‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 356 sur 403 · FÉN. III · texte numérisé non relu

FÉN. III

— HIST. x* s. La domnizelle celle kose non contredist, Eulalie. || xi» s. S'or i a cel qui veulle contredire [refuser], Ch. de Roi. cclxviii. En piez se dresse, si lui vint cuntredire, ib. xiv. || xu* s. Le Rin [ils] ont trespassé, n'est qui leur contredie, Sax. vu. Qui donc veïst le duc ses alues [alleux] contredire [défendre], Et tenoit un espié dont la hante ert [était] entire, tb. x. Davit li reis qui out en sei saint esperit, Quant il out Salomun sun fil à rei escrit, Grant partie del pueple li aveit contredit, Et si unt Adonie sun fil à rei eslit, Th. le mart. 27. As fous et as feluns i out plasible lei ; Contredire la deit chascuns hum qui ad fei; Car par tut desplaiseit al celestien rei, t'b.63. Li reis respundi : Si alcuns te cuntredit, fai le venir devant mei, e pois en iert fins, Rois, 4(i9.[| xm» s. En ceste manière fu li plais requis; mais il fu moult contredit de ceus qui volontiers vosissent que li os [armée] se departist, villeii. xxxvm. Il n'i.ot si hardi qui riens lui contredie, Berte, lx. Et vous, sire patriarche, jurés, dist la roïne, que vous ne me contredirez jamais d'autre signor prendre, Chr. de llains, p. 20. Et d'enki en avant li rois tint Normendie et toute la contrée, ne n'en fu qui li contredisist, tb. 441. Forest qui est au conte tote quite Et à tote gent contredite, Fors sol au conte et à sa gent,Ren. 40440.

|| xiv* s Par quoy il semble que il se contredie,

oresme, Eth. 61. Et ne leur contrarient ou contredient en rien, id. ib. 4 30. Il ne reçoit ou accepte les paroles des autres ou ne les contredit pas par amisté ne par inimisté, id. tb. 434. ||xv» s. Veez-ci, la vierge concevra Un filz, et sy le portera; Celuy sara le bien eslire, Et le bien du mal contredire, JVatirité de N. S. J.C.Ïl pensoit qu'ilz ne contrediroient point à son vouloir, comm. m, 4. || xvi» s. Outre ce que leur argument ne vaut rien, l'Escriture leur contredit apertement en plusieurs lieux , calv. Instil. 784. Dieu, auquel il n'y a point d'ouy et nenni : c'est à dire, qui ne se change ne contredit point, id. tb. 4 4 47. Mais Trivulce y contredit [à cela], mont, i, 4 5. Ils cherchent qu'on les contredie, pour.... id. ii, 231. Les historiens ne contredisent en rien aux poètes tragiques, en ce qui touche les malheurs qui luy advindrent, amyot, Thésée, 36. Lors Cassander alla disant qu'il ne se contredisoit point à soy mesme,

pource que.... id. Démosth. 49 Car le peuple

mesdit De celuy qui de mœurs aux siennes contredit, rons. 893. Jecroy que nul ne me contredira que la pieté, la vérité et la justice ne doyvent marcher

devant la fortitude, lanoue, 204 Ce qui est si

véritable qu'on n'y peut contredire, id. 207.

— ÉTYM. Provenç. contradire ;espagn. contradecir; ital. contradire; du latin contradicere , de contra, contre, et dicere, dire.

CONTREDISANT, ANTE (kon-tre-di-zan, zan-t'), adj. Qui aime à contredire. Quant à l'humeur contredisante, Je ne sais s'il avait raison, Mais que cette humeur soit ou non Le défaut du sexe et sa pente.... la font. Fabl. m, 46. Les humeurs contredisantes sont incommodes et désagréables, logique de Port-Royal, 3e partie, ch. 4 9, dans riche-

let. Jurieu le plus contredisant de tous les ministres, boss. Variât, xv, § 140. Il n'est point disputeur ni contredisant, il n'est pas non plus complaisant et flatteur, il dit son avis sans combattre celui de personne, j. i. rouss Ém. iv. || Terme de palais. Qui fournit des contredits.

— hist. xvi' s. Redarguer tous contredisans, calvin, ïnstit. 860. Il y aura des contredisans, lanoue, 93. L'on faisoit passer les edicts avec le feu et l'espée, dont on forçoit les contredisans, amyot, Sylla et Lysand. 4.

— ÉTYM. Contredire.

(.CONTREDIT, ITE (kon tre-di, di-t') , part, passé de contredire. Qui éprouve contradiction, opposition. L'accusé contredit par les témoins. Un argument contredit. C'est le sort des nouveautés, même les mieux prouvées, que d'être contredites, fonten. Cassini. D'où vient qu'un culte si contredit, si pénible par ses observances , s'est seul perpétué dansle monde? mass. Car. Vérité de la religion. Comme, à cet âge, on sent moins le plaisir que l'impuissance d'en jouir, on se trouve contredit par soi-même, humilié par sa propre faiblesse, buff. Nature des anim. Les principes les plus évidents sont souvent les plus contredits; ils ont à combattre l'ignorance, la crédulité, l'habitude, l'opiniâtreté, la vanité des hommes, holbach, dans du marsais. Essai. Préj. ch. 3.

2. CONTREDIT (kon-tre-di; le t se lie dans le parler soutenu; au pluriel, l'sselie: des con-tredi-z inacceptables), s. m. || 1° Terme de procédure. Ecritures que fournit une partie contre la production de l'autre; réponse à son dire. Sans tant de contredits et d'interlocutoires , Et de fatras et de grimoires, Travaillons.... la font. Fabl. i, 21. Quel métier de passer son temps avec des chicanes et des contredits! volt. Lett. en vers et en prose, 74. Après quelques dits et contredits ils convinrent de s'en rapporter au jugement d'un tiers, dider. Lett. à Mlle Voland. Cette pièce n'a pas besoin d'autre contredit, patru, Plaidoyer 4 6, dans richelet. || î" Par analogie. Vous l'allez emporter sur nous sans contredit, corn. Pulch. i, 4 L'histoire.... est.... Un peu sujette à contredit, la font. Coupe. Tout ceci a passé sans contredit, boss. Vif. comm. Il croit facilement tout ce qu'on lui fait croire; Et quand on lui soutient : c'est vous qui l'avez dit, La chose en même temps n'a plus de contredit; C'est un arrêt donné.... hauteroche, Nobles de province, m, 4 0. || Sans contredit, loc. adv. Sans qu'on puisse contredire; certainement, assurément. 11 est sans contredit le plus habile écrivain de son temps. C'est Lucrèce; ce l'est sans aucun contredit, corn, le Ment, i, 4.

HIST. xu" s. Mais qu'il seient si fort e en tel

poesté , Que quanque il ferunt seit en stabilité, Devant els ne apel ne contredit furmé, Th. le mart. 66. Tu deliverras mei des cuntredis del pople, Liber psalm. p. 24. E jo ta venue al rei nuncierai, e puis, quant il ne te truverad, senz contredit me ocirad, Rois, 34 4. || xiu» s. Se ele est d'amor esprise, Malement lui est membre [souvenu] , Comment j'ai i sa devise Sans nul contredis esté, auboinsde sezanne. Romancero, p. 4 26. S'il ne fust, morte [je] fusse n'i eùst [il n'y aurait eu] contredit, Berte, lui. Pui» que li empereres l'ot commandé, nus n'i mist contredist, H. de valent, iv. Et s'il l'avoient mort ou pris, il n'averoient mais nul contredit au roiaume conquerre, Chr. de Rains, p. 4 82. Moult grant merciz, biax douz amis, Que n'estes pas à contredis [vous ne vous opposez pas], Ren. 254 46. Amors abandonnée est pire Que celé où il a contredit. Lai du conseil. Aucun volt un mariaige acuser, qui, au tens qu'il fut banni [publié] en iglise, n'i mist point de contredit, Liv. de /ut*. 214. || xv s. Aucuns chevaliers.... vinrent au ferir des espérons à Courtray et entrèrent en la ville; car il n'y avoit défense ni nul contredit, froiss. ii, h, 200. Et passèrent une petite rivière qui là estoit, et s'en vinrent sans contredit jusques à une place qui estoit devant le moustier, id. I, i, 437. Le roy Charles estoit content de tout ce que le duc Jehan vouloit faire, et n'y mettoit nul contredit, fenin, 4 4 i 8. Et luy sembloit bien que en sa vie ne trouveroit nul contredict en son royaulme, comm. v, 42. || xvi« s. Si est-ce qu'a\ ce tous leurs murmures et contredits, ils n'empescheront point son œuvre, calvin, ïnstit. 740. La volonté divine nous règle sans contredict. mont, ii, 23. Valerius fut esleu sans aucun contredit, amyot, Publ. 4 2. Il n'y eut personne que Pythodorus qui y osast contredire: toutefois son contredict ne servit de rien , id. Vémétr. 32. Ce chemin les mena sans contredit [résistance] jusqu'à la contr'escarpe, d'aub. Hist. n, 380.

