mouche] perce la collerette [de Lisette] ; Le sang coule I accourez, Amours, b-srang. Mouche, il Collerette d'homme, collerette à la Henri IV. || 2* Terme do botanique. Involucre des ombellifèrcs, composé do bractées verticillées sur un seul rang, qui le font ressembler à une collerette. || 3* Terme de pêche Courtines volantes pour former un parc ou une
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enceinte. || 4° Dans les bateaux à vapeur, couronne du grand piston.
— ÉTYM. Diminutif de collier.
COLLET (ko-lè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; Vs se lie : des collets en velours, dites: des ko-lè-z en ....; collets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Partie d'un vêtement qui entoure le cou. Collet d'habit. || Sauter au collet, sauter au cou. Il y en eut une [harengêre] qui sauta au collet de Monseigneur et qui l'emhrassa des deux côtés , st-sim. 91, (96. || Fig. et familièrement. C'est un profit, c'est une aubaine qui lui saute au collet, c'est un avantage qui lui arrive inopinément, j Prendre quelqu'un au collet, le prendre par le haut de son habit, avec force ou avec violence. Entrer chez lui, le tenant au collet, la font. Gag. L'homme élevé dans la crainte des gendarmes, qui craint que son ombre ne le prenne au collet, p. i cour. U, 258. || Par extension. Prendre quelqu'un au collet, le forcer d'écouter. || Fig. Et quand la servitude a pris l'homme au collet, Régnier, Sut. ni. Mais que plutôt son jeu mille fois te ruine, Que si la famélique et honteuse lésine, Venant mal à propos la saisir au collet, Elle te réduisait à vivre sans valet, boil. Sat. x. || Mettre la main sur le collet à quelqu'un, l'arrêter, le faire prisonnier. Moi qui dehors, sans plus, ai vu le Châtelet, Et que jamais sergent ne saisit au collet, Régnier, Sat. v. || Fig. Prêter le collet à quelqu'un , lutter contre quelqu'un , se battre avec lui. Je vous prêterai le collet en tout genre d'érudition , mol. Am. mêd. u , 4. Villars manqua plus d'une occasion de prêter le collet au prince Eugène, st-sim. 332, 90. Jamais Malboroug, sans sa jonction [avec le prince Eugène] , n'eût osé prêter le collet à nos trois armées, id. 136, 286. || 2" Morceau d'étoffe arrondi qui se place sur les épaules et couvre une partie du corps. || Collet de manteau, morceau d'étoffe rond qui est attaché audessus du corps du manteau et qui couvre les épaules. || 3" Ornement de linge qu'on mettait autrefois sur le collet du pourpoint, pour la propreté, et qu'on nommait aussi rabat. Les gens du monde le portaient ample et souvent fort orné. || Un homme h petit collet, ou, simplement, un petit collet, un homme d'église, ainsi dit à cause de ce collet que les ecclésiastiques portaient plus petit. || En mauvaise part, celui qui affectait de porter un petit collet et de se donner des manières dévotes. || Le petit collet, la profession ecclésiastique. Un génie qui à cet âge méprisait le petit collet, hamilt. Gramm. m. 11 [le prince Eugène] prit ensuite le petit collet, volt. Louis XIV, (7. || 4° Collet monté, collet que portaient les femmes; il était soutenu par des cartes, de l'empois et du fil de fer. Mignard aurait peint les courtisans du dernier siècle avec des fraises ou des collets montés, fên. xju, 283. || Fig. C'est un collet monté, c'est une personne affectée, pédante. Cela est collet monté, bien collet monté, cela est contraint, guindé.... Oh! sollicitude à mon oreille est rude ; Il pue étrangement son ancienneté. — Il est vrai que le mot est bien collet monté, bol. Femmes snv. u, 7. Tes bons mots .... Sont des collets montés et des vertugadins, boil. Sot. xn. La critique qu'il fait en collet monté, sév. 387. || 5* Collet de buffle, sorte de pourpoint fait de peau de buffle, qui était à grandes basques et sans manches. || 6" Terme de boucherie. Collet de mouton, de veau, la partie entre les épaules et la tête. || 7" Terme d'anatomie. Collet des dents, ligne dont le contour marque la séparation de la racine et de la couronne d'une dent. || Terme de botanique. Point idéal d'où s'élève la tige et d'où part la racine, et qui a reçu aussi le nom de nœud vital. || 8" Petit filet de corde tendu dans des haies ou passages étroits avec un nœud coulant, dans lequel se prennent les lièvres et les lapins. Chasserau collet. Prendre le gibier au collet. On tend les collets dans les passages que le gibier fréquente. || Terme de pèche. Espèce de nœud coulant , employé pour la pêche de la carpe et du brochet. || 9° Terme de métier. Bourrelet qui termine le goulot d'une bouteille. || Collet de chandelier, la partie du chandelier qui s'élève sur le pied. || Collet de hotte, la partie la plus haute du dos de la hotte. || Collet d'une bougie, d'un cierge, le bout de la mèche de fil blanc qu'on aperçoit au haut. Collet d'une chandelle, le coton qui sort hors du suif. || Partie du clou voisine de la tête. || Rebord de la chaudière du distillateur. || Partie ronde et concave au-dessus ou au-dessous d'une pièce d'orfèvrerie. || Bois d'une raquette à l'endroit ficelé. || Collet de violon , la partie qui est au bout du manche et qui est faite en crosse. || Bout du manche d'une pioche. || 10° Terme de construction. La par-
lie la plus étroite d'une marche tournante.|| ll'Terme de marine. Arrêt angulaire aux quatre faces du haut d'un mât. || Collet d'un étai, son grand anneau.
— I11ST. xni* s. Colletés de cotes [sorte de robe], Liv. ries met. 372. || xiv" s. Avant que vous partiez de vostre chambre, aiez paravant avisé que le colet de vostre chemise, de vostre blanchet ou de vostre cote ne saillent l'un sur l'autre, Mênagier, i, 4. De la poictrine d'un beuf, la première pièce qui part d'emprès le colet est appellée le grumel, et est la meilleur, ib. n, 4. || xv" s. Ne souffrist que homme de sa court, tant fust noble ou poissent, portast trop oultrageuses poulaines, ne femmes cousues en leurs robes trop estraintes, ne trop grans collez, christ. de pisan, Charles V, i, ch. 2». || xvi' s. Prestant le collet à tous ceux qui vouloient mesurer leurs forces avec luy.... ttèm. s. du G. ch. 4. Un corps, avec lequel j'oseroye bien prester le collet à un autre régiment tel qu'il fust des nations qui ne nous aiment pas, lanoue, 284. Elle cherchoit de l'œil un capitaine des gardes pour lui faire mettre la main sur le collet, d'aub. Vie, xxix. Qu'il avoit veu d'Aubignô faire rentrer la moitié de son pistolet entre la cuirasse et le colet de buffle du capitaine Metar, avant que de tirer, id. ib. xlvhi. Torigni et Mongommeri, avec leurs compagnies entières, présentèrent le colet aux premiers poursuivans, m. Ilist. m, 263. Le roy luy faisant prendre un livre dans un coffre, duquel le grand Prieur et Carmilie luy passèrent le couvercle sur les reins, et cela s'appeloit parmi eux prendre le lièvre au collet , ib. Conf. I, 7. Beaux lutteurs, qui n'en eussent orainct homme collet à collet, desper. Contes, v. Uli qu'on menoit au gibet disoit que ce ne feust pas par telle rue, car il y avoit dangier qu'un marchand lui feist mettre la main sur le collet à cause d'un vieux debte, mont. i, 296. L'elephant luy mettoit quelquesfois la trompo dans le sein par dessoubz son collet, id. ii, (86.
— ÉTYM. Diminutif de col; wallon, golé; espagn. coleto ; ital. collelto.
COLLETÉ, ÉE (ko-le-té, tée), part, passé. Colleté par un homme plus fort que lui. || Terme de blason. Animal colleté , animal qui a un collier d'un émail différent de celui du corps.
COLLETER (ko-le-té ; l'e muet de le se change en è quand la syllabe suivante est muette : je colleté, je collèterai). || 1* V. a. Saisir quelqu'un au collet en cherchant à le terrasser. Il l'a colleté. || En parlant des animaux. Le dogue colleta le loup. || Terme de métier. Colleter une chandelle, descendre une chandelle dans le suif jusqu'au collet || 2° V. n. Tendre des collets pour prendre du gibier Ce braconnier colleté sans cesse. ||3° Se colleter, v. réfl. Se prendre au collet en luttant. Il [le comte d'Harcourt] eût eu tout l'avantage, si son épée ne lui fût tombée de la main en nous colletant, retz, i, 3.
— H1ST. XVI* s. Saisissant Granson par le corps et le colletant avec tant de force qu'il le jetta sous luy, Hém. s. du G. ch. 31. Tout blessé qu'il estoit, il ne laissa pas de se relever, de se jetter sur l'autre et de le colleter, d'aub. Vie, xx.; Afin que le seul Caton pust fournir à tout exemple de vertu, il semble que son bon destin lui feist avoir mal en la main de quoy il se donna le coup, à ce qu'il eust loisir d'affronter la mort et de la colleter, mont, n, 388.
— êtym. Collet.
t COLLETEUR (ko-le-teur), s. m. Terme de chasse. Celui qui tend des collets.
—ÊTYM. Colleter.
f COLLETIN (ko-le-tio) , s. m. Synonyme de collet de buffle.
— ÊTYM. Collet.
t COLLÉTIQUE (kol-lé-ti-k') , ad]. Terme de médecine. Médicaments collétiqucs, médicaments qui servent à rejoindre les parties séparées d'une plaie ou d'un ulcère.
— HIST. xvi' s. Médicament colletique, c'est à dire agglutinatif, paré, xxv, 47.
— ÊTYM. Colleticus, de xoMoitixè;, de xoUâv, coller (voy. colle).
COLLEUR (ko-leur), s. m. || 1" Ouvrier qui colle ou qui fait le collage. || Anciennement, faiseur de carton. || Colleur d'affiches, ou, simplement, colleur, afficheur. || 2" Populairement, celui qui conte des colles, des bourdes. || 3" Dans l'argot des collèges, maître qui vient non pour faire des cours, mais pour interroger les élèves qui vont passer des examens et se destinent aux écoles spéciales, et pour les préparer en leur posant des questions difficiles.
— ÉTYM. Coller.
COLLIER (ko-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie: des colliers enrichis de pierreries, dites : des ko-lié-z ♦nricuis....), f. m. || 1* Ornement de
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cou en forme de chaîne ou de chapelet. Collier de perles, de pierreries. || Chaîne d'or que portent 1» chevaliers de certuins ordres. Le collier de l'ordre du Saint-Esprit. Vous serez obligés de venir prendre le collier, sév. 493. || 2" Sorte de collier à l'usage des esclaves, des animaux. Il mit un collier au cou de son esclave. Le collier d'un chien. Des chien» dont le pavé se couvre, Distinguez-nous à nos colliers, bérang. Requête Le collier dont je suis attaché, De ce que vous voyez [le cou pelé] est peutêtre la cause, la font. Fabl. i, 6. || Chien au grand collier, chien d'attache qui conduit les autres. || Fig. C'est un des grands colliers, desgros colliers de la compagnie, c'est-à-dire il a beaucoup d'autorité , de crédit dans sa compagnie. De ces auteurs au grand collier Qui pensent aller à la gloire Et ne vont que chez l'épicier, scarron, dans hichelbt. || Collier de force, collier garni de pointes en dedans, et dont on usa pour dresser certains chiens d'arrêt. || Courroie embrassant le cou des animaux et servant à les attacher à l'écurie. || 3* Pièce principale du harnais des animaux de trait, et qui est composée des coussins et des attelles. || Collier de cheval, partie du harnais qu'on passe au cou du cheval, et à laquelle les traits sont attachés. || Cheval de collier, cheval de trait, et par abréviation, un collier. U y a tant de colliers pour le service de cette ferme. Le Normand fermier général fournit de bons chevaux à Crecy, son ami, et ne donna que des colliers et des charrettes à l'autre, st-sim. 47, 44. || Cheval franc de collier, se dit des chevaux de la bonté desquels on juge par la franchise ou par la lâcheté dont ils tirent au collier. || Fig. et familièrement. Être franc du collier, se dit d'un homme sur'qui l'on peut compter pour tout ce qui est action... tu n'es pas comme mot Franc du collier, la font. Lun. Il faut voir sur-lechamp si les vice-baillifs Sont si francs du collier que vous l'avez promis, regnard,Z« Joueur, lu, 9. Le duc d'Orléans se passait difficilement de pincer ceux qu'il ne trouvait pas ce qu'il appelait francs dticollier, st-sim. 390, 4. || Donner m. coup de collier, faire un effort, une tentative . dans un moment de nécessité; aider à quelqu'un. |j Donner à plein collier, tirer vigoureusement; et, flgurément, même sens. Ul fanatique qui a donné à plein collier dans les billet i de confession, volt. Lett. d'Argental, 7 juill. 176*. || Collier de misère, travail rude et assujettissint; existence pénible. || 4° Terme de boucherie. La partie du cou dans le bœuf la plus rapprochée de la tête. || Maniement pair ou double, communaux deux sexes, répondant aux trois quarts supérieurs environ de la longueur du bord antérieur de l'épaule. || 5* Marque naturelle autour du cou d'un animal. Un chien noir qui a un collier blanc. || Petit chapelet de plumes, d'écaillés, de plis ou de callosités qui entoure quelquefois le cou des oiseaux. || Partie du corps des mollusques (hélices) qui déborde le pied, sous laquelle celui-ci se retire et qui remplit l'ouverture de la coquille, jj En pathologie, éruption dartreuse qui fait le tour du cou comme un collier. || 6° Terme d'architecture. Astragale taillé en perles, en olives ou en patenôtres. || 7° Terme de pêche. Corde qui, tenant au bout du verveux, l'attache à quelque objet solide. || 8* Terme de marine. Cercle de fer servant à contenir les mâts de hune, de perroquet, les bouts dehors, etc. || 9° Terme de ponts et chaussées. Cercle de fer ou de cuivre, qui maintient par le haut les poteaux tourillons des portes des écluses. || 10' Arc de l'éperon qui embrasse le talon.
— HIST. xm's. Li liemiers s'en vient devant, Son lien el col bel et grant, Dont li colers ert de fin or, Partonopex, v'. 48(9. Bien sevent mes règles gare der, Et sunt si très bon escolier Qu'il traient tait à mon colier, la Rose, (94 94. Tout plainement droit escolier Ont plus de paine que colier [porte-faix], Quant ils sont en estrangeté, ruteb. 229. Et se feri [le roy] entre lesTurs si avant, que il li empristrent la coliere de son cheval de feu grejois, joinv. 330. Nus bourelier ne puet faire colier de mouton ou de bazane, Liv. des met. 22(. || xrv s. Un collier d'or, à dix neuf tur tu relies blanches, esinaillées, et sur la plus grant a un rubis, pesant sept onces six esterlins, de laborde, Émaux, p. 220. Un autre cellier d'argent, à sonnettes, pour un petit chien, m. ib. La collier [du cerf] c'est une chair qui est entre la hampe et les espaules , et vient tout autour par dessus l'os , du long de la hampe, sur le jargel, ilodus, f° xxii, verso. || xv' s. Le frain aux dents, franc au collier, villon, Petit testam. || xvi* a. Une chasse qui se conduict plus par subtilisé que par force, comme celle des colliers [collets], de nos lignes et de i'hamesson, mont, u, (70. 11 ne doute les loups, tant
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«oient-ils redoutables, Ny les mastins arme.» de colliers effroyables, hons. Uergerics, Églogvet.
— ÊTYM. Provenç. colar; espagn. collar; ital. collare; du latin collarc, de collum (voy. cou).
fCOLLIÈRE (ko-liè-r'), s. (. Perche qui fait la base d'un train de bois.
f COLLIGANCE (kol-li-ghan-s'), s. f. Terme de logique. Connexion, enchaînement. Peu usité.
— HIST. xiv* s. Toutes choses sont jà mises en ordre . et en cel ordre a telle coliguence que les unes sont subgiectes aux autres, christ, de pisan, Charles V, n, 63. || xvi* s. Le corps avait nécessairement part à cette perfection de l'ame, par le droit de leur colligance, mont, m, 38).
— ÊTYM. Le latin colligare, enchaîner, decum, avec, et ligare, lier (voy. lier).
COLLIGÉ, ÊE (kol-!i-jé, jée), part, passé. Des plantes colligées avec beaucoup de peine.
COLLIGER (kol-li-jé), v. n. || 1° Faire des collections de pierres, d'insectes, etc. || 2° Faire des extraits. Vieux en ce sens.
— HIST. xvi* s. Varro luy proposa un thème, qu'il cherchoit l'heure et le jour de la naissance de Romulus, en la colligeant par la conséquence de ses adventures, amyot, Rom. )8. Soudain par la réponse de la vieille, Floradin colligea aisément que, pour certain, ce nouveau marié estoit son Claribel, yver, p. 632. Opinion qui n'est pas tant procedée de la vérité, comme nous pouvons colliger de Galien, que de.... pare, Introd. 5.
— ÊTYM. Mot formé du latin colligere, qui, dans l'ancienne langue, a donné cueillir (voy. ce mot).
+ COLLIMATION (kol- li -ma-sion) , s. f. Terme d'astronomie. Action de viser, de diriger la vue. || Ligne de collimation, ligne qui passe par l'axe optique de la lunette.
— ÉTYM. Ce mot devrait être rayé du dictionnaire astronomique et remplacé par collinéation. Il y a dans quelques éditions de Cicéron et d'Aulu-Gelle un verbe collimare, auquel le contexte force d'attribuer le sens de viser à, mais qui, en soi, ne signifie rien. Les manuscrits en effet ont montré que c'était une fausse leçon et qu'il fallait lire collineare, verbe très-clair et formé de cum, et linea, ligne, suivre de l'œil une ligne. Les astronomes qui ont écrit en latin l'ont pris dans ces éditions fautives : Astronomiimitati artifices qui, regulae rectitudinem exploraturi, unum adhibent oculum;àlamarge, en manchette: Ratio collimandi, kepler, Ad Vitellionem paralipomena, quibus astronomix pars optica traditur, Francfort, «604, p. 2)). Mais d'autres plus corrects ont employé la vraie forme : At qui nondum fuerit assuetus collineationi per summitates aquae.... riccioli, Geographix et hydrographix reformata:, libri xii, Venetiis, in-f", «672, p. 231, col. (.
| COLL1NAIRE (kol-li-nê-r'), ad/. Terme de botanique. Qui croît sur les collines. Plantes collinaires.
COLLINE (ko-li-n'), s. f. Hauteur qui s'élève audessus de la plaine. Le haut, le pied d'une colline, ô muses, accourez; solitaires divines, Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines, A. chén. Élég. iiv. || Poétiquement. La double colline, le Parnasse.
— HIST. xvi* s. Gaigner la colline [s'enfuir] , oudin, Curios. fr.
— ÊTYM. Lat. collina, féminin de collinus, adjectif dérivé de collis, colline.
t COLLINÉATION (kol-li-né-a-sion), s. f. Véritable terme remplacé à tort par collimation (voy. ce mot).
COLLIQUATIF, IVE (kol-li-koua-tif, ti-v'), adj. Terme de médecine. Qui épuise promptement les malades, et semble être le résultat de la liquéfaction des parties solides du corps. Flux colliquatif. Sueur colliquative. Dévoiement colliquatif.
— HIST. xvi* s. Dont s'ensuit plusieurs accidents et principalement fièvre hectique et colliquative, paré, vin, 33.
— ÊTYM. Voy. COLLIQUATION.
COLUQCAT10N (kol-li-koua-sion) , s. f. Terme de médecine. Fonte des parties solides avec excrétions abondantes soit de selles, soit d'urine, soit de pus, •oit de sueurs.
— HIST. xvi* s. Es autres la colliquation estoit telle, qu'un mois après leur fluoit la bouche, paré, xvi, H.
— êtym. Colliquare, de cum, avec, et liquare, fondre (voy. liqueur).
COLLISION (kol-li-zion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || l'Termede physique. Choc entre deux corps. || 2' Fig. Lutte, choc de partis animés de prétentions contraires. On craint une collision entre la troupe et la population.
COL
— HIST. xvi* s. Tout son [bruit] causé de la collision et rencontre de deux corps, paré, Introd. 9.
— ÊTYM. Provenç. collisio; du latin col lisionem, de collidere, de cum, avec, et lidere pour Xxdere, léser (voy. lésion).
COLLOCATION (kol-lo-ka-sion), s. f. || 1* Terme de jurisprudence. Inscription d'un créancier suivant l'ordre que la loi assigne à sa créance. Bordereau de collocation. || Collocation utile, celle pour le payement de laquelle les fonds seront suffisants. || Somme qu'un créancier a droit de toucher en vertu de sa collocation. || 2° Collocation de l'argent, emploi qu'on fait de l'argent en le plaçant.
— ÊTYM. Lat. collocalio, de collocare (voy. coixo-
OUER).
t COLLOCUTION (kol-lo-ku-sion) , s. f. Synonyme, peu usité, de colloque.
— HIST. xiv* s. Avoir collocution et compaignie à.... oresme, Thèse de meunier. Inutile à teles collocucions et esbattemens, oresme, Eth. 138. || xv* s. Aiant sceu que le duc de Bourgogne avoit eu paroles et collocution au roy d'Angleterre, juv. des ursins, Charles VI, 14)7. ||xvi* s. Après plusieurs collocutions et conseils tenus, m. du bellay, I3i.
— ÊTYM. Lat. colloculio (voy. colloque).
f COLLODIÉ, ÉE (kol-lo-di-é, ée) ou COLLO- DIONNÉ, ÉE (kol-lo-di-o-né, née), adj. Terme de photographie. Enduit de collodion. Verre collodionné.
t COLLODION (kol-lo-di-on) , s. m. Solution éthérée de coton- poudre, dont l'emploi a été proposé en chirurgie comme agglutinatif, et que la photographie emploie.
— ÊTYM. KoaXûStii;, collant, de xéXXa , colle (voy. colle).
t COLLOÏDE (kol-lo-i-d') , adj. Terme de chirurgie. Cancer colloïde, production morbide qui consiste en une trame aréolaire remplie d'une sorte de gelée.
— êtym. KoXXa, colle, et Mot. forme.
f COLLOIR (ko-loir) , s. m. Métier à encoller.
— ÊTYM. Coller.
COLLOQUE (kol-lo-k'), s. m. Conférence entre deux ou plusieurs personnes. Ils ont ensemble de fréquents colloques. || Le colloque de Poissy, conférence célèbre qui eut lieu à Poissy entre les catholiques et les réformés. || S. m. plur. Titre d'ouvrages appelés en latin colloquia, dialogues. Les Colloques d'Érasme.
— HIST. xvi* s. [Je] voyois aussi des noms estranges de surveillans, diacres, consistoires, synodes, colloques , n'ayant jamais esté desjeusné de telles viandes, montluc, Mim. t. n, p. 3, dans lacurne. Il attribua le jugement de ces choses à celui du colloque de Poissi prochain, d'aub. Hist. i, 107.
— ÊTYM. Le latin colloquium, de colloqui, s'entretenir avec, de cum, avec, et loqui, parler (voy. loquace).
COLLOQUE, ËE (kol-lo-ké, kée), port, passé. || 1* Créanciers colloques selon l'ordre de leur hypothèque. || 2* Mis, en un sens d'ironie ou de rigueur. Une fille colloque'' au couvent.
COLLOQUER (kol-lo-ké), t'. a. || i° Terme de jurisprudence. Faire la collocation des créanciers. || 2» Familièrement. Mettre quelqu'un en une place assez mauvaise. On nous a fort mal colloques. || Colloquer à quelqu'un, remettre à quelqu'un, avec l'idée qu'on est soi-même embarrassé de ce qu'on veut colloquer. Il ne sait à qui colloquer sa fille. Ces titres l'embarrassaient, il a tâché de me les colloquer. || 3°Se colloquer, t'. re'/î. Se placer. Quand un chacun fut embarqué, jEneas s' étant colloque , scarron, Virg. travesti, dans le roux, Dict. comique.
— HIST. xiv* s. Tous ceulx qui sont colloquez et demeurans environ la mer, oresme, Thèse de meunier. || xv*s. Jà les plusieurs [grâces] estoient promises et colloquées, froiss. h, n, 41 || xvi* s. Il fault colloquer les enfants [leur donner un état] non selon les facultez de leur père, mais selon les facultez de leur ame, mont, i, )78. Renversant les loix, en la tutelle desquelles Dieu l'a colloque, id. îv, 201. Enfin l'ordonnance fut faicte pour colloquer les estats à Meaux et le concile nationnal, d'aub. Hist. i, 97. C'est son escusson [à l'âme] à plusieurs quartiers, représentant le recueil de tous les titres de sa noblesse, planté et colloque sur la porte et au frontispice.... charron. Sagesse, i, 6. lia bien colloque sa fille, palsgr. p. 462. Voilà la bonté de cette bonne princesse à l'endroit du pays où elle avoit esté colloquée [mariée], brant. Dames gai. t. n, p. 90,
— ÊTYM. Provenç. cologar, cologuar; catal. collocar; espagn. colocar ; ital. collocare; du latin collocare, placer, de eu»), avec, et locare, mettre en un lieu, de locus. lieu (voy. lieu).
COL
jCOLLUOANT, ANTE (kol-lu-dan, dan-t'), ad).
Terme do jurisprudence. Qui collude.
COLLUDER (kol-lu-dé) , v. n. Terme de droit. Avoir collusion.
— HIST. xvi* s. Celuy qui d'ores en avant formera une demande en retrait, sera obligé, si la partie le requiert, de déclarer sous le serment qu'il aura fait la demande en retrait pour son propre aventage et non pour personne autre et sans savoir colludé avec qui que ce soit, Nouv. coustum. génér. t. i, p. 565.
— ÉTYM Le latin colludere, de cum, avec, et ludere, jouer.
t COLLURE (ko-lu-r"), ». f. 'terme de relieur. Action de coller.
— ÊTYM. Coller.
COLLUSION (kol-lu-iion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. ||i* Terme de droit. Intelligence de doux parties qui plaident, mais qui ne laissent pas de s'entendre pour tromper un tiers. || 2° Dans le langage général, entente secrète entre deux ou plusieurs parties, pour faire préjudice ou simplement pour tromper. De Mesmes n'avait rien oublié po;>r jeter sur moi toute l'envie de la collusion avec Itv ennemis de l'État, retz, n, 25). D'où vient que des hommes si différents conviennent tous pourtant en ce point et veulent tous être immortels? Ce n'est point ici une collusion; car comment ferez-vou» convenir ensemble les hommes de tous les pays et de tous les siècles? mass. Car. Vérité d'un avenir.
— HIST. xvi* s. Estant chargé d'avoir fait intelligence et collusion avec le roi d'Angleterre, yver, p. 6)8. Après laquelle composition, on pour mieux dire collusion, les deux caporaux eu adverlirent ledit du Bellay, M. du bell. 626.
— ÉTYM. Le latin collusio (voy. colluder). COLLUSOIRE (kol-lu-zol-r") , adj. Qui est fait par
collusion. Disposition collusoire.
— êtym. Collusorius , de colludere (voy. colluder).
COLLUSOIREMENT (kol - lu - zoi - re-man) , adv. D'une manière collusoire. La volonté arbitraire d'un seul , collusoirement aidée des prétentions aristocratiques qui enchaînaient ou paralysaient la nation, Mirabeau, Collection, t. m, p. 63.
— ÊTYM. Collusoire, et le suffixe ment.
t COLLUTOIRE (kol-lu-toi-r') , s. m. Terme de médecine. Médicament qui diffère du gargarisme en ce qu'il est employé pour agir seulement sur les genoives et les parois internes des joues et non sur la gorge.
— ÊTYM. Le latin colluere, laver, de cum et luere, laver (voy. lotion).
f COLLYBISTIQUE (kol-li-bi-sti-k'), adj. Ancien lerme de droit. Contrat collybistique, contrat par lequel une personne transportait à une autre, pour un prix convenu, l'argent qu'elle avait dans un autre pays.
— ÊTYM. KoXXuSoç, change.
COLLYRE (kol-li-r'), s. m. Terme de médecine. Toute espèce de médicament topique appliqué sur l'œil ou plutôt sur la conjonctive. Collyres secs, ceux qui consistent en des poudres que l'on insuffla dans l'œil; collyres mous, ceux qui sont des onguents ou pommades; collyres liquides, ceux qtio l'on prépare avec des eaux distillées, avec des infusions ou décoctions de plantes.
— HIST. xii" s. Si corne la lumière est del toi denoïe al malade oilh, quand li collires i est mis, Job, 6)6. || xin* s. Car entor moi si très cler vi, Tant m'oint les yex d'un fin colire , la Rose , 8086. || xvi* s. Collyre est un médicament approprié aux yeux, fait de medicamens bien subtilement pulvérisés, que les Arabes disent comme alcobol; aucunes fois collyre est dit improprement, pour quelque médicament liquide composé de poudres et quelques liqueurs, qui s'appliquent à autres parties, paré, XXV, 34.
— ÉTYM. Provenç. colliri; espagn. colirio ; ital. collirio; du latin collyrium, de xoXXûpiov, de xoX- Xûpa, sorte de pain et, en pharmacie, trochisque.
t COLMAR (kol-mar), s. m. La poire deColmar, ou, simplement, le colmar, espèce de poire.
— ÉTYM. La ville de Colmar, Haut-Rhin.
t COLMATAGE (kol-ma-ta-j') , s. m. Opération agricole qui a pour but d'exhausser le niveau dos terrains trop bas ou marécageux, au moyen de dépôts qu'y laissent des eaux bourbeuses, détournées de leur cours. Le colmatage a pris naissance en Toscane; en 178) , un arrêté de Léopold I" le rendit obligatoire.
— ÊTYM. Ital. colmare, combler. Voy. combler. t COL-NU (kol-nu), s. m. Espèce de corbeau.
|| Au plur. Des cols-nus.
t COLOBOME (ko !u bù m'). « »i ierme du
COL
COL
médecine. Mutilation en général, et, en particulier, Tice de conformation de l'œil, qui consiste en une fissure de la paupière supérieure et de l'iris.
— ÊTYM. KoX66(»u.o, mutilation.
t COLOCASE (ko-Io-ka-z') ou COLOCASIE (ko- Io-ka-zie), ». (. Terme de botanique. Nom vulgaire et spécifique de Varum colocasia, L.
— ÊTYM. KoAoxauiot.
t COLOCYNTIIINE (ko-lo-sin-ti-n') , s. f. Terme de chimie. Principe très-amer, résinoïde, qui est dans la coloquinte.
— ÊTYM. Voy. COLOQUINTE.
COLOMBAGE (ko-lon-ba-j'), s. m. Mot qui s'emploie dans la charpente, au lieu de colonnade, pour signifier un rang de colonnes ou de solives, dans une cloison ou une muraille.
— HIST. xv* s. Partie chevrons à maison et partie à coulombage, nu cange, columba.
— ÊTYM. Colombe , qui s'est dit pour colonne
(VOy. COLOXIBE 2).
t ) . COLOMBAIRE (ko-lon-bê-r') , adj. || i° Terme d'histoire naturelle. Qui appartient aux pigeons. || 2° Terme de minéralogie. Épithète donnée aux grains d'une roche grenue quand ils sont de la grosseur d'un œuf de pigeon.
— ÊTYM. Colombe.
f 2. COLOMBAIRE (ko-lon -bè-r'), *. m. Terme d'antiquité. Voy. columbaire.
4. COLOMBE (ko-lon-b*), s. f.\\ i° Pigeon, en style élevé. LeSaint-Espritdescendsousla figure d'une colombe. Notre-Seigneuradit : Soyezprudents comme les serpents et simples comme les colombes. || En termes d'histoire naturelle, nom moderne du genre pigeon. || Colombe du Groenland, nom vulgaire du genre cepkus, palmipèdes ne contenant qu'une espèce, laifuelle est connue sous le nom de petit Guillemot. || 8* Fig. Jeune fille pure et candide. C'est lui [Louis XIV] qui rassembla ces colombes timides, Êparses en cent lieux sans secours et sans guides, sac. Esth. Prol. L'Esprit-Saint, qui de Dieu fait entendre la voix, Parle-t-il à ton cœur, a-t-il dicté tonchoixT Et, t'appelant parmi ses colombes fidèles, Pour voler jusqu'à lui t'a-t-il prêté ses ailes? st-ange, Épitre à une novice. Oui, reprend la sainte colombe [la sœur de charité] .... À descendre en paix dans la tombe Ma voix préparait les mortels, bêrang. Les deux sœurs de charité. || 3° Vase de métal où l'on enfermait l'eucharistie. || Terme d'astronomie. Petite constellation méridionale.
— HIST. x* s. In figure de colomb volât à ciel, Eulalie. || xni" s. S'ot [Franchise] les chevous et blons et Ions, Et fu simple comme uns coulons, la Rose, 1204. Ensementcom li faus [faucon] vole après le coulon, Ch. d'Ant. n, 816. Les Sarrazins envoierent au soudanc par coulons messagiers par trois foiz, que le roy estoit arrivé, joinv. 215. || xv* s. Notre bonne bourgeoise abandonna son mari en ce colombier, et le laissa roucouler toute la nuit avec les coulons, louis xi, Nouv. lxxxvhi. || xvr s. Et est un mesme propos comme si quelcun disoit que tout coulomb fust le Saint-Esprit, pourtant qu'il est apparu en telle espèce, calvin, Instit. 1177. On a beau dire, une colombe est noire, Un corbeau blanc... marot, n, 56. Mais au coussin plume trèsblanche et pure D'un blanc coulomb le grand ouvrier a mis, id n, 26t. L'une plantoit herbes en un verger; L'autre paissoit coulombs et tourterelles, id. m, 286. L'herbe Robert, le pied de coulon, le plantain, paré, xvi, 35. Mon plaisir en ce mois c'est de voir les coloms S'emboucher bec à bec de baisers doux et longs, rons. 242. X colombes saoules cerises sont ameres, leroux DELiNCY.Prot). 1. 1, p. 1 72.
— ÊTYM.Saintonge, coulombe; provenç. columba, colombe, colomb, pigeon ; catal. coloma, colom; ital. co!omba,cofc>mbo;dulatin columba, columbus ; grec , xôXuij.ëo;, plongeur, par une confusion des oiseaux plongeurs et des pigeons. L'ancien français disait colomb, au masculin, pour pigeon.
f 2. COLOMBE (ko-lon-b'), *. f. Grosse solive, posée à plomb pour faire des édifices de charpente. || Sorte de grande varlope renversée. || Billot de bois carré, sur lequel les tonneliers joignent et rabotent les fonds.
— HIST. xm* s. Une église.... Sor bieles [belles] colombes de marbre, ph. mouskes, ms. p. 294, dans lacurnb. || xiv* s. Jehan frapa tant à la porte, que il rompi la columbe d'icelle, et par force se ouvri, du cange, columba. Emporter la coulombe ou le maistre huis, id. ib. || XVe s. Hubert s'efforça d'entrer ou dit hostel entre deux coulombes, id. t'6.
