‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 331 sur 403 · HO · texte numérisé non relu

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— HIST. xiv* s. Or convient-il plus avant enquérir de ceste chose quant as mors [mœurs] , assavoir se il communiquent ou participent au bien ou as mauli qui adviennent à lour amis vivans, oresme, Elh. 37. Nulle telle beste ne participe ne ne communique de rien en telle operacion, id. ib. 21. Telles delettacions esquelles autres bestes communiquent avecques homme, id. ib. 84. Ceulz qui communiquent ensemble par mariage, id. ib. 244. C'est forte chose de communer ou communiquer en toutes choses, ID. Thèse de meunier. || xvi° s. Celui qui est prince ou seigneur communique aucunement à l'honneur de Dieu, calv. Instit. 299. Quand nous verrons aucuns en poureté, que nous communiquions à leur indigence, et soulagions leur nécessité par nostre abondance, m. ib. 307. Certains jours ausqueis on s'exerce à pénitence, avant qu'estre receus à communiquer à la grâce de l'évangile, id. ib. 46). Il ne communiqua à personne cet advertissement, mont, i, 4 27. La lumière qu'il plaist au soleil nous communiquer par ses rayons, id. i, 250. Tousjours les estats et honneurs par trop communiquez sont mesprisez, castelnau, 42. Je pardonne facilement à ceulx, qui s'opiniastrent à soustenir que Numa et Pythagoras ayent hanté et communique ensemble, amyot, JVum. 36. Faisant vertu de ne communiquer point aux malheurs et misères de leur païs, id. Solon, 35. Il les advertit qu'il aVoit quelque chose à communiquer à Aristides, id. Arist. 35.

— ÊTYM. Provenç. communiquar, comunicar ; espagn. comunicar; ital. comunicare; du latin communicare, de communis, commun.

t COMMUNISME (ko-mu-ni-sm') , s. m. Système d'une secte socialiste qui veut faire prévaloir la communauté des biens, c'est-à-dire l'abolition de la propriété individuelle et la remise de tout l'avoir social entre les mains de l'État qui fera travailler et distribuera les produits du travail entre les citoyens. || Application du principe communiste à un ordre de faits sociaux; toute opinion qui tend à mettre aux mains de l'Etat un ordre d'intérêts.

— ÊTYM. Voy. communiste.

t COMMUNISTE (ko-mu-ni-sf) , s. m. || 1* Terme de jurisprudence. Celui qui a une propriété commune, qui possède à l'état d'indivision. || 2" Celui qui veut faire prévaloir le communisme. || Adjectivement. Les opinions communistes.

— ÉTYM. Commun.

t COMMUNITÉ (ko-mu-ni-té), s. f. Terme didactique. Qualité de ce qui est commun. Le nombre des propriétés qui sont communes aux animaux et aux végétaux est si grand que l'on conclurait de cette communité, qu'ils sont formés sur un plan analogue, LEGOARANT.

— REM. Ce mot, qui a existé, et qui manque aujourd'hui en tant que substantif de l'adjectif commun, pourrait être repris en des cas où il serait clair et bien employé.

— HIST. xiu* s. Et soit entre eus communité De tous lor biens en charité, la Rose, 4706. || xiv* s. Home estordené à vivre civilement et en comunité, oresme, Eth. vin, 44. Politicques est art et science de gouverner royaumes et cités et toutes communités, id. Prol. || xvi's. Toutes nos oraisons doivent estro tellement communes, qu'elles regardent tous-

jours la communité que nostre Seigneur a mise en son règne et en sa maison, calv. Instit. 747.

— ÉTYM. Provenç. communilal; du latin communitatem, de communis, commun.

COMMUTATIF, IVE (ko-mmu-ta-tif, ti-v'), ad). Terme de jurisprudence. Qui concerne l'échange. Contrat commutatif, lorsque chaque contractant reçoit l'équivalent de ce qu'il donne, opposé à contrat aléatoire. Justice commutative , l'obligation de rendre, dans un échange, autant qu'on reçoit. C'est un effet de justice commutative que tout travail honnête soit récompensé ou de louange ou de satisfaction, pasc. Prov. s.

