‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 364 sur 403 · SYN. SONNER, BOURDONNER, TINTER, COPTER · texte numérisé non relu

SYN. SONNER, BOURDONNER, TINTER, COPTER

Sonner, c'est mouvoir la cloche en sorte que le battant frappe des deux côtés; bourdonner, c'est mouvoir seulement le battant pour frapper des deux côtés; tinter, c'est mouvoir la cloche, an sorte que le battant ne frappe que d'un côté; copur, c'est faire aller le battant seulement d'un côté.

— hist. xv s. Une messe coppeti* par trente coups , du cange , missa copetata. Laqv elle messe se coppetera chascun jour trente coups f 4r long traict à la grosse cloche, id. ib.

— ETY". Ce parait être un verbe dérivé de copet, petit coup, diminutif de cop, ancienne orthographe de coup. 11 y a eu aussi une forma goheter, comme on le voit par ces exemples où le substantif est employé: Le plus gros sain ou cloche du moustier estre sonné par douze coups et gobetfix, l'un coup distant de l'autre. — Au son de la grosse cloche par douze appeaulx etgobets (textes de (4*8 et de i482), du cange, missa copetata.

+ COPTIQUE (ko-pti-k'), adj. Qui appartient aux Coptes, à leur langue.

— ÉTYM. Copte.

f COPTOGRAPDIE (ko-pto-gra-fîe), t. f. Art de découper des morceaux de carton, de manière à dessiner des figures par leur ombre, projetée sur la muraille.

— ÊTYM. Kômeiv, couper, et Ypôçeiv, dessiner. COPULATIF, IVE (ko-pu-la-tif, ti-v") , adj. Terme

de grammaire et de logique qui indique liaison entre les idées ou entre les mots. Particule copulative , conjonction copulative, et, substantivement, une copulative. En ce sens copulati/ est opposé à disjonctif , adversatif et alternatif. Je soutiens, moi, que c'est la conjonction copulative et.... — Je soutiens, moi, que c'est la conjonction alternative ou, beaumarch. Mariage de Figaro, m, 45. || Dans le sens moderne, copulatifse dit de toutes les conjonctions qui ne subordonnent pas la phrase qui les suit à celle qui les précède.

— HIST. xiv s. Quant telz deux opinions ou propositions sont conjointes ensemble en un sillogisme qui est une proposition copulative, la conclusion s'en suit de nécessité, oresme, Elh. 198. Proposition copulative, m. Thèse de meunier. || xv* s. Car logique sert de ceste œuvre, Et fait par argument sembler Ce qui n'est pas et ressembler Une chose à l'autre opposite, Et fait de la copulative Division estrangement , eust. desch. Poésies mss. P 467, dans LACURNE.

— ÉTYM. Voy. copule; provenç. copulatiu ; espagn. et ital. copulativo.

COPULATION (ko-pu-la-sion) , s. f. Accouplement du mâle et de la femelle. Il y a beaucoup d'animaux qui engendrent sans copulation , volt. l'Homme aux 40 e'cus, Mariage. Maint auteur antique et récent, Bien instruit en toute doctrine, Soutient que la goutte descend De copulation divine, Et que de Bacchus et Cyprine Naquit un enfant maupiteux; Mais nonobstant cette origine, C'est pauvre chose qu'un goutteux, conrart, dans richelet. Parce qu'on avait vu que tous les grands animaux se propageaient par la voie de la copulation, on en avait conclu précipitamment qu'elle était la loi générale de la propagation des espèces, bonnet, Lettres div. t. xu, p. 60, dans pougens. La société ne dure pas plus longtemps que chaque acte de copulation, J. l. rouss. Orig. Notes. || En parlant de l'homme et de la femme, on dit souvent copulation charnelle.

— HIST. xiv* s. Iceste copulation Faicte sans génération Et sans droicte nécessité, J. bruyant, dans Mtnagier , t. n, p. *e. || xvi* s. En la copulation charnelle, paré, xvm, 2.

— ÉTYM. Lat. copulatio (voy. copule).

t COPULAT1VEMENT (ko-pu-la-ti-ve-man), adv. D'une manière copulative. ».

— ÉTYM. CopuJatttje, et le suffixe ment. COPULE (ko-pu-1') , s. f. || 1" Terme de mgique.

Mot qui lie le sujet d'une proposition avec l'attribut; c'est le verbe être considéré dans une proposition. || 2° Terme de droit canonique. Union charnelle de

DICT. SU UL LANliUli i'IUNgAISli.

COQ

l'homme et de la femme. Une promesse de mariage est obligatoire en conscience quand la copule s'en est suivie.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. copula; du latin copula, lien (voy. couple).

t COPULER (ko-pu-lé) , v. n. Terme didactique. Assembler, unir par copule.

— HIST. xiv s. Â ceste doubte est copulée et prochaine une autre [doubte] , oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. Provenç. copular ; ital. copulare ; du latin copulare, assembler (voy. copule).

