PARÉ, XVI
— ÊTYM. Conforter; provenç. confortaliu, confortalieu; espagn. et ital. confortalivo.
CONFORT ATION (kon-for-ta-sion) , s. f. Terme de médecine. Action de conforter.
— ÊTYM. Conforter; provenç. confortatio; espagn. confortacion ; ital. confortasione.
CONFORTÉ , ÉE (kon-for-té , tée) , part, passé. Conforté par un verre de vin vieux.
t CONFORTE - MAIN (kon-for-te-main) , t. m. Terme de droit féodal. Lettres de chancellerie qu'un seigneur féodal prenait pour rendre sa saisie plus authentique.
— HIST. xvi* s. Et peut le dit seigneur féodal, si bon luy semble, par conforte-main du seigneur justicier en la justice duquel est le dit fief, ou du supérieur, faire assener sur iceluy fief, à la confortation et conservation de son droit et main mise, Coust. génér. t. H, p. 452.
— ÊTYM. Conforter, main.
f CONFORTEMENT (kon-for-te-man) , s. m. Action de ce qui conforte; état de celui qui est conforté.
— HIST. xiv* s. Nous n'eûsmes de vous nés [même] un confortement, Guescl. 44638.
— ÉTYM. Conforter; provenç. conforlament , cofortamen; anc. espagn. confortamiento ; ital. confortamento.
CON
CONFORTER (kon-for-té) , ». a. || 1* Terme de médecine. Relever les forces, donner du ton. Cela conforte Festomac. |[ 2" Fig. Relever le moral. Cette raison au moins en mon mal me conforte; Que, s'il n'est supportable, il faudra qu'il m'emporte, rotroi, Ântig. m, ♦. Lorsqu'il est le plus à craindre que ses forces ne viennent à défaillir, on lui soustrait le pain qui doit les réparer et le conforter , bourd. Pensées, t. m, p. 326. || 3* Se conforter, », réfl. Je vous donnerai une bouehée de pain, confortez-vous, volt. Phil. iv, 45. Je me conforte dans mes disgrâces en buvant de meilleur vin que.... id. Lett. en verset en prose, 77.
— HIST. xu* s. Pour sol la mort un peu [il] se conforta [l'espoir seul de la mort le reconforta] , Ronc. p. 85. Beaux sires rois, de ce vous confortez, ib. p. tôt. Si [je] m'i confort [en son souvenir], quand ele m'est loingtaine, Coud, vui. Quant plus me truis [trouve] pensis et esgaré, Plus [je] me confort as biens dont ele est pleine, ib. xiv. Car uns huem vint à li, qui mult le conforta, Th. le mart. 400. || xiu* s. Je chanterai, car plus ne m'en puis taire, Pour conforter ma cruel aventure, Romancero, p. 425. Pour conforter sa fille, [elle] s'est delez lui [elle] assise, Derle, lxxvi. Ceste espérance le conforte, Et cuer et talent li aporte De son cor à martire offrir, la Rose, 2633. Si comme cascune partie allègue resons de droit et de fet ou de coustume, por conforter l'entention, beaum. vu, 15. || xiv* s. Nul ne doit son ami conforter ne soustenir en erreur, oresme, Eth. n, 4 0. Comme se il voulsissent par ce les bons atraire et conforter en bien, et les malvais retraire de mal faire et leur deveer, id. ib. 7ï. || xv* s. Confortez-vous, et votre gentil fils aussi, car je vous tiendrai ma promesse, fboiss. i, i, 44. Si se mit en bon convenant; car il estoit hardi chevalier et conforté durement, id. i, i, 481. Ledit conte Campobache conforta [appuya] ceste parolle, comm. v, 6. || xvi* s. Il deffend les opprimez, il conforte les affligez, bab. Garg. i, 4o. Quand il revient, chacun est conforté, marot, m, 20. 11 aimoit mieux gagner de l'argent, en le confortant en ses folies, que de faire office d'un bon serviteur, marg. Nouv. xlii. Théodore de Beze et quelques uns de ses compagnons lui firent une très sage et belle remonstrance, pour le conforter en sa resolution, lanoue, 665. La pointe de la main droite estoit confortée par un quarré de mille chevaux lanciers, d'aub. Hist. n, 392. Ces peuples, soubs des mains qui eussent conforté et promeu les bonnes semences que nature y avoit produict, mont, iv, 49. Chascun , à qui mieulx mieulx, va plastrant et confortant cette créance receue, de tout ce que peult sa raison, qui est un util souple , contournable , et accommodable à toute figure, id. n, 284.
— ÊTYM. Confort; provenç. et espagn. confortar; ital. confortare.
f CONFRATERNEL, ELLE (kon-fra-ter-nèl , nè-P), adj. De confrère, en parlant des membres d'une même confrérie, d'une même corporation, d'une même compagnie. Les égards confraternels. Il eut I toujours pour moi des sentiments tout à fait confraternels.
— ÊTYM. Corn, et fraternel.
CONFRATERNITÉ (kon-fra-tèr-ni-té), s. f. Relations amicales entre les membres d'un même corps. La nouvelle manière de faire la guerre contribua à abolir ce qu'on appelait la chevalerie, espèce de dignité et de confraternité, volt. Mœurs, 97.
— HIST. xiv* s. Comme plusieurs personnes meues de devocion et autrement, pour le remède de leurs âmes, aient donné et laissé ça en arriéres plusieurs choses es biens aux chappellains de la compaignie et confraternité de l'église de Laon, Ordonn. des rois de Fr. t. v, p. 274 . || xv* s. Confraternité de la jarretière [ordre de chevalerie], froiss. liv. i, p. 44 4, dans lacurne.
— ÊTYM. Com, et fraternité; provenç. confraternitat ; espagn. confraternidad ; ital. confraternità.
CONFRÈRE (kon-frê-r1) , s. m. Chacun des membres d'une confrérie, d'une corporation, d'une compagnie. Le médecin Tant-pis allait voir un malade Que visitait aussi son confrère Tant-mieux, la font. Fab. v, 4 2. || C'est son confrère en Apollon, c'est un poète comme lui. || Dans la communauté de l'Oratoire, confrère est un jeune clerc qui n'est pas encore prêtre.
— SYN. confbêbe, collègue. L'idée d'union est commune à ces deux Urmes; mais elle y est présentée à deux points de vue différents. Les confrères appartiennent à une même corporation soit religieuse, soit littéraire, soit politique, soit professionnelle;
CON
les collègues remplissent les mêmes fonctions : des académiciens, des avocats, des médecins sont confrères et non collègues ; des préfets, des magistrats, sont collègues et non confrères. Dans leurs relations particulières les sotaires sont confrères; ils sont collègues dans leurs actes.
— HIST. xiii* s. Quant nos recevrons à confrères, Premièrement otriera Que jamais char ne mengera, Ren. 4 ooa. || xvi* s. C'est par la vanité de cette mesme imagination qu'il [l'homme] s'eguale à Dieu.... qu'il se trie soy-mesme et sépare de la presse des aultres créatures, taille les parts aux animaulx ses confrères et compaignons, et leur distribue telle portion de facultez et de forces que bon luy semble, mont ii, 4 66.
— ÉTYM. Com, et frère; provenç. confraire, cofraire; catal. confrare; anc. espagn. confrade ; espagn. mod. rofrade; ital. confrate.
CONFRÉRIE (kon-fré-rie), s. f. || 1* Association formée par des laïques en vue d'une œuvre de piété, de charité, de dévotion. Vous [Henri III] faisiez des confréries, des vœux, des pèlerinages, des oratoires, fên.xix,398. Il Confrérie blanche, association qui s'était formée pour combattre les Albigeois. Confrérie noire, celle qui les soutenait. || 2* Familièrement. Ceuxque l'hymen fait de sa confrérie, lakont. Belph. L'époux n'aura dedans la confrérie Sitôt un pied que.... m. Papef. Messieurs les poètes, j'ai l'honneur d'être de votre confrérie, desfont. || Par plaisanterie , la grande confrérie, les maris trompés. En tout cas, ce qui peut m'Ôter ma fâcherie, C'est que je ne suis pas seul de ma confrérie, mol. S90nor.sc. 4 7.
