‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 340 sur 403 · ROT, V · texte numérisé non relu

ROT, V

f CONCEPTACLE (kon-sè-pta-kl') , s. m. Terme de botanique. Synonyme de follicule. || Organe particulier des champignons, renfermant des sporanges ou thèques.

— ÊTYM. Lat. conceptaculum, réservoir, de conceptum, supin de concipere, recueillir (voy. concevoir).

f CONCEPT ACULAIRE (kon-sè-pta-ku-lê-r'), adj Terme de botanique. Fructification conceptaculaire, fructification qui se fait au moyen de conceptacles.

— ÊTYM. Conceptacle.

t CONCEPTIBILITÉ (kon-sè-pti-bi-li-té) , s. f. Terme de philosophie. Qualité de ce qui est conceptible.

— ÉTYM. Conceplible.

t CONCEPTIBLE (kon-sè-pti-bl') , adj. Terme de philosophie. Qui est propre à être conçu.

— ÊTYM. Lat. conceptum, supin de concipere (voy. concevoir).

f CONCEPTIF, IVE ( kon-sè-ptif, pti-v') , adj. Terme de philosophie. Qui est propre à concevoir. Faculté conceptive.

— ÊTYM. Voy. CONCEVOIR.

CONCEPTION (kon-sè-psion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1" Terme de physiologie. Action par laquslle les animaux sont formés dans le sein de la mère. Chacun a en soi, dès sa conception, la cause qui le détruit. || Se dit au sens actif, de la mère qui a conçu : la conception de la mère ; et au sens passif, dé l'enfant qui a été conçu : la conception de l'enfant. || 2" Terme de théologie. L'immaculée conception, l'opération par laquelle la Vierge fut conçue dans le sein de sa mère sans la tache du ptché originel, opinion récemment élevée au rang de dogme, et qui, durant le moyen âge, avait été combattue ardemment par les dominicains et soutenue ardemment par les franciscains. || La Conception,

CON

fête de la Conception de la Vierge. L'Église célèbre aujourd'hui la Conception. || Filles de la Conception, ordre religieux de filles, d'abord sous la règle de Cîteaux, ensuite sous celle de Ste-Claire. || 3° Terme de philosophie. Faculté de comprendre les choses. Avoir la conception facile, lente. Sa conception était d'autant plus vive et plus nette que, son enfance n'ayant point été chargée des inutilités et des sottises qui accablent la notre, les choses entraient dans sa cervelle sans nuage , volt. Ingénu, 3. | État de l'intelligence qui fait apercevoir certains rapports entre les idées et les objets auxquelles elles se rapportent. || Dans le langage de l'école écossaise, simple appréhension d'un objet par l'intelligence. || 4° Par extension , création de l'esprit. Cet ouvrage est une des plus belles conceptions de l'esprit humain. Les conceptions de vos lettres sont fortes, balz. liv.l, lett. t. Les conceptions de vos lettres sont conformes au sens commun de ceux qui ont le jugement relevé , id. t'h. Pour en parler, nous ne pouvons avoir de conceptions assez hautes, boss. i, Pass. 1. Fade discoureur qui cherche quelques femmes auprès de qui il puisse se parer de son bel esprit ou de sa philosophie , et mettre en œuvre ses rares conceptions , la bruy. v. Ceux-là seuls seront les vrais amis du peuple qui lui apprendront qu'aux mouvements qui nous ont été nécessaires pour sortir du néant doivent succéder les conceptions propresà nous organiser, Mirabeau, Collection, t. m, p. 362. Le caractère d'Hebadona [dans la Messiade de Klopstock] est une conception heureuse, chateaub. Génie, il, i, 4.

— HIST. xiv* s. Convient arester leur maie conception et voulenté , Ordonn. des rois de France, t. m, p. 347. || xvi* s. Zenobia ne recevoit son mary que pour une charge; et cela faict, elle le laissoit courir tout le temps de sa conception [grossesse], mont, i, 226. Cela surpasse la conception et le désir mesme de la philosophie, m. i, 235. Mes conceptions et mon jugement ne marche qu'à testons, id. i, tBB. Soubs une si vile forme, nous n'eussions jamais choisi [aperçu] la noblesse et splendeur de ses conceptions admirables [deSocrate], id. iv, 192. Son parler semblablement , pour les bonnes conceptions et les beaux discours qu'il contenoit, estoit plein de très-utile et salutaire instruction, amyot, Phocion, vu.

— ÉTYM. Provenç. conceptio; espagn. concepcion; ital. conceiione; du latin conceptionetn , de conceptum, supin de concipere (voy. concevoir). L'ancien français disait concevement.

t CONCEPTIONNAIRE (kon-sè-psio-nê-r'), s. m. Celui qui soutient la conception immaculée de la Vierge.

— ÉTYM. Conception.

f CONCEPTUALISME (kon-sè-ptu-a-li-sm'), s. m. Terme de philosophie. Doctrine d'Abeilard, qui était une sorte de moyen terme entre le nominalisme et le réalisme, et qui, admettant comme le nominalisme que les idées générales ne sont pas réelles, admettait, comme le réalisme, que, à une idée générale, se joint quelque chose de réel, c'est-à-dire la conception d'un objet particulier appartenant à l'idée générale.