I. COQ (kok; le q se fait toujours entendre, excepté dans coq d'Inde qui se prononce: ko-din-d'; dans plusieurs provinces.au pluriel, on prononce non pasdes kok, mais des ko, qui est une prononciation ancienne), s. m. || 1° Le mile de la poule. Combats de coqs. Deux coqs vivaient en paix; une poule survint; Et voilà la guerre allumée, la font. Fabl. vu, )3. Un misérable coq à point nommé chantait, id- ib. v, 6. Sur la branched'un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroitetmatois, iD.i'6. n, )6. La ville de Sybaris sera décriée à jamais par la mollesse de ses habitants, qui avaient banni les coqs de peur d'en être réveillés, fonten. Dial. 2*, Morts anciens. Au milieu d'eux le coq, d'un air de majesté, Marche, sûr de sa force et fier de sa beauté, deulle, Par. perdu, vu. || Par extension, le mâle de plusieurs gallinacés. Coq d'Inde. Coq faisan. Le coq de la perdrix. Si mes paons de leur beau plumage Me font admirer les couleurs, Je crois voir nos jeunes seigneurs Avec leur brillant étalage ; Et mes coqs d'Inde sont l'image De leurs pesants imitateurs-, volt. Ép. cvn. || Fier comme un coq, très-fier. || Familièrement. Être rouge comme un coq, être extrêmement rouge. Se dit souvent d'un homme en colère. || C'est un bon coq, se dit d'un homme vigoureux en amour. || Être comme un coq en pâte, avoir toutes ses aises (voy. pâte). || Populairement. Â nous le coq, à nous la supériorité, à nous le bouquet. || 8° Figure de coq qui se met au plus haut d'un clocher pour servir de girouette. Je sais que l'honneur vous est cher, Que vous avez l'âme insensible, Que vous êtes moins accessible Que n'est le coq d'un haut clocher, scarron, Stances pour un gentilhomme qui était à Bourbon. Ton œil ne peut se détacher Du vieux coq de ton vieux clocher, bérang. Bohém. || Coq gaulois, un des insignes de la nation française. Son aigle est resté dans la poudre. Fatigué de lointains exploits; Rendons-lui le coq des Gaulois, Il sut aussi lancer la foudre, bérang. Vieux drap. Le choix de cet oiseau comme symbole de la nation française est de date récente (la première révolution et surtout celle de 1830); il ne paraît guère fondé que sur l'homonymie latine de gallus qui signifie à la fois coq et Gaulois. !| 3" Familièrement, personnage le plus riche ou le plus important d'un lieu. Il est le coq de son village. Viens, parais, jeune prince, et qu'on te reconnoisse Pour le coq de notre paroisse, volt. Fête de Bellebat. Il est le coq du bourg, connu pour un Crésus, Et possède du moins cinquante mille écus, hauteroche, Deuil, se. 4. || 4° Terme d'histoire naturelle. Coq de bruyère ou des bois, espèce de coq sauvage, du genre tétras, gallinacés. || Coq de marais, un des noms vulgaires du tétras bonasie, dit aussi gelinotte. || 6° Terme de botanique. Coq des jardins, menthe de coq, ou herbe au coq, plante corymbifère d'une odeur agréable. || 6° Terme de pêche. Coq de mer, dorade. || 7" Terme d'horloger. Espèce de platine enjolivée de gravures ou autres ornements dont on couvre le balancier. || Terme de serrurerie. Espèce de crampon qui sert à assurer diverses pièces. || Proverbes. Chétive est la maison où le coq se tait et la poule chante , c'està-dire où la femme est maîtresse. || La poule ne doit pas chanter avant le coq, il faut que l'autorité appartienne au mari.... Mon congé cent fois me fût-il hoc, La poule ne doit pas chanter devant le coq, mol. F. sav. v, 3.

— HIST. xm* s. Quant sire chantecler li cos Estoit aie.... Ken. i3as. De tant li cos est plus viex, de tant vaut il miex, alebrant, f" 47. Chars de cok, id. ib. Si cumvers la mie nuit vint, Onques de rien conte ne tint, Mais à la lei de mendiant S'en est alez el coc chantant, Grégoire le Grand, p. 84. La vile seoit en un bos, Moult i ot gelines et cos, Anes [canards], malarz et jars et oes [oies], Ren. 1272. || xv* s. Un coq d'Inde sa gorge à toi semblable porte; Combien de riches gens n'ont pas si riche nez!.... basselin , vi. H xvi* s. Ils coqueliquent comme les coqs, ils cloussent comme les poules, paré, Animaux, 25. La corne de cerf, le cerfueil, targon, coq, et autres menues herbes, o. de serres,

COQ

638. Qui sçait si c'est quelque sens particulier qui descouvre aux coqs l'heure de minuit et du matin Y charron, Sagesse, i, H. Coc chante ou non, viendra le jour, baïf, dans leroux de lincy, t. i, p. (72. Ils lui envoyoient mille presens, comme gibiers ou flaccons de vin, et ses femmes lui faisoyent des maucadons et des camises; il estoit trailté comme un petit coq au panier, dksper. Contes, lxj. 11 n'y ferait non plus que le coq sur les œufs, cotgrave. Jà ne chante le coq, si viendra le jour, id.

— ÊTYM. Picard, cou.co; Berry, cô; pays de Coire, cof.-anglo-sax. coco; angl. cock; bas-bret. kok. D'après Diez, c'est une onomatopée. Palsgrave écrit, au pluriel, quoqi, prononcé quox. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cos; au régime singulier, le coc; au nominatif pluriel, li coc; au régime pluriel, les cot.

2. COQ (kok), s. m. || 1* Terme de marine. Le cuisinier à bord des grands bâtiments. || i° Dans les corderies, se dit de l'ouvrier qui fait chauffer le goudron.

— étym. Allem. Koch, cuisinier (beaucoup de termes de marine venant de l'allemand), qui luimême vient du latin coquut (voy. queux, *. m.).

COQ-À-L'ÂNE (ko-ka-là-n'), s. m. Discours sans liaison, passant d'un sujet à l'autre. Dès qu'il fut de retour, il me conte son aventure que j'entendais bien du premier coup, encore qu'il y eût bien du coq-à-1'âne en son discours, Francion, 1. vi, p. 245. J'ai écrit dans les interlignes des coq-à-1'ânesi ridicules, volt. Lett. Itoi de Prusse, 8. || Au plur. Iles coq-à-l'âne. Cependant, quand la rime l'exige, les

poètes n'hésitent pas à écrire coq-à-1'ânes Pour

être bel esprit II faut avec mépris écouter ce qu'on dit, Rêver dans un fauteuil, répondre en coq-àl'ânes, Et voir tous les mortels ainsi que des profanes, regnard, le Distrait, iv, 7.

