PARÉ, VIII
— ÊTYM. Contre, et ouverture.
t CONTRE-PAL ( kon-tre-pal ) , s. m. Terme de blason. Pal divisé en deux parties de couleurs différentes. Composa tous ces mots de cimier et d'écart, De pal, de contre-pal.... boil. Sat. v. || Auplur. Des contre-paux, ou contre-pals.
— êtym. Contre, et pal.
t CONTRE-PALÉ, ÉE (kon-tre-pa-lé, lée), ad). Terme de blason. Se dit de l'écu où un pal est opposé à un autre pal.
— ÉTYM. Contre-pal.
t CONTRE-PANNETON (kon-tre-pa-ne-ton), ». m. Platine servant à recevoir les pannetons d'une espagnolette. || Au plur. Des contre-pannetons.
— ÉTYM. Contre, et panneton.
t CONTRE-PAROI (kon-tre-pa-roi), s. f. Terme de métallurgie. Face externe des parois d'un fourneau. || Au plur. Des contre-parois.
— ÉTYM. Contra, et paroi. CONTRE-PARTIE (kon-tre-par-tie),s. f.\\ 1-Double
d'un registre, sur lequel toutes les parties du compte sont enregistrées. || Écritures servant de vérification. || 2° Terme de musique. Partie de composition opposée à l'autre, comme la basse au dessus. || La partie du second dessus. Jouer, chanter la contre-partie. || 3° En termes de jeu, revanche. || 4° Fig. Opinion contraire. Quoi que vous proposiez, cet homme soutiendra toujours la contre-partie. || Faire la contrepartie d'un ouvrage, traiter le même sujet dans des vues opposées. || 5° Ce qui reste d'un dessin de marqueterie lorsqu'on l'a évidé pour un placage. \\Au plur. Des contre-parties.
— HIST. xv s. Si revins à luy bien joyeulx; puis je luy dis comme sa contre partie [partie adverse] en avoit du pire, et que le chevalier qui tenoit son lieu faisoit tant d'armes que merveilles, Perceforest, t. m, f° 138. S'entredonnerent moult de pesans coups, mais tant estoit pesante la contrepartie de Pallides, qu'il convint Pallides tumber par terre, ib. t. IV, PI23.
— ÊTYM. Contre, et partie.
t CONTRE-PAS (kon-tre-pâ), s. m. Terme d'art militaire. Demi-pas qui, dans la marche régulière d'une troupe, sert à reprendre le pas perdu. || Au plur. Des contre-pas.
— ÉTYM. Contre, et pas.
f CONTRE -PASSANT, ANTE (kon-tre-pâ-san, san-t'), adj. Terme de blason qui se dit de deux animaux l'un sur l'autre dont l'un passe d'un côté, et l'autre de l'autre.
— ÊTYM. Contre, et passer.
f CONTRE-PASSATION (kon-tre-pâ-sa-sion), s. f. Terme de commerce. Opération qui se fait lorsqu'un ordre passé au dos d'une lettre de change en faveur de quelqu'un, est changé par celui qui reçoit la lettre, en un autre ordre, en faveur de celui de qui il la reçoit. || Au plur. Des contre-passations.
— ÉTYM. Contre, et passer.
t CONTRE-PASSE (À) (kon-tre-pâ-s') , loc. adv. Scier à contre - passe , scierie marbre en débitant les tranches sur la hauteur du bloc.
— êtym. Contre , et passer.
f CONTRE-PASSER (kon-tre-pâ-sé), ». o. Terme de commerce. Faire une contre-passation.
— ÊTYM. Contre, et passer.
t CONTRE-PENSER (kon-tre-pan-sé) , v. n. Revenir sur des pensées, réfléchir, et aussi avoir une pensée. contraire à une autre pensée.
— HIST. xir s. E le liu certeinement espie ù il seit; kar bien cuntrepense [rétléchis] que jo lo aguait, Rois, 02. || xv s. Et ceux de Calais contrepcnsoient le contraire, froiss. i, i, 309. Tant pensèrent et contrepenserent, qu'ils s'arresterent de faire ce qui s'ensuit, louis xi, tiouv. xxxm.
— ÊTYM. Contre, et penser.
t CONTRE-PENTE (kon-tre-pan-f), s. f. Penta opposée à une autre pente. || Inégalité de terrain qui
CON
porte les eaux ailleurs que là où l'on voudrait qu'elles allassent. || Versant le plus abrupt d'une chaîne de montagnes. || Inclinaison latérale des allées afin d'empêcher les eaux d'y séjourner. || Au plur. Des contre-pentes.
— ÊTYM. Contre, et pente.
t CONTRE-PEKCER (kon-tre-pèr-sé; le C prend une cédille devant a et o : contre -perçant), <o. a. Terme de métier. Percer dans un sens contraire.
— ÊTYM. Contre, et percer.
CONTRE-PESÉ, ÉE ( kon-tre-pe-zé , zée), part.
passé. Une masse contre-pesée par une autre. || Fig. Ceux qui ont ouvert la carrière.... méritaient.... la considération; mais elle a été contre-pesée par de grands dégoûts , vauven. Dial. Mol. le jeune homme.
CONTRE-PESER (kon-tre-pe-zé; la syllabe pe prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette :jecontre-pèse), v. a. \\i° Faire contre-poids. Il faudrait toujours un même poids pour contrepeser l'eau, pasc. Équil.des liqueurs, I. Je veux expliquer pourquoi un poids de quatre livres est contre-pesé par un poids d'une livre, volt. Newt. i, 10. || Absolument. Si on porte un grand poids d'un côté, on se sert de l'autre pour contre-peser, boss. Conn. de Dieu, n, 13. ||2" Fig. L'orgueil contrepèse toutes nos misères ; car, ou il les cache, ou, s'il les découvre, il se glorifie de les connaître, pasc. Pens. part, i , art. 6.
— HIST. xm* s. Et por ce pot on mètre à paine trop grant estimation en contrepeser le damace du servage à le [la] feme, beaum. xlv, 25. ||xiv*s. Quant la passion, si comme seroit la bateure, est mesurée et contrepesée, donques ce que un a souffert est appelle damage , oresme , Eth. 148. || xvr» s. Si l'homme estoit contrepoisé avec la vanité, il seroit trouvé plus vain qu'icelle mesme, Calvin, Instit. 207. Ils semblent contrepoiser en une mesme balance les bonnes œuvres et mauvaises, n>. ib. 657. Celuy qui contrepoisé son coust [de la vertu] à son fruict, mont, i, 70. Le prouffit ne contrepoisé point au danger [ il y a plus de danger que de profit], m. du bell. 363. Ceux là sont reputez bien heureux, auxquels la fortune a contrepezé le bien avec le mal, amyot, P. Mm. 67.
— étym. Contre, et peser ; provenç. contrapesar ; anc. espagn. contrapesar ; ital. contrappesare.
t CONTRE -PETTERIE (kon-tre-pè-te-rie) . s. f. Hasard par lequel une ou plusieurs lettres interverties dans la prononciation forment un nouveau sens, souvent fort ridicule, comme lorsque, dans une tragédie, un acteur s'écria: Trompez, sonnettes, pour: Sonnez, trompettes. || Au plur. Des contrepetteries.
— hist. xvi' s. Ne voulant user du mot et jargon des bons compagnons, qui les appeloient des contre-peteries; par exemple: un chapeau de rose, un rapeau de choses , des accords , Bigarr. Contrepèteries.
— ÉTYM. Contre, et p^ter dans le sens de rendre un son : rendre un son l'un pour l'autre.
CONTRE- PIED (kon-tre-pié ; le d ne se lie jamais), s. m. || i° Terme de chasse. Voie que la bête a suivie, et que les chiens, se trompant, prennent au lieu de la voie que la bête continue. Suivre le contre-pied, suivre les traces à rebours. || 2" Fig. Le contraire d'une chose. Les gens avaient pris justement Le contre-pied du testament, la font. Fabl. n, 20. Je chanterai fort bien le contre-pied de la chanson, sév. 241. Prenez le contre-pied, et montrez qu'il n'y a rien à craindre, boss. Lett. quiét. <45. 11 faut donc prendre le contre-pied de ses sentiments, id. Avert. 6. Il faut prendre le contre-pied de tout ce que vous avez fait, J. I. rouss. Ém. îv. Prenez le contre-pied de l'usage, id. ib. n. || 3" X contre-pied, loc. adv. Il faut aller tout à contre-pied de ce qu'on veut lui inspirer, sév. 847. || Il n'a point de pluriel.
— hist. xvi* s. Ascagne prend le contre-pied [d'un avis émis en un conseil de guerre], exalte les forces fraisches et choisies par la chrestienté.... d'aob. Hist. i, 244.
— ÉTYM. Contre, «A pied; provenç. contrapes.
t CONTRE -PILASTRE (kon-tre-pi-la-str') , s. m. Terme d'architecture. Pilastre placé vis-à-vis d'un autre. || Au plur. Des contre-pilastres.
— ÉTYM. Contre, et pilastre.
t CONTRE-P1QUER (kon-tre-pi-ké) , v. a. Répondre à une parole piquante par une parole piquante.
— HIST. xvi* s. Pour le contrepicquer d'un pareil traict de moquerie, il feist une chanson à l'imitation de la sienne, amyot, Flam. 16.
— ÉTYM. Contre, et piquer.
DICT. DF. I.A LANGUE bRANÇAISE.
CON
t CONTRE - PLANCHE ( kon-tre-plan-ch' ) , s. f. Terme de gravure. Deuxième planche d'un dessin qui porte le mordant sur les endroits non touchés par une première planche. || Au plur. Des contreplanches.
— ÊTYM. Contre, et planche.
t CONTRE -PLANTER ( kon-tre-plan-té ) , V. a. Terme d'agriculture. Planter près de ce qui est déjà planté, pour ne pas laisser oisive la terre.
— étym. Contre, et planter.
CONTRE- PLATINE (kon-tre-pla-ti-n'), t. f. Pièce de métal placée du côté opposé au corps de platine d'un fusil ou d'un pistolet, et percée à ses deux extrémités pour recevoir la tête des vis qui retiennent le corps do platine. || Au plur. Des contre-platines.
— étym. Contre, et platine.
