‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 353 sur 403 · BERT · texte numérisé non relu

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— HIST. xvi" s. Les eaux n'ont aucun arrest, jusques à ce qu'elles ayent trouvé quelque lieu foncé de pierre ou rocher bien contigu ou condensé, palissy, 166. II s'y trouve des coquilles, voir encloses

dedans les pierres les plus contiguës, id. 278 Et

abbattre les maisons voisines et contiguës la muraille, m. du bell. 448. La carrière de nos désirs doibt estre circonscripte et restreinte à un court limite des commodités les plus proches et les plus contiguës, MONT, iv, 157.

— ÉTYM. Lat. contiguus, de cum, avec, et le radical tig, qui se trouve dans te-tig-i, parfait avec redoublement de tango, toucher (voy. tangible).

CONTIGUÏTÉ (kon-ti-gu-i-té), s.f. État de deux choses contiguës. La contiguïté de ces deux édifices. Je ne parle point ici de la contiguïté; car il est visible que les choses contiguës se touchent si peu qu'il y a toujours beaucoup de matière subtile entre elles, mallebr. Hech. vi, 2, 9. Les germes ne s'accroissent probablement que par assemblage, par contiguïté, volt. Newt. i, 8. || Terme de botanique. État de deux choses qui, se touchant, peuvent être désunies sans déchirement. || Terme de chirurgie. Amputation dans la contiguïté, celle où l'on fait passer le couteau entre les os qui forment une articulation.

— ÊTYM. Contigu.

i. CONTINENCE (kon-ti-nan-s') , s. f. Abstinence des plaisirs de l'amour. Le don de continence. Il avait passé sa jeunesse dans la continence, boss. Var. n. Eve propose à Adam de vivre dans la continence ou de se donner la mort, chateaub. Génie, n, i, 3. Les auteurs attribuent avec raison à la continence de ces peuples durant leur jeunesse la vigueur de leur constitution et la multitude de leurs enfants, j. j. rouss. Ém. iv. Jusqu'à vingt ans le corps croît, il a besoin de toute sa substance -, la continence est alors dans l'ordre de la nature, id. t'6.

— REM. Il faut observer que continence et contenance, qui sont deyx reproductions différentes du seul et même mot latin continentia, reproduisent les deux sens du verbe : contenir, tenir en soi, et se contenir, se maîtriser.

— HIST. xiv* s. Continence n'est pas vertu, mes est une chose mixte, oresme, Eth. (38.

— ÉTYM. Provenç. contenensa ; ital. conlinenza; du latin continentia, de contincre (voy. contenir).

2. CONTINENCE (kon-ti-nan-s') , s. f. Capacité étendue. Peu usité. On dit contenance.

— ÉTYM. Lat. continentia, de continere (voy. contenir).

i. CONTINENT, ENTE (kon-ti-nan, nan-t'), adj. || 1° Qui observe la continence. || Substantivement. L'exemple de la chasteté d'Alexandre n'a pas tant fait de continents que.... pasc. V. div. 107. || Les Continents, nom d'une secte hérétique qui faisait une loi de la continence absolue et condamnait le mariage. La turpitude de ces faux continents a depuis été révélée à toute la terre, boss. Variât, xi. § 69. || 2° Terme de médecine. Fièvre continente fièvre qui n'a point de rémission ni d'exacerbatù i sensible. || Cause continente, cause, ou réelle ou présumée, qui, ayant produit une maladie, continue d'agir et prolonge son effet pendant toute la durée de cette maladie.

— REM. Vaugelas, qui approuvait continence. n'approuvait pas l'adjectif continent ; mais l'usage a triomphé de ce purisme exagéré, et continent a tout l'emploi qu'il comporte.

CON

HIST. xii* s. Honestes ert e continens, E beaus

parliers e de bon sens, benoît, n, 42764. ||xiv* s. D'un homme continent et d'un incontinent nous loons la partifa uo l'ame qui a raison, oresme, Eth. 3). Continent, qui refraint ses malvais desirriers [désirs], n>. Thèse de meunier. || xvi* s. Pour n'estre continent, je ne laisse d'advouer la continence des aultres, mont, i, 262. En forme d'histoire prosecutive et continente [continue] , M. du bellay, Prolog.

ÊTYM. Lat. conlinens, de continere (voy. contenir), qui retient, et, de là, qui contient ses désirs; qui tient avec, et, de là, continu.

2. CONTINENT (kon-ti-nan) , s. m. ]| 1° Terme de géographie. Grande étendue de terre que la mer n'entoure pas, ou qui, du moins, si la mer l'entoure (car on fait de la .Nouvelle-Hollande un continent) présente une vaste continuité. Cependant l'empire des Perses allait croissant; outre ces provinces immenses de la grande Asie, tout ce vaste continent de l'Asie inférieure leur obéit, boss. Uist. I, 8. S'il restait quelque grand continent à découvrir, on pourrait encore espérer de connaître de nouvelles espèces, parmi lesquelles il pourrait s'en trouver de plus ou moins semblables à celles dont les entrailles de la terre nous ont montré les dépouilles, cuvier, Révol. p. 69. Vos yeux ne sont-ils pas assouvis des ravages Qui de ces continents dépeuplent les rivages? volt. AU. 1,4. H L'ancien continent, l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Le nouveau continent, l'Amérique. || 2° La terre ferme, par rapport aux îles voisines. || En un sens étroit, le continent, le continent européen, par rapport à l'Angleterre. 11 eut le plaisir de voir cette opération salutaire [l'inoculation] , dont il était le principal apôtre dans le continent, s'établir chez toutes les nations éclairées, condorcet, Tronchin.

— hist. xvi* s. Ce n'est point une isle, ains terre ferme et continente avecques l'Inde d'un costé et....

— ÊTYM. Lat. conlinens, sous-entendu terra, qui quelquefois est exprimé : terre qui tient avec, de continere, tenir avec (voy. contenir).

CONTINENTAL, ALE (kon-ti-nan tal, ta-1'), adj. Qui appartient à un continent. L'Amérique se divise en partie continentale et partie insulaire. || Territoire continental, se dit du territoire français en Europe, y compris la Corse, par opposition aux possessions coloniales. || En un sens plus restreint, qui appartient au continent de l'Europe. Pour ses approvisionnements de grains, l'Angleterre puise souvent dans les marchés continentaux. || Blocus continental, décret de Napoléon I" qui interdisait tout commerce entre l'Angleterre et le continent. || Système continental, système prohibitif dirigé contre l'Angleterre et dont ce décret était l'exécution.

— ÊTYM. Continent 2.

t CONTINGEMMENT (kon-tin-ja-man), adv. Terme de philosophie. D'une manière contingente. Si, confondant la liberté avec le hasard, on soutient que l'être nécessaire peut agir contingemment.... boullainvilliers, Réfutation de Spinosa, p. 6».

— HIST. xv* s. Dieu scet les choses nécessairement, par soy mesmes qui est nécessaire, telles qu'elles seront et adviengnent contingentement par leur nature, qui de soy est variable, telles qu'elles sont, a. chartier, l'Espérance, p. 379, dans lacurne.

— étym. Contingent, et le suffixe ment. CONTINGENCE (kon-tin-jan-s') , s. f. || 1* Terme

de philosophie. Possibilité qu'une chose arrive ou n'arrive pas. Si vous 6tez la causalité nécessaire, vous laissez mon vouloir dans une pleine contingence, fen. m, 300. Je conçois clairement que chaque chose pourrait être autrement qu'elle n'est; j'ai appelé cela contingence, et je dis que, dans ma manière de concevoir, chaque chose est contingente de sa nature, bonnet, Palingén. 47* part, en. 2. || Dans le langage général, éventualité. Selon la contingence des cas. || 2° Terme de géométrie. Angle de contingence, celui que forme une ligne droite avec une courbe qu'elle touche, ou que forment deux courbes qui passent par un même point. || Terme de gnomonique. Ligne de contingence, celle qui coupe la sous-stylaire à angle droit.

— ETYM. Contingent.

CONTINGENT, ENTE (kon-tin-jan, jan-t'), adj. || 1° Terme de philosophie. Oui peut arriver ou ne pas arriver, éventuel. Ils raisonnaient sur les événements contingents ou non contingents de cet univers, volt. Cand. 29. La raison de mon existence n'est pas en moi ; je n'existe donc pas par ma propre

DiCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE..

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nature: je ne suis donc pas un être nécessaire; mes déterminations sont variables; j'ai un sentiment très clair des changements qui me surviennent : je suis donc un être contingent, bonnet, Palingén. 47* part, en. 2. Spinosa voudrait prouver que, si nous jugeons qu'il y a des choses contingentes, ce n'est que par ignorance, condill. Traitédes syst. ch. 40. Il en conclura que les lois de la statique et de la mécanique, telles que l'expérience les donne, sont de vérité contingente, puisqu'elles seront la suite d'une volonté particulière et expresse de l'être suprême, d'alemb. Dynamique, Œuvres, t. iv, p. 228, dans pougens. Il y a deux sortes de vérités, les unes sont nécessaires, et les autres contingentes, malebr. Recherche, i, H, 3. || Proposition contingente, celle qui énonce une chose qui peut être ou n'être pas. || 2° Terme de droit. Portion contingente, la part de chacun dans un partage ou dans une contribution. Payable quand chacune d'elles Ne posséderait plus sa contingente part, la font. Fabl. n, 20. || 3° S. m. Le contingent, ou le futur contingent, ce qui peut arriver ou n'arriver pas. Albéroni disait que le principal embarras pour le roi d'Espagne était à l'égard des futurs contingents, st-sim. 456, 4 84. Vous avez une étrange opinion des futurs contingents, volt. Diable, 6. De tous les futurs contingents, un des moins probables est qu'un jour le roi de Sardaigne assiégera Genève, J. J. rouss.Com/'. v. || 4° Le contingent, la partie qui tombe à quelqu'un, dans la division de quelque chose. Illui revient tant pour son contingent. || Quantité de soldats qui doit être fournie. Le contingent de chaque département pour telle année. Dans les guerres de l'Empire chaque membre du corps germanique fournit son contingent. Le général Schwartz, avec 4 8 ooo hommes du contingent de Hesse, de Munster et de Lunebourg, parut sur les hauteurs de Weisloch, st-sim. 29, 84. Épuisés par une guerre qui, de jour en jour, leur devenait plus étrangère, la plupart refusaient d'envoyer leur contingent de troupes et de vaisseaux, barthél. Anach. introd. part. 11, sect. 2.

