‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 361 sur 403 · J01NV · texte numérisé non relu

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— xv* s. Ainsi furent-ils trois jours et trois nuits sans pain, sans vin, et après, par l'espace de quatre jours, qu'il leur convenoit acheter un pain mal cuit six esterlins, qui ne dust valoir qu'un parisis, froiss. i, i, 39. Le roi Robert estoit devenu vieux et foible et si chargé de la grosse maladie, ce disoit-on, que mourir le convint, id. i, i, 47. Ils se mirent tous à aller après lui tant qu'il purent, et laissèrent les gens du pays convenir du remenant et eux venger, et reprendre partie de ce qu'on leur avoit robe, id. i, i, 4 82.

— xvi' s. Il est à ceste heure bien aisé de juger et discerner en quoy conviennent ensemble, ou en quoy différent ces deux signes, la circoncision et le baptesme, calvin, Instit. 4067. Et n'est point ceste forme de parler nouvelle; car elle convient avec une autre qui est au premier chapitre, id. t'b. 4 084. Il feit crier que ung chascun convint en armes en la grande place, rab. Garg. i, 26. Il te convient servir, aymer et craindre Dieu, id. Pant. n, 8. Il se y convient mettre à l'adventure, les yeulx bandez, id. t'b. m, 40. Or, puysque ne convenons ensemble en l'expousition des sorts Virgilianes, prenons aultre voye de divination, m. t'b. m, 43. C'estoyt le tiers jour des grandes foires, esquelles annuellement convenoyent tous les plus riches marchandz d'Africque et d'Asie, id. ib. iv, 2. Il lui porta les cinq cens ducats dont ils avoient convenu

CON

ensemble, marg. Nouv. lvi. Comme il convenoit à sa fortune, mont, i, 57. Voilà pourquoy toutes les règles se rencontrent et conviennent à cet article, id. i, 70. Il convient assez bien à un philosophe d'escrire l'histoire, id. i, (03. J'avois bien veu convenir en cecy la pluspart des anciennes opinions, id. i, 260. Venus et Bacchus se conviennent volontiers, id. m, (61. Alors ils commencent à estre plus propres aux exercices du corps, auxquels il convient de la force, lanoue, (26. Après que ledit esquadron auroit enduré ceste rude salve, il lui conviendrait [faudrait] venir donner dans les picques du premier rang, m. 322. I,a vie contemplative et l'active conviennent très bien l'une avecques l'autre, id. 540. Si fut chose pitoyable que ce qu'il convint alors faire et souffrir à Perseus, amyot, P. Mm. 42. Hz convinrent ensemble , que Ciceron presteroit au jeune Csesar la faveur de son authorité, id. Cicéron, 56. Il y estoit convenu une grande multitude d'hommes de toutes parts de la Grèce, id. Démëtr. 3(. La courtisane le feit adjotirner et convenir en jugement, pour.... id. ib. 35. Le prince concéda à la roine Baugency pour la commodité du traité, avec promesse qu'il lui serait restitué si on ne pouvoit convenir [s'entendre] , d'aub. Ilist. I, 4 *l . Après avoir convenu [parlementé] ensemble quelques jours, et avoir si bien acheminé les affaires, m. du bell. 25.

— ÊTYM. Berry, conveindre; provenç. convenir, covenir; espagn. contenir; portug. convir; ital. convenire; du latin convenire, se réunir en un lieu, convenir, de cum, et ventre, venir. Palsgrave, p. 4, écrit: II covient, et dit que cela se prononce: il coviant.

CONVENTICULE (kon-van-ti-ku-1'), s. m. || 1° Petite assemblée. Les Sociniens auront en Lithuanie quelque conventicule public, volt. Let. à Cath. 4 24. 1 1 2° Le pins souvent assemblée secrète et illicite. En 1546 et dans les années suivantes, vingt ans après que Luther eut renverséles bornes posées par nos pères, Lelio Socin et ses compagnons tinrent secrètement en Italie leurs conventicules contre la divinité du Fils de Dieu, boss. Variât, xv. Les voilà donc dans nos assemblées, qu'ils détestaient dansleurs cœurs comme des conventicules de Satan, id. ib. xi, § 70.

— hist. xvi* s. Les assemblées d'iceux sont des conventicules profanes, calv. Instit. 843. Les fautes advenues avant la dernière prohibition des conventicules [pour le protestantisme], condé, Mémoires, p. 562.

— ÉTYM. Latin conventiculum , de convenire, se réunir ensemble (voy. convenir).