— HIST. xiii* Si vos en apel à Ruen devant dant Huon le doien, Au convent, à la confrairie, lien. 24465. Par vous, par vostre lecherie, Sui-ge mis en laconfrarie Saint Ernol, le seignor des cous [cocus , la Rose, 94 68. Nus ne puet estre mesureres d"
ne de nule autre manière de grain, se il n'a le congiet du prevost des marcheans et des jurés de la confraerie, Liv. des met. 21. Et quant aucuns de celé confrérie mesfesoit à aucun des confrères, li mestre d'icelle confrérie en voloientteuirdroit, Me. dejust. 9. Il xiv* s. Moi et Daniot sommes tout d'une confrarie, Guescl. 10336. || xvi* s. C'est multiplier en confrairie la chose la plus une et unie [l'amitié] , et de quoy une seule est encore la plus rare à trouver au monde, mont, i, 247.
— ÊTYM. Confrère ; provenç. confrairia; catal. confraria; espagn. confradia.
f CONFRICATION (kon-fri-ka-sion), s. f. Terme de pharmacie. Action de réduire en poudre par le frottement. || Action d'exprimer avec les doigts les sucs d'un fruit ou les sucs contenus dans un sac à filtrer.
— ÊTYM. Provenç. confricacio; espagn. confricacion; du latin confricationem , de confricare, de cum, et fricare, frotter (comp. friction).
CONFRONTATION ( kon-fron-ta-sion ) , s. f. Il 1° Terme de procédure criminelle. Action de confronter. Ordonner la confrontation de l'accusé avec les témoins. Onrecommenceraàtravailleràcette chambre [la chambre ardente pour juger l'affaire des poisons] plus tôt qu'on ne pensait; on dit qu'on a bien des confrontations à faire, sev. 403. | a* Par extension. La confrontation des écritures fit reconnaître le faux.
— HIST. xvi* s. Les confrontations du jardin devers le costé du vent de sus, seront prairies, pàlissy, 80. Quant ce fust au recolemens et confrontations des tesmoins,ils se trouvèrent fort variables,
CASTELNAII, 7.
— ÊTYM. Confronter; provenç. confrontatio ; espagn. confrontacion ; ital. confrontazione.
CONFRONTÉ, ÉE (kon-fron-té, tée), port, passé. Les accusés confrontés avec les témoins. || Terme de blason. Se dit lorsque, l'écu étant parti, il y a, dans chaque côté, deux animaux qui se regardent.
CONFRONTER (kon-fron-té), ». o. || 1° Mettre des personnes en présence pour comparer leurs dires. On lui confronta les voisins et les domestiques de la maison, scabr. Rom. com. u, 4 4. Voilà comment Dieu, pour ainsi parler, lui confrontera des troupes de séculiers dont la vie et les exemples feront sa honte et sa condamnation, bourd. Pensée*, t. n, p. 444. || 2° En matière criminelle, mettre en présence des témoins et des accusés, pour constater leurs dires contradictoires. Confronter les témoins à l'accusé, avec l'accusé. On a confronté Penautier à laBrinvilliers, sév. 296. La loi condamnait un homme sans que les témoins lui eussent été confrontés, montesq. Esp. xxvi, 3. A l'instant les conjurés sont saisis et confrontés, dider. Ess. s. Claude et s. Néron.
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Knfin on lui confronta Lesage, et un autre prêtre nommé d'Avaux, voi.t. Louis XIV, 20. On confronta plusieurs témoins au prince, id. Russie, 40. Il 3° Comparer des personnes, des choses pour saisir la conformité ou les différences. Confronter deux écritures, la copie à l'original. Confronter deux étoffes l'une avec l'autre. Je confronte la théorie des savants avec l'expérience des laboureurs, je tâche de corriger oe que je vois de défectueux dans les spéculations des uns et dans la pratique des autres, marmont. Contes mor. Scrup. || Absolument. Une personne qui a lu, médité, consulté, confronté toute sa vie, la bbuy. 11. ||4* V. n. Terme de pratique. Être attenant. Le hois confronte du coté du levant au pré d'un tel. L'Egypte du temps des Perses ne confrontait point à la mer Rouge, montesq. Esp.
xxi, o.
HIST. xvr s. Philippe, fils de l'empereur Maxi-
milien, ou, pour le confronter plus honorablement, père de l'empereur Charles cinquiesme, mont, i, 30. Il fault, à la mode d'une information judiciaire, confronter les tesmoings, id. n, 4 4 2.
— ÊTYM. Corn, et front; provenç. et espagn. confrontât; ital. confrontare.
CONFUS, USE (kon-fu, fu-z'), adj. || 1° Terme de droit. Confondu, réuni. Tels et tels droits sont confus et réunis en sa personne. j| 2" Où l'on ne peut faire de distinction, confondu, indistinct. Un assemblage confus. Un bruit confus s'élève, et du peupla surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits, rac. Athal. n, 2. D'ailleurs un bruit confus par mes soins confirmé, m. Baj. 1, 2. Toute la Grèce éclate en murmures confus, id. Andr. 1, 4. Quelle Babylone est plus confuse que cette église qui se vantait d'être sortie de l'église romaine comme d'une Bahylone? boss. Variât, iv, § 7. || 3° Obscur, embrouillé. Des notions vagues et confuses. Discours, style confus. Que de soucis flottants, que de confus nuages! corn. Poly. m, *. La nature tremblante, incertaine, étonnée, D'un nuage confus trouble sa destinée, id. Héracl. iv, 4. Soit qu'il n'en ait conservé qu'une idée confuse , hamilt. Gramm. 5. Comme si Dieu avait à notre manière des vues générales et confuses, 3t comme si la souveraine intelligence ne savait pas comprendre dans ses desseins les choses particulières qui seules subsistent véritablement, boss. Marie-Thér. Les livres que les Egyptiens et les autres peuples appelaient divins, sont perdus il y a longtemps, et à peine nous en restet-il quelque mémoire confuse dans les histoires anciennes, id. Hist. n, 4 3. Je crois connaître cet homme-là; j'ai une idée confuse de l'avoir vu quelque part, lesage, Gil Bios, îv, 8. Ceux qui habitent cette contrée [la cour] ont une physionomie qui n'est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers qu'ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête, la bruy. vin. Pressentiments eonfus, faut-il que je vous croie? volt. Fanât, m, 3. Un confus souvenir vient encor m'affliger, id. OBdïpe, iv, 4. Il 4° Embarrassé, en raison du sentiment d'une faute, ou par la modestie, la pudeur. Il a été tout confus d'être pris sur le fait. Et je suis plus confus, seigneur, de vos bontés, corn. Cinna, v, 3, Ils ne veulent pas voir leurs ennemis confus, id. JVicom. v, 7. X mes confus regrets soyez donc moins sévère, id. Héracl. m, 4. Et qui, sans se flatter, en secret s'examine, Est de son ignorance heureusement confus, id. Imit. I, 2. Et présentant la foudre à mon esprit confus, Le bras déjà levé, [ils] menaçaient mes refus, rac. lph. I, t. Le corbeau, honteux et confus, Jura , mais un peu tard , qu'on ne l'y prendrait plus, la font. Fabl. 1, 2. Et saintement confus de nos égarements.... rac. Athal. v, 7. De tout ce que j'entends étonnée et confuse, Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse, id. Phèd. a, 2. De mes lâches bontés mon courage est confus, id. Andr. iv, 8. Son coeur entre l'amour et le dépit confus, id. ib. in, 1. 1| Se dit aussi par une exagération de politesse. Je suis confus de vos prévenances. Vous me rendez confus.
— syn. conpds , déconcerté , interdit. L'homme confus est en proie à la confusion , c'est-à-dire à un trouble intérieur qui confond son esprit. L'homme déconcerté a perdu le concert de sa manière d'être, l'arrangement de sa tenue, l'équilibre de son attitude. L'homme interdit a perdu la parole. C'est ainsi que ces trois mots, répondant à l'idée commune de la situation d'un homme embarrassé, la représentent par des traits distincts.
