BELL. 43B
— ÉTYM. Provenç. cometre; espagn. cometer; ital. commettere ; du latin commiltere, de cum, avec, et mittere, mettre (voy. mettre).
f COMMINATION (ko-mmi-na-sion), s. f. || 1° Dénonciation de la colère et surtout de la colère céleste. Au commencement du carême, à la cérémonie de la commination, on prononçait ces malédictions du Deutéronome, chateaub. Génie, iv, i, 3. [j 2° Figure de rhétorique par laquelle on annonce ou on laisse entrevoir à ses auditeurs un avenir menaçant, s'ils ne changent pas de conduite, ou s'ils ne font pas ce qu'on leur recommande.
— HIST. xvi* s. Il les envoya tous sommer, avec commination de les faire tous pendre, s'ils attendoient le canon, m. du bellay, 429.
— ÉTYM. Provenç. cominacto;espagn. cominacion; du latin comminationem, de comminari , menacer, de cum, avec, et mt7tan, menacer (voy. menace).
COMMINATOIRE (ko-mmi-na-toi-r'),adj'.|| 1 -Terme de jurisprudence. Qui menace d'une condamnation. Sentence comminatoire. Clause comminatoire (voy. clause). Il voulait, par cet arrêt comminatoire qui ne fut jamais imprimé, effrayer la cupidité des gens d'affaires, volt. Louis XIV, 30. || Disposition purement comminatoire, prescription légale qui porte une sanction, spécialement une nullité qui ne s'observe pas rigoureusement. || 2° Par analogie. Tout ce qu'on y lit des tourments éternels lui paraissait comminatoire, j. i. rouss. Conf. vi.
— HIST. xvi* s. Parolles comminatoires , pleines de reproches et de menaces , condé , Mémoires, p. 671.
— ÉTYM. Voy. COMMINATION.
t COMMINUER (ko-mmi-nu-é) , v. a. Terme de chirurgie. Briser en petits morceaux.
— HIST. xv s. Et en aucunes des personnes qui feurent tuées, feut trouvé que leurs os estoient tous comminuez et desrompuz , juvénal des ursins, Charles VI, 1417. ]| xvi" s. Un coup de pistole luy fractura les os du bras, dont en avoit qui estoient comminués, comme si on les eust rompus sur une enclume, paré, ix, 14.
— ÉTYM. Provenç. comminuir; du latin comminuere, briser en morceaux, de cum, et minuere, rendre menu (voy. menb).
COM
t COMMINUTIF, IVE (ko-mmi-nu-tif, ti-v"), adj. Terme didactique. Oui réduit en très-petits fragments. || Terme de chirurgie. Fracture comminutive, fracture qui réduit un os en petits fragments.
— ÊTYM. Voy. COMMINUEB.
t COMMINUTION (ko-mmi-nu-sion) , t. f. Terme didactique. Réduction en petits fragments. || Terme de chirurgie. Écrasement d'un os, qui est réduit en un grand nombre d'esquilles.
— ÊTYM. Voy. comminuer; provenç. comminucio.