— ÊTYM. Forme altérée de columna, colonne, par attraction de ï'm pour b ou p ; provenç. colompnu Ou remarquera comment les noms de métiers
conservent parfois des formes archaïques, partout ailleurs effacées, t COLOMBEAC (ko-lon-bô), s. m. Petit pigeon.
— HIST. xiii' s. Ains les veïssiez entre aus [eux] deus Baisier comme deus columbiaus, la liosc, (283. || xvi* s. Les petits colombeaux s'apprennent à aller
par les nids pépiant, yver, p. 653 Voyez les
passereaux Qui démènent l'amour, voyez les colombeaux, Regardez le ramier.... rons. 150.
— ÊTYM. Diminutif decoiomb, pigeon.
t t. COLOMBELLË (ko-lon-bè-1'), s. f. Petite colombe, au propre et au figuré. Je vois paraître au bout de ma ruelle Non un pigeon, non une colombelle, Mais vingt corbeaux de rapine affamés, volt. la Bastille.
— HIST. xvi* s Un char Conduit par douze
colombelles, marot, i, 174. Se baisolter comme folastres colombelles, yver, p. 563. Mon doux plaisir, ma douce colombelle, Mon passereau, ma gente tourterelle, rons. 148. Icysur les ormeaux se plaint la tourterelle, Icy le colombeau baise sa colombelle, ID. 742.
— ÊTYM. Diminutif de colombe 1.
f 2. COLOMBELLE (ko-lon-bè-1'), s. f. En typographie, espace de filet qui sépare deux colonnes.
— ÊTYM. Diminutif de colombe 2, c'est-à-dire petite colonne.
t COLOMBETTE (ko-lon-bè-f) , s. f. Champignon bon à manger.
— HIST. xvi* s. Cueillir vos salades, les herbes de vos potages, et des champignons columelles et diablettes, que vous accommodiez vous mesme, mettant d'ordinaire la main à la cuisine, sully, Mém. t. i, p. 256, dans lacubne.
— ÊTYM. Diminutif de colombe, ainsi dit par comparaison avec une petite colonne (voy. colombe 2).
t COLOMBIDÉE(ko-lon-bi-dée), s. /'.Terme d'ornithologie. Famille de l'ordre des passereaux ayant pour type le genre pigeon.
t COLOMBIENNE (ko-lon-biè-n'), s. f. Presse d'imprimerie en fonte.
COLOMBIER (kolon-bié; Vr ne se lie jamais; au pluriel 1'* se lie : les colombiers et les pigeons; dites : les ko-lon-bié-z et....), s. m. || 1" Bâtiment où l'on élève des pigeons. || Colombier à pied, colombier qui a des boulins ou trous depuis le sommet jusqu'au rez-de-chaussée. || Fig. Attirer, faire venir les pigeons au colombier, attirer la clientèle, procurer des profits; et dans le sens contraire, chasser les pigeons du colombier. || Fig. Toute la bande des amours Revient au colombier; les jeux, les ris, la danse, Ont aussi leur tour à la fin, la font. Fabl. vi, 21. Après avoir en grand courrier Voyagé pour chercher un sage, J'ai regagné mon colombier, volt. Lettres en vers et en prose, 72. |j 2° Dans le langage familier , les places les plus élevées dans une salle de spectacle. Je n'ai trouvé place qu'au colombier. On dit aujourd'hui plus communément poulailler. || 3° Terme de papeterie. Papier d'un grand format. || 4° Terme d'imprimerie. Trop grande distance que le composi teur met en tre les mots. || 5° Terme de marine. Forte pièce de bois qui fait partie du ber d'un bâtiment en construction.
— HIST. xiii" s Et vola tant [le pigeon] qu'il
vint au colombier où il avoit esté nouris, Chron. de Rains, p. 96. En leu dechevaus atelés Ot es limons huit colombiaus, Pris en son colombier moult biaus, la Rose, (5988. || xiv* s. Ne m'eschapperez pas ainsi que le coulon Qui ist [sort] du columbier et va sur le buisson, Guescl. 4 2256. Il est li colomiers de touz lesesgarez, Girart de Ross. v. 4 621 . ||xv* s. Là dit une haute parole le comte de Devensiere : Et comment, seigneurs! en nostre nouvelle chevalerie nous tiendra [arrêtera] meshui ce colombier [cette bicoque]? froiss. n, il, 65. || xvi' s. Nul ne peut bastir coulombier à pied, sans le congé de son seigneur, loysel, 240.
— ETYM. Berry, coulombier; wallon, colèblrc; namurois, colèbi; provenç. colombier; anc. catal. colomcr; ital. colombajo; du latin columbarium, de columba (voy. colombe i).
4.COLOMB1N, 1NE (ko-lon-bin, bi-n'), adj. || i" Qui est de la couleur de la gorge des pigeons, couleur variable, mais qui, déterminée précisément et pour la teinture , est celle des fleurs de l'arbre de Judée (comme l'a reconnu M. Chevreul, d'après un passage d'Olivier de Serres). Taffetas colombin. || 2° S. m. Un des minerais, d'où l'on tire le plomb, il 3° S. f. Terme de peinture. Colombine, espèce de laque. || 4° S. f. Terme d'agriculture. Colombine, engrais de fiente de volaille.
— HIST. XIII* S. Et nos font chiere colombine, Fabl. et contes anc. t. i, p. 313. || xvi* s. Les bai-
sers colombins ne vous défaillent point, rons. 785. Que la simplicité colombine fust instruite par l'astuce serpentine, camus de celley, Diversités, t. n, f" 422, dans raynouard. Ses fleurs colombines [de l'arbre de Judée] augmentent la grâce de l'arbre, o. du serres, 6'it'cu, ch. vi. Cent œillets colombins et mille fleurs vermeilles, amad. jamin, Poésies, p. 4 52, dans lacurne. On te doit, colombin, louer de tous costez, Voyant comme tu plais à la fleur des princesses; Les colombes, qui sont d'amour sages maistresses, En ont la gorge peinte; et les jardins plantez En ont, comme les champs, leurs honneurs augmentez, id. ib. p. 274.
— ÊTYM. Colombe t ; provenç. coiombt'n; ital. colombino. Dans le xvi' siècle, colombin avait le sens général de : qui appartient à la colombe, au pigeon.
f 2. COLOMBIN (ko-lon-bin), ». m. Bassin dans lequel se met la composition de la fritte du faïencier.
t 4 . COLOMBINE ( ko-lon-bi-n' ) , s. (. Un des noms de l'ancolie.
f 2. COLOMBINE (ko-lon-bi-n'), s. f. Personnage de la comédie italienne; la fille de Cassandre et la prétendue d'Arlequin. || Au masculin, colombin, jeune homme qui a un air de colombe; se dit par plaisanterie. C'est un vrai colombin.
— ÊTYM. Ital. Colombina , nom propre, tiré luimême de colombe, pour désigner la douceur de caractère.
t COLOMBIUM (ko-Ion-bi-om') , s. m. Terme de chimie. Nom d'un métal plus généralement connu sous celui de tantale.
f COLOMBO ou COLUMBO (ko-lon-bo) , s. m. Terme de pharmacie. Racine d'une plante sarmenteuse (menispermum palmatum, i.), qui est amèra et astringente.
— ÊTYM. Colombo, ville de l'île de Ceylan, d'où cette racine est apportée.
f COLOMINE (ko-lo-mi-n'), ». f. Variété talqueuso d'argile à poterie.
f COLOMNAIRE (ko-lo-mnê-r'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une colonne. Structure colomnaire.
— ÊTYM. Le latin columna. colonne.
f COLOMNANTHÉKÉE, ÉE (ko-lo-mnan-té-ré, rée),adj. Terme de botanique. Dont les étamines sont réunies en colonne.
— ÊTYM. Columna, colonne, et anthère.
f COLOMNIFËRE (ko-lo-mni-fê-r'), adj. Terme d'architecture. Qui porte une colonne.
— ÊTYM. Le latin columna, colonne, et ferre, porter.
4. COLON (ko-lon), s m. \\ 1° Cultivateur d'une terre. || Colon partiaire, cultivateur qui partage avec le propriétaire les produits de la récolte. L'esclave qui cultive doit être le colon partiaire du maître, montesq. Esp. xni, 3. || Spécialement, celui qui afferme une terre moyennant une part des fruits, par opposition à celui qui paye en argent. || 2" Dans les derniers temps de l'empire romain et au moyen âge, personne de condition non libre, dépendante d'un maître et attachée au sol. || Du vm" aux' siècle, personne non libre, de condition supérieure à celle du serf. Les colons d'un fisc, d'une abbaye. On dit au féminin, une colone. || 3° Celui qui fait partie d'une colonie, ou qui en exploite le sol. || Celui qui habite les colonies, par opposition aux gens de la métropole. Un riche colon. Les colons se sont opposés autan' qu'ils ont pu à l'affranchissement des nègres. || C« lui qui est né aux colonies d'une famille de colon/ par opposition aux personnes venues d'Europe.
— HIST. xiv* s. Et les coulons, c'est les habitat»-de la ville, bercheure, f°33, verso. ||xvi* s. Le» colons ou conducteurs d'aucun héritage ne peuvent intervertir la possession du propriétaire , Coust. génér. t. i, p. 409.
— ÊTYM. Le latin colonus, de colère, cultiver (voy. culture).
t 2. COLON (ko-lon), s. m. Terme de grammaire grecque. Membred'une période, et, quelquefois aussi, incise. || Dans la métrique, colon signifie deux pieds au commencement'd'un vers finissant avec les mots eux-mêmes, sans aucune syllabe de reste. || Pause marquée par un point en haut, qui équivaut à deux points ou au point et virgule.
— ÊTYM. KiiXov, membre d'une période (voy.
CÔLON).
CÔLON (kû-lon) , s. m. Terme d'anatomic. Celui des gros intestins qui fait suite au cajeum. Est-ce la vessie ou le côlon qui vous tourmente? volt. Oreilles, m.
— HIST. xvi* s. Ces humeurs le plus souvent s'amassent au boyau nommé colon, paré, lutrod. vj. Partie transverse du colon, id. i, t.
COL
— ÊTYM. KûXov, membre du corps, et, en particulier, un des intestins.
t COLONAGE (ko-lo-na-j'), t. m. Exploitation par un colon partiaire.
— ÊTYM. Colon I .
t COLONA1LLE (ko-lo-nâ-11', II mouiUées), s. f. Terme de métier. Brin d'osier plus gros que les autres dans un ouvrage de vannerie.
— ÊTYM. Colonne.
t COLONAT (ko-lo-na) , s. m. Sous l'empire romain, état des agriculteurs, qui, sans en faire des esclaves susceptibles d'être vendus, les attachait au sol qu'ils ne pouvaient quitter. || Condition des colons de l'empire romain et du moyen âge. La période du colonat succède à celle de l'esclavage.
— ÊTYM. Colon l .
COLONEL (ko-lo-nèl), s. m. Le chef d'un régiment. || Officier qui, sans avoir de régiment, a le grade de colonel. Colonel d'état-major. || Autrefois, colonel général , dignitaire placé à la tète de tous les corps d'une même arme. Colonel général des hussards, des Suisses. || Colonel-lieutenant, nom qu'on donnait à l'officier qui commandait les régiments des princes du sang. || Colonel général de l'infanterie, celui qui commandait toute l'infanterie; charge supprimée en I66t.
— HIST. xvi" s. Sur la fin de ce différant arrivèrent les deux coronnels, Rab. iv, 37. De la mesme façon que depuis nous appelasmes coronal de l'infanterie celuy qui la conduisoit : mot qui approche de la royauté, pasq. Rech. 44. Le couronnel des compaignies, la boé-tie, 134. C'est à elle de faire la revue de tout ce qui est, comme à un couronnel de la faire de ses compaignies, m. 4 86. Un coulonnel de mille hommes, amyot, Galba, t). Ce qu'ils firenten l'absence de leur coronal, sans ordre ni conduitte, M. du bell. 602. Le duc d'Albe eut pour mestre de camp gênerai ou, pour mieux dire, colonel commandant à tous (car tel l'avoit esleu le duc d'Albe) Chiapin Vicelly.BRANT. Copil. estrang. t. i,p. 79,dansLACURNE.
— ÊTYM. Bourguig. etBerry, coronel, prononciation qui est un provincialisme devenu fautif, comme colidor pour corridor où la permutation des liquides r et l est inverse; espagn. coronel; non pas de corona, couronne, comme le ferait croire cette prononciation, mais de l'italien colonello, qui vient de colona, colonne, qui a aussi le sens d'une troupe de guerre.
t COLONELLAT (ko-lo-nél-la) , s. m. Ancien terme qui désignait l'emploi d'uo colonel propriétaire de son régiment.
COLONELLE (ko-lo-nè-1'), adj. f. || 1° La compagnie colonelle, ou, substantivement, la colonelle, la première compagnie d'un régiment d'infanterie, qui était commandée par le major. D'autre part la porte St.-Antoine était gardée par une colonelle de bourgeois, la rocii. ilém. 269. Ici, d'Estampes devait, à l'heure donnée, faire battre le tambour par toute sa colonelle, retz, i, 40. Le bruit qu'il y eut dans le palais obligea le parlement à faire garder les portes du palais par les compagnies colonelles de la ville, m. il, 339. Officier aux gardes de son métier, anspessade de la colonelle, dancourt, les Vendange*, 12. || 2° La femme d'un colonel. Madame la colonelle.
— HIST. xvi* s. Il prit dix légions avec trois cohortes prœtoriennes qui sont les compagnies coulonelles, ordonnées pour la garde du capitaine, amïot, Ant. 48. Prévost, enseigne de la coronalle de monsieur de l'Archan, paré, vin, 30. S mon regret diray cavalerie, infanterie, enseigne colounelle, esquadrons, au lieu de chevalerie, piétons, enseigne coronale, pasquier, Lettres, t. i, p. t05, dans lacurne.
— ÊTYM. Colonel.
t COLONIAIRE (ko-lo-ni-ê-r'), adj. Qui a rapport à une colonie romaine. Soldat coloniaire. || Qui est relatif aux colons du moyen âge. Un manse coloniai re.
COLONIAL, ALE (ko-lo-ni-al, a-1'), adj. Qui provient des colonies, qui est relatif aux colonies. Produits coloniaux. Questions coloniales. || Système colonial, celui qui réserve le marché des colonies à la métropole et réciproquement, ou celui qui développe les établissements coloniaux en vue de l'extension des débouchés. Dans le premier sens on dit pacte colonial. Colbert et les autres partisans du système colonial. L'Angleterre a renoncé au système colonial.
— ÊTYM. Colonie.
COLONIE (ko-lo-nie),î./\ || l'Établissement fondé par une nation dans un pays étranger. Envoyer une solonie. Leurs terres où ils fondent une colonie, boss. Hist. 1,8. Les Grecs qui font sur cette côte des colonies, fën. Tél. xi. || 2* Possession d'une nation europeunne dans une autre partis du monde. || Absolu-
ment, les colonibs, se dit pour les Antilles françaises. Il est Kiort aux colonies. || 3° Réunion d'individus qui ont quitté un pays pour en peupler un autre. || Le lieu où ils se sont transportés. || Les gens d'un môme pays habitant une localité étrangère. || Absolument, la colonie. On désigne ainsi dans certaines localités les résidents qui ne sont pas originaires de celte localité. || 4° Colonies agricoles, établissements agricoles institués à l'effet d'offrir du travail aux indigents et aui jeunes détenus, et d'augmenter les produits du sol en l'améliorant. || Colonie militaire, territoire dont les cultivateurs sont des soldats comme en Croatie, ou que des soldats habitent comme en Russie.
— iiist. xiv* s. Colonie ou coulongne est appelée quant aucune ville est gaigniée et aquise, et l'en [on] trametoit nouvel pueple pour habiter, bercheure, PMO, verso. Colonie romaine estoit aucune ville qui ou commencement avoit esté fondée et peuplée de Romains, id. f°2.
— ÊTYM. Le latin colonia, de colonut (voy. colon i ). On remarquera , dans Bercheure , l'hésitation entre colonie et colongne; colonie est la forme moderne, calquée sur la lettre latine; colongne, Cologne est la forme antique calquée sur l'accentuation latine, colônia.
t COLONISABLE (ko-Io-ni-za-W), adj. Qui est susceptible d'être colonisé.
— ÊTYM. Coloniser.
t COLONISATEUR (ko-lo-ni-za-teur) , s. m. Celui qui colonise. Les colonisateurs de l'Amérique. \\Adj. Un peuple colonisateur.
— étym. Coloniser.
COLONISATION (ko-lo-ni-za-sion), s. f. Action de coloniser; le résultat de cette action. La colonisation de l'Algérie. Colonisation civile. Colonisation militaire. ' ■"- "»
— étym. Coloniser.
COLONISÉ, ÉE (ko-lo-ni-zé, zée), part, passé. L'Amérique colonisée par les Européens.
COLONISER (ko-lo-ni-zé), v. a. Peupler par une colonie. || Se coloniser, v. réjl. Devenir colonisé. Avec le temps l'Algérie se colonisera.
— ÊTYM. Coloniser.
COLONNADE (ko-lo-na-d'), s. f. Terme d'architecture. Suite de colonnes qui forment galerie, et décorent un édifice. La colonnade du Louvre. L'or du commerce a élevé les fastueuses colonnades de l'hôpital de Greenwich, chateaub. Génie, ni, i, 6. Là leurs gigantesques fantômes [des nuages] Imitent les murs des cités.... Là s'élèvent des colonnades.... lamart, Harm. i, io.
— ÉTYM. Colonne; ital. colonnato.
+ COLONNAISON (ko-lo-nè-zon) , s. f. Terme d'architecture. Façade ornée de colonnes.
— ÊTYM. Colonne.
t COLONNATION (ko-lo-nna-sion) , s. f. Terme d'architecture. Disposition, proportion des colonnes. || Peu usité.
— étym. Colonne.
COLONNE (ko-lo-n'), *. f. || 1° Terme d'architecture. Sorte de fût cylindrique avec base et chapiteau, portant un entablement. Auprès d'une colonne et loin de la clarté Qui suffisait à peine à ce lieu redouté, volt. Sémir. v, 6. Comme une colonne dont la masse solide parait le plus ferme appui d'un temple ruineux, lorsque ce grand édifice qu'elle soutenait fond sur elle, boss. Reine d'Anglet. || Colonne toscane , colonne qui a dans sa hauteur sept fois son diamètre ; c'est la plus courte et la plus simple des cinq reconnues par Vignole. Colonne dorique, colonne qui a huit diamètres de hauteur, avec un chapiteau et une base un peu plus riches que la toscane. Colonne ionique, celle qui a neuf diamètres, et dont le chapiteau a des volutes. Colonne corinthienne, colonne qui a dix diamètres, et dont le chapiteau est orné de deux rangs de feuilles, avec des caulicoles, d'où sortent de petites volutes. Colonne composite, c'est la colonne corinthienne, sauf que l'on met au haut du chapiteau la volute ionique. || Colonne cannelée. Colonne torse. || Demi-colonne, colonne dont la moitié sort du mur, l'autre est présumée entrer dedans. || Colonne monumentale, monument qui a la forme d'une grande colonne isolée. La colonne de la place Vendôme, et, absolument, la colonne. Ah! qu'on est fier d'être Français, Quand on regarde la colonne! Chanson popidairc. || Colonne milliaire, borne qui indique les distances sur une route. || Les colonnes d'Hercule, les montagnes de Calpé et d'Abyla, au détroit de Gibraltar, où l'Océan communique avec la Méditerranée et où Hercule borna, dit-on, ses voyages. || Fig. Le point le plus éloigné d# la tarre. Fais trembler
sous tes pas les colonnes d'Hercule, corn. Ilor. i, 1. Fusses-tu par delà les colonnes d'Alcide, Je nie croirais encor trop voisin d'un perfide, rac. Phèd. iv, 2. || Fig. Ce sont autant de colonnes que vous
élevez à votre gloire, boss. Prov. t Du temple
des arts que la gloire environne , Vos mains ont élevé la première colonne, a. chén. 2. || Les colonnes de l'Etat, de l'Église, les personnes ou les choses qui en sont les soutiens. Recommander la cause de Dieu à ceux qui en ont toujours été les plus fermes colonnes, desc. Épit. ôter.... Un ministre à l'État, un père à la patrie, Au trône une colonne, au prince un favori, rotr. Relis, m, 5. Qui rencontre à son
trône une ferme colonne, m. Vencesl. v, » Du
plus ferme empire ébranlant les colonnes, racine, Alex. Il, 2. Bèze, Calvin qu'on regardait comme les colonnes du calvinisme, boss. Var. 1 4. C'était une des colonnes du parti protestant, m. Var. 8. Bientôt l'État, privé d'une de ses colonnes, Se plaindrait d'un repos qui trahirait le sien, s. b. rouss. Odes, liv. in, 6. Tu es le fléau du vice et la colonne de la fidélité, montesq. Lett. pers. 2. || 2* Colonne de lit, pièce de bois tournée qui pose a terre et qui aide à soutenir le fond du lit. || Terme de charpente. Pièce de bois qui se pose à plomb et qui soutient le faîtage d'un bâtiment. || Terme d'architecture. Colonne d'air, vide formé par le limaçon d'un escalier à vis suspendu. || 3" En physique, on dit une colonne d'air, d'eau, de mercure, etc. pour indiquer une quantité ds ces fluides d'une hauteur et d'un diamètre déterminés. || Colonne d'eau se dit aussi pour trombe. || Terme de fontainier. Quantité d'eau qui entre dans le tuyau montant d'une pompe. || Terme d'anatomie. Colonne vertébrale, nomdonnéàl'ensemble des vertèbres superposées. || Colonnes charnues du cœur, faisceaux musculaires plus ou moins nombreux qui sont dans les cavités du cœur. || 4* Colonne dans un livre, dans une page d'écriture, partie d'une page séparée du reste par une raie ou seulement par un espace blanc. Ce tableau a huit colonnes. Une colonne de chifTres. La colonne des unités, des dizaines. Les journaux ont deux, trois ou quatre colonnes. M. de Cambrai fit un livre qu'il intitula Maximes des saints, et le mit en deux colonnes, st-sik.45, (3. || 5' Terme de guerre. Corps de troupes disposé par sections plus ou moins étendues, ayant peu de front et beaucoup de profondeur. Serrer, déployer la colonne. L'ordre en colonne. Colonne serrée, lorsque la distance d'une section est moindre que le front des sections. Colonne d'attaque. Plusieurs brigades, prises de la nuit, couchèrent en colonne, comme elles se trouvèrent, stsim. t2, t44. D'un pas ferme et pressé, d'un front toujours égal, S'avança vers nos rangs la profonde colonne Que la terreur devance et la flamme environne, volt. Fontcnoi. || Colonne mobile, corps détaché chargé de parcourir un pays pour contenir les mouvements hostiles. || 6° Terme d'horticulture. Arbre en colonne, tige simple, verticale, s'élevant jusqu'à la hauteur de 6 mètres et plus, garnie seulement et régulièrement de rameaux à fruit depuis sa base jusqu'à son sommet. || 7° Colonne torse, jolie coquille univalve.
— HIST. m* s. Columpnesrundeski furent as murs justées, Rois, 247. || xiii* s. 11 avoit [il y avait] une colombe en Constantinoble el milieu de la ville qui estoit une des plus hautes et des inius ouvrées de marbre qui onques fust vette, villeh. cxxvii.
— ÊTYM. Provenç. colonna, colompna, coronda; espagn. columna; ital. colonna; du latin columna, decolumen, soutien.
f COLONNETTE (ko-lo-nè-f) , s. f. || 1" Terme d'architecture. Petite colonne. || 2" Terme d'anatomie. Portion de la dent. M. Owen adit que les molaires des antilopes se distinguent de celles des chèvres, parce qu'elles ne portent point de colonnettes interlobaires, gaudry, Comptes rendus, Acad. dessc. t. LU, p. 287.
— ÊTYM. Diminutif de colonne.
COLOPHANE ( ko-lo-fa-n' ) , s. f. Matière résineuse, sèche, transparente, jaune ou brune, qui est le résidu de la distillation de la térébenthine. || Résine avec laquelle on frotte l'archet des violons, basses et autres instruments de la même famille.
— HIST. xvi* s. Ferez fondre vostre colophone et résine avec la cire et l'huile, paré, xxv, 26. Vous ferez lentement fondre la cire, adjousUnt la poix et colophane, m. ib. »7. Colofaigne, paussy, 208.
— ÊTYM. Provenç. colophonia: aspagn. et ital. eolofonia; de xoaoçmvît), sous-entendu résine, résine de la ville de Colophon, en Asie mineure. Colophone, qui s'est dit d'abord, était plus correct.
t COLOQUINELLE (ko-lo-ki-nè-l'j , *. /". Variété de courge, dite coloquinte fausse.
COL
COL
COL
— ÉTTM. Voy. COLOQUINTE
COLOQUINTE (ko-lo-kin-t') , s. f. Concombre fort amer (cucumis colncynthis, L.). Amer comme coloquinte. Les bignonias, les coloquintes s'entrelacent au pied de ces arbres de toutes les formes, ciuteaub. Atala, 204. || Coloquinte fausse, variété de courge qui n'a aucune amertume. || Dans un langage tris-trivial, la tête, ainsi dite par assimilation de forme. Un coup de poing sur la coloquinte.
— HIST. xvi* s. Faites fumigation de graines de coloquintes, et de moutarde, paré, xv, 26. Rue, poudre de colocynthe, id. xxii, B.
— ÉTYM. Ko),oxûv6i, citrouille; Suidas dit ce mot médique. Espagn. et ital. coloquintida.
COLORANT, ANTE (ko-lo-ran, ran-t'), adj. Qui colore. Substance colorante. Les principes colorants.
\ COLORATION (ko-lo-ra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action par laquelle un corps devient coloré; résultat de cette action. La coloration des fruits par la chaleur du soleil. || Etat, apparence d'un corps coloré. La coloration de la peau, du visage.
— HIST. xvi* s. Coloration, oudin.
— ÊTYM. Colorer; provenç. coloratio; espagn. coloration; ital. coloraxione.
COLORÉ, ÉE (ko-lo-ré,rée),parf.p(MS(!. || 1° Qui a reçu de la couleur. L'horizon coloré par l'aurore. || Avoir le teint coloré, l'avoir rouge et vermeil. || Vincoloré, vin plus rouge que paitlet. || En botanique, feuille colorée, feuille qui a une autre couleur que la couleur verte. || Fig. Style coloré, style dont on compare les effets à des teintes vives et agréables. || 2°Qui a une apparence capable de séduire, de tromper. Il n'a pas même un titre coloré. Vous nous payez ici d'excuses colorées, mol. Tart. IV, (.Cette offre peut-elle être un refus coloré ? corn. Tois. d'or, 1,3. On ne pouvait pas proposera un roi une vue politique mieux colorée, boss. Polit. Cette Église n'a pas même une succession apparente et colorée, id. Réfl.
f COLORF.MENT (ko-lo-re-man) , s. m. Terme de dessin. Colorement de l'ombre, manière d'ombrer d'après les teintes du modèle.
— ÉTYM. Colorer; provenç. colorament; anc. espagn. coloramienlo ; ital. coloramento.
COLORER (ko-lo-ré), v. a. || i° Donner de la couleur. Le soleil colore les fruits. J'ignorais [ce] que ce pouvait être, Qui lui colorait ce beau teint, mai.h. iv, 4. Cette noble pudeur colorait son visage, bac. Phèd. il, B. Il le revit [l'incendie de Moscou] dans toute sa violence; toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu qui s'élevait en tourbillonnant jusqu'au ciel et le colorait fortement, ségur, Uist. deNapol. vm, 7. || 2° Fig. Embellir. Son imagination lui colore tout. || 3° Présenter sous un jour, sous un aspect favorable. Je n'ai point d'éloquence Pour colorer un fait, ou détourner la foi, Régnier, Sat. ni. Je ne sais pas ce qu'on peut dire pour colorer tant de violences, patru, Plaid, v, dans richelet. Pour en rompre les nœuds et colorer ses crimes, rotrou, Vencesl. n, 4. Et pour en colorer l'emportement honteux, corn. Sertor. i, 1. L'ingrat d'un faux respect colorant son injure, rac. Brit. 1, ^. Et par lit de son fiel colorant la noircsur, id. Athal. I, 4. Dans leur rébellion les chefs des janissaires Cherchent à colorer leurs desseins sanguinaires, id. Baj. n, l. Quelle excuse pouvons-nous trouver pour colorer nos rébellions? boss. Purif. 2. Le monde n'a plus rien à nous dire pourcolorersesdéréglements, mass. Panég. Si-Louis. Des raisons dont la flatteuse adresse À mes yeux éblouis colorant vos refus.... volt. Zaïre , iv, 2. Que d'un prétexte heureux la trompeuse apparence Colore ces apprêts.... delille, Enéide, iv, 416. || 4° Se colorer, r. réfl. Prendre de la couleur. Les raisins commencent à se colorer.
— SYN. colorer, colorier. Colorer, c'est donner une couleur naturelle ou artificielle , mais sans autre intention que cette couleur même. Colorier, c'est apposer avec art des couleurs sur quelque chose. Un verre coloré est un verre qui a une teinte de couleur quelconque comme un verre bleu, un »erre rouge, et en général les vitraux de nos églises; un verre colorié est un verre qui représente quelque dessin qu'on a tracé dessus, comme les verres de la lanterne magique, sur lesquels on a peint en uouleurs transparentes des figures qui se reproduisent amplifiées sur un linge blanc.
— HIST. xii' s. Trois fois se pasme sur l'erbe colorie, llonc. p. us. Blanche char [elle] ot comme Hors espanie ; Face vermelle com rose coulorie, llaoul de C. 143. || xin* s. [La femme] Or est un peu descolorée ; Par temps sera bien colorée, Contenance des femmes. || xiv' s. Ce que il dit eust aucune couleur, mais comme pourroit il coulourer son dit?
oresme, Eth. 297. Les petiz [corps], disons nous que il sunt bien formez, bien mesurez ou bien colorez, id. ib. 4 18. 11 le dist pour applaudir [faire approuver] et coulourer son fait , du cangr , applausivus. || xv s. Et leur fit dire et démontrer tant de belles raisons colorées que.... froiss. I, i, 3iu. Ne jamais il ne doibt estre receu à dire le contraire de sa confession, ne à la coulourer ou justifier autrement, juven. Charles VI, 44H. Tous se coulouroient sur le bien publique du royaulme, comm. i, 2. || xvi" s. Il employoit à tout propos ce qu'il avoit appris de Anaxagoras , coulourant ses raisons de philosophie naturelle par l'artifice de rhétorique, amyot, Péricl. xiii. Ces beaux pavois de pourpre coulourez, D'yvoire et d'or richement labourez.... id. Timol. 41. Luy qui ne demandoit que quelque occasion colorée, id. César, 16.
— ÉTYM. Berry , couleurer ; Saintonge , coulourer; provenç. et espagn. colorar; portug. corar; ital. colorare; du latin colorare, de color, couleur.
f COLORIAGE (ko-lo-ri-a-j'), *. m. La mise en couleurs. Le coloriage des cartes de géographie.
— ÉTYM. Colorier.
COLORIÉ, ÉE (ko-lo-ri-é, ée), part, passé. Planches, cartes coloriées. || Fig. Nos historiens ne songent qu'à faire des portraits fortement coloriés, j. j. bouss. Ém. iv.
COLORIER (ko-lo-ri-é). || 1° V. o. Appliquer des couleurs sur un objet. Colorier un dessin, une statue. || 2° F. n. Terme de peinture. Employer les couleurs. Ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine.
— ÉTYM. Colori, ancien participe du verbe colorir, dit à côté de colorer; ital. colorire.
t COLORIFIQUE (ko-lo-ri-fi-k'), adj. Terme de physique. Qui produit de la couleur.
— ÉTYM. Le latin color, couleur, et facere, faire, t COLORIGRADE ( ko-lo-ri-gra-d' ) , s. m. Voy.
COLORIMÊTRE.
— ÊTYM. Lat. color, couleur, et gradus, degré, f COLORIMÊTRE (ko-lo-ri-mè-tr'), s. m. Terme
de physique. Appareil imaginé pour déterminer le pouvoir colorant de certaines matières colorantes, garance, indigo.
— ÊTYM. Le latin color, couleur, etmètre, masure, f COLORINE (ko-lo-ri-n') , *. f. Sorte de teinture
jaune.
— ÊTYM. Le latin color, couleur.
COLORIS (ko-lo-ri),s. m. || 1° Partie de la peinture par laquelle on donne aux objets qu'on peint la couleur qui leur convient. Ce tableau pèche par le coloris. || 2° Par extension, éclat des couleurs au teint et sur les fruits. Le coloris d'une prune. L'autre broie en riant le coloris des moines, boil. Lutrin, II. Quand j'ai bu du vin de Champagne, j'ai, le lendemain, le coloris obscur , les nuances brouillées et des erreurs au teint qui me vieillissent de dix années, regnard, Critique du lég. 8. || 3" Fig. Éclat du style qui permet de le comparer aux reflets de la peinture. 11 n'y a point de si petits caractères qu'on ne puisse rendre agréables par le coloris : le fleuriste de la Bruyère en est la preuve, vauven. Nouv. max. es. Né avec cet enjouement qui répand un coloris de finesse sur la raison, et d'aménité sur les vertus, dider. A mon frère. Il ne s'agira plus que de retoucher le tableau et de lui donner du coloris, volt. Lett. d'Argental, 42 sept. 4764. De sa main triomphante il [le roi de Prusse] me trace une épttre, Une épître où son cœur a paru tout entier; Je vois le bel esprit, et l'homme et le guerrier; C'est le vrai coloris de son âme intrépide, id. Ép. u. || Fig. Ce qui masque. J'ai vu mille peines cruelles Sous un vain masque de bonheur, Mille lâchetés infidèles Sous un coloris de candeur, gresset, Chartreuse.
— ÉTYM. Ancien participe colori (voy. colorier). Si compaignon fièrent [frappent] de lor brans coloris, Ch.dAnt. vm, 977. Ital. colorito. L'orthographe de ce mot aurait du être colori, et non coloris, où Vs ne s'explique pas.
f COLORISATION (ko-lo-ri-za-sion), *. f. Terme de physique. Apparition d'une couleur quelconque. || Terme de pharmacie. Changement de couleur qui arrive aux substances en diverses opérations de la nature ou de l'art. || Action d'appliquer des couleurs. Colorisation électro-magnétique.
— ÊTYM. Verbe fictif coloriser, de coloris. COLORISTE (ko-lo-ri-sf), ». m. || 1° Peintre habile
dans le coloris. C'est dans les écoles vénitienne et flamande qu'on trouve les meilleurs coloristes. Jean- Jacques aura toujours entre les littérateurs le mérite des grands coloristes en peinture, dider. Ess. s. Claude. || Les coloristes, les peintres qui se distingnent par la couleur, par opposition à ceux qui se distinguent par le dessin. Il Se dit aussi des écrivains.
C'est un coloriste. || 2' S. m. etf. Celui, celle qui colorie dos estampes, des cartes.