— HIST. xii' s. X tei crièrent li nostre père, e salf sunt fait; en tei espérèrent, e ne sunt confus, Liber psalm. p. 25. Keli conselzne soit confus, cant
CON
il soit multepliet, Job, 443. || xm" s. Adonques fu I.ietart confus ; Que bien set qu'il en a mené Sa charue et aussi ses bues [bœufs], Ben. (7432. || xivs. Et qui de vénerie ne sçauroit respondre, serait confus, ilndus, f"xiv, verso. || xv« s. Le roi Anglois fut tout confus, quand il ouit ce rapport, froiss. i, i, 73. Il xvr» s. Ce ne sera que une dyablerie plus confuse que celle des jeux de Doué, rab. Pant. ni, 3. Les songes confuz, fallaces et inceriains, id. ib. m, 43. Il est Dieu et homme, composé de deux natures unies et non point confuses, calv. Inslit. 374. Les reprouvez ne conçoivent jamais sentiment de la grâce de Dieu qu'en confus, id. ib. 427. Ils sont poussez à prier par un sentiment gênerai et confus de leur nécessité, id. ib. 677. Il ne faut pas craindre qu'il nous veuille frustrer, ou que nostre attente soit confuse [confondue] quand nous viendrons à lui, id. 16. 704. Nostre beauté n'est en son poinct, que confuse avec celle des femmes, puérile et imberbe, mont, m, 286. Les estrangers estans venus d'ailleurs habiter Rome, n'estoient point encore bien meslez, ny entièrement incorporez et confus avec les naturels Romains, amyot, A'umo, 4. Les rues furent toutes confuses et les maisons rehasties sans ordre quelconque, id. Cam. 66. Nicias se trouva si honteux et si confus, qu'il ne sceut que dire, id. Aie. 23. Un grand bruit de voix confuses, ID. Timol. 3s. Si vous voulez disputer avec eux, et par bons et valables argumens de théologie les rendre confus [les confondre], lanode, 63. Quelques réchappez d'Orange les meslent, et, confus avec eux, emportent le chasteau, d'aub. Hist. 1, 447.
— ÉTYM. Provenç. confus; espagn. et ital. confuto;du latin confusus, participe passé de confundere (voy. confondre).
CONFUSÉMENT (kon-fu-zé-man), adv. D'une manière confuse, indistincte. Cet horrible débris d'aigles, d'armes, de chars, Sur ces champs empestés confusément épars, corn. Pomp. t, 4. Les perles avec l'or confusément mêlées, id. llédée, 11, 6. Par un si grand bruit semé confusément, id. Héracl. n, 2. J'avais ouï parler confusément de cette lettre, sév. 843. Les oisillons, las de l'entendre, Se mirent à jaser aussi confusément Oue faisaient lesTroyens, quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement, la font. Fabl. 1, 8. Il [l'ouvrage de Tournefort] est fait pour mettre de l'ordre dans ce nombre prodigieux de plantes semées si confusément sur la terre et même sous les eaux de la mer, fonten. Tournefort. Hier confusément j'en appris la nouvelle, volt. Tancr. m, 4. Fables et vérités, ténèbres et lumière Flottent confusément devant notre paupière, Et l'un dit : c'est le jourl et l'autre : c'est la nuit! lamart. Harm. m, 6.
— HIST. xvi's. Pour reprimer la folie de ceux qui sottement et confusément disputent aujourd'hui du dormir ou de la mort des âmes, calv. Inslit. 25. Confuséement [sans ordre], amyot. Hum. 3). Cela faict, tuoient les chandelles pour paillarder confusément les uns avec les autres, d'aub. Hist. 1, 88. Joinctqu'à l'adventure ay je quelque obligation particulière à ne dire qu'à demy, à dire confusément, à dire discordamment, mont, iv, 438.
— ÊTYM. Confuse, et le suffixe ment; ital. confusamente. Cet adverbe devrait être confusément, l'accent y est venu par abus.
CONFUSION (kon-fu-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Etat de ce qui est confondu, pêlemêle, indistinct. Il n'y a point eu de confusion à cette fête malgré l'affluence. Il est vrai, monseigneur, que je n'ai jamais aimé la confusion ni le désordre, balz. liv. 1, lett. 2. Profitez, pour cacher votre prompte retraite, De la confusion que ma disgrâce y jette, rac. Phèd. v, 4. Dans la confusion que nous venons d'entendre.... id. Mithr.y, t.\\ Confusion des pouvoirs, état d'un gouvernement où les pouvoirs sont mal limités, et, aussi, où les pouvoirs, étant limités, empiètent les uns sur les autres. Il Confusion du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, état politique où la même main réunit ces deux pouvoirs. Dans l'empire des Arabes, le califat présentait la confusion des deux pouvoirs, spirituel et temporel. || Terme de jurisprudence. Confusion de droits et d'actions, ou, simplement, confusion, réunion en une même personne de droits concernant un même objet, de qualités qui s'entre-détruisent. Il Spécialement. Réunion, dans la même personne, des qualités de créancier et de débiteur. La confusion est un mode d'extinction des obligations. || Confusion de part, doute sur la question de savoir à quel père appartient un enfant, quand une femme, se remariant à la fin du troisième mois de son veuvage, accouche six mois et
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un jour après le second mariage. || Année de concision, l'an de Rome 708, où le calendrier fut réformé par l'ordre de Jules César, et qui se composa de 445 jours. H En confusion, dans un état où les choses sont confondues. Les objets paraissent sombres et en confusion le matin aux premières lueurs de l'aurore, fên. Tél. xxiv. Qui croira que, les caractères de l'alphabet ayant été jetés en confusion, un coup du hasard ait rassemblé toutes les lettres dans l'arrangement nécessaire pourdécrire de grands événements? id. Exist. 5. Et d'autres faits de même importance dont les histoires humaines ne parlent qu'en confusion, boss. Hist. u, 1. 1| La confusion des langues, l'impossibilité où les ouvriers de la tour de Babel furent de s'entendre, suivant le récit de la Bille, qui dit que Dieu confondit leur langue qui était la même pour tous, afin de châtier leur orgueil. Il Fig. C'est ici la confusion des langues, locution qui se dit de gens entre lesquels il n'y a point d'entente. || 2" Promiscuité. Abolir le mariage, permettre une brutale confusion parmi les hommes, mass. Aient. Noël. || 3* Troubles publics, ébranlement de l'ordre établi. Dans les confusions d'une guerre civile, avec udo puissance si énorme, un brouillon est à craindre, patru, Plaid. 7, dans RiciiELRT. Est-ce que les temps de confusion ne sont pas encore accomplis? boss. Duch. d'Orl. Que dans cette effroyable confusion de toutes choses, il est beau de considérer ce que la grande Henriette a entrepris pour le salut de ce royaume! id. Heine d'Anglet. La confusion qu'il mettait dans l'Église, id. Hist. n, 4 2. Toute l'Église est remplie de confusion, id. ib. 1, 44. Il En confusion, en bouleversement. Les Gracques mirent tout en confusion, id. ib. m, 7. Le péché mettrait tout en confusion, id. Unité, 1. Ce droit met tout en confusion, il. Avert. 5. ||4°Manquementà reconnaître les distinctions, les différences. Il commit une confusion regrettable, en attribuant à un autre ce qui étaitde votre fait. Confusion de noms , de lieux, de dates, de personnes. || 5° Défaut d'ordre, de clarté. J'espère démêler cette confusion, corn.
Héracl. iv, 6 Chaque illusion Redoublait mon
effroi par sa confusion, corn. Ilor. 1, 3. D'où nau dans ses conseils cette confusion? rac. Atli. m, 3. Cet ordre si nécessaire [dans l'arrangement des végétaux] n'a point été établi par la nature , qui a préféré une confusion magnifique à la commodité des physiciens, et c'est àeuiàmettre, presque malgré elle, de l'arrangement et un système dans les plantes, fonten, Tournefort. || 6' Profusion. Ce sens a vieilli. Il y avait à ce repas une grande confusion de mets. || En confusion, avec profusion. Ce sens vieillit. La nymphe porte un vase d'où tombent en confusion des pièces de monnaie, fén. xix, 464. Le plancher est fait de branches de bouleau ou de pin, qu'ils jettent en confusion pour leur servir de lit, regnard, Fou. en Laponie. || 7° Embarras que cause la honte de quelque faute, de quelque méprise, ou la modestie, ou la pudeur. Vous redoublez ma honte et ma confusion, corn. Hor. iv, 2. Faites son châtiment de sa confusion, id. Cinna, iv, 3. Vous en devriez avoir confusion , mol. Amph. 11, 2. Je n'ai point voulu faire confusion à personne, boss. Vie rel. Dans ma confusion que Koxane , madame, Attribuait encore à l'excès de ma flamme, rac. Baj. m, 4. Le souvenir de son innocence vous a couvert de confusion, mass. Car. Mélange. || En confusion, confus, honteux. J'en suis en confusion pour lui, mol. Précieuses, 6. || X la confusion de, à la grande honte, au grand dépit de. Et, sans attendre d'ordre en cette occasion, Mon zèle ardent l'a prise à ma confusion, corn. Pomp. m, 2. Je le dis à ma confusion, sév. 377. Il faut reconnaître à la confusion du genre humain que.... boss. Hist. 11, 8. X ma confusion, Néron veut faire voir Qu'Agrippine promet par delà son pouvoir, rac. iJrt't. 1,2.