— ÉTYM. Contredit i

CON

CONTRÉE ( kou-trée ) , t.f. Etendue de pays. Ce sont les meilleures terres de la contrée. Contrée riche, fertile, pauvre, sablonneuse. Vous possédez des Grecs la plus riche contrée , rac. Iph. i, 4. Je partis, je courus de contrée en contrée, volt. Œdipe, iv, t . Vous ne me parlez plus de ces belles contrées Où d'un peuple poli les femmes adorées Reçoivent cet encens que l'on doit à vos yeux, id. Zaïre, I, i. Il Poétiquement. Qui de l'air étendit les humides contrées, rotrou, Sl-Gen. in, 2. || Se dit aussi de fractions de pays très-diverses. La vigne a gelé dans nos contrées, c'est-à-dire dans notre canton. || Terme d'eaux et forêts. Endroit assigné aux usagers pour le pâturage.

— HIST. xi" s. Que sols je muire en l'estrange contrée, Ch. de Roi. xxxm. Grant est la plaine et large la cuntrée, ib. ccxl. ||xir* s. Li bon charnel gisent en sa contrie, Ronc. p. 4). Et quant je plus sui loinz de la contrée, Tant est mes cuers plus près et ma pensée , Couci, xvn. || xra' s. Tant corn je fusse hors de ma contrée , Ne peûst pas la joie à moi venir, vidame de Chartres , Romancero, p. (13. Amis, vous en irez en la vostre contrée, Berte, lxyiii. La contrée fu bêle et riche, et orent des blés les moies [meules] qui estoient demorées parmi les chans, villeh. lxiii. || xv s. Quant les trêves furent accordées , si s'en ralla chacun en sa contrée, froiss. i, i, 147.

— ÊTYM. Provenç. et ital. contrada; du latin contra, contre, c'est-à-dire la terre qui est contre, qui est devant nous; les langues romanes ayant formé, de cette préposition, une espèce d'adjectif. L'anglais country vient du français contrée.

t CONTRE-ÉCAILLÉ (kon-tré-kâ-U', U mouillées), t. f. Envers, dessous des écailles. || Au plur. Des contre-écailles.

— ÊTYM. Contre, et écaille.

t CONTRE-ÉCART (kon-tré-kar), s. m. Terme de blason. Parties d'un écu contre-écartelé.

— ÊTYM. Voy. contre-écarteler.

t CONTRE-ÉCARTELÉ, ÉE ( kon-tré-kar-te-lé, Ire) , part, passé. Ecu contre-écartelé.

t CONTRE-ÉCARTELER (kon-tré-kar-te-lé), t). a. Terme de blason. Diviser en quatre quartiers un des quartiers de l'écu déjà écartelé.

— ÉTYM. Contre, et écarteler.

i CONTRE-ÉCARTELLEMENT (kon -tré- kar-tèle-man) , s. m. Action de contre-écarteler. Etat d'un écu contre-écartelé. || Au plur. Des contre-écartellements.

CONTRE-ÉCHANGE (kon-tré-chan-j'), s. m.

Échange pour échange Ces gens gais et joyeux

Sont sur le point de partir leur chevance , Lorsqu'on les vient prier d'une autre danse Convient les pendre] ; En contre-échange un pauvre malheureux S'en va périr selon toute apparence, Quand sous la main lui tombe une beauté...., la font. Orais. \\Au plur. Des contre-échanges.

— HIST. xvi' s. De la vraye obéissance nous glissons aisément en la fausse, laquelle, en contr'eschange d'une chose deue, nous entait faire uneindeue,LANOUE, 2H. Seulement dubled,du vin.dusel, et du pastel qui se transporte es pays estrangers, il y entre en contr'eschange annuellement plus de douze millions de livres, id. 356.

— ÉTYM. Contre, et échange.

t CONTRE-ÉCHANGE (kon-tré-chan-jé), adj. m. Terme de blason. Coupé de lignes.

t CONTRE ÉDIT (kon-tré-di), s. m. Edit contraire à un autre. Ce sont des contre-édits dont on se moquait à Constantinople, volt. Ingénu, (t.

— ÉTYM. Contre, etédit.

+ CONTRE - EFFORT (kon-tré-for), s. m. Effort opposé à un effort. || Au plur. Des contre-efforts.

— HIST. xvi* s. Contr'effort, cotorave.

— ÉTYM. Contre, et effort.

t CONTRE -ÉMAIL (kon-tré-mall, Il mouillées), t. m. Émail placé sur le côté concave d'un cadran. || Au plur. Des contre-émaux.

— ÉTYM. Contre, et émail.

t CONTRE-ÉMAILLÉ, ÊE (kon-tré-ma-llé , liée, II mouillées), part, passé. Cadran contre-émaillé.

+ CONTRE-ÉMAILLER (kon-tré-ma-llé, Il mouillées) , v. a. Emailler le côté concave d'un cadran.

— ÉTYM. Contre-émail.

t CONTRE -EMPOISE (kon -tran-poi-z'), s. f. Pièce de fonte ou de fer qui sépare les tourillons du cylindre à étirer. || Au plur. Des contre-empoises.

t CONTRE -EMPREINTE (kon-tran-prin-f), s. f. Terme de géologie. Relief laissé dans une roche par un corps qui s'est ensuite dissous. || Au plur. Des contre-empreintes.

— ÊTYM. Contre, et empreirte.

CON

CONTRE-ENQUÊTE (kon-tran-kê-f) , t, f. Enquête opposée à celle de la partie qui demande l'enquête. || Au plur. Des contre-enquêtes.

— ÊTYM. Contre, et enquête.

t CONTRE-ENTREPRISE (kon-tran-tre-pri-z'),s. f. Entreprise opposée à une autre.|| Au plur. Des contreentreprises.

— HIST. xvi* s. Au séjour que nous fismes devant ceste place, M. l'admirâl fit une belle contr'entreprise, qui se demesla en la manière que je diray, lanoue, 633.

t CONTRE -ÉPAULETTE (kon-tré-pô-lè-f), s. f. Corps d'épaulette dépourvu de frange. |j S'est dit aussi des épaulettes en drap. || Au plur. Des contreépaulettes, c'est-à-dire des épaulettes qui sont le contre, l'imitation d'une épaulette entière.

— ÊTYM. Contre, et épaulette.

CONTRE -ÉPREUVE ( kon -tré-preu- v'), s. f. || 1° Terme de graveur. Estampe qui, tirée sur une épreuve fraîchement sortie de la presse, sert à donner l'estampe du même sens que le dessin; elle sert aussi à faire connaître si la planche a besoin d'être retouchée. Tirer une contre-épreuve. || 2" Fig. Ouvrage qui est une faible imitation d'un autre. Ce n'est qu'une pâle contre- épreuve de tel poème. || 3" Vote auquel on procède dans une assemblée délibérante, contre la proposition qui a été mise aux voix. La contre-épreuve est faite, et l'amendement rejeté. || Au plur. Des contre-épreuves, c'est-à-dire des épreuves qui sont le contre, l'imitation.

— ÊTYM. Contre, et épreuve.

CONTRE-ÉPREUVE, ÉE (kon-tré-preu-vé, vée),

part, passé.

CONTRE-ÉPREUVER ( kon - tré - preu - vé), v. a. Terme de gravure. Faire une contre-épreuve.

— êtym. Contre-épreuve.

CONTRE -ESPALIER (kon-trè-spa-lié), s. m.