1. COMMIS, ISE (ko-mi, mi-z') , part, passé. || 1" Préposé. Les plus sages vieillards furent commis pour examiner ses actions , fën. Tél. vin. Le gladiateur, commis à l'introduction des martyrs, n'avait pas d'ordres pour cette victime [Cymodocée], chateaub. Mart. H, 392. Mais pour la conquérir qui s'ose hasarder Trouve un dragon affreux commis à la garder, corn. Toison, l, 4. Commis à retirer les brevets des emplois Qui vous ont fait l'envie et la terreur des rois, botrou , Bélis. v, 3. || Huissier commis, celui qui est désigné par un juge pour certaines opérations. || 2° Confié. Un voleur se hasarde D'enlever le dépôt commis aux soins du garde, la font. Matr. d'Éph. Je m'acquitte des mieux de la charge commise, corn. laPlace roy. i, 2. Il accomplira l'ouvrage qui lui est commis, boss. Hist. u, 4. Il est vrai, de David un trésor est resté, La garde en fut commise à ma fidélité, hac. Âthal. v, 2. Le sort d'Andromaque est commis à ta foi, m. Andr. IV, 1. C'est aux mains de Bourbon que leur sort est commis, volt, llenr. ch. 1. 1| Dans l'ancienne jurisprudence , on disait qu'une personne ou une communauté avait ses causes commises, quand elle avait droit au privilège de plaider en certaine juridiction. L'Université avait ses causes commises au Châtelet de Paris ; les religieux de Cluny et de St-Maur au grand conseil; les ducs et pairs, PHôtel-Dieu et l'Hôpital général, en première instance en la grand'chambre. || 3" Compromis. Toute la gloire et toute la fortune d'un homme y sont commises, la bbuy. xii. || 4° Fait, exécuté, en parlant d'une action condamnable. Un crime horrible ayant été commis. Les jansénistes disent que les péchés commis sans grâce actuelle ne laissent pas d'être imputés, pasc. Prov. iv.
2. COMMIS (ko-mi ; 1'* se lie : un ko-mi-z intelligent) , s. m. || 1° F,mployé d'une administration, d'une maison de banque, d'une maison de commerce. Premier commis. Commis marchand. Commis expéditionnaire. Un commis de la guerre. Je voudrais savoir quel est le premier commis [aux affaires étrangères] qui a la correspondance de Gênes, volt. Lett. d'Argental, 28 juin 4773. || Commis voyageur, celui qui voyage pour le placement des marchandises. || Commis à pied, commis achevai, employé des contributions indirectes qui va faire l'exercice chez les débitants de boissons. La veuve Raillard, qui vend du vin aux bateliers, a une cave secrète que nous connaissons tous, mais que les commis ignorent, p. L. cour. Gaxelte du village , n° 4. || Commis aux portes, personne chargée de percevoir les droits d'entrée aux portes et barrières des villes. || Anciennement, commis aux aides, personne préposée par les fermiers des impôts à la perception des droits sur diverses marchandises. Un commis engraissé des malheurs delà France, boil. Ép. v. Nous donnerions, nous autres pauvres Suisses, quarante à cinquante mille francs à des Parisiens [les fermiers généraux], pour nous avoir vexés jusqu'à présent par une armée de commis, volt. Lett. Dupont, 10 oct. 1776. || 2° Terme de marine. Commis de marine, commis d'administration, employé de l'administration de la marine au-dessous du grade de commissaire. || Commis aux vivres, celui qui est chargé des approvisionnements sur un navire. || Celui qui, sur un bâtiment marchand, est chargé de la vente de la cargaison. || 3° Commis greffier, celui qui est adjoint au greffier pour l'assister ou le remplacer.
— HIST. XV s. Quand on se rendoit au roi de France ou à ses commis, ils estoient au traité par condition telle qu'ils se departoient si ils vouloient, froiss. D, u, 27. Il xvi' s. Le roy déclara qu'il supprimoit tous autres thresoriers et généraux, et qu'il n'y en auroit plus que deux, par devers les quels résiderait toute la charge des finances, de quelque nature qu'elles fussent, qui seraient appeliez commis des finances, lesquels seraient eleus en la chambre des comptes par le chancelier, pasquier, Recherches, liv. H, p. 84, dans lacurne.
— ÉTYM. Commis t ; Berry, coumis.
COMMISE (ko-mi-z'), J. f. ||1° Action de mettre
aux prises, de compromettre. J'obligeai Monsieur à
COM
changer de résolution , en lui insinuant sans affectation le péril de la commise et du choc qui, dans la conjoncture, était inévitable, retz, m, 357. M. le duc d'Orléans empêcha les princes du sang et les bâtards de se trouver à l'enregistrement ni à la réception de Villars, de peur de commise, st-sim. 447, 236. || 2" Terme de jurisprudence féodale. Confiscation d'un fief au profit du seigneur, faute, parle vassal, de rendre les devoirs- auxquels il était tenu. || Dans l'ancienne législation, confiscation de marchandises de contrebande. || Commise emphytéotique, confiscation de la tenure de l'emphytéote pour inexécution de condition.
