COQUILLE
— ÊTYM. Coquille.
COQUILLART (ko-ki-llar, II mouillées, et non koki-yar), r. m. Pierre calcaire parsemée de coquilles.
— ETYM. Coquille.
COQUILLE (ko-ki-LV, M mouillées, et non ko-kiye), *. f. || 1° Enveloppe calcaire des mollusques testacés. Les figures agréablement diversifiées des coquilles nous aident à juger de la variété qui règne dans l'organisation des animaux qui en sont les habitants et les architectes, bonnet, Contempl. nat. 3' part. ch. 2(. Des expériences équivoques avaient trompé M. de Réaumur : la coquille ne croit point par apposition ou par transsudation; elle n'est point moulée sur le corps de l'animal ; mais elle est une partie essentielle du corps de l'animal, id. Paling. philos, part, n», ch. e>. || Coquille de St-Jacques, espèce du genre peigne. Coquille de Pharaon , connue aussi sous le nom de bouton de chemise. || Or en coquilles, or de coquille, or de coquillage, sorte de pâte faite de miel et de feuilles d'or réduites en poudre, dont on se sert en peinture pour dorer, et qui se vend dans des coquilles. || 2° Coquille qu'on rapporte de certains pèlerinages. Les pèlerins de St- Jacques en Galice et ceux du mont St-Michel en Normandie rapportaient des coquilles à leur chapeau. Prenons, dit-elle, prenons donc Coquilles, rosaire et
bourdon, bérang. Peler, de Lis Je porte en
Brouage du sel, Et mes coquilles vendre à ceux de St-Michel [c'est-à-dire je fais un travail inutile, je porte de l'eau à la rivière] , bégnier, Sat. iv. || Fig. À qui vendez-vous vos coquilles? à ceux qui viennent du Mont St-Michel; ou simplement, à qui vendez-vous vos coquilles? c'est-à-dire à qui vous jouezvous? prétendez-vous n'attraper? On dit dans le même sens : Portez vos coquilles ailleurs, c'est-àdire vous ne m'attraperez pas. || Bien vendre ses coquilles, faire valoir ses coquilles, ne pas donner ses coquilles, tirer un profit exagéré d'une opération ou d'un service. Ma doctrine est si belle qu'il faudroit l'acheter aux dépens de la vie de tous les hommes; c'est vendre cher ses coquilles, volt. IHal. xxvm, 2. || 3° Coque qui enveloppe l'œuf. Quand on a mangé un œuf à la coque, le bon usage est ou plutôt était de briser la coquille. La coquille se forme la dernière en fort peu de temps, et seulement avant la poule,
bupf. Animaux, Syst. sur lagénér De ses frêle»
coquilles En foule on voit sortir le peupledcsoiseaux, Sous le sein maternel couvés dans leurs berceaux, deulle, Par. perdu, vu. || Fig. Ne faire que sortir de sa coquille, être jeune et inexpérimenté. Faire sortir un esprit de sa coquille, donner occasion à un homme de faire paraître son esprit, desfontaines, Spectat. franc un lycêcD sortant de sa coquille, Bérang. B. fille. || Rentrer aanssa coquille, reculer, céder prudemment dans une affaire fâcheuse. Le président de Bellièvre me dit ces propres mots: Je vais rentrer dans ma coquille, il n'y a plus rien à faire, iietz, iv, 267. De là je suis venu à Paris, et, si la guerre continue, j'irai me remettre dans ma coquille jusqu'à la paix, montesq. Correspondance, 20. || Fig. Jl [Déranger] grelottait dans sa coquille, Quand d'un lulh je lui fis l'octroi, bérang. Epitaphe. || 4" Par extension , coque qui enveloppe la noix, l'amande, etc. Quand ses filles furent plus grandes, il leur ôta des mains les ciseaux et le rasoir, et leur apprit à lui brûler la barbe et les cheveux avec des coquilles de noix, bollin, Trotte des Et. liv. v, 3'part. ch. 2. || 6"Terme d'arts. Objet en forme de coquille. Vase en coquille. || Terme de cuisine. Ragoût de poisson ou de viandes émincées, dont on remplit des vases d'argent en forme de coquilles. || Terme de sculp-
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ture. Petit ornement taillé sur le contour d'un quart de rond. || Terme d'architecture. Voûte Formée d'un quart de sphère, qui fait la partie supérieure d'une niche en arcade de plein cintre. Coquille d'escalier, l'intrados de la voûte rampante d'un escalier tournant. || Terme de blason. Guy prit le nom de Laval, et brisa la croix de Montmorency de cinq coquilles, st-sim. (88, 8. || 6° Terme de métiers. Partie de la poignée d'une épée qui a la forme d'une double coquille. || Planche sur laquelle s'appuient les piels du cocher d'une voiture. Bois de charronnage, pour une voie composée de 26 coquilles de 3 pieds et demi de long, "Jéctor. 22 oct. «7(6, «art/: || Lame de métal pour couvrir le moule de bois d'un bouton. || Chacune des moitiés d'un moule à deux parties. || Coquille de loquet, partie où l'on met le doigt. || Petit instrument de cuivre dont se servent les lapidaires pour tailler le diamant et les autres pierres précieuses. || Terme de métallurgie. Moule solide autour duquel on fait circuler de l'eau pour refroidir le métal après la coulée. || Terme de fonderie. Coquille à boulet, moule en fer ou en fonte. || Terme de cuisine. Sorte de fourneau vertical qui sert à rôtir la viande. || 7° Papier collé qui portel'empreinte d'une coquille; et adjectivement, papier coquille. || 8" Croûte qui s'élève dans plusieurs parties du pain. || 9° Terme d'imprimerie. Toute faute consistant dans la substitution d'une lettre à une autre. || 1C Ancienne coiffure de femme. || 11° L'ordre de la coquille, ancien ordre de chevalerie, institué en (292, par un comte de Hollande à l'honneur de St-Jacques. || Chevaliers à coquille, ou chevaliers de l'ordre de St- Michel, ordre institué par Louis XI, pour défendre contre les Anglais le Mont St-Michel. || Proverbe. Qui a de l'argent a des coquilles, c'est-à-dire quiconque a de l'argent a tout ce qu'il lui plaît.
