‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 332 sur 403 · GO · texte numérisé non relu

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grands desseins que mon cœur sa propose, J'ai choisi dès longtemps pour digne compagnon, rac. ifithr. Il, 6. L'inexpérience indocile Du compagnon de Paul- Emile Fit tout le succès d'Annibal, J. b. rouss. Ode à la Fortune. Venez, dignes soutiens de la grandeur romaine, Compagnons de César.. ..volt. Ilort de César, i, 3. || Se dit des religieux qui habitent ou qui marchent ensemble. Un moine ne doit point sortir de son couvent sans que son supérieur lui donne un compagnon. || Fig. Le bon cœur est chez vous compagnon du bon sens, la font. Fabl. m, 23. || Compagnon de la mate, s'est dit pour filou, voleur. Alurs le drille voulut parler à son tour des compagnons de la mate, Recueil de pièces corn. dans leroux, Dict. comique. || 2' Camarade. Il pouvait, sans sortir, contenter son envie, Avec ses compagnons tout le jour badiner, Sauter, courir, se promener, la font. Fabl. vin, 4 6. || 3° Collègue, confrère. Le notaire : Moi! si j'allais, madame, accorder vos demandes, Je me ferais siffler de tous mes compagnons, mol. Femmes sav. v, 3. || Compagnons d'armes, gens qui font la guerre ensemble. Il appelle ses compagnons de guerre, la pruy. Théophraste, 25. || 4° Un égal. Il ne peut souffrir ni compagnon ni maître. || En compagnons, sans cérémonie et comme il convient entre camarades. Je vous supplie, dit-il, vivons en compagnons, Régnier, Sat. vm. || Familièrement. Traiter quelqu'un de pair à compagnon, d'égal à égal. C'était un gros homme "Ais, rustre, très-volontiers brutal, pair et compa- (?non avec tout le monde, st-sim. 62,423. Comment, disait-il en son âme, Ce chien, parce qu'il est mignon, Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame, Et j'aurai des coups de bâton 1 la font. Fabl. iv, b. || 5° Autrefois, garçon qui, ayant fait son apprentissage en quelque métier et n'ayantpas le moyen de se faire passer mattre, allait servir et travailler chez les autres. || Aujourd'hui, ouvrier qui a fini son apprentissage mais qui travaille pour un entrepreneur ou un autre ouvrier jouant le rôle d'entrepreneur. De simple compagnon, il est devenu thef d'atelier. Il a des compagnons qui travaillent sous lui, la bruy. v. || Parmi les maçons, compagnon se dit, entre deux ouvriers, de celui qui aide à l'autre. || Dans la typographie, nom que se donnent ceux qui travaillent aune même presse. || Compagnons de rivière, ceux qui travaillent sur les ports à décharger et à serrer les marchandises. || Ouvrier membre d'une société de compagnonnage. Les compagnons du Devoir. La mère des compagnons, femme qui héberge, aux frais d'une société de compagnons, ceux des membres qui sont en voyage. || Travailler à dépêche compagnon, travailler vite et négligemment. C'est un ouvrage fait à dépêche compagnon. || Se battre à dépêche compagnon, se battre à outrance, sans dessein de s'épargner. || 6° Homme gaillard, vif, résolu, galant. C'est un compagnon. En son temps aux souris le compagnon chassa, la font. Fabl. xi, 8. || Être bon compagnon, aimer le vin, la bonne chère, les plaisirs, ne pas reculer devant les dangers. Henri IV était bon compagnon. J'ai oui dire que vous avez été autrefois un bon compagnon, mol. Fourb. I, 6. || Faire le compagnon, faire l'entendu. || C'est un hardi compagnon, c'est un homme déterminé. On a dit de même : il est gentil compagnon; c'est un gentil compagnon. C'est un dangereux compagnon, c'est un homme capable de faire de mauvais coups. || C'est un petit compagnon, c'est un homme sans importance. Mme de Guise passait les autres six mois à Alençon, où elle régentait l'intendant comme un petit compagnon, st-sim.35, 447. L'abbé Fleury était trop petit compagnon pour quitter sa charge par dépit, id. 63, 60. Jules Mazzarini, arrivant de son pays avec peu d'équipage et petit compagnon, estime les Français, p.-l. cour, i, 202. || Proverbe. Qui a compagnon a mattre , c'est-à-dire on ne fait rien sans le communiquer, quand on est lié de quelque manière avec une personne; on est souvent obligé de céder aux volontés des personnes avec qui on est associé.

— HIST. xi" s. Ne Oliver, por ce qu'est sis cumpainz, Ch. de Roi. xxiv. L'arere-garde des douze cumpaignons, 16. lxvi. || xii" s. Joste lui fu ses compaing Olivers, Ronc. p. 3». Li conpaignon après lui vont siguant [suivant], ib. p. 38. Si 'n apela [ainsi en apela] Rolant son conpagnon, ib. p. 44. S'il ne vient ci o cent mil compeignons, ib. p. 4)7. Dorénavant serons nous conpeignon, ib. p. 4 40. Onques teurtre qui pert son compaignon Ne fut un jour de [que] moi plus esbahie, Coud, xxiv. La fu morz Oliviers et ses compainz Rolanz, Sax. v. Laienz entra Thomas od mult poi conpaignuns, Th. le mart. 38. Compagnon d'armes avons esté set ans, du cahgk,

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compagus. || xm* s. Il et si compaignon la laissèrent fuir, Rerle, cm. Quant cil de Melans virent morir leur compaignon, Chr. de Rains, 448. Ainsinc, compains, esploiterés, Quant as portiers venus serés, la Rose, 7097. Compains est à toutes les choses, Qui sunt en tout le monde encloses, t'6. «0243. Li compainz à mon compaignon n'est pas mon compainz, Digeste, P494. S'on pot savoir qu'il soient compaignon d'un malice, il doivent estre compaignon de rendre le domache, beaum. l, ». Li quens ou li vesques li doivent baillier un compaignon, id. xn, 28. Quant ses compains sot que les detes.... m. xxi, 29. Et metent entr"ax [eux] peine ou manaces sor les compaignons qui lor aliance ne tenront, id. xxx, 62. || xv s. Et si fit-on aucuns compagnons monter sur coursiers pour escarmoucher à eux, froiss.i, i, 4*. Par l'ennort et conseil [de] messire Hervey de Lion, avec qui il avoit esté grand compain en Grenade et en Prusse, id. i, i, 464. François Acreman, qui estoit compaing en toutes choses à Philippe, id. ii, h, 205. Lesdits pays, que on appeloit compagnons ou alliés, id. i, i, 125. Et sachez que chacun de ces soudoyés avoit chacun jour quatre compagnons ou gros de Flandre pour ses frais et pour ses gages, id. i, i, 65. Quand notre bourgeois eut gagné la grâce du compagnon [artisan], louis xi, Aouti. i. Sire, dist-elle, j'ay amy que je ne quiers faulser; puis s'en revint à ses compagnons [compagnes] et elle leur conta toute son aventure, Perceforest, t. iv, f° (49. Et luy qui désirant estoit d'honneur conquerre, empoigne son glaive, et s'en vient vers son compaignon [adversaire] qui venoit sur luy roidement et fort, t'6. t. i, f* 408. || xvi' s. Mais de la tienne, Dieu mercy, Compaignon, tu ne m'en dis rien, marot,i, 240 Ou pour

jetter des fruits jà meurs et beaux, X mes compaings, qui tendoient leurs chappeaux! id. i, 2)7. Les rois sont compaignons, sinon maistres, des loix, mont. i, 4 2. Gentil compaignon par tout ailleurs, id. i, 96. Quoy que die ce bon compaignon [Catulle], id. i, 270. Caesar, estant créé consul pour la tierce fois, ne prit pas Antonius, ains choisit Lepidus pour son compagnon, amyot, Anton. (3. Chiens pour le fauve, chiens pour le noir, lévriers de compagnon et d'attache, d'aub. Fœn. I, 6. Les compagnons de la Matte [les filous], id. ib. m, 4. Vous vivez trop en bon compagnon pour que nous vous supçonnions de faire tout par conscience, id. Hist. ni, 29). Compagnon bien parlant vaut en chemin chariot branlant, le roux de lincy, Prov. t. n, p. 276. Le petit et inférieur fait du compagnon avec le grand, charron , Sagesse, p. 464, dans lacurne.