— ÉTYM. Conceptuel.

t CONCEPTUALISTE (kon-sè-ptu-a-li-sf), s. m. Celui qui suivait le conceptualisme.

t CONCEPTUEL, ELLE (kon-sè-ptu-èl , è-1'), adj. Qui est propre à la conception, qui tient à la conception. || Qui est propre au conceptualisme.

— ÉTYM. Voy. CONCEPTION.

CONCERNANT (kon-sèr-nan), prép. Par rapport à, au sujet de. Une loi concernant tel objet. J'ai à vous parler concernant votre ami.

— ÉTYM. Concerner.

CONCERNER (kon-sèr-né) , t). a. Avoir rapport, appartenir à. Cela me concerne. Ce qui concerne votre profession. Ces intérêts nous auraient concernés, si vous n'étiez pas venu.

— REM. L'Académie dit que concerner ne s'emploie pas au passif. Mais, grammaticalement, cet emploi ne fait aucune difficulté : reste donc à consulter l'usage; or on dit très-communément des phrases comme celles-ci : Votre ami est concerné dans cette affaire; Les intérêts concernés par cette mesure.

— HIST. xv* s. Moult lui blasma ses grandes folies, disant que jonesses ne concemoient en quelconque manière le noble lieu dont il estoit venu, Triomphe des neuf preux, dans le Dict. de dochez. || xvi's. Elle ne vous concerne ny mort ny vif, MONT, i, 88.

— ÉTYM. Bourguig. conçarné; du latin concernere.

CON

proprement mêler ensemble, de cum, et cernere, proprement trier, le même que xptvsiv (voy. crise). CONCERT (kon-sêr; le t ne se lie pas: un konsèr agréable; au pluriel, \'s ne se lie pas : des konsêr agréables; cependant plusieurs disent: des konsêr-z agréables),!, m. || 1° Action déconcerter. Ils ne mirent pas assez de concert dans leurs opérations. Elle fait avec le duc de Lorraine une entreprise pour la délivrance du roi son seigneur , dont le succès paraissait infaillible, tant le concert en est juste, boss. Reine d'Anglet. || Action de se concerter; intelligence entre des personnes ou des gouvernements pour arriver à une fin. Le concert européen. Il ne faut pas que M. le prévôt trouble notre concert, boss. Lett. 186. L'infatigable ministre ouvre des yeux attentifs sur tous les tribunaux; animé des ordres du prince, il y établit la règle, la discipline, le concert, l'esprit de justice, boss. le Tellier. Mais surtout qu'un concert unanime et parfait De nos vastes desseins assure en tout l'effet, volt. Catil. il, 6. || En un sens défavorable. Concert frauduleux. || Bon accord. Compteriez-vous pour rien ces entretiens si doux , Ce concert de deux cœurs nés pour souffrir ensemble? ducis, Roméo , i, 2. ]| De concert, d'intelligence, avec ensemble. Et soyons de concert auprès des malades, pour nous attribuer les heureux succès de la maladie, et rejetter sur la nature toutes les bévues de notre art , mol. Amour méd. m , i . On agit de concert avec ces prélats, boss. Rem. On ne pouvait se mouvoir de concert, id. Uist. m , 6. L'effet naturel du grand tragique serait de pleurer tout franchement et de concert, à la vue l'un de l'autre, sans autre embarras que d'essuyer ses larmes, la brut. i. Arasme est de concert avec mes ennemis, crébil. Rhad. v, \. || Sans concert, sans s'être concerté. On ne peut assez louer Dieu de le voir si désabusé des préventions où il a été nourri, et de voir que, sans concert, nous soyons tombés, lui et moi, dans les mêmes sentiments sur tant de points décisifs, boss. Variât. Déf. i" dise. §65. I| Î* Terme de musique. D'abord on a dit concert de musique. Malheureux de n'avoir pu donner un petit concert de musique à.... hamilt. Gramm. 4. Il faut qu'une personne comme vous ait un concert de musique chez soi tous les mercredis ou tous les jeudis, mol. Bourg. Gent. n, 1. 1| Aujourd'hui, absolument, concert, séance où on exécute un certain nombre de morceaux de chant ou de musique instrumentale. Un morceau de concert. Donner un concert. Aller au concert. || Café-concert, café où il y a de la musique. || Concert spirituel , concert qui se donnait, dans le siècle dernier et au commencement de celui-ci, pendant la semaine sainte, lorsque les théâtres étaient fermés, et qui était composé en très-grande partie de morceaux religieux; et aujourd'hui, concert où l'on exécute de la musique religieuse. || 3° Harmonie de plusieurs voix ou de plusieurs instruments. Sans interruption de vos sacrés concerts, X son avènement tous les cieux sont ouverts, rotrou, St Gen. iv, 5. Sans doute leur concert va commencer la fête, rac. Esth. m, 2. Les harpes et les voix célestes forment un concert autour d'elle, chateaub. Génie, l, v, 5. Ils n'ont ni entendu les paroles ineffables dont les concerts des anges retentissent, ni senti les formidables accès d'une fureur divine, montesq. Lett. pers. 97. || Par extension. Tandi6 que dans les airs mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, Et, se mêlant au bruit de la grêle et des vents, Pour honorer les morts font mourir les vivants, boil. Sat. vi. || Un concert d'acclamations. Combien de grands hommes généralement applaudis ont gâté le concert de leurs louanges en y mêlant leur voix I fonten. Newton. || Au pluriel et poétiquement, les chants des poètes, des oiseaux, etc. Les concerts du rossignol. Redoublons nos concerts, mol. Amants magnif. t" intermède. Et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts, lamart. Méd. i, i.

