GON
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être dans une grande contrainte. || Pig. Gêne, diffi- | culte. La contrainte de la mesure, de la rime. Des vers semésdans la p ose annoncent la contrainte et la prétention, barthél. Ânach. ch. 68. || 2° Violence exercée sur les actions. Tantôt quand je fuyais une injuste contrainte, hac. Withr. n, 6. Quoi! seigneur, vous iriez jusques à la contrainte? id. Iph. V, 2. C'est pour moi, répond-il, une injuste contrainte, De servir d'un rival la bassesse et la crainte, brébeuf, Phars. VI. Libres sans déshonneur et sages sans contrainte, volt. Zaïre, i, 4. Et ma flamme a grossi par l'effort des contraintes, quinault, Bellérophon, v, 3. Il y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, mol. Mal. im. n, 8. Combien de talents enfouis et d'inclinations forcées par l'imprudente contrainte des pères! J. J. rouss. Inégal, note 4. Miraculeux effet, bonheur prodigieux, Qu'ainsi la liberté naisse de la contrainte ! corn. Imit.m, 40. || Fig. [Beauté] Qui régnez sur les cœurs d'une contrainte aimable, Régnier, Élég. v. || 3° Terme de droit. Acte judiciaire par lequel on contraint quelqu'un à une chose. || Contrainte par corps, voie d'exécution par aquelle un créancier prive son débiteur de sa liberté pour le forcer à remplir ses engagements. Les négociants étant obligés de confier de grandes sommes pour des temps souvent fort courts, de les donner et de les reprendre, il faut que le débiteur remplisse toujours en temps fixé ses engagements; ce qui suppose la contrainte par corps, montesq. Esp. xx, 45. || Contrainte morale, celle qui agit sur la volonté , par opposition à la violence physique. || 4° Contrainte , ou contrainte administrative, mandement exécutoire décerné par l'autorité administrative contre celui qui doit au fisc. Porteur de contraintes. Que la manière de percevoir ainsi la dîme eût prévenu les contraintes de même queles non-valeurs, vaub. Dime, p. (62. Pour avoir un peu de temps, lequel une fois expiré, les contraintes recommencent plus cruelles que jamais, id. t'6. p. 464. || 6° État de celui à qui l'on fait violence. La dure contrainte où il est. Serments fallacieux, salutaire contrainte, Que m'imposa la force et qu'accepta ma crainte, corn. Rodog. n, 4. C'est par la que l'on tient ses voisins en contrainte , id. Nicom. m, 2. Ainsi je les tiendrai tous les deux en contrainte. L'un parmon alliance etl'autre par la crainte, id. Attila, 1,4. Enfin je me vois libre et je puis sans contrainte De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte, id. Cid, m, 3. Laissez un peuple au moins qui puisse quelquefois Applaudir sans contrainte au bruit de vos exploits , rac. Alex. H, 2. De ses fausses bontés j'ai connu la contrainte, id. Mithr. iv, 2. C'est une étrange chose, à vous parler sans feinte, Qu'une femme qui n'est sage que par contrainte, mol. Éc. des maris, i, 2. Par ses soins le mariage deviendra si libre, qu'il n'y aura plus à se plaindre de ses contraintes et de ses incommodités, boss. dans la veaux. Mais le reste du monde, esclave de la crainte, A besoin qu'on l'opprime et sert avec contrainte, volt. Ali. i, 4. Mais non vous affranchir d'un reste de contrainte.... delav. Vêp. sicil. m, 6. jl Par analogie. Mais un autre intérêt tient ma joieen contrainte, corn. Hor. n, 4. Quellecrainte Tient parmi vos transports votre joie en contrainte? rac. Brit. v, 4. || 6° Retenue qu'imposent le respect, les convenances, des circonstances particulières. Le chagrin que vous allez avoir de quitter Grignan pour la contrainte des villes, sév. 223. L'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte, rac. Bérén. n, 4. Mais enfin bannissez cette importune crainte Qui dans nos entretiens jetait trop de contrainte, id. Baj. I, t. Cependant voulez -vous qu'avec moins de contrainte L'un et l'autre une fois nous nous parlions sans feinte? id. Brit. I, 2. La chasse s'étant passée dans une contrainte perpétuelle, pén. Tél. vu. X mon silence, à mon air de contrainte, Irène apprit mon penchant et ma feinte, malfil. Narcisse, ch. m.
— HIST. xiv* s. Et aucunes operacions sont lesquelles l'en ne doit faire pour nulle contrainte ne pour nulle paour, oresme, Eth. 49. Très dous pensers en li empraint , Par sa force et par sa contrainte , De ce qu'il vuet amer l'emprainte, machault, p. 26. || xv s. 41s respondirent que par contrainte et sur menaces de mort, le duc d'Anjou les avoit fait devenir françois, froiss. h, h, 8. Et là demeura de sa volonté , et sans contrainte, à ses propres despens par l'espace de quatre mois, Bouciq. i, chap 4 6. || xvi' s. Cette fille avoit eu peur qu'enfin il en veinst à la contraincte, mont, ii, 5. Là où il estoit besoing de cette contrainte, il condemnoit à l'amende ceulx qui y faisoient faulte, amyot, Philop. 4 4. Nos Allemans furent contraints de se retirer vers une cas-
sine, tenans bataille avecques monsieur de St-Pol au mieux qu'il estoit possible, pour la contraincte du lieu, m. do bell. 4 67. C'est dur ennui que la contrainte, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 262.
— ÊTYM. Le participe passé contraint. L'ancien français avait constraignance et constreignement.
CONTRAIRE ( kon-trê-r' ) , adj. || i° Qui est l'opposé de. Le froid et le chaud sont contraires. || J" Qui est dans une direction opposée. La mer soulevée par des vents contraires. Son cœur était comme la mer qui est le jouet de tous les vents contraires, fén. Tél. vu. || Terme de marine. Ventcontraire, celui qui oblige à orienter les voiles au plus près et à courir des bordées. || Terme de botanique. Synonyme d'opposé. || Terme de conchyliologie. Synonyme de senestre. || 3" Qui contrarie, qui combat, qui diffère du tout au tout. Deux arrêts, deux propositions contraires. La preuve contraire est toujours admise. Et chacun s'est rangé du contraire parti, Régnier, Sol. xvii. Et l'inclination jamais n'a démenti Le sang qui t'avait fait du contraire parti, corn. Cinna, v, 4. J'ai vu, dans sa naissance et votre dignité, Pareille aversion et contraire fierté, id. Sert, v, 4. Un certain homme avait trois filles Toutes trois de contraire humeur, la font. Fab. il, 20. J'eus soin de vous nommer, par un contraire choix, Des gouverneurs que Rome honorait do sa voix, rac. Brit. iv, 2. 11 se venge hautement en prenant le contraire parti, mol. Crit. de
l'Éc. des f. 6 Allons par des ordres contraires
Révoquer d'un méchant les ordres sanguinaires, rac Èslh. m, 8. Emporté malgré moi par de contraires vœux, Je frémis et j'ignore encor ce que je veux, volt. Orphel. m, 6. Si les sages mortels à qui je dois la vie N'avaient fait à mon cœur un contraire devoir, id. ib. iv, 4. Ah! Dieu nous envoyait, par un contraire choix, Pour annoncer son nom, pour faire aimer ses lois, id. Alx.i, 4 . Les hommes ne sont contraires à la raison que lorsqu'ils trouvent que la raison leur est contraire, du marsais, Raison, Œuvres, t. vi, p. 21. Du peuple et du soldat en de contraires vœux Les partis opposés se divisent tous deux, d'avrigni, J. d'Arc, iv, 7. || Être contraire à soi-même, avoir des volontés qui se contrarient. J'ai songé comme vous qu'à la Grèce, à mon père, X moi-même, en un mot, je devenais contraire, Que je relevais Troie et rendais imparfait Tout ce qu'a fait Achille et tout ce que j'ai fait, rac. Androm. n, 4. || Terme de logique. Propositions contraires, celles qui sont opposées dans la qualité seulement; comme (oui homme est mortel, aucun homme n'est mortel. Elles diffèrent des contradictoires qui sont opposées dans la qualité et la quantité : tout homme eslmortel, quelque homme n'estpas mortel. Cette dernière proposition est particulière, tandis que les autres sont universelles. || Terme de musique. Mouvement contraire, mouvement de deux parties qui marchent ensemble, l'une en montant, l'autre en descendant. 