Terme de jardinage. Suite d'arbres plantés en ligne dans la plate-bande qui fait face à celle de l'espalier. || Au plur. Des contre-espaliers, c'est-à-dire espaliers qui sont contre, à côté.

— ÉTYM. Contre, et espalier.

| CONTRE-ESTAMPE (kon-trè-stan-p'), s. f. Voy. contre-moule. Il Au plur. Des contre-estampes.

— ÉTYM. Contre, et estampe.

f CONTRE-ÉTAMBOT (kon - tré-tan-bo), s. m. Terme de marine. Pièce courbe qui lie l'ét.imbot à la quille. j| Au plur. Des contre -étambots. || O.i dit aussi contre-étambord.

— ÉTYM. Contre, et étambot.

f CONTRE-ÉTRAVE (kon-tré-tra-v'), s. f. Terme de marine. Renfort servant à lier l'étrave à la quille. || Au plur. Des contre-étraves.

— ÉTYM. Contre, et étrave.

| CONTRE-EXPERTISE (kon-trèks-pèr-ti z'), s. f. Expertise destinée à en contrôler une autre. || Au plur. Des contre-expertises.

— ÊTYM. Contre, et expertise.

f CONTRE-EXTENSION (kon-trèk-stan-sion), s. f. Terme de chirurgie. Action opposée à l'extension, et qui consiste à retenir fixe et immobile la partie supérieure d'un membre, lorsqu'on opère par extension la réduction d'une fracture ou d'une luxation. || Au plur. Des contre-extensions.

— ETYM. Contre, et extension.

CONTREFAÇON (kon-tre-fa-son), s. f. || 1° Action de reproduire une œuvre littéraire, artistique ou industrielle au préjudice de l'auteur ou de l'inventeur. La contrefaçon d'un livre, d'un dessin, d'un produit, d'une marque de fabrique. || L'ouvrage ainsi contrefait. 11 y a plusieurs contre-façons de cet ouvrage. |j Par extension. 11 y a donc, pour ainsi dire, une contrefaçon du talent de la parole, villemain, dans le Dict. de dochez. || Fig. Beau dehors par la langue, et du reste à cœur joie; Quant à moi, je dis fi de ces contrefaçons [hypocrisies] : Point de déguisement.... th. corn. Le baron d'Albitrac, v, 3. || 2° Suivant l'Académie, il est quelquefois synonyme de contrefaction. Contrefaçon du sceau de l'État.

— REM. Contrefaçon, qui est dans des textes anciens, ne se trouve* ni dans Furetière, ni dans la ("édition de l'Académie; l'Académie ne le donne qu'à partir de l'édition de 17)8.

— HIST. xiii* s. Se aucune euvre estoit trouvée vendant contrefaite à euvre de coural [corail], dont marchanz pourraient estre deceuz pour la contrefaçon, elle seroit prise et arse, Liv. des met. 70.

— ÊTYM. Contre, et façon.

CONTREFACTEUR (kon-tre-fa-kteur), t. m. Celui

qui se rend coupable de contrefaçon. La loi punit les contrefacteurs.

— ÊTYM. Contrefaire.

CON

CONTREFACTION (kon-tre-fa-ksion) , s. f.

|| 1° Terme de droit. Imitation, pour tromper, des effets publics, des monnaies, des poinçons de l'Etat. || 2* Faux en écriture privée. La contrefaction de ce billet est évidente.

— SYN. CONTREFAÇON, CONTREFACTION. Bien que

ces mots soient, au fond, les mêmes, puisque façon n'est autre que la forme française de factio, pourtant l'usage y a mis une différence. La contrefaçon se dit des œuvres de littérature, d'art ou de production industrielle; la contrefactiou se dit de toute espèce d'imitation frauduleuse: la contrefaction d'un billet, et non la contrefaçon.

— ÊTYM. Voy. CONTREFAIRE.

CONTREFAIRE ( kon-tre-fê-r' ) , je contrefais, tu contrefais, il contrefait, nous contrefaisons, vous contrefaites, ils contrefont; je contrefaisais; je contrefis ; je contreferai; contrefais, contrefaisons, comrefaites; que je contrefasse, que nous contrefassions; que je contrefisse; je contreferais; contrefaisant; contrefait, v. a. |j 1° Reproduire, par imitation, quelqu'un ou quelque chose. Ib contrefont le guet, et de voix magistrale.... Régnier, Sat. xi. Il ne put du pasteur contrefaire la voix, la font. Fabl. m, 3. Vos paroles, le ton de votre voix, vos regard», vos pas, votre action et votre ajustement ont je ne sais quel air de qualité qui enchante les gens; je vous étudie des yeux et des oreilles, et je suis si remplie de vous, que je tâche d'être votre singe et de vous contrefaire en tout, mol. Critique, se. 4. Une candeur que rien ne peut contrefaire, fén. Tél. xiu. De jeunes gens furent accusés d'avoir déjà fait quelque chose de semblable dans une partie de débauche et d'avoir contrefait les mystères de Cérès et de Proserpine, roll. Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 629, dans pouoens. On contrefait aisément une démarche contrainte , on copie difficilement celle qui est naturelle, condillac, Art d'écrire, H, H. Les moyens par lesquels la nature forme ou décompose les mixtes ne sont pas en notre pouvoir; nous ne pouvons qu'observer ses opérations et non les contrefaire, condorcet , Bucquet. Telle est de ces rochers la bizarre structure; On doute, en les voyant, si la fière nature A de l'art, à son tour, contrefait les travaux , mass. Ilelvéliens , v. Des femmes gouvernant des princes trop crédules, Sachant tout contrefaire et tout dissimuler, m. j. ciienier, Charles IX, i, (. 1| Absolument. 11 y a si peu de gens qui voient nettement combien il y a de distance entre faire et contrefaire, buff. Nature des anim. || 2° Imiter par moquerie, pour faire rire, pour donner du ridicule. Il le contrefaisait de la manière la plus comique. || Absolument. Sans vouloir louer la qualité de contrefaire, il faut avouer que c'est la chose du monde qui réjouit le plus parfaitement , sëv. t. x , lett. 974 , dans pocgens. || 3° Feindre d'être ce qu'on n'est pas. J'évite toutes les apparences qui semblent contrefaire le favori, balz. liv. v, lett. to. Celle-ci [la chevrette], quittant sa retraite, Contrefait la boiteuse, et vient se présenter, la font. Fabl. xii, (5. Le papelard contrefait l'étonné, id. Hcrm. Il contrefait le sot et le badin , in. ilazel. N'y a-t-il point quelque danger à contrefaire le mort? mol. Mal. imag. ni, 48. || Par extension, déguiser. Contrefaire sa voix, son écriture. || 4* Terme de droit criminel. Pratiquer la contrefaçon ou la contrefaction. Contrefaire un ouvrage, une gravure, une machine, le poinçon d'un fabricant. Contrefaire la signature de quelqu'un, un billet. || 5° Défigurer. 11 a eu des convulsions qui lui ont contrefait tout le visage. || 6* Se contrefaire, v. ré/l. Se donner pour ce qu'on n'est pas. Que sert-il qu'on se contrefasse? Prétendre ainsi changer est une illusion : L'on reprend sa première trace X la première occasion, la font. Fabl. xu, 9. Prenez ma jupe et contrefaites-vous, id. Coc. L'art des précautions était inutile, parce que l'art de se contrefaire n'était pas encore inventé, mass. Or. Fun. Villars. Par malheur je n'ai point l'art de me contrefaire, oresset, Uécliant, i. 4. || Etre contrefait, imité par fraude. Cette signature peut aisément se contrefaire.