— ÊTYM. Coloris.
COLOSSAL, ALE (ko-lo-sal , sa-1'), adj. || l'Qui est extrêmement grand, comme l'est le colosse. Des monuments colossaux. Statue colossale. Et leurs pas, ébranlant les arches colossales, Troublent les morts couchés sous le pavé des salles, v. hugo. Bail. 14. || Par extension, qui appartient à un colosse de puissance ou d'orgueil. Du meurtrier [du duc d'Enghien] les nations vassales Courbent leurs fronts tremblants sous ses mains colossales, v. hugo, Odes, m, 6. || 2* Fig. Vaste, étendu. L'empire des califes fut de peu de durée, mais colossal.
— ÊTYM. Colosse.
COLOSSE (ko-lo-s') , s. m. || 1° Statue d'une grandeur exiraordinaire. Le colosse de Rhodes. || 2° Par extension, homme, animal de haute et forte stature. Qui n'admira que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible.... soit il présent un colosse? pasc. dans cousin. Il jugea qu'à son appétit Dame baleine était trop grosse; Dame fourmi trouva le ciron trop petit, Se croyant, pour elle, un colosse, la font. Fabl. i, 7. [Le comte de Bagliani] C'était une espèce de colosse en hauteur et en grosseur, st-sim. 406, 128. || 3° Fig. Empire ou souverain très -puissant; personnage très-considérable. Un colosse d'État qui de vous seul attend L'âme qu'il n'a pas de lui-même, corn. Agésil. m, I. Voici de quoi détruire et de quoi renverser Ce colosse orgueilleux si fort à terrasser, rotr. Bélisaire, iv, B. Ce colosse effrayant dont lo monde est foulé, volt. Mort de César, m, 4. Cet effroyable colosse, Cazaux, l'appui des mutins, A mis le pied dans la fosse.... malh. ii, b. J'ai du regret de voir Tite-Live jeter ses fleurs sur ces énormes colosses de l'antiquité; je voudrais qu'il eût fait comme Homère, qui néglige de les parer, montesq. Homams, B. Ces colosses d'orgueil furent tous mis en poudre, malh. h, 12. Trente années détruiront ces colosses de puissance qu'on ne voyait bien qu'à force de lever la tète; nous disparaîtrons, moi qui suis si peu de chose, et ceux de qui j'espérais toute ma grandeur, la bruv. viii. Que c'était un assez grand résultat pour y sacrifier Moscou tout entière; que peut-être le ciel, pour leur accorder une aussi grande victoire, voulait un aussi grand sacrifice, et qu'enfin il fallait à cet immense colosse un immense bûcher, ségur, Hist. de fiapol. vm, 6. || Le colosse du Nord s'est dit très-souvent pendant un temps pour le czar de Russie, l'empire russe.
— HIST. xvi* s. Le bruit sempiternel du colosse érigé sus la sépulture de Memnon, rab. Pant. v, I. Le sage peult bien, sans inteiest de son debvoir, leur quitter [accorder aux passions humaines] d'en haster ou retarder son pas, et ne se planter comme un colosse immobile et impassible, mont, i, asy.
— ÉTYM. Le latin colossus, de xtAoaoo;, statue colossale.
t COLOSTRATION (ko-lo-stra-sion), s. f. Terme de médecine. Maladie des enfants nouveau-nés, qu'on supposait produite par le colostrum.
— ÊTYM. Colostrum.
COLOSTRUM (ko-lo-strom') , s. m. Terme de médecine. Le premier lait des femmes après l'accouchement.
— êtym. Lat. colostrum.
fCOLOUGLI (ko-lou-gli) ou COULOUGL1 (koulou-gli), s. m. Nom des habitants de l'Algérie nés de pères turcs et de femmes indigènes.
— ÉTYM. Mot turc, de koula, esclave, et oghli, fils.
t COLPOCÈLE (kol-po-sè-1'), s. f. Terme de chirurgie. Hernie du vagin.
— ÊTYM. K.61noç, vagin, etxijfa], hernie.
t COLPOPTOSE (kol-po-ptô-z'), s. f. Terme de chirurgie. Procidence du vagin.
— ÊTYM. RéXnoi;, vagin, et irrûiriç, chute.
t COLPORRHAGIE (kol-po-rra-jie), s. f. Terme do médecine. Hémorrhagie du vagin.
— ÊTYM. KùXtoç, vagin, et pafii, éruption.
COLPORTAGE (kol-por-ta-j'), *. m. Action de colporter; métier de colporteur. Les règlements sur le colportage.
— ÉTYM. Colporter.
COLPORTÉ, ÉE (kol-por-té, tée), part, passé. Des marchandises colportées dans les campagnes. || Fig. Des bruits colportés par la malveillance.
COLPORTER (kol-por-té) , v. a. || 1» Porter dans les villes ou les campagnes des marchandises pour les vendre, marchandises qui sont dans une banne portée sur le dos ou sur une petite voiture. Colporter des livre». || Par extension. Colporter une nouvelle, une histoire, aller la raconter à l'un et à l'autre.
cm.
COM
com
|| Fig. Imitant noblement ces grâces mercenaires, Qui, par couples nombreux, sur le déclin du jour, Vont aux lieux fréquentes colporter leur amour, oh.b. Le ta- s. Il 2" Se colporter, v.réfl. Être colporté, être ditçà et là. Cette nouvelle se colporte depuis hier.
— lllST. xurs. Nus ne puet ne ne doit conporter ne faire conporter par la vile de Paris, Liv. des met. 86.
— ÉTYM. Sans doute de col et porter: porter sur son cou. Cependant la forme ancienne est conporter, qu'on peut expliquer en disant qu'elle est pour conporter, les syllabes on et ou se confondant facilement dans l'ancienne prononciation. Quoi qu'il en soit, conporter reste et rappelle le latin comportare. On trouve aussi au xvi* siècle contreporler.
COLPORTEUR (kol-por-teur) , s. m. || 1° Originairement, petit marchand ambulant qui colporte ses marchandises sur son dos. || Marchand ambulant, qui porte ses marchandises dans les campagnes pour les vendre à des particuliers, et, particulièrement, marchand de livres. Mais dans les vers tous s'estiment docteurs, Bourgeois, pédants, écoliers, colporteurs, i. b. rouss. Éptt. ni, 1. H Par extension. Les Hollandais ont été les colporteurs des autres nations. || 2° Celui qui crie et qui vend dans les rues, avec permission de la police, les bulletins, les journaux, etc. || Fig. Un colporteur de nouvelles, celui qui va les débiter adroite et à gauche.
— HIST. xiii* s. Nus chauciers de Paris ne puet conporter ne fere conporter par la ville de Paris chauces neuves de soie ne de toile, pour les fraudes qui sont telesque H conporteur ne sont conneu, Liv. des met. 4 39. jl xvi* s. La dite dame en fournissoit [de nouvelles] les contreporteurs, Sat.Mén. p. 4 97. Les revendeurs de livres, qui les portent à leur col par la ville, sont appeliez contreporteurs, d'un mot corrompu au lieu de colporteurs, pasquieh, Rech. vin, p. 764, dans LACURNE.
— étym. Colporter.
t COLTIS ikol-ti), s m. Terme de marine. Couple qui correspond aux points où commence la saillie des bossoirs.
fCOLUBRlN, INE(ko-lu-brin,bri-n'), adj. Terme de zoologie. Qui appartient à la couleuvre. || S. m. Nom d'une famille de reptiles établie sur le genre couleuvre.
t COLURRINE (ko-lu-bri-n'), s. f. || 1- Variété d'argile à poterie grise et sans tache. || 2° Un des noms de la bryone.
— ÉTYM. Colubra (voy. couleuvre).
■f COLUMBAIRE ko-Ion-bê-r) et COLUMBARIUM (ko-lon-ba-ri-om'),s. m. Terme d'antiquité. Bâtiment sépulcral, qui contenait plusieurs niches propres à recevoir des urnes mortuaires.
— ÉTYM. Lat. columbarium, pigeonnier; les niches des urnes ressemblant à des trous à pigeons.
f COLUMELLAIRE (ko-lu-nièl-lê-r'), adj. Terme didactique. Qui a rapport à la columelle d'une coquille.
— ÉTYM. Columelle.
t COLUMELLE (ko-lu-mè-1'), s. f. || 1° Terme didactique. Petite colonne. H 2° Nom qu'on donne au fil t , à la rampe, ou à l'axe intérieur d'une coquille, depuis le haut jusqu'en bas. || 3° Axe central de l'urne des mousses.
— ÉTYM. Lelatin columella, diminutif de columen
(voy. COLONNE).
t COLUMELLE, ÊE ( ko-lu-mèl-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est garni d'une columelle.
COLURE(ko-lu-r'), *. m. Chacun des deux grands cercles géographiques, qui s'entre-coupent à angles droits aux pôles du monde et qui passent, l'un parles points solsticiaux, et l'autre par les points équinoxiaux de l'écliptique. Delà ils tirent les noms, l'un de colure des solstices, l'autre de colure des équinoxes , parce qu'ils déterminent ces quatre grandes divisions et marquent par conséquent les quatre saisons de l'année. Comme on sait que les étoiles fixes ont un mouvement en longitude d'un degré en 72 ans, si on sait une fois qu'au temps de Cliiron le colure des équinoxes passait parcertaines étoiles fixes, on saura, en prenant leur distance à celles par où il passe aujourd'hui , combien de temps s'est écoulé depuis Chiron jusqu'à iious,fonten. Newton.
— ÉTYM. KôXoupo;, sous- entendu yp«M-u.^, ligne colure, de xôAoupoç, qui a la queue mutilée, de xo).o;, mutilé, et oùpà, queue; ainsi nommés, dit Proclus, parce que quelques-unes de leurs parties ne sont pas accessibles à la vue.
COLZA (kol-za), s. m. Nom donné à une variété de chou champêtre (crucifères), dont les graines fournissent une huile bonne à brûler.
— ETYM. Wallon, colza, golia; *>uchi, colsa;
du holl. koolsaad, mot à mot semence de chou, de kool, chou, et xaad, semence. Ce mot est écrit, dans Richelet, cohat, qui est plus conforme à l'étymologie.
COMA (kô-ma), s. m. Terme de médecine. Sorte d'assoupissement dans lequel le malade retombe aussitôt qu'il cesse d'être excité.
— ÊTYM. Kû>u.ot, assoupissement (comp. cimetière).
t COMARCIIIE (ko-mar-chie), s. f. Fonction de comarque.
t COMARQUE (ko-mar-k'), s. m. Terme d'antiquité grecque. Gouverneur d'un village.
— ÉTYM. Ktàp.apxo<;, de xû|AT|, village, etâpysiv, commander.
COMATEUX, EUSE (kô-ma- teû , tcû-z') , adj. Terme de médecine. Qui concerne le coma.
— ÉTYM. Coma.
COMBAT (kon-ba; le t se lie; au pluriel l'sselie : des combats opiniâtres, dites : des kon-ba-z opiniâtres; combats rime avec appas, mâts, etc.), s. m. Il 1° Action dans laquelle on attaque et l'on se défend. Un ange contre qui il eut un combat, boss. llist. 1, 3. Je dois aux yeux d'Alcmène un portrait militaire Du grand combat qui met nos ennemis à bas, mol. Amph. 1, I. Si son esprit est haut, il le veut faire bas; S'il est propre à l'étude, il parle des combats, Théophile, Sat. I. Qu'il lui suffise que l'Espagne, Réduite par tant de combats X ne l'oser voir en campagne, A misl'ireet les armes bas, malh. m, 4. Il Combat naval, combat sur mer. || Combat singulier, duel. || Combat judiciaire, dans le moyen âge, combat, autorisé par le juge, de deux champions ; le vaincu perdait sa cause. [| Terme de l'ancienne chevalerie. Combat à outrance, celui qui se faisait avec l'épée tranchante, à fer émoulu. Combat à plaisance, tournoi que l'on faisait pour divertir les dames et qui était suivi de danses. || Être hors de combat, être par ses blessures hors d'état de combattre. H Mettre hors de combat, blesser ou désarmer son adversaire, de manière qu'il ne puisse plus combattre. Et fig. L'affaire du syndic m'avait mise hors de combat , sév. 4 92. Vous étiez hors de combat , m. 34 4.|| En parlantdes animaux. Combat de taureaux, de coqs. || 2° Au pluriel et dans le style soutenu, la guerre. Je chante les combats, boil. Art p. m. Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats, rac. Esth.
I, 6. Nos défenseurs se pressaient sur vos pas; Les fleurs pleuvaient, et des vierges pudiques Mêlaient leurs chants à l'hymne des combats, bêrang. Déesse. Il 3° On donne ce nom à certains exercices, à certains jeux dans lesquels deux ou plusieurs champions disputent un prix. Le combat du ceste. Les combats du cirque. || Fig. Combat littéraire, dispute d'un prix littéraire, ou lutte des écrivains qui se disputent la faveur publique. Dans les combats d'esprit fameux maître d'escrime, Enseigne-moi, Molière, où tu trouves la rime, boil. Sat. 11. || 4° Par extension, lutte de forces contraires, physiques ou morales. Le combat des éléments. La fortune en tous lieux à l'homme est dangereuse; Quelque chemin qu'il tienne, il trouve des combats, malh. v, 2. Cette vie est un combat perpétuel, et la philosophie est le seul emplâtre qu'on puisse mettre sur les blessures qu'on reçoit de tous côtés, volt. Lettr. Urne du
Devant, 3 oct. 4704 Sans rendre combat, tu
veux qu'on te surmonte, corn. Cid, v, 3. Je n'avais contre Attale aucun combat à rendre, id. Nicom. m, 4. Ce cœur si généreux rend si peu de combat, id. Cinna, iv, 6. Les combats qu'il a fallu rendre, boss. Anne. Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus 1 rac. blithr. 11, 4. Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats, id. Plièd. 1, 3. Où sont-ils ces combats que vous avez rendus? id. Iphig. iv, 4 Sa douleur a si peu de combats [il se livre si facilement à sa douleur], malh. i, 4. ô rigoureux combat d'un cœur irrésolu! corn. Cinna, iv, 2. Mais en ce dur combat de colère et de flamme II déchire mon cœur sans partager mon âme, id. Cid, m, 3. Votre amour en tous deux fait ce combat d'esprits, id. Cinna,
II, 4. Que je sens de rudes combats, id. Cid, 1, 9. Je n'ai plus de combat à faire contre moi, id. D. Sanche, v, t. Ce qu'on ne dit point qu'après de longs combats, mol. His. îv, 3. La vie chrétienne est toujours une vie de combat, mass. l'anég. murl. Quand le sort à ta mince étoffe Livrerait de nouveaux combats, bérang. Habit. Napoléon ne se décide encore ni à rester ni à partir; vaincu dans ce combat d'opiniâtreté, il remet de jour en jour à avouer sa défaite, ségur, llist. de Nap. vm, 11. || 5° Louable émulation. Ce fut entre eux un combat de générosité. Qui de civilités avec tous font combat, mol. Mis. 1, 4. Il 6" Terme de féodalité. Combat de fief, con-
testation entre deux seigneurs qui réclnmaiont la mouvance d'un même fief.
— REM. L'Académie dit : donner un combat; des grammairiens ont condamné celte expression, mais sans fondement.
— HIST. xvi' s. Assister au combat de taureaux, mont. 1, 92. La douceur d'iceux vents et leur plaisant combat, bail Pant. v, 4 8. Qu'il ne laisse devenir à ma court, l'asseurant, s'il demande la jouste, qu'elle ne luy sera refusée; si le combat, encores moins, D. Flores de Grèce, P cl, dans lacurne.
— ÊTYM. Voy. COMBATTRE.
+ COMBATIVITÉ (kon-ba-ti-vi-té) , s. f.Voy. COM-
BATTIVITÊ.
t COMBATTABLE (kon-ba-ta-bl') , adj. Qui peut
être combattu.
— HIST. xiit's. Et Gauvain le bien combatable, la Jtose, 4 9092. Il xv* s. Le mareschal et bon combatable, eust. desch. Mit. du mar.
— ÊTYM. Combattre. Dans l'ancien français combatable a le sens actif: qui combat.
COMBATTANT (kon-ba-tan) , t. m. || i* Homme armé pour la guerre. Thèbes pouvait faire sortir ensemble dix mille combattants par chacune de ses portes, boss. llist. m, 3. Sous couleur de punir un injuste attentat, Des meilleurs combattants il affaiblit l'Etat, coiin. Cid, iv, B. || Champion. Nommons des combattants pour la cause commune; Que chaque peuple aux siens attache sa fortune, corn. Hor. 1,3. Et croire que nous seuls armons ce combattant, corn, l'omp. v, 4.112° Soldat qui prend part à un combat. Le nombre des combattants était égal de part et d'autre. La déroute fut entière, Quoi que put faire Artarpax, Psicarpax, Meridarpax, Qui, tout couverts de poussière, Soutinrent assez longtemps Les efforts des combattants, la font. Fabl. iv, 6. Et le combat finit faute de combattants, corn. Cid, iv, 3. Une nuée de traits obscurcit l'air et couvrit tous les combattants, fén. Tél. xx. Allez, vils combattants, inutiles soldats, Laissez là ces mousquets trop pesants pour vos bras, boil. Ép. iv. Il Les combattants, ceux qui, dans une armée, prennent part aux combats, par opposition aux non combattants, c'est-à-dire les officiers d'administration, les musiciens, les chirurgiens, etc. Napoléon, entré dans Moscou avec quatre-vingt-dix mille combattantset vingt mille malades, en sortaitavec plus de cent mille combattants, ségur, llist. de Napol. ix, 4. Il Familièrement. Le bal, le jeu finit faute de combattants, faute de danseurs, de joueurs. || 3" Chacun des assistants et des tenants d'un tournoi. |] 4° Par plaisanterie, combattant se dit de gens qui so battent à coups de poing; en ce sens il a un féminin, combattante. On fut d'avis de jeter deux ou trois seaux d'eau sur les combattants.
— HIST. xii* s. Vingt mile combatant , Ronc. p. 27. Sire, dit Guenes, Ogier li combatanz [le guerrier], ib. p. 34. Près [il] trovera le fort roi combatant, t'b. p. 422. Vingt mille sont, hardi et combatant, id. p. 432. Il xvi's. Chascun pouvoit assembler cent mille combattants, mont, i, 229.
— ÊTYM. Combattre. L'ancien français avait le substantif combatere, combaleor, qui a subsisté jusque dans le xvi* siècle. Irrépréhensible, de bonnt doctrine, non pas combateur ni avaricieux, calv. Inslil. 870. Combattant ne remplace pas exactement combatteur: comme il n'est autre que le participe présent de combattre, pris substantivement, il a le sens de celui qui combat actuellement , tandis que combatteur, c'est celui qui a l'habitude ou qui fait lo métier de combattre.
t COMBATT1VITÉ (kon-ba-ti-vi-té), s. f. Terme du système phrénologique qui exprime le penchant que les animaux et l'homme paraissent avoir pour le combat.
— ÉTYM. Combattre.
COMBATTRE (kon-ba-tr'), je combats, nous combattons; je combattis; je combattrai; que je combatte; que je combattisse; combattant; combattu, v. a. H 1" Se battre contre un ennemi, soit quon attaque, soit qu'on se défende. Combattre un adversaire. Combattre les bêtes féroces. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches; les premiers héros se signalèrent dans ces guerres, boss. llist. 1, 4. || Faire la guerre. Combattre les ennemis de son pays. || Dans le langage élevé ou poétique. Mon père.... plein du grand combat qu'il avait combattu, En racontant sa vie enseignait la vertu, lam. llarm. m, 2. Bien. aimez vos amours et combattez vos guerres, v. hugo, Odes, 11, 40. Cet emploi se justifie par l'exemple célèbre de Bossuet : Dormez votre sommeil, grands de la terre, le Tellier. || 2" Fig. Combattre les préjugés. Combattre l'hérésie. Un scrupule conlinmel la
COM
combat dans cette jouissance, pasc. Conr. des P. Rodrigue dans mon cœur combatencor mon père, corn. Cta\in,3.Car enfin ce n'est rien d'avoir à combattre l'indifférence ou les rigueurs d'une beauté qu'on aime, mol. Sicilien, 3. De cent peuples pour lui combattre la rigueur, bac. Androm. i, 4. Me faudra-t-il combattre encor vos cruautés? id. ti>. i, 4. C'est une ingratitude de combattre les intentions de son bienfaiteur, patru, Plaidoyer 3, dans richelet. Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes, et Louis combat ceuxlà plus que tous les autres, boss. Marie- Thérèse. || Combattre la nature, lutter contre les obstacles qu'elle présente à l'homme. Il nous a fallu reprendre Corbie.... en une saison en laquelle, outre le* hommes, nous avions encore le ciel à combattre, voit. lett. 74. Les chefs et Mortier lui-même, vaincus par l'incendie qu'ils combattaient depuis trente-sixheures, y vinrent [au Kremlin] tomberd'épuisementet de désespoir,sêgur,//is(. de Napol.vm, 6. || Essayer de réfuter ou de détruire les opinions qu'un autre avance. Cet orateur combattit le ministère. Aristote combat souvent Platon. Je tiens aussi difficile de combattre un ouvrage que le public approuve, que d'en défendre un qu'il condamne, mol. Fâch. Préface. On voit que les grands noms ne lui en imposaient pas; il combat quelquefois Morgagni en le respectant, et Haller en l'estimant, condorcet, Berlin. || 3°Combattre un mal, une maladie, y opposer les moyens qui peuvent en procurer la guérison ou en arrêter les progrès. || 4° V. n. Livrer combat. X ce que je puis voir vous avez combattu, Prince, par intérêt plutôt que par vertu, corn. Nicom. n, 3. Je combattais, Seigneur, avec Montmorency,' volt. Zaïre, n . 3. Mon Dieu, j'ai combattu soixante ans pour ta gloire, id. tb. n, 3. Je suis l'un des guerriers qui sont venus de France Combattre parmi vous pour votre indépendance, masson, Helv.n. Deux taureaux combattaient à qui posséderait Une génisse avec l'empire, la font. Fabl. II, 4. Les Machabées étaient vaillants, et pourtant il est écrit qu'ils combattaient par leurs prières plus que par leurs armes, boss. Varie- Thérèse. || Par extension. Et comptez-vous pour rien Dieu qui combat pour nous? rac. Ath. i . 2. C'est ainsi que M. de Beaumont défend à Paris l'innocence des Sirven, après avoir si glorieusement combattu pour les Calas, volt. Lett. à If***, mars «767. || Lutter. Pollux.... ne combattait pas mieux du ceste, fén. Tél. xvi. || Fig. Être en état de lutte, faire des efforts. Pour ne la plus aimer j'ai cent fois combattu, rac. Bére'n. v, 7. Par elle [la tentation] sa vertu plus vivement éclate, Et l'on doute d'un cœur jusqu'à ce qu'il combatte, corn. [mit. I, 4 3. || 5° Combattre contre, au propre et au figuré, lutter, engager, soutenir la lutte. 11 combattit contre les ennemis. Combattre contre les tentations. Combattre contre la faim. Il essaye, il fait des efforts, il combat contre le danger, mass. Avent. Délai de la convers. || Dans le style élevé. [Ile] Bordée de rochers affreux contre lesquels la mer va follement combattre, fên. Tél. vm. || Combattre pour, concourir au succès au triomphe de. Les maladies qui désolèrent l'armée ennemie combattirent pour Louis XIV, volt. Louis XI V, 21. || Combattre de civilité, de politesse avec quelqu'un, faire assaut de civilité. || 6" Se combattre, v. réfl. Se battre l'un contre l'autre; être opposé l'un à l'autre. Ils se combattirent avec fureur. || Fig. Ces raisons se combattaient dans son esprit. L'auteur se combat lui-même, boss. Somm. de la doctr.
— WST. xi* s. [Je] Puis m'en cumbatre [avec no3 chevaliers] àCharle et à Franceis, Ch. de Roi. xlii. Assez est mieux que [nous] morions combatans, tb. cxiv. X cels d'Espaigne moût s'i est cumbatuz, tb. cl. S'il ne cumbat à celé gent hardie, tb. clxxxiv. Li emperere, s'il se cumbat odmei, tb. ccxxxviii. One [je] ne vi gent qui si fust cumbatant, tb. cclvi. || xii' s. Bien [tu] peus combatre au roi et as Franzois, Ronc. p. 27. Et toute terre en [de mon épée] ai-je combatue, tb. p. (06. Là se combat chascuns pour garantir sa pel, Sax. îx. L'arcevesque Thomas pur els se conbateit, Th. le mari. 26. || xm* s. Bien furent jusques à seize seur le mur, et se combatirent main à main de haches et d'espées, villeh. lxxvi. Et en cheval se combatti Pompeus de Rome contre Julius César, h. de valenc. xv. Pour combattre à vos ennemis avez passé une rivière à noue [à la nage], joinv. 22». || xv s. Ainsi que ces garçons se combattoient à aucuns de ces Anglois, froiss. i, i, 3t. Et savoit bien [le roi d'Angleterre] que le roi de France le suivoit à tout son effort, et en grand volonté d» lui combattre, id. i, i, 278. Ilsnecuidoient mie que nul François osast se combattre contre un Anglois, id. u, ii, 69. Mais à présent Dieu pour toy .se combat, ch. d'orl. Bail. 77. Et fut cette bataille
COM
fort combatue, comm. m, 7. Monseigneur qui aux Sarrazins se combatoit, louis xi, Souv. xvi, || xvi* s. Quiconque combat les loix menace les plus gents de bien de.... mont, i, 4 66. Combattants cette opinion contre Platon, id. u, 263. Ceste bataille fut si asprement combatue de part et d'autre, que.... amyot , Fab. 6. Il s'en alla trouver Hannibal, non point en l'intention de le combattre, ains.... in. Fab. 4 4. Ils s'amusèrent à piller l'or et l'argent, se combattans à qui en aurait, id. Lucul. 34. Nous les frères puinez combaterons ensemble, Je dy Castor et moy, ou vous si bon vous semble, rons. 854. Et se combat furieusement de ceste corne, paré, Licorne, 43. Toute personne est tenue de combatre pour son pays, Rosier histor. i, 2.
— ÉTYM. Le latin cum, et battre; provenç. combattre; espagn. combatir; ital. combatlere. Dansl'ancienne langue, combattre est un verbe neutre qui quelquefois, comme tous les verbes neutres d'alors, se conjugue avec le pronom réfléchi; ce n'est qu'à partir du xv* et du xvi* siècle qu'il devient actif.
COMBATTU, CE (kon-ba-tu, tue), part. passé de combattre. L'ennemi combattu pied à pied ne fit que peu de progrès. || Fig. De mes plaisirs passés mon âme est combattue, Régnier, Plainte. D'un soin cruel ma joie est ici combattue, rac. Iphig. u, 2. Oreste vous adore, Mais de mille remords son esprit combattu.... id. Andr. v, 2. Son cœur fut combattu par deux passions contraires, fên. ÏVJ.xvii. Combattus et flottants pendant tout le cours de notre vie. j. j. rouss. Ém. i. Et de quelques remords que je sois combattu, CRÉBILL. Rhadam. m, 2. Arrête.... malheureux! que je suis combattu! Il est donc vrai que l'homme en proie à la misère Malgré lui vers le crime est souvent entraîné, gilb. Plaintes du malheureux. Sachez que d'une fille on risque la vertu, Lorsque dans son hymen son goût est combattu , mol. Tart. ii, 2. Les agitations d'un cœur combattu par la tendresse et le repentir, volt. Lett. Cailleau, 1772.
+ COMBE (kon-b'), s. f. || 1° Petite vallée, pli de terrai n , lieu bas entouré de collines. Dans ces espèces de plaines au-dessus des montagnes, il se trouve des terrains enfoncés, des vallons secs et froids qu'on appelle des combes , bcff. Exp. sur les végét. 2* mém. Dans une combe, à vingt pas, j'aperçois une manufacture de bas, J. J. rouss. Promen. 7. Mais au fond d'une combe ignorée et stérile Qui pourrait attirer les cupides soldats? mass. Helv. n. || 2° Terme d'art militaire. Esplanade peu étendue.
— IIIST. xii* s. Li os chevauche par tertres et par combes, Garin le Loherain, 1. 1, p. 96. Si descendirent lès une basse combe, tb. dans du cange, cumba. Li rois li çainst l'espée fort et dure; D'or fu li pons et toute la heudure, Et fu forgie en une combe oscure, il. de Cambrai, 4 9. Par les grans combes la poudrere lever, Roncisv. p. 4 09. Ne comb^. oscure qui tant soit ennublée, ib. p. 467. ||xiv* s. [Ils] courent de toute part joiant [joyeux] à celle tombe, Qui estoit à l'iglise assise en une combe [crypte] , Girart de Ross. v. 6244. || xv s. Icellui Carmen qui aloit en une combe ou valée pleine de bois, du cange, cumba. || xvi* s. En approchant de Bonne- Val, et prenant à droite le chemin qui tourne à Chartres, il trouve sortant d'une combe le nouveau gouverneur de Chartres, d'aub. Hist. m, 4 72. Il s'embusque dans un hameau abandonné , à la couverture duquel et d'une combe qui y touchoit, il se tient clos et serré, id. tb. m, 389.
— ÉTYM. Bourguig. combe, comme, vallée étroite ; provenç. et espagn. comba; piémont. conba; pays de CÔme, gomba; dialectes anglais, comb, un vallon. Mot d'origine incertaine. Il se trouve déjà dans un texte latin du vu* siècle comme nom géographique. Il n'est pas non plus isolé dans les langues romanes : le provençal a comb, et l'espagnol combo, qui signifient courbé; et l'espagnol combar, courber. Du Cange y voit le latin cumba ou cymba, barque , par assimilation de la concavité d'une barque à celle d'un vallon. Diez, qui trouve cette assimilation difficile, propose concava, qui, ayant l'accent sur la première syllabe, a pudonner comba, Va bref disparaissant, et conc'va passant à conta ou comba. On a mentionné le latin inusité cumbere (radical de t'n-cumbere) , être couché; mais cumbere, outre le sens qui ne va pas de soi , n'a dans le roman aucune dérivation (voy. catacombes). On a proposé une origine celtique : bas-breton comb; kymri, cwm, vallée; à quoi Diez objecte que comb peut venir du français, et que, avec le gallois cwm, l'apparition du b'dans les langues romanes fait difficulté; pourtant, jusqu'à plus ample informé, la dérivation celtique a le plus d'apparence.
COMBIEN (kon-biin) , adv. || 1* X quel point; dans
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ce cas combt'en précède d'ordinaire le verbe. Combien il m'est pénible de vous parler ainsi! Vous voyez combien il vous aime. Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense! rac. Brit. v,4. Vois donc combien c'est peu que la gloire ici-bas, a. demusset, Poésies nouv. Sonnet. Il Cependant combien peut, dans le style élevé, aussi précéder immédiatement l'adjectif. Qui ne voit combien vaiues, mais combien courtes et combien fragiles sont encore ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort! boss. le Tell. Tu sais combien terrible en ses soudains transports, De nos desseins souvent il rompt tous les ressorts, rac. Esth. n, 4. || 2° Quelle quantité, quel nombre; dans cet article, combien est, grammaticalement, un véritable substantif. Combien de livres y a-t-il dans cette bibliothèque? De combien d'hommes était-il suivi? X combien de personnes n'a-t-il pas rendu service ? En combien de lieux trouve-t-on ce coquillage? Par combien de liens n'est-il pas retenu ? Combien d'argent avezvous? Dites-moi combien de blé est produit par ce champ. Combien de gens s'imaginent qu'ils ont de l'expérience, par cela seul qu'ils ont vieilli! Vous verrez l'enchaînement des affaires humaines; et par là vous connaîtrez avec combien de réflexion et de prévoyance elles doivent être gouvernées, boss. Hist.
Dessein général Je sais tout ce que j'ai commis,
Et combien de devoirs en un jour j'ai trahis, volt. Zulime, îv, 6. Combien de pleurs m'eût épargnés cette philosophie que vous traitez de grossière, barthél. Anachars. ch. 79. Combien de projets a-t-il faits ou reformés ! combien d'ouvertures a-t-il données I combien de services a-t-il rendus, dont il a dérobé la connaissance à ceux qui en ont ressenti les effets! flëch. Lamoign. Combien à vos malheurs ai-je donné de larmes! rac. Andr. i, t . Avec combien de joie on y trahit sa foi! id. Brit. v, 4. Combien de rois, de princes, de héros nous a-t-il représentés? racine, Disc. Thom. Corn, ô combien lors aura de veuves La gent qui porte le turban! malh. ni, 4. De combien de tragédies, Sans ton assuré secours, Etaient les trames ourdies Pour ensanglanter nos jours? id. ii, 2. Combien en as-tu vu (je dis des plus huppés) X souffler dans leurs doigts dans ma cour occupés! rac. Plaid, i, 4 Combien en a-t-on vus Qui, du soir au matin, sont pauvres devenus Pour vouloir trop têt être riches! la font. Fabl. v, 13. Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné, De combien ont rougi les champs de Macédoine, Combien en a versé la défaite d'Antoine! corn. Cinna, iv, 2. || Absolument, combien se dit pour combien de gens. Combien se sont perdus par leur imprudence! Combien qui ont la science et la piété, mais une piété sans expérience! fén. t. xvn, p. 646. || Combien, se dit aussi absolument quand le sens supplée sans peine le substantif qui est sous-entendu. Combien vaut cela? X combien vous revient cet habit? Il y a je ne sais combien que j'enrage du peu de liberté que mon père me donne, mol. Mar. forcé, 4. Je songe avec respect de combien je suis née Au-dessous des grandeurs d'un si noble hyménée, rac. Uithr. iv, 4. De combien près la menace a-t-elle été suivie du coup l boss. Duch. d'Orléans. Car de combien peut-on retarder le voyage? la font. Fab. vin, 4. || Combien que, loc. conjonct. Quelque prii que, quelque quantité que. Combien qu'on vous en demanda , il faut l'acheter. || Combien que, quoique, encore que, bien que. Et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, malh. v, 24. Et combien qu'il ne sente Rien que le ciel présent et la terre présente, Pense qu'en se voyant tout le monde l'a vu, id. I, 4. Aussi combien qu'après la vie Son ame, d'honneur assouvie, Possède ce bonheur entier, Qu'à ses vertus le ciel octroie, racan, Ode au roi. Cette locution a un peu vieilli; mais elle mérite d'être conservée. || Le combien, taux, prix non encore fixé. Il veut me vendre sa terre ; mais le combien fait difficulté.
— REM. 1. Combien de larmes il a données à cette perte; combien il a donné de larmes à cette perte. Lorsque le substantif joint à combien précède le verbe, le participe s'accorde avec le substantif; si, au contraire, ce substantif suit le verbe, le participe s'accorde avec le nom de quantité combien qui est du masculin et du singulier. || 2. Le combien du mois tenons-nous? le combien est-ce aujourd'hui, le combien es-tu dans ta classe? sont des phrases détestables, qui se disent souvent, mais qu'il faut écarter loin du bon langage. On dira quel jour du mois avons-nous? quel jour du mois est-ce aujourd nui? quelle place as-tu dans ta classe?
