MEUNIER
— ETYM. Convertible, et le suffixe ment. CONVERTIR (kon-vèr-tir) , v. a. || i' Transmuer
une chose en une autre. Les alchimistes espéraient convertir en or les métaux qu'ils appelaient imparfaits. Jésus-Christ convertit l'eau en vin. Convertir du sucre en alcool. J'ai beau m'épuiser les n Et tout mon sang en larmes convertir, mai.ii. v, 27. Ce feu véhément Convertirait en soi le liquide élément, Avant qu'il éteignit cette ardeur violente, rotrou, Hercule mour. iv, 5. Savent-ils comment ce ver [le ver à soie] convertit le suc d'une feuille en filets d'orT rollin , Traité des Études , v, v 11 lui permit de convertir en rentes viagères ou tontines une partie de ses action», raynal, Hist. phil. îv, i*. || Fig. Convertir le doute en certitude. Les curiosités de la nature sont une source féconde pour l'imposture; elle convertit des phénomènes singuliers en prodiges, rayn. Hist. i, 47. || Terme do droit. Changer la nature, l'espèce. Convertir une obligation en contrat de constitution. Convertir une peine corporelle en peine pécuniaire. || 2' Retirer d'une religion et amener à une autre. Les missions catholiques ont converti beaucoup d'idolâtres. Les musulmans convertissent à leur foi dans l'intérieur de l'Afrique une multitude de nègres. Il fut converti au protestantisme. Jésus-Christ, qui les voulait convertir [les païens], parle d'en haut à saint Paul qui en devait être le docteur, boss. Uist. n, 7. Il faudrait les dompter et non les convertir , m. J. chénier, Charles IX, m, 2. J'ai calmé les chagrins, j'ai converti l'erreur, id. Fénelon, m, 2. || Amener quelqu'un à des sentiments qu'il n'avait pas. Vous l'avez converti à notre cause. || Absolument. On fait des missions, on prêche, on convertit. || 3* Se convertir, v. réfl. Se transmuer. L'alcool se convertit en vinaigre. Tout ce qu'il a touché se convertit en or, boil. Art p. m. La peine corporelle se convertissait en peine pécuniaire , montesq. Esp. vi, 4 9. || Fig. Son amour sa convertit en haine. || 4° Terme de logique. Ces deux propositions se convertissent , sont la converse l'une de l'autre. || 5° Quitter une fausse religion pour la vraie. Les païens se convertirent. || Rentrer dans le sein de la religion qu'on avait négligée. Mais, en priant pour son âme, chrétiens, songeons à nous-mêmes; qu'attendons-nous pour nous convenir? boss. Duch. d'Orl. Ils se convertiront de leurs péchés, boss. Hist. il, 7. Convertissez-vous à moi de tout votre cœur, mass. Cor. ifoli/i de conv. Pendant une aimable jeunesse On n'est bon qu'à se divertir; Et quand le bel âge nous laisse, On n'est bon qu'à se convertir, la sabl. dans richelet.
— HIST. x* s. Cum Jonas rropheta cei populum habuit pretiet et convers , Fragment de Valenc. p. 468. Quant il se erent convers de via sua mala, ib. p. 469. || xi* s. Ce velt li reis, [que] par amor [elle se] convertisse, Ch. de Roi. cclxviii. || xn* s. Tu convertis la meie plainte en goie [joie], liber psalm. p. 36. Convertide [changée] est la tue fuireur [fureur] , »'&. p. 232. Et convertis saint Pol son compeignon , Ronc. p. 48. Deus qui'l [qui le] mist enz ei règne, à vus le demandra; Vus l'avez à garder quant se convertira, Th. le mart. 29. || xm* s. Et sitost que li aprentis iert à convenances au mestre, il poiera cinq sols qui seront converti ou pourfit de touz les maistres, Liv. des met. 65. Qui vuet pecheors convertir P-ir eus faire à Dieu reveitir, la Rose, 12079. Enprès demenda l'en se sarrazin qui a plusors femes, se convertist, laquelle il retendra, Liti. dejust. 216. S'il sunt plege de deniers, et il sont converti en blé, ou en vin, ou en autre coze, beaum. xliii, ti. Quant il convient qu'aucuns ait damace, mil vaut qu'il soit converti en la sousienance de bone gent que de malvès, id. liv, 42. Et li cors qui les biens devore, Si sera converti en cendre, Guersnt. 0 vous, fill des hommes, convertissiez vous à moi, et ge auré pitié de vous, Psautier, f 410. Mes Diex atent, et por atendre Se fist les braz en croiz estendre; Ne vuul pas que pechierres muere, Ainz convertisse à sa droiture, ruteb. ii, 14 1. || xiv* s. Et ne se départ ou ne delesse pas ses faiz ou diz des autres ou [au] cas que il les puet tourner et convertir à gieu ou à risée, oresme, Eth. 438. Et pourroit estre converti par raison au contraire, m. ib. 4 96. Puis soulphre et vif argent en issent, Qui en metaulx se convertissent, A'ut. d l'alch. err. 464. [Que l'archevêquo] Il voise en la cité, mais qu'il ai* sauf conduis, Et piesche tant la gent qu'il les ait convertis, Guesd. I70M. si chius [ce] rois païens fut adont convertis Par le voloit de Dieu , le roy ie paradis , Bnud. de Seb,
CON
n, 488. Et torna par devers li et converti à son profit les biens de Gentil et de Simon lombars qui estoient acquis au roy, Lett. de rémission, Bibl. des Chartes, 4" série, t. n, p. «0. || xv s. Arethuse.... Qui en eaue fut par plour convertie, E. desch. Mort de Guescl. Aysement toutes ces deux parties se convertiroient contre nous, comm. i, b. || xvi" s. C'est afin qu'un chacun d'eux se convertisse de son iniquité, calvin, lnstit. 477. Ils leur envoyèrent tous les chefs qui avoient consenty à la composition, pour convertir sur leurs testes tout le péché de la contravention au serment qu'ilz avoient preste, amyot, les Gracques, 9. Lui qui les eaux profondes En désert convertit, marot, iv, 319. Midas requit les dieux que tout ce qu'il toucheroit se convertist en or, mont, h, 33».
