SYN. CONSENTEMENT , PERMISSION , AGRÉMENT
Termes qui ont tous trois rapport à des actions de la vie où l'événement dépend en partie de nous, en partie de la volonté des autres. Le consentement, signifiant conformité de sentiment, veut dire qu'on tombe d'accord avec la personne qui demande le consentement. La permission est relative à des choses qui ne sont pas permises, qui sont défendues, et pour lesquelles on obtient dispense. L'agrément, voulant dire qu'on prend à gré, est une nuance du consentement.
— HIST. xiv* s. Et par ce vouloit Homerus amonnester et induire les roys de Grèce que il ne ordenassent pas de la chose publique sans le consentement et elettion du peuple , oresme , Eth. 69.
|| xv* s. Et disoient aucuns que c'estoit du consentement du comte d'Ammarle, fenin, )4)8. Du consentement des parties , Bouciq. i , ch. 38. || xvi* s. Il convenoit donc aux prophètes de n'avoir nul consentement avec telles assemblées, veu que c'eust esté une conspiratidn meschante contre Dieu, calvin, Instil. 843. Au premier plus effronté qui dict son chois, voilà un consentement de voix encores plus grand à refuser celuy-là, mont, iv, 83. Le plus grand argument de la vérité, c'est le gênerai consentement du monde, charron, Sagesse, l, )6.
— ÉTYM. Consentir; provenç. cossentimen; espagn. consentimiento ; ital. consentimenlo.
CONSENTI , 1E (kon-san-ti , tie) , part, passé. Terme de droit. C'est un ajournement consenti par les parties. || En général, accordé. Tant de preuves sont superflues en une vérité si visible et si généralement consentie, costar, dans richelet.
CONSENTIR (kon-san-tir), je consens, nous consentons ; je consentais ; je consentis ; je consentirai ; consens, consentons; que je consente, que nous consentions; que je consentisse; consentant, consenti, v. n. || i°Se rendre à un sentiment, à une volonté, à une obligation. C'était consentir en même temps à l'extinction de la religion, de l'alliance et du sacerdoce , boss. Variai. 6* avertissement , § 24. Croyez-vous.... Que ma foi, mon honneur, mon amour y consente? rac. Jph. iv, 6. Non , tu ne mourras point, je n'y puis consentir, u>. ib. I, t. Il pourra consentir à ce double hyménée, corn. Agésil. ii, t.. j; Couscra!: à, avec l'infinitif. Et riu slquo grand
malheur qui m'en puisse arriver, Je consens à me perdre afin de la sauver, u>. Cinna, u, i. Peut-être à m'accuser j'aurais pu consentir, rac. Phèd. iv, 6 Toutes les fois que l'on consent aux vraisemblances, on se met certainement en danger de se tromper, malebr. Recherches, vi, 1. 1| Consentir de, avec l'infinitif. Fait si bien qu'à la fin sa compagne consent De lui prêter sa hutte, la font. Fabl. n, 7. Je puis me plaindre à vous du sang que j'ai versé, Mais enfin je consens d'oublier le passé, rac. Andr. iv, 6. César lui-même ici consent de vous entendre, rac. Brit. a, t. Perrault l'antipindarique Et Despréaux l'homérique Consentent de s'embrasser , boil. Épigr. 29. D'autres consentent d'être gouvernés par leurs amis, en des choses presque indifférentes, la brly.iv. || Consentiravecqueetle subjonctif. Mais je veux consentir qu'elle soitpour uneautre, mol. Mis. iv, 3. Elle consent [la Société de Jésus] qu'ils gardent leur opinion, pourvu que la sienne soit libre, pasc. Prov. i. Nous consentons que de tous les devoirs qu'il [l'Évangile] vous prescrit, vous ne vous croyiez obligés d'observer que ceux.... mass- Carême, Évidence de la loi. On consent que vous borniez là toute votre piété et que vous laissiez tout le reste comme douteux, id. to. Nous consentons que vous soyez le juge entre nous et l'incrédulité, mass. Carême, Doutes sur la rel. Le peuple, par déférence pour le sénat, consentit même qu'on rétablît le consulat, vertot, Hévol. rom. liv. vu, p. )8». S'il le faut, je consens qu'on lui parle de moi, rac. Andr. iv, t. Je consens que mes yeux soient toujours abusés, m. Phèd. v , 7. || 2° Terme de marine. Se courber sous un effort. Cette vergue a fortement consenti. Un vaisseau a consenti dans toutes ses parties pendant l'échouage , quand toutes les liaisons en sont larguées. || 3" Terme didactique. Participer, concourir à la production d'un résultat. Hippocrate a dit que tout, dans le corps humain, conspirait et consentait. || 4" V. a. Terme de droit. Consentir la vente d'une terre, un traité, une hypothèque. Consentir l'impôt. Pour contracter une société, toutes les parties la doivent consentir, patru, Plaid, vi, dans richelet. || Dans le langage général, accorder. 11 [le trône] est à l'un de nous, si l'autre le consent, corn. Rodog. n, 4. Le consentiras-tu cet effort sur ma tlamme?iD. ib. m, 3. Partez, je le consens, m. D. Sanche, iv, 5. Mais je mourrai plutôt que de consentir rien, mol. D. Garcie, i, t. L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende, corn. Rod. iv, t . || Proverbe. Qui ne dit mot consent, c'est-à-dire, garder le silence, ne pas faire d'objection peut passer pour un consentement.
— REM. 1. L'usage constant des auteurs est de dire : je consens que.... et non : je consens à ce que: ainsi, je consens que tu ailles, et non à ce que tu ailles. || 2. Les grammairiens ont essayé de distinguer consentir à et consentir de, avec un infinitif, disant que consentir de veut dire ne pas s'opposer, et consentir à, donner son consentement, mais l'examen des exemples des auteurs ne permet guère de faire ces distinctions.
— SYN. consentir, acquiescer. Consentir, c'est, étymologiquement, tomber d'accord. Acquiescer, c'est, étymologiquement, se mettre en repos à l'égard de quelque chose. Dans le consentement, il y a conformité de sentiment; dans l'acquiescement il y a conformité de volonté. Un père consent au mariage de sou fils. Un chrétien acquiesce à la volonté de Dieu.
— HIST. xi* s. Dist aupaien : Deus tout mal te consente, Cli. de Roi. cxxn. Par ta mercit, se tei plait, me cunsent [accorde moi] Que.... ib. ccxxiv. || xu* s. Se Deus [Dieu] de gloire repairer me consent, Honc. p. 15. Ne lui font mal, car Dex ne leur consent, to p. 95. Consentez moi et droiture et honor, ib. p. (08. Et Diex pourquoi le consent [pourquoi Dieu y consent-il] Qu'il se veut si bien mentir [qu'on veuille mentir]? Coud, iv. Quant de lui [d'elle] sont tuit mi penser, Moult me plaist ce que me consent [elle m'accorde], ib. p. 4 21. Sire, ce dist Girarz, se Dex le me cousant, Jà d'endroit le message n'i penlerez néant, Sax. xxi. Par tut [il] li aidera là ù raisons cousent, Th. le mart. 58. ||xm* s. La bêle lui respont : Ja Diex ne le consente, Qu'en soignenlage [concubinage] soit usée ma jouvente, audef. lb bast. Romancero , p. 22. Se nostre sire le velt consentir, villeh. xn. Diex consent mainte gent traïson à fournir, Berte, lxiii. Je verrai se c'est voirs, se Diex l'a consenti [permis], to. lxxxix. || xiv* s. Si comme ceulz qui se consentent et tiennent une opinion des mouvemens du ciel ou d'autre speculacion, oresme, Eth. 27). || xv*s. Nulle guerre entre elles [les villes de Flan. Ire] ne se pouvoit
CON
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Houvoir, si leur sire le comte ne le consentent, froiss. h, 11, 62. Le comte a consentu, et sont issus de son hostel ceux ou aucuns qui ont fait si grand outrage, id. ii, ii, ai. Il chargeoit ces gens d'avoir fait consentir au duc Philippe ceste restitution, com. i, 2. X quoy pour riens ceulx de la ville ne so fussent consentis, id. v, 14. Le dit duc Phelipe consentit estre mis sus [qu'on levât] de ses gens, id. 1, 2. Dieu ne luy vouloit consentir ceste grâce que de recevoir ce saige conseil, id. v, 8. ]| xvi* s. Si menterie en mes propos je mets, Je me consens qu'il face que jamais Je ne le voye, marot, iv, 64. Les assemblées d'iceux sont conventicules profanes, avec lesquelles il ne seroit non plus licite de consentir, que de renoncer Dieu, Calvin, Instit. 843. Elle qui se consentait d'estre trompée, marg. Nouv. vu. Eumenes n'y consentit, qu'Antigonus ne luy eust.... mont, i, 28. Ce seroit faire tort à la bonté divine, si l'univers ne consentoit à nostre créance, id. ii, 448. Homère a esté contrainct de consentir que Venus feust blecée au combat de Troye, id. m, 7. Hz aimèrent mieux luy consentir de bonne voulunté ce qu'il leur demandoit que d'attendre qu'ilz y fussent contrainte par force, amyot, Thés. 28. Sagement il faut poiser ces choses et embrasser ce qui consent [est d'accord] à la parole de Dieu , sleidan, f°2. Plusieurs besteset plantes estrangeres consentent de vivre parmi nous avec soin requis,
— ëtym. Provenç. consentir, cossentir; espagn. consentir; ital. consentire ; du latin consentire, de cum, et sentire, se'ntir, penser.
CONSÉQUEMMENT ( kon-sé-ka-man ) , ad».
|| 1" D'une manière conséquente, qui se suit, s'enchaîne. Bien définir ses mots pour parler conséquemment, boss. Réponse, On ne peut parler conséquemmentavec nous.iD./it'eri. n. Qui doute que les enfants ne conçoivent, qu'ils ne jugent, qu'ils neraisonnent conséquemment? la bruï. xi. Aussi ne parle-t-il guère conséquemment et avec suite, id. tb. Ceux qui disent que, si la matière pouvait recevoir le don de la pensée, l'âme ne serait pas immortelle, raisonnent-ils bien conséquemment? volt. Nnct. I, 7. 11 y a des hommes qui conçoivent très-distinctement et qui ne raisonnent pas conséquemment, vauven. Justesse. Personne ne parlait plus juste, plus nettement, plus conséquemment [que le duc de Chevreuse], st-sim. 492, 66. || Agir, parler conséquemment, agir, parler conformément à ses vues. [Celui-là] va seul à son but , et vit conséquemment , j. J. bouss. Ém. 1. 1| 2° En conséquence. Ainsi conséquemment [il en est de même] de tout dont je t'offense, Régnier, Sot. xv. Ils décident en leur faveur et agissent conséquemment, la bruy. ii. Si l'Inde est la contrée la plus anciennement policée, elle doit conséquemment avoir eu la plus ancienne forme de religion, volt. If oeurs, *. C'est dans ce sacrifice où le religieux se donne lui-même, qu'il donne conséquemment et qu'il sacrifie toutes ces prétentions [du monde], bourd. Pensées, t. il, p. 424. || Conséquemment à, en conséquence de. Conséquemment à cette doctrine. Les hommes, dirat-on, conséquemment à la prédestination de Dieu, ne sont plus maîtres de leur volonté, bourd. Carême, i, Prédestinât. 378. Voyez si le monde n'agit pas conséquemment à cette persuasion, mass. Carême, Pardon.
— HIST. IV s. Conséquemment au mois de mars mourut dame de Bar, comtesse de St-Pol, G. chastelain, dans le Dict. de dochez. || xvi» s. La royne s'assit on premier lieu , conséquemment les aultres selon leur degré et dignité, bab. Pant. v, 33. Dindenault en print ung grant et fort par la toyson, cuydant ainsy le retenir, et saulver le reste aussi conséquemment, id. t'6. iv, 8. Il feit jurer premièrement aux rois et aux sénateurs, puis conséquemment à tout le peuple, qu'ilz garderoient ses statuts, amyot, Lyc. 60. Qui se tiendroit de passer puis après en Afrique et à Carthage, qui seront conséquemment en si belle prise? id. Pyrrhus, 30. Il no se donna garde qu'il se trouva en estroitte disette de tous vivres, et conséquemment en grand danger, lu. Ârlax. 34. Desquelles toutes sera parlé cy après conséquemment l'une après Paultre, est. de la boche, Arismetique , f° 50, verso.
— ÊTYM. Conséquent, et le suffixe ment. CONSÉQUENCE (kon-sé-kan-s') , s. f. Terme de
logique. || 1° Conclusion déduite d'une proposition, d'un principe, d'un fait. Les prémisses et la conséquence d'un syllogisme. D'où l'on peut tirer une conséquence infaillible, corn. Ex. de Pompée. Du premier principe il tire cette conséquence, boss. Déf. Le marquis de Villeroy a eu ordre de se re-
tirer de la cour pour sa mauvaise conduite; voilà tout ce qu'a dit Sa Majesté; on tire plusieurs conséquences; on s'en prend à des gens... sêv. 4(8. Vous verrez les conséquences qu'il en tire, pasc. Prov. 9. Ils tirent de leur conduite des conséquences pour l'innocence de M. Arnaud , id. tb. 3. Pour en tirer des conséquences qui la déshonorent, m. tb. <3. Tirant une conséquence de ce qu'ils voyaient à ce qu'ils ne voyaient pas, id. Pesant, de l'air, Conclusion. Ce principe: qu'il ne faut pas imputer les conséquences à qui les nie, boss. 3« avertissement aux protestants. C'est une maxime certaine que les conséquences de l'être sont aussi conséquences de la cause de l'être, boullainvilliers, Héfut. de Spinosa, p 47). Les superstitieux et les hypocrites qui l'entouraient l'ont amené de conséquence en conséquence à rejeter les propositions avantageuses des religionnaires du nouveau monde, raynal, Ilist. phil. des Indes, xvi, 9. || Tirer une chose à conséquence, lui faire produire une conséquence. L'exemple de St-Mathias ne doit pas être tiré à conséquence , boss. Var. xv. || Fig. Tirer à conséquence, avoir des suites, être de quelque importance (ici tirer est pris d'une façon neutre). Sans que cela pût tirer à la moindre conséquence, hamilt. Gramm. 9. Je ne sais si un besoin extrême ou une violente passion ou un premier mouvement tirent à conséquence, la bruy. ni. Combien de sortes de ridicules répandus parmi les hommes, mais qui, par leur singularité, ne tirent point à conséquence et ne sont d'aucune ressource pour l'instruction et la morale ! id. xi. Rien n'est plus vrai; cet aveu ne tire pas à conséquence, fonten. Hélène, Fulvie. Cet accord n'est pas assez sûr pour tirer à conséquence, J. J. rouss. Ilél.vi, (0. On dit que, sij'avais de l'argent, cela tirerait à conséquence , bern. ue st-p. Paul et Virg. || En conséquence, loc. adv. Conséquemment, conformément à. J'ai reçu votre lettre et j'agirai en conséquence. || En conséquence de. J'agirai en conséquence de vos ordres, de vos avis. Agir en conséquence de cette loi, boss. Ilist. u, 4 3. || En termes d'astronomie, le mouvement d'une planète est en conséquence, quand elle se meut ou paraît se mouvoir d'occident en orient. || 2° Suites qu'une chose entraîne. Ne m'en faites point craindre les conséquences, rotr. Vcncesl. m, 2. Tout risquer, sans avoir égard aux conséquences, iiamilt. Gramm. 6. Ses moindres fautes sont d'une conséquence infinie, fén. Tél. xix. Les moindres choses ont de grandes conséquences, id. tb. xn. L'erreur d'un seul homme a des conséquences affreuses, id. tb. xxm. Les fautes qu'on y peut faire sont, selon notre maître Hippocrate, d'une dangereuse conséquence, mol. Am. me'd. a, 6. Voilà un doute d'une terrible conséquence, pasc. Préf. Var. Un simple récit qui n'aurait aucune conséquence, id. Prov. 4 3. Quoique cette matière n'ait peut-être pas d'abord de quoi frapper vos esprits, vous en comprendrez néanmoins bientôt toute la conséquence, bourd. Car. n, Observât, de la loi, 4 76. || Faire des conséquences, avoir des suites. Néanmoins, le prince n'eut point d'imitateurs, et son action ne fit point de conséquence, balz. 4" histoire. Un homme mort n'est qu'un homme mort, et ne fait point de conséquence, mol. Amour méd. II, 3. || De conséquence, en parlant des choses, qui a des suites, de l'importance. Il sera difficile d'en proposer aucunes qui soient de conséquence, desc. Préf. Ces faits et les autres sont de la dernière conséquence, boss. Relat. Des choses de peu de conséquence, id. Exp. avert. Ce sera de très-grande conséquence pour les Huguenots de ce pays, id. Lell. 412. Si vous chargiez l'un de vos gens d'une affaire de Conséquence, sêv. 329. Je sais bien qu'un bienfait de cette conséquence Ne saurait demander trop de reconnaissance, mol. D. Gare, v, 6. Un service, seigneur, de cette conséquence, Aura bien le pouvoir d'effacer votre offense, id. ib, iv, 14. Il s'agit d'une chose de conséquence que l'on m'a proposée, id. Mar. {. 2. Des affaires de la dernière conséquence vous ont obligé à partir, id. Festin de P. i, 3. Ce procès m'est d'une conséquence tout à fait grande, id. l'Av. u, 6. Je viens de me souvenir que j'ai une affaire de conséquence, qui ne me permet pas d'attendre, dancoubt, le Cheval, à la mode, u, 4 0. Je laisserai beaucoup de petites choses où il fit paraître la vivacité de son esprit; elles sont de trop peu de conséquence pour en informer la postérité, la font. Vie d'Ésope. J'ai pensé que le sujet des disputes de la Sorbonne était d'une extrême conséquence pour la religion, pasc. Prov. 4. Uno affaire qui n'est d'aucune conséquence pour l'Eglise, id. ib. 18. En voici une que, par avance, je vais
vous écrire, parce qu'elle me paraît plus de conséquence que les autres, boil. Lett.à M. deKaucroix. En des choses graves et de conséquence, la bruy. iv. Comme les rois de Macédoine ne pouvaient pas entretenir un grand nombre de troupes, le moindre échec était de conséquence, montesq. «ont. ch. 5. Cette lie était d'une conséquence extrême pour Charles, volt. Charles XII, liv. vin. || De conséquence, en parlant des personnes. C'est un prélat (le conséquence, prêchant avec dignité, sév. 4(9. C'est un ami de conséquence, id. 602. C'ost un ami de grande conséquence, id. 288. Il s'était trouvé dans une compagnie de grande conséquence, id. 4 42. Prépare-toi désormais à vivre dans un grand respect avec un homme de ma conséquence, mol. Méd. m. lui, m, II. Comment aurais-je pu, après cela, ne pas me croire un homme de conséquence? lesage, Gil Bios, vin, 5. Il ne faut pas s'imaginer qu'Aristophane fût un homme de peu de conséquence dans sa république, comme le sont ici les poètes qui fournissent des pièces comiques au théâtre, r min, Ilist. anc. Œuvres, t. xi, p. 689, dans pougens. || Sans conséquence, sans qu'on doive faire attention à.... Ils se voyaient tant qu'ils voulaient, sans conséquence, hamii.t. Gramm. 7. En disanttoutee qu'on pouvait dire sans conséquence, il [Télémaque] savait s'arrêter aux choses qui pouvaient donner quelque soupçon, fén. Tél. xvi. On peut, sans conséquence et sans honte, ignorer beaucoup de choses hors de son état, dider. Correspond. || C'estun homme sans conséquence, c'est un homme auquel on ne doit pas faire attention, soit parce qu'il est étourdi, sans gravité, soit parce qu'il a pris certaines habitudes de sans-gêne, soit parce que son âge ou son caractère écartent tout soupçon. Il vous est utile qu'un homme sans intérêt et sans conséquence vous parle en secret un langage dur, fén. Tél. Ht. Rire des gens d'esprit, c'est le privilège des sots; ils sont dans le monde ce que les fous sont à la cour, je veux dire sans conséquence, la bruy. v. Personnes commodes, agréables, riches, qui prêtent et qui sont sans conséquence, id. vin. || S* Suite dans les idées, dans la conduite. Il faut que la vie d'un homme ait de la conséquence, et pour cela chacun doit toujours considérer son passé.
— REM. Des grammairiens ont affirmé que consêquence ne peut jamais se dire pour importance; qu'autrement important pourrait se dire pour conséquent; ce qui est, comme on sait, une grosse faute. Ils ont raison. Conséquence ne veut jamais dire que suite plus ou moins grave. Mais, de là, les anciens ont tiré la locution de conséquence qui, signifiant proprement ayant des suites, a pris facilement le sens de l'importance et s'est appliqué nonseulement aux choses, mais aux personnes.
— SYN. conséquence , CONSÉQUENT. Ces deux mots se prennent indifféremment pour la conclusion d'un raisonnement. Cependant les logiciens font une distinction fondée. Le conséquent est la proposition même qui découle des prémisses; la conséquence est la liaison qui s'y rattache. Si le principe est faux, le conséquent sera nécessairement faux, sans que la conséquence le soit. Exemple : Toutes les cartes sont noires ou vertes; or l'as de cœur n'est pas noir; donc il est vert. La conséquence est très-exacte. Le conséquent est faux, puisque l'as de cœur est rouge. Cela vient de ce que la majeure est fausse. Les cartes sont noires ou rouges, et non pas noires ou vertes.
— HIST. xiii' s. Escheete [héritage] qui vient de père au fiz, c'est li premiers, et est li plus près à avoir le que nus de la lignie; et eniprès, li fiz do fiz, c'est li nevoz ; et emprès li soz-nevoz, et emprés li fiz au soz-nevoz, et issint en coinsiguance jusquesa sept degrés, Liv. de just. 231. || xv's. [Le corps ressuscitera] Pour recevoir la conséquence De ses maulx et de ses mérites, E. descu. Poésies mss. f> 433, dans lacurne. || xvi" s. Un faict de grande conséquence, qui estoit tel, mont, i, 38. C'est une hardiesse dangereuse et de conséquence, id. i, 204. En toutes entreprinses de conséquence, m. m, 170. Ce sont actions particulières, qui ne doyvent estre tirées en conséquences [qu'on ne doit pas suivre] , lanoub. 68. Grâce [le Havre] et quelque bicoque de moindre conséquence. — Tant à cause de son assiette que de sa conséquence, d'aub. Ilist. m, 403. Choses de très grande conséquence, amyot, Theni. 49. La chose tire une telle conséquence après soy, que la fin n'en peut estre que déplorable, condé, ilem.
— ÉTYM. Provenç. consequencia , consequenssa; espagn. consecuencia; ital. conséquent; du latin contequentia, de conséquent, conséquent.
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1. CONSEQUENT,ENTE(kon-sé-kan,kan-t'), adj. || 1* Qui suit ou qui se suit, c'est-à-dire qui agit ou Taisonne avec suite. Un esprit conséquent signifie un esprit juste qui raisonne bien. Tous les esprits sont conséquents, on le dit du moins, mais les philosophes semblent prouver le contraire, condillac, Art de rais, v, 4. Un premier jugement en fit naître un second, et bientôt on en fit sans nombre; l'analogie conduisit d'erreurs en erreurs, parce qu'on était conséquent, id. Logique, II, 3. L'erreur de droit influe dans toute créature raisonnable et conséquente, dider. Ess. sur la vertu. Saint Paul était un génie conséquent et lumineux. — Les premiers chrétiens n'étaient-ils pas raisonnables et conséquents? l'abbë houtevillk , dans desfontaines. Les poètes ne sont pas toujours conséquents, lamotte, dans desfontaines. || En parlant des choses. Conduite conséquente à la doctrine. Conclusion conséquente aux prémisses. Je n'en étais pas à dire mon avis avec colère à Mme la duchesse d'Orléans, sur sa conduite à l'égard de Monseigneur., et sa manière conséquente d'être avec lui, si-sim. 270, 4 44. || Dans le langage philosophique on a dit aussi conséquent de. Nos actions sont conséquentes de toutes les modifications que nous recevons de la part des objets, boullainvilliers, 2W/ut. de Spinosa, p. (86. Chaque mode de la substance est borné dans le genre de son attribut, et n'est conséquence que du même attribut ; car l'étendue n'est point conséquente de la pensée, id. ib. p. 69. || 2° Terme de grammaire. Qui suit. Relatif conséquent. Le membre conséquent dans une phrase. || 8* Terme de physique. Points conséquents, points qui se forment quelquefois dans un barreau aimanté et qui ne manifestent aucune propriété magnétique. ||4° S. f. Terme de musique. Conséquente, la deuxième partie d'une fugue.
— REM. Conséquent pour considérable est un barbarisme, que beaucoup de gens commettent et contre lequel il faut mettre en garde. Conséquence ne signifie qu'en apparence importance ; et cette apparence ne peut jamais se trouver dans conséquent (voy. la remarque à conséquence).
— HIST. xiv* s. Qui ayme honeur, c'est conséquent qu'il ayme bien honeste, oreshe, Eth. 84. Donques est il conséquent et bien que nous division ceste chose, id. t'6. 470. ||xvr*s. 11 nous feit quatre jours consequens jeusner, hab. Pant. v, t. Soit donc qu'on regarde aux premières causes ou à celles qui sont conséquentes, tousjours y verra-on matière et signes de ruine, lanoue, 2t.
— ÊTYM. Provenç. conséquent; espagn. consecuente; ital. conséquente; du latin consequens, de consequi, de cum, et sequi, suivre (voy. suivre).
2. CONSÉQUENT (kon-sé-kan) , s. m. || 1° Terme de logique. La seconde proposition d'un enthymème, par rapport à antécédent. Nier le conséquent. || Dans un syllogisme, la conclusion même que l'on tire, indépendamment de la déduction qui la fait tirer. || 2' Terme de mathématiques. Le second terme d'un rapport arithmétique ou géométrique. La différence entre l'antécédent et le conséquent. || 3" Terme de grammaire. Le deuxième terme d'un "apport. 114" Par conséquent, loc.adv. En conséquence. Le roi par conséquent est mort ou prisonnier, mair. Sophon. H, 4. Si l'on agit bien dans les affaires publiques, on offensera les hommes; si l'on y agit mal, on offensera Dieu, et par conséquent on ne s'en doit point mêler , Logique de Port-royal, 3' partie, ch. 4 6.
— REM. Quelques personnes disent: par conséquence; c'est contre l'usage. L'usage a préféré par conséquent kpar conséquence, et en conséquence à en conséquent, la bruy. xiv.
— HIST. xiv* s. Et par conséquent elettion n'est pas ire, oresme, Eth. 64. Il aime ouvrer selon vertu, et par conséquent il a en ce delettation , "id. ib. 4 9. || xvr* s. Aymant la pertinence, et par conséquent la briefveté, mont, i, 467. Son élection au tribunat estoit nulle, et par conséquent tout ce qu'il avoit ou fait, ou dit en iceluy, amïot, C. d'Utiq. 62. Que la loy qui regardoit la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine en ce roiaume, estoit la souveraine qui avoit jette les fondemens de sa grandeur et l'avoit fait reluire par dessus tous autres empires; de conséquent, que les autres loix lui dévoient céder comme inférieures, villeroy, Mêm. t. vi, p. 380, dans làcurne.
— ÉTYM. Conséquent I.
CONSERVATEUR, TRICE (kon-sèr-va-teur, tri-s'),
s. m. et f. ||1* Celui, celle qui conserve. Le prince est le conservateur des biens et de la liberté de ses sujets. Cette mère a été soigneuse , vigilante, conservatrice du bien de ses enfants. || 2* Titre de préposés
à la garde de certaines choses, de certains droits. Conservateur des privilèges des villes. Le conservateur des hypothèques. Au fond de la salle où elle fut reçue étaient placés les conservateurs du sénat, stael, Corinne, liv. H, ch. 4. || Employé supérieur dans les musées, les bibliothèques, etc. On savait où ils étaient [les manuscrits perdus]; c'était matière à exercer le zèle des conservateurs, p. l. cour, i, 82. || Le principal agent de l'administration des eaux et forêts. || Conservateur des chasses, ancien privilégié ou employé dans les forêts royales. || Autrefois, juge conservateur, ou, simplement, conservateur, juge établi pour conserver les privilèges accordés à un corps. || Titre d'office dans quelques universités et dans d'autres corps, dont les fonctions consistent à veiller au maintien des droits et des privilèges. || Grand conservateur, une des principales charges de l'ordre de Malte. || 3* Adj. Oui conserve. Les lois conservatrices de la monarchie. Pour assurer l'exécution de ce traité, on proposa d'assembler une armée conservatrice de cette neutralité singulière, volt. Charles XII, 6. Le Panthéon n'existerait plus s'il n'eût été consacré par 1« culte des apôtres.... Cet esprit conservateur se faisait remarquer dans tous les ordres de l'Église, chateaub. Génie, iv, vi, 6. 11 vaut mieux menacer ces provinces et laisser aux Russes quelque chose à perdre pour les décider à une paix conservatrice, séour, Hist. de Napol. vin, 7. || Sénat conservateur, le premier corps de l'Etat dans le régime impérial. || Dans le langage politique, le parti conservateur, celui qui est opposé au parti qui poursuit le renouvellement des sociétés. On dit aussi substantivement un conservateur, les conservateurs. Le Conservateur, titre d'un journal qui dans les premiers temps de la Restauration défendit les principes de l'autorité et de la légitimité contre ceux de la liberté et du droit populaire.
— HIST. xiv* s. Le prince est garde de juste, et conservateur de justice et de equalité, oresme, Eth. 4 65. || xv* s. Conservateurs ordonnez sur l'entretenemeut de ce présent traicté , monstrel. t. il, p. 47, dans lacurne. Par ces présentes eslisons et ordonnons conservateurs de ce présent traicté, c'est à sçavoir de nostre costé messire.... id. t'6. || xvi* s. Ce sont les bons capitaines qui forment les bons soldats, d'autant qu'ils sont conservateurs de l'ordre et de la discipline , lanoue, 284. L'université de Paris a été jusques à cy très-soigneuse promotrice et conservatrice de ces droits, p. pithou, 6. Choses odoriférantes et conservatrices [préservatrices] de pourriture, paré, Mumie, 4. Non pour vous faire ni mes tuteurs ni protecteurs du royaume ni conservateurs de ma ville de Paris, condé, Mémoires, p. 704.
— ÊTYM. Provenç. conservador , conservayrili ; espagn. conservador; ital. conservalore ; du latin conservatorem, de conservare (voy. conserver).
f CONSERVATIF, IVE (kon-sèr-va-tif, ti-v"), adj. Qui a la faculté de conserver.
— hist. xvi* s. Le nitre est un sel conservatif, et qui empesche la putréfaction, palissy, 243. Les espèces des indications ou enseignes prises des choses naturelles, que nous appelons conservatives.... paré, Introd. 22.
— ÉTYM. Conserver; provenç. conservaliu; espagn. et ital. conservativo.
CONSERVATION (kon-sèr-va-sion; en poésie, de cinq syllabes); s. f. || l'Action de conserver, de maintenir intact ou dans le même état. Veiller à la conservation d'un monument, de ses droits. Dieu qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église, boss. Reine cCAnglet. Il devait la conservation de sa vie à Télémaque, fén. Tél. xvn. Vj)us apprendriez que, ce prince [le dauphin] devant aller à la tranchée, M. de Vauban a augmenté toutes les précautions et toutes les sûretés qu'il a accoutumé de prendre pour la conservation des assiégeants, siîv. 466. Je crois qu'il est certain que la conservation n'est qu'une création continuée, puisque ce n'est que la même volonté de Dieu, qui continue de vouloir ce qu'il a voulu, malebr. Recherche, éclaire. liv. i, t. IV, p. 4 4, dans pougens. [Dans les États despotiques] la conservation de l'État n'est que la conservation du prince, montesq. Espr. v, 4 4. || Conservation personnelle, le soin que chacun prend de préserver sa vie. Instinct de conservation. || Terme depharmacie. Art d'empècherl'altérationdesdrogues et des médicaments. || Terme de mécanique. Conservation des forces vives , condition des forces qui font qu'elles gardent toujours leur direction et leur intensité, tant que rien d'étranger n'intervient Un des plus grands avantages qu'on tire de notre théorie, c'est de pouvoir démontrer que la fameuse loi
de mécanique appelée la conservation des forces vives a lieu dans le mouvement des fluides comme dans celui des corps solides, d'alemb. Équilibre et mouvement des fluides, Œuvres,t. xiv, p. 486, dans pougens. Il est toujours certain qu'on ne doit point employer le principe de la conservation des forces vives pour trouver le mouvement d'un système de •corps, lorsqu'on suppose qu'il y a dans ce système quelque corps dont la vi tesse varie en un instant d'une quantité finie, id. t7>. p. 4 88. || 2° État de ce qui est conservé. La conservation de ces fruits est parfaite. Un tableau, une statue, d'une belle conservation. La conservation du teint. || 3* Charge de conservateur. La conservation des hypothèques. Il y a trente et une conservations forestières. || Autrefois, la conservation de Lyon, juridiction établie à Lyon pour juger les affaires de commerce.
— HIST. xiv* s. Et le juge doit plus amer la conservacion du droit commun, qui est bien commun, que du droit ou du bien propre d'une persone privée, oresme, Eth. 462. || xvi" s. Conservation [salut], amyot, Numa, 23.
— ÊTYM. Provenç. conservatio; espagn. conservation; ital. conseruazt'one; du latin conservationem, de conservare, conserver.
4. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r") , adj. Qui conserve. || Terme de droit. Acte conservatoire, acte de procédure qui a pour objet d'empêcher qu'il ne soit porté préjudice à un droit; opposé à acte d'exécution. Saisie conservatoire.
— ETYM. Conserver.
2. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r'), s. m. || 1° Nom de certains établissements publics. Le Conservatoire de musique, haute école de musique qui conserve l'art et qui fut fondée à Paris en 4 784, à l'imitation d'établissements semblables en Italie, et, par extension, école où l'on forme des sujets pour la musique, la danse, la déclamation. || Le Conservatoire des arts et métiers, établissement où sont exposés des modèles de machines et où l'on fait des cours techniques; il fut fondé en 4794. || 2° Autrefois, maison où l'on retirait des orphelins, des filles et des femmes, pour les préserver de la débauche. || 3* Réunion des conservateurs d'un établissement. Le conservatoire de la bibliothèque impériale.
— ÊTYM. Conserver.
f 3. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r') , s. f. Ancien terme de jurisprudence. Siège du conservateur des droits de quelques corps, d'une université. Juge à la conservatoire.
CONSERVE (kon-sèr-v'), *. f. || i* Sorte de confiture faite de substances végétales et de »ucre. Conserve de fruits, de légumes. Et le printemps est toute l'année chez moi, ou en eaux ou en conserve, balz. Liv. n, lell. 4. || 2° Terme depharmacie. Préparation de consistance molle et qui cède facilement à la pression. || 3° Substance alimentaire conservée dans des boites de fer-blanc ou des bouteilles privées d'air. Conserves de gibier, de petits pois. || 4'Terme de marine. Navire qui fait route avec un autre pour le secourir. Ce vaisseau perdit sa conserve. Un vaisseau de conserve est celui qui sert d'escorte à d'autres vaisseaux. || De conserve, ensemble. L'Elisabeth et la frégate, voguant de conserve, rencontrèrent trois vaisseaux de guerre anglais, volt. Louis XV, 24. [1 Fig. Le courrier dit à l'autre qu'il contenterait sa curiosité, s'il lui voulait donner parole d'aller de conserve, st-sim. 2, 37. Que Mars, Phébus, Bacchus, Minerve, Voguent avec vous de conserve, bêrang. Pauvres am. || Navire servant de dépôt dans un port. || 5° S. f.plur. Conserves, certaines lunettes qui facilitent la vue sans grossir beaucoup les objets. || 6° Terme de fortification. Conserves ou contregardes, pièces plus longues et moins larges que les demi-lunes , qui couvrent les bastions entre le fossé et la contrescarpe. || 7* Ancien nom d'un réservoir pour les aqueducs.
— HIST. xiv* s. Mettez les noix boulir en miel , et illec les laissiez en conserve, Uénagier, II, 6.
|| xvi* s. Le nombre des navires feut tel que vous ay expousé ou tiers livre, en conserve de trirèmes, ramberges.... rab. Pant. îv, 4 . Vous, m'amye, faicte» voz honneurs comme vouldrez; vous avez en vos mains et conserve tous mes thesaurs, id. t'6. iv, 3. Ces barbares, sans conserve d'aucunes lettres, avoient la cognoissance des choses advenues bien 8oo an» auparavant, amyot, Préf. m, 27. Les lieux dont sourdent les fonteines n'ont pas des concavitez si capables qu'elles puissent fournird'eau toutes prestes, comme qui les tireroit d'une conserve, à tant de gros ruisseaux et tant de profondes rivières, in P. AZm. 22. JJ se meit aussi tost à la v\le, et, a^aut
CON
CON
CON
attaint la flotte, allèrent tous ensemble de conserve prendre terre, amyot, Timol. 4 4. D'un coup entre autres tuèrent le patron d'une nef de Bretagne venant avecques luy de conserve, m. du bell. 4 92. Choses aromatiques, comme electuaires, conserves, opiates, poudres, paré, v, 46.