— ÊTYM. Bourguig. compaignon ; provenç. comparai, compain, compenh, companho; anc. espagn. compano; ital. compagno, compagnons Si l'on examine les plus anciens textes rapportés dans l'historique, on y voit que compain est toujours employé comme nominatif, et compagnon comme régime; de même, dans le provençal, companh est le nominatif, et compagno, le régime; une telle formation suppose nécessairement un mot dont l'accent se déplace, compânio, companiônem, qui vient de cum, avec, et panis, pain(voy. pain) : celui qui mange le même pain. Cette étymologie serait, si elle en avait besoin, confirmée par le provençal companatge, nourriture; anc. franc, companage , ce qu'on donne dans un repas au delà du pain et du vin ; comparez aussi apanage. Cela écarte définitivement compaganus, de mm et paganus, qui avait été proposé et qui d'ailleurs aurait donné compayen.

COMPAGNONNAGE (kon-pa-gno-na-j'), s. m.

|| 1° Temps pendant lequel un compagnon devait travailler chez son mattre après son apprentissage. || 2° Association entre compagnons. || Association entre ouvriers de même métier, en vue de se prêter des secours mutuels.

— ÉTYM. Compagnon.

t COMPAIN (kon-pin) ou COPAIN (ko-pin) , *. m. Terme d'écolier. Camarade avec lequel on partage toutes les petites douceurs.

— ÊTYM. C'est l'ancien nominatif de compagnon (voy. ce mot).

t COMPAIR (kon-pêr), s. m. Terme de droit féodal. Qui est pair avec. Les rois pouvaient déclarer l'élévation d'un de leurs sujets et vassaux en manifestant, comme on parlait alors, un compair aux autres pairs, st-sim. 300, 4 32. Les plus éloignés de l'extraction illustre de ces grands et puissants pairs, même souverains, sont leurs compairs en tout ce qui est de la dignité, id. 372, 186.

— ÊTYM. Provenç. compar; du latin eompar, de cum, avec, et par, pair.

f COMPAN (kon-pan), ». m. Monnaie d'argent

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des Indes orientales valant à peu près 47 centimes.

tCOMPARABILITÉ(kon-pa-ra-bi-li-tê), J. f.

Terme didactique. Qualité des choses comparables entre elles.

— êtym. Comparable.

COMPARABLE (kon-pa-ra-bl') , adj. Qui peut être comparé à ou avec. Un homme comparable aux plus grands hommes. Les biens les plus charmants n'ont rien de comparable Aux torrents de plaisir qu'il répand dans nos cœurs, rac. Eslh. m, 9. Les efforts des Titans n'ont rien de comparable Au moindre effet de sa fureur, j. b. rouss. Cantate, l'Hiver. Rien en effet n'était comparable à l'attachement qu'ils se témoignaient déjà, bern. de st-p. Paul et Virg. || Baromètres, thermomètres comparables, instruments par lesquelsonconnaltlerapportdeséchelles. En mesurant, avec des thermomètres qu'on a eu soin de rendre comparables, la température.. ..condorcet, Bucquet. || Dans le même sens. Les relevés faits par les recenseurs dans les opérations de recensement doivent être comparables.

— ÉTYM. Le latin comparabilis , de comparare, comparer (voy. comparer).

f COMPARABLEMENT (con-pa-ra-ble-man) , adi\ D'une manière comparable.

— ÉTYM. Comparable , et le suffixe ment. COMPARAISON (kon-pa-rê-zon) , s. f. || 1" Action

de comparer. Il n'y a rien que l'esprit humain fasse si souvent que des comparaisons. Et par la comparaison que je fais de leur sort au mien, ils me font jouir d'un bonheur négatif, bern. de st-p. Paul et Virg. p. 4 78. Et laissez votre sang hors de comparaison, 80RN. //or. m, 4. Une tendresse qvii ne peut recevoir de comparaison, sév. 439. Vos empressements qui ne souffrent point de comparaison, id. 6(4. Il s'agit de faire comparaison de l'un et de l'autre , bourd. Avent, Resp. hum. 367. Ce remède se peut mettre en comparaison avec la poudre du bonhomme, sév. 338. Il n'y a pas de comparaison [entre l'un et l'autre], lui dis-je, pasc. Prov. 9. Ai-je peu de raison Quand de mes yeux aux siens je fais comparaison? corn. Tite et Rérén. n, 7. Laissons là vos comparaisons fades, mol. Mis. i, i. [La violette que] le soc a touchée De ma peau séchée Est la comparaison, malh. v, 22. || Faire comparaison, entrer en comparaison. Je voudrais bien voir un homme poli, enjoué, spirituel, fût-il un Catulle ou son disciple , faire quelque comparaison avec celui qui vient de perdre huit cents pistoles en une séance, la bruy. xm. || Sans comparaison, loc. adv. Sans comparer d'une façon qui pourrait être inexacte ou paraître blessante. Il a fait, sans comparaison , comme le valet de la comédie. || Sans comparaison, infiniment. J'aime bien mieux , sans comparaison, être ici, sêv. 688. Encore qu'ils fussent, sans comparaison , les plus puissants , boss. Hist. m, 3. S'ils avaient en main le timon, ils se trouveraient sans comparaison plus empêchés, dider. Ess. s. Claude. Jeanne, tandis que tu fus belle, Tu le fus sans comparaison, malh. iv, 4 6. L'orgueil à toutes deux a troublé la raison, Et leur extravagance est sans comparaison, rotrou, Antig. iv, 4. Ton ingratitude est sans comparaison De souhaiter sa perte, id. Relis, m, 5. || Cette chose est sans comparaison, hors de comparaison, elle est excellente et sans pareille. || Par comparaison , relativement. On est parfait par comparaison aux états inférieurs, boss. Or. vi. Mais c'est des péchés légers par comparaison, id. Marie-Th. || En comparaison, à l'égard de, au prix de. Cela n'est rien en comparaison de ce qu'elle dit, boss. Hist. n, 4. Ce n'est rien en comparaison de ce que j'ai pour vous, sêv. 4 8. Cette félicité n'est rien en comparaison de celle qui lui était destinée, fên. Tél. xix. I Absolument. Et tous les maux de la nature Ne sont rien en comparaison, mol. Psyché, i, 4. || À comparaison, même sens. Sans y employer que fort peu de pièces à comparaison de la multitude des os, desc. ttéth. 6, 9. Ce n'était rien à comparaison des trésors qui se trouvent ici, vauo. dans bouhours, Nouv. remarques. C'est un petit mal à comparaison de ceux que l'amour me prépare, Académ. Sentim. sur le Cid. Tu es peut-être de ceux qui croient que la prose n'est rien à comparaison des vers, d'ablanc. Lucien, dans bouhours , Nouv. rem. Faibles à comparaison de celles-ci, boss. Lett. abb. 246. Ils ne sont rien à comparaison de sa grandeur, id. Marie-Th. L'empire des Césars n'était-il pas une vaine pompe à comparaison de celui-ci ? id. Hist. n, io. || 2° Terme de philosophie. Faculté de comparer les idées. || 3' Terme de jurisprudence. Comparaison d'écritures, confrontation de pièces pour savoir si elle» sont de la mémo main.