— REM. L'Académie remarque qu'on ne dit ni coquille de tortue ni coquille d'huître, et qu'il faut dire écaille. Cela est vrai pour tortue ; mais quant à l'huître, le mot coquille est très-usité.
— hist. xm* s. Il est acordé du commun des patenostriers de coural [corail] et de coquille, à Paris, que nus ne nule du mestier desus dit ne puisse ouvrer par nuit, Liv. des met. 68. || xiv* s. Une coquille d'argent pour mettre le sel , du cange , coqut'Mt'a. ||xvs. Une coquille noire, de St Jacques, garnie d'or, et ung boton d'or au bout, laborde, Émaux, p. 223. À qui vendez-vous vos coquilles? Entre vous, amans pèlerins? ch. d'orl. Bond. || xvi' s. Qu'ils s'en aillent maintenant, et vendent leurs coquilles en plein midi, calvin, Lnslit. 45. Quand les genethliaques voudront faire valoir leurs coquilles sous couleur que c'est une chose sainte, id. ib. <24. Voulant les Dieux à la guerre animer, Il fendoit l'air de sa coquille creuse, dubell. iv, 44, verso. Soudain que les prestres et bénéficiera entendirent qu'ils detractoyent de leurs coquilles, ils incitèrent les juges de leur courir sus, palissy, (00. Fœneste : Vous voyez ce poignard à coquille? Enay: J'eusse plustost pris ce que je voi à vostre homme pour une targue que pour une coquille, d'aub. Foen. l, t. 11 maintenoit que les huitres, desquelles on rejettoit la coquille en la mer, se refaisoient comme auparavant, id. ib. m, 6. Quel aise peuvent sentir les huguenots cousus dans leurs cuirasses, comme tortues dans leurs coquilles? id. Conf. il, v. Escargots ou limaçons avec leur coquille, escrevisses, huistres avec leur coquille, paré, xxiv, 38.
— ETYM. Ital. cochiglia; du latin conchylia, plur. neutre de conchylium (la forme conquilium se trouve dans un vieux glossaire), dexorxûÀiov, diminutif de "ÔYX1 (v°y- conque). On peut aussi penser que coquille vient de coque (tiré lui-même de concha, xoyxa). av?c 'a forme diminutive ille, comme dans flottille de flotte.
t COQCILLER (ko-ki-llé), v. n. Former des coquilles, se boursoufler, en parlant de la croûte du •pain.
— HIST. xv" s. La paste du pain coquille [sorte de painj d'un denier doit pezer huit onces deux estellins et obole, Ordonn. des rois de France, t. n, p. 352 bu. || xvi's. Le ventre coquille, blanc et poly, Roman d'Alector, p. 64, dans lacurne.
— ÉTYM. Coquille.
f COQUILLEUX, EUSE (ko-ki-lleû, lleû-z', Il mouillées), adj. Rempli de coquilles. Pierre coquilleuse, mauvaise pierre de construction.
— HIST. XVIe S. CoquiileUX, COTGRAVE.
— ETYM. Coquille.
*. COQUILLIER (ko-ki-llé, Il mouillées, et non ko-ki-yé),*. m. Collection de coquilles. || Montrequi les renferme.
— ÉTYM. Coquille
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î.COQUnXIER, 1ERE (ko-ki-llé, Ilê-t", «mouillées, et non ko-ki-yé), adj. Terme de géologie. Oui renferme des coquilles. Pierre coquillière. Terrain coquillier.
— ÉTYM. Coquille.
fCOQUILLON (ko-ki-llon, Il mouillées),*, m. Argent qui s'attache au bout de la canne, quand on le retire de la coupelle.
— ÉTYM. Diminutif de coquille.