— ÉTYM. Voy. CONSERVER.
CONSERVÉ, ÉE (kon-sèr-vé, vée), par», passé. Préservé de la destruction. Des manuscrits conservés avec soin. Souvenirs conservés par la tradition. || Être bien conservé, se dit des gens d'un certain âge, qui ont encore un air de fraîcheur et de vigueur. || Terre bien conservée, terre dont la chasse est bien gardée; locution qui a vieilli.
CONSERVER (kon-sèr-vé) , v. a. || 1° Préserver de la destruction. Vauban étant le maître et n'étant point pressé, il conservera les hommes encore plus qu'il n'a accoutumé de le faire; et vous savez combien il est admirable dans le soin continuel qu'il en prend , sév. 474 . Et par où l'un périt un autre est conservé, corn. Cinna, n, < . Ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire, Et qui m'ont conservé le jour que je respire, id. ib. v, 4. Craignez.... Que dans votre sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé, rac. Andr. i, 2. || 2° Maintenir en état. Conserver des fruits. Conserver des habits. || 3" Ne pas perdre. L'histoire conserve lamémoire des grands hommes. Il n'a conservé aucun de ses enfants. Empêchez-les, mes pères, de voir mes lettres, puisque c'est le seul moyen qui vous reste pour conserver encore quelque temps votre crédit, pasc. Prov. 43. Prodigue, dépensier, il ne conserve rien , Régnier, Sat. V....Ô siècles, ô mémoire, Conservez à jamais ma dernière victoire, corn. Cinna, v, 3. Ce reste malheureux (de vie] serait trop acheté, S'il le faut conserver par une lâcheté , rac. Baj. il , 3. Par là ils conservent tous leurs amis, et se défendent contre tous leurs ennemis,PASC. Prov. 6. Afin de conserver tout ensemble deux choses aussi opposées en apparence que la piété et l'honneur [le point d'honneur], id. ib. 7. L'ancienne philosophie n'a pas toujours eu tort : elle a soutenu que tout ce qui était dans l'esprit avait passé par les sens; et nous n'aurions pas mal fait d'avoir conservé cela d'elle, fonten. Fragm. Connaiss. de l'esprit humain. 11 n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu'ils ménagent moins que leur propre vie, la brut. xi. || Familièrement, conserver toute sa tête, posséder ses facultés soit dans un âge avancé, soit dans une maladie qui les trouble d'ordinaire. Il Fig. Conservez-moi votre amitié. Je conserverai toujours la mémoire de ce bienfait. || Absolument. Ce n'est pas le tout que d'acquérir, il faut savoir conserver. || 4° En parlant des choses, avoir la propriété de préserver. Cette pommade conserve le teint. Ces lunettes conservent la vue. Une vie réglée conserve la santé. || 5° Ne pas se défaire de. 11 a conservé ses anciensdomestiques. À la paix on ne conserva que tant de régiments. Je conserve cela pour vous. C'est un rare trésor qu'elle devrait garder En conservant chez soi sa chère nourriture [son cher élève] Ou pour le consulat ou pour la dictature, corn. Nicom. H, 3. || 6" Terme de marine. Conserver un vaisseau, naviguer de manière à ne pas le perdre de vue. || Conserver l'avantage du vent, lutter de manoeuvre avec un bâtiment qui veut s'élever au vent. || T V. n. Terme de trictrac. Jouer son coup sans dégarnir aucune des cases qui forment le plein. || 8" Se conserver, v.réfl. Demeurer en bon état. Les fruits ne se conservent pas cette année. || Se conserver, garder sa beauté, ses forces. Cette femme se conserve bien. Cet homme vieillit bien vite, il ne se conserve pas. || Continuer d'être tel ou tel. Se conserver pur au milieu de la corruption générale. || Se maintenir, durer. Cet usage s'est toujours conservé. Si Périandre voulait se conserver dans la tyrannie, fén. Pittactts. Comme l'Église d'Espagne s'était conservée sous les Ariens, les Mahométans ne purent l'abattre , boss. Hist. i, 44. || Etre gardé dans la mémoire. Et si mon nom encor s'est conservé chez eux, Dis-leur ce que tu vois, et de toute ma gloire, Phédime, conte-leur la malheureuse histoire, rac. Uithr. v, 2. || Ne pas exposer sa vie, ne pas compromettre sa santé. Un père doit se conserver pour ses enfants. En nous formant, nature a ses caprices : Les uns à s'exposer trouvent mille délices; Moi, j'en trouve à me conserver, mol. Amph. n, 4. || Se bien conduire en un temps difficile, se ménager avec sagesse entre plusieurs partis, entre plusieurs personnes ennemies. On a bien de la peine à se conserver entre deux partis si animés l'un contre l'autre, Académie. Il savait se conserver dans la créance de tous les partis, boss. le Tellier.
— HIST. ix' Si Lodhwigs sagrament, quse son fraire Karlo jurât, conservât, Serment. ||xvr» s. Ce bruvage ne se conserve que deux ou trois jours, mont, i, 237. Les gentils-hommes portent à leur costé les espées ceintes, pour conserver leurs propres personnes de tous outrages, lanoue, 202. Ils eurent pareil dessein d'aller vivre chacun sur le pais de son ennemi, pour conserver le sien des ravages extrêmes que font les armées, id. 648. En conservant la Normandie des Anglois, elle estoit doublement travaillée par les reistres et lanskenets,
CASTKLNAU, 4 44.
— ÊTYM. Bourguig. consarvai; provenç. et espagn. fonservar; ital. conservare; du latin tonservare, de cum, elservare, sauver.
f CONSERVITEUR (kon-sèr-vi-teur), s. m. Celui qui est serviteur avec un autre. Pendant qu'il tient à la gorge ses conserviteurs , boss. Avert. Ne fallait-il pas que vous eussiez pitié de vos conserviteurs? m. Aumône. Comme les serviteurs doivent se souvenir qu'ils sont dépendants de leurs maîtres, aussi les maîtres ne doivent jamais oublier qu'ils sont, pour ainsi dire, les conserviteurs de leurs serviteurs mêmes, bourd. Serin. Vim. t. n, p. 49.
— ETYM. Con, et serviteur.
t CONSIDENCE (kon-si-dan-s') , s. f. Terme didactique. Affaissement de choses posées les unes sur les autres.
— ÉTYM. Considentia, de considère, de cum, et sidère, asseoir, de même radical que sedere (voy. seoir).
CONSIDÉRABLE (kon-si-dé-ra-bl'), ad). \\l° Qui a de la considération, du crédit, de l'autorité, de la puissance. Déclaration que je sais bien ne pouvoir servir à me rendre considérable dans le monde, desc. Mélh. 6. Si jusques à ce point son sort [do Rome] est déplorable Que tu sois après moi le plus considérable.... corn. Cinna, v, 4. Alexandre, fils d'un roi considérable, st-évrem. ii, 184. Les Mèiles, avant Cyrus, quoique puissants et considérables, étaient effacés par la grandeur des rois de Babylone, boss. Hist. i , 7. Le roi a paru touché et a fait son panégyrique, en disant qu'elle était plus considérable par sa vertu que par la grandeur de sa fortune, sév. 417. Comme je sais que vous êtes une personne considérable, je voudrais vous prier.... mol. Sict'J. 8. Ce peuple n'est pas seulement considérable par son antiquité, mais il est encore singulier en sa durée, qui a toujours continué depuis son origine jusqu'à maintenant, pasc. Pens. part, n, art. 7. César , quoique considérable dans la république par sa naissance , par son éloquence et par son crédit et celui de ses amis, fut traité bien différemment , vertot , Révol. rom. liv. xn, p. 212. Chaque seigneur un peu considérable faisait battre monnaie, volt. Mœurs, 39. Un courtisan accrédité est un homme considérable; Corneille était un grand homme; on dit: de grands talents et un rang considérable, d'alemb. Synonymes. Les deux derniers actes où Sabine n'est plus considérable, corn. Ex. d'Hor. || Considérable à, qui est un objet de considération pour quelqu'un. Vous m'en êtes plus chers et plus considérables, corn. D. San. i, 3. Nous avons des philosophes qui nous doivent être plus considérables que tous ceuxlà, balz. liv. vi, lett. 9.H2" Qui mérite considération, attention, en parlant des choses. Quoi qu'on fasse de grand et de considérable, corn. Cid, il, 4. Ce qu'on promet pour l'autre [partie] est peu considérable, id. Sertor. i, 2. C'est un avantage bien considérable de faire paraître l'innocence de tant de personnes calomniées, pasc. Prov. 47. Nulle action considérable n'était commencée ni finie chez eux [les anciens fidèles] que par des invocations et des actions de grâces, fén. t. xvn, p. 334. Les villes considérables avaient alors dans la monarchie une importance qu'elles ont perdue, condorcet, Maurepas. || 8*Qui tientaucceur, en parlant des choses. Comme votre intérêt m'est plus considérable, Je tâche de vous rendre à des destins meilleurs, corn. Agésil. v, 4. Ah! mon père, le bien n'est pas considérable, lorsqu'il est question d'épouser une honnête personne, mol. l'Av. i, 6. Mais si jamais mon bien te fut considérable, Répare mon malheur et me sois secourable , id. l'Étour. n, 7. Ces raisons ont rendu leur condition [des hommes] si considérable à l'Église, qu'elle a toujours puni l'homicide qui les détruit, pasc. Prov. 4. Sa recommandation et la vôtre me sont fort considérables, sév. (28. Tout ce qui vous entoure m'est considérable, id. 223.
— REM. Le néologisme fait considérable synonyme de grand, et dit: un bruit considérable. Le vrai sens de ce mot est : qui doit être considéré, qui mérite
considération. Il ne faut guère l'étendre au delà de cette signification, et on ne lui attribuera le sens de grand que quand ce sens pourra se confondre avec celui de : qui mérite considération.
— ETYM. Considérer.
CONSIDÉRABLEMENT ( kon-si-dé-ra-ble-man),
adv. En grande quantité, beaucoup. 11 a perdu considérablement en cette affaire. 11 augmente considérablement le prix des monnaies, maucroix, Schism», liv. i, dans richelet.
— ÊTYM. Considérable, et le suffixe ment.
t 1. CONSIDÉRANT, ANTE (kon-si-dé-ran,ran-l'), adj. Qui prend garde à toutes les circonstances, à toutes les bienséances d'une action. Cet homme est fort considérant. |] Vieux.
2. CONSIDÉRANT (kon-si-dé-ran) , s. m. Motif qui précède le dispositif d'une loi, d'un arrêt. Les considérants d'une loi. Le premier et le deuxième considérant de l'arrêt.
— ÊTYM. Considérer; ainsi dit parce que, trèssouvent, les différents articles d'un exposé des motifs commencent par : Considérant que....
t CONSIDÉRATIF, 1VE (kon-si-dé-ra-tir, ti-v'), adj. Qui considère, qui réfléchit. Cette foi qui fait le passage de l'état considératif à l'état contemplatif, boss. Lett. 4 93.
— HIST. xvi* s. Comme il y en a tousjours qui sont fort consideratifs, ceux-là répliquèrent qu'ils appercevoyent bien le danger apparent, neantmoins que la salvation leur estoit cachée, lanoue, eoo. Kt l'autre, lent et considératif comme un Fabius, opina bazardeusement, id. 65). Le prince, ennuie de voir les eaux entre son chemin et lui [son adversaire], et le voiant trop considératif pour passer, lui voulut toucher à la main, d'aub. Hist. m, 626.
— ÊTYM. Considérer.
CONSIDÉRATION (kon-si-dé-ra-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || l'Action par laquelle on considère, on pèse quelque chose. Tout ce qui tombe sous la considération des géomètres, desc. Géom. 3. Il [St Paul] entre dans une profonde considération de ce que doit devenir un peuple honoré de tant de grâces, boss. Hist. univ. u, 7. Entrez en considération de ce que vous êtes, id. JVoi. 2. La considération de son excellence [il s'agit d'un ouvrage], pasc dans cousin. L'exemple du chancelier n'a été de nulle considération, sév. 4 27. Ne mettant jamais votre santé en aucune sorte de considération, id. 383. Philippicus, général de Maurice, qui, étant près do donner une bataille, se mit à pleurer dans la considération du grand nombre de gens qui allaient être tués,MONTEso. ifom. ch. 22. || Cela est de peu de considération, cela est de peu d'importance. || Mettre, faire entrer, prendre en considération, tenir compte de. || 2° Vision. Malachie est élevé à une plus haute considération, et, à l'occasion des offrandes immondes des Juifs, il voit l'offrande toujours pure et jamais souillée qui sera présentée à Dieu non plus seulement comme autrefois dans le temple de Jérusalem, mais par les gentils, parmi lesquels il prédit que le nom de Dieu sera grand, boss. Hist. n, 4. || Rare en ce sens. || 3° Circonspection dans ce qu'on dit ou dans ce qu'on fait. II agit sans considération. La considération avec laquelle il a agi dans cette affaire. || 4° Egard, estime que l'on a pour quelqu'un. Si l'on vous pardonne, c'est par considération pour votre père , Académie. N'avoir aucune considération pour les gens, voit. Lett. 23. On a bien peu do considération pour elle de lui dire cette nouvelle, sév. 6. || Egard, estime dont jouit quelqu'un. Cet homme a perdu toute sa considération. Jugeant que c'était quelque officier de considération, hamilt. Gramm. 6. Cet habit me met en considération, mol. t'est, m, 4. Il ne faut pas vous cacher ce que m'a dit un homme de considération, boss. Lett. quiét. 444. Leurs richesses les mettent en considération dans le monde, id. Fr. d'Ass. 2. Un théatin-qui ne dirigeait que des femmes de la première considération, volt. Jeannol. Thaïes fut pendant toute sa vie dans une considération fort distinguée, fén. Thaïes. J'ai passé quelques jours dans une maison de campagne auprès de Paris chez un homme de considération qui est ravi d'avoir de la compagnie chez lui, montesq. Lett. pers. 48. Celui qui reste assis dix heures par jour obtient précisément la moitié plus de considération qu'un autre qui n'en reste que cinq, id. ib. "8. Cette considération personnelle, qui ne s'accorde ni au rang ni au génie même, mais à la vertu seule, et dont on doit être d'autant plus jaloux qu'on est plus exposé par ses talents ou par ses dignités au jugement de ses contemporains, d'alemb. Éloges, abbé de Choisi. || À la considération de, par égard pour. Je vous donne ma parole,
CON
seigneur Don Piètre, qu'à votre considération, je m'en vais le traiter du mieux qu'il me sera possible, mol. Sicilien, se. 4 9. || En considération de, même sens. On ne l'a conservé dans sa place qu'en considération de son père. [| De considération, d'importance, en parlant des choses. Fondée sur des raisons de quelque considération, pasc. Prov. s. Je sais que le bien est de moindre considération, ID. ib. 7. Le bien est de nulle considération devant Dieu, id. ib. 9. Elles se rendirent avec trente autres villes de moindre considération, d'ablancouiit, Arricn, i, 8, dans richelet. || Vauban l'a employé au pluriel dans le sens d'estime, d'égard : Je dis de la meilleure foi du monde que ce n'a été ni l'envie de m'en faire accroire ni de m'attirer de nouvelles considérations qui m'a fait entreprendre cet ouvrage, Mme, p. 4. || 5° En style épistolaire. Je suis avec considération, avec une parfaite considération, avec une considération distinguée, etc. formules polies par lesquelles on termine cerlaines lettres. || 6" Motif que chacun considère pour se diriger. Diverses considérations l'ont porté à cette démarche. Je ne puis entrer dans ces considérations. La considération qui l'a fait agir. Je vois que, ledanger de sa fille effaçant toute autre considération, elle ne serait pas fâchée de vous voir ici , i. i. rouss. llél. i , 27. Ces considérations ne sont pas, je l'avoue, d'unegrande importance; aussi ne les donné-je que comme des accessoires, id. Dissert, sur lamusique mod. || l'Auplur. Considérations, titre qu'on donne à quelques ouvrages où l'on considère un sujet sous diverses faces. Il a écrit des considérations sur l'histoire de France. || 8" Espèce de panier rempli de crin et fait de fer, que portaient les femmes.
— SYN. 1" considération, béputation. La considération vient de l'effet que nos qualités personnelles, notre crédit, nos richesses, nos places font sur les autres ; aussi est-elle beaucoup moins étendue que la réputation qui, elle, est la connaissance, parmi un public plus ou moins nombreux, du nom, des actions, des œuvres d'un homme. Tel homme peut avoir de la considération sans avoir de la réputation, la considération étant bornée ou pouvant l'être à un cercle restreint. || 2° considérations, observations, réflexions, pensées. Le terme de considérations exprime cette action de l'esprit qui envisage un objet sous les différentes faces dont il est compoîa. Celui d'observations sert a exprimer les remarques que l'on fait sur les ouvrages. Le terme de pensées est plus vague et marque indistinctement les jugements de l'esprit. Les Considérations de Montesquieu sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains. Les Observations dfe l'Académie sur leCid. Les Pensées de Pascal, bealsée.
— hist. xn* s. Lo mantel mettre sur lo viaitt sst covrir la pense [la penséej de la considération de sa floibeteit, que ele haltes choses n'oset encerchier, Job, 488. || xiv* s. Il appert que la considération et lacognoissmce de telle fin appartient à cesle science civile, oresme, Eth. tu. Une [partie de l'âme] est vers laquelle l'en a speculacion et conlempiacion ou consideracion vers les choses de quoy les ymages sont nécessaires, id. ib. 4 70 .Enquérir de ceste chose parfaitement est plus propre à autre considération, id. ib. 20. Cest exemple n'est pas à passer sans considération, oresme, Thèse de meunier. || xV s. Et eut là certains articles de traités faits, jetés et accordés sur grands considérations et alliances, et toutes promises et jurées à tenir, froiss. 1, i, 3)1. || xvi1 s. Pourtant il n'y a plus de considération de Juif ne de Grec, de circoncision ne de prépuce; mais Christ est en tous, calvin, Instit. 349. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ny de ma gloire, mont. Au lecteur, p. xi. En considération de cela, id. i, 16. Exemple remarquable, pour cette considération, id. i, 6. Ces considérations ne destournent pas un homme d'entendement de.... id. i, 4 20. En leur considération, je diray encores cecy, car je désire de contenter chascun, id. m, 375. M. l'Admirai, qui estoit homme de grande considération [prudence] , lanoue , 650. Le dit seigneur meu de bonnes et grandes considérations, condé, Mémoires, p. 670.
— ÊTYM. Provenç. consideracio ; espagn. consideracion; ital. considerazione; du latin considerationem, de considerare, considérer.
l. CONSIDÉRÉ , ÊK (kon-si-dé-ré, rée) , part, passé. || 1» Examiné. Cette affaire considérée attentivement. Plus d'une fois je me suis étonné Que ce qui fait la paix du mariage En est le point le moins considéré, la font. Calendr. Tout bien considéré, je te soutiens en somme Que scélérat pour scélérat, Il vaut mieux être un loup qu'un homme, la font. Fabl. xn, 4. Je ne me sens point propre aux soins
CON
d'une famille, Et, tout considéré, j'aime mieux rester fille, regnard , Distrait, îv, 1. 1| En termes de pratique. Ce considéré, il vous plaise... || On a ditautrefois considéré que, avec le sensde pourvu que, attendu que. || 2° Regardé comme. Cet ingénieur considéré comme très-habile. || 3" Estimé. Et par son alliance il se crut assuré D'être plus redoutable et plus considéré, corn. Poly. i, 3. Vous êtes chez lui la plus considérée, m. Cinna, i, 2. L'un des plus considérés de cette compagnie, pasc. Prov. 6. Il n'abandonnait sa patrie que pour se rendre plus capable de la servir et pour y revenir un jour plus utile et plus considéré, condobcet, /[aller.
t 2. CONSIDÉRÉ , ÉE (kon-si-dé-ré, rée), adj. Réfléchi, circonspect. La subtilité de l'intelligence, la solidité du jugement, la hardiesse considérée ne sont pas des choses volontaires, balz. t dise, sur la cour. Il n'y a rien de moins attentif ni de moins considéré que les enfants, boss. dans le Dict. de
DOCHEZ.
— ÉTYM. Considéré i.
f CONSIDÉRÉMENT (kon-si-dé-ré-man) , adv.
Avec circonspection. La raison doit aller considérément d'une chose à l'autre, boss. Serm. Quint], t.
— ÉTYM. Considéré 2, et le suffixe ment; provenç. cossiradament.
CONSIDÉRER (kon-si-dé-ré ; l'accent aigu se change en accent grave devant une syllabe muette: je considère, excepté au futur et au conditionnel : je considérerai , je considérerais; à la vérité l'Académie ne donne ni considérerai, ni considérerais; mais comme elle met l'accent aigu dans les cas de ce genre, bien que par une anomalie regrettable, il faut la suivre), V. a. || 1° Regarder attentivement. Considérer un édifice, un tableau. Hé bien! Qu'est-ce? M'as-tu tout parcouru par ordre? M'as-tu de tes gros yeux assez considéré? mol. Ampli. m, 2. Il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre, ébranlé par tant de coups, boss. Anne de Gonz. Il s'arrêta dans un endroit où le boyau faisait un angle avec la parallèle; il se mit à genoux sur le talus intérieur, et, appuyant ses coudes sur le parapet, resta quelque temps à considérer les travailleurs qui construisaient les tranchées à la lueur des étoiles, volt. Charles XII, 8. j| Fig. Faire un examen attentif. Et pour dire en un mot ce que j'en considère [pense] , corn. Cid , iv , 6. La route en estmalsùre, à tout considérer, conN. Nicom. îv, 4. Ne considérez rien ou considérez tout, iiotrou, Antig. Il, 4. Quiconque en pareil cas se croit haï des cieux, Qu'il considère Hécube, il rendra grâce aux dieux, la font. Fabl. X, 43. Quand on considère de plus près l'histoire de ce grand royaume et particulièrement les derniers règnes, boss. Heine d'Anglel. Considère, Phénix, les troubles que j'évite, rac. Andr. il, 5. Les hommes donnent volontiers à la philosophie leurs maux à considérer, mais non pas à guérir, fonten. Dial. iv, Morts anc. Sans considérer que ces choses sont éloignées l'une de l'autre, comme le ciel l'est de la terre, d'ablancourt, Lucien, Comment écrire l'histoire. || 2° Avoir égard à, tenir compte de. Ne considérez point cette grandeur suprême; Traitez-moi comme ami, non comme souverain, corn. Cinna, H, 2. Mon bras, dont ses mépris forçaient la retenue, N'eût plus considéré César ni sa venue, id. Mort de Pomp. n, 4. Pour moi, ce que je considère particulièrement, c'est que par le moyen de ces visites spirituelles, on est instruit de cent choses qu'il faut savoir de nécessité, mol. Préc. rid. se. 40. Comme vous êtes roi, vous ne considérez Qui ni quoi; rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die, Tout en même catégorie, la font. Fabl. v, 48. Ne considérez point que je suis votre mère; Considérez en moi celle de votre frère, rac. Théb. iv, 3. Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire, Ne considère point le reproche ou la gloire, volt. Mort de Ces. m, 2. || 3° Estimer, faire cas de. C'est un homme que je considère beaucoup. Votre père y commande , et l'on m'y considère, corn. Poly. n, 4. Je t'ai considéré plus que tu ne mérites, id. t'6. v, 2. Votre marâtre y régne et le roi votre père Ne voit que par ses yeux, seule la considère, m. Nicom. i, 4. L'époux avait toujours considéré sa femme, la font. Faucon. On considère un bon géomètre, fên. Tél. m. ||4° Juger, réputer. Les soldats le considéraient comme un père. On doit considérer cet événement comme la source de tous nos malheurs. || 5° Se considérer, v. réfl. Se regarder, s'examiner. Le cerf qui se considérait dans la fontaine. L'âme qui se considère. || S'estimer. Seul il se considère, il s'aime et non pas moi, rotrou, Vencesl. n, 4. Mais elle seule enfin s'aime et se considère, corn. Rodog. il, 4. Mais où trouvera-
t-on une âme si purgée, Qu'elle aime à servir Dieu sans se considérer, Et ne cherche en l'aimant que l'heur de l'adorer? corn. Mit. u, 4 4. || Se juger. Se considérer comme un personnage. Je me considère comme votre ami. || S'estimer mutuellement. Us se considèrent l'un l'autre. || Être considéré, aperçu. Le naturel de chacun se considère en deux manières, pasc. dans le Dict. de poitevin. || Être pris en considération, être pesé. S'il est juste d'ailleurs que tout se considère , Que hasirdait Pompée en suivant votre père? corn. Pomp. i, 3.
— HIST. xiv s. Vous considurastes que le peuple romain a bien esté sur touz li souverain, bercheure, 1" t. Mesmement considéré que illecques sont baillées certaines règles, bons enseignemens , belles hystoires.... oresme, Eth. Prol. Et selon les passions absolument considérées, nous ne sommes diz ne bons ne malvès, id. t'6. 42. L'excellence et vertu de l'œuvre, c'est que elle soit grande et bonne et tele que elle soit digne de estre considérée à grant admiracion, in. ib. 4 4 4. Le charpentier et le geometrien enquerent et considèrent de la line droitte, id. ib. x (4 6). Gilet considérant l'abusion que vouloit faire et avoir icellui Loys, du cange, abusin. || xv s. Si que, tout considéré , [les Anglois] se traïrent à Mauros, et là se logèrent, froiss. h, u, 4 9. À tout considérer, si Angleterre se perdoit, ils perdroient trop plus que nous, in. u, m, 45. Gens vinrent de tous costés pour le voir, et considérer le grand estât qu'il maintenoit, m. I, I, 74. Le pays [de Flandre] estoit si plein et si rempli de biens que merveilles seroit à raconter et à considérer, id. n, n, 52. Uns saiges homs considerans en soy Quel chose estoit à prince nécessaire, e. desch. Ce qui est nécessaire aux rois. Considéré leur grant despence et que la saison se passoit , comm. iv . 5. || xvi° s. X la lecture des histoires, j'ay accoustumé de considérer qui en sont les escrivains, mont, i, 58. Il estoit à considérer la grandeur démesurée de ses forces au passage de l'Hellespont, id. i, 174. 11 s'approcha à cheval le plus près qu'il peut du Cousteau [coteau] pour le recognoistre et considérer de près la nature du lieu, amyot, Sertor. 23.
— - ÊTYM. Provenç. cossirar, considerar; anc. catal. consirar; espagn. confiderar; ital. considerare ; du latin considerare, de cum, et sidus, sideris, astre, étoile (voy. sidéral), de sorte que, dans le latin , considerare a un rapport avec la contemplation des astres.
COSIGNATAIRE (kon-si-gna-tê-r') , s. m. || 1° Dépositaire préposé à la réception et à la garde des dépôts et consignations. || 2° Terme de commerce maritime. Négociant ou commissionnaire auquel on adresse un navire ou des marchandises.
— ÉTYM. Consigner.
t CONSIGNATEUR (kon-si-gna-teur) , Terme de commerce. Celui qui fait une consignation de marchandises dans une maison de commission.
CONSIGNATION (kon-si-gna-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Dépôt d'une somme ou autre objet entre les mains d'une personne publique. Ea:re une consignation au greffe. || Anciennement dépôt d'argent pour l'achat d'une charge. Qui attendent d'un mariage à remplir le vide d'une consignation, la bruy. vu. || La caisse des dépôts et consignations, caisse publique qui reçoit seule les dépôts et consignations des particuliers et les fonds de divers établissements. || Terme de droit. Consignation d'amende, dépôt, préalablement à certains actes, de l'amende qui peut être encourue. Consignation d'aliments, somme préalablement exigée du créancier qui veut contraindre par corps son débiteur. || Terme de commerce. Marchandises à la consignation d'un tel, marchandises dont un tel est le consignataire.
— HIST. XVT* s. Estans advertiz que les religieuses vestales avoient quelques consignations et autres deniers mis en depost et en garde entre leurs mains, ilz les allèrent enlever par force, amyot, Anton. 24.
— ÉTYM. Lat. consignalionem, de consignare (voy. consigner).
4. CONSIGNE (kon si-gn'), s. f. || 1° Ordre et instruction qu'on donne à une sentinelle, à un chef d • poste. Donner, lever, observer, violer, forcer la consigne. Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat, c'est ma consigne, bérang. Convoide David. || Familièrement, manger la consigne, no pas la faire observer. || Défense de sortir par punition militaire ou par mesure d'ordre. || Grande pancarte ou sont imprimés les articles qui concernent une consigne. || Petite armoire grillée dans laquelle on enferme les ordres du jour. || Détail des objets de mobilier qui composent un poste. || Dans les écoles du gouvernement et les collèges, punition qui consiste
CON
en une privation de sortie. || Terme <Je marine. Lieu dans les bâtiments de guerre où l'on conserve une lampe allumée dans un fanal. Poste situé dans le faux pont, où se tient le caporal de garde et d'où doivent partir les feux d'éclairage. || 2° Par extension, tout ordre donné à quelqu'un qui est chargé de garder l'entrée d'un lieu.
— ÊTYM. Voy. consigner. Génev. consine.
2. CONSIGNE (kon-si-gn'), s. m. Celui qui est aposté à la porte d'une place de guerre, pour tenir registre de tous les étrangers qui s'y présentent. On dit aussi portier consigne. || Garde de santé dans les lazarets.
— REM. L'Académie ne dit pas le genre de ce mot; mais Richelet le dit expressément masculin; et en effet tel doit en être le genre.
— ÊTYM. Voy. CONSIGNER.
f 3. CONSIGNE (kon-si-gn'), adj. Ancien terme d'algèbre. Quantités consignes, quantités qui ont les mêmes signes.
— ÊTYM. Con, et signe.
CONSIGNÉ, ÉE (kon-si-gné, gnée), part, passé. || 1" Mis en dépôt. Somme consignée. |j 2" Relaté. Ce fait consigné dans nos annales. Événements consignés en partie dans les écrits d'Homère , en plus grand nombre dans un recueil intitulé Cycle épique, où différents auteurs ont rassemblé les anciennes traditions de la Grèce, barthël. Anacharsis, 71. || 3° Qui a reçu défense de sortir. Cet officier consigné dans sa chambre. || Consigné, se dit aussi des élèves d'un collège, de l'école polytechnique, de l'école normale, que l'on pri*e de sortir.
CONSIGNER (kon-si-gné), v. a. || 1" Déposer une somme en garantie, ou pour qu'elle soit délivrée en temps opportun. Consigner de l'argent, une somme. Un dépôt que l'on consigne entre tes mains, boss. i, Pdq. 2. Caretti le guérit parfaitement [ M. de la Feuillade] ; il était fort cher pour ces sortes d'entreprises, et faisait consigner gros, st-sim. 66, 296. || Consigner une amende, déposer une amende qui par l'événement peut être encourue. || Consigner des aliments . déposer la somme nécessaire pour la nourriture du débiteur soumis à la contrainte par corps. || Terme de commerce. Mettre aes marchandises en dépôt dans une maison comme nantissement d'une somme empruntée. || Absolument. Aller de pair avec Thrason qui veut se marier et qui a consigné [déposé son argent au trésor public pour une
grande charge], la bruy. vu Je vois bien qu'un
rival domestique Consigne entre tes mains pour avoir Angélique, regnard, le Joueur, i, 2. || Consigner en papier, donner un billet portant obligation de la somme que l'on doit consigner. || 2° Enregistrer des marchandises sur les livres des voituriers publics. || 3° Terme de commerce maritime. Adresser un navire ou des marchandises à un consignataire. || 4° Citer, rapporter dans un écrit. On a consigné cette circonstance au procès-verbal. || Par extension. Lorsqu'un objet se présente à notre oeil.... il produit nécessairement des impressions que l'esprit ne peut s'empêcher de recevoir et de consigner en lui-même , dumarsais, Rais. Œuvres, t. vi, p. 3, dans pougens. || 5" Infliger la punition de la consigne ou la commander par mesure d'ordre. On l'a consigné pour huit jours. L'école a été consignée. || Consigner quelqu'un, donner ordre qu'il ne soit pas reçu. Je l'ai consigné à ma porte. || 6" F. n. Donner une consigne à une sentinelle, à un gardien. Ou lui a consigné de ne laisser entrer personne sans billet.
— HIST. xv* s. Sçavez que feistes prendre à Paris la somme de quarante mille cinq cens vieulx escus que M. le duc de Bretagne avoit consiné à vostre court de parlement, lettre du temps de Louis XI , Bibl. des Chartes, 4' série, t. i, p. 19. || xvi" s. .... X quelle heure ils furent mis dedans leur première prison, à qui consignez.... M. du bellay, 486. Il ne voulut pas seulement voir l'or et l'argent , ains les feit seulement livrer par compte et consigner entre les mains des questeurs et trésoriers, amyot, P. Mm. 48. Glaucias consigna sur l'heure mesme l'enfant entre les mains de sa femme, et luy commandadelefairenourriravecIessiens,iD. Pyrrhus, 6. Soubs condition que non seulement il jouïroit des païs et provinces qui luy avoient esté consignés en gouvernement, mais que encore luy en adjouxteroit on d'autres, m. Eumènes, 9 Et les consigna [ceux qui avaient trahi Eumènes] entreles mains dugouverneur de la province, luy donnant très exprez commandement de les perdre et mettre à maie fin, mont, iii , 247.
— ÊTYM. Génev. consiner ; provenç. et espagn. consignar; ital. consegnare; du latin consignare , de cum, et signare, marquer (voy. signer).
+ CONSIMIL1TUDE (kon-si-mi-li-tu-d'), s. f. Terme didactique. Égalité, convenance mutuelle.
LlL'l. UL LA LANGUE l'UANLAlSS.
CON
— ÊTYM. Con, et similitude.
CONSISTANCE (kon-si-stan-s") , *. f. || l'État de
stabilité , de solidité. Je n'examine point quelle fut là consistance de la monarchie sous François I", patru, Plaidoyer 4, dans richelet. Je n'étais pas en trop bonne consistance, voit. Lett. 29. Leur gloire n'a pas de consistance assurée, mass. Pet. Car. Triomphe. Notre consistance dans la vertu est un miracle de la grâce, ta. Car. Tiéd. 2. Toute leur vie [des mondains] est une agitation éternelle que rien ne peut fixer, et qui ne leur laisse pas plus de consistance ici-bas qu'à la poussière qui devient le jouet des vents, mass. Profess. relig. 3. Il a fallu que la noblesse eût une certaine consistance, afin que le propriétaire du fief fût en état de servir !e prince, montesq. Esp. vi, t. Elle m'a assuré q le l'impératrice jouissait d'une admiration si méritée. .. que sa consistance sur le trône ne dépendait plus de personne, dider. Sur la princ. d'Ash. C'est une monnaie dont l'alliage fait la consistance, marmont. Contes moraux, Alcib. La reconnaissance due au ministre qui a donné le premier plus d'étendue et de consistance à ces travaux [la correction des cartes marines], condorcet, Maurepas. || Le temps qu'il faitn'a point de consistance, il est mal assuré, Vict. del'Acad. il Le plus haut point de développement en parlant des êtres vivants, et particulièrement des animaux et de l'homme. Age, temps de consistance. L'état d'accroissement, de consistance et de diminution. Avant que l'habitude du corps soit acquise, on lui donne celle qu'on veut sans danger; mais, quand une fois il est dans sa consistance, toute altération lui devient périlleuse, i. i. rouss. Ém. i. || Par extension, en parlant des choses, état de consistance, le terme où elles se tiennent solidement, et ne montrent aucun signe de changement. Les affaires sont dans un état de consistance. || Un bruit sans consistance, un bruit sans autorité. || Un homme sans consistance, un homme sans considération, ni crédit. || Un esprit sans consistance, un esprit sans fermeté. || Prendre, acquérir de la consistance, en parlant des personnes , gagner en crédit, en tenue; en parlant des choses, se confirmer. Cet homme prend de la consistance dans sa compagnie. Le bruit d'un soulèvement avait pris de la consistance. || 2° Terme didactique. Degré de rapprochement ou de liaison des molécules d'un corps, qui fait que ce corps oppose plus ou moins de résistance aux corps qui agissent sur lui et tendent à le diviser. Faire évaporer un liquide jusqu'à consistance de sirop. La cire a moins de consistance que la résine. Ce feu [du Tartare] ne laisse aucune consistance et il ne consume rien; il dissout jusqu'aux premiers principes de la vie, et on ne peut mourir, fen. Tél. xvm. || 3° État, contenance. La consistance de ce bois est de plus de cinq cents arpents. Il faut savoir la consistance des effets et des dettes d'une succession.
— HIST. xvi* s. Les différences des os sont prises des apophyses, epiphyses.... consistence, magnitude, nombre, figure, situation, paré, ii, *. L'humaine sagesse s'en prescriroit d'aultre [devoir] au delà, où elle aspirast toujours et prétendis! : tant nostre estât est ennemy de consistance, mont, iv, 434.
