‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 355 sur 403 · CONTRE-BASSISTE · texte numérisé non relu

CONTRE-BASSISTE

f CONTRE - BASSISTE (kon-tre-bâ-si-st') , s. m. Musicien qui joue de la contre-basse. || Au plur. Des contre-bassistes.

— ÊTYM. Contre-basse.

f CONTRE-BASSON (kon-tre-bâ-son) , *. m. || 1° Instrument à vent qui est plus bas que le basson. || 2° Musicien qui joue de cet instrument. || Au plur. Des contre-bassons, c'est-à-dire des bassons qui sont contre , à côté.

— ÉTYM. Contre, et basson.

CONTRE-BATTERIE (kon-tre-ba-te-rie) , s. f.

|| 1° Terme de fortification. Batterie dressée contre une autre. || Batterie destinée à la protection d'une batterie de brèche. || 2° Fig. Ce qu'on fait pour rompre des menées hostiles. Faire une contre-batterie pour déjouer une intrigue. Astolfe, prévoyant que le pape lui attirerait les Français sur les bras, avait obligé l'abbé du Mont-Cassin d'envoyer le moine Carloman en France vers le roi Pépin son frère.... mais c'était pour ralentir les efforts du pape et faire une contre-batterie dans les états, mezeray, Pépin, Abrégé, t il, p. 2(4, Amsterd. 1088. || Au plur. Des contre-batteries, c'est-à-dire des batteries qui sont contre, opposées.

— HIST. xvr* s. Asseuré d'estre fourni d'une contrebatterie d'enchantements certains à le préserver, mont, i, 94. Cette contre- batterie mit l'esprit du prélat dans un tel embarras que.... d'aub. Vie, 106. Parmi ces contre-batteries, Duras mort d'unesclat, id. Hist. i, 174.

— ÊTYM. Contre, et batterie.

t CONTRE BATTRE (kon-tre-ba-tr') . v. a. Battre ce qui bat; dresser une contre-batterie.

— HIST. xni* s. Et li damans deit, le jor, contre-

batre, si come il est devant devisé, Ass. de Jérus, 79. || xiv* s. Je i sai bien men droit, pas ne m'en vois [vais] doubtant; Je le contrebatrai [défendrai], Baud. de Seb. h, 832.

— ÊTYM. Contre, et battre.

t CONTRE-BIAIS (À) (kon-tre-bi-ê) , Joe. adv. En sens opposé, à rebours. Pour ne pas tomber dans cet amour-propre, ils ont été injustes à contre-biais, pasc. Imag. 6.

— ÊTYM. Contre, et Mat».

j CONTRE-BISEAU (kon-tre-bi-zô), i. m. Morceau de bois garni de métal qui est destiné à former par le bas un tuyau d'orgue. || Au plur. Des contre-biseau ou biseaux, c'est-à-dire des morceaux de bois dirigés en sens inverse du biseau ou des biseaux.

— ÊTYM. Contre, et biseau.

t CONTRE -BITTES (kon-tre-bi-f) , t. f. plur. Terme de marine. Courbes appuyant en arcs-boutants les montants des bittes sur l'avant.

— ÉTYM. Contre, et bittes.

j CONTRE -BORD (Â) ( kon-tre-bor) , loc. adv. Terme de marine. Aller à contre-bord, en parlant de deux bâtiments, aller à rencontre l'un do l'autre.

— ÉTYM. Contre, et bord.

t CONTRE-BORDÉE (kon-tre-bor-dée), s. f. Terme de mnrine. Bordée courue en sens opposé de celle qu'on courait précédemment, ou de celle que court un autre navire. || Au plur. Des contre-bordées, c'est-à-dire des bordées qui vont contre.

— ÊTYM. Contre-bord.

CONTRE - BOUTANT (kon-tre-bou-tan) , s. m. Terme d architecture. Pièce de bois de construction qui sert d'appui. || Au plur. Des contre-boutants, c'est-à-dire des boutants contre. || Adj. Qui contreboute. Une poutre contre-boutante.

— ÉTYM. Conlre-bouler.

CONTRE-BOCTÉ, ÉE (kon-tre-bou-té, tée), pari.

passé. Muraille contre-boutée.