— HIST. xv" s. De moi vraiment Vous vous raillez; Trop vous faillez, Car vous saillez Du coq en l'asne Evidemment, Le loyer des folles amours, p. 3)6, dans lacurne. C'est bien sauté du coq à l'asne, leroux de lincy, Prov. t. i, p. 173. ||xvi*s. Le cerveau lui voltige tellement que, sautant du coq à l'asne, il s'oublie en moins de quatre mots, calv. 315. C'est bien sauter du coq à l'asne de parler des uns et des antres en confus et sans discrétion, n>. Instit. 699. Je te suppli m'excuser si du coq à l'asne vois sautant, marot, h, (29. Autant te dy-je des satyres que les François, je ne sçay comment, ont appelées cocs.à l'asne.... Cette inepte appellation de coc à l'asne, du rellay, i, 25, recio. Un prélat lui parlant un jour [à Henri IV] de la guerre et assez mal, il tourna, comme on dit, du coq à l'asne, et luy demanda de quel saint estoit l'office ce jour là dans son bréviaire, Amours d'Henri IV, p. 42, dans lacurne. Coq à l'asne ou bien satyre est composition de propos non liez, couvertement reprenant les vices d'un chacun, boissiêre, Poétique, p. 254, dans lacurne. Coqs à l'asne ou en l'asne, espèce de poésie françoise, goujet, Bibl. franc, t. xn, p. »7.

— ÉTYM. Cette locution vient, dit-on, de l'histoire du coq et de l'âne, qui, voyageant ensemble et en compagnie du chat, font, la nuit, un grand vacarme et produisent une confusion épouvantable; cette histoire est dans les contes de Grimm. Pourtant les exemples cités dans l'historique semblent montrer que le sens est non le désordre du coq et de l'âne, mais le passage du coq à l'âne, c'est-à-dire d'un sujet à un autre. L'anglais dit : cock-and-a-bull (coq et un taureau).

f COQ-HÉRON (ko-ké-ron), t. m. Ancien nom donné au héron mâle.

t COQ-SOURIS (kok-sou-ri), s. m. Terme de marine. Voile ou bonnette en deux parties, qui se lace entre le hunier et la vergue de fortune d'un sloop, d'une galiote.

t COQUALIN (ko-ka-lin), s. m. Ecureuil de la Nouvelle-Espagne.

t COQUANT (ko-kan), t. m. Un des noms de ia marouette, oiseau.

t COQUARD (ko-kar), s. m. (il* Vieux coq.|| Fig. et familièrement, fou, benêt. Et s'il le dit, c'est un coquard, la font, dans le Dict. de dochez. || î" Le produit du croisement du faisan avec la poule.

— ÉTYM. Coq.

— HIST. xiv s. [Tu] Bien me tiens pour quoquart, quant à moi veulz partir [partager] ; Es-tu donc mes paroilz [mon égal]?... Girart de Hoss. v. 3(77. Ce n'est au pouvoir de son art; Et si le dit, c'est un coquart, Nat. à Valchim. errant. 6)2. Garçon, nico etcoquart [ils] l'aloient apelant, Guesclin, 60. || xv s. Encor te tien-je pour kokart, Quant tu te tiens yci si tard; Va-toi couchicr....Fr.oiss. Épin. amoureuse,

COQ

Mais s'un homme a troicens livres de rente, Tant soit cocart, chascun sera parez En dissimulation De li faire grant inclination, eust. desch. Poésies mss. t° 24 3, dans lacurne. Princes, pou vault, le coquart enseignier, Ne faire au foui de sens longue divise, ib. f" 275. Plusieurs coquarts sont bien en point Et ne sauraient finer de quoy Payer la façon d'un pourpoint; Ils n'ont d'argent ne peu ne point, coquillart, dans richelet. Ceux qui cuident que les femmes soient si leales, sont parfaicts coquards, louis xi , Nouv. xxvi. || xvi* s. Mieux vaut l'ombre d'un sage vieillard que les armes d'un jeune coquard,

COTGRAVE

— ÉTYM. Coq.

t COQUÂTRE (ko-kà-tr') , t. m. Demi-chapon, poulet chaponné à moitié. || On dit d'un homme qui chante mal, qu'il a une voix de coquâtre.

— ÊTYM. Coq, et la désinence péjorative dire. COQUE (ko-k'), ». f. || 1° Enveloppe extérieure de