COM
— iiist. xii!' s. Par les escriz de* prophètes monsterra il combien il aime celé cité, Psautier, f* 405. Combien que débonnaire soie, Se por honte ne le laissoie, Ne me tendroie de vous batre, la Rose, 8667. Ceste amor, combien que profite, N'a los, ne hlnsme, ne mérite, ib. 6804. Combien que il aient meffet, ne de quelque meffet il soient pris, soient cler, soient lai, il y doivent avoir garant, beaum. xi, 4B. || nv s. Il verroient de combien doleur seroit plus hardie à recouvrer liberté perdue que n'estoit convoitise à maintenirinjusteseignourie, bercheure, f 03, verso. Combien que tu soies de jeune aage, toutesvoies de jour en jour t'assault la mort, Ménagier, i, 6. Combien que les stoyciens dient que.... oresme, Eth. 223. Nez [même] il ne lui chaura combien on vende blé, Guescl. 19289. Endurer aventures Paciemment convient, combien que soient dures.... Complainte sur la bataille de Poitiers. Billiot. des Chartes, 3* série, t. n, p. 263. || xv* s. Ceux là firent remparer la ville et fortifier malement, combien qu'elle fust forte assez devant, froissàrt, n, n, 4. Belle, combien que de mon fait Je croy qu'avez peu souvenance, ch. d'orl. Bail. 22. Combien que aucuneffois les saillyes soient bien nécessaires, si sont elles bien dangereuses pour ceulx de dedans une place, comm. n, 44. || xvr s. L'odeur du vin, o combien est plus friant que d'huyle I rab. Garg. i, prol. Combien que la chose soit telle que, tant plus seroit remembrée, tant plus elle plairoit à vos seigneuries, m. ib. i, 4. Combien qu'il n'est ja besoin d'amasser passages pour prouver une chose si notoire, calv. Instit. 320. Combien y en a-il d'entre eux qui face mesmes semblant d'exécuter sa charge? id. ib. 878. Nous voyons de quelles et combien ameres reprehensions il use, id. ib. 877. J'avanceray mes journées le plus qu'il me sera possible, combien que je ne puis faire grant nombre de lieues, haro. Lett. 43. Ce porteur vous dira combien de larmes de joye il a veu verser à ceste compaignie, id. ib. 84. Plus je voys en avant, et plus je congnois combien je suis obligée à vous, id. ib. 426. Ce qui n'a encores esté offert de nul serviteur, combien qu'il y en ait à qui il ne default que le bon vouloir, id. ib. 4 34 . Voyez combien César se desploye largement ànous faire entendre.... mont, i, 67. 11 leur demanda pour combien ils vouldroient.... id. i, 448. Là, sans faire autres aproches, on se mit sur le combien, et la place fut prise à coups de pistoles, je ne puis pas dire le prii, d'aub. Hist. in, 463.
— ÊTYM. Wallon, kiben; bourguig. combé ; de l'anc. franc, com, qui signifie comme, et bien, adv.
fCOMBINABLE (kon-bi-na-bl'), ad}. Qui peut être combiné.
— ÊTYM. Combiner; espagn. combinable.
COMBINAISON (kon-bi-nè-zon) , s. f. \\ 1° Assemblage de plusieurs choses deux par deux, trois par trois, ou, en général, nombre par nombre, dans un ordre déterminé. Faire des combinaisons de chiffres, de cartes, de couleurs, de lettres. La mer et le continent semblent être dans une guerre éternelle ; chaque instant produit de nouvelles combinaisons, montesq. Lett. pers. 4 4 3. || Terme d'algèbre. Produit qu'on peut former avec un nombre donné de lettres, chaque groupe différant des autres au moins par une des lettres qui y entrent. || Terme de chimie. Union de plusieurs corps en un certain nombre de proportions, toutes déterminées et constantes, d'où résulte un composé possédant des propriétés différentes de celles de ses composants. L'azote et l'oxygène sont dans l'air atmosphérique en simple mélange, tandis qu'ils sont en combinaison dans l'acide azotique. || 2° Mesure que l'on dispose en vue du succès d'une entreprise. Faire bien ses combinaisons. Les combinaisons de la politique. La combinaison réussit. Toutes les combinaisons que ce plan exige demandent beaucoup de temps, volt. Lett. d'Ârgental, 48 août 4763. || Combinaison ministérielle, composition d'un ministère dans lequel on fait entrer des hommes politiques qui puissent agir d'accord. || Esprit de combinaison, aptitude à combiner les choses. Ceux qui ne peuvent atteindre à l'esprit de combinaison, vauven. Du jeu.
— hist. xiv* s. Et une conjugacion ou combination qui est faite selon dyametre fait la retribucion estre selon proporcionalité , oresme , Eth. 4 60. || xvi" s. 11 y a une combination de masle et femelle aux choses végétatives, paré, Animaux, 21.
— ÊTYM. Lat. combinatio, de combinare, combiner; espagn. combinacion; ital. combinaiione.
t COMBINATEUR (kon-bi na:teur), s. m. || i" Celui qui combine. Un Écossais, grand joueur et grand combinateur [Law], était venu en France dans les
COM
derniers temps du feu roi, st-sim. 444, 4 44. \\V Adj. Toutes les combinaisons sont parties de l'être combinateur de toute éternité, volt. Dial. xxiv, 47.
— ÊTYM. Combiner; ital. combinatore.
t COMBINATOIRE (kon-bi-na-toi-r'), adj. Terme didactique. Qui a rapport aux combinaisons; qui les produit. Art combinatoire.
— ÊTYM. Combiner.
COMBINÉ, ÉE (kon-bi-né, née), part, passé. Il 1° Objets combinés deux à deux. || Armée, flotte combinée, armée, flotte formée des forces réunies de deux ou plusieurs puissances. || Terme de chimie. Réuni par combinaison. L'oxygène et l'hydrogène combinés font l'eau. || Substantivement, un combiné, le produit d'une combinaison. || Dans la minéralogie, cristaux combinés, cristaux composés de plusieurs ordres de facettes. || 2" Fig. Disposé pour un but, pour une réussite. Mesures bien combinées.
COMBINER (kon-bi-né), v. a. || 1° Faire une combinaison. Combiner des cartes, des lettres, des chiffres. Combiner des idées. || Absolument. Ceux qui ont l'esprit assez net et l'imagination assez forte pour combiner sans géométrie et calculer sans algèbre, buff. Homme, arithm. morale. || Terme de chimie. Unir, en proportions déterminées , les substances qui ont de l'affinité. Combiner l'oxygène avec l'hydrogène. || 2° Fig. Disposer ses moyens en vue d'un résultat. Henri III combina l'assassinat du duc de Guise. Il combina sa marche avec celle du premier corps d'armée. || 3° Se combiner, v. rêfl. Recevoir combinaison. Les quatre lettres a, b, c, d. se peuvent combiner de vingt-quatre manières différentes. Les vérités en se combinant se multiplient. Nos idées se combinent de plusieurs manières. Le gaz oxygène se combine avec les métaux pour faire les oxydes. Cette opinion fait le malheur des hommes, lorsqu'elle se combine avec la religion, bern. de st-p. Chavm. ind.
— HIST. xiv* s. Hz peuvent estre combinez ensemble, oresme, Thèse de meunier. || xv* s. Un petit pont si estroit que un seul homme à cheval seroit assez ensonnié [embarrassé] de passer outre : deux hommes ne s'y pourraient combiner, froiss.
— ÊTYM. Provenç. combinar ; du latin combinare, de cum, avec, et bini, deux.
+ COMBLAU ou COMBLEAU (kon-blô) ,s.m. Nom , dans l'artillerie, de grosses cordes servant à traîner le canon. Quelques-uns disent comblan.
4. COMBLE (kon-bl'), s. m. || i°Ce qui tient audessus des bords d'une mesure déjà pleine. Le comble d'un boisseau. || 2° Fig. Le dernier degré, le plus haut point. Celte ombre de pitié n'est qu'un comble d'envie; Vous m'avez envié le bonheur de ma vie, corn. Œdipe, m, 3. S'il ne m'obéit point, quel comble à mon ennui! id. Cid, n, 3. La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces, rac. Baj. n, 3. Sans doute, c'est pour moi le comble des malheurs, id. Mithr. n, 6. Que le trouble [dans une pièce de théâtre] , toujours croissant de scène en scène, A son comble arrivé se débrouille sans peine, boil. Art p. m. Lorsque les abominations de Sodome furent montées à leur comble, mass. Carême, Imp. Les opinions s'élèvent peu à peu jusqu'au comble de la probabilité, pasc. Prov. 43. Elle nous mène jusqu'à la mort qui est un comble éternel, id. Vrai bien, 4. C'était là le comble de ses souhaits, la bruy. vi. Les vieux capitaines dont la réputation et l'expérience étaient au comble, fén. Télém. xv. Encore une parole, j'étais au comble du bonheur, id. ib. ix. L'iniquité vint à son comble, boss. Hist. n, 4. Les iniquités n'étaient pas au comble où il les attendait, id. ib. n, 3. Sa gloire parut alors élevée au comble, id. Hist. i, 9. Ses iniquités étaient montées jusqu'au dernier comble, id. Bonté, 2. La mesure semble être au comble, id. Avert. t. Ses plaisirs sont au comble, et n'ont rien de mortel, gilb. Le jugement dern. Le comble à cette vraisemblance était que les marées sont plus hautes à la nouvelle et à la pleine lune, volt. Neuit. ni, 4 0. || Mettre le comble à quelque chose, en combler la mesure. Pour mettre le comble à leur malheur, fén. Tél. xiv. Pour mettre le comble à sa félicité, hamilt. Gramm. 7. || Pour comble de, pour dernier surcroît. Et demandons aux dieux, nos dignes souverains, Pour comble de bonheur l'amitié des Romains, corn. Nicom. v, 4 0. Veux-tu qu'un médisant, pour comble à sa misère, L'accuse d'y souffrir l'assassin de son père? in. Cid, m, 4. Pour comble à sa noire aventure, m. Pomp. n, 2 Pour comble d'ennui, Mon
cœur, mon lâche cœur s'intéresse pour lui, rac. Andr. v, t. Puur comble de gloire et de niayniu-
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cence, id. Esth. n, 6. Pour comble de malheur, les dieux, toutes les nuits, Me venaient reprocher ma pitié sacrilège, id. Iphig. i, 4. La fortune pour comble de maux me l'a enlevé, fén. Tél. iv. || Absolument. Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison, boil. Sat, v.
— hist. xv* s. Quiconque amènera poissons en panier à Paris, il convient que ses paniers soient emplis loyaument, ou à comble ou sans comble, Ord. des rois de Fr. t. Il, p. 369. On ne trouveroit nul homme terrier à qui nostre seigneur donnast tant de grâces comme il te appreste : il te donna beaulté à comble; il te donna sens et discrétion à congnoistre le bien du mal, Lancelot du lac, t. m, f"78. || xvi* s. Comment nous oserions nous glorifier d'avoir adjousté quelque comble à la juste mesure, calv. Instit. 644. Sa libéralité vient jusques à ce comble, de ne rejetterpas nostre obéissance imparfaite, id. t'6. 269. Ce que dessus suffira pour faire conoistre que l'injustice aproche de son comble, lanoce, 43. Droit de mouture est que les meuniers doivent rendre du rès [ mesure de grain rase ] le comble [mesure de farine comble], loysel, 262.
— ÊTYM. Provenç. comol; espagn. et ital. colmo; porlug. cumulo, elcômoro, combro, tas déterre; du latin cumulus.
2. COMBLE (kon-bl'), adj. || l°Qui est remplijusque par-dessus le bord. Boisseau comble. |j Fig. La mesure est comble, c'est-à-dire les choses sont arrivées à ce pointqu'on ne peut plus les endurer. Voyant enfin la mesure comble, boss. \,Pass. 3. Les temps étaient changés, la mesure était comble, volt. Mœurs, 4 28. || Par extension. La salle de spectacle était comble, elle était pleine à ne pouvoir contenir personne de plus. || 2° Terme de vétérinaire. Pied comble, nom donné au sabot dont la sole porte seule à l'appui, dépassant, par cette convexité morbide, le bord plantaire de la muraille.
— HIST. xn* s. Estre comble, Boncisv. p. 3. || xiii* s. De joie fu sa famé pleine, Quant el vit son seignor venir, Les pocins à son col tenir; Por comble se tient et por riche, Ben. 47785. || xiv s. Et regardez si le cheval a pies gras et combles, Ménagier, n, 3. || xv* s. Princes, ceulx des citez sont grans, Bien aisiez, riches, combles, frans, Et de jour en jour s'enrichissent, e. desch. Poésies mss. f> 448, dans lacurne. Ta grand richesse et les combles trésors sont bien vains, louis xi, Nouv. c || xvi* s. L'amitié en seroit plus pleine et plus comble, mont, i, 240. Il en a sa brassée toute comble, il n'en peult saisir davantage, id. i, 350. Quand tous mes cinq sens dénature seraient combles de liesse.... id. il, 262. Lesquels il fit encore couvrir de terre, jusqu'à ce que la fosse fust comble , desper. Cont. xv.
— ÊTYM. Comble 4 ; provenç. comol; ital. colmo.
3. COMBLE (kon-bl'), s. m. || i» Construction couronnant le sommet d'un édifice. Du temple tout à coup les combles s'entr'ouvrirent, volt. Œdipe, rv, 4 . Il n'est guère plus vain d'avoir paru à la tranchée que le couvreur d'avoir monté sur de hauts combles, la bruy. n. L'aigle déjà perché sur le comble des tours semblait dire : Ici je bâtirai mon aire, chateaub. Gaul, 204. Apprends à monter sur un comble, J. J. rouss. Ém. m. L'homme est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement, boss. la Vallière. || Terme d'architecture. Comble brisé, celui qui est disposé sur deux pentes, l'une inférieure fort roide, l'autre plus douce. || Terme de vannier. Intervalle entre les têtes d'un ouvrage. || Terme de blason. Le chef de l'écu lorsqu'il est diminué. || 2° De fond en comble, loc. adv. Entièrement. La ville fut renversée de fond en comble, boss. Hist. n, s. Cette conduite de Gervaise n'allait pas à moins qu'à la chute d'un si merveilleux édifice [la Trappe] ; M. de la Trappe le sentait, lui qui l'avait construit et soutenu de fond en comble, st-sim. 64, 22. || Ruiner quelqu'un de fond en comble. Ruiner un système, une doctrine, de fond en comble. || 3° Fig. Monter au comble, s'élever au plus haut point. Le mérite en repos s'endort dans la paresse; Mais par les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois monté, boil. Ép. vu. Qu'ils n'arrivent jamais au comble frivole de notre gloire, plutôt que de l'acheter au prix des vices et des malheurs où elle nous a précipités, mass. Louis le Grand. II est au comble de ses vœux, rac. Andr. v, 2. Quand je vous élevais au comble de la gloire, id. Mithr. iv, 4. Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir, id. Andr. v, 6.
— REM. De même que comble 4 , qui vient de cumulus, et comble 3, qui vient de cului.cn, ont
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COM
influé l'un sur rautre pour s'assimiler dans la forme, de même on trouverait dans les emplois figurés de comble l des exemples qui iraient aussi bien à comble 3; mais il a paru qu'il valait mieux laisser ensemble des locutions si voisines plutôt que de les disséminer, en suivant rigoureusement un principe étymologique. D'ailleurs on peut conserver dans l'esprit cette nuance-ci : quand on dit qu'un homme ou un être personnifié arrive au comble de..., on doit entendre qu'il s'agit du faîte; quand on dit qu'une chose est à son comble, arrive à son comble, on doit entendre qu'il s'agit du surcroît que comporte une mesure.
— HIST. xm* s. Et avoit un trau el comble deseure , par quoi il reprendoit s'alaine, Chr. de Rains, p. 95. || xiv* s. Une litière fist tantost aporterlà, Et dessus la litière, sus le comble, rouva À mètre sa baniere, si que on la verra, Baud. de Seb. îx, 406. || xV s. Ces engins jetoient nuit et jour pierres et mangonneaux à grand foison, qui enfondroient et abattoient les combles des tours, des chambres, des salles, froiss. i, i, H 6. Messire Guillaume de Douglas, qui s'arme d'azur à comble d'argent, et dedans le comble trois estoiles de gueules, id. i, i, 168. Si tost que la nef fut approchée des deux basteaulx, nng chevalier se mist au comble [tillac] de la nef, Perceforest, t. vi, p. 46. Carleir frappa premièrement le roy en la lumière du heaulme et lui abattit jus du chief ; le roy le va atteindre sur le comble de l'escu, ib. t. i, p. 26. || xvi's. Ce temple fut reedifié par Vespasien de fond en comble, amyot, Public. 28'. La couverture est un seul comble rond, m. Pe'ricl. 29. L'office du censeur, qui estoit à Rome la cyme de dignité, et le comble d'honneur le plus hault où pouvoit atteindre un citoyen, id. Caton, 32. Tout l'exercite en armes luy dressa un comble de terre en forme de tombeau, id. Alex. 94. Lorsque le peuple athénien estoit au comble de sa prospérité, amyot , Péricl. et Fab. comp. l .
— ÉTYM. Espagn. cumbre; portug. cume; ital. colmo; pays de Coire, culm, montagne; du latin culmen, faite.
COMBLÉ, ÉE (kon-blé, blée), part. pass<?. || 1° Rempli jusque par-dessus le bord. Un boisseau comblé. || 2° Rempli. Un fossé comblé avec des gravats. Les tranchées comblées de morts. Quand un carrosse fait de superbe manière, Et comblé de laquais et devant et derrière, mol. Fâcheux, i, l. || 3° Fig. 11 est comblé d'honneurs. Je partage les maux dont je la vois comblée, corn. Sertor. îv, 3. Comblé de douleur amure, sév. 4(2. Ainsi pour vous venger tant de rois assemblés, D'un opprobre éternel retourneront comblés, rac. lphig.i, 2. || Absolument, très-satisfait. Vous êtes trop bonne, j'en suis comblée, sév. 71. M. d'Arrouy est comblé de vos honnêtetés, m. 73. Ce bon homme en parait l'âme toute comblée, corn. D. San. v, 5. M. de Bièvre se promenait à la campagne avec un très-gros homme qui s'arrêta au bord d'un fossé et dit : Je le sauterais bien, mais je pourrais tomber dedans. — Ah! monsieur, repartit de Bièvre, il serait comblé de vous recevoir, liievriana, p. 98.
COMBLEMENT (kon-ble-man) , s. m. Action de combler un creux, un vide. Le comblement d'un puits. || En termes de géologie, terrain de comblement, terrain formé par des matières qui ont rempli un vide.
COMBLER (kon-blé), v. a. || 1° Remplir une mesure, un vaisseau jusque par-dessus le bord. Combler un boisseau. || Fig. Combler la mesure, commettre une dernière action qui rende toute patience, toute indulgence impossible. Mes crimes désormais ont comblé la mesure, rac. Phèd. iv, 6. || Fig. Ou plutôt il fallait, comblant ta perfidie, Lui ravir tout d'un coupla parole et la vie, rac. Phèd. iv, 2. Quand le ciel en colère De ceux qu'il persécute a comblé la misère, volt. Orphel. v, i . Ses prédécesseurs avaient commencé la ruine des mœurs; il la comble, dider. Ess. sur Claude. || 2° Remplir un creux ou un vide. Combler un fossé. Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit; Comble-moi cette ornière.... la font. Fabl. vi, 18. || Par extension. Cette ligne, fournie par les manuscrits, comble une lacunedans le texte. || Combler un déficit, fournir l'argent qui manque dans une caisse. ||Fig. Combler les voeux, les désirs, les souhaitsde quelqu'un, lui procurer tout ce qu'il souhaite. || 3° Faire avoir en surabondance. J'étais lasse d'un trône où d'éternels malheurs Me comblaient chaque jour de nouvelles douleurs, corn. Rodog. il, 3. Qu'il comble d'épouvante et Grenade et Tolède, m. Cid, iv, 3. Puisse d'un prompt succès votre grande entreprise Combler vos ennemis d'un mortel désespoir, id. Médée,,i\, 6. Ce choix pouvait
combler trois familles de gloire, corn. llor. i, 2. Cette déesse qui nous comble de biens, fén. Tél.i. Il nous combla de présents, id. ib. L Vous me comblez de joie en m'apprenant que les stoïciens subsistent encore, fonten. Sénèque etScarron. Cet hommage rendu à l'Académie par un savant illustre que l'Europe avait comblé de titres littéraires, honore à la fois cette compagnie et la nation, condorcet, Linné. || 4" -Elliptiquement. Combler quelqu'un, le satisfaire entièrement. Vous me comblez. Entre ces tilleuls sans feuillage, Nous regarder comblait nos jours, bêrang. Maudit printemps. || 6° Se combler, v. rèfl. Être comblé. On a vu plusieurs vallées se combler par des éboulements.
— HIST. xii* s. Por de besans pleine mine comblée Ne vous voudroie.... guill. d'orange, Variantes, t. il, p. 294. || xiv* s. Et de draps y avoit mainte pile empilée, Et de lange et de linge mainte huche comblée, Guescl. 20398. Et en l'un des bachins pûmes [pommes] je meteroie, Et l'autre par dechà de florins combleroie, Baud. de Seb. i, 1037. Les gens de guerre avoient rompu et comblé en partie ung puis qui estoit en la maison, du cange, abosatio. || xv's. Le cheval n'estoit mye frais; car il avoit erré grant journée ; et il se combla des pieds de devant et cheut eu une crevace moult grande, et le chevalier tomba dessoubz, Lancelot du lac, t. i, f° 43. || xvi' s. La mer comblant de limon et de sable les fosses d'entre deux, mont, i, 231. Combler un bras de mer, amyot, Thémist. 31. Je vous conseille de combler ici vos victoires, et de pendre vostre espée au croc, d'aub. Hist. h, 483. Celuy est bien mon oncle qui le ventre me comble, cotgrave.
— ÊTYM. Provenç. cumular; espagn. colmar ; ital. colmare, cumulare; du latin cumulare, combler. Dans l'exemple de Lancelot du bjtc , se combler veut dire chopper, et vient du bas latin colmus, embarras dans un chemin, qui se trouve dans encombrer {en-combr-er), et qui vient de cumulus ( voy. comble t).
COMBLÊTE (kon-blè-f), s. f. Terme de vénerie. Fente du pied du cerf.
— hist. xvi* s. Comblette, cotgrave.
— ÊTYM. Comblète paraît venir du mot combe, enfoncement, vallée, et signifier un petit enfoncement. On a, dans le provençal, combement, enfoncement, cavité.
f COMBOURGEOIS, EOISE (kon-bour-joî, joî-z') , s. m. et f. Celui , celle qui est de la même ville qu'une autre personne, qui a le droit de bourgeoisie dans la même ville ; s'est dit particulièrement dans la Suisse.
— hist. xvi" s. Il ne laissa pas de vouloir reschauffer les cœurs à garder le chasteau, plus pour espérance de s'en prévaloir avec ses combourgeois, que pour opinion qu'il eust de tenir la place , d'aub. Hist. il, 276. Ceste science ou autrement ceste foy vous enseigne et certifie que, vous estes combourgeois des cieux et que par Jésus Christ vous avez esté arraché des pattes du grand Pharao qui est le diable, lanoue, p. 183, dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. cum, avec, et bourgeois.
f COMBOURGEOISIE (kon-bour-joi-zie), s. f. Anciennement et particulièrement en Suisse, qualité de combourgeois.
— HIST.xvi's. Pour la religion que les dits de Berne ont mise au plus [ ont fait prévaloir ] dans un bailliage qu'ils ont en commun avec ceux de Fribourg; ce qu'ils prétendent leur estre permis par leur combourgeoisie, villeroy, Mm. t. vi, p. 37, dans lacurne.
— ÉTYM. Combourgeois.
COMBRIÈRE (kon-bri-ê-r'), s. f. Terme de pêche. Filet à prendre les gros poissons, et, en particulier, les thons.
— ÊTYM. Mot qui vient sans doute, à cause de la forme du filet, d'un radical comb : provenç. comb, courbe; espagn. combar , courber, cambrer (voy. combe).
COMBUGÉ, ËE (kon-bu-jé, jée) , part, passé. Futailles combugées.
COMBUGER (kon-bu-jé ; le g prend un e devant a ou o: combugeant, combugeons), v. a. Imbiber d'eau une futaille , pour la mettre à l'épreuve.
— ÊTYM. Peut-être com, et buée, lessive.
f COMBURANT, ANTE (kon-bu-ran, ran-t'), adj. Terme de chimie. Principe comburant, tout corps qui, en se combinant avec un autre corps, donne lieu à la combustion de ce dernier. Lavoisier avait donné à l'oxygène le nom de comburant par excellence. || S. m. Le soufre, le chlore, l'iode, ayant la propriété de se combiner à certains corps avec dégagement de calorique et de lumière, sont des comburants.
— hist. x" s. Delir e tota la civitate comburir, Fragm. de Val. p. 469.
— ÊTYM. Provenç. comburir ; du latin comburere, de cum, et burere, brûler, radical inusité d'où vient bustum, bûcher. Au reste comparez ustion.
t COMBUSTIBILITE (kon-bu-sti-bi-li-té) , s. f. Propriété des corps combustibles. || Combustibilité du tabac, faculté que les tabacs possèdent, à des degrés très-variés, de demeurer en ignition pendant un certain temps après chaque aspiration du fumeur.
— ÊTYM. Combustible
COMBUSTIBLE (kon-bu-sti-bl') , adj. [|i« Qui a la propriété de brûler au feu. Matière combustible. Comme si c'était un feu spirituel, ou que l'âme, toute spirituelle qu'elle est , devint , ainsi que le corps, un sujet sensible et combustible, bouhdal. Pensées, t. ni, p. 67. Le feu s'assimile et se rend propres toutes les choses combustibles, buff. Animaux, Reprod. ||S. m. Toute matière dont on fait ordinairement du feu, comme le bois, la houille. Cette province manque de combustible. || En termes de géologie, les combustibles, roches comprenant les débris de matières organiques végétales. || 2° Terme de chimie. Corps combustible , tout corps susceptible de se combiner avec un principe comburant tel que l'oxygène , en dégageant du calorique. || 3° Fig. Qui s'enflamme facilement. Ayant le malheur de se sentir un tempérament combustible, I. 3. rouss. Ém. v. La nature en naissant vous fit ''âme sensible. — Le soufre préparé n'est pas plus combustible, regnard, Démocr. n, 7.
— HIST. xvi* s. Comme nous voyons que le feu s'esteint , cessant sa matière combustible, pare, IX, 16.
— ÊTYM. Voy. COMBUSTION.
COMBUSTION (kon-bu-sti-OD), s. (. || 1° État d'un corps qui se dissipe en produisant de la chaleur et de la lumière. || Action de brûler entièrement. La combustion des morts était en usage chez les anciens. || Incendie. C'était l'instant où ces flammes furieuses étaient dardées de toutes parts et avec le plus de violence sur le Kremlin; car le vent, sans doute attiré par cette grande combustion, augmentait à chaque instant d'impétuosité , ségur , Hist. de Napol. vin, 6. || 2° Terme de chimie. Combinaison de deux ou plusieurs corps qui s'accomplit avec dégagement de calorique et de lumière. || Combinaison sans dégagement de lumière et avec un dégagement de calorique qui n'est pas apparent. En ce sens, là rouille est le produit de la combustion du fer; mais on dit plutôt oxydation. || 3* Fig. Désordre et effervescence. Frédégonde avait mis toute la France en combustion, boss. Hist. 1,11. Étrange succès d'une dispute qui avait mis en combustion tout l'univers, montesq. iîom. 16. Cette maxime en fit tant naître [de calomnies] en peu de jours et tant de médisances et tant de faux rapports que cela mit toute la cour en combustion, pasc. Prov. 16. Les soldats grecs que le roi avait disposés par colonies autour de Bactres, entrèrent en combustion les uns contre les autres, vaug. Q. C. 626. Quoiqu'il en soit, cet altercas Mit en combustion la salle et la cuisine, la font. Fabl. xn, 8. C'est là une doctrine capable de bouleverser tout le monde et de mettre l'univers en combustion, d'ablancourt, Lucien, dans leroux, Dict. comique. Il fait plus de bruit que quatre autres et met tout en combustion, la bruy. xii. Jean Jacques, que vous avez si bien réfuté, met tout en combustion dans sa petite république, volt. Lett. de Bordes, 4 janv. 1766.
— HIST. xiv* s. X Hais [il] ne trova riens fors que destruction Des gens murtris à glaive et grant combustion , Girart de Ross. v. 433». || xvi* s. Les consulz, voyans le peuple mutiné accourir de toutes parts en la place, eurent peur que toute la ville n'en tumbast en combustion, amyot, Cor. 24. Il conseilla à Ciceron, lequel estoit desja poursuivy par Clodius, qu'il n'entrast point en combustion avec luy, m. C. d'Utiq. 46. Il m'interrogua comme on traitoit les coups d'harquebuse et les combustions faites par la poudre à canon, paré, ix, l" dise. Es combustions les doigts se joignent ensemble, id. xii, 6. Avoir mis toute la France en trouble et en combustion , condê , Mémoires , p. 668. Elles [les femmes] preuvent plus tost par là qu'elles ne les aiment que morts [leurs maris]; la vie est pleine de combustion; le trespas d'amour et de courtoisie, mont, m , 177. Si faut-il qu'ils [les habitants de Nismes] avisent qu'il y a des menées secrettes pour les disjoindre et mettre en combustion avec ceux de Montpellier, kroumenteau, finances, m* Itv. p. <7*.
— ETYM. Provenç. combustio ; espagn. combustion ;
GOM
ital. combustion* ; du latin combustionem (Toy. comburant ).
f COME (ko-m'), s. m. Synonyme de comité.
— ÊTYM. Voy. comité, dont corne est une forme plus régulière.
f COMÊDIATEUR (ko-mé-di-a-teur) , s. m. Celui qui est médiateur dans une affaire de concert avec une ou plusieurs personnes.
— ÊTYM. Co, et médiateur.
COMÉDIE (ko-mé-die), s. f. || 1° Pièce de théâtre qui est la représentation, en action, des caractères et des mœurs des hommes, et d'incidents ridicules, plaisants ou intéressants. Voici une comédie dont on a fait beaucoup de bruit, qui a été longtemps persécutée; et les gens qu'elle joue ont bien fait voir qu'ils étaient plus puissants en France que tous ceux que j'ai joués jusqu'ici, mol. Tart. Préf. Je dis que le grand art est de plaire et que, cette comédie ayant plu à ceux pour qui elle est faite, je trouve que c'est assez pour elle, et qu'elle doit peu se soucier du reste , mol. Critique, 7. Moquons-nous de cette chicane où ils veulent assujettir le goût du public, et ne consultons dans une comédie que l'effet qu'elle fait sur nous, id. ib. 7. 11 est très-assuré, sire, qu'il ne faut plus que je songe à faire des comédies, si les tartuffes ont l'avantage; qu'ils prendront droit par là de me persécuter plus que jamais, et voudront trouver à redire aux choses les plus innocentes qui pourront sortir de ma plume, mol. Tart. 2* placet. || Personnage de comédie, personnage qui n'a que l'apparence de l'autorité, du crédit. Je doutais qu'il pût être une âme assez hardie Pour ériger Carlos en roi de comédie, corn. D. San. iv, 2. || 8° Chez les Grecs, la comédie ancienne, celle où l'on mettait sur la scène les citoyens mêmes d'Athènes avec leurs noms; la comédie moyenne, celle où on les y mettait sans les nommer; la comédie nouvelle, celle où l'on ne mit plus que des personnages d'imagination. Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la comédie antique, boil. Art p. ni. Le théâtre perdit son antique fureur; La comédie apprit à rire sans aigreur, id. ib. || Comédie latine, celle que les Romains imitèrent de la comédie grecque, et surtout de la comédie nouvelle. Ils distinguaient la comédie palliata, où les personnages étaient grecs, ou revêtus du pallium; la comédie togata, où ils étaient revêtus de la toge, c'est-à-dire romains ; la comédie prxtextata, où les personnages étaient romains, mais des hautes familles; et la comédie tabernaria, où l'on faisait agir et parler les habitués des tavernes. || Comédie française , la comédie illustrée par Molière, Regnard et leurs successeurs, produit d'un art beaucoup plus développé. || Comédie historique, celle oùuntraitd'histoire, un événement historique est représenté. || Comédie héroïque, celle où les personnages appartiennent à un ordre supérieur, rois, princes, etc. Tel est le Don Sanche d'Aragon de Corneille. || Comédie pastorale, celle dont l'action se passe entre des bergers. || Comédie de ballet, comédie mêlée de ballets. || Comédie de genre, comédie comparée aux tableaux de genre et où l'on représente quelque scène d'intérieur. || Comédie féerie, celle où l'on fait intervenir des fées, des génies, des enchanteurs et autres personnages de ce genre, et qui permet, au moyen de machines, d'exécuter des changements à vue de décors ou de costumes. On l'appelait autrefois comédie à machines. || Comédie à couplets ou à ariettes, ou mêlée de couplets, c'est ce qu'on appelle plus souvent comédie-vaudeville, ou, par abréviation, vaudeville; c'est une comédie dans laquelle on intercale des couplets, uniquement à cause de l'agrément du chant. || Comédie italienne ; c'est au fond la même chose que nos anciennes soties : c'est la représentation d'une action qui se passe entre des personnages de convention qui représentent par une sorte d'assimilajion comprise de tout le monde les membres de la société réelle. Ces personnages sont surtout le père Cassandre, vieux bourgeois ou maître de maison ridicule et trompé; Colombine ou Isabelle, sa fille; Arlequin, l'amoureux de Colombine; Paillasse, le valet fainéant et gourmand; Gilles, le beauLéandre, le fat ou le petit-maltre ridicule, etc. || Comédie de caractère, celle qui a pour objet le développement d'un caractère. Comédie de mœurs, celle qui offre la peinture des mœurs. Comédie d'intrigue, celle qui, par la multiplicité des incidents, a pour but d'intéresser et d'amuser. Comédie anecdotique , celle dont le fond est une anecdote. Comédie épisodique, plus souvent nommée comédie & tiroirs, «elle dont les scènes ont peu de liaison entre elles. || Comédie larmoyante, celle i>ù, pour intéresser le spectateur, on cherche les situations touchantes et
COM
tristes, comme dans Mélanide de La Chaussée. La comédie larmoyante était fort estimée dans le siècle dernier. La comédie larmoyante qui, à la honte de la nation, a succédé au seul vrai genre comique, porté à sa perfection par l'inimitable Molière, volt. Lett. Somarokof, 26 février 4 769. || La haute comédie, celle qui se propose particulièrement la peinture des mœurs et des caractères et qui n'emploie que des personnages de la meilleure compagnie, comme le Misanthrope. || Figurément. Ceci est de la haute comédie, se dit de quelque tromperie, de quelque dissimulation bien menée ou très-effrontée. || 3° Représentation d'une pièce. Il joue très-bien la comédie. Et j'ai maudit cent fois cette innocente envie, Qui m'a pris, à dîner, devoir la comédie, mol. Fdch. i, 4. Ainsi, quand Richelieu revenait de Mahon, Partout sur son passage il eut la comédie, volt. Les trois manières. || 4° Théâtre, lieu où jouent les comédiens. 11 est allé à la comédie voir le Cinna de Corneille, le Tartuffe de Molière. La duchesse était à la comédie avec sa sœur, hamilt. Gramm. 40. || Comédie-Française, le Théâtre-Français à Paris. Je ne connais pas Mlle Dubois ; je ne savais pas même quelle sorte d'emploi elle avait à la Comédie, volt. Lett. Richelieu , iemars, 4767. || Portier de comédie, s'est dit autrefois de celui qui se tenait à la porte du théâtre pour recevoir l'argent. || Fig. Celui qui n'ouvre pas la porte sans se faire payer. J'étais un franc portier de comédie, rac. Plaid, i, 4. || 6° La troupe des comédiens d'un même théâtre. Toute la comédie parait dans la cérémonie du Malade imaginaire. || 6° L'art de composer des comédies. La comédie a été portée par Molière à une très-grande perfection. Que la comédie était, comme beaucoup d'autres choses, fort on décadence , volt. Lett. d'Argental, * janvier 4767. Aussi, madame, n'ai-je rien ditqui aille àvous; et mes paroles, comme les satires de la comédie, demeurent dans la thèse générale, mol. Critique, 7. La tragédie, sans doute, est quelque chose de beau quand elle est bien touchée; mais la comédie a ses charmes, et je tiens que l'une n'est pas moins difficile que l'autre, id. ib. 7. Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, mol. Tart. i" placet au roi. Je ne puis pas nier qu'il n'y ait eu des Pères de l'Eglise qui ont condamné la comédie ; mais on ne peut pas me nier aussi qu'il n'y en ait eu quelques-uns qui l'»nt traitée un peu plus doucement, id. Tart. Préf. Si l'emploi de la comédie est de corriger les vices, je ne vois pas par quelle raison il y en aura de privilégiés, id. Tart. Préface. Il ne serait pas difficile de leur faire voir que la comédie, chez les anciens, a pris son origine de la religion et faisait partie de leurs mystères; que les Espagnols nos voisins ne célèbrent guère de fête où la comédie ne soit mêlée; et que, même parmi nous, elle doit sa naissance aux soins d'une confrérie a qui appartient encore aujourd'hui l'hôtel de Bourgogne, id. ib. L'aimable comédie, avec lui [à la mort de Molière] terrassée, En vain d'un coup si rude espéra revenir, Et sur ses brodequins ne put plus se tenir, boil. hp. vil. || 7° Fait qui excite le rire. C'était une vraie comédie de voir la dispute de ces deux hommes. || Donner la comédie, faire ou dire des choses qui sont comme une comédie pour ceux qui les voient ou les entendent. Je vous dirai tout franc que cette maladie, Partout où vous allez, donne la comédie, mol. Mis.i, 4. Il disait au parterre: ris donc, parterre; ce fut une seconde comédie que le chagrin de notre ami, il la donna en galant homme à toute l'assemblée, mol. Critique, 6. || Donner la comédie au public, tenir une conduite scandaleuse qui attire l'attention. || 8° Feinte. Se donner dans l'église la comédie de son propre enterrement, volt. Mœurs, 4 26. Le cœur se donne la comédie en lui-même, boss. Parole de Dieu, 3. Ohl que, pour la punir de cette comédie, Ne lui vois-je une vraie et longue maladie! boil. Sat. x. || Jouer la comédie, affecter des sentiments qu'on n'a pas. Je ne crois point qu'ils puissent jouer longtemps la comédie, sév. 683. Cela nous fit voir qu'on joue longtemps la comédie, id. 149. || 9° La Divine-Comédie, titre du poème dans lequel Dante a décrit l'enfer, le purgatoire et le paradis. || Proverbes. C'est le secret de la comédie, c'est-à-dire cela est su de tout le monde, comme les secrets des personnes de la comédie qui sont sus du public. Cela (les réunions chez Monseigneur] ne dura pas longtemps sans devenir le-secret de la comédie, st-sim. (73, 62.
