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— ÉTYM. Commission.
COMMISSIONNÉ, ÉE (ko-mi-sio-né, née), part, passé. Commissionné par le gouvernement.
COMMISSIONNER (ko-mi-sio-né), V. a. \\i° Délivrer à quelqu'un une commission qui l'autorise à faire quelque chose ou qui lui confère quelque fonction. || 2° Donner commission d'acheter ou de vendre.
— HIST. xv s. Maistre Jean Bourgois fut commissionné à faire ceste informacion de par le roy, Extrait d'un ms. relatif à Louis XI, Bibl. des Chartes, 4« série, t. i, p. 264.
— ÉTYM. Commission.
COMMISSOIRE (ko-mmi-soi-r*) , adj. Terme de droit. Clause commissoire, clause qui, n'étant point accomplie, emporte la nullité du contrat. || Dans le droit romain , clause commissoire , clause d'un contrat de vente dans lequel la résolution était stipulée à défaut de payement de prix dans le délai convenu. |l Aujourd'hui, claused'un contrat de gage par laquelle le créancier demeure propriétaire de la chose engagée, si le débiteur ne paye pas au terme fixé. Le pacte commissoire est interdit comme usuraire.
— ÉTYM. Le latin commissorius , de commissum, supin de committere, commettre (voy. commettre).
f COMMISSURAL , ALE ( ko-mi-ssu-ral , ra-1' ) , adj. Terme didactique. Qui a rapport à la commissure.
— ÉTYM. Commissure.
COMMISSURE (ko-mi-ssu-r'), s. f. || 1° Terme d'anatomie. Point de jonction de certaines parties. La commissure des lèvres. || 2° Terme d'architecture. Joint des pierres. Des ornements propres à cacher les commissures des colonnes. || 3° Terme de musique. S'est dit autrefois d'une dissonance placée entre deux consonnances.
— HIST. xvi* s. Faut diviser les os barrés ou pubis, par leur commissure, paré, i, 34. Les sutures ou commissures du crâne, id. m, 2. Ces nids estans de plusieurs pièces, les rats y ont quelque accès par les commissures, o. de serres, 386.
— ÉTYM. Le latin commissura, jointure, de commissum, supin de committere, commettre (voy. commettre.)
COMMITTIMUS ( ko-mi-tti-mus' ) , s. m. || 1° Lettres royales que le roi donnait à ceux qui avaient leurs causes commises aux requêtes du Palais, ou au grand conseil, ou à quelque autre tribunal particulier; et, en général, privilège accordé â certaines personnes de plaider devant certains juges et d'y faire évoquer les causes où elles avaient intérêt. Appliqué à se servir d'un committimus, la bruy. xi. || Committimus du grand sceau, celui qu'on obtenait pour les causes qui étaient hors du ressort du parlement de Paris. || Committimus du petit sceau,
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celui qni n'était valable que dans le ressort d'un parlement. || 2° Le droit de committimus. On Ota le committimus à plusieurs communautés.
— ÉTYM. Latin committimus, nous commettons, de committere , commettre (voy. commettre).
COMMITTITUR (ko-mi-tti-tur), s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Ordonnance mise au bas d'une requête pour commettre un conseiller. || Requête de committitur , requête par laquelle on demandait qu'un rapporteur fût commis dans une affaire.
— ÉTYM. Latin, committitur, il est commis, de committere, commettre (voy. commettre).
t COMMIXTION (ko-mik-stion), s. f. Terme didactique. Mélange intime de plusieurs choses différentes.
— HIST. xv' s. Les elemens par proportionnée commistion, Prouffits champestres , H, 2. ||xvi* s. À" plusieurs qui au paravant ne s'entreconnoissoyent quasi pas, il [le vin] leur a donné un commencement de commixtion et incorporation des uns avec les autres, lanoue, 623. La nature du corps humain, qui dépend de la commixtion et temperaluro des quatre premiers elemens, paré, Inlrod. 3. Cette commixtion et meslange est si grandement confuse qu'on ne peut séparer ny muscle ny cuir, id. iv, 8.
— ÉTYM. Le latin commixtio , de cum, avec, et mixtio, mélange (voy. mixtion).
f COMMODANT (ko-mmo-dan) , s. m. Celui qui prête par le contrat de commodat.
COMMODAT (ko-mmo-da), s. m. Terme de jurisprudence. Contrat par lequel une chose est prêtée gratuitement à l'emprunteur, à la charge de la restituer en nature. Le commodat est le prêt à usage.
— ÉTYM. Lat. commodalum, prêt , de commodare, prêter, decommodus (voy. commooe).
t COMMODATAIRE (ko-mmo-da-tê-r') , s. m.
Terme de jurisprudence. Celui 1 qui l'on prête par le contrat de commodat.
4. COMMODE (ko-mo-d'), adj. || 1° Qui se prête à l'usage requis; qui offre des facilités; qui est favorable. Habit commode. Maison commode. Nous ne sommes pas ici dans un lieu commode. Jamais l'occasion.... Ne s'offre assez commode aux poltrons comme toi, rotr. Bélis. ni, 5. Il y a cela de commode qu'on peut supposer que les morts sont gens de grande réflexion, fonten. à Lucien. L'Egypte était le pays le plus riche, le plus commode, boss. Hist. m, 3. Ils [les Carthaginois] ne cessèrent depuis de faire de nouveaux desseins sur une Ile [la Sicile] si commode à leur assurer l'empire de la mer que leur république affectait, iD.t'b. i, 8. || Vie commode, vie agréable et tranquille, et aussi, vie dans laquelle on a l'aisance, les commodités. Ce n'est point l'or et l'argent qui procurent une vie commode, c'est le génie ; un peuple qui n'aurait que ces métaux, serait trèsmisérable, volt. Louis XIV, 30. || Cela est commode comme une chambre basse, c'est-à-dire cela est à portée. || Ironiquement. C'est commode , se dit à quelqu'un qui a trop de sans-gêne , ou d'une chose faite trop sans façon. || 2° D un caractère facile et qui ne gêne pas les autres. Personnes commodes, agréables , riches, qui prêtent et qui sont sans conséquence, la bruy. vin. || Etre commode à vivre, être d'une humeur facile. || Cet homme n'est pas commode, c'est un homme sévère, exigeant, ou bien avec lequel on ne peut plaisanter. || Substantivement. La gouvernante n'aurait voulu faire la commode qu'en tout bien et tout honneur, hamilt. Gramm. ». || 3° Relâché. Dévotion, morale, doctrine commode. || Mari commode, mari qui souffre les déportements de sa femme, ou même qui s'y prête. Si, pour vous plaire, il faut n'êtrejamais jaloux, Je sais certaines gens fort commodes pour vous, Des hommes en amour d'une humeur si souffrante.... mol. Fdch. n, 6. || Dans le même sens, ou à peu près. Une mère commode, une mère qui se prête aux galanteries de sa fille. || 4° S. m. 11 faut distinguer trois choses, le nécessaire, le commode, le superflu : le nécessaire que la raison demande; le commode que la sensualité recherche; le superflu dont l'orgueil se pare et qui entretient le faste, bourd. Pensées, t. II, p. 493.
— HIST. xvi* s. La petitesse de la ville et la force du chasteau leur sembloit estre commode pour la défense et seureté de leurs personnes, condé, Mimoires, p. 649.
— ÉTYM. Berry, c'mode; bourguig. quemode; espagn. et ital. eomodo ; du latin commodus , de cum, et modus, mesure, convenance (voy. mode).
2. COMMODE (ko-mo-d'), s. f. || i* Espèce d'armoire, en forme de bureau, dont le dessus est de bois ou de marbre, avec des tiroirs pour y renfermer
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du linge et des habits. || %' Anciennement, sorte de coiffure. On portait dans ce temps-là des coiffures qu'on appelait des commodes, qui ne s'attachaient point, st-sim. 625, 246
— ÊTYM. Commode*. Dans un dictionnaire de (760, on dit que c'est un meuble d'iDvention nouvelle et que sa commodité a rendu bien vite très-commun.