CONTRE -BOUTER (kon-tre-bou-té), 1). a. Terme d'architecture. Appuyer un mur par un autre mur posé à angle droit.

— etym. Contre, et bouter.

f CONTRE-BRASSER (kon-tre-bra-sé), v. a. Terme de marine. Changer la direction des vergues pour mettre le vent sur les voiles, afin de diminuer ou d'arrêter la marche du navire.

— êtym. Contre, et brasser.

f CONTRE -BRETECHE (kon-tre-bre-tê-ch|) , t. f. Terme de blason. Rangée de créneaux de différent émail. || Au plur. Des contre-bretêches, c'est-à-dire des bretêches qui sont contre, à côté.

— êtym. Contre, et bretêche.

f CONTRE- BRETFxhÊ, ÉE (kon-tre-bre-tê-ché, chée) , adj. Terme de blason. Garni de contre-bretfiches.

f CONTRE-BRODÉ (kon-tre-bro-dé) , s. m. Terme de commerce. Sorte d'étoffe blanche et noire. || Au plur. des contre-brodés.

— ÉTYM. Contre, et brodé.

f CONTRE -BUTER (kon-tre-buté), v. a. Terme d'architecture. Synonyme de contre-bouter.

— êtym. Contre, et buter ou bouter.

CONTRE - CALQUÉ, ÉE (kon-tre-kal-ké, kée),

part, passé.

CONTRE-CALQUER (kon-tre-kal-ké), v. a. Terme de graveur. Calquer un calque en le retournant, pour obtenir le dessin en sens contraire. || Se contrecalquer, v. réfl. Être contre-calque. Ce dessin se contre-calque facilement.

— ÉTYM. Contre, et calquer.

t CONTRE -CANIVEAU (kon-tre-ka-ni-vô) , s. m. Terme de construction. Pavé placé à côté d'un caniveau et sur la même ligne. || Au p(ur. Des contrecaniveaux, c'est-à-dire des caniveaux qui sont contre, à côté.

— ÉTYM. Contre, et caniveau.

f CONTRE-CARRE (kon-tre-ka-r'), s. f. Le double de la carre, au jeu de bouillotte. || Au plur. Des contre-carres, c'est-à-dire des carres faites contre.

— HIST. xvi* s. Elles se mettent à l'envy comme pour se faire teste et contrecarre, mont, iv, 274. Et ne fault pas doubter que ce ne soit pour se servir des dicts Hamiltons par delà, les obligeant à elle, et pour faire une contrescarre à M. d'Aubigny, Dépêche de castelnau du io février t68i. Emponoit le prix des mieux disans, sans que pas un osast lui faire contrequarre, Pèlerin d'amour, t. l, p. *7, dans lacurne.

— ÉTYM. Contre, et carre.

CONTRECARRÉ, ÉE (kon-tre-kâ-ré, rée), pari.

passé. Contrecarré dans ses tentatives par un adversaire habile.

CONTRECARRER (kon-tre-kâ-ré) , t). a. || 1° S'op-

CON

CON

poser en face, directement à quelqu'un. Ainsi ce vieux rêveur qui naguères, à Rome, Contrecarrait Caton, critique en ses discours, Et toujours rechignait et reprenait toujours, Régnier, Sat. v. J'allai à vêpres pour le contrecarrer, sév. 240. Et dès ce soir je veux, Pour la contrecarrer, vous marier tous deux, mol. Femmes sav. iv, 7. Pour contrecarrer la mollesse du monde, boss. Bern. i . C'en est trop, mon mari; vous me contrecarrez, vous m'insultez, vous m'outragez, du frény, Espr. de conlrad. se. 10. || 2° Se contrecarrer, v. réfl. Se faire obstacle l'un à l'autre. Bientôt, se contrecarrant mutuellement, elles [certaines classes] useront presque toutes leurs forces les unes contre les autres, j. j. rouss. Coût), de Polog. ch. 7.

— REM. Des lexicographes ont reproché à l'Académie de ne pas écrire contre-carrer avec un trait d'union, comme elle écrit contre-balancer.

— HIST. xvi* s. Nobles avec lesquels ils se contrecarrent [comparent], des accords, Bigarr. p. 44, dans LACURNE.