— HIST. xu* s. Mais il ne porent engin faire Que cil dedens ne contrefacent, floman de Brut, f* (03, dans lacurne. || iiii's. Bossu si contrefait ne camus si puant, Chastie-Uusart. Onques ne fu si contrefet ; Il sembloit qu'il fust d'enfer tret, Ren 22737. Demain irés droit à la tor, Com se fuissiés engigneor [ingénieur]; Li poniers a le cuer félon; Sempres vous metra à raison; Et vous par engin respondez Que contrefaire la voulés, Quant vous serez en vostre terre, FI. et Bl. 21(9. Et li païsans qui contrefist le chevalier, fu raens [racheté] de oeux cens

CON

livres, beaijm. xxxv, 26. Si comme li aucun, quant il aroient fet les meffès, contreferoient le hors du sens por escaper, id. lu, 20. Il [le vieillard] devient enfantiz de parole et de fait, Lourt et sourt et aveugle, bossu et contrefait, j. de meung, Test. 478. || xiv s. Vous mesmes n'avez vous pensé, Cuidant vostre euvre estre bien faicte, Qu'en la fin estoit contrefaicte, l'Alchim. à nat. 426. || xv* s. Là trouvasmes dames de belles sortes; Car il n'y ot contrefaites ne tortes , christ, de pisan , Dit de Poissy. Dame d'enfer, de tous biens amoureuse, Contrefaire voulez la précieuse, eust. desch. Poésies mss. f° 2B6, dans lacurne. Et telz seigneurs y a qui n'ont que treize livres de rente qui se glorifient de dire: parlez à mes gens, cuidans par ceste parolle contrefaire les très grans seigneurs, comm. i, 40. Et [Louis de Crevifle] commença à contrefaire le duc de Bourgongne et à frapper du pied contre terre, id. iv, 8. Si avoient en leur compagnie ung chevalier moult contrefait de bosses, Perceforest, t. i, f° 69. || xvi* s. La générale police du monde, où il n'y peult avoir rien de contrefaict, mont, i, 258. Il ne fault pas croire que cette contenance feust toute faulse et contrefaicte [feinte], id. i, 269. Et ces • ..Egyptiennes contrefaictes [qui ne sont pas d'Egypte] ramassées d'entre nous, id. i, 306. Il se meit luy mesme entre les fuyards, et contrefeit le couard, id. i, 324. La faulte d'appréhension et la bestise contrefont par fois les effects vertueux, id. h, 421. Les jeunes en les considérant y sont deceus, comme les oiseaux l'estoyent en regardant les fruits contrefaits que Zeuxis avoit pourtraits en ses tableaux, lanoue, 439. Ce ne sont ici [dans les romans] que fils de rois, princes et seigneurs qui contrefont les gladiateurs, id. 4 44. Il n'y avoit un peintre ne imageur qui peust advenir à le bien tirer et contrefaire naïfvement après le vif, amyot, Démétr.3. Tous les autres, et mesmement Demetrius, ne faisoient que contrefaire sa gravité, id. ib. 57. Nous avons veu force gens gager pour contrefaire les aveugles et les boiteux, d'aub. Fœn. n, 6. 11 me conte qu'il alloit contrefaire une entreprise sur la Rochelle pour en faire une à bon escient sur Poicliers, ID. Hist. Il, 459.

— étym. Provenç. conlrafar, contrafayre; catal. contrafer; espagn. contrahacer; ital. contraffare; du latin contra, contre, et facere, faire: faire contre, imiter.

CONTREFAISEUR , ECSE ( kon-tre-fè-zeur, zeûz'),s. m. et f. Celui, celle qui contrefait la voix, les gestes des personnes, le cri des animaux. Point de quartier à ce contrefaiseur de gens, mol. Impromptu, 3.

— HIST. xvi* s. Un sérieux et grave, non pas satyrique, ni comique, c'est à dire contrefaiseur d'amitié, amyot, Com. discern. le flatt, 8. Mesmes l'un desquels estoit le contrefaiseur d'esprit, H. est. Apolog. pour Hérod. dansRAYNOUARD, contrafasedor.

— ÊTYM. Contrefaire; provenç. contrafasedor; espagn. contrahacedor ; ital. contra ffacitore.

CONTREFAIT, AITE (kon- tre-fè, fè-t'), part, passé de contrefaire. || 1° Qui a subi la contrefaçon. Ouvrage contrefait. Sans compter un grand nombre d'éditions contrefaites, honorables et pernicieuses pour l'auteur, fonten. temery. Prenez de mes pilules, gardez -vous des contrefaites, volt. Phil.u, 275. || 2° Imité par contrefaction. Un billet contrefait. Une signature contrefaite. J'ai donc lu d'autre main ses lettres contrefaites, Régnier, Élég.%. Ils rapportèrent exactement toiit ce qu'on leur avait dicté, et présentèrent au roi une fausse lettre scellée du sceau contrefait de T. Quintius,ROLLiN, II ist. anc. Œuvres, t. vin, p. 574. Madame, dois-je croire un billet de Maurice? Voyez si c'est sa main, ou s'il est contrefait, corn. Héracl. n , a. || 3° Imité par moquerie. Contrefait d'une manière plaisante par ce petit espiègle. I! 4° Simulé. Et sa haute vertu par d'illustres effets Y dissipa soudain ces vices contrefaits, id. Othon, m, 3. Attraper les hommes avec un zèle contrefait et une charité sophistiquée, mol. Tart. \"placel au roi. Il a une raillerie innocente, mais froide et contrainte, un ris forcé, des caresses contrefaites, une conversation interrompue.... la bruy. viii. Cette sottise déconcerta toutes ces gravi lés contrer faites, on éclata de rire... fonten. Dial. v, Morts anciens. || S" Rendu difforme. Des enfants contrefaits par le rachitisme. Homme contrefait. Comme il était contrefait, cette partie du public qui ne laisse jamais échapper l'occasion d'une plaisanterie bonne ou mauvaise dit que l'académie avait choisi Ésope pour remplacer La Fontaine, d'alembert, Éloges, Clérembault. Son corps répondait assez à la laideur de son âme; on ne pouvait guère en voir un plus contrefait,

COIS

rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ix, p. 349, dans pougens.

t CONTRE-FANON (kon-tre-fa-non) , i. m. Terme de marine. Corde attachée au milieu de la vergue du coté opposé à la bouline, et destinée à carguer une partie de la voile. \\Auplur. Des contre-fanons.

t CONTRE-FA SCE (kon-tre-fa-s') , s. f. Terme de blason. Fasce opposée à une autre, et aussi fasce divisée en deux demi-fasces de deux émaux différents. || Au plur. Des contre-fasces.

— ÊTYM. Contre, et fasce.

t CONTRE- FASCÉ, ÉE (kon-tra-fa-ssé , sée), adj. Terme de blason. Qui a les fasces en opposition.

— étym. Contre-fasce.

t CONTRE-FENDIS (kon-tre-fan-di), t. m. Une des divisions d'un bloc d'ardoise.

— ÊTYM. Contre, et fendre.

t CONTRE-FENÊTRE (kon-tro-fe-nê-tr'), s. f. Terme de construction. Double clôture d'une fenêtre. || Au plur. Des contre-fenêtres.

— ÊTYM. Contre, et fenêtre.

t CONTRE-FENTE (kon-tre-fan-f) , s. f. Fente qui se produit ailleurs que dans l'endroit où le coup a été reçu. || Au plur. Des contre-fentes.

— HIST. xvi' s. La cinquième fracture du crâne, dite contrefente, se fait quand l'os est fracturé, fendu ou esclaté autre part qu'à l'endroit où a esté donné le coup, paré, viii, 4.

— ÊTYM. Contre, et fente.

t CONTRE-FERMEH (kon-tre-fèr-mé) , v. a. Fermer en dehors, pour empêcher les gens de sortir.

— HIST. xvr s Quoique, pour ruze non commune, ils eussent la nuict contre-fermé les portes et logis des principaux capitaines de la garnison, d'aub. Hist. I, 276.

— ÊTYM. Contre, et fermer.

t CONTRE-FEU (kon-tre-feu), t. m. || 1" Contrecoeur de cheminée. || Au plur. Des contre-feu ou contre-feux, c'est-à-dire la plaque qui est contre le feu ou les feux. || 2° Action, lors de l'incendie d'une forêt, de brûler en avant, pour empêcher le feu de se propager. \\Au plur. Des contre-feux, c'est-à-dire des feux faits contre le feu.

— HIST. xvi' s. Contrefeu, cotgrave.

— ÊTYM. Contre, et feu.

CONTRE-FICHE ( kon-tre-fi-ch' ) , s. f. Terme de charpentier. Pièce de bois posée obliquement contre un pan de bois ou contre un mur pour le soutenir. || Au plur. Des contre-fiches.