— HIST. xiv* s. Les choses contingentes qui pevent estre ainsi et attivement, oresme, Eth. 473. Et il suppose par ce que ditest, que élection, soit de choses contingentes qui sont en notre puissance, m. ib. 65. Contingent , chose qui peut estre et peut non estre sans nécessité, m. Thèse de meunier. Il xv* s. Prudence est es parties de l'ame où advient la pratique, la quelle est raciocinative des choses ouvrables contingentes, christ, de pisan, Charles V, m, s.

— ÊTYM. Lat. contingens, participe présent de conlingere, qui signifie toucher, atteindre, rencontrer, échoir; de cum, avec, et langere, toucher (voy. tangible).

CONTINU, UE (kon-ti-nu, nue), adj. || 1° Dont les parties se tiennent sans solution. Etendue , quantité continue. || Terme de mathématiques. Proportion continue, celle où le conséquent du premier rapport est l'antécédent du second, par exemple 6: 16:: 46 : 45. y Fractions continues, fractions dont ledénominateur est composé d'un nombre entier et d'une autre fraction qui a également pour dénominateur un nombre entier plus une fraction, et ainsi de suite. Il Fonction continue, fonction susceptible de varier aussi peu qu'on voudra pour des variations suffisamment petites des variables , soit dans toute l'étendue de la fonction, soit entre certaines limites assignées aux variables. || Terme de minéralogie. Cristal continu, cristaldont le signe est composé de quatre exposants en proportion continue. || Terme d'architecture. Piédestal continu, le soubassement d'une file de colonnes avec base et corniche. || Terme de botanique. Tige continue, celle qui forme un axe principal , qui va jusqu'à la cime. Feuilles continues , feuilles dont le disque est sans interruption. || Terme de musique. Basse continue, la partie d'accompagnement qui est la plus basse, et qui se fait entendre pendant tout le morceau. || Terme de médecine. Fièvre continue, fièvre qui ne présente dans son cours ni intermission ni rémission caractérisée. Il 2° Qui n'est pas interrompu dans sa durée ou sa suite. Série continue. Jet continu. Moteuràfeu continu. Dix jours continus de pluie. Elégance continue du style, style toujours élégant. La masse anglaise nourrissait ce feu continu quand elle était attaquée, volt. Louis XV, 4 5. Ce sentiment continu tient à l'impression vive et profonde que vos chagrins vous ont laissée, d'alemb. Portr. de Mlle de l'Espinasse. I| Terme de droit. Servitudes continues, celles qui, à la différence des servitudes discontinues, n'ont pas besoin, pour s'exercer, du fait actuel de l'homme : tels sont les égouts, les vues.

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Il 3° S. m. Terme de philosophie. Ce qui n'offre aucune interruption. Le continu est divisible à l'infini. Une partie de l'étendue est un continu formé par la contiguïté d'autres parties étendues, condill. Trait, sens ext. Œuvres, t. m, p. 10, dans pougens. || Terme d'ancienne pratique. Prolongation d'un compromis dont le temps est expiré. H 4*X la continue, loc. adv. X la longue, à force de faire toujours la même chose. Ce qui nous paraissait terrible et singulier , S'apprivoise avec notre vue, Quand ce vient à la continue, la fomt. Fabl. iv, 10. Rien ne charme à la continue, la motte, Fabl. 11, 6.

— HIST. xiii* s. Or avint que une contenue [fièvre continue] me prist, parquoy j'alai au lit et toute ma mesnie aussi, joinv. 264. || xiv* s. C'est éthique» et politicques qui sont continues ensemble, et sont «ne doctrine appellée civile, oresme, Eth. m. L'en doit savoir que, en toute chose continue et divisible, l'en peut prendre ce qui est plus et ce qui est moyen et ce qui est egual, m. t'6. 44. En celle [proportionnalité] qui est appelée continue, l'en use d'un terme pour deux, id. t'6. 446. [| xvi*s. Nos despenses continue» ne produisent en fin que des avortons et des phantosmes, lanoue, 484 . N'estant pas bien rétabli d'une fièvre continue de huitjours, d'aub. Vie, xlvi. Telles aigreurs avec la continue des peinesque supportoient tant les chefs que soldats, id. Hist. I, 302. Un tel preparatif est beau pour une course et carrière, mais je crains le retour et la continue de la guerre, amyot, Phoc. 32. Cest ordre prosecutif et continu, M. du bell. Prol. Fièvres continues, c'est à dire qui durent sans cesser.... je ne m'arreste point à expliquer les différences que l'on apporte entre les fièvres continues et continentes, pare, xii, 9. On dict que la lumière du soleil n'est pas d'une pièce continue, mais qu'il nous eslance si dru sans cesse nouveaux rayons les uns sur les aultres, que nous n'en pouvons appeicevoir l'entredeux, mont, i, 37.

— ÊTYM. Provenç. continu; espagn. et ital. continuo; du latin continuus, de même radical que continere (voy. contenir).

CONTINUATEUR, TRICE (kon-ti-nu-a-teur, tris'), s. m. et f. Celui, celle qui continue. Le continuateur du Don Quichote. Ce roi fut le continuateur d'une politique rigoureuse. La continuation de l'histoire de l'Académie, éloge rare dans un continuateur, soutient le parallèle avec avantage, d'alembert, Éloges, cVOlivet.

— ÊTYM. Continuer.

CONTINUATION (kon-ti-nu-a-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || i* Action de continuer. Entreprendre la continuation d'une histoire. On donne la continuation de l'ouvrage d'un autre et la suite du sien, d'alembert, Synonymes. || Action de prolonger. La continuation d'un bail à un fermier. || Prolongement. La continuation d'une muraille. || 2* Etat de ce qui est continué. Lacontinuationde la guerre. Il Terme de physique. Continuation du mouvement, conservation, en grandeur et en direction, du mouvement qui a été primitivement communiqué à un mobile.

— SYN. 1. contindation, continuité. La continuation, c'est l'action de continuer; la continuité, c'est l'état de ce qui est continu : la continuation d'un travail; la continuité d'un espace. Quand continuation se rapporte à la durée, il signifie que l'on continue ce qui est commencé; et continuité, que ce qui se fait ne souffre point d'interruption : la continuation d'un travail, la continuité du travail. H 2. continuation, suite. Ces mots désignent la liaison d'une chose avec ce qui la précède. Mais suite est plus général, n'impliquant pas que ce à quoi on donne une suite soit ou non achevé. Au lieu que continuation exprime positivement que la chose était restée à un certain point qui ne la terminait pas.

— hist. xiii* s. Et qui apeleroit de defaute de droit par ces trois continuacions, il n'aroit pas bon apel, beaum. lxiv, 2. Assés est ajornés qui se part de cort pour continuation de jor, id. xxx, 33. || xiv* s. Pour la continuation et conservement de humaine espèce, oresme, Thèse de meunier. L'envie qui pour ceste continuacion fust sourse contre moy, bercheure, f* 68, recto. La continuacion drs magistraz, id. f* 72. || xv* s. X cest exemple fut faict le noble jouvencel Bouciquaut, lequel tant avoit jà faict de bien par longue continuation dès son enfance, Bouciq. 1, <8. Goûte d'yaue fait la pierre caver; Si fait aussi continuacion De parsuir, retenir, demander, E. lesch. Poésies mss. f* 244, dans lacurne. Continuation de vieille femme abrège la vie d'un jeune homme, Les quinze joy es du mariage,

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p. 181 , dans lacurne. || xvi« s. La continuation de la bonne santé de Madame, marg. Lett. 21. Nous luy condonnons la libre continuation du service divin en la chapelle de sa maison, mont, iv, 93. Suétone dict que Germanicus avoit grossi ses jambes par continuation [continuité] de ce mesme exercice fdu cheval], n>. iv, 190. Une joye modérée, qui a continuation, et est semblable à quelque doux coulant fleuve, lanoue, 5)9. Ils se trouvèrent es mains des moyens suffisans pour la continuation d'une longue guerre, id. 644. Lors estoient bien aguerriz pour la continuation de combattre ordinairement à rencontre des ennemis, amyot, P. JEm. 9.

— ÉTYM. Provenç. continuatio ; espagn. continuation; ital. continuazione ; du latin continuationem (voy. continuer). L'ancien français disait aussi continuante.

CONTINUE (kon-ti-nue) , t. f. || 1° Appareil de filature divisant la nappe de laine en des fils bien tordus. || 2° X la continue, loc. adv. Voy. continu.

CONTINUÉ, ÉE(kon-ti-nu-é.ée), part, passé. L'expédition continuée malgré les obstacles. Un magistrat continué dans ses fonctions. Un ouvrage resté longtemps inachevé et enfin continué.