11 y a trois mouvements, le mouvement direct, le mouvement oblique et le mouvement contraire, catel. Traité d'harmonie, p. *. || Terme de palais. Les parties sont contraires en faits, quand, sur les faits dont on leur permet de faire preuve,elles énoncent des assertions opposées. || Terme de droit romain. Action contraire, action qui naît accidentellement d'un fait postérieur au contrat, par opposition à l'action directe qui naît directement du contrat. Le dépositaire, l'emprunteur, le mandataire se faisaient indemniser, au moyen de l'action contraire, des frais ou du tort que leur avait causé l'objet du dépôt, du prêt, du mandat. || 4°Nuisible. Le café vous est contraire. || Défavorable. Avoir la fortune contraire. C'est un homme qui m'a toujours été contraire. Je sais par quel motif vous m'êtes si contraire, corn. Nie. v, 4 0. Quoi! se pourrait-il faire Qu'à l'œuvre de ses mains Rome devint contraire? id. t'6. v, 5. Depuis qu'à mon amour cessant d'être contraire.... rac. Brit. v, 4. Vous seul jusqu'ici contraire à vos désirs.... id. i6. n, 2. Ce vent qui était contraire à Hazaël le contraignit d'attendre, fénel. Tél. vi. Comme un homme dolent que le glaive contraire A privé de son fils, malh. i, 4. Ils n'ont pas même de quoi établir le néant auquel ils espèrent après cette vie, et ce misérable partage ne leur est pas assuré ; ils ne savent s'ils trouveront un Dieu propice ou contraire, boss. Anne de Gons. || 6° S. m. L'opposé. La vérité se cache souvent sous les apparences de son contraire. On les considérait [le monde et l'Eglise] comme deux contraires, comme deux ennemis irréconciliables, pasc. Comp. deschrèt. Les contraires ne paraissent jamais mieux que lorsqu'on les oppose à leurs contrai res,bourd. Pensées, t. n, p. 384. Enfin, quoi que je
fasse ou que je veuille faire, La bizarre Pa rimej toujours vient m'offrir le contraire [de ce que je veux dire], boil. Sat. n. Elle [la vanité] se cache souvent sous les apparences du contraire, la bruy. xi. Je connais mille gens qui font le contraire, sév. 4 10. Le chevalier s'avisa de faire tout le contraire, hamilt. Gramm. 5. Ma bouche mille fois lui jura le contraire, rac. Èrit. n, 3. || Terme de philosophie. Les contraires, sorte d'opposés, comme le froid et le chaud. || 6° Au contraire de, loc. prépositive. Contrairement à. Aller au contraire d'une chose, s'y opposer, y contredire. J'ai jugé au contraire de ce que vous jugez, pasc. Prière. Le pur amour, au contraire de l'autre, pousse sans cesse l'âme hors d'elle-même dans le sein de Dieu , fén. xvii, 25». Le feu se répand en tous sens, au contraire desautres éléments, volt. Newt. n, concl. Tout au contraire d'Euripide, rac. Préf. d'Androm. Mon tant bon ami sir John, sur les pamphlets pense et me conseille au contraire de M. Arthus Bertrand, p. l. cour. Pampl. des pamph. || Au contraire, tout au contraire, bien au contraire, loc. adv. Tout autrement; loin de là. Je ne lui suis point opposé; au contraire, je le sers de tout mon pouvoir. Je vous l'ai conseillé, j'en pressai l'entreprise. — Tout au contraire , sire, elle m'en a reprise, rotr. Antig. iv, 4. L'autre animal tout au contraire, Bien éloigné de nous mal faire, la font. Fab. vi, 6. Un homme est plus fidèle au secret d'autrui qu'au sien propre ; une femme au contraire garde mieux son secret que celui d'autrui, la brcy. m. Je vis bien que je déplaisais; mon camarade, au contraire; il était de la famille, p. l. cour. iell. i, 24 2. Elle cassa tous les actes rendus au contraire, maucroix, Schisme, livre n, dans richelet. || 7° Au contraire, réciproquement, vice versa. Pourquoi les astres circulentils d'occident en orient [ce qui est leur mouvement réel] plutôt qu'au contraire? Ils ont l'hiver quand nous avons l'été, et au contraire, vaugel. Q. C. 44 4. Il Terme de pratique. Défenses au contraire, réserve que l'on fait d'alléguer en temps et lieu des raisons contraires aux prétentions d'une autre personne.
— HIST. xi* s. Je t'en mouvrai un tel si grant contraire [chagrin, peine], Ch. de Roi. xx. || xu* s. Mais prend batisme, je' 1 te di sans contraire, Ronc. p. 4 45. Au Mans [ilsj erent [étaient] remès [restés] plein d'ire et de contraire, Sax. xxxi.... Forment vous doit desplaire De ce roi orguillox qui manda tel contraire [chose contrariante] , ib. Puis seromes ensemble pour faire au roi contraire, ib. || nu' s. Que trestout leur malices leur retourne à contraire, Bette, lxix. Vous li cuidiés grant bonté faire, Et il vous quiert honte et contraire, la Rose, 2946. Vésci Guillaume de Lorris, Cui Jalousie sa contraire Fait tant d'angoisse et de mal traire, Qu'il est en iGril demorir, t'6. 40663. Demande qui est contraires à soi meismes est de nule valeur, beaum. vi, 26. De la dite pez furent moult contraire ceulz de son conseil, joinv. 292. Il xiv* s. Et aucune foiz avient tout au contraire, oresme, Eth. 22. Et se ilz font tout le contraire, Lors serons-nous très-bien à heure Et à tamps de leur courre seure, Liv. du bon Jeh. 4 909. Es maladies un contraire se garit par un autre contraire, Ménagier, 1, 9. || xv s. Si [Jean Lyon] n'osoit dire du contraire, froiss. 11, ii, 52. Si s'avisa que par dons il attrairoit si le roi de France, qu'il n'auroit aucune volonté de lui porter contraire, m. 1, 1, 10. Et se complaignoit à lui [l'évêque de Cambrai au roi de France] trop amèrement des Hainuyers [qui ravageaient le Cambrésis]; et disoit que les Hainuyers lui avoient fait plus de contraire et de dommages que nul autre, id. i, i, 100. Ne tu ne scez mettre frain en tes désirs, sinon de vouloir tousjours le contraire de ce que tu dois, a. chartier, Quadriloge invectif. Pour ce donnons estroit commandement Aux officiers de nostre parlement, Qu'ilz le traictent et aident doulcement En tout affaire À son besoing sans venir au contraire, ch. d'orl. Lectre. de retenue. Mais aujourd'hui tout le contraire [je] voy ; Car nul ne veult la vérité retraire, e. desch. Ce qui est nécessaire aux rois. X ces mots se partirent d'illec les deux chevaliers; car ilz congneurent pleinement que le bon roy et tous ceulx qui là estoient leur portoient contraire, Perceforest, t. iv, f°46. Quand ce coup fust advenu, ne croyez pas le contraire, que la pucelle au cercle d'or ne fust pas trop dolente, quant elle veist le chevalier à la fumée gésir renversé sur l'herbe, t'6. t. vi, f°75. En haine des Ursins dont [les Colonna] tousjours sont et ont esté contraires, comm. vu, 40. Il n'avoit garde de dormir, tant estoient ses yeux empeschés de voir son contraire, lodis xi, Nouv. xxxvi. || xvi« s. N'a il pas fidèlement exécuté sa charge? nous ne pouvons
CON
pas dire du contraire, calv. Instit. 4 98. En nature le contraire se vérifie par son contraire, mont, i, 70. Quand ces receptes ne peuvent servir, ils en essayent de contraires, id. i, 429. Une fantaisie que j'ay, contraire au commun usage, id. i, 459. Au contraire.... id. i, 273. La plus contraire humeur à la retraicte, c'est l'ambition, id. i, 285. Leur sueur espandoit une odeur souefve; mais la commune façon des corps est au contraire, id. i, 391. TJn souffle du vent contraire, le fauls pas d'un cheval, suffisent à le renverser, id. m, (90. L'armée contraire se mist à sa queue, lanoue, 622. Quand ils regardoient le desespoir de leurs contraires [ennemis], cela les retenoit un peu, id. 622. Estant adverty que Flaccus, l'un de ses contraires, ayant esté esleu consul à Rome.... amyot, Sylla, 44. Un M. Marius, qui estoit de la partie et faction contraire, id. ib. 67. Ceste parole ne depleut point à Sylla, ains au contraire ildonnaàcognoistre qu'elle l'avoit chatouillé, id. ib. 72. Il tourna bride tout court, et reprenant son chemin un peu à costé, au contraire de ceulx qui le chassoient, il les passa secrettementsansestreapperceu d'eulx, id. Eumène, 4 7. Des monstres en nature, qui n'ont point de jambes, ou qui ont les bras tournés au contraire, id. De la Curiosité, 4 7. Tout contraire en son contraire Prend vertu pour soy refaire, génin, Récréât. t. H, p. 250.