CONTRE-POIDS (kon-tre-pol ; l'» se lie : un con-
tre-poî-z efficace), s. m. || 1° Poids contre-balançant l'action d'un poids ou d'une force. Le contre-poids d'une horloge. Contre-poids de tourne-broche, poids qui, avec le balancier, sert à régler le tournebroche. || Équilibre. Tellement que le poids de ce vif-argent ayant autant de force pour tomber que le poids ie l'eau a pour le pousser en haut, tout demeure en contre-poids, pasc. Équil. des liqueurs, m. || Fig. Sans doute ils [les poètes] avaient quelque chose de meilleur en eux que le vulgaire.... en contrepoids, il» avaient aussi des vices bien insupportables ; c'étaient les plus fantasques et les plus inconstants du montf», Francion, liv. v, p. 191. \\i° Balancier dont les funambules se servent pour se tenir en équilibr*. || Terme de manège. Aplomb du cavalier sur la s»H(e. || 3" Fig. Ce qui contre- balance, ce oui compenM. Le peu qu'ils ont gagné vous fait assez juger Qu'ils n'y mettront jamais qu'un contre-poids léger, &>«N. tiicom. in, 6. Un grand roi pèse tout d'un copwe-poids égal, Rend le bien pour le bien et le ma1 pour le mal, rotr. Anlig. iv, 4. Nous ne nous sov tenons pas dans la vertu par notre propre force, n>us par le contre-poids de deux vices opposés, con-.me nous demeurons debout entre deux vents cottraires, pasc dans cousin. X quelque rang et à que'rçue degré qu'un pécheur soit élevé, il a, dans la -nie de ses égarements passés, un contrepoids qt>* le rabaisse et qui lui sert de préservatif contre trntes les attaques d'une vaine estime de luimême, ™jurd. Pensées, t. i, p. 394. Pour lui servir de contr-r-poids, boss. i, Prof. l. Par un conseil de la Providence divine , qui sait donner aux conditions les plus élevées leur contre-poids, cette grandeur que nou« admirons de loin touche moins quand on y est né ou se confond elle-même dans son abondance, piss. Marie-Thér. Sous le sage Michel leTellier, le conseil fit sa véritable fonction , etl'autorité de ses arrêts, semblable à un juste contre-poids, tenait par tout le royaume une balance égale, id. le Tel. J'admire le contre-poids que Dieu veut mettre à la joie que j'aurai, sév. 144. Il n'y avait à Syracuse aucun contre-poids pour maintenir ces deux corps dans un juste équilibre, rollin, Hist. ancienne, Œuvres, t. x, p. 117, dans pougens. Il n'y eut que la cœur de l'homme qui manqua de contre-poids dans la nature, chateaub. Génie, i, 4.
— hist. xii' s. Toutes ces armes ne valent un balois; Vilainement l'en fist le contrepois; Plaine sa lance l'abat mort en l'erbois, Raoul de C. 97. ||xm*s. Or demende l'en se l'en puet partir [partager] beste, qui vaut mains [moins] morte que vive? et l'en dit que non; mes l'en doit fere contrepois de pecune contre la beste, et li chois est à celi qui n'a mestier de partir, Liv. de just. 164. || xvi* s. Ju.^er de la force d'une place par l'estimation et contrepoids des forces qui l'assaillent, mont, i, 63. D'autant plus que l'ame est plus vuide et sans contrepoids, elle se baisse plus facilement sous la charge de la première persuasion, id. i, 200. C'estoit un peu de mal en contrepoids d'une très grande félicité, amyot, Cam.i 2. Il eut pour contrepoids Themistocles, filz de Neocles, qui favorisa tousjours l'estat populaire, îv.Arist.l. Ceste force estant divisée en deux parts maintenoit la chose publique en égal contrepoids, id. Pomp. 65.
— ÊTYM. Contre, et poids; provenç. contrapes; espagn. contrapeso; portug. conlrapeto; ital. contrappeso.
CONTRE-POIL (kon-tre-poil') , *. m. Le sens contraire à l'inclinaison naturelle du poil. || X contrepoil, loc. adv. Etriller un cheval à contre-poil. || Fig. Sans soin de l'avenir, je te laisse le bien Qui vient à contre poil alors qu'on ne sent rien, Régnier, Sat. iv. H Prendre une affaire à contre-poil, la prendre du côté le moins favorable. || Prendre quelqu'un à contre-poil, agir avec lui de manière à le choquer, à lui déplaire. || Il n'a pas de pluriel.
CON
— hist. xv s. Tout y alloit ce dessus dessous.... tout y alloit contre poil et contre ongle, o. chastelain, dans le Dict. de dochez. || xvr" s. Tout me vient à contre poil, ountN, Curto». franc, add. Les murailles de la ville assiégée s'en allèrent sans aulcun effort en ruine ; la fortune feit tout à contrepoil en nos guerres de Milan [une mine ayant sauté et le mur étant retombé en place] , mont, i, 264.
— étym. Contre, et poiï.
t CONTRE -POINÇON (kon-tre-poin-son), s. m. Outil de fer, de forme ronde, qui sert aux serruriers pour contro-percer les trous et river les pièces. Il Tige d'acier présentant le creux d'une lettre. || .lu plur. Des contre-poinçons.
— êtym. Contre, et poinçon.
t CONTRE- POINÇONNER (kon-tre-poin so-né), ». a. Enfoncer le contre-poinçon dans la pièce qu'on veut marquer.
— ÊTYM. Contre-poinçon.
i. CONTRE- POINT (kon-tre-poin) , t.m. || f L'art de composer la musique à plusieurs parties. L'objet du contre-point est d'enseigner à disposer plusieurs parties secondaires autour d'une partie principale invariable, en ayant égard aux diverses valeurs et figures de notes admissibles dans les parties, choron et lapaqe, Manuel de musique, liv. iv. Cette question agitée depuis environ deux siècles au sujet de l'ancienne musique, et qui consiste à savoir si les Grecs et les Romains ont connu en ce genre ce qu'on appelle contre-point ou concert à plusieurs parties, a produit divers écrits pour et contre, rollin, Hist. anc. t. xi, i" partie, p. 251, dans pougens. Il 2° La musique même qui est écrite en contrepoint. Contre-point simple, celui qui n'est fait que pour une seule position. Contre-point double, ou complexe, ou artificieux, celui où quelque partie est écrite de telle sorte qu'elle puisse être transposée ou renversée, etc. Contre-point de note pour note, celui où les notes entendues ensemble sont toutes d'égale valeur. Contre-point de deux, trois, quatre notes pour une; ces mots n'ont pas besoin da définition. Contre-point fleuri, celui qui est formé de la réunion des précédents et qui permet au compositeur de jeter une grande variété dans les accompagnements. Il Composition à deux ou plusieurs voix, écrite sur un chant donné. || Au plur. Des contrapoints.
— STO. contre-point , harmonie. L'harmonie étudie seulement les sons en tant qu'ils peuvent ou ne peuvent pas aller correctement ensemble. La contre-point s'occupe en outre delà valeur des notes et du dessin qu'elles forment. Supposons une nota telle que ut, accompagnée, en quatre notes égales, par ces quatre-ci ul mi sol mi ou par celles-ci ut sol mi sol, ce sera la même harmonie, parce que ce sont les mêmes notes qui entrent dans l'accord ; ce seront deux contre-points différents, parce que les notes ne sont pas dans le même ordre.
— HIST. xv* s. Je vous montreray la figura Du contrepoint et la mesure Des semibreves accorder, De feindre la voix, de monter, Et deschanter à rebours, e. desch. Poésies mss. f° 3H , dans lacurne. Il estoit miste gent et sade, Il entendoit son contrepoint, Villon, Repues franches. || xvi' s. L'artillerie adonc ne faillit point X déchanter un si hault contrepoint Qu'on n'ouit onc musique de la sorte, 3. marot, p. 32, dans lacurne. Il voulut commencer par un certain prélude, Plein de beaucoup de grâce et da beaucoup d'estude, D'excellents contrepoints simples et figurez, Des meslanges de sons vistes et modérez, Amours de Tristan, p. 208, dans lacurne.
— ÊTYM. Bas-lat. cantus contrapunctus ; ital. contrappunto; de contre (voy. contre), et point (voy. point), parce que, les notes étant figurées par des points sur la portée, ce sont réellement des points contre des points.
f 2. CONTRE-POINT (kon-tre-poin) , s. m. Terma de marine. Bout de ralingue ajouté aux points de» voiles sur la ralingue même, pour la renforcer.
t t. CONTRE-POINTE (kon-tre-poin-f), s. f. Terme d'escrime. La partie tranchante du bout du dos de la lame d'un sabre. || Le maniement du sabre, de tranchant et de pointe. || Au plur. Des contrepointes.
t 2. CONTRE-POINTE (kon-tre-poin-t*), s. f. Synonyme de courte-pointe.
— HIST. xv" s. Il vint à l'huys, il entra dedans et trouva une damoyselle qui se gisoit dedans ung lit couvert d'une contrepoincle vermelle, Lancelot dit Lac, t. n, f*66. y xvi's. Elle envoya quérir un bon lit garni de linceux, mante et contre-pointe, mahg. ATout>. XXX VIII.
— ÊTYM. Contre, et pointe; vuy. con ire-pointer. '
CON
Mais il est possible aussi que contre-pointe soit une altération de coulte-pointe ou coutre-pointe , altéré, d'autre part, en courte-pointe (voy. ce mot).
f 3. CONTRE -POINTE (kon -tre-poin- 1'), s. f. Terme de marine. Laize qui fait les côtés d'une voile.
CONTRE -POINTÉ, ÉE (kon -tre-poin -té, tée), part, passé. Jupe contre-pointée. || Terme de blason. Se dit des pièces ayant les pointes en regard l'une de l'autre.
CONTRE-POINTER (kon-tre-poin-té), v. a. || 1° Piquer une étoffe des deux côtés. Contre -pointer une jupe. ||2"Terme d'artillerie. Opposer une batterie à une autre. Contre-pointer du canon. || 3" Terme de blason. Mettre pointe contre pointe sur l'écu. || 4° Fig. Contredire, contrecarrer.il prend plaisir à le contre-pointer en toute occasion. || Peu usité en ce sens.
HIST. xvi* s. Puis, se recordant du moyen que
feu son oncle lui avoit délaissé pour tromper ses ennuis, se mit à contrepointer [mettre en contrepoint] une chanson, despeh. Contes, en. Un corps de fer, un pourpoint contrepointé afin de tenir le corps droit et manu, paré, Introd. 2. La face de ce grand ciel azuré, paré et contrepointé de tant de beaux et reluisans diamants, charron, Sagesse,
p. 682 , dans LACURNE.
— ÊTYM. Contre, et pointer.
| CONTRE-POINTIER, ÈRE (kon-tre-poin-tié, tiè-r') s. m. et/. Matelassier, matelassière. Mlle Giraud était contre-pointière et trava liait quelquefois chez.... J. J. rouss. Conf. iv. || Inusité.
— ÊTYM. Contre-pointer.
| CONTRE-POINTISTE (kon-tre-poin-ti-sf), s. m. Terme de musique. Celui qui fait du contre-point, et, par extension, celui qui ne s'occupe que de la partie scientifique de l'art. |) On dit aussi contrapuntiste. || Au plur. Des contre-pointistes.
— ETYM. Contre-point. Contrapuntiste vient de l'italien contrappuntista.
CONTRE-POISON (kon-tre-poi-zon), s. m. || 1° Substance qui est peu nuisible ou qui ne l'est pas à l'économie, et qui, ingérée dans les voies digestives, y neutralise le poison de la même façon qu'elle ferait dans un vase de laboratoire. Il donnait du contrepoison à ce pauvre mari, sév. 270. Elle prit du contrs-poison qu'une vieille femme lui avait fourni, TfËN. Tél. vm. || 2" Fig. Ce livre est le contre-poison des nouvelles doctrines. Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté , pour être son contrepoison, la bruy. m. || Au plur. Des contrepoison ou des contre-poisons, c'est-à-dire substances bonnes contre le poison ou les poisons.
— REM. L'Académie, qui écrit contre - poison avec un trait d'union, l'a écrit, en un seul mot, contrepoison, à l'article antidote.
— HIST. xvi* s. Comment se peut faire que la contre poison puisse rabattre une telle vertu. — La substance du poison et contre-poison , paré, xxiii, 2. Les cantharides ont en elles quelque partie qui sert, contre leur poison, de contrepoison, mont.
— ÉTYM. Contre, et poison.
t CONTRE POLICE (kon-tre-po-li-s), s. f. Police secrète qui surveille la police et en contrôle les rapports. || Au plur. Des contre-polices.
— ÉTYM. Contre, et police.