— HIST. xvi* s. Nous avons depuis trente ou quarante ans emprunté plusieurs mots d'Italie, comme concert pour conférence, pasquier, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Ital. concerto (voy. concerter). CONCERTANT , ANTE ( kon-sèr-tau , tan-t' ),s.m.

et /'.Terme de musique. || i° Celui, celle qui chante ou exécute sa partie dans un concert. Derrière la table s'éleva un théâtre chargé de concertants , volt. Louis ZIV, 26. Tous les concertants semblaient animés du même esprit, j. j. rouss. Uél. i, 48. || 2°Fig. adj. Se dit d'un morceau de musique où les difléren es parties récitent ou chantent alternativement, par opposition à celle où une seule récite, les autres ne faisant qu'accompagner. Un duo, un quatuor

CON

concertant. C'est de la musique concertante. Dans la musique concertante, toutes les parties sont obligées. || Morceaux concertants, ceux qui terminent un opéra. || Parties concertantes, celles qui ont quelque chose à réciter dans une pièce ou un concert.

— ÉTYM. Ital. concertante, de concertare (voy. concerter).

CONCERTE, ÉE (kon-sèr-té, tée), part, passé- || i* Combiné, arrangé. L'ordre mal concerté, l'occasion mal prise, corn. Cinna, i, t. Seigneur, se peut-il voir rien de mieux concerté? id. Nicom. v, 6. Votre dessein, madame, était mal concerté, id. Perthar. iv, 2. L'ordre de notre fuite est trop bien concerté, id. Cinna, rv, 5. Sachez que, passant par ici pour aller chercher mon père, une aventure, par le ciel concertée, me fit voir la charmante Élise, mol. l'Avare, v, 6. Mais bientôt en ce lieu par des mots concertés Erichtho [magicienne] fait briller des rayons enchantés, brébeuf, Pharsale, vi. Pourquoi changer l'ordre entre nous concerté? volt Ifort de César, m, 5. || J* Prudent. M. de Turenne, plus concerté que M. le Prince, st-évremond, cité dans poitevin. Il était de grande taille et fort puissant, d'une humeur ambitieuse, et concerté en toutes ses actions, pellisson , Hist. de l'Acad. t. i, p. 290, dans pougens. Il était très-propre à la négociation, d'un esprit souple et adroit, fort concerté et qui ne faisait presque jamais rien sans dessein, ib. p. 306. || 3° En mauvaise part, étudié, affecté. Cet homme est fort concerté. Elle est trop concertée dans ses manières. Un air concerté. Gestes concertés, corn. Othon, H, ). Il n'est pas hors de sa maison qu'il a déjà ajusté ses yeux et son visage, afin que ce soit une chose faite quand il sera dans le public, et qu'il paraisse tout concerté, la bruy. ix. La conduite de ce général était si équivoque, ses démarches si concertées et ses desseins si cachés, qu'on ne pouvait compter sur son secours, vertot, Révol. rom. liv. x, p. 62. Les expressions affectées, Les louanges trop concertées, Sont rarement celles du cœur, lamothe, Odes, 1. 1, p. 400, dans pougens. || 4* S. m. Terme de musique. Style de musique d'église plus brillant que le style sévère à capella.

CONCERTER (kon-sèr-té), v. a. || 1* Projeter de concert avec un ou plusieurs. Oui, mais je ne vois pas encor de sûreté À ce que tous et moi'-nous avions concerté, corn. Sertor. iv, 3. Et n'ont beaucoup duré leurs sacrilèges vies Après les vains projets qu'ils avaient concertés, la font. Poésies mêlées, lxxiv. Il concerte avec vous des entreprises de religion, fléch. Tur. Pour concerter avec lui les moyens de se venger, fén. Tél. ix. || Absolument. Mais j'aurais souhaité qu'en cette occasion L'amour concertât mieux avec l'ambition, corn. Pulch. i, 6. On voudrait bien avoir à concerter avec vous, ross. Lett. quiét. 298. Le roi envoya Chamlay concerter avec le maréchal Catinat, st-sim. (3, )5t. || 2° Terme de musique. Faire un concert, s'accorder. Des voix qui concertent depuis-longtemps, la bruy. xiv. || Par plaisanterie. Puis les gascons et les trois péronnelles Y concertaient sur des tons de ruelles , gresset, Ver-Vert , ni. || 3° Se concerter, v. réfl. S'entendre pour agir de concert. Concertez-vous avec lui làdessus. Les faux témoins qui ont déposé contre lui, ayant eu le temps de se concerter et de s'affermir dans leurs iniquités, volt. Lett. Mme de St-Julien, 4 juin <773.

— HIST. xvi* s. Il emporta quand et soy des arondelles, et les relaschoit vers leurs nids quand il vouloit renvoyer de ses nouvelles, en les teignant de marque de couleur propre à signifier ce qu'il vouloit, selon qu'il avait concerté avecques les siens, mont, m, 96.

— ÉTYM. Ital. concertare, du latin concertare, combattre, disputer, rivaliser, qui a pris dans l'italien un sens détourné, de cum, et certare, fréquentatif de cernere, le même que le grec y.pivsiv (voy. crise).

f CONCERTISTE (kon-sèr-ti-sf) , s. m. Celui qui se fait entendre dans un concert.