CONTINUEL, ELLE (kon-ti-nu-èl, è-1'), adj. Oui dure sans interruption. Il y a même un dégoût, attaché à ce qui se trouve de gênant, de continuel, d'assujettissant dans nos ministères, mass. Disc, synod. Nécessité des retraites. Il portait au fond de son cœur une vive et continuelle appréhension de déplaire à Dieu, boss. Anne de Gong. Après qu'il eut reconnu que le nouveau secrétaire d'Etat savait avec une ferme et continuelle action suivre les desseins et exécuter les ordres d'un maître si entendu dans l'art de la guerre, id. le Tellier. Leur seule consolation, dans une entreprise si téméraire, était le continuel bonheur du roi, rollin , Hist. anc. t vi, p. 64) , dans pougens.

— SYN. continuel, continu. Ils désignent l'un et l'autre une tenue suivie. Mais ce qui est continu n'est pas divisé; tandis que ce qui est continuel peut l'être. Des plaintes continues sont des plaintes que rien n'interrompt; un bruit continu est un bruit qui ne présente aucune interruption; des plaintes continuelles, un bruit continuel sont des plaintes, un bruit qui se répètent à chaque instant. Le cliquet d'un moulin en mouvement fait un bruit continuel; mais ce bruit n'est pas continu, car il est composé de retours périodiques séparés par des intervalles de silence.

— HIST. xii* s. X l'evesque de Lundres unes letres itaus Enveia saint Thomas tûtes continuaus, Th. le mort. 86. || xur* s. Se me sires a pris de moi un ronci [cheval] de service et il ait tenu le ronci quarante jors continuels sans renvoier le moi, beaum. xxviii, 6. || xvi' s. 11 n'y a nul bon moyen d'aucunement user de ses bien-faits, qui nous sont continuellement eslargis de lui, si nous ne sommes aussi continuels à le louer et remercier, calv. lnslit. 706. Un petit plaideur continuel qui tourmente tous ses voisins, ianoue, 239. Parla transmutation alléguée, un métal parfait en doit résulter qui aitunestre continuel [durable] , id. 473. La plus grieve et certaine punition de ia meschanceté est le remords continuel de celui qui l'a perpétrée, id. Bts. Un tousseur continuel irrite mon poulmon, mont, i, 9t. Nostre corps estant subject à tant de continuelles mutations, mont, ii, 322.

— ÉTYM. Adjectif dérivé de continu.

CONTINUELLEMENT (kon-ti-nu-è-le-man), adv.

Sans interruption. L'âme considère que, si elle est juste, c'est Dieu qui la fait juste continuellement, boss. la Vallière. On n'a point continuellement des juges devant les yeux , et l'on craint la magistrature et non pas les magistrats, montesq. Espr. xi, «. Nous le voyons continuellement occupé du soin d'acquérir ce qu'il juge utile et d'écarter ce qu'il présume devoir nuire à sa félicité, Holbach, dans Œuvres de du marsàis, Essai, préj. ch. 12.

— HIST. xiu' s. Et s'il n'i pot estre par aucune resnable [raisonnable] cause continuelment, jors li doit estre donnés, beaum. 43. || xiv s. Avecques icelles brebis aux champs sa quenoille [elle] filoit continuelment, Ménagier,!, 6. Tenir l'esprevier jour et nuit le plus continuelment que l'en pourra , id. m , 2. 1 1 xvi' s. Le pauvre peuple champestre, encore qu'il travaille continuellement.... lanoue, 346. Le mien [gosier] m'a tant cousté d'argent Que c'est une choseinfinie ; Aussi m'a-t-il toute ma vie Servi continuellement, i. le houx, ni. La tourbe de nos hommes, stupide, basse, servile, instable et continuellement flottante en l'orage des passions diverses, mont, i, 32». Torquato Tasso dict avoir remarqué cela, que nous avons

les jambes plus grailes que les gentilshommes italiens, et en attribue la cause à ce que nous sommes continuellement à cheval, id. iv, 190.

— ÉTYM. Continuelle, et le suffixe ment.

CONTINUER (kon-ti-nu-é) , v. a. || 1° Ne pas interrompre. Continuer ses études, sa lecture. Continuer son voyage. Son oraison fut perpétuelle pour être égale au besoin.... si le travail semblait l'interrompre, ce n'était que pour la continuer d'une autre sorte, boss. Anne de Gonx. Pompée lui reprocha qu'il laissait toujours des ressources à l'ennemi vaincu, pour se perpétuer dans le commandement, et pour pouvoir continuer un pillage odieux à ses propres soldats, vertot, Révol. rom. liv. xn, p. 168. || 2° Prolonger, étendre. Continuer un mur. Continuer un bail à un fermier. Continuez-lui vos bienfaits. Vous lui continuez ce service fidèle, corn. Pompée, ni, l.Etje n'empêche point qu'on ne vous continue Voire toute-puissance au point qu'elle est venue, id. Otlion, ii, 6. Le temps du consulat étant expiré, on lui continua le même emploi avec le titre de proconsul, vertot, Révol. rom. liv. m, p. 262. On continua la possession des fiefs pour de l'argent, comme on continuait la possession des comtés, montesq. Esp. xxxi, 1. 1| Continuer un ouvrage, ydonner une suite. L'histoire de Thucydide fut continuée avec succès par Xénophon, que vous avez connu, barthél. Anacharsis, ch. 65. || Continuer quelqu'un, être son continuateur; suivre les mêmes voies, les mêmes idées que lui. En plusieurs choses, Mazarin continua Richelieu. || 3" Maintenirquelqu'un dans une place. On le continua dans son emploi. Louis XIV voulut que le doge qui viendrait lui demander pardon fût continué dans sa principauté, malgré la loi perpétuelle de Gênes qui ôte cette dignité à tout doge absent un moment de la ville, volt. Louis XIV, 14. || 4" V. n. Ne pas s'arrêter, ne pas s'interrompre. Continuez, je vous prie. Qu'après son châtiment ma faute continue, corn. Hor. iv, 7. Continuez, madame, et comptez sur moi, on est trop honoré de pouvoir contribuer au bien que vous faites, marmont. Contes mor. Femme comme il y en a peu. || Continuer à, avec un infinitif. Je ne croirai pas qu'elle m'aime tant qu'elle dit, ni que j'aie beaucoup de part en ses prières, si je continue à avoir si peu de santé et si peu de fortune, voit. Lett. 25. Puisque vos maximes sont si utiles et qu'il est si important de les publier, vous devez continuer à m'en instruire, pasc. Prov. 8. Pensez-vous que Calchas continue à se taire? rac Iphig. i, 3. Qu'importe que César continue à vous croire? m. Brit.l; 2. Et la manière dont vous parlez de lui commencerait à me déplaire, si vous continuiez à me cacher les raisons qui vous y obligent, baron, l'Homme à bonnes fortunes, H, 10. 11 le pria de continuer à lui apprendre ce qu'il en savait, bouhours, Nouv. rem. || Continuer de, avec un infinitif. Quoique j'aie à me plaindre de madame, je continue de la voir, elle continue de m'écrire, rac. dans girault-duvivier. Sésostris continuait de me regarder d'un œil de complaisance, fén. Tél. m. Laissez parler, et continuez d'agir, la bruy. dans girault-duvivier. En continuant de me parler ainsi, bouhours, JVotu>. rem. J'appellerai ces sortes d'idées intellectuelles simplement idées, pour les distinguer des autres que je continuerai de nommer sensations, condillac, Trait, sens. part, n, ch. 8. || S'étendre ou se prolonger. Cette côte continue depuis tel endroit jusqu'à tel autre. || 5° Se continuer, v. réfl. Être continué. Cet ouvrage se continue. || Se prolonger, s'étendre. La côte se continue sans escarpement.

— REM. continuer a, continuer de. D'après l'Académie, on doit se servir de continuer à quand il s'agit d'une action commencée et que l'on continue, et de continuer de quand il s'agit d'une action qu'on a l'habitude de faire. Cet homme, tenant son verre, continue à boire; c'est-à-dire il achève ce qu'il avait commencé; mais cet homme est un ivrogne, et, malgré ses promesses, il continue de boire, c'est-à-dire il persiste dans ses habitudes d'ivrognerie. Mais cette distinction , qui n'est pas fondée sur le sens des prépositions à ou de, ne l'est pas non plus sur les exemples des auteurs qui usent, ou indifféremment ou suivant l'oreille, des deux prépositions. Laveaux voulait que à indiquât une intention dirigée vers un but, et qu'on se servit de la préposition de quand rien n'indiquait un but, une intention; cette distinction, fundée sur la conception abstraite des rapports exprimés ordinairement par à et de, n'est pas appuyée par l'usage.

— HIST. xtii* s. Li segneur, s'il lor plest, de lor actorité, poent continuer les pies qui siuit par devant

eus, par trois quinsaines, beaum. lxiv, î. || xiv* « Et ainsi porrai-je en bien continuer, Et si porrai ausi l'ame de moi sauver, Guescl. 15176. || xv" s. Sijevouloie parler des moyens estatz, ce propos continueroit trop, comm. v, 18. Et ne se voyoit point estra refusé une fois d'ung homme qu'il [Louis XI] pratiquoit à gaigner, mais il continuoit en luy promettant et donnant par effect argent, id. i, 10. Que voulez-vous que je vous die? J'ay ceci tant continué, J'en ai assommé et tué, Tant qu'il s'en est bien apperceu, Patelin, 1105. || xvi- s. Le bataillon, qui estoit large de front, ne peut pas bien toujours entretenir celle haye continuée de boucliers joignans l'un à l'autre, amyot, P. Mm. 33. Ils briguoient eulx mesmes pour le faire encore continuer en cest office, m. Arist. 10. Et continuant tousjours à ce faire, mont, i, 105. Il les tansa, jusques à menacer de les jecter en la rivière s'ils continuoient, id.

i, MO Qu'il estoit désormais trop créance dans

les armes, et trop authorisé dans le pais-bas pour y estre continué davantage, d'aub. Hist. m, SOI, Mais mon serment s'envola dans la nue : Serment d'amour jamais ne continue, rons. 819. N'ayant aultre plus grande affection, si non de me maintenir et continuer en vostre bonne grâce, coudé, Mémoires, p. 692.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. continuar; ital. continuare; du latin continuare, de continuus, continu.