CONTRE-PORTE (kon-tre-por-f) , s. f. Terme de
fortification. Seconde porte d'une place. |] Porte légère , placée devant la porte ordinaire pour augmenter la protection contre le froid et le veut. || Au plur. Des contre-portes.
— ÉTYM. Contre, et porte.
t CONTRE-POSÉ, ÉE (kon-tre-pô-zé, zée), part, passé. Pierres contre-posées. Articles contre-posés. || Terme de blason. Posé dans un sens différent, l'un sur l'autre et de haut en bas.
t CONTRE-POSER (kon-tre-pô-zé), f. a. Mal poser. || Terme de commerce. Porter inexactement un article sur un livre de commerce.
-—Êtym. Contre, et poser.
1 CONTRE-POSEUR (kon-tre-pô-zeur) , s. m. Ouvrier qui aide au poseur de pierres, c'est-à-dire à celui qui les reçoit pour les poser en alignement. || Au plur. Des contre-poseurs.
— ÉTYM. Contre-poser.
t CONTRE -POSITION (kon-tre-pô-zi-sion) , s. f. Action de contre-poser. || Terme de blason. Position différente des pièces de l'écu. || Au plur. Des contrepositions.
— ÉTYM. Contre, et position.
t CONTRE - POTENCE ( kon-tre-po Uui-s') . s. f. Terme d'horlogerie. Pièce portant le bouchon sur
CON
lequel roule le pivot de la roue de rencontre. || Au plur. Des contre-potences.
— ETYM. Contre, et potence.
f CONTRE - POTENCE , ÉE (kon-tre-po-tan-sé, sée), adj. Terme de blason. Se dit d'un écu où les potences sont opposées les unes aux autres.
— êtym. Contre, et potence.
f CONTRE - POUCE (kon-tre-pou-s'), *. m. Pièce du métier à bas. || Au plur. Des contre-pouces.
— ÉTYM. Contre, et pouce.
t CONTRE - PRESSION ( kon-tre-prè-sion ) , s. f. Pression contraire à une autre pression. Expériences sur la possibilité d'une infiltration capillaire au travers des matières poreuses, malgré une forte contre-pression de vapeur, daubrëe, Comptes rendus, Acad. des se. t. lu, p. 423. \\Au plur. Des contrepressions.
— ÉTYM. Contre, expression.
f CONTRE - PROFILER (kon-tre-pro-fi-lé) , V. a. Entailler une pièce de bois, de manière que les creux en reçoivent les moulures qui sont en relief sur une autre pièce.
— ÉTYM. Contre, et profiler.
■f CONTRE-PROJET (kon-tre-pro-jè), s. m. Projet formé pour en déjouer un autre. | Projet différent d'un autre projet. Le ministère proposa un projet de loi, et l'opposition un contre-projet. \\ Au plur. Des contre-projets.
— ÊTYM. Contre, et projet.
+ CONTRE - PROMESSE (kon-tre-pro-mè-s'), s. f. Écrit par lequel celui au profit de qui on a fait une promesse, déclare qu'il n'eu prétend tirer aucun avantage. L'obligation demeura nulle par la contrepromesse qui se trouva. || Au plur. Des contre-promesses.
— ÊTYM. Contre, et. promesse.
t CONTRE -PROPOS (kon-tre-pro-pô) , s. m. Réponse à un propos. || Propos contraire à un autre. || Au plur. Des contre-propos.
— ÊTYM. Contre, et propos.
t CONTRE -PROPOSITION ( kon-tre-pro-pô-zision), s. f. Proposition opposée à une autre. \\Au plur. Des contre-propositions.
— ÊTYM. Contre, et proposition.
f CONTRE - PROTESTATION (kon-tre-pro-tè-stasion), s. f. Protestation opposée à une protestation. La contre-protestation des communes ayant été aussitôt signifiée que la mienne, et toute réponse à ces deux écrits paraissant désormais impossible, mirabeau, Collection, t. i, p. 407. \[Au plur. Des contre-protestations.
— ETYM. Contre, et protestation.
f CONTRE-PUFF (kon-tre-puf), s. m. Annonce mensongère, promesse exagérée que le prometteur sait bien qu'il ne tiendra pas, opposée à une autre faite dans des idées pareilles. C'est à moi, à mon tour, parquelque contre-mine, quelque conlre-puff.... scribe, le Pu/y, m, 7.
— ÊTYM. Contre, et pu/y (voy. puff).
t CONTRE -PUITS ( kou-tre-pui ) , *. m. Terme d'art militaire. Fourneau pratiqué à quelque distance au-dessus de la voûte des galeries de contremine. ||^u plur. Des contre-puits.
— ETYM. Contre, et puits.
t CONTRE- QUEUE D'ARONDE, ( kon-tre-keue da-ron-d'), s. f. Terme de fortification. Pièce de dehors ou ravelin et tenaille simple, moins large vers la campagne que vers sa gorge. || Au plur. Des contre-queues.
t CONTRE-QUILLE (kon-tre-ki-U', Il mouillées), i. f- Pièce de bois d'un vaisseau, la plus longue et la plus grosse du fond de cale et qui lie les varangues avec la quille. \\Au plur. Des contre-quilles.
— ETYM. Contre, et quille.
■( CONTRER (kon-tréj, v. n. Terme de jeux de cartes. Annoncer qu'on tient contre celui qui a le premier déclaré qu'il jouait.
— ÉTYM. Contre.
t CONTRE-RAIL ( kon-tre-rêl ) , s. m. Rail placé parallèlement à un autre rail. Il faut que l'espace compris entre chaque rail et son contre-rail soit constamment débarrassé des terres et pierres qui viennent s'y loger, Presse scientifique, 48GI, t. m, p. 233. || Au plur. Des contre-rails.
— étym. Contre, et rail.
■f CONTRE-RAISON (kon-tre-rê-zon) , s. f. Raison opposée à une raison. [| Au plur. Des contre-raisons.
— HIST. xvi* s. Qui pesassent , balançassent et sondassent avec un plein jugement les raisons et contre-raisons de toutes parts, pasquier, Lettres, t. m, p. 804, dans lacurne.
— ÊTYM. Contre, et raison.
t CONTRE RAMPANT, ANTE (kon tic ran-pan,
CON
pan-t'), adj. Terme de blason. Se du d'aiiimaui rampant face à face.
— ÊTYM. Contre, et ramper.
j CONTRE-REGARDER (kon-tre regardé) , t'. a. Regarder celui qui nous regarde, et aussi regarder du côté opposé.
— ÊTYM. Contre, et regarder.
t CONTRE -RETA RLE ( kon-tre-re-ta-bl' ) , s. m. Terme d'architecture. Fond du lambris où l'on place un tableau sur l'autel, et contre lequel le tabernacle et les gradins sont adossés. || Au plur. Des contreretables.
— ÉTYM. Contre, et retable.
t CONTRE-REVERS (kon-tre-re-vèr), t. m. Côté du ruisseau opposé au plus large dans une chaussée creuse. || Au plur. Des contre-revers.
— Etym. Contre, et revers.
t CONTRE-RÉVOLUTION (kon-tre-ré-vo-lu-sion) , s. f. Révolution qui tend à détruire les résultai politiques d'une révolution antécédente. || En un sens plus étroit, le mouvement qui tend à annuller la Révolution française. Ces esprits perturbateurs et malveillants qui méditent des contre-révolution.-) à exécuter dans le sang de leurs concitoyens, mirabeau, Collection, t. lv, p. 34». \\ Au plur. Des contre-révolutions.
— ÉTYM. Contre, et révolution.
CONTRE RÉVOLUTIONNAIRE (kon-tre-ré-vo-lusio-nê-r') , adj. Qui est favorable, qui tend à la contre-révolution. Doctrines, mesures contre-révolutionnaires. || Substantivement. Un contre-révolutionnaire. Les contre-révolutionnaires.
— ÊTYM. Contre-révolution.
f C0NTRE-RÉV0LUT10NNA1REMENT (kon-treré-vo-lu-sio-nê-re-man ) , adv. D'une manière contre-révolutionnaire.
— ÊTYM Contre-révolutionnaire, et le suffixe ment, t CONTRE - RÉVOLUTIONNER (kon-tre-ré-vo-lu-
sio-né), v. a. Opérer une contre-révolution.
— ÊTYM. Contre, et reioiuttonner.
f CONTRE -RIPOSTE ( kon-tre-ri-po-sl' ) , s. f. Terme d'escrime. Mouvement d'épée opposé à une riposte. || Au plur. Des contre-ripostes.
— ÊTYM. Contre, et riposte.
f CONTRE-RIVURE(kon-tre-ri-vu-r'), s. /".Petite plaque de fer que l'on met entre le bois et une rivure. || Au plur. Des contre-rivures.
— ÊTYM. Contre, et river.
| CONTRE -RONDE (kon-tre-ron-d') , s. f. Terme militaire. Seconde ronde faite dans une place de guerre, après une ronde. || Au plur. Des contrerondes.
— ÉTYM. Contre, et ronde.
CONTRE-RUSE (kon-tre-ru-z'), s. f. Ruse oj ip
à une autre. \\Au plur. Des contre-ruses.
— HIST. xvi* s. Contreruse, cotgrave.
— ÉTYM. Contre, et ruse.
t CONTRE-SARORD (kon-tre-sa-bor), s. m. Terme de marine. Fenêtre qui ferme le sabord. || Vieux. || Au plur. Des contre-sabords.
— ÉTYM. Contre, et sabord.
t CONTRE-SAILLANT, ANTE ( kon-tre-sa-llan . llan-t', 12 mouillées), adj. Terme de blason. Sedit de deux animaux qui semblent s'élancer en sens contraire.
— ÉTYM. Contre, et saillant.
t CONTRE-SAISON (A) (kon-tre-sè-zon), loc. ad». Hors de saison. Plante qui fleurit à contre-saison.
— ÉTYM. Contre, et saison.
t CONTRE-SALUT (kon-tre-sa-lu), s. m. Ternie de marine. Salut rendu immédiatement à un bâtiment ou à une batterie. \\ Au plur. Des contre-saluts.
— ÉTYM. Contre, et salut.
t CONTRE-SANGLE (kon-tre-san-gl'), t. f. Synonyme de contre-sanglon.
— HIST. xm* s. Les estrivieres et les caingles [étaient] De soie avoec les contreçaingles, FI. et M. 44»i.
— ÉTYM. Contre, et sangle.
CONTRE-SANGLON (kon-tre-san-glon), s. m.
Courroie clouée sur l'arçon de la selle, et qui sert à arrêter la boucle de la sangle. || Contie-sanglon de giberne. || Au plur. Des contre-sanglons.
CONTRESCARPE (kon-trè-skar-p'), s. /'.Terme de fortification. Pente du mur extérieur du fossé, celle qui fait face à l'escarpe. || Par extension , le chemin couvert et le glacis. Une foule de volontaires courut attaquer la contrescarpe, volt. Louis XI V, ». || Par plaisanterie. L'autre.... en qui les rides font Contrescarpes, remparts.... Régnier, Sat. xi.
— REM. L'Académie écrit contrescarpe en un seul mot, bien qu il soit formé comme contre ordre et plusieurs autres.
CON
— HIST. xvi* s. En peu de temps, comme à une mauvaise muraille, la brèche fut raisonnable, battue en courtine par deux moiennes, et de plus gourmandée eu front d'une barriquade plantée sur la contrescarpe plus haute que son escarpe, d'aub. Ilist. i, 33*. Les contrescarpes servent en quelque manière, et en doit estre l'allée couverte assez large,
'•ANOl'E, p. 405, dans LACUBNE.