— HIST. xi* s. Nous est venue maie confusion, Ch. de Bol. exc Nouveles De duel [deuil] et de domage et de confusion, Sax. xiv. Drois empereres, dit Do, je suis vostre nom; Si ne volroie voslre confusion, Baoul de C. 242. Nos avons pensé de la confusion de tant de livres, Machab. 11, 2. || xui» s. Confusions covri la moie face, Psautier, f° 80. || xiv* 8. Et disoit que toutes choses sont faites par la controversie des elemens du monde, par quoy il départirent de ce que il estoient ensemble en une confusion, oresme, Eth. 280. Souffrir et endurer très laides confusions pour un bien qui est comme nul ou petit, c'est condition de malvais, id. t'6. 4». Car bataille de mer, c'est grant confusion, Baud.de Seb. 1, 664. Il xvr» s. Ez confusions puUiques [dans les troubles, les malheurs], mont, i, 47. Ces confusions
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méritent d'eitre plustost appellées brigandages que guerres, lanoue, 25. Si ne doit on pas relier les choses selon les convoitises et confusions présentes, id. +7. La discipline et l'entretenement manquant, plus il y a d'hommes, plus il y a de desordre et de confusion, id. 262. Il y a, après, la diversité de rotondes, à double rang de dantele, ou bien fraises à confusion, d'aub. Fcen. i, 2. Je ne vis jamais une telle confusion d'opinions, id. ib. I, 4t.
— ÉTYM. Provenç. confttsio; espagn. confusion; ital. confusione; du latin confusionein, de confusus (voy. confus).
CONFUTATION (kon-fu-ta-sion) , s. f. Réfutation. Il est vieux. —ETYM. Latin eon/i/'afio, decon/utare, confuter. f CONFUTER (kon-fu-té) , v. a. Réfuter. Vieux.
— H1ST. xvi* s. Mais j'ai honte pourtant, Dont tel opprobre on m'a peu imputer, Et que sur champ ne l'ay sceu confuter, marot, iv, 54. Je confuteray, ou plustost vous monstreray , comme d'elle mesme se confute la remonstrance que vous fait le dit marquis, M. DU BELLAY, 490.
— êtym. Latin confulare, de cum, et futare, accuser.
t. CONGE (kon-j') , s. m. || 1° Mesure de capacité chez les Romains, valant 3"', 24. || 2° Vase pour mettre l'huile de morue, lors de la pêche de Terre-Neuve. || 3° Vaisseau de bois ou de métal pour mesurer le minerai.
— ÉTYM. Latin congius.
t 2. CONGE (kon-j') , s. m. Terme de commerce. Variété de thé.
CONGÉ (kon-jé) , s. m. || 1° Libération temporaire ou définitive d'un service quelconque, d'une fonction. On voit Régulus demander son congé au sénat, boss. Ilist. m , 6. N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêta prendre son congé, boil. Êpigrammcs, 35. S'il était nécessaire de demander les bons offices du roi de Prusse auprès de la cour de France, j'y serais d'autant plus autorisé, que, n'étant absent que par congé, vous seriez toujours à son service, volt. Lett. d'Étallonde, 20 déc. 4773. || Dans le langage militaire, la durée légale du service militaire. Mon congé finit dans sti mois. 11 a fait deux congés. || Pour les militaires, acte qui permet de quitter le service ou de s'absenter temporairement du corps. Avoir son congé. Obtenir un congé de semestre. || Pour les fonctionnaires, pour les professeurs, permission de s'absenter. Un congé de convalescence. [| Dans la marine, espèce de passe-port dont doit se munir un capitaine pour aller en mer. || Dans l'ancienne législation, certificat qu'un garçon ou compagnon était tenu de prendre du maître qu'il quittait. || 2° Terme de collège. Intervalle de temps pendant lequel les classes sont suspendues durant l'année scolaire. Un congé de deux jours. Un jour de congé. Pour porter son préfet [d'études] à lui donner congé, J. J. rouss. Ém. iv. || 3" Permission, autorisation. Se marier sans le congé de ses parents. Je ne puis plus rien que par votre congé, torh. Cinna, m, 3. Le secret est à vous et je serais ingrat, Si sans votre congé j'osais en faire éclat, id. Iléracl. n, 2. Mais sans votre congé mon sang n'ose sortir, id. Uor. v,2. Je lui donne.... congé d'être Sosie, mol. Amph. ni, tu. Et si dans quelque chose ils vous ont outrage, Je puis vous assurer que c'est sans mon congé, id. l'Èlour. i, 3. Pour y penser , je ne vous demanderai pas congé , sëv. S4«. Donnez-moi, ajoute-t-elle, congé de m'en retourner à Florence , acquêt. Ligue , u , p. 25. || 4° Permis donné par l'administration des contributions indirectes pour le transport d'une marchandise qui a payé les droits. On peut expédier le vin; voici le congé. || 6° Séparation d'avec une personne. Elle m'a donné congé, d'un coeur déjà tout détaché de la terre, sév. 4 44. || Audience de congé, audience qu'un ambassadeur obtient avant son départ.|| Prendre congé, aller avant de partir saluer les personnes à qui on doit du respect et prendre leurs ordres, ou, simplement, faire ses adieux. J'abandonne Byzance et prends congé de vous, corn. Pulch. m, 4. 11 ne lui permit pas de prendre congé d'elle , id. Sertor. i, 2. Il vous a vue chez la reine quand vous prîtes congé, sév. 4». Ils avaient été prendre congé à St-Germain, id. 408. Télémaque et Mentor prennent congé du roi, fén. Tél. xxiii. || Fig. Prendre congé, renoncer à. Elle a pris congé Et des plaisirs et du commerce, bérano. Mad. Grég. || 6' Terme de droit. Acte par lequel un propriétaire ou un locataire signifie qu'une location cesse. Donner, recevoir congé. Accepter le congé. || Congé faute de plaider, ou défaut congé, jugement par défaut que
le défendeur obtient à l'audience contre le demandeur qui ne se présente pas. || Anciennement , congé de cour, renvoi de la demande. || Terme d'eaux et forêts. Congé de cour, sentence de décharge délivrée à des adjudicataires, || 7° Sortie d'une personne à gages hors de condition. Ce domestique a demandé son congé. L'on me donne aujourd'hui mon congé, mol. Femmes sav. H, 6. || Par extension. Donner à quelqu'un son congé, cesser de le recevoir, ne pas accueillir ses prétentions. Ce jeune homme recherchait une telle jeune fille, mais les parents lui ont donné son congé. Il avait donné congé à sa maîtresse, hamjlt. Gramm. 4. Votre frère a eu son congé de Ninon, sév. 37. Rustic eût dû donner congé.... à semblable écolière, la font. Diable. J'ai ma pipe et vos embrassades; Venez me donner mon congé [me voir inourirj, bêrang. Vieux caporal. || Prendre son congé, se retirer, s'éloigner. || 8" Terme d'architecture. Nom de quarts de rond creux, qui font raccordement entre le fût d'une colonne et la ceinture. || Transition entre une moulure et un parement. Outil de menuisier qui sert à former cette moulure. || Terme de serrurerie. Espèce de renfort évidé. || Proverbe. Pour boire de l'eau et coucher dehors, on ne demande congé à personne.