COMMODÉMENT (ko-mo-dé-man), adv. || 1" D'une manière commode. Être logé commodément. Ils ne pouvaient commodément tendre l'arc, vaugel. Q. C. vni,<4, dans richelet. Les empereurs n'ont jamais triomphé à Rome si mollement, si commodément, ni si sûrement même, contre le vent, la pluie.... que le bourgeois sait à Paris se faire mener par toute la ville , la brdy. vu. Il a trouvé le secret de monter et de descendre autrement que par l'escalier, et il cherche celui d'entrer et de sortir plus commodément que par la porte, id. xiv. || Vivre commodément, avoir la vie commode. || 2° Avec opportunité. On parlera plus commodément, en un autre endroit, des magnificences de Salomon, boss. Polit. X moins qu'on désirât les grandeurs pour offenser Dieu ou l'État plus commodément, pasc. Prov. 9.
— B.EM. Cet adverbe devrait être commodément; mais il y a longtemps que la prononciation y met un accent aigu ( abus autorisé par l'usage, dit Chiffiet au xvii* siècle).
— HIST. xvi' s. Après l'avoir gardé trois jours, elle le fit conduire commodément à Gien avec toute la bande, d'aub. Vie, vm. Du labeur de tes mains tu vivras commodément, id. Conf. i, 8. C'est la vraye solitude et qui se peult jouir au milieu des villes et des courts des rois ; mais elle se jouit plus commodément à part, mont. I, 276.
— ÊTYM. Commode, et le suffixe ment; provenç. comodament; espagn. et ital. comodamente.
COMMODITÉ (ko-mo-di-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est commode. Le voisinage du parc nous procure la commodité de la promenade. C'est d'une grande commodité. Avoir une chose à sa commodité. Il fait le plan des bâtiments, exagère la commodité des appartements, ainsi que la richesse et la propreté des meubles, la bruy. v. Quelques auteurs traitent la morale comme on traite la nouvelle architecture, où l'on cherche avant tout la commodité, vauven. Max. xxix. Les travaux de César ont procuré à tous la commodité de ne rien faire, dider. Ess. s. Claude. Il semble d'abord qu'il entre dans les plaisirs des princes un peu de celui d'incommoder les autres: mais non, les princes ressemblent aux hommes, ils songent à eux-mêmes, suivant leur goût, leurs passions, leur commodité, la bruy. ix. Ce fut en ce temps-là qu'on inventa la commodité magnifique de ces carrosses ornés de glaces et suspendus par des ressorts, volt. Louis XIV, 29. Le comte de Fiesque régla les dégagements, les commodités et jusqu'aux ornements de sa maison, stsim. 75, 229. L'art de diriger les grands chemins à travers la montagne, en conciliant la commodité avec l'économie, volt. Louis XIV, 29. |j Au plur. Aises, agréments. Les commodités de la vie. Nous voulons trop avoir nos commodités, boss. ii, Pr. depol. 2. On veut bien prêcher la pauvreté de Jésus-Christ, mais on veut vivre dans les commodités et l'abondance, fléch. Panig. p. 369. Répandant en charités ce qui reste de leurs commodités ou du moins de leurs nécessités particulières, id. ib. u, p. 323. Hermippe est l'esclave de ce qu'il appelle ses petites commodités, la brdy. xiv. || 2" Fortune aisée. Vieux en ce sens. Jamais homme n'a eu moins que lui [d'Elboeuf] l'art de se faire plaindre dans sa misère; la commodité ne le releva pas; et, s'il fût parvenu jusques à la richesse, on l'eût envié comme partisan, retz, ii, 2(6. || 3°Facilfté qu'offre le caractère. La commodité de l'humeur. Ces traits flatteurs qui enlevaient le peuple d'Athènes, ces manières insinuantes qui prennent les hommes par leurs commodités ne sont plus d'usage ici, fén.xix, t 20. 114° Temps opportun, occasion. Faites cela à votre commodité. La confession, si l'on en a la commodité, pasc. Prov. to. Ma sœur devait vous en faire un récit plus exact à sa première commodité, id. Lett. 4. Voici le fer encor destiné pour sa perte; Mais la commodité ne
s'en est pas offerte, rotr. Bèlis. m, 6 Et leurs
jambes [des souris] coupées Firent qu'il les mangeait à sa commodité, Aujourd'hui l'une et demain l'autre, la font. Fabl. xi, 9. || 5° Service de voitures; occasion de message. Avez-vous une commodité pour aller là? Je voui enverrai par la première commodité un ouvrage, boss. Lett. 78. A toutes les demi-heures il part de ces commodités qui vont.... regnard, Voy. de Flandre. || 6° Auplur. Lieux d'aisances. La princesse d'Harcourt ne se faisait faute
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de ses commodités au sortir de table, qu'assez souvent elle n'avait pas le loisir de gagner, et salissait le chemin.... st-sim. 443, 230. || Commodités à l'anglaise, siège dont le tuyau s'ouvre et se ferme à volonté à l'aide d'un tampon mobile. || Proverbe. On n'a pas toutes ses commodités dans ce monde.
— HIST. xv« s. Tandis que ils avoient lieu et commodité, Bouciq. a, ch. 26. || xvi' s. Montgommeri avoit depesché le capitaine la Meausse avec cinq barques chargées de poudre et autres commoditez, d'aub. Hist. u , 60. Pour très grand ornement s'acompte le bon voisin , à cause des infinies commodités qu'on reçoit de sa douce et vertueuse conversation, o. de serres, 9. Ilnepouvoit bonnement prendre la peine d'aguetter ses commodités, comme font les jeunes gens, desper. Contes, x. Y a-t-il profit, y a-t-il commodité, y a-t-il grandeur qu'on deust achepter si chèrement? condê , Mémoires,
— Étym. Bourguig. quemôdilai; provenç. comodilat; espagn. comodidad; ital. comoditd; du latin commoditatem, decommodus, commode (voy. commode).
t <• COMMODO (ko-mmo-do). De commodo et incommodo, locution usitée dans le langage de l'administration et de la justice, et qui signifie : de l'avantage et de l'inconvénient. Enquête de commodo et incommodo. Certaines usines ou manufactures ne peuvent être établies avant que le juge de paix ait reconnu les lieux et rédigé un procès-verbal de commodo et incommodo, pour faire connaître les avantages ou les inconvénients de l'établissement projeté.
— ÊTYM. Latin de, sur, commodo, ce qui est commode , et incommodo , ce qui est incommode.
f2. COMMODO (ko-mmo-do). Terme de musique qui signifie à l'aise, sans se presser, et indique un mouvement intermédiaire entre la lenteur et la vitesse.
— étym. Ital. comodo, commode.
t COMMODORE (ko-mmo-do-r'), s. m. Titre, dans la marine hollandaise, d'un capitaine chargé du commandement de plusieurs bâtiments de guerre réunis. || Dans les marines anglaise et américaine, grade intermédiaire entre celui de capitaine de vaisseau et celui de contre-amiral, et correspondant au grade de chef de division, qui a existé dans la marine française. On fit Anson commodore, c'est-à-dire chef d'escadre; on lui donna cinq vaisseaux, une espèce de petite frégate de huit canons, et deux navires chargés de provisions et de marchandises, volt. Louis XV, 27.
— ÉTYM. Les étymologistes anglais regardent ce mot comme étant probablement une corruption de l'espagnol comendador, commandeur.
t C0MM0RAT10N (ko-mmo-ra-sion), s. f. Figure de rhétorique par laquelle un orateur insiste sur un des points qu'il a traités pour le graver plus profondément dans l'esprit de l'auditeur.
— ÉTYM. Le latin commoralio , action de s'arrêter, de cum, et morari, demeurer, tarder.
COMMOTION (ko-mmo-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\i° Ébranlement violent. La poudrière sauta, et la commotion fut ressentie très-loin. || Commotion électrique, secousse produite par une décharge électrique. || En chirurgie, ébranlement, secousse communiquée à un organe par un coup ou une chute sur une partie, qui en est plus ou moins éloignée. La commotion du cerveau.|| 2° Fig. Violente émotion morale. Cette dernière commotion a mis fin à ses jours. || Commotion politique, troubles violents dans un pays.
— HIST. xii' s. Icil qui par ceste mer vunt, Ce sunt li home de cest munt [monde] , Qui sunt en grant comocion, wace, Vierge Marie , p. 64. || xiv* s. Conspiracions, commocions de pueple et autre deliz, Bibl. des Chartes, 6° série, t. i, p. 81. || xv's. Imposicions dont la commune des halles s'esmut à commocion, Geste des nobles, dans viriville, p. 406. || xvi* s. Quand je parloray de la commotion du cerveau, paré, m, 4. En la commotion de l'air faite par le tonnerre ou artillerie, id. iv, 4 0. Il advient commotion ou esbranlementau cerveau, id. vm, 4 . Commotion ou esbranlement et concussion du cerveau, id. vm, 9. Pour obvier atout scandale, sédition et commotion populaire, condê, Mémoires, p. 674.