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(I Pièces de comparaison, pièces reconnues véritables, auxquelles on en compare d'autres dont l'authenticité est contestée. || Écritures de comparaison, signatures faites devant des personnes pu- Wiques, dans un procès où il y a inscription en faux. || 4" Figure de rhétorique. Comparaison ingénieuse, ridicule. Homère abonde en belles comparaisons. || Comparaison se dit aussi de ces brèves comparaisons qui font une des richesses et le principal caractère du style de la conversation. Beau comme l'amour. Prompt comme l'éclair. Bavard comme une pie. Voleur comme une chouette. || 5° Terme de grammaire. Degrés de comparaison : le positif, le comparatif, le superlatif. || Adverbe de comparaison, adverbe qui sert à établir un rapport d'égalité, de supériorité ou d'infériorité, comme aussi, plus , moins. || Proverbes. Toutes comparaisons sont odieuses, c'est-à-dire on blesse presque toujours l'amour-propre , en comparant deux personnes ensemble. || Toute comparaison cloche, c'est-à-dire il n'y a jamais de comparaison qui soit bien exacte. || Il ne faut pas faire de comparaison avec plus grand que soi, c'est-à-dire un inférieur ne doit pas traiter de pair à compagnon avec ceux qui sont au-dessus de lui. On dit dans un sens analogue : Trêve de comparaison; Point de comparaison, s'il vous plaît. || Comparaison n'est '•as raison, c'est-à-dire une comparaison n'est pas une preuve.

— HIST. xii* s. E Adan e li clerc nen unt chief ise Deu nun : Pur ço [ce] ai fait, ço m'est vis, dreite 'jomparaisun, Th. le mart. 32. ||xiv" s. Certes, dist .i ungs, il n'a nulle compareson entre le déduit qui ■vient des chiens et celuy qui vient des oyseaulx; vht le déduit qui vient des oyseaulx vault mieulx et "<t plus plaisant que n'est celuy qui vient des chiens, Modus , f° en. Et est semblable comme qui feroit comparaison d'une chose qui a ame à celle qui n'a point de ame, oresme, Eth. 207. Dont n'est il point de comparaison ne entre la puissance des juges l" entre la peine des jugements, Ménagier, i, 3. ,j xv s. On dit que le plus honorable estait, sans comparaison, de prendre terre sur marche d'ennemis que sur les amis, froiss.ii, m, 33. Beaulté resi':ont: Sire, c'est bien raison Par dessus tous et sans comparaison, Que pour seigneur et souverain vous aengne, ch. d'orl. t". De printemps [je] puis faire comparaison Jusqu'à seize ans que notre enfance endure, id. Adieu jeunesse. Et en vérité Franchois estoient sans comparoison plus que les Englez, fe-

Nin, t4i5. || xvi* s Duquel la pureté est si grande,

qu'à la comparaison d'icelle toutes choses sont souillées et contaminées, calv. Instit. 682. Et afin de suivre la comparaison que nous avons commencé de faire, id. ib. toi 9. Voyant celui qui n'a comparaison D'honneurs et biens, saillir de sa maison.... J. mahot, v, 86. Laissons à part cette longue comparaison de la vie solitaire à l'active, mont, i, 27t. Là où il menoit une vie qui estoit bien dure et champestre à comparaison de la civilité et élégance de ceulx qui vivoient dedans les villes, amyot, Marius, m.

— ÉTYM. Provenç. comparaso; espagn. comparution ; ital. comparazione ; du latin comparationem , de comparare, comparer (voy. comparer).

COMPARAÎTRE (kon-pa-rê-tr') , je comparais, il comparaît, nous comparaissons; je comparaissais; je comparus; je comparaîtrai; comparais; que je t'.emparaisse ; que je comparusse; comparaissant; tjomparu, v. n. Paraître ensemble, paraître devant. Les filles de l'Egypte à Suze comparurent, rac. i'.sth. i, 1. Jupiter dit un jour: Que tout ce qui l'aspire S'en vienne comparaître aux pieds de ma Grandeur, la font. Fabl. i, 7. Regarde avec quel Iront tu pourras comparaître Devant le tribunal de ton souverain maître, corn. lmit. i, 24. || Terme de procédure. Paraître devant un juge, un tribunal. Comparaître en justice. || Plus spécialement, se faire représenter par un avoué.

— REM. Comparaître se conjugue avec l'auxiliaire atiot'r, s'il s'agit d'exprimer l'acte de comparution : ti a comparu devant le tribunal et a été acquitté. 11 iM conjugue avec l'auxiliaire être, s'il s'agit d'exprimer l'état de comparution : cette femme est comparue devant le tribunal, et en ce moment même on j'interroge.

— HIST. xiv* s. La journée assignée à Marcius fut venue ; mes Marcius n'i est pas comparus, bercheure, 1° 40. || xvt* s. Ce fut la plus belle représentation, et le plus honorable spectacle qui comparust en toute celle monstre, amyot, Marcel, to. Quand Hannibal veit qu'il ne comparoissoit personne dessus les murailles en armes, id. ib. t6. Si tost qu'il fut com-

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paru en la Sicile, plusieurs de tous costez s'allèrent renger de grande affection autour de luy, id. Nicias, 34.

— ÊTYM. Com.... et paraître ; provenç. compareisser; catal. comparexer; espagn. comparecer.

COMPARANT, ANTE (kon-pa-ran, ran-t'), adj. Terme de jurisprudence. Qui comparaît en justice ou par-devant un notaire. Tels et tels comparants en leurs personnes. || Substantivement. Les comparants. La comparante. Les non-comparants.

— ÉTYM. Comparoir.

t COMPARATEUR (kon-pa-ra-teur) , s. m. Celui qui compare. || Terme de physique. Instrument pour estimer des différences très-petites entre deux longueurs. || Adjectivement. Esprit comparateur.

— ÉTYM. Comparer.

COMPARATIF, IVE (kon-pa-ra-tif, ti-v'), adj. || 1" Qui établit une comparaison. Tableau, état comparatif des forces militaires de deux nations. || Terme de philosophie. Faculté comparative, faculté de comparer. || Méthode comparative, méthode qui compare. || Anatomie comparative (dite plus souvent, mais moins bien, anatomie comparée), celle qui décrit les organes en les comparant dans toutes les espèces d'animaux. || 2° Terme de grammaire. Qui exprime le second degré dans la signification des adjectifs, c'est-à-dire le rapport de supériorité, ou d'égalité, ou d'infériorité. Les adverbes comparatifs. La forme comparative, celle qui par elle-même exprime une comparaison, existe dans le latin et le grec, et non dans le français. || S. m. Un comparatif. Meilleur, mieux sont des comparatifs.