CONVENTION (kon-van-sion ; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. || 1" Terme de droit. Accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes. Convention verbale. Convention écrite. Dans toute sorte de conventions. Faire une convention. Pourquoi veut-on que je tienne, malgré moi, une convention qui s'est faite sans moi? montesq. Letl. pers. 7). || Etre de difficile convention, locution qui s'est dite dans le xvn' siècle pour : être difficile en affaires. || Fig. Quelle convention peut-il y avoir entre Jésus-Christ et Bélial, et comment peut-on accorder le temple de Dieu avec les idoles? boss. Hist. n, (2. || Auplur. Clauses diverses d'un pacte. Voici quelles ont été nos conventions. || Conventions matrimoniales, ou, simplement, conventions, les articles accordés à une femme par contrat de mariage. Il ne lui est dû ni douaire, ni conventions, la bruy. ni. || 2° Dans le langage général, ce qui est convenu entre les hommes. L'or et l'argent avaient été établis par une convention générale pour être le prix de toutes les marchandises, par la raison que ces métaux étaient rares et inutiles à tout autre usage, montesq. Lett. pers. <06. C'est [la puissance paternelle] de toutes les puissances, celle dont on abuse le moins; c'est la plus sacrée de toutes les magistratures; c'est la seule qui ne dépend pas des conventions, et qui les a même précédées, id. ib. 429. Les conditions que ces conventions renferment sont les premières lois des sociétés; on les peut nommer lois naturelles, condillac, Hist. anc. i, 6. La vérité, comme le soleil, est faite pour éclairer le globe entier; elle ne connaît point les bornes que des conventions passagères ont mises aux sociétés politiques, holbach, dans les œuvres de du marsais, Essai préj. ch. 10. Les sciences, la gloire, les conventions sociales, tout était sacrifié à ce premier devoir [les soins paternels], condorcet, Berlin. || Terme de beaux-arts. Accord tacite pour admettre certaines fictions ou certains procédés. L'artiste est contraint ou juge bon de recourir à certaines conventions; le spectateur s'y soumet, remplissant ainsi une condition sans laquelle il ne pourrait éprouver les sensations

D.ICT. T)K t. A LAKOnK FRANÇAISE.

CON

que Part est destiné à produire. Le théâtre offre plusieurs conventions de ce genre. || Manière fausse de certains artistes qui désignent les objets par des traits ou des couleurs qui ne sont pas celles de la nature, et qui comptent que le spectateur acceptera ces conventions tout arbitraires comme les conventions indispensables à chaque art. Dessin de convention. Couleur de convention. || De convention, loc.adt. Qui est admis, mais qui n'est pu réel. Signes, langage de convention. L'or a une valeur réelle et une valeur de convention. Dans beaucoup de pièces de théâtre les paysans parlent un langage de convention. Le caractère de convention qu'il a dans les fables, j. j. rouss. Ém. II. Ce qui est véri table plutôt que ce qui est de convention, m Ilél. i, 26. Des tableaux de la nature, non de cette nature de convention que peignent si souvent les poètes et qui n'est que la nature vue autrefois par Homère etdéfigurée par ses imitateurs, condorcet, Haller. Trop occupés d'une nature de convention, la vraie nature nous échappe, chateaubr. Génie, ni, m, 4. || Monnaie de convention, monnaie qui a cours dans plusieurs États d'après une convention de leurs gouvernements. || 3" Assemblée exceptionnelle des représentants d'un peuple, ayant pour objet d'établir une constitution ou de la modifier. La constitution des États-Unis a été rédigée par une convention. Le jour où, trouvant la salle qui devait nous rassembler [les états généraux], fermée, hérissée, souillée de baïonnettes, nous courûmes vers le premier lieu qui put nous réunir [le jeu de paume], jurer de périr plutôt que de laisser subsister un tel ordre de choses; ce jour-là même, si nous n'étions pas convention nationale, nous le sommes devenus, Mirabeau, Collection, t. m, p. 27t. || La convention nationale, ou, simplement, la convention, l'assemblée qui mit la France en république en (792, qui se constitua en septembre, et qui exerça tous les pouvoirs jusqu'au moment où elle les remit au Directoire en octobre 1795. || Dans l'histoire d'Angleterre, assemblée extraordinaire du parlement anglais en 1088. ... Jusqu'à ce qu'une assemblée qu'il indiqua, composée des deux chambres, eût tout réglé; elle fut appelée convention, parce qu'il n'y a que le roi qui puisse convoquer un parlement, raynal, Parlement d'Anylet. époque 8. || Anciennement, conventions royales de Nîmes, juridiction royalequi était établie à Nîmes pour connaître des exécutions faites en vertu des obligations passées dans son ressort.

— HIST. xv s. En intention d'estre et se trouver à la convention qui se devoit tenir par l'empereur et les autres princes, pour faire résistance contre le Turc et les Infidelles, Mathieu de coucy, Hist. de Charles VII, p. 697, dans lacurne. Environ le mois de juillet, alors que certaine convention et assemblée se tenoit entre la ville de Calais et Gravelinghes, lolis xi, Nouv. lxu. || xvi' s. X la fin ilz en vindrent aux promesses et conventions de mariage, amyot, Sylla, 72. Ce travail [de défrichement] n'est petit, sur tout si le fond estargileux; car le sablonneux est de plus facile convention [composition] , o. de serres, 73.

— ËTYM. Provenç et espagn. convencion; ital. convenzione ; du latin conventionem, de convenire, convenir.