— ÉTYM. Contre, et carre (voy. ce mot), qui signifie face carrée; contrecarrer est donc mettre quelque chose de carré contre quelqu'un. On aurait pu songer à care, pour chère, face (voy. chère) : mettre face contre face, faire obstacle; mais le mot serait écrit par une seule r, conlrecarer, comme l'ancien français acarier, confronter.

+ CONTRE-CARRER (SE) (kon-tre-kâ-ré), v. réfl. Terme de jeu. Enchérir pour son compte sur la carre, avant les cartes faites.

— ÉTYM. Contre-carre.

f CONTRE -CART (kon-tre-kar) , ». m. Terme de blason. Voy. contre-écart.

f CONTRE-CAUTION (kon-tre-kô-sion), s.f. Terme de droit. Caution de caution. || Au plur. Des contrecautions, c'est-à-dire des cautions qui sont contre, à côté d'une autre caution.

— HIST. xvi* s. Une personne s'estant constituée caution pour un autre.... elle peut appeller le principal pour estre deschargée du cautionnement ou avoir un autre contrecaution, Coust. génér. t. i, p. 500. Je vous bailleray le roy pour caution, qui ne fera point banqueroute, je vous le promets, au moins s'il me laisse ménager ses revenus comme je l'entends, et je lui servirai encore de contrecaution, qui m'attends bien en le faisant riche, qu'il me fera tant de bien que je ne serai jamais réduit au saffran, sully, Jfe'm. t. m, p. 402, dans lacurne.

t CONTRE-CHANGE (kon-tre-chan-j'), s. m. Action de rendre la pareille. || Au plur. Des contrechanges, c'est-à-dire des changes qui se font contre un change.

— HIST. xvi* s. Mais aussi, en contrechange de revange, des 400 arquebusiers qu'avoit amenés le capitaine Croq, il n'en reschappa que 60, carl. i, 9. Sur la menace de faire mourir en contrechange ceux que teniez prisonniers, Sat. Mén. p. 146.

— ÊTYM. Contre, et change.

f CONTRE-CHANGE, ÉE (kon-tre-chan-jé, jée), adj. Terme de blason. Coupé par des lignes, en parlant du champ de l'écu.

— ÊTYM. Contre, et changé.

f CONTRE -CHANGER (kon-tre-chan-jé), v. a. Faire un troc.

— HIST. xvi* s. Qui ne contrechange volontiers la santé à la gloire? mont, i, 278.

— ÊTYM. Contre, et change.

CONTRE -CHARME (kon-tre-char-m'), s. m.

Charme qui en détruit un autre. || Au plur. Des contre-charmes, c'est-à-dire des charmes qui agissent contre.

— étym. Contre, et charme.

-f CONTRE-CHARGE (kon-tre-char-j'), s. f. Poids que le rubanier ajoute à son métier. || Au plur. Des contre-charges.

— ÉTYM. Contre, et charge.

CONTRE-CHASSIS (kon-tre-chà-si), ». m. Châssis

de verre ou de papier qu'on met devant un châssis ordinaire. || Au plur. Des contre-châssis.

— ÉTYM. Contre, et châssis.

f CONTRE-CHEVRON (kon-tre-che-vron), s. m. Terme de blason. Chevron opposé à un autre chevron de différent émail. || Au plur. Des contrechevrons.

— ÉTYM. Contre, et chevron.

f CONTRE-CHEVRONNÉ, ÉE (kon-tre-che-vro-né, née), adj. Terme de blason. Garni de contre-chevrons.

— ÊTYM. Contre-chevron.

f CONTRE-CIVADIÈRE (kon-tre-si-va-diè-r') , s.f. Terme de marine. Voile qu'on hissait sur le bout

dehors du beaupré. || Au plur. Des contre-civadières.

— ÉTYM. Contre, etcivadière.

t CONTRE - CLAVETTE (kon-tre-kla-vè-f), s. f. Sorte de clavette de renfort. || Au plur. Des contreclavettes.

— ÉTYM. Contre, et clavette.

CONTRE-CLEF (kon-tre-klé; 1/ ne se prononce

jamais), s. '.Terme d'architecture. Le voussoir posé immédiatement à gauche ou à droite de la clef d'une voûte. || Au plur. Des contre-clefs, c'est-à-dire des clefs qui sont contre, à côté.