— ÉTYM. Provenç. comparatiu; espagn. et ital. comparativo ; du latin comparativus , de comparare, comparer.

COMPARATIVEMENT (kon-pa-ra-ti-ve-man), adv. D'une manière comparative, par comparaison. Cela n'est bon que comparativement.

— ÉTYM. Comparative , et le suffixe ment. COMPARÉ, EE (kon-pa-ré, rée), part, passé. La

vie humaine comparée à un songe. Anatomie comparée (voy. comparatif).

COMPARER (kon-pa-ré), v. a. || 1° Examiner simultanément les ressemblances ou les différences. Mais cette indifférence est une aversion, Lorsque je la compare avec ma passion , corn. Rod. i, 7. Et vous ne comparez votre exil et ma gloire Que pour mieux relever votre injuste victoire, rac. Iphig. il, 5. 11 faut des châtiments dont l'univers frémisse; Qu'on tremble en comparant l'offense et le supplice, id. Esth. il, t. Les vieillards qui avaient vu le premier [temple], fondent en larmes en comparant la pauvreté de ce dernier édifice avec la magnificence de l'autre, boss. llist. il, 4. On comparera vos afflictions avec celles de tant d'infortunés qui vous environnent, mass. Av. Afflict. Comparez les malheurs passés de l'empire à la tranquillité dont il jouit aujourd'hui, id. Car. Mélange. Après tout, ne comparez plus, si vous le voulez, les dangers infinis que vous trouvez dans le monde, à la sûreté des cloîtres et des déserts ; comparez seulement l'histoire de votre vie avec celle des saints pénitents qui les habitent, les satisfactions que vous devez à Dieu avec celles qu'ils lui doivent eux-mêmes , jo. ib. Samaritaine. Que si l'on veut comparer notre procédure à celle des Romains et des autres nations, lamoignon, cité par volt. S. de L. XV, 42. || Terme de procédure. Comparer les écritures, examiner si elles peuvent être de la même main. || Absolument. En comparant nous étendons nos idées. Voilà mes raisons, écoutez les leurs et comparez. || 2° Égaler à. Corneille comparait Lucain à Virgile. j| 3° Terme de littérature. Assimiler. Homère compare Diomède au milieu des Troyens à un lion au milieu d'une bergerie. L'autre, en vain se lassant à polir une rime.... Dans la fin d'un sonnet te compare au soleil, boil. Disc, au roi. Ce petit madrigal fut critiqué par quelques seigneurs de la vieille cour, qui dirent qu'autrefois, dans le bon temps, on aurait comparé Bélus au soleil et Formosante à la lune , volt. Babyl. i. || 4° Se comparer, v. réfl. S'assimiler, s'égaler à. Celui qui se compare à plus riche que soi. || Être compare. Rien ne peut se comparer au bonheur d'une conscience tranquille. || Cela ne se compare pas, se dit souvent absolument pour signifier qu'une chose est bien supérieure à une autre.

— SYN. comparer À, comparer avec. Comparer à se dit plutôt quand on veut trouver un rapport d'égalité. Comparer avec se dit plutôt quand on confronte , quand on recherche les dissemblances et les ressemblances.

— HIST. iiii' s. Celé que j'aim est tant de bonté pleine, Qu'il m'est avis que la doi comperer X l'es-

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toile qu'on claime tremontaine [polaire], Dont la bonté ne puet onques fauser, Hist. litlir. t. xxm, p. BS4. A-il mesaise au monde qu'à la moie compère, Berte, xvui. Si auras en cest avantage Amie de si haut parage, Qu'il n'est nule qui s'i compère, la Rose, 6839. || xiv* s. Je puis trop bien ma dame comparer X l'ymage que fist Pymalion; Qu'adès la prie [je la prie], et rien ne me respont, machault, p. 60. Et pour ce convient-il que toutes choses do quoy l'en fait commutation [échange] soient comparées aucunement et avaluées l'une à l'autre, ôresme, Eth. 1 5) . || xvi" s. Il seroit trop long d'amasser tous les passages pour les comparer l'un à l'autre, calv. Jnstit. 669. Comparant la loy avec l'Evangile, id. ib. 696. Sans se comparer avec les autres, id. ib. 617. Comparez [semblables] sont, et ainsi je l'afferme, X ung beau vin qui n'a goust ne liqueur, j. marot, v, 29t. Si nous la comparons à l'éternité, mont, i, 84. Comparer nos moeurs à un Mahometan, m. n, t4l. Les victoires de ces jeux, qui les mettroit toutes ensemble, ne sont pas à comparer à l'une seule de tant de batailles que Pelopidas a combatues et gaignées, amyot, Pélop. 63.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. comparar; ital. comparare ; du latin comparare, de cum, avec, et parare, mettre de pair, de par, égal (voy. pair). L'ancien français, en raison de la tendance à atténuer les voyelles brèves, disait comperer.

COMPAROIR (kon-pa-roir), v. n. Usité seulement à l'infinitif. Terme de procédure. Comparaître en justice. Être assigné à comparoir. Ils [les juges] ont ajourné le dit Paul-Louis à comparoir devant les assises de Paris, p.-l. cour, i, 330.

— HIST. xv" s. Le dit duc seroit adjourné à comparoir en parlement à Paris, comm. m, t. Le jour de l'assignation vint, et se comparut le jeune chevalier au lieu où l'on lui avoit dit, louis xi, Nouv. xcviii. || xvi* s. Puis nul ne comparant à rencontre, rab. Garg. i, 48. Et commenda qu'ilz comparussent en la place, id. ib. i, 49. Hz se rendirent à luy sains et saulves, exceptez Epistemon qui ne se comparoyt point, id. tant, n, 3o. Le jour et heure que les parties controverses comparent par devant vous, id. ib. m, 40. Il allégua plusieurs exceptions et subterfuges pour ne point comparoir, amyot, Marcel. n. 11 compar à l'assignation devant le censeur, accompaigné d'une sienne fille, o. de serres, 998.

— ÊTYM. Provenç. comparer; ital. comparire; du latin comparere, de cum, avec, et parère, paraître (voy. ce mot). Ce verbe se conjuguait jadis : au présent, je compère; à l'imparfait, je comparoie; aufutur, je comparai; au participe, comparant.

COMPARSE (kon-par-s') , s. f. || ir Anciennement. Entrée des quadrilles dans le carrousel. || Par extension. On laisse à penser quel effet cpéra une telle comparse [le duc d'Orléans figurant à la procession comme le roi] , fondée sur aucune sorte d'apparence d'usage, st-sim. 470, 223. Inusité en cet emploi. || 2° if. et f. Terme de théâtre. Personnage muet, figurant ou figurante. Il était parmi les comparses. Une comparse fut blessée par la chute d'une décoration. Un comparse.

— ÉTYM. Ital. comparsa, action de paraître et personnage muet, de comparire (voy. comparoir).