— ÊTYM. Contre, et escarpe.
f CONTRESCARPER (kon-trè skar-pé), ». a. Munir, garnir d'une contrescarpe.
CONTRE-SCEL (kon-tre-sèl), s. m. Petit sceau ïpposé sur le tiret du parchemin qui attache les lettres scellées en chancellerie. || Figure imprimée au revers du sceau principal. || Ancien terme de pratique. Sceau qu'un juge apposait sur des effets déjà scellés parmi autre juge. || Au plur. Des contre-scels.
— HIST. xiv s. [Un garde-scel dit avoir] scellé les présentes lettres du scel de la prevostéede Chaumont et de son propre scel et contrescel, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. u.
— ÊTYM. Contre, et scel.
CONTRE-SCELF.fi, ÊE (kon-tre-sê-lé, lée), part.
passé. Lettres contre-scellées.
CONTRE- SCELLER (kon-tre-sè-Ié) , ». a. Terme de chancellerie. Mettre le contre-scel.
— ÉTYM. Contre-scel.
CONTRE-SEING (kon-tre-sin; le g est toujours muet), s. m. || 1° Signature de celui qui contre-signe. Avoir le contre-seing d'un ministre, avoir l'autorisation de signer au nom d'un ministre. || 2° Droit de contre-signer les lettres et les paquets pour qu'ils soient exempts des frais de poste. || Apposition de ce contre-seing. Vous pourriez lui faire parvenir à lui [de Gérando], sous le contre-seing, votre ouvrage et celui de M. Coraï, p. l. cour. Lett. a, io. || 3° Petit seing mis à côté d'un autre seing ou au dessous. || Au plur. Des contre-seings.
— ÊTYM. Contre, et seing.
(■ CONTRE- SEMFLER (kon-tre-san-plé), v. a. Terme de manufacture. Transporter un dessin d'un semple dans un autre.
CONTRE- SENS (kon-tre-snn ; l's se lie : un kontre-san-z inexcusable), s. m. || 1° Erreur que l'on commet soit dans l'expression de sa propre pensée soit dans la traduction de la pensée d'un autre. Vous prenez le contre-sens de mes paroles. || Interprétation opposée au véritable sens d'un texie. Cette traduction est pleine de contre-sens. || Manière de lire, de déclamer, en désaccord avec le sens des paroles. Cet acteur fait sans cesse des contre-sens. || Fig. C'est encore un des contre-sens des éducations communes, j. J. nouss. Ém. a. Si Lusignan ne rappelait à sa fille que les banquets et les joies de l'Olympe, cela ne formerait qu'un dur contre-sens, chateaub. Génie, n, n, 5. || A contre-sens, loc.adv. Contrairement au sens. Qui parle d'offenser grand'mère ni grand-père? — .... Grammaire [qui se prononçait alors comme grand'mère] est prise à contre-sens par toi, mol. Femmes sav. n, «. Il n'applaudit qu'à contre-sens, id. Le Bourg, i, I. Qui louent tout à contre-sens, m. Critique, 8. Ces passages pris à contre-sens par l'auteur, boss. t" écrit. On tournera à contre-sens toutes ses paroles, id. Purif. I. Ces sophistes qui prennent les choses à contresens, in. Dtf. comm. Pour trouver la vérité, il faut tourner le dos à la multitude, et savoir que les opinions communes sont la règle des opinions saines, pourvu qu'on les prenne à contre-sens, fonten. Dial. v, anciens et mod. L'abbé [Servien], impatienté de tant de servitude, retourna le refrain [qui était à la louange du roi] fort plaisamment à contre - sens , st-sim. :i32, (02. || 2° La direction contraire à celle dans laquelle certaines choses doivent être prises. En faisant ce manteau on a pris le contre-sens de l'étoffe. || Prendre le contre-sens d'une affaire, la prendre à contre-pied. || A contre-sens, loc. adv. Dans la direction opposée. Une dentelle cousue à contre-sens. Un fer frotté d'aimant attire un autre fer, mais il perd cette vertu lorsqu'il est frotté à contre-sens, boiiault, Physique, dans bichelet. [| Fig. Cette méthode est à contre-sens, J. J. rouss. Ém. iv. || 3" Déraison, ce qui est contre le bon sens. Â peine entre nos mains il se voit sans espoir, Qu'usant d'un stratagème à combattre le nôtre, Il veut obstinément qu'on l'ait pris pour un autre, Et d'un tel contre-sens soutient tout ce qu'il dit, Qu'il semble qu'en effet il ait perdu l'esprit, th. cobn. le Geôlier de soi-même, n, 6. || Vieux en ce sens.
— HIST. xvt's. Mes conceptions et mes pensées sont prises à contre-sens et sinistrement interprétées, #ully, dans le Dict. de dochbz..
— F.TYM Contre, et sent.
CON
t CONTRE SIGNAL (kon-tre-si gnal ), s. m. Signal double ou accessoire qui se donne afin de fournir un double moyen de reconnaissance. || Au plur. Des contre-signaux.
— ÊTYM. Contre, et signal.
t CONTRE -SIGNATAIRE (kon-tre-si-gna-lê-r'), s. m. Celui qui contre-signe un acte. || Au plur. Des contre-signataires.
— ETYM. Contre-signer.
CONTRE-SIGNE, ÉE (kon-tre-si-gné, gnée), part. passé. Qui est muni d'un contre-seing. Je voudrais que Dieu lui envoySt des lettres patentes contre-signées Mathusalem, volt. Lett. à Calh. ISS,
CONTRE-SIGNER (kon-tre-si-gné), ». a. || 1* Signer une pièce après celui dont elle émane. Un ministre contre-signe les ordonnances du souverain. Il Apposer sa signature à un acte pour en attester l'authenticité. || 2° Mettre le contre-seing sur l'enveloppe des lettres ou des paquets qui viennent des bureaux d'une administration, afin qu'ils soient exempts des frais de poste. A tout hasard j'ai pris des doubles et vais tâcher de faire contre-signer cet énorme paquet, dider. Lett. à Grimm.
— ÊTYM. Contre, et signer.
t CONTRE-SIGNEUR (kon-tre-si-gneur), s. m. Celui qui met un contre-seing sur des lettres et des paquets, pour qu'ils soient exempts des frais de poste. Il le fera contre-signer par M. le duc de Praslin ou par quelque autre contre-signeur, volt. Lett. Chalotais, 2) mars 4763. ||j4u plur. Des contre-signeurs.
— ETYM. Contre-signer.
t CONTRE- SOL (kon-tre-sol) , s. m. Terme d'horticulture. Vase servaHt à la culture de certaines plantes qui craignent d'être exposées au soleil. || Au plur. Des contre-sol, c'est-à-dire des vases contre le soleil.
— ÊTYM. Contre, etso(, apocope de soleil.
t CONTRE-SOMMATION (kon-tre-so-ma-sion), s. f. Terme de pratique. Acte par lequel une tierce personne appelée en garantie en appelle elle-même une quatrième pour se faire garantir à son tour. || Au plur. Des contre-sommations.
— ÊTYM. Contresommer.
t CONTRE-SOMMER (kon-tre-so-mé) , v. a. Terme de pratique. Faire une contre-sommation.
— ÊTYM. Contre, et sommer.
t CONTRE-SOMMIER ( kon-tre-so-mié ), s. m. Peau dont le parcheminier couvre le sommier sur lequel il rature les peaux. || Pièce de bois carrée qui soutient le sommier d'une presse à imprimer. || Au plur. Des contre-sommiers.
— ÊTYM. Contre, et sommier.
f CONTRE-SON (kon-tre-son), s. m. Son répercuté. || Au plur. Des contre-sons.
— HIST. xvi* s. Ils ne s'entrentendent parler à cause du contre-son que rendent les bois, nommé par les poètes fabuleusement écho, carl. vi, 25.
— ÉTYM. Contre, et son.
t CONTRE-SORTIE (kon-tre-sor-tie), s. f. Terme militaire. Offensive que prennent les assiégeants pour repousser une sortie des assiégés. || Au plur. Des contre-sorties.
— ÊTYM. Contre, et sortie.
f CONTRE-SOUPIRER (kon-tre-sou-pi-ré), ». n. Soupirer en retour, en parlant d'amour. Et pour prix des soupirs que j'ai su vous tirer. Écoutez, je commence à contre-soupirer, th. corn. Comtesse d'orgueil, îv, 6.
— ÊTYM. Contre, et soupirer.
| CONTRE-STIMCLANT, ANTE (kon-tre-sti-mulan, lan-t'), adj. Terme de médecine. Qui a la propriété, en parlant de médicaments, de combattre un état dit stimulation qui accompagne et détermine beaucoup de maladies. || Substantivement. Les contre-stimulants.
— ÊTYM. Contre, et stimulant.
t CONTRE -STIMULATION ( kon-tre-sti-mu-lasion), s. f. Terme do médecine. Action des contrestimulants.
t CONTRE-STIMULISME (kon-tre-sti-mu-li-sm'), s. m. Terme de médecine. Système dû à Rasori, célèbre médecin italien, d'après lequel, les maladies étant dues à un excès de stimulation, on détermine par l'empirisme les substances qui sont contre-stimulantes.
— ETYM. Voy. contre-stimulant.
+ CONTRE STLMULISTE (kon-tre-sti-mu-li-sf), s. m. Nom donné aux médecins qui adoptent les principes du contre-stimulisme.
t CONTRE-SUJET (kon-tre-su-jè),». m. Terme de musiques Second ou troisième sujet dans une fugue qui en admet plusieurs. En ce qui concerne la double-fugue, on doit observer que le chant par lequel le morceau commence et qui en est le premier su-
CON
jet, se nomme simplement sujet; et que tous les autres sont autant de contre-thèmes ou contre sujets, choron et lafaoe, Manuel de musique, liv. v, section 2, Ç 3. |J.4« plur. Des contre-sujets.
f CONTRE-SURETÊ(kon-tre-su-re-té). s. f. Sûreté donnée en retour d'une autre. || Au plur. Des contre-sûretés.
— HIST. xvi' s. Seront envoiez pour tenir hostage dans la Rochelle jusques à ce que tous soient rendus aux lieux qu'ils choisiront, les seigneurs de la Hunandais et de Milly demeurans pour contre seurté en l'armée, d'aub. Ilist. n, 168.
— ÊTYM. Contre, et sûreté.
t CONTRE-TAULE (kon-tre-ta-bP), s. f. Terme d'architecture. Voy. contre- retable.
H. CONTRE TAILLE (kon-tre-ta-ll', «mouillées), s. f. Terme de musique, I.a contre-taille ou hautecontre est opposée à la taille, desc. Mrs. || Inusité.
— ÉTYM. Contre, et taille.
t 2. CONTRE-TAILLE (kon-tre-ta-U', Il mouillées), s. f. Terme de graveur. Se dit des tailles qui croisent Iespremières tailles. || Au plur. Des contretailles.
— ÊTYM. Contre, taille.
t3.CONTRE-TAILLE(kon-lre-ta-ll',U mouillées),
s. f. Seconde taille servant de contrôle à la taille sur laquelle le boulanger marque les pains fournis. || Au plur. Des contre-tailles.