CONTINUITÉ (kon-ti-nu-i-té) , *. f. || 1° État de ce qui est d'une seule tenue. La continuité des parties. Le principe, que tout se fait dans la nature par degrés insensibles, est celui que Leibnitz et ses sectateurs ont appelé loi de continuité, d'alemb. Éloges, Bernoulli. Cette continuité d'actions et de réactions qu'on voit dans toute la nature, barthel. Anach. ch. 79. On chercherait en vain dans les vers de Lucrèce cette finesse de goût, cette continuité d'élégance, surtout cette aimable sensibilité que l'auteur des Géorgiques a répandue dans toutes ses compositions, delille , Trois règnes , Disc. prél. || Solution de continuité, interruption qui se présente dans l'étendue d'un corps. Le banc des roches présentait en cet endroit une solution de continuité. || Fig. Ce qui a fait cette solution de continuité entre Lafare et Mme de la Sablière, sév. 440. Il n'y a que de grandes maladies qui fassent solution de continuité dans la mémoire, J. J. rouss. Ém. ▼. || Terme de médecine. Solution de continuité, séparation, soit congénitale, soit accidentelle, départies qui sont continues dans l'état normal. Amputation dans la continuité, celle dans laquelle on est obligé de scier l'os après la section des chairs. || Terme de mathématiques. Propriété des fonctions dites continues. || 2° Durée continue. La continuité de ce bruit m'importune. Il ne faut pas se persuader qu'il mette une rigoureuse continuité de l'oraison, boss. Or. 6. La politesse, l'affabilité, l'esprit de communication remplacèrent cette humeur farouche et cette rudesse de caractère qu'avait laissées la continuité des guerres, raynal, Hist. phil. v, 7. || Répétition incessante, enchaînement. Pour interrompre la continuité de nos bâillements, sév. 435. On aspire à faire évanouir tous vos travaux dans les longueurs et la continuité des interruptions qu'on y apporte, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 338. || Terme de littérature. Continuité d'action, rèçle qui veut que, dans une pièce de théâtre, l'action principale ne soit interrompue par aucun épisode non nécessaire. Dans le Médecin malgré lui, la scène 2 du m* acte, où deux paysans viennent demander un remède pour leur mère à Sganarelle, qui leur donne un morceau de fromage, est tout à fait épisodique; c'est une faute contre la continuité d'action, quoique à un autre égard on puisse y voir un complément de la peinture du caractère principal ; telle qu'elle est, on la retrancherait à la scène, que le spectateur ne s'apercevrait pas qu'il manque rien à l'ouvrage.

— REM. Pour répondre à continu et à continuel, il faudrait, à côté de continuité, le substantif continuante. Mais comme continuante manque, continuité le remplace; et ce substantif coniond la distinction qui existe entre continu et continuel.

— ÉTYM. Provenç. continuitat; espagn. continuidad; ital. continuilà; du latin conlinnilalem, de continuus, continu.

CONTINUMENT (kon-ti-DU-man), otfo. D'une manière continue, sans relâche. Il y faut travailler continûment. C'est ce qui a toujours fini cette dispute à l'avantage de la graml'chambre toutes les fois qu'elle s'est élevée, ce qui prouve continûment que ce n'est pas le tout d'avoir raison pour gagner son procès, st-sim. 483, 274. Toutes les couches

CON

[dans un arbre] s'enveloppent successivement et continûment, bdffon, Expér.surlesvég. I" mém.

— HIST. xii" s. Cil ki vraiement soi humiliet, esguarde continueiement de queiz sordeilhes de péchiez il soit avironeiz, Job, 451.

— ÊTYM. Continue, et le suffixe ment; provenç. eontinvatnent ; espagn. et ital. continuamvnte . L'exemple de l'historique répond non pas à continuement, mais à continuéement.

CONTONDANT, ANTE (kon-ton-d;m , dan-t'), adj. Terme de chirurgie. Qui blesse, comme tout corps mousse, sans percer ni couper. Lésion faite par un instrument contondant.

t COJVTONIIRE (kon-ton-dr') , je confonds, il confond, nous confondons; je contondais; je confondis; je confondrai; confonds; que je confonde; que je confondisse; je contondrais; contondant; confus, v. a. Terme de chirurgie. Produire des contusions.

— HIST. xvi' s. S'opposant contre la cheute ou choses contondantes, comme un coussin, paré, i, 9. Choses qui contondent, meurtrissent etescachent, 10. vin, 38.

— ÉTYM. Lat. contundere, de cum, avec, et tundere, battre.

CONTORNIATE (kon-tor-ni-a-f) , adj. f. Se dit en parlant des médailles de cuivre, terminées, à la circonférence, par un cercle d'une ou de deux lignes de largeur.

— ÉTYM. Lat. cum, avec, et tornus, tour, instrument (voy. tour).

f CONTORS1LE (kon-tor-si-1') , adj. Terme de botanique. Feuille contorsile, celle dont le pétiole est susceptible de torsion.

— ÉTYM. Voy. CONTORSION.

CONTORSION (kon-tor-sion ; en poésie, de quatre syllabes) s. f. || 1" Action de tordre. La contorsion de son épée, sév. 493. || 2° Contraction irrégulière des muscles . torsion des membres. || Terme de peinture. Attitude forcée, expression outrée dans une figure. || Fig. C'est là la première contorsion qu'il faut donner à son esprit, boss. Nouv. myst. 10. Il fallait que Fabroni ou Campanelle fût confondu; du moins il aurait fallu donner d'étranges contorsions à leurs horoscopes pour les concilier, fén. xix, 41 4. || 2° Par extension, geste ou mouvement déréglé, ridicule, exagéré. Il [le roi d'Egypte] essaye [de tendre l'arc], il fait des contorsions qui excilent le rire, volt. Babyl. 1. Tous les efforts que je ferais pour paraître aimable, ne seraient que des contorsions qui me rendraient plus maussade , p. L. cour. Lett. n, 91. Et je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations, mol. Mis. i, ». Vous croyez apprendre à vivre à vos enfants, en leur enseignant certaines contorsions du corps et certaines formules de paroles qui ne signifient rien, j. j. rouss. Ém. iv.

— HIST. xvi* s. Quand quelques rouelles de l'espine sont hors de leur place, lors il se fait contorsion de la mouelle, paré, m, i2. Le patienta grande douleur et contorsion au ventre, id. vin, 34.

— ÉTYM. Lat. contorsio, de cum, et torsio, torsion, f CONTORTÉ, ÉE (kon-tor-té, tée), adj. Terme

de botanique. Qui est fortement tordu.

— ÉTYM. Voy. CONTORSION.

CONTOUR (kon-tour), s. m. || 1° Ce qui marque le tour de quelque chose. Le contour d'une colonne. Le contour de Paris. Ces matelas, ces amas de plumes, ces rideaux à double contour, volt. Mœurs, 3. Quatre rideaux pompeux par un double contour En défendent l'entrée à la clarté du jour, boil. Lulr. i. Le ciel reçut, en son vaste contour, Les feux brillants de la' nuit et du jour, J. B. rouss. Allég. liv. m. C'est là que la nature, dans une étendue de trente lieues de contour, étale toute sa richesse avec toute sa simplicité, raynal, Hist. pttil. ni, 32. Ces contours d'un beau sein, ces bras voluptueux, delille, Homme des champs, iv. Là, deux ruisseaux, cachés sous des ponts de verdure, Tracent en serpentant les contours du vallon, lamart. Médit, i, 6. jl Fig. Action de circonvenir, de solliciter. Lauzun ne pardonnait pas au maréchal de Lorge d'avoir résisté à tous ses contours et de ne l'avoir mis à portée de rien, st-sim. 37, 169. || Terme de peinture et de sculpture. Je dessine à merveille Les contours de cet Apollon , bérang. Éduc. Une jeune fille, apercevant l'ombre de son amant sur un mur, dessina les contours de cette ombre, chateaub. Génie, m, i, 3. || Les contours d'une draperie, les tours qu'elle fait aux endroits où elle est relevée. || Garniture que l'on met au drapeau ou à l'épaulette. |j 2° Les contours, les environs. Le roi, ayant envoyé le marquis de Brezé son ambassadeur vers le roi de Suède, s'en revint aux contours de Paris

CON

achever l'année 163), bassompierre, Mém. t. iv, p. 166, dans laci'RNE. || Vieilli en ce sens.

— HIST. xv* s. Et plusieurs autres villages qui sont là en ce contour, froiss. i, i, 128. || xvi" s. Le contour [changement] en est si brusque qu'il nous eschappe, mont, i, 272. Et doibt en oultre leur course [de nos désirs] se manier, non en ligne droicte qui face bout ailleurs, mais en rond duquel les deux poinctes se tiennent et terminent en nous par un brief contour, id. iv, 157.

— ÉTYM. Voy. contourner.

t CONTOURNABLE (kon-tour-na-bl'), adj. Qui peut être contourné.

— HIST. xvi* s. Nous avons une ame contournable en soy mesme; elle se peut faire compaignie, mont. i, 27». La raison est un util soupple, contournable et accommodable à toute figure, id. ii, 284.

— ÉTYM. Contourner.