— ÊTYM. Provenç. commodo; espagn. conmocion; ital. commoxtone; du latin commotionem, de commovere, de cum, elmovere, mouvoir (voy. mouvoir).
f COMMOUVOIll (ko-mmou-voir) , v. a. Causer des commotions.
— HIST. xii' s. E commuverat li sire le désert Cades, Liber psalm. p. 34. || xv* s. Et qu'est venu faire ce duc Charles.... qui vient commouvoir tout
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le royaume? G. chastelain, dans le Dictionnaire de dochez.
— étym. Le latin commovere, de cum, et movere, mouvoir (voy. mouvoir).
tCOMMDABILITÉ(ko-mmu-a-bi-li-té).s./'.Terme didactique. Qualité de ce qui peut être commué. La commuabilité des peines.
— ÊTYM. Commuable.
COMMUABLE (ko-mmu-a-bl/) , adj. Terme de jurisprudence criminelle. Qui peut être commué.
— ÉTYM. Commuer.
COMMUÉ, ÉE (ko-mmu-é, ée), part, passé. La peine de mort fut commuée en celle de l'exil, j. t. rouss. Écon. 2. Obtenir que telle peine qui lui est enjointe et à laquelle il n'est pas en pouvoir de satisfaire, lui soit commuée selon la plus juste compensation dans une autre à peu près égale, bourd. Pensées, t. I, p. 388.
COMMUER (ko-mmu-é), v. a. Terme de droit criminel. Commuer une peine, la changer en une peine moindre. Ils commuent les supplices éternels dans ces peines passagères, boss. Satisf. 1. 1| On dit aussi commuer un vœu.
— HIST. xvi' s. Commuer une peine, d'aub. Vie, lxxxiv.
— ÊTYM. Le latin commulare, de cum, elmutare, changer (voy. muer).
COMMUN, UNE (ko-mun, mu-n'; au singulier masculin, l'n se lie devant une voyelle ou une h muette : un commun intérêt, dites : un ko-munn intérêt; d'autres, ne conservant pas à la syllabe un la nasalité, disent : un ko-mu-n intérêt), adj. || 1" Qui est de participation à plusieurs ou à tous. L'air, la lumière sont communs. Par un mouvement commun à la nature Quelque maligne joie en son cœur s'élevait, corn. Pomp.m, t. Tout doit être commun entre de vrais amants, id. Cinna, v, 2. Le sentiment de l'immortalité leur est commun à tous, mass. Carême. Vérité d'un avenir. Hélasl on ne comprenait point alors que tout ne dût pas être commun parmi ceux qui étaient obligés de n'avoir qu'un cœur et qu'une âme , qui avaient la même foi, la même espérance.... mass. Confér. Usage des revenus ecclésiastiques. Vous voyez de là que l'amour de la retraite et du silence n'est pas commun à tous les dévots, pasc. Prov. 9. || La maison commune, l'hôtel de ville. || Terres communes, terres qui, n'ayant pas de possesseur particulier, servent aux usages d'une communauté, dans le territoire de laquelle elles se trouvent situées. || Des amis communs, des amis qui le sont des deux parties. Nos ennemis communs, rac. Andr.i, 4. || Le droit commun, la loi établie dans un état, l'usage général. || Terme de jurisprudence. Dont la jouissance est permise à plusieurs personnes à titre égal. Escalier, puits, chemin commun. || Jugement ou arrêt commun, jugement exécutoire contre une personne qui n'a point été mise en cause ou qui a fait défaut, aussi bien que contre la partie qui a comparu. || Époux communs en biens, époux mariés sous le régime de la communauté. || Choses communes, les choses qui ne sont pas susceptibles de propriété publique ou privée comme l'air, la mer. || En termes de palais et de généalogie, l'auteur commun des parties, se dit quand on parle du père de deux frères ou sœurs qui plaident ensemble. || En arithmétique, diviseur commun, nombre qui divise exactement deux ou plusieurs autres nombres. a est un diviseur commun de 36, de 28 et de 52. || Le plus grand commun diviseur, le plus grand de tous les diviseurs communs à deux ou plusieurs nombres. Ainsi 84, 42, 66, ont pour diviseurs communs 2, 4, 7, )4. Ce dernier est le plus grand commun diviseur des trois nombres donnés. || Dénominateur commun , celui qui appartient à plusieurs fractions données ou réduites au même dénominateur. || Terme de physique. Réservoircommun, en parlant de l'électricité, la terre où s'écoule et d'où semble sortir toute l'électricité sensible produite par nos machines. || Terme de géométrie. Qui appartient à la fois à deux figures que l'on compare. || 2" Qui se fait en société, ensemble; qui est conjoint. X Sparte les repas des hommes étaient communs. Le travail commun resserre leur union. Un commun naufrage. Faisons de notre haine une commune attaque, rac. Andr. u, 2. Nos crimes communs, id. Brit. m, 3. Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune? rac. Athal. m, 6- Il Faire cause commune, se dit de personnes qu'un intérêt, un motif quelconque pousse à réunir leurs efforts, à combattre pour un même objet. Elle s'était promis qu'il ferait cause commune avec elle contre sou époux.... dider. Essai sur Claude. || Faire bourse commune, se dit de personnes mettant ensemble
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l'argent qu'elles ont ou qu'elles gagnent, et vivant ainsi avec l'avoir les uns des autres. || Faire vie commune, vivre à frais communs. || La vie commune, la vie des communautés. U Avoir quelque chose de commun avec, n'avoir rien de commun avec, avoir ou n'avoir pas des analogies, des rapports, des ressemblances avec. Qu'a de commun la censure de Rome avec celle de France ? pasc. Prov. 6. Leur histoire n'a rien de commun avec celle 'du peuple de Dieu, boss. Hist. 1,7. Un tel mouvement n'a rien de commun avec entendre, m. Conn. de Dieu, 4. ii ne veut rien avoir de commun avec elle, mass. Avent, Conc. L'amour a cela de commun avec les scrupule.s qu'il s'aigrit par les réflexions, la brut. iv. Qu'auraient donc de commun cette secte et ma flamme? volt. Zaïre, ni, 4. |) 3° Général, public. L'intérêt commun. L'opinion commune. Je n'ai pour ennemis que ceux du bien commun, corn. Sertor. ni, 2. Je ne m'oppose point à la commune joie, m. Héracl. v, 8. Déférez quelque chose au sentiment commun, rotrou, Antig. iv, 6. Asservi maintenant sous la commune loi, rac. Phèd. a, 2. Eh! qui n'éprouve hélas ! dans la perte commune Les tristes sentiments de sa propre infortune? volt. Orphel. I. 1. Vos greniers [des fourmis] sont témoins que chacune de vous Tâche à contribuer au commun bien de tous, la font. Captivité de St-Malc. ||La langue commune, la langue qui se parle le plus généralement dans un pays. En Alsace, l'allemand est la langue commune. || D'un commun accord, de concert, sans opposition aucune. || D'une commune voix, unanimement. Vous m'avez avoué mille fois Que Rome le louait d'une commune voix, rac. Brit. n, 8. || La voix commune, l'opinion générale. || Faire preuve par la commune renommée, c'est-àdire par l'opinion publique, au moyen d'une enquête. || 4° Ordinaire. Devenir d'un usage commun. X la mode commune. Il sait les bruits communs, les historiettes de la ville, la bruy. IL, Après l'invective commune contre les honneurs, les richesses et le plaisir, le prédicateur.... id. rv. || La vie commune, les mœurs générales , les événements ordinaires de la vie. La vie commune ne saurait être une vie chrétienne, mass. Carême, Élus. || Sens commun, faculté de juger raisonnablement des choses, en tant qu'elle appartient à la plupart des hommes. Le simple sens commun nous tiendrait lieu de code, la font. Fabl. i, 21. || Les mots, les termes communs de la langue, ceux qui sont usuels entre tout le monde, par opposition