COQUIN, 1NE (ko-kin, ki-n'), s. m. et/*. || 1* Celui, celle qui a un caractère bas et fripon. Grâce pour les grands, grâce pour les coquins, pasc. Prov. 4. Vos patrons qui sont de francs coquins, sév. <65. Un coquin est celui à qui les choses les plus honteuses ne coûtent rien à dire ou à faire, la bruy. Théophr. Coquin. Je voudrais, pour le supplice d'un coquin, que, pendant quelques heures, chaque jour, il pût avoir le cœur d'un honnête homme, sr-poix, Essai sur Paris, t. iv, p. 337, dans pougens. Le coquin dans le bois a volé quelque coche, régnard, Démocr. i, 2. Un misérable à qui on a ôté le nom de scélérat qu'on ne trouvait pas encore assez abject, pour lui donner celui de coquin comme exprimant mieux la bassesse et l'indignité de son àme, J. s. rouss. Dial.i. || Un lâche. Il a fui comme un coquin. || Un paresseux, un valet qui ne sert que de parade et n'a rien à faire. Tu te trompes, si, avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six. bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage, la bruy. h. || 2"S. f. Une coquine, une femme débauchée, une femme qui trompe beaucoup d'amants. Dépenser son argent auprès de cette coquine de Middleton, hamilt. Gramm. 8. Ma femme en ce pays et dans cette figure ! La coquine aura su par quelque ami présent Se faire consoler de son époux absent, regnard, Démocr. v, (. [| Adjectivement. Cette femme est bien coquine. || 3° Terme de colère sans signification déterminée. Tous les jours le coquin lasse ma patience, regnard, Ménechm. i, i. Que me vient donc conter cet assuré coquin? mol. Dip. am. m, 8. Comment vous avez peur d'offenser la coquine! Vous lui parlez d'un ton tout à fait obligeant, id. F. sav. il, 6. Où est-ce donc que nous sommes , et quelle audace est-ce là à une coquine de servante de parler de la sorte devant son maître? ID. Mal. imag. i, 6. Ahl ahl vous voilai je suis ravi de vous trouver, monsieur le coquin. — Scapin : Monsieur, votre serviteur ; c'est trop d'honneur que vous me faites, id. Scapin, n, 5. Quand nous faisons besoin, nous autres misérables, Nous sommes les chéris et les incomparables; Et dans un autre temps, dès le moindre courroux, Nous sommes les coquins qu'il faut rouer de coups, m. l'Etour. i, 2. C'est mon coquin de fils qui aura mis la main dessus sans doute, dancourt, Bourg, à la mode, m, 3. J'ai laissé les dames avec ce gros coquin d'abbé, id. la Maison de camp. se. 8. Ma coquine [ma femme] les fait rester, id. ib. se. 7. C'est un bon tour que de faire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fit enlever ma jeune maltresse, beaum. Ifar. de Figaro, i, 4. || 4° Par plaisanterie et pour indiquer seulement ce qu'il peut y avoir de malicieux, de mystérieux. Vous êtes un heureux coquin. Cet enfant est un aimable petit coquin. Ah! petit coquin, je vous y prends. La curiosité rend ces coquines de femmes si insinuantes, J. J. rouss. Conf. vi. || S" Adjectivement. Je vous nommerai, quand vous voudrez, vingt belles âmes qui ne sont ni sottes ni coquines, volt. Lett. Mme du Deffant, (5janv. (76t. || Métier coquin, métier qui ne donne aucune peine. Vie coquine, vie inoccupée, fainéante. || Populairement. Ver coquin, ver solitaire. || Proverbe. X coquin honteux plate besace.
— HIST. xn°s. Truant estoit, pautonier et coquin, Cart'n le loher. dans le Dict. de dochez. || xiv* i. Or sont venuz meschans devins, Sorceliers, arquimaus, coquins, Qui vuelent, par art d'invoquer, Sans Dieu les malades saver, {\4j>part(ton Jehan de Meung, dans p. paris, Mss. fr. t. vi, p. 253. Les quels jeunes hommes ou chemin trouvèrent un homme en habit de quoquin, du canoë, cnquinus. Un homme querant et demandant l'aumosne, qui estoit vestuz d'un manteau toutplain de paleteaulx, comme un coquin oucaimant, id. ib. \\ xv* s. Quatre coquins ou au moins gens pourcs qui queroient et mandioient leur vie, id. ib. Truans coquins qui parfeintise Faingent maulxen mainte guise En ces moustiers et font tel pressa Qu'à peine y puet [peut] l'en oïr messe, eust. desch. Poésies mss. f° 342, dans lacurne. Par ma teste, moquin moquart, Il seroit bien quoquin quoquart Qui en cest euvre loyaument N'ouvreroit et diligemment, Iftr. de Ste
cor
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Geneviève. || xvi' s. Arrière aussi laHabertine, Qui a faict la muse coquine, dubell. vu, 79, recto. Ou soit que ce petit coquin [son chat] Privé sautelast sur ma couche, u>. vu, 40, verso. Et ne savez-vous pas que la nature est coquine? elle aimoit.... marg. Nouv. xuv. Elle faisoit response qu'elle ne le ferait jamais cocu; mais oui bien, coquin [gueux, ruiné], id. ib. lix. Ayant ramassé 36 soldats sans aucun officier, il résolut d'aller attendre son coquin de fils à un passage qu'il ne pouvoit éviter, d'aub. Vie, clv. X coquin honteux plate besace, leroux de lincy, Prov. t. h, p. 74. Un très homme de bien et d'honneur et nullement coquin ny pressant demandeur après son roy, brant. Cap. fr. t. ni, p. 255, dans lacurne. Je pensois lors estre le plus grand seigneur de la troupe, et à la fin je me trouvai le plus coquin [gueux], montluc, Mém. t. î, p. 48, dans lacurne. Coquin, c'est un mendiant volontaire qui haleine ordinairement les cuisines que les latins appellent coquinas, pasquier, Recherches, vin, p. 718, dans lacurne. Tantost estendu, s'il luy plaist, X l'ombre d'un vieil chesne il est X l'envers sur l'herbe coquine, baïf, Œuvres, p. 90, dans lacurne. Proverbe commun qui dit qu'il n'est vie que de coquins, quand ils ont assemblé leurs bribes, H. est. Apol. d'IIérod. p. 358, dans lacurne. Jaloux de la gibecière comme un coquin de sa poche, desper. Contes, t. h , p. i 07 , dans lacurne. Pour preuve de ce [elle] employoit les œillades et jambes coquines [action d'avancer la jambe d'une manière provocante] et mille paroles de mignardise et douceur par elle practiquées, Arrests d'amour, lui.