— ÊTYM. Consistant; provenç. et espagn. consistencia; ital. consistenza.
CONSISTANT, ANTE (kon-si-stan , stan-t'), adj. || 1° Qui a de la consistance. Un système consistant. Un homme consistant. || 2" Qui a une certaine cohésion. Les corps consistants. Des sirops consistants. || 3* Qui consiste en, qui est composé de. Un domaine consistant en bois, terres labourables, etc. Une escadre consistant en vingt vaisseaux. ||4" S. m. Classe de pénitents qui, chez les premiers chrétiens, assistaient aux mystères sans pouvoir communier.
CONSISTER (kon-si-sté), v. n. || i" Subsister, se maintenir. Sans quoi l'Eglise ne peut consister , boss. vi, Vélure, i. Une église ne peut consister, sinon qu'il y ait des pasteurs qui aient la charge d'enseigner, fén. t. n, p. 63. || 2° Être constitué par. Son revenu consiste en rentes sur l'État. Je vois que votre honneur demande tout mon sang; Que tout le mien consisteà vous percer le flanc, corn. Ilor. ii,3. Quoil si ton amitié pour Cinna s'intéresse, Crois-tu qu'elle consiste à flatter sa maîtresse? id. Cinna, iv, 6. Son bonheur [d'un sage] consistait aux beautés d'un jardin, la font. Fabl. xii , 20. Là, son unique compagnie Consistait aux oiseaux, id. Oies. Elle ne consiste qu'en l'usage de certaines paroles, pasc. Prov. 8. La dignité consistait à user et dominer sur les créatures, id. Rel. 2. Ce désintéressement qu'ils font consister dans la suppression des demandes, boss. Or. 6. Je demandai à Mentor en quoi consistait l'autorité du roi [dans l'île de Crète], ttin. Tél.
CON
v. Ils doivent faire consister leur bonheur dans la modération, id. ib. xn. Et la félicité des cœurs tels que les nôtres Consiste à tout quitter pour le bonheur des autres, volt. Zaïre, n, t. || Le tout consiste à savoir, c'est-à-dire ce qu'il y a de principal, de plus important dans une affaire , dans une question est que.... || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xiv s. Sache que j'ay toutes puissances De substanter toutes essences. Et les essences consister En matière et forme exciter, Nat. à lalch. err. 403. || xvi* s. Si nostre sanctification consiste au renoncement de nostre propre volonté, calv. Inslit. 296. Nostre courage, estant an soy confus, se reconforte en Dieu : estant abbatu, se redresse en iceluy : se défiant de soy, consiste en l'espérance qu'U a en lui, id. i6. 439. On dit qu'il est impossible que deux religions puissent consister en un mesme
Estât, lanoue, 35 Et n'approuvera autre vie,
que celle qui consiste à faire le braguard en la maison, id. 4 16. Les reytres devroyent plustost que nuls autres estre défenseurs de ceci, pource que leur réputation y consiste, id. 308. Sans ce soulagement, elle [l'armée] n'eust peu consister, id. 629. Le roy consiste, quand le champ est labouré, o. de serres, Dédie. Un frère en qui consistoit l'appuy de sa maison, mont, i, 6. L'estimation et le prix d'un homme consiste au cœur et en la volonté, id. i, 242. Es choses qui consistent en action, il fault avoir mis la main à l'œuvre, amyot, Préf. ix, 36. La prudence enseigne le poinct du milieu, auquel consiste toute louable action entre deux vicieuses extrémités du peu et du trop, id. ib. xi, 38.
— ÊTYM. Lat. consistere, de cum, et sistere , fixer, forme dérivée de slare (voy. stable).
CONSISTOIRE (kon-si-stoi-r') , s. m. || i* Assemblée de cardinaux convoquée parle pape, et lieu où se tient l'assemblée. || Nom de la principale cour ou tribunal de Rome , qui se tient avec beaucoup de solennité et de splendeur, et dans laquelle le pape, en habits pontificaux, préside aux cardinaux. || Consistoire secret, consistoire qui se tient dans une chambre particulière, où le trône du pape n'est élevé que de deux degrés, où les cardinaux seuls sont admis, et où l'on recueille leurs suffrages à chaque débat. Les bulles pour les évèchés et les abbayes ne s'accordent qu'après avoir été proclamées dans ce consistoire. || 2° Parmi les protestants, consistoire, conseil ou assemblée qui est composé do ministres et des anciens des églises. Le consistoire, établi pour veiller sur les mœurs, n'inflige que des peines spirituelles, d'alemb. Gouvern. genevois. Qu'est-ce que sévir de la part du consistoire? C'est excommunier et déférer au conseil, j. J. rouss. Lettres de la Montagne, v. Le duc d'Hanovre fit assembler le consistoire pour rompre son mariage, st-sim. 27, 66. || Une des divisions ecclésiastiques des pays protestants. || Consistoire central, assemblée supérieure à tous les consistoires locaux. Le consistoire de la confession d'Augsbourg. || Consistoire israélite, conseil qui dirige les affaires de la religion judaïque. || 3° Familièrement et par plaisanterie. Tant et tant fut ce discours répété Qu'enfin Satan dit en plein consistoire : Si ces gens-ci disent la vérité. Il est aisé d'augmenter notre gloire, la font. Belph.
— HIST. xu* s. Al consistorie od lui ne remist [resta] nuls hum vis; Ociseûr felun li furent dune tramis, Th. le mort. 94. || xiu' s. Estes les vos avant venuz A grant joie et à grant baudor Devant le roi el consister. Tien. 8864. Ceus lient, bâtent, fustent, pendent, Hurtent, hercent, escorchent, foulent, Noient, ardent, greillent et boulent Devant les trois prevoz leans, En plain consistoire seans, Ceus qui firent des félonies, la Rose, 20044. Car il par amors, sans haine, A sa belle fille Virgine Tantost a la teste copée, Et puis au juge présentée Devant tous en plain consistoire, ib. 6663. || xiv s. Au palais sont venus, où li papes puissans En consistoire fu avec ses clers sachans, Guescl. 43148. Le prétoire des consuls, c'est leur consistoire, bercheure, f*43, verso. || XV s. Là y eut grant consistoire de ceux qui faisoient la tralson, fenin, 4410. ||xvi's. Christ a esté mené du consistoire à la mort, et pendu entre des brigans, calv. Instit. 390. Du commencement chacune église a eu comme un conseil ou consistoire de bons preudhommes, id. ib. 851.
— ÊTYM. Provenç. consistori; ital. consistorio ; d-i latin consistorium, de consistere, être assis, siéger (voy. consister). Au xu* siècle, l'orthographe orie (consistorie) est l'orthographe usitée pour représenter le son oire.
CO.NSISTORIAL, ALE (kon-si-sto-ri-al, a-1'), adj. || 1" Qui appartient au consistoire tenu par le pape.
CON
CON
CON
Il Bénéfices consistoriaux, évêchés ou bénéfices dont tes bulles sont expédiées par voie de consistoire. Il demanda un induit pour les bénéfices consistoriaux de la Bresse, patru, Plaid. 44, dans richelet. La somme totale des rentes de tous les bénéfices consistoriaux sera portée à environ seize millions, volt. louis XIV, 35. || 2° Qui appartient à un consistoire protestant ou israélite. Ecoles consistoriales.
— WST. xvi» s. Les simples, et ceux qu'ils appelaient consistoriaux ne purent jamais espérer bien de cet homme ni de tous ceux que l'ame et la conscience h'avoient pas unis, d'aub. Hist. H, 4 58.
— ÊTYM. Consistoire.
CONSISTORIALEMENT (kon-si-sto-ri-a-le-man) ,
adv. En consistoire; selon les formes du consistoire.
— ÊTYM. Consisloriale , et le suffixe ment.
f CONSISTORIALITÉ (kon-si-sto-ri-a-li-té) , s. f. Terme de chancellerie apostolique. Qualité de ce qui est consistorial ; forme observée dans les expéditions du consistoire.
— ÊTYM. Consistorial.
t CONSISTORIER (kon-si-sto-ri-é), v. a. Terme de chancellerie apostolique. Considérer, décider en consistoire.
— ÊTYM. Consistoire.
fCONSOEUR (kon-seur), s. f. Se dit des femmes associées à une même confrérie, et des religieuses Ju même couvent ou du même ordre.
— ÊTYM. Con, et sœur.
CONSOLABLE (kon-so-la-bl'), adj. Oui peut être consolé. Dom Carlos eût pu recevoir quelque consolation de ces belles promesses, si le malheur de son amour lui eût permis d'être consolable, scark. Jiom. corn. 2* part. ch. 4 4. Maintenant qu'il leur semble que le présent durera toujours, lorsque l'un de ces ministres de la mort leur vient signifier l'arrêt du destin, ils ne sont pas consolables, d'ablancourt, Lucien, Caron. || En parlant des choses. Douleurs consolables.
— REM. L'Académie dans ses Observations sur Vaugelas, p. 684, dit: «On ne croit pas que consolable se dise de la douleur aussi bien que de la personne affligée. » C'est un scrupule mal fondé. On peut voir au mot consoler que d'excellents auteurs ont dit consoler la douleur.
— ÊTYM. Lat. consolabilis, de consolari , consoler. CONSOLANT, ANTE (kon-so-lan, lan-t'), adj.
Qui console ou est propre à consoler. Il est bien consolant pour un père devoir ses enfants prospérer. Voilà une vérité bien consolante pour vous, mass. dans girault-duvivier. Honorez le malheur par des soins consolants, docis, Abuf. I, t. Sa loi, sa morale est consolante et pure, volt. Alx. I, 4. L'honneur consolant de mourir à vos yeux, id. Tancr. i, t. Et des mots consolants sont sortis de sa bouche, delille, Imag. ch. vm. || Familièrement. Cet hommelà n'est guère consolant, ce qu'il dit n'est pas fait pour rassurer. Cette maxime n'est pas neuve, mais elle est consolante. Son laconisme peu consolant n'était d'ailleurs réparé ni par sa figure ni par ses manières, fonten. Littre.
CONSOLATEUR, TRICE (kon-so-la-teur, tri-s'),s. m. et /. || 1° Celui, celle qui console. Eh! messieurs, laissez-moi mourir,... et finissez vos pleurs. Point du tout; les consolateurs De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent, la font. Fabl. xn, 6. De mes douleurs noble consolatrice, campenon, l'Enf. prod. ch. iv. J'y trouve un consolateur Plus affligé que moi-même, j. b. rouss. Odes, il, 2. Le consolateur le plus tendre parait un indifférent qui déplaît; nous voudrions que tout ce qui nous approche prit le sentiment qui nous possède, fonten. Bonn. Nous l'avons d'espérance qu'en ma consolatrice; nous ■ levions tout à la chaleur qu'elle met dans ses bons offices, volt. Lelt. Mme de Si-Julien, 24 sept. (775. i| 2° Adj. Un espoir consolateur. Ceux qui dans leurs lourments me baignent de leurs larmes et cherchent un Dieu consolateur, volt. Hemmius, vi. Tes soins consolateurs charmèrent mes ennuis, m. j. chénier. Gracques, ï, 4. Les arts consolateurs vont embellir nos villes, id. ib. i, ï. Et quand la mort viendra frapper votre jeunesse Vous chercherez partout des yeux consolateurs, id. ib. v, 3. Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice; Je n'aurais jamais cru que l'on pût tant souffrir D'une telle blessure, et que sa cicatrice Fût si douceà sentir, a. de Musset, Poésies nouv. Soutenir. || L'Esprit consolateur, ou, simplement, le Consolateur, le Saint-Esprit.
— HIST. xvi* s. Je prieray le Père, et il vous donnera un autre consolateur, assavoir l'Esprit de vérité, calvin, Instit. 928. Or, encores que ces remonstrances fussent grandement consolatrices, carl. u, il. Si le latin je veux apprendre, Pour parler
avec tant d'autheurs Sages, sçavans, consolateurs,
MAHOT, IV, 4 64.
— ÊTYM. Lat. consolator, de consolari, consoler; provenç. consolaire au nominatif, consolador au régime; espagn. consolador ; ital. consolalore. Si ce mot se trouvait dans l'ancien français, il serait au nominatif consolere, et au régime consoleor.
CONSOLATIF, 1VE (kon-so-la-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de consoler. Je vous commencerai ce que j'ai à vous dire par un discours bien consolatif à ceux qui ont assez de liberté d'esprit pour le concevoir au fort de la douleur, pasc. Lettre à sa sœur sur la mort de leur père. Je vous dirai sur cela un beau mot de saint Augustin, et bien consolatif pour de certaines personnes, pasc. dans cousin. Je suis homme consolatif, homme à m'intéresseraux affaires des jeunes gens, mol. Scap. ï, 2.
— ÊTYM. Lat. consolalivus , de consolari, consoler.
CONSOLATION (kon-so-la-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || l'Allégement de ce qui peine. Être privé de consolation. Écrire une lettre de consolation. J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. X un si grand malheur que le mien, il ne fallait pas une moindre consolation que celle que vous m'avez donnée, voit. Lelt. 32. Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir tant de consolation, id. t'6. 20. Vous aurez la consolation qu'elle sera morte dans les formes, mol. Am. mèd. n, 5. Tu peux me donner une dernière consolation, fén. Tél. xv. Il n'aura pas même la consolation de cacher sa honte, id. ib. xvm. La sûreté de notre zèle, la consolation de nos dégoûts, mass. Myst. Purif. 4 . Votre douleur même porte avec elle la plus flatteuse des consolations, le secret témoignage de ne souffrir que parce que vous avez une belle âme, volt. Lett. d'Argental, 23 déc. 4774. L'amitié est la consolation de ceux qui se trouvent accablés par les sots et par les méchants, volt. Lett. Hekétius, 4 1 mai 4 764. Ce n'est pas une médiocre consolation pour moi de voir mon opinion sur cet ouvrage si bien confirmée, volt. Lelt. Chatellux, 40 mars 477». || 2° Sujet de satisfaction ou d'allégement de peine. C'est une grande consolation pour un père de voir ses enfants se porter au bien. Ses maladies lui ôtèreut la consolation qu'elle avait tant désirée, d'accomplir ses premiers desseins et de pouvoir achever ses jours sous la discipline de Sainte-Fare, boss. Anne de Gons. Quand on rampe dans un petit coin de notre Occident et quand on n'a que deux jours à vivre, c'est une consolation de laisser promener ses idées dans l'antiquité et à six mille lieues de son trou, volt. Lett. Mme duDeffant, 13 août 4773. || 3° Raisons que l'on emploie pour consoler quelqu'un. Adresser, recevoir des consolations. Ma consolation vous serait superflue, corn. Ilor. v, 2. Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les violentes afflictions, J. J. rouss. Hél. Il, 2. il Titre de quelques ouvrages de philosophie morale. Les Consolations de Boèce. || 4° La personne ou la chose même qui peut consoler. Les malheureux dont elle fait la consolation, sév. 394. Vous serez ma consolation dans cotte solitude, fén. Tél. ï. Vous ne devez vous permettre ni repos ni consolation tant que vous les verrez [vos ouailles] dans ces dispositions criminelles, mass. Confér. xèle pour le salut des âmes. || 5° Terme de jeu de cartes. Fiche de consolation, celle que l'on donne en surcroît de bénéfice. || Fig. Fiche de consolation, dédommagement, adoucissement. On l'a envoyé en province, mais, pour fiche de consolation, on a augmenté son traitement. || Populairement. Débits de consolation, nom qu'on donne, par dérision, aux cabarets où l'on débite de l'eau-de-vie aux gens du peuple.
— SYN. avoir de la consolation à faire quelque chose; avoir la consolation de faire quelque chose. La première phrase se dit d'une consolation que l'on se fait à soi-même, d'une chose à laquelle on attache de la consolation : J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. La seconde se dit d'une chose qui est vraiment une consolation par sa nature : Il vous en coûtera, sans doute ; mais il y va de ma vie, et vous aurez la consolation de m'avoir sauvé, marmontel.
— HIST. xii* s. Les tues consolatiuns esledecerent [réjouirent] la meie aneme [âme] , Liber psalm. p. 438. || xiv's. Or ont li cristien, à leur maleïchon, Dedens Jherusalem , en consolation , Couronné comme roy Godelroy de Buillon, Baud. de Seb. îv, 468. || xve s. Si se continua toute celle semaine eu grand consolation [réjouissance], et se continuèrent les festes, fkoiss. li v. Il, p. 275, dans LACÙRNE. il xvi* s. Ces promesses pleines de singulière conso-
lation, calv. Instit. 928. Une consolation commune me desconsole et m'attendrit, mont, m, 301.
— Etym. Provenç. consolation; espagn. consolacion; ital. consolazione ; du latin consolationem , de consolari, consoler. Consolation, signifiant en termes de jeu les fiches de surcroît que l'on donne à celui qui gagne, vient du sens qu'a eu jadis consolation, celui de réjouissance.
t C0NS0LAT01RE (kon-so-la-toi r') , adj. Qui a pour but de consoler. Epître, discours consolatoire.
— HIST. xvt* s. Après quelques propos consolatoires pour l'allégeance du deuil paternel.... yver, p. 630. La lettre consolatoire de Plutarque à sa femme, mont. Lettres, m.
— ÊTYM. Lat. consolatorius , de consolari, consoler.
CONSOLE (kon-so-1'), s. f. || 1° Terme d'architecture. Pièce en saillie, qui sert à porter des vases, des figures, ou à soutenir une corniche, un balcon. On dit aussi corbeau. || 2° Meuble sur lequel on pose des bronzes, des vases, etc. || 3° Terme de musique. Partie qui couronne une harpe et qui renferme les chevilles. || 4° Partie du rocher qu'on laisse en saillie dans un des angles d'une ardoisière. || Partie d'une pièce de bois qui est coupée en pointe, ou en diminuant par le bout. || Enroulement de fer pour appuyer la balustrade d'un escalier, d'un bideon.
— HIST. xvi* s. Cest aix-ci régnant à l'entour de l'intérieur du colombier, soustenu ou par consoles de pierre, ou pur bouts de chevrons bastis dans le mur, servira de table aux pigeons pour y manger leur viande, o. de seuhes, 3s7.
— ÊTYM. Mot peut-être abrégé de consolider, comme le Berry a fait console, la consoude, de consolider.
CONSOLÉ, ÉE (kon-so-lé, lée), part, passé. Un père mal consolé de la perte de son fils. Les larmes de Lazare sont essuyées, ses afflictions consolées, mass. Car. Riche. L'humanité te vit et sourit consolée, delille. Pitié, iv. || Par extension. L'onde, en son lit écoulée, A la terre consolée Rend ses premières couleurs, J. B. rouss. liv. ï, Épodes. Coulez , bons vins ; femmes, daignez sourire ; Et l'univers est consolé , berano. Nature.
CONSOLER (kon-so-lé) , v. a. || 1° Alléger l'affliction, les souffrances. Cet espoir me console. On se peut assurer Qu'il [l'amour] est maître équitable, et qu'enfin il console Ceux qu'il a fait pleurer, malh. v, 26. Quelque déplaisir que je puisse avoir, j'en serais bientôt consolé par le soin que vous prendriez de moi, voit. Lett. 4 6. Si vous n'en pouvez mieux consoler une mère, Qu'en la traitant d'égale avec une étrangère, corn, llodog. v, 4. Quel tourment de se taire en voyant ce qu'on aime.... Lorsque par un regard on peut le consoler.... rac. Brit. m, 7. Quand tu me dépeignais ce héros intrépide Consolant les mortels de l'absence d'Alcide.... id. Phèd. ï, 4. Ma fille, ton bonheur me console de tout, id. Iphig. m, 2. Du moins consolez-moi de [par] quelque heure de paix, rac. Théb. ï, 3. Vous connaissez Brutus et l'osez consoler 1 volt. Brutus, v, 8. Consolez-le du sort, des hommes et de lui, delille, Imag. vi. || Absolument. Il ne sait pas consoler. Le temps console. || 2° Donner de l'allégement aux sentiments pénibles. Pour consoler mon mal et Ilatter mes ennuis, régnier, Plainte. Je ne viens pas ici consoler tes douleurs, corn. Cid, iv, 2. Ainsi la pieuse reine consolait la captivité des fidèles et relevait leur espérance, boss. Heine d'Anglet. Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce 1 rac. Brit. n, 6. II était abattu par une douleur que rien ne pouvait consoler, fén. Tél. xvi. Consoler les larmes et récompenser les prières, mass. Car. Lai. Pour consoler l'espoir du laboureur avide, l. rac Relig. ch. ï. Elle retient pourtant des pleurs prêts à couler, De peur d'aigrir des maux qu'elle veut consoler , lamotte , dans desfontaines. Virgile n'a-t-il pas, d'un vers doux et flatteur, De Gallus expirant consclé le malheur, a. chén. Ép. 1. 1| 3° Se consoler, v.rifl. Recevoir de la consolation, être consolé. Il ne se peut consoler de ne plus ouïr une. personne qui raisonne si parfaitement, von. Lett. 8. Qui que ce soit des deux, il doit se consoler De la mort d'un tyran qui voulait l'immoler, corn. Iléracl. v, 8. Quiconque se plaint cherche à se consoler, id. Pomp. v, I. Dans ton cher entretien s'est-elle consolée? id. Médée. m, 2. Mais, sitôt qu'elle eut vu cette troupe enragée S'entre-battre elle-même et se percer les flancs, Elle se consola : eu sont leurs mœurs, dit-elle.... la font. Fabl. x. 8. Il y a de certaines douleurs dont on ne doit point se consoler, sév. 219. Mon cœur qui le voyait maître de l'univers Se consolait déjà de languir dans ses
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fers, lue. Alex, n, l. Calypso ne pouvait se consoler du départ d'Ulysse, fénel. Tél. i. Et je sens ce rayon m'échaufferdesaflamme.Et mon cœurse console.... lamart. Harm. n, *. || Se consoler, se consoler l'un l'autre. Nous animer ensemble et nous consoler des travaux du saint ministère, mass. Discours synodaux, Institution. Carthage et Marins, dans leur chute commune, Se consolent l'un l'autre en voyant leur fortune -, L'un de l'autre pesant le sort capricieux, Ils charment leur supplice et pardonnent aux dieux, brébbuf, Pharsale, il.
— REM. Consoler quelqu'un dans ses peines; Consoler quelqu'un sur quelque chose; Consoler quelqu'un de quelque chose. Mais Corneille, qui a dit: Ne nous consolez point contre tant d'infortunes, //or. ni, 5, en a été lîpris par Voltaire, avec raison, ce semble.
— HIST. xv* s. Quant assez se furent consolez [réjouis] de cette bonne adventure , Perceforest , t. vi, f* 52. || xvi" s. Deucalion, comme moins estonné, R'asseure après et doucement console La femme simple, avec telle parole, marot, iv, 33. Kn Dieu je me console. Mon ame s'y attend, in. iv, 333. Consoler sa morten la mort d'un ennemy, mont, i, 5.
— ÊTYM. Espagn. consolar; ital. consolare; du latin consolari, de cum, et solus, dont le sens propre est entier. Consolari est proprement rendre entier, et, par extension, satisfaire.
t CONSOLIDABLE (kon-so-li-da-bl'), adj. Qui peut, qui doit être consolidé.
— ÊTYM. Consolider.
CONSOLIDANT, ANTE (kon-so-li-dan, dan-t'), adj. Terme de chirurgie. Qui tend à consolider les parties divisées d'une plaie, d'une fracture. Appareil consolidant. || Autrefois, les consolidants, substances médicamenteuses ou topiques auxquels on attribuait la vertu de consolider les parties affectées de solution de continuité.
— ÊTYM. Consolider.
t CONSOLIEATIF, IVE (kon-so-li-da-tif, ti-v"), adj. Terme didactique. Qui a la vertu de consolider.
— HIST. xvi's. On pourra user de clysteres abstersifs,consolidaiifs, restrictifs et nutritifs, paré, xxiv,49.
— ÊTYM. Consolider.
CONSOLIDATION (kon-so-li-da-sion),*. f. || 1° Action de consolider. La consolidation d'un bâtiment qui menace ruine. || 2° Terme de médecine. La consolidation d'une fracture, d'une cicatrice. || 3° Terme de finances. Consolidation de la dette publique, établissement de contributions suffisantes pour acquitter régulièrement chaque année ou chaque semestre les arrérages des rentes dues par l'État, mot introduit dans le langage de la finance depuis l'acte de consolidation de Pitt en 1787. || Consolidation de ladette flottante, conversion de dettes remboursables de l'Etat en dette perpétuelle. || 4° Terme de jurisprudence. Réunion en la même personne de différents droits qui avaient été séparés. || Spécialement, réunion des deux qualités d'usufruitier et de nu-propriétaire. L'usufruit s'éteint par la consolidation.
— HIST. xvi* s. Parce moyen l'agglutination et consolidation sera mieux et plustost faite, paré, vin, 42. Quand l'usufruit est consolidé avec la propriété, n'est deu pourladitte consolidation aucun proffitau dit seigneur féodal, Coustum. génér. t. i, p. soi.
— ÊTYM. Provenc. consolidacio ; espagn. consolidacion ; ital. consolidaiione ; du latin consolidationem, de consolidare , consolider.
CONSOLIDE, ÉE (kon-so-li-dé , dée), part, passé. || 1° Rendu solide. Terrain mouvant consolidé à grands frais. Fracture consolidée. || Fig. Sa puissance est consolidée. || 2° Terme de finances. Rentes consolidées, rentes pour lesquelles on a assigné un fonds qui permet de les payer régulièrement. || Tiers consolidé, fonds français réduitsau tiersdeleur valeur nominale pendant la Révolution, en 1797, et qui, sous l'Empire et les régimes suivants, sont devenus, pour une grande partie, la rente 5 p. o/o. Et jamais ma dépense excédant ma recette Ne me force a bâtir un espoir mal fondé Sur le terrain mouvant du tiers consolidé, delavigne, Éc. des Vieillards, i, i. || S. m. plur. Les consolidés, fonds publics de la dette d'Angleterre.
t CONSOLIDEMENT (kon-so-li-de-man), s. m. Action de consolider. Ainsi finit cette grande affaire [des bâtards] et si importante que le repos de l'État en dépendait, par le consolidement de l'autorité royale entre les mains du régent, st-sim. sis, 128. Leurs familles s'applaudirent d'un consolidement de fortune et d'éclat qui fie tarda pas à paraître, id. 302, 175.
— ÊTYM. Consolider.
CONSOLIDER (kon-so-li-dé),. w. a. || 1° Rendre
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solide. Consolider un mur, une charpente. || Fig. fortifier, affermir. Consolider unealliance. || 2" Terme de médecine. Rendre solide une partie qui a été affectée de solution de continuité. La fracture est consolidée. || 3* Terme de finances. Assigner un fonds pour garantir le payement périodique d'une dette publique. || 4* Terme de droit. Consolider l'usufruit à la propriété, l'y réunir. || S" Se consolider, v. réfl. Devenir solide, s'affermir. La fracture s'est consolidée. Le nouveau gouvernement se consolidera.
— IIÎST. xiv s. Le vif du cep qui joindra au vif du cerisier, se consolidera l'un à l'autre, Uénntjirr, u, 2. || xvi« s. La partie nerveuse du diaphragme , estant blessée, ne se peut consolider, tare, Introd. 22. Mon ame ne lairroit jamais ressouder et consolider la playe qui l'auroit percée, mont, iv, 4.
— ETYM. Provenç. consoldar, consolidar; ital. consolidare; du latin consolidare, de cum, et solid)is, solide.
t CONSOMMABLE (kon-so-ma-bl') , adj. Qui peut être consommé. Produits consommables.
— ÊTYM. Consommer.
CONSOMMATEUR (kon-so-ma-teur), s. m.
|| 1* Terme de théologie. Celui qui achève. Jésus- Christ.... l'auteur et le consommateur de la vertu aussi bien que de la foi, balz. 2» Disc. s. la cour. Ce qu'il y a de principal à mettre sans cesse devant les yeux des enfants, c'est Jésus-Christ, auteur et consommateur de notre foi, fén. t. xvii, p. 67. Jetant les yeux sur Jésus comme sur l'auteur et le consommateur de la foi , Nouv. Testam. dans richelet. Il 2° Celui qui achète pour son usage, dit par opposition à producteur. Les matières premières qu'on travaille dans les manufactures passent par bien des artisans et par bien des marchands, avant d'arriver aux consommateurs; et à chaque artisan, à chaque marchand, elles prennent un accroissement de prix, parce qu'il faut remplacer successivement les taxes qui ont été payées, condillac, Comm. gouvern. part, il, chap. 8. Les besoins des consommateurs déterminent en tout pays les créations des producteurs, j. b. say, Traité, 1841, p. 439. Dans une société quelconque tout le monde est consommateur, parce qu'il n'est personne qui puisse subsister sans satisfairedes besoins, quelques bornés qu'on les suppose, m. io. || Se dit aussi en parlant des cafés et cabarets. Â minuit on ne reçoit plus de consommateurs.
— ÊTYM. Consommer.
CONSOMMATION (kon-so-ma-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1" Achèvement, accomplissement. La consommation d'une affaire, d'un sacrifice. C'est le plus grand de tous les dons, c'est la consommation de toutes les grâces, mass. Car. Impén. || La consommation des siècles, des temps, ou, absolument, la consommation, la fin du monde. Il sera présent avec eux jusqu'à la consommation des siècles, mass. Av. Cire. La désolation persévère jusqu'à la consommation, mass. Car. Injust. || î°En matière bénéficiale, épuisement du droit qu'un patron, laïque ou ecclésiastique, a de nommer à un bénéfice. Les provisions d'un bénéfice font pour cette fois la consommation du droit du collateur. ||3*La consommation du mariage, l'union charnelle des époux. Mlle d'Armagnac est mariée à ce Cadaval [un seigneur portugais]; elle est belle et jolie; c'est le chevalier de Lorraine qui l'épouse [par procuration], elle fait pitié d'aller chercher si loin la consommation, sêv. 188. || 4" Emploi avec destruction. Faire une grande consommation de bois, d'eau, de sel. Cette guerre a fait une cruelle consommation d'hommes. Considérons la consommation d'hommes, d'argent, de forces de toute espèce, l'épuisement où la plus heureuse guerre jette un État quelconque, i. i. rouss. Paix perpétuelle. || Terme de jurisprudence. Prêt de consommation, opposé à prêt à usage, prêt de choses destinées à être consommées, avec la condition d'en rendre d'équivalentes. || Dans la marine, consommation, tout ce qui est employé au service du vaisseau pendant le voyage. | Terme d'administration militaire. État et justification desdépenses d'un corps. || Ce qu'on a bu ou mangé dans un café. Payer, jouer la consommation. On dit aussi : Allons dans ce café, la consommation y est bonne. || 6° Terme d'économie politique. Action de détruire l'utilité d un produit, utilité que la production a créée. Entretenir perpétuellement dans une ville telle que Paris une consommation immense dont une infinité d'accidents peuvent toujours tarir quelques sources.... fonten. Argenson. L'impôt sur l'industrie.... diminue nécessairement la consommation, et, en diminuant la consommation, il empêche la reproduction; il tend donc à détériorer l'agriculture, condiu.ac,
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Comm. gouv. part, i, ch. 2». One denrée [le café] qui n'était qu'un objet de luxe et un plaisir de plus pour le riche, devint bientôt assez commune pour servir à la consommation du peuple, condorckt, Uaurepas. La consommation n'est pas une destruction de matière, mais une destruction d'utilité, J. B. say, Traité, 1841, p. 435. Par production j'entends ce qui confère l'utilité, et par consommation la jouissance produite par cette utilité, bastiat, Œuvres, t. vi, p. as». || Consommation productive ou reproductive, celle qui détruit pour remplacer. Consommation improductive ou, mieux, non reproductive, celle qui détruit «ans remplacer. || Impôts, taxes de consommation, droits perçus sur la production ou la vente des objets. || Droits de consommation, l'un des droits dont se composent les droits sur les boissons.
— HIST. xii" s. De tute consummaciun vi je la fin, Liber psalm. p. 190. Le quinzième signe dirrai; Car de la dolor assez sai , Que li sires del ciel fera , Quant icest signes avenclra; Le non qu'il aura vus dirrom ; ço sera consumacion, Adam, mystère, p. 83. Il xiil* s. Ainsi naist du dealile ceste temptacion, Et de nostre charoingne nostre inclinacion, Et de nostre consent la consummacion, Par quoy luxure est mise à execucion, J. nE meunq, Test. 1783. Il xv s. Et puis, nous procéderons à la consommation de nos promesses, lodis xi, Nouv. xcviii. Il xvi» Ils attribuoient le commencement et les principaux exploits de ceste guerre à Metellus et les derniers aveclaconsummation finale à Sylla, amyot, Marius, 15.
— ÉTYH. Espagn. consumacion; ital. consumaxione; du latin consummationem , de consummare, consommer.
• .CONSOMMÉ, ÉE (kon-so-mé, mée), part, passé. H l*Mené à bout, à terme. En qui l'iniquité est pour ainsi dire consommée, mass. Car. Doutes. Le crime est consommé, volt. Mérope, 11, s. Mon infortune enfin vient d'être consommée , ducis , Othello, m, 4. || Tout est consommé, c'en est fait, tout est fini. j| 2* Parfait, accompli, éprouvé. Un homme consommé dans les affaires, sêv. 525. Avec de très-grands prélats consommés en piété et en savoir, boss. Or. Les vieillards consommés en vertu, pén. Tél. vin. Un homme consommé dans les sciences et enseveli dans de profondes lectures, montesq. Lett. pers. 78. Laisser voir la feinte au spectateur, c'est à quoi tout comédien peut réussir; mais ne la laisser voir qu'au spectateur, c'est ce que les plus consommés n'ont pas toujours le talent de faire, marmont. Étém. de liitér. t. vi, p. 336, danspouGENS. Il Un scélérat consommé. || En parlant des choses. Une habileté consommée. C'est l'effet d'un art consommé de réduire en petit tout un grand ouvrage, boss. Duch. d'Orl. Tout était l'effet d'un solide raisonnement et d'une prudence consommée, rollin, Traité des Études, part, m, ch. I. H On voit par les exemples qu'on dit consommé dans, consommé en, et, absolument, consommé. Il 3° Détruit par l'usage. Les provisions consommées par l'équipage. || 4" Une soupe bien consommée, qui a cuit longtemps.
2. CONSOMMÉ (kon-so-mé), s. m. Bouillon succulent d'une viande très-cuite, contenant une plus grande proportion de substances animales que le bouillon ordinaire, et susceptible de se prendre en gelée parle refroidissement. [Une femme] X laquelle il ne faudra ni table bien servie ni consommés eiquis.... MOL. l'Av. il, 6.
— HIST. xvi's. Le patient pourroit prendre quelque consommé, et autre chose semblable de facile digestion, paré, xvi, 12.
— ÊTYM. Consommé l ; génev. consumé.