— étym. Wallon, contrdve; provenç. contrari ; espagn. et ital. contrario; du latin contrarius, dérivé de contra, contre.
CONTRAIREMENT (kon-trê-re-man) , adv. En opposition. Agir contrairement aux dispositions de la loi.
— HIST. xvi* s. Au gré des passions contrairement poussé, ph. desportes, Œuvres, p. 274, dans
LACURNE
— êtym. Contraire, et le suffixe ment; provenç. contrariament.
f CONTRALTISTE (kon-tral-ti-st' ) , s. m. et f. Celui , celle qui a une voix de contralto.
CONTRALTO (kon-tral-to) , s. m. Terme de musique. Voix nommée haute-contre chez les hommes, et, quand on la trouve chez les femmes, la plus basse des voix aiguës, formant la plus grave des voix de femme, et ayant la même étendue que la basse chez l'homme a une octave plus haut. || On dit aussi fort souvent et avec raison, francisant le mot, conlralte.\\ Au plur. Des contralto ou des contraltes.
— ETYM. Ital. contralto, de contra, contre (voy. contre), et alto, haut (voy. alto).
-j CONTR ANCHE, ÉE (kon-tran-ché , chée), adj. Qui est ondulé et en zigzag. Les fibres du charme sont contranchées, d'où il est peu propre à la menuiserie, LEGOARANT.
— ÉTYM. Con, et tranché.
CONTRAPONTISTE ( kon-tra-pon-ti-st' ) , s. m.
Terme de musique. Compositeur qui connaît les règles du contre-point.
— ÉTYM. Ital. contrappunto (voy. contre-point). CONTRARIANT, ANTE (kon-tra-ri-an , an-t'),
adj. H i" Qui se plaît à contrarier. Homme, esprit contrariant. Votre communauté n'est point contrariante contre ses abbesses, boss. Lell. abb. 54. Que sert une sagesse âpre et contrariante ? Heureuse la vertu douce, aimable et riante! la chaussée, Gouvcrn. 1, 2. Il 2" Qui est de nature à contrarier. Cela est bien contrariant.
— HIST. xiv* s. Et aucuns sont qui tout au contraire sont contrarians en toutes choses, ouesme, Eth. «30. Il xvi* s. Ils se persuadent que les doctrines qui y sont contrariantes sont souillées d'impiété, lanoue, 67.
— ÉTYM. Contrarier. L'ancien français avait contrarios, contralios.
CONTRARIE, ÉE (kon-tra-ri-é, ée), part, passé. Ce jeune homme contrarié par sa famille. La flotte contrariée par les vents. D'heureuses dispositions contrariées par les circonstances.
CONTRARIER (kon-tra-ri-é), je contrariais, nous contrariions; que je contrarie, que nous contrariions, v. a. Il !• Dire, vouloir, faire le contraire de. Il me contrarie toujours. Contrarier une opinion, la contredire. Il en vient jusque-là que de se méconnaître, De contrarier tout et de faire le maître, mol. Tart. 1, i. || Absolument. Il aime à contrarier. |] 2° Faire obstacle. Les conjonctures contrarièrent nos projets. Un mouvement qui en contrarie un autre. Contrarier une interprétation. Et lui du même temps, par une erreur extrême, Pour nous contrarier est contraire à lui-même, tristan, M. de Chrispe, ni, 3. On voyait ce médecin tou-
CON
jours suivre la nature, l'aider quelquefois et ne la contrarier jamais, condorcet, Bourdelin. || 3° Familièrement. Causer du dépit. Je n'ai pas réussi, cela me contrarie. 1 1 4° Se contrarier, v. réfl. Se causer réciproquement de la contrariété. Ils prenaient plaisir à se contrarier. || Se contrarier, éprouver de la contrariété. Cet homme est susceptible, il se contrarie facilement. Il Être en contradiction. Vous dites des choses qui se contrarient, desc. Mp. 2. Il Se faire obstacle. Ces mouvements se contrarient.
— HIST. xi" s. Li archevesques les ot [ouit] contrarier, Ch. de Roi. cxxx. Pour Deu jje] vous prie, ne vous cuntraliez, id. ib. ||xii* s. [II] Oit [entend] Olivier qui si le contralie, Ronc. p. 82. Li arcivesque les ouit contrarier, ib. p. 83. Pas [il] nel salue, ainz l'a contralie, ib. p. 4 86. Caries, tort en a Bueves qui si vous contralie, Sax. xx. Li quens Raoul ot moult le cuer irié Pôr les borgois qui l'ont contraloié, Raoul de C. 69. || xm* s. Et li remanans demourroient ici et garderaient le castiel, et contralieroient les François et lor feraient despendre les deniers le roi, Ch. de Rains, p. 66. S'il sunt esleu deus arbitre, ou quatre, ou six ou plus, mais qu'il soient per, et se le [la] moitié des persones se contrarient de l'opinion as autres à rendre lor dit, il est de nule valor, beaum. xli, 5. || xiv' s. Les gens ont en haine ceulz qui contrarient à leur mouvement et à leur volentés, oresme, Eth. 327. Quant un homme nuist et fait peine hors la loy à aucun qui ne li contrarioit pas ou nuisoit, il fait injuste, id. 16. 4 67. Li chastelains estoit dessus la tour antie, Et voit le roi Henri qui ainsi contralie, Guescl. < 4484. Non pourquant se commenche moult fort à courrechier, Et li sergans se painne de lui contralier, Baud. de Seb. vil, 417. ||xv* s. Il sentoit encore plusieurs villes et chasteaux qui contrarioient grandement le pays, froiss. 11 , n, 4. D'Arras, Noyon et des pals divers Vont les princes pour lui contrarier [s'opposer à lui] , E. deschamps, Conseils des François. || xvi* s. Il faut dire que l'Escriture se contrarie, ou que Dieu regarde les mérites de ceux qu'il élit, calvin, Instit. 766. Les promesses de salut ne contrarient nullement à la prédestination des reprouvez, id. ib. 788. Nous ne pourrons autrement discerner entre les conciles qui se contrarient l'un à l'autre, id. ib. 939. Celui qui ne se soucie de lui [Dieu] contrarier, mal-aisement se pourra-il accorder avec les hommes, lanoue, 42. Il le feit bannir comme contrariant au bien et à Pauthorité du peuple, amyot, Péric. 4 8. Hz luy persuadèrent que, chassant de la ville ceulx qui luy voudraient contrarier, il meist.... id. Pélop. 40.
— ÊTYM. Berry, conlralier; provenç. et espagn. contrariar; ital. contrariare ; du latin contrarius, contraire. Contralier se trouve , dans l'ancien français, concurremment avec contrarier; est-ce le même mot, avec changement de l'r en l? ou bien faut-il voir, dans contralier, un autre mot dérivé de contra alium? contraloiem'est qu'une autre forme du même mot, comme loier pour lier, proier pour prier.
CONTRARIÉTÉ (kon-tra-ri-é-té) , s. f. || 1° Etat de choses qui sont contraires. Combien par là ne voiton pas de mérites qui, par l'aliénation des cœurs ou par la contrariété des intérêts, bien loin d'attirer la bienveillance et l'amour, excitent plutôt la jalousie et la haine! bourdal. Avent, 4 3. L'énorme contrariété qui se rencontre entre leur vie et la nôtre, id. Avent. Scand. 30 1. Malgré toute la contrariété qui paraît entre notre état et le sien, id. ib. Nativité de J. C. 49». Ses exemples n'affaiblissaient pas ses préceptes, et il n'avait point à justifier au prince ni aux courtisans la contrariété de ses mœurs et de ses règles, flêch. Duc de hiontausier. || Esprit de contrariété, disposition à contrarier. || Divergence d'opinion, débat. Plus on voit aux avis de contrariétés, Plus à faire un bon choix on reçoit de clartés, corn. Olhon, v, 2. On les consulte sur cette contrariété, pasc. Prov. 2. On vit dans l'assemblée une grande contrariété de sentiments et de volontés, p. l. cour. Lett. 11, 388. Les contrariétés qui arrivent entre les catholiques sur des questions de fait, pasc. Prov. 4 7. Laissons ces contrariétés, Et demeuronseeque nous sommes, uoh.Amph. ProJ. || 2° Contradiction. Ils accordent les contrariétés qui se rencontrent entre leurs opinions et les décisions des papes, pasc. Prov. 6. Ils trouvent de la contrariété dans cette doctrine, boss. Ré fut. Il faut que Dieu , par sa puissance, assujettisse et lie pour ainsi dire cette convoitise indocile, pour arrêter se3 contrariétés et ses répugnances, flech. Panég. H, p. 60 1. Quand un ange descendrait de la voie lactée pour venir concilier ces contrariétés, volt. Phil. u, 4 79.