— HlST. «• s. E s'il passe la devise [règle] sans le congé à la justice.... Lois de Guill. 6. Sire, dist Guenes, donez mei le cungied , Ch. de Roi. xxv. Prenent conget, à cel mot s'en tornerent,t'6. cxciv. || xu* s. Congié [permission] [je] demande à Guibor l'honorée, Honc. p. 484. Je n'ai congié que plus raison [je] vous die, ib. p. 474. Et comment Conviendra-il qu'à la fin congié Jje] prenne? Couci, xxu. Et s'il ne fust de remanoir viltance Et reproche, j'alasse demander X ma dame congié de demeurer, ib. xxiv. Senz le congié le rei ne deûst nuls duner Igliseen tut sun fin.... Th. lernart. 69. || xin*s. Dont pristrent li message congié à l'empereour Kyrzac villeh. lxxxvii. Congié [elle] a pris du roy, si prent à souspirer, Berte, xvn. Et grant foison de chevaliers et de pucieles prendent cougiet au Roi et passèrent mer, Chr. de Rains, p. 43. Quant li castelains vit qu'il ne le pooit retenir', si li octria lo congiez , ib. p. 65. La charretée doit de coutume quatre sols et seize deniers de congié , Liv. det met. 273. Sovent me semont [Bel-accueil] d'aprochier Vers le bouton et d'atouchier Au rosier qui l'a voit chargié ; De ce me donnoit-il congié, la Rose, 2886. Di, Faus semblant, par quel congié Es-tu venu en ma présence? ib. 4 0608. Qui done congié [congédie] à son sodeer [soudoyer], et il ne le paie de ce que il li deit de ses sodées, et il U die.... Ass. de J. i, 2io. Et elle entent qu'elle se peut marier sans congé prendre vers vos, ib. i, 265. Et ot cascuns congié de soi marier aillors, beaum. xviii. 48. || xv* s. Quand le roi les assiegeoit à puissance et ils veoient qu'ils ne pouvoient eschapper, ils se boutoient en ces croûtes [grottes, souterrains] et s'en alloient sans prendre congé, proiss. h, m, 23. Il suffit, dit le sire de Corasse; or va, je te donne congé pour celle nuit, id. ii, m, 22. Et nous emmenèrent avec eux bien une lieue loin, pour doute que nous ne le vous notifions trop tost, et puis nous donnèrent congé de le vous venir dire, id. i, i, 44. Le roy d'Angleterre commanda qu'on donnast congé à ce varlet [qu'on lui rendît la liberté], comm. iv, 7. Le roy leur respondit [aux envoyés], et puis leur donna congé, m. iv, 8. Ung marchant, lequel luy estoit venu demander ung congé pour tirer une quantité de vin de Gascongne sans rien payer, id. rv, 40. || xvi* s. Pantagruel, prenant congié du bon Gargantua son père , monta sus mer au port de Thalasse, rab. Pont, rv, 4. 11 veint luy demander congé de se faire mourir, mont, i, 82. Néron, prenant congé de sa mère qu'il envoyoit noyer, m. i, 270. Ils ont leur congé, au plus loing, à vingt et deux ans, m. m, 286. Branle et congié [sorte de pas ou figure de danse] je fays en toute humblesse, Touchant pas simple, ung tout seul je n'en lesse, i. marot, v, 270. Qu'il faisoit deshonneur à Sparte, de vouloir enlever ce corps de Lysander par le congé et la mercy des ennemis, amyot, Lysand. 66. Par quoy il donna congé à ces conducteurs barbares [il les congédia], id. Lucull. 37. Au congé prendre, il luy envoya de beaux et riches presens, qu'il refuza, id. ib. 39. Je te donne congé de porter ces afûquets d'or comme à un fol, m. Artax. 6. Frontenac, en lui quittant le nom et la principale charge de la guerre, portoit sa part du fardeau , comme aussi Lanoue lui quittoit l'authorité des sauvegardes et des congez de mer, d'aub. llist. n, 438.
— ÉTYM. Wallon, cangi; provenç. comjat, con-
jat; catal. comiat; ital. congedo; du latin commnlusy de commeare. aller, s'en aller, passer, de cum, et m«we, aller (voy. méat); l'e ou l't se changeant en j dans ces sortes de mots : somniare, songer, terriens, sergent, etc.
CONGÉABLE (kon-jé-a-bl'), a,dj. Terme de droit. Bail, tenure à domaine congéable, tenure autrefois en usage dans la Bretagne avec faculté pour le bailleur de congédiera volonté le preneur, en lui remboursant ses améliorations.
— HIST. xvi* s. Les maisons, fiefs, domaines congeables dependans du fief noble, et autres terres nobles, soyent d'ancien patrimoine ou d'acquêts, et les meubles seront partagés noblement entre les nobles, Coustum. génér. t. n, p. 826.
— ÉTYM. Ane. franc, enngeer (voy. congédier). t CONGÉDIABLE (kon-jé-di-a-bl'), ad). Qui peut
ou doit recevoir son congé. C'est un des hommes congédiables. || Substantivement. Tous les congédiablés du régiment.
— ÊTYM. Congédier.
CONGÉDIÉ, EE (kon-jé-di-é, ée), part, passé. || 1* Qui a reçu son congé. Les nommes congédiés à la fin du service militaire. || 2* Qui a reçu une audience de congé. Ambassadeur congédié. || 3" Renvoyé hors de condition. Domestique congédié. || 4° Qui a reçu quelque indication de s'éloigner. Congédié sans cérémonie.
t CONGÉDIEMENT (kon-jé-di-man), ». m. Terme de marine. Renvoi soit du capitaine, soit des gens de l'équipage.
— êtym. Congédier.
CONGÉDIER (kon-jé-di-é), v. a. || 1* Délivrer un congé à des soldats, à des marins. Congédier des troupes. Je voulais sur-le-champ congédier l'armée, rac. Iphig. i, 4. Pendant que le parlement songe à congédier l'armée, cette armée réforme elle-même à sa mode le parlement, boss. Reine d'Anglet. || 2* Congédier un ambassadeur, lui donner l'audience de congé. || 8" Indiquer qu'on veut que quelqu'un se retire. Après m'avoir expliqué ce qu'il voulait, il m'a congédié. Le cruel I de quel œil il m'a congédiée ! rac. .dndr. v, 4. Il y a dans les cours deux manières de ce que l'on appelle congédier son monde ou se défaire des gens, se fâcher contre eux ou faire si bien qu'ils se fâchent contre vous et s'en dégoûtent, la bruy. vm. || Congédier sa suite, renvoyer les personnes dont on est accompagné. Si d'un coupable espoir mon âme était séduite, Aurais-je,augré du roi, congédié ma suite? delrieu, Artax. u, 7. || Écarter les prétentions. Il recherchait telle fille en mariage, mais on l'a congédié. || 4° Donner son congé à une personne en condition. Il a congédié ses domestiques. || Terme de fauconnerie. Congédier l'oiseau, cesser de l'employer.
— HIST. xu* s. E Samuel à itant les cungead, puis chascuns al suen turnad, flots, 28. || zin's. Issiez tantost hors de ma terre. Quar vous en congié sans doute, Et la vous vée et deflens toute, Fabl. et contes anc. t. iv, p. 3(>4.||xv*s Que vous laissiez le voyage qu'avez commencé, en congiant vostre ost, monstrel. liv. I, ch. 481. Et pour ce que ils disoient que on pourrait avoir aulcun mauvais soupçon sur eux pour ce que ils estoyent congédiés de son service, il voult que bonnes lettres eussent, Bouciq. iv, ch. 9.
— KTYM. Congé ; provenç. conjiar. L'ancien français est congeer ou congier; plus tard une consonne a été intercalée : c nyé-d-ier.
t C0NGÉLAB1L1TE (kon-jé-la-bi-li-té), *. f. Qualité de ce qui est congelable.
— ETYM. Congelable.
t CONGELABLE (kon-je-la-bl'), adj. Qui peut se congeler. Ces réservoirs d'eau [étangs qui ne gèlent jamais dans le Haut-Canada] non congelables sont souvent formés par les castors eux-mêmes, chateaub. Amer. 4 28
— ÊTYM. Congeler.
t CONGÉLATEUR (kon jé-la-teur) , s. m. Appareil servant à congeler un liquide en l'entourant d'un mélange réfrigérant.
— ÊTYM. Congeler.
fCONGÉLATIF, 1VE ( kon- jé-la-tif, ti-v"), adj. Qui produit la congélation.
— HIST. xvi* s. Les eaux congelatives qui se lapident au dedans des tuyaux, palissy, 446,
— ÊTYM. Congeler.