aux termes techniques. || Style commun, style qui n'a rien de remarquable ni d'élégant. || Vers commun, vers de dix syllabes, ainsi nommé par opposition au grand vers ou vers alexandrin, qui est de douze syllabes, et au petit vers, qui est de huit syllabes. || Le commun peuple , le vulgaire. C'est le commun peuple qui veut que ses maîtres soient les esclaves des évêques , volt. Mœurs, 46. Mais pour moi qui, caché sous une autre aventure , D'une âme plus commune ai pris quelque teinture, corn. Héracl. m, I. Personne n'a tiré d'une destinée plus qu'il n'a fait : l'extrême et le médiocre lui sont connus; il a brillé, il a souffert, il a mené une vie commune, la bruy. ix. || Expédier en forme commune , en style de la daterie de Rome, expédier sans grâce etsans remise; et, figurément, être expédié en forme commune, éprouver un sort fâcheux, une maléncontre, perdre tout son argent au jeu, mourir entre les mains de mauvais médecins, etc. || Délit commun, sa disait d'un délit commis par un ecclésiastique et justiciable du juge ecclésiastique, par opposition à cas privilégié. M 5° Fréquent, abondant, qu'on trouve facilement. Les bons muscats sont communs en Languedoc. Rien n'est plus commun que ce nom [d'ami] , Rien n'est plus rare que la chose. LA font. Fabl. iv, 4 7. Le changement, madame, est commun à la cour, rac. Brit. v, 3. L'exemple en est commun, m. Baj. u, 1. Les grands talents sont rares; mais la science et la raison sont communes, volt. Lett. Gallitîin, 14 août 1767. || 6° Qui ne s'élève pas audessus du niveau ordinaire. Un livre et un sermon, si communs qu'ils soient, apportent bien plus de fruit, pasc. Lett. à Mme Périer, 6 nov. 1648. On ne doit jamais refuser de lire ni d'ouïr les choses saintes, si communes et si connues qu'elles soient, m t'6 Je ne murmure point qu'une amitié commune Se range du parti que flatte la fortune, rac. Brit ni 7. Faites, faites paraître une âme moins commune, mol. F. sot), v, 4. || 7° Privé de noblesse, de distinction. 11 a l'air commun, la figure commune. 11 n'y avait rien que de très-commun en lui , scarr. liom. corn. en. 13. || 8° Terme de grammaire. Nom commun ou substantif appellatif , celui
qui convient à tous les individus de la même espèce; homme, cheval sont des noms communs. || Nom commun .ou épicène, nom qui change de genre, ou nom qui convient aux deux sexes: un bel enfant ou une belle enfant; une perdrix, qui se dit également du mâle et de la femelle. || Adjectif commun, adjectif qui, comme fidèle, a la même terminaison au masculin et au féminin. || Syllabe commune, syllabe qui, dans les langues où la quantité des syllabes fait le vers, peut être longue ou brève. || Terme de grammaire grecque. Verbes communs, verbes qui ont à la fois le sens actif et le sens passif, avec la terminaison passive. || Dialecte commun, par opposition aux dialectes locaux, la langue littéraire commune à tous les écrivains grecs après Alexandre. || Terme de rhétorique. Lieux communs, sorte de points principaux, auxquels les anciens rhéteurs rapportaient toutes les preuves dont ils faisaient usage dans leurs discours ; et par extension et en mauvaise part, idées usées, rebattues, pensées ou expressions banales. 11 ne dit que des lieux communs. || 9" Année commune , l'une portant l'autre , bon an , mal an. J'ai vérifié qu'année commune il n'y naît [à Rome] que 3600 enfants, volt. Phil.m, 346. || S. f. Terme de bourse. Faire une commune ou moyenne, se dit d'une personne, qui, après avoir acheté des valeurs à un prix, les voit subitement baisser, sans que son opinion sur la hausse ait changé; qui alors achète en baisse la même quantité de valeurs qu'elle possède déjà (ce qui diminue le prix de revient de la totalité) ; et qui , quand la hausse reprend , vend aussitôt que les cours ont atteint ce nouveau prix de revient sans attendre, au risque de ne pas le revoir, son prix d'achat primitif. || 10° S. m. Le commun, ce que deux ou plusieurs personnes mettent en société. Il faut prendre cette dépense sur le commun. || Vivre sur le commun , vivre aux frais d'une société , sans rien faire; et aussi, vivre sur le tiers et le quart. || En commun, loc. adv. De société, de concert.Vivre, travailler en commun. Ils mettaient leurs biens en commun, boss. ii, Pent. a. || 11" Le plus grand nombre, la généralité. Le commun des lecteurs. Elle était plus grande que le commun des femmes, hamilt. Gramm. 6. Il passe le commun des amants, mol. Psy. iv, 2. Des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions, corn. Cid, u, t. Ils naissent instruits, et ils sont plus tôt des hommes parfaits que le commun des hommes ne sort de l'enfance, la bruy. ii. || Cette chose est du commun, elle n'a pas grand prix. Soyez plutôt maçon si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire, Qu'écrivain du commun et poète vulgaire, boil. Art p. iv. || 12" La roture, les basses classes. Un homme du commun, mol. Mis. u, 6. Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses, corn. Nicom. m, 7. Quand il en aurait eu [un sceptre,' une couronne], c'aurait été tout un : Le nez royal fut pris comme un nez du commun, la font. Fabl. xii, 12. Le patron ne croyait mener que des gens du commun, sêv. 498. Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes, pasc P. div. 22. Ses proches eux-mêmes, plus accoutumés à le voir de près [Moïse] , le regardaient presque comme un homme du commun, mass. Conf. Fuite du monde. Sentiments qui distinguent les âmes royales d'avec les âmes du commun, flécu. Mont. || Terme de liturgie. Le commun des martyrs, les martyrs pour lesquels l'Eglise prie en masse; etfig. Il estducommundesmartyrs, c'est un homme que rien ne distingue. || 13° Le commun chez les rois, chez les princes et les grands, nom collectif qui signifie les bas officiers. Il a mangé à la table du commun. || Chez le roi, grand commun, les offices destinées à la nourriture de la plupart des officiers de la maison du roi. Petit commun, certaines offices détachées du grand commun pour la nourriture de quelques officiers privilégiés de la maison du roi. Il y avait les jésuites du grand commun et surtout les jésuites des femmes de chambre, volt. Ingénu, 13. 11 acheta une charge de médecin du grand commun à Versailles, condorcet, Malouin. || 14'' Dans les grandes maisons, les communs, les bâtiments affectés aux cuisines, écuries, remises, etc. D'Aubigné se mit à bâtir un vaste et superbe château, d'immenses basses-cours et des communs prodigieux, st-sim. 3H, 103. || 15° Les communs se du dans quelques provinces pour les commodités. || Proverbes. Qui sert au commun ne sert à pas un, c'est-à-dire personne n'a soin de ce qui n'est la propriété de personne. On dit dans le même sens : il n'y a pas d'âne plus mal bâté que celui du commun. || En ce monde tous les biens sont communs, c'est-à-dire ils sont là, et il ne reste que les moyens de les avoir.
— REM. Une commune voix est la réunion de tous les suffrages prononcés unanimement; une voix commune est une voix ordinaire, qui n'a rien de plus remarquable qu'une autre : Le parterre a prononcé d'une commune voix que ce chanteur n'avait qu'une voix commune. Cependant, en certains cas, voix commune peut avoir aussi le sens d'opinion générale : Suivant ou selon la voix commune.