CONVENTIONNEL, ELLE ((kon-van-sio-nèl, nè- 1'; en poésie, de cinq syllabes), adj. || 1° Qui résulte d'une convention. Valeur conventionnelle. || En termes de droit, opposé à légal ou à judiciaire. Acte, clause conventionnelle, acte, clause qui est l'œuvre de la volonté des parties. || 2° Qui n'est que de convention. Des bienséances conventionnelles. L'égalité conventionnelle entre les hommes, bien différente de l'égalité naturelle, rend nécessaire le droit positif, j. j. rolss. Ém. m. La seconde manière est de représenter les mots et les propositions par des caractères conventionnels, ce qui ne peut sefaireque quand la langue est tout à fait formée, id. Essai sur l'orig. des langues, ch. 5. |[3° S. m. Membre de la convention nationale. Un conventionnel.

— HIST. xvi' s. Retrait [droit de rachat] seigneurial et conventionnel [inséré dans le contrat de vente] est cessible; le lignager non, si ce n'est à un lignager, LOYSEL, 428.

— étym. Convention; provenç. conventional; espagn. convencional ; ital. conxenxionale.

CONVENTION'NELLEMENT (kon - van -sio- nè-leman), adv. Par convention.

— ÉTYM. Conventionnelle, et le suffixe ment.

CONVENTUAL1TÉ (kon-van-tu-a-li-té), s. f. Société de moines ou de religieuses qui vivent ensemble et sous la règle.

— ÊTYM. Conventuel.

CON

CONVENTUEL, ELLE (kon-van-tu-èl, è-l'), ad). Du couvent. Assemblée conventuelle. Leur destinée est de vivre misérablement d'aumônes conventuelles et de coucher au coin d'une place ou sous la portique de quelque église, ratnal, Ilist. phil. vu, io. || La maison conventuelle, le logis des religieux ou religieuses. || Meuse conventuelle, le revenu du couvent qui appartient à la communauté. || M

nttielle, la grande messe qui se dit dans le couvent, àladifférencedecellesquisechantent pour de» ohits ou des fondations. || Prieuré conventuel, prieurf où il y a des religieux. || Conventuelle rédemption, district du Paraguay gouverné par les jésuites. Les conventuelles rédemptions des jésuites dans le '

ne me paraissaient pas propres à représenter un peuple usant de toutes ses facultés physiques et morales, bkiin. de st-p. Pr . à V Arcadie. || Un religieux conventuel, et, substantivement, unconvintuel, celui qui est à demeure dans le couvent. || bans l'ordre de Saint-François, conventuels, religieux qui n'ont pas adopté la réforme des observantins, c'està-dire qui possèdent des revenus annuels.

— hist. xni's. Ils convenroit prover que ce fu par le consentement de l'abbé et du couvent, se c'est religions conventuaus, beaum. xxiv, 46. || xvi*s. Un prieur est dict conventuel, quand il a avecque luy trois ou quatre frères qui chantent toutes les heures à notes, comme grand messe, matines. Grand coustum. de Fr. liv. m, p. 289, dans lacurse.

— ETYM. Provenç. et espagn. conrentual; ital. conventuale ; du latin conveniualis , de contentas (voy. couvent). Religions conventuaus de Beaumanoir est au nominatif singulier; ces adjectifs n'ayant dans l'ancienne langue , comme dans le latin , qu'une forme pour le masculin et le féminin.

CONVENTDELLEMENT ( kon-van-tu-è-le-man ) , adv. Selon les règles du couvent. Vivre conventuellement.

— étym. Conventuelle, et le suffixe ment. CONVENU, UE (kon-ve-nu, nue), part, passé

de convenir. || l'Admis, avoué. C'est une chose convenue. Des faitssi convenus alors même par ceux qui avaient intérêt de lesnier,MASS. Car.Véritéde la religion. La proposi lion devient d'une absurd i té convenue de tout le monde, dider. Relig. nat. 5. Il est convenu de tout le monde que cette politique a quelque chose d'humain, montesq. Espr. xxvi, (7. || 2" Qui résulte d'une convention. Qu'il vienne et qu'une trêve entre nous convenue.... d'avrigni, Jeanne D'Arc, i, 5. || 3° Qui est de convention, opposé ànaturel. Les lois, les vains égards, les devoirs convenus M'ont chargé de liens jusqu'alors inconnus, c. delav. Paria, I, 2.

CONVERGENCE (kon-vèr-jan-s'), s. f. Terme de géométrie et de physique. Disposition de lignes qui convergent vers un même point. La convergence des rayons lumineux au sortir d'une lentille.

— ÉTYM. Convergent.

CONVERGENT, ENTE (kon-vèr-jan, jan-t'), adj. || 1° Terme de géométrie. Qui converge. Des lignes convergentes. || Hyperbole convergente, courbe il i 3# degré dont les branches ont une asymptote commune. || Terme d'algèbre. Séries convergentes, séries dont la somme est d'autant plus près d'une quantité cherchée qu'on fait cette somme avec i: i plus grand nombre de termes. C'est le seul moyen de s'assurer que la série est assez convergente après son second terme, pour que les termes qui som delà des quatre ou cinq premiers puissent être négligés sans crainte, d'alemb. Disc, prëliin. Syst. moi Œuvres, t. xiv, p. 4(2, dans pougens. Lagran.:' de la force perturbatrice qui émane du soleil ren 1 les approximations beaucoup moins converge que dans les théories relatives aux diverses plan' delaunay, Théorie du mouvement de la lune, Pr face, p. xi. || Terme de physique. Rayons de lumi' convergents, rayons qui tendent vers le même po Convergent est opposé à divergent. || Terme d'h: toire naturelle. Se dit des parties qui dès leur h tendent à se rapprocher. || Terme d'artillerie. Fe. i convergents, batteries qui, placées sur des poii. i différents, battent le même point. Sur mer, l . convergent, feu de bordée ou de batterie, doi pointage est préparé à l'avance. || Fig. Des nions convergentes, des opinions qui se rap client. || 2° Abusivement, qui a la propriété de ; converger. Une lentille convergente.