— êtym. Contre, et fiche.

t CONTRE-FIL (kon-tre-fil), s. m. Le sens contraire d'une chose. Le contre-fil de l'eau. Le fil et le contre-fil se reconnaissent dans le cristal de roche, non-seulement par la plus grande facilité de l'entamer, mais encore par la double réfraction qui s'exerce constamment dans le sens du fil et qui n'a pas lieu dans le sens du contre-fil, buff. H in. t. vi, p. 4 45, dans pougens. || X contre-fil, à rebours.

— HIST. xvi* s. X contrefil, cotgrave.

— ÊTYM. Contre, et fil.

t CONTRE-FIN (À) (kon-tre-fin), loc. adv. X fin contraire, contre le but qu'on se propose. En agissant de la sorte, tu vas directement à contre-fin, humbert, Gloss. de Genève.

— étym. Contre, et fin, t. f.

CONTRE-FINESSE (kon-tre-fi-nè-s'), s. f. Finesse

opposée à une autre. || Au plur. Des contre-finesses.

— HIST. xvi* s. Qu'il s'en moque [d'un argument captieux] ; il est plus subtil de s'en mocquer que d'y respondre; qu'il emprunte d'Aristippus cette plaisante contrefinesse : Pourquoy le deslierai-je, puisque, tout lié, il m'empesche? mont, i, 490.

— ÊTYM. Contre, et finesse.

t CONTRE-FLAMHANT, ANTE (kon-tre-flan-ban, ban-t'), adj. Terme de blason. Qui est en forme de flammes et en opposition.

— ÊTYM. Contre, et flambant.

f CONTRE-FLATTER (kon-tre- fia-té), v. a. Répondre à une flatterie par ane flatterie.

— HIST. xvi* s. Il se laissa si bien aller aux flatteries d'Alcibiade, que luy mesmes s'estudioit à le contrefiatter encore davantage, amyot, Aie. 47.

— êtym. Contre, flatter.

t CONTRE -FLEURÉ, ÉE (kon-tre-deu-ré, rée), adj. Terme de botanique. X fleurs alternes et opposées.

— ÊTYM. Contre, et fleur.

tCONTRE-FLEURI,IE(kon-tre-fleu-ri, rie), adj.

Terme de blason. Synonyme de contre-fleuronné. t CONTRE-FLEURONNÉ, ÉE (kon-tre-fleu-ro-né, née), adj. Terme de blason. Dont les fleurons alternent de la couleur au métal.

— ÉTYM. Contre, et flcuronni.

CON

■f CONTRE-FOC (kon-tre-fok), t. m. Terme de marine. Faux foc. || Au plur. Des contre-focs.

— êtym. Contre, et foc.

f CONTRE-FORCES ( kon-tre-for-s' ) , s. f. plur. Forces opposées. De là vient le système des contreforces établi chez tant de nations, rayn. Hist. phil. xvin, 35. Ces contre-forces ont été presque toujours mal assises, id. t'b.

— ÊTYM. Contre, et forces.

t CONTRE-FORGÉ, ÉE (kon-tre-for-jé, jée), part, passé. Pièce contre-forgée.

t CONTRE FORGER (kon-tre-for-jé), v. a. Dresser une pièce de fer en la frappant alternativement sur le plat et sur le champ.

— ÊTYM. Contre, et forger.

CONTRE-FORT (kon-tre-for), s. m. || i°Mur coutre-

boutant destiné à renforcer un mur qui supporte quelque charge. || Espèce de pilier carré ou triangulaire construit au dedans d'un mur de quai ou de terrasse. || Contre-forts de forteresses, sorte de contreforts en forme de trapèze, qui sont enfermés dans l'escarpe. || 2° Terme de géographie. Petites chaînes de montagnes latérales qui semblent servir d'appui à une chaîne principale. Les contre-forts des Alpes. || 3°Terme de cordonnier. Pièce de cuir dont on renforce le derrière d'un soulier ou d'une botte. || Terme de typographie. Morceau de bois qui porte le contresommier d'une presse. || Terme de marine. Fortes pièces de bois qui lient les estains avec l'étambot. || Au plur. Des contre-forts.

— HIST. xm* s. Nus cordouaniers ne puet ne ne doit mestre bazane avecques cordouan en nule euvre qu'il face, se ce n'est en contrefort tant seulement , Liv. des met. 228.

— ÊTYM. Contre, et fort.

t CONTRE-FOSSÉ (kon-tre-fo-sé), s. m. Terme d'architecture militaire. Avant-fossé d'une forteresse. || Au plur. Des contre-fossés.

— étym. Contre, et fossé.

t CONTRE- FOULEMËNT (kon-tre-fou-le-man), s. m. Terme d'hydraulique. Mouvement des eaux qui remontent dans un tuyau. \\Au plur. Des contrefoulements.

— ÊTYM. Contre, et fouler.

t CONTRE-FRACTURE (kon-tre-fra-ktu-r'), s. f. Terme de chirurgie. Fracture qui s'est produite à un endroit différent du point frappé. Il Au plur. Des contre-fractures.

— êtym. Contre, et fracture.

t CONTRE -FRASAGE (kon-tre-fra-za-j'), s. m. Action de contre-fraser.

t CONTRE-FRASE (kon-tre-fra-z'), s. f. Troisième façon donnée à la pâte du pain.

— ÉTYM. Voy. contre-fraser.

t CONTRE-FRASER (kon-tre-fra-zé) , v. a. Donner le dernier tour à la pâte du pain.

— ÊTYM. Contre, et fraser (voy. frasée).

t CONTRE- FRUIT (kon-tre-frui), s. m. Terme d'architecture. Diminution de bas en haut d'un mur, observant que le dehors soit à plomb, et que la diminution se pratique en dedans. || Au plur. Des contre-fruits. •

— ÊTYM. Contre, fruit 2.

CONTRE-FUGUE (kon-tre-fù-gh') , s. f. Terme de

musique. Fugue à contre-sens, ou qui se fait par des progrès contraires à la fugue naturelle. X l'égard des contre-fugues, doubles fugues, fugues renversées, basses contraintes et autres sottises difficiles que l'oreille ne peut souffrir et que la raison ne peut justifier, ce sont évidemment des restes de barbarie, ;. j. rouss. Lett. sur la mus. franc. || Au plur Des contre-fugues.

— ÊTYM. Contre, fugue.

t CONTRE-GAGE (kon-tre-ga-g') , s. m. Ce qu'on donne à un créancier, pour sûreté de ce qu'on lui doit. || Au plur. Des contre-gages.

— HIST. xm* s. Et porce que c'estoit droitement mouvement de guerre et de mortix fmortelles] haines, tix [tels] contregagement sunt deffendu du pooiret de l'auctorité du sovrain le roy de France,

BEAUM. XXXII, 23.

— ÊTYM. Contre, et gage.

f CONTRE-GAGER (kon-tre-ga-gé) , v. a. Prendre un contre-gage.

CONTRE-GARDE (kon-tre-gar-d'), s. f. Terme do fortification. Ouvrage construit autour d'un bastion, d'une demi-lune, etc. La Feuillade avait perdu des contre-gardes et d'autres ouvrages qu'il avait pris, st-sim. 463, 448. || Terme d'architecture. Espèce de crèche faite de quartiers de pierre posés à sec au milieu d'une pile de pont.

— ÉTYM. Contre, et garde.

f CONTRE GARDE, ÉE (kon-tre-gai -dé , dée),

CON

CON

CON

part, passé. Terme de fortification. Oui est couvert de contre-gardes.

— ÉTYM. Contre-garde.

| CONTREGARDER (kon-tre-gar-dé), v. a. Garder avec soin. || Se contre-garder, v. réft. Se tenir sur ses gardes.

— HIST. xiii* s. Et quant il l'engien en saroit [saurait], Contregarder mix [mieux] s'en porroit, FI. et Blanche/l. 2029. II xv* s. Et luy dist que le péril estoit de luy en cest an jusques au mourir, s'il ne se contregardoit de plaisant regard qu'il pourroit faire sur aucunes créatures, Perceforest , t. vi, f° 1 19. Il xvi" s. Son ame a esté soutenue d'une vertu divine à ce qu'elle ne tombast en perdition, et son corps a esté contregardé au sépulcre à ce qu'il ressuscitast, calv. 61. Les successeurs de Romulus enfermèrent ce cormier de murailles tout à l'entour, en le révérant et contregardant comme chose très saincte, amyot, Rom. 32. 11 y est escrit comment il faut contregarder les fruits des arbres , id. Coton, 62.