CONSOMMER (kon-so-mé) , o. o. || 1° Achever,
accomplir. En peu de jours il consomma l'affaire, la font. Rem. On va achever et consommer la démonstration, pasc. Géom. Ce bon père a consommé son sacrifice, boss. Lett. H4. A-t-il mené une vie douce et agréable, lui qui a porté sa croix dès le premier instant de sa vie mortelle, et qui a consommé sa course par la consommation de ses souffrances? mass. Car. Riche. Vous vous promettez encore la grâce qui fait mourir dans la sainteté et dans la justice; la grâce qui consomme la sanctification d'une âme, id. ib. Impénit. Un seul sentiment de douleur sincère supplée à de longues années de vertu, et peut consommer la sanctification, id. ib. Impénit. La philosophie a préparé en silence leur destruction [des jésuites] ; les jansénistes ont sonné la charge, et la justice a consommé l'ouvrage, d'alemb. Éloges, Fleury. || Par extension. Il ne resterait plu*, pour consommer la gloire de ce
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patriarche, que d'imiter ses actions, de marcher sur ses traces, de réformer nos mœurs sur les siennes, FLÉcii. Panég. i, p. 401. Il consomme en nous ses miséricordes ou ses justices, in. Dauph. 11 consomme son amour en mourant, mass. Car. Pass. Près de voir consommer mon destin déplorable, volt. Trntmv.i, 4.... Sa main consommant ces tristes sacrifices, Elle tombe, elle expire.... in. Brut, v, 6. Tu veux donc jusqu'au bout consommer ta fureur, id. Alz. v, 7. || 2° Terme de droit. Consommer son droit, se dit lorsque le droit qu'on a à quelque chose a son effet. Le collateur d'un bénéfice a consommé son droit, lorsqu'il a fait la nomination de quelqu'un. || 3° Consommer le mariage, se dit de l'union charneHe entre les époux. Si pendant deux ans il n'avait pas consommé le mariage.... montesq. Fsp. xxix, te. || Absolument. Le maréchal de Plessis va l'épouser à Metz, et Monsieur va consommer à dictions, sêv. »5. || Fig. et mystiquement. Le lit où il consomme son mariage avec l'humanité, noss. n, Yitit. 2. || 4" Donner la dernière perfection. La juslice les consomme dans cette unité sainte , boss. Jean, m. Soit qu'il [le Seigneur] ait dessein de lier plus étroitement ses membres, et de les consommer dans l'unité et dans la charité, en rendant les ministères des uns utiles et nécessaires aux autres, mass. Car. Lazare. Sa vie [de la reine d'Angleterre] n'a été qu'une suite de malheurs qu'elle a portés dans les bonnes œuvres continuelles et toutes les vertus qui consomment les saints, st-sim. 484, 4 2. Il 5° Employsr des choses qui se détruisent par l'usage. Consommer des denrées, du vin, du bois, etc. Il Absolument. On consomme beaucoup dans cette maison. La France trouvera de l'avantage dans la vente de ses grains, si, ne se bornant pas à vendre à ceux qui consomment chez elle, elle vend encore à ceux qui consomment dans les États où il lui est permis d'importer, condillac, Comm. gouv. part, i, ch. 29. || Terme d'économie politique. Détruire l'utilité d'une chose. Les peuples civilisés, riches et industrieux, consomment beaucoup plus que les autres, parce qu'ils produisent incomparablement davantage, i. B. say, Cours, t. n, p. 2(6. || Par extension, il se dit deschoses qui en absorbent d'autres. Ces confitures consomment beaucoup de sucre. Ce poêle consomme beaucoup de bois. || Par une autre extension. Ces divijions consommèrent du temps, volt. Mœurs, 67. L'affliction que j'ai eue delamortde Mme Aubry, laquelle, sans mentir, a été assez grande pour achever de m' accabler et a pensé consommer les restes de ma patience, voit. Lett. 71. On disait qu'il était infaillible que les Espagnols auraient pourvu Corbie de toutes les choses nécessaires, ayant eu deux mois de loisir pour cela, et que nous consommerions devant cette place beaucoup de millions d'or et beaucoup de milliers d'hommes, id. Lett. 74. || 6° Se consommer, v. réfl. Se parfaire. La vertu fait ses soins , et son cœur s'y consomme Jusques à s'offenser des seuls regards d'un homme, mol. Éc. des mar. n, 4. La charité se consomme par ces derniers mouvements, fléch. Aig. || Se cuire de manière à faire un consommé. Il faut que cette soupe se consomme. Et, avec ellipse du pronom personnel, faire consommer la viande, la faire tellement cuire que tout le suc passe dans le bouillon. |[ Être consommé. Les provisions qui se consomment dans une grande ville. — REM. La langue a pendant quelque temps hésité entre consommer et consumer, prenant ces deux verbes l'un pour l'autre. Ainsi dans les exemples suivants, consommer a le sens que nous donnons aujourd'hui à consumer : Afin donc qu'en discours le temps je ne consomme, Régnier, Sat. xiv. Mon temps en cent caquets sottement je consomme, id. Sat. iv. Ce vaisseau.... Qui survécut au temps qui l'avait consommé, id. Sat. x. Mais Dieu 1 que me sert-il de pleurs me consommer? id. Élég. 2. Tous les hommes passeront et seront consommés par le temps, pasc. P. ont. Proph. Et quoi que l'on reproche au feu qui vous consomme, mol. Dép. ont. m, 9. L'historique montre que cette confusion de consommer et consumer remonte bien plus haut. Aujourd'hui on distingue exactement ces deux verbes de cette façon : consommer suppose une destruction utile, employée à quelque usage, à quelque fin, tandis que consumer ne présente qu'une destruction pure et simple, abstraction faite de tout autre rapport. Une cheminée qui consomme beaucoup de bois est une cheminée où l'on fait grand feu ; une cheminée qui consume beaucoup de bois est une che • minée mal construite où l'on brûle plus de bois qu'il ne faut pour produire une certaine quantité de chaleur. D'autre part, on voit que Voltaire a pu dire que les divisions consomment du temps, vu que
les affaires en consomment; les bâtisses consomment de l'argent; la guerre consomme des hommes, etc.
— HIST. xiv" s. Puisque les vices sont consommés et confermez ou endurcis, c'est fort de les détruire ou adnuller et oster, oresme, F.lh. 74. Nulz ne pevent savoir se il sont amis ensemble, si ques à tant que il aient consumé ou gasté et despendu ensemble une mesure de sel, id. ib. 236. || xv* s. Et par un trou [le tonnerre] entra, et en une chambre rencontra un jeune enfant, lequel il tua et luy consomma la chair, les os et tout, et ne luy laissa que la peau, juv. Charles VI, 4 406. Il n'est chose que femme ne consumme [ne vienne à bout], e. desch. Bail, de l'empire des femmes. || xvr* s. La justice gist en une observation entière et consommée de la volonté de Dieu, calv. Instit. 057. A laquelle entreprinse parfaire et consummer, je n'ay rien espargné, rab. Pant. il, 8. Quant est de leur estude, elle est toute consummée à la lecture des livres pantagruelicques, id. ib. n, 34. 11 les amusèrent jusques à ce qu'ils eussent consommé leurs victuailles, mont, i, 298. Toute l'Asie se perdit, et se consomma en guerres pour le macquerellage de Paris, id. h, 188. Les vers luy rongent les membres, et la terre les consomme, id. n, 255. line pierre ne luict point au feu, et, qui pis est, elle s'y consomme, m. n, 278. Geste qualité estouffe et consomme les aultres qualités vrayes et essentielles, id. m, 7. Un homme consumé aux affaires d'Estat, carl. iv, 14. Consommé aux affaires d'Estat, id. vin, 4 7. Aux autres sciences, il s'y faut aucunement consommer en les apprenant, premier que l'apprenty s'en sçache ayder pour gagner sa vie, la boétie, 225. Et quand on le voit luy mesme se consommer en son esprit et tout enflammé, on luy attise encores le feul id. 338. La souche (ce dit l'on) au feu fut consommée, in. 451. Homme consommé en un fort rare sçavoir, amvot, Préf. xxi, 48. Du temps des guerres civiles, le feu et l'autel furent ensemble tous consommez, id. Numa, 17. I.a longueur du temps, lequel on estimoit devoir miner et consommer les forces de Hannibal.... m. Marcel. 39. Cela fait, soit consommé [réduit] à la moitié, tierce ou quarte partie, selon qu'il sera requis, paré, xvi, 8.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. consumar; ital. consumare; du latin consummare , de cum, avec, et summa, somme, s. f. ; faire la somme, c'est achever; de là le sens assez semblable à consumer, que consommer présente quelquefois. Au reste le xvi* siècle a confondu ces deux verbes.
CONSOMPTIF, IVE (kon-son-ptif, pti-v'), adj. Terme de médecine. Oui est doué de la vertu de consumer, de détruire des chairs baveuses, exubérantes. || Substantivement. Un consomptif. || Vieux.
— ÉTYM. Voy. consomption.
CONSOMPTION (kon-son-psion; en poésie, de
quatre syllabes), s. f. || 1" Action d'être consumé. La victime fut brûlée jusqu'à l'entière consomption. Il La consomption des espèces sacramentelles dans l'Eucharistie. || 2° Terme de médecine. Diminution lente et progressive des forces et du volume de toutes les parties molles du corps, par l'influence de quelque maladie. Ne voyez-vous pas, lui dit-elle, que cet avocat tombe de consomption? dider. Ess. s. Claude, liv. n. L'homme attaqué dépérit, et, au bout de quelques mois, meurt de consomption, ciiateaubr. Amer. 26. || 3" Consommation. 11 se fait une grande consomption de bois dans ce four-, neau, Dict. de l'Acad. || Consomption, en ce sens, est un archaïsme qui n'est plus guère usité.
— hist. xiv*s. C'est la consumption et le gaast de ceulx qui ne pevent tant despendre [dépenser] , oresme, Thèse de meunier. || xvi' s. Les craintiflt médecins, estimans que la consomption des forces fust diminution de la maladie, amyot, Marcel. 39. Faites le tout bouillir en gros vin noir jusques à la consomption de la tierce partie, paré, xviii, 92. Tous hosieliers pourront arrester et retenir leurs hostes ou leurs effets pour la dépense et la consomption faite par eux, jusqu'à ce qu'ils en auront esté satisfaits, Â'oitv. Coust. gén. t. i, p. 898.
— ÉTYM. Provenç. consumpeio; espagn. consuncion; ital. consunzione; du latin consumplionem , de consumere, consumer.
CONSONNANCE (kon-so-nan-s"), s. f.\\l° Pour les anciens, rapport de certains sons, calculé d'après la longueur des cordes ou d'après les poids qui les tendaient, assez simple pour flatter l'esprit. Les consonnances étaient l'octave dans le rapport de 2 à l , la quarte dans celui de 4 à 3, et la quinte dans celui de 3 à 2. || 2° Chez les modernes, sons qui, entendus ensemble, sont agréables à l'oreille. La tierce, la quinte sont des consonnances. Consonnances par-
faites, celles qui ne peuvent pas être altérées sans cesser d'être consonnantes, telles sont l'octave et la quinte; consonnances imparfaites, celles qui peuvent être majeures ou mineures, par conséquent altérées d'un demi-ton, et qui restent consonnantes sous ces deux formes, comme la tierce et la sixte. Les Grecs n'ont reconnu pour consonnances que celles que nous appelons consonnances parfaites, }. i. rouss. Examen de deux princ. sur la mut. |) Fig. L'aube [du prêtre] offre de douces consounance» avec les idées religieuses, chateaubr. Génie, iv, I, 2. || 3° Terme de grammaire. Terminaison de deux ou plusieurs mots par les mêmes sons. Eviter les consonnances. Dans nos vers on a fait une loi d'éviter la consonnance de deux hémistiches; la même régla doit s'observer dans les repos des périodes, mabmont. Éldm. litl. Œuvres, t. vin, p. 31, dans
POUGKNS.
— REM. Pourquoi l'Acaiiémie écrit -elle consonnance avec deux n, et dissonance avec une seule n?
— HIST. xiv s. Consonance est acort de phisauri sons selon certaines proporcions apelées armoniques, oresme, Thèse de mei;nier. || xvi* s. Consonance est quand eschet mesme termination d'une ou plusieurs syllabes en divers carmes, boissiêrb , Poétique, p. 235, dans LACtIRNE.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. eonsononct'a; ital. consonanza; du latin consonantia, de consonare, de cum, etsonare, sonner.
CONSONNANT, ANTE (kon-so-nan , nan-t'), adj. || 1° Terme de musique. Oui produit une consonnance; qui est formé par des consonnances. Intervalle consonnant, celui qui donne une consonnance. Accord consonnant, celui qui ne se compose que de consonnances. || 2° Terme de grammaire. Mots consonnants, mots qui ont une terminaison semblable. Terminaisons consonnantes. || Lettre consonnante, s'est dit pour consonne. || 3° S. /'.Terme de musique. Grand instrument qui tient du clavecin et de la harpe; il n'est plus en usage.
— HIST. xiv* s. Sons concordablement consonans selon les proporcions de musique, oresme, Thèse de meunier. || xv* s. Quelz lettres sont les voieulx, et queles les liquides et les consonans, E. desch. Poésies mss. f396, dans lacurne.
— ÊTYM. Consonner.
CONSONNE (kon-so-n'), s. f. Terme de grammaire. Lettre qui n'a point de son par elle-même et ne se prononce qu'en s'appuyant sur une voyelle. Les consonnes et les voyelles. Il y a dix-neuf consonnes en français : b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z. Les consonnes ne sont entendues qu'avec l'air qui fait la voix ou voyelle, dlmarsais, Mél. gramm. philos. Œuvres, t. iv, p. 304, dans pougens. || Adjectivement. Les lettres consonnes. Le j se nommait autrefois i consonne, et le c, u consonne.
— ÉTYM. Lat. consonus, quisonneavec, de cum, et sonus, son.
f CONSONNER (kon-so-né), v. n. Former une consonnance.
— ÊTYM. Lat. consonare, de cum, et sonare, sonner; provenç. et espagn. consonar; ital. consonare.
CONSORTS (kon-sor; le t ne se prononce pas; l't ne se lie pas), s. m. plur. || 1° Terme de droit. Ceux qui ont un intérêt commun dans une affaire, dans un procès. Un tel et consorts ont été condamnés. Je parle contre Pierre de Bourget et consorts, patru, Plaidoyer 3 , dans richelet. || 2" Par extension , gens d'une même cabale.
— HIST. xiv* s. Vous n'estes pas consors des tribulations et persécutions des apostres, le Songe du tergier, dans le Dict. de dochez. || xv* s. Sera, es temps à venir, en soupirs et plains regraitiez de ses charnelz affins, consors, aliez et familiers, christ, de pisan, Charles V, part, n, ch. 1. 1| xvi's.Ne sommes-nous point donc ensevelis par le baptesme avec Christ, pour estre faits consors de sa résurrection? calv. Instit. 4(68. Sa cause estant inséparablement conjoincte à un consort, mont, i, 99. Ils acceptèrent de pendre leurs amis et consorts, id. m, 249.
— ÉTYM. Lat. consors, de cum, avec, et sors, sort : qui a même sort, même lot.
CONSOUDE (kon-sou-d'), s. f. Terme de botanique. || 1° Plante indigène dont la racine est cylindrique, allongée, noire en dehors, blanche en dedans, d'une saveur douce et mucilagineuse (si/mphytum officinale, L.). || 2° Consoude royale (consolida regalis, des officines) nom du pied d'alouette des champs (delphintum consolida, L.), plan te dont les semences très-âcres ont été employées comme celles de la staphisaigre.
— HIST. xvi* s. Les consoldes grande et petite, la
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Yerveme, par*, xvi, 35. Décoction de consoulde — consolide grande, .... o. de serres, 911. Comsire ou grande consoulde est plante de terroir humide; par d'aucuns est appelée pasquelte, d'autant que communément elle fleurit vers Pasques; suivant l'etymologie de son nom, cette herbe a vertu de consolider, id. 6)0.
— ÊTYM. Berry, console: espagn. et ital. consolida; du latin consolida (voy. consolider); plante ainsi dite parce qu'on lui attribuait la vertu d'arrêter les hémorrhagies.
| CONSPECT (kon-spè) , s. m. Vue générale. Villars, gorgé au conspect de toute l'Allemagne, n'espéra pas qu'un si prodigieux brigandage pût rester inconnu, st-sim. 183, 199. || Inusité.
— ÊTYM. Latin conspectus (voy. ce mot).
t CONSPECTUS (kon-spè -ktus'), s. m. Terme didactique. Tableau donnant un aperçu général.
— ÊTYM. Lat. conspectus, de conspicere, de cum, et spicere, voir (voy. spectacle).
f CONSPIRANCE (kon-spi-ran-s'), s. f. Êlatdece qui conspire et concourt. Le corps social et politique exige que les pouvoirs qui le gouvernent aient une concordance et une conspirance entre eux pour arriver au but qu'ils se proposent, c'est-à-dire la perfection du gouvernement, Mirabeau, dansLAVKAux.
— ÊTYM. Conspirant.
CONSPIRANT, ANTE (kon-spi-ran, ran-t'), adj. H 1° Terme didactique. Qui concourt à un mêmeeffet. Ce que les apparences des mouvements planétaires offrent de plus remarquable, est leur changement de l'état direct à l'état rétrograde, changement qui ne peut être évidemment que le résultat de deux mouvements alternativement conspirants et contraires, lapi.ace, Expos. I. 41. || 2° Terme de mécanique. Puissances conspirantes, celles qui, agissant en même direction, concourent au même effet.
CONSPIRATEUR, TRICE (kon-spi-ra-teur, tri-s'), ». m. et f. Celui, celle qui conspire contre les pouvoirs publics. Jamais plus d'assassins ni de conspirateurs N'attaqueront le cours d'une si belle vie, corn. Cinna, v, 3. Tu veux qu'on t'applaudisse et qu'on te récompense, Artisan de la guerre, affreux conspirateur, volt. Catil. iv, 4.
— REM. L'Académie ne donne pas le féminin conspiratrice ; mais plusieurs dictionnaires le donnent, et il n'y a pas de raison pour ne pas l'employer.
— HIST. xv" s. 11 avoit fait si grant trahison que d'estre conspirateur de la mort de son maistre par poison, Bibl. des Chartes, 4* série, t. i, p. 434.
— ÊTYM. Lat. conspiralor, de conspirare. CONSPIRATION (kon-spi-ra-sion; en poésie, de
cinq syllabes), s. f. || 1° Dessein formé secrètement entre plusieurs contre les pouvoirs publics. || Dans l'histoire d'Angleterre, conspiration des poudres, conspiration tramée par les catholiques pour faire périr par une explosion Jacques I" et le parlement. || 2° Cabale. Il y a une conspiration contre vous. || La conspiration du silence, entente de plusieurs pour étoufferunfait, les opinions, les plaintes, les droits d'un homme. || 3" Concours vers un même effet. L'âme ayant déposé le fardeau du corps, sent une merveilleuse conspiration de tous ses mouvements à la même fin , boss. dans le Vict. de dochez.
— HIST. xin* s. Pour les outrages, les conspirations et les aliances qu'il firent encontre nostrecliier fil Robert, tailliar, Recueil, p. 347. ||xiv* s. Il ont contre le roy fait conspiracion De li et ses enfans mettre à destruction, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Chartes, 3' série, t. n, p. 262. Plusieurs conspiracions, monopoles, traysons, ib. 5" série, t. 1, p. 81 . Les pères orent grant paeur que conspiracions et conjuremens et assemblées privées ne se feissent, BERCHEURE.f» 39, recto. || xvi* s. C'est une conspiration entre eux, de ne souffrir point un homme de bien en leur compagnie, calv. lnstit.
— ÊTYM. Provenç. cospiralio; espagn. conspiracion,; ital. conspirazione ; du latin conspirationem , de conspirare.
CONSPIRÉ, ÉE (kon-spi-ré, rée), part, passé. Tramé par conspiration. Sa perte conspirée par des ennemis secrets.
CONSPIRER (kon-spi-ré), v. n. || 1° Concourir, contribuer à, tendre au même but et comme de concert. Mes vœux avec les siens conspirent aujourd'hui, corn. Hor. v, 2. C'est à cela que doit conspirer toute la religion des fidèles, flêch. m, 438. Tous de concert nous conspirerons à le soutenir, à le perfectionner, à le consommer, bourd. Carême, S, Cendres, B1 . Citoyen qui conspire avec les lois au bien public, boss. Hist. m, 5. Les deux partis
conspiraient à repousser l'ennemi commun, m. Ronié, 2. Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire, rac. Phèd. i, 3. A mes nobles projets je vois tout conspirer, ID. Mithrid. m, 1. Tout ce que vous voyez conspire à vos désirs; Vos jours toujours sereins coulent dans les plaisirs, id. Brit.n, 3. Tout conspirait pour lui : Ma famille vengée, et les Grecs dans la joie. Nos vaisseaux tous chargés des dépouilles de Troie, id. Andr. n, 1. Avec ma volonté ton sentiment conspire, id. Esth. n, s. Toutes les parties de ce corps politique, à mesure qu'elles conspiraient au bien public, y trouvaient le leur, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 615, dans pougens. Toute la nature Conspire à t'avertir par un sinistre augure, volt. Uort de Ces. m, 6. La nature et la fortune semblaient avoir conspiré au bonheur d'Alcibiade, marm. Contes moraux, Alcib. || Terme didactique. Être lié par une solidarité intime. Tout dans le corps humain concourt et conspire. || 2° Faire une conspiration. C'est contre mon pouvoir que les traîtres conspirent, corn. Pomp. îv, 4. Pour m'arraclier le jour l'un et l'autre conspire, id. Cinna, IV, 1. Seigneur, ou je me trompe ou Messala conspire, Pour changer ses destins plus que ceux de l'empire, volt. Brut, i, 3. Et qui sait conspirer sait se taire et mourir, id. ib. v, 1. 1| 3° V. a. Projeter, tramer quelque chose par voie de conspiration. Celle qui nous oblige à conspirer sa mort [d'Auguste], corn. Cinna, m, 1. Voilà contre un ingrat tout ce que je conspire, id. Suréna, ni, 3. Qui croirait en effet.... Qu'un peuple tout entier, tant de fois triomphant, N'eût daigné conspirer que la mort d'un enfant? rac. Andr. i, 2.
— HIST. xv s. Ils ont conspiré et machiné de bailler et mectre es mains d'aucuns nos ennemys aucunes de nos terres et seigneuries, Lettre de Charles vm, Bulletin du comité de la langue, t. m, p. B94. || xvi* s. Chacun conspire là en une charité, et a-on horreur de la violer, autant que Dieu, calv. lnstit. 1015. L'univers consent à nostre créance: le ciel, la terre, toutes choses y conspirent, mont. n, 148. Elle, craignant sa desloyauté et haïssant sa cruaulté, conspira sa mort avec ses frères, et exécuta sa conspiration en ceste manière, amyot, Pélop. <>5. Darius se laissa aller à conspirer contre la personne de son père avec Tiribazus, id. Artax. 42. Voilà la vraye cause qui l'incita à conspirer et machiner la mort de la royne.iD. ib. 23. Le plus grand nombre, et des plus belliqueux Gaulois qui furent de ceste conspirée rébellion, estoit conduit par Ambiorix, id. César, 32. L'accusant faussement d'avoir conspiré à sa mort, avec la princesse Marie sa fille, carl.
— ÊTYM. Provenç. cosptrar; espagn. conspirar ; ital. conspirare; du latin conspirare, de cum, et spirare, souffler (voy. esprit): souffler avec, s'entendre, comploter.
CONSPUÉ, ÉE (kon-spu-é, ée), part, passé. Traité avec le dernier mépris. Un auteur, un ouvrage conspué. Chassé, battu, détesté pour ses crimes, Honni, berné, conspué pour ses rimes, volt. Poésies mêlées, 84.
CONSPUER (kon-spu-é), v. a. Honnir publiquement.
— REM. Conspuer n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 17«2.
— ÊTYM. Lat. conspuere, de cum, et spuere, cracher : couvrir de crachats.
CONSTABLE (kon-sta-bl'), s. m. Nom des officiers de police en Angleterre. Requérir le constable. || Nom des artilleurs dans l'armée autrichienne.
— ÊTYM. Forme contractée de connétable.
CONSTAMMENT (kon - sta - man) , adv. || 1° Avec
constance. Combien de fois le peuple Romain avaitil porté constamment la défaite des armées! perrot, Tac. 136. Recevoir constamment la mort, id. ib.
476 Préparons-nous à montrer constamment Ce
que doit une amante à la mort d'un amant, corn. Hor. iv, 4. Qui vit avec honneur doit mourir constamment, rotr. Hercule m. v, i. Instruire ainsi les gensX porter constamment de pareils accidents, mol. Femmes sav. v, 1. Parlons de sa mort, s'il se peut, aussi constamment qu'elle est morte, flêch. M me de Montausier. Seigneur, je ne vous demande pas cette raison orgueilleuse qui cherche dans la gloire de souffrir constamment toute la consolation de ses peines, mass. Av. Afjlict. Il sait souffrir constamment et meurt en paix, J. J. rouss. Ém. i. On ne pense pas toujours constamment d'un même sujet; l'entêtement et le dégoût se suivent de près, la bruy. xii. || 2° Invariablement, sans interruption. Il a été constamment heureux ce soir-là, il gagna constamment au jeu. || 3° Certainement, assurément. Cette
nouvelle est constamnunt vraie. Quand il cite pour un maître celui qui constamment est un ignorant, la quintinye, Jardins, 1, 4. Vieux en ce sens.
— HIST. xvi* s. User des biens regléement, et leg savoir perdre constamment, mont. I, 176. Son innocence la faisoit constamment parler, maro. Nouv.
— ÊTYM. Constant, et le suffixe ment.
CONSTANCE (kon-stan-s'), s. f. \\ l' Force moral*
par laquelle on garde l'empire sur soi-même. Si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités, ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées, boss. Reine d'Anglet. Nous croyons souvent avoir de la constance dans les malheurs, lorsque nous n'avons que de l'abattement; et nous les souffrons sans oser les regarder, comme les poltrons se laissent tuer de peur de se défendre, larochep. Max. 420. Ma constance du moins règne encor sur mes yeux, cohn. Hor. 1,1. Partout même constance [tend à tous mes efforts pareille résistance, id. Perthar. v, 2. Les faveurs que le roi lui avait faites attendrirent son coeur, mais n'ébranlfrent pas sa constance, fléch. Panég. t. n, p. 448. Et sans perdre en adieux un reste de constance , rac. Mithr. H , 6. Ce n'est point alors [à l'heure de la mort] le badinage qui sied bien, mais la constance, la bruy. xvi. Son Sine sainte [de J. C] perd devant eux toute sa constance à la vue de la mort, mass. Car. Pass. || Avoir la constance de, être assez ferme pour, et aussi assez dur pour. Il eut la constance de le laisser pendant cinq ans s'appliquer sans relâche à rétablir sa fortune, détaché du monde et partageant sa vie entre son cabinet et le parloir d'Angélique , marmont. Contes moraux, École des pères. || Par extension, insensibilité. Ses jeux indifférents ont déjà la constance D'un tyran dans le crime endurci dès l'enfance, rac. Brit. v, 7. || 2* Persévérance, stabilité dans les goûts. Travailler avec constance. Ce sont des affections qui nous inspirent des constances inébranlables, behn. de st-p. Harmon. liv. v, Harmon. anim. || 3" Durée de l'affection, surtout en parlant de l'amour. Exemple infortuné d'une longue constance, hac. Bérén. I, 2. La constance en amour est une inconstance perpétuelle, qui fait que notre cœur s'attache successivement à toutes les qualités de la personne que nous aimons, larochrf. Max. 175.
— SYN. constance, fidélité. La constance suppose une sorte d'opiniâtreté et de courage , et no suppose pas d'engagement. Fidélité suppose un engagement auquel on ne manque pas. On dit un amant heureux et fidèle, un amant malheureux et constant; le premier est engagé, l'autre ne l'est pas, d'alemb.
— hist. xiv* s. Quand le roi se vit pris, si dit par grant constance : C'est Jehan de Valois, non pas le roi de France, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Charles, 3« série, t. n, p. 262. || xvi' s. Tout cela se faict pour gaigner cet advantage d'avoir faict force à leur constance [courage] , mont, i, 242. Ces deux erreurs peuvent souffrir de la constance [persister], id. i, 395.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. constancia; ital. costuma; du latin Constantin (voy. constant).
CONSTANT, ANTE (kon-stan, stan-f) , adj. || 1* Qui a de la constance. Constant en amitié. Dans leur juste haine animés et constants, corn. Héracl. v, 6. Le peuple romain a été le plus constant dans ses maximes, boss. Hist. m, e. Ahl si tu le voyais, tu serais plus constant X courir sans relâche au bonheur qui t'attend, corn. Imit. i, 2. Que si le plus constant et le mieux affermi Se relâche souvent, souvent tombe à demi, id. ib. i, i». Lui que j'ai toujours vu constant dans mes travers ses, rac. Bérén. i, 4. Suzanne offrit une âme constante à la plus noire calomnie, mass. Av. Af/lict. || Poétiquement. J'ai d'un cœur invincible affronté la fortune, J'ai vu d'un œil constant le courroux de Neptune, rotrou, Bélis. iv, 2. || 2" Qui a de la constance en amour. Un cœur conslant. Un amant constant. Serez-vous constante, madame, dans ces bontés que vous me témoignez? mol. l'Am. méd. m, 6. || 3° En parlant des choses. 6 trop constante foi I rac. Baj. n, 3. Grands dieux ! combien elle est jolie I Et pour moi ses feux sont constants, berano. Qu'elle est jolie. Comme s'ils croyaient que cette résolution fût ferme et constante, pasc. Prov. 10. L'amour constant est comme un lac paisible, Bernard, Art d'aimer, ch. 1. 1|4" Qui ne varie pas. Il n'y a rien de constant en ce monde. Vents constants. Une tradition constante. Une assiette ferme et une dernière base constante, pasc. dans cousin. || Terme de
CON
CON
CON
mathématiques. Quantité constante , ou, elliptiquement, constante, quantité qui demeure la même, tandis que d'autres croissent et décroissent. ||S° Certain, indubitable, bien établi. La chose est constante. Une vérité constante. Il est constant qu'il a dit cela. II n'est pas constant qu'il ait dit cela. Il faut tenir pour constant que cette proposition est vraie, desc. Médit. H. Il passe pour constant que.... corn. Ex. d'Hor. Il est constant par le témoignage de cet historien, que.... noss. llisl.i, 7. C'est une doctrine constante de saint Augustin et de tous les Pères, id. Or. 6. C'est une règle inviolable parmi nous de ne permettre les secondes noces à l'une des parties qu'après que les preuves de la mort de l'autre sont constantes, boss. Variât. 4« avertiss. § 6. || 6° En termes d'ancienne pratique, constant s'est employé comme une préposition au sens de pendant. Constant le mariage, pendant la durée du mariage.
— SYN. constant, ferme. Celui qui est constant reste semblable à lui-même. Celui qui est ferme résiste. Un homme ferme dans l'adversité est celui qui ne cède pas au coup qu'il reçoit. Un homme constant dans l'adversité est celui que l'adversité ne change pas et qui la supporte sans se laisser troubler. Aussi la constance a-t-elle lieu de s'exercer dans la prospérité, tandis que la fermeté veut quelque chose qui nous assaille.
— H1ST. xiv s. Ta constant obédience et vraie humilité sont par moy esprouvées, Ménagier, i, 6. Entre celles menaces de fortune apparut il si fiers et si constans, bercheure , f" 32, recto. Et ne font force de tele mort souffrir, et sont constans sans perdre, pour ce, usage de raison, oresme, Eth. 79. || xv* s. Adonc furent les deux amans si prins [touchés], qu'il n'y eut si constant qui ne perdist toute contenance, Perceforest, t. vi, f° 65. || xvi* s. Courage constant, mont, i, 4. Fonder un jugement constant et uniforme, id. ib. Une énorme difformité corporelle, vice constant, inameudable, id. h, 86.
— ÉTYM. Lat. constans, participe présent de constare, se tenir avec, être d'accord avec, être solide (voy. conster).
f CONSTATATION (kon-sta-ta-sion) , s. f. L'action de constater. Les constatations de l'expert. || La chose constatée. Les constatations du procès-verbal.
— ÉTYM. Constater.
CONSTATÉ, ÉE (kon-sta-té, tée), part, passé. Un fait bien constaté. Il fallait substituer à tous ces systèmes des faits généraux constatés par l'observation et l'expérience, conhorcet, Ilaller.
CONSTATER (kon-sta-té), v. a. || 1° Rendre constant, certain. Je veux constater le fait. Toutes les pièces de la procédure constatent que etc. Le duc fit plusieurs questions, et j'en fis aussi pour constater les faits, st-sim. dans le Dict. de dochez. || 2° Relater, dans un écrit ou dans un acte. Constater une chose par procès-verbal. || On dit aussi que le procèsverbal constate une chose.
— REM. Ce mot, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, ne se trouve dans l'Académie qu'à partir de l'édition de 4 740.
— ÉTYM. Mot qui , n'étant entré dans la langue qu'au commencement du xviir* siècle, paraît formé, assez singulièrement d'ailleurs, de cum et du latin status, état (voy. état).
CONSTELLATION (kon-stè-la-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Réunion ou groupe d'étoiles, par lesquelles on fait passer des lignes imaginaires et représentant un objet physique dont les astronomes anciens ont ensuite donné le nom au groupe entier. La Grande et la Petite Ourse sont deux belles constellations. Les étoiles ont été réunies en constellations ou astérismes, francœur, Uranographie , 2* partie. || Constellations zodiacales, celles qui so trouvent dans le zodiaque; constellations australes, boréales, circumpolaires, celles qui sont dans l'hémisphère austral, ou dans le boréal, ou tout auprès des pôles. Les constellations zodiacales présentent seules [quant à la figure] un degré d'intérêt, parce que l'histoire en tire des indications utiles pour porter la lumière dans l'étude des tables et de l'antiquité, id. ib. C'était l'astronomie moderne qui devait apprendre aux hommes que les étoiles sont réellement innombrables, et que des constellations où l'antiquité n'en comptait qu'un trèspetit nombre en renferment des milliers, bonnet, Contempl. nat. 1" part. ch. 4. || Fig. Être né sous une heureuse constellation, avoir du bonheur, de la chance dans ses entreprises; et, en sens inverse, être né sous une malheureuse constellation. Il faut cependant laisser passer la mauvaise constellation et faire place à la colère du ciel. balz. liv. vm, lett. 9. Il demande encore si, de ce grand nombre' d'hom-
mes qui périrent à la bataille de Cannes d'un même genre de mort, tous étaient nés sous les mûmes constellations, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 433, dans pougens.
— hist. xin's Il prirent lor nacions [nativité]
En teles constellacions, Que par droite nécessité ....Lor convient tel mort recevoir, la Itose, 47206. || xiv s. Il les convient varier [les opérations de médecine] selon plusieurs choses qui sont à considérer, come la complexion de la personne, la disposicion de l'aer, la constellacion du ciel, oresme,
Eth. 36. || xV s Eulx et tout le royaume de
France, lors par estrange constelacion enclins à rébellion, furent, par celle desconfiture, rendus si confus, que tous se tindrent cois et appaisiez , christ, de pisan, Charles V, n, ch. 13.
— ÉTYM. Lat. constellatio (voy. constellé). CONSTELLÉ, ÉE (kon-stèl-lé, lée), adj. || l'Terme
d'astrologie. Qui a été fait ou fabriqué sous une constellation, ou qui en porte la marque; d'où certaines vertus supposées. Moi je guéris par des paroles, par des sons, par des lettres, par des talismans et par des anneaux constellés, mol. l'Am. méd. m, R. C'est un anneau constellé qui guérit les égarements d'esprit, id. ib. m, 6. Les curieux conservent encore des anneaux constellés de ces temps-là [Henri IV], volt. Mœurs, 173. || 2° Qui est en forme d'étoile. Pierre constellée. || Qui est parsemé d'étoiles. || Poétiquement. Lorsque je vois au fond des époques futures, La liste des héros sur ton mur [de l'arc de triomphe] constellé, Reluire et rayonner, v. hugo, Voix, 4. || Par plaisanterie. Parsemé de quoi que ce soit. [Un mouchoir] constellé de grains de tabac, Barthélémy, Satire du député ministériel.
— ÉTYM. Lat. constellatus , de cum, et Stella, étoile (voy. ce mot).
t CONSTELLER (kon-stèl-lé), v. n. Faire paraître des constellations. Quel firmament la nuit constellait dans leur sein [des mers], lamart. Chute d'un ange, récit.
— ÉTYM. Voy. constellé.
CONSTER (kon-sté), v. n. et impersonnel. Terme de jurisprudence. Être bien établi d'une façon certaine. Par lesquelles lettres il constera qu'il fait rémission, boss. Déf. Des témoignages par lesquels il conste que cet usage était établi, id. Culte. || Vieux.
— HIST. xiv s. Par quoy il conste asseurement Que, dès que mercure est formé, En luy soit, sans plus informé, Double substance métallique, Traité d'alch. 222. || xvi* s. Il conste que cette infanterie estoit soustenue d'un escadron de la compagnie des comtes Louis et Ernest, d'aub. Hist. m, 530.
— ÉTYM. Lat. constare, de cum avec, et stare, être debout (voy. stable).
CONSTERNATION (kon-stèr-na-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action de consterner, résultat de cette action. La consternation calmera la tempête, corn. Othon, v, 2. Nous étions dans la consternation, sêv. 20. À ces mots la consternation se répandit sur tous les visages, marmont. Contes moraux, Berg. Alp. Il n'en est pas de la consternation d'un peuple belliqueux qui se tourne presque toujours en courage, comme de celle d'une vile populace qui ne sent que sa faiblesse, montesq. Jîom. iv.
— ÉTYM. Lat. consternatio (voy. consterner). CONSTERNÉ, ÉE (kon-stèr-né, née), part, passé.
Je suis consterné de cette nouvelle, de cet événement. Consterné par une terreur subite. Il y avait quelques visages consternés de la perte, hamilt, Gramm. 3. Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts; on trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse, boss. Duch. d'Orl. Ne vous figurez point que, dans cette journée, D'un lâche désespoir ma vertu consternée.... rac. Baj. H,5. Mais que vois-je, vous-même inquiet , étonné , Plus que Britannicus paraissez consterné, m. Brit. il, 2. Les vieillards et les femmes paraissent consternés, fën. Tél. x. D'où vient ce morne accueil et ce front consterné? volt. Brut. ni, 5.
CONSTERNER (kon-stèr-né),t). a. ||l°Frapperd'une épouvante mêlée d'abattement. Déjà cette horrible nouvelle Consterne vos amis et glace tout leur zèle, volt. Mérope, n, 5. Il est plus occupé de consterner le vicieux que d'éclairer l'ignorant, dider. Ess. sur Claude. Qui donc consterne ainsi ton courage abattu? nucis, Abuf. 1, 3. Parla ils [les Romains] consternaient les vainqueurs et s'imposaient à euxmêmes une plus grande nécessité de vaincre, montesq. Bom. ch. i. C'est en élevant l'âme et non en la consternant qu'on doit nous porter au bien, condillac, Étud. hist. t. xxi, p. 185, dans pougens. || 2° Au propre, renverser. Pendant que les
armées consternaient tout, le sénat tenait à ten» ceux qu'il trouvait abattus, montesq. Bom. vi. || Peu usité en ce sens.