— ÉTYM. Converger.

CONVERGER (kon-vèr-jé; le a prend un e d \ ,t a et o : nous convergeons; je convergeais), t || 1* Terme de géométrit et de physique. En pa des directions, tondre ; 3rs un point commun rayons lumineux couV,rgent vers le foyer .If la

CON

CON

CON

lentille. || 2"Fig. Faire converger les intérêts individuels vers un but commun. Tous nos efforts convergent au même but.

— ÊTYM. Lat. convergere , de cum, et vergere, se tourner, s'incliner.

CONVERS, ERSE (kon-vêr, vèr-s'), adj. || l°Terme monastique. Frères convers, frères lais, qui n'ont point d'ordres, et qui ne chantent point dans le chœur, mais qui servent en divers offices de la maison ; ils sont sans études et par conséquent exclus des ordres sacrés. Les moines de Ctteaux amenèrent leur» frères convers avec plusieurs écuyers, volt. Jlmirgjti. || Les soeurs converses sont dans les couvents de femmes ce que les frères convers sont dans les couvents d'hommes. Une converse, infante douairière, Singe voilé, squelette octogénaire, gresset, Ter-Vert, iv. || 2" S. m. Un des noms de la jeune alose.

— HlST. xii' s. Uns des convers as monies (ne le m'unt pas nummé) Out nniltesté grevé de grant enfermeté, E out d'idropisie le ventre mult enflé, Th. le mart. 94. Se clers, moines, chanuines u convers passast mer, Le brief à la justice l'en estuveit porter, ib. 67. || xm« s. S'aucuns crestiens se soit ofers à nostre Signor à servant à l'ospital St Julien, ne doit mie estre recheu en frère ni en sereur, ains soit converse entre les frères et lessereurs et esprouvés par six mois, tailliar, llecueil, p. 68. Atant estesvos [voilà] un convers [frère lai] , Qui deuxviautres [chiens] encheanez Avoit lez la voie amenez, lien. (806. S'il avient que aucuns mesiax [ladre], ou que aucuns convers de maladrerie ou d'ostellerie soit de malvese conversation, beaum. lvi, 7. || xvi* s. 11 a parlé de saint Paul le convers [le converti], Comme il eut peur, quand il cheut à l'envers, Sat. Mén. p. 200.

— ÊTYM. Provenç. convers; espagn. et ital. conversa; du latin conversus, converti, part, passé de convertere (voy. convertir), ainsi dit parce que c'étaient souvent des laïques convertis, c'est-à-dire changeant de vie, qui se faisaient convers.

•f CONVERSABLE (kon-vèr-sa-bl') , adj. Avec qui on peut converser facilement, agréablement. Je ne sais si c'est un effet de la rate dont je suis tourmenté depuis quelque temps, mais il me semble qu'il n'y a plus, dans le monde, de personnes conversables, voit. Lett. 8.

— HIST. xvi* s. Enfin elle revint [de sa retraite] dans le monde conversable, et ne manqua pas de reprendre ses mesmes premières ruses et intrigues d'amourettes, sully, Mém. t. vu, p. 67, dansLACURNE.

— ÊTYM. Converser.

f CONVERSANT, ANTE (kon-vèr-san , san-t'), adj. Oui converse avec les hommes, avec le monde. Pendant sa vie conversante et les années de sa prédication, boss. SU. 2.

— HIST. xiv s. Conversans par le monde , Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 467.

— ÉTYM. Converser.

CONVERSATION (kon-vèr-sa-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Echange de propos sur tout ce que fournit la circonstance. Bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu'on puisse avoir dans la conversation, i.arochkf. Max. 4 39. 11 est dangereux de vouloir être toujours le maître de la conversation et de pousser trop loin une bonne raison quand on l'a trouvée, m. Réflexions diverses, p. 4 29, dans pougens. Il faut que la conversation soit un peu flatteuse avec les femmes et qu'il y ait je ne sais quoi de retenu, chevalier de mêrê, dans richelet. Ces conversations ne font que m'ennuyer; Et c'est trop que vouloir me les faire essuyer, mol. Mis. M, 4. Il ne voulait point entrer en conversation, hamilt. Gramm. *. Elle entrerait aisément en conversation, sév. 4t9. J'ai eu une heure de conversation avec M. de Pomponne, id. 4 46. lia eu une conversation d'une heure avec le roi, id. 4 34. Elle n'engage pas la conversation, boss. Dév. 2. Un esprit de raillerie inconsidérée qui naît parmi l'enjouement des conversations, boss. la Vallière. 11 se hâtait de tourner la conversation sur quelque autre matière, fén. Tél. xxm. L'esprit de conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à eu faire trouver aux autres, la bruy. v. Il a de la fécondité dans la conversation, simple, naturel, mettant les gens à leur aise, volt. Lett. Mme d'Argental, 4 8 avril 4 766. Vous trouverez des devins si habiles qu'ils vous diront toute votre vie, pourvu qu'ils aient seulement eu un quart d'heure de conversation avec vos domestiques, montesq. Lettres pers. 68. L'esprit régulier du géomètre toisait tout ce qui se disait dans la conversation, id. ib. 4 28. L'auteura un mérite infaillible pour être lu, le mé-