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Nageant dans le reflux des contrariétés Qui pousse et qui retient mes faillies volontés, id. Fanât, iv, 3. La contrariété singulière des faits qu'il racontait sur sa naissance avec des pif-ces authentiques sur cet objet, d'alemh. Académ. franc, v, p. 487. Ceux qui ne peuvent rendre raison des variétés de l'esprit humain, y supposent des contrariétés inexplicables, vauven. De l'esprit en général. L'imagination ne saurait inventer tant de diverses contrariétés qu'il y en a naturellement dans le cœur de chaque personne , laroctief. Max. 478. Les sources des contrariétés de l'Écriture sont un Dieu humilié jusqu'à la mort de la croix, un messie triomphant de la mort par sa mort, deux natures en Jésus-Christ, deux avènements , deux états de la nature de l'homme, pasc. Pensées, part. 11, art 9. ||3°Termede jurisprudence. Contrariété d'arrêts, opposition entre deux décisions rendues. || 4° Terme de peinture. Contrariété de couleurs, mélange de couleurs rude à la vue. || 5° Obstacle, traverse, empêchement, contre-temps. Si j'ai réussi , ce n'est pas sans beaucoup de contrariétés. Et pour vous prévaloir de mes perplexités, Choisissez-vous exprès ces contrarié corn. Attila, 1, 2. L'angoisse, le chagrin, les contrariétés, Dans son cœur inquiet tombant de tous côtés, Lui donnent les ennuis et le trouble en partage, corn. Imit. 1, 25. Il Familièrement. Dépit, humeur. Les mauvais propos tenus sur son compte lui ont causé une vive contrariété.
— HIST. xii' s. Li visce en la fin nos perturbent d'aspre contrarieteit, Job, 463. Entre ces contrarietez Qui sunt si grantz, cum vos oez, Cume de freidor et d'arson, benoît, i, 485. || xiii* s. La contrariété des viandes, alebrant, f" 4. Li articles qui est rayés et que se conmanche : se nus, et se fine : pour son user, est ainsi corrigiés por les contrariétés qui y furent trouvées, Liv. des met. 363. S'aucuns fet testament et il ordene, puis le testament fet, le [la] contrariété de ce qu'il ordena ou laissa en son testament, li testamens est de nule valeur en tel cas, beaum. xii, 49. Et par ceste contrariété que noz avons dite, qui n'est pas à recevoir au juge, poez vos veoir, se voz avés sens naturel, en toz autres cas là ù contrariétés sont proposées, id. ix, 5. H xiv s. Il détermine de la contrai retô et opposicion qui est en vices et en vertus, oresme, Eth. 64. Contrariété est distance, et toute distance est mesurée par ligne drette comme la plus briefve, id. Thèse de meunier. || xvi* s. On ne peut dire qu'il y ait quelque contrariété entre l'élection éternelle de Dieu, et ce qu'il offre le témoignage de sa grâce à ses fidèles, calvin, Instit. 788. Cette contrariété et volubilité d'opinion si soubdaine qu'ils nous feignent, sent pour moy au miracle, mont, i, 397. Les cantharides ont en elles quelque partie qui sert contre leur poison de contrepoison, par une contrariété de nature, m. 11, 46. Il leur semble que telles contrarietez [disputes] se doyvent résoudre par le fer et par le feu, lanoue, 63. Alors il y avoit plus grande haine et contrariété entre les Juifs et les Samaritains, qu'il n'y a aujourd'hui entre les chrestiens et les turcs, id. 73. En ceste contrariété d'avis, m. 82. Au demourant, quant à ses femmes et à ses enfans, il y a des contrarietez entre les historiens, amyot, Numa, 24. Il y eut grande contention et grande contrariété d'opinions, id. Cam. 73.
— ÉTYM. Berry, contralieté; provenç. contrarictal; espagn. contrariedad ; ital. contrariété; du latin contrarietatem, de contrarius, contraire.
t CONTRASTANT, ANTE (kon-tra-stan , stan-t'), adj. Qui contraste. Figures contrastantes. || Terme de géognosie. Fissures contrastantes, fissures de superposition qui ne sont point parallèles à celles de stratification de la roche fondamentale et de la roche superposée.
CONTRASTE (kon-tra-sf), s. m. || i" Opposition de deux choses, dont l'une sert à faire remarquer l'autre. Contraste d'ombre et de lumière. Le contraste d'une chose avec une autre. Sa vie offre de singuliers contrastes. Le caractère des Chinois forme un autre mélange qui est en contraste avec le caractère des Espagnols, montesq. Esp. xix, 40. Les différents contrastes qu'offre votre caractère de naturel sans simplicité, de réserve et d'imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l'art et de la nature, d'alemb. Portrait de Mlle de l'Espinasse. Peut-être sortira-t-il de ce contraste quelque lumière propro à rapprocher les opinions, raynal, Hist. phil. 1, 20. Le contraste choquant des lois avec les mœurs, lemierre, Bamevelt, 1, 6. Par un contraste horrible entre tous les mortels, botr. Jj/ioc. iv, 4. Il 2* Terme de peinture. Variété qui doit être dans les actions, les attitudes et les coloris des
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figures, d'où résulte plus de force, plus d'agrément et plus de jour. Ce peintre entend bien le contraste. Bien des peintres sont tombés dans le défaut de mettre des contrastes partout et sans ménagement, de sorte que, lorsqu'on voit une figure, on devine d'abord la disposition de celles d'à côté, montesq. Coût, contraste. || L'art des contrastes, l'art d'imaginer, d'établir des oppositions qui produisent de l'effet. || 3° Terme de littérature. Opposition entre des situations, des discours ou portions de discours. J'aurais aimé à voir le contraste de la tyrannie insolente et du noble orgueil de l'indigence vertueuse, volt. Lett. Chabanon, (3 janv. 4766. Les contradictions ne sont pas des contrastes, delille, Jardins, i. L'âme aime la symétrie, mais elle aime aussi les contrastes, montesq. Goût, contraste. Tous les contrastes nous frappent, parce que les choses en opposition se relèvent toutes les deux, id. ib. Les contrastes sont causes de défauts aussi bien que de beautés, id. t'6. || Se dit, dans ce même sens, des oppositions que le musicien établit pour produire de l'effet. || 4°Terme de physique. Contraste des couleurs, nom de différents états simultanés ou successifs de la rétine produisant les sensations spéciales correspondantes. || Contraste simultané, celui dans lequel l'oeil voit en même temps deux couleurs contiguës, cas où il les voit le plus dissemblables possible. || Contraste successif, celui dans lequel les yeux, ayant regardé pendant un certain temps un ou plusieurs objets colorés, aperçoivent, après avoir cessé de les regarder, des images de ces objets offrant la couleur complémentaire de celle qui est propre à chacun d'eux. || Contraste de ton, la modification qui porte sur l'intensité de la couleur, et contraste de couleur, celle qui porte sur la composition optique ou physique de chaque couleur juxtaposée; c'est-à-dire que, deux couleurs étant juxtaposées, l'œil qui les voit simultanément, voit la foncée plus foncée et la claire plus claire, ce qui est le contraste de ton, et voit tirant sur le violet le rouge qui est à côté du jaune, ce qui est le contraste de couleur.
— HIST. xvi' s. Cecy ne s'en va pas sans contraste, car plusieurs tiennent que.... mont, h, 26. Un soir ils espierent de plus près pour un grand contraste [discussion] entre le maistre d'hostel et l'escuyer au chevet du seigneur, d'aub. Fœn. m, ••9. Il y eut un grand contraste à deviner par où il falloit entamer une besogne si nouvelle, id. Hist. I, 433. Ceux de dedans, descouverts jusques à l'escarpin, le deffendent [l'assaut] avec tel contraste, qu'il ne demeura aux assiegeans que la pointe, id. t'6. m, 30. Il fust receu fort honorablement, sans aucun contraste, ny apparence de reffus, carl. iv, 9. Notre volonté s'esguise par le contraste [lutte], se despite contre le desny, charron, Sagesse, i, 4 8.
— ÉTYM. Provenç. contrant; espagn. contraste; ital. contrasto (voy. contraster). Contraste au xvi« siècle signifie lutte, débat, combat.
CONTRASTÉ, ÉE (kon-tra-sté, stée) , port, passé. Mis en contraste. Des caractères bien contrastés. Des figures bien contrastées. Cette impression était contrastée par le souvenir des caresses.... i. J. rouss. Conf. il. Qui rendait ces pays étranges si bizarrement contrastés, id. Hél. I, 28. Le dialogue plus vif, plus raisonné, plus contrasté, volt. Lett. d'Ârgental, tojuill. 4765.