CONGÉLATION (kon-gé-la-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f.\\ 1* Action de congeler, c'est-àdire réduction d'un liquide à l'état solide, par la soustraction d'une partie de son calorique latent. Congélation de l'eau, du mercure, etc. || 2° Résultat de cette action. Cinquante degrés au-dessous de la
CON
CON
CON
congélation, volt. lett. à Cath. 4 27. Par une singularité remarquable ce maximum [de densité de l'eau] ne répond point au degré de congélation, mais au-dessus, vers quatre degrés de thermomètre, laplace, Expos. i, 44. Le temps que chacun des pôles emploie chaque année à se charger de ses congélations ordinaires, Bernard, de s.-p. Étude, 4. || 3° Mortification des parties vivantes par l'effet du froid. La congélation des orteils. || 4° Abusivement. Action de se coaguler, de se figer. La congélation d'une huile. || 6° Stalactite ou concrétion calcaire qui se forme dans certaines grottes. || Terme d'architecture. Ornements imitant les glaçons et employés pour décorer les fontaines.
HIST. xiV s. La prime congélation Du mercure,
est donc mine à plomb, Traité d'akh. 335. || xvi* s. On n'appelle point le lait fromage auparavant sa congélation, palissy, 356. Pourriture, corruption, peituisement, congélation des dents, paré, iv, 27. De la stup»ur, congélation ou endormissement des dents, id. ib.
— ÉTYM. Provenç. congelacio; espagn. congélation; ital. congelaiione ; du latin congelationem , de congelare, congeler
CONGELE, ÉE (kon-ge-lé, lée), part, passé. Les frimas congelés sont les seules guirlandes Qui garnissent la roche où nous nous enfonçons, lamart. Joe. m, 417.
CONGELER (kon-ge-lé. L'e muet de ge se change en è devant une syllabe muette : je congèle, je congèlerai; mais on ne voit pas pourquoi il ne se conjugue pas comme appeler, avec deux l, ou appeler comme congeler avec l'accent grave), v. a. || 1° Faire passer un liquide à l'état de glace. Le froid congèle l'eau. || 2° Abusivement, figer, coaguler. 11 faut un trèspetit abaissement de la température pour congeler l'huile d'olive. || 3° Se congeler, v. réft. Être mis à l'état de glace. L'eau se congèle à la température zéro. || Se coaguler. Le bouillon de jarret de veau se congèle en un moment.
— HIST. congeler, coaguler, figer. La congélation est le produit d'un abaissement de température au-dessous de zéro. La coagulation ne suppose aucun abaissement de température; elle se produit par la chaleur, par des acides, par la présure, et convertit le liquide en un» masse tremblante, peu solide. La présure coagule la lait; la chaleur coagule le blanc d'oeuf. Se figer est dû à l'action d'un refroidissement, mais sans qu'il soit nécessaire de descendre à zéro, et d'ailleurs ne sa dit que des liquides gras: l'air froid figa la graisse des viandes. L'eau se congèle et ne se coagule ni ne se fige; l'albumine se coagule; l'huile se fige; c'est par abus qu'on dit qu'elle se congèle.
— HIST. xiv* s. Mieulx te vauldroit faire un autre office Que tant dissoudre et distiller Tes drogues, pour les congeler Par alambics et descensoires, Nat. à l'alch. 38. || xvi' s. Quand les sauniers ont mis l'eau de la mer en leurs parquetages, pour la faire congeler à la chaleur du soleil et du vent, palissy, ig3. Sur alla en tomba une goutte [d'ambre], Qui tout à coup se congela, marot, in, 4 63. Sang congelé et espandu dessus ladure-mere, paré, vin, 18.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. congelar; ital. congelare; du latin congelare, de cum, et gelare, geler.
t CONGÉMENT (kon-jé-man) , s. m. Terme de coutume. Renvoi du preneur à bail congéable par le bailleur.
— ÉTYM. Congé.
t CONGÉMINATION (kon-jé-mi-na-sion), s. f. Terme didactique. Formation double et simultanée.
— HIST. xti* s. Congemination, cotgrave.
— ÉTYM. Latin cum, et geminatio, doublement.
CONGÉNÈRE (kon-jé-né-r"), adj. Terme didactique. Qui est de même genre. || Terme d'anatomie. Muscles congénères, ceux qui concourent à produire le même effet; par opposition aux muscles antagonistes, qui agissent en sens contraire. || Terme de physiologie. Hybridité congénère, hybridité produite par deux animaux appartenant à un même genre.
|| Terme de grammaire. Se dit des mots de la même famille.
— HIST. xvi* s. Aux parties où les muscles congénères sont égaux en grandeur, force et nombre, paré, vin, H.
— étym. Latin longeneris, de cum, avec, et genus, genre (voy. genre).
CONGÉNIAL, ALE (kon-jé-ni-al, a-1'), adj. Qui s'accorde avec le génie de.... Des amusements congéniaux a son âge. Bonaparte se tourna vers l'Orient, doublement congénial à sa nature par le despotisme et l'éelat, chatkadb. cité, dans las Dictionnaires.
— REM. L'Académie a confondu congénial avec
congénital qui a un sens tout différent (voy. congénital).
— ÉTYM. Latin cum, et genius, génie (voy. ce mot) : qui est de même génie, de même caractère.
CONGÉNITAL, ALE (kon-jé-ni-tal, ta-1'), adj. Terme de médecine. Qui naît avec. Maladie congénitale. Déplacements congénitaux.
— REM. L'Académie dit congénital ou congénial. C'est une confusion vicieuse. Congénial dans le sens de congénital serait un barbarisme ; ces deux mots ont une signification et une origine différentes.
— ÉTYM. Latin cum, et genitus, né (voy. génital): né avec.
t CONGÉRIE (kon-jé-rie), s. f. Terme de rhétorique. Synonyme d'accumulation.
— ÉTYM. Latin congeries, amas, de cum, et gerere, porter.
t CONGESTIF, IVE (kon-jè-stif, sti-v" ) , adj. || 1° Terme de botanique. Préfoliaison congestive, celle où le limbe das feuilles est replié irrégulièrement sur lui-même. || 2* Terme de médecine. Qui a rapport à la congestion.
— ÉTYM. Voy. congestion.
CONGESTION (kon-jè-stion) , s. f. Terme de médecine. Afflux du sang dans les vaisseaux d'un organe d'ailleurs sain.
— SYN. congestion, engorgement. La congestion est l'effet de l'exagération des forces circulatoires dans un organe. L'engorgement est un résultat passif dans la distribution des liquides.
— HIST. xvi* s. Les causes de3 apostemes sont fluxion et congestion, paré, v, 4.
— ÉTYM. Latin congeslio, de congestum, supin de congerere, amasser, de cum, et gerere, porter (voy. gérer).
f CONGESTIONNER (kon-jè-stio-né), ». a. Terme de médecine. Amasser, accumuler par congestion. || Se congestionner, ». réft. Recevoir par congestion un afflux de sang.
— ÉTYM. Congestion.
CONGIATRE (kon-ji-ê-r'), *. m. || 1* Distribution extraordinaire d'argent ou de vivres que les empereurs romains faisaient au peuple. || Adjectivement. Il y avait sooo Juifs à Rome qui recevaient les libéralités congiaires de blé, volt. Phil. v, 304. || 4* Vase qui tient un congé.
— ÉTYM. Latin congiarium, de congius, congé, t CONGLACIATION (kon-gla-si-a-sion), s. f.
Terme de physique très-peu usité. Action de se convertir en glace.
— ÉTYM. Com, et glacer. CONGLOBATION (kon-glo-ba-sion), s. f. Action
d'entasser, d'accumuler diverses choses les unes sur les autres. || Nom d'une figure de rhétorique, qui consiste à réunir plusieurs arguments, plusieurs raisons, pour prouver une même chose.
— ÉTYM. Latin conglobatio, de conglobare, conglober.
CONGLOBÉ, ÉE (kon-g!o-bé, bée), parti passé. Qui est amassé, assemblé. || 1* Terme d'anatomie. Glandes conglobées, les glandes ou ganglions lymphatiques, à cause de leur forme. || 2* Terme de botanique. Feuilles ou Heurs conglobées, les feuilles ou fleura assemblées en boule. || 3° Terme de rhétorique. Accumulé par conglobation.
t CONGLOBER (kon-glo-bé) , ». o. Réunir en globe , en boule. || Se conglober, ». réft. La matière du soleil, longtemps écartée dans l'espace, s'est conglobée, volt. Dial. vu, 4.