rite rare de faire conversation avec son lecteur, d'alemb. Éloges, Abbé de Choisi. La conversation avait au suprême degré, chez Mme de Lambert, le vrai mérite qui lui est propre, celui de n'avoir ni ton ni caractère exclusif, id. Éloges, St-Aulaire. Il est assez ordinaire aux personnes à qui le ciel a donné de l'esprit et de la vivacité, d'abuser des grâces qu'elles ont reçues; elles se piquent de briller dans les conversations, de réduire tout à leur sens, et d'exercer un empire tyrannique sur les opinions, fléchier, Mme de Montausier. || Changer la conversation, faire quitter à la conversation un sujet qui, pour un motif ou un autre, déplaît et ne doit pas être continué. || Être à la conversation, y prendre part, y être attentif. || Conversation politique, échange, dans le parlement anglais et par suite dans les autres assemblées parlementaires, de paroles entre quelque membre et le ministère, à l'effet d'obtenir un renseignement. || Dans les lieux où l'on prend les eaux, maison de conversation, local où les étrangers se réunissent. || 2° Manière de converser. Il me parut homme de conversation, sêv. 39. L'hôtesse me parut une personne de fort bonne conversation; je lui demandai fort comme vous étiez la dernière fois, id. 348. De beaux seigneurs qui n'ont point de conversation, volt. Taureau, 2. || Conversation criminelle, intimité adultère. Dans cette locution qui nous vient d'Angleterre, conversation est pris au sensqu'il avait dans l'ancien français, fréquentation.

— SYN. conversation, entretien, dialogde, colloque. La conversation se dit de quelque discours mutuel que ce puisse être, au lieu que entretien se dit d'un discours mutuel sur un objet déterminé ou sur un objet important. Dialogue est propre aux conversations dramatiques ou aux conversations qu'on y assimile. Colloque s'applique spécialement aux conversations polémiques et publiques où l'on traite de matières de doctrine.

— HIST. xii* s. Humle est sa conversations [manière de vivre]; Nus [nul] ne done plus larges dons, benoît, u, 64 94 . || xin* s. Preudon et loiaus.de bonne conversation et de bonne vie, lit), des met. 264. Mesiel [lépreux] ne doivent pas estre oï en tesmoignage; car coustume s'acorde qu'il soient débouté de la conversation d'autres gens, beaum. xxxix, 33. || xiv* s. Considerans la bonne vie, renommée et honneste conversacion, qui nous a esté tesmoignée de sa personne, Lett. de rémission, llibl. des Chartes, v« série, t. i, p. 82. Ceulx qui superhabundent en ire sont de dure et forte conversacion et ne pevent pas si bien convivre avecques les autres, oresme, Elh. 429. Et en bonnes fortunes la présence de ses amis lu y fait avoir conversation delettable , id. ib. 290. X tele amisté convient lonc temps et longue acoustumance ou conversacion, id. ib. 236. || xv s. En ce temps que je dis, avoit en la ville de Gand deux vaillans hommes sages et prudhommes de bonne vie et de bonne conversation, froiss. il, ii, 239. Les requestes et fins des seigneurs estoient d'entrer dedans Paris pour avoir conversation et amytié avec eulx [les habitants de Paris] sur le fait de la reformation du royaulme, comm. I, 8. Il se gouvernoit outre la règle et bonne et honneste conversation de prestres, louis xi, Nouv. xciv. || xvi' s. La seconde fin est, que les bons ne soyent corrompus par la conversation [fréquentation] des mauvais, comme il advient souventesfois, calv. Instil. 888. Puis après, la longue conversation par laps de temps y ayant imprimé la passion d'amour, il la chérit et l'aime plus tendrement qu'il n'avoit proposé du commencement, amyot, De la vertu morale, 4 9. Conversation en jeunesse, fraternité en vieillesse, leroux de lincy, Frov. t. u, p. 277.

— ÊTYM. Provenç. conversatio; espagn. conversacion; ital. conversazione ; du latin conversationem, de conversari, converser.