— êtym. Provenç. convertir, coverlir; espagn. convertir; ital. convertire; du latin convertere (avec changement de la3« conjugaison en la 4"), tourner, convertir, de cum, et vertere, tourner (voy. version).
t CONVEKTISSABLE ( kon-vèr-ti-sa-bl' ) , adj. || 1* Qui peut être converti, c'est-à-dire transmué. || 2° Qui peut être converti, c'est-à-dire ramené à la vraie foi.
— ÊTYM. Convertir.
t CONVERTISSANT, ANTE (kon-vèr-ti-san. san-t'), adj. Qui convertit. Cette attention précède toute grâce convertissante et excitante, boss. Avert. 2.
CONVERTISSEMENT (kon-vèr-ti-se-man) , s. m. Action de convertir des valeurs en espèces, une obligation en contrat de constitution.
— HIST. xm* s. Par le convertissement de divinité en char [chair], Psautier. f° <95.
— ÊTYM. Convertir; provenç. convertiraient; espagn. convertimiento ; ital. convertimento.
CONVERTISSEUR (kon-vèr-ti-seur), s. m. || 1° Celui qui convertit des âmes à la religion qu'il croit vraie. On n'a jamais vu de convertisseurs si zélés, volt. Scarmenlado. Cette bonne œuvre [la conversion de Law] avait valu au convertisseur beaucoup d'argent, id. Louis XIV, 37. Le condamné pria Dieu pour le convertisseur jusqu'à l'âge de 94 ans, volt. ib. Constamment opposé au zèle iimer et fanatique de la plupart des convertisseurs de son temps, il était persuadé qu'on ne devait faire usage ni de l'autorité ni même de la crainte contre ceux des réformés qui na donnaient aucune espérance de changement, d'alemb. Éloges, Fléchier. || Celui qui convertit des pécheurs et les ramène à de meilleurs sentiments de religion et de morale. H 2° Celui qui se charge des converlissements, en matières d'affaires et de monnaies.
— HIST. xvi* s. Les convertisseurs de ce temps là ne failloyent point de convertir l'ame par la terreur du feu, ou de faire convertir les corps en ceudre, d'aub. Conf. I, ».
— ÊTYM. Convertir.
CONVEXE (kon-vè-ks'), adj. Qui présente une courbure en saillie. Un verre convexe. La surface de la terre est convexe. Le fils d'un artisan , dans la Zélande, assemble en se jouant deux verres convexes dans un tube; les limites de nos sens sont reculées, et dans l'Italie les yeux de Galilée ont découvert un nouveau ciel, tukgot, 2e Disc, en Sorbonne.
— HIST. xiv s. Ceste ligne est dite concave au regart de ce qui est dedens et est dite curve ou convexe au regart de ce qui est dehors elle, orksme, Eth. 30.
— êtym. Lat. convexus, convexe.
t CONVEXIROSTRE (kon-vè -ksi-ro- str'), adj. Terme de zoologie. Qui a le bec convexe.
— ÊTYM. Convexe, et le latin rostrum, bec. CONVEXITÉ (kon-vè-ksi-té), s. f. Qualité de ce
qui est convexe. La convexité d'un globe. La convexité d'une ligne courbe. Si le rayon tombe perpendiculairement sur une loupe ou verre convexe, il continuera son chemin en ligne droite et passera par le centre de sa convexité, malebr. Rcch. Éclaire. sur l'optique.
— ÊTYM. Latin convexitns, de convexus, convexe fCONVEXO- CONCAVE ( kon-vè- kso-kon-ka-v' ) ,
adj. Terme didactique. Qui est convexe d'un côté et concave de l'autre.
t CONV1 (kon-vi), s. m. Invitation. Maisons pria d'Antin de passer chez lui; je n'ai point pénétré le projet de ce convi, st-sim. 376, «2 (st-sim. écrit convy). || Inusité.
— iiist. xv s. Pour les quels convis [banquet] et assemblées ainsi faites les ambassadeurs d'Angleterre n'estoient point bien contens, monstrel. ii, 482. || xvi* s. Respondez-moi quel estophe Est le grand aise à vostre avis? Où le prenez-vous*? — En couvis
CON
[repas], À boire et dormir tant qu'on peult, marot, iv, <B7.