— HIST. xvi" s. Quant quelque personne fait demande de quelque somme de deniers à cause de quelconque sorte de marchandises que ce soit livrée sur taille, et que le demandeur fait exhibition de sa taille, requérant que l'adjourné exhibe sa contretaille.... Coustum. gêner, t. il, p. 9r,6.
— ÉTYM. Contre, et taille.
fCONTRE-TAILLER(kon-tre-ta-llé, U mouillées),
». a. Terme de gravure. Couvrir de contre-tailles.
— ÊTYM. Contre-taille 2.
t CONTRE-TASSEAU (kon-tre- ta-sô), s. m. Bois qui supporte le chevalet. || Au plur. Des contre tasseaux.
— ÉTYM. Contre, et tasseau.
CONTRE -TEMPS (kon - tre - tan ; Pi se lie: un contre-temps inattendu, dites: un contre- tan- z inattendu), j. m. | 1* Inopportunité. Dans quel contre-temps êtes-vous revenue? cobn. Tite et Bérén. nt, 5. Et d'un tel contre-temps il fait tout ce qu'il fait Que, quand il tSche à plaire, il offense en effet, in. le Ment, i, l. Voyez quel contre-temps Attelé prend ici, id. Ificom. m, 4. Quel honteux contre-temps de vertu délicate S'oppose au beau succès de l'espoir qui vous flatte? m. Sertor. i, l. Quittez ces contre-temps de froide raillerie, id. D. Sanche, i, 4. || Tomber dans un contre-temps, dans des contre-temps, se trouver inopinément dans des circonstances qui dérangent les mesures prises. || Accident inopiné qui rompt les mesures prises, qui déranga les projets. Que l'heureux contre-temps d'un si rare service.... corn. Olhon,n, 6. Il est des contre-temps qu'il faut qu'un sage essuie, bac. Eslh. ni, I. Ordres qui causèrent divers contre-temps dans l'exécution, fén. Tél. xm. || X contre-temps, loc. adv. En prenant mal son temps, mai à propos. Ce qu'il fait à contre-temps est mal fait, fén. Tél. xxiv. Les justes ont appris qu'il faut reprendre à temps et à contre-temps, mass. Car. Mélange. \\ i° Terme de musique. La partie faible de la mesure ou du temps. || Aller à contre-temps, se dit lorsque l'exécutant manque à la mesure. | On dit aussi qu'une mesure est à contre-temps quand il y a un silence au temps fort. Commencer à contre-temps, se dit quand on commence au quart, au milieu, etc. de la mesure, la première partie de cette mesure étant occupée par un silence. On appelle au piano contretemps quand, dans le même temps, une main fait trois notes et l'autre deux, ou une main quatre notes, l'autre cinq. || 3° Terme de danse. Action de sauter sur un pied, avant de poser l'autre qui est en l'air. Plusieurs [pantomimes] font des contretemps, et ne prennent pas bien la cadence, d'ablancourt, Lucien, danse. || L'art de la danse distinguait autrefois plusieurs contre-temps différents. Il y en avait trois dans le menuet seulement : il y avait le contre-temps de gavotte ou contre-temps en avant; le contre-temps de chaconne ou contre-temps ouvert. Tous ces contre temps sont aujourd'hui peu usités ou plutôt ils entrent dans des pas figurés. Par exemple, c'est un contre-temps qui commence Yen- i avant-deux. || 4° Terme de grammaire. Expression tirée de la musique et qui se dit de tout accent qui tombe où il ne doit pas tomber. || 6" Terme d'escrime. Faute des deux combattants, qui, s'allongéant en même temps, se portent un coup taarrié
CON
CON
et aussi, méprise de l'un dos combattants qui saisit un temps faux qu'on-lui présente àdessein. || 6° Terme de manège. Interruption de la cadence d'un cheval. || Passage subit et inattendu de l'action à l'inaction; soubresaut, qui indique l'altération du flanc du cheval dans la pousse.
— hist. xvi* s. D'un seul clin d'oeil ou d'une seule parole échappée à contre temps.... sully, dans le Diet. de dociikz.
— ÉTYM. Contre, et temps.
t CONTRE-TENANT (kon-tre-te-nan), s. m. Champion qui dans les tournois tenait contre un autre champion. Des contre-tenants.
— ÉTYM. Contre-tenir.
t CONTRE-TENIR (kon-tre-te-nir) ,t>. a. || 1" Terme de métier. Soutenir par derrière avec le marteau ou le maillet, pendant qu'un autre frappe par devant. || 2° Terme de marine. Lâcher en douceur un cordage qu'on retient à demi.
— HIST. xii* s. La bêle, des nompers [sans pareilles] la flour, Ne faites vostre pris mentir, Par trop merci contretenir, chrkstien de thoies, dans Mss. de poésies fr. avant 1300, t. m, p. 1266, dans lacurne. || xiii* s. Dame vaillans, gracieuse et jolie, Comment se puet uns cuers contretenir X vo biauté? ib. t. iv, p. 1379. || xv* s. Yvain l'attaignit le premier, tellement qu'il luy perça son escu; mais le haulbert estoit fort et serré qui contretint le coup que oncques maille n'en rompit, Lancelot du Lac, t. m, f° 20. Pourquoy tantmecontretenez?Jaiie4urrect. de J. C. Mystère. \ \ xvr s. Et ceux qui par la lutte huilée Contre-tenoient les bras courbez, rons. 621.
— ÉTYM. Contre, et tenir.
CONTRE-TERRASSE (kon-tre-tè-ra-s'), s.f. Terme
d'architecture. Terrasse appuyée contre une autre plus élevée. || Au plur. Des contre-terrasses.
— ÉTYM. Contre, et terrasse.
CONTRE -TIRÉ, ÉE (kon-tre-ti-ré, rée) , part, passé. Estampe contre-tirée.
CONTRE-TIRER (kon-tre-ti-ré), v. a. Terme de gravure et de dessin. || 1° Faire la contre-épreuve d'une estampe ou d'un dessin. || 2° Copier trait pour trait en calquant, Contre-tirer un plan. || Peu usité en ce sens.
— ÉTYM. Contre, et tirer.
t CONTRE - TRAHISON (kon-tre-tra-i-zon), s.f. Trahison opposée à une trahison. || Au plur. Des contre-trahisons.
— HIST. xvi« s. Il vaut mieux aller attaquer une place pour la surpendre, lorsque personne ne vous tient la main, que si quelque traistre la conduict; car pour le moins estes vous asseuré qu'il n'y a point de contre trahison, montluc, Comment, liv. 1, anl543.
— ÉTYM. Contre, et trahison.
t CONTRE-TRAME (kon-tre-tra-m'), s. /'.Trame, intrigue, opposée à une autre trame. || Au plur. Des contre -trames.
— HIST. xvi' s. Ils cogneurent bien par les contre-trames de M. de Vieille-ville que.... carl. vi, 47.
— ÉTYM. Contre, et trame.
f CONTRE-TRANCHÉE (kon-tre-tran-chée), i. f. Terme d'art militaire. Tranchée ouverte par les assiégés. || Au plur. Des contre-tranchées.
— ÉTYM. Contre, et tranchée.
| CONTREVAIR (kon-tre-vêr), s. m. Terme de blason. Vair où la disposition des pièces est différente, c'est-à-dire que la pointe des petites pièces d'azur est opposée à la pointe des pièces de même couleur, et la pointe des pièces d'argent est opposée a la pointe des pièces de même métal.
— ÉTYM. Contre, et vair.
t CONTREVA1RE, ÉE (kon-tre-vê-ré, rée), adj. Terme de blason. Chargé de contrevair.
t CONTRE - VALEUR ( kon-tre-va-leur ) , s. f. Terme de commerce. Valeur donnée en échange de celle que l'on reçoit. \\Au piur. Des contre-valeurs.
— ÉTYM. Contre, et valeur.
CONTREVALLATION (kon-tre-val-la-sion), s. f.
Terme de fortification. Fossé et retranchement qu'on fait tout autour d'une place assiégée, pour en coupelles communications. Lignes de contrevallation. X proprement parler, la ligne ou fortification qu'on dresse autour d'une ville assiégée pour empêcher les sorties, s'appelle contrevallaiion, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 646 , dans I'Ougens.
— ÉTYM. Contre, et le latin vallatio, palissade, de vallus, pieu.
t CONTREVALLER (kon-tre-val-lé), v. a. Terme de guerre. Munir d'une contrevallation.
— ÉTYM. Voyez contrevallation.
CONTREVENANT, ANTE (kon-tre-ve-nan, nan-t') ,
s. m. elf. Celui, celle qui contrevient, qui enfreint
une défense de police. Les contrevenants payeront l'amende. || Adjectivement. Et ne saviez-vous pas que cet acte en effet Etait contrevenant à l'arrêt que j'ai fait? rotr. Antig. iv, 3.
— ÉTYM. Contrevenir.
f CONTRE-VENGEANCE (kon-tre-van-jan-s'), s.f. Vengeance prise d'une vengeance. || Au plur. Des contre-vengeances.
— HIST. xv s. Nous retournerons aux guerres de Hainaut et à la contrevengeance que le roi Philippe y fit prendre par le duc de Normandie son ains-né fils, FR01SS. i, i, 109.
— ÉTYM. Contre, et «engeance.
CONTREVENIR (kon-tre-ve-nir), je contreviens,
nous contrevenons, vous contrevenez, ils contreviennent; je contrevenais; je contrevins; je contreviendrai; je contreviendrais; que je contrevienne; que je contrevinsse; contrevenant; contrevenu, v. n. Agir contre. Et si qui contrevient à ce que je défends Trouve des partisans en mes propres enfants.... rotr. Antig. v, 4. C'est contrevenir à un commandement du décalogue, boss. Images. Jupiter n'oserait contrevenir à ce redoutable serment, fén. Tél. vu. Et sans contrevenir aux vœux d'un solitaire, L'exemple, le conseil et le travail des mains Me pouvaient rendre utile à des troupes de saints, la font. Captivité de saint Malc. Loi [sur les galions d'Amérique] qui n'est utile qu'autant qu'on y contrevient, volt. Mœurs, 445. Dieu eût contrevenu aux lois qu'il a établies lui-même, bern. de st-p. Ch. ind. Préamb. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir: il a contrevenu à vos ordres; il s'est conjugué avec l'auxiliaire être (voy. l'historique) : il est contrevenu à vos ordres ; et, au fond, rien n'empêche de dire ou d'écrire ainsi, puisquelescomposésdeientrse conjuguent dans la plupart des cas avec l'auxiliaire être : je suis parvenu au sommet, je suis convenu du fait.
— SYN. CONTREVENIR, ENFREINfiRE, TRANSGRESSER.
Contrevenir, c'est venircontre, contrarier; enfreindre, c'est briser; transgresser, c'est passer au delà de ce qui est considéré comme limite. Ces expressions : il a contrevenu au commandement, il a enfreint le commandement, il a transgressé le commandement, expriment une même idée, à savoir que le commandement n'a pas été observé, sans autre distinction que la distinction implicite que renferme l'étymologie. Mais quand on va plus loin dans l'emploi de ces mots, on voit que contrevenir est celui qui a le moins de force, qui est le plus général et qui peut par conséquent s'appliquer aux petites désobéissances. Les graves désobéissances ne sont caractérisées que par enfreindre et transgresser, le premier les représentant comme une rupture , le second comme un bond qui nous lance au delà.