COMPARTIMENT (kon-par-ti-mau), s. m.|| 1° Case ou division d'un damier, d'un tiroir. || 2° Petite chambre. Diviser une grande pièce en compartiments. || Division d'une voiture de chemin de fer séparée par une cloison. Monter dans le même compartiment. Compartiment réservé, jj 3° Disposilion régulière et symétrique de figures ou de lignes, pour l'ornement des parterres de jardin, des plafonds, des pavés, des parquets, etc. Il y a diverses sortes de compartiments, qui dépendent de l'art et du goût. Employés par les jardiniers dans les compartiments de leurs parterres, desc. Diopt. 8. Tous les parterres [de Versailles] changeaient tous les jours de compartiments de fleurs, st-sim. -H 3, 227. Une tablo de compartiments qui figuraient des fleurs et des fruits, volt. Babyl. 3. || Par extension. Ce que je m'offre d'exécuter, si vous me voulez faire l'honneur de me le commettre, est de gagner, cette nuit même, ces petits compartiments, pour ne pas dire dehors, que les ennemis ont faits depuis la rive jusques à un des deux ravelins, bassompierre, Mém. t. m, p. 86, dans lacurne. || 4" Dorures à petits fers qui se mettent sur le plat ou sur le dos des livres. || 5* Terme de mines. Compartiments de feux, disposition des saucissons pour porter en même temps le feu aux fourneaux.

— étym. Ane. franc, compartir, partager, de com, et partir, partager (voy. partir).

C0MPART1TEUR (kon-par-ti-teur), s. m. Term»

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de palais. Autrefois, celui des juges sur l'avis duquel la compagnie se partageait (cet avis étant contraire à celui du rapporteur).

— êtym. Cornpartir (voy. compartiment).

f COMPARU (kon-pa-ru), part, passé invariable de comparaître.

COMPARUTION (kon-pa-ru-sion; en poésie, de cinq syllabes), î. f. Terme de procédure. Action de comparaître en justice ou devant un officier public. Mandatde comparution. En casde non-comparution.

— IHST. xvi* s. Il pensa que le plus sur estoit de fuir, et qu'un bon défaut valoit mieux qu'une mauvaise comparution, yver, p. 647.

— étym. Comparaître ; génev. comparilion ; provenç. comparution; espagn. comparution; ital. comparizione.

COMPAS (kon-pâ; Vs se lie : un compas et ses branches, dites: un kon-pâ-zet....),s. m. |[l° Instrument de métal, composé de deux parties, qui s'emboîteiHl'une dans l'autre, appelées jambes ou branches et qui s'ouvrent ou se replient l'une sur l'autre, pour tracer des cercles et prendre des mesures. || Compas d'ellipse, instrument qui, fondé sur les propriétés de l'ellipse, sert à tracer cette courbe. || Compas de trisection, instrument servant à partager un angle en trois parties égales. || Géométrie du compas, partie de la géométrie qui résout graphiquement les problèmes (la règle exclue). || Poétiquement, le compas, les sciences exactes. C'était le discret Fontenelle; AvecMairan il raisonnait, Avec Quinault il badinait; D'une main légère il prenait Le compas, la plume et la lyre, volt. Temple du Goût. Eh quoil le lourd compas d'Euclide Étouffe nos arts enchanteurs, lamart. Uéd. i, 4 0. Plus d'une erreur passe et repasse Entre les branches d'un compas, bérang. Sciences. || Familièrement. Avoir le compas dans l'œil, apprécier avec exactitude les dimensions à la seule vue. Quelques mois d'épreuves lui formèrent le compas visuel, j. j. rodss. Ém. n. || Faire toutes choses par règle et par compas, par compas et par mesure, faire tout avec ordre et exactitude. || 2° Fig. Règle, mesure. Au compas du devoir il règle son courage, Régnier, Sat. x. Au compas des grandeurs je ne juge le monde, id. Sat. xiv. Connaissez votre faute, et bornez vos pensées En un juste compas, malh. vi, 27. Bornez-vous, croyez-moi, dans un juste sompas, m. v, 8. C'est peu d'expérience à conduire sa vie , De mesurer son aiseau compas de l'envie , id. v, 4. Mille raisons d'Etat que vous n'ignorez pas Sont de votre action l'excuse et le compas, mair. m, Soph.b. || 3° Compas de proportion, instrument formé de deux branches plates portant certaines divisions. || Compas de réduction , compas formé de deux branches de cuivre terminées par des pointes d'acier disposées de manière à former toujours deux angles opposés par le sommet, lesquels avec les distances des points forment des triangles isoscèles et semblables; comme ces distances sont toujours proportionnelles aux longueurs des côtés des deux angles, et que ceux-ci, d'après le point où arrête la vis de pression, sont dans le rapport de ) à 2, ou à a ou à *, etc. en prenant les longueurs du côté dés grandes branches, on en a d'autres du côté des petites qui ne sont que la moitié, le tiers, le quart, etc. des premières. [| Instrument avec lequel le joaillier mesure les pierres lorsqu'il les taille. Il Compas de tonnelier, compas de bois rond par le haut, qui a des pointes de fer aux deux bouts, et dont le tonnelier se sert pour tracer les fonds des tonneaux. || Instrument, marqué de plusieurs points, avec lequel le cordonnier prend la mesure du pied. || Règle de bois, terminée au bout par un talon de crochet, dans lequel le fondeur fait entrer un des bords de la cloche. || Compas de chapelier, sorte de tube dans lequel entre à frottement un cylindre de même longueur. || Compas brisé, instrument qui est composé de deux branches de fer plat, jointes par le milieu avec un clou rivé et qui est à l'usage des doreurs sur tranche. || Terme de construction. Grand compas, instrument servant à tracer les plus grands compartiments d'un panneau. Compas à verge , instrument servant à tracer de grands cintres. || Compas sphérique, d'épaisseur ou de calibre, espèce de compas dont les branches recourbées prennent l'épaisseur des corps ou le calibre des cylindres creux. || 4° Terme de marine. Compas de route, ou, absolument, compas, la boussole. || Compas de variation, boussole qui indique les variations de l'aiguille aimantée. || Compas azimutal, boussole munie de pinnules, qui sert ù observer des azimuts, des amplitudes, et à faire des relèvements. H 5° Terme d'astronomie. Petite constellation australe.