— ÊTYM. Voy. convier; ital. cunvito, repas, banquet.
t CONVICT (kon-vikf), *. m. Nom donné par les Anglais aux criminels déportés. Les convicts transportés dans l'Australie.
— ÊTYM. Angl. convict, condamné, du latin convictus, convaincu, part, passé de comincere (voy. convaincre).
CONVICTION (kon-vi-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Nécessité où l'on met quelqu'un, par des preuves, de reconnaître la vérité qu'on lui présente. La conviction du coupable. Il était facile aux infracteurs d'éviter la conviction ou le châtiment de leurs fautes. Ne faut-il pas que vous soyez bien imprudents d'avoir fourni vous-mêmes la conviction de votre mensonge par les autres lettres que vous avez imprimées? pasc. Proi . 16. Quelle conviction et quelle horreur, quand Dieu, en vous rejetant de sa présence, vous dira.... bourd. Dominic. Pardon des injures, 344. || 2" Certitude raisonnée. Avoir l'intime conviction d'une chose. Je voudrais qu'ils eussent des raisons claires et des arguments qui portent conviction, la bru y. xvi. Il y a bien loin, chez eux, de la profession à la croyance, de la croyance à la conviction, de la conviction à la pratique, montesq. Letl. pers. 76. C'est un désir, mais ce n'est pas une conviction réelle, mass. Av. Bonn. Cette conviction de la perversité humaine qui enduroit ou afflige la plupart de ceux qui gouvernent, condorcet, Maurepas. || 3° Preuve irréfragable. On l'accuse de divers crimes, et on a les convictions en main. Ce qu'il a dit fournit une conviction contre lui.
— SYN. conviction, persuasion. La conviction s'adresse exclusivement à l'esprit; elle l'obligea confesser, à reconnaître, à adhérer. La persuasion s'adresse autant au coeur qu'à l'esprit; aussi, pour agir, a-t-elle moins besoin de preuves qui ne laissent point d'alternatives.
— ÊTYM. Lat. convictio, de convictum, supin ae convincere, convaincre.
f CONVICTIONNEL , ELLE (kon-vi-ksio-nèl, nè-1'), adj. Néologisme. Qui est relatif à la conviction, et, particulièrement, à la conviction d'un juge. Les éléments convictionnels d'une affaire criminelle. . —ÊTYM. Contii'ction.
CONVIÉ, ÉE (kon-vi-é, ée) , part, passé. \\i° Les personnes conviées à un festin. || S. m. Celui qui est invité à un repas. De tant de conviés bien peu suivent tes pas, rotr. St-Gen. v, 2. Venez souper chez moi; nous ferons bonne vie; Les conviés sont gens choisis, Mes parents, mes meilleurs amis, la font. Fabl. i, <4. Il manie les viandes, les remanie, démembre, déchire, et en use de manière qu'il faut que les conviés, s'ils veulent manger, mangent ses restes, la bruy. xi. La joie et le plaisir de tous les conviés Attend pour éclater que vous vous embrassiez, rac. Brit. v, 2. Quand un des conviés, d'un ton mélancolique Lamentant tristement une chanson bachique, boil. Sat. in. Autour du grand banquet siège une foule avide; Mais bien des conviés laissent leur place vide Et se lèvent avant la fin,v. hugo, Orient. 33. || i' Par extension, invité à. Convié à joindre la compagnie.
CONVIER (kon-vi-é) , je conviais , nous conviions ; que je convie, que nous conviions, v. a. ||1* Inviter quoiqu'un à un repas, à une cérémonie. Convier à un festin, à une assemblée. Je l'ai convié à un dîner. || 2° Par extension, engager, exciter à. Ni l'honneur, ni le gain n'étaient suffisants à me convier à les apprendre, desc. Iléth. S se rendre moi-même en vain je les convie, corn. Ct'd,iv,3. Quelsujetsi pressant à sortir vous convie? m. Poly. i 2. L'honneur te le commanda et l'amour t'y couvie, id. Héracl. i, &. Va marcher sur leurs pas où l'honneur te convie, id. Cinna, i, 3. Et ce déchaînement aujourd'hui me convie À faire une action qui confonde l'envie, mol. F . sav. iv, 4. À le sauver enfin c'est moi qui vous convie, rac Andr. m, 7. Faut-il qu'à feindre encor votre amour me convie? id. Baj. iv, 4. Puisque mon roi lui-môme à parler me convie, id. Esth. m, 4. Ou nous convie par le succès qu'ils [les saints] ont eu à marcher sur leurs traces, mass. Car. Salut. Tout le convie à retourner dans les bras de Dieu, id. t'6. Fautes légères. L'insensé de l'Evangile, se croyant dans l'abondance pour une longue suite d'années, conviait son âme à se reposer, id. ib. Prospcrit. Lui apprenez-vous à juger de la vocation du ciel par les impressions de la grâce, qui ne cesse de nous y convier en secret? id. ib. Vocation. Vous conviez le pécheur à vous de-
CON
mander des grâces, id. ib. Prière, S. Aux dons que ta bonté mesure Tout l'univers est convié, lamart. Ilarm. i, 7. || Convier de.... Le prince les convia de voir passer la garnison, sarasin, 6». L'empereur Ferdinand convia Elisabeth de ne point se séparer de la créance des princes chrétiens, maucroix, Schisme, liv. m, dans richelet. Toi qui dedans un cloître as renfermé ta vie, De toutes les vertus tâche de l'enrichir; C'est sous ce digne effort que tu dois y blanchir, Ta règle te l'apprend, ton habit t'en convie, corn. Imit. i, 4». Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie, id. Cinna, v, 3. || Convier de est aujourd'hui peu usité; cependant l'euphonie pourrait demander qu'on en fit usage. D'ailleurs le vers célèbre de Cinna tend à conserver cette tournure.