CONTOURNÉ, ÉE (kon-tour-né , née), part, passé. || 1° Qui a un certain contour. Une figure bien contournée. || 2° Autour duquel il y a passage, chemin. Coteau contourné par la route. || 3" Tourne de travers, déformé. || Fig. St-Cyri)le s'emporte; il est obscur, bizarre et contourné, chateaub. Génie, i, t. H En termes de blason, contourné se dit des animaux qui ont la tête tournée vers la gauche de l'écu. || En termes de médailles, un médaillon contourné est celui qui est frappé en creux, avec un cercle relevé autour des bords, et dont les figures ont aussi moins de relief que celles des autres. || Terme de botanique. Partie contournée , partie qui se replie sur elle-même, et aussi partie qui a été gênée dans sa croissance. || Coquille contournée, coquille en spirale. 1| Terme de minéralogie. Cristal contourné, cristal dont les faces ont éprouvé des inflexions.

f CONTOURNEMENT (kon-tonr-ne-man) , s. m. Action de contourner; manière dont une chose est contournée. On observait distinctement les contournements que le changement de direction avait occasionnés dans les pédicules, bonnet, De l'usage des feuilles, 2* mémoire. Le contournement qui s'est fait dans plusieurs de ces feuilles les a toutes disposées dans le même plan, id. ib. 3* mémoire.

— HIST. xvi* s. Ils ramperont le long du rocher, tenans et faisans plusieurs gestes et plusieurs contournemens, palissy, 64. Avec une petite manière d'irrision et contournement de nez, je les adverty qu'ils n'attendent aucune response de moy, dubell. n, 6, recto. Que le cheval ait trois parties correspondantes à trois de serpent, assavoir, la mémoire, la veue et le contournement, o. de serres, 303.

— ÉTYM. Contourner.

CONTOURNER (kon-tour-né) , v. a. || 1° Terme de peinture et de sculpture. Marquer avec des traits et des lignes les contours d'une figure pour premier fondement du dessin. || Donner à une figure le contour qu'elle doit avoir. Savoir bien contourner une figure. Contourner des volutes. || Terme de métier. Arrondir. || 2° Passer autour de quelque chose ; faire le tour de. Ce fleuve contourne la ville. La colonne d'attaque contourna le coteau où l'ennemi était posté. || 3° Tourner de travers. Cette position finit à la longue par contourner les jambes. La chaleur a contourné ce morceau de bois. C'est de dessus en dessous que notre petite rouleuse [une chenille] contourne les feuilles du frêne, et qu'elle dispose peu à peu celle sur laquelle elle s'est établie à revêtir la forme de cornet, bonnet, Observ. 20", Insectes. || Fig. Il le faut dresser pour lui comme un cheval de manège, il le faut contourner à sa mode comme un arbre de son jardin, J. J. rouss. Ém. 1. 1| Terme d'art du dessin. Donner à une figure, à un ouvrage une position forcée et maladroite. || 4" Se contourner, v. réfl. Être tourné de travers. Sa taille se contourne.

— HIST. xv* s. Si fut la ville de Berghes mise et contournée en feu et en flammes, froiss. h, h, 213. L'argent ne devoit estre contourné ailleurs [détourné], id. u, n, 128. Et mena tellement le pape par ses dons et par ses fallaces, qu'ils contournèrent du tout la roine d'Angleterre et condamnèrent en son tort, id. i, i, il. ||xvi* s. Le lier taureau au combat ordonné Deçà de là va contournant sa teste, dubell. v, 8, recto. Il semble qu'il soit en nostre pouvoir de les [nos maux] mespriser ou contourner à bien, mont, i, 294. Sa bestise la rend subjecte à estre maniée et contournée parles aureilles, id. i, 381. La fortune contourna, oultre toute raison, cet accident, si qu'il s'en veit délivré sans aulcun inconvénient, m. n, 31. Contournant la teste comme un singe qui avale des pilules, cotgrave.

— ÉTYM. Con, et tourner.

CON

t CONTOURNIATE (kon-tour-ni-a-f), $. m. Voy.

CONTORNIATE.

t CONTRACTABLE (kon-tra-kta-bl') , adj. Qui peut être contracté , que l'on doit contracter.

— ÊTYM. Contracter 1.

CONTRACTANT, ANTE (kon-tra-ktan , ktan-t'), adj. || 1° Qui contracte. Les parties contractantes. || 2° Substantivement. Les contractants. Entre contractants de bonne foi, les engagements se remplissent selon les termes dans lesquels ils ont été formés, MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 255.

— HIST. xvi* s. Quand tous les contractans soroient egaulx, amyot, Agés. 47.

— ÉTYM. Contracter i . On disait aa««i. dans l'ancien droit, contrahant.

t CONTRACTATION ( kon-tra-kta-sion ) , *. f. || 1° Terme de droit. L'action de contracter. Antérieurement à la contractation du mariage. || 2° Anciennement, tribunal espagnol pour le commerce des Indes. Le projet était de supprimer la contractation de Séville, et d'abolir l'induit qu'on imposait depuis longtemps sur les vaisseaux qui revenaient des Indes, st-sim. 452, 97.

— HIST. xvi* s. Contractation, cotgrave.

— ÊTYM. Voy. CONTRACTER.

CONTRACTE (kon-tra-kf) , adj. Terme de grammaire. Qui est soumis à la contraction. Nom, verbe contracte. Au, du, des, aux sont des articles contractes (pour à le, de le, de les, à les).

— REM. Contracte, comme compacte, est écrit au masculin avec un e, tandis que exact suit une autre formation, bien que la finale de tous ces mots réponde à la finale latine actus.

— ÉTYM. Lat. contractus , resserré, participe passé de contrahere, de cum, et trahere, tirer (voy. traire).

1. CONTRACTÉ, ÉE (kon-tra-kté, ktée), port. passé de contracter 1. || 1° Établi par contrat. Un engagement contracté imprudemment. || 2° Qui est simplement du fait de l'homme et assimilé à un engagement. Dettes contractées. || 3° Par extension, joint à soi, qu'on a fait partie de soi. Amitié contractée dès la jeunesse. Vices contractés. || 4° Qui a été reçu par le corps, en parlant de maladies. Fièvres contractées dans une contrée marécageuse. L'air de ce séjour [le Cap] est si pur qu'on le regarde comme un remède souverain pour la plupart des maladies apportées d'Europe et qu'il n'est pas sans utilité pour les maladies contractées aux Indes, raynal, Hist. phil. u, 18.

2. CONTRACTÉ, ÉE (kon-tra-kté, ktée), part, passé de contracter 2. || 1° Resserré. Un corps contracté par le froid. Alors on voyait la figure de ces guerriers [les Russes] contractée par une douleur sauvage, et le feu de leurs regards sombres et menaçants répondre à ces feux [l'incendie de Moscou] qu'ils croyaient notre ouvrage, ségur, Hist. de Nap. vin, 9. || 2»Terme de grammaire. Voyelle contractée, par exemple u pour ue, dans continûment; article contracté, au pour à le, du pour de le. || 3° Terme de botanique. Connectif contracté , connectif court et tenant les loges de l'anthère rapprochées. Nectaire contracté, nectaire qui, placé sur le réceptacle, ne déborde pas la base de l'ovaire. || 4° Terme de minéralogie. Dodécaèdre contracté, dodécaèdre dans lequel les bases pentagones extrêmes éprouvent une sorte de contraction, par suite de l'inclinaison des faces latérales.

1. CONTRACTER (kon-tra-kté), ». a. || 1" Terme de droit. S'engager par contrat ou par convention. L'alliance que Dieu avait contractée avec cette race, boss. Hist. n, 3. Les sociétés qu'on y contracte ont le caractère de l'éternité, boss. Lett. abb. 120. Tu me dis qu'il a épousé ta maîtresse ; je crois qu'il aurait plus fait pour sa passion, et que avec elle il aurait épousé, toi, son chien et son chat; un mariage ne lui coûte rien à contracter, mol. D. Juan, i, t. || Absolument. Un mineur ne peut pas contracter. || 2» Se dit en certains cas lorsqu'il y a simplement fait de l'homme. Contracter des dettes, s'endetter. Les parents contractent l'obligation de nourrir leurs enfants. || Contracter des obligations envers quelqu'un, recevoir de lui des services qui engagent. || 3" Par extension, joindre à soi, attacher à soi. Contracter un vice. Contracter une bonne habitude. Contracter amitié, familiarité. Il est impossible que tu n'y contractes pas bien des souillures, montesq. Lelt. pers. 16. Lorsqu'une fois nous avons contracté ces habitudes, nous agissons sans pouvoir observer les jugements qui les accompagnent, condillac, Trait, sensat. part. 4*, Œuvres, t. m, p. 360, dans pougens. Partout où ils [les démagogues] ont du crédit, le gouvernement parvient avec

CON

rapidité au plus haut point de la corruption, et le peuple contracte les vices et la férocité des tyrans, Barthélémy, Anach. ch. 62. || Par analogie. Ce vin a contracté un goût fort désagréable. || 4* Contracter une maladie, en être atteint. || Par analogie. Pour comble de ces excès, on ne contracte ni péché, ni irrégularité, en tuant de cette sorte sans autorité et contre les lois, quoiqu'on soit religieux et même prêtre, pasc. Prov. 44. || 6" Se contracter, v. réfl. Etre fait par obligation. Cet engagement se contracte au pied des autels. || Par extension. Les dettes se payent moins aisément qu'elles ne se contractent. || Etre acquis. C'est une bonne habitude qui se contracte par la persévérance. || Survenir, en parlant de maladies. Les affections du foie se contractent aisément sous la zone tornde.