— ÉTYM. Concert.

CONCERTO (kon-sèr-to),î. m. Terme de musique. Morceau écrit pour un instrument, avec accompagnement d'orchestre, et composé de manière à faire briller l'artiste qui joue la partie principale. Un concerto de piano, de violon, de flûte. Les plus anciens concertos que l'on connaisse ont été composés pour le violon, ce sont ceui de J. Torelli de Vérone, publiés de (686 à «70»; les premiers concertos de violon étaient destinés à être joués soit à la chambre comme on disait alors, soit à l'église; vers <74o on a commencé à écrire des concertos

CON

COiN

TON

pour le piano, accompagné d'abord par le quatuor d'instruments à cordes, ensuite par l'orchestre; depuis on en a composé pour chaque instrument, Note de H. FARRENC

— REM. L'Académie n'indique pas le pluriel; mais, comme elle écrit des duos, on doit donc écrira des concertos.

— ÊTYM. Ital. concerto (voy. concerter).

t CONCESSEDR (kon-sè-sseur), s. m. Celui qui concède. L'intention du roi concesseur était que tout maie sorti par mâle du maréchal de Brissac recueillît à son droit d'aînesse la dignité de duc et pair,

— ÊTYM. Voy. CONCESSION.

CONCESSION (kon-sè-ssion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Octroi de quelque droit, grâce, privilège. Cette compagnie a obtenu la concession des mines. Tout cela n'est que par concession et privilège, patru, Plaid. 4, dans richelet. || Concession à perpétuité, cession de terrain dans un cimetière. || En langage administratif, contrat entre l'État et les entrepreneurs de travaux publics. || Abandon de biens domaniaux à des particuliers. || Dans les colonies françaises, portion de terrain que le gouvernement accorde à un particulier pour la cultiver et la posséder. Des concessions gratuites, depuis dix jusqu'à trente acres, furent ordonnées en faveur des pauvres qui voudraient se fixer dans les lies, raynal, Hist. phil. xiv, 43. Un jeune nègre cultivait une concession voisine de la cabane, chateaub. Natch. ix, 382. || 2° Désistement de ses prétentions, de ses opinions. Il vous a fait une grande concession. || Terme de rhétorique. Figure par laquelle on accorde à son adversaire ce qu'on pouvait lui disputer. || 3" Terme de blason. Armes de concession, armes données par des princes, prises dans leurs propres armes et ajoutées à celles de la personne favorisée.

— HIST. XVI* s. Concession, amyot, Eum. <6.

— ÉTYM. Provenç. concession; espagn. concesion; ital. concessione ; du latin concessionem, de concession, supin de concedere (voy. concéder).

CONCESSIONNAIRE (kon-sè-si-o-nê-r") , s.m.eif. Celui . celle qui a obtenu une concession. On entend les pas d'une troupe de concessionnaires conduits par Fébriano, chateaub. Natch. h, ^6i.

— ÉTYM. Concession.

CONCETTI (kon-tchè-tti) , s. m. pi. Pensées brillantes, mais que le goût n'approuve pas. Ouvrage rempli de concetti. Les concetti abondent dans cette pièce de vers. Fuyez encor les tours trop délicats, Des concetti l'inutile fracas, bernis, Ép. i, GoxXt.

— REM. C'est une faute d'employer ce mot au singulier, et de dire : cette pensée est un concetti; on ne peut , vu l'étymologie , l'employer qu'au pluriel.

— ÉTYM. Ital. concetti, pluriel de concetto, pensée brillante, de concetto, conçu, de concipere (voy. concevoir).

CONCEVABLE (kon-se-va-bl') , adj. Qui peut être conçu, compris. Seigneur, un tel succès à peine est concevable, corn. Héracl. v, 8.

— ÊTYM. Concevoir.

CONCEVOIR (kon-se-voir) , je conçois, tu conçois, il conçoit, nous concevons, vous concevez, ils conçoivent; je concevais; je conçus; je concevrai; je concevrais; conçois, concevez, qu'ils conçoivent; que je conçoive, que tu conçoives, qu'il conçoive, que nous concevions, que vous conceviez, qu'ils conçoivent; que je conçusse; concevant; conçu, v. a. || 1" Devenir enceinte, en parlant de la femme et des femelles des animaux. Le sein qui nous a conçus. Un sceptre que jadis vos pères ont reçu De ce fameux mortel que la terre a conçu, rac. l'hèd. il. 2. || Absolument. Dès l'instant qu'une femme a conçu. La sainte Vierge ayant conçu du Très-Haut, boss. il, Concept. || 2" Fig. Former en soi, en son cœur, en son esprit. Et d'apaiser leur dieu j'ai conçu la pensée, rac Athal. n, 6. Et malgré les soupçons que vous avez conçus, corn. Nicom. ni, 8. Le généreux espoir que j'en avais conçu, id. Poly. il, 2. Tu me parles déjà d'un bienheureux retour, Et dans tes déplaisirs tu conçois de l'amour, m. Cinna, iv, 6. L'un conçoit de l'envie, et l'autre de l'ombrage, id. Poly. m, t. Mon esprit en conçoit une mâle assurance, m. Hor. n, t. Sans que tes pareils en conçussent d'effroi, m. Pnmp. iv, 4. Et concevez des vœux dignes d'une Romaine, id. Hor. i, t. Soit afin que les belettes En [des aigrettes] conçussent plus de peur, la font. Fabl. iv, 6. Mon père ignorait jusqu'au nom de Monime Quand je conçus pour elle un amour légitime, rac. Ttlitiir. i, t. J'ai conçu pour mon crime une juste terreur, id. Phèd. i, 3. Mon -oeur même en conçut un malheureux augure, id.