— SYN. convier, inviter. Ces deux verbes ne sont synonymes que quand convier prend le sens général d'inviter. Mais comme le sens propre en est inviter à un banquet, à une solennité, il garde, dans l'acception détournée que l'usage lui a donnée, une nuance qui dérive de l'acception primitive et a quelque chose de plus solennel ou de plus amical qu'inviter : On l'invita à prendre sa place; le Cid convie les chefs des Maures vaincus à se rendre.
— HIST. xvi* s. Sembloit il pas le convier à interposer son décret? mont, i, 60. Les conviez [en parlant d'un festin], id. i, 76. Aulcuns me convient d'escrire.... id. i, 103. Une humeur curieuse me convia à tel effect esloingné de ma nature, id. i, 96. L'ennemy n'a rien qui le convie à honorer son ennemy mort, sinon l'admiration de sa vertu, amyot, Pélop. et Marcel, comp. e. Il se feit un banquet, auquel estans tous les chefs de l'armée conviez, il.... id. Lysand. 29. L'honneur et la réputation qu'il acquit depuis, le convièrent à tourner du tout son estude et son ambition aux armes et à la guerre, id. Sertor. 2. Il te reconviera si une fois tu le convies, et te donnera à soupper quand tu luy en donneras, id. De la mauvaise honte, B. Ils depeschent encore à Famaguste, demandant des hommes, et Balcon le gênerai se convia d'y aller, mais ceux de la ville le retindrent, d'aub. Hist. i, 343. Et pource qu'ils estaient fort chargez de bribes, il se convia à les soulager, id. ib. n, 462. À baiser vostre main le désir me convie, rons. 246. Je m'en vais saoul du monde ainsi qu'un convié S'en va saoul du banquet de quelque marié, id. 305. Quand il n'y auroit autre occasion que ceste dernière, elle seule deust bien convier les princes à lire souvent et affectueusement les histoires, amyot, Préf. xvm, 46.
— ÊTYM. Provenç. convidar, covidar; espagn. convidar ; ital. convitare; d'après Raynouard, il vient du latin convivare ou conviv ari, donner, prendre un repas ; mais le v ne peut se changer eu t ou en d. D'après Diez, il vient d'invitare, inviter, avec la substitution du préfixe con au préfixe in, sous l'influence de convivium, repas; mais là contre il y a cette objection, non absolue il est vrai, qu'en cette hypothèse les langues romanes auraient fait avec un radical inusité en ce sens (vitare) un composé con-vitare qui n'existe pas dans la latinité. Si l'on prend les acceptions de l'italien convitare, on voit qu'il signifie convier à un repas, et tenir table ouverte; conrt'to, repas, banquet. Les choses étant ainsi, il faut ou croire avec Diez que invitare a donné la forme du mot, etconritïium, le sens; ou que l'italien convitare, l'espagnol convidar sont formés du préfixe con, et de vita, vie, convitare, vivre ensemble, faire repas ensemble, comme convicium, d'où inviter à un repas, et, en général, inviter. D'ailleurs, ce mot une fois formé, la ressemblance qu'il a avec invitare y aura introduit sans peine le sens de ce verbe. Dans le français, convier, dont on n'a jusqu'à présent des exemples que du xvi' siècle, a été formé sur convt qui est plus ancien.
+ CONVIVANT (kon-vi- van) , s. m. Terme d'histoire ecclésiastique. S'est dit de ceux qui vivent en commun, dans certains couvents d'Italie.
— ÊTYM. Con.... préfixe, et vivant.
CONVIVE (kon-vi-v'), s. m. etf.\] 1" Personne qui se
trouve à un festin. Il était du nombre des convives. || Familièrement. C'est un bon, un agréable convive, se dit d'un homme agréable à table et qui fait honneur au repas. Vous voyez un seigneur fort satisfait de soi, Un convive échappé de la table du roi, regnard, Démocr. iv, 7. || Fig. Au banquet de la vie infortuné convive, J'apparus un jour, et je meurs; Je meurs, et sur la tombe où lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs, Gilbert, Ode imitée des psaumes. Convive rejeté de la table de Dieu, Je vis devant mes pas se fermer le saint
CON
lieu, c. delav. Pana, l, 4. 1| 2°Convive du roi, nom, sous les rois Francs, d'un personnage qui était dans la familiarité du roi, au nombre de ses fidèles. La loi Salique distinguait chez les Romains le convive du roi, pour la mort duquel elle donnait trois cents sous de composition, du Romain possesseur à qui elle en donnait cent, et du Romain tributaire à qui elle n'en donnait que quarante-cinq, montesq. lisp. xxx. 25.
