LAVEAUX
— ÊTYM. Voy. CONNEXE.
f CONNECTICOLE (ko-nné-kti-ku-P), s. m. Terme de botanique. Petit organe auquel tient le filet des étamines dans certaines plantes. || Anneau élastique des fougères.
— ÊTYM. Connecter.
f CONNECTIF, IVE (ko-nnè-ktif, kti-V), adj. Terme didactique. Qui unit. || 1° Terme d'anatomie. Tissu connectif, nom donné quelquefois au tissu lamineux. || 2° S. m. Terme de botanique. Organe particulier plus ou moins visible dans une grand nombre de plantes, et qui réunit les deux loges de l'anthère.
— ÊTYM. Connecter.
CONNÉTABLE (ko-né-ta-bl'), s. m. || i" Titre du principal officier dans la maison des premiers rois de France et dans celle des grands feudataires. L'office de connétable de Normandie appartenait au même titre [héréditaire] à la maison du Houmet, comme le reconnaît en H90 une charte du roi Richard, guizot, CttiZirofton en France, t. m, leçon 6°, Paris, 1857. || 2° Titre du commandant général des armées. La charge, l'épée de connétable. La charge de connétable commença l'an 1218 sous Louis Vlll, et fut supprimée en 162*7 après la mort du connéta-. ble de Lesdiguiôres. || Cette dignité avait été renouvelée en France, mais sans aucun pouvoir effectif, dans la constitution impériale du 28 floréal an xn. Le connétable était le cinquième des grands dignitaires de l'empire. || S. f. La femme d'un connétable. Mme la connétable. ||3° Titre hèrédilaire dans certains pays. Le connétable do Castille. ||4° Titre qui se donnait aux gouverneurs de villes, de places fortes. || Dans l'ancienne artillerie, officiers subalternes qui présidaient à la distribution de la poudre, des boulets et de tout ce qui regarde le canon.
— HIST. xtr s. David suivit [passa en revue] sa ost; si fist cunestables sur mil chevaliers, et altres sur cent, Rois, 185. || xm* s. Et li rois l'ot fet conestable De sa meson et de sa table, Ren. 8255. .... Par ce conmença la noise Par mal pechié et par deable Vers Ysengrin le conestable, t'b. 352. Et après li prelas prent le gonfanon dou conestable et le be neist de l'aiguë beneite, Ass. de Jér. i, 31. Lors dit le connestable monseigneur Hymbert de Biaujeu au
I roy que un Beduyn estoit venu, joinv. 223.||xiv«s.
CON
Rçavoir faisons a tous presens et à venir, que sur ce que notre très cher et féal cousin Raoul, comte de Eu, connestable de France, disoit et maintenoit que ceux de nostre lignage, et les prince et prélats, et barons dehors de notre royaume, et toutes manières de gens de cheval et de pié, de quelque condition qu'ils soient , qui prengnent gages ou argent sur nous, lui doibvent telles droictures, comme ses prédécesseurs ou ditoffice ont accoustumé à prendre sur les souldoiers qui prengnent gages, ou argent sur nous, nucANGE, cornes. Hauthomme, nobleetpoisant monsieur de Colesbert, connestable de Boulenois el terroir d'Ostrewit, in. t'b. Ledit Lotart ala querre deux sergens et les mena, ensemble le connestable de la rue ou il demeu roit pour le temps [à Tournay] ,en la maison de laditeJehanne, m. ib. || xv* s. Oloferne connestable de Nabugodonozor roy des Assyriens, le Jouvencei, f" 37. dans laciirne. || xvi* s. Le connestablf: de France a tel droit pour le fait des guerres: premièrement, le connestable est par dessus tous autres, qui sont en l'ost, excepté la personne le roy, se il y est, soient dux, barons, comtes, chevaliers, escuyers, sodoiers tant de cheval, comme de pié, de quelque estât qu'ils soient, et doivent obéir à lui.... Les mareschaux de l'ost sont dessous lui.... Le connestable doit ordener toutes les batailles, les chevauchées et toutes les establies.... Le roi, s'il est en l'ost, ne doit chevauchier, ne les autres batailles chevauchier, fors par l'ordenance et le conseil du connestable, du cange, ib. Le connestable des dis confrères de l'arbaleste avoit intention de faire traire par esbatementà un pié de buef, quidevoit estre mis en hault à un pel, id. ib.
— ÊTYM. Provenç. conestable; espagn. condestable ; portug. condestarel ;Ha\. conestabile; du latin cornes stabuli, comte de Pétable (voy. comte et étable), officier qui, d'abord chargé du soin des étahles dans la maison, devint par la suite chef d'une troupe de guerre, chef général de l'armée et aussi chef de toutes sortes de choses, un territoire, un quartier, une section d'artillerie. Voltaire a donné l'étymologie de ce mot dans son opéra du Raron d'Otrante, H, 3 : Seigneur, je suis baronne, et mon père autrefois Dans Otrante a donné des lois; Il était connétable ou comte d'écurie.
CONNÉTABLIE (ko-né-ta-blie), s. f. || 1* Autrefois la juridiction des maréchaux de France sur les gens de guerre ; et aussi leur juridiction pour les affaires qui regardaient le point d'honneur. Le connétable avait la garde de l'épée du roi, dont il lui faisait hommage lige, et un tribunal nommé la connétablie. || 2° Les gens attachés an tribunal de la connétablie. La parenté, les amis et la connétablie accompagnèrent son corps [de M. de Duras] à S t- Paul, st-sim. 140, 5i. || 3° Compagnie d'hommes de guerre. || Charge du connétable qui commandait ces compagnies.
— hist. xn* s. Il manderont la gent de leur connestablie, Sax. xx. || xm* s. Paor ot grant connestàblic, Et fu à garder establie L'autre porte, qui est assise X main senestre, devers bise, la Rose, 3889. || xv* s. [Dispositions des Hainuyers pour se garder et se défendre] et les convenoit toujours, par nuit et par jour gueter par connestablies les champs et les chemins d'entour la ville, froiss. i, i, 31. Et chevauchoient ordonnéement et par connestablies, chacun sire entre ses gens, n>. i, i, 84.||xvi*s. ....Bien qu'il eust receu dans le chemin unedefence par le prevost de la connestablerie accompagné d'archers portant la casaque, d'aub. Bût. i, 205. Ce fust aux prevosts de l'hostel de la connestablie des mareschaux et des bandes à se retirer, carl. iv, 28.
— ÊTYM. Connétable; provenç. conestablia ; espagn. enndestablia ; anc. ital. conestaboleria.
CONNEXE (ko-nnè-ks'), adj'. || 1* Qui a des rapports intimes avec d'autres choses. Encore que toutes ces choses soient connexes entre elles, desc. Rép. 2. Il 2° Terme de botanique. Feuilles connexes, feuilles dans lesquelles les pétioles opposés se soudent ensemble par la base.
— HIST. xiv* s. Les vertus sont connexes, mais les vices ne sont oneques connexes, oresme, Thèse de meunier.
— ÊTYM. Lat. connexus, part, passé de connectere, lier, de cum, et neclere, lier.
CONNEXION (ko-nnè-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1* Action de lier, d'unir des choses l'une avec l'autre; résultat de cette action. || Terme d'anatomie comparée. Principe des connexions, première règle de la méthode des analogues, qui consiste en ceci : que d'un animal à l'autre, l'organe analogue, s'il existe, rudimentaire ou complet, se trouvera partout avec les mêmes connexions et
TON
CON
CON
jamais transposé. || 2° Fig. La liaison, l'enchaînement d'une ou de plusieurs choses avec d'autres. La connexion des idées.
— HIST. xiv* s. La connexion des vertus, orf.sme, Thèse de meunier. || xvie s. La commoderation ou santé des parties organiques, consiste en figure, magnitude, nombre, situation et connexion convenable ae> chacune partie, paré, Inlrod. )). Quant à leur connexion, il faut entendre que toutes les vertèbres ont chacune six connexions, id. iv, 6.
— ÊTYM. Provenç. connexio ; espagn. conexion ; ital. connessione; du latin connexionem , de ennneclere (voy. connexe).
CONNEXITÉ (ko-nnè-ksi-té), s. f. Qualité de ce qui est connexe. || Terme de droit. Liaison entre plusieurs affaires qui demandent à être jugées par un même jugement.
— syn. connexion, CONNEXITÉ. Ces deux termes, si voisins, se distinguent en ce que connexion, dérivant directement du radical qui est dans connectere, exprime l'action de lier et le résultat de cette action; et que connexité, dérivant de connexus, exprime la qualité d'être connexe.
— HIST. xvi* s. Je suys quelques vices, mais j'en fuys d'aultres autantqu'un saint sçauroit faire; aussi desadvouent les peripateticiens cette connexité et cousture indissoluble; et tient Aristote qu'un homme prudent et juste peult estre et intempérant et incontinent, MONT. II, )25.
— ÊTYM. Connexe; provenç. connexitat ; espagn. connexitad.
t CONNIFLE (ko-ni-fT) , s. f. Mollusque testacé bon à manger.
t CONNIL (ko-nil) ou CONNIN (ko-nin), s. m. Vieux nom du lapin.
— HIST. xin* s. Connins i avoit qui issoient Toute jor hors de lor tesnieres, la Rose, )386. || xv* s. Et dedans la ramée grand foison de lièvres, de connils et d'oisillons qui voloient hors et y revoloient à sauf garant, froiss. m, îv, ). Courre les daims et les connins aller, e. deschamps, Le bois de Vincennes. Mon chier cousin, de bon cueur vous mercie, Des blancs connins que vous m'avez donnez, ch. d'orl. Bal. (26. || xvi* s. Ulcère cuniculeuse, ainsi dite, à cause qu'il y a plusieurs creux et cavités comme aux clapiers des connins, paré, Introd. 2t. Toutes espèces de volailles, de connils, de bestes rousses, de poissons, o. de serres, 346. Les connins du tout sauvages sont les meilleurs; les pires sont ceux de clappier; les moiens sont ceux de garene, m. 407.
— ÊTYM. Provenç. conil; espagn. conejo ; portug. coelho ; ital. coneglio ; du latin cuniculus, mot espagnol d'après les auteurs anciens. Le français avoit le verbe coniller pour dire: user de fuites, de subterfuges, se tapir.
+ CONNIN (ko-nin), s. m. Voy. connil.
CONNIVENCE (ko-nni-van-s'), s. f. || 1° Action de eonniver, et, par suite, dessein prémédité de ne pas nuire, de cacher la faute d'un autre. Le silence serait une connivence criminelle, boss. Bibliolh. || 2" Action de prêter les mains à quelque chose de secret ou de coupable. Ils agirent de connivence.
— HIST. xvi* s. Ceste manière de procéder ne peut estre dite connivence ne dissimulation, condé, Mémoires, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Lat. conniventia, de connivens, connivent.
CONNIVENT, ENTE (ko-nni-van, van-t'), adj. Terme d'anatomie. Valvules conniventes, replis circulaires très-multipliés qui sont dans le canal intestinal de l'homme seul , depuis l'orifice pylorique jusqu'à l'extrémité. || Terme de botanique. Dont les sommets tendent à se rapprocher, en parlant des divisions de la corolle, du calice. || Terme d'entomologie. Ailes conniventes, ailes qui, étant redressées, se touchent par un point de leur face supérieure.
CONNIVER (ko-nni-vé) , V. n. Fermer les yeux sur ce qu'on n'ose pas ou ne veut pas apercevoir et, par suite, dissimuler en justice les faits à la charge d'un accusé, et prendre ainsi part à une mauvaise action. Mais eonniver en lâche à ce nom qu'on me vole, Quand un père à mes yeux au lieu de moi l'immole, Souffrir.... corn. Héracl. îv, t. On l'accuse d'y avoir du moins connivé, boss. Variations, déf. t" dise. Puisqu'ils connivaient à de tels crimes, id. Var. 4 5. Je ne pouvais trahir ma dignité en connivant à un abus si préjudiciable, st-sim. 298, 80. Peut-être alors serai-je forcé moi-même d'écarter le soupçon d'avoir connivé à cet indigne procédé, dider. Lett. à M. Le Breton. Le clergé s'en plaignit [de l'appel comme d'abus] , et le roi [Philippe de Valois] se contenta de eonniver à cet usage, volt. Mœurs, 75. Nous craignons qu'on ne nous
soupçonne de eonniver à ses blasphèmes, d'alemb. Ilist. de VAc. franc, v, 265.
— HIST. xvi* s. Il sceut dextrement eonniver à cette mienne desbauche et aultres pareilles-, mont. i, )97. Et pourtant fault il sur l'heure eonniver en telles faultes, et ne faire pas semblant de les appercevoir, amyot, Corn, refréner la colère, 28. Et qui ont voulu endurer toutes sortes de nécessitez plustost que de eonniver à la tyrannie des estrangers, Satire Mén. p. 233. Et que l'on ne leur faisoit point de justice; en quoy le conseil du Roy connivoit de son costé, castelnau, (79. Ceux par les yeux des quels ils ont veu ont esté ou louches ou connivens, de leur avoir monstre ou laissé voir le noir pour le blanc, paré, Licorne, réplique.
— ÊTYM. Lat. connivere, cligner les yeux, de cum , et nivere , cligner; grec, veûetv (comp. nutation).
tCONNOTATIF, IVE (ko-nno-ta-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire et de logique. Qui sert à indiquer une idée secondaire en même temps que l'idée principale. || Mot employé par Beauzée pour désigner l'article le, la, les.