— ÉTYM. Contre, et clef.

4. CONTRE COEUR (kon-tre-keur), s. m. Aversion. || X contre-cœur, loc. adv. En faisant peine à son cœur, en violentant son cœur, malgré soi. Faire une chose à contrecœur. Tout m'est à contre-cœur hormis leur souvenance, Régnier, Dial. Toute chose depuis me fut à contre-cœur, id. Sat. xi. [La vertu] Oui sert à contre-cœur le vice autorisé, id. Sat. n. Encore qu'une femme aux amours fasse peur, Que le ciel et Vénus la voie à contre-cœur.... Régnier, Sat.

vu Mon visage, friponne, Dans cette occasion

rend vos sens effrayés, Et c'est à contre-cœur qu'ici vous me voyez, mol. Éc. des f. v, 4.

— HIST. xm* s. Home de sanc et tricheur aura nostre sire Deux en contre cuer, Psautier, Mo. [Il] Qui ci desirre à cruel cuer Ce ke tousjors ot contre cuer, Amadis et Ydvine, n°6987. || xiv's. Ay pensé à moy vengier de ceulx que je hayoie, et voulentiers les meisse à mal, quant je les avoie à contre cuer, Hénagier, i, 3. || xv*s. Et eurent puis à contre cœur le seigneur de Mortemer [qui avait fait décapiter le comte de Kent], froiss. i, i, 50. Prendre autre cueur est impossible, Faire contre cueur n'est

loisible, al. chart. Le livre des 4 dames Il fault

que j'aye Contrecueur, et que plus je haye [haïsse] Celui que sur tous plus amaye, id. Poésies, p. 67(, dans lacurne. || xvi* s. Ce mot qui leur est si fort à contrecœur, mont, i, 69. J'ay à contrecœur de faire.... id. i, 4 08. Nous trouvons plus laid l'object que nous avons à contre cœur, id. H, 368. Les Rochelois avoient à tel contre-cœur d'obéir aux gentils-hommes qu'ils haïssoient, d'aub. Hist. u, 300. Ceux de Rochelle qui faisoient tout à contre-cœur et contretemps, id. ib. 304.

— ÊTYM. Contre, et cœur.

f 2. . CONTRE-COEUR (kon-tre-keur), s. m. Terme de boucherie. Maniement pair ou double, chez le bœuf et la vache, qui est placé en arrière de l'articulation scapulo-humérale ou dans l'angle compris entre le bord postérieur du scapulum et la face postérieure de l'os du bras.

— ÊTYM. Contre, à côté, et rœur.

3. CONTRE-COEUR (kon-tre-keur), ». m. Partie de la cheminée qui est entre les deux jambes depuis l'âtre jusqu'au tuyau. || Plaque contre laquelle est appliqué le bois qui brûle. || Au plur. Des contrecœur ou contre-cœurs, c'est-à-dire les parties qui sont contre le cœur ou les cœurs de cheminée.

— HIST. xiu* s. Il puet mètre devant son pis [poitrine] et devant son ventre un contrecuer de teille et de coton, Ass. de Jérus. i, 4 70.

— ÉTYM. Contre, et cœur, dans le sens ds milieu de la cheminée.

f CONTRE -COMPONÉ, ÉE (kon-tre-kon-po-né, née) , adj. Terme de blason. Dont les compons sont disposés à l'inverse des fasces de l'écu.

— ÉTYM. Contre, et componé.

f CONTRE- CORNIÈRE (kon-tre-kor-niè-r'), s. f. Terme de marine. Pièce de bois qui sert à lier la cornière et les estains. || Au plur. Des centre-cornières.