— ÊTYM. Lat. convi'va, de convivere, decum, avec, et n'rere, vivre. Dans le xvi* siècle, convive, valant de convivium , signifiait repas. Antérieurement :onvhe au féminin avait signifié manière de vivre, manière d'être, état, disposition.
I CONVIVIABLE (kon-vi-vi-a-bl'), adj. Mot de Rrillat Savarin. Qui traite des festins. Â l'époque dont nous nous occupons, la poésie conviviable subit une modification nouvelle , brillât-savarin , dans bescherelle. || Ce mot est barbare.
— ÊTYM. Voy. convivial.
f CONVIVIAL, ALE (kon-vi-vi-al, a-1'), adj. Mot de Brillât-Savarin. Oui a rapport aux festins. Des esclaves étaient spécialement attachés à chaque fonction conviviale, et ces fonctions étaient minutieusement distinguées, brilla t-savarin, dans bescherelle. || Ce mot est régulier.
— ÊTYM. Latin convivium, de conviva, convive, t CONVIVIALITÉ (kon-vi-vi-a-li-té), s. f. Mot
de Brillât-Savarin. Goût des réunions joyeuses et des festins. Un esprit général de convivialité s'est répandu dans toutes les classes de la société, brillât-savarin, dans bescherelle.
— ETYM. Convivial.
+ CONVIVIAT (kon-vi-vi-a) , s. m. Mot de Brillât- Savarin. Durée obligée de la présence d'un convive dans un repas. Souvent, au milieu des festins les plus somptueux, le plaisir d'observer m'a sauvé des ennuis du conviviat, brillat-savauin, dans bescherelle.
t CONVOCABLE (kon-vo-ka-bl'), adj. Qui peut être convoqué.
— ÊTYM. Convoquer.
t CONVOCATEUR (kon-vo-ka-teur), t. m. Celui qui convoque. Tous ne considéreront que vous [le régent] comme convocateur et moteur de l'assemblés [des états généraux] , st-sim. «65, 70. Obéir, jarce que tous les bons citoyens ont reconnu que le roi est le convocateur naturel et le législateur provisoire des états généraux, miiiabeau, Collection, t I, p. 4 53.
— ÊTYM. Convoquer.
CONVOCATION (kon-vo-ka-sion; en poésie, de sinq syllabes) , s. f. Action de convoquer. La convoîation d'une assemblée. Du temps de Charlemagne, m était obligé sous de grandes peines de se rendre ï la convocation pour quelque guerre que ce fût, montesq. Esp. xxxi, 27. La lettre de convocation de l'empereur est adressée à saint Cyrille, patriarche i' Alexandrie , et aux métropolitains, dumarsais, Jio. Egl. gallic. part, n, max. ».
— HIST. xiv* s. Après ce que Appius Claudius ot ttxposé la cause de la convocation, bercheure, f°63, verso. Il prent église pour convocation ou congrégation gênerai du pueple, oresme, Thèse de meunier. || xv s. En vous ne en autre n'a nulle bonne vertu se elle ne vient de Dieu; si aiez tous jours le cueur en Dieu et en la vertu, c'est assavoir en la convocation en quoi vous estes convoqué, le Jouvencel, F 77, dans lacukne. || xvi* s. Jusques à la convocation et détermination du concile, M. du bell. 184.
— ÊTYM. Provenç. convocatio; espagn. convocaeion; ital. convocasione; du latin convocationem, de ! convocare, convoquer.
CONVOI (kou-voi), s. m. || 1° Terme de guerre Un certain nombre de chariots qui portent des vivres, des munitions, sous la protection d'une escorte. On a fait entrer un convoi dans la place. Sur cette route [de Moscou] deux convois considérables venaient de tomber au pouvoir de l'ennemi: l'un, par la négligence de son chef, qui se tua de désespoir; l'autre, par la lâcheté d'un officier qu'on allait punir quand la retraite commença, segur, Hist. de Napol. vm, 40. |[ L'escorte du convoi. Le convoi a été battu. || 2° Le corbillard, les voitures, et les personnes qui accompagnent un défunt au cimetièiv. Aller, assister au convoi d'un ;imi. Le convoi du pauvre. Sous Ptolcmée Lagus, le bœuf Apis étant monde vieillesse, la dépense de son convoi, outre les frais ordinaires, monta a plus de cinquante mille écus, rollin, Hist. anc. CEuvres, t. i, p. 74, dans pougens. Une place au sépulcre est un don que l'on brigue; Les morts vont au tombeau par immenses convois, lamart. Jiic. ix, 336. || Kig. Bossuet vient lui-même à la suite du convoi de tant de générations, marchant
CON
appuyé sur Isaïe et sur Jérémie, chateaubr. Génie, m, m, 8. || 3° Dans les chemins de fer, suite de voitures attachées les unes aux autres, qui accomplissent un voyage. Uprit le premier convoi. || 4°Terme de marine. Nombre de bâtiments de commerce qui naviguent sous la protection de vaisseaux de guerre. Nous avions trois frégates pour escorter notre convoi. Les flottes d'Auguste eurent pour objet principal la sûreté des convois et la communication des diverses parties de l'empire, montesq. Itom. 43. Le peuple de Sinope, affligé de la famine, consentit de céder le dieu [une statue du dieu] à Ptolémée pour un convoi de blé qu'il leur envoya, rollin, Hist. anc. Qîuvres, t. vu, p. 299, dans pougens. || L'escorte même. Le convoi repoussa l'attaque des corsaires. || Ordre de convoi, ordre de file dans lequel les vaisseaux gouvernent largue ou vent arrière. || 5° Autrefois, convoi de Bordeaux, nom d'un bureau du roi, établi à Bordeaux pour la perception des droits qui se levaient, par mer seulement, sur six ou sept sortes de marchandises, telles que les vins, les eaux-de-vie, les prunes, etc.