— HIST. ix* s. Pro Deo amur et nostro comun salvament, Serment. || xi" s. E les choses qui sunt remeses [restées] en la nef, seient départies en comun, lots de Guill. 38. La bataille est merveilluse et cumune, Ch. de Bol. en. || xm's. Ensi furent desacointié li Franc et li Grieu, et ne furent mie si comun corne il avoient esté devant, villeh. ici. Je ne voi orendroit nul home en nostre comun qui, avant moi, vous seûst conduire ne guerroier, m. xxxix. Et se il au comun de Venise pooit faire graer ce qu'il i avoit trové, id. ziii. Entre aus [eux] deus doit estre tout un , Solaz et joie de commun , Lai du Conseil. Ce n'est mie chose commune, Comme le soleil et la lune, Que dam Denier [l'argent], Choses qui fnillent en ménage. Ains nous fit, biau filz, n'en doutés, Toutes por tous et tous por toutes, Chascune por chascun commune, Et chascun commun por chascune, la Rose, 14091. Et l'autre partie par le droit qui est communs à toz es coustumes de France, beaum. 17. Toutes justices qui sont à plusors parchonniers [co-propriétaires] doivent estre fêtes en liu commun as seigneurs, et doivent tenir lor jugemens en liu commun, la ù le [la] justice est commune, id. xxn, h. Et porce que li communs peoples sacent comment il doivent estre puni s'il meffont.... id. xxx, t. Cil qui sont procureur por le commun d'aucune vile en le [la] quele il n'a point de commune, doivent estre mis et establi de par le segneur, id. ib. 80. Toz ciaus [ceux] et totes celles qui sont dou comun dou murtri ou de la murtrie, se il est de comune, Ass. de J. 431 . Dreit deit estre comun et igual, et il ne le sereit mie en cest cas, se einsi n'esteit, t'6. 402. || xiv* s. L'en dit que choses d'amis sont communes entre eulz, et est dit pour ce que amisté est en communication, oresme, Eth. 245. || xv* s. Le commun peuple, froiss.u, ii, 4. Le commun [les gens de la commune] avoit grand pitié du chevalier qu'ils aimoient durement, id. i , i , 1 50. Seigneurs, vous allez en grand péril, car il y a mauvais commun [gens de la commune] en celle ville, id. u, ii, 67. Et aussi attendoient ils que tous les gens d'armes, les archers et les communes gens des bonnes villes et des villages fussent passés outre, id. i, i, 29. Qui commun sert, nul ne l'en paye; et s'il mesprent, chacun l'abaye, gerson, Harangue au roi Charles VI, p. 17. Vous estes alez pluseurs fois Veoir Helot etEudeline, Et coucher aux femmes communes [filles de joie], e. desch. Poésies mss. f» 616, dans lacuhne. Jours communs [jours ouvrables], ib. f°387. Et ont les Anglois ung mot commun que autreffois m'ont dit traictant avec eulx ; c'est qu'aux batailles qu'ils ont eues avec les François, tousjoursou le plus souvent ils ont eu le gain; mais en tous traitez qu'ils ont eu à conduire avecques eux, ils y o»t eu perte et dommage, comm. m, 8.11 y estoit contrainct [Edouard] tant par le duc de Bourgongne que par le commun d'Angleterre, ID. iv, 6. || xvi* s. Le droit de commander a esté commun au Fils et au Saint Esprit aussi bien qu'au Père, calv. Instit. 95. [CelajappartientencommunàJesusChrist et à tous ses membres, id. ib. 415. Seroit-ce que la hardiesse lui feust si commune que.... mont, i, 5. C'est un usage commun, id. i, 22. Toutes les règles nous conduisent d'un commun accord à.... id. i, 70. Le chargeant seul de leur faulte commune, id. i, 97. Ailleurs les femmes sont communes sans péché, id. i, 114. Cette considération n'a rien de commun avecques les offices de l'amitié, id. I, 218. Ils les rostissent et en mangent en commun, id. i, 239. Et sont les mariés communs en tous bien, lotsel,
I i 1 . Il estoit commun [connu de tous] dès Piémont qu'on alloit à Perpignan, M. du beix. 613. Despuis ceste parole est demourée en usage entre les Grecs, comme un proverbe commun, amyot, Pélop. 20. Qu'il possédoit luy seul les cueurs de tous les citoyens, qui dévoient estre communs, m. Agésil. t.
II n'est pas tousjours nécessaire de multiplier ton» les dénominateurs particuliers l'ung par l'aultre, pour trouver dénominateur commun, est. de la roche, Arismetique, f°l2, verso.
— ÊTYM. Provenç. comun, como; catal. cornu; espagn. comun; ital. commune; du latin communis , anc. latin, comoinis, de cum , et mœne ou motnus , munus, mur, devoir (voy. munir).
COMMUNAL. A1JE (ko-mu-ual, na-1'), adj. || !• Qui
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appartient a une commune; qui la concerne. Propriété communale. Bois communaux. Collège communal, collège qui est entretenu par une commune. || 2* S. m. Un communal, et, plus souvent au pluriel, les communaux , terre dont l'usage est commun aux habitants d'une commune ou de plusieurs communes. Vache paissant dans le communal.
— HIST. xi* ?■ [Ils] tiennent l'enchalz [la poursuite] , tuit en sunt cumunel [tous y prennent part] , Ch.de Roi. 4 76. ||xh' s. Ferez, Franzois, tuitsomes comunal, Roncisv. p. 6). Respondent Franc comunal à un ton, t'b. p. 74. Vers lui chevauchent tuit maistre et comunal, ib. p. 78. Deux mille pauvres i métrai comunaus , ib. 4 93. Et pesout [pesait] la chevelure dous cens sicles al peis cumunal,flois,4 74 . || xm* s. Paradis est celestiaus; Mes n'est mie à toz communaus, Ren. 6774. || xv* s. A ce ne failloit mie nostre prince : douls et humain, communal entre ses amis, fier et hardy contre ses adversaires, chu. depisan, Charl. V, ni, 40.
— êtym. Commun; wallon, kimonex, kimognei, terres communales ; namurois, comugnas , même sens; provenç. eominal, comunal, cumunal; espagn. comunal ; ital. comunale.
-f COMMUNALISTE (ko-mu-na-Hs-f) , *. m. Nom donné dans quelques sociétés religieuses aux membres de la communauté. || Dans certains diocèses, ecclésiastique habitué dans une paroisse.
+ COMMUNAUTAIRE (ko-mu-nô-tê-r'), adj. Qui a rapport au système de la communauté de biens. Régime, principe communautaire.
COMMUNAUTÉ (ko-mu-nô-té) , s. f. || 1° Participation en commun. Communauté de plaisirs et de peines. Communauté de sentiments. || 2° Terme de jurisprudence. Société de biens ou de gains. La loi remet en communauté les biens qui ont été partagés, boss. Polit, i, 5. || État d'indivision entre plusieurs propriétaires. || Communauté taisible , société qui se formait, dans certaines coutumes, par une habitation et une vie commune pendant un an et un jour. || Chez les auteurs de droit naturel, communauté négative, état de communauté antérieur à l'établissement de la propriété. || Fig. Il ne touche point à tout le détail immense de la physique ; sur quoi il semble que les modernes seraient bien généreux, s'ils voulaient se mettre en communauté de biens avec Aristote, fonten. Leibnitt. Ne vous accoutumez pas à être en communauté avec la fortune, et distinguez toujours ce qui est d'elle et ce qui sera de vous, voit. Lett. 89. || Société de biens entre époux. Communauté légale, celle qui a lieu sans contrat. Communauté conventionnelle, celle qui est restreinte ou étendue par un contrat de mariage. || Le régime de la communauté, celui où les époux mettent tout ou partie de leurs biens en communauté. || Dans le langage général, communauté de biens, organisation sociale proposée par certains philosophes ou socialistes, dans laquelle les biens sont possédés non par l'individu, mais par l'État qui en fait la répartition. Platon établit la communauté de biens dans sa République. || Communauté des femmes, état de société rêvé par certains sectaires, où les femmes seraient communes. || 3° La généralité des citoyens , le peuple , l'État. L'intérêt de la communauté l'exige. || 4° Groupe plus ou moins étendu, réuni par les mêmes croyances, les mêmes usages, etc. Les premières communautés chrétiennes. || Autrefois, corps des habitants d'une ville, d'un bourg, d'un village. || Autrefois, corporation. La communauté des notaires. || Terme de blason. Armes de communauté, armes des États, provinces, villes, corporations. || 5" Société de personnes vivant ensemble et soumises à une règle commune. Communauté religieuse. Je suis religieux et en communauté, pasc. ]l'rov. a. Les Perses eurent des communautés de cénobites, volt. Mœurs, 439. Et ne voyons-nous pas que c'est justement dans les communautés les plus régulières et les plus austères qu'on témoigne plus de satisfaction? bourd. Pensées, t. n, p. 367. ( La maison religieuse même. Nous visitâmes fa communauté. || Dîner à la communauté, dîner au réfectoire avec les autres. || Chez les capucins, la chambre où sont les habits.