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— IHST. xii" s. Cil à cheval e cil à piê, Si corne il orent comencié, Tindrent lor eire e lor compas, Serréement lor petit pas, Ke l'un Paître ne trespassout, wace, Hou, y. 42827. || xiii» s. Merci trovasse, au mien cuidier, S'ele fust en tout le compas Del monde, làoùjela quier, Poésiesmss. avanU300, t. m, p. 4 262, dans lacurne. Un pot lavoir d'argent à une fuellio desus le couvercle, semeis d'escuchons et de compas esleveis, LABORnE, Émaux, p. 221. Â son semblant et à son vis [visage] Pert [paraît] que fu faite en paradis, Car Nature ne seûst pas Ovre faire de tel compas [mesure], la Rose, 3000. Li murs qui la clôt [la ville] n'est plus bas ; Tôt entor est fais à compas, FI. et Bl. 4 789. || xiv s. Un collier d'or à compas pour le roy, de laborde, Émaux, p. 221. [| xv* s. Soubtil sens, couchié par compas, Enveloppé en beau langage, Musse le vouloir du courage, ch. d'orl. Rond. Jamais vous n'ouvrez [agissez] par compas, id. Bal. 9t. Et se tu peux passer ce pas, Recorpore le par compas [proportion], En revenant au faict premier, la font. 762. Les chevaulx frais vont mieux à droit compas, eust. desch. Poésies mss. f° 234 , lacurne. Ils se boutèrent tous à tas, A l'enseigne du platd'estaing, Où ilz repurent par compas [ruse], Car ilz en avoient grant besoing, villon, Repue franche des galants sans souci. || xvi's. Et pour autant qu'oyr ne vouloit pas Les instrumens qui sonnoient par compas, marot, 1,285. Sanscompas [à tort et à travers, sans mesure], m. m, 33. Loyauté ronde, et mesurée Au compas [à proportion] de vostre beauté, id. m , 206. Sa bouche [il] veoit petite par compas , Dont le seul veoir ne le satisfaict pas, id. iv, 39. Il est nécessaire qu'une jambe du compas soit appuyée fermement pour couper de l'autre jambe, paré, viii, 20. La pourtraicture de l'empereur moderne, Charles V' de ce nom, tirée après le vif et faicte par compas, de laborde, Émaux, p. 224. Hors reigle et compas je ne sçay degré ni pas, génin, Récréât, t. n, p. 240. La raison, qui doit commander en nous, ne veut point de ces officiers là qui font de leur teste sans attendre son ordonnance; elle veut tout faire par compas, a. charron, Sagesse, p. 4 40, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenc. compas; espagn. compas; portug. compasso, compaço ; ital. compasso. On a indiqué le celtique: kymri, kwmp, etkwmpas, qui en dérive, cercle. Mais si l'on remarque le sens primitif du français qui est : marche d'ensemble, marche régulière, on ne doutera pas que compas vienne de com et pas (voy. ce mot).

t C0MPASCU1TÉ (kon-pa-skui-té), s. f. Droit de pacage qui appartient en commun à plusieurs communautés d'habitants.

— ÉTYM. Com...., et le latin pascuum, pâtis (voy. pacage).

fCOMPASSAGE (kon-pâ-sa-j'), s. m. Terme de métier. Classement des cartes à jouer, par séries de points, depuis I jusqu'à X. || Division du compas.

COMPASSÉ, ÉE (kon-pâ-sé, sée) , part, passé. || i° Disposé. Ces anciennes cités sont ordinairement si mal compassées, desc. Méth. 2, i. Tout cela était bien compassé, sév. 604. Tout est compassé avec une admirable justesse, balz. le Prince, ch. xiv. Son festin si magnifique et si compassé, J. J. rouss. Ém. m. || 2" Régulier. La vie compassée de la jeune princesse, sév. 437. || Être compassé dans ses discours, parler avec circonspection. || C'est un homme trop compassé, c'est un homme dont les manières n'ont rien de libre ou de simple.

COMPASSEMENT (kon-pâ-se-man), s. m. || 1" Action de compasser; résultat de cette action. || 2° Fig. Régularité trop étudiée. Le compassement de ses discours, de ses manières. || 3° Terme de mineur. Règle pour espacer les fourneaux de mine.

— êtym. Compasser.

COMPASSER (kon-pâ-sé), v. a. || 1* Mesurer avec le compas des degrés, des distances sur une carte, sur un plan. || Exécuter avec exactitude certains ouvrages à figures. 11 s'en sert à compasser la broderie de quelque parterre, desc. Diopt. 8. || 2° Fig. Compasser ses actions, ses démarches, les soumettre à une règle minutieuse. On a beau compasser dans son esprit tous ses discours, Boss. Polit. On voit des gens sincères, qui toujours sont à s'étudier, à compasser toutes leurs paroles et toutes leurs pensées , fén. xvin, 444. Et quant à moi je trouve, ayant tout compassé, Qu'il vaut mieux être encor trompé que trépassé, mol. Sgan. 4 t. || 3" Terme de marine. Compasser sa carte, marquer avec la pointe d'un compas le lieu où se trouve le vaisseau. || 4° Terme de relieur. Compasser un livre, le mesurer avec le compas pour le rogner. || 6" Terme de mineur. Compasser les feux, les disposer de manière qu'ils pren-

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nent tous ensemble, pour produire un plus grand effet. || Anciennement. Compasser la mèche, disposer la mèche pour mettre le feu à l'arquebuse. La sentinelle n'osa me tirer, parce que, lorsque je le vis compasser la mèche, je lui criai que je le ferais pendre s'il tirait, iietz, iv, 318.

— HlST. xn« s. Cil qui primes Pedefia Et qui :• chastel compassa, Moult fu sages et cortois, Roman de Rou,ms. p. 4 4, dans lacurne. ||xiii*s. Il n'a futur ne prétérit; Car qui bien la vérité seûst, Tuit li trois tens i sunt présent, Li quiex présent le jour compassé, la Rose, 20217. Jason qui premiers la passa [la mer], Quant les navires compassa Por la toison d'or aler quarre.... t'i». 9644. Quant Diex biautéli compassa, ib. 0098. Puis que cismons [ce monde] fu compassés, ib. 5424. Li murs si est si compassés, Qu'il est de droite quarreUre, 16. 3824. ||xiv*s. [Les cheveux] pendans par les espaules, par œvre compassée, Baudouin de Seb. 1, 973. || xv s. Et y avoit grand foison de charpentiers et d'ouvriers qui l'avoient compassée et ouvrée [une machine] et savoient comment elle devoit aller, froiss. h, m, 36. Et compassa fort bien son temps et faisoit une merveilleuse diligence, comm. m, 9. Il xvi* s. Estienne, ce plaisant mignon, De la danse du compagnon , Que pour vous il a compassée , M'a ja fait maistresse passée, marot, h, 4 4 0. Beauté en tout compassée [proportionnée, irréprochable], m. m, 223. Si son nom propre à dire on me semond, Je respondray, qu'à son loz se compassé [répond], id. m, 282 Ou en beau grec quelque œuvre compassez, id. m, 283. Ils sont toutesfois experts à bien choisir et esbaucher la pierre ou le boys, et à compasser [mettre au point] les traits et membres pour relever de ceste peine les plus subtils et diligens entailleurs, m. du bell. Prolog. L'un, se promenant en une salle, regarde à compasser ses pas d'une certaine façon sur les carreaux ou tables du plancher, charron, Sagesse, 1, 38.

— ÉTYM. Compas; provenç. et espagn. compassar; ital. compassare.

f COMPASSEUR (kon-pâ- seur), s. m. Celui qui compassé. Compasseur de phrases.

— HlST. xvi' s. Et, l'un jugement subvertissant l'aultre sans cesse, cette favorable proposition n'estoit qu'une risée qui nous menoit à conclure, par nécessité, la neantise du compas et du compasseur,

— ÉTYM. Compasser.

COMPASSION (kon-pâ-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Sentiment qui nous fait compatir. Vous n'avez pas assez de compassion pour ceux.... pasc. Prov. 8. Si vous pouvez trouver dans ma compassion.... corn. Ilor. v, 2. Le grand César blâme votre action Avec moins de courroux que de compassion, id. Pomp. iv, 2. Votre rébellion Mérite plus d'horreur que de compassion, id. Rod. iv, 3. Je ne demande point que par compassion Vous assuriez un sceptre à ma protection, id. Nicom. iv, 2. Ouf 1 je me sens déjà pris de compassion, rac Plaid, ni, 3. Le peuple touché de compassion pour l'enfant, fén. Tél. v. Ce qui pouvait lui donner de la compassion, m. ib. iv. Combien devez-vous avoir plus de compassion pour le peuple, id. ib. xxiv. Votre compassion, lui répondit l'arbuste, Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci, la font. Fabl. 1, 22. La santé, la richesse ôtent aux hommes l'expérience du mal, leur inspirent la dureté pour leurs semblables; et les gens déjà chargés de leurs propres misères sont ceux qui entrent davantage, par leur compassion, dans celles d'autrui,LA bruy. xi. || Faire compassion, être digne de pitié. || Fig. Cela fait compassion, cela ne mérite que du mépris. || Terme de liturgie. Fête en mémoire des douleurs de la Vierge, le vendredi de la semaine de la Passion.