CONTRASTER (kon-tra--sté). || i° Y. n. Être en contraste. Sa conduite contraste avec son état. 11 fait ridiculement contraster ses inclinations rampantes avec les altières productions qu'il a l'audace de s'approprier, j. j. rouss. Dial.i. || Terme d'art et de littérature. Faire contraste. Ces figures contrastent bien. Aussi l'orateur la rejette-t-il [une action secondaire] à la fin comme dans la partie fuyante ; elle n'est là que pour contraster, pour faire ressortir davantage l'action principale, condillac, Art d'écr. n, 44. || 2" V. a. Terme de peinture et de sculpture. Mettre en contraste. Ce peintre sait contraster les têtes, tout en leur conservant l'air naturel. || 3° Terme de littérature et de musique. Varier par des contrastes. Il sait contraster son sujet.
— HIST. xiii' s. Après ce que il aura esté défendu et contrasté par aucun des champions, Ass. deJ. i, 4 57. || xvi* s. Qu'il ne semble pas reprocher à aultruy tout ce qu'il refuse à faire, ny contraster aux mœurs publicques, mont, i, 466. Il est toujours proclive aux femmes de disconvenir à leurs maris : elles saisissent à deux mains toutes couvertures de leur contraster, id. ii, 81.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contrastar; ital. contrastare; du latin contra, contre, et stare, se tenir droit (voy. stable). L'ancien français avait con-
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trester et quelquefois contraster dans le sens de résister; néanmoins il est certain que contraster est venu de l'italien au xvi' siècle, et alors il signifie lutter, combattre.
CONTRAT (kon-tra ; le t se lie dans le parler soutenu : un kon-tra-t authentique; au pluriel, l'« se lie : les kon-tra-z authentiques; contrats rime avec appas, un lacs, mâts, etc.), ». m. ||1° Terme de droit. Accord de deux ou plusieurs volontés, qui a pour objet la création ou l'extinction d'une obligation. Un contrat de vente, de louage, de dépôt, de mandat, de société. Le mariage est un contrat. Contrat synallagmatique ou bilatéral, qui engendre des obligations des deux côtés; unilatéral, qui n'engendre d'obligations que d'un seul côté ; à titre onéreux ou intéressé, qui présente pour chaque partie un avantage réciproque; à titre gratuit ou de bienfaisance, qui ne présente d'avantage que pour une seule des parties; commutatif, lorsque l'avantage pour chaque partie est considéré comme l'équivalent actuel et certain de l'avantage qu'elle procure; aléatoire, lorsque cet équivalent est une chance de gain ou de perte. || Contrat de mariage, acte qui règle les conditions pécuniaires du futur mariage. || Contrat judiciaire, convention formée en justice, tellequ'une adjudication, un cautionnement, en résultat du concours qui a lieu en justice des volontés de deux parties sur un point qui précédemment a été ou a pu être contesté entre elles. Jupiter y consent; contrat passé, notre homme.... la font. Fabl. vi, 4. De vos biens désormais il est maître et seigneur, En vertu d'un contrat duquel je suis porteur, mol. Tort, v, 4. J'ai loué un hôtel deux mille écus, et j'espère passer le contrat aujourd'hui, montesq. Lett. pers. 46. || Absolument. Un contrat de mariage. Le roi a signé au contrat, sêv. 390. Il dit : Faisons le contrat, id. 657. Il signe un bon contrat écrit en bonne forme , rac. Plaid, n , 6. Sur ce que son amant fit voir qu'il n'avait que cinquante-six ans, et qu'il ne prit point de lunettes pour signer le contrat, mol. l'Avar. n, 6. || 2* Dans la pratique on désigne aussi sous le nom de contrat non pas seulement la convention, mais l'acte qui la constate, lorsque cet acte est rédigé par un notaire. On dit avoir son contrat dans sa poche, placer par contrat ou par hypothèque, ce qui exige un acte notarié, par opposition à placer sur billet ou par simple acte sous seing privé. C'est une façon abusive de s'exprimer que l'usage a reçue; et pour l'exactitude des idées, il faut distinguer le contrat et l'acte qui en contient la preuve : un contrat de rente est l'accord des parties sur la constitution d'une rente, et non l'écrit qui est dressé en conséquence. Cette extension de sens vient de ce que, dans certains cas, un mode de constatation authentique est essentiel à la validité du contrat. Déchirer, brûler le contrat. || 3° On confond aussi le contrat et l'obligation qui en résulte, employant par suite le mot contrat pour le mot obligation. || 4" Contrat social, convention expresse ou tacite entre les gouvernants et les gouvernés, ou entre les membres de la société, convention supposée par certains auteurs politiques. Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est la liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre; ce qu'il gagne, c'est la liberté civile et la propriété de ce qu'il possède, J. i. rouss. Contrat soc. i, 8. || 5" Terme de jeu. Fiche beaucoup moins longue que la fiche ordinaire, et à laquelle on attribue une valeur convenue, comme 40 fiches, 20 fiches, etc.
— HIST. xiv* s. Il semble que tout home puisse avoir aucun juste à tout autre homme avecques lequel il peut communiquer en loy ou composicion ou contract, oresme, Eth. 249. ||xv* s. Le suppliant ou [au] contempt de certain contract mobiliaire qu'il avoit eu à certaine personne, du cange, contractio. || xvi' s. Quant à ce qui concerne les contraux des hommes les uns avec les autres, amyot, Lyc. 22. Les hommes gardent bien les contraux et pactions qu'ilz font les uns avec les autres, id. Solon, 8. C'est une nation en la quelle il n'y a aulcune espèce de traficque, nulle cognoissance de lettres.... nuls contracts, nulles successions.... mont, i, 236.
— ÉTYM. Provenç. contract; espagn. contrato; ital. contralto; du substantif latin contractas, génitif contractus, de conlrahere, contracter, proprement lier, resserrer, de cum, et trahere, tirer (voy. traire).
t CONTRA TÉNORE (kon-tra-té-no-r') ou CON- TRATÉNOR (kon-tra-té-nor) , s. m. Terme de musique. Synonyme, employé quelquefois, de hautecontre.
— ETYM. Contre, et ténor.
CONTRAVENTION (kon-lra-van-sion ; en poésie,
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de cinq syllabes), ». f. || l' Action d'agir contre une prescription. Une contravention aux lois. La contravention est aux choses, la désobéissance aux personnes, d'alembert , Synonymes. On n'allègue pour toute excuse que des mécontentements et des contraventions, boss. Variai, x, § 48. Brasidas prétendait avoir d'autres contraventions à reprocher aux Athéniens, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 484, dans pougens. La loi de Mahomet confond l'usure avec le prêt à intérêt ; l'usure augmente dans les pays mahométans à proportion de la sévérité de la défense; le prêteur s'indemnise du péril de la contravention, montesq. Esp. xxii, 4 9. || 2° Terme de droit. Infraction à une loi, à un règlement, à un contrat, à une décision judiciaire || Spécialement, infraction punie d'une peine de simple police, par opposition au délit et au crime. On donne aussi cette qualification à divers faits punis de peines correctionnelles, mais sans que l'intention soit recherchée et par cela seul que l'infraction a été matériellement commise. || En particulier, les infractions aux lois fiscales. Les contraventions en matière de presse n'admettent pas l'excuse de la bonne foi.
— hist. xiv s. Je ne dy pas qu'aucun d'eulx ment, Ne qu'à truffer rien les convie; Juger personne n'hai envie, Ne que leur contravention Soit une circonvention, Traité d'alch. 269. [| xvi* s. Le cardinal r'envoia bien loin cette observation de foi avec les hérétiques, tant pour les contraventions qui venoient de la part du Turc, comme pour le privilège du concile de Constance , d'aub. Hist. n, 76.
— ÉTYM. Génev. contrevenlion (voy. contrevenir).
t CONTRA YERVA (kon-tra-ièr-va) , ». m. Terme de pharmacie. Racine d'un brun rougeâtre en dehors, blanche en dedans (dorstenia brasiliensis, Lamark), d'une odeur aromatique, qui est excitante et diaphorétique.
— ÉTYM. Espagn. contrayerva, de cuntra, contre, et yerva, herbe : herbe contre les venins, à cause qu'on lui attribuait la propriété de les neutraliser.