— ÉTYM. Bas-lat. coquinus, que l'on dérive de eoquus, cuisinier, comme qui dirait marmiton. Cela est très-probable. Pourtant Diez se demande si on ne devrait pas le rattacher au Scandinave kok, gosier, remarquant, à l'appui, que les autres langues romanes n'ont pas le mot coquin. On a proposé d'y voir un dérivé de coq, comme coque*, seulement avec un sens péjoratif d'ordinaire; ce qui permettrait d'expliquer que coquin n'a pas toujours un mauvais sens (par exemple, ces coquins d'enfants indique une impatience mêlée d'amour); mais les emplois anciens de ce mot ne sont pas favorables à cette conjecture.
t COQUINER (ko-ki-né) , i>. n. Mener la vie d'un coquin, d'un gueux; mendier.
— HIST. xv* s. Icellui Regnault dit au suppliant que son père aloit coquinant aval la ville, du cange, coquinus. Pierre Perreau, homme plain d'oisiveté, alant mendiant et coquinant parle païs, id. ib. || xvi" s. L'instabilité de parler des courtisans qui de jour à autre changent leur manière de dire pour emprunter ou plus tost mendier des mots aulbeins et coquiner phrases estrangeres , st -julien , tfesl. hist. p. 593, dans lacurne. Quand l'hiver fut vestu de neige et de bruine, Elle [la cigale] vint du fourmi la prudence louer, Et près de son grenier à traicts d'ailes rouer [tourner], Flatant comme celui qui pour son pain coquine, perrin, Poésies, p. 10, dans lacurne. Coquiner envers toutes "sortes de gens, charron, Sagesse, p. 127, dans lacurne.
— ÉTYM. Coquin.
COQUINERIE (ko-ki-ne-rie), s. f. || 1° Action de coquin. Il m'a fait une coquinerie. || 2° Le caractère du coquin. Sa coquinerie est bien connue.
— HIST. xiii* s. Cheste mains ci truanderie Est nommée et coquinerie, du cange, coquinus.
— ÉTYM. Coquiner.
t COQUINET (ko-ki-né), s. m. Petit coquin, petit voleur. Ah! que ce coquinet [de libraire] ôte mon nom [d'une édition] ! 11 ne faut pas être brûlé tous les six mois, volt. Lett. d'Argental, 19 mars 1761.
— ETYM. Diminutif de coquin.
| COQUIOUI.E (ko-ki-ou-1'), s. f. Nom vulgaire de plusieurs graminées, et, entre autres, de la feluque ovine.
1. COR (kor), s.m. Tumeur épidermique, dure et circonscrite qui se forme aux pieds.
— hist. xvi* s. Clous nommés des vulgaires cors, sont durillons qui viennent aux jointures des orteils; leur cal est dur et espais, comme la corne de lanterne; c'est pourquoy sont appelles cors, pare, v, 2). Si j'ay un cor qui me presse l'orteil, me voylà renfrongné , mal plaisant et inaccessible ,
— ÉTYM. Lat. cornu, corne (voy. corne).
2. COR(kor),s.m. || l'Instrument à vent en cuivre, contourné en spirale et terminé par un large pavillon. Cor de chasse, cor appelé aussi trompe, sur lequel on ne peut exécuter que des chasses ou des fanfares. Donner du cor. Sonner, jouer du cor. La fantaisie de son mari est de sonner du cor à la
ruelle de son lit, sév. 395.... Quand aux bois Le bruit des cors, celui des voix N'a donné nul relâche à la tremblante proie, la font. Fabl. x, 1. On sonna si souvent du cor, que.... hamilt. Gramm. H. Allons, chasseur, vite en campagne, Du cor n'entends-tu pas le son? bérang. D. Chasse. Joyeux chasseurs d'Ille-et-Vilaine, De votre cor je prends le ton, bêrang. Chasse. || Cor d'harmonie ou cor proprement dit, le même instrument, mais garni de coulisses qui permettent de l'accorder exactement avec d'autres instruments, et de corps de rechange à l'aide desquels on peut jouer dans tous les tons. Duo pour cor et harpe. Trio pour flûte, cor et guitare. || Cor à pistons, autre espèce décor où ries pistons qu'on fait mouvoir avec les doigts allongent ou raccourcissent la longueur du tube, et permettent de donner justes les tons et les demi-Ions sans être obligé de boucher plus ou moins le pavillon. Le cor à pistons a plus de ressources que le cor, mais il n'a pas un aussi beau timbre. || Cor anglais, instrument à anche qui est à la quinte au-dessous du hautbois. || Cor de basset (voy. basset). || Cors russes, espèces de trompes dont chacune n'a qu'un son et est insufflée par un paysan ou serf, dressé à faire entendre au moment convenable la note unique qu'il a à produire; on les réunit en nombre pour exécuter des symphonies. || Chasser à cor et à cri, chasser au son du cor et à la huée, comme pour les bêtes fauves. || Fig. X cor et à cri, loc. adv. Vivement; avec éclat. Vouloir, demander, poursuivre une chose à cor et à cri. Il demande le coarijuteur à cor et à cri, sév. (85. || 2° Cor se dit aussi du musicien. C'est un excellent cor. C'est le premier corde l'Opéra. || 3° Cor de mer, coquille dont on se sert pour sonner, parce que la pointe qui la termine, forme une embouchure facile.