— HIST. xvr* s. Quand le fermier a donné lieu à la commise de son bail, Nouveau coust. génér. t. i, p. 942.
— ÉTYM. Commis 1.
COMMISÉRATION (ko-mmi-zé-ra-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. Action de prendre en miséricorde. Je ne puis me défendre d'une espèce de commisération pour vos associés, dider. Lettre à M. Le Breton. Le trop de commisération peut mettre hors d'état de procurer du secours, m. Essai sur la vertu. Sans que je m'en aperçoive le sentiment de' la commisération s'exerce et se fortifie, m. Éloge de ttichardson. Des airs superbes ni une commisération affectée ne conviennent point à un vainqueur généreux, st-évremono, dans richelet.
— HIST. xvi* s. Pantagruel, qui en eut commisération bien grande, rab. Pant. v, 17. Faillites et banqueroutes, les unes dignes de commisération, quand elles sont advenues par les dommages et pertes que la calamité des troubles passés a apportés à cettui nostre royaume, les autres.... Mandement de Henri III, du 26 juin 1682.
— ÊTYM. Le latin commiseratio , de cum, etmistrari, avoir pitié (voy. misère).
COMMISSAIRE (ko-mi-sê-r'), s. m. ||1° Celui qui est chargé de certaines fonctions spéciales et temporaires. Louis XI pour apaiser le cri public nomme des commissaires, ils ne décident rien, volt. Mœurs, 94. Ce qui a fait dire au commissaire du saint office, l'un des principaux examinateurs : que les propositions de Jansénius.... pasc. Prov. 48. || Chair de commissaire, repas moitié gras et moitié maigre , ainsi dit parce que les commissions chargées de l'exécution de l'édit de Nantes étaient mi-parties de catholiques et de protestants. || Jugeou autre personne à qui le roi attribuait un pouvoir particulier et extraordinaire de juger souverainement certaines affaires en des chambres ou desbureaui établis à cet effet. On fit juger ce prisonnier par des commissaires. Il est vrai que le comte Montecuculli, qui était au service du dauphin [fils de François I"] , fut condamné par des commissaires à être écartelé, comme coupable d'avoir empoisonné ce prince, volt. Dicl. phil. art. Supplices. || Député que le souverainnomme.de sa part, pour régler des limites et travailler à l'exécution des traités. || Délégué à qui le gouvernement confie , à titre provisoire, certaines ' fonctions. Commissaire extraordinaire. Commissaire du gouvernement. Les commissaires de la république en 1848 tenaient lieu de préfets. || Juge commis à certaines instructions, à certaines opérations. On dit aujourd'hui, ordinairement, juge commissaire. || Commissaires des pauvres, bourgeois que l'on commettait pour recueillir les taxes consacrées au soulagement des pauvres. || Commissaire d'une fête, d'un bal, d'un banquet, celui qui est chargé d'en diriger les préparatifs et d'en faire les honneurs. || Dans certains ordres monastiques, celui qui est commis pour régler les différends qui naissent dans les couvents parmi les religieux. || 2" Titre de divers fonctionnaires. Commissaire de police, fonctionnaire de la police qui a sous ses ordres les divers agents. Le commissaire viendra bientôt, et l'on s'en va vous mettre en lieu où l'on me répondra de vous, mol. Méd. malgré lui, m, 10. || Commissaire-priseur, officier ministériel chargé de l'estimation des objets mobiliers et de leur vente aux enchères. || Commissaire des guerres, agent préposé à l'administration militaire. Les commissaires des guerres sont remplacés aujourd'hui par les intendants militaires. || Commissaire de marine, agent préposé à l'administration, à l'équipement des vaisseaux, à la revue des marins, au payement delà solde, etc. Commissaire général de la marine, le premier grade du corps du commissariat. Autrefois, au xvii" siècle, le commissaire général était le premier des officiers de l'administration après l'intendant de la marine. || Autrefois, commissaire départi, un intendant de province. || Autrefois, commissaire d'artillerie, officier commis pour servir dans l'artil-