— HIST. xiv* s. Et de ceste justice commutative sont deux parties ou deux manières, oresme, Eth. (43.

— ÊTYM. Provenç. comulatiu; espagn. eonmulativo ; ital. commutalivo; du latin commutare, changer (voy. commun).

COMMUTATION (ko-mmu-ta-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme de droit criminel. Action de changer une peine en une autre moins grande. || 2" Terme de grammaire. Figure qui consiste à changer dans un mot une lettre ou une syllabe; par exemple créance pour croyance. || Terme de rhétorique. Figure dans laquelle on oppose l'une à l'autre deux propositions ayant les mêmes mots, mais dans un ordre inverse, par exemple : il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. || 3° Terme d'astronomie. Distance entre la terre et le lieu d'une planète réduit à l'écliptique. Angle de commutation.

— HIST. xiv* s. L'autre espèce de justice particulière est celle qui nous adresche en commutacions [échanges], oresme, Eth. 446. Commutations occultes, id. Thèse de meunier. || xvi's. C'est un métal excellent, doué de belles qualités, et fort nécessaire pour aider à ce que la commutation de toutes choses se face avecques plus grande facilité, lanoue, 406. Bien souvent d'un cas de petit moment, peut réussir un grand changement et commutation des choses,

— ÉTYM. Provenç. commutalio; espagn. conmutacion; ital. commutasione; du latin commutationem, de commutare, changer (voy. commuer).

COMPACITE (kon-pa-si-té), s. f. Qualité de ce qui est compacte.

— ÉTYM. Voy. COMPACTE.

t COMPACT (kon-pakf), s. m. Nom donné à certaines conventions faites avec le pape ou confirmées par lui. Bulle du compact.

— étym. Com.... préfixe, et pacte.

COMPACTE (kon-pa-kt'), ad). || i°Qui doit sa solidité à sa condensation. Une masse compacte. || Terme d'anatomie. Substance ou tissu compacte des os, la partie des os la plus solide, celle qui ne présente pas d'aréole à l'œil nu, par opposition au tissu spongieux. || En minéralogie, cassure compacte, cassure qui ne présente à l'œil aucune espèce de structure. || En agriculture, terre compacte, terre qui a une certaine ténacité, due à l'argile qui y domine. || Dans l'entomologie, le corps d'un insecte est dit compacte, lorsque la tête, le tronc et l'abdomen ne sont point séparés par des incisures.|| 2°Fig. Une majorité compacte. Une foule compacte. Cet empire ne formait pas une nation compacte, et le lien manquait au faisceau, stael, Allem. part. 4 , ch. 2, Mœurs. Les charges vigoureuses et réitérées de ce régiment contre le flanc gauche de cette masse compacte furent insuffisantes, ségur, Hist. deNap. vi, 2. || 3" Terme de libraire. Édition compacte, édition en petits caractères, et qui renferme beaucoup de matière.

— REM. L'Académie écrit compacte avec un e , tan dis qu'elle écrit intact sans e, bien que la finale latine aclus soit la même des deux parts. 11 est certain, vu la prononciation, qu'il serait mieux de mettre un e à intact que de le retrancher à compacte.

— HIST. xvi* s. Je trouvay en la mammelle une substance grosse comme un œuf de poule, dure et compacte ainsi qu'une pierre, paré, v, 48.

— ÊTYM. Compaclus, participe passif de compingere, réunir ensemble, de cum , et pangere, grec roiYVÛetv, rendre solide (voy. page, s. f.).

COMPAGNE (kon-pa-gn'), s. f. || 1° Celle qui accompagne une autre personne, qui partage son sort. Antigone, la compagne dévouée de son père. Compagne du péril qu'il vous fallait chercher , rac. Phèd. H, 6.... Venez, venez, mes filles, Compagnes autrefois de ma captivité, id. Esth. i, 4. Que béni soit le ciel qui te rend à mes vœux, Toi qui, de Benjamin comme moi descendue, Fus de mes premiers ans la compagne assidue, id. t'o. Compagnes d'un époux et reines en tous lieux, volt. Zaïre, I, l. Les bergers pleins d'effroi dans les bois se cachè-