— HIST. xv" s. Au cas qu'il contrevinst à la paix de Peronne, o. de la marche, dans le Dict. de dociiez. |j xvi" s. Les Pères sont souvent divers entre eux, et mesmes aucunes fois se contreviennent à eux-mesmes, cal vin, Instit. Dédie. De propos délibéré nous taschons de lui contrevenir [à Dieu] , id. ib. 4 49. Ils ne feroyent pas des crimes mortels et irrémissibles d'estre contrevenus à la moindre tradition de celles qu'ils ont forgées, id. ib. 951. À cela ne contrevient point, que.... [n'est pas en opposition], id. th. 1012. Ceste charité de quoy je parle ne contrevient point à la justice civile, lanoue, 77. Brennus entra en diolere, disant que c'estoit meschamment fait de contrevenir à l'accord qu'ilz avoient passé et juré, amïot, Cam. 61.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contravenir; portug. contravir; ital. contravvenire ; du latin contravenire, de contra, contre, et ventre, venir.
CONTREVENT (ken-tre-van), s. m. Grand volet de bois mis par dehors et qui se ferme sur les fenêtres. J'aurais une maison blanche avec des contrevents verts, J. J. rouss. Ém. iv. Quand je voyais son contrevent ouvert, je tressaillais de joie, id. Conf. vi. || Terme de ponts et chaussées. Pièce de bois placée obliquement entre deux fermes d'un pont ou d'une charpente. || Pièce du comble d'un bâtiment. || Pièce pour contenir la charpente dans les beffrois. || Parement d'un creuset de forge; partie opposée à la tuyère.
— UEM. L'Académie, qui met un trait d'union à contre-temps, n'en met pas à contrevent, composé de même.
— HIST. xv" s. Pour combien il lui vouldroit quitter ung contre-avant, ducange, auventus.
— ÉTYM. Contre, et tient.
| CON'TREVENTER ( kon-tre- van-té ), v. a. || 1° 'ferme de ponls et chaussées. Placer des contrevents. || 2° Terme de construction. Garnir un comble de contrevents.
— ÉTYM. Contrevent.
CONTREVENU (kon-tre-ve-nu) , part, invariable de contrevenir.
t CONTRE-VERGE (kon-tre-vèr-j'), s. f. Instrument du métier des étoffes de soie. || Au plur. Des contre-verges.
— ÉTYM. Contre, et verge.
CONTRE-VÉRITÉ (kon-tre-vé-ri-té), l. f. Paroles
exprimant un sens contraire à celui qu'on veut faire entendre. Son blâme était une contre-vérité et une flatterie ingénieuse. Ou vous êtes au point où je désire, ou vous vous jouez de moi.... Est-ce vérité? est-ce contre-vérité? suis-je à vos yeux intéressante ou ridicule? Mme dd deffant, dans le Dict. de dochez. || Plus particulièrement, satire en prose ou en vers où l'on se moque d'une personne, lui attribuant les qualités que visiblement elle n'a pas. Chapelle et Bachaumont ont fait d'agréables contre-vérités, richelet.
— ÉTYM. Contre, et vérité.
f CONTRE-VISITE (kon-tre-vi-zi-f), t. f. Seconde visite de lieux s'il s'agit de locations, seconde visite de police s'il s'agit d'administration, seconde visite de malades ou de conscrits s'il s'agit d'inspection médicale. || Au plur. Des contre-visites.
— ÉTYM. Contre, et visite.
f CONTRE-VOILE D'ÉTAI (kon-tre-voi-le-d'é-tê) , s. f. Terme de marine. Voile quadrangulaire gréée entre la voile d'étai et celle de perroquet. On la nomme aussi fausse voile d'étai. || Auplur. Des contrevoiles.
— ÉTYM. Contre, et voile.
t CONTRE-VOLTE (kon-tre-vol-f), s. f. Terme d'art militaire. Manœuvre par laquelle la cavalerie, après avoir fait une volte, se rétablit face en tête. || Au plur. Des contre-voltes.
— ÉTYM. Contre, et volte.
t CONTRE.- VOLTER (kon-tre-vol-té) , v. n. Faire une contre-volte. La cavalerie a contre- volté.
t CONTRE-VUE (kon-tre-vue) , *. f. Point de vue opposé, dans l'optique. || Au plur. Des contre-vues.
— ÉTYM. Contre, et vue.
CONTRIBUABLE (kon-tri-bu-a-bl'). || l'Adj. Terme
de finances. Sujet à contribution. Pays contribuable. || 2° S. m. et f. Personne qui doit payer l'impôt. Un contribuable. Une contribuable. Diminuer les charges qui pèsent sur les contribuables. De o 640 ouo contribuables, on en trouve environ 900 000 appartenants au clergé, volt. Russie, i, 2. Imposition qui, sans aider l'Etat, ruine les contribuables pour enrichir le traitant qui l'a imaginée, raynal, Hist. phil. vin, 34.
— hist. xvr* s. Il feit rebeller à rencontre d'eulx plusieurs petites villes, leur enseignant à dire qu'ilz n'estoient point leurs subjects,ny n'a voient point esté leurs contribuables dès le commencement, amyot, Philop. 22. Il meit les enfans orphelins à la taille, qui paravantluy n'avoient jamais esté contribuables,
id. Cam. 3 Qu'il est impossible d'avoir tiré tant
de finances d'une telle province, sans que les contribuables ayentesté bien oppressez, froumentf.au, Finances, m" livre, p. 283.
— ÉTYM. Contribuer.
f CONTRIBUANT (kon-tri-bu-an), s. m. Celui qui contribue. Le consentement particulier de chacun des contribuants, J. J. Rousseau dans le Dict. de poitevin.
— HIST. xvi" s. Par le dénombrement du peuple, il fut trouvé cent trente mille chefz contribuai»,
AMYOT, Publ. 23.
CONTRIBUER (kon-tri-bu-é), v. n. || l°Payer sa part d'une dépense ou d'une charge commune. Contribuer pour un tiers. Contribuer par tête. 11 a contribué de ses deniers à cette construction. Les oblige-t-on à contribuer aux charges publiques? FLÉcii. Serm. n, 207. Le vrai moyen de faire contribuer tout le monde, c'était de mettre des impôts sur les consommations, cûndillac, Comm. Gouv. part. 11, ch. *8. Il Absolument. Payer à l'ennemi une somme d'argent pour se garantir des exécutions militaires. Nous n'avons point de cavalerie sur la frontière; et il est à craindre que le prince Pio, qui en a un gros corps, ne fasse contribuer tout le Languedoc, montesq. Lett.pcrs. 4 32. || Faire contribuer, se dit par abus, des voleurs de grand chemin qui dévalisent les passants. Les voleurs ont fait contribuer eus marchands. || Activement. Les secours abondants qu'il contribua dans les calamités publiques, fléch. Lam. Il faut que les souverains aient le pouvoir d'obliger les citoyens de contribuer ce qui est nécessaire pour satisfaire aux besoins de la patrie, fén. XXII, 386. Il 2° Avoir part à un certain résultat. 11 y a dans quelques hommes une certaine médiocrité d'esprit qui contribue à les rendre sages, la bruy. XI. 11 faut contribuer autant qu'on le peut
CON
au divertissement des personnes avec qui on veut vivre; mais il ne faut pas toujours être chargé du soin d'y contribuer, larochefoi'g. Réflexions div. Kt je contribuerai moi-même à ce dessein, corn. JVïcom. v, (0. Je veux faire Le malheureux Léon successeur de ton pè're; Y contribueras-tu? m. Pulch. v, 5. Par ce moyen les mutins virent Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux X l'intérêt commun contribuait plus qu'eux, la font. Fabl. m, 2. || Absolument. Si je ne l'ai causé, j'en suis un instrument Et j'ai contribué dans cet événement, mair. Mort d'Asdrub. v, 2. || Activement. Trois arts qui semblaient devoir contribuer quelque chose à mon dessein, desc. Méth. Si j'ai contribué quelque chose à l'agrément de votre style, sev. 62. Si je pouvais contribuer quelque chose à soulager.... Boss.Le». 8. Jamais on n'a pu ôter de leur esprit fà M. et Mme de Chaulnes] que M. de Chevreuse n'eût rien contribué à cet échange forcé [du gouvernement de Bretagne contre celui de Guyenne] , st-sim. 27 , 58. Et ce qu'il contribue à votre renommée, corn. Hor. v, 3. Je souhaiterais néanmoins d'y contribuer quelque chose, pasc. Lett. t . Que pouvez-vous contribuer de votre part à la construction du tabernacle céleste?... Il faut contribuer quelque chose, mass. Confér. Vocation, 1. L'interjection ne contribue rien à la liaison, à la forme du discours, R. desmarais, Gramm. tr. vin. Le son de la voyelle eu à la formation duquel et la langue et les lèvres contribuent quelque chose.... dangeau, Gramm. m, n° 30.
— REM. Les auteurs du siècle de Louis XIV emploient contribuer activement; c'est la forme latine, et, comme on peut voir à l'historique, la forme ancienne. Elle est aujourd'hui peu usitée, sans être aucunement incorrecte.
— H1ST. xiv* s. Se aucuns ont contribué peccunes pour mètre en marchandises, quant vient au distribuer, l'en en distribue à chescun selon la proporcion des peccunes qui furent contribuées, oresme, Eth. U8. || xvi" s. Chascun doibt contribuer à la société publicque les debvoirs et offices qui la touchent, mont, iv, 151. Je contribue seulement à cest ouvrage ce que je puis, selon ma petite capacité, lanoue, 32. Il estoit nécessaire que les particuliers contribuassent argent, selon leurs facultez, pour soustenir les frais de la guerre, amyot, Publ. 22. Chascun luy contribua demie livre de froment, id. Cam. 48. Le peuple contribua 800 harquebusiers de garde tant que leur prison dura, d'aub. Hisl.ii, US.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. contribuir ; ital. conlribuere ; du latin contribuere, de cum, avec, et tribuere, donner (voy. tribut).
f CONTRIBUTAIRE (kon-tri-bu-tê-r'). || 1» S. m.Ce- Iui qui paye sa part d'un tribut, d'un impôt. || 2' Adj. Qui est relatif à une contribution. Part contributaire.
— ETYM. Contribuer.
f CONTRIBCTEUR (kon-tri-bu-teur) , s. m. Celui qui contribue.
— ÊTYM. Contribuer.
f CONTRIBUTIF, 1VE (kon-tri-bu-tif, ti-v'), adj. Qui a rapport à la contribution.
— HIST. xvi* s. Contributif [sujet à contributions] , Ord. des ducs de Bretagne, f°228, dans lacurne.
— ÊTYM. Contribuer.