l'œuf. Les perdreaux courent au sortir de la coque. [Des poèmes] Ensemble lentement tous couvés sous mes ailes, Tous ensemble quittant leurs coques maternelles, Sauront d'un beau plumage ensemble se couvrir, a. chênier, 491. || Fig. Ce couplet sortait de sa coque [venait d'être fait] le jour que je partis de Paris, sêv. 426. || Ne faire que sortir delà coque, être encore trop jeune pour certaines choses. || Œufs à la coque, oeufs légèrement cuits dans leur coque même. Les œufs furent leur unique ressource [de Mme des Ursins et de sa suite] , et encore à la coque, frais ou non, st-sim. 382, 4«0. Et ressemblez à l'œuf cuit dans sa coque; Plus on réchauffe, etplusserendurcit, J. B. rouss. Épigr. n, 6. || Coques, œufs d« poisson de mer que l'on emploie pour amorcer les filets avec lesquels on pêche les sardines. || 2" Enveloppe où s'enferment certaines chrysalides. Les vers à soie se font de leur coque une espèce de tombeau, fén. Exist. 4 ». Si Locke eût réfléchi un moment aux idées innées des animaux, il se fût convaincu que c'est par elles qu'une chenille sortant de son œuf.... se choisit une retraite sous une branche.... qu'elle s'y file une coque avec un art admirable.... bern. de s.-p. Harm. liv. v, Harm. anim. L'historien immortel du ver à soie s'est assuré que la coque de cet insecte est formée des lacis d'un même fil dont la longueur est de plus de neuf cents pieds de Bologne, bonnet, Contempl. nat. 42* part. ch. 4. Les chenilles nous vaudraient bien d'autres richesses, si nous entreprenions de mettre en œuvre les coques de soie que diverses espèces de ces jnsectes savent se construire; celles qui ne pourraient pas être filées, pourraient au moins être cardées et servir utilement en différentes fabriques, telles que celles des bas, des draps, des feutres, des ouates, du papier, Id. ib. Œuvres, t. vm, p. 318, dans pougens. Vous avez vu quelquefois l'ouvrage d'un ver à soie ou les coques que ces petits animaux travaillent avec tant d'art pour s'y emprisonner : elles sont d'une soie fort serrée, mais elles sont couvertes d'un certain duvet fort léger et fort lâche ; c'est ainsi que la terre, qui est assez solide, est couverte, depuis sa surface jusqu'à une certaine hauteur, d'une espèce de duvet qui est l'air, et toute la coque du ver à soie tourne en même temps, font. Mondes, i" soir. Chaque planète est entourée de son atmosphère comme d'une coque, et roule dans l'espace autour de son soleil, volt. Dial. xv, 4" entretien. Figurez-vous un ver à soie qui s'enterre dans sa coque en filant, volt. Lett. d'Argental, 23 janv. 4763. || Fig. Il faisait le cafard, Se renfermait.... Dedans sa coque, la font. Ilerm. || 3° Par analogie, enveloppes ligneuses de certains fruits. Coque de noix, d'amande. || Je n'en donnerais pas une coque de noix, se dit d'une chose dont on ne fait aucun cas. || Dans le langage botanique, la coque est un fruit ou une portion de fruit sec, dont la déhiscence a lieu avec élasticité, à cause d'un ressort membraneux situé à sa base. || Coque duLevant, nom des drupes desséchées d'un arbuste sarmenteux du Malabar et des Moluques {menispermum cocculus, L.). Elles sont employées pour enivrer le poisson et le prendre facilement ; on a cru longtemps que cela ne communiquait au poisson aucune qualité nuisible; mais le contraire paraît aujourd'hui démontré. || 4" Coques de perles, nom de petites élévations qui se trouvent attachées à la nacre, et que les lapidaires mettent en œuvre en les réunissant deui à deux, de manière à imiter des perles entières. || 5° Terme de toilette. Coque de ruban, ruban de la longueur de 4 0 centimètres ou environ, suivant la largeur du ruban, dont les deux bouts mis l'un sur l'autre, et plissés légèrement ensemble , servent à faire un nœud ou un ornement. || Coque de cheveux, cheveux tournés en

COQ

coque. || 6* Terme de marine. La coque d'un navire, l'enveloppe des bordages, le corps. || Faux pli qui se fait à une corde trop forte et qu'on n'a pas pris soin de détordre. || T Terme de pêche. Sorte de coquillage bon à manger ; c'est le nom vulgaire de la bucarde. || 8° Terme de serrurerie. Coques, nom de petites pièces de fer qui servent à conduire le pêne d'une serrure. || Larges crampons sur la platine d'un verrou à ressort ou d'un loqueteau. || 9° Coque d'œuf, défaut de glaçure dans les poteries.

— HIST. xm' s. Biau père, dit ladamoisele, Ci a dolereuse novele : Vostre orguel ne vaut une coque; Sachiés que fortune vous moque, la Rose, 6644. || xvi* Nature les ha muniz et couvertz de gousses, testz, coques, rab. Pant. m, 8. X toucher plus polie et fine Que n'est une coque marine, du bell. iv, 77, verso. Des coques de nacre de perles bien dorées, d'aub. Hist. n, 292. Quand l'eau n'estoit plus trouble, on pescha à l'endormie, à quoy ne fut pas espargnée la coque du Levant, id. Conf. i, 9. Il me semble raisonnable que meshuy je m'appile et me recueille en ma coque comme les tortues, mont, iv, 4 17.

— ÉTYM. Ane. espagn. coca; du latin concha, coquille (voy. conque).

COQUECIGRUE (ko-ke-si-grue), s. f. || 1° Animal imaginaire dont le nom est employé dans diverses locutions. On dit qu'une chose arrivera à la venue des coquecigrues, pour dire qu'elle n'arrivera jamais. Vous aurez des coquecigrues, se dit en raillant à quelqu'un qui demande quelque chose. J'ai des coquecigrues, se dit de même en raillant à celui qui demande ce qu'on a là. Mon esprit à cheval sur des coquecigrues, st-amant, dans furetiêre. Toute métaphysique ressemble assez à la coquecigrue de Rabelais, volt. Lett. envers et prose, 80. ^"Personne qui ne dit que des balivernes. Raisonner comme une coquecigrue. Je trouve des coquecigrues, des momies, sbv. 433. Elles élèvent fort bien leurs petites filles, elles ne leur apprennent point à mentir ni à dissimuler leurs sentiments; point de coquecigrues ni d'idolâtrie; enfin je les aime, id. t. vi, p. 344, lett. 628, danspouGENS. || 3° Baliverne, conte en l'air. Il nous vient conter des coquecigrues, des coquecigrues de mer.

— rem. Mme de Sévigné et Voltaire écrivent coxigrue ; et la première édition de l'Académie coquesigrue.

— HIST. XV s. Bien resemblez une coque fague; Barbe n'avez.... E. desch. Poésies^ mss. f°224, dans lacurne. || xvi's. Ainsi s'en alla le pauvre colérique; puis passant l'eau au pont Huaux, et raccontant ses maies fortunes, fut avisé par une vieille lourpidon, que son royaume lui seroit rendu à la venue des coquecigrues, rab. Garg. i, 49. S'il reculoit, c'estoient des coquecigrues de mer, id. iv, si.