CONTRE (kon-tr'), prép. || 1° En opposition à, pour se défendre de. Et contre la fortune ayant pris ce conseil, la font. Fabl. yii, 4 2. C'est une chose contre les règles ordinaires, sév. 490. C'est aller directement contre le Pater, boss. Or. 40. Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville; Et contre eux la campagne est mon unique asile, boil. Épît. vi. Roi, voilà vos vengeurs contre vos ennemis, rac. Alhal. iv, 3. Le travail est une meilleure ressource contre l'ennui que le plaisir, trublet, dans girault-duvivier. Tout se fait contre sa volonté, sêv. 446. Agir contre sa conscience, boss. Hist. n, 6. Vous parlez contre votre pensée, rac. Brit. u, 6. Ainsi la citadelle, sur le point de se rendre, fut sauvée contre toute espérance, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 284, dans pougens. Pour regagner les mers du nord, ils firent deux mille lieues contre le vent dans un canot, raynal, Jlist. phil. x, 10. || Contre vent et marée, malgré l'obstacle qu'opposent le vent et la marée. Un vaisseau qui veut aller contre vent et marée. Et fig. en dépit de tous les obstacles. || Envers et contre tous, malgré l'opposition universelle. j| Tenir contre, résister. Mes pleurs, belle Eriphile, Ne tiendront pas longtemps contre les soins d'Achille, rac. Iphig. u, 3. || Avoir contre soi quelqu'un, quelque chose , trouver un obstacle en une personne, en une chose. Il a contre lui un homme fort influent. Il a eu toujours les circonstances contre lui. || Elever autel contre autel, faire un schisme, et, par extension, opposer sa puissance, son crédit, à la puissance, au crédit d'une autre personne, et aussi entreprendre quelque chose en rivalité d'un autre. || C'est le pot de terre contre le pot de fer, se dit de celui qui, sans force et sans puissance, est en lutte contre quelqu'un de fort et de puissant. || 2° Contre, exprimant une idée d'hostilité, d'inimitié, de blâme, etc. Ils se sont révoltés contre leur souverain. Faire une satire contre quelqu'un. S'élever contre le vice. Que Rome se déclare ou pour ou contre nous, corn. Cinna, i, 3. J'ai parlé contre moi, j'agis contre ma sœur, id. lois, d'or, ni, 7. De Joad contre moi je sais les injustices, rac. Alhal. m, 4. Un conquérant est un homme que les dieux irrités contre le genre humain ont donné à la terre dans leur colère, fén Tél. vm. || 3° Contre, marquant une comparaison numérique. Il y a dix hommes qui mangent le revenu des terres contre un laboureur.MONTESQ. Esp. vu, 6. Un homme peut penser telle misère qu'il voudra, et il y a mille à parier contre un que la religion a deviué sa
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pensée et préparé le remède, chateaub. Génie, iv, vi, 42. || 4° En face de. Les corps qui envoient des rayons contre les yeux des regardants, desc. Monde, 15. || 5" Auprès, proche de. C'est pour cela que depuis peu ce damoiseau poli s'est venu \ loger contre moi, mol. G. Dand. 4. Dorilas, con- I tre qui j'étais, a été de mon avis, id. Critique, se. 6. Place-toi contre ce logis, id. Sicil. 4. 11 la pose sur l'arc et sait contre son corps En ramener la corde avec de tels efforts.... lamotte, dans desfontaines. Prends une poêle de fer et mets-la contre un mur de fer, volt. Phil. iv, 462. || 6" Adv. En face. L'on tourne la clef, l'on pousse contre, la bruy. xiv. Il En opposition. 11 s'est levé contre. L'assemblée a voté contre. À peine ouvrons-nous la houche pour dire une nouvelle qu'un de ces jeunes gens propose de parier contre, montesq. Letl. pers. 4.10. || 7° Tout contre, loc. adv. Tout près. Si votre majesté désire qu'on lui montre Ce pitoyable objet, il est ici tout contre, mair. Sophon. v, 7. Son appartement était tout contre, hamilt. Gramm. 9. Ségur s'ennuyait à Nemours, il fit connaissance avec l'abbesse de la Joie, qui est tout contre, stsim. 95, 2. || Tout contre de, avec un infinitif, sur le point de; locution de St-Simon et qui ne paraît pas devoir être imitée. Mme de Maintenon fit regarder d'Harcourt comme celui qui avait levé le charme, et qui était tout contre d'entrer dans le conseil, st-sim. 4 01 , 75. || 8° Terme de marine. Deux navires courent à contre -l'un de l'autre, quand ils tiennent une route opposée; ils sont a contre, quand, tenant deux bordées différentes avec le même vent, ils se croisent. || Des voiles sont brassées à contre quand on met le vent sur l'une et qu'on le conserve dans l'autre. ||9° De contre, loc. adv. peu usitée. Disposés à faire que la lumière qui donne de contre s'y amortisse, desc. Diopt. 5. Chacune fait réfléchir une partie des rayons qui donnent de contre, id. Météor. 6. || 10° Terme du langage commercial. Par contre, en compensation. || 11° Cicontre, loc. adv. En regard, vis-à-vis. Vous trouverez ci-contre le détail des sommes dépensées. || 12° Là contre, loc. adv. Contrecela.Quidiantrepeutallerlà contre? mol. l'Av.i, 8. Assurément que vous avez raison , si vous le voulez ; on ne peut pas aller là contre ; mais, si vous ne le vouliez pas, ce serait peut-être une autre affaire, id. Festin, i, 2. || 13° Terme de jeu. Faire contre, se dit, lorsqu'un des joueurs faisant jouer, un des autres déclare ensuite qu'il joue aussi. Vous n'avez pas assez beau jeu pour faire contre. || Substantivement. Le contre, celui qui a fait contre. Le contre paye double. || Fig. D'Harcourt ne craignait pas de faire contre aux ministres, dans les entretiens qu'il avait avec le roi, st-sim. 4 04, 79. || 14" S. m. Le contre, le contraire, l'opposé. Il y a du pour et du contre. Leur artétait bien méprisable; ils se vantaient de deux choses : l'une, de parler sans'préparation sur toutes sortes de sujets; l'autre, de soutenir indifféremment le pour et le contre, condillac, Uist. anc. m, 4 7. || 15° Terme d'escrime. Parer un contre, parer en dégageant. || 16° Au jeu de billard, se dit lorsque la bille du joueur se trouve repoussée par la bille sur laquelle il joue. Ne prenez pas par là, il y aura, vous aurez un contre, je crains un contre. Jouez ce carambolage par le contre. || 17° Terme de musique. Anciennement, voix d'alto, parce que ce terme s'appliquait à toutes les parties destinées à faire harmonie contre une autre. Haute-contre, basse-contre (voy. ces mots).
— REM. Par contre esl une locution dont plusieurs se servent, pour dire en compensation, en revanche: Si les artisans sont ordinairement pauvres, par contre ils se portent bien; Si le vin est cher cette année, par contre il est bon. Cette locution, qui a été tout particulièrement critiquée par Voltaire et qui paraît provenir du langage commercial, peut se justifier grammaticalement, puisque la langue française admet, en certains cas, de doubles prépositions, de contre, d'après, etc. mais elle ne se justifie guère logiquement, par contre signifiant bien plutôt contrairement que en compensation, et devant provenir de quelque ellipse commerciale (par contre ayant été dit pour par contre- envoi) ,■ en tout cas, il convient de suivre l'avis de Voltaire et de ne transporter cette locution hors du langage commercial dans aucun style.
— SYN. contre, malgré, nonobstant. Faire quelque chose contre la règle, c'est faire un acte qui soit l'opposé de ce que prescrit la règle; faire quelque chose malgré la règle, c'est le faire bien que la règle le défende; nonobstant la règle, c'est le faire sans tenir compte de l'obstacle qu'oppose la règle. Il a agi contre mes recommandations, il a fait le con-
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traire de ce que je lui recommandais; il a agi malgré mes recommandations, je lui recommandais de ne pas agir, et il n'en a tenu compte; il a agi nonobstant mes recommandations, mes recommandations n'ont pas été un obstacle pour lui.