— ÊTYM. Com, et noter.
f CONNOTATION (konno-ta-sion), s. f. Terme de grammaire et de logique. Idée particulière que comporte un terme abstrait à côté du sens général.
■«— ÊTYM. Com, et notation.
CONNU, UE (ko-nu, nue), part, possède connaître. || 1° Il est connu de tout le monde. Il est fort connu à Paris. Ceux [les principes] de l'esprit sont des vérités naturelles et connues à tout le monde, pasc. Pens. part, i, art. 3. Aussi ce n'est pas la nature de ces choses que je dis qui est connue à tous, id. ib. art. 2. Il [Arnauld] vécut jusqu'en )094, dans une retraite ignorée du monde, et connue à ses seuls amis, volt. Loitis XIV, 37. Aristote, par un travail qui, aujourd'hui méprisé, n'en est pas moins un des plus beaux efforts de l'esprit humain , Aristote sut porter l'analyse à sa perfection, en examinant la manière dont notre esprit passe d'une vérité connueàune inconnue, turgot, Ébauche dui'discours, Progrès de l'esp. hum. p. 276. || Absolument, célèbre. C'est un homme très-connu. || Familièrement. Ni vu , ni connu , c'est-à-dire on ne sait absolument ce qui en est. || Connu! est aussi une sorte d'exclamation familière par laquelle on interrompt celui qui vous raconte une bourde, etc. On dit aussi de même : c'est connu, c'est-à-dire le moyen est usé, on n'y croit plus. || 2° S. m. Ce qui est connu. Passer du connu à l'inconnu.
| CONOCARPE (ko-no-kar-p'), adj. Terme de botanique. Qui a le fruit conique.
— ÊTYM. Kiovoç, cône, et xapnè;, fruit. tCONOÏDAL, ALE (ko-no-i-dal, da-1'), adj.
Terme didactique. Qui a la forme d'un cône ou qui en approche.
— ÊTYM. Conoïde.
CONOÏDE (ko-no-i-d'), adj. || 1° Qui a la forme d'un cône. || Terme d'anatomie. Le corps conoïde, la glande pinéale. Dents conoïdes, les dents canines. || 2° S. m. Terme de géométrie. Solide formé par la révolution d'une section conique autour de son axe. Le conoïde parabolique. Le conoïde elliptique.
— ÊTYM. KiovoEiSr.s, de xûvo;, cône, et e!3o;, forme.
t CONOMINATION (ko-no-mi- na-sion), s. f. Terme didactique. Indication simultanée de plusieurs êtres qui ont quelque chose de commun.
— ÊTYM. Co, et nomination.
t CONONITE (ko-no-ni-t'), i. m. Sectaire qui Teconnaissait trois dieux.
— ÊTYM. Conon d'Alexandrie en Egypte, hérésiarque du vi* siècle.
f CONOPHTHALME (ko-no-ftal-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a l'oeil conique.
— ÊTYM. Kwvo?, cône, et oip6a>u.o{, œil.
f CONQUASSANT, ANTE (kon-koua-san , san-t'), adj. Terme d'obstétrique. Qui brise. Douleurs conquassantes, douleurs de l'enfantement, quand elles sont le plus intenses, au moment où la tête de l'enfant est engagée dans le bassin.
— ÊTYM. Lat. conquassare, de cum, et quassare (voy. casser).
f CONQUASSATION (kon-koua-sa-sion), s. f. Terme didactique. Réduction en petits fragments.
CONQUE (kon-k'), s. f. 1 1 1° Grande coquille marine, de l'espèce des bivalves. Dans une conque de saphir, De huit papillons attelée, Elle passait comme un zéphir, Et la terre était consolée, bérano. Petite fée. || L'animal qui vit dedans. Les conques n'ont ni tête ni cornes ni mâchoires : on ne leur voit que des trachées, des ouïes, une bouche, un anus et quel-
quefois une sorte de pied, bonnet, Contemplation de la nal. 3* partie, ch. 2t. || Conque de Vénus, nom donné à quelques-unes de ces coquilles. || 2" Coquille en spirale dont, suivant la Fable, les tritons se servaient comme de trompe. Après venaient des tritons qui sonnaient de la trompette avec leurs conques recourbées , fén. Tél. IV. || Par extension. Ma conque, rappelant mes troupeaux vagabonds, Leur chanterait cet air si doux à ces campagnes, a. ciién. 469. || 3" Terme d'anatomie. Cavité profonde que présente dans son milieu le pavillon de l'oreille, et dans laquelle est l'orifice du conduit auditif. || 4° Vase fait en coquille. || 6° Terme de botanique. Conque oreille, famille de champignons d'une forme contournée. || 6° Ancienne pièce d'artillerie dont l'âme était plus large à la bouche qu'à la culasse. || 7° Mesure romaine qui valait la moitié du cyathe.
— HIST. xvi* s. Telle qu'estoit la nouvelle Cyprine Venant à bord dans sa conque de mer, du bkllay, vin,. 20, rerso. Le poix du bled doit estre de cinquante quatre livres pour conque [sorte de mesure] et de vingt sept livres pour demie conque, Coustum. génér. t. n, p. 7)9.
— ÊTYM. Provenç. conca, concha, comea; espagn. et ital. conca; portug. concha, du latin concha; grec, v-rjfyyw sanscrit, cankha.
•j- CONQUÉRAMMENT (ko-kè-ra-man), adv. En conquérant, en vainqueur.
— HIST. xi* s. Conquerrantment si finereit li bers, Ch. de liol. 20). || xn* s. Li gentils cuens est mors conquerament, Roncisv. p. )06.
— ÊTYM. Conquérant, et le suffixe ment.
). CONQUÉRANT, ANTE (kon-ké-ran, ran-t'), adj. Qui conquiert, qui fait des conquêtes. Un roi conquérant. Que sont dans leurs succès les peuples conquérants? Des sujets moins heureux sous des rois plus puissants, c delav. Vêpres sicil. i, 2. David, belliqueux et conquérant , subjugue les ennemis du peuple de Dieu, boss. Hist. h, 4. || Familièrement. Avoir un air conquérant, tirer avantage de sa bonne mine, pour gagner le cœur des belles, et aussi afficher de la présomption.
2 . CONQUÉRANT (kon-kè-ran) , s. m. || 1* Celui qui a fait de grandes conquêtes. Tous les conquérants, Pour être usurpateurs, ne sont pas des tyrans, corn. Cinna, n, ). Seigneur, ce conquérant garde bien ses conquêtes, id. Nicom. i, 2. [Je vois] L'Arragon recevoir ce nouveau conquérant, id. Cid , n, 5. L'Empire et la Hollande se remuent contre un conquérant qui menaçait tout le Nord de la servitude, boss. Anne de Gonz. Quand on veut parler d'un grand conquérant, chacun pense à Alexandre, id. la Vallière. Un peu après ce premier partage du genre humain, Nemrod, homme farouche, devient par son humeur violente le premier des conquérants, et telle est l'origine des conquêtes, id. Ilist. i, 2. Le voyez-vous, ce conquérant? avec quelle rapidité il s'élève de l'occident comme par bonds et ne touche pas à terre! semblable dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche à ces animaux vigoureux et bondissants, il ne s'avance que par vives et impétueuses saillies, id. Louis de Bourbon. Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers, rac. îlithrid. m, ).... En vain aux conquérants L'erreur, parmi les rois, donne les premiers rangs, Bon.. Épit. 1. Un conquérant est un homme que les dieux, irrités contre le genre humain, ont donné à la terre dans leur colère pour ravager les royaumes, ponr répandre partout l'effroi.... fén. Tél. vin. Mais, monsieur, les conquérants ne peuvent pas toujours dormir jusques à onze heures, voit. Lett. 46. Quels traits me présentent vos fastes, Impitoyables conquérants? J. b. rouss. Ode à la Fortune. Il a été le premier qui ait eu l'ambition d'être conquérant, sans avoir l'envie d'agrandir ses États : il voulait gagner des empires pour les donner, volt. Charles SU, 8. Un conquérant, dans sa fortune altière, S'est fait un jeu des sceptres et des lois, bérang. Dieu des bonnes gens. || On le dit au féminin. Zénobie fut une illustre conquérante. || 2" Au moral. Je l'ai vu vers le temple où son hymen s'apprête, Mener, en conquérant, sa nouvelle conquête, rac. Andr. v, 2. Et conquérant des cœurs vaincus par ma clémence, volt. Mort de Ces. i, ). || 8° Fig. Jeune homme bien fait, qui, par son air, par ses manières et par sa bonne mine, gagne le coeur des belles. || Au féminin. Si j'avais à revivre, je voudrais être une aimable conquérante: la beauté a un droit naturel de commander aux hommes, eonten. Dial. des morts. Alex, et Phryné. Non que Psyché ne pût se passer de ces choses [de toilette], elle n'était pas de ces conquérantes à qui il faut un peu
CON
d'aide, la font. Psyché, i, p. 70. |] 3» Les conquérants, surnom des anabaptistes qui avaient Muncer pour chef.
— hist. xn* s. Tuit bachelier et noble conquérant, Ronc. p. 431 . Aseïs et Pépins, cil furent conquérant, Et Charlemagne d'Aix, cui Dieux parama tant, Sax. i. ||xvie s. Pompeius conquérant de la moitié du monde, mont, i, 65.
— ÊTYM. Conquérant 4. L'ancien français disait aussi conque.ror, qui est resté dans l'anglais.
CONQUÉRIR (kon-ké-rir), je conquiers, tu conquiers, il conquiert, nous conquérons, vous conquérez, ils conquièrent; je conquérais; je conquis, nous conquîmes; je conquerrai ; conquiers, qu'il conquière, conquérons, conquérez, qu'ils conquièrent; que je conquière, que tu conquières, qu'il conquière, que nous conquérions, que vous conquériez, qu'ils conquièrent; que je conquisse; conquérant ; conquis , v. a. || 1° Soumettre par les armes. Les Romains conquirent les Gaules. Les Français ont conquis l'Algérie. C'est mon trône, c'est moi qu'on prétend conquérir, corn. Sertor. v, 3. S'il avait pu conquérir le monde entier, il en aurait cherché un nouveau pour satisfaire l'avidité de ses désirs, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 683, dans pocgens. Voir, c'est avoir, allons courir, Car tout voir c'est tout conquérir, bêrang. Bohémiens. || Absolument. Et ce n'est que pour vous que vous avez conquis, corn. Nicom. u, 3. 11 aime à conquérir, mais il hait les batailles, ïd. Attila, îv, 4. Il semblait qu'ils ne conquissent que pour donner, montesq. Rom. B. C'était une manière lente de conquérir ; on vainquait un peuple et on se contentait de l'affaiblir, ïd. ib. 6. L'empereur écoute encore; le bruit augmente; est-ce donc une bataille, s'écriet-il? Chaque décharge le déchire; car il ne s'agissait plus pour lui de conquérir, mais de conserver, ségur, Hist. de Nap. îx, 2. || J" Fig. Conquérir le ciel. Conquérir son rang. Conquérir l'estime. J'ai conquis votre cœur au péril de ma vie, corn. Perthar. i, 4. Mais quoique sa valeur t'ait conquise aujourd'hui.... id. Cid, v, 8. Il peut me conquérir à ce prix sans danger, rac. Andr. v, î. Et n'apprendrez-vous point à conquérir des cœurs? volt. Ali. iv, 4. || 3° Se conquérir, v. réfl. Faire la conquête l'un de l'autre. Ces hordes se conquièrent sans cesse les unes les autres, montesq. Fsp. xvm, 4». || Être conquis, gagné, obtenu. Ici la faveur se conquiert par le mérite.