— ÊTYM. Contre, et cornière. CONTRE-COUP (kon-tre-kou; le p ne se lie pas;

un contre-coup inattendu, dites : un kon-tre-kou inattendu; au pluriel, l'i se lie : des kon-tre-kou-s inattendus), t. m. 1| 1* Répercussion d'un corps sur un autre. La balle a donné contre la muraille, et il a été blessé du contre-coup. || Synonyme de contre, au jeu de billard. || 2° Impression produite par un coup dans la partie opposée à celle qui a été atteinte. Le contre-coup rompit la poutre. || Terme de chirurgie. Ebranlement qu'éprouvent certaines parties du corps à l'occasion d'un choc reçu dans d'autres parties plus ou moins éloignées et souvent diamétralement opposées. Fracture du crâne par contre-coup. || S* Fig. Evénement fâcheux déterminé par un autre , Vous en sentiriez le contre -coup, sév. 606. Nous parlâmes du contre-coup qu'elle ressentait de cette disgrâce, id. 386. Ils ont -senti le contre-coup de cette mésintelligence, id. 202. Les plus légères fautes ont de violents contre-coups, fén. Tél. xn. Les joies portaient un contre-coup de tristesse sur le cœur de

Sulpice, boss. Sulp. 3. Nous voyons chaque jour le contre-coup du crime d'un méchant aller frapper un descendant vertueux, ciiateaub. Génie, 1, 4. La vacarme fut général et fut épouvantable ; personne de riche qui ne se crût ruiné sans ressource ou en droiture ou par un nécessaire contre-coup, st.-sim. t. xviii, ch. 16, éd. de (829, in-8°. || Par contrecoup, par une voie indirecte. C'est être le bienfaiteur des princes et, par contre-coup, du genre humain qu'ils gouvernent, que do ne jamais perdre de vue, en écrivant l'histoire, le respect superstitieux qu'on doit à la vérité , d'alembert , Réflex. sur ihist. OEuvres , t. îv, p. (90, dans pougens. Les rapports que nous y trouvons [entre les idées] établissent entre elles des liaisons très-propres à augmenter et à fortifier la mémoire, l'imagination, et, par contre-coup, la réflexion, condillac, Conn. hum. sect. 2, ch. 6. || 4° Terme de manège. Saut imprévu que fait le cheval. || Terme do vétérinaire. Altération dans les mouvements du flanc du cheval poussif, dite aussi soubresaut. || Au plur. Des contrecoups, c'est-à-dire des coups contre, à côté.

— HIST. xvi" s. Le Reingraff porte son pistollet dans les dents de ce chef, l'autre le tue du contrecoup du sien, d'aub. Hist. I, 306. Le roy receut un très grand coup de lance au corps, qui fust cause luy eslever la visière, et un esclat du contrecoup luy donna au dessus du sourcil dextre, paré, vm, 9.

— étym. Contre, et coup.

t CONTRE-COUPE (kon-tre-kou-p'), s. f. Terme de marine. Coupe en sens contraire de la coupe totale d'une voile. || Au plur. Des contre-coupes.

— étym. Contre, et coupe.

CONTRE-COURANT (kon-tre-cou-ran) , ». m. Courant qui se fait en sens contraire d'un autre courant. Î l'aide des contre-courants, les pirogues remontent le Meschacebé, ciiateaub. Atala, 209.

— ÊTYM. Contre, et courant.

t CONTRE-COURBE (kon-tre-kour-b'),*. f. Terme d'architecture. Se dit des courbes renversées qui terminent un arc en tiers-point à son sommet, et forment l'extrémité supérieure d'un arc en accolade, viollet-le-duc. || Au plur. Des contre-courbes.

f CONTRE-COURSE (kon-tre-kour-s') , ». f. Course en sens opposé. || Au plur. Des contre-courses.

— HIST. xvt" s Et faire à contre-course Les

ruisseaux esbahys retourner à leur source, rons. 671.

— ÊTYM. Contre, et course.

t CONTRE-CRITIQUE (kon-tre-kri-ti-k'), ». f. Critique opposée à une autre critique. Je ne prétends faire aucune réponse à toutes leurs critiques et à leurs contre-critiques, mol. Impr. 4,

— étym. Contre, et critique.

+ CONTRE-DAME (kon-tre-da-m') , ». f. Terme d'agriculture. Oreille mobile que, dans quelques pays, on adapte à la charrue. || Au plur. Des contre-dames.

4. CONTREDANSE et mieux CONTRE-DANSE (kon-tre-dan-s'), s. f. || 1* Danse de salon où des couples de danseurs placés en vis-à-vis font, à l'opposite les uns des autres, des pas et des figures semblables. La contredanse au xvn* siècle se dansait à deux personnes; elle se danse aujourd'hui presque toujours à huit, divisées en quatre couples. Et près d'aimables étourdis À la contre-danse il répète : Comme vous j'ai dansé jadis, bérang. Av. de Bagn. La ritournelle d'une contredanse interrompit notre dialogue, ch. de Bernard, Un acte de vertu, § 4. Il 2° Air de contredanse. Jouer une contredanse.