rent, Et leurs tristes moitiés, compagnes de leurs pas, Emportent leurs enfants gémissants dans leurs bras, volt. Henr. vm. || Fille ou femme qui a quelque liaison avec une fille ou une femme de même condition ; jeune fille, considérée par rapport aux autres jeunes filles d'une même pension. Elle est très-aimée de ses compagnes. Les compagnes d'Esther s'avancent vers ce lieu, rac Esth. m, 2. Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes, id. ib. i, 6. Elles [deux filles de marchands] ont été nourries ensemble et ont vécu dans cette familiarité que donnent un même âge et une même condition; l'une des deux, pour se tirer d'une extrême misère, cherche à se placer; elle entre au service d'une fort grande dame et l'une des premières de la cour, chez sa compagne, la bruy. vi. || 2° Fig. Ce qui est naturellement lié à d'autres choses. La démence de la magie est toujours compagne de la fureur religieuse, volt. Phil. u, 20. Les disgrâces, compagnes inséparables des grandeurs, fléch. Aig. || 3* Épouse. Prendre, se choisir une compagne. Si je n'ai vécu la compagne d'Achille.... rac Iphig. v, 2. || Notre très-chère épouse et compagne , titre que le roi donnait, dans les actes publics, à la reine sa femme. || Il se dit aussi des animaux. La tourterelle gémit quand elle a perdu sa compagne. Que fais-tu dans ces bois, plaintive tourterelle? Je gémis, j'ai perdu ma compagne fidèle, fourcroy, dans richelet. Il 4° Terme de marine. Chambre du majordome d'une galère.

— HIST. xiv* s. Nonobstant que la dite fille du temps passé eust esté bonne compaigne, et de son corps sa voulenté eust faite.... du cange, companium. || xvt* s. Je t'ay esté donnée pour estre parsonniere et compagne de toutes tes bonnes et mauvaises fortunes, amyot, Brutus, 44. Son sçavoir [de la Boëtie] , les grâces compaignes ordinaires de ses actions, mont. Lett. 4.

— ÉTYM. Voy. COMPAGNON.

COMPAGNIE (kon-pa-gnie), s. f. || 1* Réunion do personnes qui ont quelque motif de se trouver ensemble. Je vous laisse parmi vos myrtes et vos orangers où vous n'êtes jamais en meilleure compagnie que quand personne n'est avec vous, balz. liv. i, lett. 9. On se promène ou seule ou en compagnie, sév. 682. Ses biens aux pauvres départis, 11 s'en va seul sans compagnie, la font. Oies. En compagnie

D'un sien ami, m.Berc Si notre compagnie, Lui

dirent-ils, vous pouvait être à gré, Et qu'il vous plat achever cette traite Avecque nous, ce nous serait honneur, la font. Orais. Dans la solitude, il [le perroquet] est compagnie ; dans la conversation, il est interlocuteur, buff. Perroquet. || Tenir, faire compagnie à quelqu'un, rester avec lui, l'entretenir. Personne ne me tient compagnie , sév. 98. Le cardinal me tient très-bonne compagnie, id. 246. Votre aimable idée m'a tenu fidèle compagnie, id. 7 1 . Combien le feu tient douce compagnie ! bérang. Feu du prison. On le porta en silence dans la chambre où il devait être enfermé; cette chambre [à la Bastille] était occupée par un vieux solitaire de Port- Royal, qui y languissait depuis deux ans : tenez, lui dit le chef des sbires, voilà de la compagnie que je vous amène, volt. Ingénu, 9. || Dame, demoiselle de compagnie, dame ou demoiselle placée auprès d'une personne pour lui tenir compagnie. || En bonne compagnie, accompagné de beaucoup de monde. Je vais vous y remettre en bonne compagnie, corn. Nie. ni, 4. Ou qu'il voit la justice en grande compagnie, Mener tuer un homme avec cérémonie, boil. Sat. vm. || Fausser compagnie, se dérober d'une compagnie ou manquer à s'y trouver, quitter les gens. Bon! le voilà qui fausse compagnie, rac. Plaid, u, 9. || Jouer à la fausse compagnie, quitter un parti, trahir ceux avec qui on est associé. || De compagnie, ensemble. Prête à mourir de compagnie, la font. Matr. Deux grands auteurs rimant de compagnie, rac Épig. Et mon âme et mon corps marchent de compagnie, mol. Fem. sav. iv, 2. Il nous eût d'un bâton chargés de compagnie, id. retour, i, 5. || 2° Société de personnes se voyant habituellement pour le plaisir de causer, de jouer, etc. Introduire quelqu'un dans une compagnie. Il est très-aimable en compagnie. Aimer la compagnie. Toute la compagnie arriva en bonne sanlé, boss. Lett. 4 32. Il pria la compagnie d'y souper, hamilt. Gramm. 4. Nous nous sommes une compagnie, sév. 562. Mme Tambonneau avait trouvé le moyen de voir la meilleure et la plus importante compagnie de la cour, st-sim. 46, 34. Mais que vois-je ? de bons amis Que rassemble un couvert bien mis; Asseyezvous, me dit la compagnie, béhano. Académie et caveau. || Être en compagnie, avoir du monde. Il