— hist. xvi* s. Je suis rendue en France sans estre accordée, promise, ny contractée avec homme

vivant, carl. i, 26 Qu'elle se devoit bien garder

de comprendre Gennes en aucune ligue en laquelle sa dite saincteté fut contrahente, m. du bell. 4 78. Aussi y entrèrent les Genevois, mais comme contrahans, et non comme subjects de l'empereur, id. 4 82. Bien aviser de vous garder d'estre enferré, en contractant inconsidérément avec un mauvais vendeur, o. de serres, 9. Voyant que ce n'estoit point une maladie ordinaire, ny contractée des causes accoustumées et communes, amyot, Comment il faut lire les poètes, 32. Suivant ce qu'ils avoient contracté ensemble, id. Pomp. 76. Contracter mariage, id. Solon, 38. Contracter alliance, id. Sylla, 8. Ne contracte pas légèrement avec toute personne, id. Comment il faut nourrir les enfants, 37. Sont reputez aubains ceux qui sont natifs hors des pays de nostrt souverain seigneur et y viennent contracter domicile et y faire demeurance, Souv. Coustum. gêner, t. il, p. 87). Nous disons communément rompre la paille ou le festu avec quelqun, quand nous nous disposons de rompre l'amitié que nous avions contractée avec lui, pasquier, Recherches, p. 747, dans LACURNE.

— ÉTYM. Contrat, écrit autrefois contract.

2. CONTRACTER (kon-tra-kté) , v.a. || 1' Resserrer, réduire le volume. C'est par pressentiment que l'araignée sortant de son œuf.... tisse sa toile.... en croise les fils, les contracte pour en éprouver la force.... bern. de s-p. Harm. liv. v. Harmon. anim. || 2° Terme de grammaire. Réunir deux voyelles ou deux syllabes en une seule. On contracte à le en au, de le en du. || 3° Se contracter, v. réfl. Devenir plus court par resserrement. Les muscles se contractent pour agir. L'étamine, touchée avec la pointe d'une aiguille, se contractait en dessous , bonnet, Contemplation de la nature, 40* part. ch. 33. || 4' En termes de grammaire, se confondre, se réunir. Ces deux syllabes se contractent en une seule.

— ÉTYM. Voy. contracte. Contracter, s'engager par contrat, et contracter, resserrer, sont, étymologiquement, par rapport au latin, un seul et même verbe, venant tous deux du participe latin conlractus, devenu substantif dans contractus, contrat, et ayant au propre le sens de resserré. Mais ils sont aussi verbes distincts étymologiquement, par rapport au français, venant l'un du substantif contrat, l'autre de l'adjectif contracte.

t CONTRACTIF, IVE (kon-tra-ktif, kti-v'), adj. Terme didactique. Oui détermine une contraction , un resserrement. Force contractive.

— ÊTYM. Voy. contraction ; provenç. contractiu. CONTRACTILE (kon-tra-kti-1'), adj. Terme de

physiologie. Qui est susceptible de contraction, c'està-dire de raccourcissement, et par conséquent capable de communiquer un mouvement. La fibre musculaire est contractile.

— REM. Bonnet a employé contractile dans le sens actif : qui a la force de contracter, de raccourcir. La force contractile dont ils sont doués est telle.... Contempl. de la nat. 40* part. ch. 2fi. Il vaut mieux dire force contractive. La finale ile, répondant à la finale latine ilis, est d'ordinaire passive : docile, ductile, etc.

— ÉTYM. Voy. CONTRACTER 2.

CONTRACTILITÉ (kon-tra-kti-li-té), s. f. Terme de physiologie. Propriété vitale élémentaire, caractérisée par ce fait que la substance organisée qui en jouit se raccourcit dans un sens, et augmente de diamètre dans l'autre. || Contractilité animale, nom que Bichat donnait à la contractilité des muscles soumis à la volonté. Contractilité organique sensible, nom qu'il donnait à la contractilité des muscles non soumis à la volonté. Contractilité organique insensible, nom qu'il donnait à la cause qui détermine les mou-

CON

vements dans les capillaires et divers conduits excréteurs.

— ÉTYM. Contractile.

CONTRACTION (kon-tra-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1" Resserrement, rapprochement des molécules d'un corps, qui a pour résultat de diminuer le volume en augmentant la densité. || Terme de physique. Contraction de la veine fluide, resserrement qu'éprouve la colonne liquide qui s'échappe d'un orifice percé en mince paroi, peu après sa sortie du vase. La contraction de la veine en réduit le diamètre aux deux tiers ou aux 6/8 environ de celui de l'orifice. || 2° Terme de physiologie. Raccourcissement produit par la contractilité. Force de contraction. Ce sont les contractions du coeur qui chassent le sang dans les artères. Le style [de la fleur], jusqu'alors emprisonné, s'élançait au dehors parla contraction de l'anthère, et se chargeait, en passant, de la poussière fécondante, bonnet, Contempl. de la nature, 4 0« part. ch. 33. Cet aspect la fit frémir; je vis ses traits s'altérer, ses regards s'en détourner avec une espèce d'horreur, et ses bras en contraction se roidir pour le repousser, J. J. rouss. Hél. vi, 4L || Contraction des traits, état de la face dans lequel les traits sont tirés, et qui exprime soit la colère, soit la répugnance, soil l'horreur. La contraction des traits de l'empereur et son irritation firent juger de sa souffrance; mais en lui la politique était une seconde nature qui bientôt imposait silence à la première, sègitr, Hist. de Nap. vi, 6, || 8' Terme de grammaire. Réduction de deux voyelles ou de deux syllabes en-une seule. Lotharinge, nommée depuis par contraction Lorraine, volt. Mœurs, 24. L'empressement que l'on a à énoncer la pensée a donné lieu aux contractions et à l'ellipse dans toutes langues, dumarsais, Hél. gramm. phil. OEuvres, t. v, p. 88.

— HIST. xiii* s. Se li contractions est en parties, si li estuet oindre l'eskine deriere par tôt le dos, alebrant, f° 20. || xiv s. Impositions, contractions ou exactions, Ordonn. des rois de Fr. t. i, p. 693. || xvi" s. Parla contraction du cœur et des artères, la fuligine est chassée hors, paré. Introd. 8. Ce sont certaines pointures d'aiguillons, et certaines contractions et dilatations qui reçoivent plus ou moins par raison, amyot, De la vertu morale, 23.

— ÉTYM. Provenç. contraccio; espagn. contracdon; ital. contrasione; du latin contractionem, de contractus, resserré (voy. contracte).

CONTRACTUEL, ELLE (kon-tra-ktu-èl, è-l'),adj. Terme de droit. Qui se fait par contrat, qui a son origine dans un contrat. Un lien contractuel. Cette obligation a une origine contractuelle. Succession, substitution, institution contractuelle, hérédité qui est réglée par un contrat de mariage. || Héritier contractuel.

— ÉTYM. Contrat.

f CONTRACTUELLEMENT (kon-tra-ktu-è-leman), adv. Terme de pratique. Par contrat.

— ÉTYM. Contractuelle, et le suffixe ment. CONTRACTURE (kon-tra-ktu-r'), s. f. || 1° Terme

d'architecture. Rétrécissement ou diminution du fût d'une colonne dans sa partie supérieure. || 2» Terme de médecine. Etat de rigidité auquel les muscles n'arrivent ordinairement que d'une manière lente et progressive, à la suite de rhumatismes, de névralgies, de convulsions.

— ÊTYM. Lat. contractura , de contractum, supin de contrahere, resserrer (voy. contracte).

f CONTRACTURER ( kon - tra- ktu- ré ). v. a. || 1' Terme d'architecture. Opérer un resserrement dans les parties supérieures des colonnes. I| 2° Terme de médecine. Déterminer la contracture d'un muscle. || Se contracturer, v. réfl. Devenir contracté. Ce muscle s'est contracture.

— ÉTYM. Contracture.

CONTRADICTEUR (kon-tra-di-kteur), s. m. Celui qui contredit. Son élection trouva dans la compagnie même un contradicteur redoutable, d'alemb. Académ. franc, v, p. 4)6. En ce genre c'est presque une marque sûre de n'avoir pas rencontré le vrai que de trouver des contradicteurs ou d'en trouver qui le soient longtemps, d'alemb. Éloges, Dumarsais. || Terme de palais. Légitime contradicteur, celui qui a qualité ou droit d'intervenir pour contredire. Acte sans contradicteur.

— hist. xiii* s. Li rois commande que li contradiseor jurent que par malice ne diront riens contre l'eslection, Liv. de just. 44.

— étym. Lat. contradictor , de contradicere (voy. contredire).