— ÉTYM. Contre, et danse; c'est-à-dire danse où chacun fait en sens contraire exactement ce que fait ou ce qu'a fait son vis-à-vis. C'est par erreur que presque tous les étymologistes donnent la country-dance anglaise comme l'origine de notre contredanse et de son nom ; c'est une confusion expliquée à l'article contredanse 2.

2. CONTREDANSE (kon-tre-dan-s') et, primitivement, COUNTRY-DANCE (keun'-tri-dan-s'), ». f. Sorte de danse rustique ancienne en Angleterre, où elle signifie danse de campagne, et importée en France sous la Régence, c'est-à-dire entre 1715 et 1723. On quitta les danses françaises poursemett.e aux contredanses, uamjlt. Gramm. 7. Dans l.;s contredanses anglaises on est ordinairement sur deux lignes, les dames d'un côté, les cavaliers de l'autre en aussi grand nombre qu'on le juge à propos, les cavaliers en face de leurs dames.... Le cavalier qui est à la tête d'une ligne avec sa damo commence et continue la contredanse jusqu'au bout et ainsi de suite.... et quand les premiers figurants sont revenus à leurs places, la contredanse est finie, compas, Dictionn. de la Danse, 4787, au mot ; rtndt

CON

— ÉTYM. Angl. country -dance, de counlry, campagne (qui vient du français contrée), et dance, danse : danse de campagne. Il est visible que la country dance était une sorte de branle qui n'avait riendecommun avec notre contredanse, etquecelleei était une danse savante et polie et non une danse de campagne. La paronymie a confondu sous un même nom ces deux danses complètement différentes.

t CONTRE-DATE, ÉE (kon-tre-da-té, tée), part, passé. Lettre contre-datée.

t CONTRE-DATER (kon-tre-da-té) , v. a. Dater autrement qu'on n'avait fait d'abord.

— ËTYM. Contre, et dater.

t CONTRE-DÉCLARATION (kon-tre-dé-kla-rasion), *. f. Déclaration contraire à une déclaration précédente. || Au plur. Des contre-déclarations.

— ÉTYM. Contre, et déclaration.

t CONTRE-DÉFENSE (kon-tre-dé-faii-s'), s. f. Défense mise en avant d'une autre défense. || Au plur. Des contre-défenses.

— hist. xvi* s. Contre-défense [ en parlant d'une haie morte pour en préserver une vive], o. de serbes, 7*3.

— ÉTYM. Contre, et défense.

+ CONTRE-DÉGAGEMENT (kon-tre-dé-ga-jeman), *. m. Terme d'escrime. Action de dégager, en même temps que l'adversaire dégage. || Au plur. Des contre-dégagements.

t CONTRE-DÉGAGER (kon-tre-dé-ga-jé), V. n. Terme d'escrime. Dégager en même temps que son adversaire. || Activement, contre-dégager l'épée.

— ËTYM. Contre, et dégager.

+ CONTRE-DÉNONCIATION (kon-tre-dé-nonsia-sion), *. f. Terme de droit. Dénonciation, au tiers saisi, de la dénonciation, au débiteur saisi, de la saisie-arrêt ou opposition. P, créancier de G, forme une saisie-arrêt ou opposition entre les mains de A sur des deniers que A doit à G; P dénonce ou fait la dénonciation de l'opposition à G ; puis P contre-dénonce ou fait la contre-dénonciation de l'opposition à A, c'est-à-dire lui signifie la dénonciation par lui faite à G.

+ CONTRE-DIGUE (kon-tre-di-gh'), s. f. Digue qui en renforce une autre ; ouvrage destiné à garantir une digue. \\Au plur. Des contre-digues.

— ÊTYM. Contre , et dt'oue.