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est en compagnie, mol. Tart. v, ♦. 1| On disait autrefois, mais on ne dit plus: Il est compagnie, c'est-à-dire c'est une personne qu'on ne voit que rarement et en cérémonie; il se croit compagnie, c'est-à-dire ce subalterne se familiarise trop. || Bonne compagnie, société de gens distingués par leur éducation et leur politesse. Il m'a dit qu'il voyait bonne compagnie, sév. 6)6. Vous voyez ce que c'est que de voir bonne compagnie, m. 3". Il voit que le nom de bonne compagnie n'est pas un vain nom, quoiqu'il soit souvent usurpé, volt. Princ. de Babyl. 4 0. Ces croquants-là vous disent plus de sottises dans une brochure de deux pages, que la meilleure compagnie de Paris ne peut dire de choses agréables et instructives dans un souper de quatre heures, id. VH. aux 40 écus, Souper. Nos petitsmaîtres et nos petites-maîtresses s'y seraient ennuyés sans doute, ils prétendent être la bonne compagnie; mais ni M. André ni moi ne soupons jamais avec cette bonne compagnie-là, id. t'b. J'ai souffert qu'elle ait vu les belles compagnies, mol. Éc. des maris, i, 2. La bonne compagnie chez vous ne déjeune pas, parce qu'elle a trop soupe, volt. Leur. Mme Du Deffant, 24 avril 4709. |[ Être de bonne compagnie, être bonne compagnie, avoir de bonnes manières. Mon fils est de bonne compagnie, sév. 44. Que je fusse peuple à la guinguette et bonne compagnie au Palais-Royal, J. J. rouss. Ém.iv. || Etre de bonne compagnie, être aimable, agréable. Elle est toujours de très-bonne compagnie, sév. 181. || En bonne compagnie, avec des gens comme il faut. Et par extension, votre portrait est dans mon cabinet en bonne compagnie. || Mauvaise compagnie, gens de mauvais ton ou de mauvaises mœurs. Il voit une mauvaise compagnie. Il est en mauvaise compagnie. || Etre de mauvaise compagnie , être mauvaise compagnie, avoir un mauvais ton. || Être de mauvaise compagnie, être mauvaise compagnie, être triste, maussade. Voilà ce qui compose une femme d'assez mauvaise compagnie, sév. 252. Nous nous vantons de ne nous point ennuyer; nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie, la rochef. Réflexions, 4 41. || 3" Assemblée libre ou sous le patronage de l'État pour la culture des sciences et des lettres. L'Académie française est une compagnie. Il les a réunis [les gens de lettres] en une compagnie célèbre, la brut. Disc, à l'Ac. fr. Comment oser blâmer les sciences devant une des plus savantes compagnies de l'Europe? j. J. rouss. Disc, sur les sciences et les arts. || Compagnie se dit aussi des maisons religieuses et des collèges. La compagnie de Jésus est la société des jésuites. La compagnie de Sorbonne. La compagnie de l'Oratoire. Tout notre corps est responsable des livres de chacun de nos pères [jésuites); cela est particulier à notre compagnie, pasc. Prov. 9. || Se dit également de l'ordre des avocats, des anciennes corporations et de celles des officiers ministériels. || Anciennement, corps établi par autorité du roi pour rendre la justice. Les parlements, les chambres des comptes étaient des compagnies souveraines ou supérieures. J'entends dire de quelques particuliers ou de quelques compagnies : tel et tel corps se contestent l'un à l'autre la préséance, la bruy. xiv. || 4° Terme de commerce. Réunion de capitalistes, de négociants. || Société industrielle formée d'actionnaires. Les compagnies des chemins de fer. Compagnies d'assurances. Les grandes compagnies industrielles. || Un tel et compagnie ( par abréviation C'*), formule de raison commerciale pour un tel et ses associés. || Compagnie des Indes, association établie par Colbert pour le commerce de l'Inde, avec privilège exclusif. La compagnie des Indes, fondée avec des peines extrêmes par le grand Colbert, fut pendant quelques années une des plus grandes ressources du royaume, volt. Louis XIV, 39. Lalli fut persécuté par plusieurs membres de la compagnie des Indes et sacrifié par le parlement, volt. Lelt. Tolendal, 28 avril 4 773. || Bâtiments de compagnie, bâtiments armés par une compagnie considérable et privilégiée de négociants, il En Angleterre, la compagnie des Indes, société commerciale qui, ayant le privilège du commeroe de l'Inde, a fini par faire la 'conquête de ce pays et par en expulser la compagnie française. Compagnie des grandes Indes, réunion de toutes les associations commerciales qui s'étaient formées en Hollande à la fin du xvi* siècle et au commencement du xvn*. || Terme d'arithmétique. Règle de compagnie, règle de trois composée qui sert à trouver quelle part peut avoir à la perte ou au gain chacun des marchands à proportion des fonds qu'il a mis. || 5" Terme de guerre. Troupe de geoi de