lerie et avoir soin de l'attirail. || Autrefois, commissaire général, officier considérable qui avait inspection sur toute la cavalerie légère; on nommait son régiment,le négiment commissaire. || Commissairedu gouvernement, du roi, de la république, du pouvoir exécutif, le représentant de la puissance executive. Sous la première république , titre donné aux officiers du ministère public, et aujourd'hui à ces officiers dans le conseil d'État et dans les tribunaux militaires. Il Commissaire du gouvernement, spécialement le fonctionnaire chargé de la surveillance des compagnies financières ou industrielles. || Commissaire du roi, du gouvernement, celui qui est chargé de soutenir la discussion d'un projet de loi devant une assemblée législative. || 3" Commissaire s'est dit aussi de celui qui était établi par autorité de justice pour administrer les biens saisis ou mis en séquestre.|| Commissaire aux saisies réelles, officier commis pour avoir soin des biens saisis réellement. || Autrefois, commissaire de la cour, commissaire du parlement ou de quelque autre cour supérieure. || Grands commissaires au parlement, les huit plus anciens conseillers de la chambre qui , avec les deux présidents, jugeaient souverainement des affaires qui devaient être jugées par articles, comme l'examen des comptes, l'ordre des créanciers, etc. Travailler de grands commissaires, travailler extraordinairement, dans le palais même, à une affaire. || Petits commissaires au parlement, quatre juges anciens avec le président, qui discutaient un procès dont, après, on faisait le rapport en pleine chambre. Ce procès est de petits commissaires. || Travailler de petits commissaires. N'est-ce pas un amusement pour l'Académie de juger Corneille de petit conmissaire, sur mon rapport? volt. Lett. d'Argental, 3 octobre ("61. || 4° Commissaire apostolique, ecclésiastique qui jugeait de l'appel des sentences des officiers primatiaux. || 5° Commissaire, membre d'une comuission.
— HIST. xrv" s. Il [dans un testament] ordonna ses vrays, bons et loyaulx amis exécuteurs et de foy commissaires, ducange, commissarii. || xv* s. Le sire de Beaumont festa et honora ces messagers et commissaires du roi anglois quant qu'il put, froiss. i, i, 46. Vous avez ouy comme Dieu en ce monde establist ce conte de Campobache commissaire à faire la vengeance du cas du connestable [comme Dieu fit de lui l'instrument de....], comm. v, 6. C'estoit chose impossible, s'il ne fust venu de Dieu seul, qui vouloit faire son commissaire de ce jeune roi [Charles VIII en Italie] , id. vu, n.||xvi" s Les dix commissaires envoyez et députez, pour avec luy ordonneras affairesdela Macédoine, amyot, P.JJm. 47. Picquet commissaire des guerres, m. du bell. 445. Et affin que le tort et injure, si aucun se faict, soit reparé, est enjoinct aus dits chefs d'hostel aller promptement faire plaincte au commissaire du quartier, condé, Mém. p. 606. Martin Chambon, commissaire de l'artillerie de la dite marine [Honfleur] . jal, commissaire. Traitté en commissaire, de chair de poisson, h. est. Apol. d'Hérod. p. 364, dans lacurne.
— ÊTYM. Latin commissum (voy. commettre), avec la terminaison arius; provenç. comissari, comcssari; espagn. comisario; ital. commissarin.
COMMISSARIAT (ko-mi-sa-ri-a ; le t ne se lie pas) , s. m. La qualité, l'emploi de commissaire. || Durée des fonctions d'un commissaire. || Le corps administratif de la marine. || Bureau d'un commissaire de police.
