BELL
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contumax; ital. contumace; du latin contumax, proprement orgueilleux, decun», et tumere, être gonflé d'orgueil (voy. tumeur).
CONTUS, USE (kon-tu, tu-z'), adj. Terme de chirurgie. Oui a éprouvé une contusion. Une partie contuse. || Plaie contuse, solution de continuité des parties molles compliquée avec la contusion.
— HIST. xvi' s. Une racine de grande esclaire, cuite et contuse [pilée] , o. de serres, 940.
— étym. Lat. contusus, part, passé de contundere
(VOV. CONTONnBE).
f C0NTUS1F, IVE (kon-tu-zif, zi-v'), adj. Terme de médecine. Oui produit une contusion , un sentiment de contusion. Action contusive. Douleur contusive.
— ETYM. Voy. CONTUS.
CONTUSION (kon-tu-zion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Lésion produite dans les tissus vivants par le choc des corps durs et mousses sans solution de continuité à la peau. Soyez aise qu'il ait eu une légère contusion à la cuisse, sêv. 481. Ami, si de ces lieux tu ne veux disparaître, Tu pourras y gagner quelque contusion, mol. Amph. m, 2. Un laquais se fit une légère contusion à la tête, I. J. bocss. Hél. v, 9. Mon élève aura souvent des contusions, id. Ém. il. || 2" Terme de pharmacie. Action de contondre, c'est-à-dire de broyer dans un mortier avec le pilon.
— hist. xvi" s. Une playe avec grande contusion et fracture de l'os et inflammation, paré, Introd. 27. Les playes faites de choses lourdes, pesantes, obtuses ou mouces, sont dites contusions ou playes contuses et meurtries, in. vu, 2.
— ÉTYM. Lat. conUisio (voy. contus).
f CONTUSIONNER (kon-tu-zio-né) , v. a. Faire des contusions. Chute qui le contusionna. Il se releva tout contusionné. Il s'est contusionné la jambe. || Néologisme correct, puisque le mot est fait comme passionner de passion, impressionner d'impression.
— ÉTYM. Contusion.
CONVAINCANT, ANTE (kon-vin-kan , kan-t'), adj. Qui porte conviction. La preuve est convaincante et l'exemple suffit, corn. Tile et Bcrén. m, s. Quand on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge, pasc. Prov. xii. Idée qui m'est évidente ou qui me donne un sentiment convaincant de sa vérité, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. 280. La lettre pathétique et convaincante que vous nous avez envoyée, volt. Lettres, Damilaville, 49 sept. 1766. || Substantivement. Tes judicieuses lumières Répandent au gré des matières L'agréable et le convaincant, desfontaines.
CONVAINCRE (kon-vin-kr'), je convaincs, tu convaincs, il convainc, nous convainquons, vous convainquez, ils convainquent; je convainquais; je convainquis; je convaincrai ; je convaincrais; convaincs, convainquons ; que je convainque, que nous ronvainquions; que je convainquisse; convaincant; convaincu, v. a. || 1° Forcer quelqu'un par des raisons à reconnaître que.... Convaincre quelqu'un de quelque chose. J'ai fait ce que j'ai pu pour le convaincre. Cela doit suffire pour vous convaincre que je n'ai pas voulu mal faire. Se laisser convaincre à l'évidence. On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même; car la conviction réelle est la suite de l'évidence, d'alemb. Uél. lillér. Qiavret, t. m, p. 241, dans pougens. Lieu sombre, lieu désert, qui dérobez le sage Au luxe des cités, à la pompe des cours, Où, quand la raison parle, elle convainc toujours, bernis, Relig. vengée, v. || Par extension. Je puis convaincre enfin sa haine d'impuissance, rac. Athal. m, 3. Tout ce qui convaincra leurs perfides amours, id. Raj. tv, 3. || 2° Prouver coupable de. On le convainquit d'avoir entretenu des intelligences avec l'ennemi Deux
| assassins] s'y sont découverts que j'amène avec moi, Afin de la convaincre et détromper le roi, corn. Kicom. i, t. J'ai dessein de vous convaincre d'être hérétique, sév. 441. Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? boss. llist. n, 4 1. Et ce fatal amour dontj'avais triomphé.... Vos détours l'ont surpris et m'en ont convaincue, rac. tlithr. iv, 4. || 3° Faire entrer dans l'esprit une opinion. Il l'exhorte, il le redresse, il le convainc, fléch. il, 30. Elle [la moquerie] le convainc [l'homme] de la plus mauvaise disposition où l'on puisse être pour lui, la Bruy. iï. Détournez-la, mon fils, d'un choix injurieux; Juge sans intérêt, vous la convaincrez mieux, PAC. Mithr. n, 6. Tout ce qui s'est passé ne le convainc point absolument, baron, Homme à bonnes fortunes, v, 4. ||4° Se convaincre, v. réfl. Devenir convaincu. Se convaincre par l'expérience, par ses propres yeux. Chacun reconnaît dans ses discours [de saint Thomas d'Aquin] la foi de ses pères et s'en
CON
convainc de plus en plus, mass. Panég. Saint Thomas. Il savait que, pour persévérer dans l'amour du bien, il faut souvent se convaincre de nouveau des vérités dont on est convaincu, barthêl. Anac. ch. «7. || Se rendre convaincus l'un l'autre. Us se sont convaincus l'un l'autre de la loyauté de leurs intentions,
— SYN. convaincre, persuader. La conviction tientplusà l'esprit, la persuasion tient plus au cœur. La conviction suppose des preuves, la persuasion n'en suppose pas toujours. Persuader se prend toujours en bonne part, convaincre se prend quelquefois en mauvaise part : Je suis convaincu de sa haine. On persuade à quelqu'un de faire une chose, on le convainc de l'avoir faite; dans ce sens convaincre ne se prend qu'en mauvaise part, d'alembert.