— HIST. xvi* s. Par quoy le nourrissement arresté et comme conglobé en lieu estroit, paré, xx, io.
— étym. Latin conglobare, de cum, et globus, globe.
f CONGLOMÉRAT (kon-glo-mé-ra), s. m. Terme de minéralogie. Agrégation de substances diverses.
— ÉTYM. Latin conglomérats (voy. conglomérer).
f CONGLOMÉRATION (kon-glo-mé-ra-sion) , s. f. Action de réunir des substances diverses, des personnes nombreuses. L'administration municipale de Paris fait avec activité d'énormes travaux, des dépenses immenses pour conjurer les dangers d'une conglomération trop continûment at trop rapidement croissante, Presse scientifique, tset, t. i,p. 240.
— ÉTYM. Conglomérer.
t CONGLOMÉRATIQUE (kon-glo-mé-ra-ti-k'), adj. Terme de géologie. Qui contient des conglomérats.
— ÉTYM. Conglomérat.
CONGLOMÉRÉ, ÉE (kon-glo-mé-ré, rée), part, passé. Réuni en peloton. || Terma d'anatomie. Glandes conglomérées, nom donné aux glandes en grappe, à cause de la multitude de granulations qu'elles présentent.
CONGLOMÉRER (kon-glo-mé-ré. L'accent aigu de
mé se change en accent grave, quand la syllal>e qui suitest muette : je conglomère ; excepté au futur et au conditionnel : je conglomérerai, je conglomérerais ; ce qui forme une anomalie regrettable),», a. || i°Terme de physique. Amasser en peloton, entasser. Ils formèrent à leur confluent d'horribles contre-marées qui conglomérèrent les sables, les cailloux.... bern. de s.-p. Étude iv. || 2" Se conglomérer, ». réft. Être congloméré. X chaque position où la force centrifuge devenait égale à la pesanteur, un anneau de matière cessait, dans le plan de l'équateur solaire, de suivre le mouvement de retraite de cette atmosphère [du soleil]; cet anneau se conglomérait tusuite en planète isolée, babinet, Comptes rendus, Ac. des se. t. lu, p. 481.
— ÉTYM. Lat. conglomerare, de cum, et glomerare, pelotonner.
I CONGLUTINANT, ANTE (kon-glu-ti-nan, nan-t'), adj. Terme de médecine. Remède conglutinant, remède qui a la vertu de conglutiner. || Substantivement. Les conglutinants.
t CONGLUTINATIF, IVE (kon-glu-ti-na-tif, ti-v'), adj. Synonyme de conglutinant.
CONGLUTINATION (kon-glu-ti-na-sion), s. f. Action de conglutiner.
— HIST. xvi* s. Conglutination, oudin, Dict.
— ÉTYM. Lat. conglulinatio , de conglutinare , conglutiner.
CONGLUTINÉ, ÉE (kon-glu-ti-né, née), part, passé. Les fragments d'un os conglutinés par le cal.
CONGLUTINER (kon-glu-ti-né), ». a. Joindre deux ou plusieurs corps par le moyen de quelque substance visqueuse qui les tient unis. || Se conglutiner, ». réft. Être conglutiné. Les deux fragments de l'os se conglutinèrent.
— HIST. xiv* s. Tant metez ce jus [d'une plante] à la chaleur du soleil, qu'il se tienne conglutiné et pris comme cire gommée, Ménagier, n, 5. || xv's. Comme raisiné Qui conglutiné Ce qu'elle atrape, Femme est encline, Toujours elle hape Ce qu'elle agrape, le Blason des faulces amours, p. 270, dans lacurne. Il xvi* s. Le second point est approcher les labiés [lèvres d'une plaie] ensemble, d'autant que, si elles n'estoient jointes, ne pourroient se conglutineret reunir, paré, vu, 5.
— ÉTYM. Lat. conglutinare, de com, et gluten, colle (voy. glu).
f CONGLUTINEUX, EUSE (kon-glu-ti-neû, neûz'), adj. Terme de médecine. Visqueux, gluant. Des humeurs putrides, tenaces et conglutineuses, mol. Am. méd. n, 6.
— ÉTYM. Lat. conglutinosus (voy. conglutiner). f CONGRATULANT, ANTE (kon-gra-tu-lan ,
lan-t'), adj. Qui congratule. Ne vous embarquez nullement Dans ces douceurs congratulantes, mol. Amph. ni, 44.
f CONGRATULATEUR, TRICE (ton-gra-tu-lateur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui congratule. || Adjectivement. Un de ces prologues congratulateurs, v. hugo, Notre-Dame, cité par legoarant.
— ÉTYM. Congratuler.
CONGRATULATION (kon-gra-tu-la-sion), s. f
Action de congratuler. Il ne voulait pas recevoir les congratulations des peuples, boss. Hist. n, 8. C'est ce qu'avaient dit publiquement les théologiens dans le synode, et ils n'en avaient pas moins mérité lus congratulations et les louanges de toute cette compagnie, id. Variât, xiv. || Ce mot vieillit; présentement on se sert plutôt de félicitation avec des égaux ou des inférieurs, de compliment avec des supérieurs.
— HIST. xvi" s. H y a certes je ne sçais quelle congratulation de bien faire qui nous resjouit en nous mesmes, et une fierté généreuse qui accompaigne la bonne conscience, mont, m, 259. Le cardinal Ursin avoit esté depesché légat, portant la croix d'or pour venir en France apporter les congratulations d. pape sur le fait de la St Barthélémy, d'aub. Mit u, 71. Il y a de la congratulation, de la complaisance et satisfaction à bian faire, charron, Sagesse II, 3.
— ÉTYM. Lat. congratulatio , de congratulari , congratuler.
f CONGRATULATOIRE (kon-gra-tu-la-toi-r'}, adj. Qui contient une congratulation. Epître congratulatoire.
— ÉTYM. Congratuler.
CONGRATULÉ, ÉE (kon-gra-tu-lé, lés), part, passé.
CONGRATULER (kon-gra-tu-lé), ». a. || 1* Faire un compliment de félicitation. Il congratule Théodème sur un discours, la bruy. Théophr. 6. Toutes les mères, ravies en admiration, congratulèren'
CON
celle-ci d'avoir mis au monde de tels enfants, rollin, Hist. «ne. t. h, p. (16, dans pougens. Colin lui St [à Jeannotj ces lignes pour le congratuler, volt. Jeannot. || 2° Se congratuler, v. réfl. Chacun sortit en se congratulant, J. b. rouss. liv.ï, ép. ts.
— REM. 1. On dit présentement féliciter ou complimenter, sauf quand il y a une nuance de plaisanterie, cas où congratuler est employé; il n'est pas rare en français qu'un mot qui vieillit se dégrade et passe dans la catégorie du langage de plaisanterie. || 2. Voltaire, sur la Théodore de Corneille, a dit (à propos de cette phrase de Corneille : Et certes il y a de quoi congratuler à la pureté de notre théâtre) : « Congratuler à ne se dit plus ; cette phrase est latine: tibi gratulor. » Congratuler à ne se dit plus en effet, mais c'est un archaïsme, comme on peut voir par l'historique.
— HIST. xiv* s. Li latins tramistrent leurs legaz à Rome à conjoïr et à congratuler de la concorde des pères et du plèbe, bercheure, f"69, verso. || xvr*s. Le roi envoyant ses ambassadeurs au pape eleu pour luy congratuler sa promotion, p. pithou, 7.
— êtym. Lat. congratulari, de «n, et gratulari, féliciter, dérivé de gratus, agréable (voy. gré).
t. CONGRE (kon-gr'), *. m. Poisson de mer, de forme semblable à celle de l'anguille, atteignant quelquefois deux mètres de longueur, et constituant un aliment assez bon , quoique peu savoureux (mursena conger, 1..).
— hist. xm*s. Et congres qui sont gros et Ions, Fabliaux, barbazan, t. iv, p. 94. ||xrv*s. Congre: eschaudez-le et estuvez comme une anguille, Ménagier, H, 6. Rost de poisson, gelée, lamproies, congres, ib. n, 4. || xv* s. Chiens de mer, marsouins, saumons, Congres, turboz et leurs semblables, Qui sans escailles sont nuisables, e. desch. Poésies mss. f°485, dans lacurne.