CONVERSE (kon-vèr-s'), adj. f.\\ Ie Terme de logique. Proposition converse, proposition sur laquelle on opère la conversion, c'est-à-dire dont on change l'attribut en sujet et le sujet en attribut, sansqu'elle cesse d'être vraie. Nulle pierre n'est homme devient ainsi : Nul homme n'est pierre. La première de ces deux propositions est la converse. || Substantivement. Une converse. || 2° En un autre sens, en dehors du langage technique, la proposition qui résulte de la conversion. Cette proposition a sa converse, boulainvilliers , Réfut. de Spinoza, p. 266. Les grands hommes sont mes rois; mais la converse n'a pas lieu ici; les rois ne sont pas mes grands hommes, volt. Lett. à Maupertuù, 4740. || Proposition converse se dit aussi en géométrie.

— HIST. xiii* s. Estre humble sans clergie vaut mieux que la converse; Car quant li uns se drece, li autres tumbe et verse, J. de mkung, Test. 4 041. Il xiv s. Et pour ce fist bien Platon d'enquérir de ces choses , assavoir mon laquelle voye est à tenir ou des principes aux effects, ou la voye converse, oresme, Elh. v.

— ÊTYM. Provenç. conversa, rebours, contraire; du latin conrersus, retourné (voy. convertir).

-(■ CONVERSEAU (kon-vèr-sô), s. m. Pièce d'un moulin.

4. CONVERSER (kon-vèr-sê), v.n. || 1" Vivre avec. Nous ne conversons plus qu'avec des ours affreux, la font. Fabl. xi, 7. Aussi bien, en l'humeur où je me trouve, je ne dois plus converser avec les créatures raisonnables, voit. Lett. 4). C'est peu d'être agréable et charmant dans un livre ; Il faut encor savoir et converser et vivre, boil. Artpoét. iv. L'habitude de converser avec soi tend toujours à rendre l'homme meilleur; on ne consent à descendre au fond de son propre cœur que lorsqu'on est satisfaitde l'ordre qui s'y trouve, HOLBACH.dans Œuvres de du marsais, Essai préj. chap. 4 2. || Fig. Converser avec les livres, avec les morts, s'adonnera la lecture des auteurs du temps passé. || 2° Avoir conversation avec. Se plaire à converser avec les savants.

— HIST. xii* s. E cil Beronite s'en furent fuiz en Gethaïm; e là conversèrent jusques cel jur, Itois, 4 34. || xme s. Par la terre d'Anjou longuement [il] conversa [demeura], Berte, cvm. Qui vous a fait ci seule par ces bois converser? ib. cxn. Di nous en quel leu tu converses, la Rose, 40987. Quant aucuns est esleuz, l'en doit enquerredesa vie à cels environ cui il a conversé, Liv. de just. 44. Et cil qui est escommeniés et renforciés, met en pecié cix qui entor li conversent, beaum. liv, 42. || xiv s. L'en dit que telz gens conversent civilment, oresme, Eth. 4 80. Et les autres dient celui estre ami avecques lequel l'en convit et converse, id. ib. 265. X la delettacion et plaisance de ceulx avecques qui il conversent, id. ib. 4 30. Scite [Scythie] est une froide région bien loing de Lacedemone, et ne conversent pas les ungs avec les autres, id. ib. 66. Et bien li dit aussi que il y trouveroit Mainte beste sauvage, car li lieux le devoit; Ours, leons et serpens assez y conversoit, Guescl. 94 97. ||xvs. Et donnoient grands joyaux aux seigneurs et dames et damoiselles, pour acquérir la louange de ceux et de celles entre qui ils conversoient, froiss. i, i, 76. [Le roi] declaroit son plaisir estre tel, que feussent laissez paisiblement descendre tous Anglois et Anglesches, sans aucun sauf conduit avoir de luy, et de les laisser converser par tout son royaulme, jehan de troyes, Chron. 4 464. Et que par nécessité me conviendroit converser [coucher] avec homme, louis xi, Nouv. c. || xvie s. Ceux qui ne conversent plus au monde [les morts], calvin, lnstit. 704. Si tu converses avec un boitteux, tu apprendras à clocher, amyot, Comment nourrir les enfants, 9. Ceux qui conversent sur l'eau sont sujets à maladies froides, paré, lntrod. 44. C'étaient trois jeunes Mars et trois Amours ensemble Qui sous l'habit mortel conversoient ici-bas, Premières amours de desportes , dans raynouard , conversar.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. conversar; ital. conversare ; du latin conversari, passif de conversare, fréquentatif de convertere, tourner, retourner (voy. convertir). Conversari signifie proprement être retourné fréquemment; de là le sens de fréquenter, vivre avec. Converser dans l'ancienne langue n'a que le sens de vivre avec; c'est plus tard qu'il a pris, par une déduction facile à concevoir, celui d'échanger les paroles.

2. CONVERSER (kon- vèr-sé), v. n. Terme de théorie militaire. Faire une conversion.

— ÊTYM. Voy. conversion.

f CONVERSIBLE (kon-vèr-si-bl'), adj. Qui peut être retourné. Puisqu'il est écrit que vous devez avoir la tête tournée, il vaudrait bien mieux que ce fût de cette manière que par l'indéfectibilité de la matière et par les négations non conversibles, sév. 340.

— ETYM. Voy. CONVERSION.

f CONVERSIF, IVE (kon-vèr-sif, si-v'), adj. Terme didactique. Qui a la propriété de tourner ou retourner une chose.