— HIST. xi* s. Tresqu'en la mer cunquist la tere altaigne , Ch. de Roi. i. Par tantes terres est alet cunquerant, tb. xl. Que Charles die qu'il [Roland] fust mort cunquerant [victorieux], tb. clxx. || xn* s. Par vous a Charles tantes terres conquis, Ronc. p. 87. Et sont o lui bien cent mil conquirant, ib. 422. Or [je] voil aler vers France conquirant, ib. p. 4 4 9. Car qui ce toit [ravit] dont [il] ne puet faire don, Il en conquiert [s'en fait] enemis et meslée, Couci, vi. [Je] ne sai se jà l'aurai [ma dame] à moi conquise, tb. xi. Jà de mon cuer n'istra mais la semblance Dont [ma dame] me conquist as mots pleins de douçor, ib. xvi. Et là doit-on faire chevalerie, Où on conquiert paradis et honour Et prix et los et l'amour de s'amie, quesnes, Romancero, p. 93. Car vous avez plus perdu que conquis, m. tb. p. 40). Anseys le conquist [son ennemi] à l'espée d'acier, Sax. iv. Encor ne nous a pas Charles à sers [serfs] conquis, tb. xxvi. [Il] Ne volt acunte rendre de tut ço qu'en a pris, Ne suffrir jugement, mal los i a conquis, Th. le mart. 63. || xiir* s. ■ Nostre chevalier et nostre sergant montèrent par vive force sur les eschieles et conquistrent le mur sur aus [eux], villeh. lxxvi. Et bien sembloit estoire [flotte] qui terre deûst conquerre, id. lx. Seigneur, nos avons ceste ville conquise, la merci Dieu et par la vostre, id. xlix. Seignor , dist-il, vostre merci, Conquis m'avez à vostre ami, Ren. 7070. Or te voil dire et conseillier Que l'Amors metes en oubli, Dont ge te voi si afoibli, Et si conquis et tormenté, la Rose, 3033. C'est celé qui fait à usure Prester mains [qui fait que maints, plusieurs prêtent à usure], par la grant ardure D'avoir conquerre et assembler, tb. 476. Quant la sainte cité de Jérusalem fu conquise sur les ennemis de la croiz et remise el poeir desfeauz Jhesu Crist.... Ass. de J. i, 2). S'il avient que li detere [débiteur] qui à l'un donna toutes ses cozes por paier, conquiert de novel [gagne de nouveau], il n'est pas quites envers les créanciers, beaum. liv, 6. si ont tuit de leur volenté Au roi Loeys créante , Que d'Aubugois [d'Albigeois] la crois presist, Et sien fust quan qu'il conquesist Tout quitement lui et son oir, ph. mouskes, nu. p. 688, dans lacubne. || xv* s. Il leur sembla qu'ils seroirrnt
CON
forts et puissants assez pour la conquerre [la France], froiss. i, i, 97. Bt firent tant finalement que la porte fut conquise, id. i, i, 438, Et estions pour lors tous seigneurs des champs et des rivières, et y conquerismes, nous et les nostres , très grand finance, id. n, m, 45. En Flandres, où il conquit la bataille de Rosebecque, monstrel. liv. i, ch. 4. || xvi* s. Mais bel Accueil m'a faict d'assez bons tours , En me laissant maints baisers conquérir, marot, n, 32». Tant de nations si injustement conquises, mont, iv, 85. Qu'un seul eschelle une forteresse, qu'il assaille une armée, qu'il conquière un royaume, id. iv, 349. Nous conquerrons sans difficulté tout le reste de l'Italie, amyot, Pyrrh. 4 30.
— ETYM. Provenç. conquerer, conquérir, conquerre; espagn. conquérir; ital. conquidere ; du latin conquirere, de cum et quœnve (voy. quérir). L'ancien infinitif était conquerre, dérivé directement de conquirere, où l'accent est sur qui.
CONQUÊT (kon-kê), 4-. m. Tout ce qu'on acquiert par son industrie, et qui ne vient point de succession. || Acquêt fait durant la communauté des époux. Les biens sont propres, acquêts ou conquêls, montesq. Esp. vi, i.
— HiST. xm* s. Et tout en tele manière di je, s'il me marièrent de lor conques, beaum. vu, (9. || xiv* s. Adont se sont logiez aux champs et es courtilz, Et là fut le conquest paisiblement partis, Guescl. 4 8658. || xv* s. Et avoit esté avec lui au conquest de Bervich, froiss. i, i, 62. [Le duc d'Anjou et ses capitaines] eurent nouvel conseil, que l'assaut leur pourroit trop blesser de leurs hommes, à petit de conquets, id. n, n, 3. ||xvr*s. Et sont les mariés communs en tous biens, meubles etconquests, immeubles, du jour de leur bénédiction nuptiale, loysel, 44 4. One Alexandre en ses conquestz trèshaulz. .. J. marot, v, 446. Conquest immeuble est ce qui est acquis par les conjoints ou l'un d'eux durant leur mariage; et acquest est un terme gênerai qui comprend les acqueremens faits avant le mariage et depuis, Coust. génér. t. h, p. 244.
— ETYM. Provenç. conquist; ital. conquisto; de conquistus, contracté de conquisilus, part, passé de conquirere, conquérir.
CONQUÊTE (kon-kê-f), s. f. || 1" Action de conquérir. Ils iront sans frayeur de conquête en conquête, corn. Sertor. v, 4. La conquête des Gaules porte au plus haut point la gloire et la puissance de César, boss. Hist. m, 6. Je pourrais aisément faire la conquête de cette tle,FÉN. Tél. xm. A-t-on de l'univers affermi la conquête? volt. Triumv. i, 4. Dans le dessein de priver de pauvres citoyens et de braves soldats de la part qui leur était si légitimement acquise dans les terres de conquête, vertot, Révol. rom. liv. ni, p. 254. Ce n'est pas que, dans le cours de ses conquêtes passées, il n'eût pris plusieurs places, volt. Charles XII, liv. vm. || Vivre comme dans un pays de conquête, vivre à discrétion, sans gêne. ^"Résultat de la conquête; terre, ville conquise. Napoléon perdit toutes ses conquêtes. Mais quoi? Rien ne remplit Les vastes appétits d'un faiseur de conquêtes, la font. Fabl. vm, 27. || 3° Fig. De ces mêmes forfaits vous serez la conquête, corn. Sertor. v, 4. Il a fait de l'État une juste conquête, id. Cinna, II, 4. Ceux qui travaillent à la conquête des âmes, boss. Or. 7. Et s'il nous est permis d'expliquer les sentiments du Sauveur par les sentiments humains, il s'émeut plus sensiblement sur les pécheurs convertis qui sont sa nouvelle conquête, mais il réserve une plus douce familiarité aux justes; qui sont ses anciens et perpétuels amis, id. Marie- Thér. Et l'on porta sa tête aux pieds de Médicis, Conquête digne d'elle et digne de son fils, volt. Henr. n. || Terme d'horticulture. Conquête se dit quelquefois d'une variété nouvelle d'une plante qu'on obtient par des semis. || Faire la conquête ie quelqu'un, lui inspirer de la sympathie. C«t homme a des qualités aimables, il a fait ma conquête. Sa générosité lui fit une autre conquête, boss. Hist. i, 8. || 4* Victoire qui s'obtient sur un cœur, dans les relations amoureuses, et aussi personne conquise C'est «me jeune et jolie personne qui fera bien des conquêtas. Tant qu'ils ne sont qu'amants, nous sommes souveraines, Et jusqu'à la conquête ils nous traitent de reines, corn. Poly. i, 3. Oui, qu'un d'eux me l'apporte [la tête de Rodrigue], et je suis sa conquête [je me donne à lui], id. Cid, iv, 5. Et mes ardents souhaits de voir punir son change Assurent ma conquête à quiconque me venge, id. Perthar. a, 4 . Après tant de hauts fait il m'est bien doux, seigneur, De voir sous les lauriers qui vous couvrent la tête Un si grand conquérant être encor ma conquête, id. Nicom. i, 4. la dernière main que met à sa beauté
CON
Une femme allant en conquête, Est un ajustement des mouches emprunté, la font. Fabl. iv, 3. La Middleton fait impunément de nouvelles conquêtes, hamilt. Gramm, 7. Pauline commence à faire des conquêtes, sSv. 683. Hé bien, mes soins vous ont rendu votre conquête [en parlant de Pyrrhus], rac. Andr. m, ». Allons, n'envions plus son indigne conquête, ib. t7j. n, 4. Non que de sa conquête il paraisse flatté, id. tb. n, 4. Mener en conquérant sa nouvelle conquête, id. tb. v, 4. Où vous n'osez aller mériter ma conquête, id. ib. iv, 3. Mais s'il e»t dit : voyez quelle est votre conquête ; Je suis un jeune dieu, beau, galant, libéral, Daphné, sur ma parole, aurait tourné la tête, fonten. Sonnet. Une belle ne partage avec personne l'honneur de ses conquêtes, elle ne doit rien qu'à elle-même, id. Dial. des morts, Alex, et Phryné. D'un autre cependant Jocaste est la conquête, volt. Œdipe, u, 3. Lise, ne fais plus de conquêtes Pour le bonheur de tes sujets, bérang. Polit. Mais non, c'est la coquette Du village voisin Qui m'offre une conquête En corset de basin, id. Rêverie. || Familièrement. Avoir, se donner des airs de conquête, prendre des airs avantageux et comme si on allait plaire à toutes les femmes qui se présenteront.
— HIST. xm* s. Si auroit le quart de toute la conqueste et dedens la cité et defors , villeh. ci. || xvi* s. Le refus que luy feirent les Macédoniens de passer outre à la conqueste des Indes, amyot, Alex. 21.
— ÉTYM. Féminin de conquit; provenç. conquesta; espagn. et ital. conquisla.
t CONQUÊTER (kon-kê-té), v. a. Conquérir, vaincre. 11 est vieux. Quelle moins hautaine espérance Pourrons -nous concevoir alors Que de conquêter à la France La Propontide.... malh. m, 3. Est-il possible que je connaisse si peu la fermeté de votre majesté pour croire que je conquêterai sa faveur par les armes? retz, m, 283.
— HIST. xn' s. En veilles e en plur e en mult jeûner, Que l'amur al haut rei peùssiez conquester, Th. le mart. et. Se tuz les biens del mund aveie conquestez, Jà n'en sereie mielz devant Deu apelez, tb. 4 21. S'ensi fust, fiebles hum dreit mais ne conquestast, tb. 69. || xiu's. Que son pooir [il] ne fasse de s'amour conquester, Berte, cxn. Ysengrin, lessiez-le ester; Vosn'i porriez riens conquester, Ren. 9696. || xv s. Je me trouve sans recouvrance Loingtain dejoye conquester, ch. d'orl. Bail. Ils avoient nouvellement conqueste le royaume de Cypre , comm. vu, 4.
— ÉTYM. Conquét; provenç. et espagD. conquistar; ital. conquistare.
f CONQUETTE (kon-kè-f), s. f. Nom de plusieurs espèces d'oeillets.
— ÊTYM. Diminutif de conque.
CONQUIS, ISE (kon-ki, ki-z') , part, passe de conquérir. || 1* Obtenu par la force des armes. Trois sceptres conquis Montrent à quelle école il en a tant appris, corn. Nicom. m, 2. || Traiter une province en pays conquis, la gouverner arbitrairement. || Fig. Les cœurs conquis par sa générosité. || 3." Gagné, obtenu. Décoration conquise sur le champ de bataille.
CONSACRANT (kon-sa-kran) , adj. m. L'évêque consacrant, celui qui en sacre un autre, et, substantivement, le consacrant. Le concile de Nicée veut que la décision pour ce choix [des prêtres] appartienne principalement au métropolitain, qui était le consacrant, fén. n, (54. || Le prêtre qui dit la messe et qui consacre l'hostie.
CONSACRÉ, ÉE (kon-sa-kré, krée), part, passé.- || 1° Qui a reçu une consécration. Un temple consacré à Jupiter. Tremblant, saisi d'effroi, j'ai plongé dans son flanc Ce glaive consacré qui dut verser son sang, volt. Fanât, iv, 4. Cessez de mutiler tous ces grands monuments, Ces prodiges des arts consacrés par le temps, id. Orphel. n, 5. Croyez-vous m'abuser? Couverts de noms sublimes, Ces crimes consacrés en sont-ils moins des crimes? c. delav. Vépr. sicil. v, 6. || Hostie consacrée, celle sur laquelle le prêtre a prononcé les paroles sacramentelles, selon le rite convenable. || La terre consacrée, le cimetière chez les catholiques. || 2* Destiné à, réservé pour. Un temps consacré à la lecture. Elle tombe à genoux vers ces lieux retirés, A la nuit, au silence, à la mort consacrés, volt. Sémir. i, 2. Thèbes depuis longtemps aux horreurs consacrée, id. Œdipe, i, 4. || Les fonds consacrés à cette dépense. || 8° Sanctionné. Une expression consacrée par l'usage.
CONSACRER (kon-sa-cré) , e. o. || i* Dédier, dévouer à la divinité. Un temple que les rois d'Egypte
CON
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«vaient consacré à ce Dieu, fén. Tél. II. Venez, de l'huile sainte il faut vous consacrer, rac. Athal. îv, 8. De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits Au Dieu de l'univers [ils] consacraient ces prémices, m. ib. i, <.||Se consacrer, consacrer à soi. Les dépouilles que le Seigneur s'était consacrées, uass. dans le Dict. de poitevin. || 2° Convertir le pain et le vin en la propre substance et corps de Jésus-Christ par la vertu des paroles sacramentelles que le prêtre dit au milieu de la messe. Dans une bouche qui consacre le corps de Jésus-Christ, pasc. Prov. xi. On consacrait beaucoup d'hosties à cause de la multitude des communiants, <oss. Déf. comm. C'est aussi de vrai pain et de vrai vin que l'on consacre et dont on fait, en les consacrant, le vrai corps et le vrai sang du Sauveur, u>. Variât, liv. H , § 38. || Absolument. On ne consacre point le jour du Vendredi saint. Le prêtre a consacré quand il fait l'élévation. ||3° Par extension, rendre sacré, respectable, honorable. Le sang des martyrs a consacré ce lieu. Ce choix pouvait combler trois familles de gloire, Consacrer hautement leurs noms àla mémoire, corn. Uot. u, t. Il n'y a pointde particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler Dieu tout ce qu'il pense, boss. Reine d'Anglet. Parmi tant de lieux de piété qui consacrent cette ville royale, fléch. ii, p. 188. Pour consacrer ses travaux apostoliques par les mérites de l'obéissance, io. Panég. n, 220. De son règne naissant [il] consacre les prémices, rac. Bérén. i, 6. Sont-ce là ces projets de grandeur et de gloire Qui devaient dans les cœurs consacrer ma mémoire? rac. Bérén. iv, 4. Le peuple a jusqu'ici consacré ma bonté, Vois ce temple que Rome élève à la clémence, volt. Mort de Ces. 1, 4. Et je l'ai vue aussi cette cour peu sincère, Des crimes de Néron approuver les horreurs; Je l'ai vue à genoux consacrer ses fureurs, rac. Bérén. n, 2. De Manuel pour consacrer la gloire, Prêtez secours au pauvre chansonnier, bérang. Manuel. Il 4" En général, destiner, dévouer. Consacrer sa vie à l'étude. Souffrez que ma vertu dans mon cœur rappelée Vous consacre une foi lâchement violée, corn. Cinna, v , 3. Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières, rac. Athal. l, 2. Effaçons tous ces noms Que Rome y consacrait à d'éternels affronts, m. Mithr. ni, i. Je vous ai consacré mes sentiments, ma vie, volt. Tancr. 1, 4. En consacrant tous les jours un certain temps réglé à la lecture des anciens auteurs, ils feront peu à peu un amas de richesses dont ils seront eux-mêmes étonnés dans la suite, rollin, Traité des études, 4' part. ch. t. || 5° Sanctionner. L'usage a consacré celte locution. Les droits de mes aïeux que Rome a consacrés.... rac. Brit. iv, 2. Les maximes que l'usage a consacrées, mass. Profess. I . || 6" Se consacrer, ». réfl. Se consacrer à Dieu. Il se consacra àla vie religieuse. Se consacrer tout entier à l'étude des sciences. || Être consacré. L'hostie se consacre avant l'élévation.