— HIST. xiv s. Et ce peut assez apparoir par les comédies des anciens et par celles que l'en fait à présent, oresme, Eth. 4 3». || xvi" s. En ces comédies, il y a plusieurs paroles dites de luy, les unes à bon
COM
escient, les autres en jeu et avec risée, amtot, l'éricl. 4 3.
— ÊTYM. Provenç et espagn. comedia; ital. cornmédia; du latin comœdia; de xo|i<j>ôia, de y.w^.oç (voy. comique) , et i>ôr\ , chant (voy. ode).
COMÉDIEN, IENNE(ko-mé-diin,diè-n'), s. m.elf. || l°Celui, celle dont la profession est de jouer la comédie sur un théâtre. Un misérable libraire de Paris a imprimé mes pièces de la façon détestable dont les comédiens les jouent, volt. Lett.d'Argental, ifiûtc. 1765. Je conclus donc qu'il faut faire imprimer sa drogue; ensuite les comédiens donnent notre orviétan sur leur échafaud, s'ils le veulent, id. Lett. Chabanon, 22 déc. 4 766. C'est en quoi vous faites mieux voir que vous êtes une excellente comédienne, de bien représenter un personnage qui est si contraire à votre humeur, mol. Impromptu, 4. J'avais songé une comédie où il y aurait eu un poète qui serait venu pour offrir une pièce à une troupe de comédiens nouvellement arrivés de campagne, m. ib. 4 . Si j'étais à la place de vous autres comédiens, j'aimerais mieux tirer la langue d'un pied de long que de représenter de pareilles sottises, regnard, Crit. du Lég. 2. || Les comédiens français, les comédiens du Théâtre-Français. || Les comédiens ordinaires de S. M., les comédiens du théâtre-Français. || Comédiens de campagne, ou ambulants, comédiens qui vont de ville en ville donner des représentations. || 2" Fig. Celui , celle qui feint des sentiments qu'il, qu'elle n'a pas. Quelque grand comédien qu'il fût [le duc de Gesvres], il ne put cacher sa rage, st-sim. 36, 4 56. Quand la meurtrière de Marie Stuart parlait de la crainte de Dieu, cette reine faisait la comédienne, volt. Mœurs, 471. Avec son ton radouci, sa face minaudière, je le crois un grand comédien, lesage, Turcar. i, 4. || 3' Adj. Feint, affecté. Il faut empêcher les enfants de contrefaire les gens ridicules; car ces manières moqueuses et comédiennes ont quelque chose de bas et de contraire aux sentiments honnêtes, fén. xvii, 48.
— ÊTYM. Comédie; espagn. comediante; ital. commediante.
t COMÉDON (ko-mé-don), s. m. Terme de médecine. Nom de petits cylindres vermiformes qu'on fait sortir de la peau du nez, de celle des joues et du front, et qui proviennent des follicules pileux.
— ÊTYM. Lat. comedo, mangeur, parce qu'on croyait qu'il y avait érosion.
t COME PRIMA (ko-mé pri-ma), COME SOPKA (ko-mé so-pra), loc. adv. Termes de musique. Comme ci-dessus; ce qui indique qu'on doit répéter un passage qu'on a déjà vu.
— ÊTYM. Ital. corne, comme, et prima, première (voy. premier), sous-entendu volta, fois, ou corne, comme, sopra. ci-dessus (voy. sur, prép.).
t COMESTIBILITÉ (ko-mè-sti-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est comestible.
— ÊTYM. Comestible.
COMESTIBLE (ko-mè-sti-bl'), adj. ||l°Qui peut être mangé ; qui est bon à manger. Les champignons et les mousses, dont quelques espèces sont comestibles, bern. de st-p. Ilarm. i. Tabl. génér. Je rencontrais toujours quelque plante comestible qui avait survécu à la ruine des cultivateurs, m. Ch. Ind. || 2° S. m. Un bon comestible. Une boutique de comestibles.
— HIST. xvi' s. Comestible, nicot.
— ÊTYM. Espagn. comestible; ital. commeslibile, du latin comestibilis , de cum, avec, et es, radical du verbe edere, esse, manger.
t COMÉTAIRE (ko-mé-tê-r'), adj. Qui a rapport aux comètes. Les hypothèses cométaires. Densité cométaire, densité des comètes. La matière amenée à l'état de densité cométaire. Quelques astronomes prétendent que les noyaux cométaires, ceux-là même qui, par la vivacité de leur lumière, ressemblent le plus aux planètes, jouissent d'une complète diaphanéité; que les comètes, en un mot, sont de simples amas de vapeurs, arago, Annuaire. 4832, des comètes, p. 220.
— ÊTYM. Comète.
COMÈTE (ko-mè-f), t. f. Terme d'astronomie. Il l" Astre qui porte une chevelure lumineuse, qui est constitué par une matière excessivement rare et qui décrit autour du soleil des orbes extrêmement allongés. Les comètes, que l'on a regardées pendant longtemps comme des météores, sont des astres semblables aux planètes : leurs mouvements, leurs retours sont réglés suivant les mêmes lois que les mouvements planétaires, lapl. Exp. 11, 6. Le sentiment de ceux qui croient les comètes des corps éternels, aussi bien que les planètes, avait été attaqué par M. Montanari , sur ce fondement que cette dernière comète , qui avait disparu à la fin de
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février 4681 , n'était point alors assez éloignée de la terre pour disparaître par son éloignement seul et qu'il devait y avoir eu, par conséquent, quelque dissolution physique, fonten. Guglielmini. 11 conclut que les comètes sont des corps éternels et que . leurs retours peuvent être prédits, ce qui est aussi j la pensée de M. Cassini, id. Bernoulli. Je suis trèspersuadé qu'aucune comète ne peut prendre aucune planète en flanc, volt. Letl. Dionis du Séjour, 18 janv. 4 776. Tout Paris, en dernier lieu, était en alarmes; il s'était persuadé qu'une comète viendrait dissoudre notre globe le 20 ou 21 de mai, volt. lett. Hamilton, 17 juin 1773. Dès qu'une comète a été observée trois fois avec exactitude, on calcule ses éléments paraboliques, et l'on s'empresse de rechercher si, dans le catalogue où de tout temps ces éléments sont inscrits et qui s'appelle le catalogue des comètes, il en est d'à peu près semblables à ceux qu'on vient de trouver, arago, Annuaire, 4832, des comètes, p. 172. || Vin de la comète, vin recueilli dans l'année I8H , célèbre par l'apparition d'une très-belle comète , par la chaleur de l'été et de l'automne , et par l'excellence de ses vins. || 2° Terme d'artifice. Fusée à queue lumineuse. Il 3° Sorte de ruban étroit qui a beaucoup d'apprêt, jl 4°Termede blason. Etoile à huit rayons, qu'on peint avec une queue flamboyante. || 5° Jeu de cartes qui se joue avec deux jeux de cartes, dont on ôte les as; l'un des deux jeux est de couleur noire, i'autre de couleur rouge; il y avait une des cartes sur laquelle était représentée la figure d'une comète ; ou bien on faisait servir de comète le neuf de carreau dans le jeu noir, et le neuf de trèfle dans le jeu rouge. 11 est vrai qu'elle a fait plus de progrès dans la comète et le trictrac que dans l'orthographe, et qu'elle met la comète pour neuf plus aisément qu'elle n'écrit une lettre, volt. Lett. d' Argental,i'i janv. i 763.
— HEM. Comète fut d'abord du féminin; au xvi' s. on fit ce mot du masculin pour se conformer à l'étymologie; plus tard on hésitait entre l'ancien genre et le nouveau : Ces affreui comètes, Merc. de Fr. oct. 4779, p.?3; aujourd'hui comète est du féminin.
— HIST. xirr* s. Mes les comètes plus n'aguetent [regardent], Ne plus espressement ne gietent Lor influances ne lor rois [rayons] Ne sor rois que sor povres hommes, la Rose, 18746. Les comètes fontil [les cieux] paroir, Qui ne sunt pas es ciex posées, Ains sont parmi l'air embrasées, Et poi durent, puis que sont faites, t'i». 18738. || xiv* s. Aussi fu l'estoile cornée [comata, à chevelure], En semblance de feu couée, Qui de feu etd'occision Faisoit pronostication, machailt, p. 68. || xvi" s. Etlànotoieut les comètes, si aulcuns estoyent, rab. Garg. i, 23.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. cometa; du latin cometa, de xo|aï;tyi;, de xô|»i, chevelure : astre chevelu.
t COMETE, ËE (ko-mé-té, tée), ad]. Terme de blason. Se dit de pièces qui ont des rayons ondoyants et mouvants du chef ; au lieu que les rayons flamboyants sont mouvants de la pointe de l'écu.
— ETYM. Comète.
f COMÊTOGRAPHE (ko-mé-to-gra-f), s. m. Celui qui étudie les comètes, qui traite des comètes.
f COMÊTOGRAPHIE (ko-mé-to-gra-fie) ou COME- TOLOGIE (ko-mé-to-lo-jie), s. f. Terme d'astronomie. Histoire des comètes.
— êtym. Comète, etypâçeiv, décrire, ou àoyoc, traité.
COMICES (ko-mi-s'), s. m. plur. Terme d'antiquité. Nom que les Romains donnaient à leurs assemblées pour l'élection des magistrats, et pour d'autres affaires publiques. Et quel est aujourd'hui l'ordre de vos comices? volt. Catil. iv, 2. Demain au point du jour j'assemble les comices, u. i. ckén. Gracques, I, 2. || De nos jours, nom que l'on adonné aux assemblées primaires appelées à voter sur des plébiscites. || Comice agricole, société libre formée par des cultivateurs, des éleveurs, etc. à l'effet de discuter en commun les meilleurs procédés en agriculture, et de perfectionner la culture des terres et l'élève des bestiaux par des encouragemeuts divers. Ce nom a été donné, par assimilation avec les comices romains, à ces réunions agricoles, vers la fin du siècle dernier, peu avant la Révolution (1788).
— HIST. xrv* s. Quant aucun lieu estoit dédié aux choses publiques, comme estoit le cirque , le comice, bercheure, f*i, terso. Sachez que le lieu où l'eleccion des nouveaux magistraz et officiers se fesoit chascun an estoit apellé comice au singulier, et le fait et Testât des dites eleccions estoit apellé les comices au plurier, id. ib.
— ÊTYM. Le latin comilium, de cum, avec, et ire, aller (voy. j'irai).
COM
t COMIFÈRE (ko-mi-fè-r"), ad;'. Terme didactique Qui porte une chevelure.
— étym. Lat. coma, chevelure (voy. comète), et ferre, porter.
COMINGE (ko-min-j'), t. f. Sorte de grosse bombe. Vieux.
— ÉTYM. Le comte de Cominges, aide de camp de Louis XIV au siège de Mons, à la taille duquel le roi avait comparé ces bombes en badinant.
COMIQUE (ko-mi-k') , adj. || 1° Qui appartient à la comédie. Le genre, le style comique. Troupe comique. Poète, pièce comique. Il n'avait point de répugnance à suivre l'avis que lui donnait le père de sa femme, sachant mieux qu'elle que la vie comique n'est pas si heureuse qu'elle le parait, scarr. Iinm. com. il, ch. 3. Théodote, avec un habit austère, a un visage comique et d'un homme qui entre sur la scène, la bruy. viii. || Avoir le masque comique, avoir, en parlant d'un acteur, un visage habile à exprimer toutes les nuances d'un rôle plaisant. || 2° Par extension, plaisant, qui fait rire. Propos, aventure comique. J'aime mieux Arioste et ses fables comiques, boil. Art poét. m. Il est comique que le bien d'un Parisien soit en Souabe; mais la chose est ainsi, volt. Lett. Florian,u avril 1767. Oh I tu prends au tragique Un débat qui pour moi ne sera que comique, gress et, Méchant, II, 1.||3"S. m. Le comique, le genre comique, la comédie. Comique de situation, de caractère, larmoyant. Que la nature donc soit votre étude unique, Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique, boil. Art p. m. Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs, id. ib. Le paysan ou l'ivrogne fournit quelques scènes à un farceur; il n'entre qu'à peine dans le vrai comique; comment pourrait-il faire le fonds ou l'action principale d'une comédie? la bruy. i. || Le haut comique, la comédie de caractère ou de mœurs, quand les personnages sont de bonne compagnie dans leurs actions et leurs paroles. Il y a deux acteurs excellents, mais rien pour le tragique ni pour le haut comique, volt. Lett.d'Argental, itfsept. 1766. || Le bas comique, les pièces qui se rapprochent de la farce par les actions, les idées, les plaisanteries. || Avoir du comique dans la figure, dans l'esprit, avoir une figure qui fait rire, un esprit qui plaisante. || Par extension, ce qu'il y a de comique. Le comique de l'affaire, c'est que.... || 4° Auteur comique. Molière est notre premier comique. Quel homme on aurait pu faire de ces deux comiques [Térence et Molière] ! la bruy. i. || Le comédien chargé de représenter les personnages comiques. La troupe a un très-bon comique. Jouer les comiques, tenir l'emploi de comique. || Fig. C'est le comique de la troupe, se dit d'une personne qui, dans une société, amuse d'ordinaire les autres par ses plaisanteries ou ses bouffonneries. Il Aujourd'hui chanteur comique et quelquefois comique tout court, chanteur de salon qui chante des chansonnettes, des romances bouffonnes.
— HIST. xvi» s. Dit l'ancien comique grec... MONT, i, 104.
— ÊTYM. Le latin comicus, de xit>[«xô;, de xù- [ioî, gala, le dieu Cornus.
COMIQUEMENT(ko-mi-ke-man), adv. D'une manière comique. Il a traité ce sujet comiqu:ment. On représente comiquement ce qui se passe de ridicule en divers lieux, stévrem. Discours sur la comédie anglaise, dans richelet.
— ÉTYM. Comique, et le suffixe ment.
f C0M1TAT (ko-mi-ta), s. m. Nom donné aux divisions civiles et administratives de la Hongrie.
— ÉTYM. Latin comitalus (voy. comté).
COMITE (co-mi-f), s. m. Officier préposé à la
chiourme d'une galère. Pontchartrain était envieux et jaloux de tout, et, dans sa marine, comme un comité sur ses galériens, st-sim. 306, 234. Ces forçats qui gémissent sous l'inhumanité d'un comité, fléch. Aig. La révocation de l'édit de Nantes mit nobles, riches, vieillards, gens aisés, faibles, délicats, à la rame et sous le nerf très-effectif du comité, ST-SIM. 413, 181.
— HIST. xni- s. Et fu comité et chevetaine Raymont, Hist. occid. des crois, t. n, p. 170. Raimont, . qui estoit comistre des galies, ib. p. 207. ||xvi" s. lit fault en chasque galère ung comité, qui doibt avoir par moys dix livres, Stolonomie, dans jal.
— ÉTYM. Espagn. comitre ; ital. comito ; bas-lat. comitus, forme dérivée de cornes, comte (voy. comte). Le bas-latin cornes, le bas-grec x6|±tk se sont dits pour chef de navire, et, à l'origine, il y eut des comtes de toutes sortes d'offices.
COMITÉ (ko-mi-té), s. m.|| 1° Réunion d'un nombre relativement restreint de personnes, ou, plus]
COM
spécialement, de membres d'un corps plus nombreux, d'une assemblée, laquelle réunion est chargée de s'occuper d'affaires déterminées, de donner un avis, de préparer une délibération. || Assemblée de commissaires choisis par autorité, et chargés de la discussion particulière de quelque affaire. Les membres, le bureau, le président du comité. Comité consultatif. Comité exécutif. Comité de surveillance. Le régent me dit qu'il formerait un comité (car on ne parlait plus qu'à l'anglaise) de quelques-uns du conseil de régence, st-sim. 406, lia. || Nom dei sections du conseil d'Etat. || 2° Comité secret, délibération d'une assemblée à laquelle le public n'est pas admis. || Familièrement. Petit comité, réunion composée seulement d'un petit nombre de personnes intimes. Nous serons ce soir en petit comité. || 3° Au théâtre, le comité de lecture, ou, simplement, le comité, réunion d'acteurs ou d'hommes de lettres, qui, écoutant la lecture des pièces soumises à leur appréciation, les admettent ouïes rejettent.
— ÊTYM. Angl. commt'tlee, participe féminin anglo-français de commettre.
f COMITIAL, ALE (ko-mi-si-al, a-T), adj. Qui a rapport aux comices. || Maladie comitiale, l'épilepsie, à cause que les comices se séparaient quand quelqu'un y tombait du haut mal.
— HIST. xiv* s. Jours comicialz estoient ceux qui estoient establiz à eslire les magistraz et à publier les loys, uercheurr, f°64, verso.
— ÊTYM. Le latin comitialis, de comitia, comices.
COMMA (ko-mma), s. m. || 1° Terme de grammaire grecque. Une partie du membre ou colon, c'est-à-dire une incise. || Pour les métriciens, une des parties du vers hexamètre séparées par la césure. || Nom de la virgule. || 2° Terme de musique. Trèspetit intervalle. Les Anciens reconnaissaient plusieurs comma. Le comma moyen est l'excès du mi calculé comme quatrième quinte de l'ut, sur le mt calculé comme sa tierce. La différence est de 81 à 80, ce qui fait à peu près un neuvième de ton. Le comma est la différence du demi-ton majeur au demi-ton mineur, commed'ut dièze à ré bémol. Quelques-uns même s'imaginent que le ton majeur n'est point différent du ton mineur, de sorte que le comma, qui en est la différence , leur est insensible, maleb. Recherche, vi, 4. Dites-moi si vous divisez à Siam le ton majeur en deux comma et deux semi-comma, volt. Dial. 22. Les musiciens entendent par comma la huitième ou la neuvième partie d'un ton, la moitié de ce qu'ils appellent un quart de ton ; mais on peut assurer qu'ils ne savent ce qu'ils veulent dire, en s'exprimant ainsi, puisque pour des oreilles comme les nôtres un si petit intervalle n'est appréciable que par le calcul, j. J. rouss. Dict. de musique, mot comma. || 3° Terme d'imprimerie. Ponctuation qui se marque par deux points l'un au-dessus de l'autre. || Au plur. Des comma.
— ÊTYM. K6p.p.a, ce qui est coupé, de xorcreiv, couper.
COMMAND (ko-man), *. m. || i°Terme de jurisprudence. Celui pour lequel on fait une acquisition sans que son nom soit porté dans l'acte. || Celui pour lequel l'adjudicataire déclare avoir enchéri. || Déclaration de command, acte par lequel un avoué nomme la personne pour le compte de qui il s'est rendu adjudicataire. || 2° Autrefois, lieutenant. Le père de Villars est donné pour avoir été mis command dans Condrieux par le duc de Nemours, st-sim.
— HIST. xi* s. Et cil respondent: sire, à vostre commant, Ch. de Roi. lxxiv. Jà prist il Noples sans le vostre commant, ib. cxxxu. || xn* s. Si me mettrai du tout à son commant, quesnes, Romancero, p. 80. || xiii* s. Par le commant le roi est Symons retournés, Berte, cxxi. || xvr* s. Un acheteur d'aucuns héritages vendus par décret de la justice, peut retenir pour luy les dits héritages ou faire et dénommer son command recevable et luy transporter et délaisser iceux héritages, Nouv. coust. génér. t. I,
— ÊTYM. Voy. commander; provenç. coman ; espagn. comando; ital. commando. Command, dans l'ancien français, signifie commandement.
COMMANDANT, ANTE (ko-man-dan, dan-t').
|| l'Adj. Qui commande. Une parole commandante. Un ton commandant. || Fig. et dans le langage recherché du temps. Un vin à sève veloutée, armé d'un vert qui n'est point trop commandant, mol. Je Bourg, rv, 1. || 2° Qui a un commandement militaire. Officier commandant. Capitaine commandant. || 3° S. m. Chef. Tout parti demande un commandant,
COM
corn. Serlor, 1, 4. || 4° Terme militaire. Celui qui commande. Commandant d'un détachement, d'un poste. Un commandantde place, celui qui commande une place, quel que soit son grade; et aussi chef de bataillon attaché à l'état-major des places. || Qualification donnée au chef de bataillon ou d'escadron.
— ÊTYM. Commander.
t COMMANDANTE (ko-man-dan-f) , *. f. Femme <Vun commandant.
COMMANDE (ko-man-d'), s.f. || i* Terme de commerce. Demande, pour une époque déterminée, d'unecertaine quantité d'objets fabriqués, ou de marchandises. On lui a fait plusieurs commandes. || Ouvrage de commande, ouvrage fait sur l'ordre exprès d'une personne. Il y a des ouvrages de commande, la bruy.vi. || 2° De commande, loc. adv. D'obligation; obligatoire. Fêtes, jeûnes de commande, qu'on est obligé d'observer. L'hospitalité n'est point de commande aux musulmans envers les infidèles, volt. Charles 111, 6. || Fig. Joie, douleur, maladie de commande, joie, douleur, maladie qu'on feint. Dieu me garde de vous faire des réprimandes de commande ! boss. Lett. abb. 77. Le mercredi des cendres mit fin à toutes ces tristes réjouissances de commande, ST-siM. 4, 64. D'Antin, d'ailleurs si maître de soi, s'aigrit de commande dans la dispute, m. 232, 98. Qui de moi voudra de beaux vers, Que jamais il ne les demande; Je ne fais rien que de travers, Quand la besogne est de commande, de cailli, dans rjchelet. Ce n'était point cet enthousiasme de commande que s'efforcent de montrer pour tous les objets les hommes qui n'en ont véritablement pour aucun, condorcet, Bucquet. || 3° Terme de marine. Commandes, petites cordes portées à la ceinture, pour servir au besoin. || Commande! réponse de l'équipage quand le maître, appelant de la voix ou du sifflet, prévient qu'il va transmettre quelque commandement. || 4° Terme de pêche. Bout de corde servant à retenir un bâton ou un filet dans une situation fixe, ainsi nommé parce que ce bout de corde commande et retient.
— HIST. xui's. 11 est assés sires du cors, Qui a le cuer en sa commande; Outrageus est qui plus demande, J(i Rote, 2007. Ou s'aucuns baille en commande [garde] aucune coze, la quele est porsivie qu'eleest tolue ou emblée, le [la] commande ne doit pasestre rendue devantquule [la] justice.... beaum. xxxvi, 4 . Et quant cil qu! preste ou met en commande, demande que on li rende.... id. xxxiy, 20. Vous savés que nous recevons les commandes en tel manière, que par nos seremens nous ne les poons délivrer mes que à ceulz qui les nous baillent, joinv. 249. || xv* s. Manyant toute la viande, Comme docteur en médecine Qui tient malades en commande, villon, Repues franches. L'un des ditz variez, qui besongnoit avec le suppliant [un tisserand], dist à la ditte femme: maistresse, commandez ceste commande, en lui monstrant un fil de laine qui estoit rompu, et lui voulant dire qu'elle noast le dit fil, du cange, commenda. || xvi* s. Permets que je coupe Sous heureux sort la commande [amarre] qui tient Ma nef au bord.... rons. 604.
— ÉTYM. Voy. commander ; provenç. comanda , commanda.
COMMANDÉ, ÉE (ko-man-dé, dée), pari, passé. || 1° Ordonné. Le meurtre des Guise commandé par Henri III. || 2" Qui est sous le commandement. Le régiment commandé par son colonel. Une expédition commandée par un chef habile. || Qui est de service. Un officier dit : Je ne peux pas m'absenter, je suis commandé. Irez- vous à cet enterrement? Oui, je suis commandé. || 3° Dominé. La ville commandée par la hauteur voisine.
COMMANDEMENT (ko-man-de-man), s.m.\\ 1° Action de commander. Par vos commandements Chimè-ne vient vous voir, corn. Cid, i, 6. Cet amour qui m'expose à vos ressentiments N'est point le prompt effet de vos commandements, id. Cinna, v, 2. Des vaisseaux dans Ostie armés en diligence N'attendent pour partir que vos commandements, rac. Bérén. i, 3. M. le comte de Guichen, qui venait lui rendre compte du commandement d'une grande flotte et de trois batailles glorieuses qu'il avait livrées, condorcet, Uaurepas. \\ Ordre. Messieurs les maréchaux, dont j'ai commandement, Vous mandent de venir les trouver promptement, mol. Mis. n, 6. || Jussion. Le roi a envoyé un commandement exprès au parlement de vérifier tel édit. Hors qu'un commandement exprès du roi me vienne De trouver bons les vers dont on se met en peine, mol. Hi*. h, 6. || Secrétaire dea commandements, le principal secrétaire d'un prince. On m'a mandé qu'il [Fréron] allait être secrétaire du commandements de la reine.
volt. Lett. en vers et en prose, 4 44. ||Dans l'ancienne monarchie, secrétaires d'État ef des commandements, les quatre secrétaires d'État. || Lettres signées en commandement, lettres signées par un secrétaire d'État. || Terme militaire. Ordre bref pour faire exécuter certains mouvements. Attention au commandement ! || Terme de marine. Bâtiment commandé. Cet officier va rejoindre son commandement. || Terme de civilité. Je n'ai pas voulu partir pour Lyon, sans recevoir vos commandements. Je suis venu à votre commandement dès que vous m'avez averti de venir. || Avoir quelque chose à son commandement, pouvoir s'en servir à volonté. J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement, corn. le Ment, rv, 3. || Avoir une chose à commandement, l'avoir à souhait. S'énoncer clairement et avoir toujours le mot propre à commandement, volt. Lett. envers etenprose, 37. On n'a pas toujours des idées à commandement; c'est un coup de la grâce : elle vient quand illui plaît, volt. Lett. d'Argental, 27 juillet 4763. || 2" Manière de commander. Il a le commandement doux, rude, bref. || Avoir le commandement beau, se dit d'un officier qui commande de bonne grâce; et, ironiquement, d'un homme hautain et despotique qui commande une chose sans en avoir le droit, ou de celui qui commande des choses difficiles ou impossibles à exécuter. || 3° Terme de jurisprudence. Acte d'huissier à la requête d'un créancier, par lequel on commande au débiteur de satisfaire à son obligation , en vertu d'un titre authentique ou exécutoire. ||4°Loi, précepte. Les commandements de Dieu. Les commandements de l'Église. Cette pratique est de commandement , boss. Var. 4 4. L'état monacal n'est pas de commandement , id. Projet. || 5" Pouvoir de commander, autorité. Aspirer au commandement. Prendre le commandement. Il ajouta qu'il était d'avis qu'on lui donnât, comme on avait fait à Pompée, le commandement général sur toutes les flottes de la république, vertot, Révol, rom. liv. xiv, p. 287. Vous comptez maintenant le nombre de vos campagnes, la distinction de vos commandements, mass. Avent, Mort du pécheur. Tel a été à la mode pour le commandement des armées et la négociation, ou pour l'éloquence de la chaire, ou pour les vers, la bruy. xih. || Bâton de commandement, bâton qui est pour certains officiers le signe du commandement. || 6° On dit qu'une place a plusieurs commandements, c'està-dire qu'elle peut être battue du canon par des hauteurs qui la dominent. Commandement de front, celui d'une hauteur qui est opposée à un poste, qui le batpardevant. Commandement de revers, celuiqui bat le poste par derrière. Commandementd'rtnfilade, celui qui bat d'un seul coup toute une ligua droite.
— SYN. COMMANDEMENT, ORDRE, INJONCTION. Éty-
mologiquement , le commandement est l'action de recommander; l'ordre, l'action de disposer; l'injonction, l'action d'imposer une obligation. De là découlent les nuances de l'usage. Commandement tantflt incline du côté du sens de précepte, comme les commandements de Dieu, de l'Église, où ordre ne peut pas se dire, tantôt exprime une action directe, comme dans les commandements qu'un officier fait à ses soldats; ici encore ordre ne conviendrait pas. Au contraire, toutes les fois qu'il s'agira d'un ensemble de dispositions, on emploiera ordre et non pas commandement : le régiment, la troupe reçut l'ordre de partir, et le commandement du colonel la mit en mouvement. Injonction, qui, d'ailleurs, appartient de préférence au langage du pouvoir judiciaire et à l'administration, impose une obligation: Dieu, dit Bourdaloue, enjoint au riche d'entretenir le pauvre. C'est dans ce sens que l'autorité fait des injonctions à ses agents.
— HIST. xi* s. Ademplir [je] vuil vostre comandement, Ch. de Roi. xxn. ||xn' s. Pour ce est ele [Eve] en son commandement [de l'homme] , Ronc. p. 152. Or faites, belle, vostre comandement, ib. p. 472. Mais madame servir et honorer, Et faire adès à son commandement, Coud, xm. As reis d'antiquité devriez reguarder, Qui les comandemens Deu ne voldrent guarder, Th. le mort. 78. || xiii* s. Et il firent tantôt son commandement , villeh. lxxvjii. Il ne savoient quant Dieu feroit son commandement d'aus [d'eux] , id. lxx. La royne s'en va au Dieu commandement [à la recommandation de Dieu], Berte, ix. Et comment tu accompliras Nuit et jour les commandemens Que ge commande as fins amans, la Rose, 2064. Sire, tel vient devant vos corne devant son seignor , et vos fait assaveir que Dieu a fait son comandement de tel.... Ass. de J. i, 232.... si comme aucuns hons de poesté connoit une dete et on li fet commandement TU'll lit paie dedans
COM
sept jors et sept nuis, beaum. xxiii, 2. Et pour ce ne font force li assacis [assassins], se l'en les occist, quant il font le commandement du Vieil de la Montaigne, joinv. 230. Vous me jurerez, que vous tendres mes commandemens, id. 2<;3. || xiv s. Du commandement de très noble et très excellent prince Charles quint de ce nom, par la grâce de Dieu, roy de France, oresme, Prol. || xv« s. Pour ce qu'il avoit trespassé le commandement de son seigneur le roi, proiss. i, i, 4 64. Nostre roy qui avoit bien la parolle à commandement, comm. iv , 4 0. Plusieurs femmes ont larmes à commandement, louis xi, Nouv. xm. Comment vous va?— Et bien vrayement, Tout à vostre commandement, Patelin. || xvi* s. Pleust or à Dieu, pour fuir mes malheurs, Que je vous tinse à mon commandement l marot, II, 333. Robertet, secrettaire des commandemens, lanoue, 666. 11 n'a point cerché ambitieusement les commandemens et honneurs, id. 703. Hz allèrent loger en lieu où ilz eussent l'eau plus à commandement, amyot, Arist. 38. Mais son commandement fut tard entendu de chascun, id. Nicias, 60. Il a ses gageures de cent pistoles fort à commandement, d'aub. Fœn. m, 6. Cette ville est commandée d'un costeau de vignes, où les assiegeans logèrent leurs moindres pièces et firent brèche à la faveur du commandement, id. Hist. i, 24 9. Ville en très heureuse assiette, franche de tous commandemens, id. t'6. u, 257. La ville fortifiée de brique, et, quoi que près des montagnes, hors de grand commandement, id. t'6. m, 405. Ils perdirent 24 hommes, parmi ceux-là six de commandement, id. t'6. m, 403.