— HIST. xive s. Cercles appelés tropiques, c'est-àdire conversifs, oresme, Thèse de meunier. || xv s. Car, par sa pesanteur plombasse, Se tient [le mercure] soubz terre en une masse, Nonobstant qu'elle est volative Et es aultres moult conversive, la font.

— ÊTYM Voy. conversion ; provenç. converti*.

CON

CONVERSION (kon-vèr-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de tourner; mouvement qui fait tourner. || Terme de mécanique. Centre de conversion, point autour duquel un corps, quand il est sollicité au mouvement, tourne ou tend à tourner. || Terme de théorie militaire. Changement de front. Quart de conversion, mouvement qui fait tourner la tête de bataillon où était le flanc. Ceux-ci, craignant d'être enveloppés de toutes parts, firent un quart de conversion, holun, Hist.anc. Œuvres, t. îv, p. 459, dans pougens. || Terme de marine. Mouvement circulaire exécuté par un corps de bâtiments évoluants. || 2* Transmutation. La conversion des métaux vils en or. || Changement dans la forme. La conversion des écus en pièces de cinq francs, des toises en mètres. Il est étonnant, il est prodigieux que la vaste étendue de la Pologne n'ait pas déjà cent fois opéré la conversion du gouvernement en despotisme, J. J. bodss. Goûtera, de Pologne, ch. B. || Terme de finance. La conversion des rentes, l'élévation ou l'abaissement du taux ancien. ||Terme de jurisprudence. Changementd'un acte, d'une procédure en une autre. La conversion d'une obligation en rentes, d'un procès civil en un procès criminel. || En médecine, conversion des maladies, changement d'une maladie en une autre. || 3° Terme de logique. Changement qu'on opère dans les propositions, en faisant du sujet l'attribut et de l'attribut le sujet, et qui est soumis à certaines règles selon que les propositions sont universelles ou particulières, affirmatives ou négatives, si l'on veut que la proposition reste vraie après l'opération. Conversion de proposition, c'est changer le sujet de la proposition en attribut et l'attribut en sujet, sans que la propositioncesse d'être vraie, si elle l'était auparavant, Logique de Port-Royal, 2* partie, ch. 44. ||4° Terme d'arithmétique. Proportion par conversion, comparaison de l'antécédent avec la différence qui est entre l'antécédent et le conséquent, dans chaque rapport. || Conversion d'un nombre, autre manière de l'exprimer. || Terme d'algèbre. Conversion des équations, expulsion des facteurs ou dénominateurs qui contiennent l'inconnue. || Terme d'astronomie. Conversion de degrés, action de convertir les degrés en temps et les temps en degrés. || 5" Action de tirer lésâmes hors d'une religion qu'on croit fausse pour les faire entrer dans une religion qu'on croit vraie. Saint Paul fut l'instrument de la conversion des gentils. La conversion de protestants au catholicisme, de catholiques au protestantisme. La conversion au mahométisme de populations noires dans l'intérieur de l'Afrique. La mort d'Antiochus digne de son impiété et de son orgueil, sa fausse conversion durant sa dernière maladie, et l'implacable colère de Dieu sur ce roi superbe, boss. Uist. i, 40. C'est que la conversion du monde ne devait être l'ouvrage ni des philosophes ni même des prophètes; il était réservé au Christ, et c'était le fruit de sa croix, m. ib. n, H. Les conversions étaient innombrables; et ceux qui en ont été témoins oculaires nous ont appris que, pendant trois ans de séjour qu'elle a fait à la cour du roi son fils, la seule chapelle royale a vu plus de trois cents convertis, m. Reine d'Anglet. Deux sortes de personnes ont besoin de conversion : les honnêtes païens, qui n'ont que des vertus morales, et ceux qui ont commis de grands crimes, te Pensées détachées, 20. Nous faisons cependant six mille lieues de mer pour la conversion des Indes, des royaumes de Siam, de la Chine et du Japon, c'est-à-dire pour faire très-sérieusement à tous ces peuples des propositions qui doivent leur paraître très-folles et très-ridicules, la bruy. xvi. Oui peut douter que le clergé n'ait été bien aise de la conversion de Clovis et qu'il n'en ait même tiré de grands avantages? montesq. Espr. xxx, 24. C'est surtout dans le second siècle [de l'ère chrétienne] qu'il faut rechercher les motifs de conversion des savants et des gens du monde, parce que c'est alors qu'ils sont venus en foule dans l'Eglise, condillac, Hist. anc. xv, to. 11 [Fléchier] se plaint de ce que les nouveaux convertis, qui, étant protestants, n'allaient point aux spectacles, y allaient depuis leur conversion, d'alemb. Éloges, Fléchier. || Conversion de saint Paul, fête qui se célèbre le 25 janvier. || Retour aux pratiques de la religion qu'on négligeait. Soutenir une conversion naissante par de saints entretiens, mass. Confér. Conduite dans le monde. La conversion véritable consiste à s'anéantir devant cet Être souverain qu'on a irrité tant de fois et qui peut nous perdre légitimement à toute heure, pasc. Pensées, part, il, art. 6. || Par extension, retour à une bonne conduite. La conversion de ce mauvais sujet qui s'est

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enfin rangé. || En un sens encore moins particulier, changement d'avis sur quelque point important. Une société nouvelle [la société royale de médecine] dont l'établissement dut faire espérer à M. Malouin la prompte conversion des détracteurs de la médecine, condorcet, Halouin.