CONTREDIRE (kon-tre-di-r'), je contredis, tu contredis, il contredit, nous contredisons, vous contredisez, ils contredisent; je contredisais; je contredis, nous contredîmes; je contredirai; contredis, contredisez; que je contredise, que nous contredisions; que je contredisse; contredisant; contredit, v. a. i| 1" Dire, prétendre le contraire de quelqu'un ou de quelque chose. L'accusé contredit les témoins sur ce point. Contredire une proposition. Ces conclusions ont acquis un titre de certitude qui ne peut plus être balancé, encore moins contredit par nos perceptions particulières, boulainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. -1 45. Je n'avancerais rien en vous contredisant; J'ordonnais autrefois et je prie à présent, rotr. Antig. n, *■ Jésus parle de sa doctrine comme devant être prêchée, contredite et reçue par toute la terre, Boss. Hist. n, 6. 11 y faut joindre encor la revêche bizarre, Qui sans cesse, d'un ton par la colère aigri, Gronde, choque, dément, contredit un mari,BOiL. Sat. x. || Contredire quelque chose à quelqu'un. En l'état où je suis, les maux dont je soupire M'ôtent la liberté de te rien contredire, corn, dans lavkaux. || Contredire quelqu'un de quelque chose. Ce billet de ma main que vous venez de lire, De tout ce que je dis ne peut me contredire, fénelon (un parent de l'archevêque de Cambrai), Alexandre, IV, 3 (en 4763). || Absolument. Il aime à contredire. Et ne faut-il pas bien que monsieur contredise? mol. Mis. il, 6. Enclin à contredire, volt. Catil. il, 3. || Terme de palais. Combattre par des écritures les conclusions et les moyens de la partie adverse. Contredire un moyen. Et absolument, prendre communication et contredire. || 2° Fig. Être en opposition, ne pas répondre à. Et bien souvent l'effet contredit l'apparence, Régnier, Sat. il. Parle, t'a-t-on surprise en ce fatal devoir Qui si visiblement contredit mon pouvoir? rotr. Anlig. iv, 3. J'approchais de quinze ans alors qu'empoisonnée Pour avoir contredit mon fatal hyménée, Elle mêla ces mots à ses derniers soupirs, corn. Héracl.m,t. En un âge tendre , on n'ose produire des désirs qui contrediraient leurs desseins [de ses parents], mass. Car. Vocation. La vertu toute seule est un mérite que rien ne peut partager avec le juste, un mérite que tout contredit au dedans de nous et dont chacun ne trouve en soi que les oppositions et les répugnances, id. tb. Respect humain. Vous suivez ces usages; mais avez-vous examiné si

CON

l'Évangile ne les contredit point? m. tb. Salut. Ah! c'est trop contredire Le dépit qui me ronge et l'ardeur qui m'inspire, volt. Scythes, n, 5. || 8° V. n. Le seul moyen de leur contredire, corn. Ex. du Cid. Tout le monde en convient et nul n'y contredit, mol. Mis. i, t J'ai contredit aux saintes maximes que vous avez apportées au monde , pasc. Prière. S'i Is nient la vérité-de notre justice, ils contredisent à l'Écriture, boss. Réfut. La vérité nous est présentée par l'Eglise, et le prélat même qui y est le plus intéressé n'y contredit point, fléch. Serm. n, 3)6. Les dieux ont prononcé; loin de leur contredire, C'est à vous à passer du côté de l'Empire, rac. Rrit. n, 3. Il n'oserait toucher l'oint du Seigneur, ni contredire aux pontifes de la loi, mass. Panég. SI Bern. || 4° Se contredire, v. réfl. Être en contradiction avec, soi-même. Cet auteur se contredit en beaucoup d'endroits. Comme Aristote se contredit souvent et qu'on peut appuyer presque toutes sortes de sentiments par quelques passages tirés de lui , malebr. Recherche, éclaircissements , liv. i, t. iv, p. 34, dans pougens. || Être en contradiction. Ces deux propositions semblent se contredire. Quand vous leur donnez des préceptes qui se contredisent, quels fruits espérez-vous de vos soins? J. J. rouss. Ètn. il. || Être en contradiction les uns avec les autres. Ils se contredisent sans cesse.

— REM. Des auteurs ont dit à la deuxième personne du pluriel contredites, au lieu de contredisez, qui est seul usité aujourd'hui. Si vous me contredites, vous renversez la vocation gratuite à la grâce,

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