guerre. || Corps de troupes ou division de corps de troupes commandée par un capitaine. Compagnie de grenadiers. Compagnie de dragons. || Charge de capitaine. Il a eu permission du roi de vendre sa compagnie. Autrefois en France on avait le droit, comme on l'a encore en Angleterre, de se démettre, pour une somme d'argent, du droit de commander une compagnie. || Compagnie franche, troupe irrégulifcre qui ne fait pas partie des cadres de l'armée. || Compagnies d'ordonnances , c'étaient des compagnies franches de gendarmes, de chevau-légers du roi, de la reine, du Dauphin et de Monsieur; ces compagnies n'entraient jamais en corps de régiments. || Compagnies d'ordonnance, compagnies de gens d'armes organisées sous Charles VIL || Les grandes compagnies, troupes d'aventuriers qui s'étaient formées pendant les longues guerres entre l'Angleterre et la France au xiv* siècle , et qui ravagèrent ce dernier pays. |[ Compagnie de Jehu ou de Jésus ou du Soleil, associations royalistes qui se formèrent dans le midi de la France après la chute de Robespierre et qui égorgèrent pendant plus d'un an les adhérents du parti contraire. || 6° Terme de chasse. Une compagnie de perdrix, une troupe de perdrix. || Bêtes de compagnie, marcassins, jeunes sangliers qui vont encore en troupes. Ce sanglier a quitté les compagnies, il commence à aller seul. || Fig. Il est bête de compagnie, se dit d'un homme qui aime la société et qui se laisse facilement mener où l'on veut. || Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau est de bonne compagnie quand il n'est pas sujet à s'enfuir. || 7° Union charnelle de l'homme et de la femme. Vieilli en ce sens. Tu feras Que de ta fille il ait la compagnie , la font. Herm. \\ Proverbes. Par compagnie on se fait pendre, c'est-à-dire on fait, en faveur de la compagnie à laquelle on appartient, des choses condamnables. || Il n'est si bonne compagnie qui ne se sépare. || Il vaut mieux être seul qu'en mauvaise compagnie.