— HIST. ix# s. In nulla aiudha contra Lodhtiwig, Serment. \\ xi* s. Cuntre deuz deies [à deux doigts près] l'ai du fourrer [fourreau] jetée [son épée], Ch. de Roi. xxxm. [Enseigne] en som un tertre contre le ciel levée, ib. Liv. Cuntre midi [vers midi | ténèbres i a granz, t'6. cix. Contre soleil reluisent cil adoub [ces armures] , ib. cxxxv. Contre un des nos [nostres] [il] en troverat morz quinze, t'6. cxli. Qui moût est las, il se dort contre terre, ib. clxxviii. ||xu's. N'est mie contre bien que tant estes haïz, Roman de Rou, ms. p. 84, dans laci'une. Contre lui se tenir, Ronc. p. t. Contre le ciel va moult bien tourniant Son fort espié, ib. p. 37. Contre ses cous fuient li renoié [les reniés], ib. p. 87. Tout son cors [il] va contre terre estendant, ib. p. 92. Contre le pis [il] lui froisse l'escu blanc, ib. p. 441. Ainsi l'on fait as fourches contre mont sus lever, ib. p. 4 97. Certes, dame, moût s'honeure Qui courtois est contre tort, Couci, îv. Puisqu'amour veut que contre moi [je] la croie, t'6. xxi. || xm's. En celé amour la damoisiele ont prise Si parent, et doné seigneur [mari], Contre son gré, un vavasseur, audefr. le bast. Romancero , p. 6. [Cette pierre] moult reluisoit contre soleil, t'6. p. 58. S'aidoient li un l'autre contre les Arabis, Berte, v. Et les dame3 parées contre l'avènement [pour la circonstance], t'6. ix. Si qu'il l'ont contre terre par force agenouillie, t'6. xxi. Contre [au devant de] Blanchefleur [ils] vont, qui moût grant duel [deuil] aura, t'6. lxxviii. Mais contre jugement ne veul je mie aller, t'6. xcvn. L'une venoit tout bêlement Contre l'autre.... la Rose, 773. Et estoient couchez contre orient, en la manière que l'en met les cors en terre, joinv. 285. Quant ce vint contre la saint Remy, je fesoie acheter ma porcherie de pors, id. 2C7. || xv" s. Le roi de France et le roi d'Angleterre, par bataille, puissance contre puissance, se dévoient combattre ensemble, froiss. il, h, 21/ Toute celle année que celle trêve fut accordée que fous avez ouï, se tinrent les deux rois à paix l'un contre l'autre, id. i, i, 324. Tout pesé, le bien contre le mal, id. i, i, 96. Le capitaine de la ville et l'abbé et les bourgeois vinrent contre li [Isabelle d'Aigleterre] , et la recueillirent moult liement, id. i, i, 6. Et par ceste manière se destruisent entre eulx, cité contre cité, chastel contre autre, et voisins contre voisins, Bouciq. H, ch. 4. Et portoit [Monseigneur de Charolois] la maison de Lancastre contre luy [Edouard], dont il estoit yssu de par sa mère, comm. i, 5. Quant il fut monté sur son cheval, si montèrent ceulx de leans pour le convoyer et la dame aussi qui chevauchoit contre luy, Lancelot du Lac, t. n, f° 89. Que les rues soient tendues et alournées au plus bel qu'on pourra contre la venue de nostre roy, Perce forest, t. i, f° B5. || xvi* s. Bien estoit de l'accord qu'on allast à Rencontre, Mais comte Petillane chantoit d'une aultro contre, i. marot, v, 445. Voy, la cour d'Alvian désirait la bataille, Pensant en sa musique faire la contre et taille. Mais luy et tout le camp se trouvèrent deceuz, Quand oultra leur vouloir le Roy fist le dessus, id. v, 448. La femme veufve qui choisit partir [partager] par moitié contre [avec] les héritiers de son mary, Coustum. génér. t. i, p. 520. Voire [même] contre sa propre créance, mont, i, 4 24. Chocquant sa teste contre la muraille, H), i, 23. En la guerre contre Perseus, id. t'6. Il faultfrotter nostre cervelle contre celle d'aultrui,iD. i, 4 64. Leurs licts sont suspendus contre le toict comme ceulx de nos navires, id. i, 237. Despité contre sa besongne, il print son esponge et la jecta contre, pour....iD. i, 254. 11 se fault opposer et bander contre [la douleur], id. i, 305. Un appétit artificiel et contre nature, id. tf,)48. Je ne vois [vais] pas là, mais je touche contre [tout près], ID. IV, 95.
— êtym. Provenc. espagn. et ital. contra; du latin contra, contre.
t CONTRE -ACCUSATION (kon-tra-ku-za-sion), s. f. Réponse à une accusation par une accusation. || Au plur. Des contre-accusations.
— hist. xvi' s. 11 court maintenant aux subterfuges de contre-accusation, disant.... M. du bellay, 493.
— ËTYM. Contre, et accusation.
t CONTRE- A -CONTRE (kon-tra-kon-tr'), adv. Terme de marine. Être contre-à-contre, se dit de navires ou autres objets, très-près les uns des autres et parallèlement à la longueur, mais sans se toucher.
t CONTRE- AIMER (kon-trè-mé), v. a. Aimer en retour.
CON
— HIST. xvi° s. Siècle vrayment heureux, sieole d'or estimé, Où tousjours l'amoureux se voyoit contreaimé, rons. 4 94. Tant plus elle est aimée, et tant plus elle prend Plaisir à contre-aimer.... id. "0«. Aime celuy qui t'aime ; un amour en naissant Meurt s'il n'a point de frère autant que lui croissant; L'amour tire l'amour d'une force aimantine; Car sa vive vertu languist en la poitrine Du malheureux amant qui n'est point contr'aimé, amadis jamin, Poésies, p. 75, dans lacurne.
— ÊTYM. Contre, et aimer.
t CONTRE-ALIZÉ (kon-tra-li-zé), adj. m. Vent contre-alizé, courant supérieur opposé au vent alizé. || Au plur. Des vents contre-alizés.
— ÊTYM. Contre, et alixé.
CONTRE-ALLÉE (kon-tra-lée), s. f. Petite allée
latérale à une allée principale. || Au plur. Des contreallées.
— ÊTYM. Contre, et allée.
CONTRE-AMIRAL (kon-tra-mi-ral), ». m. Dans la
marine d'Angleterre et de Hollande, celui qui a lo troisième rang dans le commandement d'une flotte. Le contre-amiral commande l'arrière-garde ou la troisième division d'une flotte; son pavillon est lilanc et s'arbore au mât qui se nomme artimon. I| Dans la marine française, celui qui est revêtu du troisièmo grade d'officier général dans la marine. Les contre-amiraux représentent les chefs d'escadre d'autrefois. || Le vaisseau que monte le contre-amiral.
— ÊTYM. Contre dans le sens de qui est à côté, et amiral.
f CONTRE-APPEL (kon-tra-pèl), s. m. || 1° Second appel ayant pour but de constater si un appel a été régulièrement fait. Il n'était présent ni à l'appel ni au contre-appel. || 2° Terme d'escrime. L'appel qui répond à un appel de l'adversaire. || Au plur. Des contre-appels.
— ÊTYM. Contre, dans le sens de qui est à côté, et appel.
CONTRE-APPROCHES (kon-tra-pro-ch'), s. f. plur. Travaux que les assiégés établissent contre les approches des assiégeants. [| Au plur. Des contre-approches, c'est-à-dire travaux contre les approches.
— ÊTYM. Contre, et approche.
f CONTRE- ARC (kon-trark) , s. m. Terme de marine. Partie de la quille d'un navire située sous les pieds de la mâture. || Auplur. Des contre-arc ou des contre-arcs, c'est-à-dire des parties qui sont contre l'arc ou les arcs.
— êtym. Contre, et arc.
i CONTRE-ARETIER (kon-tra-rê-tié), t. m.
Terme de construction. Ardoise qui précède celle qui est coupée obliquement pour former l'arêtier. \\ Au plur. Des contre-arètier ou arêtiers, c'est-à-dire des ardoises qui sont contre l'arêtier ou les arêtiers.
— ÉTYM. Contre, et arêtier.
f CONTRE-ASSAILLIR (Kon-tra-sa-llir, Il mouillées), v. a. Faire une attaque opposée à une autre attaque.
HIST. xvi* s. Plusieurs assaillis en leur pays ont
diverty l'ennemi en le contre-assaillant au sien,
— ÊTYM. Contre, et assaillir.
f CONTRE-ASSEMBLÉE (kon-tra-san-blée) , s. f. Assemblée faite en opposition à une autre assemblée. Nous résolûmes une contre-assemblée de noblesse, retz, m, 49. || Au plur. Des contre-assemblée ou assemblées, c'est-à-dire des assemblées faites contre l'assemblée ou les assemblées.
— ÊTYM. Contre, et assemblée.
f CONTRE-ASSIÉGER (kon-tra-sié-jé) , v. a. Assiéger l'assiégeant.
— HIST. xv* s. Comme le duc de Bourbon assiégea Belleperche , et comme le comte de Bourguignon, le contreassiegea, Hist. de Loys lll de Bourbon, p. 91. dans lacurne. Et fut le duc contreassiegé, et ot siège sur siège devant Belleperche, ce que l'on ne veitonques en ce royaume, t'6. p. 4 02.