— ÊTYM. Commissaire.
COMMISSION (ko-mi-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1" Action de commettre, de préposer; charge qu'on donne à quelqu'un de faire une chose. Il a reçu commission d'aller en tel lieu. Je me suis très- mal acquitté de ma commission. N'as-tu rien oublié de ta commission? rotr. Antig.y, 2. Je m'acquitte exactement de cette commission, sëv. 50. Elle leur donne la commission d'annoncer à son bien-aimô que.... boss. Lett. Corn. 36. Faut-il répondre, corriger, détromper quelqu'un? ils [les rois faibles] en donneront la commission à quelque autre personne, plutôt que de parler eux-mêmes avec une douce fermeté, fén. Tél. xxiii. Çà, je veux étouffer le courroux qui m'enflamme, Et tout du long t'ouîr sur ta commission, mol. Amvh. u, i. Le gouvernement de Berne devait s'applaudir de compter parmi ses membres un savantqui avait étudié toutes les parties de la physique; aussi l'employa- t-on surtout dans des commissions où il fallait que le magistrat fût en même temps ou physicien ou philosophe, condorcet, Haller. || Réunion de personnes chargées de préparer une décision, de donner un avis, d'examiner
COM
quelque objet. Commission d'enquête. Rapport, conclusions de la commission. || Commission executive. Commission administrative. || Commission d'examen du baccalauréat, des écolesdugouvernemenl. || Commission d'examen pour les livres classiques, commission chargée d'examiner les livres classiques qui peuvent être admis dans les écoles publiques. || Les commissions, s'est dit de douze commissions qui furent instituées en (794 par le comité de salut public en remplacement des ministères. || 2° Mandement de l'autorité donnant charge et pouvoir ou conférant certain grade. Il a reçu sa commission. L'ordre de l'empereur n'admet ici personne , Et ma commission n'y souffre que nous deux, rotr. Bélis. m, 2. Qui avait la commission de l'empereur de faire exécuter ses édits,C0RN. Ex. de Poly. Les évoques prirent d'Edouard de nouvelles commissions, boss. Var. 7. || Toute charge ou emploi qu'on donnait à des gens commis pour avoir soin de quelque chose, de quelque affaire. Ce partisan a tant de commissions à donner. || Autrefois, ordre du conseil pour la levée des tailles ou autres droits. La commission des tailles s'envoyait aux intendants des provinces. || Ordre qu'on donnait pour lever des gens de guerre. Chaque capitaine ou officier n'avait pour titre que sa commission. ||3°Par opposition à titre, pouvoir donné pour un temps à quelques personnes d'exercer quelques charges ou de juger en des occasions extraordinaires. Les protestants ne veulent pas que le ministère [des pasteurs] soit une simple commission que le peuple donne, fén. ii, 4 3. Les amis de Pompée se récrièrent que le temps de sa commission n'était pas expiré comme celui de César, vertot, Jtévol. rom. liv. xm, p. 266. || Commission rogatoire, délégation faite par un tribunal ou un juge à un autre tribunal ou à un juge d'un autre siège pour accomplir un acte d'instruction ou de procédure. || Lettre de chancellerie qui conférait le pouvoir de donner des assignations, de faire des exécutions de jugement. || Commission extraordinaire, établissement de quelque chambre ou juridiction qui ne devait durer que quelque temps. || Nom de certains tribunaux d'exception jugeant de faits graves, en général politiques. Il fut condamné non par justice mais par commission. Commission militaire, tribunal militaire jugeant rapidement et sans recours. || 4° Terme de marine. Permission que donne le souverain pour aller en course sur les ennemis. Les armateurs ne pouvaient faire la course sans la commission. || Bâtiment en commission, bâtiment qui, à la vérité, a son armement, son gréement et son artillerie, mais qui, pour diminuer la dépense, reste avec très-peu d