— SYN. I" compagnie, société, dansle sens d'association. Les sociétés savantes, les compagnies savantes; la société des jésuites, la compagnie des jésuites : entre ces locutions, il n'est pas possible, dans l'usage, d'apercevoir aucune nuance réelle; sinon que quand il s'agit des membres rassemblés on dit plutôt compagnie que société : il lut son mémoire devantla compagnie. || 2° BONNE SOCIÉTÉ, BONNF. compagnie. La bonne société c'est la société composée des personnes qui occupent un haut rang dans une ville, dans le monde. A ce sens, bonne compagnie ajoute une idée d'élégance, idée qui n'est pas nécessairement comprise dans bonne société.

— HIST. xi* s. Vingt mille Francs [ils] ont en lur cumpaignie, Ch. de Roi. xliii. || xu* s. Irai sans conpegnie, Ronc. p. (6. Tout primerains devant sa conpagnie, ib. p. 58. En sa compeigne maint nobilo vassal, t'6. p. 78. Beau sire Diex, grief m'est à consirer [me séparer] Du grant soûlas et de laconpaignie [de mon amante], Coud, xxn. Il a en sa compaigne Escorfant de Lutise , Sax. xxm. Car bien pert [est évident] que cil a del mesfait compaignie, Ki ne volt contre-ester à l'aperte folie, Th. le mort. 72. L'arcevesques i vint Thomas od sa partie, E li reis Loewis od mult grant baronie, E li reis d'Engleterre od riche compaignie.... ib. 4 13. E à un jur avint que Helchana fist sacrefise, e, sulunc la lei, à sei retint partie, partie dunad à sa cumpaignie, Rots, 2. Pur quei ne portes cumpaignie àtun ami David, e ne vas od lui? t'b. 180. || xm* s. Lors seroiejoiansetenvoisiés Et à plusieurs de bone compaignie, jean de brienne, Romancero, p. 442. 11 et elle [Thibaut et la reine Blanche] lez à lez La [la France] tiennent de compaignie, hues de la ferté, ib. p. 489. Il est einsi que nous, pour la plus haute chose qui soit, somes à compaignie à la plus haute gent du monde, villeh. xxxix. Nous métrons cinquante galiës armées en vostre conduit, par tel convenant que, tant comme nostre compaignie pourra ensemble durer.... id. xiv. Et sont en sa compaigne plus de mille et sept cent, Berte, ix. C'est hideus temps à dame qui compaignie n'a, t'6. xxv. Chascuns lui porte honeur, douceur et compaignie, t'b. lx. Com je vous ai porté mauvaise compaignie ! t'b. xc. Parmi le bois [il] s'en va tout seul sans compaignie, t'6. cix. Et li livrèrent çou que mestiers li fu, deniers, reubes et chevaus et armeures et chevaliers desonlinage, pour compaignie tenir et pour l'onneur de lui, Chron. de Rains, 85. Par ci trespasse une compaingne, Qui vient parmi ceste champaingne, Ren. 2465. Se cil qui tant iert tes amis, En bien amer a son cuer mis, Lors vaudra mieux encompagnie, la Rose, 27)4. [Il] Fait à