— HIST. xiv* s. La multitude du peuple consternée et espoenté, bercheure, f° 55, verso
— ÉTYM. Lat. consternere, de cum, et slernere, renverser.
t CONSTIPANT, ANTE (kon-sti-pan, pan-f), adj. Terme de médecine. Qui constipe.
CONSTIPATION (kon-sti-pa-sion), s. f. État tU celui qui ne peut aller librement à la selle.
— HIST. xvi* s. Pour la densité du cuir, ou pont la constipation des pores d'iceluy, paré, xx, 2.
— ÉTYM. Provenç. constipacio ;espagn. constipacion; ital. costipazione ; du latin constipalionem, de conslipare, constiper.
CONSTIPÉ, ÉE (kon-sti-pé, pée), part, passé. Constipé par une nourriture trop échauffante. Nous ne devons pas tant nous dépiter d'être un peu constipés, c'est ce qui m'a fait vivre quatre-vingt et un ans, et c'est ce qui vous fera vivre beaucoup plus longtemps, volt. Lett. Mme du Defl 'ont, i 9 avril 1 775. || Fig. et dans le style burlesque, un air constipé, un visage de constipé, se dit pour un air contraint et embarrassé, chagrin. Aussitôt me fit une mine Qui représente le portrait D'un constipé sur un retrait, scarron , Poésies div. Œuvres, t. vu, p. 1*1, dans pougens. Phébus, voyant sa mine constipée, Dit : Quelle est donc cette muse écloppée Qui vient ici racler du violon En manteau court? j. b. rolss. Rondeau.
CONSTIPER (kon-sti-pé). || 1» V. a. Causer la constipation. || Absolument. Nourriture qui constipe. || 2° Se constiper, v. réfl. Devenir constipé. Je suis de mon amour pressé cruellement, Mon esprit s*en altère et mon corps s'en constipe, scarron, D. Japhet, m, 4.
— hist. xiv s. Une autre maladie que les chiens ont, qui sont costevez, et ne puent aler dehors, Modus, f° xlv. || xvi* s. Les medicamens refrigeratifs et astringens constipent le cuir, qui est cause de ne donner transpiration aux vapeurs fuligineuses, paré, ix, 5. Notre esprit se constipe et se croupit en vieillissant, mont, iv, 22t.
— ÉTYM. Provenç. costipar ; espagn. conslipar; ital. coslipare; du latin constipare, resserrer, de cum, et stipare, condenser.
CONSTITUANT, ANTE (kon-sti-tu-an, an-t'), ad). || 1" Qui entre dans la constitution ou composition. Les parties constituantes d'un corps. || Terme de chimie. Molécules constituantes, celles qui appartiennent aux corps composés, par opposition à molécules intégrantes, qui se disent soit des corps simples, soit des corps composés. Ainsi dans le carbonate da plomb, chaque molécule intégrante est composée de trois molécules constituantes, une de carbone, une de plomb et une d'oxygène. || Terme d'anatomie. Tissus constituants, tissusdont l'ensemble forme le corps; ce sont le musculaire, le nerveux, le lamineux, l'élastique, l'adipeux, l'osseux, le cartilagineux, le tissu du derme, des muqueuses et des séreuses. || Terme de géologie. Les parties constituantes d'une roche, celles qui sont disséminées uniformément dans cette roche. || 2" Terme de pratique. Qui donne procuration, qui établit une rente en faveur d'un autre; et substantivement, le constituant, la constituante. || 3° Pouvoir constituant, pouvoir qui seul a droit d'établir ou de changer la constitution. Le pouvoir constituant est supérieur au pouvoir législatif. || Assemblée constituante, assemblée qui a mission d'établir une constitution politique. || Substantivement. La constituante de 1789. La constituante de 4848. || Un constituant, un membre d'une assemblée constituante.
— ÉTYM. Constituer.
CONSTITUÉ, ÉE (kon-sti-tu-é, ée), pari, passé. || 1° Mis dans. Les facultés mentales et affectives constituées dans le cerveau parla physiologie moderne. (| 2° Légalement établi. Les autorités constituées (voy. autorité). Une personne constituée en dignité comme Mlle Hubert, hamilt. Gramm. 9. || Qui a une certaine constitution politique. Les États fédératila et constitués comme la Suisse. Un État bien constitué. || Terme de droit. Rente constituée, rente perpétuelle établie par un contrat moyennant le payement d'un capital. || 3" Qui a pour constitution , pour composition. L'eau constituée par une combinaison d'oxygène et d'hydrogène. || 4° Être bien ou mal constitué, être d'une constitution physique bonne ou mauvaise. La nature en use précisément comme la loi de Sparte avec les enfants des citoyens ; elle rend forts et robustes ceux qui sont bien constitués, et fait périr tous les autres, j. j. rouss. Inégal. 4" part.
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CONSTITUER (kon-sti-tu-é), v. a. || 1° Mettre dans. Copernic a constitué le soleil au centre du monde. Les philosophes stoïciens constituaient le souverain bien en la possession de la vertu. |[ 2° Donner charge. Les honneurs dus à ceux que vous aurez constitués en dignité, i. ]. rouss. Inégalité, Dédie. Je vous constitue pendant le souper au gouvernement des bouteilles, mol. l'Av. m, 4. || 3" Terme de droit. Donner charge à quelqu'un de défendre en justice une cause, ou lui donner pouvoir d'agir en des affaires générales ou particulières. Constituer avoué, prendre un tel pour son mandataire. || Établir en certaine qualité. Qui vous a constitué juge? Cette résistance les constitue en état de rébellion. || Constituer quelqu'un en frais, en dépenses, lui faire payer certaines sommes. On a abrégé plusieurs procédures qui constituaient en frais les parties. || Constituer quelqu'un prisonnier, le mettre en prison. || 4° Etablir. Constituer une rente, une pension à quelqu'un. Vouloir me constituer sa dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point, mol. l'Av. ii, 6. || 5° Former un tout, en parlant des choses qui y entrent comme éléments essentiels. Des humeurs et des parties solides constituent les corps vivants. || Faire l'essence d'une chose. Dieu, étant nécessairement partout, constitue par cela seul l'espace immense et le lieu, volt. Newt. i, 2. Les contrariétés les plus bizarres entrent dans le même caractère et le constituent, vauven. Caract. Le partage des trois pouvoirs constitue proprement ce qu'on nomme république, comme la réunion des trois pouvoirs constitue ce qu'on nomme monarchie, condillac, flirt, anc. Lois, ch. n. || 6° Organiser. Constituer une société commerciale. Une assemblée est constituée, lorsque son bureau est désigné, ou lorsque ses conditions de validité sont reconnues existantes. || 7° Se constituer, t>. réft. Se donner une certaine constitution. L'assemblée s'est constituée. Le bureau de l'assemblée va se constituer. L'assemblée se constitue en comité. Les députés réunis à Paris se constituèrent en assemblée. |] Se donner qualité de. Se constituer partie civile dans un procès criminel. Il s'est constitué incidemment demandeur. Se constituer juge dans sa propre cause. Se constituer prisonnier, se livrer soi-même pour être mis en prison.
— HlST.xiv's. Ceulz qui sont constitués en grans puissances, corne sont princes et grans seigneurs, oresme, Eth. 240. Et les operacions qui précèdent l'abit, et par les queles un home est constitué en l'abil qui est perfettion de son ame, elles sont delettables, id. ib. 220. || xv* s. Furent lues les lettres de l'empereur par lesquelles il constituoit le roi Edouard d'Angleterre son vicaire et son lieutenant pour lui, froiss. I, 1,76. Il xvi1 s. Aristote constitue la félicité es biens de l'esprit premièrement; puis en ceux du corps, lanoue, 480. Il feit prendre au corps ledit Manlius , et le constitua prisonnier, amyot, Cam. 61. Un capitaine, ou autre personne constituée en dignité, m. Lucul. 65. Et le trouva-on saisi des bardes dudit patient, dont il fut constitué prisonnier, PARÉ, VIII, 31.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. constituir ; ital. tastituire; du latin conslituere, de etim, et stituere, pour itatuere, établir (voy. statut).
f CONSTITUT (kon-sti-tu), s. m. Contrat de droit romain qui obligeait au payement d'une somme d'argent. || Clause de constitut, clause par laquelle le possesseur d'un meuble ou d'un immeuble reconnaît qu'il n'y a aucun droit de propriété, et qu'il n'en a la jouissance qu'à titre de constitut, à titre précaire.
| «INSTITUTEUR (kon-sti-tu-teur), s. m. Celui qui constitue.
— H1ST. xvi's. Constituteur, oudin, Dict.
— êtym. Constituer; ital. constilutore.
CONSTITUTIF, IVE (kon-sti-tu-tif, ti-v') , adj.
|| 1° Qui entre dans la constitution d'un objet. Les parties constitutives d'un végétal. Recherches sur la manière dont la religion peut et doit entrer comme partie constitutive dans la composition du corps politique , J. J. rouss. Lettres de la montagne , vi. || 2° Terme de droit. Qui établit un droit. Titre constitutif de propriété.
— HIST. XVI" S. Constitutif, COTGRAVE.
— ÊTYM. Constituer.
CONSTITUTION (kon-sti-tu-sion; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. || 1° Acte de mettre dans. La constitution complète de la production de la chaleur dans le poumon n'a pas été ratiliée par les plus récentes recherches. || 2° Terme de procédure. Constitution de procureur, d'avoué, acte par lequel le procureur ou l'avoué déclare à son adversaire qu'il
CON
occupe pour une partie. || Constitution se dit aussi pour le fait de constituer un avoué. || 3" Terme de pratique. Établissement d'une rente, d'une pension; la rente même. 11 a pourvingt mille francs de constitution. || Contrat de constitution, constitution de rente, contrat par lequel le débiteur constitue une rente au profit du prêteur qui aliène son capital. || On disait autrefois mettre son bien en constitutions, pour le placer de manière à lui faire produire ces rentes. Un marchand perd son crédit sur la place quand il met son bien en constitutions. Tout le bien de ce bourgeois est en constitutions. À vous prendre depuis les pieds jusqu'à la tête [en évaluant tout votre habillement], il y aurait de quoi faire une constitution, mol. l'Av. i, 5. Passez-lui un contrat de constitution, la bruy. xiv. || Constitution de dot, action d'établir une dot. || On ne dit plus guère aujourd'hui une constitution; on dit une constitution de rente. || 4" Terme de politique. La nature d'un gouvernement en tant que son pouvoir est réglé. Constitution monarchique. Violer la constitution. Donner, établir une constitution. Le gouvernement monarchique et héréditaire est la constitution du royaume [d'Angleterre] , fén. t. xxu, p. 446. Ils [les Italiens] sont un exemple de ce qu'un peuple peut devoir aux seuls bienfaits de la nature, comme les Anglais de ce qu'il peut devoir aux seuls bienfaits d'une boene constitution, d'alembert, Éloges, Mirabeau. Tant la satire est redoutée dans ces constitutions où la plus grande force du gouvernement réside dans l'opinion que les citoyens ont de sa sagesse, condorcet, Haller. || 6" Loi fondamentale, soit ecclésiastique ou civile, soit générale ou particulière. Les constitutions des papes sont distinguées par un nom qui est le premier mot du texte. Les fondateurs des ordres religieux ont fait approuver par les papes les constitutions de leur ordre. Les constitutions des empereurs. Les constitutions canoniques. Quelle constitution du pape ai-je violée? pasc. Prov. 4 7. Le peuple consentit enfin à payer les dîmes, à condition qu'il pourrait les racheter; la constitution de Louis le Débonnaire et celle de l'empereur Lothaire, son fils, ne le permirent pas, montesq. Esp. xxxi, 1 2. || La constitution Unigenitus, ou, absolument, la constitution, constitution du pape qui condamnait certaines propositions extraites des Réflexions morales du P. Quesnel et qui excita en France, dans le xvin* siècle, un grand trouble religieux. Nous savons assez en France ce que c'est que les affaires de la constitution; ne fussent-elles que théologiques, elles seraient déjà d'une extrême difficulté, fonten. Rép. à Vévéque de Rennes. Il y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'il appela constitution , et voulut obliger sous de grandes peines ce prince [le roi de France] et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu, montesq. Lett. pers. 24. || Constitution civile du clergé, organisation du clergé français décrétée par l'assemblée constituante le 4 2 juillet 4 790. La constitution ecclésiastique de Genève est purement presbytérienne, point d'évêques, encore moins de chanoines, d'alemb. Gouvern. genevois. || Acte par lequel on règle les droits politiques d'une nation, la forme du gouvernement et l'organisation des pouvoirs publics. L'ère des constitutions politiques s'ouvre en 4789. || Autrefois et en certains pays, loi, ordonnance, règlement fait par l'autorité qui a le pouvoir législatif. || 6° Ce qui fait la substance d'un corps , la manière dont il est composé. La constitution de l'air. La constitution du monde, des parties du corps humain. La constitution d'un discours. Voici une pièce d'une constitution assez extraordinaire; aussi est-ce la vingt et unième que j'ai fait voir sur le théâtre, corn. Nicom. préface. La première constitution de l'univers se trouvant affaiblie, la vie humaine, qui se poussait à près de mille ans, se diminue peu à peu, boss. flirt, u, 4. || 7° Constitution atmosphérique, état de l'atmosphère considérée relativement à son influence sur l'économie animale. || Constitution médicale, rapport qui existe entre les constitutions atmosphériques et les maladies régnantes. || 8° Etat général de l'organisation particulière de chaque individu, d'où résultent sa force, sa santé, sa vitalité. Une bonne constitution est celle où tous les viscères, tous les systèmes, tous les appareils, également développés et doués d'une égale énergie, remplissent leurs fonctions avec aisance et activité. Maiebranche , quoique d'une assez mauvaise constitution, avait joui d'une santé assez égale , fonten. Maiebranche. L'ardeur de l'étude avait ruiné sa constitution aussi faible que vive, et l'excès du travail l'empêcha d'en recueillir les fruits, d'alembert, Éloges, Teslu.
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— HIST.xn's. Nos leiz, noz constitutions, benoît, dans raynouard, constitutio. ||xni*s. Et note que vou [voeu], de la nature de soi, ne depiece pas mariage, mes c'est de constitucion d'yglise, Liv. de just. 4 94. Or dit l'en que la constitutions ne regarde pas le tans qui est passez, mes regarde le tans qui est à venir, ib. 40. Il, par le conseil de sainte Eglise, fist constitution novele, que mariages se peust fere puis le quart degré, beaum. xliv, 4 2. De ces trois cas.... est il ordené et establi comment on en doit ouvrer par une nnuvele constitution que li rois a fête en la manière qui ensuit, id. xxxn, 3. Li mestre pueent espondre [expliquer] constitutions, Conseil de pierre de fontaine, 48). || xv s. Avecques toutes et quelconques autres constitucions, par les quelles il pourrait sur ce estre empeschiez, Lettre de Charles v, DM. des Chartes, 4"série, t. m, p. 426. || xvi' s. Ma constitucion est de ne faire cas du boire que pour la suitte du manger, mont, h, 48. La constitution des maladies est formée au patron de la constitution des animaulx, id. iv, 267. Les accessions externes prennent saveur et couleur de l'interne constitution, mont, i, 348. Il renversa toutes les ordonnances et constitutions qu'il avoit faites, amyot, Lucul. 85. Entre toutes les constitutions de l'air, celle qui est chaude et humide est fort dangereuse, paré, xxiv, 3.
— ÊTYM. Provenç. constitutio; espagn. constitucion;ital. constituiione , costituzione ; du latin constitutionem, de conslituere . constituer.
+ CONSTITUTIONNAIRE (kon-sti-tu-sio-nê-r"), s. m. || 1° Celui qui reconnaissait la bulle Unigenitus. [Brancas était] dévot et constitutionnaire jusqu'au fanatisme, et du petit troupeau deFénelon, st-sim. 421 , 83. || Adj. Si l'on s'en rapporte à la foule des théologiens constitutionnaires, d'alemb. Destruction des jésuites. Œuvres, t.v.p. 73,danspoL'GENS. || 2" Officier chargé de publier les constitutions des empereurs romains et les codes.
— ÊTYM. Constitution.
t CONST1TUTIONNALISER (kon-sti-tu-sio-na-lizé), v. a. Néologisme. Rendre constitutionnel; attacher aux principes d'une constitution. Constilittionnaliser un pays. || Se constitutionnaliser, v. réfl. Se soumettre à une constitution.
— ÊTYM. Constitutionnel.
+ CONSTITUTIONNALISME (kon-sti-tu-sio-nali-sm'), *. m. Opiniondeceux qui pensentquela pouvoir souverain doit être réglé par une constitution.
— ÊTYM. Constitutionnaliser.
CONST1TUTIONNALITÉ (kon-sti-tu-sio-na-li-té) ,
s. f. Qualité de ce qui est conforme à la constitution. La constitutionnalité d'une loi, d'une ordonnance.
— ÊTYM. Constitutionnel.
CONSTITUTIONNEL, ELLE (kon-sti-tu-sio-nèl ,
nè-1'), adj. \\ i' Terme de politique. Qui est réglé par une constitution. Régime, gouvernement constitutionnel, celui où des assemblées participent au gouvernement. || Qui tient à la constitution. Garanties constitutionnelles. Droits constitutionnels des Français. Acte constitutionnel. Charte constitutionnelle. Pacte constitutionnel. || Conforme à la constitution. Cet acte n'est pas constitutionnel. || Qui est partisan de la constitution. Le parti constitutionnel, et. substantivement, les constitutionnels pensent ainsi. || Constitutionnel s'est dit des ecclésiastiques qui adoptèrent la constitution civile du clergé en 4 790 Un. évêque constitutionnel. || 2" Terme de médecine. Qui tient à la constitution atmosphérique. Maladies constitutionnelles, maladies développées par l'influence d'un état de l'atmosphère. || Qui tient à la constitution de l'individu. Maladie constitutionnelle, celle qui semble inhérente à la constitution, et celle qui, après avoir attaqué un organe, a fini par affecter tous les systèmes organiques, la constitution tout entière. Syphilis constitutionnelle.
— REM. ConrtttutionneJ n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de 4 835.
— ÊTYM. Constitution.
CONSTITUTIONNELLEMENT ( kon-sti-tu-sio-nè-
le-man), adv. D'une manière constitutionnelle, en conformité avec la constitution. Agir, gouverner constitutionnellement. Constitutionnellement cela n'est pas permis.
— ÊTYM. Conrtt'tuttomieiie, et le suffixe ment. CONSTRICTEUR (kon-stri-kteur),adj. Qui resserre
en agissant circulairement. || Le boa constricteur, nom d'une espèce de boa. || Muscles constricteurs du pharynx, et, substantivement, les constricteurs, plans musculeux qui concourent à former les parois du pharynx.
— ÊTYM. Lat. constrictum, supin de constrin? gère, serrer (voy. constriction).
CON
CON
CON
t CONSTRICT1F, IVE (kon-stri-ktif, kti-v'), adj. Qui a la propriété de resserrer.
— HIST. xvi* s. La faculté vitale est divisée en • facultés dilatative et constrictive du cœur et des
artères, paré, i, t.
— ÊTYM. Provenç. costricliu ; espagn. constrictivn; ital. cnstrettivo (voy. constriction).
CONSTRICTION (kon-stri-ksion), s. f. Terme didactique. Action de diminuer le diamètre d'un objet, en exerçant une pression circulaire. Les cravates, les jarretières, les corsets exercent une constriction.
— HIST. xvi* s. La respiration est faite par dilatation et constriction du thorax, paré, u, t. À fin que le dragonneau soit retenu par la constriction [ligature] et ne se rompe point, id. vi, 23.
— ÉTYM. Provenç. constriccio ; esoagn. constriction; ital. costrizione; du latin constriettonem, de constriclum , supin de constringere , serrer ( voy. contraindre).
CONSTRINGENT, ENTE (kon-strin-jan, jan-f), adj. Terme de médecine. Oui opère une constriction. Moyen constringent.
— ÉTYM. Lat. constringens , part, présent de constringere (voy. contraindre).
CONSTRUCTEUR (kon-stru-kteur) , s. m. Celui qui construit, qui sait l'art de construire. Le constructeur d'une maison, d'un pont. Constructeur d'instruments de physique. Il n'instruisit pas seulement les constructeurs [de vaisseaux], mais encore leurs enfants, et les mit en état de faire, à l'âge de quinze ou vingt ans, les plus gros vaisseaux qui demandaient auparavant une expérience de vingt ou treiite années, fonten. Rendu. M.Olivier, constructeur de vaisseaux, vit que son art avait besoin du secours des sciences mathématiques, et il quitta tout pour les étudier, condorcet, Maurepas. || Fig. Le roi Guillaume [d'Angleterre] était l'âme, le boute-feu et le constructeur de cette guerre, st-sim. 97, 29. || Adjectivement, mécanicien constructeur.
— ÉTYM. Voy. construire.
t CONSTRUCTIBILITÉ (kon-stru-kti-bi-li-té), t. f. Qualité de ce qui est constructible.
— ÉTYM. Constructible.
t CONSTRUCTIBLE (kon-stru-kti-bl'), adj. Qui peut être construit.
— ÉTYM. Voy. construire.
t CONSTRUCTIF, IVE (kon-stru-ktif, ti-v'), adj. Qui a la force de construire. Les propriétés constructives qui existent dans le germe.
— ÉTYM. Voy. construire; provenç. constructiu, eoslructiu.
CONSTRUCTION (kon-stru-ksion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de construire. La construction d'une maison. L'art de la construction des vaisseaux qui tient à la fois à tout ce que les sciences ont de plus abstrait, à tout ce que les arts mécaniques ont de plus difficile et de plus minutieux, condorcet, Haurepas. Antandros était un lieu propre à faire des constructions de vaisseaux, le p. CATROu.dans desfontaines. || L'art du constructeur. 11 entend bien la construction. || Bâtisse. Faire de nouvelles constructions. || 2° Manière dont une chose est construite. Chaque espèce [d'animaux] est d'une construction différente des autres, pén. Exist. <9. || Par extension. La construction de ce poème n'est pas régulière. || Une grande construction philosophique, scientifique, grand système dans la philosophie, grande théorie dans la science, qu'établit un esprit inventeur, puissant et conséquent. || 3* Terme de grammaire. Arrangement des uots, place des termes et des propositions. Construction directe, inverse, elliptique. L'on écrit régulièrement depuis vingt années, l'on est esclave de la construction, la bruy. i. Votre construction semble un peu s'obscurcir, roil. Art p. i. On reconnaît les écrivains du bel âge de la France à une certaine construction de phrase, grecque et ialiuu,CHATEAUBR. Génie, m, u, 6. La netteté du discours dépend surtout des constructions, c'est-à-dire de l'arrangement des mots, condil:.ac, Art d'écrire, liv. i, Œuvres, t. vu, p. 4, dans pougens. Il est visible que, deux langues où les constructions sont différentes venantà se mêler, il faut du temps pour qu'il en résulte un tout uniforme, turgot, Ébauche du 2« discours, Progrès de l'esprit humain, p. aos. || Construction louche, c'est lorsque les mots sont placés de façon qu'ils semblent d'abord se rapporter à ce qui précède, pendant qu'ils se rapportent réellement & ce qui suit, dumarsais, bel. gramm. phil. Œuvres, t. v, p. t , dans pougens. || Construction analytique, celle où les mots sont placésdans l'ordre rationnel voulu par la grammaire : le sujet, le verbe et l'attribut. On dit plus souvent aujourd'hui dans les classes :
construction logique. || Faire la construction d'une phrase latine ou grecque, mettre dans l'ordre analytique ou direct les mots qui sont construits dans un ordre inverse. Dites tant qu'il vous plaira que construction est destruction, vous n'avez que ce seul moyen pour entendre le sens d'un auteur, dumarsais, Invers. Œuvres, t. m, p. Sis, dans pougens. y 4° Terme de géométrie. Figure, ligne qu'on trace pour arriver à une démonstration. || Construction d'une formule, d'une équation, évaluation, par moyens graphiques, d'une formule ou des racines d'une équation.
— SYN. construction, syntaxe. La construction ne présente que l'idée de l'ordre et de l'arrangement des mots. La syntaxe règle l'usage et le choix des formes variables des mots et l'emploi de leurs terminaisons.
— HIST. xir s. Par une mervilhouse dispensation avient ke de ce dont il soi aesement [estimentj estre plusdestruiz, soi ellievent plus riche à la construction del céleste pais, Job, 446. ||xiv* s. Les constructions de Titus Livius sont si trenchées et si brieves et si d'estranges moz, bercheure, f" t.
— ÉTYM. Provenç. conslructio, coslruclio ; espagn. construction; ital. costruzione ; du latin construclionem (voy. construire).
fCONSTRUCTIVITÊ(kon-stru-kti-vi-té) , s.f. Qualité constructive. La constructivité attribuée dans l'ancienne philosophie aux forces plastiques. ||Duns le système de Gall, penchant ou faculté affective qui porte l'homme et les animaux à bâtir. La constructivité est fort développée chez le castor.
— ÉTYM. Constructif.
CONSTRUIRE (kon-strui-r'), je construis, nous construisons; je construisais; je construisis; je construirai ; je construirais ; que je construise ; que je construisisse; construisant, construit, v. a.\\ 1° Faire quelque chose qui ait structure. Construire une maison, une machine, un instrument de physique. Je vais vous conduire au temple de Thésée, qui fut construit par Cimon, quelques années après la bataille de Salamine, barthél. Anach. ch. 4 2. || Se construire, construire à soi. Il voulait se construire un agréable asile, andrieux, Meunier de Sans-Souci. || 2° Par extension. Construire un poème, en disposer les parties dans un certain ordre. Tantôt, cherchant la find'unversque je construis, boil. Éptl. vi. || Construire une théorie, un système, disposer des idées théoriques, systématiques, eu un ordre conséquent.|| 3°Terme de grammaire. Construire une phrase, en distribuer les mots dans l'ordre grammatical. || 4" Terme de géométrie. Construire une figure, la tracer régulièrement. Construire une carte géographique. || 5° Terme d'astrologie. Construire un talisman, tracer les figures, les caractères qui forment un talisman. || 6° Se construire, v. réjl. Etre construit. Et leur zèle bouillant sait si bien les conduire [les troncs d'arbres] Que ce pont semble naître et non pas se construire, brébeuf, l'hars. îv. Il Entrer dans la structure d'une phrase. Sûr se construit avec de et avec dans; certain se construit avec de seulement, d'alemb. Synonymes. Œuvres, t. m, p. 328, dans pougens.
— SYN. construire, bâtir. Construire est plus général que bâtir. Construire, signifiant, par son étymologie, établir ensemble, s'applique à toute espèce d'arrangement ; et l'on dit construire une machine, aussi bien que construire une maison. Bâtir, impliquant, étymologiquement, l'idée de ce qui supporte, ne se rapporte qu'aux maisons, aux édifices, aux vaisseaux.
— ÉTYM. Provenç. construire, coslruire; espagn. conslruir; ital. costruire; du latin construere, de cum, et struere, bâtir (voy. structure).
CONSTRUIT, UITE (kon-strui, strui-t'), pari. passé de construire. Les palais construits par les souverains. Le temple de Jupiter, commencé sous Pisistrate, celui de Thésée, construit sous Cimon, offraient aux architectes des modèles à suivre, barthél. Anach. lntrod. part, u, sect. 3. || Par extension. Un poème bien construit. Une pièce de théâtre mal construite. || Disposé suivant les règles de la syntaxe. Toutes les phrases, construites les unes pour les autres, marquent sensiblement la liaison et la gradation des pensées, condill. Art d'écrire. Œuvres, t. vu, p. I , dans pougkns.
f CONSTUPRATION (kon-stu-pra-sion) , s. f. Viol. Par quelque grande occision Venger la constupration, scarr. Virg. trav. ch. u. || Mot vieilli.
— HIST. xvi* s. Constupration, cotgravk.
— êtym. Lat. constuprationem, de cum, et stuprare. violer.
CONSUBSTANTIALITÉ (kon-sub-stan-si-a-li-té) ,
s. f. Terme de théologie. Qualité de ce qui est consubstantiel. Les Ariens niaient la consubstantialité du Fils avec le Père. Ils dressèrent le symbole où la consubstantialité du Père et du Fils est établie, boss. llist. i,n.
— ÊTYM. Consubstantiel.
t CONSUBSTANTIATEUR, TRICE (kon-sub-stansi-a-teur, tri-s'), s. m. et f. Terme de théologie. Celui,celle qui croit le Verbe consubstantiel à son Père: nom donné par les catholiques aux luthériens, à cause de leur opinion sur laconsubstantiation.
— ÉTYM. Voy. consubstantiel.
t CONSUBSTANTIATION (kon-sub-stan-si-a-sion), *. f. 'terme de théologie. Manière dont les luthériens entendent la présence réelle.
— ÉTYM. Voy. consubstantiel.
CONSUBSTANTIEL, ELLE ( kon-sub-stan-si-èl ,
è-1') , adj. Terme de théologie. Qui est un par la substance. Il se dit des trois personnes de la Trinité : le Fils est consubstantiel au Père. Les trois personnes de la Trinité sont consubstantielles.
— HIST. xvi" s. Les latins, pour interpréter le mot grec homousios, ont dit que le Fils estoit consubstantiel au Père, signifians qu'il estoit d'une mesme substance, calv. Inslit. 7). L'entreprinse se sent de la qualité de la chose qu'elle regarde, car c'est une bonne portion de l'effet et consubstantielle, mont, i, 70. Les biens et les maulx qui sont consubstantiels à nostre vie, id. iv, 209.
— ÉTYM. Latin consubslanlialis , de cum, et sub* stantia, substance.
CONSUBSTANTIELLEMENT(kon-sub-stan-si-è-leman), adv. Terme de théologie. D'une manière consubstantielle. Le Fils est consubstantiellement un avec le Père.
— ÉTYM. Consubstantielle, et le suffixe ment.
t CONSUÉTUDINAIRE (kon-su-é-tu-di-nê-r'), s. m. Terme de théologie. Celui qui a coutume de faire quelque chose.
— ÊTYM. Lat. consuetHdÔ"^coutume (voy. ce mot).
CONSUL (kon - sul) , t . m. || 1» Nom de deux magistrats qui exerçaient l'autorité suprême dans la république romaine, et dont le titre, non la fonction, se perpétua sous l'empire. Elle [Rome] tient des consuls sa gloire et sa puissance, corn. Cinna, u, l. Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres, id. t'6. 11(1. Rome depuis trois ans par ses soins gouvernée Au temps de ses consuls croit être retournée , hac. Ilrit. i, i. L'un et l'autre consul vous avaient prévenue, id. ib. i, 2. Rome, ayant chassé les rois, établit des consuls annuels, hontesq. Hum. ch. i. Les consuls jugèrent après les rois, comme les préteurs jugèrent après les consuls, id. Esp. xi, 18. Le cheval de Caligula fut consul, et cela ne nous étonne que parce que nous n'en avons pas été témoins, mirabkau, Collection, t. m, p. 232. || 2° Agent chargé de protéger ses nationaux, et spécialement les intérêts commerciaux en pays étranger. Le consul de France à Sinyrne. Un consul général. || 3° Autrefois, nom, dans certaines municipalités de la France méridionale, des magistrats dits dans le Nord échevins. || 4" Autrefois, juge pris parmi les marchands pour connaître d'affaires commerciales. Un juge consul. Les consuls des marchands. Les jugesconsuls. Les tribunaux de commerce ont remplacé les juges-consuls, Dicl. de l'Acad. || La juridiction des consuls. Avoir une affaire aux consuls. || 5° Les trois magistrats auxquels la constitution de l'an VIII avait confié le gouvernement de la république française. Le second et le troisième consul avaient seulement voix consultative. Premier consul , titre donné à Bonaparte pendant la durée de cette constitution, et qui lui assurait tout le pouvoir.
— HIST. xm* s. Et morut Muguelin consules des Pisans d'Acre, llist. occid. des croisades, t. u, p. 443. || xiv s. Et en la manière que un consul disoit à ceulz de la cité, oresme, Eth. 212.
— ÊTYM. Lat. consul, de même radical que consilium, conseil.
CONSULAIRE (kon-su-lê-r'), adj. || l°Qui appartient aux consuls. La pourpre consulaire. Je porte à Claudius le faisceau consulaire, jouy, Sylla, u, t. L'empire consulaire fut établi suivant les projets deServiusTullius; mais il fut bientôt affaibli par la jalousie du peuple, boss. Hist. i, 8. || Comices consulaires, comices pour l'élection des consuls. || Provinces consulaires, celles où Rome envoyait des consuls. || Homme, personnage consulaire, et, substantivement, un consulaire, homme, personnage qui a été revêtu du consulat. On choisit pour cette négociation cinq consulaires, vertot, Ilévol. rom. liv. u, p. 201. Ce consulaire, qui avait été honoré de deux triomphes, fut précipité du haut do 1*
CON
roche tarpéienne, id. ib. liv. m, p. 237. || Sous les empereurs, magistrat qui administrait une province sous l'autorité du vicaire diocésain. j| Famille consulaire, famille qui comptait d'anciens consuls. || Année consulaire, temps qui s'écoulait entre deux installations successives de consuls. || Fastes consulaires, chronique gravée sur le marbre qui fut déterrée sous Paul III, et qui contient la série des consuls de Rome. || Terme de numismatique. Médaille consulaire, médaille frappée vers le temps de Marius et de Sylla. || Terme de blaso.i. Hache consulaire, hache entourée d'un faisceau de verges. || 2° Juridiction consulaire,juridiction desjuges-consuls. || La juridiction commerciale. || Goutte consulaire, se disait par plaisanterie d'un débiteur qui n'osait sortir de chez lui [retenu comme par la goutte], de peur d'être arrêté en vertu d'une sentence des consuls rendue contre lui. || 3° Qui a rapport au gouvernement des trois consuls pendant la république française. Régime consulaire. La garde consulaire.
— HIST. xiv* s. Comices consulaires, pretorians ou tribunaires, bercheure , f° ), verso. Concion digne de empire consulaire, id. f°74.
— ÊTYM. Lat. consularis, de consul.
CONSCLAIREMENT (kon-su-lê-re-man), adv.
Par la juridiction consulaire. Demande jugée consulairement.
— ÉTYM. Consulaire, et le suffixe ment.
f CONSULARITÉ (con-su-la-ri-té), s. f. Dignité des consuls honoraires.
— ÉTYM. Latin consularis, consulaire.
CONSULAT (kon-su-la; le t ne se lie pas dans
le parler ordinaire), s. m. || 1° Terme d'histoire romaine. La dignité de consul. Reçois le consulat pour la prochaine année, corn. Cinna, v, 3. Non, non, le consulat n'est point fait pour son âge, volt. Brutus, il, 4. On ne voit point l'or seul présider au sénat, Et de profanes lois fixer le consulat, id. Calil. i, 2. Les dissensions se réchauffent par les nouvelles prétentions du peuple, qui aspire aux honneurs et au consulat réservé jusqu'alors aux premiers ordres, Boss. Ilist. m, 7. Il Gouvernement consulaire. Les Parthes, les Persans veulent des souverains; Et le seul consulat est bon pour les Romains , corn. Cinna, n , ). || Le temps ou l'exercice de cette charge. Sous le consulat de Cicéron. Le consulat ne durait qu'un an. || 2° La charge de juge ou de consul de commerce a l'étranger. Le consulat d'Alexandrie. || Le lieu où siège le consul. Aller au consulat. || Consulat de la mer, titre du code maritime attribué aux Catalans. || Terme de marine. Déclarations que les capitaines sont obligés de faire par-devant les consuls des ports étrangers. || 3° Emploi des officiers municipaux qui portaient le nom de consuls. || Le corps des consuls. Le consulat d'Arles. || 4° En France , le gouvernement consulaire et le temps pendant lequel ce gouvernement a existé (de 1789 à <804).
— ÉTYM. Lat. consulatus, de consul.
f CONSULTABLE (kon-sul-ta-bl'), ad}. Qui peut être consulté.
— HIST. xvi* s. Consultable, oudin, Dict. CONSULTANT (kon-sul-tan), ad), tu. || l°Qui donne
des consultations. Avocat consultant, avocat qui ne plaide pas, mais donne des consultations. || Médecin consultant, celui qui donne des consultations, soit verbales, soit par écrit; ou celui qui est appelé à conférer sur l'état d'un malade avec le médecin qui a suivi le coursde la maladie. || S. m. Celui qui donne une consultation. L'ambition, l'envie, avec les consultants, Dans la succession entrent en même temps, la font. Fabl. iv, (8. || L'auteur d'une consultation. || 2° En un sens opposé, celui qui demande une consultation. Écoutez tout le monde, assidu consultant, boil. Art p. îv.
f CONSULTAT (kon-sul-ta) , s. m. Conseil qui se tenait tous les vendredis, en Espagne, et où l'on rendait compte au roi de ce qui s'était passé dans les différents conseils pendant la semaine.