— hist. xm" s. Et ceste compaignie »e divise en deus manières, car l'une des communaltés, si est par reson de commune otroiée de segneur et par chartre, beaum. xxi, 26. Le [la] communaltés du siècle, cil qui avoient talent de vivre en pes, id. xlv, 32. || xiv's. Et dient li bourjois . briefment response aurez, Mais parlé aions à la communaltez, Guescl. «8807. || xv' s. Au voir dire, ils n'estoient qu'une poignée de gens au regard de la communauté du royaume d'Angleterre qui là estoit assem-
blée, proiss. i, i, sa. Et envoya quatre chevaliers en la ville de Valenciennes, pour aider à garder et conseiller la ville, les bourgeois et la communauté, id. i, i, 4 05. Je le dis aussi bien pour les princes et seigneurs allyez ensemble, comme je faitz pour les villes et communaultez, comm. h, t. Venyse, Florence, Gènes, villes de communaulté, m. v, 8. || xvi* s. La quelle perfection ne se pourrait jamais trouver en la communauté des hommes, calv. Instit. 4)8). Epaminondas remonstra à la communaulté, comme la guerre alloit augmentant la ville de Sparte seule, amyot, Âgésil. 46. Il y avoit eu entre eulx [César et Pompée] une si longue intelligence et société au maniement des affaires publicques, tant de communauté de fortunes, tant d'offices réciproques et d'alliances, mont, i, 268.
— ÉTYM. Communal ; hourguig. quemenautai ; provenc. cominaltat, communautat; ital. comunaltà.
t COMMUNAUTIER (ko-mu-nô-tié), s. m. Celui qui, chez les capucins, a soin de faire les habits.
— ÉTYM. Communauté.
COMMUNAUX (ko-mu-nô) , s. m. pi. Voy. communal.
COMMUNE (ko-mu-n') , s. f. || 1° Dans le régime féodal, le corps des bourgeois d'une ville ou d'un bourg ayant reçu charte qui leur donnait droit de se gouverner eux-mêmes. || Affranchissement des communes, acte par lequel Louis le Gros et en général tout seigneur octroya la liberté aux serfs sous certaines conditions. Nous avons considéré que, bien que l'autorité soit entière dans la personne du roi, nos prédécesseurs n'avaient point hésité à en modifier l'exercice, suivant la différence des temps; que c'est ainsi que les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, Préambule de la charte constitutionnelle de 48 1 4. Des libertés immémoriales prenaient l'air de concessions récentes; toute commune semble une pure émanation de la volonté royale, et Louis le Gros, comme premier en date, a l'honneur de l'initiative; de là vient que Beauvais et Noyon passent pour les plus anciennes communes de France; assertion vraie si l'on réduit le nom de France à ses limites du xii* siècle, et fausse si on l'applique à tout le territoire sur iequel il s'étend aujourd'hui, A. Thierry, Lett. sur l'hist. de Fr. xm. || Les communes, les milices fournies par les communes. || 2" Aujourd'hui, agrégation de familles rassemblées dans une certaine circonscription de territoire, et unies par des relations de voisinage et des intérêts communs, que gère une administration commune. || Division territoriale administrée par un maire et un conseil municipal. || L'être collectif représentant les habitants d'une commune. Il assigna la commune devant le tribunal. || Dans l'histoire de la Révolution, quand on dit la commune, on entend la municipalité de Paris qui s'organisa en 4 789 sous la présidence du prévôt des marchands. || L'hôtel de ville, la mairie. 11 se rendit à la commune. || 3- En un sens restreint, lescommunes , les populations rurales. || Autrefois, les communes, biens communaux. Mener paître les troupeaux dans lescommunes. || 4° La bourgeoisie ou le peuple, par opposition à la noblesse. La commune s'allait séparer du sénat, la font. Fab. m, 2. L'Église avait tout à craindre des grands et rien des communes, chateaub. Génie, iv, vi, 44. || La chambre des communes, la chambre basse du parlement anglais, c'est-à-dire l'assemblée des députés élus par les bourgs et cités du royaume.
— HIST. xn" s. J'ai le transcrit des lettres (einsi n'eschaperez) , Qui vus ad de commune eclesial sevrez, Th. le mart. 124. || xm' s. Et fist l'endemain semonre devant li la comune de Namur, Chron. de Rains, 227. Cil qui sont procureur par le commun d'aucune vile en laquele il n'a point de commune, beaum. 80. Et puis convient qu'il voist [aille] manoir hors du lieu de le [la] commune, id. xxi, 26. Le jour meismes que elle [la reine] fu acouchée, li dit l'en que ceulx de Pise et de Gènes s'en vouloient fuir, et les autres communes, joinv. 252.
|| xvi' s. La commune [le commun] de son armée, mont, i, *. Laisser le gouvernement ez mains delà commune [du peuple] , m. i , 413. Le sénat ne pouvoit venir à bout de la commune, qui à toute force vouloit tenir le party de Hannibal, amyot, Marcel. 4 4. 11 s'amassa d'Auvergne et de Forest grand nombre de noblesse et de communes, qui furent dissipez parles Lionnois, d'aub. Hist. i, 4 46.
— ÊTYM. Commun; bourguig. lai quemeugne, la commune ; provenç. comuna,comunia ; ital. comuna.
COMMUNÉMENT (ko-mu-né-man) , adv. Le plus ordinairement. Cela se dit communément. On les trouve e^mmunément dans les rues, v<hî. Lett. 39.
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Communément parlant, à parler communément, selon l'opinion ou la façon de parler commune. Toutefois, communément parlant, semblables entreprises produisent semblables événements, halz. le Prince, chap. 42. Communément parlant et eu égard à l'ordre du monde, id. liv. iv, Lett. 43.
— REM. Col adver^o devrait être communément ; mais il y a longtemps que la prononciation y met un accent aigu (abus autorisé par l'usage, dit Chifflet au xvii* siècle).
— HIST. xi* s. Et li Franceis fièrent [frappent] comunement [tous ensemble] , Chr. dellol. cix. Jusque il viennent au champ cumunement, ib. cxxvi. Cumunement [tous ensemble] li prometent leur feiz, ib. ccxLviii. || xii' s. Hylaires de Cicestre le greva durement, Gilebert Foliot de Lundres ensement; Li cardenalse tindrent al rei communément; Si qu'en tuteta curt n'out nul maintienemeut, Th. le mart. p. 4 00. || xm' s. Tousli pais i ert [était) venus communément, Berte, cxxxm. Ensi furent communément li Grieu et li François ensemble de toutes choses et de marcheandises et d'autres biens, villeh. lxxxvii. || xv s. Cils chevaliers et cils esouyers de Bigorre se recueillirent tous ensemble et firent leur amas à Tournay par où leur passage estoit communément, froiss. u, m, ». Les Anglois sont communément envieux sur toutes estranges gens, quund ils sont à leur dessus, id. i, i, 46. Et se deslogeren» [tous les seigneurs] tout communemeut, id. i, i, 8*. Messire Bouciquaut avoit esté en sa jeunesse communément en voyage avec le bon duc de Bourbon, Bouciq. part, i, ch. 16. j| xvr s. L'office de gouver ner le monde lui compete communément [eu commun] avec le Père, calv. Instit. 81. La fortune qu'on appelle communément, est possible conduite par un gouvernement caché, id. ib. 141. L'on appelle communément ces mottes les testes de chien, amyot, Pélup. 58. Les courtisans, qui n'ont communément pas l'authorité de la justice agréable, d'aub. Hist.i, 84. Je treuve que les premiers sièges sont communément saisis par les hommes moins capables, mont, i, 4 68. À l'encontre de cette violente ordonnance, il fut veu communément de» pères et mères se desfaisants eulx mesmes, et d'un phis rude exemple encores, précipitants, par amoui et compassion, leurs jeunes enfants dans des puits, pour fuyr à la loi, m. i, 297.
— ÉTYM. Commune, et le suffixe ment; espagn. comunmente ; ital. comunemente.
t COMMUNÉRO (ko-mu-né-ro) , s. m. Partisan de la démocratie en Espagne.
— ÉTYM. Espagn. comunero, populaire, factieux; de comun, commun (voy. commun;.
COMMUNUNT, ANTE (ko-mu-ni-an, an-t'), s.
m. et f. Celui, celle qui communie. || Premiers communiants, premières communiantes , enfants qui font leur première communion. || Les communiants, ceux qui sonUen âge de communier.
— HIST. xiv s. Le jeudi devant la feste de Pasques communiant, du cange, pasclia. Le mardi, après la quinzaine de Pasquescommunians, id. t'6. ||xv's. La veille de Pasques commenians, id. ib.
f COMMUN'ICABILITÉ (ko-mu-ni-ka-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui peut se communiquer.
— ÉTYM. Communicable ; provenç. communicabilitat.