CONTRIBUTION (kon-tri-bu-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Ce que chacun donne pour sa part dans une charge commune. Il a donné tant pour sa contribution. || Contribution au sou la livre, au marc la livre, au marc le franc, la répartition de ce qui doit être payé par chacun proportionnellement à une certaine quotité. L'interprétation de la locution est : contribution d'un sou pour une livre, etc. || Terme de pratique. Distribution judiciaire de deniers entre créanciers chirograpbaires, par opposition à ordre, qui est la distribution de deniers entre créanciers hypothécaires. |; Terme de commerce maritime. Contribution au jet dans la mer, répartition des perles et dommages quand un navire a été obligé de jeter à la mer une partie du chargement ou (les agrès. || 2" Action de contribuer. Contribution aux charges d'une succession. || 3° Impôt. Contributions directes, les impôts directement établis sur les biens ou sur les personnes. Contributions indirectes, les impôts établis sur les objets de consommation ou sur certaines choses d'un besoin éventuel; tels sont les droits d'octroi, les droits sur les boissons, sur le tabac," les droits de douane, de timbre, d'enregistrement, etc. Ce qu'on appelle contributions indirectes aujourd'hui était nommé droits réunis sous le régime impérial. Elles sont ainsi dites parce qu'elles n'astreignent le contribuable qu'indirectement et qu'autant qu'il use des choses. || Contribution personnelle, contri-
CON
bution payée partous les habitants d'une commune, quel que soit leur sexe; elle est fixée sur le prix de trois journées de travail. || Contributions publiques, nom donné depuis (790 jusqu'au Directoire au ministère des finances. || 4" Ce qu'on donne à l'ennemi pour se garantir des exécutions militaires. Mettre tout le pays à contribution. Le général Steinbock se fit donner de force plus qu'il n'avait demandé; on exigea même de la ville [Dantzick] une contribution de cent mille écus , par laquelle elle paya son refus imprudent [de donner passage aux Suédois], volt. Charles Xll, 2. || Par extension, mettre à contribution, faire contribuer. Quand il s'agit de secourir les malheureux, elle met tous ses amis à contribution. Il n'était point d'étang dans tout le voisinage Qu'un cormoran n'eût mis à contribution, la font. Fab. x, 4. | Fig. Mettre à contribution la curiosité publique. Mettre un auteur à contribution, puiser abondamment dans ses ouvrages. Ecrivains grecs et latins, auteurs anciens et modernes, livres imprimés et manuscrits, amis absents et présents, j'ai tout mis à contribution pour faire entrer dans mon ouvrage le plus de beautés et de richesses qu'il m'a été possible, hollin, Traité des Et. liv. v, averliss.
— II1ST. xrv* s. Quiconques ne povoit payer cest treû [tribut] ou escot ou contribucion, oresme, Thèse de meunier. || xvr" s. à l'adventure falloit il l'accord de huict ou de dix sens, et leur contribution, pour l'appercevoir en son essence, mont, ii, 359. Ce moyen, soit qu'il vinst maintenant par les papes, ou parl'authorité des princes, et qu'on l'appellast croisade ou contribution, seroit pourtant nécessaire pour aider aux potentats à satisfaire aux despenses, lanoue, 40t. Pour persuader un chascun de départir des moyens qu'il avoit pour ceste contribution si nécessaire, id. 625. En déconfiture, tous créanciers viennent à contribution au sol la livre sur les meubles, loysel , 6 85. Les dettes privilégiées ne sont tenues venir à contribution, ainsont droit de préférence, id.688.
— ÊTYM. Provenç. contributio ; espagn. contribution; ital. contribuions; du latin conlributionem , de contribuere, contribuer.
f CONTR1BUTOIRE (kon-tri-bu-toi-r') , adj. Terme d'administration. Qui a rapport à la contribution. Portion contributoire.
— ETYM. Contribuer.
f CONTRIBUTOIREMENT (kon-tri-bu-toi-reman) , adv. Terme d'administration. Par forme de contribution.
— ÊTYM. Contributoire , et le suffixe ment.
f CONTRISTANT, ANTE (kon-tri-stan, stan-t'), ad). Qui contriste.
f CONTRISTATION (kon-tn-sta-sion), s. f. Action de contrister.
— HIST. xiv* s. Par cette petite contnstation, oresme, Eth. t32.
— ÊTYM. Contrister.
CONTRISTE, ÉE (kon-tri-sté, stée), part, passé. Contriste par les malheurs publics. Aussi, à dire vrai, l'âme de Zenon aurait été ébranlée en une pareille rencontre, et celle de M. Mignon contristée et affligée, voit. Lett. 58.
CONTRISTER (kon-tri-sté), v. a. Causer une tristesse profonde. Dans le danger d'être trompée, il vaut mieux que vous le soyez en faisant du bien, que de l'être en contristant une personne et la mortifiant, bourd. Pensées, t. n, p. 473. Quel bonheur pour vous de fermer enfin les yeux à tous les scandales qui nous contristent, à la vanité qui nous séduit! mass. Av. Mort du pécheur. Tout excite votre zèle, tout contriste votre piété, id. Car. Prière, t. Une épouse qu'il a contristée par des passions étrangères, id. Mort du pécheur. Contristerai-je par des troubles domestiques les vieux jours d'un père que je vois si content, si charmé du bonheur de sa fille et de son ami? s. i. rouss. Hél. iv, t. || Terme de dévotion. Contrister le Saint-Esprit , retomber dans le péché après avoir reçu les grâces du Saint-Esprit. Veillons contre les moindres fautes pour ne jamais contrister le Saint-Esprit, fên. xviii, 427. || Se contrister, v. réfl. Devenir contriste.
— HIST. xii* s. David forment se cuntristad, kar li poples le volt lapider, Rois, u*. || xiV s. 11 cuident que avecques chascun l'en dote estre et converser sans le contrister, oresme, Eth. 130. Nulz d'eulz no voudrait contrister celui qui l'aime et qui bien li fait, m. ib. 253. Leurs amis se contristent et doulent avecqueseulz, id. Thèse de meunier. || xvf s. Seigneur Dieu, fault-il que je me contriste encores? rab. Pant. u, 3. Ils ont accoustumé d'esgayer et resjouir ceulx qui les traictent, non les renfrogner et contrister, mont, i, 475. D'un visage morne et
CON
contriste, m. i, 270. 11 faut contrister son ami en intention de lui profiter, non pas de rompre l'amitié, amyot, Comment discerner le ftalteur, 21. II s'adressa à un de ses familiers qui faisait le plus do mine de s'en condouloir et contrister avec lui, id. De la tranquillité d'dme , )6. Et si ennuy me venoil contrister.... marot, m, 78.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. contristar ; ital. coutristare; du latin contristare, de cum, et tristit, triste.
CONTRIT, 1TE (kon-tri, tri-f; le t ne se lie pas; au pluriel, l'i se lie : kon-tri-z et repentants), adj. Il 1* Terme de théologie. Qui est touché du sentiment de ses péchés. Seigneur, ne rejetez pas un cœur contrit et percé de douleur, Psaume 50, dans richelet. Ils n'ont jamais eu de pensée d'être contrits de leurs péchés, pasc. Prov. 4. || 2° En général, mortifié, chagrin. Il est bien contrit de celte action. U semblait, à me voir, que je fusse aux abois; Fieubet auprès de Gros-Bois Tient contenance moins contrite, la font. Poésies mêlées , lxxi.
— HIST. xii* s. Quant il out lungement esté en oreisun, E jutgrant pièce en Iermes e en afflictiun, Kn quer[coeur] contrit, del tut en grant devotiun, Th. le mart. 160. Kespasseiz vos, ki malade estiez; carCriz [leChrist] est venuz,kisainet le contrit decuer de l'onction de sa miséricorde, st Bernard, 63). ||xv*s. De cœur contrit, louis xi, Nouv. xiv. ||xvi*s. Seigneur, tu ne mespriseras point un cœur contrit et humilié,
CALV. Instit. 692.
— ÊTYM. Provenç. contrit; espagn. et ital. contrito ;du latin conlrilus, de cum, et tritus, proprement broyé (voy. triture).
CONTRITION (kon-tri-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Terme de théologie. Douleur vive et sincère d'avoir offensé Dieu, laquelle vient moins de la crainte du châtiment, que d'un sentiment d'amour et de reconnaissance. Faire un acte de contrition. Contrition parfaite, imparfaite. Le concile de Trente définit la contrition, en disant que c'est une douleur et une détestation des péchés commis, jointe à la volonté de n'en plus commettre, bourd. Pensées, t. 1, p. 302. La contrition, conçue parla seule crainte des peines de l'enfer, ne suffit pas pour justifier le pêcheur dans le sacrement de pénitence, Nicole, Instr. sur les sacrements, dans riciielet.
— HIST. xn's. Tu commoûs la terre, e si la cunturbas; saine [guéris] les contriciuns [brisures] de li [d'elle], Liber psalm. p. 77. Contriciun e malelirtetes veies de els [dans leurs voies] , ib. p. 14. || xvs. Lesquelles processions estoient faites en grande dévotion et contrition de cœur, froiss. 11, m, 36. Il xvi' s. Ils gergonnent assez de contrition et attrition , calv. Instit. 485.
— ÉTYM. Provenç. contritio, contrixio; espagn. contrition; ital. contrisione ; du latin contrilionem , de contritus. contrit.
f CONTRÔLAGE (kon-trô-la-j'), s. m. || 1° Terme d'administration. Action de contrôler. || 2" Incision annulaire de la vigne.
CONTROLE (kon-trô-1'), s. m. || 1" Registre double qu'on tient pour la vérification d'un autre. || Autrefois, particulièrement, registre double qu'on tenait des expéditions des actes de finances et de justice. I) Le droit payé pour le contrôle. Payer le contrôle d'un acte. || Le bureau du contrôle. Aller au contrôle. || Bureau où se tiennent les contrôleurs d'un théâtre. On refusa son billet au contrôle. [| 2° Vérification administrative. Être chargé de l'inspection et du contrôle d'une perception. || Dans le langage politique et administratif le contrôle est opposé à l'action; c'est un principe que le contrôle et l'action doivent être séparés. || Marque sur les Oimt d'or et d'argent, faisant foi qu'ils sont au titre et OBI payéles droits du lise. Tous les ouvrages d'orfèvrerie sont soumis au contrôle. || 3" Fig. Examen, censure. C'est du soir au matin un éternel contrôle, regnard, Distr. 1, 4. Livrons-nous sans crainte a l'impulsion de l'opinion publique; loin de le redouter, invoquons sans cesse le contrôle universel, mirabi.au, Collection, t. 1, p. 340. || 4° Etat nominatif des personnes qui appartiennent à un corps. Cet officier a été rayé des contrôles de l'armée.
— HIST. xvi' s. On a aussi inventé diverses sortes de mèches; desquelles je trouve le papier artifficiel la meilleure, poureeque vous retenez un conterolle de mesme papier, qui vous marque l'heure du coup, d'aub. Hist. 11, 360.
— ÊTYM. Contraction pour contre, rôle.
CONTRÔLE, ÉE (kon-trô-lé, lée), part, passé.
Visé par un contrôle. Registres contrôlés. || Soumis à l'examen, à la censure. La conduite du gouvernement contrôlée par une opposition vigilante.
CON
CON
CON
-f CONTRÔLEMENT (kon-trô-le-man), s. m. Terme d'administration. Action d'exercer un contrôle.
— ÉTYM. Contrôler.
CONTRÔLER (kon-tro-lé), v. a. ||1« Porter sur le contrôle. Contrôler des exploits, des actes. || 2" Terme d'administration. Vérifier. Le fonctionnaire chargé de contrôler le monnayage. || Mettre le contrôle ou la marque sur les ouvrages d'or et d'argent. Il a fait contrôler sa vaisselle. || Par extension. Tu demeureras [Caton], s'il te plaît, à la porte [des enfers]; tu contrôleras tous ceux qui se présenteront, fên. xix, 280. || Contrôler la terre de pipe, la couper par tranches pour voir si la couleur en est égale partout. ||3*Fig. Examiner, censurer. [Ils] tranchent.... De f esprit délicat, contrôlent un chacun, Régnier, Sot. x. Et personne en ce monde Ne saurait contrôler sa sagesse profonde, id. Sot. III.... Ces gens.... Qui, vivant au jour la journée, Ne contrôlent leur destinée, id. F.pit. m. ... Ces brutaux fieffés qui, sans raison ni suite, De leurs femmes en tout contrôlent la conduite, mol. Éc. des mar. i, 6. Car il contrôle tout, ce critiquezélé. — Et tout ce qu'il contrôle est fort bien contrôlé, id. Tart. i, t. Cette superbe puissance, ennemie de la raison, qui se plaît à la contrôler et à la dominer, pasc. Pensées, part. ) , art. «. Il n'est pas permis de contrôler les rois dans ce qu'ils font, boss. A vert. s. On les accoutume à se payer de mots, à contrôler tout ce qu'on leur dit, à se croire aussi sages que leurs maîtres, J. J. rouss. Ém. il. || Absolument. Il contrôle sur tout.