— hist. xv" s. Messire Thomas fit lier messire Hue sur un cheval et le faisoit ainsi mener par dérision après la route et le convoi de la roine, froiss. i, i, 23. Beau sire, dit le chevalier, voulez nul convoy [escorte]? nenny, dit Lancelot. Allez donques à la garde du créateur, en quelque lieu que vous soyez, Lancelot du Lac, t. H, f°36.||xvrs. Enai : Ne faisons point le convoi de Limoges? — Foeneste : Cornent? — Enai : Quelques Limousins passèrent une nuict à se convoier, d'aub. Fosn. n, 4». Le duc, pressé de famine, envoia le marquis de Favarre pour servir de convoi aux vivres qu'il envoioit chercher vers Grenade, id. Hist. i, 352. Il signala son retour aux chrestiens, en chargeant Capigi et un chaoux qui couduisoit l'argent, et tua le convoi, id. Hist. il, 389. Et voyant le bateau qui s'enfuyoit de moy, Parlant à Marion, je chantay ceconvoy, rons. 102. L'heure du convoy de l'enterrement, amyot, Solon, 4t.
— ÊTYM. Voy. convoyer.
t CONVOIEMENT (kon-vot-man), ». m. Terme de marine. Escorte d'un convoi de bâtiments de commerce.
— êtym. Convoyer.
CONVOITABLE (kon-voi-ta-bP), adj. Que l'on peut convoiter. Cela n'est guère convoitable.
— hist. xiv" s. Bien convoitable, oresme, Thèse
de MEUNIER.
— ÊTYM. Convoiter.
CONVOITÉ, ÉE (kon-voi-té. tée), part, passé. Les honneurs convoités par l'ambition.
CONVOITER (kon-voi-té), v. a. \\ 1° Désirer avidement. Il ne faut point convoiter le bien d'autrui. || Absolument. Voilà comment j'appris à convoiter en silence, à me cacher, à dissimuler, à mentir, à dérober enfin, i. j. rouss. Confess. i. || 2° En particulier, désirer une femme. Vous épousez ma fille, et convoitez ma femme, mol. Tart. iv, 7. [| Absolument. La chair convoite contre l'esprit, boss. Dang. t. Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte; Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte, mol. Tart. m, 2. || Proverbe. Qui tout convoite tout perd.
— HIST. xii* s. Mais li vilains dit piaillement : Que qui tôt coveite tôt peit, BENOIT, t. i, p.444,v. 9597. Naboth de Jezrael out une vigne veisine e mult près del paleis lu rei Achab; e li reis la cuveitad, Bois, 329. H an* s. Car fors ù estre as chans [champs] moût durement [elle] convoite, Berfc.xxix. Cascuns estoit convoitans et desirans de conquerre ses auemis, H. DE valenc. vi. Qui tout convoite tout piert, Chr. de Rains, 238. Quant li quens Fenansl'oïensi parler, si le creut corne fols que il fu, et convoita la terre, et quida trop graut cose de soi, ib. «44.. Voir dist li livres et savoir : Qui tôt covuite treslot pert, Ren. 44394. Sachiés que nul à droit ni va, Ne n'a pas entencion droite, Qui sans plus délit y convoite, la Rose, 4440. Car c'est la riens [chose] qu'il plus convoite, ib. 3340. Et si disons noz de celles desqueles la compaignie est convoitie por lor joneche ou por lor biaté, beaum. 41. Il covoita àoïr lor canchons et à leir quix gens c'estoient, id. lxix, 24 . Ne convoite pas sus ton peuple, ne charge pas de toute [maltôte] ne de taille, joinv. 300. || xiv* s. Affin que, par la resgarder, l'en ne fust tempté delà [Hélène] convoiter, car elle estoit très belle, oresme, Eth. 65. Comme il se fait mauvais meller de larrechin, Ne convoitie" aussi la femme à son voisin, Baud. de Seb. vu, 742. Quand ung bon esprevier a chacié une aloe bas et hault, et il l'a laissie si hault comme on puet regarder, et ung autre
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esprevier la convoitte et on le laisse aler.... Modut, f° ci. || xv* Et le roi leur envoyoit grand et grand argent pour payer leurs frais et despartir à ces seigneurs d'Allemagne qui ne convoitoient autre chose. froiss. 1,1, 66. Tel convoite qui a assez, leroux de lincy, l'rov. t. n, p. 420. || XVI' s. X qui suffil ce que Dieu donne, Plus a que tel porte couronne; Fol est qui convoite autrui terre Pour tousjours de meurer en guerre, leroux de lincy, l'rov. t. n p. 230. Qui plus a plus convoite, ib. ib. p. 402.