— ÊTYM. Normand et Berry, coquecigrue, nom de la bugrane gluante, plante; bourguig. côquesegrue. Origine inconnue. Ménage dit que dans les cabinets des curieux on nomme coquecigrues les coquilles de mer, et il tire le mot de conchylia acuta, coquilles aiguës; ce qui n'est pas admissible. D'après Ch. Nisard, il viont du latin cicus, ciccus, chose de rien, et du grec Ypù, qui a le même sens; il est possible en effet que gru entre dans ce mot bizarre; mais le mot coque y entre certainement; en effet outre coquecigrue, on a, avec un sens trèsanalogue, coquefredouille dans Cotgrave; coqueluirie dans Eust. Deschamps : Faisons donc la departie [allons-nous-en]; Allez à Dieu coqueluirie; Trop de hourt et de barat sçavez; De ceux ne suis ceste fie, Poésies mss. f° 450, dans lacurne. Ajoutez-y coquefague, cité au commencement de l'historique; et vous avez coque avec fague, fredouille, luirie, cigrue, tous suffixes dont le sens est inconnu et qui ne sont peut-être que fictifs et formes de plaisanterie.

t COQUEFREDOUILLE (ko -ke-fre-dou-11', Il mouillées), s. m. Un pauvre hère, un homme sans esprit. L'espagnol, ce coquefredouille, Va toujours à l'école et perd toujours bredouille, deshoulières, dans le Dicl. de bescherhlle. C'était au temps où la France portait des hommes mâles et non des coquefredouilles embéguinés, Dict. de Trévoux.

— ëtym. Voyez, pour une conjecture, coquecigrue.

COQUELICOT (ko-ke-li-ko; le l ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie ; les coquelicots et les blés, dites : les ko-ke-li-kô-z et les blés; coquelicots rime avec repos, faux), ». m. Espèce de petit pavot à fleur rouge qui croit dans les champs (papaver rhœas, L.). Les pétales du coquelicot sont employés en infusion comme sudorifiques. || Rouge

COQ

comme un coquelicot, se dit très-souvent de quelqu'un qui devient extrêmement rouge, d'embarras, de col're, etc.

— HIST xiv s. Un coquelicoq, tout droict sur ses piedz, dont le corps est d'une coquille de perle, pesant quatre marcs sept onces, de laborde, Émaux, p. 223. || xvi* s. Quoquelicoq est espèce de pavot; Il croist en terre grasse et bien labourée, estant en fleur un peu devant la maturité des bleds, parmi lesquels se mesle il, o. de serres, 626.

— ETYM. Picard, cocriacot. Ce mot, comme on voit par l'historique, signifio coq; c'est une onomatopée, coquelicot ou coquerico; puis, les fleurs de cette plante étant rouges, on les a comparées à la crête du coq, dont le nom a passé à la plante. Cependant Marcellus Empiricus ayant dit : papaver silvestre quod gallice calocatonos dicitur, Grimm a essayé de le rattacher au celtique : Irland. codlaineam,codalan.

fCOQUELINER ( ko-ke-li-né) , v. n. Chanter en parlant du coq.

— HIST. xvi* s. Coqueliner un enfant, cotgrave. — ÉTYM. Coq. On trouve coquelineux avec le sens

de : qui fait le coq, qui court après les jeunes filles : Quand ces trois bonnes qualités sont en un personnage, on ne se doit pas esmerveiller s'il est un petit coquelineux, desper. Contes, iv.

COQUELOURDE (ko-ke-lour-d'), ». f. Nom vulgaire de l'anémone pulsatille et de différentes plantes parmi lesquelles on distingue la lychnide coronaire, l'héliotrope du Pérou, l'hépatique des jardins.

— HIST. XV s. Contrefaisant la coquelourde Soubz un malicieux abit, ch. d'orl. Itondel. 29. || xvi's. Souventes fois s'esbat et rit X planter une gente bourde, Contrefaisant la coquelourde Soubz un malicieui habit, Départie d'amours, p. 279 , dans

LACURNE

— ÉTYM. D'après Bourdelot, de coque lourde, à cause que la coque en est plus lourde que celle d'autres fleurs; d'après Ménage, de cloka lurida, clochette foncée, parce que les fleurs en sont jaunes Ce qui ajoute à l'incertitude , c'est que coquelourde a dans l'historique un sens tout différent et assez mal déterminé.

COQUELUCHE (ko-ke-lu-ch'), ». f. || 1° Sorte de capuchon. 11 est vieux. || Fig. et familièrement. Etre la coqueluche du lieu, du pays, y être hautement loué, vanté, y être en vogue, fêté, choyé. Lorsque vous étiez la coqueluche ou l'entêtement de certaines femmes qui ne juraient que par vous et sur votre parole, qui disaient : cela est délicieux, qu'a-t-il dit? la bruy. v. Lui.... c'est la coqueluche Des filles de Falaise : il étudie en droit Et sait tout son Cujas sur le bout de son doigt, begnard, le Bal, se. 7. C'est cependant, dit-on, la coqueluche de Paris, baron, homme à b. fort, n, 3. Fabrice, mon cher Fabrice, bien loin d'être la coqueluche des femmes de Valladolid, apprends, mon ami, que j'en suis la dupe, lesage, Gil Bios, i, 47. || Coqueluche signifiant un capuchon , cette locution est équivalente à être coiffé de quelque chose. || 2* Terme de médecine. Maladie caractérisée par une toux convulsive, et qui attaque particulièrement les enfants. |]3°S. m. Le mâle de l'ortolan des roseaux.