— ÉTYM. Commander ; Berry , c'mandement ; provenç. comandamen; anc. catal. comandament ; anc. espagn. comandamiento ; ital. comandamento. COMMANDER (ko-man-dé) , v. a. || 1° Prescrire qu'une chose soit faite. Faites ce que je vous commande. Puisqu'enfin ma prière a si peu de pouvoir, Vous avez entendu ce que je vous demande, Madame, je le veux, et je vous le commande, rac. Iphig. m, 4. || Par civilité. Vous n'avez qu'à commander. || Se commander, c'est-à-dire commandera soi-même, s'imposer l'obligation de.... Si ce cœur, trop puni d'avoir été sensible, Ne s'était commandé de rester inflexible, delille, Enéide, iv, 27. || Il se dit des choses. L'honneur vous commande ce sacrifice. Les circonstances commandent ces mesures. || Imposer par une sorte de contrainte morale. Commander l'estime, le respect, l'admiration. || 2° Terme de guerre. Avoir le commandement d'une armée, d'une flotte, d'une troupe. Vous, nourri dans les camps du saint roi Josaphat, Qui sous son fils Joram commandiez nos armées, rac. Athal. i, I.Cekan de la petite Tartarie ne commandait point les armées du grand seigneur , volt. Russie, u, 4. || Diriger. Commander une expédition, une attaque. || Mènera la guerre une troupe, du commandement de laquelle on est chargé. Commander l'artillerie, l'infanterie. || Donner l'ordre d'exécuter une chose. Commander le feu. Commander l'attaque, la retraite. || Commander un certain nombre d'hommes pour un coup de main, donner l'ordre de les tenir prêts pour l'opération dont il s'agit. Commander de service, ou, simplement, commander un officier, des soldats, les prévenir qu'ils seront de service. || 3° Être le supérieur de.... Ne saurais-tu juger que, si je nomme un roi, C'est pour le commander et combattre pour moi? corn. Rodog. u, 2. Je ne sais pourquoi Un roi que je commanda ose se nommer roi, id. Agésil. i, 4. Le duc d'Enghien joint à la gloire de commander encore Turenne celle de réparer sa défaite, volt. Siècle de Louis XIV, 3. Je me souviens toujours que j'étais né pour les commander [f-s femmes], montesq.VXI. pers. 9. || 4° Terme de commerce. Faire une commande à un fabricant, à un artiste, à un ouvrier, etc. Commander un ameublement. Commander un tableau. Commander un dîner. || 6" Terme de fortification. Dominer par son élévation, pouvoir battre. La citadelle commande la ville. || On a dit aussi dans ce sens commander à, qui est aujourd'hui moins usité. La montagne commandait au chemin par où l'ennemi devait passer, vauoel. Q. C. lu, 4, dans richelet. H Par extension, il se dit de tout lieu plus élevé qu'un autre. Les cimetières de la Suisse sont quelquefois placés sur des rochers, d'où ils commandent ces lacs, chateaub. Génie, iv, u, 7. Nous le suivîmes dans ce lieu qui commandait une vue immense, id. Atala. || 6° F. ». Faire commandement. Il commande au soleil d'animer la nature, rac. Athal. i, 4. Commande à mes tyrans d'épargner ma mémoire, voltaire , Mariamne , v, 3. || Avoir un commandement militaire. Us avaient levé
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'usqu'à soixante mille hommes de pied, et choisi trois braves chefs pour leur commander, vaugel. Q. C. 600. || Avoir, exercer l'autorité supérieure. Je veux bien un Romain, mais je veux qu'il commande, corn. Sertor. n, 2. Moi qui commande ailleurs, puis-je servir sous vous? id. t'6. m, 2. Qui n'a fait qu'obéir saura mal commander, id. Pulch. n, 2. C'est aux rois d'obéir alors qu'elle [Rome] commande, corn. Nicom. n, 3. Et pourquoi commandent les hommes, si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi? boss. Heine d'Anglet. Douce, familière, agréable autant que ferme et vigoureuse, elle savait persuader et convaincre aussi bien que commander, id. t'6. Cessez de vous troubler, vous n'êtes pas trahi ; Quand vous commanderez, vous serez obéi, rac. Iphig. iv, 4. Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux Est le seul qui commande aux cieux, id. Esth. i, 6. Sur cent peuples nouveaux Bérénice commande, id. Bérén. n, 2. ô vous qui commandez avec tant d'expérience sur des peuples innombrables, fén. Tél. xx. Le droit de commander n'est plus un avantage Transmis par la nature ainsi qu'un héritage, volt. Mérope, i, 3. !| Commander à la baguette, avec hauteur et dureté, et aussi avec une autorité absolue. || Familièrement et figurément. Commandez à vos valets, se dit à une personne qui parle trop impérieusement à des gens qui ne dépendent point d'elle. || On dit absolument d'un chef militaire, d'un colonel, etc. qu'il commande bien, c'est-à-dire qu'il sait bien commander les manœuvres. || Fig. Commander à ses passions, y résister, les maîtriser. Commander à ses pleurs en cette extrémité , C'est montrer, pour le sexe , assez de fermeté, corn. Hor. i, 4. Ton coeur.... Prévoit qu'il ne pourra commander à tes larmes, rac. Andr. iv, (. Commandez à vos yeux de garder le secret, id. t'6. m, t. Ou si nous ne pouvons commander à nos pleurs, id. Bérén. iv, 5. Tu veux commander seul à mes sens éperdus, volt. Zaïre, iv, 2. Répondez-vous à mes questions? — Oh ! qui pourrait m'en exempter, monseigneur? vous commandez à tout ici hors à vous-même, beaumarch. Mar. de Fig. v, (2. || Absolument. Pardonne, par mes pleurs, au feu qui me commande, Régnier, Elég. 2. Il ne faut que j'attende Ni pitié, ni faveur au mal qui me commande, id. t'6. (. || L'heure me commande, se dit de l'obligation où je suis d'être quelque part ou de faire quelque ehose à une heure dite. || 7" Terme de guerre. Cette place forte commande à tout le pays, c'est-à-dire qu'on ne peut s'établir dans le pays sans s'être rendu maître de la place. || 8° Se commander, t). re'/î. Se maîtriser. Il se commanda et contint son émotion. Dans les choses de peu si tu ne te commandes, Dis, quand te pourras- tu surmonter dans les grandes? corn. Imit. i, ((. || 9° Être obtenu par commandement. La gaieté ne se commande pas. Ce sentiment ne se commande point, ne dépend pas de la volonté. || 10° Se commander l'un à l'autre, v. réft. indirect, avoir un commandement l'un sur l'autre. Ces chefs fiers et du même âge, compagnons de guerre.... n'étaient guère propres à se commander l'un à l'autre, ségur, llist. de Nap. vi, (G.
— REM. Une colline commande la plaine, la domine; une citadelle commande la ville, la domine et peut tirer dessus de haut en bas. Une place forte commande à un pays, elle empêche qu'on ne puisse s'établir en sûreté dans ce pays.
— HlST. xi* s. N'en parlez mais, si je nel vous cumant, Ch. de Roi. xix. Jointes ses mains, iert [il sera] vostre comandet, ib. lui. Par pénitence [il] les [leur] cumande à [de] ferir, ib. lxxxvii. Je vous cumant qu'en Saragoce aillez, ib. clxxxix. || xii" s. [Il] Cumande les mules establer, Rnnc. p. 8. Mais comandez qu'il ait ajue [aide] grant, ib. p. 36. Un ?::ien service vous voudrai comander, ib. p. 467. Navales chevauche, com Charles comanda, t'6. p. t78. Lirois comande Guenelon àjuger, t'6. p. (84. A Jasu Christ tu soies comandé, t'6. p. (88. Se mes sires commande, nous irons voirement, Sax. xxi. Veez-en ci la chartre, commandez qu'on la lise, ib. xxm. Charles mande et commande que treil (nous] lui devon, t'6. 25. Par les oilz Deu, fait-il, tute la guerpirai, E mun fil e mun règne tut vus comenderai, Th. le mart. 4(5. As esteilles s'en vunt e à la tenebrur, Et se sunt comandé à Deu nuatre seignur , t'6. 4». || xm* s. Mais la comtesse de Brie, Cui commans je'n'os [ose] veer, M'a commandé à chanter, aub. de sBîanne, Romancero, p. (26. Et l'avant-garde fu commandée à Joffroi le maiescbal de Champaingne et de Romenie, vil- LU3. clxi. Je vous commant à Dieu , qui est vrais gouvernera, Berte, iv. Et lors ferez vous ce que ic'urrez [ vous m'ouïrez ] commander , id. xvii.
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Lors fist li rois ordener ses batailles et les comenda as dix plus preudhomes de s'ost, Chron. de Rains, p. (40. Quantla roïnevit çou, si l'en pesa, et comenda que cius [celui] fust pris qui çou li avoit fait, t'6. p. (92. Et li juges, selonc l'estoire, Le commanda tantost à prendre Por li mener ocir ou pendre, la Rose, 566S. Li eschieles s'en vont, es les vous aroutées; Al bon duc de Buillon ont les os [l'armée] comandées, Et il les conduit bien.... Ch. iïAnt. n, 27. Sitost comme il commença à cheoir, il se commanda à Nostre Dame, et elle le soustint par les espaules dès que il cheï, jusque à tant que la galie le roy le requeilli, joinv. 287,||xiV s. Nulle chose il ne font de ce que illourensaignentou commandent, oresme, Eth. 4(. || xv s Puis se commandèrent en la garde [de] Notre Seigneur, et se mirent en chemin par mer , froiss. i , i , 1 7 . Après les messes, le roi commanda à toutes gens eux armer, id. i, i, 84. il xvi' s. Le gentilhomme voyant que c'estoient femmes, ne put pis faire, que de les commander à tous les diables, leur fermant la porte au visage, marg. Nouv. xvi. On corrompt l'office du commander, quand on y obéit par.... mont, i, 59. Pythagoras, qui tant commandoit 9t recommandoit le silence à ses disciples, amyot, Numa, (4. Mon honneur me commande de mourir icy, id. Sylla, 46. Il présenta son filz aux gens de guerre en le leur commandant comme son successeur et héritier, id. Démétr. 37. La ville et le chasteau sont commandez, mais l'estorîe des parapets y remédie en quelque façon, d'aub. Bât. n, 239. Le ciel.... Qui me commande à mourir pour vos yeux, rons. 47.
— ÉTYM. Berry, c'mander, quémander; Saintonge, coumander (d'après Palsgrave, au xvr" siècle, on prononçait coumander); provenç. comandar ; catal. comanar; espagn. comandar; ital. comandare; du latin cum, avec, et mandare, mander, ordonner (voy. mander).
COMMANDERIE (ko-man-de-rie), s. f. || 1° Espèce de bénéfice, qui appartient à un ordre militaire, et qui se donne aux chevaliers, par rang d'ancienneté, ou pour récompense de leurs services avec le titre de commandeur. Les chevaliers de Malte menèrent Zizin dans une de leurs commanderies , volt. Mœurs, (07. Nous sommes voisins d'un commandeur de Malte.... Une partie des terres de la commanderie est enclavée dans celle de notre gendre Du<puits,voLT. Lett.d'Argental, 29 oct. (764. || 2° L'édifice même. Là [au-dessus de N'eustadt] se trouvait une commanderie ruinée où on jeta quatre bataillons, ST-SIM. 40, 2(3.
— ÉTYM. Commander.
COMMANDEUR (ko-man-deur) , s. m. \\l" Chevalier pourvu d'une commanderie dans les anciens ordres militaires. Commandeur de Malte. Seigneur commandeur, mon maître don Juan vous demande si vous voulez lui faire l'honneur de venir souper avec lui , mol. le Festin, m, 7. Le commandeur voulait la scène plus exacte; Le vicomte indigné sortait au second acte, boil. Ép. vu. L'affaire eût été plus loin, si le commandeur ne l'eût interrompu avec tant d'impétuosité qu'il fut contraint de se taire, st-évrf-moni? , Lettre au comte d'Olonne. || Terme de pharmacie. Baume du commandeur de Permes , ou, simplement, baume du commandeur, sorte de préparation stimulante , due à une personne qui se nommait le commandeur de Permes. || 2° Aujourd'hui, titre d'un grade élevé dans les ordres de chevalerie. Commandeur de la légion d'honneur. || 3° Commandeur des croyants, titre que portaient les califes. || 4" Aux Antilles, celui qui est chargé de l'inspection d'une exploitation, spécialement de la surveillance des nègres. Le fouet du commandeur. Vois-tu ce commandeur, hélas ! comme eux esclave, Du fouet armé, debout sous l'arbre du chemin? Un chien est à ses pieds; lui, sur un bloc de lave, Il surveille pensif son noir bétail humain , lacaussade, cité dans J. des Débats, (4 mai (861.
— HlST. xm* s. Et lors refu Uters conmenderes de la terre ainz que il fust rois, Merlin, f" 62, verso. Entre frère Robert de Noers comandeor de Launei et les frères de la maison, Bibl. des chartes, 3» série, t. v, p. 87. Nous preismes quarante livres pour nos despens, et le remenant commendasmes à garder au commandeur du palais du Temple, joinv. 264. || xvr s. Ils maintienent que, quand les grands commandent, on doit fermer les yeux et obeïr: car encores que la chose fust injuste , que l'exécuteur est excusé et le commandeur responsable, lanoue, 2(7. Commandeur gênerai de toutes les armées et provinces unies, d'aub. Hist. m, 203. L'eminence de ces haultes fortunes et commanderesses, mont, iv, 28. Joinct qu'il semble requis que celuy
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qui commande soit meilleur que ceux à qui il commande, ce disoit un grand commandeur, Cyrus, charron, Sagesse, i, 6 (.Cyrus, Alexandre, Caesar, trois grands commandeurs des hommes, id. th. i, ».
— ÉTYM. Provenç. comandaire , comandador; espagn. comendador; ital. commendatore ; du latin commendatorem , si l'on considère l'espagnol et l'italien ; de commendator et commendatorem, si l'on considère le vieux français et le provençal. Le français comandere et le provençal comandaire sont lo nominatif, venant de commendator, avec l'accent sur da; comandeor et comandador sont le régime, et viennent de commendatorem, avec l'accent sur to.
COMMANDITAIRE (ko-mau-di - tê-r") , s. m. || 1" Terme de commerce. Bailleur de fonds dans une société en commandite. || 2* Ad). Associé commanditaire. L'associé gérant est engagé, pour tous ses biens, envers les créanciers de l'entreprise, tandi.» que l'associé commanditaire n'engage que sa mise de fonds, j. b. say, Cours, (840, t. n, p. 77.
— ÉTYM. Commandite.
COMMANDITE (ko-man-di-t'), s. f. Terme de commerce. Société en commandite, ou, simplement, commandite, société où l'on prête seulement son argent, sans faire aucune fonction d'associé et sans avoir aucune responsabilité. L'association en commandite est une manière de prêter aux entreprises industrielles, i. b. say, Cours, (840, t. u, f 77. || Fonds remis par un commanditaire.
— ETYM. Commander , dans le sens de confier.
t COMMANDITÉ, ÉE (ko-man-di-té, tée) , part. passé. Commandité par des bailleurs de fonds.
f COMMANDITER (ko-man-di-té), v. a. Fournir à un commerçant, à un industriel, les fonds nécessaires à une exploitation, moyennant une part d'intérêts dans les profits , mais sans contracter soimême aucune obligation commerciale.
— ETYM. Commandite.
f C0MMAT1SME (ko-mma-ti-sm') , s. m. Terme de grammaire très-peu usité et signifiant le style coupé.
— ÉTYM. Comma.
COMME (ko- m'), adv. || 1° De la façon que , ainsi que, de même que, autant que. Les métaux précieux, comme l'or, l'argent, sont moins utiles que le fer. Une âme comme la sienne. Une sorte de bras dont il s'élève en l'air Comme pour prendre sa volée, la font. Fabl. vi, B. Les éclairs de ses yeux Étaient comme d'un tonnerre, malh. h, 2. Mars.... N'a rien de si tragique aux fureurs de la guerre. Comme ce déloyal [l'Amour] aux douceurs de la paix, id. vi, 6. Il y a des héros en mal comme en bien, larochef. Max. (86. Mais un monarquo enfin comme un autre homme expire, corn. Sïcom. iv, 3. J'admire deux choses, le flegme de celui qui a tout remué, comme l'embarras de ceux qui n'ont rien fait, la bruy. i. Vouloir être justes et ne voir, autant qu'on le peut, les choses que comme elles sont, volt. Lelt. Mme du De/fant, 2'J juillet (77(. Les peuples, comme les nommes, ne peuvent être heureux que dans un état de calme, et loin des grands efforts qui supposent de grands besoins, thomas, Essai sur les éloges, ch. 23. La reconnaissance est le plus doux comme le plus saint de nos devoirs , id. t'6. Si votre roi revient dans ses États comme et dans le temps que je vous ai dit.... fén. xxi, 447. Mais tu n'aimes qu'un temps comme notre hirondelle, Moi , je t'aime comme je vis, v. hugo , Odes , iv , 7. Dieu, dont elle a tant de crainte, au moins comme elle dit , Régnier, Élég. 3. Mais je n'en ai point vu de faux, comme je crois, mol. J'J^tour. n, 6. Notre heureuse pécheresse n'est pas timide dans le bien , comme elle ne l'avait pas été dans le mal, mass. Car. Pécheresse. || Comme entre dans la multitude infinie de comparaisons brèves qui donnent au style de la conversation un caractère original et plaisant. Traité comme un chien. Rire comme un bossu. Muet comme une tanche. Crier comme un aveugle. || Tout comme, tout pareillement. Vous vous en apercevrez tout comme moi. Il Familièrement. C'est tout comme, c'est la même chose. C'est justement tout comme : La femme est en effet le potage de l'homme, mol. Éc. des f. n, 3. Il Dans cet emploi , quand comme est suivi d'un infinitif, on intercale d'ordinaire la préposition de; pourtant l'omettre ne serait pas une faute. Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise, la bruy. xi. Rien ne rafraîchit le sang comme de secourir les malheureux, volt. Lelt. Boisgelin, mars (767. Rien ne la console comme d'entendre parler du Dieu qu'elle a aimé, mass. Car. Mort. || Comme il faut, précédé d'un mot exprimant commandement, signifie qui oblige, qui contraigne Ayez un ordre
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comme il faut que je parte. Obtenez un arrêt comme il faut que je dorme, rac. Plaid, I, 4. I| En un autre sens et dans le langage familier, un homme comme il faul, des gens comme il faut, celui, ceux qui appartiennent à la bonne société, qui ont de bonnes manières. On prononce le plus ordinairement en cet emploi , commet faut. || Comme aussi. Le contrat i orte que.... , comme aussi que, etc. Son clrien dormait aussi, comme aussi sa musette, la font. Fabl. m, 3. || Comme en effet, façon de parler qui sert à confirmer. S'il est homme de bien, comme en effet il est. On emploie aussi comme sans en effet, dans le même sens, et en répétant le verbe être. Quand je ne serais pas votre serviteur comme je suis. Puis étant son mérite infini comme il est, Malherbe, dans vaugelas, Rem. || Comme si, de même que si. Bien des hommes vivent comme s'ils ne devaient jamais mourir. Comme si d'occuper ou plus ou moins de place Nous rendait, disait- il, plus ou moins importants, la font. Fabl. vm, 16. Et comme s'ils vivaient des misères publiques, Pour les renouveler ils font tant de pratiques Que qui n'a point de peur n'a point de jugement, malh. h, l. || Un homme comme lui, un homme de son mérite, de son rang, etc. || Familièrement. Comme cela, qu'on prononce ordinairement comme ça, ni bien ni mal. Comment se porte-t-il? Comme cela. || Il est comme cela, c'est son caractère. || Comme qui dirait, en quelque sorte, une sorte de.... Il portait sur sa tête comme qui dirait un turban. Cette locution a été condamnée par des grammairiens ; mais, outre qu'elle est ancienne (voy. l'historique), elle n'a en soi rien d'incorrect, et elle s'explique par une ellipse. Il a taillé ce bout de bois comme qui taillerait une plume, c'est-à-dire comme le taillerait celui qui taillerait une plume ; il porte sur la têle comme qui dirait un turban , c'est-à-dire il porte comme dirait celui qui dirait un turban. || Commeça! Terme de marine. Commandement fait à un timonnier de maintenir la barre du gouvernail, de manière à ce que le navire dévie le moins possible du point où se trouve le cap. || 2° Presque, quasi, en quelque sorte. Ce sens n'est qu'une extension du précédent et s'explique par une ellipse : Ce fut comme un éclair, c'est-à-dire ce fut de la façon que serait un éclair. Enfin on abjurait le monde où l'on avait reçu sa première naissance, pour se vouer totalement à l'Église, où l'on prenait comme une seconde naissance, pasc. Comparaison des chrétiens. Le ciel en sa faveur produit comme un miracle, mol. VÉtour. v, 14. On se donne à Paris, sans se parler, comme un rendez-vous public, mais fort exact , tous les soirs , au cours et aux Tuileries, pour se regarder au visage et se désapprouver les uns les autres, la bruy. vu. C'est une offrande comme encore souillée qu'on va mettre sur l'autel , mass. Panég. St Benoit. Un goût qu'on apporte comme en naissant et qui semble ne pouvoir venir que du maître de la nature, id. Car. Vocation. La suite ordinaire et comme infaillible d'une vie pécheresse, c'est la mort dans le péché, id. ib. Impénit. finale. Tout ce qui s'y décide sans nous et comme malgré nous ne peut tarder d'être désavoué de nous-mêmes, id. ib. Vocation. Des fautes qui lui sont comme inévitables, id. Car. Fausse confiance. Je pourrais merae aller plus loin et vous demander si l'innocence de la vertu ne vous eût pas été comme plus naturelle, plus douce, plus aisée que le dérèglement du vice, id. ib. Le désir de (souffrir pour Dieu fut comme sa passion dominante, FLÉOH1ER, Panég. Il, p. 260. Le pardon qu'elle obtenait lui était comme un nouveau lien qui l'attachait, id. ib. p. 261. Il n'y a eu rien ou comme rien de pillé dans la ville, pelliss. ii, 257. || 8° En qualité de. On le cite comme le plus savant helléniste. Regarder la chose comme faite. Elle [l'âme] comprend qu'elle ne doit plus penser ici- bas qu'à adorer Dieu comme créateur, lui rendre grâce comme redevable, lui satisfaire comme coupable, le prier comme indigente, pasc. Conv. du pécheur. Comme à de mes amis il faut que je te chante Certain air que j'ai fait de petite courante, mol. Fdch. i, 6. Un gentilhomme français , qui , comme curieux d'obliger les honnêtes gens, a bien voulu prendre ce soin, mol. Sicilien, II. Comme sage, J'ai pesé mûrement toutes choses, id. Tart. n, 2. ]| 4° De quelle manière, par quels moyens. Je ne sais comme il me sera possible de m'accommoder au temps, vaug. Q. C. 309. Voilà comme l'amour succède à la colère, corn. Rodog. m, t. Je sais trop comme agit la vertu véritable, id. //or. îv, I. J'ai su par son rapport, et je n'en doutais pas, Comme de vos deux fils vous portez le trépas, id. ib. v, 2. Et je vous montre à tous par
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là comme il faut vivre, id. Poly. v, 2. Afin d'être témoin, comme après nos débats Je chéris sa mémoire et venge son trépas, id. Pomp. m, 4. Mais je ne comprends pas toute cette conduite, Ni comme à cet éclat la reine vous contraint, id. Nicom. m, 3. Montrez-lui comme il faut s'endurcir.... id. Ct'd.i, 3. Un cœur né pour servir sait mal comme on commande, id. Pomp. iv, 2. Je vais savoir comme enfin tout se passe, in. //or. m, 3. Qui sait comme en ses mains ce portrait est venu? mol. Sgan. 6. Je m'étonne comme le ciel les a pu souffrir si longtemps, id. Don Juan, v, l. Qu'importe comme ils parlent, pourvu qu'ils me disent ce que je veux savoir? id. Pourc. H, <2. On n'est pas en peine sans doute comme il faut faire pour vous louer, id. Ép. dédie, de VÉc. des f. Je ne sais comme il est demeuré sur ma table, id. D. Gare, n, 6. À peine pouvez-vous dire comme il se nomme, id. Mis. i, I, On ne savait comme en venir à bout, la font. Court. Voici comme, à peu près, Ësope le raconte, la font. Fabl. vi, l. Je t'attraperai bien, dit-il [l'ours] ; et voici comme, Aussitôt fait que dit, id. ib. vm, 10. Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature. L'âne un jour pourtant s'en moqua, Et ne sais comme il y manqua : Car il est bonne créature , id. ib. vm, 17. Il rêve la veille par où et comme il pourra se faire remarquer le jour qui suit, la bruy. xiii. Je lui demandai comme il se portait, sêv. 125. Prenez bien garde comme je parle, boss. Lelt. abb. toi. Voilà comme je crus étouffer ma tendresse, rac. Andr. i, l. Le voyez-vous comme il vole ou à la victoire ou à la mort? boss. Louis de Bourbon. Voilà comme il conserva son innocence dans le grand monde, flech. Panég. i, p. 363. Ecoutez comme l'apôtre consolait autrefois les premiers fidèles , mass. Car. Mort. [Ils] Nous ont assez appris comme on peut la dompter, volt. Tancr. i, 1. Je ne sais point encore comme on manque de foi, id. Œdipe, ni, 2. || Interrogativement. En cet emploi il a vieilli. Comme y fournirez-vous, quand il aura vingt ans? malh. iv, I. Comme échapperons-nous en des nuits si profondes?™, n, l. Comme a-t-elle reçu les offres de ma flamme? corn. Pomp. m, 3. Albin, comme est-il mort? id. Poly. m, 5. Comme est-ce que chez moi s'est introduit cet homme? mol. Éc. des f. n, 2. || Comme que, avec le subjonctif, de quelque façon que. L'abbé d'Estrées se promettait je ne sais comme une fortune, en se cramponnant, comme que ce fût, dans son triste emploi, st-sim. l»l, 199. Tout ce qu'on fait par autrui se fait mal, comme qu'on s'y prenne, J. J. rouss. Ém. iv. Comme qu'on s'y prenne, il est impossible qu'on en vienne à bout, id. ib. H. Comme que je fasse, il m'empoisonnera, id. Conf. 1. || Familièrement. Dieu sait comme, locution qui signifie médiocrement, assez mal. Et peu d'amis, même amis, Dieu sait comme, la font. Faucon. Je croyais voir le président Faire bâiller en répondant Que l'on vient de perdre un grand homme, Que moi je le vaux, Dieu sait comme, bérang. Âcad. et Cuv. Léandre me fait lui prêter De l'argent qu'il rend Dieu sait commet id. 3'mari. || Comme quoi, de quelle façon. Voilà comme quoi il est fort dangereui d'avoir demi-étudié, balz. liv. m, lelt. 9. Vous savez comme quoi je vous suis tout acquise, corn. Rodog. i, 7. Comme quoi est aussi interrogatif mais très-peu usité en cet emploi. Comme quoi n'êtesvous pas persuadé? || Comme quoi est de difficile explication. Comme a parfois le sens de comment ; et l'on dit, interrogativement, ayant mal entendu : comme quoi? Cette étoffe est comme du satin; si on a mal entendu, on dira dans le langage très-familier: comme quoi ? Comme quoi est devenu de la sorte une locution faite, qui s'est introduite pour ne signifier rien de plus que comment. || 5° Combien, à quel point. Comme il est changé I Vous voyez comme il travaille 1 Comme il est bon ! Comme il est aimable I Vous ne croirez jamais comme chacun l'admire, corn. Cid, iv, I. Vous ne sauriez croire comme elle est affolée de ce Léandre I mol. Iléd. m. lui, m, 7. Et par la fermeté dont ce cœur est armé, Titus, tu connaîtras comme il t'aurait aimé, volt. Brutue, iv, a. || 6° Conj. Quand, dans une période , deux membres expriment une comparaison, comme se met au commencement du premier, et le second a pour corrélatif ainsi, quelquefois aussi, et d'autres fois n'a point ds corrélatif du tout. Comme la raison n'a plus de frein, ainsi l'erreur n'a plus de bornes. Comme il est inconstant dans ses projets, aussi voit-on qu'il réussit rarement. Et comme elle a l'éclat du verre, Elle en a la fragilité, corn. Poly. îv, 2. Et si c'est un bienfait qu'il faut rendre aujourd'hui , Comme il parla pour vous, vous parlerez pour lui, id. Pomp. i, I. Comme nous
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devinons, vous pouvez deviner, id. Suréna, îv, S. Comme tout est pur à ceux qui sont purs, tout devient souillé à celui qui l'était déjà par sa transgression, mass. Car. Danger des prospérités temporelles. || 7° Dans le temps où, au moment où. Comme il était à Paris, la révolution éclata. Comme il fut sorti de Delphes et qu'il eut pris le chemin de la Phocide, la font. Vie d'És. Comme il eut aperçu que, dans ce mélange infini de sectes, le plaisir de dogmatiser sans être repris était le charme qui possédait les esprits.... boss. Reine d'Anglet. Comme il fut arrivé à un pont, Pomponius et Licinius, pour faciliter sa fuite, firent ferme les armes à la main, vertot, Révol. rom. liv. ix, p. 35». On dit que, comme on lui eut amené un cheval, un peu avant que le combat commençât, il tira son épée, le tua, et, se tournant vers ses soldats.... id. ib. liv. xi, p. 143. Vers le soir, comme elle était seule avec Virginie, il entra chez elle un grand homme vêtu d'une soutane bleue, bern. de st-p. Paul et Virginie. || 8" Parce que, vu que, puisque, attendu que. Comme ses raisons paraissaient bonnes, on s'y rendit. Comme notre héros se voit près d'achever, C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver, corn. llor. rv, 2. Et comme pour toi seul l'amour veut que je vive, id. Cinna, m, 4. Et comme à l'échauffer j'appliquerai mes soins, id. Nicom. i, 6. Comme toute disgrâce peut leur arriver [aux hommes] , ils devraient être préparés à toute disgrâce, la bruy. xi. || Comme signifiant vu que et dans le temps où, peut être remplacé par que dans les membres de phrase subséquents. Comme vous êtes un fort galant homme, et que vous savez comme il faut vivre, mol. ilar. for. 4. Comme elle possédait son affection.... et que son heureuse fécondité redoublait tous les jours les sacrés liens.... boss. Reine d'Anglet. \\ Proverbe. Comme on fait son lit on se couche, c'est-à-dire celui qui n'a aucune prévoyance éprouve des désappointements de toute nature.
— REM. i. Il faut prendre garde à l'emploi de comme avec une négation; ce qui amène parfois de l'amphibologie. Ainsi dans cette phrase : la terre ne produit pas comme la mer des animaux qui..., cela peut vouloir dire : ou que ni la terre ni la mer ne produisent des animaui qui.... ou : la terre, à la différence de la mer qui en produit, ne produit pas des animaux qui.... Il faut donc éviter cette tournure dans les cas où le sens n'est pas clairement déterminé. || 2. Comme quoi est nouveau et bien reçu, pour dire comment, ditMarg. Buffet, Observ. p. 70, en 1668. Vaugelas observe aussi que cette locution n'est pas ancienne. Thomas Corneille ajoute qu'elle a déjà vieilli. Mais depuis elle est rentrée dans l'usage. || 3. Comme ainsi soit que est une locution qui était encore usitée au commencement du xvn' siècle, mais qui depuis lors est tombée en désuétude. Voyez-en des exemples dans l'historique, auxvi' siècle. Ellesignifie -.commeilest vrai que.... ||4. Comme s'est dit après autant, aussi, tant, si. Ce n'est pas tant le mouvement comme l'action qu'il faut prendre, desc. Diopt. 1. Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui, corn. Poly. m, 3. Ma foi, vous en tenez aussi bien comme nous, id. le Menteur, v, 1 . Il n'est rien de si beau Comme Caliste est belle, malh. v, 12. Mais en quel autre cœur est la douleur si vraie Comme elle est dans le mien? id. vi, 11. Cette construction ne s'emploie plus, du moins dans le style ordinaire; car, en vers et dans le style élevé, elle serait acceptable et ne paraîtrait pas surannée. || 5. Comme tout est une locution populaire, depuis longtemps condamnée et qui n'a rien en sa faveur. Voici un terme des plus barbares où bien des provinciaux tombent : ils diront : cet homme est riche comme tout; il faut dire : est très-riche, marg. buffet, Observ. p. 75, en 1668. || 6. Comme de juste, pour dire comme il est juste, est une locution populaire qu'il faut aussi écarter. De juste n'est pas français et ne le devient pas davantage pour être joint à comme.