— Etym. Latin conger, congre.
■f 2. CONGRE (kon-gr'), s. m. Garenne à poisson pratiquée en lit de rivière à l'aide de pieux.
— ÉTYM. Peut-être le même que l'ancien français congle, joug, bas-latin conjugla: les congles dont on joint les bues, texte de t 26 5, dans Du Cange; ou plutôt de même radical que congréer, qui, dan6 l'ancien français, signifiait rassembler.
fCONGRÉAGE (kon-gré-a-j'), s. m. Terme de marine. Action de congréer un cordage.
— ÊTYM. Congréer.
f CONGRÉER (kon-gré-é) , c. a. Terme de marine. Entourer un cordage avec du fil, de manière à remplir les vides entre les torons.
— HIST. xni* s. Il se congrient [les vers] es cors par chaleur et par humeurs, ruteb. 257. || xv's. Par guerres et divisions ont peu estre congreées haines et mautalens , chastelain , Exposition sur vérité mal prise.
— ÊTYM. Lat. congregare, rassembler (voy. congrégé). Le terme de métier congréer a gardé , ce qui arrive assez souvent, la forme archaïque du mot. Provenç. congriar.
t CONGRÉGANDINE (kon - gré-gan-di-n'), s. f. Religieuse de la congrégation de Notre-Dame.
— ÊTYM. VOV. CONGRÉGË.
f CONGRÉGÂNISME (kon-gré-ga-ni-sm'), s. m. Néologisme né sous la Restauratiom , pour signifier le système d'opinions opposé au système libéral d'alors, et que la Congrégation voulait faire prévaloir.
CONGRÊGANISTE (kon-gré-ga-ni-sf), *. m.
||i* Membre d'une congrégation de laïques, 'dirigée par des ecclésiastiques. || Chez les Jésuites, un congréganiste se dit d'un écolier, d'un bourgeois qui est de la congrégation de ces pères. || Sous la Restauration, membre ou partisan de la Congrégation. || 2° Adj. Aujourd'hui, dans le langage officiel, on distingue les écoles laïques et les écoles congréganistes dirigées par les frères des écoles chrétiennes ou par les sœurs de diverses obédiences.
— ÊTYM. Voy. CONGRÉGATION.
CONGRÉGATION (kon-gré-ga-sion ; en poésie, de
cinq syllabes), s. f. || 1* Réunion, assemblée. Quand des congrégations de savants se formèrent, l'incrédulité naquit avec l'amour-propre, chateaub. Génie, m, u, 2. Une congrégation d'hommes de tant d'états différents doit faire d'une ville un séjour de délices, rern. dest-p. Ch. ind. || La congrégation des fidèles, l'Eglise romaine. || 2° Compagnie de religieux ou de prêtres séculiers soumis à une même règle. Congrégation d'hommes, de filles. Les bénédictins de la congrégation de St-Maur. || Autrefois, division d'un ordre religieux formée de membres de l'ordre qui, dans son sein «t sous sa règle commune,
CON
avaient un régime et des statuts particuliers. || 3° Confrérie de dévotion mise sous l'invocation d'un saint. || Chez les Jésuites, espèce de confrérie d'écoliers, d'artisans, de bourgeois, qui s'assemblent ordinairement tous les dimanches, dans une chapelle chez les Jésuites, et qui, toutes les fêtes de la Vierge et tous les mois, se confessent au père qui a soin de la congrégation. || Absolument, sous la Restauration, la Congrégation, association religieuse et politique qui passait pour être dirigée par les Jésuites, et qui avait des opinions opposées à celles du libéralisme d'alors. || Salle, chapelle où s'assemblent les congréganistes. || 4° X la cour de Rome, certain nombro de cardinaux et d'ecclésiastiques choisis ou députés par le pape pour éclaircir ou décider quelque affaire qui regarde l'Église. La congrégation des Rites, de la Propagande. || 6" Nom de certaines divisions ecclésiastiques dans les pays protestants. Les ministres sont élus par chaque congrégation.
— HIST. xii* s. Espérez en lui, tute congregatiun de pople , espandez devant lui vos cuers , Liber psalm. p. 79. || ira' s. Et toutes les congrégations et li peules de Paris les convoiierent jusques à Saint- Denis, Chr. de Rains, p. 1 98. Bien est la chose desseignie, Qu'ele avoit à élection La greigneur congrégation, ruteb. il, 77. || xiv* s. Et touz ceulz qui font sacrifices et congregacions pour teles choses, il attribuent honeurs as diex, oresme, Eth. 246. A tout [avec] leur congrégation, Dont je ne fais pas mention, J. bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 10. Sénat n'estoit autre chose que le conseil ou la congrégation des sénateurs où l'on fesoit les ordonences du peuple roumain, bercheure, f" 3. L'ame s'en duelt; ah! coin dolente vie De laisser Dieu en congrégation De telz péchiez 1 E. desch. Intérieur des cours. || xvi' s. Il nous fault discerner l'église de Dieu, de la congrégation des infidèles et des meschans, calv. Instit. 839. Le blasphémateur du nom du Seigneur mourra de mort, toute la congrégation du peuple le lapidera, lanoue, 8. 11 estoit parvenu à entrer dans la congrégation de propaganda fide, d'aub. Vie, cxxix. Et fut arresté qu'il se feroit, en ceste capitale ville de vostre duché de Guienne, une congrégation de tous ceulx de leur ligue; la quelle congrégation nous ne pouvons appeler autrement que une vraie recognoissance de leurs forces, condë, Mémoires, p. 6<9.
— ÊTYM. Provenç. congregatio; espagn. congregacion; ital. congregazione ; du latin congregationem,àe cum. et gregare, de grex, gregis, troupeau.
f CONGRÉGATIÔNALISTE (kon-gré-ga-sio-nalis-t'), s. m. Sectaire chrétien des États-Unis.
t CONGBÉGÉ, ÉE (kon-gré-jé , jée), adj. Terme didactique. Qui est réuni en masses, en tas. || S. f. Ursuline qui ne faisait point de vœux.
— hist. xiv* s. 11 cuident que, à mettre les lois, il ne convient autre chose fors congregier, amasser ou assembler les loys anciennement approuvées, oresme, Elh. 331. || xvi* s. [Il ordonna] De congreger les centaures qui feirent Guerre à Saturne et qui le desconfeirent , J. marot , v, <2. Celui qui promet de faire tout ce que deux ou trois estans congregez en son nom demanderont.... calvin, Instit. 709. La poulie congrege et assemble ses petits poussins, les gardant sous ses ailes, paré, Animaux, 1 2. Les docteurs de la faculté de théologie seront congregés et assemblés , condé , Mémoires , p. 609.
— ÊTYM. Provenç. congregar, congriar; espagn. congregar; ital. congregare; du latin congregare (voy. congrégation).
t. CONGRÈS (kon-grê; Ys se lie : les con-grê-z européens), s. m. || 1° Assemblée de ministres plénipotentiaires , qui se rassemble pour régler certains points de droit international. Assembler, ouvrir un congrès. Qu'en un congrès, se partageant le monde, Des potentats soient trompeurs ou trompés, bérang. Nouv. Diogène. || Nom collectif, désignant le sénat et la chambre des représentants aux États-Unis et en Belgique. || Assemblée des représentants du peuple belge en <83o, munie de pleins pouvoirs pour décider de la forme du gouvernement. || 2°Réunion de personnes qui, appartenant à divers pays ou provinces, se rassemblent pour échanger leurs idées ou se communiquer leurs études sur un objet où elles sont compétentes. Congrès scientifique. Congrès archéologique. Congrès de statistique. Le congrèsdela paix. Le congrès de la propriété littéraire.
— REM. De Caillières, en J690, dit: a Le congrès de Nimègue, etc.; il faut dire l'assemblée de Nimègue. Le mot de congrès, employé pour exprimer une assemblée ou conférence de ministres, est sale et barbare. » Ce qui avait jeté de la défaveur sur ce mot, c'est l'emploi de congrès dans le seus qui suit
CON
(voy. congres 2). Ce sens étant oublié aujourd'hui, congrès est rentré dans le plein usage.
— ÊTYM. Lat. congressus, réunion, de congredi, marcher avec, de cum, et gradi, marcher (voy.