— HIST. xv* s. Adonc regnoit par toutes les parties du royaume une maladie générale qui se tenoit en la teste, de la quelle moururent plusieurs personnes, tant vieux que jeunes, et se nommoit icelle la coqueluche, monstrelet, ch. 4 48. La quelle maladie se nommoit la coqueluce, J. lefevre de st-remï, 7/ist. de Charles VI, p. 58, dans lacurne. Le suppliant prinst une aumusse ou coqueluche, du canoë, coqueia. || xvi's. La coqueluche des moines, rabel. dans la Bib. de St-Victor. Je ne puis laisser en arrière une maladie qui régna trois mois de cette année-là, nommée la coqueluche, laquelle plusieurs estiment estre marque infaillible de la peste pour l'année d'après, d'aub. Hist. n, 365. Il y a un accident de peste appelle coqueluche, ainsi dit, parce que ceux qui en estoient esprins sentoient une extrême douleur 4e teste, et à l'estomach, aux reins et aux jambes, avec fièvre continue, et souvent avec délire et frénésie, paré, xxiv, 30. Nous vismes en l'an 4657 en plain esté s'élever par quatre jours entiers un reume qui fut presque commun à tous, par le moyen duquel le nez distilloit sans cesse comme une fontaine, avecque un grand mal de teste, et une fièvre qui durait aux uns douze, aux autres quinze heures, que plus que moins; puis soudain, sans œuvre de médecin, on estoit guery; la quelle maladie fut depuis par un nouveau terme appelle par nous coqueluche, pasquer, Rttlterthct, liv iv, p. 375, dans LACURNE.

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— êtym. Ménage le tire de cuculuccia, dérivé de cucullus, sorte de capuchon. Le nom de coqueluche fut donné, dans le xv* siècle, à une sorte de grippe pour laquelle les malades se couvraient la tête d'une coqueluche ou capuchon ; puis il a passé à la toux convulsive des enfants, qui est une maladie toute différente de ces épidémies du xv" et du xvi* siècle.

COQUELUCHON (ko-ke-Iu-chon), s. m. Terme familier. Capuchon. || Coqueluchon de moine, nom donné par les marchands de coquilles à un certain mollusque (cuculée auriculifère).

— ÉTYM. Coqueluche ; bourguig. coqueluche.

t COQUELUCIIONNÉ. ÊE (ko-ke-lu-cho-né, née) , adj. Disposé en coqueluchon. Elle déguisoit votre fils avec trois jupes si plaisamment coqueluchonnées que.... sêv. 5(7.

* êtym. Coqueluchon.

COQUEMAR (ko-ke-mar), s. m. Pot à anse de terre vernissée, ou d'étain, ou de cuivre, qui sert à faire bouillir de l'eau.

— HIST. xiv" s. Trois petits coquemars, à biberon; et au couvescle sont les armes de Mons' le Dauphin, delaborde, Émaux, p. 223. Un petit coquemart d'argent blanc verre, et y a sur le couvescle un esmail rond, esmaillé de France, id. ib. Item [je laisse] et à Perrot Gérard, Barbier juré du bourg la Royne, Deux bassins et un coquemard, villon, G. tcstam.

— ÊTYM. Latin, cucuma, chaudron ; ital. cogoma. t COQUEMELLE (ko-ke-mè-1') , s. m. Champignon d'un très-bon goût.

f COQUENOUILLER(ko-ke-nou-llé, Il mouillées), s. m. Terme de botanique. Plante d'Amérique dont les graines servent à faire une espèce de pain.

t COQUEPLUMET (ko-ke-plu-mè), s. m. Homme qui fait le coq, le merveilleux, portant des panaches, un costume éclatant. || Inusité.

— HIST. xvi* s. Maints gentilshommes qui se montrent vaillants coqueplumets sur le pavé de Paris, Sat. ttén. dans le Dict. de besciierelle.

— ÊTYM. Coq, et plumet.

fCOQUEREAU (ko-ke-rô), s. m. Terme de marine. Espèce de petit navire.

— ÊTYM. Diminutif de coque ou coche, bateau (voy. coche).

t COQCERELLE (ko-ke-rè-P) , s. f. Terme de botanique. Voy. ALKÉKENGE.

— HIST. xvi* s. L'eau de gramen ou chien-dent, dans la quelle aurés dissout fruit de coquerelles, ressemblant à petites cerises, o. de serres, 826.

— êtym. Diminutifde coque.

COQUERET (ko-ke-rè), s. m. Voy. alkékenge.

— HIST. xvi' s. L'eau distillée de l'herbe de bassinet ou coqueret, o. de serres, 97). X l'envi sont jà cueillis Les verds trésors de la plaine, Les coquerets et les lis, La rose et la marjolaine, rons. 467. Et du tendre crystal de nos larmes menues Les fleurs des coquerets blanches sont devenues,

— ÊTYM. Diminutif de coq, ainsi nommé par comparaison avec la crête du coq, l'alkékenge portant une baie renfermée dans une vésicule rougeàtre.

COQUERICO (ko-ke-ri-ko) , *. m. Chant du coq.

— ÊTYM. Onomatopée.

t COQUERIE (ko-ke-rie) , s . f. Terme de marine. Grande cuisine bâtie sur un quai. j| Cuisine de bord.

— ÊTYM. Coq 2.

f COQUERIQUER (ko-ke-ri-ké) , v. ». Se dit du chant du coq. '

tCOQUERON (ko-ke-ron), *. m. Terme de marine. Chambre à l'avant de certains bâtiments où elle sert de cuisine. Espèces de petites armoires dans les chaloupes.

t COQUES (ko-k'), *. f. plur. Terme de blason. Espèce de noisettes vertes et en fourreau.