— ÉTYM. Contre, et garder.

CONTRE - GOUVERNEMENT (kon-tre-gou-vèrne-man), s. m. Gouvernement occulte d'une faction qui agit contre le gouvernement légal.

— ETYM. Contre, et gouvernement.

CONTRE -HACHÉ, ÉË (kon-tre-ha-ché, chée), part, passé de contre-hacher.

CONTRE-HACHER (kon-tre-ha-ché), v. a. Terme de gravure et de dessin. Croiser des hachures par d'autres hachures, pour rendre les ombres et les teintes plus fortes.

— étym. Contre, et hacher.

CONTRE-HACHURE (kon-tre-ha-chu-r') s. f. Hachure qui en croise d'autres. \\Auplur. Des contrehachures.

— étym. Contre, et hachure.

+ CONTRE- HARMONIQUE (kon-trar-mo-ni-k'), adj. Qui est opposé à l'harmonie, aux rapports harmoniques.

— ÉTYM. Contre, harmonique.

CONTRE - HÂTIER (kon-tre-hâ-tié), t. m. Grand chenet de cuisine, garni de crochets et de chevilles. \\Auplur. Des contre-hâtiers. || On dit aussi simplement hâtier.

— étym. Contre, et hdtier.

t CONTRE-HAUT (EN) (kon-tre-hô) , lot. adv. De haut en bas. || Â un niveau supérieur. La berge est en contre-haut de la rivière.

— ÉTYM. Contre, haut.

t CONTRE-HERMINE (kon-trèr-mi-n'), s. f. Terme de blason. Hermine peinte en sens contraire, les mouchetures étant d'argent, et le fond de sable.

— ÉTYM. Contre, et hermine.

f CONTRE-HERMINE, ÉE (kon-trèr-mi-né, née), adj. Terme de blason. Il se dit d'un champ de sable moucheté d'argent.

— ÉTYM. Contre-hermine.

t CONTRE-HEURTOIR (kon-tre-heur-toir), s. m. Fer sur lequel frappe le heurtoir. || Au plur. Des contre-heurtoirs.

— étym. Contre, et heurtoir.

t CONTRE -111 LOIRE ( kon-tre-hi-loi-r' ) , s. f. Terme de marine. Bordages de chêne, près des hiloires, de chaque côté des écoutilles. || Au plur. Des contre-hiloires.

— ÉTYM. Contre, eXhiloire.

t CONTRE - IMAGINER (kon-tri-ma-ji-né) , v. a. Imaginer par opposition.

— HIST. xvi' s. Attache ton esprit à contr'imaginer Quelque entreprise haute, à fin de destourner L'impression d'amour par une autre nouvelle,

— ÉTYM. Contre, et imaginer.

CONTRE-INDICATION (kon-trin-di-ka-sion), s. f.

Terme de médecine. Indication qui est contraire à l'emploi de tel ou tel moyen qui paraissait indiqué. Il Au plur. Des contre-indications.

— ÉTYM Contre , et indication.

f CONTRE-INDIQUÉ, ÉË (kon-trin-di-ké, kée), part, passé. Remède contre-indiqué.

f CONTRE-1NDIQUER (kon-trin-di-ké), «. a. Terme de médecine. Fournir une contre-indication. L'excitation présente du malade contre-indique l'emploi des toniques.

— ÉTYM. Contre, indiquer.

\ CONTRE-INJUR1ER (kon-trin-ju-rié) , ». o. Injurier par représailles.

— HIST. xvi* s. Croyant que vos voisins peuvent ravir les vostres, Ainsi qu'en ce pays vous ravissez les nostres, Vous contre-injuriant de pareille façon,

— ÉTYM. Contre, et injurier.

t CONTRE-INSTITUTION (kon-trin-sti-tu-sion), s. f. Institution contraire à une institution. Il en est résulté [du passé historique] que les Anglais se sont en même temps soumis a deux organisations .-ociales bien distinctes, qu'ils ont, dans toutes les directions, doubles institutions, ou plutôt qu'ils ont établi, danstoutes les directions, les contre-institutions de toutes les institutions qui étaient en vigueur chez eux avant leur révolution et qu'ils ont conservées en très-grande partie, henni dest-sim. Œuvres choisies, t. ni, p. I3i. \\ Au plur. Des contre- institutions.

— ÉTYM. Contre, et institution.

t CONTRE-INVECTIVE (kon-trin-vè-kti-v') , s. f. Invective opposée à une invective. || Au plur. Des contre-invectives.

— HIST. xvi* s. Contr'invective, cotghave.

— ÉTYM. Contre, et invective.

t CONTRE-ISSANT, ANTE(kon-tre-i-ssan, san-f), adj. Terme de blason. Il se dit des animaux adossés, dont la tête et les pieds de devant sortent d'une pièce de l'écu. || On le trouve quelquefois écrit à tort contre-hissant.

— ÉTYM. Contre, et l'anc. franc, issir, sortir (voy. issue).

t CONTRE -JAMRAGE (kon-tre-jnn-ba-j'), s. m. Terme de maçonnerie. Petit mur élevé contre les jambages des cheminées ou fourneaux de cuisine. Il Au plur. Des contre-jambages.

— ÉTYM. Contre, et jambage.

t CONTRE -JAN (kon-tre-jan) , s. m. Terme de trictrac. Action de battre à faux.

— étym. Contre, et jan.

f CONTRE- JAUGER (kon-tre-jô-jé) , v. a. Terme de charpentier. Mesurer les assemblages de charpente.

— ÉTYM. Contre, et jauger.

t CONTRE JET (kon-tre-jè) , s. m. Endroit d'une pièce d'étain qui a été recouvert par les tenailles.

— ÉTYM. Contre, et jet.

CONTRE-JOUR (kon-lre-jour), s. m. Lumière ou fenêtre opposée à quelque objet et qui le fait paraître désavantageusement. Un simple contre-jour suffit pour dérober la beauté d'un tableau. |j X contrejour, loc. adv. Dans un jour contraire, défavorable. Vous ne sauriez bien juger de ce tableau, vous ne le voyez qu'à contre-jour. || Au plur. Des contrejour, c'est-à-dire des lumières qui sont contre le jour.

— étym. Contre, et jour.

t CONTRE -JUMELLES ( kon-tre-ju-mè-1'), s. f. plur. Nom qu'on donne aux grands pavés qui se joignent, deux à deux, au milieu du pavé des rues.

f CONTRE-LAMES (kon-tre-la-m') , s. f. plur. Pièces du métier à l'aire la gaze.

— ÉTYM. Contre, et lame.

CONTRE-LATTE (kon-tre-la-f) , s. f. Tringle de

bois, qui se met de haut en bas, entre les chevrons d'un toit, pour soutenir les lattes. || Au plur. Des contre-lattes.

— étym. Contre, et latte.

CONTRE-LATTÉ, ÉE (kon-tre-la-té , tée), part.

passé.

CONTRE -LATTER (kon-tre-la-té), ». o. Garnir de contre-lattes. || Garnir une cloison de lattes, des deux côtés.

— ÉTYM. Contre-latte.

f CONTRE-LATTOIR (kon-tre-la-toir), s. m. Outil des couvreurs, pour soutenir les lattes en les clouant.

— ÉTYM. Contre-latter.

CONTRE-LETTRE (kon-tre-lè-tr'), s. f. Acte secret par lequel on déroge aux stipulations d'un acte public. Il Au plur. Des contre-lettres.

— HIST. xvi* s. On dit communément qu'en mariage il trompe qui peut; ....et néanmoins toutes contre-lettres [clauses à part et opposées au contrat ou restrictions d'icelui] y sont défendues, loysel,

— étym. Contre, et lettre.

f CONTRE-LIGNE (kon-tre-li-gn') , s. f. Terme de fortifications. Fossé bordé d'un parapet, qui couvre les assiégeants du côté de la place. || Au plur. Des costre-lignes.