— HIST. xii« s. Par droit, chier frère, celebret om ui par tôt le munde la conversion saint Pol, ki maistres fut des paiens, st bern. 564. | xrv" s. Si comme sont les conversions et les mouvemens du soleil, oresme, Eth. 66. || xv* s. Paris on de nouvel estoit une conversion [troubles], rébellion et murmures contre les nobles, et aussi esloit elle en Flandres pareillement, Hist. de Loys M, duc de Bourbon, p. 200, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. conversio, coversio ; espagn. conversion; ital. conversions; du latin conversionem, de conversum, supin de convertere (voy. convertir).

t CONVERSIONISTE (kon-vèr-sio-ni-sf) , s. m. Partisan de la conversion des rentes.

— ÊTYM. Conversion.

f CONVERSO (kon-vèr-so), s. m. Terme de marine. Partie du tillac où l'on se réunit habituellement pour faire la conversation.

t CONVERTENTE (kon-vèr-tan-f), adj. f. Terme de logique. Proposition convertente, celle en laquelle une première a été changée par la conversion. L'universelle : tout homme est animal, se convertit en cette particulière : quelque animal est homme. Cette dernière est la convertente.

CONVERTI , IE ( kon-vèr-ti , tie ) , part, passé. || 1" Qui a pris une autre nature. L'eau convertie en vapeur par le feu. Son intérêt en amour converti Lui fait aimer le chef du contraire parti, mair. Sophon. n, 2. Carthage est convertie en un désert stérile, m. j. chénier, Gracques, n, s. Sa première flamme en haine convertie , corn. Sertor. i , 2. || 2* Amené d'une religion à une autre. Achève tes bontés, représente avec moi Les saints progrès des cœurs convertis à ta foi, rotrou, St-Gen. iv, 6. Les Visigoths convertis de l'arianisme, boss. Hist. i, 4 t. Il n'y a rien de plus remarquable que cette séparation des Juifs incrédules d'avec les Juifs convertis au christianisme, m. Hist. il, 9. Il [le Sauveur] s'émeut plus sensiblement sur les pécheurs convertis qui sont sa nouvelle conquête; mais il réserve une plus douce familiarité aux justes qui sont ses anciens et perpétuels amis, m. Marie-Thér. || Substantivement. Les convertis. Une convertie. Un nouveau converti. Une nouvelle convertie. || Les nouveaux convertis, nom que l'on donna, après la révocation de Nantes, à ceux des protestants que la persécution contraignit à entrer dans l'Église catholique. || Fig. Prêcher un converti , chercher à convaincre quelqu'un qui est de notre avis. || 3* Ramené à de meilleurs sentiments, soit de religion, soit de morale. Monsieur, que j'ai de joie de vous voir converti ! il y a longtemps que j'attendais cela, et voilà, grâce au ciel, tous mes souhaits accomplis, mol. D. Juan, v, 2. || Se dit ironiquement, dans le langage de la politique, de celui qui passe d'un parti à un autre par un intérêt déguisé sous uns fausse apparence de conviction.

t CONVERTIBILITÉ ( kon-vèr-ti-bi-li-té ) , s. f. Qualité de ce qui est convertible.

— HIST. xin* s. Car il s'ensieut, se chose est vaire [vraie], Donques est ele nécessaire, Par la convertibilité De voir [vraij et de nécessité, la Rose, 47417.

— ÉTYM. Convertibilités, de convertibilis , convertible.

CONVERTIBLE (kon-vèr-ti-bl'), adj. || l" Qui peut être converti en une autre chose. L'eau est convertible en vapeur. Des obligations converlihlcs en rentes. || 2° Terme de logique. Proposition convertible, proposition qui peut avoir sa converse sans cesser d'être vraie. Si (ou» homme est mortel, il ne suit pas que tout mortel est homme; cette proposition n'est pas convertible.

— HIST. xiii* s. Car tele vérité possible Ne puet pas estre convertible Avecsimple nécessité, Sicomme simple vérité, fa Rose, 47436. ||xiV s. Termes convertibles, oresme, Thèse de meunier. ||xvi*s. Avec les confederez toutes promesses estoient seures et convertibles en effets, d'aub. Uist. a, 27t.

— ÊTYM. Convertir; provenç. et espagn. conrertible; ital. convertibile.

t CONVERT1BLEMENT ( kon-vèr-ti-ble-man), ad». Terme de logique. D'une façon convertible.

— HIST. xiv* s. Toute elettion est voluntaire; mais il n'est pas ainsi que tout voluntaire est elettion; et pour ce n'est ce pas tout un convei tiblement, oresme, Eth. 63. Des termes de ceste matière, aucuns en-

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sievent un l'autre convertiblement, id. Thèse de

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