— ÉTYM. Voy. CONSULTER.
CONSULTATIF, IVE (kon-sul-ta-tif , ti-v'), adj.
Que l'on consulte, qui est institué pour donner des avis. Comité consultalif. Attributions purement consultatives. || Voix consultative, droit d'opiner, mais non de voter. 11 s'éleva une dispute dans ce bureau entre le premier et le second ordre, qui y prétendait la voixdélibérative; le premier ne lui voulut reconnaître que la consultative, st-sim. 78, 7.
— ÊTYM. Consulter.
CONSULTATION (kon-sul-ta-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de consulter. Je vous défends de faire à ce sujet aucune consultation à d'autres qu'à moi, boss. Lett. abb. 83. || 2° Avis mo-
CON
tivé d'un ou de plusieurs jurisconsultes sur un point de droit. Un avocat a-t-il quelque réputation établie1? il cesse de plaider et se borne aux consultations où il s'enrichit, fén. t. xxi,p. )66. || En un sens opposé, mémoire qu'une personne présente et sur lequel elle demande un avis motivé. || Autrefois on nommait pilier de consultation, ou, simplement, pilier, le premier pilier de la grand'salle où se rangeaient les anciens avocats; et chambres des consultations, certains cabinets voisins où ils s'assemblaient pour consulter. Il y avait aussi le banc de consultations. || 3° Réunion de médecins auprès d'un malade pour délibérer sur les moyens de le secourir. Un jour, il était en consultation avec d'autres médecins, i. j. houss. Conf. v. || Avis que donne un médecin que l'on vient consulter; ou bien mémoire contenant l'opinion d'un ou de plusieurs médecins sur l'état d'un malade. || Le lieu et le temps consacrés aux consultations. Aller à la consultation du médecin.
— HIST. xiv* s. Celui qui fait consultation, soit bien, soit mal, il fait questions et raisons d'une partie et d'autre, oresmf,, Eth. )83. Il avient aucune fois que la consiliacion ou consultacion dure trop lonc temps, m. ib. (83. Sur lesquelles choses le sénat ha eu grant consultacion, bercheure, f° 28, verso. || xvi« s. Le commencement de toute vertu, c'est consultation et délibération, mont, ii, 3. Nous avons formé une vérité par la consultation et concurrence de nos cinq sens, id. h, 359. Nous estimons grande chose nostre mort, et qui ne passe pas sans solenne consultation des astres, id. ii, 38). Nous n'avons que faire de consultations et interprétations doctorales, id. IV, 276. Appelans la modestie pusillanimité; la consultation et délibération prudente tergiversation palliée , lanoue, 65. Aux consultations des affaires nous appelions les anciens capitaines , m. du bk.ll. Prol. Les tribuns du peuple, qui estoient presens à ceste consultation du sénat, amyot, Cor. 23.
— ÉTYM. Lat. consultatio, de consultare, consulter.
t CONSULTE (kon-sul-f) , s. f. || 1" Action de consulter. Qui passait au Mans pour faire une consulte de médecins sur la maladie, scarr. Rom.com. ch. 7. On trouve dans les consultes de Wepfer l'histoire d'un jeune homme.... tissot, Santé des gens de lettres, p. 69, édit. techener. Vieux en ce sens. || 2° Assemblée administrative, conseil, sénat, en Italie et dans certains cantons de la Suisse. || Consulte sacrée, sorte de conseil administratif et judiciaire à Rome. Cette congrégation est comme le conseil d'Etat du pape, elle se tient devant Sa Sainteté, ou chez le cardinal neveu, s'il y en a; tous ceux qui ont été nonces apostoliques assistent à cette congrégation ; elle s'appelle aussi la consulte, du marsais, Lib. Égl. gall. part, n, max. 17.
— ÉTYM. Voy. consulter; ital. consulta.
CONSULTÉ, ÉE (kon-sul-té, tée), part, passé.
|| 1"Â qui on a demandé un avis. L'avocat ayant été
consulté par son client Et sur cette promesse,
Calchas, par tous les Grecs consulté chaque jour, Leur a prédit des vents l'infaillible retour, rac. Iph. i, 3. |J 2° Sur quoi on a demandé avis. L'affaire est consultée; et tous les avocats, Après avoir tourné le cas En cent et cent mille manières, Y jettent leur bonnet, se confessant vaincus, la font. Fab. II, 20. CONSULTER (kon-sul-té), v. a. || 1" Prendre conseil de quelqu'un. Ceux que l'empereur a consultés le moins, rac. Brit. i, 2. Consultons sur ce point quelque auteur signale, boil. Lutr. îv. Le sage quelquefois fait bien d'exécuter Avant que de donner le temps à la sagesse D'envisager le fait et sans la consulter, la font. Fabl.x, 14. || Fig. Consulter le chevet, son chevet, se donner le temps de délibérer sur une chose, passer la nuit avant de prendre son parti. Dans le même sens et familièrement, consulter son bonnet de nuit. || Consulter son miroir, s'y regarder. Là, pour ne point des ans ignorer les injures, Je consulte souvent le cristal d'un ruisseau, chaulieu, Stances sur la retraite- || Consulter les astres, l'histoire, les examiner attentivement pour y chercher des indices. Vous-même, consultez vos premières années, rac. Brit. Il, 3. Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire, iD.t'b. m, ). Onfaisait comme on avait toujours fait: on consultait l'usage, et on n'imaginait pas encore de chercher dans des principes généraux ce que les peuples se doii eut les uns aux autres, condillac, llist. anc. Lois, ch. i. || Se diriger par. Ce ne sont pas les sens que mon amour consulte, corn. Serlor. u, ). Je n'ai pour lui parler consulté que mon cœur, rac. Andr. n, l. Mais on n'en doit pas moins consulter la prudence, volt.
CON
Fanât, n, 6. || Consulter ses forces, examiner si l'on est capable de Taire, d'exécuter une chose. Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, Et cou. sultez longtemps votre esprit et vos forces, boil. Art p. 1. 1| Consulter ses intérêts, se diriger d'n| ri 1 ce qu'ils suggèrent. || Dans le paganisme, consiill.r l'oracle, les dieux, les interroger pour connaître l'avenir ou se diriger dans le présent. Un païen qui sentait quelque peu le fagot, Et qui croyait en D pour user de ce mot, Par bénéfice d'inventaire, Ail i consulter Apollon, la font. Fables, iv, (9 Lorsque Claudius Pulcher, consul romain et général de l'armée romaine, fut envoyé contre les Carthaginois, on consulta les sacrés poulets, qui ne voulurent poini manger; le consul ordonna que, puisqu'il! ne voulaient pas manger, on les jet.1t dans la mer pour les faire boire, dumarsais, liéttmg. grumm. phil. Oeuvres,t. v, p. 348, dans pougens. || Par extension. Consulter le sorcier, la devineresse, la somnambule. || 2° Mettre en délibération, soumettre à l'examen de quelqu'un. Consulter une affaire à un avocat. Que l'on doit commencer par consulter ensemble Les choses qu'on peut faire en cet événement, mol. Tort. v, ). Si Lélie a pour lui l'amour et sa puissance, Andrès pour son partage a la reconnaissance, Qui ne souffrira point que mes pensers secrets Consultent jamais rien contre ses intérêts, id. l'Étour. v, 12. La conjoncture est tout à fait heureuse, et j'ai ici un ancien de mes amis, avec lequel je serai bien aise de consulter sa maladie, id. Pourc. i, 10. Il s'entend tout seul, je ne le consulterai à personne, sév. 3)3. Une autre fois l'un du conseil des Douze élève une difficulté , et, comme on ne tombait pas d'accord, il propose de la consulter en Sorbonne, anquet. Ligue, m, 200. Cet homme, qui nie sa liberté, ne laissera pas de consulter ce qu'il.a àfaire, boss. Lib. arb. 4. M. Huy ghens consultait à M. de l'Hospital ses difficultés suite calcul différentiel; et quand quelque chose l'arrêtait, il ne s'en prenait pas à la méthode, mais à ce qu'il ne la possédait pas assez, fonten. L'flospi-
tal C'est assez consulté; Rendez-moi mes liens
ou pleine liberté, corn. Sertor. m, 4. || 3° V.n. Con férer, délibérer seul ou avec d'autres pour avisi-r Déjà le Tésin tout morne Consulte de se cacher, mal», h, ). Après avoir longtemps consulté, ils arrêtèrent.... vaugel. Q. C. 3)8. Ilest bien plus naturel à la peur de consulter quede décider, retz.ii, )26. Mai . pourquoi consulter des choses résolues, Et ne poursuivre pas comme on les a conclues? rotr. Bélis. n, 8. J'ai trop par vos avis consulté là-dessus; Ne m'en parlez jamais, je ne consulte plus, corn. Cinna, iv, 4. Je ne consulte point pour suivre mon devoir, id. Cid, M, 3. Après avoir consulté quel que temps, hamilt. Gramm. 7. Le jour s'en va pa rattre et je vais consulter Comment dans ce malheuije dois me comporter, mol. Éc. des f.v, ). Ah! faut- il consulter dans un affront si rude ! id. Amph. m, 3. Madame, consultez, rac. Baj'.v, )). Sans consulter enfin
si je me perds moi-même, id. Baj.i,3 Sortons, et,
sans plus consulter, De ce trouble inouï songeons i profiter, volt. Sémir.i, 6. Je consulterai sur voir ■ mal avec les philosophes, id. Dial. 3. Vous avez da, gné, sire, nous appeler pour consulter avec vous ai bien de l'État, Mirabeau, Collection, t. i, p. 33 1 Ne répondant aux critiques qu'en guérissant les nu ladies, consultant sans peine avec les médecins qui dansd'autres circonstances, avaient refusé de consul ter avec lui, condorcet, ÏYonchin. ||4°Se consulter. v. réfl. Délibérer avec soi-même. Il faut vous rendre . il faut me quitter et régner. — Vous quitter? — J. le veux; je me suis consultée, rac. Baj. ir, 6. Ar sace, c'est à toi date bien consulter, volt. Sémir. IV, ). || Se consulter l'un l'autre. Ils se sjnt consultés, et leur réponse est unanime. || Être corfsulté. La voix de la raison jamais ne se consulte, cokn. Cinna, u, ).
— HIST. xvi* s. Les Perses aprez le vin consul toient de leurs principaulx affaires, mont, ii, 2)5. Consultez-en [faites-en l'épreuve] pour veoir avecques vostre astrolabe, id. ii, 272. Il disoit qu'il falloit exécuter, non pas consulter les haultes entreprises, id. m, )72. Je consulte peu des altérations que je sens; car les médecins.... id. iv, Mt. Aux jours ensuivans puis après, ilz commencèrent à consulter entre eulx des moyens de l'aire la gui amyot, Cor. 36. Des entreprises qu'il sembloit avoi. bien consultées, id. Sylla, H.
— ÊTYM. Lat. consultare, fréquentatif, de contulere, de même radical que consilium, conseil.
CONSULTEUR (kon-sul-teur), s. m. Celui q'»' l'on consulte. Les légistes, de simples consultent, étaient devenus magistrats , st-sim. 373 , 200.
CON
Il Consulteur du saint-office, nom qu'on donne aux théologiens que le pape commet pour examiner les livres ou les propositions qui lui sont déférés, ou pour donner leur avis sur des matières qui regardent la ; foi ou la discipline. C'est ce qui parait parfaitement par les avis des consulteurs auxquels le pape les donna à examiner, pasc. Prov. n. Le cardinal de Bouillon ne se contenta pas d'opiner pour M. de Cambrai de toute sa force, mais il essaya d'intimider les consulteurs, st-sim. ce, 84. || Chez les capucins, celui qui donne avis au général.
— HIST. xvi* s. Consulteur, cotgrave.
— ÉTYM. Liât, consulter, de consulere.
+ CONSUMABLE (kon-su-ma*bl'), adj. Oui peut être consumé.
— ÊTYM. Consumer.
CONSUMANT, ANTE (kon-su-man, man-t'), adj. Oui consume. Un feu consumant. Une ardeur consumante.
CONSUMÉ, P.E (kon-su-mé, mée), part, passé. || 1" Détruit peu à peu. Ces restes d'un héros par le feu consumé, corn. Pomp. v, t. Consumé par les vers, rac. Athal. ni, 6. J'attendais que le temple en cendres consumé, m. ib. v, 2. l'ensez-vous y traîner les restes d'une armée Vingt fois renouvelée et vingt fois consumée? id. Alex, v, t. Près de ce gouffre horrible , épouvantable, Lieu de douleurs où le triste coupable Parmi des flots de bitume enflammé Brûle àjamais sans être consumé, J. B. rouss. Alle'gor. i, 1. || 2° Fig. Consumé par les chagrins. Consumé de regrets, rac. Andr. i, 4. Consumé de travaux, appesanti par l'âge, volt. Ali. i, 4. Accablé de mépris, consumé de douleurs, i. B. rouss. Odes, I, 42. Le voyageur pourtant, le mortel égaré, Consumé par la faim, par la soif dévoré, Trouve en tout temps ici la tente de mon père, ducis, Abuf. li, 7. || 3° Passé. Ce moment si cher, madame, est consumé À louer l'ennemi dont je suis opprimé, bac. Brit. u, 6. Il m'est honteux d'aimer, il vous l'est d'être aimée D'un homme dont la vie est déjà consumée, corn. Pulch. v, 3.
CONSUMER (kon-su-mé), v. a. || 1° Détruire en usant, en réduisant à rien. Le feu consuma ce grand édifice en moins de deux heures. La rouille consume le fer. J'ai pitié de moi-même et jette un oeil d'envie Sur ceux dont notre guerre a consumé la vie, corn. Hor. u, 3. Il arrête et consume deux grandes armées, flêch. Tur. S'il [l'homme] était haut comme les plus grands clochers, un petit nombre d'hommes consumerait en peu de jours tous les aliments d'un
pays, fén. Exist. 42 X nos vaisseaux la mer
toujours fermée Trouble toute la Grèce et consume l'armée, rac. [phig. i, 2. Toutes leurs provisions furent consumées, volt. Cand. 4 7. Il pense déjà voir les flammes triomphantes Embraser leurs drapeaux et consumer leurs tentes, delille, Parad. perdu, v. || Consumer son patrimoine, le dissiper. || Fig. Consumer avec lui toute cette faiblesse, corn. Hor. il, 4. Il [Ie peuple] n'est donc plus à craindre : il a pris ses victimes ; Sa fureur sur leur sang va consumer ses crimes, id. Nicom. v, 4. Jusqu'à ce que la mort brise ce qui te lie X cette longue infirmité, Et qu'en toi, dans le ciel, la véritable vie Consume la mortalité, corn. Imit. I, 22. Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse, rac. Brit. îv, 2. L'oisiveté d'un camp consume leur vigueur, id. Alex, i, ). || 2" Par analogie. Le regret de sa faute le consume. L'esprit s'use comme toutes choses; les sciences sont ses aliments, elles le nourrissent et le consument, la bruy. xi. Si pour me consumer Un destin envieux ne m'avait fait rimer, boil. Sal. u. La riche expression, la nombreuse mesure, Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer [les poètes], De fatigues sans fin viennent les consumer, id. Ep. xi. 9on naturel ardent le consumait dans le travail, fén. Tél. xiv. Je vais seule en ces lieux, où l'horreur me consume.... volt. Ali. iv, 4. Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre; Oui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre, Et je mériterais qu'il [le feu] me pût consumer, Si je lui fournissais de quoi se rallumer, corn. Rodog. m, 4. C'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne, la plume me tombe des mains, je sens affaiblir jusqu'à ma haine, montesq. Lett. pers. mi. || 3° Employer sans réserve, en parlant du temps. La longueur du temps que les choses ont consumé, corn. Ex. de Pomp.... 11 [un diable] se pouvait tirer d'affliction Par ses bons tours et par son industrie, Mais non mourir ni revoir sa patrie, Qu'il n'eût ici consumé certain temps, la font. Belph. J'ai consumé mon âge au sein de l'Amérique, volt. A ls. I, t. Nous autres hommes c'est souvent par vanité, quelquefois par intérêt, que nous consumons notre
ton
vie dans la culture des arts, volt. Éptt. à Mme du Chdtelet, sur Ait. || 4> Se consumer, v. réfl. Être consumé. Se consumer de travail et d'inquiétude. Ce peu, que mes vieux ans m'ont laissé de vigueur, Se consume sans fruit à chercher ce vainqueur, corn. Cid, lu, 6. N'allez pas sur des vers sans fruit vous consumer, boil. Art poét. i. De vos jours prêts à se consumer, rac. Phèd. i, 3. En efforts impuissants leur maître se consume, id. ib. v, 6. Hélas 1 je me consume en impuissants efforts, id. Iphiy. v, 4. Les empereurs se consument dans des disputes de religion, boss. Ilisl. j, 4t. Je me consumais en regrets inutiles, ff.n. Tél. H. Narcisse se consuma lui-même de douleur, id. ib. vin. Il se consumait par ses inquiétudes, id. t'6. xxm. Les Homains laissaient le riche royaume se consumer par lui-même, et s'étendaient du côté de l'occident, boss. llist. i, 9. Le jeune amant ne pouvant obtenir sa maltresse se consumait de douleur, }. i. rouss. Conf. i. Les païens se consumaient à la poursuite de l'ombre de la vie, chateaub. Génie, m, iv, 4. Pâle lampe du sanctuaire. Pourquoi, dans l'ombre du saint lieu, Inaperçue et solitaire, Te consumes-tu devant Dieu? lamabt. Uarm. i, 4. || Absolument. Faire de vains efforts. Jecours, je me consume , etle peuple m'entraîne, volt. U érope, v, 6. || Dépérir. La petite fille n'a fait que languir depuis [l'emprisonnement de son père], et se consume peu à peu , p. l. cour.
— HIST. XV s. Pour ceste heure estoit consummée la force de son pays, comm. v, o. || xvi' s. Ses préfaces, partitions, etc. consument la plus part de son ouvrage, mont, ii, 406. Le feu, n'ayant plus que consumer, se consume soy mesme, et n'est plus feu, id. iv, 351. Purger, resouldre et consumer toutes les mauvaises humeurs d'un corps gasté, amyot, lyc. vu. Ce temple fut consumé par le feu, du temps des guerres civiles, id. Publ. 28. Se consumer de melancholie, id. Timol. vu. La fouldre consumera les os des corps, sans entammer la chair qui les couvre, rab. Pant. in, 3.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. consumir ; du la tin consumere, de cum, et sumere, prendre, d'où dérive sumptus, dépense (voy. somptueux).
t CONSUMPTIBILITÉ (kon-son-pti-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est consumptible.
— ÊTYM. Consumptible.
+ CONSUMPTIBLE (kon-son-pti-bl'), adj. Qui peut
être consumé. Matières consumptibles par le feu.
— ÉTYM. Voy. consumer.
t COXTABESCENCE (kon-ta-bè-ssan-s') , s. f. Terme de médecine. Consomption.
— ÉTYM.Lat. contabescere, de cum, et tabescere, se consumer.
+ CONTABKSCENT, ENTE (kon-ta-bè-ssan, ssan-t'), adj. Terme de médecine. Qui est atteint de consomption, de marasme.
— ÉTYM. Voy. CONTABESCBNCB.
CONTACT (kon-takt* ; quelques personnes prononcent kon-ta; prononciation correcte, mais peu usitée), * m. || 1° Etat de deux ou plusieurs corps qui se touchent. Point de contact, point par lequel deux corps se touchent. || Terme de géométrie. Contact du premier ordre, la contact simple, consistait dans un seul élément commun. Contact du second or dre, communauté de deux éléments. || Terme de physique et de chimie. Action de contact, phénomène de contact, action, phénomène qui se passe au contact des corps. || Terme de médecine. Dans le» maladies contagieuses, contact immédiat, l'attouchemeut d'un malade atteint d'une de ces maladies; contact médiat, l'attouchement, non du malade luimême, mais des objets qui l'ont touché. || 2° Par extension, relation, rapport. Le commerce met en contact les peuples les plus éloignés. Le contact du monde. || Point de contact, sentiment, idée par lesquels des personnes se touchent, s'accordent.
— ÉTYM. Latin contaclus, de cum, et taclus, touché (voy. tact) ; ital. contatto.
f CONTADIN (kon-ta-din),s. m. Paysan. X l'aide, cantadins, aux armes, la font, dans le Dict. de
BESCHERELLE. || IllUsité.
— ETYM. Ital. contadino, paysan, de contado, campagne voisine d'une ville.proprementcomté (voy. Ce mot). Contadin entra un moment dans le français au xvi* siècle comme plusieurs autres mots italiens.
f CONTAGE (kon-ta-j') , s. m. Terme de médecine. Substance organique altérée, cause matérielle, qui, transportée d'un iieu à l'autre, d'un individu à l'autre, y reproduit la maladie d'où le contage provient.
— ÉTYM. Voy. contaoion.
CON
f CONTAGIER (kon-ta-j i-é), v. a. Terme de nié decine. Communiquer une contagion.
— êtym. Voy. contagion.
CONTAGIEUX, EUSE (kon-ta-ji-eû, eû-z'), adj. Il 1° Au sens passif, tiansmissible par contact ou par une communication qui ressemble au contact. Des vices contagieux. Une erreur contagieuse. Le rire est contagieux. Le voisinage de l'imagination est extrêmement contagieux en la partie intellectuelle, balz. lit. vu, lett. 7. C'est par vous seul, infortune Narcisse, Que cette terre, inaccessible au vice, Connut enfin le mal contagieux,MALFiL. Narcisse, ch. i. || 'ferme de médecine. Transmissible d'un corps malade à un corps bien portant par l'intermédiaire d'un virus. Je voudrais qu'on cherchât des préservatifs contre les maladies contagieuses de nos bestiaux, dans le temps qu'ils sont en bonne santé, afin de les essayer quand ils sont malades, volt. Lett. Bourgelat, 4 8 mars 1775. Et comme un mal souvent devient contagieux, rotrou , St-Genest, iv , ». || Dans un sens restreint, les maladies contagieuses, les affections syphilitiques. || 2° Au sens actif, qui transmet la contagion. Air contagieux. Miasmes contagieux. On est pieux ou l'on croit l'être ; mais on l'est selon l'air contagieux du monde que l'on respire sans cesse, bourd. Pensées, t. i, p. 434. Vous souffrez auprès de vous des gens contagieux, démons domestiques, toujours attentifs à vous séduire et à vous inspirer le poison qu'ils portent dans l'âme, id. Caréme,t. I, p. 206. Ici la terre ne porte pour fruits que du poison; les hommes, contagieux, ne se parlent que pour se communiquer un venin mortel, fén. Tél. iv. Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence, bac. Athal. il, 9. Certains livres de dévotion, écrits par des imaginations fortes et contagieuses, condillac, Art de penser, part, i, ch. B.
— HIST. xiv s. La maladie qui estoit contagieuse, behchel're, f° 62, verso. || iv' s. Tost est baillé un mal contagieux, en. d'orl. Bail. Maistre PUm Chevalier.... Vieille contagieuse, Voulez-vous donc gouverner la contrée En beguinant, faire la précieuse Pour empescher toute vie amoureuse? elst. desch. Poésies nus. f" 334, dans lacurne. || xvi* s. Le mal en est si contagieux qu'il y a danger qu'il ne se espande plus avant par toute la chrestienté, condé, mémoires, p. «44.
— ÉTYM. Provenç. contagios ; espagn. et ital. conlagioso; du latin contagivsus (voy. contagion).
f CONTAGIFÈRE (kon-ta-j i-fè-r'), adj. Terme de médecine. Qui porte le virus ou la contagion.
— ÉTYM. Contage, et férus, qui porte. CONTAGION (kon-ta-jion; en poésie, de quatre
syllabes), s. f. || 1° Communication par contact ou par ce qui ressemble au contact. La contagion du vice, de l'hérésie. Cette contagion [du mauvais goût] infecta les provinces, boil. Ait p. i. Le luxe répand sa contagion depuis le roi jusque.... fén. Tél. xxii. Quand l'homme faible qui redoute La contagion du malheur Nous laisse seul sur notre route Face à face avec la douleur, lamart. Harm. î , 9. La contagion des dignités et de la grandeur ne lui forma pas cet œil superbe et ce coeur insatiahle d'honneurs.... mass. Yillars. La contagion ne s'était encore guère répandue dans les écoles publiques, ma lcroix , Schisme, liv. u, dans richelf.t. Il est une contagion dans les mouvements passionnés, mirab. Collection, t. i, p. 344. || La contagion des idées, l'extension que certaines idées religieuses, sociales , politiques, prennent parmi les peuples à un moment donné. || 2° Communication d'une maladie par contact médiat ou immédiat. Ce mal se prend par contagion. Quiconque approche d'elle.... par contagion prend sa triste couleur, malh. vi, 4 4. || Contagion vive, la transmission par contact d'individu à individu : c'est la contagion immédiate. Contagion morte, la transmission par contact d'effets provenants d'un malade : c'est la contagion médiate. || Par extension, maladie contagieuse. Les ravages de la contagion La contagion Jusqu'au
pied de son trône a porté son poison, volt. Œdipe, I, 4. || Contagion s'est dit, absolument, pour la peste. On a besoin de grande police en temps de contagion.
— SYN. contagion, infection. La contagion spécifie que la maladie est transmise soit par la communication d'un virus, soit par le contact d'individu i individu sans virus (visible du moins). L'infection au contraire spécifie que l'air est vicié et communique la maladie; l'individu malade gâte l'air, et l'air rend malade celui qui se- trouve dans la sphère de l'agent morbi tique.
— H4ST. xvr* s. La contagion est tris-dangereuse en
CON
CON
CON
la presse; il fault ou imiter les vicieux ou les haïr, mont, i, 273. Qui a pu deffendre aux misérables d'opposer les bras aux bras , et le fer au fer, et prendre d'une fureur sans justice la contagion d'une juste fureur? d'aub. llist. in, 457. La contagion universelle des opinions populaires et erronées, charbon, Sagesse, i, 4 6.
— ÉTYM. Lat. contagio ; de cum , avec, et langer e, toucher (voy. tangible).
t CONTAGIONNAIRE (kon-ta-jio nê-r'), t. m.
Voy. CONTAGIONN1STE.
fCONTAGIONNISTE (kon-ta-jio-ni-st'), s. m. Médecin qui soutient la contagion de la fièvre jaune et delà peste, et recommande les mesures de quarantaines, les barrières et les précautions sanitaires. || On a dit aussi contagibnnaire, aujourd'hui peu usité.
— ÉTYM. Contagion.
| CONTAGIOSITÉ (kon-ta-jio-zi-té), s. f. Terme de médecine. Qualité de ce qui est contagieux. La contagiosité de certaines maladies.
— ÉTYM. Contagieux.
t CONTAILLE (kon-tâ-U', II mouillées), adj. f. Terme de commerce. Soie contaille, sorte de soie de basse qualité.
tCONTAMINABLE (kon-ta-mi-na-bl'), adj. Terme de médecine. Qui peut être contaminé. Objets contaminables, objets susceptibles de contagion, c'està-dire qui peuvent communiquer la peste ou toute autre maladie.
CONTAMINATION (kon-ta-mi-na-sion), s. f. Souillure. Suivant la loi de Moïse, il y avait plusieurs sortes de contaminations.
— iiist. xvi* s. Contamination, oudin, Dict.
— ÉTYM. Lat. contaminatio, de contaminare, contaminer.
CONTAMINÉ, ÉE (kon-ta-mi-né, née), part, passé. Ôter les habits de peur d'en être contaminé, hamilt. Gramm. 4 0. || Terme de médecine. Où règne une maladie contagieuse. Localités contaminées.
CONTAMINER (kon-ta-mi-né), v. a. Souiller. || 11 est vieux.
— HIST. xv s. Afin que dorénavant elle ne contaminast les autres membres de J.-C, monstrel. lit. n, ch. 405.
— êtym. Lat. contaminare, de cum, avec, et taminare, souiller.
f CONTANT (kon-tan) ou CONTAUR (kon-tôr), s. m. Terme de marine. Partie du vaisseau, qui est au-dessus de l'enceinte qu'on nomme cordon.
CONTE (kon-f), s. m. || t" Récit, rapport, et, particulièrement, récit de quelqueanecdote, de quelque aventure. Un bon conte. Il sait des contes de toute sorte. 11 fait un conte mieux qu'homme du monde. Tu fais après cela des contes superflus, corn. Héracl. iv, 4. J'ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais, mol. Scapin, m, 3. J'étais toute remplie du conte et je brûlais de le redire, id. ib. m, 4. Des personnes qui disent de sots contes, paSC. 1. C. 43. Dans la conversation, ce qu'on appelle conte est le récit bref et rapide de quelque chose de plaisant, marmont. Élém. de littér. t. vi, p. 207, dans pOugens. On en fit le conte à la reine, hamilt. Gramm. s. De grâce n'allez pas divulguer un tel conte, mol. l'Élour. n, 6. À cause des contes perpétuels qu'ils nous en font, sêv. 243. 11 nous fit l'autre jour un fort plaisant conte, id. 504. Ses ennemis [deBion] avaient fait des contes au roi Antigonus, au sujet de sa naissance ignominieuse, fén. Bion. On aura fait quelque conte, Et de dépit transportés Peut-être ils règlent le compte De leurs infidélités, bêrano. Bon ménage. || Familièrement. Quel conte me faites- vous avec vos dépenses? c'est-à-dire, que me parlez-vous de dépenses? c'està-dire encore, vous me parlez de dépenses qui ne sont pas réelles ou auxquelles je ne veux pas prendre part. || 2° Kécit d'aventures merveilleuses ou autres, fait en vue d'amuser. Les contes de fées. Les contes de Perrault. On fait en Italie un conte assez plaisant, Régnier, Sat. ix. Boccace en fait certain conte pour rire, la pont. Mazel. Maudit censeur, te tairas-tu? Ne saurai-je achever mon conte? id. Fab. n, 4. Une morale nue apporte de l'ennui ; Le conte fait passer le précepte avec lui, id. ib. vi, 4. Le conte est du bon temps, non du temps où nous sommes, id. ib. x, (0. Jamais ce qu'on appelle un bon conte ne passe d'une main à l'autre sans recevoir quelque embellissement, id. Contes, Préf. du tome n. Les aises delà vie, l'abondance , le calme d'une grande pro- «périté font que les princes ont de la joie de reste pour rire d'un nain, d'un singe, d'un imbécile et d'un mauvais conte, la bruy. rx. Oui croirait que le ménestrel Rutebeuf, Hébert et d'autres auteurs
aussi inconnus et en apparence aussi méprisables, fussent les originaux des meilleurs contes de Bocace? fonten. llist. du th. fr. (jEurres, t. v, p. 4 1 , dans pougens. C'est à qui trouvera les meilleures chansons, à qui fera les meilleurs contes, J. J. rouss. Ilél. v,7. || Contes bleus, contes de 1res et autres récits de ce genre, ainsi dits parce qu'ils étaient d'ordinaire couverts d'un papier bleu "M par extension, récits imaginaires, raisons sans fondement, billevesées. Les pères, les maris me prendront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus! la font. Oies. Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire, mol. Tart. i, 4. Nargue des vertus! On n'en sait que faire; Aux sots revêtus Le tout est de plaire; De ses contes bleus L'honneur nous assomme, bêrang. Scand. || Récit où une aventure plus ou moins libre est racontée. J'avais résolu de ne consentir à l'impression de ces contes qu'après que j'y pourrais joindre ceux de Boccace qui sontle plus à mon goût, la font. Contes , préface du tome i. On m'en peut faire deux principales [ objections! : l'une que ce livre est licencieux, l'autre qu'il n'épargne pas assez le beau sexe ; quant à la première, je dis hardiment que la nature du conte le voulait ainsi, étant une loi indispensable selon Horace et selon la raison et le sens commun de se conformer aux choses dont on écrit, id. ib. Ce principe une fois posé, ce n'est pas une faute de jugement que d' entretenir les gens d'aujourd'hui de contes un peu libres, id. ib. Je ne pèche pas non plus en cela contre la morale; s'il y a quelque chose dans nos écrits qui puisse faire impression sur les âmes, ce n'est nullement la gaieté de ces contes; je craindrais plutôt une douce mélancolie où les romans les plus chastes et les plus modestes sont très-capables de nous plonger, id. »'o. || Conte gras, conte graveleux. || 3° Par extension, discours ou récit mensonger, peu vraisemblable et auquel on ne croit pas. Jugez parla combien ce conte est ridicule, corn. Héracl.i, 4. Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse, id. Pomp. i, 3. Je le sers aussitôt d'un conte imaginaire Qui l'étonne lui-même et le force à se taire, corn, le Ment. i, 6. C'est un conte à n'y rien connaître, Un conte extravagant, ridicule, importun ; Cela choque le sens commun ; Mais cela ne laisse pas d'être, mol. Ampli.
n, 4 Je vois que d'un conte odieux Vous avez,
comme moi, sali votre mémoire, boil. Sat. x. Ils nous donnent encore, avec leurs lois sévères, De cent sots contes parle nez, mol. Amph. n, 3. || Faire des contes, dire des choses qui sont sans fondement. Ce sont apparemment mes ennemis , madame , qui vous ont fait ces contes ; ils vont criant que je suis mal en cour, volt, le Taureau blanc. || On dit en ce sens : conte de bonne femme, conte borgne, conte à dormir debout, conte de vieille, conte d'enfant, conte de ma mère l'oie, conte de ou à la cigogne, conte de peau d'àne. Dans ces diverses cosmogonies, on est placé entre des contes d'enfants et des abstractions de philosophes, chateadb. Génie, i, ni, 4,||Conteen l'air, mensonge, duperie. Ce ne sont pas là des contes en l'air comme les vôtres, pasc. Prov. 46. Mais il prend mes avis pour des contes en l'air, mol. lie. des mar. n, (4. || Voilà un beau conte, de beaux contes I se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi aux récits, aux paroles de quelqu'un. || Conte fait à plaisir, récit inventé de toute pièce. Ce privilège [de changer le récit] cessera-t-iî à l'égard des contes faits à plaisir, et faudra-t-il dorénavant avoir plus de respect pour le mensonge que les anciens n'en ont eu pour la vérité? la font. Contes, préface du tome u.
— SYN. CONTE, FABLE, NOUVELLE, ROMAN. 11 n'y
a pas de différence fondamentale entre le conte et le roman ; l'un et l'autre sont des narrations mensongères ou regardées comme telles. Tout ce qu'on peut dire, c'est que conte est le terme générique puisqu'il s'applique à toutes les narrations fictives, depuis les plus courtes jusqu'aux plus longues. Le ruman ne se dit que de celles-ci. Un conte de trois pages ne s'appellera jamais un roman, tandis qu'un roman est, dans toute la rigueur du terme, un conte suffisamment long. La nouvelle ne se distingue pas non plus au fond du conte ou du roman. Dans l'usage ordinaire, c'est un roman de petite dimension dent le sujet est présenté comme nouveau ou peu ancien, ou avec des détails inconnus jusqu'ici. La fable, dans le sens d'apologue, est le récit d'une petite scène entre des animaux ou des végétaux auxquels on prête les sentiments et le langage humains. Dans la conversation, quand après un récit entendu on dit : c'est un conte, ou c'est une fable, on entend que le récit n'est pas vrai. Quand on dit :
c'est un roman, on veut dire que les aventures racontées sont extraordinaire! ; elles peuvent néanmoins être vraies.
— HIST. xii* s. Ne sont que trois matières [de poème] à nul home entendant, De France, de l'.ntaigne et de Rome la grant; Li conte de Bretaigne sont si voir et plaisant, Sax. i. ||xin* s. Encor est-il f Artus] de tel renom, Quo l'en conte do li les conte» Et devant rois et devant contes, la Itose , 4 4 87. || XV s. Pourquoi vous feroie-je long conte? proiss. i,i, 452. || xvi' s. Le conte dict que Psarnmenitus.... mont, i, 6. Les enfants sçavent le conte du roy Crœsus à ce propos, id. i, 65. Tu te fondes sur les contes des médecins, id. i, 73. U y en a qui estiment que ce sont toutes fables, et comptes faicts à plaisir, amïot, llom. 4 2. Un conte attire l'autre,
COTGRAVE
— ÉTYM. Provenç. conte, comte; espagn. cuento; ital. conto (voy. conter).
CONTÉ, ÉE (kon-té, tée), part, passé. Dont on a fait récit. Une historiette contée avec esprit.
t CONTEMPÉHATION (kon-tan-pé-ra-sion) , t. f. Terme de théologie. Exact tempérament de la grâce. Dieu fait, disent-ils, que nous choisissons par les préparations et par les attraits qui nous mettent en de certaines dispositions et nous inclinent aussi doucement qu'efficacement à une chose plutôt qu'à une autre ; voilà ce qu'on appelle l'opinion de la contempération, boss. Lib. arb. 7.