CONTRADICTION (kon-tra-di-ksion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. |l l'Action de contredire. Cet

CON

avis n'a point éprouvé de contradiction. || Esprit de contradiction, disposition à contredire. Par esprit de contradiction. Son humeur noire lui donnait un esprit de contradiction, fén. Tél. xxiv. Quelle que soit la pente ou l'inclination Dont l'eau par sa course l'emporte [le corps d'une femme noyée], L'esprit de contradiction L'aura fait flotter d'autre sorte, l» font. Fabl. m, 4 6. || Terme de philosophie. Principe de contradiction, loi de l'intelligence par laquelle nous jugeons faux tout ce qui implique à la fois une chose et son contraire, ou affirmation et négation. Un seul moi, formé de deux principes sentants, l'un simple, l'autre étendu, est une contradiction manifeste, condillac, Trait, anim. ch. 2. || Eau de contradiction, eau que Moïse fit jaillir du rocher d'Oreb. || Terme de droit. Contestation élevée contre un droit ou une prétention. || Terme de féodalité. Déclaration par laquelle un tenancier censitaire signifiait au seigneur qu'il méconnaissait sa directe, et qu'il entendait posséder allodialement. || 2° Action de se contredire. Les contradictions de cet accusé l'ont perdu. Il n'y a aucune erreur qui ne tombe en contradiction par quelque endroit, boss. Var. 4 4. Cette séparation implique contradiction, id. Coméd. Malgré les contradictions de leur raison et de leurs sens, fléch. m, 437. J'ai étudié son caractère et j'y ai trouvé des contradictions qu'il m'est impossible de résoudre, montesq. Utt. pers. 37. Le critique ignore-t-il les contradictions de l'esprit humain, et comment il sait séparer les choses les plus unies et unir celles qui sont les plus séparées? montf.sq. Défense de l'Esprit des lois, 2' part, climat. On trouve de pareilles contradictions chez tous les peuples; elles sont un effet des circonstances qui, sans qu'on le remarque, introduisent, d'âge en âge, des usages et des opinions contradictoires, condillac, Hist. anc. m, 6. || 3° Opposition à un sentiment, à une doctrine, à un obstacle. En suscitant des obstacles et des contradictions à leur vertu [des élus] , ils [les impies] couronnent leur persévérance, mass. Carême, Mélange des bons etc. Portant au dedans de nous une contradiction éternelle à la loi de Dieu, id. Carême, Injust. La doctrine de J. C. trouve la même contradiction dans les esprits, m. Carême, Évid. Et si fort amoureux de ses opinions Qu'il n'y souffre jamais de contradictions, hauteroche, Nobles de province, m, 40. Tibère lui succéda sans contradiction, boss. Hist. i, 40..

— HIST. xii* s. Tu défendras els, en tun tabernacle, de la contradictiun des langues, Liber psalm. p. 38. || xive s. Et ce seroit contradittion, car il y seroit et n'y seroit pas; et c'est impossible, oresme, Eth. 74. || xv* s. Et qu'on le paye sanscontradicion, e. desch. Supplicat. au roi. || xvi' s. Les philosophes ont jadis fort curieusement disputé du souverain bien, et en ont débattu avec grande contradiction, Calvin, fnstt't. 791. Dioscorus y presidoit sans contradiction,-comme de droit, id. ib. 890. J'apporte à mes jeux une extrême contradiction [répugnance] à tromper, mont, i, 408. Combien nous sentons de contradiction en nostre jugement mesme, id. i, 205. Par une ridicule contradiction, id. i, 283. Il y a des gens qui ont un esprit de contradiction dedans le corps; et qui voudrait contester avec eux, ce ne seroit jamais fait, desper. Contes, xxxix. Il ne faut point se persuader qu'on trouve grande contradiction, quand l'on apercevra que l'intention des reformateurs est bonne, lanouë, 93. Cessation, contradiction et opposition valent trouble de fait, loysel, 757. Il avoit mis en avant unadvis, contre lequel il y eut plusieurs oppositions et contradictions faittes, amyot, Arist. 8. Nous pourrons commander sans contradiction à toute la Grèce, id. Pyrrn. 30. Il attent jusques à ce que celuy qui parle ait achevé; encores après qu'il a achevé, il ne va pas soudainement luy jetter au devant une contradiction, id. Comm. il faut ouir, 6.

— ÉTYM. Provenç. contradicio; espagn. contradiccion; ital. contradizione ; du latin contradictionem, de contradicere, contredire.

CONTRADICTOIRE (kon- tra-di- ktoi- r'), adj. || 1° Terme de droit. Qui a subi contradiction. Arrêt, condamnation contradictoire , décisions rendues après débat ou conclusions, par opposition à décision rendue par défaut ou par contumace. || En général, il se dit de tout acte de procédure fait en présence des parties. Procès - verbal contradictoire. || 2° Qui se contredit, qui implique contradiction. Des nouvelles contradictoires. 11 est contradictoire d'aimer une chose sans s'y plaire, vauven. Espr. hum. 43. Cette proposition est contradictoire à telle autre. Ho, ho! qui des deux croire? Ce discours au

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premierestfortcontradictoire,MOL.lVE'lour.i> 4. Une s'agit pas moins que de savoir s'il est spinosiste et déiste; et, quoique ces deux accusations soient par elles-mêmes contradictoires, on le mène sans cesse de l'une à l'autre, montësq. Défense de l'Esp. des lois, part, i, 4. Celui qui doute de tout comme philosophe, n'ose rien nier comme théologien; cet homme contradictoire est toujours content de lui, pourvu que I'ob convienne des qualités, 10. Lett. pers. 60. Tout ce que vous m'avez prouvé est, à mes yeux, plein de choses inconcevables, contradictoires, absurdes, J. J. bouss. Dial. 1. 1| En philosophie, les propositions contradictoires sont celles qui disent qu'une chose est, et qu'elle n'est pas. [| 3° S.f. Terme de philosophie. Proposition contradictoire. Il ne fait ici que condamner la contradictoire de la proposition, boss. Lett. 4)6. || 4° S. m. Terme de philosophie. Les contradictoires, sorte d'opposés qui consistent dans un terme et la simple négation de ce terme, comme voir et ne voir pas. Il est impossible que deux contradictoires soient vrais en même temps. || Dans le langage général, les contradictoires, les choses qui s'excluent. Voilà le sort des gens qui veulent assembler les contradictoires, en contentant tout le monde, nETZ, Mém. t. il, liv. m, p. 465, dans pougens. En fait d'administration, on concilie souvent les contradictoires, condillac , Comtn. gouv. part, u, ch. 8. || Au sing. La reine mère et le roi, séduits par les jésuites, s'étaient laissé persuader par eux le contradictoire exact et précis de la vérité, st-sim. 443. 4". Ce nouveau vacarme [de Vendôme] ne put empêcher un contradictoire si net, si précis, si important de la même bouche, id. 2 1 3 , (24. || Peu usité au singulier.

— HIST. xiv s. Lanegacion contradictoire. — Car il sunt contradictoires, obesme, Thèse de meunieb. || xvi' s. Et celuy qui, se confessant à moy, me recitpit avoir, tout un aage, faict profession et les eff'ects d'une religion damnable selon luy et contradictoire à celle qu'il avoit en son cœur, pour ne perdre son crédit et l'honneur de ses charges....

— ÊTYM. Voy. contbadicteub ; provenç. contradiclori; espagn. et ital. contradictorio.

CONTRADICTOIREMENT(kon-tra-dik-toi-re-man), adv. || 1° Terme de droit. Après avoir entendu les parties. Il a été jugé contradictoirement. Arrêt rendu contradictoirement. || 2" Dans le langage général. D'une manière contradictoire. Ces deux propositions sont contradictoirement opposées.

— ÊTYM. Contradictoire, et le suffixe ment. CONTRAIGNABLE (kon-trè-gna-bl'), ad). Terme

de droit. Qui peut être contraint par quelque voie de droit. Ils sont contraignables par corps. Duclos recule tant qu'il peut, tout contraignabîe qu'il est, volt. Lett. en vers et en prose, 80.

— HIST. xvi' s. Le seigneur n'est contraignabîe à prendre ce qui n'est de son fief [quand il exerce le droit de rachat sur un héritage vendu], lovsel, 468. Tout obligé pour chose judiciaire est contraignabîe par corps, sans qu'il puisse estre attermoiô ni reçu à faire cession, id. 907.

— ÊTYM. Contraindre, par le [participe contraignant.

■(•CONTRAIGNANT, ANTE (kon-tri-gnan, gnan-t'), adj. Qui contraint, qui gêne. Non, non, je ne veux point à votre passion Imposer la rigueur d'une explication ; Je ménage les gens , et sais comme embarrasse Le contraignant effort de ces aveux en face, mol. F. sav. i, 2. Cela est bien contraignant, sêv. 236. Je vous plains des compagnies contraignantes que vous avez eues, id. 438. Les ennemis, plus soigneux de s'avancer solidement et commodément, que de se hâter de pénétrer en se laissant des derrières contraignants, avaient préféré les grands sièges pour se porter plus sûrement et plus durablement en avant, st-sim. 246, 43.

t CONTRAIGNEMENT (kon-trè-gne-man), s. m. Action de contraindre.

— HIST. xiv* s. Contraignement de faire paier, Ordonn. des rois de France, t. m, p. 294.

— ÊTYM. Contraignant, participe de contraindre. t CONTRAIGNEUR (kon-trè-gneur), s. m. Celui

qui contraint.

— HIST. xvi* s. Contraigneur, oudin, Dict.

— ÊTYM. Contraignant, participe de contraindre.