— ÊTYM. Wallon, cowèter; provenç. cobeilar, cubitar; catal. copdiciar; espign. codiciar; portug. cubicar; ital. cubitare; mot formé du bas-latin cupiditia (voy. convoitise).
t CONV01TEUR, EUSE (kon-voi-teur, teû-z') s. m. et (. Celui, celle qui convoite. Maints convoiteurs de biens se tenaient à l'affût, cas. delavigne, Coméd. i, 2.
t CONVOITEUSEMENT (kon-voi-teû-ze-man), adv. D'une manière convoiteuse.
— HIST. xiv* s. Gaing non moins convoiteusement que laidement croissant, oresme, Thèse de mebnier.
— ÊTYM. Convoiteuse, et le suffixe ment. CONVOITEUX, EUSE (kon-voi-teû, teû-z'), adj.
Qui convoite. Convoiteux de gloire, de richesse. Que son cœur convoiteux d'avarice ne crève, Régnier . Sat. x. Si ton cœur convoiteux est si vif et si chaud, id. Épit I, L'amour, comme tu sais, est un enfant gourmand; Et, pour rassasier sa faim trop convoiteuse, Je trouve des soupirs une viande creuse, th. corn. V Amour à la mode, iv, 7. | Substantivement. Cette part du récit s'adresse aux convoiteux ; L'avare aura pour lui le reste de l'exemple, la font. Fabl. vm, 27.
— HIST. xii* s. Là fu li juste sancs venduz et achatez; As Gieus est Judas li coveitus alez, Th. le mart. 137.11x111*8. Ains commencierenl li covoiteus de là en avant à retenir les choses, villeh. cvui. Je conois tant la manière de Lombars que il sont par nature convoiteus de gaaigner, Chr. de Rains, 'SI. Et Ysengrin moult s'en merveille, Qui defors fu moult angoisseus Et des anguilles covoiteus, Ren. 974. Â Dangier suis venu honteus, De ma pès fere convoiteus, la liose, 3(64. |j xiv* s. Les convoiteux dient que ce sont richesses, oresme. Eth. 4 4 4 4. Convoiteux et malicieux changeurs, Ordonn. des rois de France, t. m, p. 322. || xv* s. [Me>sire Geffroy ayant songé à corrompre le capitaine Aimery] s'y inclina, pourtant que celui Aimery estoit Lombard, et Lombars de leur nature sont convoiteux, froiss. i, :, 326. Et dirent bien [les chevaliers] que or et argent y estoient efforcéement accourus d'Angleterre, et que François sont trop convoiteux. id. I, I, 40. || xvi* s. Esprits volages et trop convoiteux de nouveauté, calv. Instil. 355. Nul ne cognoist estre avare, nul convoiteux; encores les aveugles demandent un guide; nous nous fourvoyons de nous mesmes, mont, m, 406.
— ÊTYM. Provenç. cobeilos, cubitos ; espagn. codicioso ; portug. cubiçoso; ital. cubiloso ; mot formé du bas-latin cupiditia (voy. convoitise).
CONVOITISE (kon-voi-ti-z'), s. f. Désir immodéré de posséder quelque chose. Regarder quelque chose d'un œil de convoitise. La convoitise ne se peut prescrire des bornes, vaugp.l. Q. C liv. x, dans richelet. La convoitise perdit l'un, L'autre périt par l'avarice, la font. Fabl. vm, 27. Si l'être de l'homme estborné, sa convoitise ne l'est pas, bourd. Pensées, t. D, p. 424. Cet appareil entretienne feu de la convoitise, boss. Lett. 484. Les yeux accoutumés avoir la figure de ce monde qui passe, par les endroits les plus éclatants, sont toujours prêts à se fermer, lorsqu'ils ne trouvent rien qui flatte leur curiosité ou leur convo.tise, fléch. Madame de Montausier.