— HIST. xv s. Les vins que les chrestiens avoient et qui de Pouille et de Calibre leur venoient estoient secs et chauds, et hors de la contemperation françoise; dont plusieurs les comparèrent [le payèrent] ; car en fièvre et en chaleur en cheurent, froiss. liv. iv, p. 84, dans lacurne.
— ÊTYM. Voy. contempêre.
t CONTEMPÉRÊ, ÉE (kon-tan-pé-ré , rée) , adj. Qui a de la modéra tion. Elle est douce, accommodante et con tempérée, boss. Excuses, 4.
— HIST. xvi' s. Par medicamens qui évacuent, cuisent, contemperent, atténuent, incisent et ouvrent, paré, xx, 4.
— étym. Lat. contemperare , de cum, et temperare (voy. tempérer).
CONTEMPLATEUR, TRICE (kon-tan-pla-teur, tri-s') , s. m. et f. \\ 1° Celui , celle qui contemple. Contemplateur des merveilles de la nature. Retranchons l'homme de dessus la terre; il n'y a plus de contemplateur des œuvres du Tout-puissant, bonnet, Pa~ lingén. 4 2' part. ch. 8. || 2" L'homme contemplatif. Le contemplateur, mollement couché dans une chambre tapissée, invective contre le soldat, vauven. Max. ccxxiii.
— hist. xv s. Homme n'est pas facteur des créatures de Dieu, mais contemplateur de ses œuvres, a. chartier, dans le Dict. de docbez.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. contemplador; ital. contemplatore ; du latin conlemplatorem (voy. contempler;.
CONTEMPLATIF, IVE (kon-tan-pla-tif , ti-v'), adj. || 1° Qui se plaît dans la contemplation. Esprit contemplatif. Sous ce jour sans rayon [une nuit étoilée], plus serein qu'une aurore, X l'œil contemplajif la terre semble éclore, lamart. Uarm. n, 4. Il Livré à la contemplation. Marthe n'était-elle pas une sainte, quoiqu'on ne dise pas qu'elle fût contemplative ? boss. Or. 9. || Dans le sens d'intellectuel. Facultés contemplatives, par opposition à facultés affectives ou actives. |[ Vie contemplative, inactivité du corps et de l'esprit, si ce n'est pour la méditation ou la prière. On dit en ce sens d'un ordre religieux qu'il est voué à la vie contemplative. || 2° Substantivement. Celui qui est livré à la contemplation. Vous rirez de me voirfaire un cont mplatif, un philosophe, j.j. rouss. Ém. îv. Le pays est intéressant pour des contemplatifs solitaires, id. Prom. 5. || Terme de théologie. Les extases de» contemplatifs. Ceux qui sont appelés à l'action et au service du prochain, veulent à contre-temps faire les contemplatifs, fléch. Serm. u, 460. C'est un raffinement de piété qu'on n'entend point; c'est un langage presque de contemplatif, mass. Avent, Dispos, d la comm. || Nouveaux contemplatifs, nom donné aux qu.élistes.
— msr. xn' s. Icist [ces clercs], dementres qu'il sunt vif, Sunt apelé contemplatif; E ceste vie contemplative, Qui contre tuz deliz [plaisirs] estrire [combat].... benoît, u, 44242. || xiv s. La tierce est vie contemplative, oresme, Eth. v, ». || xvi' s. La vie d'un philosophe contemplatif, amïot, Perte. 36. La vie contemplative ne doit point estre disjointe, ni pour tousjours ni pour longtemps, de l'active, lanoue, 633. Les platoniques ont beaucoup
magnifié ceste faculté contemplative de l'ame, n>.
— ÊTYM. Provenç. contemplaliu ; espagn. et ital. contcmplativo ; du lutin conlemplativus (voy. con-
TKMI'I.KIl).
CONTEMPLATION (kon-tan-pla-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action de contempler. La contemplation des astres. Belle contemplation vraiment! bern. de s.-p. Mort de Socrate. 11 le revoit [l'incendie de Moscou] dans toute sa violence; toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu.... absorbé par cette funeste contemplation, il ne sortit d'un morne et long silence que pour s'écrier : ceci nous présage de grands malheurs, ségur,// ist. de Nap. vin, 7. || En contemplation de, en vue de; tournure qui a vieilli. Le père en contemplation de cette alliance, a donné.... On lui a donné ce bénéfice en contemplation de son savoir. || 2° Profonde application de l'esprit à quelque objet, surtout aux objets purement intellectuels. Il naît encore une opération de la liaison que l'attention met entre nos idées, c'est la contemplation : elle consiste à conserver, sans interruption, la perception, le nom ou les circonstances d'un objet qui vient de disparaître, condillac, Conn. hum. sect. n, ch. 2. ||Habituded'espritquifait rêver et méditer. Le goût de la solitude et de la contemplation naquit dans mon coeur avec les sentiments expansifs et tendres, faits pour être son aliment, J. i. nouss. Rêver, d'un prom. sol. Prom. 9. || Dans la vie spirituelle, méditations relevées, qui vont jusqu'à rompre toute communication de l'esprit et du corps avec les choses sensibles. S'élever par ses maux à la plus haute contemplation, boss. But. n, 3. Elle était sans y avoir songé de la plus sublime contemplation, n>. Oraison. La prière, la contemplation, le travail de leur petit ménage, et faire des paniers, partagent leur temps [des solitaires de Mortaigne],ST-siM. I, 32.
— HiST. xir s. Ne sout [sut] nul la manière de sun mal, se Deu nun , Que il faiseit al cors, ne de la passiun; Del tut esteit li bers encontemplatiun, Th. lemart. <oi.||xni's. Cil qui par grantdevocion, En trop grant contemplacion, Font aparoir en lor pensées Les choses qu'il ont porpensées, la llose, f8568. || xiv* s. De toutes les operacions qui sont selon vertu, la très plus delettable est spéculation ou contemplacion selon la vertu de sapience, oresme, Eth. 314. || xv s. De notre grâce, pour amour et contemplation de nos bons sujets, avons ordonné.... froiss. H, il, 241. Et [le roi] fut grandement à la contemplation et plaisance du peuple, tu. u , n, 74. || xvi' s. Passer son temps doulcement en repos et tranquillité à l'estude des lettres, où il y a délectation conjointe avec honneste contemplation, amyot, Cimon et Lucull.'i. L'estude et la contemplation retirent aulcunement nostre ame hors de nous, mont. I, 68. Ils ont grandement honoré la contemplation, qu'ils ont affermé estre la mère de sagesse, lanoue, 538. L'un pousse lésâmes guidées Aux belles contemplations, A l'intellect et aux idées, Purgeant l'esprit de passions, rons. Odes, v, 7. Esveiller et purifier le sens, pour nous rendre plus propres à la contemplation, mont, i, 303.
— ÊTYM. Provenç. contemplatio ; espagn. contemplacion; ital. contemplaiione ; du latin contemplationem, de conlemplari, contempler.
f CONTEMPLATIVEMENT (kon-tan-pla-ti-veman), adv. D'une manière contemplative.
— ÉTYM. Contemplative, et le suflixe ment. CONTEMPLÉ, ÉE (kon-tan-plé, plée),parf. passé.
Les astres contemplés assidûment par les prêtres chaldéens.
CONTEMPLER (kon-tan-plé) , v. a. || 1" Considérer attentivement, avec amour ou admiration. Le peuple qui vous voit, la cour qui vous contemple, Vous désobéiraient sur votre propre exemple, corn. h'icom. il, 2. Il tremblera dans la vue de ces merveilles, et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration , il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption, pasc. Pensées, part. I, art. 4. [Moi] Qui, des faibles mortels déplorant les naufrages, Pensais toujours du bord contempler les orages, rac. Phèd.u, 2. Quel plaisir de vous voir et de vous contempler Dans ce nouvel éclat dont je vous vois briller 1 id. lphig. u, 2. Seigneur, je n'ai jamais contemplé qu'avec crainte L'auguste majesté sur votre front empreinte, id. Esth. n, 7. Chacun veut contempler son auguste visage, volt. Mérope, v, 8. Plus philosophe que Démocrite, il se contentait de voir le ridicule de s -s contemporains, et ne daignait pas en rire: on eût dit qu'il contemplait de la planète de Saturne cette terre que nous habitons, d'alemb. Éloges,
cors
Terrasson. Et que ses yeux mourants contemplaient son vainqueur, delille, Enéide, x. || 2° Examiner par la pensée. Contempler les choses divines. Plus je vois mes défauts et plus je vous contemple, Plus j'admire.... corn. Poly. n, 4. J'ai peine à contempler son grand cœur dans ces dernières épreuves, boss. Heine d'Anglet. Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple? rac. Athal. n, 7. D'un œil plus recueilli contemplant ma fortune , volt. Zaïre, iv, 2. || Absolument. Passer sa vie à contempler, à méditer. Souvent vous raisonnez, lorsque nous contemplons , delille , Parad. perdu , v. || 3" Se contempler, v. réfl. Tourner la contemplation sur soi-même. Pour vous mieux contempler, demeurez au désert; Ainsi parla le solitaire; 11 fut cru, l'on iuivit ce conseil salutaire, la font. Fabl. xn, 27. || Se contempler l'un l'autre. Ils se contemplaient en silence.
— HIST. xvi* s. Après qu'il eut le tout bien contemplé, il ne se laissa eschapper de la bouche pas une parole insolente, amyot, Marcel. 50. Ce qu'il faisoit aux champs n'estoit plus que pour plaisir, et pour contempler et apprendre tousjours quelque chose de la nature, id. Calon, 62. plusieurs ont eu ceste opinion, que le contempler estoit seulement propre aux philosophes , lanoue , 527. Et entre ceux-ci s'en trouve aucuns, qui ordinairement ne contemplent que dans leurs coffres, id. 632. Après que les deux troupes se furent contemplées demi heure, chacun désireux de voir l'un son frère....
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contemplar; ital. conlemplare; du latin conlemplari , contempler.
CONTEMPORAIN, AINE (kon-tan-po-rin, rè-n'), adj. || 1° Qui est du même temps. Hésiode a-t-il été contemporain d'Homère? || Historien contemporain, historien qui écrit les événements de son temps. || L'histoire contemporaine, l'histoire qui s'écrit au temps même des hommes et des choses. Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte, pasc. Juifs, i. || Par extension. D'une estime contemporaine Mon cœur eût été plus jaloux, lamotte, Ode sur la réputation. Comme les vieux rochers contemporainsdumonde, delille, Imagin. vm. Plusieurs sciences ont été, pour ainsi dire, contemporaines; mais, dans l'ordre historique des progrès del'esprit, on ne peut les embrasser que successivement, d'alemb. Encycl. Disc, prélim. Ainsi d'un peuple entier je feuilletais l'histoire.... Et je sentais frémir mon luth contemporain Chaque fois que passait un grand nom.... v. hugo, Odes, m, 8. |{ La raison contemporaine, l'ensemble des choses qu'une société admet comme vraies à une époque donnée. || 2" Substantivement. Les contemporains. Un contemporain. Elle fut la contemporaine de ces grands hommes. Cliênes antiques! mes contemporains de solitude! chateaub. ft'atch. vin, 361. On met les anciens bien haut pour abaisser ses contemporains, ponten. Dial. m, Morts anciens.
— HIST. xvi* s. Les François mes contemporains sçavent bien qu'en dire, mont, lv, 83.
— étym. Lat. conlemporaneus, de cum, avec, et tempus (voy. temps).
CONTEMPORANÉ1TÉ ( kon-tan-po-ra-né-i-té ) , s. f. Existence simultanée, à une certaine époque. La contemporanéité de l'homme avec les grands pachydermes fossiles est une question qui se débat aujourd'hui entre les géologues.
— ÉTYM. Contemporain.
CONTEMPTEUR, TRICE (kon-tan-pteur , tri-s'), s.
m. et f. || 1° Celui, celle qui méprise, qui a l'esprit méprisant. C'est un jeune lion qui aura bientôt de la force aux ongles, et alors malheur aux .oppresseurs du peuple et aux contempteurs de son autorité, malii. Lettre, dans richelet. Uni degoùtet d'intérêt avec tous les contempteurs d'Homère , il attend paisiblement que les hommes détrompés lui préfèrent les poètes modernes, la bruy. v. Vous voyez avec douleur les premières places occupées souvent par les protecteurs du vice et les contempteurs de la vertu, mass. Carême, Mélange des bons, etc. Vous êtes des contempteurs de Jésus-Christ , m. Carême, Rechute. Et rend votre transgression aussi criminelle que celle des contempteurs de la loi même, id. Carême, Jeune. Les contempteurs de la gloire se piquent de bien danser, vauven. Espr. hum. 27. Contempteurs de la foudre, ils craignent le mépris, bernis, Religion vengée, v. Le contempteur des dieux, l'exemple des tyrans, Mézence le premier conduit ses fiers Toscans, delille, Enéide, vu. || 2° Adjectivement. L'attention delapiemière Église à dérober aux yeux contempteurs le secret des mystères, desfontaines.
CON
— REM. L'ancienne Académie, dans ses Remarques sur Vaugelas, avait dit que contempteur n'était pas de la langue; ce mot, malgré cet arrêt, y a persisté ; il est du style relevé.
— HIST. xiv* s. Il monstre et manifeste libéralement tout ce que il veult, pour ce que il est contemptif et desprisant, oresme, Eth. <24. || xvi* s. Je laisse ceux-là qui se monstrent pleinement contempteurs de Dieu, calv. 26 1, etc. Ils nous poursuivent par grande clameur comme contempteurs et ennemis des Pères, id. Instit. Dédicace.
— ÉTYM. Lat. conternptor, du supin conlemptum, de contemnere , mépriser, de cum , et temnere, le même que Tiu.veiv, couper, dans le sens de retrancher, dédaigner. On trouve aussi dans le ivi" siècle conlemneur.
CONTEMPTIBLE (kon-tan-pti-bl'), adj. Qui mérite le mépris. Ma peur est que.... Ma foi, qu'en me voyant elle avait agréable, Ne lui soit contemptibla en ne me voyant pas, malh. v, 23. Si dans les moindres dons tu passes À considérer leur auteur, Verras-tu rien de vil, rien de faible en ses grâces, Rien de contemptible à ton cœur? corn. Imit. n, lu.
— REM. Vaugelas trouve ce mot dur, et Th. Corneille dit qu'il serait absolument insupportable. Malgré cet arrêt, contemptible n'est point banni de la langue.
— HiST. xvi* s. Je n'allègue point cet exemple, pour rendre l'or contemptible, lanoue, 464. Ses anciens serviteurs refformez, contemptibles par la pauvreté, d'aub. Ilist. m, 291. Pour nous rendre encore plus odieux et contemptibles, dubellay, i, 6, recto. [L'amour] Chose si esmeue et violente, qui nous esclave à aulruy et nous rend contemptibles à nous, mont, m, 37».
— ÉTYM. Lat. conlemptibilis (voy. contempteur). CONTENANCE (kon-te-nan-s'), i. f. || 1° Quantité
de ce qui est contenu ; capacité. Un vase de la contenance de deux litres. Ce navire est de la contenance de tant de tonneaux. || 2° Étendue, superficie. Ce parc est de la con tenance de sept hectares. 1 1 3° Maintien, manière de se tenir, de se montrer. Sans art elle s'habille, et, simple en contenance.... réonier, Sat. xm. Je vous voyais marcher sur les précipices avec une contenance gaie, voit. Letl. 34. 11 [le cnatj est velouté comme nous [ratsj , Marqueté, longue queue, une humble contenance, la font. Fab. vi,5. Pourvu qu'on demeure dans une contenance respectueuse, pasc. Pr<iv. 9. Il n'a pas encore pris la contenance d'un homme consolé, sév. 417. De quels yeux regardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance, à qui la clémence ajoutait de nouvelles grâces? boss. Louis de Rourbon. Il remarqua ma contenance basse, éperdue, humiliée, indice de mes remords, J. J. rouss. Hél. I, 63. || Se faire une contenance, se remettre d'un embarras. Elle fut longtemps à se faire une contenance, sév. 412. || N'avoir point de contenance, se tenir fort mal, être embarrassé de sa personne. Mais le voici venir triste et sans contenance, maik. Soplion. iv, 4. || Par extension. Rien ne m'attire à Paris, je n'y ai point de contenance, sév. 383. Tenir une misérable et chétive contenance, hamilt. Bélier, 443. || Se donner, prendre une contenance, se donner un maintien. Patcontenance , pour se donner un maintien. Vous êtefi étonnée que j'aie un petit chien; voici l'aventure : j'appelais par contenance une chienne d'une madame qui demeure au bout de ce parc, sév. 232. Je me vais purger pour prendre cette petite eau par contenance, id. 388. Ce lui [à une veuve] sera une contenance que d'avoir à élever ce petit garçon, id. 30). Vous savez tous nos succès de Brest et que nous n'avons plus que trois régiments de Bretons pour servir de contenance au maréchal d'iistrées à Brest, quand notre flotte sera partie, id. 572. M. de Lavardin fait ici l'amoureux d'une petite madame, j'ai trouvé que c'est une contenance dont il a besoin comme d'un éventail, id. 76. On dit, sans savoir pourquoi , qu'il est honnête àunefemmede travai lier ; mais souvent ce ne sera qu'une contenance, et elle ne s'accoutumera pas à un travail suivi, Fén. xvn, 7. || Faire bonne contenance, témoignerde la fermeté et de la résolution. Socrate montra si bonne contenance, que ceux qui poursuivaient lesfuyards n'eurent jamais l'audace de l'attaquer, fén. Socrate. On ne pouvait faire meilleure contenance, boss. Var. préf. Sa fille tient une contenance admirable danscette occasion, sév. 680. || Perdre contenance, être subitement déconcerté et confus. U lui arrive souvent de perdre contenance, la bruy. xm. A qui une carte fait perdre la contenance, id. xii. Hamilton ne savait quelle contenance tenir, hamilt. Cramm.S.
— HIST. xi' s. Cent a le :ors et contenance fiere,
CON
Ch. de Roi. vm. Quand Charles veit si bêles cuntenances [de ses guerriers], t'6. ccxiv. Souz son mantei [il] en fait la cuntenance [d'homme affligé], t'6. lxv. || xn* s. Mais pour belle Aude [il] fit gente contenance, Ronc. p. («5. || xni' s. Or vos dirai de l'autre part La contenance de Renart, Qui Ysengrin enpin^nié a Par son englois que il parla, Ren. 12510. Loés toutes ses contenances [de votre dame], Et ses ators et ses semblances, Et serves de vostre pooir, la Rose, 7815. Et parlerés andui [tous deux] ensemble De la bêle qui ton cuerembîe.De sa biauté, de sa semblance, Et de sa simple contenance, ib.
2708 Bel-Acueil, qui tout fremist, Et tremble,
et tressaut et gemist, Rougist, palist, pert contenance, t'6. 12885. Des nobles gens de lacarole [danse] M'estuet dire les contenances, Et les façons, et les semblances, t'b. 99t. A tant li conte assis se sont Par contenance, sans mengier; Leans n'eut la nuit chevalier, Serjant, dame ne damoisele, Qui peûst vuidier escuele, Bl. et Jehan, 337t. Et commanda l'en que en y receust celles qui vourroient faire contenance à vivre chastement, lomv. 298. Se tu velstrover le [la] contenance d'une plaine de 200 pies de Ionc et de 200 pies de leece [largeur], Comput, f> t9. || xv* s. L'endemain les seigneurs eurent conseil qu'ils feraient assaillir les barrières fortement, pour voir la contenance de ceux de dedans, froiss. i, i, 173. Le petit Saintré, qui encore n'avoit senty ne gousté des amoureux désirs nullement, avoit perdue toute contenance, Jeh. de Saintré, ch. 3. Je ne prise point tels baisiers Qui sont donnez par contenance Ou par manière d'accoinlance, ch. d'ohl. Cnans. 49. Car jeunes gens perdent tost contenance, id. ib. t. Sans vin je perds contenance; C'est ce qui mieux me convient, basselin, lvi. Quant la déesse me eut dit ces raisons, j'en fus tant joieuse que à peu sçavoye ma contenance, Perce forest, t. vi, f° 23. Touteîîois ledit conte tint la meilleure contenance qu'il peut, comm. i, 13. X peu que son loyal coeur ne faillist, et ne savoit sa contenance tenir, louis xi, Nouv. l. Madame n'en sait sa contenance que de jeter larmes à grand abondance, id. t'6. m. || xvi* s. Le bon Pantagruel tout voyoyt et escoutoyt : mais à ces propous, il cuyda perdre contenance, rab. Pant. îv, 9. J'appelle mines, toutes les folles contenances dont ils usent, calv. Inslit. 872. Il n'estoit pas loisible de s'en venir par contenance tout saoul au lieu du convive [repas], amyot, Lyc. 16. Il se mainteint en celte mesme contenance, mont, i, 6. [Les femmes], par ces contenances mineuses, querelleuses et fuyardes qui nous esteignent en nous allumant, id. i, 96. Aulcuns feirent contenance de changer de religion, id. i, 298. Ils entreprirent avec le conseil de la dame de Retz de percer un cabinet, et de faire couler par la ruelle du lit, entre les contenances [manchons] et le rideau, une sarbatane d'œrin, par le moien de laquelle ils vouloieut contrefaire un ange, d'aub. llist. n, 376.
— ÉTYM. Contenir; provenç. contenensa; catal. contenenza; ital.contiHfnxa. L'ancien fiançais a dit, pour contenance au sens de maintien, contant et conlenement.
CONTENANT, ANTE (kon-te-nan, nan-f), ad}. Qui contient. La chose contenante et la chose contenue. || Substantivement. Le contenant est toujours plus grand que le contenu.
— HlST. xv!' s. Un cylindre contenant une sphère massifve, avec une inscription de la proportion dont le contenant excède le contenu, amyot, Marcel. 27.
CONTENDANT, ANTE (kon-tan-dan, dan-t'), adj. Qui débat, dispute avec un autre. Puissances, parties contendanles. || Substantivement. On ne s'entend jamais en disputant de vive voix; un des contendants s'explique mal, l'autre répond plus mal encore, volt. Dial. xxix, 12. Encore cette paix ne dura-t-elle que peu, parc» que de part et d'autre les contendants voulaient la guerre, dont ils avaient besoin pour faire parler d'eux, d'alemb. Éloges, cardinal d'Eslrées.
— HIST. xn* s. Car je ne sui si forz ne si hardiz Qu'envers Amor [je] me peûsse conte ndre, Couci, v. Ton*, a croisiés amoureux à confondre D'aler à Dieu ou de remanoir ci , ib. xxiv. || xm* s. Qui contre ces trois veult contendre, 11 lui convient, pour soi deffendre, Avoir foi et ferme espérance Et charité, j. de meung, Tr. 36. || xv' s. Il [le sire de la Breth] contendoit que après son décès il le voulsist mettre en possession et saisine des ebasteaux.... froiss. ii, h, 167. Ainsi avoit en France deux rois, et tous deux contendoient d'avoir le royaume, p. de fenin, 1422. || xvi« s. Que si je vouloye contendre par subtilité, j'auroye bien de quoy rabbattre ceste sophisterie de Thomas, calv. Inttit. 753. Et contendoient ces soi -
CON
gneurs d'une merveilleuse affection à qui ferait le mieux, amyot, Alex. 64.
— ÊTYM. Provenç. contendre; espagn. contender; ital. contendere; du latin contendere, s'efforcer, de cum, et tendere, tendre vers (voy. le verbe tendre).
CONTENIR (kon-te-nir), je contiens, tu contiens, il contient, nous contenons, vous contenez, ils contiennent; je contenais; je contins; je contiendrai; contiens, qu'il contienne, contenons; que je contienne, que nous contenions; que je continsse; je contiendrais; contenant; contenu, v. a. || 1° Avoir une certaine contenance, une certaine étendue. Ce vase contient tant de litres. Ce terrain contient tant d'hectares. || 2° Renfermer. Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre? corn. Pomp. v, 1. Les anciennes prisons ne pouvaient contenir les prisonniers, mauchoix, Schisme, liv. m, dans richelet. Avant que de passer outre, je dois donner ici quelque idée de la situation et de la grandeur de Cartilage, qui contenait, au commencement de la guerre contre les Romains, sept cent mille habitants, rollin, llist. anc. Œuvres, t. i, p. 644, dans polgkns. || 3° Avoir, être composé de. Ce volume contient quatre cents pages. Cette loi contient douze articles. || Par extension. Ce livre contient toute la doctrine de Platon. Cette maxime contient toutes les autres. Cette lettre sincère D'un malheureux amour contient tout le mystère, rac. Baj. v, 4. Ces détails doivent trouver grâce aux yeux des lecteurs philosophes, par la quantité de traits intéressants et curieux que les mémoires contiennent, d'alemb. Éloges, Trublet. Un savant de ce siècle-ci contient dix fois un savant du siècle d'Auguste ; mais il a eu dix fois plus de commodités pour devenir savant, fonten. Digr. anc. mod. Œuvres, t. iv, p. 195, dans pougens. Il 4° Retenir. Les gardes avaient peine à contenir la foule. Eussé-je espéré.... De contenir un fleuve inondant une terre? rotrou, St-Gen. m, 6. |[ Fig. Maintenir dans le calme, la modération, le devoir. Ici mon seul respect contient votre caprice, rotrou, Vencesl. i, 1. Elle a peine à contenir sa joie, sév. 286. Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi? ra :. Phèd. m, 1. Le peuple à contenir, ces vainqueurs à conduire, volt. Orphel. v, 7. Elle a établi que chaque corps serait composé de moitié Chinois et moitié Tartares, afin que la jalousie les contienne dans le devoir, montesq. Esp. x, 16. La présence de maîtres si respectés contient tout le monde, et n'empêche pas qu'on ne soit à son aise et gai, J. J. rouss. llél. v, 7. || Absolument. Il est plus aisé d'opprimer que de contenir. || 5° Se contenir, v. réfl. Se retenir, se maîtriser. Contenez-vous, madame, il sort de son palais, corn. Vidée, n, i. ô mon cœur, contiens-toi, briffaut, Ninus 11, il, 9. || Se modérer sur les choses qui peuvent être préjudiciables à la santé. Il est plus aisé de s'abstenir que de se contenir. Le café lui est nuisible, mais il a bien de la peine à se contenir et à n'en pas prendre. || Être un obstacle, un frein l'un à l'autre. Les deux nations se contiennent l'une l'autre, montesq. Esp. x, 15.
— HEM. Contenir n'est jamais verbe neutre; et il faut dire : cela ne tiendra pas dans cette corbeille; et non : cela ne contiendra pas.
— HIST. xi" s. Pour Pinabel [ils] se cuntienent plus quei [cois], Ch. deRul. cclxxvii. ||xn* s. Si te cuntiene cum bon vassal, e cumbatuns pur nostre pople e pur la cited nostre seignur, Rois, 153. Cousins, dist-il, bien puissiés vous venir; Que fait b rois, comment se contient-il? Raoul, de C. 266. || xm" s. Lors parlèrent cil de l'ost ensemble, et pristrent conseil comment il se conteudroient, villeh. ci. Por que sagement [il] se contengne, la Rose, 7696. Ou tierz degré sont contenues trente deus personnes par degrez, qui sont entendues par quatre manières, Liv. de jusl. 226. Si doit il estre contenu es Chartres des francises qu'il lor done, beaum. l, 2. Largement et liberalment se contenoit le roy aus parlemens et aus assemblées des barons et des chevaliers , joinv. 298. || xiv* s. Et par vertu nous nous contenons si comme nous devons en toutes delettacions et tristesces, oresme, Eth. 38. Et tel homme portera très noblement et très bien toutes les fortunes, et eu tout et pour tout se contendra et fera sagement, id. t'6. 24. Mais saiz-tu, quant la paix vient, Comment tel peuple se contient? Liv. du bon Jehan, 39. Selonc la fourme des dites letres et dou mandement contenu en ycelles, Bibl. des Chartes, 4* série, t. M, p. 272. |] xvi* s. Celui qui ne se peut contenir se doit marier, calvin, Instit. 304. Que jamais vous ne m'esloigniez de votre bonne grâce, que vous me conteniez [conserviez] au degré où je suis, vous fiant en moi plus qu'en nul autre, marg. Août), x. Tantost les rivières s'espandent d'un
CON
costé, tantost d'un aultre, tantost elles se contiennent, mont, i, 232. Toute leur science éthique ne contient que ces deux articles, id. i, 2:i8. Contenir sa langue sous les lois de sa secte, id. ii, Ml, Que les Huguenots ne ie contiendroyent [ne pourraient être contenus] tant qu'ils auraient de? retraites, lanoue, 691. Ils esptroient que sa personne refrénerait et contiendrait ui petit peuple, qu'il ne fust si insolent envers eulx, amyot, Lyc. vu. L'empire de tous costez est enviro.iné de nations barbares, lesquelles il faut contenr et arrester par armes, id. A'uma, 32. Les nobles ne se pouv.ins plus contenir, ains estans par cholere transportez hors d'eulx mesmes, id. Cor. 27. Ces cartilages sont contenus [continus] avec les deux os externes du ne/., pare, iv, 7. On approche et contient les lèvres des playes par suture ou ligature, lu. vu, 6.
— ÊTYM. Provenç. contener, contenir; espagn. contener; ital. contenere; du latin conlt'nere, de cum, avec, et tenere, tenir (voy. TENU).
CONTENT, ENTE (kon-tan, tan-t'), adj. || 1° Qui se contente de, qui s'accommode de, se borne à. Content de peu. Le sage y vit en paix [sous l'humble toit] et méprise le reste; Content de ses douceurs, errant parmi les bois, Il regarde & ses pieds les favoris des rais, la pont. PMI. et Bauc. .... Père, sceptre, alliés, Content de votre coeur, ii met tout à vos pieds, rac Andr. iv, 1. || Absolument. Vivre content. || Non content de, qui ne se borne pas à. Non content de le trahir, il le calomnie. Et, non content encor du tort que l'on me fait, Il court parmi le monde un livre abominable.... mol. ilis. v, 1. 1| 2° Satisfait. Sur toutes [ces inventions] quelque jour je vous rendrai contente, corn. Je Ment. in, 6. Votre père est content, il connaît votre zèle, rac Uithr m, 1. Non, madame, elle vit et les dieux sont contents, id. Iphig. v, 6. Quand il eut lu le second volume, il ne fut plus si content, et il conclut qu'il est plus aisé de détruire que de bâtir, volt. Ingénu, 10. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit, l'est de vous parfaitement, la bruy. v. || 3" Qui éprouve un sentiment de plaisir intérieur. Allons lui rendre hommage, et d'un esprit content Montrer Héraclius au peuple qui l'attend, corn. Héracl. v, 8. Odieux! que ce discours reud mon âme contente! m. Jlor. i, 4. D'un esprit content Hâtez-vous d'embrasser ma sœur qui vous attend, rac Brit. v, 2. Je ne l'ai jamais vu ni gai, ni triste, mais toujours content, J. j. houss. llél. in, 20. || Par extension. J'immolerai ma haine à mes
désirs contents, corn. Scrtor. iv, i Tous vos
désirs seront bientôt contents, id. Cid, i, 2. Seigneur, assurez-vous; vos vœux seront contents, rac. Iphig. H, 6. || Avoir l'air, le visage content, avoir le contentement peint sur le visage. E le prit Paul et Virginie dans ses bras et leur dit d'un air content.... bern. de st. -p. P. et Virg. || Être content de soi, se plaire dans sa situation, n'avoirpasdereprocheàse faire. Qu'heureux est le mortel qui , du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré! boil. lipitrevi. || Être content de soi, être très-convaincu des avantages de corps ou d'esprit que l'on possède. La constante hauteur de sa présomption, Cette intrépidité de bonne opinion, Cet indolent état de confiance extrême Qui le rend en tout temps si content de lui-même, mol. F. sav. i, 3. Eh bien! marquis, tu vois, tout rit à ton mérite; Le rang, la cour, le bien, tout pour toi sollicite; Tu dois être content de toi par tout pays; On le serait à moins; allons, saute, marquis, regnard, Joueur, iv, 10. || Familièrement. Être content de sa personne, de sa petite personne, avoirunair avantageux. || Êtrecontentde quelqu'un, avoir lieu d'être satisfait de ses procédés, de sa conduite. || Être content de quelque chose, eu éprouver delà satisfaction. H est content de vous voir. Je suis fort content que vous ayez réussi. || 4° Être content de.... agréer, consentir. Ayez-le donc [le consentement], et lors, nous expliquant nos vœux, Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux. — Adieu, j'en suis content, mol. bép. am. il, 2. || 5° Substantivement et familièrement. Avoir son content de quelque chose, en avoir tout ce qu'on eu désire. Et, par ironie, avoir son content d'une chose trèsdésagréable, comme de coups, de disgrâces, de pertes. Il est condamné i six mois de prison, il en a son content. || Jeu du content, le jeu de trente et un. || Proverbe. IL est riche, qui est content.
— HIST. xv s. Vostre vouloir suy content d'accomplir, ch. d'orl. i. Nous avons pourtant Tout nostre content De mets pour nostre repas, basselin, xxxix. Autres innombrables maux pourrois-je descouvrir procedans de la crainte, desquels je suis contente me taire quant à présent pour retourner t
CON
mes vrays amans, l'Amant ressuscité, p. 157, dans lacurne. X ce propoz je suis icy contente de vous faire un petit conte, ib. p. 124. || xvi* s. 6 mon Dieu qu'elle était contente De sa personne ce jour-là! marot, i, SOI. Mal content de l'estroitte espargne de son père, amyot, l'éricl. es. 11 remontra, d'un visage hardi et mal content.... mont, h, 35. Cœur content et manteau sur l'espaule, cotgrave.
— ÊTYM. Provenç. content; espagn. et ital. contenta; du latin con'tentus, participe passé de contmrre (voy. contenir), retenu, qui se borne à, qui a sa suffisance de, et, de la, satisfait.
CONTENTÉ, ÉE (kon-tan-té, tée), part, passé. Rendu content. Un père contenté par son fils. Ses créanciers ayant été contentés. Des passions contentées.
CONTENTEMENT (kon-tan-te- man ), s. m.
\\ 1° Action de contenter; résultat de cette action. Non, non, qu'elle s'en aille à son contentement, malh. v, 6. Pourvu que je la serve à son contentement, in. v, 23. || Ce n'est pas contentement, on ne saurait en être satisfait. Klle dit que ce n'est pas contentement pour elle que cinquante-six ans, et surtout elle est pour les nez qui portent des lunettes, mol. l'Av. il, 6. Mais vivre sans procès est-ce contentement? rac. Plaid.l, G. || Éclaircissement, réussite. Il aurait contentement à la première occasion, hamilt. Gramm. 4. Vous avez contentement sur le salut de la Brinvilliers, sêv. 300. Je crois qu'il aurait eu contentement [qu'il aurait réussi] il y a quelques années, id. 204. || 2° Sentiment de plaisir intérieur. Ses enfants lui donnentdu contentement. Seulement au sommeil j'ai du contentement, Régnier, Plainte. Souffrez, pour avancer votre contentement, Que malgré votre amour je vous quitte un moment, corn. ilédée, il, 5. Le vrai contentement n'est ni gai ni folâtre, J. j.rouss. Ém. îv. Le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dansl'accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit, id. River, du prom. solit. Prom. 9. Comme les joies des misérables ne durent guère, le lendemain que j'eus reçu votre lettre, ma colique me reprit, à laquelle je ne songeais plus, et je payai avec dix-sept jours de douleurs un jour de contentement, voit. Lett. 26. || Auplur. Vous ne devez pas pourtant recevoir de petits contentements d'être aujourd'hui loué de vos propres ennemis, balz- lit: i, lett. 3. Que tout se dispose à leurs contentements, corn. Cid, I, 2. Toujours quelques soucis en ces événements Troublent la pureté de nos contentements, id. ib. m, 5. Et d'être le témoin de vos contentements, id. Nicom. H, 2. Et que dans mes efforts pour vos contentements, Je puis à mon brutal trouver des châtiments,, mol. l'Étour. n, 9. Cherchez, prince, cherchez, pour vous trahir vousmême, Tout ce que, pour jouir de leurs contentements, L'amour fait inventer aux vulgaires amants, rac. Mithr. n, «. || 3" Terme de jeux. Parfait contentement, se dit à l'hombre d'un coup qui consiste à jouer sans prendre avec un jeu composé de 5 matadors. || 4" Terme d'eaux et forêts. Certificat que le receveur délivre pour attester qu'il est content de la caution présentée par un adjudicataire. || Proverbe. Contentement passe richesse.
— SYN. contentement, satisfaction. Le contentement est beaucoup plus étendu que la satisfaction. On peut être satisfait sans être content. Ces deux termes désignent la tranquillité de l'âme par rapport à l'objet de ses désirs. 11 nous arrive quelque chose que nous désirions, et nous sommes satisfaits; mais, si cet événement nous laisse encore des causes de trouble, nous ne sommes pas contents. Le contentement est donc une satisfaction qui n'est pas bornée à une circonstance particulière, mais qui tient à une condition générale de l'âme, condition produite par l'ensemble des causes intérieures et extérieures.