— ÉTYM. Contre, et ligne.

t CONTRE-LIGUE (kon - tre-li -gh'), s. f. Ligue opposée à une autre. || Au plur. Des contre-ligues.

— HIST. xvi* s. Encor que les Uochelois eussent desjà résolu de se joindre à la contre-ligue, d'aub. But, 11, 262. Quelques-uns d'eux portans des croix blanches abouties de lleurs de lis, appeloient ces marques des contre-ligues, id. 16. 11, 439. D'inciter tous ceux de leur parti à prendre l'alarme, et ouvrir les yeux à cette contreligue, castelnau, <90.

— ÉTYM. Contre, et ligue.

t CONTRE -LORGNER ( kon-tre-lor-gné), ». a. Lorgner quelqu'un par qui l'on est lorgné.

— ÉTYM. Contre, et lorgner.

t CONTRE-LOUER (kon-tre-lou-é), v. a. Donner

des louanges en retour.

— HIST. xvi* s. Mais rend leur la pareille, et fay que tu n'oublies De les contre-louer, j. du bellat, Œuvres, p. 319, dans lacurne.

— ÉTYM. Contre, et louer.

tCONTRE-MAILLE(kon-tre-m»-ll', Il mouillées),

s. f. Filet de pêche à mailles doubles. || Maille opposée à d'autres mailles. || Au plur. Des contre-mailles.

— ÉTYM. Contre, et maille.

t CONTRE-MAILLÉ, ÉE (kon-tre-ma-llê, liée, (!

mouillées), part. passé. Filetcontre-maillé, filet composé de plusieurs tissus de maillesqui se recouvrent, t CONTRE-MAI LLER (kon-tre-ma-llé, Il mouillées), ». a. Doubler les mailles d'un filet de pèche.

— ÉTYM. Contre, et maille.

CONTRE-MAÎTRE ( kon - tre - mê - tr' ), s. m.

Il l°Terme de marine. Autrefois le troisième offir manoeuvre à bord, qui était au-dessous du maître et du second maître d'équipage. Aujourd'hui, cette dénomination est remplacée par celle de second niaiire de deuxième classe. Je me souviens d'avoir entendu dire à vos ministres, au cardinal Dubois, que le c/ar n'était qu'un extravagant, né pour être contremaître d'un navire hollandais, volt. lett. Chauvelin, 3 oct. t760. || 2* Celui qui dirige les ouvriers dans les grandes fabriques. || 3° Famille de petits oiseaux du Paraguay, ressemblant aux fauvettes. || Au plur. Des contre-maîtres.

— HIST. xv* s. Le suppliant dist: contremaistre, l'en m'a dit que vous me trassez [cherchezj, je ne sçay la cause pour quoy, du cange, trassa.

— ÉTYM. Contre dans le sens de à côté, inférieur, et maître.

t CONTRE -MANCHE, ÉE (kon-tre-man-ché, chée), adj. Terme de blason. Écu contre -manche, écu à pointes opposées.

— ÉTYM. Contre, et manche.

| CONTRE-MANDAT (kon-tre-man-da) , t. m.

Mandat contraire à un autre. Ayant changé d'avis, je lui adressai un contre-mandat. || Au plur. Des contre-mandats.

— ÉTYM. Contre, et mandat.

CONTREMANDÉ, ÉE (kon-tre-man-dé, déc),

part, passé. Le départ ayant été contremandé.

■f CONTREMANDKMEXT (kon-tre-man-de-man), s. m. Action de contremander. Il devait aller à la cour, mais il a reçu un contremandement qui l'a empêché de partir.

— HIST. xvi* s. Il lui depescha un chevaucheur d'escuirie avec lettres de contrecommandement, et coulourant sa mutation d'advis sur.... M. du bellay,

— ÉTYM. Contremander.

CONTREMANDER (kon-tre-man-dé), v. a. Révoquer un ordre, une demande, une commande. Il a contremandé sa voiture. On avait mandé cet officier, mais il a été contremandé.

— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie, écrivant contre-balancer avec un trait d'union, écrit contremander en un seul mot, la composition étant la môme.

— HIST. xni's. Li archevesques contremanda [répondit au mandement] une fie [fois] et autre et tierce, et delaia bien un an, queankes [jamais] ne respondi, Chr. de Ilains, 239. Mandé l'avez, bien un mois a; Mèsonques tant ne vos prisa. Qu'il vosdaingnast contremander, Ne jor ne respit demander, Km. 17905. Et si loons au bailli qu'il ne contremandé pas l'assize qu'il a fête savoir, beaum. 34. Et si dirons as queles semonces il poent contremander par coustume et as queles non.... id. 45. |i xiv* s. Se tu sens que tes ennemis Viengne, prie tous tes amis, Et fay tantost ton mandement; Mais garde le contremander; Car li contremant d'un royaume Ont fait ardoir maint toit de chaume, machault, p. IM. Il xv* s. Si se refroidi grandement de cette croix

emprise et preschée, et contremanda ses officiers, Fnoiss. 1, 1, 03. Ledit duc ne les eust sceu contremander à temps [les seigneurs et l'armée], comm. 11, 7. Il xvr s. Ayant contremandé ses amis qu'il avoit assignez au conseil, mont, i, <29. Antigonus avoit contremandé [mandé ensuite] qu'on le renfermast et qu'un le teinst plus à destroit que jamais, amyot, Eum. 24.

— ÉTYM. Contre, et mander.

f CONTRE - MANOEUVRE (kon-tre-ma-neu-vr'),

s. f. Manœuvre opposée à une manœuvre. || Au plur. Des contre-manœuvres.

— ÉTYM. Contre, manirurre.

CON

CON

CON

f CONTRE-MARC (kon-tre-mar) , s. m. Trait que le charpentier trace sur chaque bois achevé pour le reconnaître.

— étym. Contre, et marquer.

CONTRE-MARCHE (kon-tre-mar-ch'), î./".|| 1" Mouvement d'une armée, contraire à un mouvement antérieur. || Évolution d'une troupe qui fait volteface, d'un vaisseau ou d'une escadre qui vire vent devant. || 2° Levier interposé entre les marches d'un métier à tisser. || Terme de charpentier. Hauteur de chaque marche d'un escalier; planche qui forme cette hauteur. || Au plur. Des contre-marches.

— ÉTYM. Contre, marche.

t CONTRE - MARCHER (kon-tre-mar-ché) , v. n. Terme d'art militaire. Faire une contre-marche.

CONTRE- MARÉE (kon-tre-ma-rée) , s. f. Marée dont la direction est opposée à la direction ordinaire. || Au plur. Des contre-marées.

— étym. Contre, marée.

CONTRE-MARQUE (kon-tre-mar-k'), s. f.\\i° Seconde marque apposée à un ballot de marchandises, à des ouvrages d'or ou d'argent. Tous les gagistes, receveurs de marques et contre-marques, lesage, Gil-Blas , vu , 8. || 2" Terme de numismatique. Marque ajoutée par l'autorité publique à une pièce de monnaie, longtemps après sa fabrication, pour indiquer le changement de prix. || 3° Second billet délivré dans les théâtres à ceux qui sortent pour rentrer. Un vendeur de contre-marques. || 4° Terme de vétérinaire. Fausse marque que les maquignons creusent avec un burin sur la table des incisives du cheval, pour imiter la marque naturelle et faire paraître l'animal plus jeune. || Au plur. Des contremarques.

— ÊTYM. Contre, marque.

COiNTRE- MARQUÉ, ÉE (kon-tre-mar-ké , kée), part, passé. Un ballot contre-marqué. || Terme de vétérinaire. Cheval contre-marqué, cheval qui porte, dans le creux de la dent, une fausse marque, faite exprès pour déguiser son âge.

CONTRE- MARQUER (kon-tre-mar-ké), V. a. Apposer une seconde marque à un ballot de marchandises, à des ouvrages d'or ou d'argent. || Terme de vétérinaire. Faire une contre-marque à un cheval.

— ÉTYM. Contre-marque.

f CONTRE - MARQUEUR , EUSE ( kon-tre-markeur, keû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui, dans les théâtres, distribue des contre-marques.

— ÉTYM. Contre-marque.