Brit. i, t. N'en aurions-nous conçu qu'une vaine espérance? volt. Zaïre, i, i. || Absolument. Des esprits légers ne veulent pas se donner la peine de concevoir. Pour être clair il ne faut pas concevoir à demi. || 3* Penser, croire. Quant aux raisons d'Etat qui vous font concevoir Que nous craignons en vous l'union du pouvoir, corn. Nicom. n, 3. Il est vrai, je n'ai pu concevoir sans effroi Que Bajazet pût vivre et n'être plus à moi, rac Baj. n, 5. Soit qu'il [l'homme] fût conçu agir en conséquence de la propre nécessité de l'être absolu, boullainvilliers, licfut. de Spinosa, p. 198. || 4" Comprendre, saisir. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement , boil. Art poét. 1. Ils conçoivent une période par le mot qui la commence, la bruy. i. || Absolument. lia l'esprit vif, il conçoit facilement. Comme les yeux ont besoin de lumière pour voir, l'esprit aussi a besoin d'idées pour concevoir, mallebr. Recherche, vi, i. Je ne le conçois point, donc il est impossible, Vrai syllogisme d'ignorant, la motte, Fabl iv, )7. || 5" Se rendre raison de quelque chose, ne s'en plus étonner. Concevez-vous un pareil procédé? Je conçois mal, seigneur, ce qu'il faut ce que j'en pense, corn. Nicom. m, 4. Je conçois vos douleurs, rac Androm. m, 4. Je conçois vos raisons mieux que vous ne pensez, id. Baj. m, 6. J'ai mes raisons, Narcisse, et tu peux concevoir Que je lui vendrai cher le plaisir de la voir, id. Brit. n, 2. Je conçois vos bontés par ses remercîments, id. ib. m, 8. .... J'entends que votre cœur soupire Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire, id. Mithr. i, 5. Vois l'homme en Mahomet; conçois par quel degré Tu fais monter aux cieux ton fantôme adoré, volt. Fanât, i, 4. || Familièrement. Je ne vous conçois pas, je ne devine pas vos intentions. || 6° Rédiger, exprimer. Il fallait concevoir cette clause en termes plus précis. || 7° Se concevoir, v. re'ft. Être formé dans l'esprit, dans le cœur. Les projets qui se sont conçus dans ces moments de trouble. || Être compris, expliqué. Un pareil procédé ne se peut concevoir.

— hist. xii" s. Cil conçut Anseys en la fille au vachier, Sax. iv. E la dame cunchut, e puis returnad à sa maisun, Rois, 4 66. Perisset li jors en cui je fui neiz et la nuiz en cui fut dit : Conciez est li hom, Job, 435. Nekedent [néanmoins] cheient li alkant [quelques-uns] en la voie de montement, car il conzoivent orguille de la vertu, ib. 471. Une virgine, dist-il, conciverat, et si enfanterat un fil, et ses nons sereit Eumanuel apeleiz.... st bern. 629. || xiir* s. L'eure soit ore la maudite, Que povres homs fu conceûsl la Rose, 459. El [Honte] fut fille Raison la sage, Et ses pères otnon Meffez, Qui est si hidous et si lez Qu'onques o [avec] lui Raison ne jut, Mes du veoir Honte conçut, ib. 2866. Maie volenté ke nous arions conchieute, tailliar, Recueil, p. 62. || xrv* s. Le cruelle ire que conceurent ceux deVege, bercheure, f°46, recto. ||xv's. Ces quatre barons de Bretagne qui representoient le duc et qui concevoient bien toutes ces affaires, avoient mis ces doutes en avant, froiss. ii, n, 82. Afin que mieux soient conceutns les choses que j'ai à dire , monsir. liv. i, ch. 47. || xvi* s. Qui eust pensé que l'on peust concevoir Tant de plaisir pour lettres recevoir? marot, i, 370. Ceulx qui ont conceu quelque bonne peur des ennemis, mont, i, 64. Ils sont plus aysez à concevoir qu'un conte de Boccace, m. i, 180. Ils trompent l'espérance qu'on a conceue, id. i, 18). Ce qu'un tesmoing deposoit, ce qu'un juge ordonnoit, estoit conceu en cette forme de parler, id. iv, 4 89. Agis n'advoua point pour son filz l'enfant qu'elle feit, disant qu'elle l'avoit conceu d'Alcibiades, amyot, Agésil. 3. Pompeius, comme voulant reparer à l'envie que l'on en eust peu concevoir contre Caesar, pour l'amitié qu'il luy portoit, dit.... id. Pomp. 8t. [Cette confession fut imprimée] pour en termes exprés et conceus faire renoncer à plusieurs la créance des reformez, d'aub. But. i, 49.

— ÊTYM. Provenç. concebre ; espagn. concebir; ital. concepire; du latin concipere , de cum , avec, etctperepour capere, prendre (voy. capable). Conciet, participe, vient de conceplus; conceu suppose une forme barbare concepùtus.

fCONCHACÉ, ÉE (kon-ka-sé, sée), adj. Terme de zoologie. Qui est pourvu d'une coquille bivalve.