— HIST. xiii* s. Puisqu'aillors [je] n'ai convoitise [d'amour], Bienl'ideûsse trover [merci], dans Couci, p. 4 19. Et [que ma dame] sache bien de verte Que j'ai plus grant convoitise De s'amour que de sauté, auboins desezannb, Romane, p. 427. Et de faire tout bien fu en grant convoitise, Berte, vi. Covoitise, qui est racine de tous maus, villeh. cvnr. Après fu painte Coveitise : C'est celé qui les gens atise De prendre et de noient donner, Et les gratis avoirs aûner, la Rose, 46». Convoitise, qui est herbergie en cuer de juge, pot fere de maus mult, beaum. xl, 23. Si que la vile ne soit pas damacte par lor convoitise de malversement retenir les biens du commun, m. l, 6. C'est aperte malvestés d'avoir convent à aidier à aucun, et après faillir par convoitise, id. v, 6. La convoitise qui est en vous, joinv. 29t. || xiv* s. Pour ce que il ont eonvoitisse de donner et de despendre, il ne font force ne
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différence en quelle manière ne de quelle part ils prennent, oresme, Eth. 4 09. Et la défiante est illiberalité et est avance et convoitise, m. ib. 48. || xv s. Se despartirent de l'ost pour la convoitise de gagner celle promesse, fboiss. i, i, 40. Adonc passèrent au petit pont, car ilz ne vouloient pas demeurer en la ville pour convoitise [désir] de trouver leur seigneur; ains se misrent en chemin là où ilz cuidoient que leur seigneur fust allé, Perceforest, t. n, f° 20. || xvi* s. Ire et haine est meurtre, quant à l'ame; convoitise est larrecin, calv. Inslit. 275. Ils ne peuvont regarder le bien de leur prochain que de traversée dévorant par convoitise, m. ib. 270. Si quelcun est chatouillé de convoitise d'en savoir plus outre, m. ib. 366. C'est l'eflect d'un esprit precipiteux et insatiable de ne sçavoir mettre fin à sa convoitise, mont, i, 35t. À convoitise rien ne suffist,
LEROUX DE LINCY, PrOV. t. II, p. 227.
— ÊTYM. Provenç. cubiticia, cubitia; calai, cobdi'ci'a/espagn. codicia; portug. cobiça; ital. cupidizia; du bas-latin cupiditia, de cupidus (voy. cupide). Cupiditia, avec l'accent sur di, a donné covoitise (avec l'intercalation d'une n, convoitise), ainsi que les autres formes romanes.
f CONVOL (kon-vol), s. m. Terme de pratique. Action de contracter un second mariage.
— ÊTYM. Voy. CONVOLER.
CONVOLER (kon-vo-lé), v. n. || 1» Convoler en secondes, en troisièmes noces, se marier pour la deuxième, pour la troisième fois. Les veuves disposées à convoler en secondes noces trouvaient en elle encouragement et assistance, ch. de Bernard, la Cinquantaine, § 3. || Absolument. Cette veuve a convolé. Â vingt ans mon mari m'a laissé mère et veuve...; Et faite comme on est, ayant quelques appas, On aurait pu trouver à convoler de reste, regnard. Légat, m, 8. Il [Ëriban] avait une fort jolie femme qui convola avec un marchand arménien, volt. Dial. e. || 2° En un autre sens, qui n'est usité que par plaisanterie, passer, changer de place. Le livre ayant déjà convolé en troisième main, il passa de la même façon en cinq ou six mains différentes, scarr. Rom. com. ch. 4 0.
— H1ST. xvi' s. Convoler à l'estat de mariage ou de religion, Nouv. couslum. génér. t. i, p. 886. Ne faisant point comme plusieurs dames que j'ay veu, veuves et convolantes , qui de leurs premiers et grands mariages s'abbaissoient et descendoient fort bas avec des petits, brant. Cap. franc, t. m, p. 28, dans i.acurne.
— ÊTYM. Provenç. contioiar; du latin convolare, de cum , et volare , voler.
CONVOLUTÉ, ÉE ( kon-vo-lu-té, tée), adj. || 1" Terme de botanique. Qui est roulé sur soi-même ou autour d'un autre corps , de manière à former un cornet. Feuilles convolutées. || 2° Terme d'entomologie. Ailes convolutées, ailes qui enveloppent le corps de manière à lui donner la forme cylindrique.
— ÊTYM. Lat. convolutus, part, passif de convolvere, de cum, et volvere, rouler (voy. volute).
t CONVOLUTIK, IVE (kon-vo-lu-tif, ti-v') , adj. Terme de botanique. Synonyme de convoluté.
— ÊTYM. Voy. CONVOLUTÉ.
+ CONVOLVE (kon-vol-v*) , s. m. Un des noms vulgaires du convolvulus ou liseron. Ainsi sur les moissons, quand l'orage a soufflé, Reposent, confondus dans le sillon comblé, Le convolve amoureux, la renoncule agreste, Et le pavot sanglant, et le bluet céleste, Et l'ivraie ennemie, et les épis de blé, jjasson, Helvéliens, vu.
— ÉTYM. Voy. CONVOLVULUS.
t CONVOLVULACÉES (kon-vol -vu-la-sée), *. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones monopétales à étamines hypogynes, à laquelle le liseron, convolvulus, a donné son nom.
t CONVOLVULIFOLIÊ, ËE (kon-vol-vu-li-fo-li-é , 6e), adj. Terme de botanique. Dont les feuilles sont semblables à celles du liseron.
— ÊTYM. Lat. convolvulus, et folium, feuille. CONVOLVULUS (kon-vol-vu-lus'), s. m. Terme
de botanique. Le liseron. Les convolvulus, les capillaires d'eau suspendent devant son nid [de la poule d'eau] des draperies de verdure, chateaub. Génie, i, v, 7.
— étym. Latin convolvulus, de convolvere (voy.