— HIST. xvr* s. C'est une belle chose et louable que le contentement de peu, amyot, Ariil. et Cat. 9. Chascun de nous a en soy-tnesme les thresors de contentement et ue mescontentement, id. De la tranq. d'âme, 30.
— ÉTYM. Contenter.
CONTENTER (kon-tan-té), V. a. ||1« Rendre content. Parbleu, dit le meunier, est bien fou du cerveau Qui prétend contenter tout le monde et son père, la font. Fabl. ni, 4. Rien ne la contentait, rien n'était comme il faut: On se levait trop tard, on se levait trop tôt; Puis du blanc, puis du noir, puis encore autre chose, la font. Fabl. vu, 2. Ils contentent le monde en permettant les actions, et Us satisfont à l'Evangile en purifiant les intentions, pasc. Prov. 7. || En parlant des choses. Contentant •es désirs, punis son parricide, corn. Cinna, iv, 2.
CON
Pour contenter ses frivoles désirs, L'homme insensé vainement se consume, rac. Eslh. u, ». Prince, dès ce moment contentez mes souhaits, id. Bérén. lit, 3. Hé bien, régnez, cruel, contentez votre gloire, id. «6. îv, 5. Hé bien, seigneur, allez, contentez votre envie, m. Alex, i, 3. Perfides, contentez votre soif sanguinaire , id. Iph. v , 4. Contentez mon désir et n'ayez point d'effroi , Je vous réponds de tout, et prends le mal sur moi, mol. Tart. iv, 6. Une reconnaissance ingénieuse et difficile à contenter n'a pu rien imaginer de plus nouveau et de plus noble qu'un pareil monument, konten. Viviani. 11 pouvait contenter tous ses désirs, fén. Tél. v. Il ne songeait qu'à contenter ses passions, in. ib. n. Va contenter des dieux l'inhumaine justice , volt. Sémiram. v, 4 . || 2° Apaiser quelqu'un en lui accordant une chose. Cet homme ira se plaindre partout si on ne le contente pas. Faites-vous contenter par ce couple céleste, la font. Fabl. i, u. || Payer. Vous serez pleinement contentés de vos soins, mol. Éc. des mar. ni, 5. || 3" Plaire à. Cette musique ne contente pas l'oreille. Pendant qu'elle contentait le monde et se contentait elle-même , la princesse Palatine n'était pas heureuse, et le vide des choses humaines se faisait sentir à son cœur, boss. Anne de Gonz. || 4° Se contenter, v. réfl. Satisfaire son envie, sesdésirs. Il y a longtemps que je désire acheter cela, il faut enfin queje me contente. Cherchez.... Contentez-vous; suivez votre humeur inquiète, la font. Fabl. vu, 42. Laviduité est regardée, non plus comme un état de désolation , mais comme un état désirable où, affranchi de tout joug, on n'a plus à contenter que soi-même, Boss. Anne de Gonz. Cependant, mes disciples, contentez-vous : si les grands travaux ne rebutent pas votre courage, il peut airiver que la gloire soit votre récompense, la bruy. Dise, sur Théophr, Je me contenterai par dire qu'il [le ducd'Uzeda] était... st-sim. <U8, 4 54.|| S'accommoder de, se borner à. Se contenter de peu. U se contentait de sa condition. Je ne me contente pas de toutes ces raisons. Contentez-vous de la demande que vous avez faite. Ainsi qui peut vous croire, aisément se contente, corn. Nicom. v, 7. Contentezvous de savoir Qu'aussi bien que ma sœur j'écoute mon devoir, id. Agésil. 1, 3. Du moins contente-toi de l'avoir étonnée [ma vertu], m. Ilor. n, 6. J'étais heureuse sans amant; Mon cœur se contentait de régner sur lui-même , qdinault , Proserp. IV , H. .... Mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter, rac. Athal. v, 5. César, contentez-vous de la toutepuissance, volt. Triumv. v, 3. Il en est venu depuis qui ne se sont pas contentés de rire, balz. liv. vi, lett. 6. || Se contenter que, avec le subj. Je me contente que vous ayez vu que.... boss. Ilist. m, 6. Les paysans nés esclaves se contentaient qu'une agriculture grossière leur rapportât précisément de quoi vivre , fonten. Csar Pierre. || Dans un sens plus étroit, en demeurer là, ne pas vouloir faire plus que ce qu'on a fait. Je me contente de lui avoir prêté de l'argent et ne veux pas le cautionner.
— HIST. xv s. Leur fit départir moult de florins, tant qu'ils s'en contentèrent, froiss. liv. iv, p. 328, dans lacurne. Chascun se contenta [fut content] de luy, comm. i, 4 2. Ledit roy d'Angleterre et tous les seigneurs de son royaulme se malcontenterent merveilleusement de quoy le duc de Bourgongne le faisoit si long, id. iv, s. || xvi" s. Les plus parfaicts se sont bien contentez d'y aspirer, mont, i, 70. Si mes escripts contentent et toy et les aultres sages, publie-les, in. n, 227. En quoy, oultre le service du maistre et de voslre debvoir, faictes chose dont le très grand maistre se contente [est content], marg. L. \ 5. Sy les Basques estoient aussy bonnes gens, je suis seure que vous vous en contenteriés [que vous en seriez content] , id, ib. 4 I 5. Quand on a planté un arbre, on est tousjours soigneux d'y mettre la main, jusques à ce qu'il ait produit du fruit, et alors on se contente, voyant qu'il n'est pas stérile, lanoue, 4)4. Il alla présenter la bataille à Lysander, lequel, se contentant de sa première victoire, ne luy sortit point à rencontre, amyot, Aie. 74. Il ne se contenta pas de la resjouir et honorer seulement, ains à son instance et prière il prit femme, sans toutefois se despartir d'avec sa mère, id. Cor. 5. Martius déclara qu'il estoit très aise que son capitaine se contentast si amplement de luy, mais.... id. ib. )3. Encore que l'on présuppose que les dieux soient faciles à contenter, id. P. Mm. 6.
— ÉTYM. Content.
CONTENT1EUSEMENT ( kon-tan-si-eû-ze-man) ,
adv. Par voie contentieuse.
— HIST. xvr1 s. Es tu icy venu pour disputer contentieuseœent de ces propositions que tu as mis,
CON
ou bien pour apprendre et en sçavoir la vérité? rab, Pant. n, (8.
— ÉTYM. Contentieuse, et le suffixe ment. CONTKNTIKtIX, EUSE (kon-tan-si-eû, eû-z'), adj.
|| 1" Sur lequel on dispute. La divinité de votre esprit n'est plus un article contentieux parmi les personnes raisonnables, balz. liv. vu, lett. 23. Pourquoi trouvez-vous mauvais que je lui conseille de se délasser dans un genre d'écrire moins contentieux? in. liv. vi, lett. 5. Encore que je ne veudle point entrer dans les matières contentieuses, imss. Autor. eccl. II délibéra entre la géométrie et la jurisprudence : la géométrie l'emporta ; il sortait d'uno théologie toute contentieuse; il serait tombé dans la jurisprudence, qui l'est encore davantage, fonten. Saurin. Il y avait une cour de boyards qui décidait en dernier ressort des affaires contentieuses, volt. Russie, n, )3. Aussi a-t-il l'art d'abréger les affaires les plus contentieuses, vaoven. la Profond. |] 2° Oui aime à disputer. Cherchez hors de cette sainte unité, vous n'y trouverez guère que des cœurs hautains, contentieux et desséchés, fén. ii, 207. Il faut encore montrer à ces esprits contentieux quelle raison on avait d'accuser les Manichéens d'arianisme, boss. Variât, xi, § 3». Si l'on observait les hommes, on verrait que presque tous mènent une vie ou timide ou contentieuse, et que la plupart meurent de chagrin, buff. Nature des anim. C'est à cet âge que naissent les soucis et que la vie est la plus contentieuse, id. ib. || 3° Contentieux opposé à gracieux (voy. ce mot), en matière de pouvoir et d'autorité. Cet acte a un caractère contentieux. La juridiction contentieuse est celle qui s'exerce par les magistrats, fevret. De l'abus, n, 4, dans wcnELET. || Terme de palais. Lieux contentieux, ce qui fait la matière d'un procès. \\ Terme de droit canonique. Juridiction contentieuse, celle qui inflige les peines. || 4" S. m. Terme d'administration. L'ensemble des affaires contentieuses. Être chargé du contentieux. Bureau du contentieux. || Contentieux administratif, matières dont le jugement appartient aux tribunaux administratifs, par opposition à ce qui est du ressort de l'autorité judiciaire. Un fonctionnaire administratif peut ainsi avoir des attributions contentieuses.
— HIST. xiv* s. Et avecques ce celui qui ne repute rien grant n'est pas contentieus, oresme, Efh. 425. En jugement contencieux, lejugecorrumpuqui a jugié injustement un champ à la partie, il ne prent pas le champ pour soy, mes il prent l'argent, id. ib. <6i. Les autres qui sont mal pensis et convoiteux et contencieus sont enclins à machiner contre les princes, id. Thèse de meunier. || xvi* s. Homme saige, duquel en divers et contentieux affaires il avoyt esprouvé la vertu et bon adviz, rab. Gar. i, 30. Tant de tesmoignages peuvent fermer la bouche, mesme aux plus contentieux, calv. Inslil. 371. Et ne faut qu'on m'estime trop contentieux, de ce que j'insiste si fort sur ce point, id. ib. 932. Quelle honte est-ce à eux, d'appeler une justice contentieuse, la justice de l'Eglise? id. ib. 977. 11 estoit homme doulx, et non ambitieux ny contentieux de sa nature, amyot, Fab. 61. 11 estoit plus propre à deviser et disputer en privé qu'à plaider et haranguer en matière contentieuse publiquement, id. Aie. 4 9. Le vice, de soy mesme, est opiniastre et contentieux à se deffendre, id. Comm. dise, le (lait. 55.
— ÉTYM. Lat. contentiosus (voy. contention). CONTENTIF, IVE (kon-tan-tif, ti-v'), adj. Terme
de chirurgie. Qui contient. Appareil contentif, appareil qui sert à maintenir rapprochés les lèvres d'une plaie, les fragments d'un os fracturé. Bandage contentif, bandage qui sert à maintenir en place un appareil.
— ÉTYM. Contenir; provenç. contentiu.
4. CONTENTION (kon-tan-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. (. || 1" Effort qu'on fait pour exécuter quelque chose, ou pour parvenir à quelque but. Il faut toujours faire contention, boss. iv, Prof. 3. Ne croyez pas qu'il faille se donner beaucoup de contention afin de prier Dieu, fén. xvn, 323. Ce n'est point la gêne et la contention qui font le véritable avancement, m. xvm, 223. Sa facilité à entendre et à retenir lui avait épargné ces efforts et cette pénible contention dont l'habitude produit la mélancolie, fonten. Malésieu. Opposez à ce penchant la contention de l'habitude ; Socrate n'était pas né sage, et son naturel, en se redressant, ne s'était pas estropié, marmont. ÉUm. litt. CEurres , t. vil, p. 256, danspouGKNS. || Contention d'esprit, et aussi, absolument, contention, application forte et continue. S'agit-il des affaires du monde, il n'y a point
d'étude, point de contention d'esprit qu'on ne fasse pour les examiner à fond, boubd. Pensées, t. i, p. 3(9. Il faut trop de contention d'esprit pour démêlerces preuves, volt. Lett. Richelieu, 25 mars 4776. Aussi cet ouvrage demande-t-il encore de la contention d'esprit, dider. Disc. prél. || 8* Débat, dispute. Il aime la souveraineté; mais il aime encore plus la contention, balz. le Barbon. La douleur que me font mes yeux me rend incapable de cette agréable contention, id. liv. vu, lett. 42. Laissons aux deux Amphitryons Faire éclater des jalousies, Et parmi leurs contentions Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies, mol. Amph. m, 7. Ils font de la vérité un sujet de contention et de vaine philosophie, mass. Av. Épiph. Ce n'est pas ici une chaire de contention, c'est le lieu de la vérité, id. Car. Parnle. D'autres guerriers avaient de vives contentions aux jeux de pailles et des osselets, chateaub. Natch. i, 74. || Chaleur, véhémence dans la dispute. Celte question fut agitée avec beaucoup de chaleur et de contention, pebbot, Tac. 92.
— HlST. xi* s. Puis si chevauchent par moût grant cuntençun, Ch. de Roi. lxvi. || xii* s. Le destrier broche [il pique] par fiere contenzon, Ronc. p. 59. Mainte bataille [ils] en firent et mainte occision, Et si murent ensemble meslée et contançon, Sax. xm. || xm* s. La bataille est par contençon; De son dos volent li flocon, Ren. 8177. Delès une rivière chevauchent à bandon Li dus de Normandie, o lui si compaignon ; Et li vosques del Pui chevauche à contençon, Ch. d'int. iv, 75t. || xiv* s. Leur ame est en contencion et comme en bataille contre soy meisme, obesme , Eth. 268. Contencion qui est ennemie et adversaire à concorde, id. Thèse de meunier. || xv* s. Et non -pour -quant les contençons, Les assaus et les souspeçons En sont si gaies à souffrir Qu'on se doit liementoffrir.FROiss. Espinette amour. |j xvr s. Nous contemplions les temples et palayz magnifiques , et entrions en contention qui plus aptement les extolleroyt par louanges condighes, rab. Pant. iv, 4|. Cest esprit ne favorise point à homicides, paillardises, yvrongneries, orgueil, contention, avarice et fraude, calv. Instit. 470. Afin que les parties n'entrassent en contention de procez, id. ib. 980. De sorte que, pour quelque bonne chère qu'elle lui fist, ne pour quelque contension qu'il eust, ne voulut fausser son serment, marg. Nouv. xviii. Il fault fuyr toutes contentions et argumentations dialectiques, mont, i, 399. Ces oyseaux se desbattent à l'envy d'une contention si courageuse que parfois le vaincu y demeure mort, l'haleine lui faillant plus tost que la voix, id. ji, 4 74. On offrait à un excellent archer condamné à la mort, de luy sauver la vie s'il vouloit faire voir quelque notable preuve de son art; il refusa de s'en essayer, craignant que la trop grande contention de sa volonté lui feist fourvoyer la main, et qu'au lieu de sauver sa vie, il perdist encores la réputation, id. ni. 55. 11 se meit adonc un débat et une contention merveilleuse entre les chefs des bendes, amyot, Timol. 42. Il fuira contention, courroux et les passions de l'ame, paré, vu, 5.
— ÉTYll. Provenç. contenso ; catal. contenciô ; espagn. contencion; ital. contenxione ; du latin contentionein (voy. contkndant).
2. CONTENTION (kon-tan-sion), s. f. Terme de chirurgie. Action de maintenir en place des parties désunies et fracturées.
— ÊTYM. Voy. contentif.
4. CONTENU, UE (kon-te-nu, nue), part, passé de contenir. || 1° Le vin contenudansla barrique. Les menaces contenues dans cette lettre. || En termes de mathématiques, qui est une partie d'une quantité. Par exemple 3 est contenu exactement e fois dans 1 8. Lorsque deux nombres ne se mesurent pas réciproquement, on les peut comparer à un troisième, qui, étant contenu un certain nombre de fois dans l'un et dans l'autre, est la mesure commune des deux, condill. Langue du calcul, 1, s. || 2° Réprimé. La foule contenue par la présence des soldats. Les passions contenues par le sentiment du devoir. || 3° Qui se maîtrise, se retient, s'observe. L'air hautain et contenu, qu'il est si facile à tout le monde de se donner, staël, Allem. part, i, ch. 2. || Style contenu, style dans lequel l'auteur s'observe pourne pas se laisser aller à ses émotions.
2. CONTENU (kon-te-nu) , s. m. || 1* Ce qui est renfermé dans quelque chose. Le contenant et le contenu. || 2° La teneur. Le contenu d'une lettre. Le contenu de l'arrêt.
— hist. xv* s. Princesse, lasl selon ce contenu, Mourir m'en vois [je m'en vais], a. chartier, Ballade. Et signifier audit duc de Bretaigne le contenu
TON
de la paix, comm. m, 9. || xvi* s. Ma's encore quoi est le contenu îles vomis? calv. Instit. t022. [Un cylindre contenant une sphère] avec une inscription de la proportion dont le contenant excède le contenu, amyot , Marcel. 27. Pyrrhus, ayant leu ceste lettre, et adveré le contenu en icelle, ch*stia le médecin ainsi qu'il avoit mérité, in. Pyrrh. 45. Encores que l'eau soit abondante , si elle est en lieu fort pendant, estroit canal suffira pour sa contenue,
CONTER (kon-té) , v. a. || i* Faire un récit. S( Peau d'âne m'était conté, J'y prendrais un plaisir extrême, la font. Fabl. vm, 5. Tu me contais alors l'histoire de mon père, rac. Phèd. i, 4. Heureux dans mes malheurs d'en avoir pu sans crime Conter toute l'histoire aux yeux qui les ont faits, iu. ttérfn. i, 4. Trop heureux d'avoir pu par un récit fidèle, De leur paix en passant vous conter la nouvelle, ID. Raj. m, S. Nos lévites.... Ont conté son enfance au glaive dérobée, Et la fille d'Achab dans le piège tombée, w. Athal. v, «.Si vous me promettiez de tenir votre langue, je vous conterais.... mais non, car vous iriez tout dire, p. L. cour. 2* lettre particulière. || Poétiquement. Ariane aux rochers contant ses injustices, rac. Phèd. i, t . Au pied du saule assise, et douce, et sans murmure, Elle contait aux vents sa peine et son injure, ducis, Othello, v, 2. Conte aux vents, conte au bois ses déplaisirs secrets, la font. Filles de Minée. || Absolument. Les vieillards aiment à conter, c'est-à-dire , ils aiment à faire le récit de ce qu'ils ont fait ou vu dans leur jeunesse. Contons, mais contons bien, c'est le point principal, la font. Oies. L'une des marques de la médiocrité de l'esprit est de toujours conter, la bruy. xii. Milord Maréchal aimait à conter, mais ne contait jamais qu'à propos, avec simplicité, quoique avec finesse, et surtout avec ce bon goilt qui écarte les détails inutiles, d'alemb. Eloges. Milord Maréchal. Il aimait à conter et contait bien , paraissant moins songer à l'effet qu'il pouvait produire sur ses auditeurs que se livrer au plaisir de se rappeler ce qui l'avait occupé ou amusé autrefois, condorcet, Maurepas. || 2° Dire, relater. Ëvandre a tout conté pour excuser son maître, corn. Cinna, IV, 6. Votre cœur me contait son audace nouvelle, rac. Bérén. m, 2. Contez-nous donc maintenant, vous qui les savez, toutes les grandes qualités de la princesse Palatine, boss. Anne de Gonz. Elle me nomma tous ceux qui l'avaient aimée, elle me conta tout ce qu'ils avaient fait pour lui plaire, la Fayette, Zaide, Œuvres, t. i, p. 207, dans pougens. || Familièrement. Conter ses raisons, ses petites raisons à quelqu'un, entrer dans un détail familier. || Ironiquement. Que venez-vous me conter là? c'est-àdire quelles sornettes venez-vous me débiter? || Conter des fagots, conter des choses sans vraisemblance. || En conter de belles, conter des sornettes, conter des choses vaines, frivoles. || Dans le même sens, en conter. Il nous en conte. J'ai beau vous en conter et faire le mauvais, je m'assure que vous vous moquez de moi, balz. liv. m, lett. 49. Dorante qui tantôt nous en a tant conté, corn, le Ment, m, 2. |! En conter de belles se dit aussi quand on apprend des choses inattendues. On vient de m'en conter de belles sur votre compte. || En contera une femme, la courtiser. Et qui veut vivre aimé n'a qu'à vous en conter, id. Perthar. i, 2. Elle en aimait fort une [jeunp fille] à qui l'on en contait, la font. Fianc. Et que s'il en contait avec attention, Le penchant serait grand à la tentation, mol. Sgan. 6. Si quelqu'un vous en contait , id. Sicilien, 7. La curiosité qu'on fait lors éclater Marque un secret plaisir de s'en ouïr conter, n.Éc. des mar. n,5. Mme de Valentinois accusa son beau-père, non-seulement de lui en avoir conté, mais de lavoir voulu forcer, sr-siM. 44, 2. || S'en faire conter, écouter, en parlant d'une femme, des propos galants. Eve aima mieux, pour s'en faire conter, Prêter l'oreille aux sornettes du diable Que d'être femme et ne pas coqueter, sarazin, dans leroux, Dict. com. On dit dans le même sens, s'en laisser conter. || En avoir long à conter, avoir beaucoup de choses à dire, à rapporter. || Conter fleurettes, conter des fleurettes, tenir à une femme des propos de galanterie. Ils [les Français] ont cela de mauvais qu'ils s'émancipent un peu trop et s'attachent en étourdis à conter des fleurettes à toutes celles qu'ils rencontrent, mol. Sicil. 4 4.
— HIST. xi* s. Et Blancardin pour la raison cunter.... Ch. de Roi. v. || xn's. Vint as Franzois, devant toz l'a conté, Ronc. p. 45. [La raison] Que l'arcivesque lui a dite et contée, ib. p. sa. Moût grant dolors en ert [sera] au roi contée, ib. p. 91. Au roi Marsile la nouvelle [elle] a contée, t't>. p. 446. [Etanf|
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preus et sage, je ne vous os conter La gr.inl dolor.... Conci, x. Et de Troie r'ai je •! conter Qu'ele fut jà de moult grant seigneurie, qu ma, linmanerrn, p. (os. Knsi est del felun cum il fu del sent-'lor, Dunt vus avez ol en Avien cunler, Qui soleit les furmenz al riche humme gaster, Th. le mort. 31. Li reis cunctad tut à Jezabel la reine que II out fait, e cume il out mort tuz les prophètes Baal, Ilots, 31 9. || xm* s. Toutes leur aventures, sans mensonge conter, Berte, m. Des journées [marches] qu'il firent, trop ne vous conterai, ib. vu. Laissez m'entrer leens, tout vous sera conte, t». xlv. Conté [elle] m'a son afaire et tout son errement, ib. xi.vn. Belle, fait-il, s'il est si com m'avez conté.... ib. exiv. Qui amer vuet or i entende, Que li romans dès or amende: Dès or le fait bon escouter, S'il est qui le sache conter, la Rose, 2074. Cil dist moult bien qui suit conter Qu'une fois doit li poz [le pot] verser, lien. 7443. Etavantqueje vous conte desusgranz fa,/ et de sa chevalerie, vous conterai que je vi et oy de ses saintes paroles, joibv. (93. || xv* s. Venez vers inoy, bonne nouvelle, Pour mon las cueur reconfoner; Contez moi comment fait la belle; L'avez vous point oy parler De moy, et amy me nommer? ch. d'ohl. Bal. 31. Je n'y estoye pas, mais le roy m'en a compté, comm. H, 8. |i xvi* s. Vrayement Proi ras nous en contoit de belles.... mont, h, 3ii.clidemus conte ces choses d'une autre et toute différente sorte, amyot, Thésée, 23. On compte encore beaucoup d'autres choses sur ce propos, id. ib. 24.
— ÊTYM. Provenç. contar, comtar; catal. espagn. et portug. contar ; ital. eontart; du latin computare (voy. compter); compter ayant pris, par une dérivation facile à saisir, le sens de conter. On trouve souvent dans des textes anciens conter et complet confondus.
t CONTERIE (kon-te-rie), s. f. Terme de commerce. Grosse verroterie de Venise, dont on se sert surtout pour commercer avec les nègres.
tCONTESTAHILITK (kon- tè-sta-bi- li-té), s. f. Qualité de ce qui est contestable.
— ÊTYM. Contestable.
CONTESTABLE (kon-tè-sta-bl'), ad). Qui peut être contesté. Maxime contestable. Cela n'est pas contestable.
— ÊTYM. Contester.
f CONTESTABLEMENT (kon - tè - sta - ble - man) , adv. D'une manière contestable.
— HlST. xvi* s. Contestablement, cotgrave.
— ÊTYM. Contestable, et le suffixe ment. CONTESTANT, ANTE (kon-tè-stan, slan-t'), adj.
|| 1° Qui conteste en justice. Les parties contestantes. || En général, qui dispute. J'entends de ces esprits que Montaigne déteste, Misanthropes, chagrins, lâches, présomptueux, Contestants, aheurtés, fourbes, malicieux, scarron, Poésies, Ép. chagrin, à Mlle de Scudertj. || 2° Substantivement. Aussitôt iju';\ portée il vit les contestants.... Grippeminaud.... Mil les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre, la font. Fabl. vu, 46. || Contestant se dit de celui qui attaque un règlement entre des créanciers. || Celui qui refuse de reconnaître. J'apprends que vous êtes du nombre des contestants ou de ceux qui donnent la découverte à l'observateur piémonlais , bonnet, Lett. div. Œuvres, t. xu, p. 487, dans pougens.
CONTESTATION (kon-tè-sta-sion : en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\i° Action de contesler.de refuser d'accéder Soldats, remettez-la chez elle; Sa
contestation deviendrait éternelle, corn. Médée, n, i. La contestation est ici superflue, Et de tout point chez moi l'affaire est résolue, mol. F. sav. II, s. Vous entrez en contestation lorsqu'on veut vous interdire les pompes du monde, mass. Car. l'eehcr. || Opposition. Obtenir sans contestation. || 2" Débat de parole entre deux ou plusieurs personnes sur quelque affaire. Des contestations et des dispuus qu'il avait eues, il était sorti je ne sais quelles clartés passagères qui avaient laissé quelque trace de lumière dans son esprit, flêch. M. de Montausier. || Mettre en contestation, contester, révoquer en doute. Ce qui ne devrait pas être mis en contestation, boss. Avert. 6. || S* Débat entre des particuliers ou débat politique entre des puissances. Contestation judiciaire. Former une contestation à quelqu'un, patru, Plaid. 6, dans richklkt. Nous avons dit dans les éloges de MM. Viuani, Guglielmi et Cassini, quels sont les embarras et les contestations que les rivières causent dans toute la Lombarde, fonten. Manfredi. De vives contestations s'élèvent aussitôt entre les deux puissances, raynal, Hist. philos, ix, 4 2.
— hist. xvi* s. Polemon, Alcetas et Docimur
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entrèrent ambitieusement en contestation contreluy, touchant la super-intendance de l'armée, amyot, Eum. 15. lis feirent en cet endroit fin à leur contestation, et se départirent incontinent d'ensemble, id. Brutus, 42. Quant à la contestation et défense, elle fut grande, lanoue, 309. Il y eut entre eux de grandes contestations pour le rang et sur les termes jont ils dévoient user en parlant à cette princesse, d'au». Vie, cxx.
— ÉTYM. Lat. contestatio, de conteslari, contester; ital. contestatione.
CONTESTE (kon-tè-sf), s. f. Contestation, procès. Ils sont en conteste. Vieux. || Ce mot ne s'emploie plus guère que dans la locution sans conteste, sans débat, sans dispute, sans contredit. Homme ou démon, veux-tu m'entendre sans conteste, mol. le Dép. n, 7. La maison à présent, comme savez de reste, Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste, id. Tart. v, 4.
— ETYM. Voy. CONTESTER.
CONTESTÉ, ÉE (kon-tè-sté, stée), part, passé. Sur quoi il y a débat. Succession contestée. Créance contestée. L'honneur de la [la ville naissante] nommer, entre eux deux contesté, Dépendait du présent de chaque déité, la font. Filles de Minée. Et comme ces personnes n'entrent pas en défiance de votre bonne foi et ne pensent pas à examiner s'il s'agit, en ce lieu-là, de la question contestée, pasc. Prov. 13. Votre conduite est assez connue, et ce sont de ces sortes de choses qui ne sont contestées de personne, mol. Critique, se. 7. || Terme de pratique. Cause non contestée, cause que l'on peut renvoyer et sur laquelle il n'y a eu ni règlement ni plaidoirie.
CONTESTER (kon-tè-sté), v. a. [| 1° Ne pas reconnaître le droit ou la prétention de quelqu'un à une chose. Il me conteste ma qualité. On lui conteste cette succession. Elle est si étonnée de trouver quelqu'un qui ose lui contester quelque chose, que cela la réjouit, sév. 442. Procès pour le legs au présidial de Poitiers.... Le coeur de la dame fut contesté avec plus de chaleur encore, la font. Lelt. vi. Ne lui conteste point [à Fulvie] un coup digne de toi, volt. Triumv. v, 3. || Terme de jurisprudence. Contester une créance, dans une faillite par exemple, en nier l'existence ou la validité. || 2° Nier un fait, un principe. Cela est si généralement soutenu que Lessius le décide comme une chose qui n'est contestée d'aucun casuiste, pasc. Prov. 7. 11 est heureux à prouver ce que personne ne lui conteste, boss. Variât. î" dise. § 4u. || 3° V. n. Disputer, élever une contestation. ...allez, sans contester, Vous aurez tout loisir de vous faire écouter, corn. Perthar. ni, 5. J'aime à vous obéir, seigneur, sans contester, id. Othon, m, 3. Tandis que leur amour en cet adieu conteste, Achillas à son bord joint son esquif funeste, id. Pomp. n, 2. La mouche et la fourmi contestaient de leur prix, la font. Fabl. iv, 3. Après qu'on eut bien contesté, Répliqué, crié, tempêté, id. Fabl. m, 2. Les parties contestèrent devant le roi, et s'engagèrent à justifier leurs prétentions par les termes de la loi de Moïse, boss. Ilisl. univ. I, 9. Ta malice conteste contre les bontés de Dieu, id. Pén. 3. Nous contestons contre les décisions de l'Église, mass. l'anég. Étien. || 4° Se contester, v. réfl. Être contesté. C'est un fait qui ne saurait se contester. Un droit si bien établi ne se conteste pas.
— HIST. xvi' s. Bataille contestée, mont, i , 49. Nous ne perdismes que la ville de Fossan, encores iprez l'avoir longtemps contestée, id. i, 44. Ce nembre, contestant de l'auctorité avecques nostre volonté, id. i, 97. Des erreurs contestées et debattables, id. i, (22. Ce que j'auray dict sans soing, si on vient à me le contester, je l'espouse, id. m, 2W. S'estans deux esquadrons entr'afrontez, on n'a pas quasi deschargé la seconde pistolle, que l'un ou l'autre tourne; car on ne se conteste plus, comme faisoient les Romains contre les autres nations, lanoue, 3)3. J'adjousteray encor une dextérité que la pratique a enseignée à contester un fossé sans eau, encor qu'on ait gaigné la contrescarpe, id. 338. Les Romains seuls luy restoient dignes et assez puissans pour contester de l'empire à rencontre de luy, amyot, Caton, 24. En sajesse et en doulceur il contestoit avecques les premiers, id. Brutus, 2.
— Étym. Provenç. et espagn. conteslar ; ital. eontestare; du latin contestari, de cum, avec, et testis,^ témoin (voy. tester). L'ancien français ne connaît pas ce verbe et il a en place eontrester (de contre et ester; voy. contraste): Bien cuidoient eontrester à nos fouriers, villehard. p. 178, édition de p. paris. Si ke n'i ait contreste, Hist. litt. t. xiiii, p. «ni.
f CONTESTEUR (kon-tè-steur), s. m. Celui qui conteste. Je ne dis pas qu'un contesteur n'ennuie; Mais il est bon quelquefois que l'on nie, scarron, Poésies div. Œuvres, t. vu, p. 169, dans pougens.
— ÊTYM. Contester.
CONTEUR , EUSE (kon-teur , teû-z') , s. m. et f. || 1° Celui, celle qui narre habituellement. Conteur agréable. L'art du conteur est de réduire l'action àce qu'elle a d'original et d'intéressant, marmont. Élém. liit. Œuvres , t. vu , p. 42 , dans pougens. L'un d'eux était de ces conteurs Qui n'ont jamais rien vu qu'avec un microscope , la font. Fabl. ix , i. Mme de Chevreuse, qui était une conteuse, m'a dit qu'elle avait été cause de l'emprisonnement de M. le prince [Condé] , segrais , Mémoires, t. il, p. 14. il Celui qui compose, écrit des contes. Les conteurs orientaux. || 2° Celui, celle qui débite des choses fausses ou frivoles. C'est un conteur, un conteur de fagots, un conteur de sornettes, un conteur de chansons. || Conteur de fleurettes. || Conteur, celui qui en conte à une femme. Elle en aimait fort une [jeune fille] à qui l'on en contait, Et le conteur était un gentilhomme De ce logis, bien fait et galant homme, la font. Fianc. En cet emploi , conteur ne se dit que par occasion ; c'est à cause du mot en conter mis précédemment qu'il peut figurer ici; car, s'il n'était pas précédé du verbe, tout le monde entendrait un homme qui fait des contes en général, et non pas un homme qui cherche à plaire. || 3° Adjectivement. Et dans de longs récits la vieillesse conteuse En troublait le repos de l'enfance peureuse, delille, Homme des ch. i.
— HIST. xiii* s. Tant ont li compteour compté, Et li fableour tant fable , du cange , abelimentum. || xv* s. Cil est appelle conteur, que aucun establit à parler et conter pour soy en court, Ane. coustume de Normandie , dans lacurne. || xvi* s. X fol conteur sage escouteur, cotgrave. Tel conteur tel auditeur, LEROUX DE LINCY, t. H, p. 420.
— ÉTYM. Conter; provenç. comtaire; espagn. contador ; ital. contatore. Le provençal comtaire est au nominatif; le régime serait comtador. Le vieux français compteour ou conteour est au nominatif pluriel; le nominatif singulier est contere, et le régime singulier conteour ou conteor.
CONTEXTE (kon-tèk-sf), s. m. || 1° L'ensemble d'un acte par rapport à l'enchaînement des dispositions et des clauses. Les actes notariés doivent être écrits en un seul et même contexte. || Unité de contexte, terme de droit. L'unité de contexte est exigée dans les testaments, c'est-à-dire que les dispositions doivent être rédigées d'une manière complète, de suite, sans interruption, lacune, ni intervalle. || 2* L'enchaînement d'idées qu'un texte présente. Il résulte du contexte de l'article que....
— ÊTYM. Lat. contextus, de cum, et textus, texte. CONTEXTURE (kon-tèk-stu-r'), s. f. || 1° Tissure
départies formant un tout. La contexture des muscles, des os. Je me suis souvent étonné d'une si étrange contexture, boss. Imp. 3. Un organe de plus ou de moins dans notre machine aurait fait une autre éloquence, une autre poésie; une contexture différente des mêmes organes aurait fait encore une autre poésie, montesq. Goût, plaisirs de l'âme. M. Bertin annonçait que la contexture des différents plans de fibres musculaires qui forment l'estomac était à peu près semblable dans l'homme et le cheval, condorcet, Bertin. || 2° Fig. Liaison entre les diverses parties d'un ouvrage d'esprit. La contexture de ce poème est bien entendue. Telle est la prophétie de Joad dans l'Athalie de l'illustre Racine, le plus beau morceau de poésie lyrique qui soit sorti de la main des hommes et auquel il ne manque, pour être une ode parfaite, que la rondeur des périodes dans la contexture des vers, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. ix, p. 24, dans pougens. Je sens avec déplaisir toutes les fautes qui sont dans la contexture de cette pièce aussi bien que dans la diction, volt. Mariamne, préface.
— SYN. contexture, texture. Ces deux mots ne diffèrent que par le préfixe, et, pour le sens, ils ne diffèrent qu'en ce que contexture appelle davantage l'attention sur la complication, l'enchaînement qui existe dans la texture.
— HIST. xvi" s. Changeray je pas pour vous cette belle contexture des choses? mont, i, 85. Il fault apprendre aux enfants de haïr les vices, de leur propre contexture [à cause de leur nature même, non de leurs résultats], id. i, 108. La contexture du nid du moindre oyselet, id. i, 235.
— ÉTYM. Corn, et texture.
t CONTIGNATION (kon-tigh-na-sion) , s. f. Assemblage de pièces de bois, qui servent à rendre quelque chose stable, ou à porter un fardeau.
— ÉTYM. Lat. contignalio, de cum, et tignum bois de charpente.
CONT1GU, UË (kon-ti-gu, guê), aaj. Qui toucl.i à. Sa maison est continué a la mienne. On l'établit gouverneur des peuples contigus à cette province, vaugel. Q. C. liv. x, ch. 10. Ces maison: n'étaient point contiguës, ayant de chaque côté ur vide qui les séparait les unes des autres, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. il, p. 27, dans pougens. 0( conçoit comment les terres des particuliers réunie! et contiguës deviennent le territoire public, i. s. rouss. Contrat soc. i, 9. || Fig. Idées contiguës, idées qui touchent l'une à l'autre. Deux sujets contigus. || Terme de géométrie. Cotés contigus, côtés passant par un même point. Angles contigus, angles qui ont un côté commun.
— SYN. contigu, proche. Mots qui désignent le voisinage. Contigu s'applique au voisinage d'objets considérables, et désigne de plus un voisinage immédiat. Proche a moins de force, et s'emploie pour des objets moindres. Ces deux terres sont contiguës; ces deux arbres sont proches l'un de l'autre, d'alem-