— ÊTYM. Contre, et assiéger.
f CONTRE-ATTAQUE (kon-tra-ta-k') , s. f. Terme d'art militaire. Travaux que les assiégés exécutent en opposition aux lignes d'attaque. || Au plur. Des contre-attaque ou contre -attaques, c'est-à-dire des lignes dirigées contre l'attaque ou les attaques.
— ÊTYM. Contre, et attaque.
| CONTRE-AUBE (kon-trô-b'), s. f. Planchette miss contre les aubes. || Au plur. Des contre-aube ou contre-aubes, c'est-à-dire des planchettes mises contra l'aube ou les aubes.
— ÊTYM. Contre, et aube.
f CONTRE-AUGMENT (kon-trô-gman) , t. m.
Terme de droit. Gain nuptial et de survie, consistant en ce que le mari survivant retient une portion
CON
de la dot de la femme. || Au plur. Des contre-augments.
— ÉTYM. Contre, et augment.
\ CONTRE-AVEU (kon-tra-veu) , *. m. Aveu opposé à un aveu précédent. || Au plur. Des contreaveux, c'est-à-dire des aveux qui sont contre les aveux.
— êtym. Contre, et otieu.
t CONTRE-AVIS (kon-tra-vi), s. m. Avis opposé à un autre avis. || Au plur. Des contre-avis.
— HIST. xvi* s. De cette espèce estoient les livrets qui ont porté les titres qui s'ensuivent, le contr'avis à celui de l'avocat Bernard , d'aub. Hist.
— ÊTYM. Contre, elavis.
CONTRE-BALANCÉ, ÉE (kon- tre-ba-lan-sé,
sée), part, passé. Un poids contre-balancé par un autre. || Fig. Des passions contre-balancées par des intérêts.
CONTRE - BALANCER (kon-tre-ba-lan-sé ; le c prend une cédille devant a et o: contre-balançant, nous contre-balançons) , v. a. || 1" Faire équilibre à. Un poids qui en contre - balance un autre. || 2° Fig. Curieux de contre-balancer par quelque endroit les puissances qui devenaient trop redoutables, boss. Hist. m, 6. Sa puissance [de Crassus] contre-balançait celle de Pompée et de César, qu'il tenait unis comme malgré eux, m. Uist. i, 9. Lors donc que le témoignage des sens contredit ou ne contre-balance point l'autorité de la raison, il n'y a pas à opter, dider. Pens. phil. 62. L'autorité de Sigismond fut presque toujours contre-balancée par les privilèges des princes et des villes, volt. Mœurs, H 9. Vous jugerez si des actes de cette nature peuvent contre-balancer trois ou quatre actes d'une foi irréprochable, patru, Plaidoyer xv, dans richelet. || 3° Se contre-balancer, v. rèfl. S'équilibrer. Ces deux poids se contre-balancent. Les parties se contre-balancent mutuellement, et le tout se soutient sans peine par le contre-poids, boss. Connaiss. n, 2. || Fig. Le bien et le mal ne se contrebalancent pas toujours.
hist. xvi* s. C'est luy que nulle violence Peult
esbranler tant seulement, Si bien il se contrebalance En tous ses faicts également, du bellay, m, 91, verso. Ses deux Anticatons [de César] furent principalement escripts pour contrebalancer le bien dire que Cicero avoit employé en son Caton, mont, m, <60.
— êtym. Contre, et balancer.
CONTREBANDE (con-tre-ban-d') , s. f. || 1° En général, le commerce qui se fait contre les lois d'un pays. || Spécialement, action d'introduire dans un pays, par voie secrète et sans payer de droits, des marchandises prohibées. Faire la contrebande. Marchandises de contrebande. Martinet , officier de marine, avait pris six vaisseaux français qui faisaient le commerce de la contrebande, st-sim. 490, 268. Il fallut répandre, sur toutes les frontières, des troupes pour empêcher la contrebande qu'on n'empêchait pas, conmllac, Comm. gouv. part. 2, ch. 6. || Ces marchandises mêmes. Un bâtiment chargé de contrebande. || Terme de droit maritime. Contrebande de guerre, introduction ou essai d'introduction d'objets de guerre, par un navire neutre, dans le territoire de l'une des puissances belligérantes et malgré l'autre ; et aussi les objets mêmes. || Être de contrebande, être prohibé. Il est plaisant que le Machiavel soit permis et que l'antidote soit de contrebande, volt. tell, en vers et en prose, 72. || 2° Fig. De contrebande, qui n'est pas légitime, qui n'est pas permis; qui se fait en cachette. Cela est admirable; Mme Bertrand qui se donne aussi des parents de contrebande! dancourt, Moul. javelle, se. 27. Mon maître me surprit à ce travail de contrebande, J. 3. rouss. Conf. I. || C'est un homme de contrebande, c'est un homme qui est dans une société sans avoir des titres valables pour y être reçu, et qui dès lors déplaît ou inspire de la défiance. Je vois que cette maman mignonne n'est pas de contrebande avec vous, sév. B2. Je suis aimée dans le monde autant qu'on y peut aimer; je ne suis de contrebande à rien, id. 132. On veut être ce que tous les autres sont; on s'ennuie d'être tout seul de son parti; on ne veut point paraître singulier et de contrebande, mass. Conter. Fuite du monde.
— HIST. xvi* s. Marchandise de contrebande, car ainsi appellent ils [les Vénitiens] celles qu'il est deflendu d'aporter sur peine d'estre confisquées, H. est. Apol. d'Hérod. p. 266, dans lacurne.
— ÊTYM. liai, contrabbando, de contra, contre, et bando, ban, ordonnance {voy. ban).
CON
t CONTRE -BANDE (kon-tre-ban-d') , s. f. Terme de blason. Bande divisée en deux parties de différents métaux. || Au plur. Des contre-bandes, c'està-dire des bandes mises à coté.
— ÊTYM. Contre, et bande.
t CONTRE-BANDÉ, ÉE (kon-tre-ban-dé, dée), adj. Terme de blason. Qui offre opposition dans les bandes.
— ETYM. Contre-bande.
CONTREBANDIER, IËRE (kon-tre-ban-dié, diê-r'),
s. m. elf. Celui, celle qui faitla contrebande. Les négociants, qui faisaient cette fraude, se nommaient contrebandiers, condillac, Comm. gouv. part. 2, ch. 5. || S. m. Terme de marine. Navire qui fait la contrebande.
— ÊTYM. Contrebande.
t CONTRE- BARRE (kon-tre-bâ-r'), s. f. Terme de blason. Barre divisée en deux demi-barres, dont l'une est de métal et l'autre de couleur. || Au plur. Des contre-barres, c'est-à-dire des barres qui sont contre, à côté.
— êtym. Contre, et barre.
t CONTRE-BARRÉ, ÉE (kon-tre-bà-ré , rée), adj. Terme de blason. Qui a les barres en opposition.
— HIST. xv s. Les armes de Moriaumez sont barrées, contre-barrées à deux chevrons de gueule, FR01SS. i, i, 134.
— ÉTYM. Contre-barre.
CONTRE-BAS (kon-tre-bà) , adv. Dans une direction vers le bas. La queue en loup qui fuit et les yeux contre-bas, Régnier, Sat. vin. || En contrebas, du bas en haut, opposé à en contre-haut qui signifie du haut en bas. Poser une pièce en contrebas. || À un niveau inférieur. Le fond de la rivière est en contre-bas de la berge.
— HIST. xvr s. Arrestant sa veue contre un milan en l'air, il gageoit, de la seule force de sa veue, le ramener en contrebas, mont, i, 102. Aller à gauche, à dextre, contre mont, contre bas, id. ii, 3.
— êtym. Contre, et bas, adj.
CONTRE-BASSE (kon-tre-bâ-s'), s. f.\\f Grand
instrument de la famille du violon, et qui descend à une quarte au-dessousdu violoncelle. Il est ordinairement monté dé trois cordes accordées par quintes et renforce les parties de basse dans les symphonies et morceaux d'orchestre. || 2° Espèce de voix d'homme qui est la plus basse de tontes. Ce terme, en parlant des voix, est peu usité. || 3" Jeu d'orgue dont les tuyaux sont de seize à trente-deux pieds. || 4° Une contre-basse, le musicien qui joue de la contrebasse. || Au plur. Des contre-basses, c'est-à-dire des basses qui sont contre, à côté.
— REM. L'Académie, qui écrit ici contre-basse, a écrit, au mot archet, contrebasse: archet de contrebasse.
— ÉTYM. Contre, et basse.
f CONTRE-BASSIER (kon-tre-bà-sié) , s. m. Voy.