CONTRAINDRE (kon-trin-dr'), je contrains, tu contrains, il contraint, nous contraignons, vous contraignez, ils contraignent; je contraignais; je contraignis; je contraindrai; contrains, qu'il contraigne, conl '•aignons; que je contraigne, que nous contraignions; que je contraignisse; contraignant; contraint, v. a. Il 1° Serrer, presser, mettre à l'étroit. Vieux en ce

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sens. Sa chaussure le contraint si fort.... || 2* Tenir dans la contrainte, gêner. Il ne contraint plus l'inclination qu'il a pour elle, sêv. 402. La violence que chacun se fait à contraindre ses larmes, la brut. i. Tout ce qui vous passe et vous égale vous contraint et vous gêne, mass. Carême, Pardon des offenses. Pour moi, loin de contraindre un si juste courroux, bac. Andr. iv, b. Contraindrez-vous César jusque dans ses amours? m. Brit. m, 4. Ne les contraignons point, Doris, retirons-nous, id. Iphig. il, t. Mais laissez-moi de grâce un peu de solitude, Et ne contraignez point ma triste inquiétude, id. Théb. v, 3. Mais le peuple, indigné que la loi le contraigne, Voudrait être séduit et flatté comme un roi, masson, Helvitiens, vi. || 3° Forcer quelqu'un à agir contre sa volonté. Qui livrait Annibal pourra bien vous contraindre, cokn. Nie. i, t. Le respect me force à me taire, la reconnaissance m'y oblige, l'autorité m'y contraint, d'ai.emb. Synonymes. || Contraindre à, avec un infinitif. Ella a pour premier point Exigé qu'un époux ne la contraindrait point X traîner après elle un pompeux équipage Ni surtout de souffrir.... boil. Sat. x. Non, je ne vous veux pas contraindre à l'oublier, bac. Athal. a, 7. || Contraindre de, avec un infinitif. Deux horribles naufrages contraignirent les Romains d'abandonner l'empirede la mer aux Carthaginois, boss. Hist. î, 8. Henriette, d'un si grand cœur, est contrainte de demander du secours, boss. Reine d'Anglet. Si ses exploits divers Ne me contraignaient pas de voler à toute heure Au bout de l'univers, rac. Poésies diverses, la Renommée. Et lui-même au torrent est contraint de céder, id. Iph. v, 3. | Par analogie. Contraindre ses soupçons au silence, volt. Catil. i, 3. || 4* Terme de droit. Forcer quelqu'un par voie de justice. Contraindre par corps, par saisie de biens. || 5* Se contraindre, v. réfl. Se gêner, se retenir. Mon père est satisfait, cesse de te contraindre, cobn. Cid, v, 6. Jedoisdonc me contraindre, et j'y suis résolu, id. Sertor. iv, S. II ne pouvait se contraindre sur si peu de chose, hamilt. Gramm. 4. Tu vois trop mon rival et tu me vois trop peu ; Il faudrait, pour ton bien, sur cela te contraindre; Tu crois faire durer son feu, Et tu travailles à l'éteindre, chaul. A Mme D. L'impatient Néron cesse de se contraindre; Las de se faire aimer, il veut se faire craindre, bac. Brit. t, t. Mais hélas! leur fureur ne pouvait se contraindre, id. Théb. v, 2. Son mépris pour les amusements de l'empereur ne se contraignait pas même en public, dider. Ess. s. Claude. Il embarrasse tout le monde, ne se contiaint pour personne, ne plaint personne , la bruy. xi. j| Se contraindre d'une chose, ne pas la faire. S'il vous vient un petit conte à la traverse, ne vous en contraignez pas, sév. t. iv, lett. 346, p. 77, dans poogens. || Se contraindre de, suivi d'un infinitif. Je ne me contraignis pas devant lui de répandre quelques larmes, SÊV. t. vu, lett. 703, p. 223, dans pougens. || Proverbe. La nécessité contraint la loi, c'est-à-dire elle oblige à l'enfreindre.

— KEM. 1. Les auteurs ont employé indifféremment contraindre d et contraindre de, avec un infinitif, ne consultant en cela que l'oreille. Les autres distinctions ne paraissent que des subtilités. || 2. Contraindre étant formé de con-stringere, comme restreindre l'est de re-stringere , etélreindre, de stringere, l'Académie devait écrire contreindre.

— SYN. contbaindre, fobcer. Ces deux verbes expriment que l'on agit contre son gré. La nuance est que forcer indique une action plus forte que moi, qui me domine, qui me fait force, tandis que contraindre exprime simplement un obstacle opposé à ma volonté, quelque chose qui me serre, qui me lie. C'est là la nuance qui distingue ces deux verbes, tout en permettant de les confondre en bien des cas.

— HIST. xii* s. La grâce Deu vus fist enceindre e coruner; Pur ço vus devez mult constraindre e guverner ; E tute vostre vie en buens murs [mœurs] afermer, Que vus puissiez as autres buens sssamples duner, Th. le mart. 78. || xin* s. Tele pot ele estre [la convention] que Jehans doie estre constrains au tenir, beaum. vi, «. En tel cas convenroit il que li juges contrainsist le dit Pierre à delaissier l'une de ces deux resons, id. ix, 6. Et se li baillis ou li prevos le contraint d'aler avant par prise de cors ou de biens, id. 38. Si vous requérons, sire, que vous commandez à vos baillifs et à vos serjans que il contreingnent les escommeniez an et jour, parquoy il facent satisfaction à l'église, joinv. 290. Il sembloit que la galie volast par les nageurs qui la contreingnoient aus avirons, id. 215. Et se vous m'en osés contraindre.... la Rose, 4)334. || xiv* s. Nul

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mescreant ne doibt estre contrainct par guerre ne aultrement, pour venir à la foi catholique; et semble que contre les mescreans qui nous guerroient, seulement, nous deussions faire guerre, et non contre les aultres qui veulent estre en paix, Songe du Vergier, i, 64. Telles choses ne contraignent à mal faire nul homme qui ait en soy usage de raison, oresme, Eth. 73. En cest degré de fortitudo pevent estre contenus soldoiers et touz cenlx lesquiex convoitise de pecune contiaint à combatre, id. t'b. 84. Et pour ce advient souvent que il ont contencions ensemble et veulent contraindre l'un l'autre à faire justice, id. in. 273. Ne de plus ne les pourrions contraindre [exiger davantage], du cange, auxilium. Vous ma contraignez à ce qui en mon courage ne peut oneques mais estre, Kénagier, i, 6. || xv* s. A chose qui touche l'ame et la conscience, on ne doibt homme contraindre par force, Bouciq. m, ch. 3. Et especialement les six frères Gisebert Mahicu.... estoient plus durs et plus contraints que tous les autres, froiss. h, H, 62. Entrementes que ie roi d'Angleterre seoit devant la cité de Cambray à bien quarante mille hommes, et que moult la contraignoit d'assaut et de plusieurs faits d'armes, id. i, i, 84. Et avoient [les Anglais] en l'ost bien quatre cents canons , qui contraindoient durement ceux de dedans, id. h, n, 29. Par vraie amour qui l'enyvra [Jésus] Et qui le contraint [contraignit) à ce faire [souffrir la passion] Pour nous et no vie refaire, eust. desch. Poésies mss. f° 640, dans lacuune. Et si ne pouvions passer que devant eux, tant estoit le lieu contraint, comm. vin, 5. Le siège n'estoit pas encores si contraint, qu'on ne peust aller et saillir dehors, id. viii, 7. || xvi* s. Il fut contrainct de suyvre le comte, mont, i, 25. La durée du mariage est contraincte et forcée, id. i, 210. Ils allèrent à la charge, le sang figé et les membres contraincts de froid, id. i, 26). Qui veult faire sa despense juste, la faict estroicte et contraincte, id. iv, 79. S'il luy eust pieu que je feusse demourée avecques la royne, i) sait bien que je n'ay affaire sy contraint que je n'eusse laissé, marg. Lett. )47. J'avois du tout laissé le Creneche [le vin de Grenache] ; mais j'ay esté contrainte de le reprendre quant c'est venu sur le terme des trois mois, id. tft. )49. Et luy fault ung grand repous, qu'elle se contraint à prendre pour se fortifier, id. t'b. )3». C'est aller à la boucherie, et pour un affaire qui n'est point si fort contraint qu'il ne se puisse bien différer à un autre temps, desper. Contes , xlvi. Les magistrats contraindront l'evesque d'exhiber deniers, palissy, 4 04. Romulus fut contraint de se retirer un peu en arrière de la meslée, id. Rom. 28. Il se contraignit à l'endurer pour quelque temps à cause de la révérence qu'il portoit à son frère, id. Lucul: 76. Tout votre peuple ni vous ne scauriez contraindre un Potier à fleschir les genoux devant des statues, d'auh. Conf. n, 7. On ne peut contraindre celui qui sçait mourir, id. ib. En voulant contraindre les autres de recevoir leurs opinions, lanoue, )0i.

— ÊTYM. Provenç. cestraigner; catal. constrenyer; espagn. constreûir ; portug. constranger, construis gir; ital. constringere , costrignere; du latin conslringere, de cum et stringere (voy. étreindbe).

CONTRAINT, AINTE (kon-trin, trin-t'), adj. || 1° Serré, mis à l'étroit. Contraint dans son habit. La mer contrainte dans ce détroit. |l 2° Gêné, mal à l'aise, opposé à libre, naturel. Manières contraintes. Style contraint. Joie contrainte. Timide et contraint devant mon père, je ne trouvais l'aise et la contentement qu'auprès de ma sœur Amélie, chateaub. René, 169. Hé bien, dépouille enfin cette douceur contrainte, bac. Alex, iv, 3. Je crus trouver à ces dames un air contraint et gêné, comme si ce ton ne leur eût pas été familier, 3. i. rolss. Ilél. il, 26. || La manière de ce peintre a quelque chose de contraint. || Terme de musique. Basse contrainte, celle qui fait entendre un chant très-court, revenant sans cesse et sans interruption, comme une sonnerie de cloche. || 3* Qui n'agit pas comme il veut. Contrainte d'avouer tant de forfaits, rac. Phèd. iv, 6. Des feux contraints de se cacher, m. Iph. n, 4. Je suis contrainte sur les autres choses que je voudrais faire pour vous, sev. 281. || Imposé à la volonté. Il faut qu'un nœud contraint ou volontaire Répare votre honte et celie d'une mère, H. j. chên. Fén. i, 2. La bouche était muette, le regard était contraint, mais le cœur se faisait entendre, i. J. bouss. Ilél. m, 48. Donner aux enfants une éducation plus saine, en la rendant moins efféminée et moins contrainte, condobcet, Tronchin.

CONTRAINTE (kon-trin-f), i. f. \\ 1° L'état d'être trop à l'étroit. Votre habit vous serre, vous devei

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