— HIST. xiv s. Celui lieu devoit estre inauguré, c'est à dire consecré selon la science des augurs, bercheure, f» 57 , verso. Et les dons du magnifique ont aucunes condicions semblables as dons qui sont consecrés as diex, oresme, Elh. <)6. Quant Ii enfes funés, li prestresqui fu là, En iawe consacrée illoec le presigna, Baud. de Seb. vu, 477. || xv's. C'est de la sainte ampoule dont monseigneur saint Rémi consacra Clovis premier roi chrestien qui fut en France, froiss. n, n, 74. 0 roi très chrestien, roi consacré, gerson, Sermons, dans Hist. lill. de la Fr. t. xxiv, p. 376. || xvi* s. Ils disent qu'en consacrant le pain il se fait une conversion secrète, calv. Jnslit. 1 104. Sylla, donnant et consecrant à Hercules la dixme de tous ses biens, feit de sumptueux festins au peuple romain, amyot, Sylla, 7). Portant en sa main un mords de bride pour le consacrer et offrir à la déesse Minerve, m. Cimon, 9.
— ÉTYM. Provenç. consecrar, consegrar; espagn. consagrar; ital. consacrare ; du latin consecrare, de cum, elsacrare, saorer.
CONSANGUIN, INE (kon-san-ghin, ghi-n'), adj. Terme de droit. Qui a parenté du côté paternel seulement. || Frère consanguin, sœur consanguine, frère, sœur de père seulement, opposé à frère utérin, sœur utérine, frère, sœur de mère seulement, et à frère germain, sœur germaine, frère, sœur de père et do mère. Il était permis [à Athènes] d'épouser sa sœur consanguine, montesq. Esp. v, 6. || Substantivement. Les consanguins et les utérins.
— HIST. xvi' s. Frère et sœur d'un mesme ventre succèdent l'un à l'autre , et non point frères et sœurs consanguins et utérins, Nouv. Coust. genér. t. u,
p. 606. L'un des dits enfants issus du second mariage luy succédera avant ses frères et sœurs issus du premier mariage, parce qu'ils ne luy sont que consanguins ou utérins du costé du premier survivant, et les autres du dit second mariage luy sont frères et sœurs d'un ventre, issus et venus tous d'un père et d'une mère, ib.
— ETYM. Lat. consanguitieus, de cum, avec, et sanguis, sang (voy. sang).
CONSANGUINITÉ (kon-san-gui-ni-té; «t prononcé comme dans huile, d'après l'Académie; d'autres prononcent con-san-ghi-ni-té; cette dernière prononciation est préférable puisqu'on dit kon-san-ghin), s. f. Terme de droit. La parenté du côté du père. Les degrés de consanguinité. || Dans l'élève des animaux domestiques, alliance que fait l'éleveur entre des individus provenant de mêmes parents, laquelle alliance est un puissant moyen pour fixer dans des sous- races certains caractères que l'on recherche. || Terme de droit canon. Toute espèce de parenté soit du côté du père soit du côté de la mère; ne se dit qu'en matière de mariage.
— HIST. xvi* s. Mesconoissance de consanguinité et parentage, oubliance d'amitié, lanoue, 66.
— ETYM. Provenç. consang uinitat ; espagn. consanguinidad ; ital. consanguinité; du latin consanguinilatem (voy. consanguin).
CONSCIENCE (kon-si-an-s'), s. f. || 1° Sentiment de soi-même ou mode de la sensibilité générale qui nous permet de juger de notre existence : c'est ce que les métaphysiciens nomment la conscience du moi. Sitôt que nous avons la conscience de nos sensations, J. J. rouss. Ém. i. C'est alors qu'il prend la conscience de lui-même, id. ib. 2. La conscience est le sentiment intime, immédiat, constant de l'activité du moi dans chacun des phénomènes de sa vie morale, Dict. des sci. phil. Conscience. On pourrait définir la conscience le sentiment du moi dans tous les phénomènes de la vie morale, ib. || Double conscience, phénomène qui s'observe chez les somnambules, et qui consiste en ce qu'ils ont deux existences dont chacune ignore l'autre : dans la veille, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant leur sommeil somnambulique, et, pendant le somnambulisme, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant la veille, quoiqu'ils rattachent très-bien ensemble tous les actes qui se passent respectivement dans chacun de ces deux états. || 2° Témoignage ou jugement secret de l'àme, qui donne l'approbation aux actions bonnes et qui fait reproche des mauvaises ; ou, autrement, mode d'émotion de l'ensemble des instincts bienveillants et désintéressés, ensemble qui porte aussi le nom de sens moral. La voix de la conscience. Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence L'état de notre conscience, la font. Fabl. vu, t. Il parle contre sa conscience, fên. Tél. m. Paul , patriarche de Constantinople, déclara sur la fin de sa vie qu'il avait combattu les images [qu'il avait été iconoclaste] contre sa conscience, boss. Hist. 1,41. /» ce dernier moment la conscience presse, corn. Nicom. iv, 2. Elle lui pardonna son crime, le livrant pour tout supplice à sa conscience, boss. Reine d'Anglet. Selon divers besoins il est une science D'étendre les liens de notre conscience, Et de rectifier le mal de l'action Avec la pureté de notre intention, mol. Tari, iv, 6. M. Bucquet réunissait toutes ces qualités; il y joignait ce courage qui sait préférer le sentiment de la conscience à l'opinion de ceux même qu'on estime, coNnoRCET, Bucquet. Aucun des ministres déplacés ne fut exilé; l'ambitieux est assez puni parla perte de son pouvoir; l'homme vertueux jouit en paix, dans une retraite libre, de sa renommée et du témoignage de sa conscience, condorcet, Maurepas. S'il est contraire à la morale d'agir contre sa conscience, U ne l'est pas moins de se faire une conscience d'après des principes faux et arbitraires; l'obligation de faire sa conscience est antérieure à l'obligation de suivre sa conscience, Mirabeau, Collection, t. v, p. 302. Vous [les quakers] n'avez pas pris Dieu à témoin, mais vous avez attesté votre conscience, et une conscience pure n'est-elle pas aussi un ciel sans nuage? id. ib. t. v, p. 364. Ordonnez, rien ne coûte à son obéissance, Et du soin de vous plaire il fait sa conscience , m. i. chénier, Tibère, i, 4. || Pénétrer dans la conscience, savoir ce qui est dans le cœur d'autrui. Les juges, qui ne pénètrent pas dans les consciences, ne jugent que parle dehors de l'action, au lieu que nous regardons principalement à l'intention, pasc. Prov. vu. || Opprimer les consciences, empêcher par la force et l'intimidation la manifestation des sentiments religieux ou moraux. Les consciences hardies opprimèrent
les consciences faibles, et l'époque de ce grand phénomène fut celle d'une grande servitude, raynal, Hist. phil. ix, 29. || La conscience publique, l'ensemble des opinions morales d'une société, d'un peuple, d'une époque, qui font approuver ou blâmer. Quelles que soient ces lois, il faut toujours les suivre et les regarder comme la conscience publique, à laquelle celle des particuliers doit se conformer toujours, montesq. Lett. pers. «29. |[ Sur mon honneur et sur ma conscience, serment que prononce le chef du jury avant de lire le verdict. || Sur ma conscience, en ma conscience, en conscience , sorte de serment familier. || Avoir une chose sur la conscience, se la reprocher. Vous ne pouviez les porter longtemps sur la conscience, mass. Avenl, Délai de la conv. || Familièrement. Avoir sur la conscience, répondre de. M. de la Garde aura sur la conscience tous ces mariages, sév. 31». Vous voulez donc que je mette sur ma conscience le paquet de cette femme? id. 62. Je mets sur votre conscience tout le bien que vous dites de moi, id. 233. || J'en ai la conscience nette , je n'ai point cela à me reprocher. || Avoir les mains pures et la conscience nette, être irréprochable. || Dire tout ce qu'on a sur la conscience, donner un libre cours à des plaintes qu'on croit fondées et qu'on retenait. || Décharger sa conscience, soulager sa conscience, dire une pensée intime que l'on croit devoir dire. || Avoir de la conscience, être homme de conscience, être incapable de forfaire à l'honneur, à la probité. Je serais assez lâche pour vous déshonorer? Non, non, j'ai trop de conscience pour cela, mol. Fest. de P. n, 3. Quand ils sont gens ae conscience, pasc. Prov. 6; Nous avons considéré, à l'égard des valets, la peine qu'ils ont, quand ils sont gens de conscience, à servir des maîtres débauchés, pasc t'o. || N'avoir point de conscience, être sans conscience, ne se faire scrupule de rien. || Avoir la conscience large, avoir peu de scrupules. L'un et l'autre avaient la conscience assez large, scarr. Rom. com. ch. 13. || Mariage de conscience, mariage que l'on fait pour satisfaire à sa conscience, pour régulariser une union irrégulière. Oh ! puisque c'est un mariage de conscience , je n'ai plus rien à vous dire, dancourt, Chevalier à la mode, i, 3. || Faire conscience de, aveir conscience de, avoir scrupule de, ne pas vouloir. Et de m'ôter mon bien que l'on ait conscience, Régnier, Sot. m. Je fais conscience de la regretter, voit. Lett. 71. Qui n'a pas honte de manquer de parole aux hommes, ne fait pas conscience de tromper les dieux, vaug. Q. C. 424. Alix fit conscience De n'avoir pas mieux gagné son argent, la font. Quipr. || On a dit aussi, avec la négation, ne pas faire de conscience. N'en faites point de conscience, la font. Cord. Il Dans le même sens, se faire une conscience. Vous vous feriez une conscience de faire payer ce que vous ne pouvez leur apprendre [à vos disciples], fén. Socrate. || Se faire une affaire de conscience, regarder comme un devoir. Us se font une affaire de conscience de souffrir toutes sortes de religions, montesq. Esp. xxv, (6. || C'est conscience de, il y a conscience à faire telle chose, c'est-à-dire on la ferait si la conscience ne s'y opposait, on serait coupable de la faire. Ton cœur.... tiendrait ses lâchetés à quelque conscience , Régnier , Épit. m. Mais au moins, monsieur, ne m'allez pas tromper; il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez que j'y vais de bonne foi, mol. Fest. de P.n, 2. C'est une conscience Que de vous laisser faire une telle alliance, id. Tari, n, 2. C'est conscience à ceux [de tromper ceux] qui s'assurent en nous , Mais c'est pain bénit, certe, à des gens comme vous, id. Éc. des mar. I, 4. Il y avait de la conscience a laisser tromper le pauvre Savoyard, hamilt. Gramm. 3. Il fait trop cher mourir, ce serait conscience; Jamais de mon vivantje n'aimai la dépense, regnard, Légat. iv, 6. || En sûreté de conscience, à l'abri des reproches que peut faire la conscience. Les services qu'ils peuvent rendre en sûreté de conscience, pasc. Prov. 6. || En conscience, selon les lois de la probité, les règles delà conscience. Dites-moien votre conscience, Régnier, Sat. vin. Relever ses cheveux, dire: en ma conscience, id. t'6. En conscience, quels desseins peut avoir un homme entre le sentiment du mal et l'appréhension de la mort? balz. liv. n, lett. 3. Agissez en conscience dans le rapport que vous faites, boss. Lett. abb. 87. On ne peut pas se déclarer en conscience, ID. ib. 3t. On ne peut pas en bonne conscience enseigner diversement, id. Var. iv. Il dit que le pauvre peut voler le riche en conscience, pasc. Prov. (2. Vous êtes obligés, en conscience, de dire.... rs. Prov. -'. Je ne crc's pas que je doive
CON
croire en conscience ce que tous m'en dites, séy. I 8)2. || En bonne conscience signifie aussi avec fran- I chise. || Par acquit de conscience , proprement j pour le seul effet d'acquitter la conscience, et, par | suite, négligemment, sans intérêt. Il a fait cela par j acquit de conscience. || 3° Terme de religion. Le j sentiment des fautes commises. Faire son examen de [ conscience. Directeur de conscience. On ne les envoie à la mort qu'après leur avoir donné le moyen j de pourvoir à leur conscience, pasc. Prov. <4. On se fait aisément de fausses consciences; on étouffe tous les remords du péché, bourd. Pensées, t. i, p. (6. Us [ les jésuites ] ont assez bonne opinion d'euxînêmes pour croire qu'il est utile et comme nécessaire au bien de la religion, que leur crédit s'étende partout et qu'ils gouvernent toutes les consciences, pasc. Prov. 5. On est obligé de reprocher à ces peuples d'avoir été trop soumis, puisqu'ils ont mis sous le joug leur foi même et leur conscience, boss. Reine d'Anglet. Retirée à la campagne, séquestrée du monde, elle s'occupa trois ansen tiers à régler sa conscience et ses affaires, m. Anne de Gom. || Cas de conscience, difficulté sur ce que la religion permet ou défend en certaines circonstances. Vous avez très-bien résolu le casde conscience, boss. Lett. abb. 22. Quand vous avez entrepris do décider les cas de conscience j d'une manière favorable et accommodante, pasc. Prov. t3. || Se faire un cas de conscience de quelque chose, s'en faire scrupule. || Liberté de conscience, liberté de ne pas professer la religion dominante dans un pays et de suivre en secret celle à laquelle on appartient; elle diffère de la liberté des cultes qui permet d'exercer le culte auquel on est attaché. || Conseil de conscience, conseil qui était autrefois établi pour régler les affaires ecclésiastiques. || 4" La région du coeur considéré comme le siège de la conscience; ne s'emploie, en ce sens, que dans les locutions suivantes : Mettre la main sur la conscience, s'examiner de bonne foi. Mais, monsieur, mettez la j main a la conscience, est-ce que vous êtes malade? mol. Mal. im. I, 5. Que chacun mette la main à la conscience , boss. Préf. rel. Mets la main j sur ta conscience , in. Nécess. t . Mettons la main sur ! nos consciences, id. Soumiss. 2. Mettez la main à la conscience, n'ai-je pas plus de droits que lui [le duc de Chevreuse]? st-sim. 299, ()9. || Elliptiquement. La main sur la conscience, en toute sincérité. Ditesnous, la main sur la conscience, si vous avez quelque chose à vous reprocher. || Familièrement. Se mettre quelque chose sur la conscience, mettre quelque chose dans son estomac, l'avaler. Mettez ce verre de vin sur votre conscience. || Partie ronde que le serrurier applique contre sa poitrine, quand il fait tourner un outil muni d'une mèche. || 5° En un sens restreint, soin minutieux. J'ai fait ce travail en conscience. J'ymets de la conscience. || 6"Termed'imprimerie. Travail à la journée, sans autre mesure que îa conscience de l'ouvrier. Mettre un compositeur en conscience. || Les compositeurs qui travaillent en conscience. C'est ordinairement la conscience qui corrige les tierces. || Le lieu où ils travaillent.