— HIST. xi* s. Compain Rolant, car sonez voslre corn, Ch. de Roi. lxxxi. Li empereres a fait soner ses corns, ib. cxxxiv. || xn* s. En Saragoze fait soner graille et cor, Jîonc. p. 39. Li autre l'unt laissié tut sul emmi l'estur, E le corn unt baillié en main à pécheur, Ne l'espéa Deu traire nen osent pur pour, Th. le mart. 28. || xiii" s. Un cor a pris, ses chiens apele, Si conmande à mètre sa sele, Et sa mesnie crie et huie, Ren. 1195. La noise que il menoient de leur nacaires et de leur cors sarrazinois estoit espoventable à escouter, joinv. 213. Voiz de cor en balalle senefie aide, Psautier, f° 23. || xv" s. Elle m'a fait souvent monter X cheval, faire mes eflbrs, Aller, chevaucher, tempester, Et courir à cry et à cors, coquillard, Monologue de la boite de foin. \\ xvi' s. Lors eux, cuidans que fusse en grand crédit, M'ont appelle monsieur à cry et cor, ma rot, Épigr. Partout roullent les fruits du plein cor d'abondance, baïf, Œuvres, p. 132, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. corn; ital. corno; du latin cornu, cor et corne (voy. corne).
•j- 3. COR (kor), s. m. Terme de pêche. Voy. corbeau.
— ÉTYM. Lat. corvus, corbeau.
f 4. COR (kor), s. m. Mesure de liquides en usage chez les Hébreux et valant d'après Saigey
180Ml- 88.
f COUACES (ko-ra-s'),s. m. plur. Terme de zoologie. Nom donné à la famille des corbeaux.
— ÉTYM. K6pa£, corbeau.
t CORACIEN, IENNE (ko-ra-siin, siè-n') , adj. Terme de zoologie. Qui ressemble au corbeau.
— ÉTYM. KopaS, xopaxoç, corbeau (voy. corbeau).
t CORACIN (ko-ra-sin), s. m. Terme de pêche. Poisson nommé aussi corbeau.
— ÉTYM. Lat. coracinus, de xopaxïvo;.
f CORACO.... Préfixe du langage anatomîque et qui signifie l'apophyse coracoïde. Joint à un autre mot il indique la situation de la partie dont il s'agit : coraco-brachial, coraco-claviculaire, coraco-hyoïdieu, coraco-cubital, etc.
f CORACOÏDE (ko-ra-ko-i-d') , adj. Terme d'anatomie. Apophyse coracoïde, l'apophyse qui termine en dehors le bord supérieur ou cervical de l'omoplate.
— HIST. xvi* s. L'omoplate a une autre petite apophyse, appelée coracoïde en grec, à cause qu'elle représente un bec de corbeau, paré, xiii, 9.
— ÉTYM. KopaxoEtÇr.i;, de xopalj, xopaxo;, corbeau, et USoc, forme.
f CORACOÏDIËN, IENNE (ko-ra-ko-i-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Ligament coracoïdien, ligament qui, avoisinant l'apophyse coracoïde, convertit en trou l'échancrure du bord supérieur de l'omoplate.
— ÉTYM. Coracoïde.
t CORAIGNE. Mot inscrit dans les dictionnaires, mais qui n'existe pas et qui résulte d'une fausse lecture pour cocaigne ou cocagne. Petite boule de pastel (voy. cocagne 2).
CORAIL (ko-rall, Il mouillées, et non ko-ra-ye), s. m. || 1° Production marine calcaire, remarquable par sa forme rameuse et souvent par sa couleur d'un rouge éclatant. Collection de coraux. Le corail, fixé aux rochers sous-marins, sous la forme d'arbuscules plus ou moins hranchus , d'un rouge éclatant, est l'axe pierreux do certains polypes de l'ordre des alcyoniens. Il envoya à l'Académie en 1710 une assez ample relation de ses recherches, et la belle découverte des fleurs du corail y est comprime , FONTF.N. Marsigli. Le savant Hérissant a achevé de démontrer, après les Jussieu et les Guettard, la nature vraiment animale des coraux et des productions analogues, bonnet, Contempl. nat. 10* part. ch. 29. Le corail n'est donc point un polypier; il n'est point le nid d'un certain polype; mais il fait réellement corps aveo les polypes qui concourent à sa formation, id. Palingén. phiios. xi" part. ch. 6. Eponges, polypiers, madrépores, coraux, Des insectes des mers miraculeux travaux, delille, Homme des champs, m. Qu'un ver emprisonné formerait le corail; Mais ce noble arbrisseau, ces pierres, cet émail Ne sont que l'ornement et le luxe du monde, id. Trois règnes, v. || Fig. Bouche, lèvres de corail, bouche, lèvres fraîches et vermeilles. || .du plur. Collection de pièces de corail. Il y a dans ce cabinet des coraux très-rares. || 2° Terme de botanique. Bois de corail, arbrisseau d'Amérique, qui porte une graine aussi rouge que le corail de cette couleur. On en fait des bracelets. || Corail des jardins, le piment annuel. || Corail fait au pluriel coraux.