CONTRE -MINE (kon-tre-mi-n') , s. f. Ouvrage souterrain fait pour éventer la mine de l'ennemi ou en empêcher l'effet. Il y avait des mines sous le glacis de la demi-lune, mais nos contre-mines parvinrent à les éventer. L'assiégeant poussait une mine vers le bastion, mais nous fîmes une contre-mine qui réussit à l'arrêter. || Mine pratiquée sous les défenses d'une place pour faire sauter les assaillants. || Fig. Manœuvres pour déjouer une entreprise, une intrigue. || Au plur. Des contre-mines.

— HIST. xvi" s. Françoys adonc feirent leur contremine, J. marot, v, 23. Nicocles se sauva et s'en fouit hors de la ville par des contremines secrettes, amyot, Aral. to.

— ÉTYM. Contre, et mine.

CONTRE-MINÉ, ÉE (kon-tre-mi-né, née), part.

passé. Tous les dehors de la place étant contremines.

CONTRE-MINER (kon-tre-mi-né), e. o. || 1° Faire une contre-mine. |[ 2° Fig. S'opposer aux intrigues. Alberoni voulait contre-miner les batteries du régent, ST-SIM. 451, 65.

— ÉTYM. Contre-mine.

CONTRE-MINEUR (kon-tre-mi-neur), s. m. Celui

qui travaille à une contre-mine. || Au plur. Des contre-mineurs.

— étym. Contre-miner.

f CONTRE-MISSION (kon-tre-mi-sion), s. f. Mission religieuse ou politique contraire à une mission antécédente. Une véritable contre-mission fut organisée pour paralyser les efforts de saint Paul et pour ramener à l'Évangile des judaïsants ceux qui s'étaient laissés gagner par ses prédications, Revue Germon. t. xi, p. 282. || Au plur. Des contre-missions.

— ÉTYM. Contre, et mission.

CONTRE-MONT (kon-tre-mon), loc. adv. Vers le

haut. Gravir contre-mont. Ce bateau va à contremont, il remonte la rivière. La Seine dans son lit verra plutôt son onde Rebrousser contre-mont sa source vagabonde, racan, Bergeries, H, 6, Alcidon. Et, grimpant contre-mont, la dure terre quitte, Vers de chapelain, cité par boileau, Héros de romans. || X contre-sens. Des graines plantées contre-mont, c'est-à-dire la racine en haut et la tige en bas.

— HIST. xi* s. Ambes ses mains [il] en levât cuntremunt, Ch. de llol. 31 . j| xni* s. Il drecierent les eschieles au plein du mur, et montèrent tout contremont par force, villeh. cv. Dont coururent contremont le bras [de mer] jusques à une cité.... id. lx. La voiz du puis vint contremont; Renart l'oï, drece le front, Ren. 6627. Nus ne nous osoit venir de Damiete pour aporter garnison [provisions] contremont l'yaue, joinv. 236. || xv s. [Les Anglais] chevauchèrent le chemin de Rosebourch tout contremont la rivière de Tuide, froiss. ii, ii, te. Ce qui montoit contremont la rivière, comm. i, 8. || xvi* s. Celui que tu veois grimpant contremont les ruines de ce mur, mont, i, 278. Aller à gauche, à dextre, contremont, contrebas, id. n, 3. Il nous envoya [cheval et cavalier] les pieds contremont, id. n, 62. Suyvez-les contremont jusques àleursource, id. ii, 349.

— ÉTYM. Contre, et mont.

t CONTRE-MOT (kon-tre-mo) , s. m. Terme militaire. Mot que l'on échange contre le mot d'ordre. || Second mot donné, de peur que le premier ne vienne à être connu de l'ennemi. || Au plur. Des contre-mots.

— ÉTYM. Contre, et mot.

t CONTRE-MOTIF (kon-tre-mo-tif) , s. m. Motif opposé à un autre motif. |j Au plur. Des contre-motifs.

— ÉTYM. Contre, et motif.

f CONTRE-MOULAGE (kon-tre-mou-la-j'), s. m. Contrefaçon d'un ouvrage de sculpture. || Au plur. Des contre-moulages.

— ÊTYM. Contre-mouler.

■j- CONTRE-MOULE (kon-tre-mou-1'), s. m. Moule qui enveloppe un autre moule, pour servir à défaut du premier. || Contre-moule ou contre-estampe, carton épais sur lequel on dispose en relief ou en creux les dessins qu'on veut représenter.

— ÉTYM. Contre, et moule, s. m.

f CONTRE-MOULER (kon-tre-mou-lé),«.o. Faire un contre-moulage.

— ÉTYM. Contre-moule.

j CONTRE-MOUSSON (A) (kon-tre-mou-son) , loc. adv. Terme de mer. Aller à contre-mousson, remonter contre la mousson qui règne.

— ÊTYM. Contre, et mousson.

CONTRE-MUR (kon-tre-mur), s. m. Petit mur

bâti latéralement à un autre qu'il soutient et fortifie. Les Rhodiens travaillèrent à élever un contre-mur à l'endroit où Démétrius devait faire battre les murailles de la ville, rollin, Hist. anc. xvi, 8. || Au plur. Des contre-murs.

— HIST. xv' s. Et, si aucun veut faire cheminée contre un mur moitoyant, il y doit faire contre-mur, Ordonn. de i486.

— ÉTYM. Contre, et mur.

CONTRE-MURÉ, ÉE (kon-tre-mu-ré, rée), partpassé. Soutenu par un contre-mur. Terrasse contremurée.

CONTRE-MCRER (kon-tre-mu-ré) , v. a. Faire un contre -mur. La loi oblige, dans certains cas, à coiltre-murer les contre-cœurs des cheminées.

— ÊTYM. Contre-mur.

f CONTRE OEILLADE (kon-treu-lla-d', Il mouillées), s. f'.Œilladeen retour d'une œillade. || Auplur. Des contre-œillades.

— HIST. xvi" s. Si l'aguignant, elle me contreœillade, Jacques tahureau, Poésies , p. 3oi, dans

LACURNE

— ÊTYM. Contre, et œillade.

t CONTRE-ONGLE (kon-tron-gl')( s. m. Terme de chasse. Le rebours du pied du cerf, c'est-à-dire le talon pris pour la pince. Prendre la bête à contreongle, prendre le talon pour la pince et par conséquent se tromper sur les allures du cerf. || Auplur. Des contre-ongles, c'est-à-dire des ongles à rebours.

— HIST. xvi" s. Un seul bastiment qu'il deffit prit le contr'ongle de [fit tort à] sa réputation, d'aub. Hist. m, 630.

— ÊTYM. Contre, et ongle.

t CONTRE-OPÉRATION (kon-tro-pê-ra-sion), s. f. Opération contraire à une autre opération. Il semble donc qu'à ces deux opérations du boulevard de Sébastopol et de la rue de Rivoli , une contre-opération devenait nécessaire, c'est-à-dire qu'il fallait créer des logements pour les petits locataires expulsés, La Ville de Paris, journal, (6 juin <88l. || Au plur. Des contre-opérations.

— ÊTYM. Contre, et opération.

CONTRE-OPPOSITION (kon-tro-po-zi-sion) , t. f.

Opposition qui résiste à une opposition. || Dans le langage parlementaire, minorité de l'opposition qui se détache et vote à part, bien qu'elle y appartienne par les principes généraux qui la guident. || Au plur. Des contre-oppositions.

— HIST. xvi's. Par contre opposition [au contraire], sully, Mém. 1. 1, p. Il, dans lacurne.

— ÊTYM. Contre, et opposition.

CONTRE-ORDRE (kon-tror-dr'), s. m. Révocation

d'un ordre donné. Il avait eu ordre de partir, mais il a reçu un contre-ordre. || Au plur. Des contreordres.

— ÊTYM. Contre, et ordre.

t CONTRE-OUVERTURE (kon-trou-vèr-tu-r') , s. f. Terme de chirurgie. Ouverture, c'est-à-dire incision pratiquée en un point opposé à celui où existe déjà une ouverture. || Au plur. Des contre-ouvertures.

— HIST. xvi's. Si la fistule ne pouvoit estre curée, à cause que l'orifice d'icelle est en la partie supérieure, alors faudroit faire une contre-ouverture,

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