— HIST. xii* s. Sa cunscience le remorst. Rois, 216. H xiii* s. Tu as feite moult bêle fin, se ta concience est tex corne la semblance, Merlin, f° 70. La coscience le rot de France fut apaisie, Chron. de Retins, p. 234. Cui conscience ne reprent, ib. p. 235. Et dit au conte [Tévèque] : ne troublez pas vostre conscience quant le patriarche ne vous absout, joinv. 27t. Il xiv s. Que dieux lui dointvoloir, conscience et advis De moi ce pardonner qu'envers lui ai mespris, Guescl. 797. Car telle conscience avoit ou [au] chevalier, Jà n'essauchast le tort, ains le volt abaissier, Raud. de Seb. vm, 162. Et que tu t'armes volentiers; Car c'est tes souverains mestiers; N'autre honneur, n'autre science Qu'armes, dames et conscience, machault, p. tt7. Que tout cil qui ne puent [peuvent] estre en religion corporelment soient en religion spirituelment ; hé biaus sire Dieu! où sera ceste religion fondée, ceste abeie plantée? Je di qu'ele sera fondée et plantée en une place qu'on appelle conscience, Li enseignemens de l'ame, dans liist. litt. de la Fr. t. xxiv, p. 375. Il xv* s. Sire, vous ne pouvez, à conscience, bonnement faire ce voyage, si l'Eglise n'est à un, froiss. m, iv, 47. Il ne peut estre que en un tel ost que le roi d'Angleterre menoit, qu'il n'y ait des vilains garçons et des malfaiteurs assez et gens de petite conscience, id. I, 1, 272. Il [l'archevêque de Cantorbie] le [Jean Balle] faisoit grand conscience de le faire mourir, m. 11, 11, (06. X leur despartement ils trouvèrent quatre nefsanglesches chargées de pourveanceset de chevaux, qui s'estoient tenues au dessus de la bataille : si eurent bien conscience, quel temps ni
CON
quel tempeste qu'il fist, de prendre ces quatre vaisseaux et de les attacher aux leurs et emmener après
eux, id. 1, 1, )9o Fouis est et foie Qui conchie
[salit] sa conscience; Tien toudis vraie ta parole, E. deschamps, Il faut toujours tenir. Doulce amye, plaise vous de entendre h moy; dire vous veulx ma conscience [vous dire ce que je pense], Perceforest ,\. v, f° 54. Il luy suffist qu'elle ait Dieu, conscience et vérité pour soy, et qu'elle prouffite au bien commun, gerson, Harangue aurai CharlesVI, p. <9. Il mourut assez soudainement [Mahomet II]; touteffois il fist testament, lequel j'ay veu, et fist conscience d'ung impost que nouvellement il avoit mis surses subjeetz, cou. vi, 4 3. Il faut de ce bon vin laver sa conscience, basselin, lu. || xvi* s. Aucunsen mangent avec ceste conscience [croyance, scrupule] comme si elles estoient dédiées aux idoles, et leur conscience infirme est violée, calv. Instit. 962. Puis quand il eut prins sur sa conscience Broc de vin blanc, du meilleur qu'on eslise, marot, m, 64. Mais dictesmoyen conscience, N'apprend-on sagesse ou science Qu'en livres françois seulement? id. iv, 155. D'un default naturel on en faict un default de conscience, mont. I, 34. Ma conscience ne falsifie pas un iota, m. 1, (03. Plutarque faisoit conscience de vendre un hœuf qui l'avoit longtemps servy, id. n, 136. Il me confessera, s'il parle en conscience, que.... ID. Il, 227. Veu le grand nombre de personnes qui ont eu la conscience plus large que la manche d'un cordelier, lanoue, 97. En telle guerre on n'auroit la conscience agitée d'aucun remord, id. 455. On void quelques huguenots qui font conscience de rire, id. 4 97. La vraye vertu se contente à par soy de la conscience d'avoir bien fait, amyot, Préf. vi, 3t. Par manière de descharge et acquit de conscience, id. Numa, 48. Tout estoit plein de ceux qui de peur faisoient conscience, o'aub. Uist. I, (43. Je n'avois pas bien dormy îa nuit, et sans mentir j'eusse voulu ma conscience couchée à part, id. Conf. 11, 9. Sachans qu'ilz ne pourroyent innover le3 choses sans l'oeuvre des grands, ils les voulurent gaigner, leur proposant liberté de conscience [de faire ce qu'ils voudraient], condé, Mémoires, p. 641. Conserver les pauvres fidèles de ce royaume en la liberté de conscience qu'il a pieu au roi leur permettre par ses edits,iD.«6. p. 646. Et ayant trempé une rostie dedans [un breuvage], la mangea et jetta sur sa conscience tout ce qui estoit au verre, Straparole, 6* nuit, Fab. 1. Quand la bourse s'estrecist, la conscience s'eslargist, Contes d'Eulrapel, p. 442, dans lacurne. On peut user une fois l'an de sa conscience, lb roux de lincy, Prot>. t. n, p. 303. Qui n'a conscience n'a honte ne science, id. ib. p. 397.
— ÊTYM. Provenç. conciencia, cossiencia; espagn. conciencia; ital. coseienzas du latin conscientia, de cum, et scientia, science
CONSCIENCIEUSEMENT ( kon - si - an - si - eu - ze man) , adv. D'une manière consciencieuse. Je ne sais même si on n'aurait pas moins de dépit de se voir tuer brutalement par des gens emportés que de se sentir poignarder consciencieusement par des gen3 dévots, pasc. Prov. vu.
— HIST. xvi* s. Gens qui fort consciencieusement administroient la justice aux parties, carl. vu, 25.
— ÊTYM. Consciencieuse, et le suffixe ment. CONSCIENCIEUX, EUSE (kon-si-an-si-eû, eû-
z'), adj. || 1° Qui a de la conscience, en parlant des personnes. Il est consciencieux jusqu'au scrupule. L'électeur plus consciencieux ne voulait pas qu'on j lui donnât le nom d'empereur, boss. Variât, vm, § t . Le duc de Saxe , le plus consciencieux des protestants, boss. Variât. Déf. i" dise. § 42. || i° Conforme à la conscience, en parlant des choses. Travail consciencieux. Juger d'une manière consciencieuse. ! || S. m. Les consciencieux, nom de sectaires qui ra- { jetaient toute loi en dehors de la voix de leur conscience.
— HIST. xvi* s. La prudente et consciencieuso discrétion de M. de Vieilleville, carl. vm, 10. Je ne foys nul doubte qu'il ne creust ce qu'il escrivoit; car il estoit assez conscientieux pour ne mentir pas mesme en se jouant, mont, i, 22t. Ce doibt estre une volupté aulcunement prudente et consciencieuse, id. ib. 226. Charles Quint disoit qu'estant courageux, ambitieux et grand guerrier, il ne pouvoit estre très bon religieux et conscientieux, brant. Levé.
— ÊTYM. Conscience.
t CONSCIENT, ENTE (kon-ssi-an, an-t'), adj. Terme de philosophie. Qui a la conscience de soimême; qui se sait exister. Nous sommes conscients de toutes ces choses, nous sentons que c'est en w>us . dans notre moi qu'elles se passent, bonnet, Essai
f!ON
il. ch. 35. L'ame est consciente de tous les mouvements des doigts et de ceux du poignet, id. i(>. ch. 40. Pour Plotin la valeur des êtres décroît dans la mémo mesure que la vie consciente augmente, Nicolas, Étude sur le néo-platonisme dans la Disciple de J. C. nov. 1868, p. 480.
— ÊTYM. Latin consciens, qui sait avec soi-même, de conicire, de cum, etscire, savoir (voy. science).
t CONSCRIl'TEUR (kon-skri-pteur), ». m. A l'université de Paris, docteur qui était chargé, a la fin des délibérations, d'aller aux bureaux pour examiner les avis et les vérifier.
— ÊTYM. Lat. conscriptor (voy. conscrit).
t CONSCRIPTIBLE (kon-skri-pti-bl'), adj. Terme d'administration. Susceptible d'être appelé par la conscription.
— ÊTYM. Voy. conscrit.
CONSCRIPTION (kon-skri-psion; en poésie, du quatre syllabes), s. f. Appel au service militaire. par voie du tirage au sort, des jeunes gens quand ils ont atteint un âge déterminé par la loi. La conscription de )8I2. Tomber à la conscription, av. r un numéro qui fait qu'on est compris dans la la Échapper à la conscription, avoir un numéro qui n'y est pas compris, quand on n'appelle pas tous les hommes d'une même année. La conscription a été établie par une loi de l'an VI. Au moment où j'écris ces lignes, le i" décembre (789, l'assemblée nationale n'a point encore détermine par un décret si elle fera recruter l'armée par le moyen de la conscription militaire, ou si elle conservera l'antique manière de recrutements à prix d'argent, Eneycl. méthod. Art militaire, conscription. 11 n'est que quatre manières de recruter une armée : les enrôlements volontaires; les enrôlements à prix d'argent; le sort qu'on peut confondre avec la presse, et la conscription militaire, ib.
— MbT. xvi* s. La cause par laquelle telles aneurismes deviennent grosses et leur conscription [enveloppe] osseuse, c'est.... paré, v, 30.
— ÊTYM. Provenç. conscriptio; du latin conscriptionem, de conscriptus (voy. conscrit). Ce mot est emprunté à la langue latine où l'on disait conscribere homines, lever des hommes, les inscrire sur le rôle militaire.
t CONSCRIPT10NNAIRE (kon-skri-psio-nê-r'J, s. m. Celui qui est soumis à la conscription.
— ÊTYM. Conscription.
t CONSCRIPTIONNEL, ELLE (kon-skri-psio-nèl, nè-1'), adj. Terme d'administration. Qui concerne la conscription.
— ÊTYM. Conscription.
CONSCRIT (kon-skri; le t ne se lie pas dans la parler ordinaire; au pluriel, l'j se lie : les kon-skriz et leurs parents), s. m. \\ 1° Jeune homme inscrit au rôle de la conscription. || Jeune soldat. Exercer des conscrits. Conscrits, au pas, Ne pleurez pas, Marchez au pas, au pas, au pas, bêrang. Le lieux caporal. |] Familièrement. Un conscrit, un homme jeune et inexpert. Le général : Ah 1 ils m'ont mis dedans comme un conscrit, bayard et dumanoir, lis Aides de camp, se. 20. || a* Adjectivement. Les pères conscrits, les sénateurs de l'ancienne Rome (nom qui, d'abord donné aux sénateurs adjoints par Romulus, passa au corps entier du sénat).