— REM. On disait aussi coral au commencement du xvii* siècle : Sa bouche est de coral, Régnier, Dial. Sur cet amas brillant de nacre et de coral, Qui sillonne les flots de ce mouvant cristal, corn. J'ois. d'or, n, 3.
— HIST. XIIe s. Jayonces, safirs, calcédoines, Esmeraudes, bonnes sardoines, Et bons coraus et crisolites, Et diamans et ametistes, Romancero, p. 59. || xiii* s. Les patenostriers de coural et de coouille à Paris, Liv. des met. 68. As pies par devers le so lel Avoit un coral brun vermel, FI. et Bl. 617. || xiv" s. Deux peires de paternoster, l'un de coral, l'autre de geet, de laborde, Émaux, p. 224. Un arbre de courail, à langues désertent, id. ib. Courail croist en la mer rouge, et , tant comme il est couvert d'eau, c'est bois blanc et mol, mais si tostque il est hors de l'eaue et que il est touché de l'air, il rougist et devient pierre, id. ib. || xvi" s. De ma bouche asseichée Qui n'a plus de coral, st-gel. 229. Y aura plusieurs branches de corail duquel les racines seront toutes au pied du rocher, à fin que les dits couraux ayent apparence d'avoir creu dedans ledit fossé, PALissY, 63. La poudre des coraux , paré, xxi, 2. Deux drachmes de coral rouge bruslé et lavé neuf fois avec eau rose, id. xx bis, 14. Les coraux blancs et rouges, id. t. m, p. 636. Les corails sont plantes lapidifiées, qui produisent racines et branches, id. Animaux, 21.
— ÉTYM. Provenç. coralh ; espagn. coral; ital. corallo; du latin coralium ou corallium, du grec xopâ).).f3v , xovpà).iov.
| CORAILLÉ, ÉE (ko-ra-llé, liée, «mouillées; adj. Terme d'histoire naturelle. Qui contient <hi corail.
— ÉTYM. Corail.
f CORAILLER (ko-ra-llé, Il mouillées), v n. Crier, en parlant du corbeau.
fCORAILI.ERE (ko-ra-llê-r', «mouillées), s. f. Terme de marine. Petit bâtiment pour la pêche du corail. On dit aussi coraline.
— ÉTYM. Corail.
CORAILLEUR (ko-ra-lleur, Il mouillées, et non ko-ra-yeur), s. m. Celui qui va à la pêche du corail. || Adjectivement. Un navire corailleur.
— ÉTYM. Corail.
f CORAÏSCHITE(ko-ra-i-chi-t'), ». m. Nom d'une tribu principale de la Mecque, à laquelle Mahomet appartenait
f CORALBAG (ko-ral-bagb), s. m. Terme de géologie. Calcaire marneux ou siliceux, riche en polypiers.
— ÉTYM. Mot anglais, de coral, corail, et bag, sac.
f CORAMNE (ko-ra-li-n') , s. f. Synonyme décoraillera.
f CORALLAIRE (ko-ral-lê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui tient du corail. Polype corallaire, || Qui a l'apparence du corail. Agate co'allaire.
COR
COR
f CORALLF. (ko-ra-1'), *. m. Terme de zoologie. Genre de serpents établi aux dépens du genre boa.
fCORALLÉ, ÉE (ko-ral-lé, lée), adj. Terme de pharmacie. Qui contient du corail. Remède corallé.
t CORALLIFORME (ko-ral-li-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme du corail.
— ÉTYM. Corail, et forme.
t CORALLIGËNE (ko-ral-li-gè-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui produit le corail. Les archipels coralligènes qui naissent dans les mers australiennes.
— ÉTYM. Corail, et le suffixe yi-vrn, pris à tort pour qui engendre, puisqu'il signifie qui est engendré.
CORALLIN, INE (ko-ral-lin, li-n'), adj. Rouge comme du corail. Lèvres corallines.
— HIST. xvi* s. Soit qu'en riant ses lèvres coralines Montrent deux rancs de perles crystalines, nu Bi;r,uï, il, 27, recto. Porter un colier de coral rouge, coralline, jaspe, de la pierre hématites, o. de
— ÉTYM. Lat. corallinus, de corallium (voy. corail).
CORALLINE (ko-ra-li-n'), s. f. Plante cryptogame de la classe des algues, à rameaux incrustés d'une matière calcaire, ce qui l'a fait prendre longtemps pour un polypier. La coralline est vermifuge.
— ÉTYM. Corallin.
t CORALLINE, ÉE (ko-ral-li-né, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a du rapport avec le corail.
— ÉTYM. Corail.
f CORALLOÏDE (ko-ral-lo-i-d') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'apparence du corail.