— HlST. xiV s. Le bon cuer est tousjours lié [joyeux] des biens de son proisme [prochain], et est courroucié et a compassion de ses adversaires [adversités], Ménagier, 1, 3. Celui qui est vertueux a bien aucunes foiz compassion, doulour ou joie, oresme, Eth. 39. Il xv* s. Us sont chrestiens comme nous sommes : on doit avoir compassion l'un de l'autre, froiss. ii, iii, 85. Premier il doit Dieu et l'Eglise amer; Humble cuer ait, pitié, compassion, e desch. Des vertus nécess. au prince. ||xvrs. Convulsion se fait par repletion, ou par inanition, ou p;ir compassion, c'estàdire de quelque douleur, paré, vu, 8. Et d'iceux doit-on avoir grande compassion, lanoue, 37t. Quelle compassion [pitié] de voir.... yver, p. 624. Tous les autres se tourmentoient de sa fortune; lui seul monstroit au dehors n'en sentir passion aucune ny avoir compassion quelconque de soy mesme, amyot, Cor. 32. Cocceius Nerva n'eut aultre cause de sa tuer que la compassion du

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misérable estât de la chose publique romaine, mont. u, 36. J'ay avecque» despit veu des maris haïr leurs femmes, de ce seulement qu'ils leur font tort; au moins ne les faut il pas moins aimer, de nostra faulte; par repentance et compassion au moins, elles nous en debvoient estre plus chères, id. m, 324.

— ÊTYM. Provenç. compassio; espagn. compation; ital. compassione ; de compassionem, de cum, avec, et passio, souffrance, passion; proprement souffrance avec, douleur communiquée, douleurqu'on partage.

+ COMPASSIONNER (SE) (kon-pa-sio-né), v. réfl. Avoir compassion.

— REM. Ce mot est formé comme affectionner l'est d'affection, et n'a contre lui que d'être peu usité.

— hist. xv* s. Devant la trinité estoit la passion, c'est à sçavoir comment nostre seigneur fut prins, battu, mis en croix, et Judas qui s'estoit pendu; et ne parloient riens ceux qui ce faisoient, mais le monstrerent par jeu de mystères, et furent les manières bonnes et bien jouées et vivement compassionnées et moult piteuses, monstrelet , t. n, p. (47, dans lacurne. || xvr* s. Je me compassionne fort des affections d'aultruy, mont, ii, 4 27. 11 semble que l'université des choses soit compassionnée à nostre estât, id. ii, 380. Quant à moi, n'estant moins compassionne de ceste mort, l'Amant ressuscité, p. 638, dans LACURNE.

— ÊTYM. Compassion.

f COMPATERNITÉ (kon-pa-tèr-ni-té), s.f. Alliance spirituelle qui se contracte entre le parrain et la marraine; entre ceux-ci et le père et la mère de l'enfant.

— ÊTYM. Com, et paternité.

COMPATIBILITÉ (kon-pa-ti-bi-H-té) , s. f. Qualité

des personnes ou choses qui peuvent demeurer et subsister ensemble. Ils n'ont entre eux aucune compatibilité d'humeurs. Compatibilité de fonctions. || Anciennement, lettres de compatibilité, lettres par lesquelles le prince permettait de posséder en même temps deui charges qui ne pouvaient être exercées par une même personne.

— ÊTYM. Compatible; espagn. eompatibilidad ; ital. compatibilità.

COMPATIBLE (kon-pa-ti-bP) , adj. Qui peut compalir, s'accorder avec un autre (personne ou chose). Ces deux fonctions sont compatibles. Ces deux hommes ne sont pas compatibles. Ne vous figurez point qu'une telle moitié Soit jamais compatible avec notre amitié, corn. Sophon. îv, 3. Ah! que n'est mon bonheur plus compatible au vôtre? id. Attila, i, 3. La Bretagne et la Provence ne sont pas compatibles [je ne puis faire à la fois ce que j'ai à faire dans ces deux pays], sév. 67. De ces péchés enfin compatibles avec la probité, mass. Car. Prospér. tempor. La géométrie, genre de travail qui était le plus compatible avec la vie active et agitée qu'il était obligé de mener, condorcet, d'Arci.

— REM. Absolument, compatible ne se dit qu'au pluriel, ou, au singulier, avec quelque mot qui ait un sens collectif: Leurs humeurs ne sont pas compatibles. L'eau ici, le feu là, cela n'est pas compatible.

— hist. xvi* s Pour tousjours les accoustumer

de se rendre plus compatibles [sociablesl les uns avec les autres, lanoue, 300. Ce sont fins différentes et pourtant compatibles, mont, iii, 324.

— ÊTYM. Compatir; espagn. compatible; ital. compatibite.

COMPATIR (kon-pa-tir) , e. n. || 1° Être touché, attendri des maux d'autrui. Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse, corn. Cid, n, 8. Mon Dieu, de quelle humeur, Dorine, tu te rends I Tu ne compatis point au déplaisir des gens, mol. Tart. n, 3. Vous étiez né dur et hautain.... mais enfin vous êtes devenu homme , et vous commencez , par l'expérience de vos maux, à compatir aux maux des autres, fén. Tél. xxiu. On sait compatir aux peines d'autrui, id. ib. xxi. J'entre dans vos peines et j'y compatis, boss. Lett. Corn. 424. Je sens qu'à sa douleur je pourrais compatir , rac. Bérén. m , 4. Qui ne sait compatir aux maux qu'on a soufferts? volt. Zaïre, ii, 2. || 2" Avoir une tolérance charitable. Compatir à la faiblesse humaine. Il [Dieu] compatit d'en haut à l'erreur qui le prie; X défaut des clartés, il nous compte un désir, lamart. Harm. 1, 6. || 3* S'accorder, vivre avec. Vous dites tous les jours qu'une autre [personne] enfin est toute pétrie d'humeur et de caprice, et que dans l'enceinte de sa maison personne ne peut compatir avec elle, mass. Car. Injust. du monde. Vous vous plaignez que votre frère vous déplatt et qu'il n'est pas en vous de le supporter et de compatir avec lui, id.

dict. de la langue française.

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Car. Pardon des offenses. Ceux qui font sonner le plus haut les défauts de leurs frères, sont ceux mêmes avec qui personne ne peut compatir, id. ib. Tous ensemble [la ligue des Lorrains] aspiraient à gouverner un prince qui, n'étant que dauphin, les faisait tous compatir dans la vue de se soutenir, st-sim. 270, 447. || En parlant des choses, se concilier, être compatible. J'ai expliqué comment cela peut compatir avec la bonté de Dieu, desc. Hép. u. Cette vertu impitoyable ne peut compatir avec votre générosité, voit. Lett. 22. Une étroite amitié l'un à l'autre nous joint; Mais enfin nos désirs ne compatissent point, corn. Attila, i, 3. L'engagement ne compatit point avec mon humeur, mol. D. Juan, m, «. Une paix qui ne peut compatir avec le péché, bourd. Avent, Sur la petit. 206. La pénitence ne compatit pas avec des péchés, boss. Var. 4. On en prend tout ce qui peut compatir avec le sérieux de son état, mass. Aient, Délai. Le respect est de glace et l'amour est de flamme, Ils ne sauraient tous deux compatir dans une ame, chaul. à madame D. L. Madrigal 2.