— HIST. xiv* s. D'ilecques vint que en sénat en eust tousjours aucuns qui fussent appelez pères conscrips; pour ce il appelèrent celui nouvel sénat conscrips et esleus, bercheure, f* 28, recto.
— ÊTYM. Lat. conscriptus, de conscrifcere, inscrire , de cum, et scribere (voy. écrire).
CONSÉCRATEUR (kon-sé-kra-teur), s. m. Celui qui consacre. Depuis que je suis destiné à être votre consécrateur [au sacre de l'électeur de Cologne] , je ne lis plus aucun endroit de l'Ecriture qui ne me fasse quelque impression par rapport à votre personne, FÉN. XVII, 436.
— ÊTYM. Lat. consecrator, de consecrare, consacrer.
CONSÉCRATION (kon-sé-kra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Détermination d'une chose ou d'une personne à quelque usage religieux, qui se fait ordinairement avec des cérémonies religieuses. La consécration d'un temple. || Terme de numismatique. Apothéose d'un empereur romain, ordinairement figurée par un aigle qui prend son essor. || Dans le langage général, destination. La consécration de ce bâtiment a un service public, etc. || 2° Action du prêtre qui consacre le pain et le vin à la messe. Au moment de la consécration. || Action de consacrer un évêque, un prêtre, une religieuse. Le P. Bourgoing n'avait pas attendu la consécration mystique; il s'était dès son enfance consacré lui-
CON
même par la pratique persévérante ii u piété , boss. Orais. fun. Bourgoing. Faibles évoques, malheureux clergé qui aime mieux prendre la forme de la consécration dans le livre fait depuis peu, il n'y avait que dix ans, sous Edouard VI, et confirmé par l'autorité du parlement, que dans le livre des sacrements de saint Grégoire, boss. Variât, liv. x, § 4 6.
— H!ST. un* s. Nos apelons proprement saintes choses qui ne sont ne saintes ne dessaintes, mes
i sont confermées par consécration, Liv. de just. 66.
Le servise de sainte Esglise escoute dévotement et i de cuer et de bouche, especialement en la messe, ; que la consécration est faite, joinv. 300. || xv" s. :
Avant la consécration , le roi fit là devant l'autel
tous les jeunes chevaliers nouveaux, froiss. il,
— ÊTVM. Provenç. consécration ; espagn. consagracion; ital. consecraiione; du latin consecralionem, de consecrare, consacrer.
CONSÉCUTIF, IVE ( kon-sé-ku-tif , ti-v'), ad). || i" Se dit de choses qui se suivent immédiatement l'une l'autre. Pendant trois jours consécutifs. Elles sont toutes consécutives l'une à l'autre, desc. l'Homme. On dit qu'Auguste, au retour de ses expéditions militaires, ne crut pas pouvoir mieux se délasser de ses fatigues qu'en entendant la lecture de cet admirable poème [l'Enéide], à laquelle il donna quatre jours consécutifs, rollin, Hist. anc.liv. xxv, ch. i,art. 2. || 2° Qui est la suite de quelque chose. Le dépérissement de sa santé consécutif à de longs chagrins. Un tremblement de terre et ses effets consécutifs. || Terme de médecine. Phénomènes ou accidents consécutifs d'une maladie, ceux qui se développent après qu'elle a cessé, ou, pendant son déclin, 6ans avoir de rapports directs avec elle.
— ÊTYM. Voy. CONSÉCUTION.
t CONSÊCUTION (kon-sé-ku-sion), s. f. Enchaînement; rapport d'antécédent et de conséquent. || Terme d'astronomie. Mois de consécution, l'espace de temps entre deux conjonctions de la lune avec le soleil, dit aussi synodique et de progression. Cet espace est de vingt-neuf jours et demi.
— HIST. xvi's. Lasignificationdecemot[rhythme] est fort ample , et emporte beaucoup d'autres termes, comme reigle, mesure, mélodieuse consonance de voix, consécution, ordre, comparaison, un bellay, i, 30, verso.
— ÊTYM. Provenç. consecutio; espagn. consécution; du latin consecutionem , de consequi, de cum et scout (voy. suivre).
CONSÉCUTIVEMENT (kon-sé-ku-ti-ve-man) , adv. D'une manière consécutive. Il a eu consécutivement trois grandes maladies. 11 entrait d'autres personnes sur la théâtre, ensuite d'autres prenaient leur place, et ainsi consécutivement jusqu'à la fin de la cérémonie, LE CHEV. DE TERL0N, Mém. 2' part. p. 569, dans riciielkt.
— HIST. xvi* s. L'inspiration sacrée des muses, ayant premièrement agité le poète, frappe encores par le poète l'acteur et par l'acteur consécutivement tout un peuple, mont, i, 2c«.
— ÊTYM. Consécutive, et le suffixe ment.
t CONSEIGLE (kon-sè-gl') , s. m. Terme d'agriculture. Mélange de seigle et de froment, ou de seigle et d'avoine, dont on fait un semis.
— ÊTYM. Com, et seigle.
T CONSEIGNEUR (kon-sè-gneur) , s. m. Terme de droit féodal. Celui qui était, conjointement avec un autre, seigneur d'une terre.
— ÊTYM. Com, et seigneur.
CONSEIL (kon-sèll, Il mouillées, et non kon-sey"), s. m. || 1" Opinion exprimée pour engager à faire ou à ne pas faire. Donner un conseil. Je ne veux plus écouter tes pernicieux conseils, fén. Tél. vu. Suivre le conseil flatteur des insensés, id. ib. n. Un généreux conseil est un puissant secours, corn. Héracl. v, 6. Je suis homme aussi de conseil, mol. Sicilien, 43. Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles De tout conseil barbare et mensonger, rac. Esth. m, 3. Tite Live dit que le premier degré de mérite pour un homme qui commande est de pouvoir par lui-même prendre un bon parti ; que le second est de savoir au moins suivre un bon conseil ; mais que de ne pouvoir faire ni l'un ni l'autre, c'est la marque d'un petit esprit, rollin, Traité des Et. S' part. ch. 4. Egalement estimable et de ce qu'elle savait trouver les sages conseils et de ce qu'elle savait les recevoir, boss. Duch. d'Orl. || Prendre conseil de quelqu'un, le consulter. Ou demain je ne prends conseil que de moi-même, corn. Héracl. n, 2. Il a pris les conseils de Narbal pour les principales affaires, fén. Tél. vm. Mme la duchesse de Bourgogne appela Mme de Nogent à qui elleallait volontiers
CON
au conseil, quand elle ne savait plus où elleen était, st-sim. 439, 39. || Prendre conseil de quelque chose, se déterminer en considération d'une chose. Le meilleur serait de prendre conseil de la raison , pasc. Prov. 9. Cet orateur, prenant conseil de la nécessité, résolut de s'aller confiner à Cyzique, desfont. Exil de Cicéron. || Familièrement. Prendre conseil de son bonnet de nuit, prendre le temps de la nuit pour réfléchir. || Ne prendre conseil que de sa passion, n'écouter qu'elle. Je ne prendrai conseil que de mon désespoir, corn. Poly. m, 2. || Écouter les conseils delà raison, de la passion, de la vengeance, se laisser conduire par la raison, parla passion, parla vengeance. || Être de bon conseil, ou être un homme de bon conseil, avoir la prudence nécessaire pour donner de bons avis. || 2° Terme de religion. Ce qui se conseille, par opposition à ce qui est de précepte, à ce qui se commande. Aux autres elles [les retraites] sont de conseil; mais à ceux-ci elles sont très-souvent d'obligation, parce qu'elles leur deviennent un moyen unique pour se sauver, bourd. Dominicales, iv, Caract. du chrét. 469. Les apôtres ne donnent pas la soumission aux puissances comme une chose de simple conseil, boss. Avert. 6. Les âmes retirées embrassent certains moyens de purconseil.MASs. Carême, Tiédeur, 4. Les conseils sont donnés pour faciliter les préceptes, fén. Éduc. des filles. |] 3° Résolution, parti, dessein. Il a de tout conseil son âme dépourvue, malh. i, 4. Et quel sage conseil en mon mal puis-je prendre? Régnier, Élég. i. Hélasl de quel conseil est capable mon âme? corn. Cinna, iv, 4. En ces extrémités quel conseil dois-je prendre? id. ib. m, 3. C'est dans notre destin le seul conseil à prendre, id. Rodog. i, 3. Quoil tous deux! et sitôt que le conseil est pris, id. Cinna, l, 4. Le conseil le plus prompt est le plus salutaire, rac Baj. I, 2. Paul Emile avait près de soixante ans; mais l'âge, sans rien diminuer de ses forces, n'avait fait que lui ajouter une maturité de conseil et de prudence, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ix, p. 87, dans pougens. || Absolument, résolution habile. Il ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance, boss. Beine d'Anglet. Plein d'expédients et de conseils dans la mauvaise fortune, hamilt. Gramm. 6. || 4° Au pluriel, vues, principes qui dirigent. Il n'y eut des lors en ses conseils qu'irrésolution et faiblesse. Qui veut entendre combien la raison préside dans les conseils de ce prince, n'a qu'à prêter l'oreille quand il lui plaît d'en expliquer les motifs, Boss. le Tellier. Confonds dans ses conseils une reine cruelle, rac. Aihal. i, 2. D'où naît dans ses conseils cette confusion" rac. Athal. m, 3. Approche, ^heureux appui du trône de ton maître, Âme de mes conseils.... id. Esth. h, 6. À ses conseils secrets je fus associé, volt. Scythes, i, 3. || 6° En parlant de la Providence, décrets. Ces trois choses unies dans l'ordre des temps, l'étaient encore beaucoup davantage dans l'ordre des conseils de Dieu, boss. Hist. n, 43. J'ai travaillé à vous faire voir sans interruption la suite des conseils de Dieu dans la perpétuité de son peuple, id. ib. n, 8. Celte Eglise, toujours attaquée et jamais vaincue, est un miracle perpétuel, et un témoignage éclatant de l'immutabilité des conseils de Dieu, id. ib. H, 43. Qui est entré dans les conseils de Dieu? id. ib. n, 7. Dieu qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église, id. Beine d'Anglet. Une pénétration des mystères et des conseils de Dieu, mass. Carême, Prière. J'entrerai avec David dans les puissances du Seigneur; et j'ai à vous faire voir les merveilles de sa main et de ses conseils; conseils de juste vengeance sur l'Angleterre; conseils de miséricorde pour le salut de la reine, mais conseils marqués par le doigt de Dieu , dont l'empreinte est si vive et si manifeste, qu'on ne peut résister à cette lumière, boss. Beine d'Anglet. || Se dit aussi au singulier. Êtes-vous entré dans le conseil de Dieu ? Dict. de l'Acad. || 6* La personne dont on prend avis. Hazaë! en avait fait son conseil et son ami, fén. Tél. vi. Chercher tant d'éclaircissements et aller à tant de conseils, bouro. Carême, H, Parf. observât, de la loi, 204. Phorbas était du roi le conseil et l'appui, volt. Œdipe, i, S. Vous faut-il d'autre conseil que moi quand il s'agit de donner bataille? id. Louis XIV, 4 8. Sicinius.... fit approcher Brutus son conseil et son oracle, vertot, Bévol. rom. liv. il, p.. 4 60. || Avocat chargé de la cause de quelqu'un. Tout accusé a le droitde se choisir un conseil. || Conseil judiciaire, personne nommée pour assister un prodigue dans certains actes, j 7* Assemblée qui a à délibérer sur certaines affaires publiques ou privées. Ils n'ont pas appelé ma voix à leur conseil, rotrou, Anlig. I, 4.