— ÊTYM. C'est le pluriel de coque, coquille. COQUET, ETTE (ko-kè, kè-t'), adj. || i° Qui a

de la coquetterie; qui cherche à plaire. Des manières coquettes. Humeur coquette. Les femmes sont fort coquettes avant le mariage et beaucoup plus après, hamilt. Gramm. 6. Personne ne dansait mieux, et personne n'était si coquet, m. ib. C'était [FénelonJ un esprit coquet qui cherchait à être goûté et voulait plaire, st-sim. 31 , 407. En gens coquets il [l'amour] change les Catons; Par lui les loups deviennent des moutons, la font. Courlis. Un moineau fort coquet Et le plus amoureux de toute la province Faisait aussi sa part des délices duprince, la font. Fabl. x, 12. Une femme coquette ne se rend pas sur la passion de plaire.... Elle regarde le temps et les années comme quelque chose seulement qui ride et qui enlaidit les autres femmes; oublie du

COQ

moins que l'âge est écrit sur le visage, la bbuy. ht. Une femme qui n'a qu'un galant croit n'être point coquette ; celle qui a plusieurs galants croit n'être que coquette, id. ib. Le magistrat coquet ou galant est pire dans les conséquences que le dissolu ; celui-ci cache son commerce et ses liaisons, et l'on ne sait souvent par où aller jusqu'à lui, id. xi y. Un homme coquet est quelque chose de pire qu'un homme galant ; l'homme coquet et la femme galante vont assez de pair, id. m. Moil j'irais épouser une femme coquette! boil. Sal. x. Ne vous y fiez pas; je lui trouve l'air bien coquet; elle a, ma foi, les yeux fripons, id. Héros de romans. Parlons à cœur ouvert et confessons la dette; Je suis un peu coquet, tu n'es pas mal coquette, mîgnard, le Distrait, iv, a On dit que les femmes coquettes Pour faire réussir leurs pratiques secrètes, Des nouveaux débarqués s'informent avec soin , id. Ménechmes, n 4. La femme est coquette par état, j. j. nouss. Ém. v. C'est le tissu des intrigues secrètes, L'emploi savant des parures coquettes, Bernard, Art d'aimer, 1. 1| Par extension. Lorsque la coquette espérance Nous pousse le coude en passant, Puis à tire-d'aile s'élance Et se retourneen souriant, A. de mussbt. Poésies nouv. Chanson. Que me veux- tu, chère fleurette, Aimable et charmant souvenir? Demi-morte et demi-coquette, Jusqu'à moi qui te fait venir? m. A une fleur. || 2* Substantivement Quand un coquet fieffé, D'amour, de bonne

sorte, une fois s'est coiffé, Cela tient comme glu.... hauter. Crisp. mus. v, 8. Son rival autour de la poule S'en revint faire le coquet, la font. Fables, vu, 43. On nous voit tous pour l'ordinaire, Piller le survenant, nous jeter sur sa peau; La coquette et l'auteur sont de ce caractère, la font. Fab. i, 4 5. Oui, voilà comme il faut que les femmes soient faites, Et non comme j'en sais, de ces franches coquettes Qui s'en laissent conter.... mol. Éc. des maris, n, 12. Le mot de galante aussi n'est pas assez; celui de coquette achevée me semble propre à ce que nous voulons, mol. Pourc. Il, 4. Que la peste étouffe les coquets, la coquetterie et tous ceux qui l'ont inventée ! baron, l'Homme à bonnes fortunes, H, 4 3. L'autre se façonne en coquette, Qui sans cesse écoute ou caquette, Et n'a jamais assez d'amants, perraut, Griselidis. La coquette tendit ses lacs tous les matins; Et, mettant la céruse et le plâtre en usage , Composa de sa main les fie urs de son visage , boil. Éplt. ix. Lise entend dire d'une autre coquette qu'elle se moque de se piquer de jeunesse, la brut. m. C'est providence de l'amour Que coquette trouve un volage, la motte, Fab. II, 7. Une coquette est un tyran qui veut tout asservir, pour le seul plaisir d'avoir des esclaves, marmont. Ccntesmor. Heureusement. || Termede théâtre. Lagrande coquette, la comédienne qui joue les grands rôles de femme dans la comédie de caractère. C'est la grande coquette qui fait Elmire dans Tartuffe, Philaminte dans les Femmes savantes, Célimène dans le Misanthrope. On dit aussi jouer les coquettes.

— HIST. xin' s. Com maintes femmes par le mont [monde] , Qui coraiges remuants ont, Et tout aussi les vont tornant, Comme li cokes [petit coq] tome au vent, Bl. et Jehan, 224. || xv* s. Coquette immonde et mal famée Et de tout bon point dégarnie, Vieille moralité, dans le Dict. de dochez. || xvi* s. Une coquette, oudin, Dict.

— ÉTYM. Diminutif de coq; coquet, dan» le sens de galant, ayant été dit d'après une métaphore empruntée aux allures du coq.

f 2. COQUET (ko-kè), s. m. Petit bateau de rivière, amenant des marchandises de Normandie à Paris.

— HIST. xvi* s. Il n'y eut autre dommage sur les dits François, fors qu'en un coquet où estoient douze hommes de guerre, lequel effondra, et pour ce en noya neuf, qui fut grand dommage, A. chartier, Hist. de Charles VI et VU, p. 245, daus la-

CURNE

— ÊTYM. Diminutif de coque ou coche, bateau (voy. COCHE 4).

COQUETER (ko-ke-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je coquette ; je coquetterai), v. n. Faire des coquetteries. J'aimerais mieux qu'elle coquelât avec M. de Vardes, sév. 369. Je coquette fort peu, c'est mon moindre talent, mol. Éc. des maris, i, a. Car notre ami très-cher aura Toujours vol pour la mijaurée, Collet très-bien tiré, perruque bien poudrée, Et toujours il coquettera, chal'L. à If. Sonning. Ils ont en ce pays de quoi se contenter ; Car les femmes y sont faites à coqueter, mol. Éc. des f. i, 6. Eve aima mieux, pour s'en faire conter, Prêter l'oreille aux fleurettes du

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diable Que d'être femme et ne pas coqueter, sarrazin, Poésies, dans ricuelet. Si.... Bien moins pour son plaisir que pour t'inquiéter, Au fond peu vicieuse, elle aime à coqueter, boil. Sat. x. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÊTYM. Coquet (. Coqueter, dans le xvi* siècle, avait le sens de crier comme le coq. X cet instant il ouyt jetter une grande risée de cachin coquetant à gueule ouverte, d'ond estimant qu'il y eust là à l'entour quelque personne cachée qui, en riant ainsi, se moquast de sa cliente, Uoman d'Alector, p. 93, dans lacurne. Les poules coquetans ou, si vous voulez qu'ainsi je le die, caquetans ensemble, pascjuikr, Lettres, t. i, p. 606, dans lacurne. Coqueter des coqs et poulies qui est le langage dont ils nous rompent la teste, quand ils s'entrefont l'amour et dont nous avons formé par une belle métaphore caquetter, lorsque quelques babillards nous repaissent de parolles vaines, id. Recherches, t. vin, p. 671, dans

LACURNE

t 2. COQUETER (ko-ke-té), t). n. S'accoupler avec la poule, en parlant du coq. On dit plutôt cocher.