— ÊTYM. Conque.

t CONCHE (kon-ch'), s. f. Nom des seconds réservoirs des marais où se fabrique le sel.

— hist. xvi' s. Et ayant fait une écluse au dit jard, ils ont fait au bout d'iceluy d'autres grands réceptacles, qu'ils ont nommé conches [il sagit de marais salans] , paussy, 262. Le tout mit pied à terre près Zerbi en une conche [anse] nommée Ro-

chelle, où les galères ont accoustumé de faire aigade, d'aub. Hist. i, H 6.

— ÊTYM. On pourrait songer à l'italien concia ou concio, qui veut dire disposition et arrangement, et qui, sous la forme de conche, a été très-usité en fiançais aux xvi'et xvn* siècles pour dire état, disposition. Mais il est vraisemblable que concile est uneautre forme de conque, qui, ayant signifié grand vase, a pu prendre le sens de bassin.

t CONCHICOLE(kon-ki-ko-l'), adj. Terme de zoologie. Qui vit dans ou sur une coquille bivalve.

— ÊTYM. Le latin concha, conque, et colère, habiter.

t CONCHIFÈRE (kon -ki-fè-r'), adj. Terme de zoologie. Qui est muni d'une coquille à deux valves.

— ÊTYM. Le latin concha, conque , et ferre, porter. CONCHITE (kon-ki-f) , s. f. Terme d'histoire

naturelle. Pétrification qui ressemble à la conque ou coquille; c'est une espèce de marne, qui, infiltrée dans des coquilles vides, en a pris la forme. Les anciens oryctographes employaient ce mot pour désigner les coquilles bivalves fossiles, tandis qu'ils désignaient les coquilles univalves fossiles par les termes de cochlite ou cochilite, legoabant.

— REM. Il faut écrire conchite, et non, comme on trouve dans le Dictionn. de PAcadémie, conchyte.

— ÊTYM. Koyxutk, de xôyxI, conque (voy. conque). fCONCHOÏDÂL, ALE (k'on-ko-i-dal, da-1'), adj.

|| 1° Terme didactique. Qui ressemble à une coquille. Des agrégats conchoïdaux. || Cassure conchoîdale (voy. conchoîde). || 2° Terme de géométrie. Qui a rapport , qui appartient à la conchoîde.

— ÊTYM. Conchoîde.

CONCHOÎDE (kon-ko-i-d1). || 1- Adj. Qui ressemble à une coquille. || Cassure concho'de, cassure qui présente des concavités et des convexités imitant l'empreinte de coquilles. || 2" S: f. Terme de géométrie. Nom donné à des lignes courbes, s'approchant toujours d'une ligne droite, sur laquelle elles sont inclinées et qui ne la coupent jamais. L'invention de la conchoîde est due au géomètre grec Nicomède. Bien qu'ils aient examiné la conchoîde, desc Géom. 2. || 3° Terme d'architecture. Profil du fût des colonnes.

— ÉTYM. Koyxoê'S^ç, de x6yxi> conque (voy. ce mot), et eïSoç, forme (voy. idëe).

+ CONCHOPHORE (kon-ko-fo-r") , adj. Terme do zoologie. Qui porte une coquille bivalve.

— ÊTYM. Kô-jx"!. coquille (voy. conque), et çopi;, qui porte.

t CONCHYLIEN , HENNE (kon-ki-Iiin , liè-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui contient des coquilles. || Terrain conchylien, formation supérieure au grès bigarré, composée de couches calcaires et marneuses du terrain triasique.

— ÊTYM. Koyy'JXiov, coquille.

t CONCHYLIOÏDE (kon-ki-li-o-i-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une coquille.

— ÊTYM. Koy/OXiov , coquille, et e18o;, forme. CONCHYLIOLOGIE (kon-ki-li-o-lo-jie), s. f. Terme

d'histoire naturelle. Traité, histoire des coquilles. L'histoire naturelle éclaircie dans une de ses parties principales , la conchyliologie, par Débegenville, Paris, )757.

— ÊTYM. KoyxûX'ov, diminutif de xôyx*)i conque (voy. ce mot), et Xoyo;, discours (voy. logique).

CONCHYLIOLOGISTE (kon-ki-li-o-lo-ji-sf), s. m. Celui qui s'occupe de conchyliologie.

— ÉTYM. Conchyliologie.

f CONCHYLIOPHORE (kon-ki-li-o-fo-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des coquilles.

— ÊTYM. Koy/OAiov, coquille, etçopo;, qui porte. CONCIERGE (kon-sièr-j') , s. m. || 1° Celui qui a

la garde d'un château, d'un hôtel, d'une prison. Concierges étonnés de ces sombres manoirs, Xce roi glorieux ouvrez vos cachots noirs, racan, Psaume 23. || Autrefois, nom d'un office considérable. La reine Isabelle de Bavière avait la garde royale ; d's le 25 février 44)3, elle s'était fait nommer concierge de la conciergerie du palais; ce poste considérable, et quelquefois rempli par les plus éminents personnages, donnait au titulaire la garde du corps ou de la personne du roi , Isabeau de Bavière, par M. vallet de viriville , p. 23. || 2° Portier. Parlez au concierge.