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Oui, tandis que vos rois délibèrent ensemble, Et que tout se prépare au conseil qui s'assemble.... Assemblez le conseil, il en décidera, t. corn. Essex il, s. Les vieillards qui formaient le conseil, fén. Tél. vin. Manassès, plutôt que de répudier cette étrangère à quoi le conseil de Jérusalem voulut l'obliger, embrassa le schisme des Samaritains, boss. Hist. i, 8. Il choisit parmi tout le peuple ce qu'il y avait de meilleur pour former le conseil public qu'il appela le sénat, id. tb. m, 7. La patrie, au milieu des embûches, des traîtres, Remonte en sa mémoire, a recours aux ancêtres, Cherche ce qu'il» feraient en un danger pareil, Et des siècles vieilli» assemble le conseil, a. chémer, Poésies diverses, p. 224. L'abominable arrêt de ce conseil farouche, volt. Ali. v, 4. || Tenir conseil, se consulter sur ce ■ qu'il convient de faire. Monsieur, on tient conseil et le roi vous demande, rotr. Antig. i, 6. Vous tiendrez avec eux votre conseil de famille, sév. 339. Dieu tient conseil en lui-même, boss. Hist. n, 4. || Fig. La sagesse n'était pas appelée au conseil de ce voyage, sév. 233. || Fig. Il a bientôt assemblé son conseil, c'est-à-dire il a bientôt pris son parti. || Fig. En langage de marine, on dit, quand il fait calme, que les vents sont au conseil. || Séance d'un conseil. 11 allaitau conseil dont l'heure qui pressait A tranché ce discours qu'à peine il commençait, corn. Cid, i, 4. [| Chambre du conseil, chambre où les juges se retirent pour délibérer. || Grand conseil, petit conseil, nom des assemblées qui gouvernent les cantons suisses. |[ Conseil desAnciens, conseil des Cinq-Cents, nom des deux assemblées dans la constitution ne 4 795, lors de l'établissement du Directoire; la première, composée de 250 membres, approuvait ou rejetait les propositions de la seconde qui, composés de 500 membres, avait seule le droit de fairo les propositions des lois. || 8° Nom de différents corps chargés de délibérer ou donner leur avis sur des affaires publiques. Conseil exécutif. Conseil d'administration. Conseil de surveillance. || Conseil général de département, et, absolument, conseil général, assemblée de notables élus par les administrés pour assister l'administration du préfet. || Conseil d'arrondissement, assemblée de notables auprès du sous-préfet, chargée d'opérer la sous-répartition des impositions entre les communes. || Conseil de préfecture, sorte de tribunal administratif dans chaque département, présidé par le préfet. || Conseil municipal, assemblée de notables qui assistent le maire dans l'administration de la commune. Il s'est appelé aussi conseil de ville. || Conseil supérieur de l'instruction publique, conseil présidé par le ministre , composé d'archevrq nés , d'évêques, de ministres protestants, d'un rabbin, de conseillers d'État, de membres de la magistrature et de l'Institut, de membres du conseil de l'université, d'inspecteurs généraux, recteurs et professeurs de facultés, et appelé à donner son avis sur différentes affaires. || Conseil académique, conseil présidé par le recteur, composé d'un inspecteur de l'académie, d'un fonctionnaire de l'enseignement, du préfet ou de son délégué, del'évêqueou de son délégué, d'un ministre protestant ou rabbin, s'il y a lieu; du procureur général près la cour d'appel, des membres du conseil général, et chargé, conjointement avec le recteur,d'administrer l'académie. || Conseil de l'université, conseil qui assiste le ministre de l'instruction publique dans ses fonctions. || Conseil de guerre, assemblée des officiers généraux d'une armée pour délibérer sur le parti à prendre en des circonstances importantes ou difficiles. || Conseil de fabrique, assemblée des notables d'une paroisse qui se forme pour délibérer sur les intérêts de la fabrique d'une église. || Conseil de commerce, assemblée de notables commerçants. |l Conseil de prud'hommes (voy. prud'hommes). Il 9° Nom de diverses juridictions. || Conseil de guerre, tribunal qui exerce la justice militaire. || Conseil de révision, tribunal militaire auquel on en appelle des arrêts des conseils do guerre. || Conseil de révision, assemblée annuelle dans chaque département pour prononcer sur les dispenses de service militaire. || Conseil nautique, conseil établi dans certains ports pour examiner la conduite des officiers de marine qui ont commandé un ou plusieurs bâtiments. || Conseil des prises, commission extraordinaire établie autrefois en temps de guerre, pour juger les prises de navires capturés sur l'ennemi. |] Conseil de discipline (voy. discipline). || Terme de droit. Conseil de famille, assemblée de parents, présidée par le juge de paix, pour régler les intérêts des mineurs et des interdits. || Autrefois, grand conseil, cour souveraine où les conseillers ne servaient que par semestre et qui connaissait des
CON
appellations de la prévôté de l'hôtel, des différends entre présidiaux , des matières bénéficiales, des contrariétés d'arrêt. || Conseil des Dix, tribunal secret à Venise, qui, chargé de veiller à la sûreté de l'État, avait des pouvoirs illimités. || Le conseil aulique, l'un des tribunaux suprêmes de l'empire d'Allemagne, où se jugeaient les procès des princes. || Conseil provincial d'Artois, conseil souverain d'Alsace, de Koussillon, juridictions qui tenaient lieu de parlement dans les provinces. || 10" Nom de différents conseils qui siègent ou siégeaient auprès du souverain. Conseil de cabinet, conseil le plus intime du prince. || Conseil des ministres, ou, absolument, le conseil, la réunion des ministres assemblés pour délibérer sur les affaires de l'État. On dit aussi en ce sens conseil de cabinet. || Conseil d'État, corps qui a dans ses attributions la charge de préparer les lois, ordonnances et règlements, de résoudre les difficultés en matière administrative et de juger les appels du contentieux administratif. || Autrefois, conseil d'État se disait du conseil particulier où le roi examinait avec ses ministres les affaires de paix, de guerre, de politique étrangère. || Conseil d'État se disait aussi d'un corps qui, en assemblée générale, était chargé de prononcer sur les demandes en cassation des arrêts des cours souveraines; il s'appelait alors conseil des parties et conseil privé. || Conseil d'en haut, conseil où présidait le roi et où se trouvaient le chancelier, les ministres d'État et autres personnes. || Conseil de conscience, conseil particulier où étaient le roi, son confesseur et quelques autres et où l'on décidait diverses matières concernant le clergé ou l'état ecclésiastique. || Le conseil privé, conseil particulier du souverain. || Autrefois conseil des dépêches, celui où se traitaient devant le roi les affaires de haute administration intérieure. || Autrefois conseil du roi, assemblée qui connaissait de tout ce qui intéressait l'administration générale du royaume. || Conseil des princes, des grands seigneurs, des communautés, l'assemblée de leurs intendants, avocats et autres pour régler l'administration de leur maison. || Proverbes. La nuit porta conseil, c'est-à-dire il faut réfléchir avant de prendre une résolution. Après que la nuit nous aura donné conseil, sév. 363. || X nouvelles affaires, nouveaux conseils, c'est-à-dire il ne faut pas trop prévoir les inconvénients, il faut se décider suivant les cas. || X parti pris point de conseil, c'est-à-dire les conseils sont inutiles quand la chose est décidée. || X chose faite, conseil pris, même sens. j| On ne pèche point quand on pèche par conseil, c'est-à-dire il n'y a pas de faute quand on a pris avis de gens honnêtes et habiles. || Ce conseil-là est bon, mais il n'en faut guère user, se dit d'un avis qu'on ne veut pas suivre.
— H1ST. xi* s. Se [il] soun conseil li donast , Lois de Guill. 4 2. Li reis Marsile ot son conseil finet, Ch. de Roi. v. Dès or [il] comence le cunseill que mal prist, t'6. xn. Vers Charlemagne [je] lui durrai [donnerai] bon conseil, t'6. cxcin. Li empereres lui a dist à cunseill, t'6. cclii. Bavier et Saisne sont alet à conseill,t'6. cclxxvii. || xii's. Beneùrez li huem chi ne alat el conseil des feluns, Liber psalm. p. 4. Consels d'orguel ne vaut, Ronc. p. 4 4. lert [sera] tenus mes consois [mon conseil], ib. p. 26. Baron, fait-il , conseil vous ai requis, ib. p. 4 80. Par le conseil de fausse gent vilaine, Coud, xiv. X tart aveu, dame, ce conseil pris, quesnes, Romancero , p. 408. X cel consoil s'accordent tel cinq cent chevalier, Sax. xvi. Bien a creil li rois conseil de son damage, ib. xxvi. La parole est finée, et li consoilz se part, t'6. xxix. En l'autre chambre avant sist li reis od ses druz, U [où] ses conseils teneit od les mielz coneùz, Th. lemart. 39. || xiii" s. Dolente, sans conseil [ne sachant que faire], mar [je] vi onques le jour, Que premier [je] vis.d'Ugonl'acointance et l'amour, AtiDEF. le bast. Romane, p. 3a. Adonc pristrent cil de l'ost conseil qu'il porroient faire, villeh. lxxiii. Fu requis Jofrois li mareschaus de Chainpaigne que il alast à Andrenoble et qu'il meïst conseil à ce que ceste guerre fust abaissiée , id. cxix. Sire, font li message, nous voulons que vous aies vostre conseil, et devant vostre conseil vous dirons le mandement de nos seigneurs.... id. xi. Au palais où il estoient
conseil, id. lxv. Et il dit que il le fera moult volentiers, et que cis consaus est moult bons, id. xlii. Jà [elle] avoit en son cuer le conseil [de] l'aversier [diable], Berte, xi. Constance à ce conseil [délibération] fu moût tost apelée, t'6. cxv. Moût ot li rois mes pères fol conseil et foubert, t'6. xxxiv. Sachez, vous en avez mauvais conseil creù, t'b. li. X cest conseil [ils] se tiennent, ainsi fu establis, t'6. lxxv. Mère, se dist la serve, vostre conseil [nous] ferons,
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t'6. lxxvii. Li empereres mande ses barons, et leur prie que illi doinsent consel se il séjournera ou chevauchera cest yver, h. de valf.nc. xui. Amors me dist que ge queïsse Ung compaignon, cui ge deïsse Mon conseil tout outréement, la kose, 3447. Et nos devons savoir que tel establissement sunt fet par trèsgrant conseil et por le commun pourrit, beaum. xlviii, 4. llorent conseil de envoier querre la royne de Cypre, joinv. 203. Le roy lessa tous les autres conseulz de ses barons, et se tint au conseil de son frère, id. 2t». Sire, vous estes perdu se ne metés conseil en vous, id. 240. La crestienté dechiet et font entre vos mains, etdecherra encore plus se vous n'i metés conseil, id. 2'JO. Je vous loe et conseille que vous deffendés à tout vostre conseil juré, que il ne preingnent [reçoivent rien] de ceulz qui auront à besoigner par devant vous, id. 288. Le roy rappela tous ses preudommes chevaliers de son conseil, et touz li loerent [conseillèrent] qu'il attendist, id. 227. En ce point nous envoia le soudanc son conseil pour parler à nous, id. 242. || xiv* s. Nous conseillons ou faisons conseulx, non pas de la fin ou des fins, mais des choses ordenéesàla fin, oresme, Eth. 67. Lorsfault [manque] bon conseil, quant le grand besoin est, Ménagier, i, 9. || xv* s. Si eut le roi de France plusieurs consaulx par quel costé il pourrait sus courir et combattre ses ennemis, froiss. i, i, 316. || xvi" s. Nous appelions conseil, un propos délibéré de la volonté, quand le coeur de l'homme est veincu et subjugué par la tentation, calv. Inslit. 310. Et a tousjours esté conseil hazanleux de fier à la licence d'une armée, mont, i, 27. Aufidius entrant en la chambra du conseil, id. i, 74. Les conseilz des femmes y seront ils receus? luy dict elle, id. i, 429. Lo roy séant en son conseil d'Estat et privé, que l'on appeloit en ce temps là l'estroict conseil, cahl. vi, 35. Comme tout le monde se trouvast estonné d'un conseil si hardy et si avantureux.... amyot, Cimon, 9. Conseil de nuit ne fait ennui ; conseil en vin n'a bonne fin, leroux de lincy, Prov. t. Il, p. 277.
— ÉTYM. Provenç. conselh, cosselh; catal. conseil; espagn. consejo; portug. conselho; ital. consiglio; du latin consilium, même radical que consulere (voy. consulter). Dansl'ancien français, au singulier, nominatif li consels, conseus ou consaus, au régime, le consel; au pluriel, nominatif li consel, au régimo les consels, conseus ou consaus. Palsgrave, p. 67, dit qu'on prononce consei devant une consonne.
t CONSEILLABLE (kon-sè-l!a-bl' , «mouillées), adj. Qui peut être conseillé, donné comme avis.
— H1ST. xiv* s. L'on pourrait fera question assavoir moult se toute question est conseillable, oresme, Eth. 66.
— ÉTYM. Conseiller.
CONSEILLÉ, ÉE (kon-sè-llé, liée, Il mouillées, et non kon-sè-yé), part, passé. \\1° Qui a reçu un conseil. Ne vouloir être ni conseillé ni corrigé. || 2° Qui est recommandé en forme d'avis. La lecture conseillée par le maître.
t. CONSEILLER (kon-sè-llé, Il mouillées, et non kon-sè-yé), v. a. || 1° Donner un conseil. Bien, mal conseiller quelqu'un. Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue, boil. Art p. i. Un prince que la sagesse conseille, que la valeur anime, et que la justice accompagne dans toutes ses actions, boss. Reine d'Anglet. || Absolument. Quand l'arrêt est porté, qui conseille est coupable, volt. Orphel. v, 2. || On a ditconseillerquelqu'undefaire quelque chose. Nous l'avons conseillé de bâtir, pasc. Lelt. à Mme Périer, 6 novembre 4 648. Le vieil Ozius conseilla l'empereur [Constantin] d'assembler un concile, volt. Phil. u, 388. Cette tournure est peu usitée. || 2" Suggérer par conseil quelque chose à quelqu'un. Voyons les beaux discours qu'un flatteur lui conseille, rotr. Yencesl.i, 4. Vous a- t-il conseillé beaucoup de lâchetés? corn. Nicom. m, 2. Je vous prie do me conseiller tout ce que je dois faire, mol. l'Ain, mëd. i , 4 . || Conseiller de, avec l'infinitif. Je lui conseillerais de s'assurer d'un autre, corn. Nicom. m, 2. Je veux lui conseiller de ne m'épouser pas, id. Sertor. v, 4. Que me conseillez-vous? — Je vous conseille, moi, de prendre cet époux. — Vous me le conseillez? mol. Tart. u, 4. Je vous conseillerais de ne l'apprendre pas, th. corn. Ariane, u, 4. Ne me conseille pasde me faire haïr, volt. Mort de Ces. I, 4. || On l'emploie quelquefois avec que et le subjonctif. Il conseilla que cela fût fait. || 3° Se conseiller, v. réfl. Prendre conseil. Conseillez-vous-en donc avec des gens de bien, tristan, if. de Chrispe, m, 2. J'en avais toutes les envies du monde , et je me suis même encore aujourd'hui conseillé au ciel pour cela, mol. Festin depierre,v, S. Si vous vous conseilliez à moi , je serais fort embarrassé, id. Amants magnifiques, n,4. Ce qui est vé-
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ritable quoique très-surprenant, Mme de Maintenon s'en appuyait [de la duchesse de Bourgogne] et quelquefois se conseillait à elle, st-sim. 324 , 202. H Prendre conseil de soi-même. Il est vrai que chacun volontiers se conseille. Qu'il aime que son sens règle ses actions, corn, imitation , 1, 9. Et ses mânes.... se conseillent dans le silence et l'obscuritédu tombeau, vauven. Élogede Louis XIV. || l'tre conseillé. Une pareille chose ne se conseille pas.