équipage jusqu'au moment où, recevant ordre de partir, il prend ses munitions de guerre et de bouche. || 5° Message, ou transport de quelque objet qu'on fait faire par un domestique ou par une personne qu'on paye, ou aussi par quelqu'un de bonne volonté. J'ai envoyé mon domestique en commission. || Le prix que l'on paye pour une commission de ce genre. || 6» Emplette qu'on prie quelqu'un de faire. On lui envoie plusieurs commissions et point d'argent. || 7° Terme de commerce. Acte par lequel une personne donne pouvoir à une autre d'agir pour son compte. Le contrat de commission est une des applications du mandat. || Acte par lequel un négociant fait acheter ou vendre par d'autres négociants établis loin de sa résidence, des marchandises pour son compte. || Profession de celui qui se charge de l'achat, du placement des marchandises pour le compte d'un tiers. Faire la commission. Maison de commission. || Ce qu'un commissionnaire perçoit pour son salaire. Il y a tant de commission sur le prix de ces marchandises. || 8° Action de faire quelque chose de répréhensible. La commission d'une faute. On peut dire la même chose d'une coupable commission, pasc. Prov. 4. j| Terme de casuiste. Péché de commission, péché commis par acte ; il se dit par opposition à péché d'omission. Il parle des péchés d'omission et de ceux de commission, pasc. Prov. 4. Mes péchés sont d'omission, rarement de commission, J. j. rouss. Prom. e .
-- UIST. xiv* s. Et seront H sergent Commis à regarder commission portant De prendre et d'arester le corps et le vaillant, Guescl. 4 924.||xv*s. Quand les commissaires de par le roi de France furent venus à Montpellier, ils mandèrent des plus notables de la ville et leur montrèrent leurs commissions, froiss. h, n, 23. Le pape leur envoya pouvoir et commission pour faire le procez, comm. vni, 4 3. || xvi* s. Je ne puis leur apprendre à distinguer les bonnetades qui les regardent, de celles qui regardent leur commission [charge], mont, rv, 4 68. Les sergens qui y furent envoyez feirent le contenu de leur commis-
corn
sion, amyot. Âgésil. 8. Les provinces ausquelles sa première commission ne s'estendoit, luy estoient adjouxtées par ceste seconde , m. Pomp. 45. La court permet aux lieutenants, officiers du guet et archers de prendre et appréhender au corps sans commission ne permission ceux qui feront des assemblées [pour la religion protestante] , condé, Mémoires, p. 652.
— ÉTYM. Provenç. comission; espagn. comision; ital. commissione ; du latin commissionem , de committere, commettre (voy. commettre).
COMMISSIONNAIRE (ko-mi-sio-nê-r' ) , s. m. || 1" Celui qui agit pour le compte d'autrui en matière commerciale, sans être un simple préposé, et, spécialement, celui qui achète ou vend pour le compte d'un tiers moyennant une remise. || Celui dont la profession est de faire la commission. Dans tous les pays de grande consommation, le négociant reste dans son comptoir et agit par des commissionnaires qui sont quelquefois eux-mêmes des négociants très-considérables, J. b. say, Cours, 4840, t. p. 310. || Commissionnaire de roulage, celui qui se charge de transporter ou faire transporter les marchandises par voiture. || Commissionnaire d'entrepôt, celui qui veille à ce que le voiturier remette en temps utile et en bon état les marchandises à leur destination. || Commissionnaire chargeur, celui qui transporte par bateau. || Commissionnaire au mont-de-piété, intermédiaire qui se charge de recevoir les engagements. || 2° Homme qui stationne au coin de la rue, attendant les commissions du public. Un commissionnaire de place. || 3° S. m. elf. Dans les villages ou les petites localités, homme ou femme qui porte et prend des objets dans les villes voisines avec ou sans voiture. Vous remettrez à la commissionnaire ce que je demande, legoa-