— ÉTYM. Corail, et e15oç, forme.
f CORALLOPÈTRE (ko-ral-lo-pè-tr'), s. m. Polypier fossile.
— ÉTYM. Corail, et le latin petra, pierre. CORAN (ko-ran), s. m. Livre qui contient la loi
religieuse de Mahomet. Cette réponse se trouve dans l'antépénultième chapitre du Coran, volt. Mœurs,!. Voy. ALCORAN.
— ÉTYM. Aral>e, korân, lecture, du verbe karn. lire : la lecture par excellence, comme nous disons la liible, l'Écriture, en attachant à ces mots un sens de respect.
-)• CORBAT (kor-ba) , s. m. Un des noms du cormoran.
CORBEAU (kor-bô), s. m. || i* Gros oiseau carnassier de la famille des passereaux ; il a un plumage très-noir. Et m'ouvrez un passage à l'empire des morts , Dérobant aux corbeaux le butin de mon corps, rotr. Ântig. i, «. Et ton cœur sacrilège aux corbeaux exposé, id. St-Genesl, m, 2. Maître corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage, la font. Fabl. I, 2. Eh! bonjour, monsieur du corbeau, Que vous êtes joli, que vous me semblez beau! id. ib. L'oiseau de Jupiter enlevant un mouton, Un corbeau témoin de l'affaire, Et plus faible de reins mlais non pas moins glouton, En voulut sur l'heure autant faire, id. Fabl. n, te. ||Noir comme un corbeau, se dit souvent d'une personne qui a les cheveux noirs et le teint brun. || Le corbeau passait
pour être de mauvais augure Un songe, une
vapeur, Un corbeau qui croasse, enfin tout vous
fait peur, mair. Sophon. v, 4 Un corbeau Tout
à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau, la font. Fabl. ix, 2. Et des affreux corbeaux les noires légions Fendent l'air qui frémit sous leurs longs bataillons, delille, Giorg. I. || Se dit familièrement dans ce sens en parlant des personnes. Quel corbeau de mauvais augurel || 2° Terme de chasse. Synonyme de corbine, corneille, choucas, crave, freux. |f 3" Autrefois, nom donné à des geus qui dans un temps de contagion enlevaient les pestiférés soit pour les porter à l'hôpital soit pour ies enterrer. J'entrai jusques au second étage, où je trouvai deux corps nus, étendus sur la tablo de la chambre; alors je me retirai bien étonné, et eu sortant je rencontrai des corbeaux qui me demandèrent ce que je cherchais, bassompierre, Mémoires, <723, in-<2, t. i, p. <B3 (Collection petitot, 2' série, t. xix, p. 364). || Populairement, nom qu'on donne quelquefois aux porteurs des morts. || Ces dénominations viennent de ce que le corbeau recherche les corps morts pour s'en repaître. [| Nom donné quelquefois par dénigrement aux prêtres à cause de leurs vêtements noirs. || 4°Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral. || 6-Terme d'architecture. Grosse console, moindre en hauteur qu'en saillie, dont l'usage est pour soulager la portée d'une poutre ; ces corbeaux sont quelquefois defer. || 6° Bans l'ancien art militaire, espèce de grappin et de pont
volant. Les Romains suppléèrent à cet inconvénient [la supériorité des Carthaginois dans la manoeuvre des vaisseaux] par uno machine qui fut inventée sur-le-champ et que depuis on a appelée corbeau, par le moyen de laquelle ils accrochaient les vaisseaux des ennemis, passaient dedans malgré eux et en venaient aussitôt aux mains, rollin, llist. anc. t. i, p. SU, dans pougens. || 7'Terme de pêche. Corbeau de mer. Poisson qui a le dos bleu, le ventre blanc, les côtés rouges, et la tête fort grande. || Proverbe. Nourris un corbeau, il te crèvera l'œil, c'està-dire souvent le m.il est rendu pour le bien.
— HIST. xn"*s. E j'arai cumanded à corps que la vitaille te truissent e guarisum, Rois, 3io. || xm* s. De Renart, si comme il conchia le corbel du fromage, Ren. 7180. D'un leu [loup] cunte, ki vint jadiz Où uns corbiaus s'esteit assiz Desour le dos d'une berbiz, marie, Fabl. 50. Je ne sai s'en [si on] apelle potences ou corbiaus, Qui soustiennent leurs cornes [de la coiffure des femmes], que tant tiennent à biaus; Mes tant os-je bien dire que sainte Elizabiaus N'est mie en paradis pour porter tiex borriaus, j. de meung, Test. 1268. || xiv's. Ensi corn je quidoie au palais retourner, Vinrent doy noir corbant mon corps avironner, Beaud. de Seb. m, 303. Et la tor est quarrée et lée; De sus par est si bien ornée ; La coverture et li corbel Furent moult orgueillox et bel, Blanchandin,ms. de St-Germain, f°<78, dans lacurne. || xvi's. Vénitiens à Trevy font posade, Comme corbeaulx dormans sur la charoigne, i. marot, v, <0O. Nul lait noir, nul blanc corbeau, leroux de lincy, Prov. t. i, p. <73. De mauvais corbeau mauvais œuf, oudin, Curios. fr. Mourut aussi de la maladie.... Rosée, procureur en la cour, et fallut pour l'enterrer envoyer quérir des corbeaux à Paris, l'estoille, Journal du règne de Henri IV, La Haye, *TU, t. m, p. 383, année 1606. Il n'est loisible à un voisin mettre ou faire mettre et asseoir les poultres de sa maison dedans le mur moitoyen d'entre luy et son voisin, sans y faire ou faire faire ou mettre jambes parpaignes ou chesnes et corbeaux suffisans de pierre de taille pour porter les dittes poultres, Coust. génér. t. i, p. 35.