— HIST. ix' s. Si cum on, per dreit, son fraura [frère] dist [doit] , Serment. || x* s. Enz en '1 fou la getterent, com arde tost, Eulalie. Si astreient [seraient] li Judei perdut, si cum il ore sunt, Fragm. de Valenc. p. 468. || xr> s. Pur tant cum il pussent le dreitservise faire, L. de Guill. 33. Conseilez meicime mi home saive, Ch. de Roi. n. Terres et fiés [fiefs] tant cum vous en vuldrez , ib. v. Par main [matin] , en l'aube, si cum li jorz esclaire, ib. lu. Si cum il put, du pin est avalet, ib. lxxix. Cum il le vit, à ferir le [il] désire, ib. cxn. Cum [comment] faitement lui manderons novelles? ib. cxxvi. Pour ce sont Franc si fier cume lion, ib. cxl. Laissez les morz tout ainsi cum il sont, t'i». clxxiv. Cum il entrèrent
COM
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en la chambre voltioe, 11 firent.... ib. cxci. Cum dechera [déchoira] ma force et ma baldur! 16. cciv. || xii* s. Si voirement comnous bien le créons, Honc. p. 48. Com s'el m'eûst dedenz son corps portée, ib. p. 46t. Aussi com vous le me poez douer, Quant vous plaira, le me poez retraire, Couci, li. Si con fait nés [nef] que vens guie [guide], 16 m. Tant con [je] fu miens [je m'appartins], [elle] ne me flst se bien non, ib. vi. Mais se clamer m'i volez vostre ami, Comme [il y] auroit ci très glorieus secours! ib. vu. De ceste amor qui tant me fait pener, Ne voi-je pas com je puisse partir, ib. x. Si [je] me merveil con vostre cuers l'endure, ib. xi. Car quant je me iepourpens Comme ele est bêle à veoir, ib. xa. Pour une qu'en ai haïe, J'ai dit aux autres folie Corne irous [irrité], quesnes, Romancero, p. 87. Lors [ils] sauront comme Charles nous a le jeu parti, Sax. xxiv. || xm* s. Hal biau sire Dieu, con grant domages ce fu que celé assemblée, qui fu ilec, ne fust avoec les autres devant Andrenoble! villeh. cxlix. Ha Dexl com périlleuse bataille, de si peu de gent encontre tant ! m. clx. Comme droit hoir de France [ils] font Pépin couroner , Berte, m. Il surent aussi bien le françois de Paris Com se il fussent né au bour à St-Denis, ib. v. X vous [je] l'envoierai si com pour là gésir, 16. xm. Ainsi corne [elle] eûst deuil, [elle] prent fort à souspirer, t'6. xvii. Vermeille ert [elle était] comme rose , blanche com fior de lis, ib. xxx. Si [elle] saignoit eom ce fust perceûre de clou, t'6. xxxn. Ahi! mère, fait-ele, com auriez cœur mari, Se vous saviez.... t'6. lix. Il l'amoient [Berte] de cuer comme bien enseignée, ib. lx. Il xiv* s. Et est semblable, comme qui feroit comparaison d'une chose qui a ame à celle qui n'a point d'ame, obesme, Eth. 207. || xv* s. Il a fait votre traité tout comme vous l'avez demandé, froiss. 11, m, 23. Et n'y avoit aucun, comme grand qu'il fust, qui de rien osast trespasser son commandement, ni contredire [d'Artevelle] , u>. 1, 1, 65. Je iroie volontiers assaillir ce fort chastel, comme travaillé que je sois, pour essayer si nous y pourrions rienconquester, id. i, i, 4 82. Si devez savoir que la joie fut très grande , quand [les Anglais] sçurentque [les Gascons] estoient, com durement que ce fust, arrivés et venus à port de salut, id. n, h, 420. Il fut commandé et dit que quiconque avoit prisonnier que tantost il l'occist, et que nul n'y fust excepté ni dissimulé, comme vaillant, comme puissant, comme noble, comme gentil ni comme riche qu'il fust, id. il, m, 20. Et fut prouvé sur eux, si comme je fus adonc informé, id. m, ii, 2. Il me faut regarder comme hastivement je me puisse venger de ce despit que l'on m'a fait, id. i, i, 4 00. Consul de Rome, qui estoit office comme nous dirions duc et connestable de la chevalerie, Bouciq. 1, ch. 4 8. Ledit duc, comme il veit tes portes fermées, fist saillir les gens de sa chambre, comm. h, 7. Tout ainsi comme cecy avoit esté conclud, il fut exécuté, id. iv, 2. Se agenouilla comme à demy pied de terre, id. iv, 40. Hardy autant comme homme qui ait régné de son temps, id. v, 9. 11 récent lettres comme la duchesse d'Austriche estoit morte, id. vi, 7. Estoit là avec plusieurs de ses enfans comme trois fils et ung filz, id. 1, 2. Et n'estoit point si forte comme elle est à
présent, id. i, 2 Lui escripvoit comme [que] le
roy partoit, id. t'6. Et tous les autres se mettoientàla suytte comme ils venoient, id. 1, 3. Comme la nuyt fut toute close, on ordonna cinquante lances pour veoir où le roy estoit logé, id. i, 4. Et gaignerent une petite isle qui estoit comme au meillieu, id. i, e. Les Lyegeois en très grant nombre de gens comme de trente mille personnes, id. ii, 2. Quand la pièce de bœuf fût comme toute depeschée, louis xi, Nouv. lxxxiii. Il xvi* s. Il le faisoit contourner en ung cercle, tant à dextre comme à senestre, hab. Car. 1, 23. Lesquelles façons n'accordent non plus avec la nature du sacrement comme [que] le feu avec l'eau, calv. 346. Comme ainsi soit que Dieu ne puisse recevoir aucun bien-fait de nous.... it>. Instit. m, 43. Comme leur oserions nous oster l'héritage de vie? id. ib. 359. Tout cela est autant comme s'ils plaidoyent contre Dieu, de ce qu'il a créé le monde si tard , comme ainsi soit qu'il l'eust peu faire dès le commencement, m. t'6. 351. Il nous a voulu, comme en passant, signifier la grandeur de sa miséricorde, id. ib. 288. Car suyvre faut la reigle et loy de Christ, Comme il l'a baillée par escrit, marot, i, 272. La plus grosse beste qui soit, Monsieur, comme est-ce qu'on l'appelle? id. in, 444. Martin ne veut point de Catin; Je le trouve aussi fin comme elle, id. m, 4 76. Que sçais-tu quel j'estois devant qu'aller à Rome? Quel j'en suis retourné? quel j'ay vescu, et comme? dubell. vi, 60, verso. Comme quelques
DICT. de LA LANGUE FRANÇAISE.
jours aprez un de ses gents mai à mourir, mont. i,fl. Comme si nulle contenance ne pouvoit représenter ce degré de dueil, id. i, 7. Ils accusèrent cette piatique, comme ennemie de.... id. i, 23. Comme grant capitaine et philosophe, id. I, 28. Comme nous voyons des terres, ainsi est il des esprits, id. 1, 31. Comme est-il possible d'aller? id. i, 72. Comme il feut en sa présence, il lui dict, id. i, 4 27. Penses tu qu'il cherche comme il se rendra plus homme de bien? id. i, 278. 11 en est peu, ou comme point, qui n'aient essayé quelquesfois en eux mesmes la cruauté du tyran, la hostie, 68. Je te feray doncques de surcroist le conte comme c'est que je me prins garde de ce beau mot, id. 162. Voylà comme j'en use, id. 217. Comme le père lui demandast combien il vouloit avoir pour lui instruire et enseigner son fils, lanoue, h 3. Le mal de quoy on a bonne conoissance est comme demi guéri , id. 468. On regarde seulement comme son voisin fait, id. 467. C'estoit comme on dit : après la mort le médecin, id. 264. Et comme pourroit-il souffrir qu'on l'allast attaquer jusques dedans sa caverne, sans se défendre, comme font les bestes généreuses? id. 444. Les exemples ne monstrent pas seulement comme il faut faire, mais aussi impriment affection de le vouloir faire , amyot, Préf. iv, 30. Comme tout le monde se trouvast estonné d'un conseil hardy et si avantageux, id. Cimon, 9. Homme consommé en tout rare sçavoir, ainsi comme ses œuvres ne laissent douter à qui les a entièrement leues, id. Préf. xxi, 48. On surnomme celle déesse Epitragia, comme qui dirait, la déesse du bouc, id. Thésée, 2(. Thésée y alla comme les autres, id. t'b. 6. Le menu peuple saccagea ceulx que l'on appeloit prosagogides, comme qui dirait les courratiers, id. Dion, 37. Elle ne peut trouver mary d'aussi noble maison comme elle, pour sa pauvreté, m. Ctmon, 8. J'auray pitié du feu qui cause vostre perte, Pleurant vostre douleur comme l'ayant soufferte, hons. 699. Il vous fera pardon, il est dieu débonnaire, Et, comme les humains, ne tient pas sa colère, m. 870.
— ÉTYM. Bourguig. queme; Berry et Saintonge, coume (d'après Palsgrave , p. 57 , au xvi* siècle on prononçait coume); provenç. com, co, cum; anc. catal. anc. espagn. anc. portug. anc. ital. com; espagn. et portug. mod. como; ital.mod. corne; sicil. cornu; du latin quomodo, composé de quo et modo: de la façon que, en quelle façon. Ce qui écarte tout à fait de l'étymologie la conjonction latine cum, ce sont les formes corne, como, incompatibles avec elle. Si l'on passe en revue les exemples depuis le ix* siècle jusqu'au xvi* siècle, on verra que, dans les siècles antérieurs au xvi* , cum, com ou comme pourraitêtre remplacé par quomodo soit directement, soit par une dérivation d'idée facile à saisir; mais qu'à partir du xvr* siècle, comme est assimilé à la conjonction latine quum, et même on vajusqu'à faire régir à commele subjonctif devant l'imparfait, demêmeque quum le régit en latin. Dans un texte cité du x* siècle, corne, suivi du subjonctif, a la signification : de façon que : Ils la jetèrent au feu , de façon qu'elle brûle tôt. Cet emploi se rapproche, pour le sens, de notre tournure : Obtenez un arrêt comme il faut que je dorme, rac. Plaid.
COMMÉMORAISON (ko-mmé-mo-rè-zon) , s. f.
Terme de liturgie. Mention faite d'un saint le jour consacré à la fête d'un autre. L'Église fait commémoraison de tel saint.
— ÉTYM. Forme ancienne de commémoration.
t COMMÉMORATIF , IVE ( ko-mmé-mo-ra-tif , ti-v') , adj. Qui rappelle le souvenir. Fête commémorative. || Dans le langage médical, signes commémoratifs, les marques qu'a laissées le passé sur le corps du malade. Circonstances commémoratives, circonstances passées, tant celles qui résultent des signes commémoratifs, que celles qui ne se savent que par les aveux du malade, ou les déclarations des assistants.
— ÉTYM. Voy. COMMÉMORATION.
COMMÉMORATION (ko-mmé-mo-ra-sion ; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Cérémonie établie pour rappeler le souvenir d'un événement. La communion est une douce commémoration du sacrifice de la croix, boss. Lett. Corn. 65. Encore que ce sacrifice soit une commémoration de celui de la croix, pasc. Prov. 4 6. Les Béotiens en faisaient commémoration [de Cadmus] dans leurs cérémonies, volt. Mœurs, déluge. ||La Commémoration des morts, la fête que l'Église célèbre le jour des Morts. || 2° En général, souvenir. Je garde chèrement ce portrait en commémoration de notre ancienne amitié. || Familièrement et en plaisantant, faire commémoration de quelqu'un, en faire mention.
— HIST. xvi* s. Vous ferez ceci en commémoration de moy, calv. Instit. 4088. La passion de nostre Seigneur, dont la commémoration se faisoit en ces jours-là, maro. Nouv. xi.
— ÉTYM. Provenç. comemoracio; espagn. commémoration ; ital. commemoraïi'one; du latin eommeiiwrationrm , de commemorare , commémorer.
t COMMÉMORÉ, ÉE (ko-mm6-mo-ré, rée), part, passé. Des faits commémorés par nos grands-pères.
t COMMÉMORER (ko-mmé-mo-ré) , v. a. Néologisme. Rappeler au souvenir.
— ÉTYM. Le latin commemorare, de cum, et ntemorare, avoir mémoire (voy. mémorable).
COMMENÇANT, ANTE ( ko-man-san , san-f) , ». m. et f. Celui, cellequiest aux premiers éléments d'un art ou d'une science. L'auteur du Spectacle de la Nature est tombé dans une méprise qui peut égarer les commençants, volt. Newt. u, 4. Cette forme de leçon était plus propre à encourager les commençants, qu'il faut sans cesse distraire de ce que l'étude a do pénible par quelque attrait de curiosité ou par l'intérêt de quelque application utile, condorcet, Bucquet.
COMMENCÉ, ÉE (ko-man-sé, sée), purt. passé. Il i* Une construction commencée. L'année étant commencée. Le cœur qui n'était encore que commencé à former, desc. Foetus, 4. Serons-nous fort contents d'une pénitence commencée à l'agonie, qui n'aura jamais été éprouvée , dont jamais on n'aura vu aucun fruit? boss. Anne de Gonx. Quelle est donc sa pensée et que cache un discours Commencé tant de fois, interrompu toujours? rac. Phèd. v, 4. Elle a trois fois écrit, et, changeant de pensée, Elle a trois fois rompu sa lettre commencée, id. t'6. v, 6. Je suis au comble de ma joie de voir l'affaire des Sirven commencée, volt. Lett. Beaumont, 4 5 sept. (706. Pour persécuter un homme légalement, il faut du moins quelques preuves commencées, volt. Lett.d'Argental. «3 sept. 1768. || 2° Qui a reçu les premiers éléments d'un art, d'une science. Cet élève commencé par un habile maître.
COMMENCEMENT ( ko-man-se-man ; quelques personnes prononcent ke-man-se-man; cette prononciation, qui est un provincialisme, n'est pas reçue; du reste il est constant que nos ancêtres avaient une certaine tendance à assourdir ,1e sonde l'o en e muet; d'après Palsgrave, p. 57, au xvi* siècle, on prononçait coumanceman), s. m. || 1° La première partie d'une chose qui a étendue ou durée. Bon, mauvais commencement. Le commencement d'un livre, de l'année. Les vieillards qui lui conseillaient d'affermir les commencements de son règne, mass. Petit-Carême. Tent. des grands. Pour reprendre un fait dès ses commencements, la bruy. Théophr. 42. Dès le commencement de nos entretiens, dit-il, je me suis engagé à vous expliquer les maximes de nos auteurs pour toutes sortes de conditions, pasc. Prov. 8. Les hommes s'ennuient enfin des mêmes choses qui les ont charmés dans leurs commencements, la brhy. xi. Le poème tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine dans tout son progrès la liberté de respirer... id. i. Ce que je sais le mieux c'est mon commencement, rac. Plaid, m, 3. || Prendre son commencement, prendre commencement, en parlant des choses, commencer. La guerre prit commencement, ou prit son commencement au printemps. || Au commencement, dans le commencement, dans les premiers temps. Au commencement tout allait bien. || Au commencement que.... Au commencement que l'évêque avait seul entre les mains tout le revenu de son église, en était-il plus fastueux? mass. Conf. Usage des revenus ecclésiast. || Dans le style de l'Écriture, au commencement, c'est-à-dire au commencement du monde. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Il 2° Terme de théologie. Premier principe. Dieu est le commencement et la findetouteschoses.|| 3° Terme de jurisprudence. Commencement de preuve, indice qui commence une preuve, qui met sur la voiede la preuve, qui autorise à fournir lapreuve. || 4°Ebauche. Ronsard, qui de son temps a passé pour le prince des poètes français, quoique au jugement de M. de Balzac il ne soit tout au plus que la matière et le commencement d'un grand poète.... ménage, Préface aux Œuvres de MaÙterbe. \\ i" Au plur. les premiers développements d'un État, d'un homme. Les grandes fortunes viennent souvent de petits commencements. Il ne faut pas prendre, de la ville de Rome dans ses commencements, l'idée que nous donnent les villes que nous voyons aujourd'hui, montesq. Rom. 1. Tout le reste de sa conduite répondit à de si beaux commencements, boss. le Tellier. La plupart des hommes, pour arrivera leurs
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fins, sont plus capables d'un grand effort que d'une longue persévérance ; leur paresse ou leur inconstance leur fait perdre le fruit des meilleurs commencements, la bruy. xi. Les commencements de ceux qui n'ont pour eux que leur mérite sont assez obscurs et assez lents, fonten. Dodart. || Les premières leçons ou notions d'un art, d'une science. Les commencements sont toujours difficiles. Avoir de bons commencements. Donner de bons commencements. || Proverbe. Il y a commencement à tout, c'est-à-dire il faut faire son apprentissage en toutes choses, on ne peut bien faire tout d'abord.
— REM. On entend souvent des phrases comme celle-ci : nous allâmes demeurer tout auprès de lui, et du commencement l'on se visitait. Il faut dire : au commencement , dans le commencement. Le bon usage n'a point adopté cette locution, bien qu'elle soit construite comme du temps (du temps de Louis XIV) , et qu'on ait dit autrefois : de commencement.
— hist. xii' s. Commencement de douce saison bêle, Que je voi revenir, Coud, xvm. || xm* s. Comme ele l'arrea [la trahison] dès le commencement, Berte, xcv. Ele [la dame] commence avenanment [son récit]; Or oyés le commencement, Flore elBl. 55. Quant li avocat pledent por autre, il doit dire à celi qui tient le [la] cort el commenchement se [sa] parole, beaum. v, 7. || xiv* s. Pour ce que riens ne vault li bons commencemens Ne li moiens [le milieu], se bons n'est li deffinemens, Girart de Rots. v. 6969. Et semble que le commencement ou principe soit plus de la moitié de toute la besoigne, oresme, Eth. XX, 4 7. Selon Aristote.le monde est perdurable, mes en vérité il eut commencement, id. t'b. 66. || xv s. [Les archers] se boutèrent au hahay, et navrèrent de commencement tout plein des garçons des Hainuyers, froiss. i, i, 34. La fin en sera mauvaise; Ains que vostre oeuvre soit usée; Commencement n'est pas fusée, l. CBABTiEB, Hist. de Charles VII, p. 44 4 , dans lacubnb. L'on dit : commencement n'est pas fusée mais advantaige grant, Perceforest, t. vi, p. 84. || xvi* s. Mourut ce bon capitaine et honnorable seigneur, qui ne pouvoit mourir autrement; car qui a bon commencement a bonne fin, brant. Capit. fr. t. i, p. 82, dans lacune. Zenon, tout au commencement des livres de la republique, declaroit inutiles toutes les libérales disciplines, mont, ii, 239.
— ÉTVM. Commencer; Berry, c'mincement, c'mencement; provenç. comensamens ; catal. comensament;nnc. espagn. comenzamiento ; ital. cominciamento. L'ancien français avait aussi commencence et comensaille.
COMMENCER (ko-man-sé ; quelques personnes prononcent ke-man-sé , provincialisme non reçu; le c prend la cédille devant o et o: commençant, commençons), «.a. || 1* Donner commencementàquelque chose. Commencer une construction, un discours. J'ai commencé la lecture de ce livre. Ce que j'ai commencé je ne l'achève point, bac. lphig. ni, t. Notre grand flandrin de vicomte, par qui vous commencez vos plaintes, mol. Mis. v, 4. L'on en sait d'autres qui ont commencé leur vie par les plaisirs et qui ont mis ce qu'ils avaient d'esprit à les connaître, que les disgrâces ensuite ont rendus religieux, sages, tempérants, la bbuy. xi. || 2° Être au commencement de. Commencer l'année, commenser la journée, être aux premiers jours de l'année, aux premières heures de la journée. Je crains que cet enfant ne commence une maladie grave. Commencez donc par là cette heureuse journée, rac. Iphig. ni, 4. || 3° Être en tête, au commencement, en parlant des choses. Le mot qui commence la phrase. || 4° Ébaucher. La nature commence avec nous ce sentiment, boss. Conn. de Dieu, iv.|| 6° Commencer un élève, lui donner les premières leçons. || Cette nourrice a commencé cet enfant, elle est la première qui lui ait donné à teter. || Terme de manège et de vénerie. Commencer un cheval, commencer un chien, commencer à dresser un cheval, un chien. |j 6* F. n. Prendre commencement, en parlant des choses. Notre année commence au premier janvier. La leçon commence à telle page. Voilà qui commence bien, luidis-je, pasc. Prov. 4. Près de la borne où chaque État commence, Aucun épi n'est pur de sang humain, bérang. Sainte alliance des peuples. Ce serait ignorer sa nature , de s'imaginer qu'elle ait commencé, pasc. Préf. vide. || Être au début, en parlant des personnes. J'ai pris ce livre pour l'étudier, et je commence. Il a mal commencé. Il y a un jeu dans la conduite: on a commencé, il faut finir, on veut fournir toute la carrière, la bruy. xi. || Commencer par, faire d'abord, parler d'abord, s'en prendre d'abord à.... Commençons par nous
préparer, ensuite nous agirons. Ciel , que lui vais-je dire et par où commencer? rac. Phèd. i, 3. Pour commencer par Néron, il faut se souvenir qu'il est ici dans les premières années de son règne, qui ont été heureuses, rac. Prit. >' préface. Il commence, il est vrai, par où finit Auguste; Mais crains que, l'avenir détruisant le passé. Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé, id. ib. I, 4. || Commencer à avec un infinitif. Commencez par Sabine à faire de nos vies Un digne sacrifice à vos chères patries, corn. Hor. n, 6. S'il cesse de m'aimer, qu'il commence à me craindre, corn. Médée, i, 5. Tant de précaution commence a me lasser, id. Sertor. iv, 2. On commence en Europe à la moins redouter, volt. Tancr. i , 4 . Après trente-trois ans sur le trône perdus, Commençant à régner, il a cessé de vivre, cobn. Sonnet sur Louis XIII. Ce n'est pas être transporté d'un lieu à un autre que de commencer & entendre ce qu'oa n'entendait pas , boss. Connaiss. îv , 4 0. La vie est un sommeil ; les vieillards sont ceux dont le sommeil a été plus long ; ils ne commencent à se réveiller que quand il faut mourir , la bruy. xi. || Commencer de. Il a commencé d'écrire sa lettre. Albe où j'ai commencé de respirer le jour, corn. Hor. 1,4. Vous avez commencé tantôt d'y consentir , id. Héracl. v, 6. Puisque j'ai commencé de rompre le silence.... rac. Phèd. n, 2. Ma vie à peine a commencé d'éclore, id. Esth. i, 6. Ses transports dès longtemps commencent d'éclater, id. Brit. ni, 3. Je commence d'avoir plus d'espérance de mon retour que je n'en avais eu jusqu'ici , voit. Lett. 37. Le conte qu'il a commencé de faire à quelqu'un, la bbuy. xi. Le Vésuve ne commença d'être un volcan dangereux que quand l'Etna cessa de l'être, volt. Mœurs, Introd. chang. Ô rives de la Saône, où ma faible paupière A la clarté des cieux commença de s'ouvrir , Lieux où l'on sait au moins respecter l'innocence, Vous ne me verrez plus!..,. gilb. Le poète malheureux. Avant d'avoir commencé de vivre, J. J. rouss. Ém. n.... tout ce qui pense et tout ce qui respire Commença de souffrir, lamart. Méd. 1,7. Il commença d'exercer son ministère, boss. Hist. n, 40. Un loup qui commençait d'avoir petitepart....LA pont. Fabl. m, i. La renommée enfin commença de se plaindre , la font. Fabl. vi, 20. Nous commençons de vivre par degrés, et nous finissons de mourir comme nous commençons de vivre, buff. De la vieillesse et de la mort. Le roi Henri VIII commença d'ébranler l'autorité de l'Eglise, boss. Reine d'Ànglet. Et déjà mon rival commence de paraître, mol. D. Gare, v, 3. Nous commençons d'être connues, id. les Précieuses, 4 2. X demi-lieue de là, Létoile commença de se plaindre, scarr. Rom. com. n, 42. || Impersonnellement. Il commence. Il commence à pleuvoir. Il a commencé à faire nuit. || 7° Se commencer, v. réfl. Prendre commencement. Cette étude , cet apprentissage doit se commencer de bonne heure, si l'on veut réussir. || Pwverbes. N'a pas fait qui commence, c'est-à-dire il ne suffit pas de commencer, il faut poursuivre et continuer. Dans un sens analogue : A moitié fait qui commence bien.
— REM. Les grammairiens ont essayé de distinguer entre commencer à et commencer de, disant par exemple que : Cet enfant commence à marcher signifie que l'enfant prend l'habitude de faire des pas, et que: Cet enfant commence de marcher signifie que l'enfant, qui était immobile, se met à faire des pas. Cette distinction subtile n'est pas justifiée par l'usage des auteurs.
— HIST. x" s. Quant oi comenciest [quand vous commencez aujourd'hui], Fragm. de Valenc. p. 469. || xi* s. [Il] baisse son chef, si cumencet à penser, Ch. de Roi. ix. Que je ne fu à l'estor cumencer, ib. CLXxm. || xii* s. Commenciez est li dex [deuil] et li estriz, lîone. p. 72. Toutes ses plaies comencent à saigner, ib. p. 96. Moût fait l'amors que vilaine, Qui eomence por faillir, Couci, iv. En aventure [peut-être] [je] comens Ma daerraine chanson, ib. xv. Et la mauviz [alouette] qui commence à tentir, t'b. xvm. Au commencier [je] la trovai si doucete, ib. vi. Quand il commençad à régner, flots, p. 4t. || xiii* s. Et nostre sires les en commencha mains [moins] à amer que il n'avoitfait, villeh. cvin. X ce tems dont vous ai l'histoire commencie, Berte, n. Lors commence la dametenrement à plorer, ib. xliii. || xv* s. Folie parmaintenue vaut pis que folie commencée, froiss. n, m, 38. Il m'apperceu, si commença à rire, ch. d'orl. 40. Et luy commença la parol'le disant, comm. i, 4 2. || xvi* s. Peu de temps aprez elle commencea à souspirer, lamenter et crier, hab. Garg. I, 6. Lors commencea le monde attacher les chausses au pourpoinct, id. ib. i, 8. S'ils com-
mencent une fois de la reputer selon leurs oeuvres , calv. Instit. 64 8. Depuis mercredi, madame s'est trouvée beauleoup plus mal qu'elle n'avoit esté despuis qu'elle a commencé à se lever, marg. Lett. xl. J'ay commencé de les mettre en roolle, mont, i, 33. Les oracles avoyent commencé à perdre leur crédit, id. i, 42. Les voiles aegyptiennes, qui commençoient à les approcher, id. i, 63. Et, pour commencer à luy oster son plus grand advantage, id. i, 76. Que l'amitié commence de ce jour d'huy entre nous, id. i, 4 30. Encore l'injuria il bien plus oultrageusement, et ce en une chanson, qui se commence, ô muse! id. Thém. 44.
— ÉTYM. Berry, c'mincer , c'mencer; Saintonge, coumencer, coumincer; bourguig. quemancê; provenç. comensar, comenchar; catal. comensar; anc. espagn. compenzar, avec un p intercalaire; espagn. mod. comenzar; portug. comezar; anc. ital. comenzare; ital. mod. cominciare; du latin cum, et t'nttiare, commencer (voy. initier).
t COMMENCEUR (ko-man-seur), s. m. Celui qui commence.
— HIST. xv* s. Saintré , qui jà estoit en point comme le commenceuret entrepreneur de l'emprinte, monta à cheval, /. de Saintré, 33.
— ÊTYM. Provenç. comensaire, comensador y ital. cominciatore. Dans le provençal, comensaire est le nominatif, et comensador le régime.
COMMENDATAIRE (ko-man-da-tê-r"), adj. Qui tient un bénéfice en commende. Abbé commendataire, ecclésiastique séculier nommé par le roi aux abbayes en commende. || Qui est tenu en commende. J'allai me réjouir avec M. de la Trappe [de Rancé] de la solidité que le roi venait de donner à son ouvrage; c'était une abbaye commendataire de 4 4 000 ou 42000 livres de rente, st-sim. 32, 4 47. Les abbayes commendataires allaient à 4 500 000 livres , volt. Louis XIV, 35.
— ÉTYM. Commende.
4. COMMENDE (ko-man-d'), s. f. || 1° Originairement, la provision d'un bénéfice qu'on donnait à un séculier pour en jouir par économat, en attendant qu'on en eût pourvu un titulaire. || Plus tard, titre de bénéfice donné par le pape à un ecclésiastique séculier ou à un laïque nommés par le roi (il s'agit des bénéfices ecclésiastiques qui étaient à la nomination du roi, depuis le concordat de Léon X et de François I"). Une abbaye en commende était celle où le roi nommait un ecclésiastique séculier, qui jouissait, en vertu de cette faveur, d'un tiers du revenu, sans aucune autre obligation que d'en faire un bon usage ; des deux autres tiers l'un restait à la communauté, et l'autre devait être employé aux réparations de l'église et aux aumônes. Les cardinaux, les premiers ministres, les princes du sang, qui l'eurent en commende [Cluny] , prétendirent les mêmes droits que les abbés réguliers, st-sim. 279, 46. || 2" Par extension. C'était une coutume dans l'Amérique espagnole de réduire les Indiens en commende et de les sacrifier aux travaux des mines, chateaub. Génie, iv, iv, 4.
— HIST. xvi* s. Le pape ne peut lever aucune chose sur le revenu du temporel des bénéfices sous prétexte d'emprunt, impost, vacant, incompatibilité, commande, neufiesme, décime.... p. pithou, 44.
— ÊTYM. Bas-lat. commenda, de commendare (voy. commander).
2. COMMENDE (ko-man-d'), s. f. Terme de pêche. Voy. commande.
■f COMMENDER (ko-man-dé) , v. a. Donner un bénéfice en commende.
— ÉTYM. Commende.
COMMENSAL (ko-mman-sal), s. m. || 1* Chacun de ceux qui mangent habituellement à la même table. C'est mon commensal. Nous sommes commensaux. Nos commensaux ont fait faux bond, sév. 40. L'un qui se piquait d'être Commensal du jardin, l'autre de la maison, la font. Fab. m. 42. Bertrand avec Raton, l'un singe, l'autre chat. Commensaux d'un logis, avaient un commun maître, id. t'b. ix, 4 7. || y4u fém. La mouche voltige impunément autour du maître des animaux dont elle se fait la commensale malgré lui, bebn. de st-p. Harm. liv. n, Anim. |] 2° Officier de la maison du roi ayant bouche à la cour en temps de service.
— HIST. xvi* s. Commensal ( rendu en anglais par boorder that gothe to borde), palsgr. p. 4 99.
— ÉTYM. Com, avec, et mensa, table; espagn commensual.
COMMENSALITÉ (ko-mman-sa-Ii-té), s.f.\\i° Qualité de commensal. Notre commensalité a duré trois ans. Sa commensalité est fort agréable. Il [Humboldt] frappe fort sur le roi de Prusse avec lequel il
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a dîné , au près duquel il couche à Potsdam ; oette commensalité, cette domesticité le gênaient, il en tire vengeance, ph. chasles, /. des Débats, 20 mai 1860. || 2° Droit d'être commensal a la table du souverain. L'Académie française jouissait du droit de commensalité.
— HIST. xvi* s. Est avisé que partie n'y sera point venue [devant un tribunal], s'elle ne dit qu'il est son conseiller, advocat procureur ou solliciteur et de sa commensalité, Ordonn. des ducs de Bretagne, f" 4 94, dans LACURNE.
— ÊTYM. Commensal.
COMMENSURABILITÊ (ko-raman-su-ra-bi-li-té),
s. f. Terme de mathématiques. Qualité d'être commensurable.
— ETYM. Commensurable.
COMMENSURABLE (ko-mman-su-ra-bl'), adj.
Terme de mathématiques. Qui a une mesure commune, c'est-à-dire où cette mesure peut s'appliquer exactement un certain nombre de fois. Ainsi la toise ancienne et la brasse ou pas géométrique étaient commensurables parce que la toise valant six pieds, la brasse en valait cinq; et qu'ainsi le piad était la commune mesure de l'une et de l'autre. Au contraire, le côté d'un carré et sa diagonale ne sont pas commensurables, parce qu'il n'y a pas de longueur, si petite qu'on la suppose, qui s'applique un nombre de fois juste sur tous les deux. C'est par la monnaie que les biens d'espèces diverses devienment commensurables, l. J. rouss. Ém. ni.
— HIST. xiv* s. Aussi est ce simplement impossible que le dyametre du quarré soit commensurable à son costé, oresmb, Thèse de meunier.
— ETYM. Com, et mensurable, inusité, de mensurabilis, mesurable (voy. ce mot).
f COMMENSDRATION (ko-mman-su-ra-sion), s.
f. Terme de mathématiques. Recherche d'une commune mesure entre deux grandeurs.
— HIST. xrv* s. Qui excède et passe la commensuration et proporcion qu'il doit avoir, oresme, Thèse de meunier.
— ÊTYM. Com, et mensuration.
COMMENT (ko-man) , adv. || 1* De quelle sorte, de quelle manière. Voulez-vous savoir comment il faut donner, mettez-vous à la place de celui qui reçoit. || Je suis, je me trouve tout je ne sais comment, je suis dans un état de santé ou d'humeur qui n'est pas le bon état de santé ou d'humeur. || Comme, à quel point. Vous ne sauriez croire comment l'erreur s'est répandue, et de quelle façon chacun s'est endiablé à me croire médecin I mol. Méd. m. lui, m, 4 . 1 1 2° 11 exprime l'interrogation , et signifie de quelle manière, par quel moyen. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? rac. Athal. in, 7. Comment se sont-ils vus? depuis quand? dans quels lieux ? m. Phèd. rv, 6. Et je saisque de moi tu médis l'an passé.— Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né? la font. Fabl. i, 10. Une femme.... qui vécut toute sa vie en péché mortel et mourut enfin en cet état, et qui ne laissa pas d'être sauvée par le mérite de cette dévotion. Et comment cela, m'écriai-je? c'est, dit-il, que notre Seigneur la fit ressusciter exprès, pasc. Prov. 9. || Comment.... que, locution dans laquelle autrement est sous-entendu, et qui signifie : comment.... si ce n'est. Comment réparerez-vous vos plaisirs illicites, qu'en vousabstenant...?MASs. Carême, Jeûne. || Comment? que dites-vous? Se dit quand on n'a pas bien entendu ou bien compris. || Pour quelle cause? pour quel motif? Comment vous êtes-vous avisé de venir ici? Comment n'avez-vous pas appréhendé.... || Expression d'étonnement. Comment I est-il donc vrai qu'il soit mort? mais, mon père, qui répondra pour le P. Barry? Comment! dit le père, il est de notre compagnie [les jésuites] ; et ne savez-vous pas encore que notre société répond de tous les livres de nos pères? pasc. Prov. 9. || 3° S. m. Le comment, la manière dont la Chose s'est faite. Ainsi je n'irai plus ravir si loin de moi, Dans les secrets de Dieu, ces comment, ces pourquoi, lamart. Méd. i, 20. Cet admirable ouvrage de l'institution d'un prince [de M. du Gué] , dont on voit le comment dans le court avertissement qui se trouve au devant de ce livre , st-sim. 87, 133. || Le comment et le pourquoi, en langage philosophique, désignent le premier les conditions qui font que les choses sont comme elles sont, le second l'enquête téléologique de l'origine des choses. L'esprit humain est apte, dans une certaine limite, à trouver le comment des choses; le pourquoi lui est interdit. || 4° Comment que, de quelque façon que. Locution vieillie. Toutes ces gardes, comment qu'elles soient établies, ne sont point difficiles à passer, p. L. cour, n, 486.
—HIST xi* s. Cument qu'il seit [quoi qu'il en soit] ,
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[il] ne se veut celer mie , Ch. de Sol. cclvii. Deus sait assez cument la fins en ert [sera], ib. cclxxxii. || xii* s. Si m'aiderez de Rollant le marquis, Cornent il soit engonbrez et ocis, Ronc. p. 30. Et cil respondent: Comment les severons? t'6. p. 464. Coument que je me desespoir, Bien m'a Amours guerredonnô, Coud, m. Comment que longue demeure [j'] Aie faite de chanter, Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doive retourner, ib. rv. Beauz sire Diex, comment porrai avoir Vraie merci, que tant aurai requise? ib. ira. Comment me peut li cuers au cors durer, Qu'il ne s'en part? ib. xxn. Il n'est pas droit que l'on me desconfise; Et si dirai bien la raison comment, quesnes, Romancero, p. 89. Oï avez de Karle le mortel encombrier, Comment il a perdu Rolland et Olivier, Sax. n. || xm« s. Comment que je chant ne rie, Je devroie mieus plurer, aub. de sezanne, Rom. p. 126. Biaus très dous fils, fait-ele, comment osas penser...? Berte, m. [je] Ne sai comment [il] ot nom, t'b. xi. La manière comment [elle] se porra traire arrière, ib. xii. Comment que la chose après aille, la Rose, 6166. Mes, comment que de moiaviengne, Je li pri que illi soviengne, t'6. 4224. Ne fortune ne puet pas faire, Que nules des choses lor soient [soient leurs, aux hommes], Comment que conquises les aient, t'b. 5334. ||xiv* s. Aus autres chrestiens demandèrent briefment Pour coy cilz apparailz se fasoit tellement; Et ceulx lor ont compté et pour coi et comment, Guescl. 15397. || XV s. Vous avez bien entendu en l'histoire ça devant comment le roi d'Angleterre avoit grands guerres.... froiss. i, I, 1»4. Je vueil chevaucher contre les Anglois, et les combattre, comment qu'il soit, id. I, i, 273. Le temps va je ne sçay comment, ch. d'orl. Bail. 52. Toutes les fois que vous voy, Je suis je ne sçay comment, m. Rond. Mais, comment que ce fust, ledit seigneur Ludovic les prit en grand amour, comm. vu, 2. || xvi* s. Comment doneques eussent peu entendre ces vieulx resveulx le teite des loiz, qui jamais ne veidrent bon livre de langue latine? rab. Pont, n, 40. Comment Panurge raconta la manière comment il eschappa de la main des Turcqz, ro. ib. n, • 4. Qui ne sçait donc Amour bandé bien paindre, Meviennevoir, il apprendra comment, marot, m, 4 38. 0 si je pouvois deux fois naistre, Comment je te servi rois mieux I K>. in , 1 38. Voilà comment nostre seigneur appelle le baptesme régénération, calv. Instit. 1084. Enquiers toy là où descend le soleil, de là où il monte ; cherche comment est-ce que la lune a perdu une si grande lumière, d'où est-ce qu'elle l'a depuis recouvrée, amyot, De la curiosité, 9.