— HIST. xii* s. E quant Menelaus vit que hom le convenquoit, si promist à Tolome grant avoir, Kachab. a, 4. Mais se de felunie fust nuls huem convencuz, Th. le mart. 99. || xm* s. Quiconques borgois ochie [tue] à essient autre bourgois, il perdera kief pour kief [tête], s'il a esté convenais par eschevins, tailliar, Recueil, p. 36. || xv* s. Il ne se meut, ains demeure en son sens et en son hardement, très affecté de soy deffendre tellement qu'il convainquit [vainquit] ses ennemis, Perceforest, t. v, f° 16. || xvi* s. S'ils le nient, leur impieté sera desjà assez conveincue, calv. Instit. 93. Cinna est convaincu, pardonne luy, mont, i, 129. 11 n'est si petit escholier qui ne le convainque [à tort] de mensonge, id. i, 203. Il chastioit ceulx quiestoient convaincus de hanter.... id. i, 274. Caton s'advisa que les tables où s'escrivoient les voix, estoient toutes escrittes d'une main, et par ce moyen ayant convaincu la faulseté.... amyot, C. d'Ulique, 62. 11 le tira à la cour des areopagites, et là le convainquit d'avoir promis à Philippusde brusler l'arcenal d'Athènes, id. Démosth. 21.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. convencer; ital. convincere; du latin convincere, de cum, et vincere, vaincre (voy. ce mot).
CONVAINCU, UE (kon-vin-ku, kue), part, passé de convaincre. || 1° Oui a la croyance que. Je suis convaincu qu'il l'a fait à bonne intention. Peutêtre convaincu de votre aversion, 11 va donner un cherà la sédition, bac. Phèd. i, 6. Seigneur, vous ne pouvez refuser de l'entendre; Quoique trop convaincu de son inimitié, Vous devez à ses pleurs quelque ombre de pitié, RAC. Phèd. u, 3. || 2° Qui marque la conviction. Parler d'un ton convaincu. || 3° Reconnu coupable. Mais des crimes pour vous commis à votre vue Et dont je ne serais que trop tôt convaincue.... RAC. Brit.iv, 2. Cette dame, la personne du royaume la plus convaincue de factions et d'intrigues, retz, t. n, liv. m, p. 61, dans pougens. || Atteint et convaincu, formule par laquelle on déclare un accusé coupable. || Fig. Une doctrine convaincue d'erreur.
CONVALESCENCE (kon-va-lè-ssan-s') , ». f. Période de transition entre la maladie qui n'existe plus et le retour parfait de la santé. Entrer en convalescence. La convalescence fut pénible. Oui, je vais à madame annoncer par avance La part que vous prenez à sa convalescence, mol. Tart. i, 6. Sans doute que le dieu qui nous rend l'existence, X l'heureuse convalescence Pour de nouveaux plaisirs donne de nouveaux sens, gresset, A sa sœur. Ô jours de la convalescence, Jours d'une pure volupté! C'est une nouvelle naissance, Un rayon d'immortalité, id. ib. 6 que l'âme jouit dans la convalescence 1 Je ne pouvais rien voir avec indifférence, st-lambert, Saisons, i. L'on sort de l'hôpital guéri d'une infirmité; mais on en remporte une autre; les convalescences y sont longues, raynal. Hist. phil. xn, M. || Terme d'administration militaire. Exemption temporaire de service journalier, pour raison de santé. On dit en ce sens : aller, partir en convalescence.
— HIST. xv* s. Le duc d'Orléans fut malade à Montargis, lequel venu à convalescence.... viriville, Geste des nobles, p. 413. || xvi* s. Et, par ce moyen, feut guary, et reduyct à sa première convalescence, rab. Pant. u, 23. Comme personne saulvée de longue et forte maladie, et venant à convalescence, les fault choyer, restaurer, id. «6. m, 4. S'il y a convalescence , c'est une convalescence maleficiée,