— HIST. xvi* s. Et d'auiant qu'ils crèvent de vices, ils mettent toute leur sainteté à contrôler leur prochain, Calvin, Instit. 263. Mourir avant qu'avoir contreroolé l'institution de ses enfants, mont, i, 79. Contrerooller [examiner] les grâces et façons d'un chascun, id. i. 168. Scipion luy feitresponse qu'il ne vouloit point de trésorier qui le contrerollast ainsi, ne qui regardast de si près à sa despense, amyot, Caton, 7.
— ÉTYM. Contrôle. Vaugelas dit que Ronsard fut le premier a écrire contrôler, contrôleur, au lieu de conlre-roler , cnntre-roleur.
CONTRÔLEUR. EUSE (kon-trô-leur, leû-z'), s. m. et f. |! 1° Fonctionnaire chargé de tenir registre de certaines choses ou de faire une vérification. Contrôleur des douanes, des contributions indirectes, des ouvrages d'or ou d'argent. Le surintendant Êmeri créa des charges de contrôleurs de fagots, volt. Louis XIV, 4. || Terme d'administration militaire. Contrôleur de manufacture d'armes, préposé qui applique les marques aux pièces d'armes. || Contrôleur de la bouche, nom qu'on donnait au maître d'hôtel dans certaines maisons princières. ||2° Fig. Contrôleur, contrôleuse, celui, celle qui examine, critique les actions d'autrui. C'est un contrôleur perpétuel. Je veux que tout cela soit à moi sans contrôleur, d'ablancourt, Lucien, dans leroux, Dict. comique.
— HIST. xiv* s. Contreroleur, do cange, contraro'ulator. Homme moult arrogant, malicieux et contreroleur, id. ib. || xv s. Point n'auront de contreroolleur; X leur bon seul plaisir en taillent, villon, Gr. tesiam. Rondeau. A»oit quatre cens hommes d'armes payez a la monstre, et n'avoit point de contrerouleur, comm. m, < . |j xvt* s. Il fault estre aspre et severe examinateur et contrerolleur de ce qui aura esté dit quant à l'usage et à la vérité, amyot, Comment il faut ouir, M. Un tas de gens interprètes et contreroolleurs ordinaires des desseings de Dieu, faisants estât de trouver les causes de chaque accident, mont, i, 248. A quoy as-tu gaigné chausses et pourpoint, qu'à produire à l'université la contrôleuse, la librairesse, et la femme du chancelier? d'aub. Conf.n, i. Contrôleur, argentier, secrétaire, Maistre d'hostel, embourceurs en toute affaire , Adages fr. dans le roux de lincy, t. il, p. 124.
— ÉTYM. Contrôler; bourguig. controlou.
CONTROUVÉ, ÉE (kon-trou-vé, vée), part, passé.
Un fait controuvé pour perdre un innocent.
t CONTROUVEMENT (kon-trou-ve-man) , s. m. Action de controuver.
— HIST. xn* s. Dune à els sulunc bar ovres et sulunc la felunie de lur cuntruvemenz [mensonges], Liber psalm. p. 33. ||xvi* s. Controuvement et fiction, ROB. EST1ENNE, DlCt.
— ÉTYM. Controuver.
CONTROUVER (kon-trou-vé), V. a. Inventer une chose fausse. On ne peut se tirer d'affaire qu'en leur controuvant des intentions basses, j. j. rolss. Ém. iv. Celui qui controuvé des rapports imaginaires qui n'ont ni réalité ni apparence est un fou, id. ib. m. Il me controuva je ne sais quelle histoire qui me
fit juger que sa présence était nécessaire dans son pays, id. Confess. xn. Minutolo.... Comme en passant mit dessus le tapis.... Certain mari, certaines amourettes Qu'il controuva, sans personne nommer, la font. Ricli.
— HIST. xiii' s. N'i controverez ja mançonge, Ne vaine parole, ne songe, Ren. 643. Ne porquant se vous seûssiés Aucun art dont vous peOssiés Controver aucune manière Du chastel prendre plus legiere, la Rose, 7919. Car ainsinc le dist Athalus, Qui des eschez controva [inventa] l'us, ib. 67(6. Ensi corne chascun est plus sage et plus soutil et meillor plaideur que l'autre, en contreuve il plus, Ass. de J. 67. Ne dites pas que jecontruis, Ains sachiez bien, en vérité, C'est droiz escriz d'auctorité, ruteb. ii, 219. Que vous iroie-je controuvant? id. 299. Ces septaines que j'ai nommées, Ne sont pas fables controuvées De Blanchefleur ne d'Esglantine, i. de meung, TV. < 46. || xiv* s. Il contreuve et pense comment il pourra dire chose par quoy il pourra nuire et grever cellui de qui il parle, Ménagier, i, 3. || xv" s. Ils adjousterent plus grande foy aux medisans envieux, qui faulsement l'accusoient de choses controuvées , que ils ne regardèrent aux grands biens que il leur avoit faits, Ilist. de Rouciq. m, ch. 13. || xvi* s. Pour distinguer les loix naturelles des controuvées [inventées], il fault recourir à la générale police du monde, mont, i, 258. Ils controuvent aux actions généreuses des occasions et des causes vaines, id. i, 264. Fables monstrueuses que les poètes ont controuvées, amyot, Thésée, t. Stesimbrotus osa bien reprocher à Pericles un crime détestable controuvé faulsement, id. Péric. 30.
— ÉTYM. Cvn, et trouver; ital. controvare.
f CONTROUVEUR (kon-trou-veur) , s. m. Celui qui conlrouve, qui forge des mensonges.
— HIST. xvi* s. Controuveur, cotgrave.
— ÉTYM. Controuver.
f CONTROVERSABLE (kon-tro-vèr-sa-bl') , adj. Qui est susceptible de controverse. Opinions controversables.
— ÉTYM. Controverser.
CONTROVERSE (kon-tro-vèr-s"), s. f. \\ i' Dispute en règle sur une question, une opinion religieuse ou philosophique. Plusieurs questions qui sont en controverse entre les doctes, desc. Méth. 5. Les controverses théologiques qui troublent souvent l'Eglise et l'État, d'alemb. Éloges, Abbé de Si-Pierre. La patrie de Despréaux sera quelque jour l'objet d'une importante controverse d'érudition, id. Éloges, Despréaux. || 2° En un sens plus étroit, dispute qui se fait entre les catholiques et les protestants sur des points de foi. Matières de controverse. Étudier la controverse. Nous lisons des livres de controverse, sëv. 457. En l'instruisant sur la controverse, on lui donna des doutes qu'il n'avait pas, J. j. rouss. Ém. iv. || Prêcher la controverse, traiter en chaire des questions de controverse.
— HIST. xiv« s. Et disoit que toutes choses sont faites par la controversie des elemens du monde, oresme, Elh. 230. || xv s. Et à l'assiete des seigneurs y. eut aucunes controverses et dissentions entre le duc d'Anjou et le duc de Bourgogne, juven. <38o. Il xvi* s. C'est en ces points que gist nostre controversie, calv. Instit. Dédie. Quant au nombre des préceptes, il n'y a nul doute, d'autant que le seigneur en a osté toute controversie par sa parole, id. ib. 279. S'il y a quelque loy vrayement naturelle, c'est à dire quelque instinct qui se veoye universellement et perpétuellement empreint aux bestes et en nous, ce qui n'est pas sans controverse.... mont, ii, 69.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. conlroversia;. du latin conlroversia, formé lui-même de contra, contre, et versum, littéralement tourné contre, en quoi consiste la controverse.
CONTROVERSÉ, ÉE (kon-tro-vèr-sé, sée), part, passé. Qui est en controverse, débattu de part et d'autre. Point controversé parmi les docteurs.
— HIST. xvi* s. Des livres touchant les matières controversées, d'aub. dans le Dict. de dochez. || On disoit aussi controverse : Il ne se veoid aulcune proposition qui ne soit débattue et controverse entre nous, mont, ii, 319.
t CONTROVERSER (kon-tro-vèr-sé), V. a. Discuter quelque question dans une controverse. || Absolument. Ou controversa longtemps. || Se controverser, o. rèfl. Être l'objet d'une controverse. Ces questions peuvent se controverser. || Néologisme d'autant plus acceptable que controversé est en plein usage.
— ÉTYM. Controverse.
CONTROVERSISTE (kon -tro-vèr-si-sf), s. m.
Celui qui Irai te des matières de controverse religieuse. Parce, dit ce grand controversiste, qu'il ne croit donc pas le sacrifice de la messe, pasc. Prov. l«. Entre deux controversistos, celui qui r.ura tort se fâchera, dider. Pens. phil. 15. Bossuet et Ferry, qui étaient amis avant leur dispute, continuèrent de l'être après avoir écrit l'un contre l'autre; rare et digne exemple à offrir aux controversistes de toutes les religions, d'alemb. Éloges, Rossuet. Bossuet, le plus grand controversiste da l'Église romaine, a eu quelquefois le tort de l'être en chaire, marmont. Élém. de litlér. t. vi, p. 39, dans pougens.
— ÉTYM. Controverse.
t CONTCMACIAL, ALE (kon-tu-ma-si-al, a-1'), adj. Terme de droit. Qui se fait par contumace. Procédure contumaciale.
i. CONTUMACE (kon-tu-ma-s'), ». f. Terme de droit criminel. Non-comparution d'un prévenu devant le tribunal où il est déféré. Juger, condamner par contumace. Purger sa contumace, se présenter et se faire juger. Quand un homme était cité en jugement et qu'il ne se présentait point ou n'obéissait point aux ordonnances des juges, il était appelé devant k: roi, et, s'il persistait dans sa contumace, il était mis hors de la protection du roi, montesq. Esp. xxxi, h. || En matière correctionnelle, on dit défaut. || Par extension, révolte. L'esprit de contumace est dans cette famille, rac. Plaid, n, 5.
— HIST. xvi* s. Si nous faisons rien contre son précepte, ce n'est pas obéissance, mais plustost contumace et transgression, calv. Instit. (49. Il monstre la contumace de nostre cœur, en ce que naturellement il le confesse estre rebelle contre Dieu et sa loy, sinon qu'il soit fleschi au contraire, id. ib. 216. ....qu'il plaist à Dieu que nous honorions ceux auxquels il a donné quelque prééminence; et que contemnement et contumace à rencontre d'iceux lui est en abomination, id. ib. 277. On ne prend point sur moi défaut Ni contumace, Â pleine tasse Quand boire faut, J. le houx, vu. Qu'il falloit que Martius vint respondre, si, ayant esté appelle en justice de par eulx , il n'avoit pas par contumace désobéi , amyot, Cor. 35. L'appertion [ouverture d'un abcés| est quelquefois nécessaire, a raison de la contumace de l'humeur qui n'obéit tousjours aux résolutifs,