— hist. xiv* s. Le celerier et le concierge de la court le roy, Ordonn. des rois, t vi, p. 6»7. Nous avons commis et commettons le concierge de nostre dit hoslel, t'6. p. 3)3. Au concierge de Beauvais quatre francs, Xénagier, H, 4. || xv' s. Cet hostel, ainsi comme coutume est, il le faisoit garder par un concierge, froiss. in, rv, 28. Elle [sobriété] est propice et de peu assouvie, Aide de sens, et de santé la guette, Garde de corps et concierge de vie, al. cumt., Bréviaire des nobles. || xvr s. Jehan Bonnel,

CON

concherge de la halle , Registre municipal , dans jaobert, Glossaire.

— ÉTYM. Picard, eonchierge; espagn. conserge , bas-lat. consergius, dans un texte de l'an 4406. Ménage le tire de conservare; mais conservare n'a jamais pu donner consergius. Labbe propose le mot hybride con-skarjo, skarjo signifiant en allemand sbirre, sergent; mais la forme du mot et aussi le sens s'y opposent. Diez, qui écarte ces deux étymologies, n'en propose aucune. La présence de la forme consergius, dans un texte aussi ancien que l'an 4 406, ne permet guère d'y voir autre chose que le représentant roman d'un bas-latin conservius, dérivé de euro et servire ; servius donnant serge ou sierge , comme serviens donne sergent. De sorte que concierge ne signifierait que serviteur, terme général déterminé ensuite par l'usage à un sens particulier.

CONCIERGERIE (kon-sièr-je-rie) , s. f. || 1° Charge de concierge dans une grande maison |j Le logement duconcierge. La conciergerie du château. || Autrefois, étendue de la juridiction du concierge du palais du roi. || 2° Prison attenante au palais de justice à Paris.

— HIST. xiv* s. Donné à la conciergerie du bois de Vincennes, Ordonnances des rois, t. vu, p. 675. || XV s. Et sur ce avons premier fait voiries traités et points, et diligemment visiter et à grand et mure délibération tant de ceux de notre sang et grand conseil, si comme prélats, barons, comme de ceux de notre conciergerie et de notre très amée fille l'université de Paris, monstrel. liv. i, ch. (46. || xvt' s. Un prisonnier de qualité estant en nos conciergeries, MONT. H, 32.

— ÉTYM. Concierge.

CONCILE (kon-si-V), *. m. || I* Assemblée d'évêques et de docteurs pour statuer sur des questions de doctrine, de discipline. Les apôtres tiennent le concile de Jérusalem, boss. Hist. I, 40. Telle fut la décision du concile de Latran, le plus grand et le plus nombreux qui ait jamais été tenu, dont l'autorité est si grande que la postérité l'a appelé par excellence le concile général, boss. Variât, xv, § 4 36. || Concile œcuménique ou général, assemblée qui représente toute l'Eglise du monde catholique. Concile national, concile composé des évoques d'une nation. Concile provincial, concile tenu par les évoques d'une province ecclésiastique ; l'archevêque préside. Concile diocésain, assemblée des bénéficiera d'un diocèse ; on le nomme ordinairement synode. |i 2* Actes et décisions des conciles. On a fait plusieurs éditions des conciles.

— HIST. xii* ». Par le conseil Tyebaut a fait li rois escrire, Lesletreset les Chartres fist seeller en cire. Les barons fist venir de trestout son empire; à Meleun en France tint li rois son concire [assemblée] , Roman de Rou, ms. p. 4 23, dans lacurne. Pruveires e diacnes, plusurs en i ot pris, Larruns, murdreUeurs en la rei prisun mis; Qu'areté mult suvent erent par le païs, As cunciles [tribunaux] mené là ù lur «rt asis, Th. le mart. 26. Quand ot [apprend] li reis Henris de la pape conter Qu'il feseit par ses briefs les evesques mander, A Clarendune ad fait sun cuncilie [conseil] asembler, Th. le llart. 65. || xju' s. Et fit assambler un concile gênerai de tous les ordenes desous la loi de Rome, Chr. de Rains, 88. || xvt* s. Les rois ont de tout temps assemblé ou fait assembler synodes ou conciles provinciaux et nationaux, p. pitbou, 40. Les conciles généraux ne se doivent assembler ny tenir sans le pape, toutesfois il n'est estimé estre par dessus le concile universel, n>. 40.

— ÉTYM. Provenç. concili; espagn. et ital. concilio; du latin concilium, assemblée, de même radical que conciliare (voy. concilier).

CONCILI A ULE (kon-si-li-a-bP) , adj. Qui se concilie avec une autre chose, qui ne l'exclut pas. Ces conditions sont conciliables l'une avec l'autre.

— êtym. Concilier.

CONCILIABULE (kon-si-li-a-bu-1') , s. m. || 1° Assemblée de prélats schismatiques ou convoqués irrégulièrement. Ce n'était pas un concile, c'était un conciliabule. || 2° Conférence secrète et où président d'ordinaire des sentiments de malveillance ou d'hostilité. Ce conciliabule où la mort de Jésus fut conclue, boordal. Carémt, ni, Communion pose. 223. Les conciliabules qui se tiennent chez les femmes de chambre, i. j. rousi. Hil. yi. f >.

— *TYM. Le latin toneiliabulum . de conciliare (voy. CONCILIER).

t CONCILIALRB (kon-si-li-6-r') , adj. Qui appartient au concile.