— ÉTYM. Berry, corbin; wallon, coirbd; du latin corvellus, diminutif de corvus, dont le radicalcorse trouve dans xôp-aÇ, xop-wvr), cor-nix; sanscr. kdrava ; mots qui ont une ressemblance frappante avec l'hébreu harab, corbeau. Dans le vieux français, au nominatif singulier, li corbels ou li corbaus; au régime, le corbel. Le primitif corb ou corp se trouve dans l'ancien français.
CORBEILLE (kor-bè-11', li mouillées, et non korbè-ye), s. f. || 1" Sorte de panier léger, fait ordinairement d'osier. Une corbeille de fleurs, de fruits. Quand elle entre dans les temples des dieux et qu'elle porte sur sa tête les choses sacrées dans des corbeilles, on croirait qu'elle est elle-même la divinité qui habite dans les temples , fén. Tél. xxn. Dès que les deux époux eurent touché le seuil de la porte, on plaça pour un instant une corbeille de fruits sur leurs têtes; c'était le présage de l'abondance dont ils devaient jouir, barthél. Anach. ch. 77. Flore sur leur tapis a versé sa corbeille, delille, Jardins, iv. || Corbeille de mariage, parures et bijoux que le futur envoie a sa fiancée dans une corbeille d'ornement. Il a dépensé tant pour la corbeille. || 2" Ouvrage d'osier, creux et assez haut, servant d'ordinaire à mettre le pain. Je me mis par son ordre dans une grande corbeille d'osier, couverte d'un ouvrage de soie fait de sa main; puis les deux esclaves qui m'avaient apporté furent appelés, lesage, Gil Blas, v, 4. || Corbeille de terre, ouvrage de treillage pour contenir des fleurs. j| Se dit aussi d'un espace de terre couvert de fleurs et disposé en forme de corbeille au milieu d'une pièce de gazon, et , par extension , d'une contrée verdoyante et fleurie. Ce beau pays, jadis soumis au sceptre de l'antique Nélée , présentait une corbeille de verdure de plus de 800 stades de tour, chateaub. Mart. ». || 3° Terme d'architecture. Forme génératrice du chapiteau autour de laquelle se groupent les ornements , violletleduc. || Ouvrage en forme de panier rempli de fleurs ou de fruits, qui se place sur une cariatide, ou qui termine quelque décoration d'architecture. 1 1 4° Terme de guerre. Panier rempli de terre, qu'on met sur un parapet pour se couvrir. || 6° Terme de bourse. Espace réservé, à la Bourse de Paris, au milieu de la salle commune, oii se réunissent les agents de change pour consommer leur transactions. || 6°Terme de botanique. Corbeille d'or, nom vulgaire de l'alysson des jardins.
— HIST. xii' s. Une corbille [il] trova merveilles grant; Plus de cent pains i a mis maintenant, Bat.
d'Aleschans, v. 3968. || xm* s. De flors assés [il| a fait cuellir, Et corbeilles grandes emplir, FI. et RI. 2294. || xiv* s. Une grant corbeille d'argent blanc, à quatre et àdeux anneaux, de laborde , Émaux, p. 225. La grant corbeille de l'aumosne, d'argent blanc, avec le baston, et est la dite corbeille ciselée des armesde France, id. ib. || xv's. Une grande corbeille servant pour tirer le pain de dessus la table, id. ib. Son Jhesus qui si bien venger Le devoit, où est-il aie?... Je cuide, quant il l'appela, Qu'il faisoit ou ven ou corbeille, Mart. de St-Étienne. Par femme fut en la corbaille à Rome Virgile mis, dont ot moult de hontaige; Il n'est chose que femme ne consumme [d'après le conte du moyen âge de Virgile mis dans une corbeille par une femme], eust.desch.
Bail, de l'empire des femmes. || xvi* s L'es-
trange merveille, Qui enfermée estoit en la corbeille, marot, iv, 85. Corbeilles, mandes, paniers, o. de serres, 200.
— ÉTYM. Berry, garboueille ; du latin corbicula, diminutif de corbis, panier.
t CORBEILLÉE (kor-bè-llée, Il mouillées), s. f. Le contenu d'une corbeille.
— ÉTYM. Corbeille.
•f CORBEJEAU (kor-be-jô) ou CORBIGEAU (korbi-jô), s. m. Un des noms du courlis. Au coucher du soleil , on y voyait voler le corbigeau et l'alouette, bern. de s. -p. Paul et Virg.
fCORBICULÉ, ÉE (kor-bi-ku-lô, lée), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une corbeille. || S. m. Nom donné au tibia des insectes quand il a la forme d'une corbeille.
— ètym. Lat. corbicula (voy. corbeille).
■j- CORBIEU (kor-bieu). Juron qui est le même que corbleu, l'un et l'autre pour corps-Dieu ; voy.