— HIST. xvi' s. Celui qui demeure longtemps sans se ranger à une telle association, est estimé semblable à un cheval hargneux, qui ne peut compatir avec les autres, lanoue, 297. Cette inhumanité ne peut compatir avec les autres courtoisies de ce prince, d'aub. Hist. i, 47u. Je ne me saurois compatir avec ses humeurs, carl. i, 36. Ces deux grands seigneurs qui ne se pouvoient compatir, jouoient à boute-hors, id. t'6. n, 9. Ils ne sauraient jamais bien compatir ensemble, huant. Cap. (r. t. m, p. 35! , dans lacurne.

— ÊTYM. Provenç. compatir; ital. eompatire ; du bas-latin eompatire, dit pour compati, de cum, avec, et pati, pâtir ( voy. pâtir). L'espagnol dit compadecer, de compatiscere.

COMPATISSANT , ANTE ( kon-pa-ti-san , san-t'), adj. || 1" Qui est touché des maux d'autrui. Cette âme bienfaisante Que l'approche des dieux rend si compatissante, volt. Catit. i, 2. || t* Que la compassion inspire, en parlant des choses. Regards compatissants. Pour aimer à donner des soins compatissants, volt. Fanât, m, 8.

— ÊTYM. Compatir.

COMPATRIOTE (kon-pa-tri-o-t'),*. m. et (. Il se dit de personnes qui ont une patrie commune. C'est ainsi à peu près qu'un Italien, un Français et un Allemand passeraient à la Chine pour compatriotes, fonten. Lahire. Il faut bien quelquefois se battre contre ses voisins, mais il ne faut pas brûler ses compatriotes pour des arguments, volt. Lett. Gallitiin, 19 juin 4773.

— HIST. xvi' s. Que mes frères et compatriotes facent leur profit de la bonne affection que je leur porte , Légende du Cardin, de Guise , Préf. Nous trouverons que, s'il est quelques animaulx moins favorisez en cela [la beauté] que nous, il y en a d'aultres qui le sont plus, voire des terrestres nos compatriotes, mont, h, 201. Retrouvent-ils un compatriote en Hongrie, ils festoyent ceste adventure,

— ÊTYM. Lat. compatriola, de cum, avec, expatria, pâtre.

f COMPATRIOTISME (kon-pa-tri-o-ti-sm') , s. m. Néologisme. Relation de compatriote.

— ÊTYM. Compatriote.

t COMPELLATIH, IVE (kon-pèl-la-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire. Qui indique qu'on adresse la parole à quelqu'un. Particule compellative. || Par quoi on adresse la parole. Phrase, proposition compellative.

— ÊTYM. Latin compellare, apostropher, de cum, et l'inusité pellare; mot fait comme ap-pellarc. , appeler.

t COMPENDIEUSEMENT (kon-pan-di-eû-ze-man), adv. En abrégeant.

— REM. C'est une faute ridicule d'employerun mot qui signifie en abrégeant, pour dire avec détail, sans rien omettre, tout au long. Iln'est passûrque Racine n'ait pas voulu la faire faire à son faux avocat dans ces vers : Je vais, sans rien omettre et sans prévariquer, Compendieusement énoncer, expliquer, Exposer a vos yeux l'idée universelle De ma cause et des faits renfermés dans icelle, rac. Plaid, m, 3. « Au reste, dit M. Géruzez, dans une remarque sur ce vers, compendieusement exprime si bien le contraire de ce qu'il signifie, que bien des gens y sont pris et lui donnent le sens de longuement. »

— ÊTYM. Compendieuse , et le suffixe ment.

t COMPEND1EUX, ECSE (kon-pan-di-eû , eû-z'), adj. Qui est abrégé. || Vieilli.

— HIST. xv s. Jhesu Crist parla par figures, caj

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ycelle manière est plus compendieuse, chhist. db pisan, Hist. de Charles V, m, 68.

— ÊTYM. Latin compendiosus , abrégé, accourci, de compendium (voy. ce mot).

COMPENDIUM (kon-pin-di-om') , s. m. Abrégé. Un compendium de philosophie, de médecine.

— ÊTYM. Lat. compendium, économie, et, par métaphore, abrègement, de cum, et pendere, dépenser : resserrer la dépense (voy. pension).

fCOMPENSABLE (kon-pan-sa-bl') , adj. Qui peut être compensé.

— uist. xvi' s. Compensable, oudin, Dict.

— ÊTYM. Compenser.

t COMPENSANT, ANTE ( kon-pan-san , san-t'), adj. Qui est propre à compenser.

t COMPENSATEUR , TRICE (kon-pan-sa-teur, tri-s'), adj. \\ 1° Qui donne une compensation. || Substantivement. Invoquons sans cesse le contrôle universel; c'est l'unique surveillant, le seul et puissant compensateur de toute constitution vicieuse, mirabeau, Collection, 1. 1, p. 340. || 2° Terme de physique. Pendule compensateur , pendule disposé de manière à demeurer toujours semblable à lui-même malgré les variations thermométriques. || Substantivement. Mécanisme destiné à produire un tel effet. Pendule muni d'un compensateur. || Compensateur magnétique, appareil qui fait connaître les déviations que cause à la boussole l'action du fer employé dans le vaisseau.

— ÊTYM. Compenser.

COMPENSATION (kon-pan-sa-sion : en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de compenser. || Horloge, montre de compensation, horloge, montra munie d'un appareil compensateur. || Terme de marine. Table de compensation, table numérique destinée à suppléer au compensateur magnétique. || Terme de palais. Compensation de dépens, se dit quand chacune des parties supporte les dépens qu'elle a faits, sans que l'une puisse rien demander à Pautre.H 2° Dédommagement proportionné aux avances faites, à la peine prise, au mal souffert. Cela fait compensation. Il y a compensation. Cela doit entrer en compensation. || Système des compensations , système de philosophie , qui prétend qu'au fond toutes les conditions se compensent. On se demande si, en comparant ensemble les différentes conditions des hommes, leurs peines, leurs avantages, on n'y remarquerait pas un mélange ou une espèce de compensation de bien et de mal, qui établirait entre elles l'égalité, ou qui ferait du moins que l'une ne serait guère plus désirable que l'autre, la bruy. ix. 113" Libération réciproque entre deux personnes débitrices l'une de l'autre, de manière que l'une retient ce qu'elle doit en payement de ce qui lui est dû. || Terme de bourse. Substitution d'une personne à une autre, dans un marché à terme. Ainsi, Pierre est acheteur chez Paul et vendeur chez Jean de la même quantité d'une même valeur, mais à des prix qui peuvent être différents; il substitue Jean chez Paul à son nom et évite ainsi de prendre inutilement livraison.

— HIST. xvi* s. Compensation n'a lieu, si la dette qu'on veut compenser n'est liquide et par escrit,

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