— ÊTYM. Coq.

t ». COQUETER (ko-ke-té), v. a. Terme de marine. Conduire un bateau au vent à l'aide d'un aviron. On dit plus souvent godiller.

— ÊTYM. Coquet 2.

COQUETIER (ko-ke-tié; IV ne se lie jamais; au pluriel, 1'* se lie : les ko-ke-tié-z et la volaille), s. m. || 1" Marchand d'œufs, de volailles. Il se trouva que ce n'étaient [les cavaliers] que des coquetiers qui marchaient toute la nuit pour arriver à Paris, larochef. lfem. 467.... Me vint hier un dindon Du bon pays, d'où trois fois la semaine Les coquetiers arrivent à foison Sur certain quai, près la Samaritaine, chaulied, Ép. de l'abbé C. 1707. || 2° Petit ustensile de table où l'on met l'œuf que l'on mange à la coque. || Au xvi' siècle on disait coquillard, en ce sens.

— ÊTYM. Coquet, jeune coq, diminutifde coq; Berry, coquatier, coquassier.

t 4. COQUETTE (ko-kè-f), s. f. Sorte de poisson de mer.

t 2. COQUETTE (ko-kè-f), s. f. || f Variété de laitue. || 2° Boite à herborisation.

t COQUETTEMENT (ko-kè-te-man) , adv. D'une façon coquette. Une jeune personne éblouissante, fort coquettement mise et fort leste , J. J. rouss. Confess. 2- part. liv. vu, 4743-4744.

— ÊTYM. Coquette, et le suffixe ment.

COQUETTERIE (ko-kè-te-rie) , s. f. || 1* Désir

d'attirer en plaisant; il se dit surtout des femmes. Avoir de la coquetterie. User de coquetterie. C'est une espèce de coquetterie de faire remarquer qu'on n'en fait jamais, larochef. Max. t07. Le plus grand miracle de l'amour, c'est de guérir de la coquetterie, id. ib. 249. La coquetterie est le fond et l'humeur des femmes; mais toutes ne la mettent pas en pratique , parce que la coquetterie de quelques-unes est retenue par la crainte ou par la raison, id. ib. 241. La galanterie est un faible du cœur ou peutêtre un vice de lacomplexion; la coquetterie est un dérèglement de l'esprit, la bruy. m. Peut-être que, par cet esprit de coquetterie inconcevable des femmes, elle [Cléopatre] avait formé le dessein de mettre encore à ses pieds un troisième maître du monde [Octave], montesq. Rom. 43. Je soutiens qu'en tenant la coquetterie dans ses limites on la rend modeste et vraie; on en fait une loi de l'honnêteté, 1. 1. rouss. Ém. v. || 2* Goût de la parure, pour plaire. La véritable coquetterie est quelquefois recherchée ; mais elle n'est jamais fastueuse , n>. ib. || 3° Manières , paroles d'une personne coquette. Si elle faisait la moindre coquetterie, sév. 304, On craint toujours de voir ce qu'on aime, quand on vient de faire des coquetteries ailleurs, la rochep. Pensées, 4 4 6. 11 y eut entre Madame et le roi [Louis XIV] beaucoup de ces coquetteries d'esprit, volt. Louis XIV, 25. La coquetterie est le fond de l'humeur des femmes, et leur vertu n'est qu'une habileté à bien cacher leurs coquetteries, st-évrem. dans richelet. || 4* Fig. Son style, sa conversation a de la coquetterie. Ce poète lit ses vers avec une espèce de coquetterie. Vous savez les coquetteries que me fait le roi de Prusse, volt. dans le Dict. de dochez.

— SYN. coquetterie, galanterie. La coquetterie cherche à faire naître des désirs, la galanterie à satisfaire les siens. Une femme galante veut qu'on l'aime et qu'on réponde à ses désirs; il suffit aune coquette d'être trouvée aimable et de passer pour belle, tncyclopédie, xvu, 766.

— ETYM. Coqueter i.

t COQUETT1SME (ko-kè-ti-sm'), *. m. Terme <!•

COQ

plaisanterie. Manège, instinct de coquette. Mets-lui le coqucttisme en tête, scarr. Virq. trav. I.

— ÉTYM. Coquette.

fCOQUILLADE (ko-ki-lla-d', «mouillées), *. f. || 1* Terme de pêche. Poisson du genre blennie. il 2" Terme de chasse. Espèce d'alouette huppée.

COQUILLAGE (ko-ki-lla-j', II mouillées, et non ko-ki-ya-j') , s. m. || 1" Animal revêtu d'une coquille. Les coquillages abondent sur les bords de la mer. Les coquillages composent deux grandes familles; celle des conques dont la coquille est formée de deux ou de plusieurs pièces, el celle des limaçons dont la coquille est d'une seule pièce, tournée ordinairement en spirale , bonnet , Contempl. nat. 3' part. ch. 2t. || 2° La coquille même. Coquillages fossiles. 11 [l'Océan] laisse au sein des monts ses brillants coquillages, Des vengeances du ciel éternels témoignages, bernis, Relig. vengée, il. Voyez au fond des eaux ces brillants coquillages; La terre a moins de fruits, les bois moins de feuillages, deijlle, Trois règnes, vu. || Or en coquillage. Voy.

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