son mestre compaignie, t'6. 8363. Douaires est aquis à la feme si tost comme loiax mariage et compaignie carnele est fête entre li et son mari, beaum. xiii, 25. Quant uns hons a compaignie à une fema hors de mariage, id. xviii, 2. Et ces compaignies de quoi noz volons parler, c'est des compaignies qui sont teles que par la compaignie li avoir vienent à partie [partage], quant la compaignie faut, id. xxi, i. Que nulz n'eusteompaingnie à autrui femm» ne à autrui fille, se il ne vouloit perdre le poing ou la vie, ioinv. 263. Quant aucunz riches homes mangoient avec li, il leur estoit de bone compaingnie, t'6. 290. Compagnie de un, compagnie de nul; compagnie de deux, compagnie de Dieu; compagnie de trois, compagnie de rois; compagnie de quatre, compagnie de diable, leroux de lincy, l'roverb. t. n, p. 276. [Esperverie] est ung deduict trop plaisant, tant pour ce qu'on vole souvent, comme pour les beaux vols que ung esprevier fait, et aussi pour la compaignie avec qui on est, Modus, f» xcv, verso. || xv* s. Les aucuns des seigneurs et des chevaliers d'Angleterre demeurèrent à Anviers pour lui faire compagnie [au roi], froiss. i, i, 74. Monseigneur, si vous nous voulez faire bonne compagnie à mes compagnons et à moi, je vous rendrai le chastel, id. Il, ni, 8. Si comme ils ordonnèrent, ils firent; et s'en vinrent plus de trois cents d'une compagnie [les habitants d'Ypre venant implorer la clémence du comte de Flandre], id. h, ii, 89. Si je vous prie que vous y veuilliez regarder et entendre [à protéger une garnison qui a capitulé], et nous faites compagnie d'armes, id. i, i, 242. Sans point souffrir soing ou merencolie, Aucunement me tenir compaignie, ch. d'orl. 4°. Banny de bonne compaignie, id. Bal. 94. Allez, allez, soucy, soin et merencolie; Si jamais plus vous revenez Avesques vostre compaignie, Je prie à Dieu qu'il vous maudie Et le jour que vous reviendrez, id. Rondel. Quand vous estes seule sans compaignie, m. t'b. 4 2. Honoré Collin n'estoit point bien assuré qu'on ne leur jouast à la fausse compagnie, monstrel. liv. n, ch. 192. Pour lui faire compaignée, se fistescripreet se mit en la prison avec lui, Bouciq. part, i, chap. 4 s. Et le lendemain le mareschal se partit à tout sa compaignée, t'6. part, i, ch. 30. Des gens d'armes il n'y avoit que le dit Joachin et sa compaignie , comm. i , 2. Quant toute ceste compaignie fut passée que l'on estimoit cent mille chevaulx,m. i, 6.|| xvi's. Toute compagnie d'hommeetde femme hors mariage est maudite devant Dieu, calv. Instit. 303. Le mari et la femme fidèle font bien, si pour quelque temps ils s'abstiennent de la compagnie du lict pour vaquer plus librement à jusne et oraison, id. t'b. 997. Vous m'avez laissée en une compaignie tant aisée à vivre que je n'ay encores oui une seule parole que une seur nedeust dire àl'aultre, marg. L. xcviii. En la compaignie d'un chien, mont, i, 37. Vivre en bonne compaignie, id. i, 52. Ces compaignies-là [les parlements] sont plus fournies de science que de conscience, m. i, 4 48. Je pleurerois ayséement par compagnie, id. b, 427. Il estoit seul de sa compagnie, et avoit la contenance d'un nouveau venu, despkr. Contes, L. Je ne suis point dolent d'estro privé et séparé de ta compagnie, car je me rendray tantost par devers toy, amyot, Anton. 99. Il se leva une grosse compagnie de corbeaux, qui avec grands cris prindrent leur vol vers le bateau, id. Cicéron, 69. Quoy qu'il fust gay et récréatif en compagnie, id. Demi». 3. Et prioit Alexandre de luy pardonner ce qu'il ne luy pouvoit faire plus longue compagnie, ains estoit contraint de se partir d'avec lui, id. ib. * o. Varius, l'un de ses familiers qui luy tenoit compagnie à boire, id. Anton. 22. Les cohortes praetoriennes, qui sont les compagnies coulonnelles, id. ib. 48. Petite compagnie, vie alegre et lie, leroux de lincy, Prov. t. u, p. 37t. Un matin qu'elle avoit compagnie françoise [son galant], boucuet, Séries, liv. n, p. 4 24, dans lacurne.

— ÊTYM. Génev. companie ; provenç. companha, companhia, compagnia; catal. companyia ; espagn. compaiiia; portug. companha; ital. compagnia; voy. compagnon. L'ancien français a deux formes : compagne et compagnie; l'une vient du bas-latin compânia, avec l'accent sur pa, et l'autre de companita, avec l'accent sur ni.

COMPAGNON (kon-pa-gnon), t. m. || 1* Celui qui accompagne une autre personne, qui est associé à elle. Mais de qui savez-vous un désastre si grand? — Des compagnons d'Araspe et d'Araspe mourant, corn. Nicom. v, 3. Gouvernez, si vous pouvez, tout seul les affaires, administrez la justice sans compagnons, balz. liv. iv, lett. 48 Oui, mon fils,

c'est vous sur qui je me repose, Vous seul qu'aux

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