COMMUNICABLE (ko-mu-ni-ka-bl'), adj. || 1° Qui peut être communiqué. Ce droit n'est point communicable. || Terme de jurisprudence. Cause communicable, cause dont les pièces doivent être soumises à l'examen du ministère public. || Fig. Un état plus calme vous rend communicable à ceux de dehors, balz. liv. vu, Lettre 3. || 2° Qui peut être mis en communication. Ces deux appartements, ces deux rivières sont communicables. Ces pluies devinrent une plaie pour le siège; les tentes du roi n'étaient communicables que par des chaussées de fascines, st-sim. 4 , 27.
— ÉTYM. Communiquer.
t i. COMMUNICANT, ANTE (ko-mu-ni-kan , kanf), adj. Terme didactique. Qui communique, qui établit une communication. Deux artères, toutes deux situées dans le crâne , ont reçu le nom d'artères communicantes. || Tubes ou vases communicants, appareil employé dans les cours de physique, pour démontrer les lois de l'équilibre des liquides.
t 2. COMMUNICANT (ko-mu-ni-kan) , s. m. Nom d'une secte d'Anabaptistes du xvi' siècle qui possédaient en commun leurs femmes et leurs enfants.
f COMMUNICATEUR (ko-mu-ni-ka-teur), s. m. Terme didactique. Ce qui sert à mettre en communication.
— ÉTYM. Communiquer.
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COMMUNICATIF, IVE (ko-mu-ni-ka-tif, ti-v'), adj. || 1" Qui se communique, se gagne. Le rire est communicatif. || 2" Qui aime à communiquer ses pensées, ses sentiments. Votre tempérament peu communicatif, sév. 380. Cette bonté est communicative et veut se donner à tous, boss. Or. 10. Nous avons ici un vieillard retiré de la cour, qui est le plus savant homme du royaume et le plus communicatif, volt. Cand. 4 8.
— HIST. xiv* s. Pour ce que le libéral est bien communicatif en exposant les pecunes, oresme, E th. 107. || xvi' s. Il se rendoit fort communicatif a toutes personnes, et s'en trouvoit bien, eesper. Contes, vi. Ladite trefve de dix ans fut conclue, marchande et communicative entre les pays etsubjects de leurs dites majestez, M. du bellay, 476.'
— ÊTYM. Communiquer ; provenç. comunicaliu; espagn. et ital. comunicativo.
COMMUNICATION (ko-mu-ni-ka-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Action de communiquer; résultat de cette action. Communication du mouvement. La communication des idées. Aujourd'hui l'Europe est si mêlée, et il y a une telle communication de ses parties.... montesq. Correspondance, 39. Mon préservatif est de n'avoir aucune communication avec les pestiférés, de tenir mes bœufs dans la plus grande propreté, volt. Lett. Bourgelat, 48 mars 4775. || 2° Terme de jurisprudence. Communication de pièces, l'action d'en donner connaissance à la partie adverse. Communication au ministère public, au parquet, remise que l'on fait au parquet de toutes les pièces du procès. On dit en ce sens donner, recevoir en communication. || Dans le langage général. Donner communication d'une chose à quelqu'un, lui en faire part. Et dans le même sens, avoir, prendre, recevoir communication d'une chose. Obtenir communication d'une lettre. Elle ne pourra entreprendre aucune affaire de conséquence sans lui en donner communication, boss. Règl. || 3° Renseignement. J'ai une communication à vous faire. Il a reçu des communications d'un haut intérêt. || 4* Commerce, correspondance avec quelqu'un. Avoir, entretenir des communications avec les ennemis de l'Etat. J'aurais pour cela besoin de la communication de personnes savantes, pasc. Lett. à Jacqueline, 26 janvier 1048. || Relation avec des êtres supérieurs. Socrate se disait en communication avec un démon. Pour marque de la communication qu'il a avec Dieu, pasc. Mr. 4 2. || Communication avec les accusés, celle qui se fait, après leur interrogatoire et en vertu de la permission du juge, avec leurs défenseurs, leurs parents, leurs amis. || 5° Passage d'un lieu à un autre. Les routes, les canaux sont des moyens de communication. Faciliter, gêner les communications. Escalier de communication. Le czar coucha dans la communication qui fait à cette heure des cabinets pour la reine, st.-sim. 487, 4 45. Vous voyez que de la poupe à la proue il n'y a aucune communication, konten. les Mondes, 2* soirée. Et par une exacte police, qui coupait les communications mortelles [dans une maladie contagieuse] pour en ouvrir de salutaires, il sauva ce peuple, qui avait perdu toute espérance de santé, et toute mesure de prudence, fléch. Mont. On a conservé la carte sur laquelle le czar Pierre traça la communication de la mer Caspienne et de la mer Noire qu'il avait projetée, volt. Russie, i, ». X l'extrémité de la mer Rouge est cette fameuse langue de terre qu'on appelle l'isthme de Suez, qui fait une barrière aux eaux de la mer Rouge et empêche la communication des mers, buffon, Théorie de la terre, article xi. || Terme de guerre. Communication, conservation d'un passage entre une armée et la garnison d'une place, pour le transport des munitions et des vivres. Il Lignes de communication, fossés profonds d'environ deux mètres, et larges de quatre, qu'on fait d'un fort à l'autre, d'un quartier à l'autre, pour y passer à couvert. || Communications, moyens pour une armée de communiquer avec ses dépôts, ses magasins. Garder sa ligne de communications. Intercepter Tes communications de l'ennemi. || 6°Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur semble ou délibérer avec son adversaire sur ce qu'il doit faire, ou entrer dans ses sentiments pour le faire entrer ensuite dans les siens; par exemple : Que feriez-vous, messieurs, dans une occasion semblable? || Communication dans les paroles, figure par laquelle on rend commun à une ou plusieurs personnes ce qui ne se dit que pour d'autres; par exemple : Qu'avons-nous fait T pour : Qu'avez-vous fait?
— HIST. xrv* s. Par faire retribucion est maintenu* ot gardas communication st société humaine,
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oresme, Eth. 4 50. Selon amitié, qui appartient à communication dénature humaine, un ami se doit esjoïr du bien de l'autre, m.t'6. 26.Etdonques amisté est en communication, m. «6. 244. Et les communicacions qui semblent estre faites pour delettacion , si comme de ceulx qui dansent, m. ib. 245. || xvi* s. Une certaine loy a esté mise d'une communication [communion] en l'année : par laquelle il a esté fait que quasi tous, quand ils ont une fois communiqué [communié].... calv. Jnslit. n«. On apprend toujours quelque chose par la communication d'aultruy, mont, i, 66. Toute estrangeté est ennemie de communication et société, id. i, 484. La communication que l'homme avoit avecques les bestes en l'aage doré, id. ii, 4 57.
— ÊTYM. Espagn. comunicacion; ital. comunicaxione; du latin communicationem (voy. communiquer).
f COMMUNICATIVEMENT (ko-mu-ni-ka-ti-veman), adv. D'une manière communicative.
— f.TYM. Communicative, et le suffixe ment.
t COMMUNICATOIRE (ko-mu-ni-ka-toi-r') , adj. Terme didactique. Qui peut être communiqué. La partie communicatoire d'une affaire.
— ÊTYM. Communiquer.
COMMUNIÉ, ÉE (ko-mu-ni-é, ée), part, passé. Qui a reçu la communion. Le parlement de Paris ordonna que le malade serait communié , volt.
ioiit'ï XV, 36.
4. COMMUNIER (ko-mu-ni-é). || 1° V. n. Recevoir la communion, le sacrement de l'eucharistie. Il a communié à Pâques. Il s'est donné à communier comme mortel en la cène, pasc. /. C. 34. Quoi qu'elle ne pût assez communier pour son désir, elle ne cessait de se plaindre humblement et modestement des communions fréquentes qu'on lui ordonnait, boss. Marie-Thér. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2" V. a. Administrer le sacrement de l'eucharistie. L'Église communiait les petits enfants, boss. Trad. Il faut que le prêtre avertisse les mourants soupçonnés de jansénisme qu'ils seront damnés, et les communie à leurs risques et périls, volt. Louis XV, 36. Lorsque , sur le point de les communier, il leur déclara.... boubdal. Pensées, t. m, p. 368.
— HIST. xii* s. E de part l'arcevesque [il] lur aveit denuncié Qu'il les asoleit tuz, clers e lais, del pechié , Qu'as escumeniez orent comunié, Th. le mart. 4 ai. || xni* s. Soit chascuns confès et commeniés, villeh. clx. Delez le flun habiterai Por toi, que g'i atenderai ; Iluec serai communiée; Por après serai déviée [morte], iiuteb. ii , 439. || xvi* s. Ils vinrent mettre en pièces une assemblée des Refformez, communiquans à la cène au village de la Tardiere, d'aub. Hist. m, 346.