ETYM. Bourguig. quement; provenç. cornent;
sarde, eomentt. Diez le tire de quomodo mente; mente employé ici comme il l'est dans les adverbes en ment, de sorte que comment serait un adverbe formé de comme et ment, comme bonnement. On peut proposer quomodo inde, inde ayant donné ent dans l'ancien français, devenu en dans le français moderne (voy. en pronom); ce qui expliquerait que, pour un mot aussi ancien, on ne trouve jamais commement à côté de comment; si on examine de près l'emploi de comment dans les anciens textes, on verra que l'idée de inde s'y accommode.
COMMENTAIRE (ko-mman-tê-r'),s. m. || i° Suite de notes et d'explications sur toutes les parties d'un ouvrage. Cette compilation [livres sibyllins] fut publiée plusieurs fois avec d'amples commentaires, surchargés d'une érudition presque toujours étrangère au texte, que ces commentaires éclaircissent rarement, volt. Dict. phil. art. Sibylle. J'en connais un dont j'ai lu un commentaire sur Job, boss. Or. 6. Aussi ne prétends-je pas vous en faire un commentaire, ro. Hist. n, 2. il ne faut ni réflexion ni commentaire, ro. Polit. || Commentaire perpétuel, commentaire qui suit le texte phrase par phrase. || Terme de législation. Explication d'un» matière en suivant l'ordre du texte législatif, .par opposition au traité où l'on suit l'ordre logique. On dit en ce sens : adopter l'ordre du commentaire. || Figurément. Marquez cet endroit : la suite des événements vous en fera bientôt un beau commentaire, boss. Hist. n, 4. La vie d'un écrivain distingué par une très-grande originalité est le meilleur commentaire de ses écrits, carrel, Œuvres, t. v, p. 475. || Familièrement. Cela n'a pas besoin de commentaire, cela n'a pas besoin d'explication. || Point de commentaire, se dit quand on veut imposer silence à un inférieur qui s'explique ou se justifie. || 2" Interprétation plus ou moins maligne qu'on donne aux actes et aux discours des autres. Sa conduite équivoque a donné lieu à bien des commentaires. || 3° S. m. plur. Nom qu'on donne à des histoire» anciennes ou à des mémoires ainsi intitulés à
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l'imitation des anciens; histoires et mémoires où l'écrivain est le principal acteur. Les commentaires de César. Les commentaires de Montluc. On n'est entré ici dans aucun détail des victoires du roi de Prusse, il les a écrites lui-même; c'était à César à faire ses commentaires, volt. Louis IV, 47. Alors l'ennui de sii mois d'hiver, qui l'aurait retenu sur ces fleuves [la Dana et le Borysthène], lui paraissait son plus grand ennemi, et, pour le combattre, cet autre César y eût dicté ses commentaires, séour, Hist. de Napol. x, 6.
— HIST. xvi*s. Montluo a intitulé son œuvre commentaires ce qu'en nostre langue un Commines et après luy un Martin du Bellay voulurent appeller mémoires; car, pour bien dire, sans nous eslongner de nostre vulgaire françois, après avoir recité chaque mémorable exploit par luy faist, il apporte tout d'une suite un beau commentaire, pasquier, Lettres, t. n, p. 387, dans lacurns.
— ETYM. Le latin commenlarius, de commentait', méditer (voy. commenter). Espagn. comentario ; ital. commentario. Auparavant on disait comment, du latin commentum. Et fist un command là-dessus [les œuvres de Denis l'aréopagite] , christ, de pisan, Charles F, m, 4 3.
COMMENTATEUR, TRICE (ko-mman-ta-teur, tri-s'),s. m. et/. Celui, celle qui commente. Les commentateurs de la Bible. Madame, votre mari [Dacier] n'est pas le seul traducteur et commentateur, et vous êtes la seule traductrice et commentatrice, volt. Dictionn. phil. art. Scoliaste. Que tous les disciples d'Aristote assemblent tout ce qu'il y a de fort dans les écrits de leur maître ou de ses commentateurs pour rendre raison de ces choses par l'horreur du vide, pasc. Pesant, de l'air, Conclusion. || Surnom d'Averrhoès, ainsi nommé parce qu'il fut, parmi les Arabes, le commentateur par excellence d'Aristote. || Les commentateurs, les juristes qui, à la fin du moyen âge, oat commenté les textes du droit romain.
— ÊTYM. Le latin commentator (voy. commenter) ; espagn. comentador ; ital. commentatore.
COMMENTÉ, ÉE (ko-man-té, tée), part, passé. D'autres passages [de la Bible] étaient commentés dans le même esprit, chateaub. Natch. H, 24 5. Vous aurez incessamment le Corneille commenté, volt. lelt. Damilaville, 26 mars 4 764.
COMMENTER (ko-man-té). || 1° V. a. Expliquer par un commentaire. Commenter la Bible. 11 a commenté le code civil. || Par extension. Se plaît à l'entretien, commente les bons mots, Régnier, Sot. v. || 2° V. n. Amplifier quelque peu par malice les faits et les choses. 11 aime à commenter. || Commenter sur tout, interpréter malignement toute chose.
— hist. xvr* s. Je ferois un registre commenté des morts diverses, mont, i, 81. G. Guerente, qui a commenté Aristote, m. i, 494.
— ÊTYM. Le latin commentari, commenter, proprement méditer, de cum, et mens, esprit (voy. ment, suffixe); espagn. comentar; ital. commentare.
COMMER (ko-mé), v. n. Faire comparaison. Vieux et inusité.
— HIST. xvi' s. Si je ne comme bien , qu'un autro comme mieux pour moi [à propos des exemples qu'il cite], mont, i, 402.
— ETYM. Comme, par l'addition de la finale verbale er; c'est-à-dire : mettre comme, dire comme.
COMMÉRAGE (ko-mé-ra-j') , s. m. Propos, conduite de commère. C'était, si l'on peut s'exprimer ainsi, le commérage de la bonne compagnie, stael, Corinne, liv. i, ch. 3. 11 y avait des commérages vers U maison de Socrate, chateaub. llin. 478.
— ÊTYM. Verbe fictif commêrer, de commère. COMMERÇABLE (ko-mèr-sa-bl'), adj. Qui peut
se négocier dans le commerce. Billets commerçables (on dit de préférence aujourd'hui négociables). Des emprunts en viager, si souvent renouvelés par les besoins insatiables de notre gouvernement, n'auraient pu se réaliser, si ce viager n'était pas devenu un fonds commerçable, mirabead, CoiJecd'on,
t. IV, p. 266.
— ETYM. Commercer; espagn. comerciable.
COMMERÇANT, ANTE (ko-mèr-san, san-t'),odj
|| 1" Qui fait le commerce. Les peuples commerçants. Ville commerçante, ville où il se fait beaucoup de commerce. || 2° S. m. Un riche commerçant. On sait combien l'intérêt particulier fascine les yeux et rétrécit l'esprit; je ne dis pas seulement l'intérêt d'un commerçant, mais d'une compagnie, mais d'une ville, volt. Louis XIV, 29. On peut juger avec quelle idolâtrie le czar Pierre fut reçu [en Hollande] par un peuple de commerçants et de gen» do ma.'
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dont il avait été le compagnon, volt. Russie, n , 7. Les marchands portaient encore de petites robes lorsqu'ils s'assemblaient et qu'ils allaient chez les ministres; et les plus grands commerçants étaient alors des hommes grossiers, id. ib. || Terme d'économie politique. Celui qui se livre à l'industrie commerciale, par opposition à l'agriculteur et au fabricant.
— ÊTYM. Commercer; espagn. comerciante.
COMMERCE (ko-mèr-s*),*. m. || 1° Echange, entre les hommes, des divers produits de la nature ou de l'industrie. Commerce de mer. Commerce du Levant. Pour ceux qui sont dans le commerce, pasc. Prov. 6. Un trafiquant de Perse, Chez son voisin, s'en allant en commerce, Mit en dépôt un cent de fer un jour, la font. Fab. ix, t. Ils ne faisaient aucun commerce au dehors, fén. Tél. vin. Le commerce qu'ils font jusqu'aux colonnes d'Hercule, id. Tél. m. Les Phéniciens sont en commerce avec tous les peuples, id. Tél. ix. Les Anglais et encore plus les Hollandais faisaient, par leurs vaisseaux, presque tout le commerce de la France, volt. Louis XIV, 29. Le génie de Colbert se tourna principalement vers le commerce, qui était faiblement cultivé et dont les grands principes n'étaient pas connus, m. ib. La mort de Colbert et la guerre avaient beaucoup diminué le commerce, id. ib. Je suis bien persuadé avec vous que le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant, proportion gardée, m. Lett. Roubaud, (" juill. (769. Le besoin du commerce enfantera la paix, M. i. chénier, Charles IX, n, 3. Le commerce inactif expire de langueur, c. delav. Vép.sicil. il, 6. || Commerce en gros, achat de marchandises par grosses portions pour revendre aux détaillants. Commerce de détail, achat en gros pour revendre aux consommateurs. || Le corps des commerçants. Cette loi a mécontenté tout le commerce. Le haut, le moyen commerce. Chambre de commerce, réunion de négociants chargés de donner des avis officiels sur le commerce. || Ministère du commerce, ministère qui régit les affaires commerciales dans leurs rapports avec l'État. || Tribunal de commerce, tribunal qui statue sur les procès commerciaux. || Liberté du commerce, principe d'économie politique qui conduit à supprimer ou à réduire notablement les entraves douanières, fiscales ou autres, qui empêchent la liberté des échanges entre les pays ou entre les provinces d'un même pays. Je crois très-fermement que, si ce ministre [Colbert] avait vécu de nos jours, il aurait été le premier à presser la liberté du commerce, volt. Lett. Roubaud, ("juillet (769. || En termes de jurisprudence , on dit qu'une chose n'est pas dans le commerce, lorsqu'elle est inaliénable de sa nature ou par la disposition de la loi. Les choses futures, les biens dotaux ne sont pas dans le commerce. || Dans le langage spécial de l'économie politique, le commerce est l'industrie qui met le produite la portée du consommateur. L'agriculture, la fabrication, le commerce sont les trois branches de la production générale. Tous ont cru que le commerce consistait essentiellement dai\s l'échange, tandis qu'il consiste essentiellement i placer un produit à la portée des consommateurs, J. B. sat, Cours, (840, t. i, p. 304. || Commerce extérieur, achat ou vente de marchandises au dehors du pays, échange avec l'étranger. Commerce intérieur , échange, à l'intérieur, des produits du pays. Commerce de transport, dans un sens spécial, achat de marchandises à l'étranger pour les revendre à l'étranger. Au xvii' siècle, les Hollandais faisaient le commerce de transport. || Terme de douane. Commerce général, l'ensemble des importations sans égard à leur destination ultérieure, et des exportations sans égard à l'origine des marchandises. Commerce spécial, la somme des importations destinées à la consommation intérieure du pays et des exportations de marchandises nationales ou nationalisées. || 2* Le fait de vendre des marchandises. Commerce de grains. Un commerce de vins. || En termes de jurisprudence, le fait d'acheter des marchandises pour les revendre ou de faire des opérations qui se rattachent à cet objet. Faire le commerce. Acte de commerce. Société de commerce. || 3" Fig. Trafic de choses morales. Que vois-je autour de moi que des amis vendus, Oui, choisis par Néron pour ce commerce infâme.... rac. Rrit. i, 4. Spartacus ne fait point de la guerre un commerce, saurin, Sparlac. m, 4. || Commerce se dit aussi en un sens favorable. Un prince qui fait entrer l'Eglise en commerce de ses victoires et en partage avec elle le fruit, mass. Villeroy. || Faire un mauvais, un méchant, un vilain commerce, se mêler de quelque vilaine affaire. |l 4° Relations de société ou d'af-
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faires, fréquentation. C'est entre les dévots un étrange commerce, Régnier, Sat. xni. Vous voyez, dit le père, que voilà une grande facilité pour le commerce du monde, pasc. Prov. 9. L'on a vu, il n'y a pas longtemps, un cercle de personnes des deux sexes, liées ensemble par la conversation et par un commerce d'esprit, la brut. v. Si l'on faisait attention à tout ce qui se dit de froid, de vain et de puéril.... l'on se condamnerait peut-être à un silence perpétuel qui serait une pire chose dans le commerce que les discours inutiles, m. ib. L'on voit des gens qui dans les conversations ou dans le peu de commerce que l'on aavec eux.... id. ib. Trop de perversité règne au siècle où nous sommes, Et je me veux tirer du commerce des hommes, mol. Mis. v, (.... Oh! l'ennuyeux conteur ! Jamais on ne le voit sortir du grand seigneur; Dans le brillant commerce il se mêle sans cesse, Et ne cite jamais que duc, prince ou princesse; La qualité l'entête.... id. ib. n , 6. Cette marquise agréable chez qui j'avais commerce, id. Bourg, gent. m, 6. Qu'avec lui vous rompiez tout commerce, id. Éc. des f.n, 6. Le sang de mon époux A rompu désormais tout commerce entre nous, corn. Pomp. iv, 4. Il interroge cet homme sur son commerce avec Arion, fén. Tél. xx. Ce prélat est de nul commerce [ne fréquente pas le monde], la bruy. xii. Vous serez content du commerce que vous avez avec ma fille, sév. (. La honte lui fit rompre commerce avec les hommes, boss. Var. (t. Entrez en commerce avec les pauvres , donnez et vous recevrez, id. Serm. Sept. Loin du commerce des affaires et de la société des hommes ces âmes sans force aussi bien que sans foi qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète I boss. Duch. d'Orl. Parmi ces sages pensées et renfermé dans un doux commerce avec ses amis aussi modestes que lui , boss. le Tellier. Les Egyptiens entrèrent en commerce avec les Grecs, boss. Hist. I, 7. Vous devez avoir une consolation bien touchante dans le commerce de Mme de Choiseul , volt. Lett. Mme du Deffant, 8 mars (769. |] Par extension. Fières sœurs , si jamais notre commerce étroit Sur vous et vos serpents m'ont donné quelque droit, corn. Médée, I, 4. Entretient dans ses vers commerce avec les dieux, boil. Art poét. u. Les dieux supérieurs ne pouvaient avoir aucun commerce avec les hommes, boss. Avert. 4. Dieu entre en commerce avec les hommes, id. i, Annonc. 3. On est dans le commerce des choses saintes et l'on a perdu la grâce, mass. Car. Tiéd. n. Un homme qui passe pour avoir quelque commerce avec la dévotion, m. Pet. Car. Drap. II faut n'avoir point de commerce avec Samarie, id. Car. Samar. Interrompre le commerce de sagesse et de bons conseils qui doit s'établir entre le peuple et son roi, Mirabeau, Collection, t. i, p. 330. Laissons, seigneur, laissons pour les petites âmes Ce commerce rampant de soupirs et de flammes, corn. Sert, i, 3. || Le commerce des lettres, des muses, les occupations littéraires. || 5° Absolument, manière de se comporter à l'égard d'autrui. Être d'un commerce aisé, sûr. II est homme d'un bon commerce, la bruy. vu. Vit-on jamais prince d'un commerce plus aisé, plus libre, plus commode? boss. Condé. En prenant le parti de la retraite, on se retranche sur un petit nombre d'amis d'un, commerce aisé, le p. cheminais, dans bouh. Nouv. rem. J'éprouvai la même sensation qu'éprouveraient des hommes d'un commerce excellent qui auraient vécu ensemble pendant longtemps, dider. Éloge de Richardson. il 6° Echange. Le commerce des pensées est un peu interrompu en France; on dit même qu'il n'est pas permis d'envoyer des idées de Lyon à Paris, volt. Lett. Beaumont, (3 janv. (765. || Commerce de lettres, correspondance suivie. J'espérais en vous écrivant le premier et en m'embarquant de ma franche volonté dans ce commerce.... voit. Lett. 88.Lecommerceque j'ai avec vous, sév. ( 13. Il me semble que vous avez bien des commerces, id. 431. Ce n'est point pour entretenir un commerce avec vous, id. 4. Je rentre en commerce par une prière qui ne vous sera pas désagréable, boss. Lett. 46. Dans sa solitude du faubourg St-Jacques il ne laissait pas de lier commerce avec plusieurs savants , fonten. Varignon. C'est sans aucune utilité [en ouvrant des lettres ] qu'on violerait les secrets des familles, le commerce des absérits, les confidences de l'amitié, la confiance entre les hommes, Mirabeau, Collection, 1. 1, p. 465. || 7° Causerie. Propos, agréables commerces, Où le hasard fournit cent matières diverses; Juscjue-là qu'en votre entretien La bagatelle a part.... la font. Fabl. x, (. Ils soutiennent l'ennui et la vanité des commerces, mass. Av. Épiph. Les commerces nous répandent trop au dehors, id. Car Prière, (. La
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prière est un commerce tendre avec votre Dieu, in. t'6. Prière, 2. || 8° Liaison illicite entre deui personnes de sexe différent. Pour détourner l'attention du roi du commerce qu'elle avait avec Jermyn, hamilt. Gramm. 6. Les Gétuliens et les Bactriens, par politesse, permettaient à leurs femmes d'avoir commerce avec les étrangers, fén. t. xxn, p. 334. Toute fille qui ayant eu un mauvais commerce avec quelqu'un ne le déclarerait pas au roi, montesq. Esp. xxvi, 3. || On dit aussi : Être en commerce avec. || 9° Jeu de commerce, sorte de jeu de cartes.
— SYN. COMMERCK, NÉGOCE, TRAFIC. Étymologi-
quement, commerce est l'échange de marchandises; négoce est l'état de celui qui ne prend pas de loisir, sens général déterminé dans notre langue à désigner les occupations commerciales; trafic est le transport des objets de commerce d'un endroit à un autre. Cela posé , on comprend les acceptions que l'usage a établies entre ces trois mots. Commerce est le terme le plus général, représentant, sans aucune idée accessoire, l'échange qui fait passer des uns aux autres tous les objets d'utilité ou d'agrément; c'est pour cela qu'on peut l'employer presque toujours en place de négoce ou de trafic, tandis que négoce ou trafic ne peuvent pas s'employer toujours en place de commerce ; c'est pour cela aussi que l'usage l'a préféré pour désigner collectivement l'ensemble de ceux qui se livrent au commerce. Négoce, plus restreint, désigne spécialement l'exercice du commerce; aussi l'usage emploie-t-il négociant, de préférence à commerçant, quand on parle de celui qui exerce un négoce particulier: les négociants d'une ville, un négociant en vins. Enfin, trafic s'applique particulièrement au commerce de transport ou de commission, à l'industrie du revendeur, etc.
— HIST. xvi* s. Nous n'avons nul commerce ensemble [la médecine et moi], mont, i, (3(. Quelles nations eurent anciennement le commerce et trafic de l'espicerie, et qui sont celles qui font maintenant telle négociation, du verdier, Div. leçons, p. 35( , dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. comaice; espagn. comercio; ital. commercio ; du latin commercium, de cum, avec, et merx,mercis, marchandise (voy. marchand). L'ancien français n'avait pas commerce; il disait marcheandise .
COMMERCER (ko-mèr-sé), v. n. || 1" Faire le commerce. Cette nation commerce avec tous les peuples. || 2" Fig. On peut, avec de l'art, amener tous les sourds et muets de naissance au point de commercer avec les autres hommes, buff. De l'ouïe. M. Polier soutenait son esprit et son corps par cette gaieté, cette aménité que le cabinet tue et qu'on n'entretient qu'en commerçant avec les hommes pour leur faire du bien, tissot, Santé des gens de lettres, p. 77, éd. Techener. || 3° Au jeu du commerce, échanger, moyennant payement, une carte contre une autre soit de la banque soit du voisin. || Il se conjugue avec avoir. Une cédille au c devant a et o.
— étym. Commerce.
COMMERCIAL, ALE ( ko-mèr-si-al , a-1'), adj. Qui appartient au commerce. Affaires commerciales. Règlements commerciaux. La production commerciale. || La liberté commerciale, liberté des échanges entre les différents pays.
— ÉTYM. Commerce.
f COMMERCIALEMENT (ko-mèr-si-a-le-man), adv. X la manière des commerçants. || En matière de commerce.
— ÉTYM. Commerciale, et le suffixe ment. COMMÈRE (ko-mê-r'), s. f. || 1° Celle qui a tenu
un enfant sur les fonts baptismaux, avec un compère; ce qui crée entre eux une parenté spirituelle. Il s'avisa de me prier de lui tenir un enfant, et me donna Mme Coccelli pour commère, i.-j. rouss. Conf. v. Quelques-uns osaient douter que le pape pût déposer un roi, pour avoir épousé sa commère ou sa parente au 7* degré, volt. Phil. il, 414. || 2° Terme d'amitié, donné surtout entre voisins et gens qui se voient très-souvent. Compères et commères. Ma commère, quand je danse, Mon cotillon va-t-il bien? Vieille chanson. || 3° Par extension, nom donné aux animaux qui ont de grands rapport* entre eux. Que ferai-je, lui dit-elle [l'ourse], ma bonne commère [la corneille] , de ce petit monstre [son petit]? fén. t. xix, p. 43. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours : Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère, la font. Fabl. vu, 4. || 4° Emploi de ce terme avec quelques qualités ou défauts considères surtout comme très-habituels et de tous les instants. Une méchante commère. Une bonne commère. || Commère dolente, personne qui se plaint toujours. Et
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maintenant je suis ma commère dolente, mol. Sgan. se. 2. || Femme bavarde et médisante. Propos de commère. || Par extension. Cet homme est une vraie commère. || C'est une bonne commère, une fine commère, une maîtresse commère, c'est une femme de tête qui ne s'intimide pas facilement. On dit dans le même sens : quelle commère 1 Heureux l'écot où la commère Apportait sa pinte et son verre! bêrang. Mme Grégoire. Dans le marais entrés, notre bonne commère S'efforce de tirer son hôte au fond de l'eau , la font. Fab. iv, 11. || Proverbe. Tout se fait ou tout va par compère et par commère, c'est-à-dire tout se fait par faveur et protection.
— REM. Commère se dit par rapport à celui qui a tenu l'enfant sur les fonts baptismaux, et aussi par rapport au père et à la mère de l'enfant. Marraine se dit par rapport à l'enfant lui-même.
— HIST. xm" s. Ce doit cascuns savoir que nus ne doit espouser celé qui li apartient de lignage, ne se [sa] commère, de quel enfant que ce soit, beaum. xvm, 8. || xiv* s. Et s'il est que desconfis soies Et que tes gens mors et pris voies, Jà soit ce que li cuer t'en vueille, Garde que ton œil ne s'enmeuille: Car c'est manière de commère, Qui doit plourer l'ame sa mère, machault, p. HO. || xv s. Ils les reputent folz et chetifz, et dient que ce ne sont que commères et gens de néant, christ, de pisan, Charles V, i, ch. 10. Quantla diablesse vit le chevalier en tel poinct, elle luy escria d'une voix forsennée : Va-t'en, que ne soyes desmembrés; es-tu une commère ou ung portier de religion? va ton chemin en aultre lieu quérir ton advenlure, I'erceforest, t. vi, f° 48. Nous n'estions point advocatz ne procureurs pour plaider ne tenser comme commères, ib. f°88. Je ne sçay, dit la voix, se tu empireras l'huys; car tu n'y entreras point par force ne autrement ; car je bûcherai [j'appellerai] , aussy fol et oultrageux que tu es, qui bien gardera l'huys contre toi. Meshuy seroient ruses de commères, dit Passelyon, trop ai entendu, ib. t. iv, f° 109.
— ÉTYM. Saintonge, coumère ; Berry, coumère, femme en couches; provenç. comotre;catal. comare; espagn. comadre; ital. comare, comadre; de co, et mère, parce que la marraine de l'enfant, étant considérée comme sa mère spirituelle, et chargée de le guider et de le secourir en cas de mort de la mère naturelle, était mère en même temps que celle-ci.
t COMMERER(ko-mé-ré), v. n. Terme familier. Faire la commère, faire des commérages.
— ÉTYM. Commère.
t COMMETTAGE (ko-mè-ta-j') , s. m. Terme de corderie de marine. Action d'assembler des torons pour en former des haussières, et, aussi, action d'assembler des haussières pour faire des cibles et des grelins.
— etym. Commettre.
COMMETTANT (ko-mè-tan), s. m. Celui qui commet à un autre le soin de ses intérêts privés ou politiques. Kendre compte à ses commettants. Le député et ses commettants. Le magistrat s'oblige à n'user du pouvoir qui lui est confié que selon l'intention des commettants,;, j. rouss. Orig. 2. || Familièrement. Allez dire à vos commettants, c'est-à-dire à ceux qui vousenvoient, qui vous ont chargé de cette commission. || En jurisprudence, celui qui a donné commission, par opposition au commissionnaire.
— ÉTYM. Commettre.
t COMMETTEUR (ko-mè-teur) , s. m. Ouvrier qui fait le travail du commettage.
— ÉTYM. Commettre.
COMMETTRE (ko-mè-tr'), je commets, tu commets, il commet, nous commettons; je commettais; je commis; je commettrai; je commettrais; commets; que je commette, que nous commettions; que jecommisse; commettant; commis, v. a. || 1° Proprement, mettre ensemble; usité seulement, au propre, en termes de marine. Tordre ensemble plusieurs torons pour en former un cordage. || 2° Mettre ensemble, dans le sens de préposer. Je vous commets au soin de nettoyer partout, mol. F Av. m, 1. Et mille observateurs que j'ai commis exprès Ont si bien vu leurs feux qu'ils ne sont plus secrets, rotr. Vencesl. n, 3. Il commit un Alcide au fardeau d'un Atlas, m. Sl-Gen. i, t. Le roi commit des membres de son conseil d'État pour vider les procès en dernier ressort, volt. Siècle de Louis XV, 36. || Commettre un rapporteur, un juge dit juge commissaire, chargé de faire un rapport dans une affaire, de procéder à certaines opérations. Commettre un huissier, dit huissier commis, désigné par le juge, à l'effet de faire une signification. || Absolument. Chamillart ne voulut plus être rapporteur d'aucune affaire, et remit au greffe celles dont il se trouvait
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chargé, et pria le président d'y commettre, st-sim. 70, 153. || 3" Mettre ensemble dans le sens de confier. Notre Atlas.... Te commet de l'Etat l'entier gouvernement, Régnier, Sat. vi. Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis, corn. Cinna, iv, 3. Leur feignant un secret que César m'a commis, rotr. Bèlis. n, 8. Ce pauvre maître Albert a beaucoup de mérite D'avoir depuis Bologne accompagné ce fils Qu'à sa discrétion vos soins avaient commis, mol. l'Étour. iv, 3. Je vous rends le dépôt que vous m'avez commis,RAC. Athal. il, 7. Défendre jusqu'au bout les jours qu'ils m'ont commis, id. Baj.v , to.Uri roi victorieux A commis à mes soins ce dépôt précieux, id. Esth. prol. Les mains X qui Rome a commis l'empire des humains, id. Brit. H, 3. C'est à leurs doctes mains, si l'on veut les en croire, Que Phébus a commis tout le soin de sa gloire, boil. Disc, au roi. Il commet à Josué ce qui reste à faire, boss. But. n, 3. Ce fut à cette garde fidèle que la reine commit ce précieux dépôt, m. Reine d'Anglet. Enfin ils étaient prêts d'en venir aux mains et de commettre leur réputation au sort d'une bataille, volt. Louis XIV, 12. || 4" Mettre ensemble, dans le sens de compromettre, mêler quelqu'un dans quelque affaire désagréable. Commettre le père avec le fils, les mettre dans le cas de se brouiller ensemble. Afin de les commettre l'un contre l'autre, corn. Ex. de Rod. Je ne crois point vous avoir commise, sév. 263. II n'est propre qu'à commettre deux personnes qui veulent s'accommoder, la bruy. Ihéophr. 12. Si vous vous obstinez à n'être jugé que par les consuls, vous commettrez le sénat avec le peuple, et vous allumerez une sédition, vertot, Révol. rom. liv. il , p. 1 66 . Quoi I vous osez commettre un homme tel que moi Avec des malheureux si peu dignes de foi I volt. Catil. i, 3. || En parlant des choses. Qu'eusséje fait, Pollux, en cette extrémité Qui commettait ma vie avec ma loyauté? corn. Médée, i, 1. Sans commettre l'autorité du roi son seigneur , boss. Reine d'Anglet. Nous sommes attachés à un peu d'honneur que nous avons dans le monde, nous ne voulons pas le commettre, fléch. Serm. I, 281. Abandonner leurs États à des dissensions domestiques et commettre leur dignité à des jalousies étrangères, id. ib. i, 207. Voilà comme il évitait d'entrer en conversation et de commettre sa suffisance, montesq. Lett. fers. loi. Henri IV [d'Allemagne] ne fit que commettre son autorité en écrivant au pape qu'il le déposait, volt. Mœurs, 46. Le sultan ne voulait point commettre son honneur et celui de l'empire ottoman , en exposant le roi à être pris sur la route par ses ennemis, volt. Charles XII, 6. || Absolument. A-t-on bien prévu et réglé le cérémonial? Le moindre mécompte commettrait beaucoup. || 5° Exposer. Craignant de vous commettre aux affronts d'un refus, rac. lph. n , 4. Mais à d'autres périls je crains de le commettre, id. Baj. iv, 1. || 6° Faire, en parlant d'un acte répréhensible. Commettre un péché, une faute, un délit, un crime. Ils commirent de grands excès. L'amour que j'ai pour vous a commis cette offense, corn. Nicôm. n, 2. On ne me verra point survivre à votre gloire, Si vous allez commettre une action si noire, rac. Brit. iv, 3. Si mon cœur eût commis cette horrible injustice , volt. Tanc. v, 6. || 1° Se commettre, v. réjl. Se confier. Qui.... Se commet aux hasards de l'amoureuse mer, Régnier, Épit. n. [Agnès] N'a plus voulu songer à retourner chez soi, Et de tout son destin s'est commise à ma foi, mol. Éc. des f. v, 2. || 8° Compromettre sa dignité, son caractère, ses intérêts. Il y aurait de la honte pour lui de sa commettre avec un père étourdi , balz. liv. vi , lett. B. Des généraux d'armée Ne se commettent point contre un aventurier, corn. D. Sanche, i, B. Il y a des gens avec lesquels il ne faut jamais se commettre [se familiariser] , la bruy. v. Lucien ne voulait point se commettre avec Diogène qu'il craignait, fonten. Jug. de Pluton. Un seul officier supérieur qui eût voulu profiter de la confusion pour faire battre son général, le pouvait aisément sans se commettre, volt. Siècle de Louis XIV, 16. Je veux bien avec toi descendre à me commettre, volt. Tanc. m, 6. Ces agaceries dont les femmes savent user sans se commettre, J. J. rouss. Conf. vi. Que revient-il de se commettre avec le public? des tracasseries de comédiens, des jalousies d'auteurs.... volt. Lett. à Mme du Bocage, 3 sept. 1768. || 9" S'exposer. La reine, à peine sortie d'une tourmente si épouvantable, ose encore se commettre à la furie de l'Océan et à la rigueur de l'hiver, boss. Reine d'Anglet. || 10° Être fait, en parlant d'un acte répréhensible. Péchés qui se commettent dans l'ombre.
— HIST. xiu's. L'en demande se l'en doit obéir à
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son apel, et l'on dit que non, puisque la cause fut commise sanz apeau, Liv. de just. 13. || xiv s. Aucune fois un home commet et fait adultère, oresme, Eth. 143. Et toutevoies dit Aristote que l'en doit très peu de choses commettre au juge, id. ib. 462. Le duc de Normandie, qui y estoit commis De par
le roy son père.... Guescl. 602 Trente sergans
avoit, en la ville commis, Qui toute jour les sievent armés et fervestis, Baud. de Seb. vm, H98. En commettant [encourant] les peines qui sur ce ont esté indictes et ordonnées, Ordonn. des rois, t. vi, p. 72 , dans du cange , commiltere. Jà ce fust que li Romains li eussent commis et donné leur empire, bercheure, f° 24, recto. || xv s. Je feuz commis à porter ceste parolle à ce jeune duc, comm. iv, i. Il xvi* s. Les excez incomparables qui, en ses terres, ont esté par toy commiz, rab. Garg. i, 31. X l'artillerye feut commiz le grar. 1 escuyer Toucquedillon. m. ib. l, 2S. Le connestable ayant esté commis pour passer le Tesin, mont, i, B3." Au lieu où le crime est commis, m. i, 71. Commettre sa vie et sa liberté entre les mains de ses ennemis, id. i, 134. Les pédantes empirent ce qu'on leur commet, id. i, 146. S'estant parfaictement commis l'un à l'aultre, ils tenoient parfaictemtnt les renés de l'inclination l'un de l'aultre, id. i, 214. Les petis enfans mesmes chanteroyent les louanges des hommes valeureux, par qui ces beaux actes auroyent esté commis, lanoub, 4-30. Massacres qui en plusieurs lieux se commettoyent, id. 60S. Les centaures s'estant enyvrez commeirent plusieurs insolences, jusques à vouloir prendre les femmes à force, amyot, The'sée, 38. Espérant que le peuple se jetteroit du tout entre ses bras, et se commettrait à luy seul, id. Péric. 64. Les larcins et pilleries que l'on commet en voz finances, id. Arist. 10. Se délibérant de n'user plus de surprise, ains de commettre tout au hazard d'une bataille rangée, id. Eum. 31. Nous en voyons qui n'auroient pas le cœur de commettre une voyelle avec une voyelle en parlant, id. De lamauv. honte, 19. On les aurait voulu commettre [mettre aux prises] sans aucune raison, d'aub. Vie, lv. Vous devez commettre à ceux qui servent Henri de Bourbon le salut de votre personne, id. ib. xcn. Concluant et requérant iceux comtez et autres pays mouvans de la couronne, estre déclarez, par arrest, commis et confisquez, adjugez et reunis à la couronne, M. du