— iiist. xi' s. Conseilez moi corne mi homesaive, Ch. de Roi. 11. Il ni* s. Vostre emparera fut moût mal consiliez, Ronc. p. 89. Fiera destrucion je vous sai conseillier, t'6. p. 200. Sire, dit Escorfaus, bien [je] vous sai consoillier, Sax. vi, Li dus Bueves.... X Gilemer l'Escot commence à consoillier, t'6. xvi. X mon pooir [je] vous ai consoillé mainte fie [fois], Etencor vous consoil, t'6. xx. Li reis en saisireit les rentes et les fiez, Tresque li lius serait de pastur conseilliez [aurait un prêtre pour le diriger], Th. U mart. 64. || xnr s. En l'oreille [elle] lui prenl tantost à conseiller, Berte, xi. [Que] Dame Dieu la consaut et ses saintismes noms, 16. xxm. Il en ont moût entre eux conseillié et parlé, t'6. lxxxi. Et cil respondirent qu'il s'en conseilleraient, et leur en respondroient l'endemain, villeh. cxlvii. De ce sa conseilla li marchis à ses homes, id. cxxiv. Si baron li loerent que il alast à Salenyque por conseillier la terre, et por sejorner illuec, 11. de. valknc. xiii. Il est droit que je me conseille, ruteb. Tesimn. de l'ame. Quant aucuns bénéfices de sainte esglise escheoit au roy, avant que il le donnast, il sa conseilloit à bones persones de religion et d'autres, joinv. 203. Il leur requist que il li aidassent à conseiller comment l'en départirait ce que l'en avoit gaaingné en la ville, id. 246. || xiv s. Elettion est de chose devant conseillié, oresme, Eth. 64. Nous disons que bien conseillier est la principal operacion de prudence, id. 16. 478. || xv s. Là furent parlementes et conseillés plusieurs avis et statuts entre les seigneurs et leurs pays, froiss. i, i, 426. Le roi ne lui eust jamais conseillé à ce faire, id. i, i, 326. Sur les lettres et requestes du roi de France, les barons d'Escosse se conseillèrent; quand ils furent bien conseillés, et ils eurent bien considéré parfaitement toutes leurs besognes.... id. i, i, 75. || xvi* s. Quiconque donc estimera le tout avec bon jugement, cognoistra qu'ils ont esté mal conseillez [inspirésj, calv. Inslit. 994. Comment Panurge conseille [demande conseil] à Pantagruel, pour sçavoir s'il sa doibt marier, rab. Pant. m, 9. J'en suys, respondist Pantagruel, d'adviz, et le vous conseille, u>. ib. Conseillé de se retirer de la meslée, mont, i, i«. Je ne conseille qu'on confonde leurs règles, on s'y tromperait, id. i, 214. Je n'aime ni à conseiller ny à suyvre une vertu si sauvage, id. i, 224. Il conseille de ne s'y enfoncer oultre les bornes du profict, id. 1, 224. Conseillant à Lucilius de changer celle vie voluptueuse, id. i, 264. Cette belle victoire gaignée, les amis de Hannibal luy conseilloient qu'il suivist sa fortune, amyot, Fab. 34. Ce que tout le monde estimoit estre grande témérité à luy et le jugeoient en cela fort mal conseillé [avisé], id. Lucull. 43. Ciceron ne le luy vouloit point ottroyer sur le champ, ains s'en vouloit conseiller à loisir, id. Cicéron, 44. Après avoir un peu mieulx pensé, il fut conseillé de n'y aller point en personne pour la crainte et le danger des Grecs, id. Artax. 45. .... X sçavoir conseiller ta face à ton mirouer, Ronsard, 894.
— ÉTYM. Conseil; provenç. cosselhar, cosseillar, anc. espagn. consejar; ital. consigliare.
2. CONSEILLER, ÈRE (kon-sè lié, llê-r', Il mou 1lées, et non con-sè-yé; IV ne se lie jamais; au pluriel, l'sse lie; des conseillers habiles, dites: des konsè-Hé-z habiles) , s. m. etf. |] 1° Celui, celle qui donne conseil. Qui fait le conseiller n'est plu! ambassadeur; 11 excède la charge, et lui-même y renonce, corn. Nicom. m, 3. Ne m'importune plus, conseillère indiscrète, tristan, Mariant, v, 1. Ahl tu me rends la vie et le sceptre à la fois; Un sage conseiller est le bonheur des rois, corn. Pomp. 11, 4. Tile n'oublia rien pour le sauver [le temple juif] , quoique ses conseillers lui représentassent que, tant qu'il subsisterait, les Juifs, qui y attachaient leur destinée, ne cesseraient jamais d'être rebelles, boss. Iiist. 11 , «. Loin de loger en nos maisons Ces deux filles du ciel, ces sages conseillères, la font. Quinquina, 11. ]| Fig. La passion est une conseillère dangereuse. En toute chose le temps est un excellent conseiller, boss. Polit. L'histoire qu'on appelle avec raison la 1 conseillère des princes, id. Duch.d'Orl. \\ Dans le langage précieux, le conseiller des grâces, le conseiller des dames, un miroir. Vite venez nous tendre ici le
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conseiller des grâces, mol. Préc. 7. Les conseillers muets dontse servent nosdames, la font. Fab. i, )). || 2° Membre d'un conseil ou de certains tribunaux. Conseiller d'État. Conseillerde préfecture. Conseiller a la cour de cassation, etc. || Conseiller d'honneur, conseiller en exercice, à la place duquel est attachée cette qualification, fl Conseiller-né, se disait d'une qualité attribuée à certaines dignités qui donnait à celui qui la possédait entrée au parlement. L'archevêque de Paris était unconseiller-nédu parlement. || Conseiller du roi, titre d'honneur attaché autrefois à certains offices, et que prenaient aussi les évoques. || Conseiller du roi en tous ses conseils, titre des ministres, secrétaires d'État, contrôleurs généraux des finances, et conseillers d'État ordinaires. || Conseiller-clerc, conseiller ecclésiastique. || Conseillers, notables choisis pour assister les consuls. Conseiller de ville. || Autrefois, conseiller à la cour Signifiait conseiller au parlement. || Titre de magistrat et fonctionnaire dans les cours d' Allemagne. Conseiller intime. Conseiller privé. || 8° S. f. Conseillère, la femme d'un conseiller. Mme la conseillère. Madame l'avocate est assez téméraire Pour aller du même air que ta la conseillère, bouksault, Fabks d'Ésope, iv, 3. J'ai fait ce que j'ai pu pour le mettre en estime [mon mari, un tabellion]; Conseillère à la cour, présidente à mortier, Faisaient moins de fracas que moi dans mon quartier, m. ib. || Dans certaines communautés de femmes, conseillères, celles qui composent le conseil de la supérieure. || 4° Adj. Que chez moi les avis ont de tristes salaires; Qu'un valet conseiller y fait niai ses affaires, mol. l'Élour. i, 2. || 5° Conseiller, un des noms vulgaires du rouge-gorge. |j Proverbe. Ici les conseillers n'ont point de gages, proverbe avec lequel on écarte ceux qui donnent des conseils sans qu'on leur en demande.
— ÉTYM. x* s. Elle n'out escoltet les mais conseillers, Eulalie. || xn* s. Bon conseller avez, llone. p. 4. Quant ot li reis Henris [quand le roi Henri apprend que] l'arcevesques s'en fui, Durement s'en marri, e si conseillier tuit, Th. le mart. 63. E li reis David le fist sun privé cunseiller, Rois, 214.
|| xiu* s. DeSymon fistli rois son maistre conseiller, Berte, cxxix. || xv* s. Philippe de Chasteaux, son maitre escuyer et son souverain conseiller [de Jean de Hainaut], fboiss. i, i, 27. || xvi* s. Il a voulu estre législateur en commandant cela, et non point un conseiller comme ils songent, calv. Instil. 3)5. Il n'y a nul homme qui ait cognu le secret de Dieu, ou ait esté son conseillier, m. ib. 460. Acheter un estât de conseiller en la cour de parlement. — La cour de parlement délègue deux conseillers d'icelle, despeh. Contes, cxxvi. Elles [les femmes] ne font sinon leur face regarder Au crystal d'un miroir conseiller de leur grâce, Despites si quelque autre en beauté les surpasse, am. jamin, Poésies, p. 224, dans lacurne. Tu n'as desdaigné d'estre conseiller de ma vie [de me conseiller de vivre] et tesmoiug de ma mort, mont, il, 40.
— ÊTYM. Provenç. cosselier, cosscilher, conseiller; espagn. consejero; portug. conselheiro; ital. cmisigliere;d\i bas-latin consiliarius , de consilium (voy. conseil).
f CONSEILLEUR (kon-sè-lleur, «mouillées, et non kon-sè-yeur), s. m. Celui qui donne des conseils. || Proverbe. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, c'est-à-dire celui qui donne un conseil n'a pas la responsabilité de la chose qu'il conseille.
— 1IIST. xu* s. Mais se je ai le los [l'avis] de mes consoilleors, Sax. xxvn. || xnr* s. Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, Berte, xn. Nus baillix, en sa baillie, de coze qui puist revenir par devant li en jugement, ne doit estre advocasne conseilliere, beaum. 35.
— ÉTYM. Provenç. cossclhaire, cosselhador ; anc. espagn. consejador ; ital. consigliatore. Dans le provençal et l'ancien français, au singulier nominatif cosselhaire, conseillère, du bas-latin consiliàtor, avec l'accent sur o; régime cosselhador, conseilleur, de consiliatôrem, avec l'accent sur to. Voy. conseiller 1 .
| CONSENS (kon-san), *. m. Terme de droit canonique. Approbation , à Rome, de la résignation d'un bénéfice. Le jour du consens est le jour que la désignation d'un bénéfice est admise en cour de Rome.
— ÉTYM. Lat. consensus, consentement, de cum, et sensus, sens.
t CONSENSUEL, ELLE (kon-san-su-èl, è-1'), adj. Terme de pratique. Contrat consensuel, contrat formé par le seul consentement des parties.
— ÉTYM. Latin consensus, consentement ; c'est un adjectif formé comme sensuel de sensus.
f CONSENSUS (kon-sin-sus') , s. m. Terme de physiologie. Relation des diverses parties du corps, plus connue sous le nom de sympathie. Le consensus vital.
— ÉTYM. Lat. consensus, accord, de cum, et sensus, sens
CONSENTANT, ANTE (kon-san-tan, tan-t'), adj. Terme de droit. Qui consent. Le mari est consentant; la femme est consentante. La partie consentante.
— HIST. xn' s. Sainte escripture dit.... Que li consentanz est del mesfait en partie, Th. le mart. 72. || xiii* s. Luxure dampne à cop à tout le mains [ moins] deux âmes, Non pas tant seulement les seigneurs ne les dames, Mais tous les consentans, soient homes ou famés, J. de meuno, Test. 4799. Li bareteur qui font la fraude et tuit li consentant doivent estre puni comme larron, beaum. xxxv , 25. || xiv* s. Ledit Francisque fut consentant du cas, comm. vu, )0.
— ÉTYM. Consentir. Dans le xvi* siècle on usait beaucoup d'un adjectif consent, consente, qui avait même sens.
CONSENTEMENT (kon-san-te-man) , s. m.\\ 1° Uniformité d'opinion. Le consentement de tous les hommes sur ce point. 1 1 2" Action de consentir à quelque chose. Il demande mon consentement pour épouser ma nièce , sev. 224. Quand cela se fait du consentement de la fille, pasc. Prov. ». Mais n'exigez d'un fils aucun consentement, corn. Nicom. n, 3. Je vous réponds déjà de son consentement, rac. Andr. n, 3. Une fille et même une veuve qui a moins de vingt-cinq ans ne peut contracter mariage sans demander le consentement de son père, de sa mère, ou de ses proches, le maître, Plaid. 2, dans richelet. Il Terme de droit. Consentement exprès, consentement manifesté de vive voix ou par écrit. || Du consentement de....; locution signifiant selon l'opinion unanime Voilà, du consentement de toui les auteuis catholiques et protestants, le fondement des premières guerres, boss. Variât, x, § 47. Je commence, dans cet examen, par ce qui est, du consentement de tous ceux qui ont écrit sur ce sujet, le fondement de la solide gloire d'un héros, je veux dire la justice de la guerre qu'il entreprend, rollin, Uisl. anc. Œuvres, t. VI, p. 6)7, dans pougens.