— ÊTYM. Provenç. communiar, cumeniar , eumengar, cumenegar; espagn. comulgar ; portug. commungar; ital. communicare; du latin communicare, communiquer (voy. ce mot) , faire participant. Communier est la dérivation ancienne et légitime de communicare (la consonne se perdant en des cas pareils) ; communiquer a été refait ensuite sur le latin.
f 2. COMMUNIER (ko-mu-nié), s. m. Ter-me d'ancienne législation. Nom donné à ceux qui étaient de la communauté d'une ville, d'une commune. La seule chose qui me fasse un peu de peine [dans un mémoire d'avocat sur des mainmortables], c'est ce malheureux aveu de vingt-quatre communiers en 1684; j'ai toujours peur que cette pièce ne serve de prétexte contre vos excellentes raisons, volt. Lett. Chrislin, 4 2 août 4776.
— hist. xvi* s. Habitans communiez n'autres gens particuliers ne peuvent prétendre avoir droit d'usage ne pasture en seigneurie et haute justice d'autruy , sans titre , Coustum. génér. t. i, p. 423.
— ÊTYM. Commune.
COMMUNION (ko-mu-nion; en poésie, de quatre syllabes), s. f.\\ 1" Croyance uniforme de plusieurs personnes, qui 1er unit sous un même chef, dans une même église. La communion des fidèles. Les diverses communions chrétiennes. Pour les fidèles qui sont dans la communion de l'Église, fasc. Prov. 10. Un évêque qui est mort dans la communion de l'Église, id. ib. 48. Les Bohémiens s'étaient séparés de notre communion, boss. Var. 4. Ceux qui étaient en communion avec les évoques d'Italie, iu. Hist. n, )2. Cette charité qui les lie de communion avec nous, id. Âsc. 2. Il n'y a pas de communion entre Christ et Bélial, id. Âvert. Tobie est regardé comme apocryphe par toutes les communions protestantes, volt. Phil. II, 8. Ces Ostrogoths n'étaient pas da la communion dan empereur» d'Orient,
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id. Mœurs, 27. || La communion des saints, société de tous les membres de l'Église, tant les bienheureux dans le ciel que les fidèles qui composent ici-bas la véritable Église et les âmes du purgatoire, société considérée par rapport aux relation» entre ces trois ordres de fidèles. |j Dans la langage général. Communion de sentiments , d'idées , accord parfait. || 2" Réception de l'eucharistie. Se préparer à la communion. Faire sa première communion. J'ai donné la communion de ma main à Mme Guyon, boss. Relat. Je ne pourrai pas vous donner demain la sainte communion, id. Lett. Corn. 63. Ils ont pu admettre les luthériens à leur communion, id. Euch. 2. ô grands vénérateurs de ce saint mystère, dont le zèle s'emploie à persécuter ceux qui l'honorent par tant de communions saintes, et à flatter ceux qui le déshonorent par tant de communions sacrilèges, pasc. Prov. 46. || 3° L'antienna et le verset qu'on chante pendant que le prêtre communie. || La partie de la messe où le prêtre consumo les espèces du pain et du vin. || Communion ecclésiastique, communion sous les espèces du pain et du vin. Communion laïque, communion sous l'espèce du pain seulement,
— HIST. xvi' s. La communion des tuniques internes, tant de la trachée artère, que de l'œsophague, paré, il, 4 9. Ceste unyon de l'Eglise tant amyable, tant désirable et tant nécessaire, puisque, hors de la communion et société d'icelle, il n'y a ni remission de péchez ni espérance de salut, condé, Mémoires, p. 664.
— ÊTYM. Provenç. communion, comunion; espagn. comunion; ital. eomunt'onc; du latin communionem, de communis, commun (voy. commun).
COMMUNIQUÉ, ÊE (ko-mu-ni-ké, kée), part, passé. Dont on a fait part; dont on a donné connaissance. Des pièces communiquées. Des nouvelles communiquées à l'oreille. || Transmis. Le mouvement communiqué par un choc. || Substantivement et au masculin. Un communiqué, un avis, une information donnée par l'autorité supérieure. Les journaux de ce matin contiennent un communiqué.
— REM. Saint-Simon a dit maisons communiquées, pour maisons qui communiquent; ce qui ne paraît pas à imiter : Mme Frémont, mère de la maréchale de Lorge, dont les maisons étaient contiguSs et communiquées, st-sim. 28. 64.
COMMUNIQUER (ko-mu-ni-ké), v. a. || 1» Rendre commun, faire part, transmettre. L'aimant communique sa vertu au fer. Un corps qui communiquo son mouvement à un autre. || Fig. 11 sut lui communiquer son zèle, sa gaieté. 11 détruit son pouvoir quand il le communique, corn. Pomp. i, 2. Vous élèverez les âmes en leur communiquant la vôtre, volt. Lett. Miranda, 40 août 4767. || Se communiquer quelque chose, communiquer l'un à l'autre quelque chose. lisse communiquèrent leurs projets. Dans les monarchies, les juges prennent la manière des arbitres, ils délibèrent ensemble, ils se communiquent leurs pensées ; à Rome et dans les villes grecques, les juges ne se communiquaient pas, montesq. Espr. vi, 4. || 2" Donner communication. Je lui ai communiqué mon intention. || 3" F. n. Avoir des relations, être en rapport avec quelqu'un. Communiquer avec les savants. Le défenseur peut communiquer avec l'accusé. Qu'un censeur bien tyrannique De l'esprit soit le geôlier, Et qu'avec son prisonnier Jamais il ne communique, bérang. Cent. || Avec un régime, faire part de, consulter. J'ai communiqué de cette affaire avec lui. Il a donné sa démission sans en communiquer avec ses amis. || Être en communication. Ce canal communique à la mer. Cette porte communique à un corridor. Douze palais qui communiquaient ensemble, boss. Hist. m, 3. D'autres canaux devaient faire communiquer par des lacs le Tanaïs avec la Duna, dont la mer Baltioue reçoit les eaux à Riga, volt. Rus' sie, i, 12. || 4* Se communiquer, v. réfl. Être communiqué. Le mouvement d'un corps se communique a un autre. Certaines maladies se communiquent facilement. L'incendie se communique d'un quartier à l'autre. M. Bucquet avait fait , avec M. "Lavoisier, , une suite d'expériences sur la manière dont la chaleur se communique à différents fluides plongés dans un même bain, condorcet, Bucquet. 1 1 Être en communication. Ces deux appartements se communiquent par un corridor. || Communiquer à autrui ses sentiments, ses idées, ses opinions. Chaque individu, jouissant de lui-même avec une pleine indépendance, ne se communique qu'autant qu'il lui convient, boulainvillibrs, Réfut. de Spinota, p. 447. L'attention de tous les législateurs fut toujours da rendre les hommes sociables; mais, pour
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l'être, ce n'est pas assez d'être rassemblés dans une ville, il faut se communiquer avec politesse; cette communication adoucit partout les amertumes de la vie, volt. Russie, i, 10. Je me communique fort peu; et de tous les gens que je vois je n'en connais aucun, montesq. Lett. pers. 445. On se communique moins dans les pays où chacun , et comme supérieur et comme inférieur, exerce et souffre un pouvoir arbitraire, que dans ceui où la liberté règne dans toutes les conditions, id. Esp. xii, 4 2. || Ouvrir son cœur. Le regret qu'il a de ne s'être pas communiqué à son fils et de lui avoir laissé ignorer la tendresse qu'il avait pour lui, sév. 379. || Se rendre familier, visible, accessible. Toutes les fois qu'il veut s'asseoir sur le trône de ses pères et se communiquer avec les hommes, bàlz. le Prince ch. 6. Que le roi fuie le tumulte et se communique peu, montesq. Lett. pers. 37. Quand les dieui se communiquent aux mortels, fén. Tél. n. Dieu se communiquait à eux , boss. Hist. H, 4. Le Seigneur se serait communiqué à lui, mass. Car. Prière.
— REM. St-Simon a dit communiquer pour faire communiquer; cet emploi n'est plus en usage. Mon logement [à Versailles] tenait la moitié du large corridor qui est vis-à-vis du grand escalier qui communique la galerie basse avec la haute, st-sim.