— ÊTYM. Concile.

i C0NCILIA1UEMENT (kon-si-li-ê-re-man), adv. Eu concile.

CON

— ÉTYM. Conciliaire, et le suffixe ment. CONCILIANT, ANTE (kon-si-li-an, an-t'), adj.

Oui est propre & concilier. Homme, esprit, caractère conciliant. Paroles conciliantes.

CONCILIATEUR, TR1CE (kon-si-li-a-teur, tri-s'). || l°S.ro. et/*. Celui, celle qui s'emploie pourconcilier un différend. Le conciliateur crut qu'il viendrait à bout De guérir cette folle et détestable envie [de plaider], la font. Fab. xii, 28. || 2° Adj. Un esprit conciliateur. Éloquence persuasive et conciliatrice. Son esprit était naturellement conciliateur et son âme semblait s'approcher de toutes les autres, montesq. Arsace et Isménie. Leibnitz, génie vaste et conciliateur, voulut que ses ouvrages devinssent comme un centre où se réuniraient toutes les connaissances humaines, turgot, Ébauche du 2* dise, progrès de l'esprit humain, p. 280. || Terme de droit. Le juge conciliateur.

— HIST. xvi* s. La civilité est conciliatrice des premiers abords de la société et familiarité, mont, i, 62.

— ÉTYM. Le latin conciliator, de conciliare, concilier.

CONCILIATION (kon-si-li-a-sion ; en poésie, de six syllabes), s. f. \\ i° Action de concilier. Apporter dans les affaires un esprit de conciliation. Les voies de conciliation sont encore ouvertes. || 2* Terme de droit. Conciliation préalable, préliminaire, tentative de conciliation, comparution des parties, avant l'instance, devant un juge, spécialement le juge de paix, qui cherche à les concilier. Procès-verbal de non-conciliation. || 8* Action de faire concorder ensemble des textes qui semblent en opposition. La conciliation de ces deux articles n'est pas possible.

— ÉTYM. Le latin conciliatio, de conciliare, concilier.

f CONCILIATOIRE (kon-si-li-a-toi-f), adj. Qui a pour but de concilier. Conférences couciliatoires. Moyen conciliatoire. Procédure oonciliatoire.

— ÊTYM. Concilier.

CONCILIÉ, ÉE (kon-si-li-é, ée), part, passé. || 1° Apaisé. Les esprits conciliés par de sages mesures. || 2° Mis d'accord. Ces lois conciliées par une habile interprétation.

CONCILIER (kon-si-li-é), v. a. || 1° Faire disparaître les causes des différends. Ahl laissez-moi l'honneur de vous concilier, volt. Cttil. m, 4. Un intérêt si cher nous doit concilier, id. Triumv. n, 2. Terminer tous les différends d'une manière qui conciliait les intérêts les plus opposés, boss. Duchesse d'Orl. Son caractère particulier était de concilier les intérêts opposés, et, en s'élevant au-dessus, de trouver le secret endroit et comme le nœud par où on peut les réunir, id. Anne de Gons. En 4 667, il se fit à Worms, par l'ordre de Charles V, une nouvelle assemblée pour concilier les religions, boss. Variât, vin, § 34. || 2° Accorder des choses qui semblent contraires. Concilier deux textes de lois. Il peut concilier son honneur et sa flamme, rotrou, St Gen. i, 4. La difficulté de concilier l'histoire profane avec l'histoire sainte, boss. Hist. i, 7. Cela suffit pour concilier ce saint docteur avec lui-même m. Rép. Oserai-je dire que lui seul concilie les choses contraires et admet les incompatibles? la bruy. iv. || 3* Rendre favorable à, bien disposer. H lui concilia la faveur du prince. Sa douceur lui a concilié la faveur de tous. Elle s'est concilié l'affection de sa nouvelle famille. |j 4* Se concilier, ». réfl. Entrer en accord, s'entendre. Ces gens-là ne pourront jamais se concilier. Ils délibèrent ensemble , ils se communiquent leurs pensées, ils se concilient, montesq. Esp. vi, 4. || N'avoir plus de contradictions avec... Votre système ne peut se concilier uvec les principes établis.

— SYN. concilier, accorder. Accorder, c'est proprement mettre d'accord, ramener au même ton, à l'unisson ; tandis que concilier signifie uniquement rapprocher. C'est cette différence d'étymologie qui est la cause des nuances que ces deux mots expriment. Concilier les libertés de l'Église gallicane avec les prétentions de la cour de Rome, voudrait dire que par une interprétation on a montré qu'elles ne se repoussaient pas, et qu'au fond elles s'accordaient. Accorder les nnes avec les autres voudrait dire que par un moyen quelconque on les a mises dans un état où elles n'ont plus de dissemblance. Un intérêt commun les concilia, signifiera qu'il leur a ouvert les yeux et leur a fait reconnaître qu'au fond rien d'essentiel ne les séparait. Un intérêt commun les accorda, signifiera qu'il leur a fait faire des concessions mutuelles et qu'ils se sont arrangés pour s'entendre.

— HIST. xvi* s. Cette recordation [d'un grand danger] me concilie aucunement à elle [à la mort] ,

CON

mont, h, 63. Les reconciliateurs des jurisconsultes debvroient premièrement les concilier chascun à soy,

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